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EXPOSITION DU 29 AVRIL AU 12 JUILLET 2009 Commissaire invitée Cécile Bourne-Farrell

CENTRE PHOTOGRAPHIQUE D’ILE-DE-FRANCE 107, avenue de la République 77340 Pontault-Combault T : 01 70 05 49 80 www.cpif.net Contact presse : Guillaume Fontaine guillaume.fontaine@cpif.net


PILAR ALBARRACÍN, JULIETA ARANDA, SERGIO BELINCHÓN, HERMINE BOURGADIER, IRINA BOTEA, MICHEL BLAZY, DANIEL CHUST PETERS, LIONEL ESTÈVE, JEAN-FRANÇOIS FOURTOU, MICHEL FRANÇOIS, MIKLOS GAÁL, ISABELLE HAYEUR, DJAMEL KOKENE, SEAN LYNCH, ANTONI MIRALDA, JOACHIM MOGARRA, OTOBONG NKANGA, FLAVIE PINATEL, EDOUARD SAUTAI.

/// L’exposition « Autres mesures », rassemble des œuvres issues de pratiques contemporaines diverses, dont les traitements modifient notre rapport aux échelles et aux proportions. Différents moyens seront conviés, de la maquette au collage in situ, de l’image fixe à l’image animée, ou encore à travers une programmation de films, pour restituer selon d’autres mesures les objets de nos imaginaires contemporains. Cette pluralité d’approches nous invite à jouer et à lâcher prise avec les normes et contraintes formelles de notre époque en quête de standards. Le visiteur pourra ainsi saisir les juxtapositions et renvois à d’autres restitutions d’échelles du macro au nano. Dans un premier temps, les notions de jeu (Flavie Pinatel) et de déplacement des usages (Daniel Chust Peters) dans les espaces architecturés de la ville ou du paysage, font que les réalités s’imbriquent. Le fantastique côtoie le quotidien : dans une cité apparemment vide et pourtant parfaitement habitée par les poursuites effrénées d’enfants, ou dans la dimension utopique de la cité Pierre Semard au Blanc-Mesnil, restituée dans Pièce détachée d’Edouard Sautai. Un autre déplacement est opéré par Sean Lynch. Celui-ci a posé une caméra de surveillance sur le cou d’un faucon qui survole une cité à Limerick, en Irlande. L’utilisation de la caméra de surveillance renvoie à des images objectives, ici contrariées par les aléas du vol du rapace, qui attestent néanmoins des possibilités de la connectivité en temps réel. Plus ludiques, les flip books mis en mouvement par un pouce énorme, au son d’un projecteur 16mm, démultiplient l’échelle de compositions géométriques, fruit d’une collaboration de Lionel Estève avec un groupe d’enfants handicapés. Dans un deuxième temps, la notion d’échelle renvoie aussi à notre capacité à passer d’un niveau de représentation à un autre. Ainsi, toute conception archétypale passe par la miniaturisation ou le gigantisme comme nous le proposent les œuvres d’Hermine Bourgadier, de Michel François ou de Miklos Gaál. Joachim Mogarra, quant à lui, élève un monument à l’artiste Gina Pane dans une grande économie de moyens : un morceau de pain et une couronne d’épines. Dans la perte ou l’omniprésence des référents, l’artiste Jean-François Fourtou est maître de la pratique avec ses maisons de géants. Les artistes Isabelle Hayeur, Sergio Belinchón et Otobong Nkanga nous font prendre la mesure des traitements monstrueux infligés aux territoires, qu’il s’agisse des terres sacrées des Indiens d’Amérique du Nord, du littoral espagnol entièrement bétonné et plus largement de l’impact massif du tourisme sur le paysage. Dans un troisième temps, la démesure rend inévitablement compte de la question du pouvoir et de ses représentations politiques ou humaines. Certains artistes comme Antoni Miralda, Irina Botea ou Julieta Aranda rejouent et déjouent l’imagerie produite autour d’évènements comme le Vietnam, ou de figures historiques telles que celles de Ceaucescu, Mao ou El Che. Pilar Albarracín réalise dans une vidéo performance une critique de l’image folklorique de la femme qu’on réduit à des codes culturels. Djamel Kokene, quant à lui, propose une autre relation à l’image en ramenant l’échelle réelle d’une installation sur un mur de la ville de Mouans-Sartoux à celle d’un minuscule écran plasma qui restitue cependant la place du spectateur dans le dispositif. Enfin, une lecture du micro et du macro fait particulièrement sens à un moment où le développement des nanotechnologies est un des domaines les plus importants de la recherche fondamentale contemporaine. Dans cette perspective, les œuvres de Michel Blazy se situent à la limite de l’invisible comme autant de “moments d’exception”. Que ce soit en regardant les étoiles ou à l’inverse la terre depuis l’espace, notre vision est relative. Tout dépend du lieu et de notre façon de regarder le monde selon la vision endotopique ou exotopique pour laquelle on opte. Regarder l’infiniment grand et l’infiniment petit mobilise l’interprétation et renvoie à l’idée qu’observer les étoiles, une éolienne ou un minuscule insecte demeure un émerveillement. De ce constat, la question du rapport des échelles s’impose entre les choses, les usages et leurs contextes. L’espace du Centre Photographique sera, le temps de l’exposition, le lieu d’une expérience physique et d’une nouvelle mise en perspective de cette question au cœur des productions contemporaines.


PILAR ALBARRACÍN Née en 1969 à Séville. Vit à Madrid www.pilaralbarracin.com

Musical Dancing Spanish Dolls, 2001 Vidéo-performance 3’25’’

Courtesy de l’artiste et de la galerie Georges-Philippe et Nathalie Vallois, Paris

Pilar Albarracín questionne la hiérarchie traditionnelle des genres, à travers la vidéo, la performance, la sculpture, la photographie, l’installation. Elle s’appuie sur les caractéristiques culturelles et rituelles de son Andalousie natale pour remettre en question le partage des rôles féminin et masculin et les fondements de l’identité sexuelle. Les poncifs de la société espagnole, détournés avec un humour tragi-comique, sont le moyen de traduire son insoumission. Son art est un combat, car il analyse, critique et condamne. Cette performance renvoie aux relations complexes qui existent entre la représentation de la femme de taille Barbie, assujettie à l’image que l’on attend d’elle et celle de la femme de taille réelle, l’artiste. Comme dans toutes ses autres performances, elle se met ici elle-même en scène. L’artiste joue entre ces échelles comme avec elle-même, se distanciant et se rapprochant de son personnage. Cette sur-imposition du protagoniste principal renvoie aux relations complexes des effets de trucages du cinéma. Une tension se dégage, due à la bande sonore obsédante, qui renvoie aussi aux mouvements saccadés, mécaniques des poupées. Le travail de Pilar Albarracín a fait l’objet d’une importante exposition l’année passée à la Maison Rouge. A cette occasion, un catalogue conséquent a été édité, avec un texte de Georges Didi-Huberman et de l’artiste avec Cécile Bourne-Farrell : Pilar Albarracin Mortal Cadencia, Fage, 2008. Pilar Albarracín aura une exposition personnelle à la Galerie Georges-Philippe et Nathalie Vallois en mai 2009.


JULIETA ARANDA Née en 1975 à Mexico City. Vit à Berlin et New-York www.arts-and-leisure.com/dossier/julietaaranda.html

Temporary Solutions, 2005-2006

Installation incluant un ensemble de documentation de propagande révolutionnaire acheté à Mexico et présenté dans une valise accompagné d’une projection de diapositives de ces divers objets (livres, pamphlets, journaux, drapeaux, chemises, pins, porte-clés, K7, CD). Courtesy de l’artiste et de la galerie Michael Janssen, Berlin

Julieta Aranda, à travers des projets multiformes, s’intéresse à la dissémination de l’information et la question de l’individualité dans la société contemporaine. En collaboration avec Anton Vidokle, elle a créé un projet itinérant d’archives vidéos en accès libre (e-flux Video Rental, 2004– ) ainsi qu’un magasin participatif où les artistes peuvent accrocher leurs travaux (Pawnshop, 2007). Dans ces projets, sans cesse renouvelés, elle réinvente les systèmes existants de commerce et de circulation, afin de, selon ses propres mots, « générer des propositions viables pour des transactions alternatives du capital culturel », c’est-à-dire proposer des solutions alternatives aux modes existants de diffusion culturelle. Comme le dit l’artiste, « mon travail se concentre sur le potentiel esthétique que peut jouer tout élément de diffusion. Sans être attachée à un médium plutôt qu’à un autre, je manipule différents formats dans l’idée de renforcer d’autres propositions ou alternatives aux échanges culturels ». Les propositions de cette artiste déjà reconnue s’inscrivent dans tous types de lieux et de dispositifs. Quand elle parle de la question de la circulation/diffusion, elle entend par là que les réseaux de diffusion suivent une logique du désir, dans laquelle elle pense qu’il est possible d’interférer pour introduire une dimension de résistance. « Je crois que l’art pour être réellement politique, n’a pas besoin de défendre une idéologie plutôt qu’une autre, mais de mettre en exergue une possible autonomie dans le contexte dans lequel s’inscrit le travail ». L’oeuvre présentée dans Autres mesures, Temporary Solutions, illustre cette recherche de distance des symboles et objets de propagande en leur restituant un autre statut par le subtil détournement de la taille des images et de leurs référents, simultanément présentés ici et tel qu’il l’a été juste avant à Zagreb dans une exposition intitulée Disobediance Archive, en hommage au concept d’Alain Badiou sur la question de la fidélité ou pas de l’événement (Alain Badiou, L’Être et l’Evénement, Paris, Seuil, 1988).

Julieta Aranda a inauguré le 10 avril, au Musée Guggenheim de New York, une installation intituée Intervals qui prend la forme d’interventions dans les insterstices du musée et qui va au-delà de l’espace physique du musée en introduisant un travail autour de la notion de temps.


SERGIO BELINCHÓN Né en 1971 à Valence. Vit à Berlin www.sergiobelinchon.com

Sans Titre, n°1, de la série Architectures Ephémères, 2001,

Photographie couleur (Diasec mat) contrecollé sur bois, 98,5 x 138 cm Courtesy Fonds national d’art contemporain, Paris Sergio Belinchón s’intéresse à l’univers urbain, et à son incidence sur l’être humain et son mode de vie. Dans la série Ciudades Efimeras, il s’est attaché à rendre compte de la destruction du littoral espagnol. Le traitement des images alterne forte présence humaine, ou absence totale. Il interroge ses contemporains sur la place de la personne dans la cité. Ce qu’il cherche à mettre en image, est ce qu’il se passe entre les architectures les plus emblématiques, le faux et le vrai. Il a notamment réalisé une série intitulée «  Histoires naturelles », qui sera peut-être prolongée par un travail sur le Zoo de Vincennes.

Sergio Belinchón est actuellement en résidence aux Récollets, invité par le CPIF, jusqu’au 15 mai, où il travaille sur un projet vidéo autour de la densité des espaces périphériques en Ile-de-France. Il aimerait idéalement restituer un portrait de cette région à forte densité urbaine. Il participera prochainement à une exposition collective à la Casa Encendida en juillet 2009. Son travail fait l’objet d’un intérêt important de la part d’institutions et de commissaires d’expositions internationaux.


MICHEL BLAZY Né en 1966 à Monaco. Vit à Saint-Denis www.galerieartconcept.com

Araignée sur pluie d’Air, 2003

Tirage couleur contrecollé sur PVC, 69,3 x 49,1 cm Courtesy de l’artiste et de la Galerie Art:Concept, Paris

« Michel Blazy a fait ses études d’art à la Villa Arson, à Nice. L’artiste remet en question dans son travail la productivité de l’art, par des installations sensibles qui mettent en jeu le vivant et l’organique. Il utilise souvent des matériaux périssables prélevés dans le quotidien : essuie-tout disposé en rosaces, sacs plastiques, coton, papier toilette, mousse, fruits et légumes, etc., à partir desquels il conçoit des installations éphémères dont la durée de vie équivaut à celle de l’exposition. Photographies et vidéos permettent de pérenniser ses oeuvres. Artiste et apprenti-chimiste, Michel Blazy explore les capacités évolutives des micro-organismes et l’esthétique insoupçonnée de la matière organique : germination, pourrissement, moisissure, dessication, mutation sont les divers modes de transformation de ses oeuvres, en perpétuel devenir. » Source : fluctuat.net Dans Araignée sur pluie d’air, Michel Blazy a saisi par la photographie ce qu’il appelle « un moment d’excellence de la nature » : une araignée sur une goutte d’eau, de façon presque microscopique. Cette vision de la nature fait sens à un moment où le développement des nanotechnologies est une des approches les plus importantes de la recherche fondamentale.


IRINA BOTEA Née en 1970 en Roumanie, vit à Chicago www.irinabotea.com

Batuta lui oprica, 2003, projection vidéo, 1’.

Enisa and the shadows, avec Ulrich Behr , 2003, projection vidéo, 2’ Courtesy de l’artiste

La vidéo Batuta lui oprica montre le palais de Ceaucescu réduit à la forme d’une maquette autour de laquelle se célèbre l’anniversaire de Blanche Neige et autres nains de jardin. Dans Enisa and the shadows (vidéo produite par le Kunstlerhaus de Boswill) l’animation renvoie à l’omniprésence de la représentation de la terreur menée par Ceaucescu dans son pays, la Roumanie. Ici, cette ombre est menaçante, comme peuvent l’être la parole, l’architecture de ce palais et le régime de terreur. Ici, Irina Botea fait preuve d’une forme de résistance et d’une attitude insoumise, avec des moyens très simples. En juin prochain Irina Botea est invitée dans le cadre de la programmation satellite du Jeu de Paume à Paris. Elle a exposé l’année passée au Centre Culturel Roumain de Paris.


HERMINE BOURGADIER Née en 1974. Vit à Bagnolet. www.schirman-debeauce.com

Happy Valley, 2008

Tirage argentique couleur contrecollé sur aluminium, 60 x 80 cm. Courtesy de la galerie Schirman & de Beaucé, Paris « Hermine Bourgadier s’intéresse à son thème fétiche, l’univers des jeux, qu’elle explore depuis quelques années avec, notamment, les turfistes, les combats de coq et les jeux vidéo dont la série intitulée Street fighters l’a fait connaître en 2006. Adepte d’une forme d’anthropologie poétique, l’artiste sonde le rapport entre l’espérance individuelle et les formes ritualisées du risque. Il faut pour cela des images du monde tel qu’il s’organise dans l’esprit de ceux qui croient en leur chance. Des images d’espoir et d’échec. Elle a bénéficié d’une résidence en Chine, à Macao. Les images qu’elle a conçues s’apparentent à des décors de cinéma ou de théâtre (...) À ce virtuel de carton-pâte répond une vue d’entraîneurs de chiens de course. Le groupe apparaît tout d’abord menaçant, pourtant l’univers du pari traditionnel sur les courses de chien est en train de disparaître en Chine. Ce que traduit bien le caractère authentique de ces hommes ingrats tenant leurs chiens muselés. Eux-mêmes jouent une fin de partie. La dernière image s’élève dans une nuit qui montre un stade comme un théâtre vide et résume bien l’ensemble de l’exposition : un univers finalement clôt, avec ses décors et ses acteurs, sa technologie et ses archaïsmes. Le nôtre, pour autant que l’on ait jamais cru en la chance.» Michel Poivert, Les caprices de la défaite, www.sfp.asso.fr, édité le lundi 8 septembre 2008.


DANIEL CHUST PETERS Né en 1965 à São Paulo. Vit à Barcelone www.maribelnadaljove.com

Randonnées, 1992-93, Tirages couleur

Saltar per el Aire, 2007

Triptyque, tirages couleur encadrés ( Saltar Per el Aire, 2007, vidéo, 5’, présenté à la Fémis le 29 Avril ainsi qu’au Cinéma Apollo, à Pontault-Combaut) Avec le concours de l’Institut Ramon Llull, de la Municipalité de Tarragone, de la Généralitaté de Catalogne et du Laboratoire Sabaté, Barcelone Courtesy de l’artiste et de la galerie UNA, Paris

Des architectures réelles réduites comme des jouets, un art praticable qui se dissout dans l’expérience, un atelier d’artiste qui s’offre comme œuvre et une méthode de travail qui vire à l’obsession.... Depuis toujours en effet, Daniel Chust Peters reproduit systématiquement chaque atelier où il travaille, créant ainsi sa propre autobiographie à travers ses œuvres. Modifiant l’échelle et variant, en des déclinaisons infinies, les matériaux, Daniel Chust Peters réinvente à ces architectures de nouveaux usages, les changeant tour à tour en maisons de poupées, serres, volières... L’idée de transformation est ici fondamentale parce qu’elle met en évidence l’artifice de la convention la plus sérieuse, que l’imagination peut interpréter en toute liberté, mais aussi parce que s’opère alors un déplacement de la question artistique vers le monde réel.


LIONEL ESTÈVE Né en 1967 à Lyon. Vit à Bruxelles www.galerieperrotin.com

Petite Vitesse, 2007

Installation vidéo avec 3 projecteurs en boucle Courtesy de l’artiste et de la galerie Emmanuel Perrotin, Paris Pour la réalisation des flip books, l’artiste remercie tous les participants des institutions : Ecole Désirée Denuit (enseignement fondamental spécialisé T3) Centre Notre Dame des Anges (atelier pour handicapés mentaux adultes) ASBL Le silex (atelier pour handicapés mentaux adultes) qui ont soutenu le projet; ainsi que Annette Prévot, Mathilde Vancoppenolle (collaboratrices) Jordan Feldman (caméra) et Jean-François Tamalet (montage).

La pratique de Lionel Estève se situe à la croisée de la sculpture et du dessin. Informelles et fragiles, ses oeuvres éveillent notre perception d’une réalité à la fois palpable et indicible. Avec Petite vitesse, Lionel Estève étend son univers poétique en explorant de nouveaux médiums et de nouvelles pratiques. Il propose à des handicapés mentaux et à des enfants de réaliser des flip books qu’il nous restitue ici à travers un ensemble de vidéos. Les films qui se déroulent sous nos yeux sont ceux de leurs intuitions. Ces œuvres rappellent l’intérêt manifeste de l’artiste pour les énergies créatrices et leurs captations. Artisan, chercheur, Lionel Estève déploie matières, lignes, couleurs dans l’intervalle du perceptible et de l’imperceptible. Extrait de Petite Vitesse réalisée à l’occasion de l’exposition de Lionel Estève à La BF15, Lyon.

Lionel Estève a actuellement une exposition personnelle à la galerie Emmanuel Perrotin, Paris, jusqu’au 16 mai.


JEAN-FRANÇOIS FOURTOU Né en 1964 à Paris. Vit à Madrid et Marrakech www.jgmgalerie.com

Sans Titre, Série Marrakech, 2007 Tirages couleur Courtesy de la galerie JGM, Paris

« Le travail le plus emblématique de Jean-François Fourtou se trouve à Marrakech. C’est là qu’il a reproduit d’après souvenir, et à trois échelles différentes, une pièce de la maison de son arrière grand-mère, qui a marqué son enfance. A échelle double, les objets retrouvent la taille démesurée qu’ils avaient quand nous étions petits. Preuve en est cet ensemble de sculptures monumentales : le broc émaillé, le pull tricoté main sur son cintre, l’arrosoir, la chaise, le banc en bois nous renvoient à nos premières années, lorsque le monde environnant nous paraissait gigantesque. (...). En s’adressant à cette part d’enfant que nous laissons peu parler, Jean-François Fourtou invite l’adulte à changer sa perception du réel, en allant aux confins de la mémoire, là où les souvenirs se brouillent et nous échappent, là où se tapissent les secrets de l’inconscient. Comment habiter son monde intérieur, cette maison qui en soi ne nous quitte jamais ? Comment trouver une place à sa juste mesure ? Ce sont peut-être les questions qui parcourent en filigrane les lieux de vie et les sculptures géantes de JeanFrançois Fourtou. » In Mes maisons, catalogue édité par JGM galerie. Texte de Marie Cozette, 2007.


MICHEL FRANÇOIS Né en 1956 à Saint-Trond. Vit à Bruxelles www.xavierhufkens.com

Echelle 1 : 1, 2005

Poster couleur sur papier Courtesy de l’artiste et de la galerie Hufkens, Bruxelles

« Le travail de Michel François est pour ainsi dire indéfinissable, tant il navigue d’un monde à l’autre, d’un support à un autre, d’un espace ou d’un territoire à un autre. Essentiellement nomade, il prend ce qui est à sa disposition, fait en sorte que ce le soit pour d’autres. Cette circulation des choses, des idées, des images, des êtres est au cœur de ce travail. De l’être là, il fait de l’être avec. De l’immanence du monde, il fait ressortir l’énergie, l’intensité. Il capte, il prend des images, entre autres choses. Des images de personnes, de plantes, de lieux (très peu). Il capte le geste à travers l’image, à travers la prise de vue photographique. Il capture cette énergie et la fait circuler de nouveau. Agrandies, ces images, on les retrouve sur les murs, ou par terre, sous forme d’affiche, à enrouler et à emporter, à réexposer chez soi, ou ailleurs, dans son propre monde, dans le monde de l’autre. L’univers de Michel François, de fragmenté qu’il est au départ, est voué à se fragmenter ailleurs, à travers d’autres univers, dans une perpétuelle circulation des choses, dans le geste d’attention, ou d’interpellation, qui précède celui de la capture, autant que dans celui de l’abandon et de la dispersion. Il y a là une dimension économique dans le travail. Une dimension que l’on voudrait voir davantage présente dans l’économie du monde actuel : celle de la circulation, de l’échange et du don. S’il est clair que Michel François aborde ce qui est une dialectique entre soi et le monde, mise en lumière par le regard, et spécialement aujourd’hui le regard médiatisé que donnent du monde les technologies de reproduction de l’image que sont la photo ou le cinéma, il n’en oublie pas pour autant la dimension matérielle et corporelle, organique de cette dialectique (...)». Extrait de Le Regard libéré, 2003, par Chantal Pontbriand. www.voxphoto.com/expositions/michel_francois.html


MIKLOS GAÁL Né en 1974 à Espoo, Finlande. Vit à Amsterdam et Helsinki. www.miklosgaal.com

Ancient Ruins (106 x 92 cm ) et Airplane (84,8 x 113,8 cm), 2003 Tirages couleur encadrés Courtesy Fonds national d’art contemporain, Paris

Miklos Gaál utilise la photographie comme un moyen de rendre compte de la réalité telle qu’elle apparaît tous les jours. Il choisit de poser son appareil dans la rue, sur des chantiers, dans des terrains de sports, des aéroports... en réglant son focus en diagonale. La mise au point élusive à la Chambre crée un effet de flou tout autour de la scène. De cette façon s’opère un processus de miniaturisation des éléments du paysage. La particularité de sa démarche est de construire son image sans les artifices de la retouche a posteriori.

Miklos Gaal est actuellement à la Rijksakademie à Amsterdam.


ISABELLE HAYEUR Née en 1969 à Montréal. Vit à Montréal www.isabelle-hayeur.com

Quaternaire I, II et IV, 2006

Epreuve chromogénique plastifiée Courtesy de l’artiste et galerie Pierre-François Ouellette art contemporain, Montréal.

Isabelle Hayeur nous invite à reconsidérer l’échelle du temps et de l’espace, hors de toute proportion, en photographiant la plus ancienne terre sacrée des Indiens autochtones canadiens : « Je suis particulièrement intéressée par la question environnementale et par le devenir des lieux et des cultures à l’ère de la mondialisation. Entre les paysages et nous-mêmes existe une relation de réciprocité qui dévoile nos modes d’existence. Leur étude comme leur mise en espace mettent à jour nos visions du monde et notre être-ensemble. » La série Quaternaire renvoie à une autre échelle de temps et fait référence à une période des glaciations qui a anéantit nombre de dinosaures. Ces couches de sédiments font aujourd’hui aussi l’objet d’une certaine attraction pour y découvrir les ossements de ces monstres de l’Histoire. L’artiste a fusionné avec Photoshop des photographies provenant de deux sites (Parc des Dinosaures dans les Badlands, dans le Dakota-du-Nord et en Alberta) et a reconstruit artificiellement ces paysages désertiques. On se trouve devant des étendues impossibles qui font appel à notre propre expérience du paysage et à notre imaginaire.


DJAMEL KOKENE Né en 1968 à Ain El Hammam, Algérie. Vit à Paris www.djamelkokene.com

Musée du Monde, Fragment (série 1), 2007-2008

Cadre numérique Courtesy de l’artiste / l’artiste est représenté par la galerie Anne de Villepoix, Paris. Œuvre produite (peinture murale et photographies) par l’Espace de L’Art Concret, Donation AlbersHonegger, Mouans-Sartoux (dans le cadre de l’exposition On fait le mur). Ces photographies ont été réalisées à la demande de l’artiste par l’équipe du centre d’art. Chacune d’entre elles forme un fragment journalier du temps d’exposition et dont l’inscription murale « MUSEE DU MONDE » en constitue une variable référentielle.

Pour l’exposition Autres mesures , l’artiste propose une série de 160 photographies prisent devant le mur sur lequel l’artiste a choisi d’écrire « Musée du Monde ». Aussi polysémiques soient-elles, ces photographies parlent d’abord de nous, de notre rapport à notre environnement et de la place qu’on y occupe. De ce point de vue et selon l’artiste, ces photographies tentent d’établir un rapport entre la perception que l’on a du monde, de notre environnement et la manière dont on s’y projette. Perception et projection forment une image non pas moins phénoménologique dans laquelle se côtoient deux temporalités, le futur et le passé et qui est résumé par le « futur antérieur ». C’est dans ce futur antérieur cher à Robert Smithson que Djamel Kokene nous propose de visualiser par une sorte de mise en abîme de nous même, par un double effet de miroir, l’image photographique et celle que produit l’inscription murale « Musée du monde ». « Musée du monde se présente en tant que signe visible et effectif de par son inscription dans l’espace public. Un signe qui constitue une variable des imaginaires tant individuels que collectifs et qui fait image avec le lieu d’inscription où s’accomplissent des gestes ordinaires qui font partie de notre quotidien. Musée du monde se joue du modèle de représentation qu’implique la notion même de musée, qui induit des imaginaires restreints puisqu’il détermine des normes, des limites qu’il diffuse en guise de vérité. En ce sens, « Musée du monde » forme un point de convergence entre l’imaginaire social, urbain, individuel et l’espace de vie quotidienne dans lequel il se produit, souvent relégué au banc de l’amnésie générale. » (Extrait du site de l’artiste) Ce qui est en jeu ici, ce n’est pas tant la recherche d’une identification à l’Autre, ne serait-ce que l’Autre de moi-même que notre éloignement, notre mise à distance par rapport au temps présent devenu saturé pour en re-saisir à nouveau les potentiels. Si l’inscription « Musée du monde » constitue une sorte de dispositif photographique actif dans le réel, l’image qui en résulte nous pousse quand à elle à nous interroger sur la manière de nous représenter dans le réel. De ce point de vue, ces photographies sont autant une interrogation sur les modalités constitutives de l’image que leur statut de photographie en tant que référent au réel, quelque peu modifié ici. Notons par ailleurs que « Musée du Monde » a fait l’objet d’une commande publique pour l’année 2009 du Ministère de l’Écologie, de l’Energie, du Développement durable et de l’Aménagement du territoire avec le soutien du Ministère de la Culture, en Languedoc-Roussillon. Mise en place sur le tronçon de l’autoroute A75 A 750, au niveau du triangle de Ceyras.


SEAN LYNCH Né en 1978 à Kerry, Irlande. Vit à Berlin et Limerick www.vondoering.de

Peregrine Falcons visit Moyross, 2007

Vidéo 3’ Pour les faucons : Lloyd Nuck, assisted by Lee Sparey Camera : Tom Flanagan, Jonathan Watts Courtesy de l’artiste

L’artiste irlandais Sean Lynch a réalisé une commande publique pour une cité, Moyross, qui se trouve en banlieue de Limerick il y a deux ans. Cette cité est emblématique du taux de surpopulation et des conditions de précarité sociale avec un taux d’actifs de seulement 21% de la population. Le dispositif qu’il met en place propose une double lecture du prédateur et de ses proies potentielles en déjouant les mesures sociales et politiques locales, et en utilisant le résultat des images d’une caméra de surveillance posée sur le dos d’un faucon. Selon les pauses détectées par la caméra numérique, le dispositif propose, comme dans un jeu vidéo, des relations particulières au territoire et à la technologie de la télésurveillance, dont nombre d’images pixélisées restituent simultanément des points de vue totalement inattendus entre le micro et le macro, comme dans Powers of ten (Puissances de dix) de Charles et Ray Eames (1977), mais avec ici avec un regard bien différent.


ANTONI MIRALDA Né en 1942 à Tarrasa, Espagne. Vit à Barcelone et Miami www.foodcultura.org

Essai d’amélioration II, de la série : Essai d’amélioration, 1967-1969 Photographie noir et blanc sur papier mat, 61 x 50,5 cm. Courtesy Fonds national d’art contemporain, Paris

Miralda est un artiste qui analyse autant le mouvement des personnes dans la rue, l’illustration, la mode le cinéma que la culture populaire de façon irrationnelle et futuriste. Dès les années 60, Miralda introduit dans son travail l’ultime expression du pouvoir : l’armée. Les petits soldats envahissent littéralement des lieux dans la ville (lorsqu’il vit à Paris de 1962 à 1970 où il collabore avec Joan Rabascall, Jaume Xifra et Benet Rossell et ensuite à New York à partir de 1971). En 1969, Pierre Restany organisait une exposition Super Lund où il présentait déjà ces soldats, comme dans la chevelure de cette femme, qui résumait la phobie et la fascination pour la commémoration de quelque chose qui n’a pas eu lieu et qui en 1969 se trouvait sous la dictature franquiste. Si les arts visuels ont un rôle prépondérant dans le travail de Miralda, le toucher, le goût et l’ouie ont un immense intérêt pour lui, pour leur dimension symbolique et communicative. Miralda ne se limite donc pas à un mode d’expression et associe aussi le plus souvent le public, sous la forme participative de rituels ou d’évènements. Comme la « Fête en blanc » (1970, avec Dorothée Selz), les Gateaux (1967-1968) ou Coca-Cola Polenta (Venise, 1978). Miralda crée de la distortion dans ces travaux, établissant des liens entre le musée et la rue, l’aéroport et le marché, la vie et la mort dans un monde défini par l’artiste de «culture internationale et de cuisine rapide et des communications électroniques». Pour mémoire, il a participé aux Dokumenta de Kassel 1972 et 1977. Il fait un « Gâteau monument » place du Trocadéro le 17 juin 1989, en l’associant au centenaire de la Tour Eiffel. Honeymoon Miralda Project 1986-1992 était une fusion entre le monument à C. Colomb de Barcelone et la statue de la Liberté de New York (ce qui donnera lieu aussi à la procession nuptiale sur la 5ème avenue à NY). Il examine ici « la question du mariage comme base du rituel de l’échange et la réappropriation des échelles dans un contexte où les monuments dont nous avons hérités sont composés de notre participation à la communauté : Vous êtes invités à donner votre avis. » En 1990, il participe au pavillon espagnol de la Biennale de Venise avec une œuvre emblématique : Amonestacions. Miralda aura une importante restrospective de son travail au Reina Sophia de Madrid, l’année prochaine. Pour information voir le catalogue à disposition sur demande « Miralda obres 1965-1995 »


JOACHIM MOGARRA Né en 1954 à Tarragone, Espagne. Vit à Montpeyrou. www.galerie-vallois.com

Memorial Gina Pane, 1985

Tirage argentique sur tissu Courtesy Fonds national d’art contemporain, Paris « Les photographies minimalistes de Joachim Mogarra, toujours accompagnées par une légende drôle, écrite à la main, montrent un univers poétique, délicatement naïf et magique. Ses œuvres sont à la fois modestes et passionnantes : en détournant des objets communs, le quotidien devient non seulement ludique mais sublime. Chaussures, pots de yaourt, cornet de glace, boutons, plantes et cartes à jouer sont parmi les objets du « presque rien » qui inspirent l’artiste. La mise en scène subtile et dérisoire de ces objets permet la reconstruction de chefs-d’œuvre connus et de monuments typiques, ou pas. Mogarra évoque des paysages romantiques et mystérieux avec des morceaux de sucre. Ici l’hommage rendu à l’artiste iconique Gina Pane est une œuvre particulière, (tirage argentique sur tissu), la réduction et la pauvreté même des éléments utilisés acquièrent un supplément d’âme qui ne fait qu’accroitre le respect que l’on peut avoir en évoquant cette artiste qui a été l’une des figures de proue de l’Art corporel en France, développé entre 1970 et 80, dont l’oeuvre jouait des liens fondamentaux entre violence et douceur, peurs de l’enfance et névrose de l’âge adulte, la violence politique et la sphère de l’intime. Associée ici dans ce même couloir, à l’œuvre d’Antoni Miralda, il est évident qu’on peut les mettre en parallèle au regard du contexte historico-politico-social spécifique, dont on ne peut nier l’importance (identité sexuelle, féminisme, guerre du Viêtnam, oppression politique). Extrait du dossier de presse de la galerie et de l’ouvrage In/visible, collection productions, Frac Lorraine, 2006.


OTOBONG NKANGA Née en 1974 à Kano, Nigéria. Vit à Anvers et Paris

Alterscape stories, Uprooting the Past, 2006

Triptyque, photographies couleur (100 x 100 cm) Courtesy de l’artiste Œuvre réalisée dans le cadre de la 1ère Biennale des Canaries, Architecture, Art et Paysage, Iles Canaries. L’artiste remercie Wim van Dongen, Anvers.

Otobong Nkanga met la plupart du temps son corps en scène dans différents supports, que ce soit le dessin, la performance, les photographies ou la vidéo. A travers sa présence ici sous le signe du gigantisme, elle dénonce les excès de l’homme sur l’environnement et la vision encore archaïque de la société qui se pose là où elle peut faire du commerce, en l’occurrence ici aux îles Canaries, lieu du tourisme de masse par excellence où les ruines sont déplacées et les pans de montagnes chamboulées pour les transformer en terrain de golf. Dans son travail, elle opère des croisements culturels à l’image de notre société en pleine mutation, sans jamais oublier son histoire complexe, puisqu’elle est née au Nigéria et y a fait une partie de son cursus scolaire avant de le compléter en Europe. Fortement influencée par la culture Africaine et Anglo-saxonne, elle observe et interroge la relation que l’homme entretient avec son environnement, comme par exemple la contamination des paysages urbains ou ruraux. Son intérêt n’étant pas tant la réalité que nous croyons voir et connaître mais plutôt celle que nous choisissons d’ignorer.

Artiste émergeante, Otobong Nkanga a déjà acquis une visibilité internationale en participant à de nombreuses expositions, comme Africa Remix, Kunsthalle de Bern et De Appel, Amsterdam dans le projet Baggage 1972/2007, Allan Kaprow/Otobong Nkanga ou Snap Judgement, Stedelijk Museum et Brooks Museum of Arts, Memphis, USA.


FLAVIE PINATEL Née en 1977 à Marseille. Vit à Aubervilliers www.zoogalerie.fr/tag/flavie-pinatel

Game Play, 2008

Vidéo, 19’ Courtesy de l’artiste L’artiste remercie Steve Calvo

Flavie Pinatel présente au CPIF et à la FEMIS un triptyque vidéo tourné dans la cité de La Maladrerie d’Aubervilliers, construit sur le site d’une ancienne maladrerie, ces léproseries qui, à l’écart des agglomérations, cloîtraient les malades loin des «bons chrétiens» au temps de l’Inquisition. Dans ce labyrinthe de béton s’égayent désormais des enfants au son polyphonique de leurs nintendo DS, jouant à Electroplankton de Toshio Iwai, jeu contemplatif dans lequel il s’agit de composer de la musique en relation avec un environnement donné, et non de se montrer conquérant. Ils tournent en rond, se poursuivent et se filment, entre gris ciment et fluo pixellisé, modifiant à coups de stylet cet espace à la lisière du réel et de son reflet sur lequel on leur laisse une vague créativité. Trois points de vue sur ce même lieu, ce même moment de jeu, s’entremêlent en boucles de durées diverses qui se chevauchent mais jamais ne se superposent parfaitement, paradigmes de l’errance à l’origine — étymologique— du plancton. Ce travail a récemment fait l’objet de la première exposition personnelle de Flavie Pinatel à la Zoo Galerie, à Nantes.


EDOUARD SAUTAI Né en 1963 à Grenoble. Vit à Bagnolet www.edouardsautai.com

Pièce Détachée, 2008-2009

Dispositif comprenant un ensemble d’éléments, une vidéo (durée 10’) Le voyage de Pièce Détachée (coréalisé avec Thomas Bart, vidéaste) et un ensemble de documents autour de la Cité Pierre Sémard. « Pièce Détachée » a été réalisé dans le cadre de la biennale Art Grandeur Nature organisée par le Conseil général de la Seine-Saint-Denis en partenariat avec le Forum de Blanc-Mesnil. L’œuvre a été fabriquée au collège Chateaubriand de Villeneuve-sur-Yonne durant la résidence organisée par le Centre d’art de l’Yonne. Edouard Sautai a obtenu l’allocation d’aide à l’installation de la DRAC Ile-de-France au titre de l’année 2008.

« Edouard Sautai aime à se jouer des échelles et à perturber notre perception du paysage urbain. Lorsqu’il réalise ses pièces photographiques, ses installations ou ses vidéos, il convoque les champs de connaissances les plus divers et puise son inspiration, selon le contexte de son propos, aussi bien dans le domaine de l’architecture que dans celui de la sculpture ou du design. Lorsqu’il présente dans le cadre de la biennale Art Grandeur Nature l’année passée, sa recherche sur la notion d’habitat mobile, partant du principe que la voiture est un prolongement de l’habitat individuel, il met en œuvre un dispositif fictionnel composé d’une architecture mobile et d’une vidéo qui la met en scène. Pièce détachée est un dispositif qui s’inspire de l’esthétique hiératique et anguleuse propre à la cité Pierre Sémard mais aussi des matériaux de construction qui la composent, le bois de mélèze en particulier. L’objectif poursuivi par l’artiste est de donner corps à une extension plausible de la cité, à même de circuler dans l’espace urbain. Comme l’atteste la vidéo, cette petite maison a déjà fait un long parcours avant de venir se connecter à l’un des appartements de la cité où elle a été exposée durant la biennale. In-situ, elle s’intègre dans l’imbrication de l’ensemble des habitations (...) Edouard Sautai révèle le caractère original de la cité pensée et conçue par l’architecte polonaise Iwona Buczkowska (...) Comme souhaité par l’artiste Pièce détachée accompagne l’artiste et devient une petite référence roulante de diffusion de l’exemple architectural et écologique de l’architecture dite proliférante de la Cité Pierre Sémard.» Extrait du catalogue de la biennale Art Grandeur Nature, Zones urbaines partagées, 2008.


LISTE DES OEUVRES

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PILAR ALBARRACÍN, (Née en 1969 à Séville. Vit à Madrid) Musical Dancing Spanish Dolls, 2001 Vidéo-performance 3’25’’ Courtesy de l’artiste et de la galerie Georges-Philippe et Nathalie Vallois, Paris JULIETA ARANDA (Née en 1975 à Mexico City. Vit à Berlin et New-York) Temporary Solutions, 2005-2006 Installation incluant un ensemble de documentation de propagande révolutionnaire acheté à Mexico et présenté dans une valise accompagné d’une projection de diapositives de ces divers objets (livres, pamphlets, journaux, drapeaux, chemises, pins, portes-clés, K7, CD). Courtesy de l’artiste et de la galerie Michael Janssen, Berlin SERGIO BELINCHÓN (Né en 1971 à Valence. Vit à Berlin) De la série Architectures Ephémères, «Sans Titre, n°1 », 2001 Photographie couleur (Diasec mat) contrecollée sur bois Courtesy Fonds national d’art contemporain, Paris HERMINE BOURGADIER (Née en 1974. Vit à Bagnolet) Happy Valley, 2008 Tirage argentique couleur contrecollé sur aluminium Courtesy de la galerie Schirman & de Beaucé, Paris MICHEL BLAZY (Né en 1966 à Monaco. Vit à Saint-Denis) Araignée sur pluie d’Air, 2003 Tirage couleur contrecollé sur PVC Courtesy de l’artiste et de la Galerie Art : Concept, Paris DANIEL CHUST PETERS (Né en 1965 à São Paulo. Vit à Barcelone) Randonnées, 1992-93 Tirage couleur Saltar per el Aire, 2007 Triptyque, tirages couleur encadrés Avec le concours de l’Institut Ramon Llull, de la Municipalité de Tarragone, de la Generalitat de Catalogne et du Laboratoire Sabaté, Barcelone Courtesy de l’artiste et de la galerie UNA, Paris LIONEL ESTÈVE (Né en 1967 à Lyon. Vit à Bruxelles) Petite Vitesse, 2007 Installation vidéo avec 3 projecteurs en boucle Courtesy de l’artiste et de la galerie Emmanuel Perrotin, Paris Pour la réalisation des flip books, l’artiste remercie tous les participants des institutions : Ecole Désirée Denuit (enseignement fondamental spécialisé T3) Centre Notre Dame des Anges (atelier pour handicapés mentaux adultes) ASBL Le silex (atelier pour handicapés mentaux adultes) qui ont soutenu le projet; ainsi que Annette Prévot, Mathilde Vancoppenolle (collaboratrices) Jordan Feldman (caméra) et Jean-François Tamalet (montage). JEAN-FRANÇOIS FOURTOU (Né en 1964 à Paris. Vit à Madrid et Marrakech) Série Marrakech, Sans Titre, 2007 Tirages couleur Courtesy de la galerie JGM, Paris MICHEL FRANÇOIS (Né en 1956 à Saint-Trond. Vit à Bruxelles) Echelle 1 : 1, 2005 Poster couleur sur papier Courtesy de l’artiste et de la galerie Hufkens, Bruxelles


MIKLOS GAÁL, (Né en 1974 à Espoo, Finlande. Vit à Amsterdam et Helsinki) Ancient Ruins et Airplane, 2003 Tirages couleur encadrés Courtesy Fonds national d’art contemporain, Paris ISABELLE HAYEUR, (Née en 1969 à Montréal. Vit à Montréal) Quaternaire I, II et IV, 2006 Epreuve chromogénique plastifiée Courtesy de l’artiste et galerie Pierre-François Ouellette art contemporain, Montréal DJAMEL KOKENE (Né en 1968 à Ain El Hammam, Algérie. Vit à Paris) Musée du Monde, 2007-2009 160 images numériques prises à la demande de l’artiste par l’équipe de l’Espace de L’Art Concret, Donation Albers-Honegger, Mouans-Sartoux Courtesy de l’artiste SEAN LYNCH (Né en 1978 à Kerry, Irlande. Vit à Berlin et Limerick) Peregrine Falcons visit Moyross, 2007 Vidéo 3’ Pour les faucons : Lloyd Nuck, assisted by Lee Sparey Camera : Tom Flanagan, Jonathan Watts Courtesy de l’artiste ANTONI MIRALDA (Né en 1942 à Tarrasa, Espagne. Vit à Barcelone et Miami) Essai d’amélioration II, de la série : Essai d’amélioration, 1967/1969 Photographie noir et blanc sur papier mat Courtesy Fonds national d’art contemporain, Paris JOACHIM MOGARRA (Né en 1954 à Tarragone, Espagne. Vit à Montpeyrou) Memorial Gina Pane, 1985 Tirage argentique sur tissu Courtesy Fonds national d’art contemporain, Paris OTOBONG NKANGA (Née en 1974 à Kano, Nigéria. Vit à Anvers et Paris) Alterscape stories, Uprooting the Past, 2006 Triptyque, photographies couleur Œuvre réalisée dans le cadre de la 1ère Biennale des Canaries, Architecture, Art et Paysage, Iles Canaries. L’artiste remercie Wim van Dongen, Anvers Courtesy de l’artiste FLAVIE PINATEL (Née en 1977 à Marseille. Vit à Aubervilliers) Game Play, 2008, Vidéo, 19’ L’artiste remercie Steve Calvo Courtesy de l’artiste EDOUARD SAUTAI (Né en 1963 à Grenoble. Vit à Bagnolet) Pièce Détachée, 2008 Dispositif comprenant un ensemble d’éléments, une vidéo (durée 10’) Le voyage de pièce détachée (coréalisé avec Thomas Bart, vidéaste) et un ensemble de documents autour de la Cité Pierre Sémard. Pièce détachée a été réalisé dans le cadre de la biennale Art Grandeur Nature organisée par le Conseil général de la Seine-Saint-Denis en partenariat avec le Forum de Blanc-Mesnil. L’œuvre a été fabriquée au collège Chateaubriand de Villeneuve-sur-Yonne durant la résidence organisée par le Centre d’art de l’Yonne. Edouard Sautai à obtenu l’allocation d’aide à l’installation de la DRAC Ile-de-France au titre de l’année 2008


PROGRAMMATION DE FILMS AUTOUR DE L’EXPOSITION EN PARTENARIAT AVEC LE CINÉMA APOLLO Du 29 avril au 5 mai Le voleur de Bagdad, de Ludwig Berger, Michael Powell, Tom Whelan (1940) Ahmad, le calife de Bagdad est emprisonné à la suite de la trahison de Jaffar, le perfide Grand Vizir. Mais le souverain réussit à s’échapper de prison grâce à l’aide d’un jeune voleur rusé, Abu. Les deux complices se rendent à Basra où Ahmad tombe amoureux de la fille du sultan. Cette dernière est malheureusement promise à Jaffar en échange d’un cheval volant. Jaffar, cruel et doué de pouvoirs magiques, jette un sort sur les deux évadés, aveuglant Ahmad, et transformant Abu en chien. Pour aider Ahmad et Abu à se libérer, la princesse se soumet avec regret aux étreintes de Jaffar. Abu s’adjoint l’aide du génie et de L’Œil -Qui-Voit-Tout, confond le traître, réunit les amoureux, libère le pays et, grâce au tapis volant, repart vers la liberté et l’aventure.

Du 6 mai au 12 mai Les aventures de Tom Pouce, de Georges Pall (1958) Il était une fois et autrefois, un bûcheron surnommé « l’intègre » qui donnait les premiers coups de hache à un magnifique chêne de la forêt lorsque la reine de celle-ci lui apparut afin qu’il épargne son arbre. En échange, elle exaucera trois vœux du bûcheron et de sa femme. Mais le couple dépense bêtement ses trois souhaits à cause d’un plat de choux et de saucisse. Leur rêve de toujours est d’avoir un enfant  « même aussi petit qu’un pouce » qui profiterait de cette chambre garnie de jouets qu’ils ont aménagée en espérant en vain. La reine de la forêt, pas avare, leur réserve une surprise. Au petit matin, un minuscule garçon frappe à leur porte : c’est leur fils adoptif, Tom Pouce…

Du 20 au 26 mai Le Voyage au centre de la terre, de Henry Levin (1959) À Edimbourg, en Écosse, en 1880, le professeur Oliver Lindenbrook (James Mason) lance une équipe scientifique sur les traces d’un explorateur islandais disparu lors d’une expédition dans le cratère d’un volcan, qui devait le mener au centre de la Terre... Du roman sombre de Jules Verne, il ne reste que quelques bribes. En effet, cette adaptation hollywoodienne en cinémascope réalisée en 1959 par Henry Levin, se distingue par ses couleurs flamboyantes et improbables. Certes un peu désuet, ce film d’aventures fantastiques pour toute la famille recèle quelques scènes surréalistes qui produisent encore leur petit effet. Après avoir campé le Capitaine Nemo dans le 20 000 Lieues sous les mers produit par Walt Disney, James Mason endossait ici le rôle du meneur de l’expédition, entouré du crooner Pat Boone et des jolies Arlène Dahl et Diane Baker.

Du 27 mai au 2 juin Microcosmos : le peuple de l’herbe, de Claude Nuridsany et Marie Pérennou (1996) Microcosmos est un film français consacré aux insectes, filmé à l’aide de caméras macro spécialement créées pour l’occasion. L’univers sonore du film, très élaboré, est un mélange entre des sons réels, captés sur le terrain avec des microphones spéciaux, et des sons créés par le «sound designer» et monteur son Laurent Quaglio, lors du montage du film. Présenté Hors Compétition à Cannes, Microcosmos en est ressorti avec les honneurs du Prix Vulcain de l’Artiste Technicien de la Commission supérieure technique de l’image et du son. Il a également reçu cinq prix aux Césars 1997 (photographie, montage, son, musique, producteur). Microcosmos a nécessité deux ans d’écriture pour le scénario, 2 ans de préparation, 3 ans de tournage et 9 mois de montage et mixage. Cinéma Apollo, 62 avenue de la République - 77340 Pontault-Combault


AUTOUR DE L’EXPOSITION

MERCREDI 29 AVRIL 2009 À 20H30 À LA FÉMIS

pointligneplan Représenté par Pascale Cassagnau accueille Cécile Bourne-Farrell pour une programmation de films dans le cadre de l’exposition Autres mesures. La Fémis - 6, rue Francoeur - 75018 Paris Métro Lamarck-Caulaincourt MERCREDI 6 MAI À 18H30

Visite de l’exposition en présence de la commissaire SAMEDI 16 MAI À 15H

Rencontre autour de l’exposition avec la commissaire et les artistes.

/// Cécile Bourne-Farrell, a travaillé sept ans comme adjointe de conservation à l’Arc/Musée d’Art Moderne de la Ville de Paris et a été mandatée par la Fondation de France pour la mise en place de la Méthode des Nouveaux Commanditaires en Espagne de 2003 à 2008 avec l’AMC/ asociacion para la mediacion cultural. Commissaire de This is Now, 1 & 2 pour L’appartement22 à l’occasion de la 1ère foire d’Art Contemporain de Johannesbourg, en mars 08 et à Rabat, février 09 (www.appartement22.com). Co-commissaire de Copresences en 2005 (www.synesthesie.com/copresences/) et de RondPoint’ résidences-croisées entre l’Ecole des Beaux-Arts de Kinshasa (RDC) et de Nantes 2002. Commissaire de l’exposition collective +8+7+3+1-1-5, Project 304, Bangkok ; Glassbox, Paris et San Casciano dei Bagni ainsi que de la Biennale de Montréal (Ken Lum) et de Tu parles/j’écoute, Taipei Fine Arts Museum, Taiwan et La Ferme du Buisson, Noisiel, France, 1998 (www.chooseone.org). Cécile Bourne-Farrell fait partie de nombreux jurys et comités (Drac, Cnap, fondation Nmac/Montenmedio de 2001-03) et participe à des rencontres interprofessionelles (Cipac, Arco, Université de Cadix et de Madrid, Paris X, Pavillon du Palais de Tokyo, Ecole du Louvre, Idensidad, Manresa ou Iaspis, Stockholm). Membre de l’Aica, Cea et Ikt, elle écrit régulièrement sur le travail d’artistes (Pilar Albarracin, Huang Young Ping, Younès Rahmoun, Otobong Nkanga, Alice Maher, etc..), pour des ouvrages collectifs comme la Biennale de Berlin, Frac Lorraine, French Connection et contribue régulièrement à des magazines.


CENTRE PHOTOGRAPHIQUE D’ILE-DE-FRANCE 107, avenue de la République – 77340 Pontault-Combault Tél : 01 70 05 49 82 – fax : 01 70 05 49 84 contact@cpif.net – www.cpif.net MISSION ET PROJET

Le Centre Photographique d’Ile-de-France, créé en 1989, appartient au réseau national des Centres d’art. Il s’intéresse à la recherche, la production et la diffusion de projets artistiques liées à la photographie contemporaine. Il est attentif aux pratiques établies aussi bien qu’émergentes, aux formes traditionnelles comme aux formes issues de technologies numériques, aux relations que la photographie entretient aux autres champs de la création contemporaine. Le centre accompagne et analyse ses évolutions afin d’offrir aux publics des repères. Dans cette perspective, il mène également des actions transversales fortement liées à sa programmation (actions de médiation, ateliers de pratique amateur, ateliers de production). JOURS ET HORAIRES D’OUVERTURE

Du mercredi au vendredi de 10h à 18h, Samedi et dimanche de 14h à 18h. Fermé les lundi, mardi et jours fériés. Entrée libre, visites commentées gratuites chaque dimanche à 15h. Renseignements pôle pédagogique (visites, projets) : 01 70 05 49 83 MOYENS D’ACCÈS DEPUIS PARIS

En voiture : autoroute A4 (porte de Bercy) dir. Metz-Nancy, sortie Emerainville / Pontault-Combault (N104) puis Pontault-Combault – gare (sortie 14). En ville suivre «centre ville» puis «Centre Photographique d’Ilede-France» ; Hôtel de Ville, puis Centre Photographique d’Ile-de-France. En RER E (30 min depuis Gare du Nord – Magenta) :Direction Tournan-en-Brie, descendre à Emerainville / Pontault-Combault.Le Centre est à 10 min à pied de la gare. PARTENAIRES

L’exposition Autres mesures bénéficie du concours du Fonds national d’art contemporain (FNAC), du Centre culturel Roumain et des galeries Art Concept, Paris ; J.G.M, Paris; Schirman-Debeauce, Paris ; Michael Janssen, Berlin ; Xavier Hufkens, Bruxelles, Emmanuel Perrotin, Paris, Galeria UNA, Paris et Georges Philippe et Nathalie Vallois, Paris ; Pierre-François Ouellette art contemporain, Montréal.

Le CPIF reçoit le soutien de : La Ville de Pontault-Combault, la Direction régionale des affaires culturelles d’Ile-de-France / Ministère de la Culture et de la Communication, le Conseil général de Seine-et-Marne, le Conseil régional d’Ile-deFrance, le Ministère de l’Education Nationale.


Dossier presse "Autres mesures" (F)