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Le Pays de Morlaix appartient au

national des Villes et Pays d’art et d’histoire Le ministère de la Culture et de la Communication, direction de l’Architecture et du Patrimoine, attribue l’appellation “Villes et Pays d’art et d’histoire” aux collectivités locales qui animent leur patrimoine. il garantit la compétence des guides-conférenciers et des animateurs de l’architecture et du patrimoine et la qualité de leurs actions. Des vestiges antiques à l’architecture du XXe siècle, les Villes et Pays mettent en scène le patrimoine dans sa diversité. Aujourd’hui, un réseau de 137 Villes et Pays vous offre son savoirfaire sur toute la France.

Pilotage : Pays d’art et d’histoire, Office de Tourisme, Commune de Plouescat Rédaction : Loïc Quemener, Coline Laurent et Anne-Laure Tchékaloff (Pays d’art et d’histoire), Stéphane Chaumont (CCBK Tréflez), Bernard Mercier (association Sevel Ploueskad), Isabelle Le Duff, André Creff (Commune de Plouescat)

Renseignements : Pays d’art et d’histoire Pays de Morlaix CCI - aéroport CS 27934 29679 Morlaix cedex 02 98 62 39 57 loic.quemener@paysdemorlaix.com www.paysdemorlaix.com Office de tourisme de Plouescat BP 27 29430 Plouescat 02 98 69 62 18 www.tourisme-plouescat.com

Pays de Morlaix

réseau Photo de couverture : les Halles et la plage de Porsmeur - Copyright Pays de Morlaix. + Ne pas jeter sur la voie publique Charte graphique LM communiquer. Réalisation : Photos : Sevel Ploueskad, Stéphane Chaumont, Office de Tourisme de Plouescat, qtscom

1904

BREST" DE

"LA DÉPÊCHE DE

ET SES ENVIRONS", VERS

"BREST

DIRECTEUR

EXTRAIT DE

LOUIS COUDURIER,

Au loin, apparaissent les maisons blanches de Plouescat. On dirait, à cette distance, une ville de Judée assise au bord d'une Méditerranée dont les flots ne seraient pas toujours bleus.

Villes et Pays d’art et d’histoire

laissez-vous

conter

Plouescat


Un patrimoine remarquable de par sa variété, réparti sur toute la commune.

& son évolution

La commune de Plouescat

L’église

Halles lors du festival “Place aux Mômes”

Terrienne et maritime, Plouescat bénéficie, de par sa dualité, d’un large panorama patrimonial. Les mégalithes attestent la précocité de l’implantation humaine, le balnéum de Gorré Bloué rappelle la présence d’une colonie romaine alors qu’à l’aube du XVIe siècle, les halles affirment la vocation commerciale de la cité tandis que les manoirs se multiplient dans la campagne. Malgré la longue bande littorale de la commune qui s’achève à l’ouest par la baie du Kernic où se jette le Kerallé, le bourg est relativement éloigné de la mer. Le développement urbain, assez traditionnel sur ce littoral, se distingue en particulier par un habitat fortement dispersé. Les nombreux hameaux se densifient dans la seconde moitié du XXe siècle par de l’habitat pavillonnaire, ce qui accentue ce phénomène. Parallèlement, la culture légumière prend son essor au cœur de la “ceinture dorée” (riche zone de production du nord-Finistère) et devient le pilier

économique de la commune. Le tourisme se développe à partir des années 1930. Quelques villas sont construites en bord de mer. Le littoral reste néanmoins préservé de l’urbanisation massive.

Le bourg Le bourg s’est d’abord construit autour des halles et de l’église. Il s’est ensuite développé de façon linéaire, suivant les axes menant vers Saint-Pol de Léon et Lesneven avant que le sud ne se densifie au cours du XXe siècle. Aux abords des halles, plusieurs maisons présentent une architecture soignée. Par sa recherche de symétrie, ses pierres de taille aux assises régulières, ses garde-corps travaillés, ses linteaux segmentés (en anse de panier) et sa corniche, la “maison à porche” n° 12 (1) se distingue aisément. Ce style caractéristique du XVIIIe siècle se prolonge encore dans le premier quart du XIXe comme en témoigne la date apposée au premier étage (1813). La toiture fait apparaître

Chapelle de Kerzéan

l’utilisation d’ardoises épaisses posées selon la technique dite “à pureau décroissant” (la partie visible de l’ardoise diminue quand on monte). Le n° 14 (2), rue du Maréchal Joffre, qui porte la date de 1741, se distingue par la qualité de son entrée. Des colonnes encadrent une porte à imposte surmontée d’une corniche moulurée. Au n°10 (3) de la place Général de Gaulle, un manoir du XVIe siècle conserve sur l’arrière une partie de son escalier en pierre. Sa façade a été refaite en pierre de taille, probablement au début du XIXe siècle. A l'est, le passage étroit vers le manoir de Gorré Kéar (4) (“sommet de la ville”) témoigne de l'évolution de la place après la révolution. Ce manoir fut par la suite masqué par de nouvelles constructions. L’échauguette en façade et les imposantes pierres de taille confèrent à ce bâtiment un charme indéniable malgré sa situation. La partie supérieure de l’escalier se termine en tourelle. Devenu bien national sous la

Révolution, le manoir a dès lors servi de garnison et fut souvent appelé localement "vieille caserne".

Le patrimoine religieux L’église (5) L'église actuelle est la troisième de la paroisse de Plouescat. Construite en 1863, elle succédait à une seconde, bâtie 100 ans plus tôt, en 1763, et démolie car jugée trop petite. La nouvelle église est de style néo-gothique. La flèche, érigée en 1870, s’élève à 58 mètres : c'est la plus haute de la région après celle du Kreisker à Saint-Pol de Léon (77 mètres) dont elle s'inspire manifestement. En 1887 l'église a reçu des orgues d'excellente facture, oeuvre de M Claus facteur d'orgues de Rennes.

Les chapelles La chapelle de Kerzéan (6) Le corps de la chapelle nous est parvenu amputé des bras du transept, mais le clocher et le pignon ouest sont manifestement

d'origine. L'édifice, empreint de style gothique, date au plus tard du début du XVIe siècle. On remarque de part et d'autre et au-dessus du porche les emplacements des blasons qui devaient y être peints. A l'intérieur se trouve la statue de ND de Kerzéan, - classée monument historique - (XVe siècle) en pierre de Kersanton. Parmi la statuaire : Ste Marguerite terrassant un dragon, un évêque converti en St Eloi et un christ en croix (XVe siècle). Sur le cadastre de 1837 le transept nord a disparu alors qu'il s'y trouvait encore sur la carte relevée par les géographes du roi vers 1773. La partie sud a peutêtre disparu lors d'une restauration due au recteur De Puy Ferré en 1809. Il y avait à l'est un grand vitrail dont le dessin nous est parvenu, relevé par le verrier Bouricquen en 1614. D'importants travaux de restauration ont été entrepris en 1955 : la toiture a été refaite et la façade sud modifiée en y ajoutant des ouvertures et des contreforts. Les vitraux datent de 1962. Sur le versant opposé du vallon, un calvaire original contemporain des châteaux de Kergournadeac'h et de Kermenguy fut élevé vers 1630, peu après l'épidémie de peste de 1627. La chapelle du Calvaire (7) C'est près de cette chapelle dédiée à Notre-Dame du Mont-Calvaire que le cimetière avait été transféré au XIXe siècle. Elle porte au-dessus de l'entrée principale la date de sa construction (1714) par la famille du marchand Jacques Marc'hic. Devenue bien national à la

Révolution, la chapelle fut achetée en 1796 par les descendants de Jacques Marc'hic qui en firent don à l’église, en 1816. Elle abrite deux statues anciennes en bois provenant sans doute de chapelles disparues comme celles de La Lande et de St Eden, mais dont l'identité est incertaine. L'une représente un guerrier, supposé être St Eden, mais qui pourrait aussi être St Georges. L'autre représente un moine qui serait St Jean Discalceat (aux pieds nus), né non loin de là, à St Vougay, en 1279, et plus connu sous le nom de Santig Du, le saint noir, qui passait pour guérir les maux de tête et faire retrouver les objets perdus. A l'intérieur, au-dessus de la porte principale, on remarque deux "boîtes à crânes" à côté d'une inscription gravée sur un panneau de chêne : "Ici reposent en l'attente de la résurrection les chefs de M.F MARHIC, de son vivant recteur de Plouescat (décédé en 1735) et celui d'un autre serviteur de Dieu dont le nom sur cette terre nous est inconnu".

Les croix et calvaires On dénombre au moins 25 croix et calvaires. Le calvaire le plus ancien est celui d'Irvit (8) (XVe siècle). La croix est en pierre de Kersanton et la sculpture des personnages est d'une remarquable finesse.Le calvaire de KergoalVihan (9), plus récent, porte la date de sa construction, en 1667, par un marchand, Jacques Marc'hic, qui habitait le manoir situé à proximité. Il mesure plus de 6 m de haut, la partie haute est en Kersanton et le socle porte

un autel en pierre qui servait de reposoir lors du pardon de Kerzéan ou de diverses missions (inscrit à l’inventaire supplémentaire des Monuments Historiques). Les calvaires de Forban (10) et de Languien (11), plus simples, méritent également une attention. Ils sont vraisemblablement du XVIe siècle et la croix est en granit soigneusement sculpté. Déplacés pour élargir la voie, ils ne sont plus orientés vers l'ouest mais vers la route. Des croix pattées, plus que millénaires, se rencontrent entre autres à Languien (12) et au carrefour des rues Leclerc et Le Goffic (13). Cette dernière, mesurant 2,70m, est souvent remarquée par son sommet "en talon" sans doute prévu pour y poser quelque chose à mettre en valeur, une statue par exemple. Ces croix n'ont pas de socle et sont beaucoup plus longues qu'elles n'apparaissent, avec une partie importante enterrée pour assurer la stabilité. Calvaire de Kergoal Vihan


De nombreux vestiges, témoins d’une occupation humaine millénaire.

Le patrimoine mégalithique

& gallo-romain

Allée couverte du Kernic ou de Guinivrit

Les mégalithes Les mégalithes sont l’œuvre des premiers peuples sédentaires ayant habité la commune du néolithique au début de l’âge du Bronze. Ces agriculteurs éleveurs, chasseurs et pêcheurs vont marquer durablement le territoire, en modifiant les paysages, coupant la forêt, créant des villages, faisant pâturer le bétail et polissant la pierre. De cette période seuls les monuments de pierres ont traversé les millénaires. Le menhir de Prat Meur (14) est couvert de rigoles à son sommet attestant son âge avancé. Elles se sont créées avec le ruissellement de l’eau. Il serait très réducteur de vouloir cantonner à un rôle unique l’ensemble des peulvans. Plusieurs hypothèses peuvent être avancées

Menhir de Cam Louis

sur leurs utilisations. On sait qu’ils pouvaient être peints et / ou porter des gravures et des cupules (petits creux cylindriques) comme celui de Cam Louis (15). Ils peuvent être disposés en cercle, en ellipse, former des enceintes, être alignés ou bien être seuls. Celui de Cougn An Dré (16) se trouve près de l’allée couverte de Créac’h Ar Vrenn (17), il indique la sépulture toute proche. Certains peuvent avoir servi de balise pour un chemin ou marquer la limite d’un territoire. D’autres devaient avoir un rôle religieux et certaines enceintes permettent de calculer les solstices. Quant aux dolmens et allées couvertes, ils ont été utilisés comme sépulture et /ou ossuaire. Les allées couvertes, plus récentes

Stèle de la croix

Menhir de Cougn an Dré

que les dolmens, se développent en Bretagne vers 3000 avant JC. A la différence des dolmens composés d’une chambre et d'un petit couloir, les allées couvertes se composent d’un long couloir de taille identique. A l’origine, elles étaient recouvertes d’un tumulus ou d’un cairn. Elles faisaient office de tombe collective pouvant abriter selon l’organisation, la tombe d’un chef, d’une famille ou d’un clan tout entier. Bien que ruinée, l’allée couverte du Kernic ou de Guinivrit (18) est intéressante à plusieurs titres. Les fouilles ont permis de découvrir un poignard en silex, venant du Grand Pressigny (Indre-et-Loire), preuve des échanges se réalisant à cette époque. De part et d’autre du

couloir central, le péristalithe indique la limite du cairn qui recouvrait à l’origine le monument. L’allée fut construite à l’origine au bord d’une rivière à plus d’un kilomètre des plus hautes eaux. Elle fut utilisée de la fin du néolithique au début de l’âge du bronze. Une particularité des allées couvertes bretonnes est la cella terminale, adossée à la chambre funéraire. Son utilisation reste un mystère, certaines étant ouvertes comme au Mougau, à Commana, ou fermées comme au Kernic ou Guinivrit.

Les stèles gauloises Les stèles gauloises sont l’œuvre de tribus celtes. On situe leur fabrication pendant le second âge du fer soit entre 450 et le début de l’ère chrétienne. Elles se concentrent chez les Vénètes qui peuplaient

l’actuel Morbihan, et chez les Osismes, tribu qui englobait le Finistère et une partie des Côtes d’Armor. Elles sont une particularité des peuples celtes armoricains. Plus facile à déplacer que les mégalithes, elles ont été réutilisées comme borne milliaire dès l'époque gallo-romaine. Le christianisme a fait énormément pour faire oublier ce culte païen en les brisant, les enterrant ou les regroupant près de monuments religieux. Elles ont été taillées pour devenir un sarcophage, un bénitier, un support de croix, comme au lieu dit de Roc’h ar fa (19) ou au lieu dit La Croix (20) ou encore enchâssées dans un calvaire comme à Lanrial (21). On peut les regrouper dans deux catégories : les stèles basses de

Balnéum gallo-romain

forme ovoïde comme à Gorré Bloué (22), et les stèles hautes, majoritaires à Plouescat, qui sont généralement en colonne de 4 à 16 facettes. Elles indiquaient toujours un site sacré, comme une source et le plus souvent un cimetière. On a découvert au pied de stèles non déplacées des urnes cinéraires contenant les cendres de défunts.

Les thermes gallo-romains (23) Le balnéum de Gorré bloué fut construit vers le IVe siècle après JC. Le bâtiment mesurait à l’origine 15 m de long sur 12.8 m de large. On distingue encore facilement 6 pièces sur 9 qui remplissaient chacune un rôle bien précis. On y pénétrait par l’atrium ou vestibule.

La salle centrale ou compluvium était à ciel ouvert et recueillait les eaux de pluies pour se laver les pieds. En prenant vers le nord depuis la salle centrale on se dirigeait vers le frigidarium ou salle froide qui permettait l’accès vers l’Est au tepidarium, la salle tiède. Elle-même donnait accès au caldarium, la salle chaude, et l’on finissait par un bain dans la piscine. Les trois pièces se trouvant au sud se composaient d’est en ouest d’un vestiaire, d’un passage et de la salle la plus importante pour le fonctionnement des thermes, la chaudière. Le caldarium et le tepidarium sont construits sur un hypocauste. L’hypocauste est un système ingénieux de chauffage au sol, permettant de chauffer le caldarium et le tepidarium avec l’air chaud créé par le foyer.


laissez-vous

POULFOËN

conter

Cam Pors Louis 15 Negen

Plouescat

14 Menhir de Prat Meur

31 30

28

Poulloufant Kergouarat St Eden

27

15 Menhir de Cam Louis

Prat Bian Pen Ar Pors

24

MENFIG

Landerne-Vian Kerscouarnec

Ty Garde

Kerjean

Zan

Kergoarat

Poulveas

Ty Ruz

Coz Castel

Kergrist (Z.A.)

PORS MEUR

Toulran Kervoa

Char à voile

Goas Ar Louarn Ty Guen Mentaffret Coatalec Brenavalan

Saint Antoine

Kervoa Rohou Bras

Kerdreux 25 Kerjoly Mesguen

Rod Ar C'Har

Cléguer

Streat An Ilis

Pont An Traon

4 2 5 13 26 1 3 7

Le Crinou

Prat Ar Goasven Toulran

Impasse Le Crinou

LE PATRIMOINE RELIGIEUX

16 17

Creac'h Gorré Ar Vrenn Bloué Huella Gouenic An Dreff 22

Gorré Bloué Izella

Pen Ar Valy

BAIE DU KERNIC

Odet Galet

Kerchapalain Milin Ar Gal

PLOUNEVEZ-LOCHRIST

Kerallé

Kerret

Cornamis 23

Sulliadec

9

5

L'Eglise

6

Chapelle de Kerzéan

7

Chapelle du Calvaire

8

Calvaire d'Irvit

9

Calvaire de Kergoal Vihan

10 Calvaire de Forban 11 Calvaire de Languien

Gostang

Ile en Gall

Maison à porche

2

Maison de 1741

3

Manoir du XVIe siècle

4

Manoir de Gorré Kéar

25 Manoir de Mesguen

Guelet Kear Cosquer

Poul Ar Blouch

Lanrial

Palud An Hir Pont Christ

Convenant

Baradozic

1

24 Manoir de Prat Bihan

Pratudal

21 La Lande

Kistillic

Pen Kear

Roc'h Ar Fa

19

Len An Italy

Palud Bian

Keryaouen-Bian

Lannurien

14

LE PATRIMOINE CIVIL

Douar-Per

Keryaouen

Lorcourn

Prat Meur

Corn Ar Scourn

CLÉDER

11

Languien

18

Kerscao

Ker Allia

Lannerien

Pen An Théven

Poulheunoc Poulboullien

12

Kernic-Ty

23 Balnéum gallo-romain 8 Irvit

Pen Ar Prat

Club Nautique

Pullustant

18 Allée couverte du Kernic (ou de Guinivrit)

Kerdanné

Kerneac'h

10

PORS GUEN

Kerveuleug

Forban Le Guinel Goas Vian Courte

Pors Ar Streat Mechou Hellen

17 Allée couverte de Créac'h ar Vrenn

La Croix

Guer Vian Poultheuren

Kernaour Frouden

Kérinou

20

Poulhazec

Gorret

16 Menhir de Cougn an Dré

Gors

Pontrec Hoes Penfrat

Mez Drean

LES MÉGALITHES

Theven Meur

Le Click

29

12 Croix pattée de Languien

Kergoal Bras

13 Croix pattée

Kergoal Vian Couvent

19 Stèle christianisée de Roc'h ar Fa

Ar Gouen

Kerzean 6

20 Stèle christianisée de la Croix 21 Calvaire-autel de Lanrial 22 Stèle basse de Gorré Bloué

26 Halles ou Cohue 27 Magasin à Poudre

LES SITES REMARQUABLES 28 Four à goémon de Cam Louis 29 Rocher des Korrigans ou Roc'h Paotred ar Sabat 30 Rocher du Chien ou Roc'h ar C'hi 31 Fontaine St Eden ou Feunteun ar Vir


Un patrimoine préservé nous rappelle la riche histoire de Plouescat.

Le patrimoine civil

& militaire

Les Halles

Les manoirs Plouescat comptait plus d'une vingtaine de manoirs dont quelques uns sont parvenus jusqu'à nous sans trop de modifications.

Manoir de Prat-Bihan (24) Le manoir de Prat-Bihan est, avec celui de Gorré kéar (cité plus haut), le plus imposant de Plouescat. L'architecture de la façade nord est particulièrement intéressante. A l'intérieur un bel escalier en pierre mène au palier de l’étage. Les origines du manoir ne sont pas bien connues et on suppose qu'il s'agit d'une demeure construite par un riche marchand au XVIe siècle.

Manoir du centre ville

Goémonier

Manoir de Mesguen (25)

(salle où se tenaient les audiences de la justice seigneuriale). En 1822, la municipalité acquiert les halles et aménage une chambre en salle de classe et l'autre en salle de réunion municipale. La conception de la charpente est particulière : utilisant des bois fourchus, les charpentiers équarrissaient l’arbre, le sciaient de long en deux et disposaient un morceau de chaque côté de la toiture. Les parties les plus exposées aux intempéries étaient peintes d'une couleur rougeâtre dont on peut voir encore les traces. Les halles ont été classées Monument Historique en 1915. L'année suivante leur restauration

L'un des bâtiments, qui n'est pas le plus ancien, porte la date 1603. Au-dessus de la porte principale, un blason a été remplacé, après la Révolution où il avait été martelé, par une pierre gravée d’une croix. Au XVIe siècle, le manoir était une propriété De Kersauzon, famille très nombreuse dans la région à cette époque : "Frappez sur un buisson, il en sortira un Kersauzon" disait-on ! L'entrée du manoir est remarquable par sa longue allée d'arbres et son portail à échalier ou, en breton, "strob an diaoul" (croche-pied au diable).

Les halles (26) Les halles symbolisent la fonction économique de la ville. Toute la vie de la cité se concentrait autour de cet édifice situé au carrefour des voies principales. Les halles conditionnent donc la morphologie de la ville. Construites sans doute au début du XVIe siècle, elles constituent une richesse que seules 3 communes bretonnes (Plouescat, Questembert, Le Faouët) ont préservée. Nommées également “cohue”, (du breton “koc’hi”), les halles n’avaient pas seulement un rôle commercial. En effet, le bâtiment comportait deux chambres à l'étage, destinées à l'origine aux activités administratives et principalement à l'auditoire

Magasin à poudre de Saint Eden

complète est entreprise mais avec suppression de la chambre du pignon est et de ses lucarnes. La chambre du pignon ouest disparaîtra dans les années 1960. Le marché y a lieu le samedi.

La poudrière de Saint-Eden (27) Avec la lutte contre les incursions anglo-hollandaises, plusieurs édifices sont construits le long des côtes de Bretagne à partir du règne de Louis XIV. Le magasin à poudre de Saint-Eden, construit au XVIIIe siècle, faisait partie d’un ensemble fortifié qui comprenait également deux batteries, un corps de garde et probablement une guérite. Toujours présentes en 1820,

les batteries n’apparaissent plus sur le cadastre de 1837. Le corps de garde est détruit dans les années 1940. Ce petit édifice avait pour fonction de conserver la poudre. La double feuillure, intérieure et extérieure, atteste la présence de deux portes qui assuraient l’étanchéité. Deux ouvertures en chicane permettent l’aération de l’édifice tout en maintenant la sécurité. La toiture habituellement recouverte de dalles de granit a disparu.

Les fours à goémon de Cam Louis (28) Ce sont des tranchées d’une dizaine de mètres creusées dans le sol. Les parois et le fond sont tapissés de pierres plates assemblées avec de la glaise. Ces fours étaient divisés en compartiments dans

lesquels était brûlé le goémon sec (laminaires). Ces compartiments étaient séparés par des pierres transversales qui facilitent le démoulage des “pains de soude” (une cinquantaine de kg). La “soude” récoltée était vendue à l’usine de produits chimiques située à Pont-Christ (1919-1955). Il fallait environ une tonne de goémon vert pour obtenir un bloc de 50 kg de “soude” dont l’usine extrayait au mieux 1 kg d’iode.


Treize kilomètres de façade maritime illustrant tous les aspects du littoral.

Les paysages

Le long du GR34

Le paysage naturel Plouescat dispose d’un littoral long de près de 13 km où se succèdent plages de sable blanc, massifs dunaires, blocs de granit usés par les âges et une baie où s’entremêlent vasières et vastes bancs de sable. L’anse du Kernic accueille à marée basse de nombreux oiseaux, spatule blanche, aigrette, tadorne de Belon, bécasseau, courlis, gravelot à collier interrompu, justifiant son inscription dans le réseau Natura 2000. Sur toute la côte, le granit offre des formes étranges et fantastiques comme le rocher des Korrigans “Roc’h Paotred ar Sabat” (29), le rocher du Chien (30) ou Feunteun ar Vir (31),

Bel argus

creusée d’environ 25 cavités, retenant l’eau de pluie. En mer certains îlots sont le refuge des cormorans huppés, des goélands, des phoques et voient passer sternes et fous de bassan. Les dunes de Porsmeur et Poulfoën abritent une flore remarquable et très spécifique. Le haut de plage recèle quelques plants du rare et protégé chou marin, plante nourrie grâce aux laisses de mer. Ce maillon essentiel de l’écosystème côtier est le départ de plusieurs chaînes alimentaires. Protégeant nos côtes en hiver, elle nourrit directement ou indirectement la faune et la flore terrestre et marine. Plus haut, l’oyat, l’euphorbe marine et le chardon bleu, s’opposent à la mer, en maintenant le sable, grâce à leur

Liseron des dunes

système racinaire puissant, leurs feuilles étant, par ailleurs, adaptées pour résister au vent et au sable. Derrière, la dune grise, reconnaissable à sa végétation rase, est le refuge de plantes rares comme la linaire des sables, plante endémique de l’Ouest de la France. On peut également observer la rose pimprenelle, le thym serpolet et le lotier. Machaons, bel argus, zygènes, dans un ballet incessant, visitent une multitude de fleurs. Quatre variétés d’orchidées sauvages au moins, sont identifiables : l’orchis pyramidal, le discret ophrys abeille, le frêle spiranthe d’automne et le très rare sérapias à petites fleurs,

plante d’origine méditerranéenne. Au-delà de la dune, de vastes coussins d’armérie maritime colorent la côte de fleurs mauves. A l’intérieur des terres, les paysages changent, place à la grande digitale pourpre, à l’ajonc offrant ses fleurs jaunes dès la fin de l’hiver et au nombril de Vénus avec ses feuilles rondes et charnues garnissant les vieux murs et talus…

Les paysages agricoles Plouescat bénéficie d'une situation géographique favorable à la production de légumes en plein champs. En effet, le Gulf Stream, courant marin chaud qui vient de l'Atlantique, baigne les rivages et permet d'éviter les amplitudes

Champ de bord de mer

thermiques importantes. Les jours de fortes gelées sont ainsi assez rares durant l'hiver. Depuis plus d’un siècle, le choufleur et l'artichaut sont les deux légumes phares. L'ouverture sur l'Europe a entraîné une diversification de la gamme produite aujourd'hui dans le secteur. On compte plus d'une vingtaine de légumes référencés sur le marché local. Jusqu'au début des années soixante, la vente des légumes se faisait de gré à gré sur la place des halles. L'organisation des marchés a vu le jour grâce à la volonté de

quelques producteurs qui ont créé la SICA (Société d'Initiative et de Coopération Agricole) dont le siège est à St Pol de Léon. Toutes les mises en vente sont désormais réalisées chaque matin de 7h à 9h. Selon la loi de l'offre et la demande, les légumes y sont achetés par les différents négociants qui rayonnent dans toute l'Europe. L'échalote, le brocoli, la courgette, la tomate, la pomme de terre, l'ail et la fraise sont produits sur une trentaine d'exploitations. Deux serristes produisent également des

fleurs coupées et des plants en pots. Les crises légumières successives, la dureté du métier et le manque de main-d'œuvre ont conduit à une diminution importante du nombre d'exploitations légumières. De 100 en 1980, Plouescat ne compte plus aujourd'hui qu'une trentaine de structures qui sont de plus en plus importantes (25 hectares en moyenne). Plouescat étant une station balnéaire reconnue, la pression immobilière y est particulièrement forte. De nombreux terrains agricoles deviennent constructibles au fil des différentes révisions du plan local d'urbanisme. L'équilibre semble néanmoins trouvé entre les zones pavillonnaires et les terrains agricoles.


Le Pays de Morlaix appartient au

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1904

BREST" DE

"LA DÉPÊCHE DE

ET SES ENVIRONS", VERS

"BREST

DIRECTEUR

EXTRAIT DE

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