Page 1

Style

page 26

Samedi 31 octobre 2009

Mode

Rencontre

L’élégance masculine sur le Web

Dion Lee : le jeune créateur d’Australie R epéré dès sa sortie de l’école en 2007, Dion Lee, jeune prodige de la mode, a déjà présenté quatre collections en Australie. Sa nouvelle ligne, dévoilée à Paris pendant la fashion week, gagne à être connue. Explications.

E

Dion Lee a présenté sa collection à Paris lors de la fashion week. Mais pour acquérir une de ses créations, il faudra faire le voyage jusqu’en Australie.

Sur quels critères choisir sa chemise ? Peut-on associer costume et baskets  ? Pourquoi faut-il être pieds nus dans ses mocassins  ? Autant de questions qui préoccupent l’homme moderne, urbain, soucieux de son style et familier de l’achat sur Internet. C’est de ce constat qu’est parti Maxime Brunet, fondateur de Modissimo.fr. Son site, fondé en septembre 2007, contient des news sur l’univers de la mode masculine mais foisonne aussi de conseils, dispensés par des personnalités en vue, pour être élégant. Il propose en outre le décryptage de styles «  shootés  » dans la rue sur le modèle de Thesartorialist.com — l’absolue référence en la matière. Maxime Brunet reconnaît marcher dans les traces de ses aînés  : Materialiste. com, Redingote.fr ou encore Menstyle.fr, du groupe Condé Nast (l’éditeur du magazine «  Vogue  »). Car, si les blogs pullulent sur le sujet — citons au passage l’excellent Uberparisians.com, qui traite de l’actualité «  lifestyle  » de manière décalée et hilarante, ou encore l’adresse 00o00. blogspot.com sur laquelle le Londonien Joseph Wong publie des photographies de lui dans la cabine d’essayage

Photos DR

Légende

DR

Dion Lee, 24 ans, a posé ses modèles dans un petit appartement du Marais. Le personnage est charmant, courtois, sa collection impressionne : des portants jaillissent les silhouettes, à la fois fluides et structurées, armées de sculptures en métal ou agrémentées de jours audacieux. Le magazine «  Vogue Australia  » ne s’y est pas trompé. Il lui a consacré une double page dans son édition de mars, à la veille du succès de sa collection printemps-été, saluée lors de la fashion week de Sydney par une standing ovation. À Paris, le créateur reconnaît avoir été impressionné par les collections d’Hussein Chalayan, de Givenchy et de Balenciaga. Au vu de ses pantalons-fuseaux qui alternent gabardine et matière plus stretch, et qui tombent si bien qu’on les croirait découpés au laser, on comprend pourquoi. Majoritairement composées de crêpe georgette, matière contenant à 95 % de la soie et à 5 % de l’élasthanne, ses pièces semblent prêtes à épouser les formes du corps, les envelopper sans les compresser. Des découpes placées au niveau des coudes et des genoux dessinent les contours d’une silhouette futuriste, structurée à l’extrême. Certaines de ses vestes et de ses pantalons sont rehaussés de sculptures de métal qui finissent d’habiller cet androïde. Les créations de Dion Lee sont distribuées en Australie, au Japon, en Chine et à Dubaï. Pour l’instant le créateur n’envisage pas de se lancer en Europe. « Les douze prochains mois vont être décisifs, explique-t-il. Depuis la création de la marque en avril  2008, la progression est restée constante, et l’accueil de la part du public, de la presse et des acheteurs m’a encouragé à aller de l’avant. » Mais qui va piano va sano. Dans l’immédiat, sa priorité est de maintenir la production à Sydney. Lui qui s’implique dans toutes les phases du processus, de la recherche à l’assemblage, des croquis au développement des lignes avoue, qu’il aimerait pouvoir déléguer. Dion Lee va présenter sa collection automnehiver à Sydney le mois prochain. Il promet de faire un retour remarqué à Paris la saison prochaine. On est tenté de le croire. Isabelle Lefort

n face de la pléthore de portails dédiés à la mode féminine, Internet voit fleurir de nombreux sites, marchands ou non, consacrés à la mode pour hommes.

de ses créateurs préférés. Le défi consiste à devenir un site de référence sans pour autant disposer de vitrine, d’adresse physique. Les magasins Kitsuné ou Colette à Paris cumulent les deux avec brio.

Sélection

Le site Studiohomme.com, qui s’est lancé dans l’aventure en février dernier, ouvre lui les portes de son showroom parisien sur demande. Inspiré du modèle de Net-a-por-

De nombreux sites se consacrent à la mode masculine. Ils offrent conseils, portraits et sélection de vêtements et d’accessoires comme ce casque Ruby.

ter.com, il met en ligne les portraits et les interviews de designers, des séries de photos de mode, ainsi qu’une sélection pointue de vêtements et d’accessoires. Soucieux de mettre en valeur les créations de jeunes designers, le site propose par exemple les doudounes d’Alexis Mabille pour Pyrenex ou la première collection de blousons en cuir de Barnabé Hardy, l’ancien sty-

liste homme de Balenciaga. Ses fondateurs, Arnaud Vanraet et Sébastien Roubaud, disent privilégier les produits qui ont une identité, une histoire. Ainsi on retrouve chez eux les lunettes Moscot et les mocassins Dafs, les casques Ruby ou les cravates Flouzen. Autant d’exclusivités qui attirent les visiteurs tant de France que des États-Unis.

Charles Faugeron

publicité

Bijou

Le retour du collier de perles Alors que Dries van Noten associe les imprimés indonésiens aux colliers de perles, Angela Missoni (directrice artistique de la maison du même nom) envisage pour l’été prochain des silhouettes aux coloris pastel, tout juste accessoirisées de rangées de perles. Idéal pour apporter éclat et lumière au visage. Les perles ont de nouveau le vent en poupe. En Chine, on dit d’elles qu’« elles sont des gouttes de rosées tombées du

ciel, gardant prisonnières la lumière de l’aube ». Coco Chanel elle-même appréciait leur blancheur lunaire et aimait accompagner chacune de ses tenues d’un bijou nacré. Devenu l’un des thèmes fondamentaux de l’identité de sa maison — et particulièrement son secteur haute joaillerie — Chanel présente, cet hiver, deux nouveautés exclusives. Perles et Ruban d’un côté, un sautoir trois rangs serti de diamants ; de l’autre Perles et Nœuds, un collier plus court monté sur or blanc. Tous deux en perles et entrelacés d’un délicat ruban pavé de brillants. Raffiné et féminin.

1920, de la perle de culture — jouent la carte de la couleur. Le joaillier japonais marie sans distinction perles noires (trouvées dans des huîtres à lèvres noires d’Okinawa et de Tahiti), perles des mers du Sud (les plus blanches) et trésors venus d’Akoya (très nacrés). Mais il se plaît aussi à mixer

Mélange

Plus graphiques, mais toutes aussi élégantes, les créations signées Mikimoto — l’inventeur, dans les années

Le modèle Couture chez Agatha.

DR

L

créateurs ressortent les colliers de perles du placard. La tendance néobourgeoise plébiscite les longs sautoirs, les ras-du-cou, et les multirangs.

les formes. Le collier Minuit aligne ainsi des larmes de lune irrégulières, plus baroques. Quelques-unes même sont recouvertes intégralement de diamants. Fini donc les rangs de perles trop classiques. La fantaisie est à l’honneur. La maison Burma, qui travaille des perles reconstituées — c’est-à-dire des noyaux de verre nacrés et enfilés à la main, très résistants — propose ainsi des sautoirs de grande qualité à partir de 280 euros. Moins cher encore, la griffe Agatha — qui depuis trente-cinq ans «  rend chic le toc  » — lance des sautoirs multirangs ; en verre, métal ou résine — déclinés dans des coloris fluo (dès 35 euros). Sans oublier un imposant plastron, piqué d’une fleur en organza. Un bien nommé Couture. Tout un symbole. Julie André

TRIB-04328-20091031-026  

Sélection n face de la plé- thore de portails dédiés à la mode féminine, Internet voit fleurir de nombreux sites, marchands ou non, consacré...

Read more
Read more
Similar to
Popular now
Just for you