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CERBERE TRANSITION

JUILLET 2016


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P Patrick Hoesly


ÉDITO

Chers tous, le nouveau numéro est là. Transition. Le passage du noir au blanc, de l’hiver à l’été, de l’ombre à la lumière. C’est donc à partir de ces thématiques que nous avons élaboré ce numéro. L’idée même de transition a été motivée par des facteurs internes, externes relatifs à nous ou notre entourage, les joies et difficultés rencontrées durant l’élaboration de ce numéro. Cerbere Magazine a attendu longtemps, très longtemps avant de décider de ses réelles motivations, de ses points forts, points à améliorer. Morsures, griffures, éclaboussures tel a été le quotidien de ce chien rusé, toujours aussi déterminé. L’imposture dans la meute a aiguisé ses canines et ses griffes bien qu’aillant gueulé, pleuré de tristesse pendant les précédents mois. Si on part du principe que tout individu a l’aptitude de balancer dans l’extrême violence comme dans Orange Mécanique de Kubrick sommes-nous prêts pour autant à voir l’irréparable se produire ? De L’Afrique, aux États-Unis, en passant par les Émirats, l’éco-responsabilité, et autres plaies de notre génération, le chien fou et incisif a été emmené à se poser de réelles questions sur le monde qui l’entoure. Il est désormais en course vers de nouveaux horizons que vous découvrirez sans doute très vite. Le site internet se voit rénové et habillé de nouvelles rubriques, un e-shop et une rubrique interview. Cerbere veut rencontrer ses pairs, créer une atmosphère dynamique et inspirante pour ses lecteurs. La meute, la vraie s’est bien servie des valeurs et codes d’il y a 3 ans, déjà, le moment où, elle s’est rassemblée pour la première fois à Lyon. Plus papouille que lèche, C’est donc avec beaucoup d’émotions, de nostalgie que Transition a été réalisé. Georges Duhamel dans Querelles de famille dit : “Chaque civilisation a les ordures qu’elle mérite”. La coupe est plus que pleine. Transition.


FABRICE CHAPUIS

KATHLEEN KALLOT

Fondateur Rédacteur en Chef

Rédactrice en chef Business

HÉLÈNE BÉGUSSEAU Société

LE GA CERB

LUCA ECUYER

CLARA MARTINELI

Cinéma

Mode


MERRYLINE HOUNHOUIVOU Graphiste

ANG BERE

ELVIRE FAURY-DONNET Lifestyle

ANDREA GALLEA Musique

FARES CHARGUI

JULIA BEYER AGOSTINI

Voyages

Correctrice et Cinéma


SOMMAIRE

SOCIÉTÉ

La Centrafrique : Voyage au centre de la guerre

MODE

Dossier Mode

11

Grèves et manifestations parisiennes

19

41

Liban : Rencontres du quatrième type

27

Vers une consommation plus éthique : Le Made in France

33 61

ENTREVUE

Greg Kozo : French Touch OG


CINÉMA

ART / EXOTICA

Transition : Noir - Fondu - Transition

69

Selection Cannes(que) : Mrs Julia

71

91

CULTURE

DISNEY’S KIDS : De la féerie au trash

Rencontre avec Valérie OKA

LIFEST YLE

81 Le Gourmand voyageur

NEW GOD FLOW Part 2 : Le Mugshoot de la nouvelle vague

85

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PAGE À VENDRE contact@cerberemagazine.com


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SOCIÉTÉ


SOCIÉTÉ c

Helene


LA CENTRAFRIQUE : VOYAGE AU CENTRE DE LA GUERRE PAR KATHLEEN KALLOT

Centrafrique ô Centrafrique, terre de mes ancêtres mais qu’es-tu devenue au juste ? Quinze jours avant de recevoir officiellement mon diplôme, je me vois offrir un billet d’avion pour aller voir ma grand-mère qui a pris sa retraite en Centrafrique il y a trois ans. Première réaction : « Chouette, je vais au soleil ! » ; mais plus le départ approche, plus je me pose des questions. Pour ceux qui auraient hiberné ces dernières années ou zappé les infos à force d’aller en after, c’est un pays en guerre depuis 2012 . Oui, la guerre, comme dans les films. Avant de partir, je demande conseil à ma tante qui vient de revenir d’une semaine là-bas. Elle me dit : « Pas de panique, c’est pas si mal. Par contre je te préviens, tu pourras très peu sortir alors prend des livres. » Tiens, ça commence bien.


Me voilà donc à Orly, Ipad et bouquin de 1000 pages sous le coude, embarquant pour ce pays dans lequel je n’ai pas mis les pieds depuis cinq ans. Deux valises pour seulement quelques vêtements, elles contiennent en majorité des bouteilles de vin, de champagne et des chocolats (il y a des choses que l’on ne trouve pas, ou alors pas au même prix qu’en France en Afrique). Sachant que ma mère-grand fêterait bientôt ses soixante-dix ans, je savais que tout cet alcool finirait dans le gosier de grandes dames qui avaient tellement vécu (en France et ailleurs) qu’elles n’avaient plus d’autre rien à faire que profiter des joies de la fête entre elles, même dans un pays en guerre. Après une escale au Maroc puis au Cameroun, j’arrive (enfin) à Bangui, la capitale. Pas question de savourer l’atterrissage en admirant le paysage, sur le côté des pistes s’étendent déjà des kilomètres de camps de réfugiés et j’arrive à reconnaître des sigles d’ONG vus à la télé. Sans trop vraiment réaliser encore, je retrouve tout de suite ma grand-mère qui avait filé un billet de 1000 Francs CFA (l’équivalent d’un euros et cinquante centimes, une somme énorme là-bas) au type de la sécu afin de pouvoir m’attendre dans la salle des bagages (facile). Je me rends alors compte que les types que je trouvais bizarres dans l’avion, étaient en réalité des militaires espagnols (wtf ?!) qui revêtissent leurs tenues kakis aussitôt les pieds sur terre. Bagages sur le chariot, on repart sans se faire contrôler par les douanes (encore 1000 francs), et c’est dans le gros Qashquai de mamie qu’on prend la route qui mène vers la ville. Après seulement 500 mètres, énorme barrage de militaires français qui font coucou à ma grand-mère. Moi, étonnée : « Tu les connais ?!» Elle me répond d’un air détaché : « Oui si tu as un passeport français ici, ils le savent. Et puis, quand c’était vraiment chaud en ville et qu’ils faisaient des rondes à côté de la maison, je les invitais à manger et boire. » Ok mamie. On arrive à la maison. J’ai du mal à me souvenir à quoi elle ressemblait il y a cinq ans, quand les rebelles Selekas ne l’avaient pas encore pillée. Malgré les événements, rien ne semblait manquer, enfin tout avait été remplacé plutôt. Parce que oui, un an auparavant, bien avant le début de l’opération Sangaris, la terreur régnait en ville et mamie n’a pas été épargnée. On s’assoit sur la terrasse et je demande à Boniface, notre sentinelle (gardien) s’il était présent quand tout s’est déroulé.


Il me répond qu’il venait de finir sa ronde de nuit et qu’il rentrait chez lui quand il a été averti par ma mère et mes tantes de Paris qu’il y avait un problème. En arrivant, une vingtaine de jeunes autoproclamés militaires armés jusqu’aux dents et totalement défoncés avaient fracassé le grillage de notre concession, défoncé la porte d’entrée ainsi que toutes les vitres de la terrasse. Mamie s’était enfermée dans l’une des chambres et priait pour qu’on ne lui fasse pas de mal parce que leur coutume était d’entrer chez les gens et de tous les tuer, d’autant plus si tu étais chrétien ce qui est bien évidemment le cas de mamie. Elle avait réussi à nous joindre au téléphone et chuchotais pour ne pas se faire entendre. Ni une, ni deux, une avalanche d’appels avait déferlée de ma famille à Paris vers tous les cousins et cousines éloignés que l’on pouvait contacter sur place. Une autre s’était abattue sur le Ministère des Affaires étrangères pour demander le rapatriement immédiat de ma grand-mère. Leur seule réponse: « Si les rebelles débarquent, surtout qu’elle donne tout et qu’elle ne résiste pas! ». Merci. Pendant ce temps, les Selekas ont fait leur marché dans la maison. Ma grand-mère me dit qu’elle n’avait jamais vu des gens aussi bêtes. Première chose : deux d’entres eux emportent le frigo, l’un s’arrête et demande à l’autre à quoi sert exactement cette chose qu’ils sont en train de porter. Ce à quoi il répond : « C’est pour faire à manger ! ». Ah bon, ça peut toujours servir alors. Ils sont ensuite allés prendre la télécommande du climatiseur de ma chambre actuelle en disant « Tiens, un téléphone. On prend ! ». Doisje vraiment rappeler qu’il y a sur une télécommande de clim huit boutons au maximum, aucun chiffre et un mini écran noir et blanc qui affiche clairement la température en degrés Celcius ? Même un Centrafricain tout droit sorti de la brousse saurait faire la différence entre un portable et cet objet.

Soldats français REUTERS / HERVE SEREFIO

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Outre les téléphones, la télévision était quelque chose de très convoitée par ces gens. Ils avaient bien sûr emporté l’écran géant cadeau de Noël de mamie d’il y a deux ans. Cette nouvelle m’étonnais moins puisqu’un dimanche en regardant Spécial Investigation Centrafrique sur Canal+ avec mon oncle, il s’était esclaffé : « Tiens, c’est la télé de maman qu’ils ont volé!» lorsque les journalistes interviewaient un chef Seleka dans sa prétendue maison (dont les réels propriétaires devaient déjà être morts). Un voisin qui s’était joint à nous pendant la conversation me raconte que leur obsession pour les télés était telle qu’ils avaient débarqués dans des bureaux en centre-ville, avaient balancés toutes les unités centrales des ordinateurs ne sachant pas que c’était pour finalement gardé seulement les écrans, les prenant pour des télés. Ils avaient bien sûr pris soin de récupérer toutes les télécommandes de clim... Je dois avouer que dans cette histoire de barbarie sordide, leur bêtise me fait bien rire. Mamie me raconte également quelques péripéties survenues à l’extérieur de la maison. Il faut savoir qu’ils avaient investis tous les lieux publics et vivaient n’importe comment dedans. Un jour, en allant récupérer des papiers, des Selekas défoncés en train de boire par terre la regardent et lui disent: « Maman, tu veux boire quelque chose ? On a tout ici, tu veux du café, de l’alcool ? Aller, tiens ! » Elle refuse et leur répond calmement : « Désolée, mais le médecin m’a interdit le café, le thé, le jus et l’alcool, je n’ai droit qu’à l’eau. » Interloqués, ils lui demandent des explications et elle leur dit simplement : « Que voulez-vous, c’est la vieillesse. Et je ne peux pas désobéir au médecin. Sur ce, au revoir messieurs.»


Combattants Selekas c

REUTERS / JOE PENNEY


Elle m’explique ensuite qu’ils essayaient en fait de droguer tout le monde. Leur barbarie n’avait aucune limite. Ils ligotaient les gens aux mains et aux pieds et les balançaient vivants dans le fleuve. Ils attrapaient de jeunes filles dans la rue et les violaient pendant des heures avant de les tuer. Si tu refusais de les suivre, ils te butaient sur place. A la fin de son récit, j’ai enfin pu lui poser la question : « Mais en fait mamie, pourquoi tu n’es pas rentrée en France ? ». Elle me dit juste que si elle était partie en laissant sa maison sans personne dedans, ils l’auraient transformée en QG et qu’ils étaient sales, qu’ils faisaient à manger par terre. Ok, mais tu as quand même frôlé la mort. Les premiers jours, je n’ai pas vraiment vu la différence. Les routes étaient en train d’être reconstruites et les gens étaient dehors. Sauf qu’à la nuit tombée, plus un chat, lumières éteintes pour tout le monde ou presque. Je n’avais pas le droit de me balader seule. Toute sortie devait se faire avec mamie dans sa voiture. Je m’y suis très vite habituée.

Dehors, le changement s’est également fait ressentir par le défilé sans cesse de gros 4x4 des Nations Unies et des ONG, du jamais vu dans cette ville. La situation réelle du pays m’a réellement sautée aux yeux le second jour à 13h, lorsque j’ai mis les pieds dans le Grand Café. Ce café, tenu par des Libanais est un endroit de choix lorsque l’on veut retrouver un peu de culture Occidentale. Ils y font des croissants et autres viennoiseries mais également des paninis, des pizzas, des glaces. J’y avais mes habitudes jusque-là et j’étais contente de voir qu’il était toujours intact. J’appris plus tard par ma grandmère qu’ils avaient payé des millions de CFA (soit des milliers d’euros) aux rebelles pour qu’ils ne touchent pas leur boutique. Toute joyeuse, j’entre donc me chercher un petit casse-dalle et là, devant moi, je vois une dizaine de jeunes militaires français en uniforme en train de commander des paninis. J’ai presque eu peur. Ce n’était pas vraiment de la peur mais plutôt de l’intimidation. Les militaires français que j’avais croisés les années précédentes en Centrafrique étaient loin de ressembler à ceux-là. Ils étaient vieux, habillés en civils et on les voyait le plus souvent en boîte en train de serrer des putes. Certains de ces jeunes militaires me sourient et je leur rends la pareille mais sous le choc, je reste plantée là sans même pouvoir ouvrir la bouche. Et lorsque le gérant que je connais me donne ma commande, je file à toute allure telle une gamine qui vient de faire une grosse connerie. A peine dehors je regrette déjà de ne pas leur avoir demandé comment tout cela se passait pour eux. Arf, la prochaine fois. Le dimanche, mamie me réveille à 6h du mat’ pour que je l’accompagne à la messe. Des lustres que je n’ai pas mis les pieds dans une église mais je me dis : « Une sortie, ça va être chouette!» La veille, on avait fêté son anniversaire. Je n’avais pas bu une goutte d’alcool, tout était passé dans le gosier de ses trente copines invitées. Champagne, bière, vin, de 14h à 22h mamie était complètement saoule le samedi soir mais elle était plus d’attaque que moi ce dimanche matin. La messe était joyeuse et mouvementée. Les gens dansaient, on aurait cru une messe gospel à l’américaine sauf qu’ici on chante en français. Mamie me faisait des grands sourires, heureuse que je l’accompagne. De temps en temps, elle me glissait un : « Vas-y filme ça ! »


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AFP / Patrick Fort


À midi, après avoir frappé dans nos mains pendant 3h, on décide d’aller faire un tour en ville. Après quelques mètres, elle s’étonne que les rues soient en train d’être désertées. Elle hèle un jeune dans la rue, descend sa vitre et lui dit : « Petit, qu’est-ce qu’il se passe en centre- ville ? ». Ce à quoi il répond : «Ça bouge, des Selekas viennent d’égorger un FACA (nom que l’on donne aux soldats des Forces Armées centrafricaines) ça devient dangereux je vous conseille de prendre la voiture et de rentrer chez vous vite !» Fallait pas lui dire deux fois à mamie, elle le remercie et fait demitour illico. A peine arrivées à la maison et assises sur la terrasse, des bruits de tirs d’armes retentissent. Ma première pensée : « C’est ça la guerre ». La seconde : « On dirait le bruit des pétards avec lesquels les petits cons s’amusent le soir du 14 juillet. » Mamie me regarde et me dit d’un air de défi : « T’as peur ?! Tu sais, c’était pire avant. » J’avais pas peur jusqu’à ce que la réalité vienne me frapper en plein visage deux minutes plus tard. Toutes les trente secondes, des hélicos passaient au raz de nos têtes. J’ai eu l’impression de me retrouver en plein champ de bataille, il faut sauver le soldat Kathleen sauf que, bah non, je ne jouais pas dans une superproduction hollywoodienne. J’étais juste sur la terrasse de mamie en train de boire un cocktail. Drôle de tableau.


SOCIÉTÉ

MANIFESTATIONS :

UNE MÉDIATISATION SÉLECTIVE PAR CHLOE SHARROCK Semblant désormais se résumer à de violentes confrontations opposants casseurs contre CRS, la couverture médiatique de la mobilisation contre la Loi Travail a particulièrement mis l’accent sur la montée du mode de contestation du Black Bloc, personnifié par la figure du “casseur” à présent omniprésent dans les médias. Très médiatisée car étant le symptôme frappant d’une jeunesse en rogne contre son gouvernement, cette manière violente de manifester marque clairement un divorce brutal entre la politique actuelle et la société. Il suffit de parler à quelques uns des milliers d’étudiants et de jeunes présents pour rapidement desceller en eux la sensation unanime de manquer d’un langage commun avec le gouvernement. A leurs yeux, le black bloc apparait de ce fait comme le seul moyen de réellement se faire entendre. Bien qu’ occupant les devant de la scène médiatique dans l’actualité de la Loi travail, ce type de violence contestataire n’est pourtant pas nouveau en France (mobilisations contre le CPE en 2006 ou contre la réforme des retraites en 2010, le projet de Notre-Dame des Landes en 2014 etc.), mais sa géographie peut expliquer en partie cette médiatisation excessive: en déplaçant ces événements des banlieues - où ils sont habituellement observés - aux centres-villes, ils se retrouvent de ce fait imposés dans l’actualité. Combiné au nombre grandissant de médias présents, l’essor des nouveaux moyens de communication notamment Périscope, ou encore la diffusion rapide des images par le biais des réseaux sociaux ces facteurs ont amplement participé à enfler la polémique autour de ces protestations. Ces manifestations ont en effet été particulièrement photographiées, filmées et relayées, provoquant au passage de nombreuses reproches quant à la trop forte présence de photographes sur place, alors pointés du doigt, ou accusés d’une tendance au Riot Porn et au photo-journalisme factice. Pourtant, décider de photographier les manifestations est avant tout une réponse à un besoin primordial de témoigner de ce qu’il se passe actuellement dans nos rues partout en France, et surtout d’aider à en comprendre les raisons en y apportant un témoignage de l’intérieur. Car les nombreux facteurs modelant ce mouvement social et le contexte politique particulièrement tendu rendent la situation actuelle bien plus complexe que la vision manichéenne qu’en donnent les principaux médias. Assisterions-nous pour autant à une médiatisation excessive de ces contestations ? Si elle l’est, elle n’en reste pas moins sélective.


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ChloĂŠ Sharrock


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ChloĂŠ Sharrock


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ChloĂŠ Sharrock


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ChloĂŠ Sharrock


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ChloĂŠ Sharrock


SOCIÉTÉ

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tripadvisor.co.uk


RENCONTRES DU QUATRIÈME T YPE PAR FARES CHARGUI

Cette chronique est axée autour des rencontres qui sortent de notre quotidien, de nos habitudes. Ces instants de grâce où aucune couleur, aucune lumière, aussi réelle soit elle, n’a d’importance. Cette chronique est axée autour des personnes qui font que notre quotidien de demain sera meilleur que celui d’aujourd’hui. Cette chronique, c’est finalement la manière dont j’aimerais vous rencontrer. En un instant, tout a basculé. Tout bruit, tout cri, tout mouvement semblait vain. Il ne me restait que le silence comme seul compagnon. Et plutôt que la peur, que la peine puisse s’étendre en moi, ce qui a finalement annihilé douleurs et pensées c’est l’immersion. Lorsque la mer me recrachait sur les récifs, la violence reprenait sa place. Je comprenais dès lors que se battre n’avait plus de sens et que j’étais vaincu par la nature. Je profitais de ce spectacle, de ce silence, de cette paix que la mer appelle. Je fermais alors les yeux, sans plus d’espoirs.. Un retour en arrière s’impose


Je suis allé en stage à Beyrouth un été. Des semaines de préparation, d’expectatives et de renseignements sur l’histoire, les communautés, le système politique libanais sans jamais me douter de l’effet que ce voyage aura sur mes choix, ma perception du monde, des autres, de moi-même. J’avais tenté d’appréhender au préalable cette culture que je voulais faire mienne pendant ces deux mois de stage et j’ai de prime abord été rattrapé par la cohésion de l’humain. Chaque pays possède pourtant son unicité, son langage propre, ses rouages. Il semble même évident d’affirmer que tout rite, toute culture diffère, parfois même en son cœur. Pourtant ce qui nous rapproche tous est notre humanisme latent. Une notion qui peut sembler abstraite pour certains, une notion qui finalement m’est devenue chère. Dans mes souvenirs de ce voyage, même mon premier trajet en voiture fut marquant. Mis à part le fait que mon chauffeur de taxi ait décidé que drifter en centre-ville était une intuition à suivre ou que faire la course avec une semi-remorque était « fun », je me rappelle avoir senti des larmes perler au coin des yeux. Et pour cause, une lumière orangée illuminait chaque bâtiment, chaque statue, chaque monument. J’étais arrivé au pays des cèdres. Les libanais vous diront tous que c’est le plus beau pays du monde et je ne saurai leur donner tort. J’apercevais la mosquée Hariri, la place des martyrs puis, on me montrait qu’au loin, se trouvait Harissa et sa basilique, le parc des cèdres et d’autres lieux inoubliables qui ont fait de mon quotidien ce qu’il était pendant ces deux mois de vie Libanaise. Comme tout bon touriste, je m’arrêtais devant des

escaliers colorés prendre des photos, je considérais chaque tag en Arabe comme une œuvre d’art. Je pensais même, par pur esprit d’intégration bien sûr, que je ne me nourrirais exclusivement de houmous et de falafel durant cette expérience. Nous arpentions la corniche et j’étais très perturbé par les paradoxes urbains. Le neuf et luxuriant côtoyait avec une logique déconcertante les bâtisses ravagées par la guerre. Ainsi, l’immeuble Versace prenait place à côté d’un édifice à l’agonie. Même sans connaitre l’histoire, on pouvait en percevoir sa richesse. J’en sautillais. Après un narguilé en bord de mer à El-Rawcher au couché du soleil, (à Lyon on a gros-caillou, à Beyrouth c’est donc à peu près pareil sauf que pour le coup, le rocher en question est particulièrement stylé), on décide de rentrer retrouver mes nouveaux collocs qui avaient prévus de sortir pour fêter mon arrivée. Je sais pertinemment que ce n’était qu’un prétexte pour boire de l’alcool et je ne suis même pas sûr qu’il soit vrai mais l’intention était louable. Direction donc la « Dex on the Beach », soirée sur la plage pour les expatriés et la jeunesse libanaise aisée. Je découvre ainsi avec joie que je ne serai pas forcé d’écouter de l’EDM pendant deux mois et que la techno était en vogue de partout, cette journée était parfaite. Après avoir dansé, bu quelques verres, entendu un nombre incalculable de fois des phrases comme « C’est bon, tu as mis la photo sur insta ? » et « t’as pas ton selfie-stick ? », je me suis dit que le dépaysement avait réellement du bon.


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newshonk.com


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huffingtonpost.gr


Une fille à côté de la scène me regardait m’excuser à tour de bras, auprès de libanais(es) courroucé(e)s, d’avoir fait bougé la main qui tenait l’Iphone 6 + gold. Elle m’alpagua auprès d’elle me proposant un verre. Je la suivais derrière les platines surexcité de rencontrer le DJ du soir dont je ne me souviens plus du nom. C’est ce soir-là que je fis la rencontre d’un certain Adrian, un jeune hipster hondurien de 28 ans. Je ne le savais pas encore mais ce barbu tout de noir vêtu, DA d’un concept store et artiste à ses heures perdues, aura à tout jamais une place dans mon cœur. Mon niveau d’anglais était à son paroxysme, l’alcool palliant (me le faisant croire en tout cas) à mon manque de vocabulaire et mon accent frenchie. Nous débattions pendant plus d’une heure sur la commercialisation de l’art et de ses vices - ça dépend du jour ou de l’humeur mais oui, parfois, quand je rencontre de nouvelles personnes, il me semble pertinent de débattre sur ce genre de sujets, en club, soûl.. -. Il me proposa alors de poursuivre la conversation dans un endroit où « What did you say ? » n’était pas une phrase qui ponctuait de trop notre débat. Il connaissait justement un endroit, une falaise à qui se trouvait sur le côté du club. Je le vois alors escalader un mur et avancer vers le rivage. J’enjambe à mon tour avec précaution les barrières et j’enjoins le pas en passant sur une plateforme en béton qui me semblait plus sure que les rochers. Un bruit sourd, une perte d’équilibre, une chute puis plus rien.

En un instant, donc, tout a basculé. Tout bruit, tout cri, tout mouvement semblait vain. Il ne me restait que le silence comme seul compagnon. Et plutôt que la peur, que la peine puisse s’étendre en moi, ce qui a finalement annihilé douleurs et pensées c’est l’immersion. Lorsque la mer me recrachait sur les récifs, la violence reprenait sa place. Je comprenais dès lors que se battre n’avait plus de sens et que j’étais vaincu par la nature. Je profitais de ce spectacle, de ce silence, de cette paix que la mer appelle. Je fermais alors les yeux, sans plus d’espoir, aucun. Je perdais le contrôle et ça me semblait si reposant, si beau, si naturel. J’étais presque réfractaire à la main qui m’empoigna le bras. Je compris avec stupeur qu’il avait sauté, m’avait sauvé, que je respirais. Je m’animais alors, et me hissait non sans difficultés sur le rivage. J’étais sauf. Je me rappelle encore, me palper, observer sans un mot son visage et comprendre ce qu’il venait de se passer. L’ébriété avait fait place à l’adrénaline ; même, elle s’estompait peu à peu. La douleur s’intensifiait au niveau de ma tête, de mes côtés, de mes mains. Une douleur presque salvatrice qui rendait l’instant moins terrible. Vu qu’elle était là, moi aussi. J’en riais, j’étais euphorique. Tout me semblait alors clair, limpide, terrible mais magnifique. J’étais sauf. Ce soir-là j’ai rencontré le plus terrible des compagnons. La déroute était complète tant il est agréable d’être en sa compagnie mais tant il est redoutable de lui faire face. Ce soirlà j’ai côtoyé une sensation, la plus profonde, le plus paradoxal des sentiments. Il m’est impossible de le retranscrire et je me sens béni que ce moment soit un souvenir. Je ne peux m’empêcher de chérir ce moment où « j’ai vécu » dans le sens le plus abstrait qu’il m’a été donné de le concevoir. Pour citer Paul Eluard « Il ne faut pas voir la réalité telle que je suis ». Pour moi, ce soir-là, j’ai rencontré le silence.


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lesgentilspariziens.com


VERS UNE CONSOMMATION PLUS ÉTHIQUE : LE MADE IN FRANCE PAR ELVIRE FAURY-DONNET Alors que de plus en plus de marques misent sur la carte du made in France, 77% des Français se déclarent prêts à payer plus cher pour un produit porteur du label. Il a été prouvé que la fabrication locale présentait de nombreux avantages et répondait parfaitement au besoin de transparence des consommateurs. Aujourd’hui, il est devenu légitime d’exiger une production si non écologique, éthique.


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Hermes.com

Des évènements récurrents depuis les années 90 ont révélé les limites de la mondialisation. Récemment, l’effondrement du Rana Plaza a fait écho au scandale des usines Nike qui employaient des adolescentes en Indonésie pour 40 centimes de l’heure, ou encore aux nombreuses affaires du travail des enfants chez Gap. À l’heure actuelle, la transparence est devenue une composante obligatoire à la réussite d’une marque et à la fidélité de sa clientèle. À une plus petite échelle, le Made in France est une réponse directe à ce besoin. Gage de qualité et de savoir-faire, il permet aussi de renforcer l’économie locale et de générer de l’emploi tout en étant plus respectueux de l’environnement. Des marques telles que Longchamp, Petit Bateau ou Le Coq Sportif, tentent de garder une partie de leurs usines en France mais cela se fait au dépit de leur chiffre d’affaire.

Elles sont cependant souvent décriées pour ne pas avoir été complètement transparentes et ne pas produire du 100% français, bien qu’elles ne soient pas comparables à des groupes comme H&M, qui ne détient aucune de ses manufactures. Enfin et surtout, la fabrication locale permet un paysage culturel riche et diversifié car elle met en valeur l’artisanat régional. La sandale K.Jacques est l’un des symboles de la ville de StTropez, au même titre que la marinière Armor Lux (portée par Montebourg sur la fameuse couverture du Parisien) est emblématique de la Bretagne. Et ce sont justement ces trésors qu’il nous faut préserver.


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meaningfultraveler.com

CONSOMMER MOINS, C’EST MIEUX La consommation de produits locaux est profondément inscrite dans la culture française. Le boulanger se réveille à l’aube pour satisfaire nos envies et les marchés sont toujours bondés le dimanche. Cela vient également du fait que nos terroirs offrent des produits de qualité (le vin et le fromage sont tout de même meilleurs chez nous !). Pour autant, dans d’autres domaines, le fabriqué en France peine à s’imposer. Pourquoi de telles limites ? D’abord, il doit faire face à la globalisation et à des joueurs plus importants. Les compagnies faisant appel à des sous-traitants en Asie produisent en plus grandes quantités et à des prix plus compétitifs. Mais consommer français signifie consommer moins, et mieux. Malheureusement, les tendances omniprésentes et les médias de masse nous amènent à toujours en vouloir plus. La course à la nouveauté est inépuisable, si bien que

les marques françaises qui essaient d’y participer se retrouvent vite lésées alors qu’elles devraient se concentrer sur une identité unique et un savoirfaire inégalable. Repetto, par exemple, s’est imposé grâce à son univers axé sur le monde de la danse et grâce à des modèles iconiques tels les Zizi de Gainsbourg. Agnès b. a, elle aussi, crée sa propre histoire entre culture, tradition et innovation, et a su rester pertinente.


RAYURES MARINE Deuxième challenge du made in France : le label n’est pas officiel, ce qui engendre une certaine méfiance. Il existe différents labels plus ou moins spécifiques mais aucun n’a été reconnu légalement. Ce qui peut finalement être la cause de dérapages, comme le démontre Mon Petit Polo Français qui confond fabrication française et militantisme d’extrême-droite. En effet, les créateurs de la marque soutiennent ouvertement le Front national sur les réseaux sociaux… La frontière entre soutien à une production locale et chauvinisme est fine. En somme, le made in France implique une nouvelle consommation, plus réfléchie et modérée mais surtout engagée. Il permet au consommateur d’enrichir son propre monde et de répondre directement aux problèmes sociétaux auxquels il est confronté quotidiennement. Il est de notre devoir de soutenir les marques et créateurs qui s’engagent dans cette voie puisqu’ils font le choix de la qualité au dépit de celui du bénéfice, et que made in France est moins synonyme de franchouillard que d’excellence et de savoir-faire. Alors, prêts pour une transition vers une consommation plus éthique ?


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PHOTOGRAPHIE - CHRIS

ASSISTANT PHOTOGRAP

STYLISME - CHLOÉ GRAY

MANNEQUINS - EMERIC

MUA - LUCIE LEFEVRE, VI


STIAN MAMOUN, ARBE STUDIO

PHE - RODRIGO DAUSCH IBAÑEZ

Y, ARBE STUDIO

C, CLARCK, PAULINE, SIMBA & SYLIA

INCENT BRIERE


PAULINE TOP COURT MC COL ROND EN RÉSILLE MANOUSH CLASSIC LONG SLEEVE BODYSUIT AMERICAN APPAREL


EMERIC COMBINAISON RAGLAN EN JERSEY GOLDEN GOOSE DELUXE LUNETTES MARC LE BIHAN


SYLIA SWEAT ENCOLURE RONDE EN MOLLETON GOLDEN GOOSE DELUXE


SYLIA STONE WASH OXFORD TOP AMERICAN APPAREL


PAULINE TOP POWDER LONG BLEACH ÉTUDES STUDIO STONE WASHED CROP , VINYL SKIRT AMERICAN APPAREL


CLARCK CHEMISE BOB CARPENTER

SYLIA LOOK SHORT AMERICAN APPAREL BOTTINE CUIR MATELASSÉ ARGENT MELLOW YELLOW


PAULINE TOP ENCOLURE V SERGÉ DE LAINE GOLDEN GOOSE DELUXE PANTALON EN SATIN FLUIDE ILARIA NISTRI


CLARCK JACKET COLLECTIVE TROUSER DIALOGUE ÉTUDES STUDIOS CHEMISE BOB CARPENTER

SIMBA COAT MANCHESTER CHEVRON ÉTUDES STUDIOS CLASSIC LONG SLEEVE BODYSUIT AMERICAN APPAREL


EMERIC STONE WASH SLIM FIT AMERICAN APPAREL PARKA QUARTET CAMO ( SHOW PIECE ) ÉTUDES STUDIOS


EMERIC DENIM JACKET, STONE WASH SLIM FIT AMERICAN APPAREL TROUSER DIALOGUE (SHOW PIECE) ETUDES STUDIO

CLARCK SUIT , ÉTUDES STUDIOS POCHETTE À MAIN LARGE LE FEUILLET

SIMBA MANTEAU ÉTUDES STUDIOS BASKETS RAF SIMONS X ADIDAS


EMERIC & CLARCK BLOUSONS CHEVRONNÉS SCHOTT


SIMBA CALIFORNIA FLEECE AMERICAN APPAREL LUNETTES , MARC LE BIHAN


ENTREVUE


ENTREVUE

G R E G K O Z O PAR FABRICE CHAPUIS

Greg Kozo est Moitié créative du duo Make The Girl Dance. Il est également producteur en solo depuis une dizaine d’années. Séries d’EPs ou encore tournée mondiale, le OG de la French touch nous a encore fait danser cette année avec You, son nouvel EP sortit depuis le 17 Mai qui est une belle mise en bouche de son album solo à venir... Rencontre.


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Vincent Bousserez


Cerbere : Bonjour Greg - Été 2012, la dernière fois qu’on s’est vu tu étais en tournée dans le sud de la France. Sacré soirée ! Que s’est-il passé depuis ? Greg Kozo : Hello ! Depuis, On a terminé le 2eme album, on l’a sorti, on a tourné des clips, et joué dans le monde entier pendant 2 ans. On s’est amusé-tu vois.

Comment expliques-tu ta success story en mode underground ? Car tu parcours le monde en tournée mais tu restes quand même très discret ... La discrétion c’est un truc que je ne m’explique pas vraiment. J’assume jouer le jeu des réseaux sociaux et tout, mais je n’arrive pas à faire le fanfaron, à poser des blagues et tout. Je suis d’un chiant pour ça. Au final, je vais en studio le matin, je fais du son, et le soir je me dis « ah merde j’aurai du poster un truc today ». Quand ce n’est pas naturel c’est pas cool, donc je le fais quand c’est spontané.

Qu’est ce qui a évolué dans ta créativité par rapport à tes débuts ? Tout et rien. J’écris la musique exactement comme quand j’avais 16 ans, je collabore avec une chanteuse de la même façon. Mais j’ai l’impression d’entendre de façon plus précise ce que je veux faire. Et puis j’ai pris confiance aussi. A présent j’ose écrire les mélodies pour les voix en plus de la musique. Avant je me disais que j’en étais pas capable. Et j’arrive aussi à écrire pour les autres beaucoup plus facilement.

Un mot sur l’industrie musicale ? Un renouveau? Un changement ? Hélas, rien de neuf mec, ha ha ! Toutes les cartes sont brouillées et tout change. Mais c’est pas plus mal. Ca chamboule le jeu. On doit se replacer et changer des choses. Ceux qui avaient des petites habitudes doivent en changer aussi.


Qu’écoutes- tu en ce moment en non-stop ? Je ne vais pas être très original tu vas être déçu. Frank Ocean, The Code et son album fou « Blue Electronica », Disclosure, et j’adore en ce moment le taf de Metodi Hristov. bravo Alessandro !

Beaucoup de Voyages ces derniers temps dans ta carrière, surtout en Asie. Quand on regarde ton dernier clip, on a envie de te demander pourquoi cette influence constante de ce continent ? Parce que l’Asie ça défonce. J’ai passé pas mal de temps à Tokyo et Bangkok. Ces deux villes n’ont rien à voir et m’inspirent tellement. A Bangkok j’ai filmé le quotidien d’une boxeuse de free fight. La fille a une vie d’ascète, vie dans un taudis et se bat tous les jours. Une belle gifle. Les paysages me parlent sans que je sache au final pourquoi. Il y a un décalage fou avec notre culture occidentale. Je vais y retourner bientôt pour tourner encore un clip.

Parlons de ton nouvel album solo. Le single qui s’annonce déjà comme un carton. Comment s’est-il fait ? En mai 2015, Je passais à autre chose. J’ai écrit 15 titres et début aout, j’ai tout jeté. J’ai pris mon temps et j’ai recommencé l’écriture en m’isolant un max pendant l’automne 2015. J’allais me foutre dans une maison en Auvergne seul pendant 15 jours, je me prenais un Airbnb dans Berlin et je m’y enfermais pour composer. Et là j’ai retrouvé la musique d’où je viens. J’ai appris la musique en prenant des cours de contrebasse à l’école de Jazz de Paris et en faisant des beats hip hop sur une MPC. Tout ça est remonté et j’ai écrit à partir de là. Après, j’ai bossé avec des chanteurs et chanteuses qu’on n’aurait pas pu solliciter dans MTGD. Et là tout s’est déroulé naturellement. Même si beaucoup de morceaux de l’album en sont à leur 57ème version. Je suis encore en train de le finir. Fin août il sera fini.


Qu’allons-nous entendre dans cet album ? Étant l’un de OG de la Frenchtouch dans le monde entier, du duo Make The Girls Dance à un projet solo peux-t-on parler de transition ? C’est clairement influencé par ma club culture, mais aussi par mon envie de mélodies et de voix. Les accords sont plus riches qu’avant. La prod est plus ronde. Pour moi ce n’est pas du tout une transition. Cet album c’est moi à 100%. Les gens qui ont entendu des morceaux de l’album me disent que ça n’a rien à voir avec mon travail passé. C’est assez violent de se pencher sur un album en solo après des années passées à deux. Il faut faire des choix, trancher seul. Je lutte grave mais j’ai un agent qui me dit stop parfois et qui m’oblige à choisir.

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itunesapple.com


POURRAIS-TU-NOUS DESIGNER LA PREMIÈRE PLAYLIST DE NOTRE CHAÎNE SOUNDCLOUD ? CE SERAIT UN HONNEUR POUR NOUS. Frank Ocean - LOST The Code - Mood (find you)/time La Fraicheur & Greg Kozo - Petit Matin / Grand Jour Greg Kozo - You (I :Cube alternative remix) Roÿskopp - Sordid Affair (Maceo Plex remix) Isaac Delusion - How Much Do You Want Her Partynextdoor - Come And See (feat. Drake) Timber Timbre - Hot Dreams Metodi Hristov - Set About Jon Hopkins - Collider


CINÉMA


CINÉMA

TRANSITION : NOIR FONDU - TRANSITION PAR LUCA ECUYER Transition. Fondu au noir. Ouverture plan large, lumière, musique, action. Sans transition bonjour, bonsoir, bienvenu dans l’article transitoire. Parlons des acteurs, des fabuleux. Ceux qui, pour un rôle, modifient, adaptent, se plient aux exigences du personnage pendant des mois, avant de l’incarner le plus brillamment possible face caméra par la suite. Dans cet article, on parlera plus particulièrement de Tom Hardy dans Legend. Londres, les années 60. Les jumeaux Reggie et Ronnie Kray, célèbres gangsters du RoyaumeUni, règnent en maîtres sur la capitale anglaise. À la tête d’une mafia impitoyable, leur influence paraît sans limite. Pourtant, lorsque la femme de Reggie incite son mari à s’éloigner du business, la chute des frères Kray semble inévitable… Une histoire de gangster comme on les aime, avec de la testostérone et de la gomina à gogo. Oui mais face à tout cela, pour jouer des jumeaux dans les règles de l’art, il vous faut des jumeaux. Ou alors on prend un Tom Hardy endurci qui crève l’écran. Ce bon monsieur viens jouer ici deux personnages, si différents, et pourtant si proches. Reg et Ron sont les jumeaux Kray qui règnent sur Londres. Un peu de maquillage, un bon costumier, un zeste de CGI et surtout un talent incroyable : le tout peut réussir à nous faire croire par moment qu’il s’agit de deux acteurs bien distincts. En parlant de transition, Tom Hardy a ici dû faire un véritable travail de double rôle. Tantôt protecteur et cerveau du gang,

tantôt gravement atteint d’un comportement haineux incontrôlable. Comportement qui les mène parfois les deux frères à la victoire lors de fulgurantes bastons dans de beaux et traditionnels pub londoniens (sans les empêcher de siroter une bonne Guinness). Le tout varie avec une tension montante de ce panache que renvoie le nom Kray qui résonne petit à petit comme la peste à éviter dans les rues de la capitale. Une femme vient chambouler l’ensemble fragile de la balance déjà difficilement maintenue en équilibre lorsqu’elle vient séparer un peu plus les deux frères. Et je rappelle en aparté que l’on parle techniquement d’un seul homme ici. Le film balance entre ses deux personnages au fil de l’histoire et dévoile des scènes absurdes la plupart du temps lorsque ceuxci sont réunis à l’écran. D’un côté des scènes déjantées avec Ronnie, impétueux et complètement barré et hors de contrôle, d’un autre coté Ray, plus réfléchi, avisé et business man aguerri.


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Luca Ecuyer

Concernant la réalisation du film, le spectateur se laisse dévorer grâce à de magnifiques plans longs, non interrompus d’un cut. D’autres séquences sont un peu plus faramineuses, notamment à cause de la difficulté de tournage lorsque les deux personnages doivent interagir ensemble. Le tout reste parfaitement bien géré, un grand merci à Brian Helgeland pour sa vision et le choix de ses acteurs. Je cite notamment Emily Browning, Tara Fitzgerald ou encore Taron Egerton dont je ne soupçonnais pas la participation lors de mon visionnage. Très bon acteur en perspective d’avenir je pense, notamment avec le prochain Kingsman. Un tout vraiment classe, jonglant avec les émotions du public. La tension se mélange aux costumes 3 pièces étincelants, l’ambiance folklorique des clubs d’époque ravive notre soif de danser, et l’atmosphère noire du Londres d’antan nous plonge dans un monde de suspicions. La voix off très bien gérée constitue elle aussi un élément fort appréciable du film, jouant avec le spectateur sur la trame narrative. Afin de rendre honneur à d’autres acteurs qui interprètent brillamment plusieurs rôles au sein d’un même film, je cite ici Cloud Atlas, dans lequel certains incarnent jusqu’à cinq personnages très différents à travers plusieurs époques, sublimés par un merveilleux travail de maquillage et de costume. Fin de tournage, extinction des feux. Transition au noir, musique lointaine.


CINÉMA c

festival-cannes.com


CANNES 2016 LA SÉLECTION CERBERE À l’heure où l’on écrit ces lignes, une poignée de films issus du dernier Festival de Cannes sont déjà à l’affiche des salles obscures, qu’il s’agisse du film d’ouverture (Cafe Society), des longs-métrages la compétition officielle (Elle, Ma Loute, The Neon Demon, Julieta) ou encore des sections parallèles telles la Quinzaine des Réalisateurs ou la Semaine de la Critique. Qu’on se l’accorde, il est parfois difficile de s’y retrouver lorsqu’on a pas eu la chance de découvrir les longsmétrages au Grand Théâtre Lumière sur la Croisette. Pour y remédier, voici l’agenda Cerbère des films cannois à ne manquer sous aucun prétexte.

PAR JULIA BEYER AGOSTINI


DIX SORTIES DE FILM À INSCRIRE SUR SON AGENDA

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6 JUILLET

allocine.fr

29JUIN

LA TORTUE ROUGE DE MICHAEL DUDOCK DE WIT

DE NA -HONG JIN

Attention, claque hallucinogène Asiatique en vue. Tout commence par une série de meurtres aussi sauvages qu’inexpliqués dans un petit village Sud-Coréen, survenant au même moment qu’une sombre épidémie de peau. Alors que l’enquête policière en charge de trouver l’assassin progresse vainement, tout laisse à croire qu’une malédiction surnaturelle se cache derrière ces crimes monstrueux…Pour son troisième long-métrage, le réalisateur derrière les excellents films de genre The Chaser (2011) et The Murderer (2008) met sa mise en scène virtuose au service d’un thriller horrifique, annoncé tel un savant mélange de suspense fou et d’éléments fantastiques qui a déjà secoué le Festival de Cannes (hors compétition) et le box-office Coréen.

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filmparadiset.se

Avis au grand public : il va falloir retenir le nom du Néerlandais Michael Dudok de Wit, réalisateur de La Tortue Rouge, soit la toute première collaboration des studios Ghibli, la star d’animation japonaise derrière les chef-d’oeuvres Mon voisin Totoro, Princesse Mononoké et Le Voyage de Chihiro. À travers l’histoire d’un naufragé sur une île déserte tropicale peuplée de tortues, de crabes et d’oiseaux, ce conte écolo (studios Ghibli oblige) réalisé à l’aquarelle et au fusain raconte les grandes étapes de la vie d’un être humain. Une véritable claque pour les festivaliers qui ont découvert La Tortue Rouge dans la catégorie parallèle Un Certain Regard et qui n’hésitent pas à qualifier le long-métrage de « petit bijou d’animation ». La relève du génie de Hayao Miyazaki est assurée.

THE STRANGERS


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10 AOÛT

allocine.fr

L’ÉCONOMIE DU COUPLE D E J OAC H I M L A F O S S E

Énoncé : Marie et Boris, parents de deux jumelles de sept ans, se séparent après 15 ans de vie commune. Problème : c’est elle qui a acheté la maison dans laquelle ils vivent mais c’est lui qui l’a entièrement rénovée. Solution : cohabiter en attendant de trouver un terrain d’entente, Boris ne pouvant se reloger pour des raisons financières. Résultat : un huis clos sur l’amour qui s’écaille, une anti-comédie romantique merveilleusement bien reçue à la Croisette (présenté à la Quinzaine des Réalisateurs) grâce à la grande justesse de ton de son couple d’acteurs, Bérénice Bejo et Cédric Kahn (le réalisateur, excellent comédien à ce que l’on raconte). En outre, les critiques promettent une scène très émouvante sur un morceau que l’on n’attendait pas ici : Bella de Maître Gims.

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TONI ERDMAN DE MAREN ADE

S’il y a un film en compet’ qui a fait l’unanimité sur cette édition du Festival, c’est celui-ci. Dans le tableau des étoiles de la critique hexagonale (via Le Film Français), Toni Erdmann a récolté cinq palmes (l’équivalent de cinq étoiles) sur quinze et six fois trois étoiles. On ne peut plus sérieuse prétendante à la Palme d’or (la vraie, pas celle de la presse), l’Allemande Maren Ade (The Forest for the Trees, Everyone Else) signe ici des retrouvailles entre un père extravagant et sa fille, trentenaire bosseuse austère expatriée à Bucarest. Au grand dam des médias, cette comédie sociale qui s’annonce hilarante, émouvante et pleine d’humanité s’est faite complètement snobée par le jury de George Miller, finalement jugé incompétent par l’ensemble de la critique.

gqmagazine.fr

17AOÛT


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toutelaculture.com

31 AOÛT

DIVINES DE HOUDA BENYAMINA

On a l’impression de déjà bien connaître la chanson lorsqu’on lit le pitch de la première réalisation de Houda Benyamina, Divines (une amitié entre deux gamines de banlieue qui, en quête de gloire, se tournent vers le traffic de drogue). Voilà pourtant l’une des principales révélations de l’année à en croire l’accueil triomphant qu’a réservé la presse à ce long-métrage « coup de poing » issu de la Quinzaine. La preuve par trois : sacré Caméra d’or (meilleur premier film du Festival toutes sections confondues), Divines est beaucoup comparé à Bande de filles, sensation cannoise que signait la très bonne élève Céline Sciamma il y a deux ans, et vient de se faire acheter par Netflix. Pour ce qui est de la France, le film sortira d’abord en salle et ne sera pas disponible sur la plateforme avant 2019 du fait de la chronologie des médias.

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SEPTEMBRE

TONI ERDMAN DE MAREN ADE

Il paraît que la 69e édition du Festival de Cannes était une femme. Le deuxième film de Justine Triet (La Bataille de Solférino), illustre parfaitement le propos. Victoria, super avocate et mère célibataire de deux enfants, est aussi - et surtout - une femme au bord de la crise de nerfs qui doit faire face à une foule de péripéties professionnelles, amoureuses, sexuelles. Pour sublimer l’équation, ce portrait féminin écrit et réalisé par une femme est emmené par une Virginie Efira qui visiblement touche au sublime. Sur la Croisette, l’actrice aura d’ailleurs présenté deux films cette année: Elle, du sulfureux Paul Verhoeven (en compétition officielle), et Victoria, donc, qui a ouvert les festivités de la Semaine de la Critique. 2016 pourrait bien marquer un tournant dans les choix artistiques de l’actrice belge.

allocine.fr

14


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9 OCTOBRE

inthemoodforcinema.com

21 SEPTEMBRE

JUSTE LA FIN DU MONDE DE XAVIER DOLAN

JIM JARMUSCH

En dépit de l’apparente simplicité du synopsis, Paterson a largement séduit la critique, tantôt qualifié d’objet « sensible », « bourré de charme » ou encore de film « modeste mais délicat ». Avec le style singulier qu’on lui connaît, Jarmusch dépeint avec poésie le quotidien de Paterson (Adam Driver), un poète qui travaille comme chauffeur de bus dans le New Jersey, plus exactement dans la ville de Paterson justement. Il vit avec sa femme, Laura (Golshiftey Farahani) et son bouledogue anglais, Marvin. Sa vie est réglée comme du papier à musique, entre ses allées et venues en bus, les promenades de son chien et sa bière du soir au bar du coin. L’uns des gros coups de coeur de la critique quoique comme le dernier film du réalisateur, le non moins poétique, aérien et vampirique Only Lovers Left Alive, celui-ci est reparti bredouille de la compétition officielle.

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imdb.com

Il n’est plus dans les habitudes du jeune prodige québécois de repartir de Cannes les mains vides. Deux ans après la rafle Mommy et son Prix du Public (partagé avec Jean-Luc Godard pour Adieu au langage), le sixième long-métrage de Xavier Dolan vient de remporter le Grand Prix du Festival, soit la deuxième récompense la plus prestigieuse après la Palme d’or. Malgré cette belle ascension dans le palmarès, Juste la Fin du Monde a divisé la critique au point de se faire ovationner et siffler lors de son avant-première mondiale. Bouleversante pour les uns, décevante et agaçante pour les autres, l’hystérie anxiogène propre au réalisateur est ici condensée dans un huis clos familial, lequel est incarné par un casting hexagonal ahurissant - Marion Cotillard, Gaspard Ulliel, Léa Seydoux, Vincent Cassel et Natalie Baye se passent les plats dans ce repas de famille d’une heure trente-sept. Que l’on adhère à la folie Dolan ou non, Juste la fin du monde sera l’un des grands rendez-vous cinéphiles de la rentrée 2016.

PATERSON DE


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telegraph.co.uk

26 OCTOBRE

MOI, DANIEL BLAKE DE KEN LOACH

Palme d’or oblige, on ne manquera pas le nouveau Ken Loach en salle, et ce même en ayant lu un peu partout qu’il ne s’agissait pas de son meilleur film. À quasiment 80 ans, le cinéaste britannique déjà monté sur le trône de Cannes en 2006 avec le magnifique Le Vent se lève, rejoint le cercle très fermé des réalisateurs doublement lauréats de la récompense suprême. Cet amoureux du cinéma militant n’a pas dérogé à sa règle d’or en retrouvant un thème politico-social sur ce I, Daniel Blake (ça sonne tout de même mieux en anglais), lequel raconte comment un menuisier anglais de 59 ans (incarné à l’écran par un inconnu, Loach power) croise la route d’une mère célibataire de deux enfants alors qu’ils sont tous deux prisonniers des filets de l’administration britannique. D’après un petit oiseau nommé Twitter, les joues d’une bonne partie des festivaliers se sont trouvés bien humides au sortir de la projection cannoise.

MUN GIU

Neuf ans après sa Palme d’or pour 4 mois, 3 semaines, 2 jours, le cinéaste roumain peut une nouvelle fois se vanter d’avoir passé l’épreuve cannoise avec brio. Certains présageaient une deuxième palme, c’est finalement avec le Prix de la mise en scène qu’est reparti Cristian Mungiu. Mention bien, donc, pour ce drame sur l’intégrité, la transmission morale et la corruption en Roumanie, le tout filmé via l’autodestruction d’une adolescente au grand désespoir de son père. Roméo, médecin dans une petite ville de Transylvanie, a tout fait pour que sa fille Eliza, bonne élève, soit acceptée dans une université anglaise après l’obtention de son bac. Mais la jeune fille se fait agresser et le fameux diplôme semble bientôt hors de portée. C’est alors toute la vie de son père qui est remise en question… Avec une grande maitrise de l’écriture, cette oeuvre aux apparences pudiques faisait pourtant partie des chouchous de la presse. À découvrir en salles à la fin de l’année.

lci.tf1.fr

SEPTEMBRE

DE CRISTIAN

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B AC C A L AU R É AT


CULTURE


CULTURE

DISNEY’S KIDS DE LA FÉÉRIE AU TRASH PAR ANDREA GALLEA

Elles sont pures, fraîches et jolies. Elles sont à la fois chanteuses, actrices et danseuses. Si Disney représente un tremplin magique assuré pour ces jeunes filles inconnues, le chemin vers la maturité qui les attend n’en demeure pas moins ardu. Le passage à l’âge adulte est une transition, une inévitable métamorphose. Ces petites machines de spectacle ne sont pas épargnées. En effet, il faut bien que la mignonne petite chenille se change en papillon sulfureux, parfois si sulfureux qu’il manquerait de se brûler les ailes… Est-il possible que le masque de pureté imposé par Mickey s’oppose avec le simple concept de puberté ? Et comment ces jeunes filles se débarrassent-t-elles de ce voile d’innocence pour emprunter une autre facette hyper sexualisée et explicite en grandissant? Pour un impact plus concret envers sa cible de préados (voire pré-préados), Disney Channel regorge de jeunes performers qui endossent le rôle de modèle. Un fardeau qui se révèle bien lourd, surtout chez les jeunes filles et ce ne sont pas les exemples qui manquent. Quelques années après son aventure au sein du Mickey Mouse Club, Britney Spears se lance dans la musique. Avec ces deux premiers disques, son image est celle d’une femme-enfant à priori encore vierge... Mais 2001 est l’année de sa métamorphose avec un troisième disque, symboliquement éponyme. La dirty blonde débridée se dévoile au monde à travers le clip de I’m a Slave 4 U, dans lequel sa chorégraphie très explicite se mêle à des simulations d’orgasme. C’est la naissance d’une nouvelle Britney, provoc’ et audacieuse, à l’opposé de la petite niaise de ses débuts. Mais c’est aussi le début d’une lente descente aux enfers. Mariage de 55 heures, alcool au volant, drogue, crâne rasé, Britney perd les pédales et ses fans commencent à s’inquiéter. S’en suivra une pause de quatre ans jusqu’à 2007 avec le très bon album Blackout. La star renaît de ses cendres. Elle a depuis repris sa carrière en main en s’efforçant de surprendre son public. Ce dernier attend d’ailleurs impatiemment son prochain single Make Me (Oooh), prévu pour cet été. La route fut moins chaotique pour sa co-équipière du Mickey Mouse Club et rivale de l’époque, Christina Aguilera, bien que sa métamorphose fût tout aussi radicale. Après un premier album éponyme à succès et plutôt mignon, Christina s’éloigne de son image de jeune fille sage à travers l’album Stripped en 2002. Elle se met à nu et devient la très trash Xtina tout en s’écartant de la pop gentillette pour proposer un son plus varié hip-hop, rock, soul et surtout plus personnel. Puis Christina grandit, se rhabille et fait un come back glamour à travers l’album aux accents rétros, Back To Basics. Son destin est cependant moins glorieux : la jeune femme multiplie les flops, se plante au Superbowl, son corps subit l’effet yo-yo et son avenir sur la scène musicale est, hélas, bien bancal aujourd’hui. Même s’il est indéniable qu’elle possède l’une des voix les plus exceptionnelles de ces dernières décennies, elle est entrée dans la catégorie des chanteuses has been. Le destin de Lindsay Lohan se révèle encore plus sombre.


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Andreas Gallea


Enfant de Disney également, Lindsay a douze ans lorsqu’elle apparaît dans le film qui la fera connaître: A Nous Quatre. A l’adolescence, on la verra aussi dans les teen movies Freaky Friday et Lolita Malgré Moi, après quoi elle décide de mêler le chant à sa carrière d’actrice. Avec l’album Speak, elle présente d’emblée un côté plus adulte et sexy. C’est aussi là que commencent ses déboires. Dû à son goût prononcé pour l’alcool et les boîtes de nuit (alors qu’elle n’est même pas en âge de voter), Disney décide de limiter sa présence sur les affiches du film La Coccinelle Revient, lui reprochant son attitude “anti-Disney” . Depuis, sa carrière bat de l’aile et les propositions intéressantes manquent. Un deuxième album paraît, un troisième est annulé. Le cumul de ses frasques comble la gourmandise des tabloïds et son rapport avec la justice aussi. Lilo multiplie les séjours en centre de désintoxication tout comme les travaux d’intérêts généraux et fera même un petit passage en prison. L’actrice qui a sombré dans l’horreur de la chirurgie esthétique ne rencontre plus aucun succès depuis. L’avenir de sa « carrière » demeure bien flou. Aujourd’hui encore, certaines des poupées made in Disney suivent un schéma tumultueux en grandissant. Avec le personnage de Hannah Montana, Miley Cyrus a déclaré ne plus savoir qui elle était et avoue avoir été traumatisée. Le rôle aurait fait naître en elle des troubles de dysmorphophobie (« je ne me reconnaissais plus une fois la perruque retirée »). De plus, étant devenue la nouvelle teen idol de l’Amérique, Disney lui a imposé une attitude irréprochable pendant des années, ce qui n’a fait qu’alourdir la pression. A peine âgée de 20 ans, la jeune femme craque en faisant un virage à 360°. Une Miley fracassante se révèle lors des MTV Awards de 2013, à travers notamment une démonstration de twerk condamnée à rester gravée dans la mémoire collective. Quand à son album Bangerz, on peut dire qu’il est à mille lieues de la country pop de ses débuts. Sexe, weed et MDMA deviennent les mots d’ordre de la Miley 2.0, starlette provocante et déjantée bien loin de faire l’unanimité, justement à cause de cette nouvelle image qu’elle véhicule auprès de ses jeunes fans.

La petite Selena Gomez en revanche semble vivre une transition plus douce. Issue de la même génération que Miley, celle qui jetait des sorts dans Les Sorciers de Waverly Place commence sa carrière musicale au sein du groupe electro-pop Selena Gomez & The Scene. En 2012 elle décide de se lancer en solo et affiche une attitude plus mature et sensuelle. Mais c’est lorsque Harmony Korine lui offfre un rôle important dans Spring Breakers (2013) qu’elle dévoile une facette plus voluptueuse. Depuis, Selena montre de plus en plus la femme fatale au visage d’ange qu’elle est devenue, notamment en posant nue sur la pochette de l’album Revival. Vanessa Hudgens est aussi passée progressivement de l’image de la douce élève modèle de High School Musical à celle d’une chanteuse un peu plus trash. Acolyte de Selena dans Spring Breakers, elle avait auparavant pris part au sexy et endiablé Sucker Punch. Entre-temps, elle avait manqué de se faire virer de chez Disney suite au scandale des photos volées sur lesquelles elle posait en tenue d’Eve. Demi Lovato a une histoire plus émouvante. La jeune fille débute très tôt sa carrière d’actrice mais ce sont les productions Disney Camp Rock 1 et 2 (aux côtés des Jonas Brothers) et le premier rôle de la série Sonny qui lui apportent la célébrité. Chanteuse avant tout, elle met sa carrière d’actrice en pause pour se consacrer pleinement à sa passion première. La réalité la rattrape vite : fatiguée par ce succès trop précoce, Demi sombre dans une profonde dépression allant jusqu’à l’automutilation. La chanteuse ira jusqu’à frapper l’une de ses danseuses sur scène et il sera révélé plus tard qu’elle souffrait également de bipolarité et de troubles alimentaires. Sa liaison avec la cocaïne a fait couler beaucoup d’encre mais après une cure de désintoxication en 2011, Demi déclare aller beaucoup mieux. Agée de 23 ans aujourd’hui, elle affiche un aspect sexy et redoutable dans ses clips. La plupart de ces enfants Disney ne sortent pas indemnes de la précocité de leur statut de superstar. La transition semble avoir sur certaines d’entre eux le même effet qu’une crise d’ado à retardement. Il existe toutefois des exceptions. Hilary Duff a aussi mis en avant ses charmes en devenant adulte mais toujours de façon très contrôlée, sans jamais tomber dans le trash. Les garçons de la maison aux grandes oreilles ont grandi plus gentiment, certes, mais sans pour autant rester des modèles de vertu. On se souvient des vilaines addictions à la drogue de Zac Efron et Joe Jonas. Mais contrairement à leurs collègues féminines, il semble que leur image reste plus “propre”, bien qu’ils tirent également sur les ficelles de la séduction en devenant des adultes.


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Andreas Gallea


CULTURE

NEW GOD’S FLOW PART. 2 PAR FABRICE CHAPUIS Ils sont jeunes, bizarres et surtout très talentueux. Le catalogue de la créativité américaine nous rassemble chaque année la crème de la crème des nouveaux artistes que s’arrachent les labels et producteurs les plus prisés. L’année 2016 a été marquée de plusieurs pierres blanches avec des sorties comme Antidote de Travis Scott mais aussi des surprises comme Post Malone ou le double carton de O Genesis. Cerbere revient une deuxième fois sur les nouveaux dieux du flow à suivre. Shot!


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greenroommagazine.com

DEUX ALBUMS À SON ACTIF NOSTALGIC 64 ET IMPERIAL EN 2016 TRÈS ACCLAMÉ PAR LA CRITIQUE DENZEL SE CONSIDÈRE COMME UN PRODUIT HORS NORME. IL A SA FAÇON À LUI, D’ABORDER LES SUJETS SENSIBLES DE NOTRE SOCIÉTÉ MAIS PAS D’UNE FAÇON POÉTIQUE À LA KENDRICK. LES BEATS SONT ANGOISSANTS ET LES MÉLODIES TRÈS RELIGIEUSES. HISTOIRE DE VOIR LA BEAUTÉ DANS LE CHAOS.

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ANDRÉ 3000. IL IMPOSE UN RAP CHANTÉ ETCOMIQUE QUI LUI VAUT UNE RECONNAISSANCE RAPIDE ET UN ALBUM EN ROUTE.

ONE NIGHT

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ATLANTA MÈRE DU BON BEAT ET SURTOUT DE LA TRAP HOUSE NOUS CONFIE SES GÉNIES DE PLUS EN PLUS JEUNES. LIL YA C H T Y E S T U N R A P P E U R AVA N T T O U T ARTISTE DANS L’ÂME. IL S’EST FAIT DÉCOUVRIR NOTAMMENT PAR SON TUMBLR M O D E A U X I N F L U E N C E S “ P A R T Y A L L D AY ” . MODÈLE À SES HEURES PERDUES, IL S’EST RETROUVÉ PROPULSÉ DE SON TUMBLR AU DÉFILÉ YEEZY SEASON 3 DE KANYE WEST À NEW YORK. DEPUIS IL A SORTI UNE MIXTAPE TRÈS… TRÈS PROMETTEUSE AVEC DES COLLABORATIONS COMME YOUNG THUG.

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VALÉRIE OKA Valérie Oka est une artiste contemporaine conceptuelle franco-ivoirienne. Son travail met en valeur les relations, les émotions et les pulsions humaines grâce à différents supports : peinture, sculpture, installations, design d’objet. Elle est également graphiste mais aussi conseillère en charge de la Culture et des Industries Culturelles au Ministère de l’Intégration Africaine et des Ivoiriens de l’Extérieur en Côte d’Ivoire. Une femme très active et pleine d’énergie, qui a exposé pour la première fois pour la Revue Créative de Londres en 1990 puis dans de nombreuses villes telles que New York, Bruxelles, Paris, Beijing, Lagos, Dakar, Abidjan et bien d’autres. Elle a gagné plusieurs prix récompensant son travail qui est autant représenté dans des collections publiques que privées.

PAR HÉLÈNE BÉGUSSEAU


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CERBÈRE : Vos œuvres interpellent et se mémorisent rapidement tel que le néon « Tu crois vraiment que parce que je suis noire je baise mieux ? ». Quels sont les messages que vous souhaitez faire passer à travers vos œuvres ? VALÉRIE OKA : Je suis passionnée par l’être humain et notre façon de fonctionner. Ce qui m’intéresse est de trouver une interconnexion entre mon travail, mon œuvre, le message que je veux faire passer et le public. Je cherche à faire en sorte qu’en plus d’être vu dans son espace, mon travail interpelle et fasse réfléchir. J’essaye surtout d’interpeller par rapport à la nature humaine, aux émotions, à nos forces et nos faiblesses. Je pars du principe que l’on essaye tous d’être meilleur, mais pour être meilleur, il faut connaitre nos côtés négatifs. Je travaille entre le positif et le négatif et j’essaye de voir comment le public réagit par rapport au vécu de chacun. Plus particulièrement, l’œuvre « Tu crois vraiment que parce que je suis noire je baise

mieux ? » a été créée dans le contexte d’une exposition dans plusieurs pays dont la thématique générale était le langage du corps. Le thème précis était le regard de l’homme blanc sur la femme noire. Il me paraissait essentiel de mettre en relief à travers des mots tous les stéréotypes qui existent dans l’imaginaire occidental par rapport à la femme noire. Cette phrase est usuelle et a permis d’engager un débat-performance, dans le même espace que ce néon, sur une réflexion portée sur le regard de l’homme blanc sur la femme noire en référence au parcours colonial. C’est une manière d’interpeller sur un terme et donner la possibilité à des personnes de s’exprimer et échanger sur cette thématique. La réflexion continue encore longtemps après avoir vu l’œuvre. C’est dans ce sens que j’essaye d’interpeller les gens, sur le moment mais aussi dans la réflexion qui se poursuit après.


Parlez-nous de votre concept de performance/ installation dîner “In her presence” que vous avez présenté dans de nombreuses villes comme Johannesburg, New York, Abidjan ou encore Dakar. Que voulez-vous transmettre au travers de ces performances diner-débat ? C’est un concept qui se prolonge d’années en années, mon objectif est de faire neuf performances dans neuf pays différents. C’est une manière de donner la parole, la possibilité à des personnes qui n’ont pas l’habitude de parler ouvertement de certains sujets et de pouvoir le faire dans un certain contexte avec des personnes qu’ils ne connaissent pas vraiment. Je pars du principe que la vie est une œuvre d’art. Je cherche à magnifier l’invisible qui nous réunis, qui fait que nous existons. L’idée de cette performance est de mettre en relief et sublimer le temps d’un dîner, la nature de l’être profond. De donner la possibilité d’être soi-même, de dire ce que l’on pense réellement et prendre conscience de certaines peurs ou traumatismes pour les accepter et passer outre. J’ai beaucoup voyagé et j’ai cette profonde

conviction que nous ne sommes pas tous pareil et que nous agissons beaucoup sous hypnose sociale. Le premier diner était à Johannesburg sur le thème de l’amour et la peur. Ce sont à chaque fois des personnes que je ne connais pas mais qui sont tous des leaders d’opinions, des artistes reconnus, des directeurs de magazines, des philosophes de toutes les couleurs qui échangent sur le thème. Une expérience humaine qui met en valeur ce qu’est l’être humain dans sa valeur la plus intrinsèque, celle d’aimer l’autre comme il est, avec ses forces et ses faiblesses. Le public participe à ce dîner et mon objectif est que chacun se rende compte de ses forces, de ses faiblesses et de ses torts pour les transformer en forces.

« J’ai beaucoup voyagé et j’ai cette profonde conviction que nous ne sommes pas tous pareil et que nous agissons beaucoup sous hypnose sociale »


Nous retrouvons souvent des femmes dans vos œuvres. Que pensez-vous de la femme Africaine contemporaine ? J’aime beaucoup travailler sur le sujet de la femme comme être humain mais aussi comme la femme de l’homme et la situation de la femme dans le monde aujourd’hui. Je mets en avant ce que subissent les femmes au XXIe siècle. Pour la femme contemporaine africaine, je pense qu’il y a deux types : celle qui a une culture mixte comme moi grâce à ses études, Internet, ses contacts et qui va de l’avant. Elle est battante et leader. Il y a l’autre, surtout en Afrique qui serait plus une femme objet. Qui mise sur ce qu’un homme peut lui apporter pour réussir dans sa vie. De manière générale, les femmes contemporaines africaines sont en train de s’imposer dans la vie culturelle, économique et sociale. Elles refusent d’être soumises, prises comme un objet et au contraire, ont envie de faire avancer les choses au même titre que l’homme. Il y a aussi un autre volet de la femme africaine contemporaine, qui reste brimée par les codes sociaux dans une société ou l’homme a une place prépondérante, avec une acceptation totale de la femme puisque cela fait partie de sa culture. Nous sommes très peu de femmes africaines dans le milieu de l’art. Ce n’est pas évident pour elles de se lancer à moins qu’elles n’aient bénéficié d’une multitude de cultures, par des voyages ou grâce à l’ouverture sur le monde que nous offre Internet. Je pense qu’il y aura un moment où la femme aura beaucoup plus de pouvoir social que l’homme, mais ce n’est pas pour tout de suite.

Après votre exposition « Body Talk » au Wiels sur le féminisme en Afrique, quelle est votre opinion sur ce mouvement ? Cela rejoint la réponse que je viens de donner quand je parle de la femme ouverte qui décide de s’affirmer à part entière, autant socialement qu’économiquement. C’est une femme portée par sa volonté féministe, non pas d’être l’égale de l’homme car ceci apporte beaucoup de controverses et de malentendus aujourd’hui, mais plutôt aux droits égaux. Le féminisme est galvaudé de pleins de stéréotypes car il est devenu une sorte de bataille de la femme contre l’homme. Ce n’est pas du tout dans ce genre de féminisme que je m’inscris, mais plutôt un féminisme d’égalité d’être humain, à compétences égales. J’encourage toutes les femmes que je rencontre qui sont dans une dynamique à attendre de l’homme une avancée sociale et économique, de s ‘affirmer ou de se développer par elles-mêmes. C’est-à-dire d’emmener la femme à se prendre en charge et donc d’avoir une plus grande liberté d’action par rapport à son mari, à être indépendante : financièrement, intellectuellement et socialement. Pour moi, c’est cela la bataille du féminisme. Malheureusement aujourd’hui les revendications des femmes, surtout occidentales, ont fini par casser l’image de l’homme chef de famille sur lequel on peut se reposer. Les hommes d’aujourd’hui sont démissionnaires et ils ne veulent plus assumer ce rôle de leader familial. La femme prend un peu le dessus et elle se charge seule d’assumer le développement de sa famille.


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LE GOURMAND VOYAGEUR Pour le magazine Cerbere, le Gourmand Voyageur revient sur ses 5 destinations coup de cœur du moment. 5 atmosphères uniques qu’on vous conseille absolument !


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ROME, L A VILLE ÉTERNELLE

On aime se balader et s’émerveiller à chaque coin de rue. Lors d’un long weekend, on déambule dans ce musée à ciel ouvert, on se perd dans les ruelles colorées pour respirer l’art de vivre à la romaine et les scènes de vie quotidienne : linge qui sèche aux fenêtres… À Rome, l’histoire est à chaque coin de rue et le Colisée en est l’une des pièces maîtresses. Commencez vos journées de visite le plus tôt possible pour profiter des monuments Romains sans la foule. Il est d’ailleurs judicieux de commencer par le Forum et d’y acheter un ticket vous donnant accès au Forum et au Colisée, ainsi vous éviterez la longue attente au Colisée. Dégustez de savoureuses pizzas et finissez par une note sucrée avec une onctueuse glace à l’italienne sur la Plazza Navonne. Décidément,Il fait bon vivre à Rome…


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LISBONNE, L A VILLE AU 7 COLLINES Lisbonne est la ville méditerranéenne par excellence, chaleureuse et exubérante. C’est une ville dans laquelle vous aimerez vous promener : au fil des rues, on découvre toutes ses merveilles ! Perdez-vous (littéralement !) dans les ruelles arborées d’azuleros (faillances colorées) pour dénicher de petits restaurants style cantine portugaise. On y mange bien et à petit prix avec des spécialités comme le bacalhau (morue) ou encore le pastel de nata (sorte de flan patissier). La ville révèle toute son authenticité lorsque vous prendrez le tram 28 qui serpente dans les ruelles étroites des collines de Lisbonne. Pour en découvrir davantage sur cette ville, rendez-vous sur le blog !


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BALI : UNE DESTINATION MARQUANTE ! Si il y a un bien une destination qui sort du lot, c’est sans aucun doute l’île des dieux. En effet, on défit quiconque de rester insensible à la gentillesse des balinais, aux plages idylliques et aux temples captivants. Vous ne mettrez que quelques heures sur place pour être époustouflé par la beauté et la diversité des paysages. Baladez-vous aux alentours de Ubud pour profiter de la splendeur des rizières et vous ressourcer dans la tranquillité de la campagne balinaise. Amoureux des animaux, ne ratez surtout pas la Monkey Forest où des centaines de singes malicieux se font un plaisir de jouer avec les visiteurs et parfois même de piquer vos effets personnels ! Un conseil, planquez tout ! Bali permet également d’admirer des fonds marins regorgeant de multiples variétés de poissons grâce à ces nombreuses zones de plongées. Si

c’est votre première fois, n’hésitez pas à vous lancer dans le grand bain sur l’île indonésienne. Gravir le volcan Batur est aussi un immanquable lors d’un séjour à Bali. L’ascension des 1700 mètres doit se faire au petit matin afin d’assister au lever du soleil, un vrai spectacle. Enfin, comment parler de la Bali, sans évoquer les délices de la gastronomie locale ? Régalez-vous donc de plats comme le nasi goreng, le mie goreng ou encore le délicieux babi guling qui enchanteront votre palais ! Hors de question d’aller dans les restaurants touristiques et occidentaux, vous êtes ici pour vous imprégnez d’une culture nouvelle, orientez-vous vers les warungs familiaux ! Pour toutes ces raisons mais aussi pour le surf ou la culture, Bali est définitivement une destination MUST DO !


RECIFE, L A VENISE DU BRESIL

Véritable destination touristique, Recife est surnommée la Venise du Brésil en raison de l’abondance de ses ponts (dont la construction remonte à la colonisation hollandaise), rivières et canaux. On aime Recife pour ces longues plages à perte de vue. Celle de Boa Viagem est l’une des plus belles plages urbaines du Brésil. Recife propose des infrastructures touristiques parmi les meilleures du Nordeste. Ses piscines naturelles le long de la côte sont idéales pour les amateurs de plongée. Les destinations à la mode sont Itamaracá, Maria Farinha et surtout Porto de Galinhas où vous pourrez nager avec les poissons et siroter des noix de coco dans un cadre idyllique. Rio n’est pas la seule à avoir son carnaval, on vous conseille d’ailleurs de participer à celui de Recife et d’Olinda fin février. Olinda, située à 20 minutes au nord de Recife, est une superbe ville et un des plus grands centres culturels du Brésil. Dans ces deux villes chargées d’histoire, on célèbre le carnaval dans la joie et la bonne humeur nuit et jour au rythme des musiques brésiliennes. Ambiance populaire et conviviale garantie !

RECIFE, UNE VILLE ISSUE DE L’HÉRITAGE LUSO-HOLLANDAIS ET AU STYLE BAROQUE Le style architectural des édifices de la ville (cathédrales, basiliques et églises) est baroque. Recife porte les vestiges de l’occupation des colons portugais et hollandais à travers son architecture. Ses boulevards modernes et ses très hauts immeubles qui épousent de vieilles bâtisses coloniales sont quelques-uns des charmes de cette ville. Côté gastronomie, une multitude de ragoûts s’offre à vous. Les spécialités de la région sont influencées par une multitude de cultures. Ruez-vous pour déguster le Dobradinha, le plat le plus connu de la région sorte de ragoût de haricots mais aussi le Caldeirada unvragoût de fruits de mer ou encore le Rabada : ragoût de queue de boeuf avec farine de manioc… Vous l’aurez compris, à Recife, culture, plage et gastronomie sont au rendez-vous.


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BUDAPEST : UNE DESTINATION ART DÉCO ET BOBO Opéra, musique tsigane ou électro-rock ? Art nouveau ou déco recyclée ? Pas besoin de choisir : de chaque côté du Danube, à Buda comme à Pest, on peut en profiter toute l’année. Au menu pour un weekend : on se baigne dans les eaux chaudes et thérapeutiques des bains néobaroques. On traque les façades de l’architecture art nouveau aux pastels. On se mêle aux bobos locaux attablés aux terrasses de la place Franz-Liszt. On zigzague la nuit de kert en kert, ces cafés underground qui ont poussé dans des cours d’immeubles et des garages désaffectés. Les tramways et le métro rétro accentuent ce charme « vieille Europe ». Se relaxer dans les thermes. Le plus connu : Szechenyi et ses trois piscines. Une eau à 38 °C dans la vapeur et la fraîcheur matinale, un décor jaune néobaroque… Magique ! La version de nuit, quand les bains se transforment en discothèque avec DJ internationaux est également à faire ! Manger au marcher couvert : Du côté Pest de l’élégant pont de la Liberté, nous pouvons admirer le Grand Marché couvert de Budapest (Központi Vásárcsarnok). L’édifice est magnifique, son toit est recouvert de sublimes céramiques

provenant de la célèbre fabrique hongroise de Zsolnay. L’architecture est également intéressante de l’intérieure, on retrouve ce style dans d’autres bâtiments de Budapest (par exemple la Gare de l’Ouest – Nyugati Pályaudvar). L’architecte n’est autre que monsieur Gustave Eiffel. Surplombant le marché, le premier étage cache de petites échoppes façon bar, derrière les stands d’artisanat. On peut y manger des spécialités hongroises : des saucisses, du lángos (une sorte de baignet hongrois que l’on mange avec de la crème aigre), du goulash... Pour arroser votre repas, vous avez le choix entre les bières hongroises (Soproni, Dreher...) et les vins du pays. On vous conseille de vous arrêter au stand «Langos», une sorte de beignet plat sur lequel on ajoute tout ce que l’on veut : jambon, légumes, fromage, crème, salami, maïs, salade... Une pizza hongroise quoi, très copieux et délicieux. Les adeptes de «street food» apprécieront le premier étage, et ses stands de plats cuisinés pas franchement des plus raffinés, mais qui valent bien le coup d’oeil.


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