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Paparazzi !

Photographes, stars et artistes Dossier de presse

26.02 > 09.06.14


Paparazzi ! Photographes, stars et artistes

Sommaire 1.  Présentation Générale . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 02 2.  Parcours de l'exposition .. . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 03 3.  Extrait du catalogue : « Entretiens au travail ».. . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 13 4.  Le Catalogue . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 19 5.  Artistes et photographes.. . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 20 6.  Les prêteurs. . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . .. . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 21 7.  La programmation culturelle autour de l'exposition. . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 23 8.  Le concours photographique. . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 24 9.  Générique . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . .. . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 25 10. Les partenaires . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . .. . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 27 11. Visuels Presse .. . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 32

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1. Présentation générale

Paparazzi ! Photographes, stars et artistes Du 26 février au 9 juin 2014 Galerie 3

Le Centre Pompidou-Metz consacre une exposition pluridisciplinaire sans précédent au phénomène et à l'esthétique de la photographie paparazzi à travers plus de 600 œuvres (photographies, peintures, vidéos, sculptures, installations...). Parcourant un demi-siècle de photographies de stars, l'exposition se penche sur le métier de chasseur d'images, en abordant les rapports tout aussi complexes que passionnants qui s'établissent entre le photographe et la célébrité, jusqu'à révéler l'influence du "phénomène paparazzi" sur la photographie de mode. En associant les grands noms de la discipline, tels Tazio Secchiaroli, Ron Galella, Pascal Rostain et Bruno Mouron, à des œuvres de Richard Avedon, Raymond Depardon, William Klein, Gerhard Richter, Cindy Sherman ou encore Andy Warhol, qui se sont interrogés sur ce mythe moderne, l'exposition a pour ambition de définir les caractéristiques d'une esthétique paparazzi.

Jean Pigozzi, Mick Jagger et Arnold Schwarzenegger, Hôtel du Cap, Antibes, 1990 Épreuve gélatino-argentique, 27,9 × 35,6 cm Centre Pompidou, Musée national d’art moderne, Paris © Jean Pigozzi / Centre Pompidou, Mnam-Cci, Dist. RMN-Grand Palais / image courtesy CAAC – The Pigozzi Collection

Un catalogue accompagne l'exposition. Commissaire : Clément Chéroux, conservateur au Centre Pompidou, Musée national d'art moderne, chef de cabinet de la photographie Commissaires associés : Quentin Bajac, conservateur en chef de la photographie au Museum of Modern Art, New York Sam Stourdzé, directeur du Musée de l'Elysée, Lausanne

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2. parcours de l'exposition L’exposition est constituée de trois grandes parties : Photographes, Stars et Artistes.

« Treize thèses et demie sur le concept de photographie paparazzi », Clément Chéroux

TAPIS ROUGE

Extrait du catalogue Paparazzi ! Photographes, stars et artistes, éditions Flammarion et Centre Pompidou-Metz

Le visiteur est accueilli d’emblée par les crépitements des flashs des paparazzis émanant d’une installation de Malachi Farrell intitulée Interview (Paparazzi), se trouvant ainsi lui-même propulsé au rang de star. Cris, bousculades, mouvement de foule… lorsque la star apparaît en public tout se passe très vite et avec une extrême violence. Quand ils ne sont pas contenus par des barrières, comme lors des traditionnels photocalls, les paparazzis encerclent la célébrité, l’appellent pour tenter de capter son regard et la dardent de mille feux. La star est encerclée, sujette aux moindres mouvements de la masse, comme prise dans une nasse. Elle ne peut ni résister, ni s’échapper. C’est un véritable dépeçage photographique. Grâce à un ensemble de photographies représentant des paparazzis chassant en meute – dans une sorte de mise en abyme –, ce préambule a pour fonction de faire ressentir au visiteur la pression dont la star fait l'objet

Stars, flashs et surexposition. De quoi, ou peut-être plutôt de qui paparazzi est-il le nom ? Le mot est aujourd’hui devenu tellement galvaudé qu’il finit par décrire des types de photographes assez différents. Tous les auteurs d’images prises à la dérobée, ou d’indiscrétions photographiques, ont tendance à devenir des paparazzis. Le moindre amateur qui, par hasard dans la rue, parvient à saisir la silhouette lointaine d’une célébrité est désormais considéré comme un paparazzi. « Nous sommes tous des paparazzis », titrait récemment un quotidien français . Dans la société hypermédiatisée dans laquelle nous vivons, le mot paparazzi est presque devenu un synonyme de photographe. Il est entendu ici dans une acception évidemment plus précise. Cette pratique de la photographie implique tout d’abord que l’image n’ait été ni donnée ni négociée, mais bien plutôt volée. Le paparazzi peut être amateur ou professionnel, mais dans la majorité des cas il prend ses photographies sans le consentement de ses sujets. Ceux-ci – et c’est là une deuxième condition nécessaire – bénéficient d’une reconnaissance publique qui dépasse leur simple cercle socioprofessionnel. Ce peut être des célébrités internationalement reconnues ou des stars occasionnelles. C’est cette double détermination – la photographie est volée, le sujet est une célébrité – qui a guidé les choix iconographiques de la présente exposition. En sont donc exclues (à quelques exceptions près, notamment dans le préambule) les images de stars réalisées lors des séances de pose ou les photographies volées de personnes anonymes. Le projet est organisé autour de cette confrontation entre les paparazzis et les célébrités qui est parfois d’une extrême violence. Le photographe, comme l’étymologie du mot l’indique, écrit avec la lumière. La star, dont il faut rappeler que le mot signifie « étoile » en anglais, brille de mille feux. Dans les deux cas, il s’agit bien de lumière. Pour satisfaire la curiosité du public, les paparazzis veulent faire toute la lumière sur les célébrités, y compris lorsqu’elles sont loin des projecteurs. Celles-ci réagissent afin de préserver une part d’ombre sur leur vie privée. L’exposition tout entière porte sur ce conflit d’intérêt qui est en somme l’éternel combat de l’ombre et de la lumière.

Agence Pierluigi, Les photographes attendant Anita Ekberg à la passerelle de l'avion, 1959, La Dolce Vita Épreuve gélatino-argentique, 30 × 24 cm Collection Michel Giniès © Attribué à Pierluigi Praturlon / DR

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Photographes Une profession

souhaite voir ou non). Dans le même sens, la quasi totalité de la littérature sur les paparazzis se résume à des anecdotes sur la façon dont les photographes jouent à cache-cache avec leur cible, à des indications sur les personnalités visées, au prix payé par un journal pour publier, parfois au scandale et aux procès générés, au montant des indemnités touchées par une victime, et quasiment jamais aux images elles-mêmes, à leur composition. Il existe par exemple un riche « enfer » des paparazzis : des images non publiées – elles touchent souvent au sexe et à la mort – pour des raisons là encore liées à l’argent. Après l’accident de voiture dans lequel Diana a trouvé la mort, le 31 août 1997 à Paris, une série de photographies a circulé dans des rédactions. L’image principale est un portrait de la princesse de Galles, agonisante, alors qu’un filet de sang coule de sa bouche. Si aucun journal, sur le moment, n’a montré ce document, ce n’est pas tant à cause du prix demandé – autour de 400 000 euros, a confié un responsable du Sun, journal populaire anglais, à la chaîne britannique Channel Four, en novembre 2007, alors qu’un responsable du journal américain The National Inquirer a affirmé que ce portrait aurait pu réaliser un million de dollars de ventes mondiales. Ce n’est pas non plus que l’image est anodine, au contraire. Ce document n’a pas été publié pour des raisons économiques : sa diffusion aurait eu un coût (saisie du journal, procès, indignation de lecteurs) supérieur au gain attendu.

Le métier de paparazzi est plus complexe qu’il n’y paraît. Les paparazzis se doivent d’être ingénieux, mettant en place des opérations souvent complexes et risquées. Chacun d’entre eux possède ses petits trucs et ses anecdotes, autant d’éléments fondateurs du grand récit de la profession. A travers une série d’entretiens avec quelques-uns des grands paparazzis de notre époque et l’évocation de leurs outils de travail les plus courants (de l’appareil espion au téléobjectif, en passant par certains de leurs déguisements), cette section explore le quotidien d'un métier. Des photographies de Christophe Beauregard, Jessica Dimmock, Olivier Mirguet, un extrait du film Reporters de Raymond Depardon et une vidéo réalisée par Romain Dussaulx et Benjamin Lalande à Los Angeles, montrent la planque, l’attente et finalement la confrontation, et permettent ainsi de comprendre ce qu’être paparazzi signifie.

Le marché du paparazzi, comme tout marché, est un jeu entre l’offre et la demande, mais dont les acteurs ont des intérêts divergents : le photographe qui prend les images (ils sont parfois en tandem, parfois anonymes, ce qui met en question la notion d’auteur) ; le modèle qui refuse ou accepte ce jeu visuel ; l’agence photographique qui vend les reportages ; le journal qui les publie ; le lecteur qui les regarde ; le juge qui les condamne. Dans ce jeu choral, les journaux ont longtemps été au centre. Ils paient, donc ils créent un marché, suscitent des vocations de photographes, imposent des images. S’ils vont mal, le secteur va mal. Et inversement. Le marché s’est également développé parce que des photos « volées » ont pu dynamiser les ventes de journaux. Un des exemples marquants est le numéro de Paris-Match du 10 novembre 1994 révélant l’existence de Mazarine Pingeot, la fille du président de la République, François Mitterrand : ce numéro s’est écoulé à 1,4 million d’exemplaires « au lieu du million habituel », a confié Michel Sola, responsable de la photographie de l’hebdomadaire. Le même Michel Sola citait la photographie montrant François Mitterrand sur son lit de mort, publiée dans Paris-Match le 16 janvier 1996, générant un tirage de 1,8 million exemplaires. Des photographies de paparazzis ne font pas que doper les ventes, elles peuvent parfois sauver un journal. Elles ont en tout cas façonné la légende du mensuel américain Hustler, concurrent de Playboy, que l’excentrique magnat de la presse aux États-Unis, Larry Flynt, crée en juillet 1974. En août 1975, alors que les ventes ne décollent pas, ce dernier achète, pour 18 000 dollars, cinq photos de Jacky Onassis, la veuve de John Kennedy, alors âgée de quarante-six ans, qui apparaît entièrement nue dans l’île grecque de Skorpios. Ce numéro de Hustler s’écoule à un million d’exemplaires, avant que le tirage atteigne, dans les années qui suivent, les trois millions.

Pascal Rostain et Bruno Mouron, Paparazzis en grève devant le domicile de Brigitte Bardot, avenue Paul-Doumer, à Paris, 1965 Épreuve gélatino-argentique, 20 × 30 cm Courtesy Pascal Rostain et Bruno Mouron/Agence Sphinx © Pascal Rostain et Bruno Mouron / Agence Sphinx

« Le marché des images de paparazzi », Michel Guerrin Extrait du catalogue Paparazzi ! Photographes, stars et artistes, éditions Flammarion et Centre Pompidou-Metz La photographie de paparazzi, c’est une de ses caractéristiques, est moins définie par une esthétique que par un marché. Ce champ visuel dépend en effet de plusieurs facteurs qui échappent au processus de prise de vue et qui, pour la plupart, ont à voir avec l’argent : la santé de la planète, l’état de la presse et de la publicité, les innovations d’Internet, l’avancée du matériel photographique, le prix négocié avec un diffuseur. D’autres facteurs sont les législations en place (ce qui est autorisé à être publié) et l’évolution des moeurs (ce que le public

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Des mythologies

« Le paparazzi à l’écran : construction d’un mythe contemporain », Aurore Fossard-De Almeida

Le paparazzi se présente comme l'un des grands anti-héros de notre époque postmoderne. C’est en 1960 que Federico Fellini baptise ce phénomène médiatique en inventant la figure populaire du « paparazzi », contractant les termes « pappataci » (petits moustiques) et « ragazzi » (jeunes garçons), . Depuis le film La Dolce Vita, celui-ci est devenu une figure mythique de la culture populaire qui incarne tous les défauts de notre société hypermédiatisée. Des extraits de films de Federico Fellini, mais aussi de Paul Abascal, Dario Argento, Brian De Palma, Andrzej Zulawski ou encore William Wyler, des années 1950 jusqu’à nos jours, montrent comment le grand public perçoit le paparazzi : personnage solitaire faisant souvent figure de perdant, assez antipathique car dénué de morale et de scrupules, prêt à tout pour gagner des sommes indues au détriment des stars, il incarne une sorte de figure en creux ou de double négatif du reporter de guerre.

Extrait du catalogue Paparazzi ! Photographes, stars et artistes, éditions Flammarion et Centre Pompidou-Metz La récurrence du personnage paparazzi dans le cinéma de fiction, notamment à partir de la fin des années 1990, est moins le signe d’un engouement pour la profession que celui de la construction d’un « mythe contemporain » (Roland Barthes, Mythologies, in Œuvres complètes II). Si le paparazzi est le parent pauvre de l’histoire de la photographie, il est une source précieuse d’inspiration pour la fiction cinématographique et télévisuelle. Alors que le photoreporter de guerre est célébré par cette même histoire de la photographie, la fiction trouve dans le paparazzi le personnage qui rend le récit palpitant. Des conditions de production subversives – le vol –, un moyen de diffusion qui parvient jusqu’aux masses – la presse – et un sujet fascinant – la célébrité – sont les éléments qui définissent le paparazzi à l’écran. En même temps, ces paramètres créent une tension narrative et soulèvent des enjeux visuels majeurs pour la fiction cinématographique et télévisuelle. Les particularités de cette pratique photographique hybride permettent la construction d’un personnage à la fois typique et complexe : d’une part la fiction construit un stéréotype du photographe en l’affublant de caractéristiques récurrentes, d’autre part elle l’enrichit. En accédant à une place de plus en plus importante dans le récit, le paparazzi multiplie ses traits de « caractère » et gagne en nuances. […] « Entre nous, on s’appelle “les rats” », déclare le paparazzi Pascal Rostain. À l’image du surnom que les photographes eux-mêmes revendiquent, le paparazzi apparaît à l’écran à la fois comme un insecte grouillant, rampant et un animal carnassier. Qualifiés de « créatures » dans The Philadelphia Story (George Cukor, 1940), de « vermine » dans The Public Eye (Howard Franklin, 1992) ou de « parasites » dans Paparazzi (Paul Abascal, 2004), les voleurs d’images sont représentés fuyant à quatre pattes dans The Picture Snatcher (Lloyd Bacon, 1933) et fouillant dans les poubelles dans Paparazzi (Alain Berbérian, 1998) ou Paparazzi (Paul Abascal, 2004). Interrogé sur sa pratique, le paparazzi Francis Apesteguy déclare : « Quand j’mets mon jean et mes baskets et un sac à dos, avec un “télé” dedans, j’me mets en mode “rapace”. J’en ai une autre, moins belle, mais que j’aime bien aussi : être en mode “chacal”. Le chacal, ça sonne, et puis c’est rusé, ça s’faufile, c’est capable de tout, c’est dégueulasse, c’est sans scrupule. En fait c’est le plus approprié. » Caractère dynamique s’il en est, l’animalité fait du paparazzi un personnage instinctif. Il réagit au quart de tour, emporte l’essentiel de sa proie et la laisse, scandalisée ou anéantie, loin derrière lui. Comme les rats circulent sous les trottoirs de ceux qui orchestrent notre société, les personnages paparazzi circulent dans les bas-fonds des industries médiatiques et culturelles portées à l’écran.

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« Quand le premier paparazzi faisait son cinéma », Sam Stourdzé

branchant sur la fréquence radio de la police. Informé en temps réel de tous les homicides perpétrés dans la ville, il se rendait sur les lieux du crime, parfois même avant l’arrivée des forces de l’ordre. Accident, meurtre ou réunion mondaine, le fait divers est devenu sa marque de fabrique. Il se plaçait lui aussi dans un face-à-face au plus près de son sujet. Tout était prêt, en somme, pour que dans les années 1950 les photographes réservent le même sort aux vedettes. Pourquoi les avaient-ils jusqu’alors épargnées ? Certainement par souci de respectabilité. En effet, seuls les magazines à scandale osaient transgresser la règle tacite du respect de la vie privée. Mais la guerre a emporté avec elle les dernières résistances ; le monde change et les moeurs se libèrent. La presse illustrée, tout comme les acteurs, fait désormais face à une concurrence redoutable. Il faut se différencier, se faire remarquer.

Extrait du catalogue Paparazzi ! Photographes, stars et artistes, éditions Flammarion et Centre Pompidou-Metz En devenant des vedettes, les acteurs ont commencé à perdre le contrôle de leur image. La starification est d’ailleurs concomitante à l’essor de la presse illustrée. On peut certainement se demander qui est venu chercher l’autre, mais pour que la rencontre ait lieu il fallait qu’un intrus vînt s’immiscer entre la star et son image, qu’il fût le messager d’une annonciation elle aussi scandaleuse. Rome offre alors un terreau propice pour cultiver toutes les indiscrétions, les rumeurs et les révélations. Les beaux mâles italiens ne ménagent pas leurs charmes pour que succombent les actrices, tandis que les plantureuses Italiennes ne sont jamais à court d’arguments. La vie se consomme à cent à l’heure dans la consécration de l’instantanéité. Roberto Rossellini quitte Anna Magnani pour Ingrid Bergman, Ava Gardner trompe Frank Sinatra avec Walter Chiari, Anita Ekberg se donne en spectacle avec Anthony Steel…

Le public se pose en arbitre. La presse et les acteurs se lancent à sa conquête, réuni par la nécessité commune de le séduire. Avec la double casquette de lecteur et de spectateur, le public est devenu, à l’ère de la consommation de masse, la cible qu’il faut toucher, l’auditoire dont il faut emporter l’adhésion. Trait d’union entre la presse et les stars, les photographes se font l’écho des frasques de celles et ceux qui souhaitent se maintenir ou accéder au rang de vedette ; la presse se charge alors de relayer l’information. Dans une quadrilogie faustienne, les stars, les photographes, la presse et le public ont scellé leur destin en créant un vaste réseau d’interdépendances.

Des photographes de rue alimentent les pages des magazines. Dès qu’ils rapportent un cliché au parfum de scandale, ils font la une des journaux. Parce qu’il y avait une forte demande de la part de la presse et de l’argent facile, ils ont quitté leurs villages pour venir à Rome. Laissant derrière eux une probable vie de peintre ou de maçon, ils sont devenus photographes. Sans diplôme, parlant rarement anglais, ils démarchent les rédactions pour vendre leurs photos, et lorsqu’ils réussissent ils peuvent gagner beaucoup.

La volonté de savoir est une forme d’exigence. Certes, un long chemin a été parcouru depuis le début du xxe siècle, époque où les producteurs ne voulaient pas révéler le nom des acteurs de peur d’avoir à répondre de leurs exigences. Il avait alors fallu l’acharnement de certains, associé au désir du public de connaître ses héros, pour que leurs noms fussent enfin crédités. Insatisfait face à une information contrôlée, le public, en achetant ses journaux, encourage désormais ceux qui lui donnent accès à l’intimité des stars. Se dévoiler est devenu le prix à payer pour entrer dans le star system, la rançon du succès. La rupture culturelle se double d’une rupture esthétique. Les nouveaux photographes bousculent les codes d’une photographie devenue bien académique. À l’aune des standards établis, l’image s’appauvrit. Elle devient chaotique et chahutée, ses cadrages se font aléatoires, sa netteté est imprécise, le premier plan est régulièrement barré d’une main qui s’oppose, ou encore obstrué par l’opacité de la vitre d’une voiture. Nous assistons à un changement de paradigme où deux catégories s’affrontent dans une quasi-lutte des classes : les aristocrates de la profession, photographes accrédités qui ont accès aux plateaux de cinéma, et les autres, les prolétaires de la photographie, ceux qui font le trottoir et attendent des heures l’arrivée d’une vedette qu’ils prendront en chasse jusqu’à ce qu’ils parviennent à lui voler son image.

L’Italie vit au rythme de la sortie hebdomadaire des magazines. L’Espresso, Il Tempo, Le Ore, L’Europeo, Settimo Giorno, Lo Specchio tiennent leurs lecteurs en haleine. Ils les informent sur l’état du monde ou celui du pays, sur les nouvelles découvertes ou la conquête spatiale. Désormais, la vie des célébrités s’étale sur papier glacé. Dans un marché florissant, ils tirent à plusieurs centaines de milliers d’exemplaires, séduisent leur public par l’efficacité graphique des fototesto, ces photographies en pleine page associées à une courte légende qui laissent une place prépondérante à l’image. La photographie elle-même a beaucoup changé au cours des décennies précédentes. La démocratisation des appareils légers, maniables, associée à la généralisation du flash qui permet de photographier de nuit avec des temps de pose très courts, a favorisé l’émergence d’un style documentaire nouveau. Robert Capa a ouvert la voie avec son fameux adage : « Si tes photos ne sont pas bonnes, c’est que tu n’étais pas assez près » ; et il a fait évoluer la photographie de guerre vers une promiscuité insoutenable avec son sujet. Weegee a prolongé l’exercice en se

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Stars Pleins feux

propriétaire, tous sont cadenassés entre eux, prêts pour plusieurs jours et plusieurs nuits d’attente. Nous voici donc en compagnie d’une catégorie toute spéciale de photographes, dont les productions sont à l’extrême opposé de celles du studio Harcourt : autant celles-ci sont voulues et commandées par leur sujet, soigneusement posées, longuement préparées et entièrement dédiées à l’embellissement de leur bénéficiaire, autant les « clichés » des paparazzis sont obtenus à l’arraché, clandestinement ou, en tout cas, illégalement, et sans aucun égard pour la préservation de la « face » de celui qui n’est plus tant leur sujet que leur victime. Or les paparazzis forment une catégorie de photographes qui n’existerait pas sans le phénomène de la visibilité médiatique, avec ses corrélats : le désir de consommer non seulement les images des vedettes, mais des images donnant accès à leur intimité, y compris contre la volonté des intéressés ; le développement de supports de presse de plus en plus spécialisés dans la commercialisation de ces images ; et l’invention technique d’instruments capables de capter des images à grande distance, donc à l’insu des sujets, avec le téléobjectif à très longue focale. Ainsi est né cet « étrange voleur », selon les mots d’un historien de la photographie, « dont le butin ne vaut qu’à s’afficher aux yeux de tous ». Ses productions n’ont pas même le statut juridique d’oeuvres de l’esprit : en effet, à la différence des photographies documentaires, leur objet est, aux yeux du juriste, « banal ou déjà amplement reproduit », tels les « clichés évoquant la vie professionnelle, domestique ou sentimentale de vedettes, leurs indispositions, leurs sautes d’humeur ou leurs déboires », et qui « présentent un tel caractère de futilité qu’ils ne sauraient être considérés comme des documents comportant une originalité suffisante pour être protégés comme “oeuvre de l’esprit” au sens de la loi de 1957 ». Les photos de paparazzis ne sont pas seulement des « instantanés » (candid photographies) tels qu’ils commencèrent de se pratiquer pour les vedettes de cinéma dans les années 1910 : ce sont des intrusions visuelles dans l’intimité des gens en vue. Elles opposent donc, de part et d’autre de la frontière – éminemment mouvante – entre vie publique et vie privée, leurs objets et leurs auteurs, dans une bataille incessante pour le contrôle de l’image. Comme en témoigne Salman Rushdie, « un personnage public n’est heureux d’être photographié que quand il y est préparé (“sur ses gardes” pourraiton dire). Le paparazzo, lui, ne cherche que le moment où ce personnage baisse la garde. C’est une bataille pour le contrôle, pour une forme de pouvoir » (Salman Rushdie, « Diana’s crash », in Marc Augé et al., Diana crash, Paris, Descartes et Cie, 1998). Cette question du contrôle de l’image permet d’ailleurs aux paparazzis de placer au second plan la question de la préservation de l’intimité pour insister sur la duplicité des vedettes, « prêtes à tout » pour se faire de la publicité quand elles en ont besoin, mais déterminées à la « contrôler » étroitement dès lors qu’elles l’ont obtenue : « Quand ces gens-là entrent dans le show business, ils passent un pacte avec le diable. Et moi, je suis l’assistant du diable », déclare l’un d’eux (cité par Jake Halpern, Fame Junkies. The Hidden Truths behind America's Favorite Addiction, Boston, Houghton Mifflin, 2007).

Le métier de paparazzi est une profession essentiellement masculine. Les victimes sont, en revanche, majoritairement des femmes et, plus encore, des incarnations de la féminité. La photographie paparazzi porte ouvertement les stigmates de la violence machiste. Huit femmes ont particulièrement attiré l’attention des photographes depuis les années 1950 : Elizabeth Taylor, Jackie Kennedy-Onassis, Brigitte Bardot, Caroline et Stéphanie de Monaco, Diana Spencer, Paris Hilton et Britney Spears. Tandis qu'ils les harcelaient, les paparazzis ont en même temps participé, peut-être plus que quiconque, à l’édification du temple que notre société hypermédiatique leur a dédié. À travers leur histoire, cette section montre l’évolution des styles et des enjeux de la photographie paparazzi sur près d’un demi-siècle.

Daniel Angeli, Elizabeth Taylor à Gstaad, 24 décembre 1979 Épreuve chromogène, 20 × 30 cm© Daniel Angeli Collection Cécile Angeli © Daniel Angeli

« Les paparazzis, agent du capital de visibilité », Nathalie Heinich Extrait du catalogue Paparazzi ! Photographes, stars et artistes, éditions Flammarion et Centre Pompidou-Metz Le sixième prétendant au trône d’Angleterre est arrivé. C’est une prétendante. Deuxième fille du prince Andrew et de la duchesse d’York, Sarah Ferguson. […] Sur le trottoir en face de la clinique Portland, une centaine de photographes attendent la sortie de la mère et de l’enfant, perchés sur leurs escabeaux. En grappe, comme des oiseaux sur leurs branches. On les appelle les « RoyalWatchers » (littéralement ceux qui regardent les royaux). Membres d’un journal, d’une agence ou indépendants, la plupart font du royal et beaucoup d’autres choses. Une poignée ne fait que du royal. Un bon tiers d’entre eux vendra une photo de la sortie. […] Le premier escabeau en métal a débarqué dans Great Portland Street à 9h30. L’alerte avait été donnée par la police quand elle s’est mise à installer des barrières sur le trottoir en face de la clinique. Chaque escabeau est étiqueté au nom de son

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L'envers du décor

surexposée, et d’avoir creusé ainsi une brèche dans sa vie privée. Le paparazzi était toujours à la lisière de l’illégalité, de l’atteinte à la vie privée, de l’interdit, du viol d’intimité. C’est sur cette éthique perverse que s’édifiaient ses succès et la valeur marchande de ses clichés, au détriment de ses « proies », et souvent contre elles. Alors que les reporters du photojournalisme d’information marchent, arpentent, aptent « à la sauvette » (Henri Cartier-Bresson) et passent, le paparazzi, lui, attend, surveille et poursuit sa proie. La « traque », la « planque », la « courette » sont ses manières. Et sa stratégie est celle de l’araignée. Comme l’araignée tisse sa toile, le paparazzi tresse un réseau de savoirs sur sa « proie », se cale en un point et attend pour bondir le moindre signal, la plus ténue vibration. Sans yeux et sans cerveau, c’est-à-dire sans pouvoir en faire usage, il répond de façon quasi réflexe. Sans yeux ? comme pour ces clichés réalisés à l’aveuglette dans les bousculades qui accompagnent les apparitions publiques des stars. Sans cerveau ? un paparazzi rapidement arrivé sur les lieux de l’accident de Lady Di n’a-t-il pas déclaré : « C’est vrai que Diana était vivante, elle bougeait encore. OK, on a pris des photos sans réfléchir. Qu’est-ce que j’aurais dû faire ? Mon boulot, c’était de prendre des photos » ? Exploitation de l’horreur, justification par le métier, automatisme (« on a pris des photos sans réfléchir »), dissolution de la responsabilité individuelle, telle est l’éthique du paparazzi dans la grande mécanique du journalisme people. Alors que le reportage est pour Cartier-Bresson « une opération progressive de la tête, de l’œil et du cœur » ; alors que son appareil ne lui sert, affirme-t-il, qu’à « imprimer sur la pellicule la décision de l’œil », le paparazzi apparaît au contraire comme empêché de faire usage de ses yeux, de son cœur, de son cerveau. Sensibilité involontaire, mémoire involontaire, pensée involontaire, il n’est guère qu’une machine de capture, le pur agencement d’un corps sans organes réagissant aux sollicitations d’un réseau. Cette démarche exacerbe en quelque sorte les fondements mêmes de la version argentique du document photographique qui considère en effet, peu ou prou, que la vérité est toujours lovée dans la profondeur obscure des choses et des êtres d’où elle doit être extraite et portée à la lumière par les reporters, ou à la rigueur au moyen des méthodes extrêmes des paparazzis – l’une et l’autre pratiques étant arrimées à la (très idéologique) notion d’« instant décisif » supposément porteur du plus fort contenu de vérité, et doté de la plus grande force de dévoilement. Dans cet esprit, la lumière éclaire, illumine et fait être la star autant qu’elle plonge dans l’ombre sa vie intime et privée soustraite aux regards, le rôle du paparazzi consistant à ouvrir spectaculairement par la photographie cette zone d’ombre dont on soupçonne qu’elle abrite un secret. C’est à partir de cette conception binaire opposant la lumière et l’ombre, la vie publique et la vie privée, la vérité et le mensonge, que les paparazzis s’assignent pour programme de forcer et d’exposer à la lumière le territoire secret des stars – supposément assez sombre et scandaleux pour être soustrait aux feux de la rampe, et… pour exciter l’avide curiosité des masses. En somme, la photo people se joue sur la scène du spectaculaire affrontement entre l’illusoire vérité photographique et la brillante fausseté des apparences.

Les célébrités ne sont pas toujours les victimes passives des paparazzis. Lorsqu’elles repèrent ces derniers, elles ont le choix de collaborer avec eux en se laissant photographier ou, au contraire, de refuser la prise de vue. Leurs réactions peuvent dès lors aller du simple refus poli à l’agression. A l’inverse, elles peuvent également entrer dans le jeu du photographe en se montrant réceptives, voire complices. Elles vont jusqu’à développer elles-mêmes leurs propres astuces afin d’échapper au star system qui les contraint à être constamment dans la lumière. Cette section offre un panorama des différentes réactions des stars face aux objectifs des photographes à travers un ensemble de clichés des plus grands paparazzis du xxe siècle – Daniel Angeli, Francis Apesteguy, Ron Galella, Marcello Geppetti, Bruno Mouron et Pascal Rostain, Erich Salomon, Tazio Secchiaroli, Sébastien Valiela ou encore Weegee.

Pascal Rostain et Bruno Mouron, Kate Moss lors de la Fashion Week, Paris, 1992 Épreuve gélatino-argentique, 40 × 30 cm Courtesy Bruno Mouron/Agence Sphinx © Bruno Mouron / Agence Sphinx

« La nuit des chasseurs », André Rouillé Extrait du catalogue Paparazzi ! Photographes, stars et artistes, éditions Flammarion et Centre Pompidou-Metz Dans le dernier quart du xxe siècle, le photojournalisme people a prospéré autour de la forme du scoop et de la figure emblématique du paparazzi armé d’un puissant téléobjectif et doté d’autant de patience que de ténacité. La valeur du scoop ne résidait pas tant dans ses qualités esthétiques que dans l’exploit d’avoir capté quelque chose de la face cachée d’une star pourtant déjà fortement

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Artistes Les formes de l'appropriation

du Warhol photographe. À leur propos ce dernier affirme qu’une bonne photographie est une photo « nette, montrant une personne publique se livrant à des actes privés ». Cette définition volontairement anartistique de la photographie n’est pas si éloignée de celle donnée à la fin des années 1950 par le paparazzi Rino Barillari : « Quand il y a le personnage, rien d’autre ne compte, parce qu’une photo documentaire qui montre l’événement, même si elle est laide, vaut bien plus qu’une image artistiquement composée. » À la même période aux États-Unis un groupe d’artistes, renouant avec la représentation, manifeste un intérêt critique pour les médias, le cinéma et la publicité. Plus circonspect à l’égard de ces phénomènes que ne l’était la génération pop du début des années 1960, cette pictures generation ne pouvait rester totalement insensible au corpus paparazzi, dans le contexte américain des années 1980 qui voit l’explosion de la presse dite people. Usant fréquemment de la citation et de la réappropriation, directe ou indirecte, d’images comme de styles, cette génération se révèle moins intéressée par une migration unilatérale des images d’un registre populaire vers un registre artistique – credo de la génération pop précédente – que par la porosité toujours plus grande des univers – ceux de l’art, des stars, de la presse –, autorisant ce que l’on pourrait qualifier d’hybridation généralisée des représentations, de tous types et de tous genres, dans un mouvement incessant de retour de l’une à l’autre et de contamination de l’une par l’autre. Dans sa série Untitled Film Stills (1977-1980), Cindy Sherman entremêle les références au cinéma et à la photographie, dressant un panorama tant des stéréotypes féminins que des genres filmiques et photographiques qui leur sont associés. L’utilisation du téléobjectif (Untitled Film Still #45, 1979, ou Untitled Film Still #83, 1980), celle du flash de nuit (Untitled Film Still #54, 1980), la mise en scène d’images volées (Untitled Film Still #7, 1978, Untitled Film Still #27, 1979) sont autant de subterfuges qui jouent sur la force narrative et suggestive de l’esthétique paparazzi. Au milieu des années 1980, à la frontière de la passion du fan et du travail d’appropriation, Richard Prince collectionne les clichés de célébrités de toutes sortes, dressant tantôt une typologie des représentations, par motifs et genres, tantôt réincluant ces images dans le circuit médiatique en les faisant dédicacer par leurs modèles. Prolongeant la vogue de ces galeries de célébrités qui remonte au xixe siècle, Prince produit un anti-panthéon très contemporain, dans lequel, plus que le mérite ou le talent, c’est le seul accès à la visibilité qui est désormais déterminant (Criminal and Celebrities, 1986). Plus près de nous et venant de la cote ouest, Paul McCarthy, dans Heidi (2000), mêle les histoires et les genres : le récit pour enfants du siècle dernier et le fait divers contemporain, les sommets des Alpes et les hauts de Hollywood, le candide et le sordide. Convoquant l’enfant et l’adulte qui sont en lui, il fait s’entrechoquer, par le biais du collage, les représentations, celle, mièvre, du conte et celle trash de la presse people, en une improbable greffe visuelle d’univers que tout a priori opposerait : Heidi à Bervely Hills. À la même période, le collectif autrichien GRAM étend cette porosité généralisée des univers non plus seulement à un travail sur les seules représentations mais aux pratiques elles-mêmes. Choisissant dès 19871988 de s’installer un temps à Los Angeles, devenue LA ville des paparazzis, G.R.A.M. va mener pendant presque

Les conditions dans lesquelles les paparazzis opèrent génèrent une esthétique particulière : la rapidité et l’improvisation avec laquelle ils prennent la photographie ont des conséquences sur la composition de l’image ; le téléobjectif, utilisé de loin, ou le flash, employé de près, ont tendance à l’aplatir. La réaction des célébrités se protégeant le visage de la main est ainsi devenue le leitmotiv de l’agression médiatique. Depuis les années 1960, cette esthétique a inspiré nombre d’artistes du Pop Art, du Post-modernisme ou de courants plus contemporains, de Richard Hamilton à Paul McCarthy en passant par Valerio Adami, Barbara Probst ou Gerhard Richter.

Richard Hamilton, Release, 1972 Sérigraphie, pochoir et collage, 69,9 × 94,5 cm The Alan Cristea Gallery, Londres © R. Hamilton. All Rights Reserved, Adagp, Paris 2013 / Courtesy The Alan Cristea Gallery

« Migrations et appropriations – Les artistes et l'esthétique paparazzis », Quentin Bajac Extrait du catalogue Paparazzi ! Photographes, stars et artistes, éditions Flammarion et Centre Pompidou-Metz Si l’on devait tenter d’assigner une date au renouveau d’intérêt manifesté par les artistes, on serait tenté de prendre pour repère la fin des années 1970. En 1979, dans son ouvrage Exposures, Andy Warhol publie pour la première fois les clichés pris à l’aide d’un petit appareil Minox qu’il a découvert en 1976. Ces images de la jet-set et des milieux artistiques qu’il fréquente, réalisées sans le moindre souci de composition, sont à mi-chemin de la pratique paparazzi et de celle du photographe mondain. Exposée dès 1980 au Ludwig Museum de Cologne et au Stedelijk Museum d’Amsterdam, cette série, poursuivie de manière compulsive marque le début de la reconnaissance

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Dans la peau du paparazzi

une décennie un travail sur le phénomène paparazzi et la nouvelle culture de la visibilité avec les armes et les stratégies des paparazzi eux-mêmes – traque, flash, zoom, etc. Mêlant sans distinction figures de stars et d'anonymes,leurs images dressent très tôt, avant même la généralisation d’Internet ou des appareils portables, le portrait d’une société partagée entre voyeurisme et surveillance.

Depuis les années 1960, l’attitude des chasseurs d’images fascine nombre d’artistes et de photographes de mode qui, le temps d’un projet, cherchent à se mettre dans la peau d’un paparazzi. Les photographes tels Richard Avedon, William Klein et plus récemment Alexi Lubomirski ou Christian Leseman, ont été les premiers à se transformer en paparazzis à l’occasion d’une campagne de mode. Depuis, quantité d’artistes, dont l’Américain Gary Lee Boas, l’Anglaise Alison Jackson ou encore le collectif autrichien G.R.A.M., ont également collectionné les stars à la manière des paparazzis. A partir des années 1980, plusieurs artistes femmes comme Malin Arnesson, Kathrin Günter ou Cindy Sherman ont, quant à elles, interrogé la place de l’artiste en tant que star.

En 1997, l’accident mortel de Lady Di vient focaliser l’attention, comme jamais auparavant, sur la figure des paparazzis. Le paparazzi y devient cette figure extrême, mi-« fouille-merde » cynique, mi-héros antiestablishment, dont le caractère et la production hors la loi suscitent tout à la fois stigmatisation et fascination. À l’avènement du nouveau siècle, à une époque où Internet vient redéfinir en profondeur les frontières entre sphères privée et publique, une nouvelle génération, née le plus souvent dans les années 1970 et 1980, entreprend de s’approprier ce langage, tout en interrogeant cette relation, notre relation à ce type d’images : dans des directions diverses, Olivier Mirguet et sa mise en abyme, entre approche documentaire et artistique, du phénomène paparazzi, Viktoria Binshtok explorant, grâce a l’esthétique du flash, les frontières entre abstraction et figuration, Kathrin Gunther, paparazzi de sa propre intimité, jouant d’une improbable alliance de la pratique introvertie de l’autoportrait et d’un certain voyeurisme médiatique, ou Alison Jackson, interrogeant par ses clichés impossibles tant la vérité photographique que notre appétit – malsain – de spectateur, tous participent de ce phénomène. À tel point que celui-ci semble aujourd’hui comme domestiqué, et que son écriture photographique, naguère marginale, semble devenue monnaie courante. « Are we all paparazzi ? » s’interrogeait en 2012 le Getty Center lors d’une de ses tables rondes consacrée à la photographie de célébrités actuelles. À l’heure où, depuis l’automne dernier, grâce à une société implantée aux États-Unis tout un chacun peut louer les services de faux paparazzis (et de faux fans, et d’agents de sécurité) pour s’improviser star d’un jour, réalisant la prophétie d’Andy Warhol, on serait tenté d’ajouter : Are we all celebrities ?

Alison Jackson, Bush with Rubik’s Cube, 2005 Épreuve jet d’encre, 30 × 42 cm Collection Alison Jackson © Alison Jackson

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« La photographie de mode et l'esthétique paparazzi », Frédéric monneyron

Cette proximité qui s’observe à propos du mannequin entre les deux genres photographiques se retrouve également dans une évolution plus récente de la photographie de mode. Si, à travers le mannequin, les photographes de mode, jusqu’à une date récente, ont cherché majoritairement la représentation d’un certain type de femme ou, au-delà, d’un certain type de société dont elle serait l’expression, certains d’entre eux ont pu se démarquer de cette tendance générale et ouvrir ainsi une voie différente. Dès la fin des années 1960, Bob Richardson, pour qui le mannequin compte en lui-même, a ouvert la voie à des photographes comme Helmut Newton et Guy Bourdin ou, plus récemment à Juergen Teller ou Mario Testino. Et c’est Steven Meisel qui est allé le plus loin depuis dans cette voie. Or, en cherchant la femme qui est derrière le mannequin et en tentant de révéler son intériorité – contribuant peut-être ainsi à en faire une star –, la photographie de mode rejoint également la démarche des paparazzis, sur un plan à peine différent, puisque le fondement même de cette démarche est de s’introduire dans la vie privée des célébrités et de livrer au public quelques pans de leur intimité, avec ses joies ou ses ses drames. À l’évidence, c’est sur cette équivalence que jouent plusieurs photographes de la présente exposition qui saisissent leur mannequin dans ce qui est censé être sa vie personnelle : dans la rue, au sortant d’une voiture, chez elle. Et c’est un jeu plus sophistiqué encore que joue Terry Richardson, fils de Bob, chez qui l’équivalence devient fusion des fonctions, puisqu’il consacre une série de clichés à l’exposition de situations privées de Laetitia Casta, ellemême… mannequin-célébrité !

Extrait du catalogue Paparazzi ! Photographes, stars et artistes, éditions Flammarion et Centre Pompidou-Metz Il n’existe pas de photographe de mode sans mannequin, et l’un ne se conçoit pas sans l’autre. Mais la relation esthétique qui se joue entre les deux dépasse de beaucoup une relation interpersonnelle, et prend une fonction plus large. Car elle est aussi celle qui fait naître les images définissant une époque. Sans doute le photographe de mode, d’une manière similaire à celle du peintre naguère, trouve-t-il dans un mannequin la source première de son inspiration. Mais plus encore que pour le peintre, qui pouvait toujours transformer au gré de ses coups de pinceaux l’image fournie par son modèle, le choix du mannequin est décisif pour le photographe, car il détermine par avance l’image qui sera produite. Dès lors on comprend que ce choix apparaisse pour la plupart des photographes comme essentiel. Non seulement il doit correspondre à l’image de mode qui préexiste en eux et qu’ils souhaitent délivrer sur la pellicule, mais il est susceptible aussi de déterminer – ils le pressentent confusément – l’image de la femme qui sera propre à une époque donnée. Car dans le choix du mannequin – nombre de photographes le déclarent –, ce n’est pas le mannequin qui importe mais ce qu’il est amené à représenter. Et le fait est que les mannequins les plus célèbres représentent un type de femme particulier qui est lui-même le symbole d’un type de société précis. Ainsi peut-on considérer par exemple que, dans les année 1950, Barbara Goalen a incarné dans l’objectif de John French l’Angleterre des grandes demeures et de Belgravia. Or, il faut bien convenir que, dans ce rôle de représentation qu’a traditionnellement fait tenir au mannequin la photographie de mode, elle se trouve dans une certaine proximité avec les photographies des paparazzis. L’esthétique paparazzi s’en tient en effet aux surfaces et à ce qu’elles peuvent représenter. Si, par définition, elle s’intéresse aux stars et seulement aux stars, elle entend les vider de toute intériorité pour ne laisser subsister qu’une figure à la mode, sinon de mode, représentative à l’occasion d’une certaine société, dans cette même forme d’autoréférentialité qui peut être celle de la photographie de mode. Et, si ce n’est plus seulement « la société de l’Angleterre des grandes demeures et de Belgravia » qui se trouve représentée par l’esthétique paparazzi dans ses déclinaisons les plus modernes, du moins est-ce certainement la société du spectacle, du show business ou des célébrités. Nombre d’oeuvres des photographes de mode qui s’essaient à la manière paparazzi témoignent bien de ce passage, de celles de William Klein pour Vogue en 1962, qui pourrait encore renvoyer à la première, à des séries plus récentes qui, elles, définissent clairement la seconde.

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Kiosque (conclusion)

« Treize thèses et demie sur le concept de photographie paparazzi », Clément Chéroux

La presse people répond à la demande d’une industrie médiatique qui possède sa propre rhétorique, ses habitudes, ses règles et ses codes. Celle-ci a beaucoup évolué depuis ses débuts, il y a maintenant près d’un siècle. A l’ère de l’internet, elle est aujourd’hui l’un des derniers bastions de rentabilité des éditeurs de presse papier. Cette presse à sensation et à scandale se reconnaît à travers un certain nombre de signes distinctifs : ses couleurs criardes, son graphisme racoleur, ses mises en page tape-à-l’œil, son contenu vulgaire … et ses indiscrétions photographiques. À travers les œuvres de Andy Warhol, Paul McCarthy, Barbara Kruger, Armin Linke ou Jonathan Horowitz, cette dernière section interroge, en guise de conclusion, les us et coutunes des vecteurs de diffusion des images paparazzis.

Extrait du catalogue Paparazzi ! Photographes, stars et artistes, éditions Flammarion et Centre Pompidou-Metz L’esthétique paparazzi. La plupart des paparazzis ne sont pas des artistes, mais leurs images ont néanmoins, très souvent, d’étonnantes qualités plastiques. Il existe de ce fait non pas un art paparazzi, mais bien une esthétique paparazzi. Celle-ci est le produit d’un ensemble de déterminations techniques (le téléobjectif, le flash, le grain dû à l’agrandissement à outrance), de lieux caractéristiques (la voiture, les abords des piscines privées, les sorties de salle d’audience ou de boîte de nuit) et d’habitudes gestuelles (la main devant le visage, la surprise ou le regard fuyant). C’est une esthétique en grande partie subie. À partir des années 1960, c’est-àdire au moment même où Fellini baptise le phénomène, les artistes commencent à s’intéresser à cette esthétique. « Le boulot le plus excitant que j’aie vu récemment, explique Andy Warhol, ce sont ces photos de stars de cinéma des paparazzis des années 1940 que quelqu’un a imprimées sur du très beau papier. Elles sont si belles… les photos les plus géniales du monde. » « J’aime les paparazzis, avoue aussi Helmut Newton. J’ai toujours eu ce faible. J’ai une certaine admiration pour l’audace, la témérité et la puissance de leur travail. Je trouve ça viril […]. Vous savez, je n’ai jamais réussi à faire aussi bien avec la princesse Caroline que les photos de certains paparazzis. Quant aux clichés qui ont été faits de Jackie Onassis nue, ils sont parmi les plus troublants de ce siècle. » L’esthétique paparazzi intéresse les artistes parce qu’elle propose de nouvelles formes visuelles, mais aussi parce qu’elle permet d’interroger la société contemporaine sur son rapport aux médias, au spectacle, et à la célébrité. Depuis le pop art, et peut-être plus encore avec le postmodernisme, nombre d’artistes se sont appropriés des photographies réalisées par des paparazzis. D’autres ont rejoué, dans leurs propres travaux, les codes caractéristiques de cette iconographie ou se sont eux-mêmes transformés en paparazzi, le temps d’une série. À tel point que le paparazzisme est aujourd’hui devenu un genre, une catégorie stylistique à part entière, et peut-être même l’un des « -ismes » de l’art contemporain.

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3. Extrait du catalogue : « Entretiens au travail »

Comment êtes-vous devenu paparazzi ?

Quel est votre meilleur souvenir de paparazzi ?

Daniel Angeli J’ai commencé vers seize ans. Je n’étais pas un très bon élève, alors j’ai dû choisir un travail. Mon père était dans la restauration, mais cela ne me plaisait pas. Je n’avais pas du tout pensé à faire de la photographie dans ma vie. On m’a d’abord fait entrer chez Un jour de France – mais j’étais trop jeune pour être stagiaire –, puis chez Dalmas, une agence de presse qui avait un laboratoire photothèque nommé Photodal. J’ai donc commencé comme laborantin, pendant un an environ. Bruno Mouron Un livre est sorti chez Robert Laffont [en 1970], Les Reporters de Christian Brincourt et Michel Leblanc. J’y ai lu tous ces récits de photographes, de journalistes, de gens de la radio c’étaient des récits fabuleux dans lesquels on découvrait toutes les combines pour arriver à faire une photo […] ou à faire un papier. Et je me suis dit que c’était ce métier-là que je voulais faire. Je suis donc entré à l’IDHEC, où j’ai fait une section photo ; ça ne m’a pas tellement plu, car on apprenait des choses comme la décomposition de la lumière ou les mathématiques optiques. J’ai laissé tomber, et j’ai eu la chance, grâce à un ami de mes parents, de mettre un pied dans le journal L’Aurore, et, de là, petit à petit, je suis resté dans ce métier, jusqu’à intégrer Paris-Match. Francis Apesteguy Un jour, devant chez Castel, j’ai rencontré trois ou quatre gars avec des appareils photo par terre. Je n’ai pas compris ce qu’ils faisaient là, donc je les ai interrogés. Ils m’ont expliqué qu’ils photographiaient les vedettes ; moi, je commençais la photo, j’avais été assistant, mais l’assistanat m’ennuyait. Je me suis donc joint à eux, avec mon appareil photo, la nuit, et j’ai observé et imité leur pratique, puis ça a été l’enchaînement. Sébastien Valiela J’ai toujours été passionné de photo, j’ai eu mon premier appareil vers l’âge de huit ans. Après le bac, j’ai fait une école de photo et j’ai cherché ma voie dans ce métier, et « paparazzi » était la spécialisation qui me plaisait le plus. Ron Gallela J’ai commencé par être artiste céramiste […]. J’ai évité le service militaire car je ne voulais pas prendre part à la guerre de Corée. À la place, je me suis enrôlé dans l’US Air Force. Et ce fut le point de départ de ma carrière de photographe. J’ai étudié à l’Art Center College of Design pour devenir photojournaliste, puis je suis retourné dans le Bronx, là où je suis né, dans la maison de mon père. Je n’avais pas d’argent pour m’offrir un studio alors j’ai fait construire un laboratoire dans le sous-sol. […] Je me trouvais à vingt kilomètres du centre de Manhattan. C’est là-bas que l’action et les célébrités se trouvaient. Je photographiais les stars lors de soirées, de premières. J’ai commencé de cette façon. C’était facile de photographier sur place, et c’était génial parce que cela donnait du réalisme. J’aime photographier les gens tels qu’ils sont, liés entre eux. Je n’aime pas le « un, deux, trois, sourire ! » figé devant l’appareil.

Daniel Angeli Ce serait peut-être, même si on en a trop parlé, mes photos d’Agnelli, par exemple, ou certaines planques au soleil pour photographier Romy Schneider ou Brigitte Bardot. C’était au début de ma carrière. Je m’y retrouvais car j’étais loin des personnages. Mon choix de travailler au téléobjectif est pour partie dû à ma timidité. Même au festival de Cannes, je préférais être au 400 mm sur des gros plans plutôt que travailler près des sujets. Ron Gallela Windblown Jackie est ma photo la plus sensationnelle. Je photographiais un mannequin dans Central Park, à proximité de la maison de Jackie [Kennedy], et je me disais que je pourrais peut-être la voir courir dans le parc, mais ce ne fut pas le cas. Et là, en sortant de Central Park, en face de chez elle, j’ai vu Jackie quitter son domicile par une porte de derrière. Elle se dirigeait vers Madison Avenue, au nord, et j’ai sauté dans un taxi pour la rattraper. Jackie était en train de marcher quand le taxi a klaxonné. Jackie s’est retournée et je l’ai photographiée. Elle ne m’a pas reconnu, caché derrière mon appareil à l’arrière du taxi. Mais dès que je suis sorti, elle a dit « Oh, c’est encore vous ! » ; puis elle a ajouté « Êtes-vous content ? » Et j’ai répondu « Oui, merci, au revoir. » Windblown Jackie est ma meilleure photo, la plus incroyable, ma préférée, la plus vendue et la plus publiée. C’est ma Mona Lisa. Francis Apesteguy Le meilleur souvenir, ce serait le plus mauvais. Quand je me fais taper dessus, ou quand je réplique au coup de poing. Sinon, j’ai de très bons souvenirs de prises de vues de loin, sans être vu, en laissant faire le « gibier ». Pascal Rostain Je ne sais pas si on peut parler de souvenirs de paparazzi ou de souvenirs tout courts, tout simplement parce que ce sont des rencontres. Ce ne sont donc pas forcément les photos les plus célèbres, qui ont fait le plus de parutions ou, parlons franc, qui ont rapporté le plus d’argent […], mais plutôt des souvenirs de rencontres. Pour moi, il y en a eu plusieurs, notamment cette rencontre incroyable avec Orson Welles, qu’on avait commencé à « paparazziter » en 1982 quand il était venu [en France] en tant que président de la cérémonie des Césars, et avec qui on est devenu amis par la suite. Je pourrais également citer une photo récente faite à Castel Gandolfo où on a été planquer l’ancien pape, Benoît XVI, dans des jardins réputés depuis trente-cinq ans comme étant totalement inviolables. Sébastien Valiela Le meilleur souvenir, à mon avis, c’est le jour de la sortie des photographies de Mitterrand et de Mazarine, où on se rend compte, avec mon ami Pierre Suu, de ce qu’on vient de faire et des conséquences. On est devant les Guignols qui présentent le faire-part de naissance de Mazarine, et ça nous fait rire.

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Paparazzi ! Photographes, stars et artistes Quel est votre pire souvenir de paparazzi ?

Quelle star avez-vous le plus aimé photographier ?

Ron Gallela Le pire moment a été à Cuernavaca, au Mexique, où je suivais Elizabeth Taylor et Richard Burton sur le tournage de Hammersmith is out. Je me suis fait attraper sur le plateau. Richard Burton me connaissait et il a envoyé trois gardes du corps qui m’ont frappé. J’ai eu le nez et une dent cassés. Ils ont pris mes pellicules et sont allés à mon hôtel où ils en ont confisqué quinze autres, soit deux semaines de travail et plus de cinq cents photos. Ils ont défait les pellicules sur le plateau, détruisant mon oeuvre. J’ai engagé des poursuites contre Richard Burton et Elizabeth Taylor. Mais j’ai perdu le procès car le propriétaire de l’hôtel n’a pas voulu témoigner qu’il m’avait autorisé à les photographier. Ça a été le pire, et on m’a même envoyé en prison. Une raclée et pas de sommeil, c’était un cauchemar. Je suis resté en prison une heure avant qu’ils me relâchent. J’ai fait la une des journaux « Un photographe poursuivant Elizabeth Taylor et Richard Burton ». Richard Burton voulait que je signe un communiqué disant qu’il n’était pas impliqué, et m’offrait 1 500 dollars en contrepartie. J’ai dit non, mais j’ai perdu le procès. Sébastien Valiela Je n’ai pas de mauvais souvenir… Francis Apesteguy Ce sont les mêmes que les bons, c’est quand je me fais casser la gueule, mais c’est le tarif ! Quelquefois il y a un mauvais retour. Daniel Angeli Il faut chercher… Le pire souvenir, c’est à Londres. […] Je fais une série qui aurait été très importante à l’époque, et il n’y avait pas de film dans mon boîtier… Bruno Mouron Le pire souvenir, c’est forcément de rater un coup !

Francis apesteguy Il y en a tellement ! J’ai adoré Catherine Deneuve parce qu’elle c’était une telle révoltée ! Il nous est arrivé de faire des courses de voitures insensées ; c’était comme dans les films de Charlot, on grillait les feux, ça n’avait plus de sens. C’était extraordinaire, on ne se rendait même pas compte, ni elle ni moi, qu’on risquait notre vie pour rien, pour des futilités. C’est le souvenir qui me revient maintenant, sinon il y en a beaucoup d’autres. Ron Gallela La personne que j’ai le plus aimé photographier, c’était Jackie, car elle ne prenait pas la pose, elle était elle-même, ce que j’appréciais. J’étais très bon pour saisir les gens sur l’instant et Jackie était mon sujet favori. Je savais où elle habitait, j’étais dans ma voiture à l’attendre, à la suivre. C’était toute une aventure et j’ai adoré ça. Sébastien Valiela J’ai vraiment photographié beaucoup de monde, surtout durant la période où j’étais au Etats-Unis on pouvait faire trois ou quatre sujets par jour. En France, ce sont toujours un peu les mêmes, mais je prends du plaisir à photographier n’importe qui. Pascal Rostain Il y a un certain paradoxe dans le fait d’imaginer qu’on puisse aimer photographier une star. D’abord, je trouve le mot « star » très galvaudé et d’une vulgarité sans nom, j’emploie plutôt le terme « célébrité ». J’ai beaucoup aimé suivre et photographier Mitterrand, mais c’est peut-être plus pour des raisons idéologiques, car sa personnalité était fascinante. Ce ne sont pas forcément les personnages qui comptent. On a beaucoup photographié la famille de Monaco, on a vécu avec eux, on était les petits cousins éloignés, la famille qu’on ne montrait pas. Les célébrités que j’ai beaucoup aimé photographier restent les hommes et les femmes politiques, parce qu’ils ont toujours quelque chose à cacher et que notre rôle primordial, comme le disait Pierre Lazareff, est fait de trois règles la première, vérifier ; la seconde, vérifier ; et la dernière, vérifier. Bruno Mouron Il y a des paparazzis qui le deviennent parce qu’ils sont fans. Nous, on n’a pas été fans des stars, on est fans de notre métier. On est plus journalistes que fans. On n’a pas d’amis stars.

Qu’est-ce qui est le plus ennuyeux dans la vie de paparazzi ? Sébastien Valiela L’attente ! daniel angeli C’est l’attente, quand il ne se passe rien. Moi, j’aime bien les choses qui vont très vite. Francis Apesteguy On pourrait penser que c’est l’attente, mais en fait nous avons une relation au temps qui est tout autre. La première heure est difficile, puis la deuxième heure l’est moins, et la dixième heure ne l’est plus. Ce n’est pas l’attente qui est le plus ennuyeux, mais peut-être… l’envie de faire pipi. Pascal Rostain Le plus ennuyeux, dans le métier de paparazzi, c’est quand l’information qu’on vous a donnée est inexacte… Bruno Mouron C’est de rater l’histoire, sinon, le reste, on s’y fait ! Planquer, c’est long, mais en même temps il n’y a pas d’ennui, parce qu’on ne sait pas ce qu’on va faire quand on se lève tous les matins.

Êtes-vous plutôt flash ou téléobjectif ? Pascal Rostain On a commencé à une époque, dans les années 1970, où on faisait partie de l’environnement des célébrités. C’était totalement différent, on n’était pas caché, on était sur les trottoirs. Il y avait, si ce n’est une complicité, du moins une élégance, celle des gens que nous photographions, et, du coup, de l’attitude que nous avions en face d’eux. Avec le temps, sont apparus les premiers tabloïds anglais, de plus en plus agressifs, et la technologie du téléobjectif, qui permet de photographier de très loin. J’aime les deux. Le plus important, c’est que les images que l’on rapporte racontent une histoire. […] La technique n’a pas d’importance, ce qui compte, c’est le résultat. Bruno Mouron On s’est adapté. Ce qui était agréable, avant le téléobjectif, c’est qu’il y avait une certaine proximité avec les gens. Ce sont les paparazzis de La Dolce Vita. Évidemment, avec les téléobjectifs, le travail est différent. Mais c’était plus agréable quand on travaillait au 35 mm. Francis Apesteguy J’ai commencé par faire le « matador », en étant au contact, très provocateur, mettant des banderilles à chaque coup de flash. J’attrapais quelque chose, je prenais quelque chose, je ne le rendais pas, quitte à me faire tabasser. Plus tard, j’ai compris que c’était plus intelligent de laisser filer le gibier, et de le suivre au téléobjectif, qu’on aurait de toute façon quelque chose.

Qu’est-ce qui est le plus agréable dans la vie de paparazzi ? Bruno Mouron Le plus agréable, c’est de savoir, évidemment, que ses photographies vont être publiées, et surtout, c’est l’attrait du scoop… Daniel Angeli Réussir. Rapporter les images. Être dans un ton d’actualité. Sébastien Valiela Le moment où on fait la photo ou juste après, quand on sait qu’on a obtenu ce qu’on attendait depuis un certain moment.

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Paparazzi ! Photographes, stars et artistes Bruno Mouron Une photo n’a rien à voir avec un texte. Selon la formulation de la légende, on peut faire dire ce que l’on veut à une image, mais je pense qu’une photo est une vérité, tant qu’elle n’est pas trafiquée, tant qu’elle n’est pas retirée. À l’état pur, une photo est un vrai témoignage. […] Les paparazzis sont beaucoup plus proches de la réalité. Le dernier photographe à avoir photographié [vraiment] une star, c’est [Bert] Stern qui, quand il a photographié Marilyn, a passé quarante-huit heures tout seul avec elle. Et on trouve l’émotion, on trouve tout dans ses photos. Aujourd’hui, quand on veut photographier une star ou une célébrité quelconque, il y a le producteur, l’attaché de presse…, il y a quinze personnes derrière. Vous, vous ne faites rien, il ne se passe rien et cela se voit sur les photos. En plus, les photos sont archi-retouchées. Pour moi, c’est de la communication, c’est un autre métier. Sébastien Valiela Oui, on rétablit la vérité, qu’on est les seuls à dire. Ce qu’il y a dans les magazines « officiels » ressemble plutôt à du publi-reportage qu’à du reportage, les journaux prenant bien garde de ne pas froisser les personnalités, de leur poser les bonnes questions, de les photographier sous la bonne lumière, avec le bon maquillage. Nous, on ne s’embarrasse pas de tout ça, on capture la vérité brute. […] Si on dit quelque chose qui va à l’encontre de ce qu’ils veulent nous faire croire, on le dit, c’est tout. Ron Gallela Oui, je capte les stars telles qu’elles sont, dans l’action. Comme Philip Halsman, qui a photographié de nombreuses couvertures de LIFE Magazine. Il parvenait à se faire oublier des stars qui ne regardaient plus l’appareil photo ou le photographe, et avaient une expression naturelle. Quand elles font quelque chose, elles sont elles-mêmes. C’est la clé. Pascal Rostain C’est un jeu. Il n’y a pas de vérité, il n’y a pas de mensonge. C’est le jeu du chat et de la souris, du gendarme et du voleur. Certaines stars en usent, en abusent, en jouent. Au fond, le jour où une vraie star n’a plus de paparazzi en bas de chez elle, elle n’est plus rien. Francis Apesteguy Ce serait trop long de vous répondre sur le fond… Nous ne faisons que captiver une sorte de connerie monumentale, de frivolité, une drogue pas chère autorisée dans les kiosques. Tout cela n’est que de la frivolité.

Comme disait Cartier-Bresson, il ne faut rien vouloir sinon on n’a rien. C’est cette approche-là que j’ai adoptée dans un second temps, avec un peu plus d’intelligence – et quelques coups de poings. Ron Gallela Cela dépend vraiment du sujet, des circonstances. Si je suis dans un édifice en train de photographier Jackie, j’utilise un objectif à grand-angle, un objectif de 300 mm. Si c’est John Lennon ou David Bowie, une longue focale. Ça dépend de la situation, mais la plupart du temps je préfère la courte focale, un grand-angle. Car je suis plutôt connu – en bien ou en mal –, et je fais réagir les célébrités, qui disent « Pas de photos ! » Soit elles posent pour moi, soit elles me jettent. Mais la plupart du temps, je préfère les prendre par surprise à 1,50 mètre, très vite, ensuite elles me voient, réagissent, j’en reprends une et je parviens à saisir leur expression de surprise, c’est ce que j’aime obtenir. Daniel Angeli Tout dépend de l’obligation ou non de réussir une image. Je préfère de loin, à cause de ma timidité, travailler au téléobjectif, je trouve que les images sont plus belles. Sébastien Valiela J’utilise le téléobjectif – de toute façon, en France, on ne peut pas utiliser le flash. Avec les lois qui sont les nôtres, si on veut que les sujets sortent avant qu’il y ait des référés, il ne faut pas que les gens nous aient vus. Les photographes qui utilisent le flash sont plutôt basés aux États-Unis ; en France, en Italie et en Espagne, on travaille davantage au téléobjectif. Vous considérez-vous comme un collectionneur de stars ? Francis Apesteguy Pas du tout. Bruno Mouron Pas du tout. Je ne suis pas fan de stars ; moi, ce que j’aime, c’est mon métier. Quand on travaille à Match, on ne fait pas que de la photographie paparazzi, ce qui permet d’équilibrer et de faire des choses différentes. Pascal Rostain Pas du tout. Je ne collectionne pas les stars. Je ne collectionne pas les images. Je ne collectionne que les souvenirs. Daniel Angeli J’ai rencontré beaucoup de célébrités, j’ai eu des rapports humains avec beaucoup de ces personnes – John Lennon, Johnny Hallyday, Onassis… –, mais ce n’était pas un calcul ; pour moi, c’était un rapport normal. Aujourd’hui, je me rends compte que ces images sont importantes parce qu’il s’agit de gens importants, mais à l’époque je faisais ce métier comme j’en aurais fait un autre. Ron Gallela Je ne suis pas vraiment un collectionneur. Je ne collectionne pas les autographes et autres objets des célébrités. Mon intérêt se limite à photographier des stars. Mon art, la photographie, c’est l’art d’aujourd’hui et c’est beau. Pour moi la peinture et la sculpture ont fait leur temps. La photographie est l’art moderne.

Y a-t-il une éthique du paparazzi ? Ron Gallela J’ai des limites. Je n’allais pas chez les stars à moins d’y être invité, mais je frappais à leur porte. Je suis allé chez Doris Day. J’ai fait des photos, jusqu’à ce qu’elle me demande « Êtes-vous un professionnel ? » J’ai dit oui. Et vlan ! Elle m’a claqué la porte au nez ! J’ai frappé à la porte de Nathalie Wood, elle m’a dit « Entre, je serai prête dans dix minutes ! » Et en minijupe, elle m’a laissé prendre de belles photos. Pascal Rostain Les limites ne nous sont pas fixées par notre métier, ni par les gens que nous photographions ou les magazines pour lesquels nous travaillons. Elles nous sont fixées par un minimum de décence. Il y a évidemment des choses que l’on ne va pas photographier, mais ce n’est pas tellement dans les histoires de paparazzis et de stars, c’est davantage dans les histoires de faits divers ou de conflits, où il est souvent facile de piétiner la décence tous les jours. Les stars ouvrent de plus en plus les portes de leur appartement, de leur salle de bains, et pourquoi pas de leur clinique… […] L’indécence n’est pas toujours du côté des paparazzis ou du public, elle est aussi du côté des personnes que l’on photographie. Francis Apesteguy Chaque personnage a ses propres limites. J’ai des collègues qui ont photographié le

Avez-vous le sentiment de rétablir une sorte de vérité sur les stars ? Daniel Angeli C’est une très bonne question, qui m’a toujours gêné dans ce métier. Les images que l’on fait sont destinées à être publiées dans des journaux selon l’axe que l’on veut bien leur donner. On peut interpréter une photo selon le texte, mais ce n’est pas toujours la vérité. J’ai vu certaines de mes images publiées avec des légendes qui n’étaient pas bonnes, pour raconter, dans un but commercial, une histoire qui n’existait pas. C’est une question compliquée.

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Paparazzi ! Photographes, stars et artistes fils de Romy Schneider à la morgue, en se déguisant en médecins ; moi je n’aurais pas pu le faire, parce que j’avais déjà un enfant à l’époque et d’autres références, ce qui n’était pas leur cas. J’aurais peut-être fait comme eux avant d’avoir un enfant, c’est une question de références mentales. Daniel Angeli Il y a des barrières dans ce métier, par exemple les enfants ou les disparitions, comme celle du fils de Romy Schneider, qui m’a marqué, parce que des photos ont paru que je n’aurais pas faites. Sébastien Valiela Il n’y a évidemment pas d’éthique écrite. Chacun fait comme il veut. Mis à part le fait de ne pas toucher à la maladie ou à la faiblesse physique des gens, le reste ne me semble pas important, étant donné qu’on travaille plutôt dans l’événement heureux (histoires d’amour, de séparations, grossesses…) à quatrevingt-dix pour cent du temps.

sert un système frivole, qui n’améliore pas le cerveau des gens. On les rend bêtes. C’est une drogue gratuite, comme je le disais à propos de l’affaire Diana s’il n’y avait pas de dealers, il n’y aurait pas de drogués. Ron Gallela Je pense que les médias sont trop nombreux et qu’ils surexposent tout, ce n’est pas bon. Ils deviennent vulgaires, ils vont voir les stars, ils les démolissent, alors que moi j’aime les construire, j’aime voir le beau. C’est pourquoi je photographie de belles expressions, naturelles. Mais aujourd’hui les médias se focalisent sur leur cellulite, sur leurs jambes, ils veulent les rendre moches, montrer leur obésité et tout le reste. Pour moi, c’est affreux. Daniel Angeli Cela représente à mes yeux la fin de mon métier. J’ai arrêté il y a une vingtaine d’années pour me consacrer à autre chose – le rock’n’roll, le cinéma –, quand l’intérêt de ce métier touchait à sa fin. J’aurais le même âge aujourd’hui, je ne choisirais pas ce métier. Ce qui m’a intéressé à l’époque, c’était une espèce de découverte, il y avait très peu de journaux, c’était quelque chose de difficile. Il fallait vraiment avoir envie de faire de la photo. Pascal Rostain Internet a énormément changé les choses. C’est la chronique d’une mort annoncée pour la presse papier. Il faut vraiment s’intéresser de plus en plus au numérique. Le problème d’Internet, c’est qu’il y a un nombre considérable de conneries. On en revient aux fondamentaux de ce métier il y a de moins en moins de journalistes sur le terrain. Quand on a fait une planque sur le général Rondot, quand Le Monde a sorti l’affaire Clearstream, on nous a souvent dit « Vous êtes les meilleurs ! » Non, nous n’étions pas les meilleurs, nous étions les seuls sur le terrain. Il y a trente ans, on aurait été cinquante journalistes […]. La seule règle, comme le disait Tom Wolfe, qui est journaliste avant d’être écrivain, c’est de sortir, d’aller sur le terrain. […] Il faut essayer d’inciter les jeunes générations à aller dans la rue. L’école de la rue, c’est ce qu’il y a de mieux.

Selon vous, qui crée les paparazzis ? Les magazines ou les lecteurs ? Daniel Angeli Je dirais qu’initialement, c’est le lecteur. […] Si le lecteur achète, c’est que cela l’intéresse. Sébastien Valiela À mon avis, ce sont d’abord les lecteurs, qui sont avides de scoops et de ragots. Les magazines ne font que leur donner ce dont ils ont envie – on le voit bien aujourd’hui sur Internet. Ron Gallela La création de l’industrie paparazzi résulte d’une combinaison entre le désir de savoir du public – la curiosité, en un mot – et celui du photographe. C’est ce qui m’a motivé, voir comment sont les personnes riches et célèbres, et c’est la même chose pour le public. Tout le monde veut savoir comment elles vivent, à quoi elles ressemblent, etc. Bruno Mouron C’est une histoire sans fin… On dit que s’il n’y a pas de lecteurs, il n’y a pas de magazines, et s’il n’y a pas de magazines, il n’y a pas de lecteurs. Il ne faut pas prendre ça pour une excuse, c’est complètement faux. Francis Apesteguy Dans le cas Diana, on a dit « Paparazzis assassins ». C’était un faisceau de lumière impeccable. Mais les paparazzis qui étaient là dans le tunnel de l’Alma étaient commandités, et qui dit commandités dit commanditaires. Or, le faisceau de lumière ne montrait pas les commanditaires – mais ce sont bien eux qui créent les paparazzis. [Qui sont les commanditaires ?] Les patrons de presse, Murdoch en Angleterre, Bernard Arnauld, Lagardère, des gens qui n’ont rien à voir avec la presse, qui sont des commerciaux, des affairistes. Ça, c’est un discours Mélenchon ! Pascal Rostain Je pense que ce ne sont ni les magazines ni les lecteurs qui créent les paparazzis. Ce sont tout simplement les célébrités et les gens qui refusent d’être photographiés. C’est très compliqué, car à un moment ils ont besoin de promotion […], ils ont besoin de la presse, et permettent cette intrusion médiatique dans leur vie privée. Mais le jour où ils décident de fermer la porte – et on peut les comprendre –, le public et les magazines veulent en savoir plus.

Y a-t-il une dimension politique dans votre métier ? Francis Apesteguy Toutes nos pensées sont quelque part politiques. […] Je n’ai pas pratiqué ce métier comme une lutte des classes, c’était de la provocation. J’ai toujours été très provocateur. Après, on peut effectivement rapporter cette provocation à une lutte des classes – si je vous parlais de Mélenchon, ce n’est pas pour rien ! Pascal Rostain Il n’y a pas de dimension politique, il y a juste la dimension de la vérité. Que la politique mente, que les femmes et les hommes politiques racontent des conneries, c’est le rôle du journaliste d’essayer de le montrer. Ron Gallela Il n’y a rien de politique dans mes photos de célébrités. Je photographie de manière objective. Je ne penche ni d’un côté ni de l’autre. Je rends compte de ce que je vois. Ce que je fais, c’est du photojournalisme. Daniel Angeli Cela m’est arrivé d’approcher le domaine politique. Pour moi, des personnages de la politique comme Sarkozy, c’est un peu le show-biz. Sébastien Valiela Il y a une dimension politique uniquement quand je photographie des hommes politiques, puisque le peopolitique a commencé à arriver dans notre métier. Mais on reste toujours dans l’aspect privé, on ne s’occupe pas vraiment de politique…

Quel est votre sentiment par rapport à la société du spectacle dans laquelle nous vivons ? Sébastien Valiela Tout n’est pas paillettes et célébrités, mais les gens en ont besoin pour se détendre. [Lire des magazines comme Voici, Closer ou Paris-Match], c’est une petite parenthèse qui permet aux gens de s’évader. Francis Apesteguy Si j’étais encore paparazzi à l’heure actuelle, j’en ferais forcément encore partie. On

Pourquoi n’y a-t-il pas de femmes paparazzi ? Bruno Mouron C’est curieux, parce que les femmes sont souvent beaucoup plus patientes que les hommes.

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Paparazzi ! Photographes, stars et artistes Francis Apesteguy Il faut leur demander ! Sébastien Valiela J’en ai rencontré aux États-Unis, mais c’est vrai que c’est assez rare et qu’en France il n’y en a pas. Pourquoi ? Je ne sais pas. C’est peut-être un métier qui ne les intéresse pas. Daniel Angeli Il y en a quelques-unes, mais elles ne persistent pas car c’est quand même un métier difficile. Je ne pense pas qu’il soit fait pour les femmes. Ron Gallela Ma femme Betty était une paparazza… On était à Johannesburg en train de photographier Ted et Rose Kennedy pendant un défilé ; elle est tombée, bousculée par un autre photographe, et s’est fracturé le genou. Après ça, elle a arrêté. La raison pour laquelle vous ne trouvez pas de femmes, c’est que c’est dur, très dur.

la télé. Nous sommes considérés comme des parasites, des envahisseurs. Pour moi, c’est faux, et cela ne m’atteint pas ! Sébastien Valiela Je n’ai pas du tout la sensation d’être perçu comme un prédateur ! Quand je fais des photos dans la rue, les gens viennent me parler, éventuellement me posent des questions, ce n’est jamais agressif. Quand je me retrouve dans des dîners et que les gens découvrent ce que je fais, on me pose beaucoup de questions et les gens sont plutôt bienveillants ; cela les fait plutôt rire. Je n’ai pas vraiment d’impression d’agressivité. Je pense que les contractuelles dans la rue sont plus mal perçues que moi. Pascal Rostain Je vis très bien cette contradiction. D’abord, c’est un esprit très gaulois, très français on aime bien brûler ses icônes, on aime bien consommer ce genre d’information, mais on aime bien aussi dire que c’est dégueulasse. C’est un marché planétaire, et ce qui est intéressant, c’est de regarder comment on est considéré à l’étranger. Dans certains pays, comme en Espagne, en Italie ou aux États-Unis, c’est tout à fait admis, nous sommes considérés comme des journalistes qui font un métier pas du tout décrié. En France, c’est vrai que c’est arrivé après le 31 août 1997, après l’accident de la princesse Diana, où nous avons été vilipendés, brûlés par nos confrères, lesquels adorent, lorsqu’on fait un scoop qui fait la couverture d’un magazine, en parler et le montrer à l’écran. Donc on le vit très bien, car on n’est pas naïfs, on n’a pas de remords ou de regrets. J’en ai peut-être eu plus en photographiant des faits divers ou des conflits. Bruno Mouron Les gens ont besoin de vérité, et savent très bien que c’est elle qui apparaît parfois dans ces photos sans qu’il y ait de détournement. Il faut aussi se replacer dans le temps et regarder les photos qui ont été faites il y a une vingtaine, une trentaine ou une quarantaine d’années aujourd’hui, les gens les regardent différemment et les apprécient, elles rejoignent même les cimaises des musées !

Que répondez-vous à ceux qui vous accusent d’être des violeurs d’intimité ? Francis Apesteguy Ils ont raison ! Bruno Mouron Je ne leur réponds pas, mais je constate que ceux qui portent ces accusations sont souvent des gens qui connaissent beaucoup mieux que nous le contenu des journaux people ! Ron Gallela C’est un point de vue. Peut-être que parfois j’envahis leur vie privée et vais trop loin, mais… Si les célébrités veulent de l’intimité, elles doivent rester chez elles. En public, elles doivent s’attendre aux paparazzis. Sébastien Valiela Les personnes qui disent ça sont sans doute celles que l’on photographie, c’est normal qu’on les énerve un peu ! Ce qu’on fait n’est pas très grave, c’est rare que l’on dévoile quelque chose d’extrêmement important. Il y a quand même des limites qui sont cadrées – par la loi, pas que par nous. En général, on va annoncer, peut-être quinze jours avant eux, avant une montée des marches ou une première de film, qu’untel est avec untel, c’est tout. Quand on dit « violeurs d’intimité », cela me paraît un peu fort, c’est plutôt qu’on gêne leur plan commercial, de publicité, de carrière… Pascal Rostain Certes, on peut voler une image, mais on ne vole pas leur âme ! S’ils en avaient, encore… […] « Voleurs », « violeurs », c’est bien, c’est super-agressif, mais est-ce qu’eux ne volent pas la vérité ? On n’a pas « volé » des images, […] ce sont juste des images vraies. C’est la vraie vie des gens, et c’est pour cela que ça marche, parce que cela intéresse le public. Daniel Angeli J’ai rarement été attaqué […]. Ce que je juge pas bien dans ce métier, c’est qu’on aille emmerder les gens, simplement parce qu’ils ont un nom et que cela se vend. Pour ma part, j’ai toujours essayé d’être dans un ton d’actualité, d’avoir une cause, une raison pour aller faire ma photo. Par exemple ma photo d’Agnelli sautant nu dans la mer, à l’époque, a été faite à cause de l’affaire Revelli-Beaumont. Que fait le patron de Fiat au moment où on demande une rançon pour la vie d’un homme qui représentait Fiat ? Après, la photo peut être interprétée autrement, mais moi je l’ai faite dans cet état d’esprit.

Quelle(s) évolution(s) du métier avez-vous constatée(s) ? Bruno Mouron Le nombre de photographes présents est beaucoup plus important, et la manière de travailler est différente aujourd’hui. Nous, c’était beaucoup plus cool, on travaillait au 35 mm, il y avait une certaine proximité avec les gens, un dialogue, on leur parlait. Parfois on faisait des photos et puis on finissait par aller boire un verre avec eux. Il se passait quelque chose […]. Maintenant, il y a deux sortes de journalistes, ceux qui restent derrière leur bureau et qui travaillent sur le Net, et les milliers de paparazzis qui sont dans la rue et qui travaillent en meute ; ils sont un peu plus agressifs parce qu’il n’y a pas de contact. Daniel Angeli Quand j’ai commencé, j’avais peu de supports à ma portée. Il y avait Paris-Match, France Dimanche, Ici Paris, ou encore Noir et blanc, qui a disparu depuis, et puis les quotidiens, Paris Presse, L’Intransigeant, avec les pages d’Edgar Schneider qui nous intéressaient, qui nous permettaient de vivre. Pendant quelques années, c’était vraiment très difficile de subsister dans ce métier, et d’un seul coup il y a eu l’éclatement de la presse allemande, en France la naissance de Voici, les prix ont monté et cela a formé une espèce de photographes que l’on peut assimiler à des chasseurs d’images, ce qui n’existait pas quand j’ai commencé. Francis Apesteguy Ça a décliné de façon dramatique. Aujourd’hui, les méthodes sont toujours les mêmes, mais les paparazzis pourchassent Poivre d’Arvor… C’est de la gnognotte. À mon époque, c’était Sophia Loren, Catherine Deneuve, Brigitte Bardot… Il y avait quelque chose, c’était glorieux. Quand Stalone arrivait à Paris, on

Que pensez-vous du fait qu’une partie de la société vous considère comme des prédateurs mais, en même temps, se délecte de vos images ? Francis Apesteguy [Rires] Je ne l’ai toujours pas compris ! Ron Gallela Il y a beaucoup d’hypocrisie dans cette peur de la photographie de célébrités, beaucoup de contradictions. Les stars n’aiment peut-être pas ça, mais dans le fond elles veulent se voir dans les magazines et à

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Paparazzi ! Photographes, stars et artistes Qu’est-ce que cela vous fait de voir aujourd’hui vos images exposées dans un musée ?

enquillait derrière lui, on était quatre ou cinq, on passait la journée avec lui à Montmartre, et il posait pour nous. Je pourrais prendre d’autres exemples. Pascal Rostain Nous, on a commencé à une époque où on était cinquante paparazzis sur la planète. On se connaissait tous, on était dix en France, douze en Angleterre, il y en avait deux sur la côte est des États-Unis, il y avait Phil Ramey sur la côte ouest. Il n’y a qu’en Italie qu’ils étaient nombreux […]. C’était vraiment la dolce vita, à une époque qui était plus élégante, où ce qui importait était la manifestation de la vérité. Il y avait un côté un peu justicier. On était exclusif pendant plusieurs mois, aujourd’hui on est exclusif dix minutes. L’information va de plus en plus vite, et beaucoup trop vite. Ron Gallela Quand j’ai commencé, il y avait très peu de paparazzis à New York, seulement quatre ou cinq. C’était très facile d’obtenir des exclusivités, il y avait beaucoup de liberté. Mais aujourd’hui cela a changé. Vers 1975, les magasines people sont apparus, US Magazine, Stars… Et c’est devenu difficile d’obtenir de belles photos trop d’obstacles, trop de gardes du corps, trop de chargés de relations publiques, trop de gens qui se mettent en travers du chemin. Et trop d’histoires, trop de restrictions. Dieu merci, j’ai arrêté de photographier ! Pour moi, le meilleur est déjà dans mes archives, alors je fais des livres. Sébastien Valiela Je suis arrivé au début de Voici, il y avait déjà un changement par rapport à l’époque antérieure. Le métier s’est davantage démocratisé, les supports se sont multipliés. Cela a permis de toucher un éventail de personnes différent au lieu de se cantonner aux royautés ou à quelques acteurs, on s’attache maintenant aux personnages de télé ou aux chanteurs. La seconde évolution, ça a été Internet, qui est en train de tout bouleverser. Actuellement, on est dans un entre-deux, entre le support papier et Internet, qui n’a pas encore les capacités et l’argent pour se payer les procès, etc., mais qui en même temps fait baisser les tirages des journaux. La balance va s’établir, mais elle n’est pas encore réglée.

Ron Gallela C’est très flatteur. Je ne me serais jamais attendu à cela. Sébastien Valiela Ça fait très plaisir, mais c’est étonnant, parce qu’on entend souvent dire – mis à part Helmut Newton qui aimait bien notre travail – qu’on fait des photos floues, pas nettes, moches. Francis Apesteguy Je pense que c’est mérité, […] non pas pour moi, mais pour les images elles-mêmes. Cartier-Bresson et Willy Ronis ont fait les mêmes images qu’Angeli, moi, ou d’autres. Elles étaient prises sur le vif ; c’était la vie. Quand on me demande dans la rue « Pourquoi nous avez-vous photographiés ? », je réponds « Je photographie la vie, c’est tout. Je ne vous offense pas, je photographie la vie. » Pascal Rostain Ça nous amuse énormément de nous retrouver accrochés aux cimaises des musées […]. Plus sérieusement, je pense que c’est aussi le reflet d’une époque et d’une partie de l’histoire de la photographie. Prises une par une, ces photographies n’ont pas beaucoup d’intérêt, mais quand on les réunit, elles donnent un sens non seulement au métier de photographe, de paparazzi, mais aussi à celui de journaliste. Daniel Angeli C’est un métier que j’apprends. Je me rends compte qu’on ne peut pas tout exposer. Initialement, ces photos ont été réalisées pour des publications, et au milieu, de temps en temps, il y a en a une qui sort du lot, mais le choix est difficile. Bruno Mouron Le monde de l’art ne s’était pas encore immiscé dans ce domaine de la photographie. En choisissant certaines photos, je m’aperçois que c’est une très bonne idée cela me donne un deuxième regard, et je trouve que, comme le bon vin, certaines de ces photos, en vieillissant, sont quand même pas mal.

Quels changements a apportés le numérique ? Bruno Mouron Le numérique a apporté beaucoup de choses au niveau technique. Vous pouvez prendre des photos de nuit ou dans la pénombre. Et puis il y a les téléphones portables. Dans tous les grands événements, les gens photographient avec leur téléphone. […] Au début, on a cru que c’était une concurrence, mais les images ne sont pas sourcées. Si vous prenez une photographie d’une célébrité qui attend à l’aéroport, comme ça, bêtement, sur votre portable, je ne sais pas qui va vouloir acheter cette photo. Daniel Angeli Je pense que les images n’ont plus de valeur aujourd’hui ; n’importe qui peut les faire, les appareils photos ont tellement évolué qu’il n’y a pas besoin d’apprendre la technique, et cela tue la valeur de l’image. C’est une nouvelle génération… Francis Apesteguy C’est comme pour les mines de charbon il y a soixante ans, c’est ce qui a fait fermer les agences. Ça a le même effet que l’arrivée du pétrole pour les mines de charbon. […] Un jour, j’ai fait la même photo, au même instant, avec un appareil argentique et avec un numérique, avec une belle définition. Je scanne ma diapo – donc cela devient aussi du numérique –, je prends la loupe, je fais deux tirages eh bien, on reconnaissait tout de suite où était l’image argentique et où était l’image numérique. Pourquoi ? Le volume. Voilà ce qu’il y avait en argentique et qu’il n’y a plus en numérique. La perversion, c’est que nos yeux s’habituent à cette platitude.

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Paparazzi ! Photographes, stars et artistes

4. Le Catalogue Sommaire 7

Avant-propos Alain Seban

9

Préface Laurent Le Bon

11 Treize thèses et demie sur le concept de photographie paparazzi Clément Chéroux 20

Tapis

28

Photographes

30

Une

32

Les risques du métier. Entretiens avec des paparazzi Clément Chéroux, Camille Lenglois, Véra Léon et Max Bonhomme

51

Le marché des images de paparazzi Michel Guerrin

72

Des

75

Quand le premier paparazzi faisait son cinéma Sam Stourdzé

86

Le paparazzi à l’écran : construction d’un mythe contemporain Aurore Fossard-De Almeida

94

Stars

rouge

profession

mythologies

Pleins 96 98

feux

Les paparazzi, agents du capital de visibilité Nathalie Heinich

150 L'envers

du décor

153 Le droit des photographes de la vie privée. Les paparazzi sous l’objectif du droit Marion Varinot et Nicolas Maubert

Catalogue de l'exposition sous la direction de Clément chéroux

195 La nuit des chasseurs André Rouillé

Coédition Centre Pompidou-Metz / Flammarion

210 Artistes

Format: 320 pages Prix : 45 Euros ISBN : 9782081330016

212 Les

formes de l'appropriation

214 Migrations et appropriations. Les artistes et l’esthétique paparazzi Quentin Bajac 240 Dans

la peau du paparazzi

243 La photographie de mode et l’esthétique paparazzi Frédéric Monneyron 282 Kiosque 298 Annexes 300 Bibliographie 304 Liste des œuvres et publications exposées 312 Générique

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Paparazzi ! Photographes, stars et artistes

5. Artistes et photographes A ABASCAL Paul ADAMI Valerio ANGELI Daniel APESTEGUY Francis ARGENTO Dario ARNESSON Malin ASCANI Massimo AVEDON Richard B BANIER François-Marie BARÓN Julián BEAUREGARD Christophe BEHR Martin BETTMANN Otto Ludwig BINSCHTOK Viktoria BOAS Gary Lee BURLOT Jack C CALLE Sophie CANDE Daniel CECCARINI Jean-Jacques CICCONI Umberto D DANZ Pascal DEMAND Thomas DE PALMA Brian DEPARDON Raymond DESPOTOVIC Dusko DIMMOCK Jessica DOORNAERT Julien DUSSAULX Romain E ELTERMAN Brad ESCH Thierry F FARRELL Malachi FELLINI Federico FLORES Henry

G GALELLA Ron GARNER Philippe GARRITTANO Settimio GEPETTI Marcello GINFRAY Michel GINIÈS Michel G.R.A.M. (Günther HollerSchuster, Ronald Walter, Armin Ranner, Martin Behr, dits) GÜNTER Kathrin H HAMILTON Richard HARVEY Glenn HARRING Keith HATAMI Shahrock HERNÁNDEZ Jonathan Holler-Schüster Günther HOROWITZ Jonathan J JACKSON Alison K KAHRS Johannes KER Jean KLEIN William KRUGER Barbara Kvartuc Branimic L LALANDE Benjamin Langevin Jacques Lepresle Vincent LESEMANN Christian LINKE Armin LUBOMIRSKI Alexi LUDIN Ulf M MARTIN Xavier MC CARTHY Paul MEKAS Jonas MIRGUET Olivier MORIN Patrick MOURON Bruno

P PALECEK Jérémiah PEDRIALI Dino PENDZICH Erik C. PERRIN Frank PIGOZZI Jean PRIESTER Max PROBST Barbara R RAMEY Phil Ranner Armin RICHARDS Paul J. RICHTER Gerhard ROSS Alicia ROSTAIN Pascal Rozier Jacques S SALOMON Erich SANTOS Jaclyn Schmulbach Paul SECCHIAROLI Tazio SHERMAN Cindy SICCOLI Patrick SMEAL Jim SUU Pierre T TELLER Jürgen TICKNER Liam TURK Gavin U UT Nick V Valiela Sébastien VOX Maximilien W WALTER Ronald WEEGEE WARHOL Andy WILCKE Willy WYLER William YOUNG Richard Y YOUNG Richard Z ZULAWSKI Andrzej

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Paparazzi ! Photographes, stars et artistes

6. Les prêteurs Allemagne

new york Gavin Brown’s enterprise

berlin

International Center of Photography

Berlinische Galerie – Landesmuseum für Moderne Kunst, Fotografie und Architektur

Keith Haring Foundation Metro Pictures

Klemm’s

RBS Collection

Sprüth Magers Berlin London

The Museum of Modern Art

Stiftung Deutsches Historishes Museum

The Richard Avedon Foundation

Hambourg

France

Deichtor Hallen Internationale Kunst und Fotografie Hamburg Kulturbehörde Denkmalschutzamt Bildarchiv

Aix-en-Provence Munich

Hôtel de Gallifet

Hubert Burda Media Sammlung

Bièvres Zwingenberg

Musée français de la photographie

Friedhelm Heitland

Boulogne-Billancourt

Autriche

Canal Plus TF1 Vidéo

Vienne

Clamart

WestLicht

Palmeraie et désert

Issy-les-Moulineaux

Belgique

Studio Canal

Puurs Levallois-perret

Duvel Moortgat

Bestimage

états-Unis

Montreuil Galerie Lumière des roses

Closter Neuilly-sur-seine

Rainer Ganahl et Lilly Hull

Collection Cécile Angeli

Los Angeles Mavrix Photo Paramount Pictures

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Paparazzi ! Photographes, stars et artistes

Italie

Offwiller Frédéric Hoch

Bologne Cineteca del Comune di Bologna

Paris A. Galerie

Rome

Agence France-Presse

Collection David Secchiaroli

Agence Sphinx

Collection Katia Bede Garritano

Bibliothèque nationale de France

Collection Pierre Apraxine

Centre Pompidou, Musée national d’art moderne

Fondazione Allori – Archivio Fotografico Storico Italiano Umberto Cicconi

Collection famililale Georges Dudognon

Marcello Geppetti Foundation, srl

Collection Michel Giniès

Reporters Associati

Collection T. Valletoux Corbis France

Mexique

Eyewitness Fondation Jérôme Seydoux-PathéFonds national d'art contemporain

México

Galerie Perrotin

Kurimanzutto

Gamma-Rapho Getty Images

Royaume-uni

Institut national de l'audiovisuel KCS Presse

Londres

kamel mennour

Collection Philippe Garner

Magnum photos

James Hyman Gallery

Management + Artists

Murderme Collection

Sipa Press

The Alan Cristea Gallery

Société civile des producteurs phonographiques Quinta Communications

Suisse

Wild Side Films ZK Images Gallery

Lausanne Collection Sam Stourdzé

Sélestat

Musée de l'élysée

Frac Alsace

Vevey Musée suisse de l’appareil photographique

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Paparazzi ! Photographes, stars et artistes

7. La programmation culturelle autour de l'exposition Dans le prolongement de ses expositions, le Centre Pompidou-Metz propose une programmation artistique pluridisciplinaire dans différents espaces : Auditorium Wendel, Studio, galeries, Forum et jardins.

Dans le cadre de l'exposition Paparazzi ! Photographes, stars et artistes, le Centre Pompidou-Metz propose des spectacles de danse, des performances, du cinéma et des conférences et accueille à cette occasion des artistes reconnus.

Le décloisonnement des espaces et des contenus permet une forme inédite d'échange entre les expositions et le spectacle vivant.

Samedi 5 avril 2014, le jeune chorégraphe colombien Luis Garay présente le spectacle Maneries, mondialement récompensé.

Les rendez-vous sont pensés autour des expositions afin d'en développer le thème à travers d'autres champs de la création : danse, musique, cinéma, conférences...

Mercredi 9 avril, le célèbre film Reporters de Raymond Depardon est projeté en présence du réalisateur ainsi que du paparazzo Francis Apesteguy, en partenariat avec le Festival Littérature et Journalisme.

Le Centre Pompidou-Metz offre ainsi une lecture vivante de l'art moderne et contemporain en faisant dialoguer entre elles des disciplines artistiques et en favorisant la rencontre entre les artistes et le public.

Vendredi 11 avril, Stéphane Malfettes, programmateur pour le spectacle vivant au musée du Louvre et cofondateur de la maison de conférences SuperTalk, propose une "stand up" conférence originale et dynamique intitulée Us, les fans, leurs vies, suivi d'un concert de Michel Cloup.

Le Pass

Samedi 12 et dimanche 13 avril, la performance étonnante et divertissante de Liz Santoro et Pierre Godard, Watch it, interroge la notion d'attention du spectateur. Elle sera accompagnée le dimanche d'une visite interprétée de l'exposition par le paparazzo Pascal Rostain, auteur de l'ouvrage Voyeur (éditions Grasset, janvier 2014).

Le Pass permet aux visiteurs d'accéder pendant un an à l'ensemble des expositions du Centre PompidouMetz, accompagnés d'une personne de leur choix, et de bénéficier de tarifs réduits pour assister aux spectacles et conférences. Tarif pour une première adhésion : 33 euros. Tarif réadhésion : 27 euros.

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Paparazzi ! Photographes, stars et artistes

8. Le concours photographique A propos de Wipplay.com :

Dans le cadre de l'exposition Paparazzi ! Photographes, stars et artistes, le Centre Pompidou-Metz, en partenariat avec le site internet Wipplay.com, lance un concours photographique.

En lançant de grands jeux photographiques chaque semaine, wipplay.com invite tous les passionnés d’images, amateurs ou professionnels, à « Shooter, voter, gagner» à travers un réseau social dédié et organisé autour de manifestations culturelles, d’évènements citoyens ou de tendances artistiques.

En écho à l’esthétique de la photographie paparazzi, le concours « Tous Paparazzis ! » propose aux photographes et passionnés d'images, amateurs ou professionnels, de jouer avec la prise de vue au téléobjectif et le coup de flash en soumettant directement leurs images sur le site wipplay. com.

Simple concours photographique participant à la révélation de talents anonymes, rencontre entre initiés, jeu de pistes ou de vitesse, WIPPLAY invite les internautes à exposer leurs images sur la toile, à ciel ouvert ou dans des galeries, et à les faire évaluer par les plus grands experts de l’image.

Le concours est lancé le 26 février 2014 sur le site wipplay. com et relayé via la page Facebook du Centre PompidouMetz.

CONTACT PRESSE : Inès Dartiguenave Tél : +33 (0)6 99 57 02 99 Mél : ines@wipplay.com

Le jury se tiendra à la mi-avril et sélectionnera les photographies des lauréats. Il sera composé de Clément Chéroux, commissaire de l'exposition; Kathrin Günter, artiste de l'exposition ; de Pierre-Henri Verlhac, éditeur du photographe Ron Galella et de Jean-François Camp, président du laboratoire Central DUPON Images.

A propos d’Olympus :

Les lauréats se verront attribuer : Avec 455 employés et un chiffre d’affaires de 185 M€, OLYMPUS France-Belgique-Luxembourg distribue l’ensemble des gammes de produits OLYMPUS : PhotoAudio, Santé et Industrie. Avec son Centre de Réparation Européen, OLYMPUS France-Belgique-Luxembourg se positionne comme une Région phare au sein du groupe OLYMPUS Europe. OLYMPUS est le seul acteur du marché de l’optique à appliquer son savoir-faire avec une transversalité dans tant de domaines de pointe à la fois : métiers de la santé, de l'industrie et univers de la photo professionnelle & grand public. Chaque secteur bénéficie des savoir-faire acquis dans les autres domaines afin d'atteindre l'optimisation des performances. Olympus s’inscrit ainsi parmi les leaders sur l’ensemble de ses marchés.

- 1er prix du jury : un appareil photographique Olympus EP-5, Un livre en cuir rouge en série limitée (30 exemplaires) « Boxing with the stars » avec un tirage Gallela à l'intérieur, et la publication de l’image lauréate sur evene.lefigaro.fr - 2ème prix du jury : un appareil photographique Olympus TG-2 tout terrain et étanche, 1 Coffret imitation chrome / papier d'aluminium édition limitée (200 ex.) sur Warhol, un catalogue de l'exposition et la publication de l’image lauréate en couleur sur evene.lefigaro.fr - 3ème prix du jury : 1 livre Edition "normale" sur Warhol, un catalogue de l'exposition et la publication de l’image lauréate en couleur sur evene.lefigaro.fr

CONTACT PRESSE : Jonathan LANG Tél : +33 (0)6 11 84 10 96 Mél : ofr-communication@olympus.fr

Les lauréats bénéficieront également d’une visite privée de l’exposition et verront leur photo publiée sur la page Facebook du Centre Pompidou-Metz.

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Paparazzi ! Photographes, stars et artistes

8. Générique

L'exposition Paparazzi ! Photographes, stars et artistes a été conçue et organisée par le Centre Pompidou-Metz. L'exposition sera également présentée à la Schirn Kunsthalle à Francfort-sur-le-Main (27.06 - 22.10.2014).

exposition Commissaire Clément Chéroux, conservateur au Centre Pompidou, Musée national d’art moderne, chef du Cabinet de la photographie Commissaires associés Quentin Bajac, conservateur en chef du département de la photographie, The Museum of Modern Art, New York Sam Stourdzé, directeur du Musée de l’Élysée, Lausanne Chef de projet Irène Pomar Chargée de recherches et de coordination Camille Lenglois Chargée de recherches Lucie Le Corre Scénographie Agence NC : Nathalie Crinière, Mathilde Le Coutour Conception graphique P&J : Laurent Pinon et Aurore Jannin avec la collaboration de Sofia Chaoui Édition Claire Bonnevie Régisseurs d'œuvres Charline Becker Julie Schweitzer Régisseur d'espace Alexandre Chevalier Coordination des aménagements scénographiques Christian Bertaux Stéphane Leroy Conception lumière Julia Kravtsova Vyara Stefanova Conception et coordination des installations audiovisuelles Christian Heschung Jean-Pierre Del Vecchio Christine Hall

Installation du matériel audiovisuel et éclairage JCD Communication : JeanChristophe Accorsi, Frédéric Pernot et leur équipe Cottel : David Cottel et son équipe MPM Éclairage : Laurent Capron et son équipe Sébastien Bertaux Vivien Cassar Jean-Philippe Currivant Pierre Hequet

Sécurité incendie Service Départemental d’Incendie et de Secours de la Moselle Médiation Phone Régie Supports de médiation Anaïs Feyeux Anne Horvath Camille Lenglois Dominique Oukkal Stagiaires Max Bonhomme Amélie de Dianous Gabrielle De la Selle Camille Grateau Flora Joubert Judith Langendorff Céline Laurent Véra Léon Mathilde Petit Jeanne Rethacker Julia Rey

Réalisation des aménagements muséographiques Volume International : Christophe des Dorides, Marc Froissard et leur équipe Peinture Debra Frères : Jacques Debra et son équipe Jean-David Puttini Installation électrique Cofely Ineo GDF Suez : Christophe Lere et son équipe

Centre pompidou-Metz

Tirages photographiques Rainbow Color : Catherine Brunet-Rossini, Cédric Viviani et leur équipe

Le Centre Pompidou-Metz est un établissement public de coopération culturelle (EPCC), dont les membres fondateurs sont l’État, le Centre Pompidou, la Région Lorraine, la Communauté d’agglomération de Metz Métropole et la Ville de Metz.

Encadrement et supports de présentation des œuvres Aïnu : Stéphane Pennec, Alix Camus, Ana Pennec, Simona Calza et leur équipe

CONSEIL D'ADMINISTRATION

Transport et emballage des œuvres LP Art : Gwenaël Rimaud, Nicolas Rimaud, David Pierucci, Laurine Derval et leur équipe

Alain Seban Président Jean-Marie Rausch Président d'honneur

Accrochage des œuvres Axal-Artrans : Wahiba Khenifi, Sébastien Schaeffer et leur équipe

Jean-Luc Bohl Vice-président

Assurance des œuvres Blackwall Green : Robert Graham et son équipe

Représentants de Metz Métropole Jean-Luc Bohl Président Antoine Fonté Vice-président Pierre Gandar Conseiller communautaire Patrick Grivel Conseiller délégué

Bureau de contrôle Socotec : François Jimenez Sûreté et sécurité André Martinez SGP Lorraine

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Thierry Hory Vice-président Pierre Muel Conseiller délégué William Schuman Conseiller communautaire Représentants du Centre Pompidou Alain Seban Président Agnès Saal Directrice générale Jean-Marc Auvray Directeur juridique et financier Bernard Blistène Directeur du Musée national d’art moderne Catherine Guillou Directrice des publics Brigitte Léal Directrice adjointe du Musée national d'art moderne en charge des collections Représentants de la Région Lorraine Nathalie Colin-Oesterlé Conseillère régionale Josiane Madelaine Vice-présidente Jean-Pierre Moinaux, Vice-président Rachel Thomas Vice-présidente Roger Tirlicien Conseiller régional Représentant de l’État Nacer Meddah Préfet de la Région Lorraine, préfet de la Zone de Défense et de Sécurité Est, préfet de la Moselle Représentants de la Ville de Metz Dominique Gros Maire de Metz, ville siège de l'établissement Thierry Jean Adjoint au Maire Personnalités qualifiées Frédéric Lemoine Président du directoire de Wendel Patrick Weiten Président du Conseil général de la Moselle


Paparazzi ! Photographes, stars et artistes

Représentants du personnel Djamila Clary Chargée des publics et du développement des ventes Élodie Stroecken Chargée de coordination du pôle programmation Direction Laurent Le Bon Directeur Claire Garnier Chargée de mission auprès du Directeur Secrétariat général Pascal Keller Secrétaire général par intérim Hélène de Bisschop Responsable juridique Émilie Engler Assistante de direction Cécilia Zunt-Radot Chargée de mission auprès du Directeur et du Secrétariat général Pôle administration et finances Jérémy Fleur Chef comptable Mathieu Grenouillet Assistant de gestion en comptabilité Audrey Jeanront Assistante de gestion ressources humaines Alexandra Morizet Responsable des marchés publics Véronique Muller Assistante de gestion en comptabilité Pôle bâtiment et exploitation Philippe Hubert Directeur technique Christian Bertaux Responsable bâtiment Sébastien Bertaux Agent technique électricien Vivien Cassar Agent technique bâtiment Jean-Philippe Currivant Agent technique éclairage Jean-Pierre Del Vecchio Administrateur systèmes et réseaux Christine Hall Technicienne audiovisuel et informatique

Pôle programmation Hélène Guenin Responsable du pôle programmation Claire Bonnevie Editrice Géraldine Celli Chargée de programmation Auditorium Wendel et Studio Hélène Meisel Chargée de recherches et d’exposition Alexandra Müller Chargée de recherches et d’exposition Dominique Oukkal Fabricant Élodie Stroecken Chargée de coordination du pôle programmation

Pierre Hequet Technicien bâtiment Christian Heschung Responsable des systèmes d’information Stéphane Leroy Chargé d’exploitation André Martinez Responsable sécurité Jean-David Puttini Agent technique peintre Pôle communication et développement Annabelle Türkis Responsable du pôle communication et développement Charline Burger Chargée de communication et d’événementiel Noémie Gotti Chargée de communication et presse Marie-Christine Haas Chargée de communication multimédia Anne-Laure Miller Chargée de communication Amélie Watiez Chargée de communication et d’événementiel

Pôle publics Aurélie Dablanc Responsable du pôle publics Fedoua Bayoudh Chargée du développement des publics et du tourisme Djamila Clary Chargée des publics et du développement des ventes Jules Coly Chargé de l’accueil et de l’information des publics Anne-Marine Guiberteau Chargée de la programmation jeunes publics et des actions de médiation Benjamin Milazzo Chargé du développement des publics et de la fidélisation Anne Oster Chargée des relations avec les établissements de l’enseignement

Pôle production Olivia Davidson Responsable du pôle production Charline Becker Chef de projet Alexandre Chevalier Régisseur d’espaces Jennifer Gies Chef de projet Thibault Leblanc Régisseur spectacle vivant Éléonore Mialonier Chef de projet Fanny Moinel Chef de projet Marie Pessiot Chargée de production pour le spectacle vivant Irène Pomar Chef de projet Marianne Pouille Régisseur d’œuvres Jeanne Simoni Chef de projet Julie Schweitzer Chef de projet

Agent comptable Jean-Eudes Bour Stagiaires Melissa Hiebler Camille Bourguignon Camille Grateau Ivana Jordanovska Aline Sainton

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Les Amis du CENTRE POMPIDOU-METZ La vocation des Amis du Centre Pompidou-Metz, association sans but lucratif, est d’accompagner le Centre dans ses projets culturels, de fédérer autour de lui le monde de l’entreprise ainsi que les particuliers désireux de le soutenir. Jean-Jacques Aillagon Ancien ministre, président Ernest-Antoine Seillière Vice-président Philippe Bard Président de Demathieu & Bard, trésorier Lotus Mahé Secrétaire générale Lisa Cartus Assistante de la secrétaire générale

Schirn Kunsthalle Frankfurt Max Hollein Directeur Katharina Kanold Chargée de mission auprès du directeur Inka Drögemüller Responsable des relations internationales Esther Schlicht Responsable des expositions Katharina Dohm Conservatrice Karin Grüning Régisseur en chef Jessica Keilholz Assistante régie Axel Braun Responsable des relations presse Simone Krämer Chargée des relations presse Katharina Siegmann Coordinatrice éditoriale Daniela Schmidt Assistante


Paparazzi ! Photographes, stars et artistes

9. Les partenaires Le Centre Pompidou-Metz constitue le premier exemple de décentralisation d'une grande institution culturelle nationale, le Centre Pompidou, en partenariat avec les collectivités territoriales. Institution autonome, le Centre Pompidou-Metz bénéficie de l'expérience, du savoir-faire et de la renommée internationale du Centre Pompidou. Il partage avec son aîné les valeurs d'innovation, de générosité, de pluridisciplinarité et d'ouverture à tous les publics. Le Centre Pompidou-Metz réalise des expositions temporaires fondées sur des prêts issus de la collection du Centre Pompidou, Musée national d'art moderne, qui est, avec plus de 100 000 œuvres, la plus importante collection d'art moderne et contemporain en Europe et la deuxième au monde. Il développe également des partenariats avec des institutions muséales du monde entier. En prolongement de ses expositions, le Centre Pompidou-Metz propose des spectacles de danse, des concerts, du cinéma et des conférences. Il bénéficie du soutien de Wendel, mécène fondateur.

G R A N D M E C E N E D E L A C U LT U R E

L'exposition Paparazzi ! Photographes, stars et artistes est réalisée grâce au soutien du Groupe Galeries Lafayette, du Cabinet Rivedroit Avocats et des Amis du Centre Pompidou-Metz.

En partenariat média avec

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Paparazzi ! Photographes, stars et artistes

Mécène fondateur G R A N D M E C E N E D E L A C U LT U R E

Wendel, Mécène fondateur du Centre Pompidou-Metz "Le groupe Wendel est très fier de s'être engagé depuis 2010, pour une durée de cinq ans, comme Mécène fondateur du Centre Pompidou-Metz, ce qui lui permet de soutenir un projet phare pour la Lorraine, berceau du groupe et de ses familles fondatrices. Nous avons voulu que ce partenariat s'appuie sur nos valeurs d'entreprise : le long terme, synonyme de fidélité et d'engagement, l'innovation dont nous pensons qu'elle est au cœur de la création de valeur économique mais aussi des activités humaines et artistiques et l'ambition de rayonnement international dans une région française au cœur de l'Europe.", soulignent Frédéric Lemoine, Président du Directoire de Wendel et Ernest Antoine Seillière, VicePrésident des Amis du Centre Pompidou-Metz. Wendel est l'une des toutes premières sociétés d'invetissement cotées en Europe. Elle exerce le métier d'investisseur et d'actionnaire professionnel en favorisant le développement à long terme d'entreprises leaders mondiaux dans leur secteur : Bureau Veritas, Legrand, Saint-Gobain, Materis, Stahl ou encore Mecatherm. Créé en 1704 en Lorraine, le groupe Wendel s'est développé pendant 270 ans dans diverses activités, notamment sidérurgiques, avant de se consacrer au métier d'investisseur de long terme à la fin des années 1970. Le Groupe est soutenu par son actionnaire familial de référence, composé de plus de mille actionnaires de la famille Wendel réunis au sein de la société familiale Wendelparticipations, actionnaire à hauteur de 35% du groupe Wendel. Contact journalistes : Christine Anglade-Pirzadeh : + 33 (0) 1 42 85 63 24 c.angladepirzadeh@wendelgroup.com Christèle Lion + 33 (0) 1 42 85 91 27 c.lion@wendelgroup.com www.wendelgroup.com

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Paparazzi ! Photographes, stars et artistes

C’est avec enthousiasme que le groupe Galeries Lafayette a choisi de soutenir Paparazzi ! Photographes, stars et artistes, une exposition pluridisciplinaire sans précédent conçue et produite par le Centre Pompidou-Metz. Acteur majeur de la mode et de sa diffusion, les Galeries Lafayette ne pouvaient qu’être sensibles à un projet qui révèle l’influence du phénomène paparazzi sur la photographie de mode. Depuis les années 1960, des photographes tels Richard Avedon ou William Klein s’approprient les codes et l’esthétique de ces clichés volés pour produire des images qui mettent en scène la mode, rejoignant la pratique historique du grand magasin théâtralisant le produit dans ses espaces monumentaux. Le propos de l’exposition étend sa réflexion à l’art contemporain et à la façon dont les artistes se sont, à leur tour, appropriés cette esthétique paparazzi pour mieux la détourner et interroger le rapport de l’artiste à la célébrité. C’est donc sur un double terrain, celui de la mode et de l’art contemporain, que le Centre Pompidou-Metz et le groupe Galeries Lafayette dialoguent dans cette exposition. Déjà partenaire de Constellation, le programme de préfiguration du nouveau centre d’art et de culture en 2009, le groupe Galeries Lafayette a en commun avec le Centre PompidouMetz son engagement pour la création d’aujourd’hui, sa volonté de partage avec un large public, et son implication dans la vie culturelle locale. Le groupe Galeries Lafayette est un groupe familial, privé, indépendant, héritier d’une histoire de 120 ans bâtie dans la distribution et le commerce de détail, ayant pour vocation de rendre le Beau et le Bon accessibles au plus grand nombre. Inscrites dans la durée, et en cohérence avec ses métiers, les actions de mécénat du Groupe réaffirment son engagement pour la création contemporaine dans les domaines de l’art, de la mode et du design. Pour plus d’informations : http://www.groupegalerieslafayette.fr Contact : FLORENCE BRACHET CHAMPSAUR Responsable du Mécénat fbrachet@galerieslafayette.com +33 (0)1 42 82 37 79

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Paparazzi ! Photographes, stars et artistes

Depuis sa création, le Cabinet d’avocats RIVEDROIT a choisi de prendre une part active à la promotion des arts et de la culture sous toutes ses formes, par le biais d’actions de mécénat de compétences. Après avoir soutenu l’Orchestre de Paris, le Cabinet est heureux d’apporter son soutien au Centre Pompidou-Metz à l’occasion de l’exposition Paparazzi ! Photographes, stars et artistes, qui s’annonce comme un des événements culturels majeurs de 2014. En apportant son expertise juridique au Centre Pompidou-Metz, le Cabinet RIVEDROIT est très fier de s’associer à un établissement public culturel dont le rayonnement, de par sa programmation, dépasse largement nos frontières. « En dédiant une exposition de cette envergure au phénomène « Paparazzi », le Centre Pompidou-Metz, véritable précurseur en la matière, questionne la perception que nous avons de ces photographes, de leur travail et de leur rôle au sein de la société, et cela remet en question un certain nombre d’idées reçues ! Nous sommes très heureux de l’occasion qui nous a été donnée de participer à cette réflexion et d’avoir ainsi contribué à l’exposition qui leur est consacrée », précise Nicolas Maubert, associé fondateur de RIVEDROIT. À propos de RIVEDROIT A.A.R.P.I. Créé en 2009 à l’initiative d’avocats issus de grands cabinets, RIVEDROIT perpétue une tradition de l’excellence par l’engagement auprès de ses clients, dans le cadre d’une structure souple et dynamique. Habitués aux environnements de travail multiculturels, les avocats de RIVEDROIT assistent leurs clients en France comme à l'étranger sur tous les aspects juridiques de leurs projets, de leurs investissements aux litiges, en misant sur la proximité dans leurs relations. La clientèle du Cabinet est composée de grandes entreprises, de PME ou TPE, françaises et internationales. Cabinet pluridisciplinaire, RIVEDROIT intervient principalement dans les domaines suivants : droit des sociétés, droit des investissements étrangers, propriété intellectuelle, droit des contrats et de la responsabilité, droit pénal des affaires, contentieux commerciaux complexes. C’est surtout de façon transversale que RIVEDROIT apporte des solutions à ses clients. Contact presse RIVEDROIT A.A.R.P.I. Elsa TAVERNIER – 01.40.54.30.40 – elsa.tavernier@rivedroit.com

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Paparazzi ! Photographes, stars et artistes

Paparazzi ! Photographes, stars et artistes Association des Amis du Centre Pompidou-Metz 1, parvis des Droits-de-l’Homme CS 90490 F-57020 Metz Cedex 1 Téléphone : +33 (0)3 87 15 52 59 Mél : contact@amis.centrepompidou-metz.fr

Au cœur de la Grande Région, le Centre Pompidou-Metz a pour ambition de faire partager ses valeurs d'innovation, de générosité et d'ouverture grâce à une programmation pluridisciplinaire de qualité internationale. Il est naturel que l'Association des Amis du Centre Pompidou-Metz ait à cœur de soutenir cette magnifique institution. Fondée en novembre 2010, l'Association « Les Amis du Centre PompidouMetz », sans but lucratif, a pour devoir d'accompagner le Centre dans ses projets culturels, de fédérer autour de lui le monde de l'entreprise ainsi que les particuliers désireux de le soutenir. Les Amis du Centre PompidouMetz, par leurs actions, contribuent à une belle aventure culturelle ainsi qu'au rayonnement de Metz, de la Lorraine et de la Grande Région. Dès la première année depuis sa création, et grâce à la générosité de ses 200 adhérents, dont une vingtaine d'entreprises bienfaitrices de la Grande Région et de Paris, l'association a eu la joie et la fierté d'apporter sa contribution à des expositions prestigieuses telles que : Erre, Variations labyrinthiques, Daniel Buren. Échos, travaux in situ, Sol LeWitt. Dessins muraux de 1968 à 2007, Vues d'en haut et Hans Richter. La traversée du siècle. À l'occasion de l'exposition Paparazzi ! Photographes, stars et artistes, manifestation de grande ampleur qui sans nul doute rencontrera l'adhésion du public, Les Amis du Centre Pompidou-Metz ont tenu à apporter leur soutien. Composition du bureau des Amis du Centre Pompidou-Metz Président : Jean-Jacques Aillagon Vice-Président : Ernest-Antoine Seillière Secrétaire Générale : Lotus Mahé Trésorier : Philippe Bard

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Paparazzi ! Photographes, stars et artistes

9. Visuels disponibles pour la Presse Nom d'utilisateur : presse Mot de passe : Pomp1d57

Des visuels d'œuvres, parmi lesquels les visuels ci-dessous, sont téléchargeables en ligne à l'adresse suivante : centrepompidou-metz.fr/phototheque

Agence Pierluigi, Les photographes attendant Anita Ekberg à la passerelle de l'avion, 1959

Pascal Rostain et Bruno Mouron, Paparazzis en grève devant le domicile de Brigitte Bardot, avenue Paul-Doumer, à Paris, 1965

Épreuve gélatino-argentique, 30 × 24 cm Collection Michel Giniès © Attribué à Pierluigi Praturlon / DR

Pascal Rostain, Caroline et Guillermo Vilas sur l’île de Maui à Hawaï, Juin 1982 Épreuve chromogène, 24 × 30 cm Courtesy Pascal Rostain / Agence Sphinx

Épreuve gélatino-argentique, 20 × 30 cm Courtesy Pascal Rostain et Bruno Mouron / Agence Sphinx

Daniel Angeli, Elizabeth Taylor à Gstaad, 24 décembre 1979 Épreuve chromogène, 30 x 20 cm Collection Cécile Angeli © Daniel Angeli

© Pascal Rostain et Bruno Mouron / Agence Sphinx

Sébastien Valiela, Paris Hilton sur une tondeuse à gazon, 21 mars 2006

Sébastien Valiela, Brangelina (Brad Pitt et Angelina Jolie) à Paris

Épreuve jet d’encre, 20 × 30 cm Collection Eyewitness

Épreuve jet d’encre, 40 × 50 cm Collection Eyewitness

© Sébastien Valiela / Eyewitness

© Sébastien Valiela / Eyewitness

© Pascal Rostain / Agence Sphinx

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Paparazzi ! Photographes, stars et artistes

Pascal Rostain et Bruno Mouron, Woody Allen et Soon Yi aux Tuileries, Paris, Octobre 1994

Pascal Rostain et Bruno Mouron, Kate Moss lors de la Fashion Week, Paris, 1992

Épreuve gélatino-argentique, 20 × 30 cm Courtesy Pascal Rostain et Bruno Mouron / Agence Sphinx

Épreuve gélatino-argentique, 40 × 30 cm Courtesy Bruno Mouron/Agence Sphinx

© Pascal Rostain et Bruno Mouron / Agence Sphinx

Jean Pigozzi, Mick Jagger et Arnold Schwarzenegger, Hôtel du Cap, Antibes, 1990 Épreuve gélatino-argentique, 27.9 x 35.6 cm Centre Pompidou, Musée national d’art moderne, Paris / CCAC

© Bruno Mouron / Agence Sphinx

Daniel Angeli, Marlène Dietrich à l’aéroport d’Orly agresse un photographe [Francis Apesteguy], 1975 Épreuve gélatino-argentique, 30 × 20 cm Collection Cécile Angeli

Xavier Martin, Jack Nicholson montrant ses fesses, Saint-Tropez, Juillet 1976 2 épreuves gélatino-argentiques, 20 × 30 cm chaque Collection Xavier Martin © Xavier Martin

Daniel Angeli, Johnny Hallyday, sortie de concert, 1972 Épreuve gélatino-argentique, 20 x 30 cm Collection Cécile Angeli © Daniel Angeli

© Jean Pigozzi / Centre Pompidou, Mnam-Cci, Dist. RMN-Grand Palais / image courtesy CAAC – The Pigozzi Collection

© Daniel Angeli

Michel Giniès, L’acteur Robert Redford, en compagnie de Costa-Gavras, à la sortie du restaurant Lapérouse, Paris, Septembre 1976

Richard Hamilton, Release, 1972

Olivier Mirguet, Trash #0049, 2009

Sérigraphie, pochoir et collage, 69,9 × 94,5 cm The Alan Cristea Gallery, Londres

Épreuve jet d’encre, 40 × 40 cm

Épreuve gélatino-argentique, 24 × 30,5 cm Collection Michel Giniès

© Olivier Mirguet / VU © R. Hamilton. All Rights Reserved, Adagp, Paris 2013 / Courtesy The Alan Cristea Gallery

© Michel Giniès

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Paparazzi ! Photographes, stars et artistes

Julián Barón, C.E.N.S.U.R.A., Espagne, Novembre 2011, 2011

William Klein, Antonia + taxi jaune, photographie de mode pour Vogue, New York, 1962

7 épreuves pigmentaires, 50 × 35 cm chaque Collection Julián Barón

Épreuve chromogène, 50 × 40 cm Collection William Klein

© Julián Barón

© William Klein

Christian Lesemann, Giorgio Armani, 2001

Pascal Rostain et Bruno Mouron, Madonna 2, mars 1990

Christian Lesemann, Famous when dead, 2001 Épreuve jet d’encre, 30 × 40 cm Collection Christian Lesemann © Christian Lesemann

Épreuve jet d’encre, 40 × 30 cm Collection Christian Lesemann

Épreuve jet d’encre, 120 × 180 cm Courtesy Pascal Rostain et Bruno Mouron / Agence Sphinx

© Christian Lesemann

Alison Jackson, Diana and Marilyn Shopping, 2000 Épreuve jet d’encre, 78 × 54 cm Collection Alison Jackson © Alison Jackson

© Pascal Rostain et Bruno Mouron / Agence Sphinx

Alison Jackson, Bush with Rubik's Cube, 2005

Cindy Sherman, Untitled Film Still, 1980

Épreuve jet d’encre, 30 × 42 cm Collection Alison Jackson

Épreuve gélatino-argentique, 20,3 x 25,4 cm Tiré à 10 exemplaires

© Alison Jackson

© Courtesy de l'artiste et de Metro Pictures, New York

Kathrin Günter, Star Shots Magazine (couverture, photographies Kathrin Günter), Décembre 2007 Impression offset, 43,2 × 27,9 cm Collection Kathrin Günter © Kathrin Günter

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Paparazzi ! Photographes, stars et artistes

Notes

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Paparazzi ! Photographes, stars et artistes

Notes

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Jean Pigozzi, Mick Jagger et Arnold Schwarzenegger, Hôtel du Cap, Antibes, 1990 Centre Pompidou, Musée national d’art moderne, Paris © Jean Pigozzi / Centre Pompidou, Mnam-Cci, Dist. RMN-Grand Palais / image courtesy CAAC – The Pigozzi Collection

Contacts presse Centre Pompidou-Metz Annabelle Türkis Responsable du pôle Communication et Développement +33 (0)3 87 15 39 66 annabelle.turkis@centrepompidou-metz.fr Noémie Gotti Chargée de communication et presse +33 (0)3 87 15 39 63 noemie.gotti@centrepompidou-metz.fr

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Paparazzi ! Photographes, stars et artistes  

Dossier de presse de l'exposition "Paparazzi ! Photographes, stars et artistes"