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GESTION TERRITORIALE DANS LA RÉGION DE AYSEN

pêcheurs d’autres régions et l’hégémonie de la salmoniculture sur l’espace maritime. L’espace agricole n’a plus le même dynamisme économique. Les pouvoirs publics cherchent de nouvelles voies par le biais de produits agricoles à haute valeur ajoutée pour l’exportation, mais les effets sont limités. Le secteur pourrait permettre d’assurer aussi une certaine indépendance alimentaire et assurer une qualité de vie enviable, liée au mode de vie culturel des paysans de Patagonie. De nouvelles perspectives d’usage de l’espace rural par le biais de l’activité touristique sont réelles, mais confrontées au manque de préparation des acteurs locaux pour sa mise en œuvre. Le fait que la période touristique soit brève, 3 à 4 mois, fait penser que cette activité serait plutôt complémentaire à l’agriculture. Cette évolution prend des caractéristiques particulières dans un espace en pleine reconnaissance et discussion sur les perspectives d’usage de ses vastes étendues naturelles. De nouvelles formes d’usages ont d’importantes répercussions sur l’organisation territoriale traditionnelle. Elles sont polémiques et génératrices de conflits notamment avec les projets, hydroélectriques, d’aquaculture ou de conservation. Seul le tourisme, secteur en émergence, semble être perçu comme compatible avec les usages traditionnels. Mais l’apparition des « mégaprojets » de production hydroélectrique ou de salmoniculture non régulée semble s’opposer à la préservation de la nature en vue d’un usage écotouristique. Il semble qu’Aysen se trouve dans une étape historique de rupture. Il existe une reconnaissance de l’importance de l’organisation de l’espace par les activités liées à la pêche artisanale et au monde rural. Cependant lorsqu’on analyse les nouveaux plans de gestion et d’aménagement élaborés par les pouvoirs publics, on trouve peu de place faite pour reconduire, avec de nouvelles perspectives, des formes traditionnelles d’usage territorial. Dans ce contexte, l’idée d’une région à vocation unique, celle de la conservation et du tourisme avec au second plan les activités productives traditionnelles à petite échelle, apparaît avec beaucoup de force. Nous nous trouverions alors face à une région ayant une dynamique très différente du reste du Chili. La question se pose des types de tourisme qu’il faudrait développer: tourisme d’aventure, écotourisme et agrotourisme. Réfléchir au fait que le tourisme actuel est principalement poussé par des agents extérieurs à la région est la clef. Le tourisme s’identifie aux yeux des décideurs à des investissements coûteux, marginalisant de ce fait les acteurs locaux. Les formes de tourisme pouvant intégrer les communautés traditionnelles leur apparaissent comme marginal pour le développement économique de la région. Quoi qu’il en soit, le fait de manquer de données précises associées au tourisme, chiffres réels sur les équipements existants, traitement statistique spécifique à l’activité, notamment des entrées et sorties de la région des personnes, limite toute analyse prospective. L’usage spatial lié aux villes et villages est en plein changement. La population dispersée, dans une première étape de l’occupation territoriale, se concentre maintenant dans des localités « villages ». Ce bouleversement dans l’usage de l’espace s’apprécie par la politique d’assistance économique aux populations lo-

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Explorando las Nuevas Fronteras del Turismo. Perspectivas de la investigación en Turismo  

Documento del Centro de Turismo Científico de la Patagonia, sobre este importante ámbito que combina el turismo y las ciencias en Aysén.

Explorando las Nuevas Fronteras del Turismo. Perspectivas de la investigación en Turismo  

Documento del Centro de Turismo Científico de la Patagonia, sobre este importante ámbito que combina el turismo y las ciencias en Aysén.

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