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No 134 Jeudi 14 février 2019

Le journal étudiant de l'Université du Québec à Chicoutimi

Offres d’emploi étudiant y ville de Saguena à l’intérieur

Inspiration plein air Cap sur 2023 Page 2

NOUVEAU À LA COOPSCO DE L’UNIVERSITÉ DU QUÉBEC À CHICOUTIMI COOPSCO UQAC

CADRES POUR PHOTO DE FINISSANTS UQAC CHOIX DE 3 MODÈLES AUSSI DISPONIBLE : CADRE POUR DIPLÔME

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Actualité

Jeudi 14 février 2019 No 134 Le Griffonnier

La Bell Cause Photo : Pixabay

Émilie Morin

Rédactrice en chef

La Bell hypocrisie Depuis quelques années, à la fin du mois de janvier, Bell utilise la santé mentale comme canalisateur d’une véritable machine de marketing. Un succès? Oui. Douteux? Peut-être. De plus en plus de gens commencent à soulever l’hypocrisie dont fait part Bell en incitant ses clients à dénoncer la maladie mentale à grand renfort de messages textes, tandis que la compagnie accuse plusieurs cas de maladie mentale à travers ses

employés, qui doivent composer avec une forte pression causée par l’atteinte de standards démesurés. Il est toutefois difficile de critiquer Bell, qui remet toujours un montant très important à la suite de la journée « Bell Cause pour la cause », montant qui s’avère négligeable lorsque comparé aux revenus annuels de ce géant de la télécommunication... Il me semble que la maladie mentale mérite mieux. J’aurais envie que la « Bell Cause » devienne la « Belle Cause ». La dépression, l’anxiété, les troubles de personnalité, les

chocs post-traumatiques et autres méritent mieux que l’on allège notre conscience en laissant quelqu’un d’autre participer à notre place. Texter, on le fait tous les jours, Bell Cause ou non. Si vous voulez aider à la « déstigmatisation » de la maladie mentale, vous n’avez pas besoin d’attendre le mois de janvier pour le faire. La dépression, il faut en parler toute l’année. Bell se fout de la maladie mentale. Bell veut faire du cash sur le dos de la maladie mentale. Chez Bell, il y a plein de gens qui souffrent de maladie mentale. Sont-ils soutenus par leur employeur? Non. Plutôt que d’inciter les

consommateurs à participer une journée dans l’année, Bell devrait se taire et prêcher par l’exemple en aidant ses employés pendant les 364 jours restants.

L’air pur à la rescousse En cette édition de février, l’équipe du Griffonnier a uni santé physique et psychologique en préparant un journal qui met de l’avant les bienfaits du plein air. Dans cette édition, le retour aux sources est mis à l’honneur de plusieurs façons. En ce temps propice à la monotonie et à la dépres-

sion, je demeure persuadée qu’une promenade au grand air fait des miracles. Les journées ont commencé à allonger, profitons-en! En plus de nombreuses chroniques mettant de l’avant les joies de l’extérieur, vous trouverez plusieurs critiques culturelles, de même qu’un dossier couvrant la planification stratégique de l’UQAC pour l’année à venir. Mettre de l’avant les joies hivernales du Saguenay-Lac-St-Jean, c’est pour moi une façon de participer à la Belle Cause. L’extérieur est à mes yeux un antidépresseur naturel, et j’espère réussir à vous en convaincre lors de votre lecture de cette édition.

L'UQAC met le cap sur 2023 Stéphane Boivin Collaborateur

« La planification stratégique 2019-2023, c’est notre nouveau plan de navigation. Elle cherche à baliser les routes navigables que nous emprunterons au cours des quatre prochaines années. [...] Ne pas suivre le plan stratégique reviendrait à naviguer sans carte dans des eaux inconnues. » C’est en s’appuyant sur cette métaphore que la rectrice Nicole Bouchard a dévoilé le contenu de cette planification le 29 janvier dernier. En gestation depuis plus d’un an, le nouveau plan stratégique de l’UQAC était cher à

la rectrice Bouchard, qui l’évoquait déjà avant sa nomination à l’été 2017. Mise en branle en janvier 2018, la définition de cette politique a impliqué de nombreux acteurs de la communauté universitaire, d’abord à travers des consultations, jusqu’à son adoption en décembre.

confié à des firmes externes alors que l’UQAC a fait le choix de faire appel à la communauté pour définir une planification de l’intérieur.

Exercice obligatoire en vertu de la loi, la planification stratégique permet « de se donner un projet commun, d’identifier des destinations particulières où la communauté est invitée à se rendre », explique Claude Gilbert, directeur du développement et de la planification stratégique à l’UQAC. Celui-ci fait également remarquer que ce type d’exercice est souvent

Pour Nicole Bouchard, l’exercice en fut un de réflexion mais aussi de mobilisation. À travers une trentaine de rencontres d’équipe et de comité, quatre forums de discussion et différents canaux decommunication, l’UQAC évalue que l’exercice a rassemblé plusieurs centaines de personnes liées à l’université et de partenaires des communautés environnantes.

Un outil de mobilisation

Marie-Karlynn Laflamme, directrice du Service des communications et des relations publiques, insiste sur l’aspect mobilisateur du projet: « D’une perspective communicationnelle, ça devient un outil extraordinaire de mobilisation; mobilisation autour de projets communs mais aussi mobilisation au sein même des équipes, puisque ça permet de se donnerdes plans d’action communs qui nous permettent de s’inscrire dans quelque chose de beaucoup plus grand que nousmêmes. Alors c’est très positif pour une communauté d’adhérer à quelque chose comme ça. » La définition des plans d’action propres aux différents secteurs est ce qui attend le personnel de l’UQAC pour

la prochaine année. Ceux-ci seront ensuite arrimés à la planification budgétaire de 20202021.

Quatre grands axes La planification stratégique 2019-2023 se décline selon quatre mots clés : exceller, innover, inspirer et mobiliser. Ces axes correspondent à des aspects de la mission de l’UQAC telle que définie dans l’exercice de consultation. Cette mission a été formulée comme suit : « L’Université du Québec à Chicoutimi propose une expérience unique de l’enseignement supérieur, de la recherche et de la création, par un accès aux savoirs qui mise sur la proximité. Elle contribue au développement des communautés et exerce sa mission sans frontières. »


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Jeudi 14 février 2019 No 134 Le Griffonnier Présentées selon un modèle circulaire, ces quatre dimensions devraient être interdépendantes. Pour la rectrice Nicole Bouchard, il s’agit là d’une façon d’éviter que les services et les départements travaillent « en silo ». L’aspect « exceller » se concentre sur l’actualisation de l’offre de formation. À ce sujet, la rectrice Nicole Bouchard a par exemple évoqué la baisse de popularité des certificats, qui sont offerts en grand nombre à l’UQAC : « C’est moins attractif. Ça marche moins. Alors on va arrêter d’en produire! On en produit moins d’ailleurs, le Décanat des études a freiné la machine. À 180-200 programmes, on a peut-être les yeux plus grands que la panse. » Cet aspect devrait intéresser l’ensemble de la communauté universitaire puisqu’il réfère à des questions fondamentales sur la relation au savoir et la demande du marché du travail.

« On doit avoir une évaluation continue de nos programmes pour s’assurer qu’ils répondent aux besoins de notre clientèle, explique Nicole Bouchard. Parce que notre clientèle elle n’est plus captive de la région. Elle peut aller partout. Ce sont de gros contrats, ça va modifier notre structure de gestion, mais comment implanter une évaluation continue des programmes sans s’interroger sur nos structures? ».

ça change nos habitudes pédagogiques. Ce sont des changements importants, mais avonsnous vraiment le choix? ».

Lors du lancement public de la planification, la rectrice a évoqué les besoins du marché du travail qui pourraient se décliner en services de formation continue. La formation à distance est un autre élément important qui a été mentionné. Comparé à une jungle par la rectrice, ce marché est selon elle crucial pour l’UQAC, qui aurait accumulé un certain retard en la matière. « Si on n’est pas là, on ne sera peut-être plus là. Alors on a amorcé ce virage-là. Ça secoue les puces,

Avec un déficit structurel approximatif de 2 millions de dollars, l’un des défis majeurs de la planification stratégique de l’UQAC sera le financement de ses objectifs. L’atteinte des objectifs dépend également de la mobilisation de la communauté, comme l’explique Marie-Karlynn Laflamme : « Le défi c’est de continuer à mobiliser la communauté, à faire en sorte que les gens s’approprient ce qu’il y a là-dedans, qu’ils l’intègrent dans leurs activités quotidiennes, qu’ils en fassent

Nicole Bouchard affirme que les admissions de certains programmes autrefois populaires se ressentent déjà des formations à distance offertes par d’autres universités.

Les défis à venir

un projet d’équipe pour qu’on y arrive tous ensemble en 2023. Ça a l’air très loin et en même temps c’est très court! ». Parmi les autres préoccupations énoncées par la rectrice Nicole Bouchard, la planification stratégique devra également

s’attarder à l’offre de services sur la Côte-Nord, notamment auprès des Premières Nations. La modernisation des moyens de communication internes, comme la plateforme du dossier étudiant, est également dans la mire.

Pour la persévérance scolaire, chaque geste compte Stéphane Boivin Collaborateur

Du 11 au 15 février se tenaient les Journées de la persévérance scolaire, une campagne nationale annuelle de lutte contre le décrochage scolaire. La problématique touche tous les groupes d’âge, les étudessupérieures ne faisant pas exception. À l’UQAC, les Services aux étudiants peuvent répondre à de nombreux besoins liés à cette problématique. L’équipe a souligné les Journées de la persévérance scolaire à travers une programmation locale qui s’est ajoutée aux plus de 400 actions répertoriées à l’échelle nationale. Mais l’encouragement des étudiant.e.s à travers des obstacles aussi nombreux que divers est un défi à longueur d’année.

Le contexte saguenéen Le Cercle de presse recevait récemment quatre professionnels de l’éducation, qui chacun ont apporté un éclairage quant à la situation du décrochage scolaire au Saguenay. Line Chouinard, directrice adjointe au Service des programmes et du développement pédagogique au Cégep de Chicoutimi, a transmis quelques chiffres éloquents. Contre une moyenne québécoise de 31 % de diplômés universitaires, la région en compte 18. Par contre, le taux de diplomation de programmes techniques correspond aux chiffres nationaux: cela se situe autour de 20%. Selon Mme Chouinard, les perspectives de diplomation à l’UQAC ne laisseraient pas entrevoir un changement quant à cette situation. Celle-ci affirme toutefois que les efforts déployés pour

la persévérance scolaire depuis les années 1990 ont porté leurs fruits et qu’une progression positive a été constatée. Paradoxalement, l’éducation trouve aujourd’hui un «ennemi» dans le marché du travail. Dans le contexte d’une certaine pénurie de main-d’œuvre, les employeurs peuvent se montrer particulièrement agressifs en mettant de l’avant des stratégies de recrutement qui peuvent interrompre un projet éducatif.

Une évolution des besoins Ève Simard est responsable du soutien aux étudiants en situation de handicap aux Services aux étudiants de l’UQAC. Elle offre son soutien aux étudiant.e.s ayant des besoins particuliers en raison de conditions précises, parfois temporaires, parfois liées à la santé physique ou mentale, des éléments qui peuvent représenter de sérieux obstacles à la pour-

suite d’un projet pédagogique. Après quelques années passées au service de la communauté étudiante de l’UQAC, elle remarque que les problèmes liés à l’anxiété et au stress ont connu la plus forte progression au fil du temps, une impression que confirme son collègue, François Côté, conseiller en orientation professionnelle. Anxiété de performance, surcharge de travail et événements personnels sont autant de facteurs qui peuvent mettre en jeu la persévérance. Les deux professionnels des Services aux étudiants croient qu’il faut savoir respecter ses limites. « Que ce soit un deuil, une rupture, la maladie, un accident de voiture, ça peut remettre en question un trimestre au complet. Souvent, les étudiants ne veulent pas prendre un temps d’arrêt, ils ont l’impression que ça va énormément les retarder. Mais c’est parfois une bonne solution de prendre le temps. On ne parle pas d’abandon: quelque

chose est arrivé et on reprend mieux ensuite », explique Ève Simard. Toutefois, avant d’en arriver là, il est important de se rappeler que de nombreux arrangements sont possibles et que plusieurs ressources sont disponibles du côté des Services aux étudiants afin de faciliter le succès de son projet, un geste à la fois. Les Services aux étudiants ont par ailleurs profité des Journées de la persévérance scolaire pour lancer un sondage auprès de la communauté étudiante afin d’évaluer sa satisfaction et ses besoins.

Pour en lire davantage sur le sujet dans le présent Griffonnier: Démystifier les cycles supérieurs, par Marie-Ève Larrivée, p. 11 L’impact du plein air sur la santé psychologique, par Élise Pilote, p. 12


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Actualité

Jeudi 14 février 2019 No 134 Le Griffonnier

Le MAGE-UQAC prend position pour un développement durable Stéphane Boivin Collaborateur

Lors d’une assemblée générale spéciale tenue le 27 janvier, le MAGE-UQAC a résolu de travailler activement à la mise sur pied d’un comité institutionnel sur le développement durable appelé à définir l’ensemble des actions à entreprendre pour une UQAC durable. Cette résolution s’est réalisée dans la foulée de deux engagements pris lors d’un conseil central ordinaire. Le premier engageait l’association à adopter des moyens drastiques de lutte contre l’urgence climatique. Le second engagement souhaitait voir l’UQAC concentrer la mobilisation sur la réduction des déchets et des émissions de gaz à effets de serre, en plus

de retirer ses investissements dans des compagnies d’énergies fossiles, le tout visant à devenir une université carboneutre en 2022. Le soutien annoncé il y a quelques jours à Carbone Boréal est déjà un grand pas dans cette direction. En assemblée générale le 27 janvier, le débat s’est articulé autour d’une liste de propositions d’engagement soumises par un groupe d’étudiant.e.s ayant participé à un atelier de rédaction autour du développement durable et de la lutte contre l’urgence climatique. Plusieurs membres de ce groupe sont par ailleurs associés à la Coalition Fjord.

De nombreuses propositions De cet atelier a résulté un imposant document com-

Œuvre de la Une Les plages du Sag

prenant plus de 80 propositions de mesures pensées pour l’UQAC. Ces propositions concernent autant des petites actions réalisables rapidement que des changements structurels importants sur le campus, comme l’évaluation de l’efficacité énergétique des bâtiments, l’usage de la biomasse ou l’installation de toitures vertes.

Des étudiants de génie ont notamment soutenu que certaines mesures n’étaient pas réalistes du point de vue financier ou dans l’optique d’une réalisation dans un délai raisonnable.

Le document se voulait inspirant pour les membres de l’association étudiante. Plusieurs de ces membres, notamment Adrien Guibert-Barthez, co-porte-parole de la Coalition Fjord, ont expliqué le processus et le but de l’exercice.

L’association étudiante a donc décidé de s’impliquer dans la mise sur pied d’un comité institutionnel sur le développement durable. Celui-ci devra fédérer l’ensemble des acteurs de l’institution. Nous reproduisons ici le libellé de la résolution adoptée.

D’autres membres ont cependant argué que le très grand nombre de propositions ne pouvait être adopté en bloc par l’assemblée.

Tiana Kader est une étudiante française au baccalauréat interdisciplinaire en arts ; après une formation technique en cinéma et une licence en arts plastiques, elle est maintenant en échange étudiant à l’UQAC pour l’année. Passionnée de gribouillages, barbouillages et tritu-

Les propos contenus dans chaque article n’engagent que leurs auteurs. - Dépôt légalBibliothèque Nationale du Québec Bibliothèque Nationale du Canada Le Griffonnier est publié par les Communications étudiantes universitaires de Chicoutimi (CEUC).

Engagement envers un comité institutionnel

« Il est RÉSOLU que le MAGE-UQAC travaille à la création d’un comité institutionnel sur le développement rages, Tiana dessine ses voyages, illustre des poèmes et écrit des histoires pour enfants. Elle perçoit la création artistique comme un laboratoire d’expérimentation transdisciplinaire sans fin et souhaite orienter son parcours vers l’illustration, la bande-dessinée et le milieu de la microédition.

durable ayant pour but d’élaborer et de mettre en place des mesures afin de lutter contre les changements climatiques. Il est RÉSOLU que le MAGE-UQAC fasse tout en son pouvoir pour que ce comité soit composé de l’ensemble des acteurs de la communauté universitaire, qu’ils soient étudiants ou employés de l’UQAC, et des acteurs externes pertinents, tout en gardant une grande présence étudiante sur le comité. Il est RÉSOLU qu’en prévision de la mise en place de ce comité, l’assemblée générale du MAGE-UQACdemande de façon proactive qu’il y ait une parité étudiante. » Il a été convenu que le document de propositions servira de point de départ aux travaux du comité qui devrait être formé prochainement. Vous pourrez trouver le document en consultant cet article sur CEUC.ca.

Pour en voir plus : https://www. instagram.com/tianakader

Nous joindre Rédactrice en chef : Émilie Morin

Collaborateurs :

Graphiste : Ysé Raoux

Stéphane Boivin Élise Pilote Jessica Roy-Vachon Frédérique Laroche Olivia Brassard

Coordonnateur : Stéphane Boivin

Courriel : ceuc@uqac.ca Téléphone : 418 545-5011 #2011 Télécopieur : 418 545-5400 /ceuc.ca

@ceuc_ca

ceuc.ca

Publicité : Christian Tremblay Courriel : publicitieceuc@uqac.ca Correction : Émilie Morin

Marie-Ève Larrivée Émilie Morin Jessica Normandin Emmanuel Trotobas Laurie Tremblay

Couverture : Tiana Kader

CEUC remercie ses partenaires :

Prochaine parution : Jeudi 14 mars 2019 Tombée des textes : Vendredi 1er mars 2019, 17 h Tombée publicitaire : Lundi 4 mars 2019, 17 h Impression : Imprimerie Le Progrès du Saguenay Tirage : 3 000 exemplaires


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Jeudi 14 février 2019 No 134 Le Griffonnier

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Les lettres au centre de la recherche Émilie Morin

Rédactrice en chef « Fondé en 1999 au Département d’études littéraires (UQAM), Figura, le Centre de recherche sur le texte et l’imaginaire, réunit aujourd’hui des chercheurs et des équipes de plusieurs universités, issus des études littéraires et cinématographiques, des arts visuels, de l’histoire de l’art, de la traductologie, de la bibliothéconomie et de la sociologie. » (Figura.ca) Dans l’optique de démystifier davantage les études aux cycles supérieurs, Andréanne R. Gagné, chargée de cours et doctorante en lettres à l’UQAC, membre de Figura, nous donne davantage d’informations par rapport à ce regroupement, qui prend de plus en plus d’ampleur au sein de l’UQAC. Question: Le site de Figura nous donne une belle définition de ses activités, mais j’aimerais en savoir plus! Qui sont les acteurs de ce centre? L’UQAC fait partie du regroupement, mais quelles sont les autres universités qui y participent? En tant que membre de Figura, quel est ton rôle? Réponse: Le centre possède en fait trois antennes, une à l’Université Concordia, une autre à l’Université de Montréal et une troisième ici, à l’UQAC. Il y a également un laboratoire de recherches, le NT2, qui est

spécialisé quant aux nouvelles technologies et aux nouvelles textualités. Il faut savoir que tous les étudiant.e.s de deuxième et troisième cycles dont le mémoire ou la thèse est dirigé par un.e professeur.e membre de Figura deviennent automatiquement membreétudiant du centre. Ils ont alors accès à une foule d’outils et ont la possibilité d’obtenir du financement pour la publication et la diffusion de leurs travaux. Un comité étudiant Figura est aussi responsable d’organiser des activités scientifiques sur les différents campus des antennes. Je fais partie de ce comité depuis quatre ans déjà. L’an dernier, nous avons organisé un colloque Figura pour les étudiant.e.s du centre dans le cadre de l’ACFAS à Chicoutimi. Pour 2019, la journée d’études que nous organisons aura lieu à l’UQAM, l’idée étant de mettre sur pied chaque année une activité conjointe pour favoriser les rencontres entre les étudiant.e.s du centre. À Chicoutimi, le comité étudiant Figura organise depuis cinq ans un speed colloque en littérature. Il s’agit d’une demijournée de conférences et de présentations durant laquelle les étudiant.e.s ont cinq minutes pour présenter un court travail de recherche qui suscite un questionnement ou qui offre une réflexion élargie. Cet événement est l’occasion pour les étudiants de discuter de problématiques liées aux études littéraires et d’élargirleur réseau puisque nous recevons aussi des spécialistes et des étudiant.e.s

de l’extérieur de la région. Nous offrons aussi la possibilité aux étudiant.e.s du baccalauréat de participer, puisqu’il s’agit d’une formule intéressante pour celles et ceux quiveulent expérimenter le monde de la recherche. Q: Peux-tu nous expliciter le concept des conférences qui se déroulent à l’UQAC cette année? R: Les conférences Figura qui ont lieu cette année à l’UQAC et le speed colloque qui aura lieu le 1ermars 2019 sont deux activités liées au même centre, mais organisées séparément. Comme je le mentionnais tout à l’heure, le speed colloque est organisé par le comité étudiant Figura de l’UQAC. Cette activité, qui s’inscrit cette année sous le thème de la cruauté, est ouverte au public: tout le monde peut y assister. Celles et ceux qui sont intéressé.e.s trouveront plus de détails en visitant la page Facebook consacrée à l’événement (Speed colloque Inhumanitas. De la cruauté et de l’humain) ou les actualités Figura. Quant au cycle des conférences, elles sont présentées dans lecadre des séminaires Figura « Narrations Contemporaines » qui sont organisés cette année par les membres réguliers de l’antenneUQAC, soit les professeur.e.s Anne Martine Parent, François Ouellet et Nicolas Xanthos. Les six conférencier.ère.s invité.e.s ont été amené.e.s à réfléchir autour du thème « Écart: poétiques, représentations, imaginaires ». Encore quatre conférences auront lieu d’ici la fin

avril. Comme j’agis à titre de coordonnatrice pour ce cycle de conférences, les gens intéressés à en savoir plus peuvent me contacter à l’adresse suivante: andreanne.r-gagne@uqac.ca. Q: Est-ce que les conférences sont réservées aux cycles supérieurs? R: Non, les étudiants de premier, deuxième et troisième cycles peuvent y assister. Q: Est-ce que les sujets traités lors des conférences sont uniquement littéraires ou bien est-ce qu’elles peuvent toucher à d’autres domaines aussi? R: Comme ces conférences sont organisées par le centre de recherche Figura, elles concernent principalement le

domaine des études littéraires, quoiqu’elles peuvent toucher à des domaines connexes (études c i n é m a t o g r a p h i q u e s,   a r t s visuels, histoire de l’art, sociologie, etc.). Les conférencier.ère.s invité.e.s sont pour la plupart des professeur.e.s de lettres. Q: Quand les conférences ont lieu dans une autre université, est-ce que les étudiants peuvent y assister quand même? R: La plupart du temps, les conférences sont enregistrées et diffusées sur le site de l’Observatoire de l’imaginaire contemporain (www.oic.uqam. ca). Il est donc possible pour les étudiant.e.s de l’UQAC de les écouter en baladodiffusion s’il ne leur est pas possible de se rendre à Montréal.


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Arts et culture

Jeudi 14 février 2019 No 134 Le Griffonnier

Focus littéraire Jessica Roy-Vachon est une étudiante au baccalauréat en enseignement des arts. Diplô mée du baccalauréat en études littéraires françaises, elle met son expertise à profit en invitant les lecteurs du Griffonnier à découvrir ses plus récentes lectures. Frédérick Lavoie, Avant l'après—Voyages à Cuba avec George Orwell, La Peuplade, 2018. « Voir Cuba avant que ça change. Voir Cuba avant l'après. Sur l'île des Caraïbes, le présent semble pencher vers l'avenir. Entre le réchauffement des relations avec les États-Unis et la fin annoncée de règne des Castro, le pays est « en transition ». En février 2016, une maison d'édition étatique lance une nouvelle traduction de 1984 de George Orwell. Curieux de découvrir qui a autorisé la publication, Frédérick Lavoie enquête. Une année s'écoule au cours de

laquelle il effectue trois séjours à Cuba, cherchant non pas à prédire l'avenir de l'île, mais à encapsuler son présent pour un usage futur. Orwell, par le fait même, devient le compagnon de voyage idéal pour guider l'écrivain à travers les méandres du régime. » (lapeuplade.com) Que dire de ce livre... les mots me manquent. Je l'ai adoré; j'ai même relu certains passages plusieurs fois. J'avais l'impression de voyager. L'auteur sait nous amener avec lui dans ce voyage avec Orwell et c'est un périple vraiment fascinant, qui fait réfléchir. On voit Cuba différemment et c'est là la beauté de ce livre: cette manière de nous décrire Cuba, de nous la faire voir sous un angle auquel nous ne sommes point habitués. Appréciation: 5/5 Bonne lecture !

Couverture du livre de Frédérick Lavoie, Avant l’après—

Voyages à Cuba avec George Orwell, La Peuplade, 2018.


Arts et culture

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La Bundymanie Émilie Morin Journaliste

Netflix a récidivé: après Bird Box, le nouveau truc à voir, c’est Conversations with a Killer: The Ted Bundy Tapes, un documentaire mettant en vedette Ted Bundy, le célèbre tueur en série. Quand je dis « mettant en vedette », je veux vraiment dire « mettre en vedette ». Une vedette, pas de doute, Bundy en est une. Et c’est ce qui est dérangeant quand on écoute les Bundy Tapes.

The Ted Bundy Tapes, c’est un documentaire qui s’orchestre autour d’une série d’enregistrements audio obtenus par un journaliste états-unien lorsque Bundy était en prison, en attente de la peine de mort. Plutôt que de miser sur l’angle sensationnaliste du tueur dépravé, nécrophile, comme nombre de documentaires l’ont fait par le passé, la minisérie de Netflix se concentre plutôt sur la personnalité de Bundy. À l’aide non seulement des enregistrements audios, mais aussi de nombreux extraits vidéos, on découvre le charisme mythique que dégageait le tueur ; un pouvoir d’attraction qui a fait en grande partie sa réputation. Un charme qui dérange, encore aujourd’hui. Au-delà de cette attraction malsaine, on est également en droit de se demander la pertinence de ramener un tel personnage au cœur de l’actualité. Plusieurs tueurs en série ont été documentés au fil du temps, mais il est difficile d’en trouver un qui aurait autant apprécié cette attention que Bundy l’aurait fait. Personnellement, en écoutant la série, j’éprouvais une vague culpabilité à l’idée que Bundy aurait certainement adoré faire la une de l’actualité à nouveau. Environ 40 ans après sa mort, cela aurait de quoi flatter son narcissisme. En fait, le documentaire choque à la fois par son contenu, mais aussi par sa forme. Le simple fait qu’on documente la vie (et la mort) de cet homme est choquant en soi. Pourquoi le faire? Une question à laquelle Joe Berlinger serait probablement en mesure de répondre, lui qui est le directeur de Extremely Wicked,

Shockingly Evil and Vile, un autre film biographique à propos de Bundy, qui sortira prochainement.

Faire violence aux femmes D’un autre point de vue, le fait que l’on soit capable de glorifier une telle personne, de la respecter au point de faire des films à son sujet, n’est-ce pas une sorte de conséquence à la culture du viol? On choisit délibérément d’ignorer les victimes de cet homme pour se concentrer sur celui-ci. Est-ce que c’est un produit de notre amour du sensationnalisme, ou une conséquence de cette habitude sociétale que nous avons d’ignorer nos femmes? Estce qu’on manque de respect aux victimes de Bundy en ne sachant rien à leur sujet, mais tant de choses à propos de leur tueur? Plus récemment, à la suite de drames meurtriers, on a vu surgir des mouvements sur les réseaux sociaux demandant à ne pas faire circuler le nom du tueur, mais plutôt celui des victimes. N’est-on pas là au plus clair de notre hypocrisie? Quelle est la différence entre le comportement des médias qui couvrent une fusillade, s’attardant aux détails sanglants de celle-ci, fouillant dans la vie du tueur pour en faire un terroriste ou une victime de la maladie mentale, et le nôtre, lorsque nous fouillons dans la vie de Ted Bundy dans l’espérance de... quoi en fait? De comprendre? De rationaliser des actes qui ne peuvent pas l’être? Qui sait.

Photo : Netflix

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Un attrait qui dure Certains regarderont probablement les Bundy Tapes pour comprendre l’attrait de cet homme, dont le charme a fait la « légende ». Si on s’intéresse encore à Bundy après plus de 40 ans, on n’a certainement pas besoin d’un documentaire pour se prouver qu’il était charismatique et envoûtant. Le fait qu’il fasse l’objet d’une telle recherche est en soi une preuve de cet attrait qui perdure. Et même si la nécessité d’une telle production est douteuse, force est de constater que les Bundy Tapes nous montrent extrêmement bien le phénomène Ted Bundy.

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Jeudi 14 février 2019 No 134 Le Griffonnier

Detroit: Become human Quand l’androïde surpasse l’humain Jessica Normandin Collaboratrice Les progrès technologiques concernant l’intelligence artificielle avancent à grands pas, réjouissant certains, mais inquiétant d’autres. L’IA se glisse de plus en plus dans notre quotidien, nous évite des tâches ingrates et nous simplifie la vie. Elle s’intègre également sur le marché du travail, laissant planer une vague d’inquiétude: éliminera-t-elle des emplois? À quoi ressemblerait un monde où l’intelligence artificielle surpasse l’être humain en tout point? C’est ce qu’essaie d’imaginer Quantic Dreamavec son excellent jeu Detroit: Become Human, sorti en mai 2018 sur PS4. Dans ce jeu essentiellement scénaristique qui se déroule dans la ville de Détroit en 2038, une firme répondant au nom de Cyberlife est parvenue à mettre sur pied des androïdes ressemblant en tout point à des êtres humains. Que ce soit dans la manière qu’ils ont d’interagir avec ce qui les entoure, ou dans leur apparence physique,

passant par des caractéristiques qui leur sont totalement inutiles comme le clignement des paupières, aucun détail n’est mis de côté. Hélas pour l’humain, cette ressemblance rend l’androïde si parfait que nombre d’employeurs préfèrent mettre à pied leur personnel pour, peu à peu, les remplacer par ces machines, dont la fiabilité est beaucoup plus assurée. Cela a pour effet d’augmenter drastiquement le taux de chômage et d’ainsi créer un climat d’hostilité envers ces « voleurs d’emploi ». Étant programmés pour comprendre les émotions sans toutefois les ressentir, les androïdes ne sont évidemment pas censés émettre de réactions face à ce mépris. Toutefois, des cas incompréhensibles commencent à être répertoriés: certains androïdes, que l’on qualifie de « déviants », semblent désormais aptes à ressentir des émotions. Ceux-ci, en réponse à un choc émotionnel trop grand, attaquent les humains qu’ils doivent normalement servir. C’est dans ce contexte que le jeu commence. Tout au long

de la partie, le joueur suivra l’évolution de trois androïdes: Connor, un androïde des forces de l’ordre qui tente de démystifier des cas impliquant des déviants; Kara, la bonne à tout faire d’un homme colérique et violent; Markus, le bras droit d’un vieil artiste plutôt aisé financièrement. C’est à travers leur quête identitaire et leur découverte du libre arbitre que le joueur apprendra à connaître chacun d’entre eux.

À travers les yeux de l’androïde Suivant la mode des jeux scénaristiques implantés depuis quelques années déjà, le scénario avance en fonction des divers choix faits par le joueur au cours des chapitres. Contrairement à bien des jeux de ce genre, les choix sont variés et débouchent vers une variété de fins différentes. Les conséquences de ces dernières peuvent être plus ou moins grandes pour la suite de l’his-

toire. Les différences peuvent être très marquées, de sorte qu’un même chapitre peut être complètement différent d’une partie à une autre. Par ailleurs, la moindre erreur du joueur peut entraîner la mort définitive de l’un des androïdes, à moins de recommencer le chapitre, ce qui est fortement déconseillé par le jeu. Bref, il aura tout intérêt à faire bien attention aux actions qu’il effectuera s’il ne souhaite pas voir l’une des trois histoires s’arrêter brusquement. La jouabilité, quant à elle, se centre principalement sur les capacités qu’ont les androïdes à analyser leur environnement. À presque tout moment, le joueur pourra entrer en mode analyse, ce qui a pour effet de mettre le jeu en pause afin de voir les divers éléments avec lesquels pourront interagir les androïdes. Certaines actions se démarquent du lot, comme les moments où le joueur doit, avec l’aide de Connor, analyser chaque élément d’une scène de crime afin de parvenir à en faire une reconstitution parfaite. Ces phases, comme bien d’autres, seront parfois limitées dans

le temps (sans qu’il y ait forcément de décompte), histoire d’ajouter une bonne dose de stress au joueur.

Actuel et immersif Se déroulant dans un avenir proche, le jeu aborde une thématique qui préoccupe déjà notre société actuelle. D’ailleurs, l’univers est beaucoup plus étoffé qu’on peut le croire puisque tout au long du jeu, le joueur peut trouver des magazines traitant de divers sujets (comme l’interdiction des androïdes au Canada), ajoutant ainsi un contexte social à l’histoire.De plus, le fait que la mort d’un personnage soit irréversible rend le jeu immersif, ce qui fait en sorte qu’on se sent davantage impliqué envers les choix que l’on fait, mais aussi envers les personnages, pour qui on développe un certain attachement. Malgré l’utilisation de certains clichés, Detroit: Become humanpossède un scénario riche et diablement bien ficelé qui vous attrapera dès les premières minutes de jeu.

Photo : Detroit: Become Human


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Arts et culture

Jeudi 14 février 2019 No 134 Le Griffonnier

Retour aux sources Laurie Tremblay Collaboratrice

Qu’il soit intentionnel ou non, un retour à nos racines s’avère toujours bénéfique, que ce soit pour décrocher du quotidien ou pour se réinventer en tant que personne. Voici donc quatre films et séries qui se rejoignent sous le thème du retour aux sources, afin de vous inspirer et de vous aider à oublier le froid qui s’est imposé à nous dans les dernières semaines.

De père en flic

(comédie réalisée par Émile Gaudreault, 2009) Ce film mettant en vedette Michel Côté et Louis-José Houde est probablement l’une des comédies les plus appréciées du cinéma québécois des dernières années. Il raconte l’histoire d’un père et son fils, tous deux policiers, qui infiltrent une

thérapie de groupe père-fils qui se déroule sous forme de voyage de camping. Ne pouvant se supporter, ils tenteront néanmoins de corrompre l’avocat d’un groupe de motards, tout en continuant de travailler sur leur relation dysfonctionnelle. Cette oeuvre cinématographique, qui a su réunir le suspense et l’humour, nous apprend à sortir de notre zone de confort et apprécier nos relations familiales, même si cellesci sont parfois plus difficiles.

Wild

(drame réalisé par Jean-Marc Vallée, 2014) Reese Witherspoon brille dans ce drame américain, qui reprend l’histoire de Cheryl Strayed, une jeune femme en quête de renouveau spirituel suite à une rupture amoureuse et au décès de sa mère. Décidant subitement de marcher la Pacific Crest Trail (un sentier de randonnée de plus de 4000 km qui va de la frontière mexicaine

jusqu’à la frontière canadienne), elle quitte sa vie de toxicomane pour une longue et dangereuse aventure solitaire. Emily Dickinson a écrit que « si ta volonté te lâche, dépasse ta volonté ». Tel est l’un des mantras de Cheryl Strayed lors de son périple ultime. Se lançant tête première, armée d’un énorme sac à dos, elle s’oppose à elle-même et se confronte à son passé afin de découvrir qui elle est vraiment et qui elle aimerait devenir. Elle fait des rencontres enrichissantes sur sa route et apprend de ses erreurs,tout en se pardonnant celles commises dans le passé.

Survivor

(téléréalité, 2000 à aujourd’hui) Cette téléréalité très divertissante réunit un groupe d’étrangers dans un endroit inconnu, isolé, mais paradisiaque. Pour rester en vie, les participants doivent être en

mesure de se construire un abri, de trouver de la nourriture et de l’eau, ainsi que de faire un feu. Chaque semaine, ils font face à des défis qui leur permettent de gagner des récompenses et l’immunité faceaux éliminations hebdomadaires. Ils doivent mettre à l’épreuve leurs capacités physiques et mentales afin de devenir le « Seul Survivant » et mériter le grand prix de 1000000$. Chaque saison a un thème. La dernière divisait les concurrents en deux équipes représentant des figures bibliques: David, composée de dix joueurs ayant constamment surmonté les obstacles dans leur vie, et Goliath, composée de dix joueurs ayant utilisé leurs avantages pour exceller dans la vie.

Lost

(série de sciencefiction, 2004 à 2010)

sur une île déserte. Les survivants épuisent rapidement leurs provisions et doivent trouver le moyen de survivretout en apprivoisant les mystères de l’île. Des secrets sont dévoilés et, entre jungle et plage, des découvertes surprenantes ont lieu. Les survivants deviennent déchirés entre l’attente des secours et la nouvelle vie qui les a trouvés. Tournées dans des décors réels sur les îles d’Hawaii, les scènes de cette série nous donnent autant envie de partir en voyage qu’elles nous font aimer le confort de notre maison. On retrouve le thème du « retour aux sources »à travers l’instinct de surviedes personnageset leur accès au strict minimum. On peut ainsi apprécier ces conditions catastrophiques avec l’humour, les drames et les pleurs que Lost a si bien su réunir sous forme de personnages attachants dont les passés, présents et futurs s’entrecroisent.

Lost raconte l’histoire de passagers dont l’avion s’écrase

Médium-poésie au Lobe Stéphane Boivin Journaliste

Le centre d’artistes Le Lobe sera l’hôte d’un étrange événement de poésie le 22 février. Bring Your Own Dead permettra d’entrer en contact avec les morts par le biais de la poésie de Pascale Gorry Bérubé et de Maude Veilleux. C’est dans le cadre du commissariat d’Hugo Nadeau, autour de la thématique Trop de réalité, que l’événement médiumnique se prépare. En résidence d’un mois au Lobe du quartier du Bassin de Chicoutimi, les poétesses Pascale Gorry Bérubé et Maude Veilleux sont dotées de forts pouvoirs paranormaux, nous assure Paul Kawczak, idéateur de la soirée: « Pour vingt dollars (ce n’est pas cher quand même pour communiquer avec l’au-delà), on peut commander un poème:

par exemple, je veux parler à mon chien, ma grand-mère, ou Kurt Cobain... Les poétesses vont entrer en communication avec les morts, elles sont assez puissantes sur le plan spirituel, donc ça ne devrait pas poser de problème pour elles. Elles enverront un poème écrit dans ce moment de communion avec l’au-delà. » On aura compris que la dimension spirituelle sert ici de prétexte à une soirée déjantée, qui se déroule autour de l’art sous toutes ses formes, un type d’événement dont Le Lobe a le secret. La communication avec l’au-delà est aussi une autre façon d’aborder la thématique proposée par le commissaire Hugo Nadeau. Paul Kawczak explique: « J’avais besoin d’argent pour payer les poétesses et organiser la soirée. J’ai donc pensé à une campagne de financement Kickstarter. Ça tombait bien avec

la thématique ; le monde des morts c’est l’au-delà, le monde réel c’est l’argent, et il y a le web, qui est un peu entre les deux. On ne sait pas vraiment. Pour moi il y a encore des apparitions fantomatiques sur le web. Des fois. »

Deux volets Il y a donc deux dimensions à cette soirée qui en explore une quatrième: la participation à la campagne de sociofinancement Kickstarter, accessible via la page Facebook du Lobe, vous vaudra un poème personnalisé livré chez vous. Par le fait même, c’est une occasion de participer financièrement au foisonnement culturel du Saguenay. Au moment d’écrire ces lignes, une douzaine de personnes avaient déjà commandé leur poème. Le deuxième volet de la soirée est gratuit et se déroulera au Lobe le 22 février. Les gens pourront poser leurs morts respectifs

et les poétesses, dans la mesure de leur énergie « poéticoocculte », transmettront des bribes de poèmes sur place. «Le 22 février, il y aura vraiment expérience de communication. Gratuite, hein! », se targue l’organisateur.

Peur pas peur Au cas où vous ne l’aviez pas encore saisi, il faut s’attendre davantage à s’amuser L’auteur, éditeur et chargé de cours Paul Kawczak est qu’à avoir peur le 22 à l’origine de la soirée Bring your own deadau Lobe, février. L’imprévisible le 22 février. Photo: Sophie Gagnon-Bergeron. étant partie prenante du concept, le plaisir devrait être aux rendez-vous pas du tout exclu que le public pour les artistes comme pour les intervienne. Mais ce sera festif. spectateurs, qui pourraient être On va essayer d’éviter d’entrer appelés à devenir acteurs s’ils en contact avec des espritstrop le veulent bien. Paul Kawczak nocifs, même s’il peut y avoir se fait rassurant: « Ce n’est pas un risque de dérapage... ». une pièce de théâtre et il n’est


Arts et culture

Jeudi 14 février 2019 No 134 Le Griffonnier

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Démystifier les cycles supérieurs Marie-Ève Larrivée Collaboratrice

Lorsque nous sommes au premier cycle, la routine classique est d’avoir cinq cours par semaine. Rapidement, il y a par la suite soit une recherche d’emploi, soit un passage aux cycles supérieurs. Quand la décision de poursuivre ses études après avoir complété un baccalauréat est prise, la routine scolaire change alors du tout au tout. Personnellement, je termine une maîtrise dans un volet recherche. Lorsqu’on prend une telle route, il faut s’attendre à un changement radical. Il faut également être prêt à affronter la solitude dans la réalisation de nos travaux, ce qui signifie que non seulement nos travaux sont effectués seul, mais également que les balises de ces travaux sont établies par nous-mêmes. Bien souvent, il est question d’un seul cours par session, peut-être même aucun. Le reste du temps, il faut rester devant nos écrans ou nos données afin de faire avancer notre projet. Ce n’est pas bien différent en ce qui a trait aux cycles supérieurs en clinique; les étudiants doivent rester à la clinique universitaire plusieurs heures par semaine et, une fois arrivés à la maison, doivent étudier ou lire sur ce qu’ils doivent améliorer dans leurs compétences cliniques. Cette nouvelle routine apporte beaucoup de complications, que ce soit au niveau physique ou mental. L’entreprise d’un projet de maîtrise ou de doctorat amène rapidement de la monotonie et une routine étudiante. Peu importe notre niveau d’étude, il est important de savoir briser la routine en respectant nos limites et en prenant le temps d’ être . La santé physique et psychologique peut rapide-

ment se dégrader dans le cas contraire. Respecter ses limites, ça veut dire quoi, concrètement? C’est tout simplement savoir comment et quand dire « non ». Un jour, un homme m’a dit que « les gens qui travaillent avec des technologies ne vont jamais pousser celles-ci à 100 % de leurs capacités, sinon elles vont se briser. Ils vont même diminuer la production d’une machine à 80 % afin de la maintenir dans un état optimal. Alors, pourquoi donner notre 110 % dans tout? » C’est à ce moment que j’ai réalisé ce que voulait dire «respecter ses limites ». C’est accepter le fait que nous briserons si nous allons au-delà de nos capacités; c’est faire en sorte de rester dans un état optimal. Afin de maintenir un équilibre mental, il faut savoir faire la différence entre les tâches scolaires et les moments de détente, il faut donc apprendre à décrocher. Pour cela, il faut trouver des activités qui correspondent à nos besoins en dehors de l’école. Ce qui marche le mieux pour moi, c’est principalement les activités qui sont à l’extérieur de chez moi (puisque je travaille de la maison sur mon projet de maîtrise) afin de pouvoir mettre entièrement de côté ce qui m’attend sur mon bureau. L’idéal lorsqu’on travail de la maison, c’est d’avoir un bureau complètement séparé de notre milieu de vie, si espace il y a, afin de ne pas pouvoir apercevoir les tâches qui nous attendent le lendemain. Cela va peut-être paraitre simple comme idée, mais le fait d’isoler sa zone de travail du reste va permettre au cerveau de mettre complètement de côté le travail à faire plus tard. Une fois que la séparation matérielle est faite, décrocher devient plus facile. De plus, faire des listes en finissant (ou en commençant, tout dépendant des gens) la

Photo : Pixabay

journée permet de se vider la tête complètement avant de faire autre chose. Cela permet ensuite d’effectuer d’abord ce qui est prioritaire lorsque l’on recommence à travailler le lendemain, puisque tout ce qui est à faire à déjà été établi. Les périodes que l’on s’accorde pour nous sont souvent très rares, puisque l’on s’attarde souvent à finir nos tâches scolaires le plus rapidement possible. Toutefois, en agissant de la sorte, la liste de travail à faire ne devient que plus longue puisque, comme évoquéplus haut, c’est nousmêmes qui sommes responsables de nos tâches. C’est pourquoi, personnellement, je consacre une soirée par semaine à du temps en amoureux, et ma fin de semaine complète à la détente. Ces jours-là, je m’accorde priorité, c’est-à-dire que je ne travaille jamais lors de ces moments. C’est l’option qui fonctionne le mieux pour moi. Toutefois, il faut avoir une bonne organisation de nos tâches le reste du temps afin de ne pas prendre de retard. De plus, afin de briser mes routines statiques, je pratique la danse et le yoga 4 h 30 par semaine. Non seulement cela fait du bien au mental, mais

cela est également bénéfique pour le corps. Il n’y a rien de pire pour celui-ci que de rester assis pendant plusieurs heures. L’état statique apporte une monotonie et s’accompagne souvent d’états dépressifs. Comme la majeure partie de nos journées comme étudiant se résument à être devant nos travaux ou dans nos livres, il devient primordial de s’accorder un moment d’activation physique, que ce soit par la marche, le yoga, la danse, la boxe ou simplement les étirements. En réveillant nos muscles, le cerveau crée des connexions neuronales

qui amplifient nos capacités intellectuelles et la plasticité neuronale. Le cerveau est donc mieux paré à travailler et à apprendre. Sommes toutes, étudiant ou employé, les mêmes recommandations s’appliquent à nous. Prendre le temps d’être, de vivre et de relaxer en dehors des routines, c’est aussi important que de manger et dormir. Après tout, pour un étudiant, que vaut un dossier académique parfait si l’être humain derrière est épuisé à la fin de ses études?


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Plein air

Jeudi 14 février 2019 No 134 Le Griffonnier

L'impact du plein air sur la santé psychologique Élise Pilote

Collaboratrice Le plein air au sens des activités extérieures est, selon le grand dictionnaire terminologique (2012), « l’ensemble des activités et des sports de loisirs se déroulant à l’extérieur d’un bâtiment ». Selon l’OMS, on définit la santé comme « un état de complet bien-être physique, mental et social, [qui] ne consiste pas seulement en une absence de maladie ou d'infirmité » (1948). Les activités physiques à l’extérieur et la santé en général sont-elles interreliées? Si tel est le cas, quels sont les avantages à pratiquer une activité à l’extérieur? C’est une question intéressante du point de vue de la santé physique, mais aussi par rapport aux avantages qu’offre une activité en plein air sur la santé psychologique. L’interaction entre le physique et le mental estégalement un aspect pertinent à étudier. Ici, les aspects psychologiques et physiologiques de l’activité de plaisance en général seront abordés. Nous analyserons aussi ses impacts sur la santé psychologique, la santé physique et la

dimension sociale des activités extérieures... Les aspects biologiques de l’activité physique, en particulier sous l’aspect de la neurochimie, seront aussi observés. Pour finir, je vous présenterai ma conception personnelle des activités physiques extérieures. Commençons de ce pas! On peut concevoir notre santé psychologique comme dépendante de la santé physique. Les effets physiques des activités plaisantes en général (passe-temps, socialisation, sport et temps passé dans la nature) incluent notamment une diminution de la pression sanguine, un taux total de cortisol plus faible, un tour de taille plus petit, un indice de masse corporelle plus faible et une meilleure perception de ses propres capacités physiques. Selon Pressman et al (2009), « les effets psychologiques associés aux activités plaisantes sont: un plus haut niveau d’état psychologique positif et un plus bas taux de dépression et d’autres pathologies » [traduction libre]. Tous ces effets font en sorte que nous trouvons du plaisir à nous investir dans une activité de plaisance. Celles-ci permettent de se sentir mieux physiquement, et puisque les

effets physiques comportent des avantages qui déteignent sur l’esprit, on peut considérer qu’elles aident à une meilleure gestion du stress et une diminution des symptômes de certaines psychopathologies, comme la dépression. Pour ce qui est des activités extérieures en tant que telles, « la santé psychologique est affectée par la restauration de l’attention, la réduction du stress et l’apport d’émotions positives. La santé physique est affectée par la promotion de l’activité physique. Par ailleurs, une dimension sociale s’ajoute aux activités en plein air. Cette dimension sociale est représentée par une intégration sociale de l’individu et inclut une expérience collective qui a lieu à travers les différentes activités extérieures » [traduction libre] (Parry‐Jones, 1990). Selon Maslow (1943), « [les activités en plein air] favorisent la santé psychologique par la réalisation d’un besoin essentiel au sentiment d’estime de soi et de réalisation de soi-même en vertu de la théorie des besoins de Maslow ». Yves Larochelle ajoute: « La dimension sociale est un aspect souvent négligé de la santé psychologique, mais qui est tout aussi important dans la

conscience de soi de l’individu et de son propre bien-être. » (Larochelle, Y, 2009) En matière de biologie, pourquoi les effets dénotés sur la santé psychologique existentils? « Il est possible que certains neurotransmetteurs, comme la sérotonine et la dopamine, soient impliqués dans le processus de l’activité physique. Le mécanisme du neurotransmetteur GABA est modifié par l’activité physique », nous dit CharlesYannick  Guezennec (2008). « La sérotonine est impliquée dans la régulation émotionnelle et l’adaptation aux situations nouvelle », selon une étude de Moran et coll. (2018).Emily Jane Willingham (2012) ajoute que « la dopamine est impliquée dans le système de récompenses, dans la sensation de plaisir d’une expérience, dans la perte de motivation et dans la réduction de l’anxiété ». On ressent souvent les effets mentionnés peu de temps après une activité physique. La sensation de calme est instantanée. Notre neurochimie nous permet de trouver du plaisir à être actifs, ce qui nous motive à l’être davantage. Personnellement, je trouve que l’activité physique à l’extérieur permet une meilleure

oxygénation du cerveau et permet, à long terme, d’être plus concentré. Le corps étant relié au mental, l’oxygène qui arrive au cerveau par le reste du corps est extrêmement important. Le cerveau ne peut vivre sans le corps qui l’alimente et le corps ne peut pas vivre sans le cerveau qui le contrôle. Prendre le temps d’aller à l’extérieur, c’est se choisir et, en même temps, c’est aussi ne faire qu’un avec la nature. Celle-ci a beaucoup de leçons à nousapprendre dans le calme et la régularité. La nature nous permet de nous recentrer sur nous-mêmes et de trouver, en soi, un équilibre psychologique et physique. C’est comme si on puisait à travers une source sans fin d’énergie. J’ai abordé sommairement les aspects psychologiques, physiques et sociaux de l’activité physique extérieure. Nous avons pu remarquer que les avantages à ajouter les activités de plein air à notre mode de vie sont nombreux et que plusieurs études témoignent de ceux-ci. Nous avons donc tous et toutes intérêt à changer nos habitudes! À bientôt pour de nouveaux articles!

Photo : Pixabay


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Jeudi 14 février 2019 No 134 Le Griffonnier

Alpinisme au féminin : portrait de Monique Richard Olivia Brassard Collaboratrice

En tant que passionnée de montagnes et ancienne activiste féministe, j’ai décidé d’interviewer et de vous faire connaître une femme alpiniste qui adore les défis. Monique Richard, qui agravi les hauts sommets de ce monde (Everest, Makalu, Kilimanjaro) a généreusement pris le temps de me parler de sa passion. Question: Quand et comment avez-vous découvert cette passion? Réponse: En fait, tout a commencé dans le bureau de ma psychologue. À l’époque, j’étais propriétaire d’un bistro, une situation qui ne me rendait pas heureuse. C’est après avoir exprimé à ma thérapeute mon besoin de simplicité, de voyage et d’authenticité que cette dernière me met la puce à l’oreille : le chemin de Compostelle! En moins de deux mois, j’ai vendu mon bistro et je suis partie seule sur les routes d’Europe pour parcourir 1 600 kilomètres en 8 semaines. La découverte de la montagne arrive tardivement avec la randonnée GR20 en Corse, un des treks les plus sportifs avec ses 200km de montagnes russes. Je découvre

enfin mon bien-être dans cet environnement. Je sentais tout mon potentiel s’animer et j’ai voulu aller plus haut! En 2009, le Kilimandjaro sera ma première expérience en altitude. Ce fut le coup de foudre! Après le Kilimandjaro, j’ai poursuivi le défi des 7 sommets qui consiste à gravir les plus hautes montagnes de chaque continent, et j’ai effectué une trentaine d’ascensions majeures dans différentes régions du monde. Q: L’alpinisme est un domaine accaparé majoritairement par les hommes. Y a-til des difficultés à surmonter pour les femmes? R: Le monde de l’alpinisme est effectivement un monde très masculin, voire parfois macho. Les femmes y sont peu nombreuses et doivent redoubler d’ardeur pour s’y tailler une place et gagner le respect de leurs pairs. Constamment au cours de mon parcours d’alpiniste, pratiquement lors de chaque expédition, j’ai dû faire face à l’adversité, affronter des regards réducteurs, subir des railleries ou être déconsidérée par mes collègues alpinistes masculins. Lors de la dernière Journée internationale de la montagne, j’ai d’ailleurs écrit un éditorial à ce sujet. Son titre : Une alpiniste dans un monde d’«all penis»!

Q: Quelle expédition vous apporte le plus de fierté? R: C’est sans contredit ma récente ascension en solo de la plus haute montagne du Canada, en mai 2018, le mont Logan, au cœur du Yukon, culminant à 5 959m. Peu de gens le savent, mais il s’agit de la montagne ayant la plus grande circonférence de base au monde. C’est un immense massif montagneux, en plus d’avoir un climat extrêmement redoutable avec plus de 300 jours de tempête par année. Lors de cette expédition qui fut l’apothéose de mon parcours d’alpiniste, non seulement j’étais seule, mais la montagne était quasi déserte, car c’était l’année suivant le 150e anniversaire du Canada, où plusieurs expéditions avaient été organisées. En 2018, mon désir de liberté fut plus que comblé, car mon projet en solo devint solitaire!Ce fut un grand défi pour moi; j’ai dû me faire confiance et croire au fait qu’une femme pouvait avoir l’audace de tenter un solo sur cette montagne, d’user de stratégie et d’adaptabilité, de discernement, d’autonomie; j’ai dû puiser dans mes ressources intérieures et tout mon bagage d’expérience pour réussir cette ascension. De plus, l’isolement exceptionnel, le froid extrême, le terrain miné de crevasses et

de séracs, le risque d’avalanche et une météo redoutable furent autant de conditions adverses qui m’ont permis de me mesurer à moi-même comme jamais auparavant, et cela pendant 19 jours. En raison de plusieurs facteurs, j’ai pris la décision d’appeler les secours; pour certains, ce n’est pas une réussite, mais tout dépend du point de vue. En mon for intérieur, c’est une réussite, car personne n’était allé aussi loin en solitaire sur le mont Logan via la Kings Trench, mais surtout,je n’ai pas franchi le point de non-retour: j’ai respecté mes limites et la montagne. Audelà du sommet, il y a la valeur du parcours et d’une histoire profondément humaine. Ce fut une expérience unique qui démontre qu’une femme peut avoir l’audace de tenter une telle expédition, se faire confiance et avoir suffisamment de discernement et de stratégie pour poursuivre son aspiration profonde. Q: Projetez-vous de faire l’ascension d’autres montagnes prochainement? R: Bien sûr! C’est ma plus grande passion! Une passion viscérale qui répond à mes aspirations les plus profondes.Notre planète compte 14 montagnes ayant une altitude de plus de 8 000m. J’en ai complété 2 (Everest et Makalu) et fait une ten-

tative sur le K2. Mon objectif ultime est de faire l’ascension de ces 14 montagnes, toutes situées en Asie, dans l’Himalaya et le Karakoram. De plus, de nombreuses autres montagnes me passionnent et m’attirent aux quatre coins du monde, et j’ai bien l’intention de les explorer quand l’occasion se présentera! Bien sûr, le défi reste toujours l’aspect financier et les coûts liés à ces expéditions d’envergure, mais j’ai confiance de réussir à trouver le financement. Q: Quels conseils donneriez-vous aux femmes alpinistes qui débutent? R: Être audacieuses! Malgré les découragements, les obstacles et les difficultés. Ne pas avoir peur de foncer et de tailler sa place dans ce monde masculin et ne pas tenter de faire les ascensions à la façon des hommes, mais bien embrasser leur nature féminine avec toutes ses forces et ses particularités uniques! Être persévérantes; être solidaires car nous ne sommes pas nombreuses dans ce domaine; savoir s’inspirer d’autres alpinistes et mentors dans différents domaines; être très disciplinées et ne pas négliger l’entrainement et la préparation physique et mentale.

Photo : Courtoisie


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» Chronique

Jeudi 14 février 2019 No 134 Le Griffonnier

Briser la monotonie Emmanuel Trotobas Collaborateur

Lorsque j’ai repris mes études il y a quelques années, c’était un élément de bris de monotonie, d’une routine hors d’un ancrage typique dans le marché de l’emploi. Je cherchais déjà ma voie. Je me risque à ce texte sur le bris de monotonie, risquant la répétition de conseils à l’emportepièce avec les clichés, mais je parle aussi d’après mon expérience Briser la monotonie? Une hygiène de vie saine est régulièrement suggérée pour l’ensemble de la population. Si l’on veut cibler la population estudiantine, on comprendra qu’il y a une discipline et une routine qui agissent tel le cadre de l’agenda étudiant et que, pour se respecter en tant qu’individu,

qu’être vivant, il faut se rappeler comment on respire malgré les contraintes. La formation scolaire est programmée de sorte qu’en tant qu’étudiant, notre marge de manœuvre pour garder notre équilibre est à surveiller. Il faut gérer à la fois le court terme et le long terme.

qui incorpore plusieurs rythmes petit à petit, qui pourrait illustrer le fait de ne pas rester en silo. Une musique qui marque la diversité en harmonie pour arriver à un ensemble bien rythmé. Comme le train, cet ensemble s’en va quelque part.

Les bris de monotonie se font souvent de manière spontanée, mais pas toujours parce qu’on est ambitieux. On s’oublie alors trop. La discipline ordonnerait de revoir ses priorités. L’entêtement dit de continuer. Mais il faut savoir s’arrêter, sans tout remettre en cause, parce qu’il vaut mieux en faire un peu à la fois. Apprendre à apprendre, et surtout, toujours apprendre à se connaître. Demander de l’aide, aussi.

Pour briser la monotonie? Écouter de la musique, regarder un film, aller marcher dans la nature, faire de la place sur sa table pour préparer à manger, puis manger, se reposer. Reposer ses yeux. Sortir, participer à des activités culturelles, aller dans des 5 à 7 artistiques. Bref, s’intéresser à ce que font les autres, à l’intérieur et à l’extérieur. Participer à des slams, des ateliers d’art et d’artisanat. Voir d’autres personnes, si possible inspirantes: amis, famille, artistes, etc.

Pour briser la monotonie? Écouter de la musique: par exemple le « boléro de Ravel »,

Mais attention à ce que ces sorties ne vous sortent pas

trop. Revenez à vos objectifs avant qu’il ne soit trop tard. Il y a des échéanciers à respecter pour les travaux à rendre. Si vos sorties sont entrées dans votre routine, il peut rester des marges de manœuvre, où les réseaux sociaux n’ont pas la main. Pour briser la routine, les thèmes abordés lors d’ateliers laissent et même proposent des surprises. Et si on essayait quelque chose laissé de côté depuis longtemps? Un dessin au crayon sans modèle, juste comme ça... Varier ses supports de lecture, d’écriture, de réception d’informations, pour le bien de ses sens, pour voir les choses sous différents angles, différentes approches. Considérer ses capacités: s’il est temps de passer à autre chose pour aujourd’hui ou pour cette session, pourquoi pas! Pour briser

la monotonie, il faut s’écouter, écouter ce qui nous porte. Peutêtre est-il temps de sortir de sa zone de confort? Briser la monotonie, n’estce pas entrer en émerveillement? « Le monde ne mourra jamais par manque de merveilles mais uniquement par manque d’émerveillement », disait Gilbert Keith Chesterton. Pour cela, il faut se laisser de la place, pour équilibrer les tâches, l’hygiène relationnelle, la conduite automobile. Respirer. Respirer, est-ce monotone? Si on se concentre sur la mécanique, peut-être. Demandez aux personnes connaisseuses en yoga. Elles savent bien qu’il y a plusieurs façons de respirer. Prendre le temps de respirer différemment. Ça aussi, ça peut briser la monotonie.


Création littéraire

Jeudi 17 Janvier 2019 No 133 Le Griffonnier

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présente... Frédérique Laroche est étudiante à la maîtrise en lettres, où elle rédige un mémoire de création centré sur l’écriture de séquences descriptives. Elle s’est jointe au Griffonnier afin de présenter ses œuvres aux autres étudiants.

Le sentier Frédérique Laroche Collaboratrice

Connaissez-vous ce sentier? Mais oui, ce sentier que vous empruntez tous les jours pour vous rendre au travail, parce que c’est plus rapide. Vous gagnez au moins dix minutes. Dix minutes de moins à endurer le froid qui fouette le visage, qui passe à travers les manteaux les plus épais. Ce sentier qui est bordé d’arbres. Il n’est pas tout à fait en forêt, mais la nuit, on s’y croirait. Il est légèrement en pente; vous devez le remonter en rentrant. L’hiver, la nuit tombe vite. Elle est donc déjà bien installée quand vous passez dans ce sentier. Chaque jour, vous l’empruntez et la glace, la neige crissent et craquent sous vos pas. Vous êtes seul, parce que très peu de gens connaissent ce raccourci. Ou est-ce vraiment la raison pour laquelle personne d’autre ne s’y aventure? Les premiers jours, tout se passe bien et vous appréciez le temps que vous gagnez. Finis les retards que vous deviez justifier à votre patron. Vous passez aussi moins de temps à vous préoccuper des automobilistes qui manquent toujours vous heurter. Au bout d’un moment, vous entendez comme un écho de vos pas dans la glace, la neige.

Peut-être que vous ne l’aviez tout simplement pas remarqué avant? Pourtant, il semble peu probable qu’il y ait de l’écho dans cet endroit. Les bruits ambiants sont certes suffisamment étouffés pour l’entendre, mais l’espace reste restreint. Vous vous dites que ce n’est rien, que vous n’aviez pas fait attention les premières fois. La nuit semble tomber de plus en plus tôt au fil des jours. Si bien que vous devez maintenant sortir votre téléphone cellulaire et activer la lampe de poche pour vous orienter dans le sentier. Pas que vous risquez de vous perdre, ça serait impossible, mais c’est qu’il y a parfois des racines qui sortent du sol, dans lesquelles vous pourriez vous prendre les pieds, si vous ne faites pas attention. Un soir, alors que vous utilisez votre téléphone pour éviter ces racines, vous l’échappez dans la neige. Vous arrêtez donc pour le ramasser et alors que vous êtes penché, vous entendez l’écho de vos pas. Mais vous ne marchez plus. Vous vous redressez vivement pour éclairer derrière vous. Il n’y a rien d’autre que les arbres, les racines, le scintillement de la neige. Pourtant, le bruit continue. Vous vous dépêchez de reprendre votre marche, qui s’est faite plus rapide que d’habitude. Quand vous arrivez au bout du sentier, vous avez réussi à vous convaincre que c’est la fatigue qui vous a joué un tour. Votre

Tu aimerais qu’on publie l’une de tes nouvelles?

semaine au travail a été longue. Plusieurs semaines passent et vous continuez de passer par le sentier. L’écho de vos pas persiste, mais vous n’y faites plus vraiment attention, vous vous y êtes accoutumé. Chaque journée se ressemble, pour vous. Vous partez à la même heure, vous passez par le sentier. Vous revenez à la même heure, vous passez par le sentier. Et vous ne croisez jamais personne. Pourtant, le sentier est toujours bien tapé, comme si c’était un endroit achalandé. Et un jour, vous voyez finalement quelqu’un. Une personne, ou plutôt une silhouette, qui est trop loin pour que vous puissiez distinguer quoi que ce soit, marche à une centaine de mètres derrière vous. À la même vitesse que vous. Si bien que la distance entre vous et cet inconnu reste la même, tout au long du sentier. Le lendemain, cette silhouette y est encore. À cent mètres derrière vous, comme la veille. Ça vous paraît un peu bizarre, mais si cette personne fait comme vous, qu’elle emprunte le sentier à la même heure à chaque fois, il n’y a rien d’alarmant. Vous poursuivez donc votre chemin normalement. Quand vous quittez le sentier, vous vous retournez. Il n’y a plus personne. Le jour suivant, elle est encore là et vous décidez de faire un test. Vous vous mettez à marcher plus vite que d’habi-

tude. Mais quand vous vous retournez, vous voyez qu’elle a adopté le même rythme que vous. Si vous ralentissez, elle ralentit aussi. Ce que vous n’aviez pas remarqué auparavant, c’est que la distance, de jour en jour, s’amenuise. La silhouette est de plus en plus proche de vous, mais vous ne pouvez toujours pas la distinguer clairement. C’est toujours une silhouette indéfinissable. Puis, après un temps que vous ne pourriez déterminer, vous réalisez quelque chose. Quelque chose qui vous glace le sang encore plus que le vent hivernal. Même si cette personne marche derrière vous, vous n’entendez toujours que vos pas et leur écho. Ça devrait suffire à vous convaincre de vous éloigner du sentier, toutefois, sans que vous ne puissiez expliquer pourquoi, vous ne pouvez pas vous empêcher de suivre toujours le même chemin.

sera juste derrière vous, où vous n’aurez plus qu’à vous retourner pour voir qui vous suit ainsi depuis des semaines. Vous avez besoin de savoir. Au travail, vous avez du mal à vous concentrer, ça vous obsède. Vous ne pensez qu’au moment où vous pourrez rentrer. Vous voulez être dans ce sentier. Vous voulez voir cette silhouette, qui est toujours plus proche, mais jamais assez. Même si elle n’est plus qu’à dix mètres, vous n’arrivez pas à la voir. Il fait trop sombre et vous n’osez pas l’éclairer avec votre téléphone. Quelque chose vous en empêche. Ce n’est pas comme ça que vous devez la découvrir, vous le savez.

Inexorablement, la silhouette se rapproche. Vous ne vous en inquiétez pas trop encore, elle reste loin, une cinquantaine de mètres, maintenant. Une part de vous voudrait qu’elle soit plus proche, que vous puissiez voir son visage. Vous continuez de passer par ce sentier, en attendant que ça arrive. Parce que vous le savez : ça va arriver.

Elle est juste derrière vous. Tout votre être vous dit de simplement vous retourner, mais votre corps refuse de collaborer. Vous ne faites qu’avancer, un pas à la fois, à votre rythme habituel. Vous êtes sur le point d’arriver au bout du sentier. Vous recommencez à voir les lumières de la ville devant vous. Vous ne voulez plus continuer, vous voulez voir qui est derrière vous, mais vos jambes ne veulent pas s’arrêter de marcher. Vous êtes sur le point d’atteindre la lumière, quand vous sentez un poids sur votre épaule. On vous retourne.

Vous vous surprenez à rêver de ce moment où la silhouette

La silhouette, elle a votre visage.

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Samedi 27 avril 2019 Finissantes et finissants, soyez de la

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Le Griffonnier 134 - 14 février 2019  

Le Journal des étudiantes et étudiants de l'Université du Québec à Chicoutimi. Une production des communications étudiantes universitaires d...

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