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118 - Jeudi 16 février 2017

Biere brassee sur place

4 a` 7

3000 exemplaires - gratuit

517, rue Racine Est, Chicoutimi 418-545-7272 Près du Cégep et de l’Université

ceuc.ca

Improvisation tous les mercredis Internet sans fil sur place

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Photo : http://schnettepics.de/

Dossier spécial : évasion pages 2 à 6


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Évasion

Jeudi 16 février 2017 No 118 Journal Le Griffonnier

Un billet pour l’évasion

Assumer ses passions Jessica Normandin Chroniqueuse J’ai eu beaucoup de mal à assumer ma passion pour les jeux vidéo. Notamment à cause des préjugés qui circulent à leurs propos. J’ai souvent entendu des « T’as pas de vie », « Tu ne sors pas assez » ou encore « Tu ne profites pas de la vie ». Bien que la plupart des gamers que je connais ne correspondent pas à l'image asociale que l'on se fait des amateurs de jeux vidéo, force est d'admettre que moi, en revanche, j'y ressemble sur plusieurs points.

ter la suite Jurassic World avec le merveilleux Chris Pratt. Impossible de ne pas rêver avec lui.

#4 Star Wars

Andréa Le Sieur Chroniqueuse Puisque je n’ai pas beaucoup de sous ou de temps pour de grandes aventures, je me réserve une source inépuisable d’évasion au cinéma. Pour moi, écouter un bon film est le meilleur moyen pour oublier le train-train quotidien pendant un moment. Il y a plusieurs films qui me font voyager au plus profond de la terre comme au plus profond de l’espace. Voici donc mon top 5 des films qui me font rêver et qui me permettent de m’évader. Attachez votre ceinture! On s’envole dans le monde merveilleux du cinéma!

#5 Jurassic Park Rien de mieux que des dinosaures, des chercheurs et des aventures pour oublier la réalité. J’adore cette série de films, car elle sort de l’ordinaire. On ne peut pas voir des dinosaures au coin de la rue. Autrement, vous avez vraiment voyagé dans le temps. Je trouve cette série rafraichissante et remplie de frisson. De plus, vous pouvez écou-

Évidemment, je me dois de plonger dans des planètes et des univers lointains. Rien de mieux que quelques droïdes, quelques bestioles et de bons Jedi pour se changer les idées. C’est une série qui m’a beaucoup aidé lors de ruptures amoureuses. Cela m’aide à oublier la peine et me permet d’en apprendre davantage sur la science-fiction. C’est, aujourd’hui, une série culte qui, selon moi, devrait être connue de tous. Un peu de force ne fait pas de mal à personne.

#3 Le Seigneur des anneaux Encore un classique! L’un de mes classiques. Rien de mieux qu’écouter neuf heures de film pour pouvoir s’évader. Neuf heures, c’est juste un arrondissement, et je n’inclus pas la version longue et les bonus. De l’action, de l’amour, une bonne quête, énormément de créatures et de sang. Rien de mieux que de plonger dans la Terre du Milieu pour oublier tous nos problèmes, mais aussi nos devoirs. Bien sûr, il faudra les faire un jour ou l’autre, mais les personnages de l’histoire nous inspireront peut-être.

C’est une série qui m’a longuement aidée à traverser la vie. Autant dans mon enfance et dans mon adolescence que dans ma vie adulte. Qui ne rêve pas d’être un sorcier? Qui ne rêve pas d’être un élève de Poudlard? Bon, même si nous sommes toujours à l’UQAC, imaginez que nous faisons de la magie et avons des cours de potion. LE PARADIS! Un bon marathon de la série nous permet de se plonger dans un brin de folie, de magie et de mystère.

#1 La Belle et la Bête Mon film favori de tous les temps. Ce film n’est pas un - « classique » pour tout le monde, mais pour moi, ce film signifie beaucoup de choses. C’est en partie grâce à ce film que j’aime autant Walt Disney et les films d’animation. C’est en partie LA révélation cinématographique qu’il me fallait. Je m’évade toujours dans cet univers et je me retrouve vite à danser, à chanter et être toute frivole devant l’écran. Oui oui, je chante toujours des chansons de Disney à 22 ans. C’est mon moyen de m’évader.

#2 Harry Potter

Peu importe le film, la série ou l’activité, le but c’est de s’évader et de profiter de la vie. Alors, autant le faire en pyjama, avec un bon film et du pop-corn.

Ma série de films préférés. Je ne peux pas passer à côté.

Que la force soit avec vous, car après tout, c’est la fête!

Évidemment, j'ai des amis et je les vois. Seulement, je ne les fréquente pas aussi souvent qu'ils le voudraient. J'ai parfois même la sensation de ne pas assez bien prendre soin de ces amitiés. « Viens, on sort, histoire de décompresser un peu de notre semaine ». Malheureusement, je n'ai jamais eu un sentiment de bienêtre lorsque je prévois une sortie. Au contraire, ce que je ressens, dans la plupart des cas, n'est nul autre qu'une pression de devoir continuer mes obligations sociales. J’ai souvent essayé de sortir de ce monde virtuel derrière lequel je me réfugie et de « profiter de la vie » comme on se plait souvent à me le répéter. Toutefois, je m’aperçois rapidement que je ne suis pas dans mon élément. Que je ne me sens pas bien lorsque je baigne dans une foule de gens! De ce fait, je n’ai pas réellement l’impression de profiter, mais de subir ce qu’est le monde. J'ai longtemps jalousé ces gens capables de se détendre entre amis autour d'une bière

dans un bar. Pour eux, ça semble si naturel de discuter ensemble dans cet univers bruyant qui me semble si oppressant. Ça semble si... délassant! Pour ma part, j'ai souvent tendance à décliner les invitations qu'on me fait. Surtout lors des fins de semaine. Lorsque j'ai envie de décompresser et de m'évader, je préfère le faire seule. La compagnie, ça m'angoisse. De ce fait, passer mes jours de congé en gang me donne plus l'impression que mes obligations de la semaine perdurent. Pour moi, l'univers vidéoludique est une sorte de libération. Certains voyagent à travers le monde pour s'évader, font des rencontres et échangent. Moi, je voyage à travers un monde virtuel et ce n'est pas plus mal. J'ai fini par réaliser que m'efforcer à faire des activités qui ne me plaisent pas ne me rendra pas heureuse. Loin de là. D'autant plus que mes réticences envers les activités sociales font généralement de moi une très mauvaise convive. Je suis consciente de l'incompréhension que l'on peut ressentir envers une personne lorsque l'on ne partage pas les mêmes intérêts qu'elle. Toutefois, j'ai encore du mal à concevoir que l'on puisse juger qu'une personne n'a pas de vie simplement parce qu'elle s'adonne à un passe-temps virtuel qu'elle aime. Le plus important n'est-il pas que celle-ci se sente bien avec cela? Si pour elle, « profiter de la vie », c'est s'évader dans un monde vidéoludique, en quoi est-ce pertinent de la sermonner à ce propos? Après tout, l'important, c'est d'être heureux avec ce que l'on aime nous et non pas les autres.


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Soyez radioactifs et visitez Tchernobyl!

Photo : Chernobyl-Tour

Ioana Brassard Chroniqueuse La France, la Grèce, la Chine, le Mexique, Cuba, l’Afrique du Sud… Voici des exemples de pays prisés par les touristes. Des photos d'eux au bord de la plage, des photos d'eux devant la tour Eiffel ou devant la Grande Muraille, des photos d'eux qui « poussent » la tour de Pise, ou encore des photos de la statue de la Liberté défilent souvent sur les réseaux sociaux. Or, il existe un style de tourisme qui rebuterait bien des gens, mais qui constitue une vraie passion pour d’autres : le tourisme extrême. Par exemple, ils aiment visiter des pays que tous conseillent de ne pas visiter, comme la Corée du Nord, un pays dirigé par un dictateur. Un autre endroit, qui fait frissonner les gens, attire pourtant plus de 10 000 touristes par année. Il s’agit de la zone d’exclusion de Tchernobyl, qui a été le théâtre de la pire catastrophe industrielle en la nuit du 26 avril 1986. Cet

endroit est si inusité que les gens ne pensent même pas qu'il puisse être visité. Je travaille pour l’entreprise Chernobyl-Tour comme agente touristique depuis quatre ans et je vous offre un portrait de l'entreprise dans cette entreprise.

Qu'est-ce que Chernobyl-Tour? L’entreprise ChernobylTour existe depuis 2007. Elle a été démarrée par un jeune passionné de Tchernobyl, soit Yaroslav Yemelianenko ainsi que par un ancien liquidateur, monsieur Sergii Mirnyi. Des guides, coordonnateurs et agents se sont ajoutés au fil des années. La plupart des employés de Chernobyl-Tour sont ukrainiens, mais il existe des agents en Russie, en Allemagne et, bien sûr, au Québec. Ils sont autorisés par le gouvernement ukrainien à vendre des visites, mais sous certaines conditions; notamment, les touristes doivent être âgés de plus de 18 ans, ils ne peuvent pas amener de mineurs avec

Photo : Jean-Christophe Biron

eux, ils ne peuvent pas manger hors des endroits prévus à cet effet et ils doivent bien écouter les guides.

Les visites Chernobyl-Tour offre une variété de visites à ses touristes. Ces derniers peuvent passer une journée dans la zone comme ils peuvent y passer une semaine. Les visites de groupe sont celles qui sont déjà planifiées par l’entreprise et elles sont moins dispendieuses. Quant aux visites privées, elles permettent à la clientèle de choisir ce qu’elle désire visiter. Presque tout dans la zone peut être visité, même la centrale. On ne peut cependant plus entrer dans les bâtiments de Pripyat, qui menacent de s’écrouler à tout moment. Ni dans la forêt rouge, dont les taux de radioactivité sont trop élevés et, bien évidemment, ni dans le réacteur 4, pour des raisons évidentes. On peut également rencontrer des personnes âgées qui sont retournées vivre (illégale-

ment) dans la zone et qui partagent, ironiquement, leurs secrets de longévité.

Comment les gens perçoivent-ils Chernobyl-Tour? Plusieurs personnes sont très surprises lorsque je leur dis que je vends des visites dans une zone contaminée. D’autres trouvent ça très intéressant et aimeraient bien visiter la zone de Tchernobyl. Aussi, certaines personnes ont des réactions moins positives, car elles craignent que les touristes ne tombent malades. Pourtant, il n’y a pratiquement aucun risque pour les maladies. Les parcours sont définis par des ingénieurs nucléaires qui prennent régulièrement des mesures de radioactivité. Si une zone devient trop radioactive, elle est fermée aux visites. Ce qui n'est pas encore arrivé, et ce, en 10 ans d’existence. Cependant, en général, les gens sont très contents que ces visites existent, car elles permettent de faire réaliser aux gens à quel point

Photo : Jean-Christophe Biron

l’énergie nucléaire est dangereuse.

Témoignage de JeanChristophe, notre touriste québécois « Si je pouvais réussir l'exploit de décrire mon expérience unique à Tchernobyl en quelques lignes seulement, voici ce que je dirais en toute sincérité : ma visite à Tchernobyl et à Pripyat fut tout simplement mémorable. Avec une guide expérimentée, j'ai beaucoup appris sur le mode de vie des citoyens soviétiques de l'époque avant la catastrophe nucléaire, tout en étant submergé par un univers réel et inimaginable à la fois. Je me suis senti très humble - mais tout en demeurant très impressionné - devant la puissance nucléaire et devant les conséquences que peut avoir cette énergie non maitrisée. Prise de conscience et expérience humaine historique unique au monde à vivre au moins une fois dans sa vie. » - Jean-Christophe Biron


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Ballade pour Melania tant que première dame, je crois qu’elle subit de l’abus.

Zacharie Bonneau Chroniqueur Elle a été la cible des attaques les plus virulentes. Elle n’est pas une femme d’affaires, une avocate, ou quoi que ce soit qui se rapproche d’une profession honorable. Elle s’est retrouvée à la maison blanche pour la simple raison qu’elle était belle. Pour des fans d’Hillary, comme moi, elle a pu apparaitre comme la quintessence du recul de la cause féministe. Seulement voilà. Melania Trump, troisième femme du milliardaire, est sortie d’un pays communiste par l’une des seules portes de sortie possibles. Le mannequinat, comme ce fut le cas pour de grands top-modèles qui prononcent aujourd’hui des discours à l’ONU, lui a été salutaire. Elle parle quatre langues. Elle aime son fils. Et, au vu des images que l’on nous montre et de son comportement en

Donald Trump a pu représenter une sécurité financière pour la jeune modèle, il a pu aussi être le porte-étendard d’une simple tentation vers un mode de vie qui lui faisait envie. Peu importe. Si Donald Trump voulait déjà être président, il a pu imposer ses conditions pour le devenir. Si leur mariage a assuré à Melania la citoyenneté américaine, Donald se réserve peut-être le droit de le lui enlever à la moindre bévue. Melania ne peut pas aimer Donald. Des règles naturelles d’attirance physique empêchent cet amour d’être crédible. Si elle reste, c’est qu’elle n’a pas le choix. Il me parait clair qu’elle n’avait pas envie d’être première dame. Elle ne veut même pas habiter la Maison-Blanche. Je me demande même si elle est véritablement républicaine, elle qui ne cache pas son admiration pour Jackie Kennedy, pour Michelle Obama et qui a travaillé dans le milieu diversifié de la mode. Elle brille par son absence lors de plusieurs manifestations où elle aurait dû être présente. Elle vit toujours à Manhattan et ne donne pas d’entrevues. Quand

son mari l’approche, elle sourit poliment et cache son dégout au monde. Son regard étiré par la chirurgie à l’air de vouloir dire au monde qu’ils sont fous de l’aimer. Ma mère enseigne le français aux immigrants de notre village. Au fond du Lac-SaintJean, le peu d’immigration s’explique la plupart du temps par des mariages internationaux. Et en grande majorité, ce sont des femmes qui arrivent dans notre patelin sans en connaître la langue et les coutumes. Des femmes de chambres des hôtels tout inclus ou des serveuses sur des bateaux de croisières. Je peux donc vous certifier que le cas de Melania n’est pas une donnée aberrante. Certains hommes semblent avoir compris que la femme d’antan, ils ne la trouveraient plus dans les rangs nord-américains. Melania, comme tant d’autres, paie son confort occidental au prix de sa vie.

remercie ses partenaires

Les propos contenus dans chaque article n’engagent que leurs auteurs. - Dépôt légalBibliothèque Nationale du Québec Bibliothèque Nationale du Canada Le Griffonnier est publié par les Communications étudiantes universitaires de Chicoutimi (CEUC).

Saguenay– Lac-Saint-Jean

Nous joindre Rédactrice en chef : Noémie Simard Graphiste : Alexandre Girard

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Administration et vente : Henri Girard Correction : Noémie Simard Jessica Normandin

Collaborateurs : Imène Benkalaï Amira Ben Rejeb Stéphane Boivin Zacharie Bonneau Ioana Brassard Henri Girard Jessica Lavoie

Valérie Lefebvre Andréa Le Sieur Jessica Normandin Guillaume Ratté Alexandra Rivard Noémie Simard Emmanuel Trotobas

Prochaine parution : Jeudi 16 mars 2017 Tombée des textes : Vendredi 3 mars 2017, 17 h Tombée publicitaire : Lundi 6 mars 2017, 17 h Impression : Imprimerie Le Progrès du Saguenay Tirage : 3 000 exemplaires


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Voyages! Cette fois-ci, c'était pour y découvrir des œuvres autochtones de la Boîte Rouge Vif. Je sais, ce n'était pas loin, mais c'est un voyage déjà – d'autant que je viens d’Europe – et il n'y avait pas que des œuvres d'autochtones d'ici, mais aussi d'ailleurs : un autre voyage. Emmanuel Trotobas Chroniqueur J'ai fait un tour à la Galerie L'Œuvre de l'Autre. L'autre… Déjà un voyage de moi vers… l'autre.

Arrivé à la maison, j'ai revu des nouvelles désolantes du monde, dont beaucoup qui n'encouragent pas à prendre son sac à dos, qui crient de rester chez soi et d'apprécier son cocon, pour encore rester emmi-

Voyager sur les ailes d’un avion en papier pour le voyage et l’évasion, mais à moindres coups, un voyage sur les ailes d’un avion en papier.

Valérie Lefebvre Chroniqueuse Les voyages sont une manière unique d’ouvrir ses horizons, d’aller à la rencontre de l’autre, la rencontre des différences qui nous rassemblent en terre inconnue. C’est aussi l’occasion de se retrouver, ou plutôt de se trouver, l’occasion d’écouter notre petite voix intérieure, celle de nos sentiments, de nos envies les plus profondes, celle qui souvent est réfrénée par le rythme incessant et essoufflant du quotidien. Bien entendu, qui dit voyage dit dépense et qui dit dépense dit créance (Stromae… ou à peu près). Non, sérieusement, voyager ça vide un portefeuille, et ce, même si on essaie d’être économe en optant pour le couchsurfing ou les auberges de jeunesse. Qui dit « vie d’étudiants » dit aussi boulot médiocre et sommes désastreuses gagnées durement au salaire minimum. Alors, un voyage outremer parait plutôt improbable. Cependant, le voyage représente également l’évasion (ou la fuite, pour certains, mais ceci est un autre dossier). Ainsi, optons

La solution que j’ai trouvée ne rend certes pas justice aux voyages physiques et réels, mais elle permet toutefois l’évasion psychologique et une certaine introspection qui font du bien à l’âme. Vous aurez peutêtre deviné que je parle ici du merveilleux voyage que nous propose le monde des livres et les plaisirs entourant la lecture. C’est donc bien ancrée sur mon divan que le monde se promène sous mes yeux. Mes horizons sont grands ouverts quand je dévore un livre qui me transporte, me fait voyager, me fait réfléchir et me rends meilleure bien malgré moi. La culture se vit à travers l’expérience humaine, mais elle s’apprend également si on se laisse porter par les mots qui démystifient le monde pour nous. Des vacances sont donc disponibles pour tous, et ce, tout au long de l'année : il faut seulement prendre le temps d’ouvrir un livre qui nous intéresse. La lecture, c’est un voyage pour l’esprit et l’âme, elle permet la réflexion et ouvre très certainement nos horizons. Elle nous prépare pour un voyage réel en emmagasinant dans notre sac à dos des tonnes et des tonnes de connaissances qui nous permettent de voir le monde avec d’autres lunettes. Pour la modique somme de 23,95$, partez en Chine ou transportez-vous dans des contrées lointaines et imaginaires!

touflé malgré l'hiver, le froid et les difficultés à circuler en ville à cause des trottoirs mal déneigés. On ne serait pas à plaindre, et c'est tant mieux. Mais quand même! Quelques jours passent et, malgré ces nouvelles, je vois une amie qui, le visage radieux, arrive d'un voyage en Amérique du Sud. Peut-être a-t-elle quelques dettes, mais s'il faut pour cela toujours rester chez soi, où va la vie? Ainsi donc, elle arrive de ce voyage. Avec, malgré ses responsabilités dont elle a bien conscience, une envie terrible… de repartir. Repartir vers le soleil, la joie, la simplicité. Et des rencontres merveilleuses, si j'ai bien compris. Moi, la dernière fois que j'ai voyagé à l'étranger, c'était pour retourner visiter ma famille. Puisje alors dire que c'était à l'étranger? Oui, je n'ai pas le choix, puisque je vis ici maintenant. Et

même s'il n'y avait plus de frontières internationales, il y aurait encore des voyages. Je vous souhaite de voyager! D'aller à la rencontre de la différence, à l'autre bout du monde ou à côté de chez vous, par l'intermédiaire d'un livre, d'un ami qui a vraiment voyagé, qui a vraiment traversé des frontières, mais de voyager aussi à l'intérieur de votre propre pays, pour sourire au monde malgré les peurs. Il y a tant de couleurs qu'on peut afficher dans un sourire. Certains voyagent pour le travail, d'autres pour leur passion, comme ces linguistes qui vont à la recherche de ces langues qui disparaissent; certains ont ainsi découvert les philosophies orientales il y a quelques siècles ou décennies, ou celles d'ici il y a quelques siècles… Et le monde change tout le temps. Alors, de nouveau, je

vous renouvelle mon souhait de voyager. Je prends une pause de quelques secondes et je vois une autre amie avec sa fille à dos d'éléphant. Wouah! Comme elle le dit bien, on parle souvent de racisme, de division, mais aussi d'espoir, d'unicité… Et tout cela est revigorant. Cet enthousiasme pousse encore plus au partage, à l'ouverture, et encore à l'espoir d'harmonie dans ce monde. Il pousse aussi à voir sa beauté et à s'y sentir à sa place. Avec tant de possibilités, voyagez! Oui, je sais, il y a les études… Et encore combien d'excuses ou de barrières? Je ne sais pas. Oh! Il va falloir que je renouvelle mon passeport. Oh oui, je sais, ça a un cout. Je vous laisse regarder cela. Simplement aujourd'hui je vous souhaite « Bon voyage! »


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Tous les chemins mènent à Rome Ces petits détails qui colorent un voyage Alexandra Rivard Chroniqueuse Qui ne pense pas à la dolce vita lorsque l’Italie est mentionnée? Pays fréquemment visité, elle a comme capitale une ville éminemment prisée par les touristes. Rome est célèbre pour son colisée, son panthéon, ses saveurs de gelato, son côté culturel, ses innombrables musées et monuments, ses ruines mythiques, sa bocca della verità et son café. Mais au-delà de ce qui est dit dans les sites touristiques et dans les belles brochures, il existe des petits détails, cocasses ou non, qui colorent la ville italienne. Livré en vrac, voici donc ce que vous ne retrouverez probablement pas dans les annonces des agences : Le célèbre adage « Tous les chemins mènent à Rome » : Ce n’est pas qu’un proverbe. En me trompant d’autobus alors que j’étais à Mugnano, à Naples, je me suis retrouvé dans un lieu que je ne connaissais pas, sans savoir comment rentrer à l’appartement que j’avais loué pour la semaine. Le chauffeur m’a gentiment accompagnée à la station de train le plus proche… Qui menait à Rome. J’ai refait le test par curiosité à différents endroits, m’amusant même à me perdre volontairement pour ensuite retrouver mon chemin

(j’étais en surdose de visite de musée). Force est d’admettre qu’en Italie, oui, tous les chemins mènent à Rome. Trouver un zoo dans le parc de la villa Borgèse, c’est possible : Possible et étrange. En vous promenant calmement dans le parc, vous pouvez tomber soudainement sur ce zoo, où se côtoient crocodiles et éléphants. À quelques kilomètres de la ville, vous pouvez aussi trouver un parc aquatique nommé Hydromania, décrit comme étant le meilleur d’Italie, avec ses deux glissades et sa minuscule piscine, qui fait trois vagues toutes les quinze minutes. Sortir vers quatorze heures pour manger, ce n’est pas une bonne idée : Tout est fermé. Si vous voyez une porte de garage baissée, non, son propriétaire n’a pas fait faillite; il est en train de faire la sieste. Revenez vers dix-huit heures ou allez au McDonald pour y déguster une saveur inédite de Mcflurry aux pistaches. Vous pouvez aussi aller vous glisser dans la photo d’un groupe de touristes à la Piazza Di Spagna, là où des centaines de gens s’agglutinent pour voir des escaliers. Embarquer dans la voiture d’un véritable italien, c’est mauvais pour le cœur : Cardiaques, s’abstenir. Parce

Mon évasion : la nature

qu’à Rome, voir une voiture faire soudainement demi-tour en plein boulevard, c’est normal. Il est aussi possible que votre chauffeur s’arrête en pleine autoroute, enlève sa veste parce qu’il a chaud, puis repart tout bonnement, sans même se faire klaxonner. Le meilleur moment pour visiter Rome, c’est la nuit : C’est beau, la nuit. La ville s’anime, les vrais Italiens emplissent les restaurants et les rues, les attrapetouristes se font plus discrets et les trente guides qui essaient de vous vendre continuellement des visites se transforment en vendeurs de fleurs. (Ce qui est tout aussi agaçant, mais l’avantage, c’est que les serveurs s’occupent de les éloigner aimablement de vous.) Visiter Rome, c’est aussi voir des pigeons qui se promènent à l’intérieur de l’aéroport. C’est manger beaucoup trop de croissants au Nutella et payer 25 euros pour du vin, deux pizzas, trois entrées, deux plats de pâtes et cinq sortes de desserts. C’est aussi tomber sur des ruines à tous les coins de rue, revoir l’histoire, rêver et, après un souper en amoureux, se faire suivre par un musicien jovial qui joue de l’accordéon avec son fils. Et au fond, c’est peut-être tous ces petits éléments qui font de Rome une ville belle, active et captivante.

Photo : Alexandra Rivard

monde semble plus humain, plus beau, plus grand.

Jessica Lavoie Chroniqueuse Si je devais faire un choix entre la ville et la campagne, je choisirais sans hésiter la deuxième option. Pour moi, la nature est synonyme d’évasion. Lorsque je pense aux plus beaux moments de ma vie, je perçois inévitablement la forêt de mon enfance, les paysages grandioses de la Côte-Nord, le lever du soleil sur la plage magnifique de Varadero déserte au crépuscule, la puissance du vent au bout de la Pointe-Taillon et les plongées au cœur du lac Kénogami, si calme les soirs d’été. Ces instants de communion avec la nature me donnent le sentiment de vivre plus et de vivre mieux. J’ai alors l’impression que je fais partie d’un tout indestructible et que rien n’est impossible. Soudain, le

La nature me procure une force et une liberté sans égales. Ces moments d’évasion m’enseignent la beauté de la vie. Devant celle-ci, le temps arrête sa course effrénée. Les préoccupations quotidiennes sont mises de côté, l’horaire de la semaine s’efface de mon esprit et le chapitre à rédiger est lui aussi oublié. Il semble ne rester que moi, dans ma plus grande simplicité, ainsi que l’eau, l’air et la terre. Ces instants qui me permettent d’échapper furtivement à la réalité sont essentiels à mon bonheur. Ils me donnent l’opportunité de mettre ma vie sur « pause » afin de me retrouver et de repartir sur de meilleures bases, plus solides. Je suis redevable à la vie de me faire connaître des moments si précieux où j’ai l’impression d’être en symbiose avec l’univers. Je crois que le bonheur se cache dans ces instants où il ne demeure que l’essentiel, et c’est ce que la nature a de plus beau à offrir.


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Une limite sur Facebook Jessica Normandin Journaliste Certains internautes se croient tout permis lorsqu’ils naviguent sur le net. Ce qu’on n’oserait jamais dire en face des gens devient beaucoup plus aisé lorsque l’on est à l’abri, derrière son écran. Depuis un bon moment déjà, les réseaux sociaux sont devenus la tribune de prédilection pour les commentaires haineux de toutes sortes, notamment Facebook. Bien qu’un réseau social comme celui-ci compte déjà un bon nombre de publications de ce genre, nous pouvons constater que plus le temps passe, moins les usagers du site modèrent ce qu’ils publient. Cependant, même si cette problématique tend à s’élargir, les forces de l’ordre, mais aussi une partie de la population, semblent prendre davantage ces « cyber-injures » au sérieux. Des plaintes ont été faites et des policiers québé-

cois ont récemment effectué plusieurs enquêtes et procédé à certaines arrestations. Ainsi, nous réalisons qu’il existe bel et bien une limite à respecter même si nous sommes sur Internet. Toutefois, quelle est cette limite? Encore plus important, Facebook possèdet-il une politique qui encadre ce que l’on peut divulguer sur le site? J’ai effectué une petite recherche pour vous.

Une modération géographique Les règlements de Facebook au sujet du harcèlement ou d’u contenu jugé indécent ont longtemps été nébuleux. De ce fait, plusieurs publications se voyaient faire l’objet d’une censure sans qu’on en sache la raison. Ce n’est que depuis 2015 que nous avons droit à une clarification des standards de la communauté appliquée par le site. C’est ainsi que nous apprenons que la tolérance

Je fus juste de passage sévère par moment, c’est pour une simple raison : j’ai toujours eu à cœur l’image publique de CEUC et je tenais que cette image soit positive.

Henri Girard Responsable administratif M. Le président, membres du conseil d’administration, collègues de travail des Communications étudiantes universitaires de Chicoutimi, mon mandat aux Communications étudiantes universitaires de Chicoutimi se termine avec cette présente parution. Je profite de l’occasion pour remercier toutes les personnes que j’ai eu la chance de côtoyer lors de mon passage et qui m’ont donné l’occasion de vivre une expérience extraordinaire et inoubliable au cours de ses dix dernières années. Si, à titre de responsable administratif, j’ai pu paraitre

J’aimerais remercier plus particulièrement l’équipe actuelle pour la confiance et la complicité tissées et développées tout au long de ces années travaillées ensemble. C’est avec satisfaction que je quitte après ce beau passage parmi vous, en qualité de responsable administratif. Je voudrais souhaiter bonne chance à chacun des membres de la présente équipe. Mes vœux de bonheur à tout un chacun. Je garde pour chaque personne une place privilégiée dans mon cœur. Merci de m’avoir permis de vivre tous ses moments passionnants de plaisir et de bonheur au travail. Ami… calmant, Henri Girard Responsable administratif

du réseau social varie en fonction de l’endroit où l’on se situe dans le monde. En effet, selon l’endroit d’où provient la plainte, celle-ci se retrouvera acheminée à l’équipe de ce même pays. Ce procédé est utilisé en raison des diversités culturelles que nous pouvons retrouver à travers le monde. Une situation peut s’avérer banale dans un pays, mais être jugée choquante dans un autre. Il existe donc plusieurs équipes de modération et chacune est spécialisée dans une langue, mais aussi dans une problématique (harcèlement, terrorisme et bien d’autres).

Un système basé sur le signalement Les modérateurs de Facebook ne cherchent généralement pas d’eux-mêmes les différents messages litigieux du site en raison du trop haut taux de publications par jour. Ici, c’est la communauté qui doit dénoncer. Par consé-

quent, plusieurs messages ou vidéos ne respectant pas les règles imposées par le site peuvent parfois passer inaperçus s‘ils n’ont pas été signalés. Alors que certaines plateformes préfèrent utiliser des robots afin de détecter les débordements, Facebook préfère s’en abstenir ; un robot ne comprend pas systématiquement le contexte d’une phrase ou d’une image. Si un mot devient interdit, celui-ci sera banni, et ce, même s’il n’était pas employé de façon irrespectueuse.

ment. Par ailleurs, Facebook fait directement affaire avec les gouvernements de plusieurs pays à ce propos.

Toutefois, des outils d’analyses automatiques permettent de détecter rapidement les cas de pornographie infantile, afin que ceux-ci soient supprimés le plus rapidement possible. Le terrorisme est également un sujet qui est traité avec grande attention bien qu’il ne semble pas exister de logiciel permettant de le voir rapide-

Lorsqu’une publication est reconnue par les modérateurs comme étant fautive, celle-ci sera immédiatement supprimée. Une suppression de la page et un bannissement du site pourront également être envisagés en fonction de la situation. En cas de problème majeur, les forces de l’ordre peuvent être contactées.

Des erreurs? Bien que le nombre de signalements par jour reste vague, nous savons que l’équipe en reçoit énormément. De ce fait, des erreurs de jugement peuvent parfois être commises. Néanmoins, si le contenu en question est par la suite signalé de nouveau, celui-ci sera une fois de plus examiné.


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Le voyage vers un monde meilleur Photo : http://www.mondialisation.ca/le-nouvel-ordre-mondial-frappe-quebec/5572248

Photo : http://ici.radio-canada.ca/nouvelle/1013950/attentat-de-quebec-nous-nacceptons-pas-cette-haine-justin-trudeau

Amira Ben Rejeb et Imène Benkalaï Chroniqueuses Je veux écrire pour ceux qui n'ont pas peur de changer de place, de reconstruire une vie ailleurs, de trouver leurs voies loin des racines qui les tiennent au sol. On voyage par désir, désir de voir un paysage nouveau, de connaitre d'autres lieux, d'autres gens... Il y a ceux qui voyagent pour voyager, pour ne pas trop se faire à la routine, pour casser le rythme de leurs vies trop paisibles. Mais il y a aussi ceux qui voyagent parce qu'ils n'ont pas de vie paisible, ceux qui risquent leurs vies pour en trouver une. D'où je viens, des milliers de personnes rêvent de quitter le sol natal, certaines cherchent plus de liberté loin des pays qui se radicalisent peu à peu, d'autres cherchent à avancer dans la vie, à pouvoir faire la différence, à ajouter un plus à la société dans laquelle ils vivent, et ce, sans qu'on leur dise chaque jour : « Tu ne changeras rien, adapte-toi à la connerie ou quitte le pays ». Il y a quelques jours, un sinistre s'est produit à

Québec, l'une des villes les plus paisibles au monde. Je me rappelle que ma mère, en arrivant ici pour la première fois, a dit : « C'est le paradis sur terre! » Mais hélas, il faut croire que même dans ce paradis, le diable a eu le bras long. Le diable a frappé un dimanche soir, ou plutôt il a envoyé un de ses disciples frapper pour lui… Qui aurait pu prévoir cela? Tout était calme, la soirée s’écoulait au rythme des murmures des fidèles de la mosquée, la pénombre bleue teintait le lieu saint d’une profonde sérénité… En somme, la paix régnait. Et puis… Le coup est arrivé sans prévenir, les tirs ont fusé, tout n’était que confusion, angoisse et terreur… « Que se passe-t-il? Pourquoi? J’ai une douleur lancinante qui me traverse la poitrine… Pourquoi tout est flou? Je ne vois plus, je, je… » On dit souvent que les douleurs soudaines sont celles qui font le plus mal, demandez aux fidèles de la grande mosquée de Québec, demandez à leurs familles…

Demandez à une femme qui attendait que son mari rentre de la prière, demandez à un enfant qui était prêt à accueillir son papa à l’entrée de leur maison en lui sautant au cou. Ils sont partis, ils ne sont plus. « Ils… Ils sont… juste partis. Pourquoi sont-ils partis? Il est où papa? Maman, pourquoi papa n’est pas rentré hier? Il a dit qu’il viendrait avec moi à l’école ce matin… Il a promis! » Que pourrait-on leur dire? Un homme est entré dans la mosquée et a commencé à tirer sur ses concitoyens parce qu’il pensait qu’ils étaient différents, parce qu’il s’est donné le droit d’ôter la vie à autrui. On pourrait se demander : « À qui la faute? » Était-ce par peur, par haine ou par incompréhension? Estce le climat politique ambiant qui est toxique? Était-ce à force de voir dans les médias que les « musulmans/Arabes » sont ses ennemis et qu’ils sont là dans le seul but de lui faire du mal? Quand, juste à côté, « la tête » du gouvernement du pays voisin prône haut et fort des idées noires et discri-

minatoires telles la méfiance, l’expulsion et la chasse de tous ceux qui ne rentrent pas dans le standard de l’américain blanc. Il faut rappeler que les hommes politiques ne sont pas là pour amuser la galerie, ils ont un rôle primordial à jouer afin d’apaiser les tensions, dissiper la méfiance et consolider les valeurs du vivre-ensemble en mesurant chaque mot qu’ils prononcent. À l’instar de Trudeau, le seul homme politique qui a eu le courage et l’intelligence de dire les choses comme elles sont : « ceci est un acte terroriste ». Point. Pas entre guillemets, et pas de « terrorisme inversé », juste du terrorisme. Qu’on se le dise, l’islam est à Daech ce que le christianisme est au Ku Klux Klan. On peut comprendre qu’un non-musulman puisse avoir peur de voir des valeurs radicalistes s’installer peu à peu, mais la violence n’est certainement pas le moyen de riposter; il faut aller vers l’autre, lui accorder le bénéfice du doute, la chance de s’expliquer et les moyens de

s’intégrer. Les musulmans moyens qu’on côtoie chaque jour ne sont pas responsables des horreurs qu’on peut voir à la télévision et qui arrivent à l’autre bout de la Terre, ce sont des personnes qui ont peutêtre même fui, justement, ces horreurs-là. Ceux qui ont été lâchement assassinés étaient des citoyens modèles: ils travaillaient, payaient leurs impôts et élevaient leurs enfants en suivant les valeurs du Québec : le vivreensemble, l’interculturalisme et la tolérance. Dans la veillée aux chandelles lundi dernier, on a pu constater que les citoyens étaient solidaires, car près de 300 personnes ne se connaissant pas se sont réunies autour des mêmes valeurs humaines, et ce, pour rappeler qu’eux non plus n’adhéraient pas à cette violence injustifiée. Il y a certainement un Québec avant et un Québec après l’attentat, mais c’est à nous tous, citoyens et hommes de pouvoir, qu’il revient de faire de cet « après attentat » une ère de paix et de solidarité fidèle aux valeurs que le Canada a toujours défendues.


Culture

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Pour l’étonnante Nelly

Nelly Arcan, ou l'éternelle incomprise

Noémie Simard Rédactrice en chef Le 20 janvier dernier sortait au cinéma le film Nelly d’Anne Émond, film librement inspiré de l’œuvre et de la vie de l’écrivaine du même nom. Déjà, un espoir se profilait à l’horizon : si Nelly Arcan avait été incomprise et parfois maltraitée et mal jugée par le public pendant la courte durée de sa vie, on pouvait croire que huit ans après sa mort, une femme réalisant un film biographique sur sa personne pourrait enfin lui rendre l’hommage et la compréhension qui lui revenaient de droit de son vivant. Hélas, Anne Émond est tombée dans le seul piège, pourtant apparent, qui l’attendait dans la réalisation de ce film : mettre de l’avant la prostituée avant tout le reste. Nelly Arcan fut pour moi une découverte plus qu’essoufflante, comme la plupart des gens j’ai pris contact avec elle grâce à son premier livre, intitulé Putain. À la lecture, plusieurs éléments m’avaient tout simplement coupé le souffle et emplie d’une grande mélancolie, une mélancolie qui se rapprochait du désespoir de la narratrice, qui réussit à faire vivre ses émotions au lecteur, et ce, de façon percutante. La prose poétique, mêlée à une critique si juste d’une société hypersexualisée, superficielle et patriarcale, met le génie de l’écrivaine de l’avant bien plus que son métier de putain, c’est évident. Du moins, pour moi ce l’était. Tout ce qu’a retenu du

livre la majorité de la société, c’était ce travail qu’avait pratiqué Nelly Arcan quelques années. C’était cet arrièreplan du livre qui, pourtant, se trouvait bien loin du propos; en fait, il ne constituait pas du tout le propos, il ne faisait que le servir. Ironiquement, ce que Nelly Arcan essayait de dénoncer – notamment ce cercle infini de la beauté et du désir dans lequel se retrouvent les femmes dès leur plus jeune âge, conséquence directe du patriarcat – l’a suivi toute sa vie. Elle éprouvait constamment un sentiment d’insécurité provoqué par ce cercle de la beauté et du désir qui prenait toute la place dans sa vie personnelle et dans son métier de prostituée, et ce sentiment l’a aussi suivi dans sa vie d’écrivaine. Lorsqu’on regarde son apparition à Tout le monde en parle, l’émission française de 2001 comme l’émission québécoise de 2007, ou encore son entrevue avec Richard Martineau diffusée en 2005 pour l’émission des francstireurs, on se rend compte que ce qui intéresse vraiment les interviewers, ce n’est pas la critique sociale qu’elle met au jour dans Putain, mais bien ce métier qu’elle raconte dans une autofiction où les tabous n’existent pas. Dans chacune de ces entrevues pourtant échelonnées sur plusieurs années, on lui pose des questions sur la chirurgie esthétique et sur son besoin constant de plaire, appuyées d’extraits de ses livres qu’on sort de leur contexte. Jamais on ne lui pose de questions sur son style d’écriture ou sur ses procédés. Jamais on n’aborde toutes ces idées qu’elle partage dans ses romans et qui pourraient être partagées aux téléspectateurs, ceux qui lisent comme ceux qui ne lisent pas. Bref,

jamais on ne tente d’éveiller les consciences avec le génie de cette femme. Non : les interviewers restent à la surface de ses propos et, par le fait même, ils confirment tout ce qu’elle dénonce, bien qu’ils sachent pertinemment qu’elle en est elle-même prisonnière, de ces torts de la société qu’elle critique si ardemment. C’est ça, le drame Nelly Arcan : voir le cercle infini dans lequel elle est enfermée et, pourtant, ne pas être capable d’en sortir. Ainsi, contrairement à ce que j’espérais, le film Nelly d’Anne Émond ne sort pas l’écrivaine de ce cercle vicieux de l’incompréhension. Même si l’insécurité de Nelly Arcan semble bien représentée, on met son métier de prostituée à l’avant-plan, il passe avant tout le reste. En mélangeant les autofictions de la femme avec les éléments biographiques de sa vie réelle, on obtient un mélange désastreux qui la fait paraitre nymphomane. Je ne crois pas que là était le but, mais le résultat ne ment pas. De plus, si la voix off du personnage de Nelly récite de temps en temps des passages provenant de ses différents romans, ce ne sont jamais des exemples de critiques; ce sont plutôt des extraits poétiques pris également hors contexte pour présenter le vide intérieur du personnage. On donne l’image de la femme brisée, oui, mais pas celle de la femme intelligente qui se cache sous la Nelly putain, anxieuse et fragmentée. Au final, c’est ça qui me gêne : on ne fait attention qu’au côté fissuré de Nelly, on ne parle jamais de son acuité d’esprit. Et pourtant, c’est la partie la plus importante de l’écrivaine, car c’est cette partie d’elle qui nous reste aujourd'hui, soit ses mots et ses idées. On pourrait croire que huit ans après sa mort l’on

puisse reconnaitre ce trait de sa personnalité, mais le film nous prouve tout le contraire.

rité à la femme de tête qu’est Nelly Arcan plutôt qu’à la putain du premier roman!

Cependant, outre cette conception totalement extravagante du personnage de Nelly Arcan, il faut dire que la réalisation est très esthétique. De plus, l’actrice qui joue l’écrivaine, Mylène MacKay, est admirable dans son rôle. Il y a aussi une liberté dans ce film qui m’a énormément plu. Comme quoi, pour moi, cette œuvre cinématographique aurait été réussie si elle avait accordé la prio-

Paprika de Satoshi Kon

Voyage merveilleux au pays des rêves

Guillaume Ratté Critique On a tous déjà désiré pouvoir enregistrer nos rêves pour ne pas les oublier et les regarder plus tard. Ou bien encore de pouvoir les vivre dans la vraie vie pour échapper au quotidien ennuyant. Le film Paprika nous donne un aperçu de ce que serait ce monde si un tel système existait. Le film se déroule dans un futur où une machine nommée DC Mini permet d’enregistrer nos rêves afin de voir ce que révèle notre inconscient. Alors que la docteure Atsuko s’en sert afin de soigner ses patients, un terroriste vole certains de ces gadgets et les utilise pour manipuler les gens dans leur inconscient. Atsuko mène ses recherches et découvre que l’assistant du créateur du DC Mini a disparu. Alors, une véritable course-poursuite contre la montre afin d’éviter la pire des catastrophes se met en marche.

Paprika est un film très dur à résumer, car c’est une expérience à vivre. On peut presque le comparer au film Origine, mais avec une touche de surréalisme. On peut aussi noter que le réalisateur d’Origine a annoncé que Paprika était sa principale source d’inspiration pour son film. Le rêve se mêle au réel pour créer un univers assez unique. La musique, très efficace, nous donne l’impression d’être entrainés dans un rêve avec les personnages. Ce petit bijou d’animation mériterait d’être plus connu. Le film prend un tout autre sens quand on l'écoute une deuxième fois, car on remarque tous les petits détails qui nous avaient échappé lors du premier visionnement. Un véritable spectacle pour les yeux.


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UQAC > Arts

Jeudi 16 février 2017 No 118 Journal Le Griffonnier

Festival Paradoks : l’Art émergent à l’UQAC Juste avant le vernissage, une première projection des films aura lieu à partir de 17h. Les œuvres d’Émilie Bouchard, Gaëtan Reine et Alexandre Simard composeront ce programme qui sera répété dès le lendemain 16 février, ainsi que le 23 février.

Stéphane Boivin Journaliste

profil cinéma-vidéo, Gaëtan Reine explique :

La quinzième édition du festival des finissants du Baccalauréat interdisciplinaire en arts (BIA), intitulée Paradoks, prend l’affiche ce 15 février. Cette vitrine sur les travaux des étudiant.es représente l'une des ultimes étapes de cette formation souvent méconnue au sein de l’université. Plusieurs disciplines artistiques seront au menu d'une programmation 100% gratuite et présentée sur le campus.

« J'ai exploré l'interdisciplinarité et, en tant que cinéaste, je trouve que ça me sert beaucoup. Ça me permet de comprendre différents aspects nécessaires à faire un bon film. C'est l'exploration qui m'a amené ici (à l'UQAC), la possibilité de pouvoir m'exprimer différemment qu'avec une caméra. Je n'aurais pas pu me trouver dans ces expressions-là si je n'étais pas venu à Chicoutimi en tant que cinéaste. »

Cinéma-vidéo, théâtre, arts visuels et numériques ; neuf finissant.es explorent ces formes créatives. Paradoks présente l’aboutissement de démarches artistiques élaborées au cours des dernières années. Le festival compose un portrait de l'art actuel émergent au Saguenay, sous l'égide particulière du BIA, c’est-à-dire des pratiques artistiques pénétrées par d'autres langages créatifs. Finissant du

Elle-même diplômée du BIA, l'artiste multidisciplinaire et porte-parole de l’évènement Sara Letourneau est bien placée pour confirmer cette richesse propre au cursus. « C’est une formation qui met en contact avec plein d’artistes de toutes les disciplines. Le bac crée des artistes complets. Ça prend ça pour survivre dans le milieu de l'art. Par exemple, toute la dimension d'organisation du festival, c'est super important.

L’artiste multidisciplinaire Sara Letourneau est la porte-parole de la 15ième édition du festival des finissant.es du BIA

Les gens pensent que les artistes ne font rien, qu’ils passent leur vie dans leur sous-sol à créer comme des artistes maudits. Mais ce n’est pas vrai! Pour fonctionner dans les arts, il faut travailler extrêmement fort et être capable de faire plusieurs choses. » Paradoks, une thématique choisie par les finissant.es, évoque la diversité des œuvres et des approches ainsi que les contradictions et contrastes qui peuvent traverser un tel ensemble de créations.

Programmation L'exposition des œuvres numériques et visuelles fera l'objet d'un vernissage le mercredi 15 février à l'Oeuvre de l'Autre, la galerie universitaire située dans le pavillon des arts. On y découvrira les œuvres de Yan Guillemette (sculpture), de Madyson Menier (arts visuels) et de Samantha Rousseau-Ouellet et Justine Tremblay-Maltais (installations). Cette exposition sera à l’affiche jusqu’au 2 mars.

Enfin, deux œuvres théâtrales complètent la programmation de Paradoks. Érika Dumas-Tremblay proposera une relecture d’un extrait du texte Le Passé antérieur de Michel Tremblay (les 15 et 16 février), alors que Charles Buckell-Robertson présentera Muliats. Cette pièce, issue d’un travail de création collective, rassemblera des comédiens autochtones et allochtones. Des représentations seront données les 23, 24 et 25 février, toujours au Pavillon des arts. Par ailleurs, Sara Letourneau parlera de son parcours en tant qu’artiste diplômée du BIA lors d’une conférence ouverte au public prévue le 20 février.

À quelques pas de la découverte Deux portes et une passerelle de quelques mètres séparent le Pavillon des arts du Pavillon principal. Un petit obstacle physique trop souvent insurmontable psychologiquement. Paradoks est l’occasion idéale pour faire le saut de ce côté de l’université. Toutes les activités sont gratuites, et les

Image tirée du documentaire Hilarion, de Gaëtan Reine

finissant.es ont faim de montrer leur travail et de voir leurs œuvres rencontrer leur public. Tout le monde sera donc heureux de vous recevoir de l’autre côté de la passerelle. À l’occasion de Paradoks, osez franchir la distance qui sépare le mystérieux Pavillon des arts du reste de l’UQAC!

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N OT R E

ENTREVUE

AV E C

SARA LETOURNEAU

ET GAËTAN REINE

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Anne-Marie Fortin : effet d’entrainement Pour Anne-Marie Fortin, si les INUK commencent à faire leur nom sur la scène nationale, tout part de l’UQAC, de la perception de l’équipe au sein de l’institution.

Photo : Mathieu Bélanger

Anne-Marie Fortin

Stéphane Boivin Journaliste Il est rare de faire la rencontre d’une personne aussi déterminée et convaincante qu’AnneMarie Fortin. L’entraineuse-chef des équipes d’athlétisme et de cross-country des INUK, entrée en poste à l’automne 2016, récolte les fruits de cette attitude. On lui a en effet confié la direction d’une équipe québécoise en vue d’une importante compétition qui se tiendra à Toronto le 11 février prochain. Nous l’avons rencontrée à quelques jours de son départ pour la métropole ontarienne. Le coaching est intimement lié au mode de vie d’Anne-Marie Fortin. Elle-même foncièrement sportive, la jeune femme a toujours eu cette envie d’encadrer, d’aider, d’améliorer les autres. « Dès l’âge de 15 ans, j’ai commencé à entrainer des plus jeunes. Que ce soit en soccer, en gymnastique ou en athlétisme, j’ai toujours eu cette fibre-là en moi. Tu le sais, tu le sens tous les jours. Je suis coach dans le sport, mais dans la vie également. J’ai une amie qui va se pencher pour ramasser quelque chose et c’est sûr que je vais corriger son mouvement si elle le fait de la mauvaise manière. Ça fait partie de la vie! »

Diplômée de l’UQAC en kinésiologie, Anne-Marie Fortin a également porté les couleurs des INUK avant de s’impliquer au sein du personnel d’entraineurs. Son arrivée en tant qu’entraineuse-chef ne passe pas inaperçue, notamment à travers les résultats en constante progression des athlètes sous sa direction. Son approche positive et empathique semble tirer le meilleur de ses troupes. « Je ne suis probablement pas l’entraineuse la plus difficile à vivre. Je suis très à l’écoute de mes athlètes, je trouve ça très important de savoir comment ils vont dans leur vie personnelle, comment ils se sentent au niveau physique et émotif chaque jour. Oui quand je leur demande de m’en donner, il faut qu’ils me donnent ce que je veux voir. Mais un athlète qui vit des problèmes dans sa vie personnelle ne pourra pas me donner le même effort que lorsqu’il est au sommet de sa forme. Je suis plus à l’écoute, mais je suis capable d’être difficile aussi de temps en temps! »

Anne-Marie Fortin à Toronto Anne-Marie Fortin a été sélectionnée pour diriger une équipe junior composée de la

crème de la relève en athlétisme du Québec. Il s’agit d’un défi différent du travail qu’elle accomplit pour les INUK. Elle sera appelée le week-end prochain, à l’Université York, à encadrer l’équipe d’entraineurs, dont certains sont plus expérimentés qu’elle. « Le Match Québec-Ontario, c’est une compétition pour les 13 à 15 ans. On part avec les meilleurs du Québec et on va affronter les meilleurs de l’Ontario. C’est une expérience dont les athlètes vont se rappeler très longtemps. Ils représentent leur province, ils vont compétitionner à Toronto dans une grande université. C’est une belle et grande expérience. »

« Dans le passé, bien souvent on n’avait pas notre place dans les épreuves. Les INUK étaient perçus comme une petite équipe. En arrivant en poste, c’est clair que ce n’est pas comme ça que je voulais qu’on voit mon équipe. Je veux qu’on voit que mon équipe est composée de gens qui travaillent fort, que c’est des gagnants. Pas nécessairement besoin d’aller sur le podium, mais qu’ils ont une attitude de gagnants. On change la mentalité, mais il faut que ça parte d’ici. On est capables de faire n’importe quoi. Je ne vois pas pourquoi, avec toutes nos infrastructures, on serait moins bons que les autres équipes. »

Fin de saison

sur le championnat provincial des compétitions intérieures, qui se tiendra à la fin février à l’Université Laval. D’ici là, elle fera tout en son pouvoir pour maximiser les possibilités de chaque athlète dans sa discipline respective. Avec des personnalités aussi confiantes et déterminées qu’Anne-Marie Fortin au sein de son personnel, l’organisation des INUK nous promet de beaux jours pour le sport universitaire saguenéen.

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ANNE MARIE FORTIN

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Suite à la compétition du 11 février à Toronto, AnneMarie Fortin se concentrera

Objectifs et appartenance Le premier objectif d’AnneMarie Fortin en début de saison était de voir s’installer un esprit d’équipe, une appartenance au sein des INUK. Une cible qu’elle a vue se réaliser dès les premières semaines. À ses yeux, ce sont les athlètes qui font l’équipe et sa personnalité, et non le contraire. En ce sens, l’équipe d’athlétisme des INUK répond pleinement aux attentes de l’entraineuse. Elle a pu, très tôt dans la saison, se concentrer à définir et à atteindre les objectifs personnels de ses protégés.

Photo : Mathieu Bélanger

Anne-Marie Fortin en action à Québec, le 3 décembre dernier.


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UQAC > Sport

Jeudi 16 février 2017 No 118 Journal Le Griffonnier

Maxime Campagna-Lejeune : un peu plus haut Le sport comme occupation La conciliation entre le sport et les études s’avère exigeante pour Maxime Campagna-Lejeune, même si le sport est profondément intégré à son mode de vie.

Photo : Mathieu Bélanger

Maxime Campagna-Lejeune à Québec, le 3 décembre dernier.

Stéphane Boivin Journaliste Le 3 décembre dernier, l’équipe d’athlétisme saguenéenne se présentait à l’Université Laval pour l’ouverture de la saison de compétitions intérieures. Maxime Campagna-Lejeune est arrivé sur les lieux quelque peu intimidé. Il les a quittés en tant que vainqueur de sa spécialité en sautant au-delà de la barre placée à 1m98. Sans oublier d’honorables performances dans d’autres épreuves. Il raconte cette première journée de compétition universitaire. « Je ne savais pas du tout dans quoi je m’embarquais. Au début j’étais un peu nerveux, je ne savais pas où aller. J’étais petit dans mes culottes, comme on pourrait dire. Quand je suis arrivé à l’épreuve de saut en hauteur, j’y ai juste été avec mon propre feeling. Je n’avais pas besoin de penser à beaucoup de choses. J’y allais à mon rythme, je me sentais bien, je n’avais pas la tête pleine. Quand j’ai vu les marques qui montaient, j’ai eu du mal à réaliser que j’ai fait une hauteur de 1m 98 et que j’avais fait une première place pour une première année. Ça a pris l’après-midi pour me rendre compte que je venais de faire une bonne marque. » On imagine la tête de ses vis-à-vis d’universités comme McGill, très fortes dans l’enceinte

du stade. Ainsi que la fierté de ses collègues et entraineurs, l’ensemble de l’équipe ayant surpassé ses objectifs.

menter. C’est une épreuve qui demande un effort très court, mais précis. Un saut, en dedans de trois secondes, c’est fini. »

Le sport comme passion

En discutant avec l’étudiant athlète, on comprend que la psychologie joue également un rôle important dans la pratique de l’athlétisme. Il essaie de ne pas trop anticiper les compétitions à venir. À son avis, c’est cette anticipation, le désir d’être à la hauteur de sa première compétition qui a nui à sa performance dans la deuxième, à Sherbrooke à la mi-janvier. Lorsqu’on lui fait remarquer qu’il s’agit tout de même d’une excellente cinquième place, il acquiesce poliment. Mais on sent bien que ça ne satisfait pas Maxime Campagna-Lejeune.

Âgé de 24 ans et finissant au Baccalauréat en Kinésiologie, Campagna-Lejeune a développé depuis tout jeune sa passion pour les sports. Avec sa « clique », comme il dit, il a essayé une foule de sports pour combler les journées. La fraternité se développant dans ces activités sportives a une grande valeur à ses yeux. Encore aujourd’hui, autour de lui, on dit que son mode de vie est indissociable du sport et de la discipline. Ce n’est pourtant qu’à sa deuxième année à l’UQAC qu’il a découvert l’existence du sport étudiant organisé sur le campus. Après un premier rendez-vous manqué l’année dernière, il a décidé de s’impliquer à la rentrée 2016. Les tests effectués en début de saison étaient prometteurs en vue de plusieurs disciplines. Mais après sa première compétition à Québec, sa marque au saut en hauteur l’a encouragé à se spécialiser dans cette épreuve. Le saut est très technique et impose des défis spécifiques. « Ce sport exige de la régularité et de la technique. Tu peux avoir la meilleure capacité physique, mais si tu n’as pas la régularité tu ne pourras pas aug-

Grâce à ses marques atteintes en début de saison, l’athlète septilien a par ailleurs pu participer à l’Invitation Armory Track à New York les 4 et 5 février. Campagna-Lejeune a encore une fois impressionné dans cette compétition prestigieuse, l’une des plus importantes en Amérique du Nord. Il a atteint la marque de 1m 95, se classant ainsi en dixième position. Dans la foulée de cette performance, son entraineuse Anne-Marie Fortin a déclaré : « Ce qu'il a fait à New York m'a démontré qu'il est désormais très autonome et capable de gérer ses compétitions seul ».

« C’est beaucoup de voyagements, entre les cours, les stages et les entrainements. Ça va bien. Par contre en période d’examens, les entrainements sont beaucoup moins bons. Puisque le saut demande beaucoup de concentration, la tête n’a souvent plus de jus dans ces périodes. On ne peut pas faire de miracles, ça demande beaucoup d’énergie. Il faut faire attention au sommeil et à l’alimentation, les deux critères à ne pas négliger, sinon on va se bruler et on va le remarquer à l’entrainement et en compétition. » Il faut selon lui distinguer les entrainements plus cognitifs de ceux qui sont plus physiques. Si ces derniers permettent un défoulement bénéfique aux activités intellectuelles des études, l’aspect cognitif est plus difficile à concilier.

L’INUK s’impose Le début de saison remarquable de Maxime CampagnaLejeune est représentatif de la maturité du sport universitaire à l’UQAC. Après quelques années à mettre sur pied les bases des différents programmes, les INUK récoltent le fruit des efforts de Philippe Gagnon et de son personnel. Dans l’ensemble des disciplines, les athlètes-étudiants

de l’UQAC s’imposent comme des adversaires avec lesquels il faudra compter. L’équipe de volleyball féminin, qui a déjà confirmé sa deuxième place au classement de sa division malgré une équipe en reconstruction, laisse entrevoir de beaux lendemains. Quant au cross-country et à l’athlétisme, l’arrivée de l’ancienne INUK Anne-Marie Fortin au poste d’entraineure-chef semble insuffler beaucoup d’énergie aux nombreux athlètes. Ceux-ci ont systématiquement dépassé les attentes depuis l’automne. Les équipes de soccer profitent elles aussi de nouveaux entraineurs cette saison. En récoltant la reconnaissance, le sport étudiant à l’UQAC gagne également en notoriété, ce qui devrait permettre aux INUK d’intégrer le plus tôt possible les athlètes-étudiants à leurs programmes dès le début de leur formation universitaire.

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ENTREVUE EXCLUSIVE

AVEC MAXIME

CAMPAGNA-LEJEUNE

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Photo : Mathieu Bélanger

Maxime Campagna-Lejeune à Québec, le 3 décembre dernier.


Emmanuelle Melanรงon Journaliste

Le Griffonnier No 118  

Journal des étudiants de l'Université du Québec à Chicoutimi

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