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LA FORME TRANSMODERNE

2007) ont permis d’observer que la production d’un marquage culturel ne va pas de soi mais nécessite l’élaboration d’un S. C. L. (système culturel localisé) autour de différentes variables pour produire une innovation et renforcer l’ancrage territorial d’une forme culturelle. Le développement territorial de la forme transmoderne peut sans nul doute s’effectuer d’une manière sporadique et spontanée, mais il peut aussi s’inscrire au sein de milieux innovateurs qui participent activement à la construction de ce territoire de projet transmoderne. Une approche intentionnelle du projet territorial (Lajarge, 2007) et l’assimilation de compétences transversales sont alors en mouvement pour faire des locaux de véritables acteurs des orientations culturelles à prendre. L’enjeu est de produire de la traduction au sens de Callon (2006) pour élaborer un système d’action culturel qui soit accepté et débattu au sein de scènes dialogiques qui sont le lieu de discussion autour de la forme et des formes culturelles acceptables. Enfin, plus globalement, cette approche transmoderne de la politique souhaite s’inscrire dans un dernier principe qui envisage autrement la définition de la morale. Contre les prétentions universalistes et fondamentalistes de la modernité qui valorisent la logique de l’un et contre celles de la post-modernité qui déconstruisent les oppositions classiques et s’orientent vers le relativisme des valeurs en accordant la priorité au multiple, il est possible de s’inscrire dans une autre vision du politique. S’inspirant en partie des propos de Corcuff (2002), on pourrait parler de transcendance relative dans le sens où celle-ci cherche à trouver des repères référents dans un monde du multiple en fonction des circonstances politiques rencontrées. Par delà les débats qui opposent Rawls et Habermas sur la manière de penser la rationalité de nos actions (Pharo, 1998), la démarche consiste à rediscuter les termes de cette opposition entre moderne et post-moderne en les dépassant tout en les intégrant à la lecture d’un programme politique acceptable. Il ne s’agit plus de dire que tout est possible en fonction de nos volontés individuelles ou communautaires ou que rien n’est possible en dehors de principes supérieurs. Mais d’envisager une voie qui construit un sens de l’histoire en fonction des projets collectifs élaborés. Ceux-ci ont à décliner une orientation acceptable à des principes démocratiques qui posent la question de l’incertitude au cœur du projet politique contemporain (Lefort, 2007). Une démarche créative est ainsi présente dans ce dispositif qui doit constamment réinventer les principes de la responsabilité en fonction des transformations technologiques, sociaux ou encore économiques de nos sociétés. Dans la gestion des pratiques récréatives, on pourrait appliquer ce principe pour évaluer les pratiques acceptables en fonction des vulnérabilités qui menacent un système (en interne et externe) et des tendances et orientations souhaitées par les différentes parties prenantes des institutions concernées pour définir le vivre-ensemble. On n’est pas dans un absolu immuable, ni dans un relativisme total, mais dans un constructivisme politique pragmatique qui redéfinit les termes de l’échange autour des valeurs référentes en fonction des situations et des transformations possibles et en cours. D’où le rôle aujourd’hui de la prospective pour apprivoiser et anticiper les incertitudes

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Explorando las Nuevas Fronteras del Turismo. Perspectivas de la investigación en Turismo  

Documento del Centro de Turismo Científico de la Patagonia, sobre este importante ámbito que combina el turismo y las ciencias en Aysén.

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