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conseil de Développement de la Loire-atlantique

C

ahier n°19 Littoral

Mars 2009

Européenne sur l’eau comme support au développement de projets de territoires

(DCE)

Conseil de Développement de la Loire-Atlantique

Les cahiers

La Directive Cadre


2 Conseil de Développement de la Loire-Atlantique - Cahier n°19 - Thème Littoral


Directive cadre sur l’eau : retour d’expériences sur le partenariat de l’Agence de l’eau avec les Centres Permanents d’Initiatives pour l’Environnement (CPIE) Avec Samuel DUFRESNE, chargé de mission CPIE Loire Océane et Luc FLAMENT, chargé de mission CPIE Pays de Nantes

Sommaire Retour sur les origines du partenariat entre les CPIE et l’ Agence de l’eau Loire Bretagne........................4-5

Faire de la gestion de l’eau une démarche citoyenne......................................................................6-7 Rendre accessible la gestion de l’eau au plus grand nombre............................................................8-9 Exemple d’une action ciblée visant une meilleure gestion de la ressource : les golfs du territoire.....10 En savoir plus !......................... .....................................................................................................11

Cahier n°19 - Thème Littoral - Conseil de Développement de la Loire-Atlantique 3


Retour sur les origines du partenariat entre les CPIE* et l’ Agence de l’eau Loire Bretagne * (Centres Permanents d’Initiatives pour l’Environnement)

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En 2005, les Agences de l’eau confient une mission aux CPIE : sensibiliser et mobiliser activement les citoyens de leurs territoires sur les questions relatives à la gestion de l’eau. Cette mission s’inscrit dans le cadre de la révision du SDAGE effectuée par l’agence de l’eau.

ieux faire connaître la ressource en eau pour mieux la protéger. C’est ce qu’ entreprennent les CPIE Pays de Nantes et Loire océane à la demande de l’Agence de l’eau. Sensibiliser les citoyens est une première étape essentielle pour pouvoir impliquer le public dans la politique de gestion de l’eau.

Un peu d’histoire... Depuis 50 ans, le droit sur l’eau en France et en Europe a beaucoup évolué. Resituer le contexte historique du droit sur l’eau en France et en Europe permet d’avoir une vision globale du chemin parcouru depuis une cinquantaine d’années. La loi sur l’eau de 1964 est une première, celle-ci est basée sur deux principes : un nouveau découpage du territoire et un besoin de concertation avec et entre les usagers. Cette loi a instauré un découpage de six bassins hydrographiques sur le territoire métropolitain, des bassins d’une très grande superficie. Ce découpage

représente une première difficulté en termes de communication avec le public car si les bassins hydrographiques sont une échelle pertinente scientifiquement, cela reste cependant une notion moins perceptible pour le grand public, habitué à une échelle administrative. Ce concept de territoire est primordial à faire entendre car c’est un élément fondamental en matière de gestion de l’eau. La loi de 1964 est également à l’origine de la création des Agences de l’eau, chargées d’aider financièrement et techniquement les actions d’intérêt général au service de l’eau et de l’environnement du bassin. En complément de ces organismes, sont également créés les comités de bassin. Le comité de bassin Loire-Bretagne rassemble des représentants des collectivités territoriales, de l’État et des usagers. Cette loi se voit enrichie en 1992 par un nouveau texte venu renforcer le degré d’élaboration de la planification de la gestion de l’eau. Avec l’appui de cette seconde loi, un

nouveau document apparaît dans le paysage de la gestion de l’eau. C’est la naissance du SDAGE (Schéma Directeur d’Aménagement et de Gestion de l’Eau). Celui-ci va poser des questions fondamentales sur la manière de gérer l’eau, apporter des objectifs, des observations et de tout ceci doit découler des dispositions. Le SDAGE est un document qui doit être rédigé par le comité de bassin, ce document donne lieu à la mise en oeuvre d’actions qui sont réalisées par les Agences de l’eau ou les acteurs locaux. Dès 1975, des directives sur l’eau ont fait leur apparition, la première traite des usages des eaux de surfaces, s’en suivent de nombreuses autres dont la directive nitrate de 1991.

Une seule ressource pour différents usages : le rôle de la directive cadre Les directives sont souvent relatives aux usages et aux rejets.

Les Centres permanents d’initiative sur l’environnement (CPIE). Les CPIE, associations au service de l’intérêt général, mènent des projets d’ingénierie de l’environnement, d’activités de loisirs et de découverte, d’animations scolaires et des actions de formations. Les actions des CPIE conjuguent ainsi trois modes d’interventions : - Chercher, en offrant des services d’études, de conseils et d’expertises, - Développer, en agissant concrètement avec les acteurs locaux pour préserver et valoriser les ressources du territoire, - Transmettre, par une pédagogie active adaptée à chaque public, dans une démarche à la fois scientifique, sensible et culturelle. L’association Les Korrigans (accueil de jeunes en difficultés, accueil de classes de découverte avec hébergement, éducation à l’environnement sur et par son territoire…) labellisée Centre Permanent d’Initiatives pour l’Environnement en 2006, a depuis lors enrichi et diversifié son action en s’insérant dans le réseau national des CPIE.

Cette labellisation CPIE confère à l’association un rôle d’animateur du territoire, d’assembleur de compétences territoriales et appui sa volonté d’être partisan du développement territorial durable. Ainsi le CPIE est force de proposition et est à même de réunir divers acteurs du développement territorial autour d’un projet ou d’une problématique commune. C’est dans ce nouveau contexte que le secteur « animation territoriale » s’est développé en se formant à l’action au développement durable via l’Union Régionale des CPIE des Pays de la Loire et en menant des actions conformes à l’éthique des CPIE : agir localement pour le développement durable. Ainsi, le CPIE Loire Océane anime des programmes d’actions de sensibilisation du public, organise des manifestations, des conférences, des débats…, réalise des pré diagnostics auprès de la population avant la mise en place de programmes d’aménagement, etc. Ces actions s’inscrivent dans une logique et une recherche de complémentarité avec les orientations des collectivités d’une part, et

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les préconisations effectives ou en cours de validation des processus du territoire d’autre part (SAGE Vilaine, SAGE en cours d’élaboration Estuaire de la Loire, SCOT et charte sur les pesticides de Cap Atlantique, implication des communes du territoire). Le contexte local permet un investissement du CPIE en complémentarité avec les acteurs institutionnels locaux dans une perspective de démultiplication du message et en apportant une plus-value à travers son approche pédagogique et ludique. Il y a aujourd’hui une dynamique régionale de six CPIE labellisés sur l’espace ligérien. Ceuxci ont été regroupés en union régionale, ce qui permet le lancement d’actions cohérentes à l’échelle régionale. Cette dynamique est également vraie pour le niveau national permettant une implication à l’échelle de bassins versants par exemple.


Usage domestique de l’eau : 10 % de la consommation planétaire L’usage domestique représente plus de 10 % de la consommation planétaire contre 20 % pour l’industrie et notamment la production d’énergie et 70 % pour l’agriculture.

15 500 litres d’eau sont nécessaires pour produire 1 kilo de boeuf

500 litres par jour consommés aux Etats-Unis C’est ce que consomme quotidiennement un nord américain contre 150 litres pour un français et 10 à 20 litres pour un africain.

10 % de l’électricité produite dans l’ouest des Etats-Unis sert au transport de l’eau.

1964 Première loi sur l’eau

En effet, les différents usages de l’eau ne sont pas toujours naturellement conciliables. En 2000, une directive cadre voit le jour. Elle a pour objectif l’encadrement de l’ensemble des directives : la DCE (directive cadre sur l’eau) Elle va également apporter de nombreuses innovations : - La directive cadre assoit le principe d’une gestion par bassin hydrographique. Par ce biais, la position de la France au sein de l’Union européenne se trouve renforcée car ce mode de gestion était déjà effectif sur notre territoire avant l’entrée en application de cette directive. Néanmoins, ce découpage, aussi pertinent soit-il, atteint ses faiblesses aux frontières des territoires nationaux. Les cours d’eau ne connaissent pas de limites. Bon nombre d’entre eux sont à cheval sur deux ou trois nations, alors que la gestion par bassin hydrographique reste nationale. - La deuxième nouveauté amenée par la DCE est la reformulation de l’objectif qu’il faut assigner aux gestionnaires de l’eau. L’objectif concerne le retour au bon état écologique des milieux avant 2015. Les objectifs précédents étant assignés sur des paramètres,

cette nouvelle approche permet de considérer l’eau comme un milieu vivant. - Une troisième nouveauté concerne l’évaluation. En effet les objectifs annoncés font mention d’échéance qui doivent être respectée, si ce n’est pas le cas une demande de dérogation est nécessaire pour un délais supplémentaire, - l’approche économique est également un facteur nouveau, le principe de pollueur payeur est entré en vigueur, et la Directive demande à ce que la transparence sur les coûts de l’eau (utilisation et réparation des dommages) soient transparents. - Enfin, la DCE de 2000 demande aux états d’encourager la participation active des acteurs de l’eau et essentiellement le grand public. En effet, malgré la participation d’une pluralité d’acteurs à la gestion de l’eau, le grand absent était le citoyen. L’ambition est de l’associer et de le faire participer aux politiques de gestion. Certaines activités liées à l’eau peuvent produire des externalités négatives pour d’autres activités. Tous ces aspects doivent être pris en compte, d’où l’importance de la concertation en matière de gestion de l’eau.

1975 Premières directives sur l’eau

1991 Directive Nitrates

1992 Création des SDAGE rédigés par les comités de bassin.

2000 Directive cadre européenne sur l’eau.

2004 Directive cadre transposée au niveau national

2005 Partenariat Agence de l’eau Loire-Bretagne et l’UNCPIE LoireOcéane

2006

Loi sur l’eau et les milieux aquatiques

À la recherche du bon état écologique perdu. Jusqu’à présent, ce qui était recherché en terme de qualité de l’eau était le bon état physicochimique des cours d’eau, des masses d’eau de surfaces et des nappes souterraines. Autrement dit, chercher à réequilibrer les différents éléments constitutifs de l’eau. A cela se greffe l’objectif d’évaluation de l’état biologique du cours d’eau et de ses berges. La notion de bon état écologique va être visible et mesurable au travers d’une grille d’indicateurs. Ce deuxième objectif lié à la DCE constitue une réelle avancée dans la façon d’aborder la gestion de l’eau.

Captage de l’eau d’une rivière en vue d’analyses Cahier n°19 - Thème Littoral - Conseil de Développement de la Loire-Atlantique 5


Faire de la gestion de l’eau une démarche citoyenne Vérifier les enjeux, consulter le public sur le SDAGE... Tels sont les objectifs de la nouvelle mission du CPIE Loire Océane depuis 2006. Mais comment susciter l’intérêt du public pour un thème qui n’est pas toujours abordable?

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es enjeux identifiés par l’Agence de l’eau et les comités de bassins sontils bien partagés avec le public ? Cette première interrogation concernant la démarche vers le citoyen est à l’origine du partenariat entre le CPIE et l’Agence de l’eau Loire-Bretagne. La consultation du public, rendue obligatoire par la DCE, permet d’obtenir de précieux avis et critiques. Ces avis ainsi que ceux des assemblées ont tout d’abord été employés en 2005, ils concernaient les enjeux liés aux bassins. Une deuxième consultation s’est déroulée en 2008 dans le cadre du projet de SDAGE. L’objectif était de vérifier que les actions proposées par l’Agence de l’eau et les comités de bassins remplissaient bien l’objectif de retour au bon état écologique des mi-

lieux, fixé par la Directive Cadre à l’horizon 2015. À partir des enjeux identifiés et des résultats de la consultation, un projet de SDAGE a pu voir le jour en 2008, rédigé par le comité de bassin. Ce projet ne sera définitivement entériné qu’à la suite d’une autre phase de consultation, réalisée également en 2009 et concernant les assemblées consultatives. Les conclusions de cette enquête permettront au SDAGE d’être finalement adopté en 2009.

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ntéresser et motiver le grand public pour lui expliquer la politique de gestion de l’eau. C’est pour répondre à cet enjeu que l’Agence de l’eau s’est tournée vers l’union nationale des CPIE, un interlocuteur intéressant. L’Agence de l’eau s’appuie sur le

CPIE Loire-Océane pour son savoir-faire qui repose sur la vulgarisation scientifique et sur la pédagogie. Ces deux aspects permettent de sensibiliser les citoyens à la gestion de l’eau et surtout de les fédérer autour des consultations. Pour ce faire, les CPIE bénéficient de conventions avec les Agences de l’eau, prévues pour une durée de 3 ans (délai qui s’est étendu à 4 ans). Entre les 2 consultations du SDAGE, les CPIE ont mis en place des processus qualifiés de «concertation à l’échelle des territoires.» . «La vulgarisation scientifique et la pédagogie. Ces deux aspects permettent de sensibiliser le grand public à la gestion de l’eau» S. Dufresne

En BREF Une convention entre l’Union Nationale des CPIE et l’Agence de l’eau Loire-Bretagne : des objectifs partagés.

- Favoriser l’expression du public et la remontée des avis et propositions. - Démultiplier les lieux de consultation. - Susciter l’intérêt du public et son implication dans la gestion de l’eau. - Mettre en place ou améliorer les méthodes de concertation. Classe verte à la découverte de l’eau 6 Conseil de Développement de la Loire-Atlantique - Cahier n°19 - Thème Littoral


Qu’est ce que... ...la DCE ?

...le SDAGE ?

...le SAGE ?

La Directive Cadre Européenne sur l’eau du 23 octobre 2000 adoptée par le Conseil et par le Parlement européen définit un cadre pour la gestion et la protection des eaux par grand bassin hydrographique au plan européen. Cette directive est appelée à jouer un rôle stratégique et fondateur en matière de politique de l’eau. Elle fixe en effet des objectifs ambitieux pour la préservation et la restauration de l’état des eaux superficielles (eaux douces et eaux côtières) et pour les eaux souterraines.

Créé par la loi sur l’eau de 1992, le Schéma Directeur d’Aménagement et de Gestion des Eaux, le SDAGE, «fixe pour chaque bassin les orientations fondamentales d’une gestion équilibrée de la ressource en eau» (Loi 92-3, Art.3). Cette gestion s’organise à l’échelle des territoires hydrogéographiques cohérents que sont les six grands bassins versants de la métropole. Il s’agit avant tout d’un outil de planification qui détermine les actions à mettre en place sur 5 ans. Son contenu doit rappeler les enjeux, définir les objectifs de qualité et atteindre les objectifs de retour au bon état écologique des cours d’eau. Ses grands principes sont basés sur: Il indique par ailleurs les mesures néces- Une gestion par bassin versant saires pour atteindre ces objectifs. - Une Planification et programma- Les points qu’il développe reprennent tion l’ensemble des obligations fixées par les - Une Analyse économique directives européennes et les lois fran- Une consultation du public çaises. De plus, les décisions publiques - Une transposition en droit frandu domaine de l’eau doivent être compatibles avec le SDAGE . çais Texte adopté le 23 octobre 2000 par le conseil et le parlement européen

Un échelon intermédiaire au SDAGE peut être constitué lorsque localement, sur un bassin versant identifié ou sur une portion de bassin, l’ensemble des acteurs se met autour de la table. Il s’agit du Schéma d’Aménagement et de Gestion de l’Eau (SAGE). Le SAGE met en place un certain nombre de processus de concertation. Il est rédigé par un Comité Local de l’Eau (CLE). Le SAGE est soumis à enquête publique et est approuvé par le préfet. Il est également doté d’une portée juridique : le règlement et ses documents cartographiques sont opposables aux tiers et les décisions dans le domaine de l’eau doivent être compatibles ou rendues compatibles avec le plan d’aménagement et de gestion durable de la ressource en eau.

Code de l’environnement : - Loi 92-3, Art. L.212-3 à L.212-11 et R.212-26 à R.212-42, 1992

Code de l’environnement : Loi 92-3, Art.3

Le calendrier de 2004 à 2015: des échéances progressives pour atteindre le bon état des eaux 10 ans pour retrouver une eau et des milieux aquatiques de bonne qualité

Projet de Sdage Avant projet de Sdage

& programme de mesures

& programme de mesures

Enjeux du Sdage 1er programme

Etat des lieux

2015 2004

2005

Adopté le 03/12/2004

CA

2006

2007

2008

2009

Acté le 14/04/2005

CP

Consultation sur les enjeux, le pogramme de révision du Sdage

CA

CP

CA

CP

Consultation sur le projet de Sdage

= Consultation des assemblées

= Consultation du public

Cahier n°19 - Thème Littoral - Conseil de Développement de la Loire-Atlantique 7


Rendre accessible la gestion de l’eau au plus grand nombre Comment le CPIE Loire-Océane s’est-il impliqué dans sa mission de communication auprès du grand public ? Quelle démarche a-t’il adopté pour rendre accessible la gestion de l’eau au plus grand nombre en faisant participer tous les acteurs ? Le bilan de l’action 2007 du CPIE revient sur ces questions

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Quelles alternatives aux pesticides ? Impliquer le grand public et les professionnels concernés du territoire pour favoriser les alternatives aux pesticides est une des priorités du CPIE Loire-Océane. Les risques

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La consommation de pesticides en France représente environ 1/3 de la consommation totale européenne !

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• Un partenariat avec les golfs du territoire

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• Les alternatives aux pesticides, • La sensibilisation du citoyen, • Les zones humides,

inhérents aux pesticides sont d’autant plus importants pour les communes littorales qui peuvent se trouver confronter à une baisse de la qualité de leurs eaux de baignade. Sur ces territoires, le tourisme et les activités liées à la mer représentent des La France secteurs économiques consomme environ 000 tonnes de structurants aux enjeux forts.80 substances actives Une eau de bonne qualité par an, ce qui en fait le premier est indispensable pour la consommateur de sauvegarde de ces activités. européen pesticides Dans quelles mesures les territoires touristiques sont-ils plus sensibles que d’autres aux pesticides ? Le fort pourcentage de résidences secondaires au sein de ces territoires pourrait expliquer ce phénomène. Les jardins laissés à l’abandon une partie de l’année subissent une recrudescence de traitements aux pesticides juste avant la période estivale. Ces substances actives pénètrent rapidement le sol et polluent ensuite les eaux de baignade. Cela peut avoir des conséquences sur d’autres secteurs d’activités qui dépendent de la qualité de l’eau. Pour pallier à ce phénomène, Cap Atlantique, confronté à l’augmentation des pesticides dans ses eaux s’est démarquée. En 2005, la collectivité a signé une charte dont une des priorités est de privilégier l’utilisation des pratiques de désherbages non polluantes suite au constat fait que les molécules retrouvées dans le milieu étaient principalement issues d’usages domestiques (particuliers et collectivités) 2 1,

a communauté de communes de Cap Atlantique, avec ses 51 % de résidences secondaires est un territoire touristique qui n’est plus à démontrer. Dans ce contexte un peu particulier, le thème de la gestion de l’eau doit être abordé en s’adressant au grand public mais pas seulement. Les professionnels du tourisme, les touristes mais également les propriétaires de résidences secondaires doivent également être impliqués à la démarche. La campagne de sensibilisation du CPIE contient plusieurs axes d’actions et de réflexions :

http://www.cap-atlantique.fr/documents/composter001.pdf

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Le jardin pédagogique de Cramphore Une démonstration grandeur nature pour toucher le grand public : c’est ce qui a été décidé par le CPIE Loire-Océane dans le cadre de sa mission de sensibilisation. Le premier sujet auquel s’est intéressé le CPIE concerne le citoyen et l’eau. Autour de cette problématique, plusieurs thèmes ont été adoptés. Tout d’abord, l’eau au jardin : quelles alternatives aux pesticides ? Comment fédérer les citoyens autour du jardin pédagogique ? Pour répondre à ces questions, le CPIE bénéficie de la mise à disposition d’un terrain par la ville du Pouliguen. Il s’agit d’un jardin pédagogique partagé et qui s’ouvre peu à peu à l’ensemble des acteurs du territoire pour en faire un support de démonstration.

DERNIERE MINUTE ! Si le Grenelle a acté une réduction de 50 % de l’utilisation des pesticides d’ici 2018, les moyens techniques et financiers pour parvenir à cet objectif n’ont pas encore été définis. Une étude publiée récemment souligne pourtant l’urgence de la situation.


Impliquer le citoyen : une priorité. SDAGE, SAGE ou objectifs de bassins... autant de termes qui peuvent sembler inaccessibles pour un public non averti. La compréhension étant la base de la sensibilisation, il est apparu indispensable au CPIE d’avoir un aperçu du niveau de connaissance du public concerné. Pour ce faire, une enquête à l’échelle du territoire a été menée auprès des citoyens concernant les économies d’eau réalisables quotidiennement. Les résultats obtenus ont servis de base pour le développement des actions 2008. Ces échanges ont permis au CPIE d’avoir une vision sur les usages de l’eau, aussi bien pour les habitants résidant à l’année que pour ceux n’occupant leur logement qu’épisodiquement. 245 personnes ont été interrogées par ce biais. Les conclusions de cette consultation font ressortir que 91% des personnes enquêtées se sentent concernées par la question de l’eau, ce qui traduit une certaine prise de conscience. Pour autant, l’enquête révèle que la gestion de l’eau reste souvent à l’état de concept pour bon nombre d’entre eux. Une collaboration a également été mise en place avec les professionnels de l’hébergement sur le territoire, afin de travailler avec eux sur les économies d’eau,. en développant la sensibilisation de leur clientèle aux problématiques inhérentes à la gestion de l’eau. Jardin potager cultivé par l’association Jeunesse et Avenir, (structure de réinsertion sociale et professionnelle)...Les enfants sont également mis à contribution. Ici, l’école maternelle Sainte Marie du Pouliguen en plein jardinage

Aujourd’hui en France : Consommation d’eau par usage

20 Litres par chasse d’eau

200 Litres par bain

6 Litres par brossage de dents (robinet ouvert)

60 Litres par douche

Favoriser l’appropriation des zones humides par le grand public. Favoriser l’appropriation des zones humides par le public, quelques soient leurs tailles va dans le sens des préconisations des SAGE en cours d’approbation ou approuvés. Ces milieux souvent oubliés ont pourtant une forte valeur patrimoniale, et contribuent grandement à la qualité de l’eau. La mare du jardin pédagogique de Cramphore constitue un élément fondamental du processus de sensibilisation. La mise en valeur de cette zone humide est le fruit d’un travail collectif partagé avec une vingtaine de bénévoles, qui suivent les travaux et apportent leur aide pour fixer les orientations d’aménagement du jardin. L’appui d’expériences naturalistes et d’associations s’est révélé utile pour établir une programmation de travaux à effectuer dans le jardin. Cette programmation est d’autant plus importante qu’elle est utilisée comme support de communication. En effet, chaque grande étape dans la vie du jardin pédagogique est prétexte à sensibilisation. Par exemple, la presse et le grand public ont été conviés à participer avec le CPIE à l’assèchement de la mare ainsi qu’au suivi de son évolution. Le grand public est invité régulièrement à effectuer des prélèvements dans la mare pour y suivre l’évolution de la biodiversité. En BREF

Se rassembler autour du thème de l’eau - Les Rendez-vous de l’eau - Môm’ en fête, forum associatif du Pouliguen, salon de l’habitat - Sorties de découvertes de l’estran - Formation de personnel d’entreprise

- Impliquer le grand public et les acteurs professionnels du tourisme en faveur des économies d’eau, - Impliquer le grand public et les professionnels du territoire concernés pour favoriser l’utilisation d’alternatives aux pesticides, - Favoriser l’appropriation des petites zones humides par le grand public.

La mare de Cramphore

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GOLF

Exemple d’action ciblée visant une meilleure gestion de la ressource : les golfs du territoire. Impliquer les acteurs économiques autour de la ressource en eau. Outre la sensibilisation par le jardin pédagogique, les groupes de travail se sont également penchés sur les activités économiques du territoire ayant un lien avec l’eau. Comment impliquer les acteurs économiques autour des ressources en eau ? Pour tenter de répondre à cette interrogation, un pari a été lancé par le CPIE : travailler avec l’ensemble des golfs du territoire. Cap Atlantique est un territoire touristique qui comprend trois golfs dont celui de la Baule, de renommée internationale. Que peuvent faire les golfs pour favoriser les économies d’eau ? Existe-t’il une alternative aux pesticides ? Malgré leur réputation en termes de ges-

300.000 m3/ha utilisés pour l’irrigation Le volume d’eau utilisé pour l’irrigation des golfs haut de gamme varie entre 300 et 300.000 m3/ha, 5.000 m3/jour consommés par jour dans un golf Un golf haut de gamme de 18 trous a une consommation moyenne de 5.000 m3/ jour, ce qui correspond à la production nécessaire à la satisfaction des besoins d’une collectivité de 12.000 habitants. 3.800 m3/ha utilisés pour l’irrigation. Le volume d’eau utilisé par les golfs rustiques est en moyenne de 3.800 m3/ha.

tion de l’eau et d’utilisation de produits phyto-sanitaires, les golfs s’intéressent de près à cette problématique. Conscients des répercussions qu’une utilisation d’eau excessive pourrait avoir sur l’environnement et des conséquences que l’emploi de pesticides pourrait avoir sur la santé de son personnel et de sa clientèle, les gérants de ces établissements se sentent particulièrement concernés. Des économies d’eau sont déjà faites par des retenues naturelles ou artificielles pour ne pas pénaliser le service public. Les golfs de la Baule, le Croisic et Guérande se distinguent par leur volonté à mieux gérer leur ressource en eau. Ils ont choisi de travailler avec le CPIE pour mener une action commune en partenariat avec la FFG (Fédération Française de

En 2008 le CPIE Loire-Océane.. • a sensibilisé des enfants d’ autres centres de loisirs et des amicales laïques, • a mis en œuvre des moyens pédagogiques permettant l’expression du public dans le cadre de la consultation de l’Agence , • a mis en place un cadre de consultation, • s’est investi dans les manifestations du territoire, • a mis en œuvre les moyens d’atteindre le public qui n’a

Golf ). La FFG est par ailleurs signataire d’une charte avec le ministère de l’environnement, de l’écologie, de l’énergie, du développement durable et de l’aménagement du territoire visant à réduire la consommation d’eau et de pesticides. Carquefou, l’éco-Golf Pour mener à bien sa mission auprès des golfs, le CPIE s’est appuyé sur l’exemplarité de celui de Carquefou. Depuis plus de 10 ans, ce golf travaille sans pesticides et utilise des bassins de rétention. Toutefois, les responsables se heurtent à une difficulté : les bassins de rétention proviennent des eaux de pluie polluées par les hydrocarbures de l’autoroute.

pas forcément accès à l’information, • a recherché la complémentarité avec les autres organismes de son territoire (CAP Atlantique, parc naturel régional de Brière,Communes,...), • a organisé la Semaine sans pesticide et la semaine du Développement Durable sur son territoire, • a permis la visite de jardins de particuliers exemplaires, effectué des tables rondes de réflexion avec les acteurs concernés... • a invité les acteurs à visiter les dynamiques des autres territoires des CPIE ligériens,

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En savoir plus !! Sur le programme « Dimanche au bord de l’eau » : diffuser une culture commune de l’eau sur un territoire. Pour faire participer, il faut d’abord mobiliser. S’il l’on souhaite la participation des citoyens à la gestion de l’eau, on peut imaginer deux leviers de mobilisation : une crise (pollution, pénurie...) ou bien de susciter l’intérêt par des actions de sensibilisation. Depuis 2005 et le début du partenariat entre l’Agence de l’Eau Loire Bretagne et les CPIE, le CPIE Pays de Nantes réalise un programme d’actions à l’échelle du bassin versant de l’Erdre. L’objectif de celui-ci est en premier lieu de susciter l’intérêt des citoyens, pour ensuite avancer vers la diffusion d’une culture commune de l’eau, entre les acteurs de ce territoire, afin de construire des actions de solidarité entre eux, au service d’une meilleure qualité de l’eau. L’action principale de ce programme est l’organisation de trois manifestations intitulées « Dimanche au bord de l’eau ». Objectifs des Dimanches au bord de l’eau : • Organiser un événement festif ambitieux dans trois communes riveraines de l’Erdre : Nort/ Erdre, Sucé/Erdre et Nantes, afin de mobiliser le plus grand nombre sur le sujet de la gestion de l’eau. • Créer un espace de rencontre et de dialogue entre monde urbain et monde rural. • Mobiliser le milieu agricole et promouvoir les actions exemplaires en matière de préservation de la qualité de l’eau. • Susciter l’intérêt du public à travers des spectacles et des animations. • Accroître le niveau de connaissance du public à travers des actions d’information et de sensibilisation (animations, point inf ’eau, expositions, tables rondes,...) • Informer et sensibiliser le public sur la réduction des pollutions par les pesticides.

Description de l’action : Il s’agit d’organiser trois journées dédiées au thème de la qualité de l’eau et de la participation du public à celle-ci. Ces évènements sont organisés dans les communes de Nort/Erdre, Sucé/ Erdre et Nantes chaque année, depuis 2006, au mois de septembre. Le déroulement de ces journées s’articule autour de : • la promotion de pratiques agricoles respectueuses de l’environnement, à travers un marché d’une quinzaine de producteurs. • un programme d’animation musicale et de théâtre de rue pour l’attractivité de la manifestation et un premier niveau de diffusion d’une culture de l’eau. • un pique-nique au bord de l’Erdre avec une formule panier pour créer un lien privilégié entre visiteurs et producteurs présents sur le marché. • des expositions, un point Inf ’EAU, des animations pédagogiques, des tables rondes,... réalisés par les association du réseau Ecopôle et les services des organismes partenaires du projet (les villes, les EPCI, la chambre d’agriculture, l’EDENN). Bilan en 2007 : La fréquentation totale a doublé par rapport à la première édition en 2006, pour atteindre 8 000 visiteurs cumulés. Le public visé a été atteint : familial, non initié. Celui-ci était réceptif au message: les animations ont été bien suivies et les échanges de qualité, selon le témoignage des partenaires ayant tenu un stand ou réalisé une animation (14 associations du réseau Ecopôle, 5 autres organismes). 500 personnes ont participé aux piques niques (125 paniers pour 4 personnes ont été vendus). Ainsi, nous considérons que les trois objectifs poursuivis à travers ce programme : susciter l’intérêt, augmenter le niveau de connaissances et diffuser une culture commune sur le thème de l’eau, ont été correctement remplis. Le succès populaire rencontré à chaque étape va fidéliser le public de la manifestation, ce qui permet d’envisager et d’ approfondir les thèmes abordés ou d’aller sur des sujets plus complexes.

Sur la ressource en eau : CPIE Loire- Océane / Association les Korrigans : 13 av Golf 44510 Le POULIGUEN Tel : 02 40 42 31 10 Fax : 02 40 62 29 22 Mel : accueil@cpie-loireoceane.com Ecopôle-CPIE Nantes (Maison de l’Environnement): 17 r Bouillé 44000 NANTES Tel : 02 40 48 54 54 Fax : 02 40 48 54 55 Mel : accueil@ecopole.com Agence de l’eau Loire Bretagne : 1 r Eugène Varlin 44100 NANTES Tel : 02 40 73 06 00 www.eau-loire-bretagne.fr www.CPIE.fr DIREN des Pays de la Loire : 3 r Menou 44000 NANTES Tel : 02 40 99 58 00 www.pays-de-loire.ecologie. gouv.fr

Sur la législation : www.europa.eu www.legifrance.fr

Sur la fédération française de golf : www.ffg.org

Sur le Grenelle de l’environnement : www.legrenelle-environnement.fr

Sur les pesticides :

www.collectif-acap.fr

Cahier n°19 - Thème Littoral - Conseil de Développement de la Loire-Atlantique 11


conseil de Développement de la Loire-atlantique

Les cahiers du Conseil de Développement de la Loire-Atlantique Directeur de la publication : Alain Sauvourel Rédaction : Céline Philiponet, Jean-Luc Tijou ll Secrétariat de rédaction : Rose-Marie Remigereau ll Mise en page et illustration : Céline Philiponet ll Crédits photos : Fotolia, CDLA ll Impression : CODELA CODELA - 2, quai de Versailles - BP 44621 - 44046 Nantes cedex 1 ll Tel : 02 40 48 48 00 ll Fax : 02 40 48 14 24 ll Courriel : cdla@codela.fr ll Site web : www.codela.fr

Littoral19  

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