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Le Moniteur du Développement Durable Trimestriel │n° 13 │hiver 2011

Etterbeek - 2008 Etterbeek - 2010

Un facilitateur éco-construction pour la Région bruxelloise Agenda Iris 21 : bilan après trois ans et retours d’expériences


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SOMMAIRE

Un facilitateur éco-construction pour la Région bruxelloise Agenda Iris 21 : bilan après trois ans et retours d’expériences • Les pouvoirs locaux bruxellois vers une bonne gouvernance durable • Les jardins participatifs d’Etterbeek • Un court métrage pour présenter les Agendas 21 Locaux bruxellois Cette publication est le fruit d’une collaboration entre la Région de Bruxelles-Capitale et l’Association de la Ville et des Communes de la Région de Bruxelles-Capitale. Elle est téléchargeable sur le site www.avcb.be N° 2011/13 — hiver 2011 Rédaction : Judith Charlier, Philippe Mertens, Benoit Thielemans Mise en page : Philippe Mertens Traduction : Liesbeth Vankelecom - Relecture : Philippe Delvaux Coordination : Philippe Mertens - Editeur responsable : Marc Thoulen Adresse : rue d’Arlon 53/4 - 1040 Bruxelles

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Un facilitateur éco-construction pour la Région bruxelloise

Le service facilitateur éco-construction pour la Région de Bruxelles-Capitale : un service gratuit d’expertise à la disposition des professionnels de la construction.


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ans le cadre de la politique de développement durable de la Région, Bruxelles Environnement (IBGE) à mis en place un ensemble de services, d’outils et d’aides, destinés aux maîtres d’ouvrage privés et publics, aux concepteurs et aux entreprises de construction, pour stimuler l’écoconstruction dans une approche intégrée incluant le rapport du bâtiment au territoire, la gestion de l’eau, la prise en compte des flux de matière, l’attention au confort et à la santé, et bien entendu l’utilisation rationnelle de l’énergie. Dans cet ensemble, des actions sont spécifiquement orientées vers les professionnels. C’est ainsi que les services des « facilitateurs » (énergie, quartiers durables et éco-construction) ont été

mis en place, que des guides pratiques ont été développés et sont mis gratuitement à leur disposition et que des primes appuient les actions prioritaires. Par ailleurs, le centre de référence des métiers de la construction d’une part et le cluster Ecobuild au sein de l’Agence Bruxelloise pour l’Entreprise d’autre part, activent respectivement les formations et les entreprises. Dans la foulée de la mise en place de ce dispositif élaboré de soutien à l’écoconstruction, trois appels à projets de bâtiments exemplaires en 2007, 2008 et 2009 ont dégagé 117 projets correspondant à 267.000 m² construits ou rénovés, dont les performances environnementales vont bien au-delà des exigences légales.

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Ces projets, avec d’autres, témoignent d’une évolution très sensible de la construction et de la rénovation en Région bruxelloise. Le service facilitateur écoconstruction s’inscrit dans ces démarches de manière transversale et innovante, en apportant des informations à la pointe de l’évolution en la matière, mais en prêtant une attention toute particulière également à la reproductibilité des mesures proposées. La démarche du facilitateur s’appuie sur le Guide pratique pour la construction et la rénovation durables de bâtiments de moins de 1.000 m² (voir encadré 1). Ce guide, destiné notamment au maître d’ouvrage averti et au

Encadré 1 :

Une compréhension intégrée de l’éco-construction basée sur le « guide pratique pour la construction et la rénovation durables » L’éco-construction est une manière de construire ou de rénover qui apporte des réponses concrètes aux enjeux environnementaux et de santé publique. L’approche proposée par Bruxelles Environnement dans le cadre de la mission du facilitateur, est organisée en cinq domaines, correspondant auxdits enjeux. Il s’agit d’une approche intégrée dans la mesure où tous les domaines sont pris en compte, sans exclusion de l’un par rapport à l’autre. Le tableau ci-dessous donne un aperçu de ce qui peut être fait dans chaque domaine. Chacun d’eux doit bien entendu être interprété en fonction des caractéristiques du projet particulier auquel on l’applique. Territoire

Tous les aménagements du bâtiment et de la parcelle qui favorisent les échanges sociaux, la mobilité douce et la biodiversité et qui enrichissent le paysage urbain.

Eau

Tous les moyens pour l’usage rationnel de l’eau et son recyclage, ainsi que pour la gestion des eaux pluviales sur la parcelle et leur récupération.

Matière Confort et santé Energie

Toutes les actions à mener, depuis le choix écologique des matériaux jusqu’à la gestion des déchets, pour réaliser une architecture qui, tout au long de son cycle de vie, préserve les ressources naturelles. Tous les moyens pour qu’un bâtiment réponde aux exigences de confort, de santé et d’accessibilité, et offre un plaisir d’habiter renouvelé. Tous les choix des matériaux, de conception, de construction ou de rénovation de bâtiments à faible consommation énergétique ainsi que l’intégration des énergies renouvelables.


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concepteur lorsqu’ils ne disposent pas, ou pas encore, d’une équipe pluridisciplinaire, leur donne les moyens d’effectuer les bons choix de conception en amont du projet, dès la programmation et les premières esquisses, tout en apportant des éléments utiles pour la mise en œuvre des dispositifs et mesures qu’il préconise. Les recommandations du guide sont adaptées aux caractéristiques et spécificités du bâti bruxellois, qu’il s’agisse de logements ou d’autres fonctions. Les recommandations, et d’une manière générale toutes les actions du facilitateur dépassent le cadre du guide dans la mesure où elles ne se limitent pas aux petits bâtiments.

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Un service destiné au secteur professionnel de la construction Le facilitateur écoconstruction offre ses services aux professionnels du secteur de la construction qui entendent construire ou rénover en respectant l’environnement et la santé, qu’ils soient entrepreneurs, architectes, maîtres d’ouvrage privés ou publics, pour tout type de projet et à tout stade d’avancement d’un projet. Au cours de ses trois années d’existence, le service facilitateur aura été en contact avec les services techniques des administrations communales et régionales, et des sociétés immobilières de service public, des promoteurs immobiliers privés, des entrepreneurs, des distribu-

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teurs de matériaux, des ingénieurs, des consultants en éco-construction, des associations et de nombreux architectes actifs en leur nom propre ou au sein de grands bureaux - en d’autres termes : l’ensemble du secteur se mobilise. Ainsi, le service facilitateur éco-construction a une excellente vision de la réalité de terrain, ainsi que des besoins et demandes de la part du publiccible, les professionnels de la construction, et peut relayer les informations aux services concernés afin d’adapter les aides, outils et services mis en place en fonction de ces enseignements et enrichir l’offre. Les personnes faisant appel aux services du facili-


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tateur éco-construction et fréquentant les formations proposées peuvent être très variées en fonction des sujets abordés : éco-conseillers communaux, représentants des services de l’urbanisme ou des bâtiments, représentants de sociétés privées, ingénieurs issus de bureaux d’ études. (Voir encadrés 2 et 3)

Quels services le facilitateur propose-til ? Le facilitateur écoconstruction a pour mission d’accompagner et de soutenir les acteurs de la construction, au sens large. Une de ses activités principales est l’organisation de séminaires thématiques, touchant à des sujets pratiques orientés sur la mise en œuvre de l’éco-construction. Au cours de trois années d’activité, de nombreux sujets ont été abordés, avec toujours comme objectif premier la recherche de réponses concrètes aux questionnements soulevés par la pratique des métiers du public-cible. Quelques exemples de sujets abordés dans le cadre des séminaires : •

un aperçu des réalisations bruxelloises en écoconstruction, assorti d’un débat entre la salle et quelques acteurs impliqués dans l’écorestructuration de l’environnement construit bruxellois;

les écoles éco-construites;

questions de ventilation en éco-rénovation;

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Encadré 2 : Stéphanie DEMEULEMEESTER Architecte chez OZON Architecture Nous avons consulté le service du Facilitateur Eco-construction dans le cadre de l'étude de l'un de nos projets : la rénovation et l'extension de maisons ouvrières à Anderlecht et Molenbeek. Cet entretien nous a permis de soumettre nos questions et problématiques relatives à l'éco-construction à un regard extérieur et spécialisé. De nouvelles idées ont été également apportées au projet. Suite à notre discussion, un texte résumant point par point les différentes questions et solutions proposées nous a été transmis (système de chauffage et d'eau chaude sanitaire, isolation thermique, gestion des déchets et ventilation). Un calcul comparatif entre l'efficacité thermique de deux types de composition de paroi accompagnait également ce rapport. Ces différents services nous ont satisfaits, car des réponses complètes ont été apportées à nos questions. Le Facilitateur nous a également suggéré de faire appel aux primes pour l'utilisation de matériaux écologiques. Enfin, suite à cet entretien, le "Guide pratique pour la construction et rénovation durables de petits bâtiments" nous a été remis. Celui-ci nous sera très utile dans l'étude des nos projets futurs. •

gestion de l’eau de pluie sur la parcelle.

Dans le cadre de ces séminaires, des exemples concrets de réalisations bruxelloises, belges ou européennes ont été apportés par des acteurs de terrain. Des visites de sites sont organisées, parfois en relation avec le contenu du séminaire précédant la visite. Les objets visités sont pour la plupart des bâtiments exemplaires bruxellois, mais d’autres sites ont également fait l’objet de visites. Le catalogue de réalisations intéressantes devient en effet étoffé à Bruxelles, et de nombreux projets intéressants restent encore à découvrir par le public.

Helpdesk Le service facilitateur écoconstruction a également mis en place un helpdesk téléphonique et par e-mail. Les professionnels de la construction peuvent le questionner gratuitement, par courriel ou par téléphone. Il leur répond, en outre, ou les oriente vers les sources et les outils les plus pertinents. Il est notamment disponible pour assister les maîtres d’ouvrages professionnels et les auteurs de projet d’écoconstruction, quel que soit le stade d’avancement de leur projet : pour la sélection de l'auteur de projet (en participant, par exemple, à des jurys d’architecture), la définition des domaines d'amélioration prioritaires, le choix


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Encadré 3 : Raphaël NGUYEN Ingénieur-Architecte directeur ECO.TEAM, au nom et pour compte de ART & BUILD La guidance que nous avons demandée au facilitateur éco-construction portait sur l’évaluation de la note environnementale d’un concours pour un îlot quartier durable. Elle a eu lieu le 23 janvier 2009 sous la forme d’une réunion de travail d’une heure environ avec l’associé responsable du projet, le coordinateur ECO.TEAM et une représentante du service Facilitateur éco-construction. Un extrait de la brochure du concours, concernant la gestion durable du projet avait été envoyée la veille. Il n’y a pas eu de rapport ou de compte rendu de la réunion. Mais en comparant avec la version définitive du document (version du 28 janvier 2009), on peut voir les corrections et compléments apportés par ART & BUILD suite aux remarques émises lors de la guidance. De mémoire, la note était déjà très complète mais jugée un peu trop générale et manquait de références précises et concrètes au projet : les paragraphes concernant l’inertie thermique, les matériaux et la composition des façades… ont été remaniés en faisant clairement référence au projet. Une remarque concernait la mise en page et l’aspect parfois trop dense du texte. La structure a été revue pour améliorer la lisibilité du document Quelques compléments d’informations concernaient la qualité de l’air et le confort olfactif ainsi que le choix de matériaux écologiques et de finitions saines pour réduire les pollutions à l’intérieur des bâtiments. Nous avons jugé les remarques de la facilitatrice très constructives et pertinentes. Grâce aux modifications, la note est devenue plus complète, mieux structurée et plus précise dans les aspects concrets du projet. Nous avons donc essayé de tenir compte de ces remarques dans toutes nos argumentations.

des techniques les plus durables, la relecture d’articles de cahiers des charges, etc.

Mais encore ? Jouissant d’une position privilégiée pour prendre connaissance des pratiques innovantes en écoconstruction, depuis la conception jusqu’à la gestion des bâtiments, le facilitateur éco-construction assure le rôle d’observateur privilégié de l’éco-restructuration de l’environnement bâti en Région bruxelloise. Comme mentionné plus haut les choses bougent : des projets éco-construits et écorénovés voient le jour, certains issus de l’appel à projets sont médiatisés et commencent à intriguer les visiteurs étrangers, les archi-

tectes engagés dans la vie professionnelle ont de jeunes collaborateurs gagnés à l’écoconstruction qui rencontrent de plus en plus d’interlocuteurs tout aussi favorables, des entreprises s’orientent vers les techniques de mise à niveau des performances énergétiques en prenant en compte le choix écologique des matériaux, etc. Les choses bougent, mais au rythme de la transformation annuelle du bâti, de longues années d’éco-construction s’ouvrent au secteur. A ce titre, il s’attache à faire connaître les outils et aides disponibles. Outre le guide pratique mentionné plus haut, Bruxelles Environnement met à disposition du secteur des guides

conseil pour la conception énergétique et durable des logements collectifs destinés respectivement aux gestionnaires et aux concepteurs, le livre Vert Bruxelles au sujet des bâtiments exemplaires bruxellois, et autres publications. Benoît Thielemans Service Facilitateur Ecoconstruction pour la Région de Bruxelles-Capitale

Contact: Facilitateur éco-construction fac.eco@ibgebim.be 0800 85 775 www.ibgebim.be ► professionnels ► thèmes ► éco-construction


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Agenda Iris 21 : Les pouvoirs locaux bruxellois vers une bonne gouvernance durable

Trois années après le début du travail d’élaboration, la moitié des communes bruxelloise se sont dotées d’un Agenda 21 local, ou sont sur le point de le faire. L’occasion pour l’Association de dresser un bilan et de présenter les bonnes pratiques.


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n 2006, à la demande de la Région de Bruxelles-Capitale, une réflexion est menée, par Bruxelles Environnement et l’AVCB pour définir la manière d’encourager les pouvoirs locaux à s’engager sur la voie de la durabilité. L’Agenda 21 local a été retenu. Il répond parfaitement à cet objectif dans la mesure où il promeut un développement économique efficace et socialement équitable tout en faisant la part belle au respect de l’environnement. L’Agenda 21 local est un projet impulsé par les élus qui implique forces vives, habitants et entreprises. Il permet la mise en œuvre des concepts de durabilité au travers d’un plan d’action concerté. En 2008, la Région de Bruxelles-Capitale lance l’appel à projets Agenda Iris 21 pour encourager les pouvoirs locaux à s’engager sur la voie de la durabilité. Dès la première année, huit communes et un CPAS bénéficient d’un subside de 50.000€, renouvelable pendant trois ans, pour concevoir et mettre œuvre un programme d’actions durables. Trois ans plus tard, dix neuf agendas 21 locaux sont en cours dans 14 communes et 5 CPAS. A ce jour, les neuf1 premiers d’entre eux (Uccle, Jette, Watermael-Boitsfort, Evere, Forest, Schaerbeek, CPAS Molenbeek, SaintGilles et Etterbeek) ont défi-

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ni un Plan d’action qui a été approuvé politiquement. Ces plans représentent des centaines d’actions durables dans des domaines aussi divers que l’alimentation, la gestion des déchets, la propreté publique, la mobilité ou encore l’information des citoyens. Concrètement, ces actions sont aussi riches que variées : « L’utilisation de matériaux durables dans les aménagements de l’espace public », « Encourager l’appel à des entreprises d’économie sociale dans les marchés publics communaux », « Réduire l’usage du sac plastique dans les commerces », « Choisir des plantes locales, vivaces et peu gourmandes en eau pour le décor floral communal ».

Vers une bonne gouvernance durable En termes de gouvernance, l’Agenda 21 local apporte quantité d’avantages : •

Il offre une vision locale du développement à moyen et long termes avec ses objectifs, des stratégies et des actions concrètes ;

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Il amplifie l’exemplarité ;

Il implique la collaboration avec les parties prenantes : secteur associatif, secteur économique, citoyens ;

Il contribue au débat et à la mobilisation des citoyens pour un développement local co-construit ;

Il permet la percolation des concepts c’est-à-dire leur vulgarisation et adoption au sein des administrations mais aussi par les parties prenantes et les citoyens.

Les champs d’innovation Quelques domaines sont signes des changements en cours et de l’amélioration de la gouvernance. Ils méritent d’être mis en évidence. Nous en développerons trois plus particulièrement: 1. La démocratie participative 2. La dimension interne : c'est-à-dire l’institution et ses mécanismes de fonctionnement 3. L’évaluation des politiques

La démocratie participative ou comment passer de la ville planifiée à la ville négociée ?

Il invite à réfléchir sur l’avenir du territoire;

Il offre une plus grande légitimité aux pouvoirs publics qui développent L’Agenda 21 local met en un plan de développement de manière concer- place des dynamiques afin tée sur plusieurs années; d’encourager le dialogue avec le citoyen et les forces vives :

1 Un dixième agenda a été approuvé politiquement en 2008, celui de la Ville de Bruxelles et de son CPAS. Celui-ci a été

réalisé avant l’appel et bénéficie actuellement d’un soutien régional pour l’accompagnement de sa mise en œuvre.


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population, entreprises, commerçants, associations, etc. Il les associe à la fois aux différentes étapes de la conception et à la mise en œuvre des politiques ainsi définies. Ce qui les rend à la fois plus riches et plus fortes car moins susceptibles d’être à nouveau débattues. Pour ce faire, il est nécessaire d’innover les modes et outils de gouvernance. A l’image de la cyber consultation développée par Watermael-Boitsfort sur le projet d’Agenda 21 local, où plus de 200 habitants ont été invités par courriel à formuler leur avis sur le site internet de la commune ou encore de Jette qui a publié dans le journal communal un questionnaire appelant les citoyens à émettre des priorités d’action pour le projet en cours d’élaboration dans le journal local.

bitudes de travail plus trans- laboration et de mise en versales, etc. œuvre ou encore par la diversité des thématiques et Il permet également d’assodes préoccupations dévecier les travailleurs et de deloppées à l’exemple d’un mander leur avis sur le foncprojet d’installation sur tionnement de la commune l’espace public de douze ou du CPAS. box vélo à Schaerbeek. En outre, l’Agenda 21 renCelui-ci a réuni les associaforce l’exemplarité des poutions locales et les futurs voirs publics notamment par utilisateurs dans un travail la prise en compte de politide concertation préalable La dimension interne : ques emblématiques que l’on et de recrutement de candiretrouve presque systématidats. Il a fait le choix vers une gestion transquement, dans les plans d’une entreprise d’insertion versale de projets d’actions, comme l’intégrasocioprofessionnelle locale tion de clauses sociales et L’Agenda 21 local invite à pour la construction des s’interroger sur la dimension environnementales dans les box. Enfin, il a développé marchés publics, la systémainterne, sur l’institution et des préoccupations envitisation des mesures d’éconoses mécanismes de fonctionronnementales dans le mie d’énergie et d’eau, la génement. Il encourage la réchoix des matériaux de néralisation des pratiques de flexion autour d’un fonctionconstruction et un souci tri sélectif au sein des adminement et de méthodes de d’intégration des équipetravail plus efficients et plus nistrations, des écoles et des ments dans l’environnemodernes. Au travers, notam- crèches, etc. ment urbain. ment, d’une nouvelle structu- Enfin, la conception et la Toutes ces qualités et ce ration et supervision du tragestion des projets s’en trousouci d’équilibre sont rarevail. Ce qui a pour conséquen- vent modifiées avec l’émerces : la création de comités de gence d’une approche « déve- ment regroupés dans un pilotage, la tenue de réunions loppement durable ». Celle-ci même projet. C’est pourdes chefs de services, la mise passe par notamment l’intro- quoi, il me semble symbolique et révélateur d’un en place d’une cellule de ges- duction de la transversalité changement dans la goution quotidienne de projet, et l’association des forces vivernance. Conçu et mis en l’apparition de nouvelles haves aux différents stades d’éœuvre dans un esprit de


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développement durable. Il intègre dans ses choix, ses préoccupations et sa concrétisation un équilibre entre l’économique, l’environnemental et le social. La comparaison avec une gestion plus classique, le rend plus intéressant encore. Comment aurait-on procédé dans une procédure mené sans ce souci de durabilité ? Le choix de l’équipement aurait probablement été opéré sur « catalogue » et le placement dans l’espace public en fonction de lieux disponibles. Nulle trace donc, d’une entreprise d’insertion sociale pour la construction,

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peu ou pas de citoyens associés au processus et de faibles voire inexistantes considérations environnementales.

dus. Ils aident à déterminer l’impact des actions menées et permettent d’en évaluer la pertinence.

Par cette simple comparaison, on mesure l’ampleur des changements amenés par une gouvernance durable.

Dans les Agendas 21 locaux bruxellois, cette volonté est traduite par la systématisation de l’évaluation des politiques, par la création d’outils de mesure et de contrôle ou encore par la mise sur pied de systèmes d’observation et d’analyse des activités.

Pour une gouvernance efficace : l’évaluation des politiques publiques L’évaluation des politiques et des actions menées est essentielle en matière de bonne gouvernance. Les outils de contrôle et d’évaluation permettent de savoir si les politiques sont efficaces et produisent les effets atten-

Philippe Mertens

Originalité et innovation en matière de communication et d’association des acteurs locaux à la conception et au montage de projet : le recrutement sur le site internet de la commune de Schaerbeek, de candidats à l’utilisation d’un box vélo.


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Les jardins participatifs d’Etterbeek

Notre bilan ne serait pas complet sans vous présenter un exemple concret du changement de gouvernance que représente l’insertion du développement durable dans la conception et la gestion d’un projet. En 2008, le jardin participatif d’Etterbeek faisait partie de la première sélection de l’appel Agenda Iris 21. Interview avec l’éco-conseillère en charge du projet.


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Des jardins participatifs dans la première couronne de Bruxelles, dans une des communes les plus urbanisées de Bruxelles, comment est-ce possible ? Judith Charlier « Le projet des jardins participatifs a été lancé par la commune d’Etterbeek. Avec ses 40.000 habitants répartis sur 315 hectares, c’est une commune à forte densité de population et très urbanisée. Les espaces verts y sont peu nombreux. En 2007, suite à des travaux d’élargissement des lignes ferroviaires liés à l’aménagement du RER à Bruxelles, la commune a eu l’occasion d’acquérir par emphytéose une bande de terrain inexploitée longeant la voie ferrée. Cette parcelle est inscrite comme « zone potagère » au plan régional d’urbanisme. En décidant de l’acquérir, la commune visait deux objectifs : créer un espace vert de plus et, surtout, y concrétiser un projet de potager collectif afin d’en faire profiter un grand nombre d’Etterbeekois. C’est ainsi qu’est né, sur ces 2700 m² d’espace disponible, le projet des jardins participatifs. De nombreux aménagements y ont été réalisés en partenariat avec le milieu associatif. C’est à la fois, un lieu de découverte (on y trouve à peu près tout ce qui peut être réalisé dans un jardin etterbeekois) mais aussi d’échange, de rencontre et de mixité sociale. »

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A qui sont destinés ces jardins et comment sontils organisés ? Judith Charlier « Tous les Etterbeekois peuvent venir les découvrir et/ou y participer. Des activités ouvertes au public y sont d’ailleurs régulièrement organisées. En termes d’organisation, nos jardins sont le résultat d’un travail collectif mené avec le milieu associatif etterbeekois, bruxellois et wallon. Chaque zone du jardin (rucher, mare, verger, potagers, espace compostage, etc.) est encadrée par une association à caractère social et/ou environnemental. Les unes apportent leurs connaissances techniques, tandis que les autres travaillent sur l’intégration et la participation des habitants du quartier aux différents projets. Tant l’aménagement du jardin que la gestion des différentes zones se font en collaboration avec les habitants du quartier, de la commune et, parfois, des communes voisines. A titre d’exemple, une quinzaine de personnes ont participé à la plantation du verger conservatoire, en ce compris la taille des fruitiers, le palissage et le greffage des variétés anciennes. L’association « Flore et pomone » a encadré les grandes étapes de son aménagement mais le groupe d’habitants qui s’en est occupé est désormais de plus en plus autonome. Il a établi son propre calendrier de travail sur le terrain... même si l’association continue bien sûr à suivre l’évolution du verger.

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En ce qui concerne la production issue des jardins (fruits, légumes et miel), nous avons décidé, avec les associations, que 80 % de celle-ci sera partagée entre les participants au projet et 20 % utilisée pour des animations ouvertes au public. Lors de la journée porte ouverte de septembre, les visiteurs pouvaient par exemple gouter le miel récolté en juin par les 8 apprentis apiculteurs du rucher collectif. Pour le reste, les associations gèrent elles-mêmes leur parcelle et organisent au minimum, chaque année, trois activités ouvertes au public. Quant aux habitants, ils peuvent soit s’investir activement dans la vie du projet, soit participer aux différentes activités (taille des fruitiers, récolte du miel, semis d’hiver, etc.). » Par-delà leurs fonctions potagère, ornementale et écologique, quels autres objectifs vise la commune d’Etterbeek ? Et en quoi ces jardins peuvent apporter des réponses ? Judith Charlier « L’un des volets important du projet est l’amélioration du cadre de vie du quartier. En effet, nos jardins participatifs sont situés au pied de 800 logements sociaux, dans un quartier peu animé, aux limites des frontières communales. Il était donc évident qu’il fallait également les utiliser comme outil de cohésion sociale, de rencontre


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Plantation du premier arbre du verger des jardins participatifs d’Etterbeek.

et d’animation dans le quartier. C’est dans cette perspective que nous travaillons avec l’association «Logement et Harmonie sociale », principalement active dans les logements sociaux de la commune. Cette association gère une parcelle potagère et utilise cette activité pour développer des actions communautaires. Par ailleurs, nos jardins peuvent aussi servir de décor à d’autres activités non liées au jardinage comme des cours de cuisine, des cours de yoga, etc. Aujourd’hui, on croise dans les jardins participatifs des

vaux de gros œuvre comme le placement des grilles, les murs de soutènement dans le talus, les sentiers,…Ces travaux ont été réalisés en partie par une entreprise de travail adapté (et donc plus chère) et en partie par un entrepreneur privé.

gens d’origines multiples habitant le quartier mais aussi des Etterbeekois issus d’autres quartiers. Le projet avait à l’évidence une dimension environnementale. Mais aussi un objectif de mixité sociale qu’étape après étape, nous sommes en train d’atteindre. » De quel budget avez-vous eu besoin pour créer et maintenant pour faire tourner le projet ? Judith Charlier « La mise en place du projet a coûté 60.000 euros répartis comme suit : •

50.000 euros pour les tra-

10.000 euros pour la réalisation du plan des aménagements par une architecte paysagiste, les analyses de sol, l’achat du rucher et son matériel et la construction d’abris avec récupération d’eau de pluie.


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la sainte Catherine, les ruches doivent être placées au printemps… ; • celui du budget, lequel n’est pas disponible avant mai mais doit être dépensé avant décembre ; toute dépense doit être acceptée et faire l’objet d’un bon de commande. Face à ces contraintes, il a fallu faire très attention à maintenir la motivation et l’adhésion des associations partenaires, car sans elles il n’y avait plus de projet.

La taille des arbres fruitiers du verger.

Actuellement, nous fonctionnons avec un budget de 12.600 euros annuels qui nous permet de financer : • le renouvellement des outils et matériels nécessaires; • l’achat de plantes et semences; • l’organisation d’une journée porte ouverte annuelle; • des animations et formations pour les habitants et pour les écoles; • la mise en place de nouveaux projets sur le site des jardins (ex : réalisation d’un parcours yoga sur le site des jardins). Par ailleurs, nous demandons à nos partenaires de réfléchir à leur autonomie financière de manière à ce que le projet puisse continuer si un jour la commune supprime son poste budgétaire pour les jardins participatifs. »

Quelles ont été les principales difficultés rencontrées pour mettre sur pied le projet ? Ou celles pour le faire fonctionner ? Judith Charlier « La plus grande difficulté a été de jongler avec les différents rythmes du projet: • celui des associations : elles ne disposent pas toutes du même temps à consacrer à ce projet. Certaines feront de leur participation une activité centrale de leur association tandis que d’autre ne lui consacreront qu’une part plus marginale de leurs activités ; • celui de la participation : l’adhésion aussi bien des partenaires que des habitants s’est faite à des rythmes différents selon les projets ; • celui du jardin : le potager doit idéalement démarrer au printemps, le verger doit être planté à

Une autre difficulté rencontrée, plus technique, a consisté à approvisionner en eau le jardin [la parcelle étant dépourvue d’arrivée d’eau]. Si nous connaissions le problème dès le départ, on a vraiment dû trouver des solutions une fois que les associations ont eu accès à leur parcelle. On a donc placé des citernes d’un mètre-cube, remplie d’eau courante dans un premier temps, avant de faire construire trois abris dotés d’un système de récupération d’eau de pluie. Finalement, c’est par la résolution successive des problèmes que le jardin s’est développé. Comme l’échevin de l’environnement, monsieur van Eyll, nous l’a dit : « c’est une bonne nouvelle qu’il y ait des problèmes, ça veut dire que le projet vit ! ». Et en effet, pas à pas, des solutions émergent et le projet prend forme. »


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quait en effet de définition au démarrage et il nous était difficile de répondre aux questions de nos partenaires (« Quand auronsnous accès au terrain ? Qui financera quoi ? Où rangerons-nous les outils ? »). Cette situation n’était pas toujours très confortable, mais après coup, je pense que c’est justement ce qui a permis de travailler réellement le côté participatif, dans lequel chacun des partenaires à contribué à la mise en place. Nous avons réfléchi ensemble aux questions que posait chaque nouvelle étape. Et enfin, je conseillerais de ne pas hésiter à se lancer dans ce type de réalisation.

Premiers travaux d’aménagement du terrain.

Quels conseils donneriez-vous à une autre commune désirant se lancer dans la création d’un jardin participatif ? Judith Charlier « L’optimisme, la bonne humeur et la persévérance sont de mise ; le résultat n’est pas immédiat, mais chaque petite avancée est très encourageante car ce genre de réalisation est en général très bien accueillie par les habitants. Dans notre cas, après avoir fait un long travail de construction avec les asso-

ciations, il fallait encore promouvoir le projet auprès de la population. En effet, l’ensemble repose également sur la participation active des habitants. A cet égard, la première année a été très calme mais petit à petit, la participation des habitants a augmenté. Plus le projet avance, plus il devient cohérent, plus il devient crédible et plus il a de succès. Il ne faut pas s’inquiéter si le projet reste flou pendant un certain temps avant de se concrétiser. Le nôtre man-

Les jardins collectifs sont un lieu de rencontre, de partage, de multiculturalité, de protection de la nature, d’expérience, de citoyenneté… un outil pour une multitude d’autres projets divers, aussi bien social qu’environnemental ».

Plus d’infos Le jardin participatif est décrit sur le site www.etterbeek.be > la commune en détail > environnement > jardins participatifs Judith Charlier est écoconseillère au Service Environnement de la Commune d'Etterbeek


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LE MO NI T E U R D U D E V E LO P P E ME NT D U R A B LE

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Un court métrage pour présenter les Agendas 21 locaux bruxellois

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n trois ans, l’appel à projets Agenda Iris 21 a fait émerger de nouvelles pratiques de gouvernance au sein des pouvoirs locaux bruxellois. L’impulsion et le soutien régional a permis aux communes et aux CPAS de concrétiser des programmes d’actions durables et des démarches innovantes au sein des administrations mais aussi sur le territoire avec le

concours des acteurs locaux: société civile, entreprises, commerçants, habitants, etc. La Fondation pour les Générations Futures, en collaboration avec l’Association et l’IBGE, a réalisé un court métrage mettant en valeur le travail accompli et les premiers résultats tangibles de cet appel. Ce court métrage vous fera découvrir comment les insti-

tutions publiques innovent dans leurs pratiques et mettent en œuvre des actions plus durables qui insèrent harmonieusement les aspects économique, social et environnemental. Retrouvez le film sur www.avcb-vsgb.be > Matières > Développement durable > Agenda Iris 21 Philippe Mertens


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C’est électronique … c’est écologique ! Par soucis de cohérence et d’engagement en faveur d’un développement plus durable mais aussi afin d’éviter des gaspillages inutiles de papier, nous souhaitons diffuser le Moniteur du Développement Durable prioritairement par courriel. Inscrivez-vous ! Vous n’avez pas reçu personnellement le Moniteur du Développement Durable ? Vous souhaitez être tenu au courant de la parution des prochains numéros ? Pas de problème ! Abonnez-vous sur le site internet de l’Association. Pour remplir le formulaire : www.avcb.be>publications>moniteur du développement durable. Téléchargez-le ! Vous pouvez également télécharger gratuitement le moniteur à l’adresse suivante : www.avcb.be>publications>moniteur du développement durable. Pas d’adresse électronique ? Vous n’avez pas accès à internet et vous souhaitez quand même recevoir le Moniteur du Développement Durable. Téléphonez-nous, ensemble nous trouverons une solution. Contact: Forum pour un Développement Durable Association de la Ville et des Communes de la Région de Bruxelles-Capitale (AVCB) Rue d'Arlon 53 boîte 4 - 1040 Bruxelles Tél : 02/238.51.62 - Fax : 02/280.60.90 - Courriel : philippe.mertens@avcb-vsgb.be

Hiver 2011

Les jardins d’Etterbeek en cours d’aménagement (mai 2009)


Moniteur du développement durable n° 13