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CDET’Mag La revue interactive

Rencontre avec Xavier ROY Directeur de France Clusters - P.10-11 L’Economie Sociale et Solidaire Une conception de l’économie alliant développement économique et bien être social - P.12-13 Parcours culture La Caverne Sensorielle investit l’Espace Culturel de l’Université d’Angers - P.17-18

Le magazine de l’Association CDET’Interactive // N°2 - Mai 2015


CDET’Interactive Le Bureau

Nicolas BEGNON Promotion 2011-2012, Président Adèle RENAULT Promotion 2013-2014, Trésorière Sophie FEYRY Promotion 2013-2014, Secrétaire Delphine AUZANNEAU Promotion 2011-2012, Communication Alexandru DRAGAN Promotion 2011-2012, International Mathilde LE GALL Promotion 2011-2012, Magazine Vincent DUPUY Promotion 2013-2014, Mission professionnelle Antoine PATTE Promotion 2013-2014, Animation du réseau David RAIMBAUD Promotion 2013-2014, Supports médias

CDET’Mag L’équipe de rédaction Directeur de Publication — Nicolas BÉGNON Rédacteur en chef — Mathilde LE GALL Comité de rédaction — Delphine AUZANNEAU, Nicolas BÉGNON, Sophie FEYRY, Mathilde LE GALL Conception / Réalisation — Mathilde LE GALL Photographie — Delphine AUZANNEAU

L’équipe de CDET’Mag est ouverte à l’arrivée de nouveaux contributeurs, n’hésitez pas à laisser parler vos talents ! Si vous souhaitez nous rejoindre pour les prochains numéros, écrivez-nous à l’adresse cdet.interactive@gmail.com


Sommaire Édito Chers CDET’istes, En 2010, l’association CDET’Interactive naissait sous l’impulsion de plusieurs étudiants et anciens, dans le but d’animer le réseau d’anciens de la formation CDET et de favoriser leur employabilité. Structurer cette démarche ne s’est pas faite en un jour, cependant l’association a su constamment progresser afin de consolider son action et son offre auprès de ses membres. Cinq ans après son lancement, nombre de chantiers sont en cours comme la mise en ligne d’un nouveau site internet et l’organisation d’un évènement fédérateur pour tous les anciens. Le CDET’MAG est une autre belle illustration de l’engagement de chacun dans l’association. Vous avez été encore une fois nombreux à souhaiter y participer. Nous avons revu et amélioré le design pour rendre le magazine encore plus agréable à lire. Toutefois, ces quelques pages seront rythmées par les rubriques phares reconnaissables à leur bandeau rouge. Nous en accueillons d’ailleurs de nouvelles : « Décryptage chiffré » et « A chacun son point de vue ». Le dossier central sera cette fois-ci consacré à l’Economie Sociale et Solidaire. Bonne lecture,

PAGE 4 Rénovation urbaine Dans quelle mesure pouvons-nous parler de ghettos » ? PAGE 5 A CHACUN SON POINT DE VUE Le concours de la fonction publique territoriale vu par les adhérents PAGES 6-7 Artisans et commerçants les moteurs du développement économique en milieu rural PAGE 8-9 Transition énergétique Une opportunité de développement local PAGES 10-11 RENCONTRE AVEC Xavier ROY, Directeur de France Clusters PAGES 12-13 DOSSIER CENTRAL L’Economie Sociale et Solidaire : l’alliance du développement économique et du bien-être social

PAGE 14 DÉCRYPTAGE CHIFFRÉ Le portage salarial à travers les coopératives d’activité et d’emploi

PAGE 15 Le Plan Juncker Quels impacts pour les territoires ? PAGES 16-17 Le Parcours Culture La Caverne Sensorielle investit l’Espace Culturel de l’Université d’Angers PAGE 17 Note de lecture « La société d’archipel » Jean VIARD, 1984 PAGES 18-19 La French Tech Une ambition collective pour les startups françaises PAGE 20 ZOOM MÉTIER Mathilde, chargée de mission territoire au sein du Département de Seineet-Marne PAGE 21 PAGE INTERNATIONALE Coopération entre Posesti et le Centre Mauges PAGE 22 LE RÉSEAU CDET PAGE 23 Le coin des ressources

Le Bureau de l’Association

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RÉNOVATION URBAINE : dans quelle mesure pouvonsnous parler de « ghettos » ? Après les événements dramatiques de ce début d’année, les langues se sont déliées sur le sort des banlieues : « ghettos », « ségrégation » et « apartheid territorial, social, ethnique » (vœux à la presse du Premier Ministre Manuel Valls, 20/01/15). A cette occasion, c’est entre autre l’échec de la politique de la ville qui était pointée du doigt. Où en sommes-nous après plus de 10 ans de rénovation urbaine dans les quartiers ? Quelles sont les perspectives du nouveau Programme National de Rénovation Urbaine ? En 2003, Jean Louis Borloo, alors Ministre délégué à la ville et à la rénovation urbaine, pose les bases et les objectifs du premier Programme National de Rénovation Urbaine (PNRU) : améliorer la sécurité des immeubles, diversifier l’habitat dans les quartiers visés, favoriser le parcours résidentiel, etc. Entre 2004 et 2008, 200 000 logements étaient prévus à la démolition, autant de reconstructions, et 400 000 résidentialisations. Après 10 ans, plus de 600 000 logements ont finalement été concernés par ces opérations, pour restructurer 594 quartiers en France. Aujourd’hui, les professionnels soulignent une amélioration globale de la qualité des logements et une diversification de l’habitat, favorisant la reconstitution d’une image plus positive de ces quartiers dits « prioritaires ». L’ouverture et la connexion à l’ensemble du tissu urbain ont également été favorisées, avec un effort réel sur les transports en commun et les cheminements. Malgré tout, dans son rapport rendu public le 17 juillet 2012, la Cour des Comptes soulignait que "la situation économique des habitants des quartiers rénovés n'a pas vraiment progressé et la pauvreté y demeure à des niveaux élevés". Il est en effet estimé que le potentiel changement de population à l’échelle du quartier représente seulement 20%. Les programmes d’accession sociale à la propriété ont bénéficié aux habitants du quartier, n’attirant qu’une très faible part de nouveaux habitants. On parle alors de diversification endogène.

Néanmoins, le niveau de vie des ménages résidant au sein du parc HLM des quartiers rénovés a connu une amélioration, L’écart avec le niveau de vie global des familles logées en HLM diminue mécaniquement. Grâce à ces opérations modifiant physiquement les quartiers, une conséquence sociale est posée : le PNRU a enclenché un début de déconcentration de la pauvreté. Mais le bâti ne change pas les occupants ! Certains quartiers restent stigmatisés, concentrent les problèmes, et demeurent dans l’imaginaire collectif, comme des zones où règnent insécurité et dangers. C’est aussi une réalité : aujourd’hui, face aux menaces physiques et verbales, des bailleurs sociaux en région parisienne retirent leur personnel de proximité des immeubles pour les remplacer par la vidéo surveillance et la présence de société de sécurité privée. Un jeu sans fin ... La loi ALUR de Cécile Duflot est venue proposer la mise en place des Conférences Intercommunales du Logement (CIL), chargées de définir les objectifs en matière d’attributions de logement. Dix ans après les premiers coups de pioches dans le cadre du premier PNRU, la loi arrive avec retard sur le véritable point de difficulté : quels outils pour diversifier la population des quartiers ? Par Delphine Auzanneau

Source photo : D.AUZANNEAU

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A CHACUN SON POINT DE VUE L’épreuve du concours de la fonction publique territoriale Nous souhaitions donner la parole à des anciens du Master 2 ayant vécu une expérience commune : l’épreuve du concours de la fonction publique territoriale. Nous pensions alors trouver différents points de vue sur l’intérêt de ce concours, aux yeux des professionnels que nous sommes devenus. Ce sont trois chargés de mission développement économique (au moment de l’étude) qui nous font partager leur vision, souvent commune, de cette étape dans leur parcours professionnel.

›› Durant l’année de Master 2 CDET, avez-vous envisagé de passer le concours de la fonction publique territoriale (FTP) ? ÉLODIE – J’avais pensé passer le concours d'attaché à la fin du Master, avec en tête la possibilité d'être titularisée. Finalement j'ai voulu privilégier les études, le stage et la réalisation du mémoire. Je ne me voyais pas réviser à ce moment-là. MARC – Je ne me destinais pas du tout à la FPT et n'avais pas envisagé de passer le concours. Je pensais plutôt intégrer un cabinet de développement ou une chambre consulaire et donc travailler sous statut privé. AURÉLIE – Au cours du M2, je visais déjà un poste de chargée de développement économique pour contribuer au développement de l'économie locale. J'avais envie de passer le concours car je pensais que c'était la meilleure façon pour moi d'exercer cette fonction.

›› Dans quel contexte avez-vous finalement passé le concours et quelle expérience en retirezvous ? ÉLODIE – En 2013, j'ai passé le concours de rédacteur principal 2ème classe. J'étais en poste en tant que chargée de mission développement économique dans une communauté d'agglomération depuis un an, sur un poste d'attaché. Le concours A n'avait pas lieu en 2013 mais j'ai quand même voulu tenter le B car pour moi, c'était une opportunité d'être titularisée même si c'était

sur un grade inférieur. Celui-ci me paraissait plus abordable que le concours d'attaché. MARC – J'ai passé le concours d'attaché en novembre 2012 sans préparation formelle juste avec mes acquis et un travail sur la méthodologie. J'étais alors chargé de développement économique dans une communauté de commune depuis novembre 2011. Mon unique objectif était de prétendre à un CDI, avec l'idée qu'obtenir le concours était synonyme de stabilité.

AURÉLIE – Lorsque j'ai passé le concours à la sortie du Master, j'étais en remplacement au sein d'une collectivité sur un poste de chargée de développement économique. Je n'avais pas encore de recul sur mon métier ni sur le secteur public en général. A l’inscription du concours, je me suis vite rendue compte qu'aucune des spécialités proposées ne correspondait à mon profil de poste. Je l'ai finalement passé en spécialité administration générale.

›› Aujourd'hui quel est votre point de vue sur l'avenir du concours de la FPT ? ÉLODIE – Pour moi, il est nécessaire de réformer ce concours qui ne correspond plus à la réalité du terrain et du travail des collecti-

vités. Il faut réfléchir à la mise en place d'un nouveau système, au minimum de remettre à plat le concours actuel qui ne motive pas du tout les agents et qui n'apporte pas beaucoup plus d'avantages à part une titularisation. "Le principe du concours est devenu obsolète" MARC – Le concours d'attaché territorial est pour moi une formalité sans aucun lien avec notre réalité de terrain. Le poste de "chargé de développement économique" est relativement récent dans la FPT, comme bien d'autres, et le concours n'a pas évolué pour s'adapter à ces nouveaux métiers. Il est resté centré sur des postes à responsabilités purement administratifs (Directeur Général des Services, Directeur Général Adjoint, …). De manière générale, le concours est encore bien ancré dans les esprits et je ne pense pas qu'il soit prochainement revu dans sa forme. Plus qu'une refonte du système du concours, je pense qu'il serait nécessaire de revoir le statut du fonctionnaire sur certains points. AURÉLIE – Pour moi, le concours n'a pas d'avenir en tant que tel. Il ne valide pas une compétence ou une capacité à exercer une mission. Pour moi c'est une formalité administrative qui ne devrait plus exister. De plus, je trouve que le statut de fonctionnaire est dépassé et impose un immobilisme aux collectivités. Le recrutement de personnes qualifiées et compétentes serait facilité sans ces concours. Par Delphine Auzanneau CDET’Mag // N°2 - Mai 2015

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ARTISANTS ET COMMERCANTS : les moteurs du développement économique en milieu rural Depuis une quinzaine d'années, les territoires ruraux français connaissent de profondes transformations d'ordre démographique. Ces évolutions s'accompagnent parallèlement d'un changement des modes de vie et des attentes de ses habitants, de plus en plus calqués sur ceux des urbains. Ces mutations durables ouvrent de nouveaux défis à appréhender pour ces territoires, mais aussi de nouvelles perspectives de développement. Véritables "poumons" du dynamisme local en milieu rural et de son attractivité, les artisans et commerçants constituent la base d'un développement équilibré du territoire. En effet, ces derniers sont des pourvoyeurs d'emplois non-délocalisables, en l'absence totale ou relative d'industrie sur ces espaces ruraux. Par leur activité, les artisans et commerçants permettent également le maintien des services de proximité, et concomitamment, d'un certain lien social entre les habitants. Un territoire rural ne pouvant lier son destin à celui d'une seule grande entreprise sans risques majeurs, il se doit de favoriser la diversité et le dynamisme de son tissu économique local. Aussi, les problématiques rencontrées par les artisans et commerçants questionnent la capacité des acteurs publics ou parapublics à répondre à leurs besoins et à soutenir leur développement.

›› Financer son projet : quelles sont les aides mobilisables par les artisans et commerçants ? La question que tout chef d’entreprise se pose lorsqu’il exerce son activité, c’est comment il peut la financer. Achat de matériel, location ou construction d’un local/atelier, matières premières, paiement des charges fiscales et sociales, cette liste non exhaustive n’est qu’un exemple de ce que doit supporter un chef d’entreprise pour faire fonctionner son activité. Lorsqu’une collectivité ou un organisme fait le choix d’apporter son soutien à la création d’entreprise, il peut le faire à plusieurs titres : hébergement, soutien financier, exonération d’impôt… Il existe une variété d’aides en ce qui concerne les dispositifs à caractère financier. — Focus sur 4 dispositifs d’aides pour les artisans et commerçants Le dispositif de l’ORAC (Opération de Restructuration de l’Artisanat et du Commerce) octroie une subvention destinée à aider les commerçants et les artisans à financer exclusivement des projets d’investissement (rénovation, mise aux normes, acquisition de matériel, etc.). Le montant peut différer mais il est en règle générale de 30% de l’investissement avec un plafond minimal et maximal.

Souvent, il existe un plafond pour le chiffre d’affaire de l’entreprise (entre 800 000 et 1 million d’euros). Les ORAC s'inscrivent dans les actions de restructuration économique et de développement local prévues dans les Contrats de Plan Etat-Région. Pourquoi aider des entreprises à investir ? Les subventions donnent un coup de pouce financier pour inciter les entreprises à moderniser leur outil de production. En dehors des subventions, il existe des aides fiscales spécifiques au milieu rural comme les Zones de Revitalisation Rurales (ZRR). Elles permettent aux entreprises, s’implantant dans des communes situées dans ce zonage, de pouvoir bénéficier d'une exonération fiscale totale sur les bénéfices de l’entreprise pendant 5 ans, puis partielle sur les 3 années suivantes, et d’exonération totale sur la contribution économique territoriale pendant 5 ans. Ces exonérations sont effectives après une délibération du Conseil Municipal des communes concernées par les ZRR. Avec les aides fiscales, de multiples organismes proposent des prêts pour les entreprises. Parmi les acteurs du financement à destination des entreprises rurales, l’association Initiative France est le 1er réseau associatif de financement des créateurs d'entreprise. Présente partout en France, elle propose des prêts d’honneur sans intérêt à partir d’un montant de 5 000 €, complémentaire d’un prêt bancaire, mais surtout un parrainage avec un chef d’entreprise expérimenté dans le secteur d’activité de l’entreprise bénéficiant du prêt. Si les entreprises ne peuvent emprunter, l’ADIE (Association pour le Droit à l’Initiative Economique) propose un microcrédit d’un montant maximum de 3 000 € ou un prêt d’honneur d’un montant maximum de 10 000 €. Même si le taux d’intérêt est élevé, c’est une alternative pour le financement des projets des commerçants et artisans ruraux. Autre levier d’action des collectivités : le soutien à la création d’entreprise par des publics en situation de d’exclusion. Elle constitue un fait social d’importance permettant à des personnes n’ayant plus accès à un travail "stable" de vivre et trouver une place dans la société. CDET’Mag // N°2 - Mai 2015

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La dimension sociale de la création d’entreprise est prégnante en milieu rural, où la pauvreté y est plus importante. En effet, il faut rappeler que 35% des personnes en situation précaire habitent dans les territoires ruraux, dans lesquels le taux de pauvreté y est plus important qu'en milieu urbain. L’entrepreneuriat par des personnes en situation d’exclusion est vu comme une possibilité d’insertion sociale, pour permettre à ces personnes de sortir du statut de bénéficiaire de minima sociaux. La majorité des aides financières existantes sont proposées par l’Etat, soit par le biais d’exonération comme l’ACCRE, ou des prêts à taux zéro avec le NACRE.

›› S’implanter et se développer : comment accompagner les artisans et commerçants ? Entreprendre, gagner des marchés, créer des emplois ne relèvent pas du ressort des collectivités. En revanche, ces dernières détiennent un rôle majeur dans l'accompagnement de l'implantation et du développement des entreprises. Le volontarisme de la puissance publique peut alors s’exprimer sur les conditions d'accueil de l'activité (foncier et immobilier d'entreprises) ainsi qu'au niveau des actions menées envers et avec les entreprises locales. — Focus sur 3 exemples d’initiatives « innovantes » de territoires ruraux Sur le volet des locaux d'activités, de nombreux territoires ruraux ont fait le choix de développer des formules de pépinières d'entreprises pour faciliter le lancement d'activités locales, notamment artisanales. Prenons l'exemple de la Pépinière d'entreprises "Cap Créateurs" de Baugé (6200 hab. en 2014).

Dès leur entrée dans la Pépinière d’entreprises, ils peuvent aussi compter sur l’accompagnement d’un comité d’acteurs locaux (élus, chefs d’entreprises, experts-comptables, banquiers). Peu répandu en milieu rural à ce jour, ce type d’équipement contribue non seulement à donner un coup de pouce bienvenu pour l'entreprenariat local, mais participe aussi à l'image dynamique et à l'attractivité du territoire. Pour lutter contre la désertification des commerces de proximité en milieu rural et ainsi favoriser l'ouverture et/ou la transmission d'activités, il existe un levier innovant : "le Point Multi-Services". Il s'agit d'un concept permettant aux commerçants situés en zone rurale et titulaires de l'agrément, d'offrir un bouquet de services supplémentaires à leurs clients, comme l'accès à internet et à une imprimante multifonctions. Ce concept initié il y a 15 ans par les chambres consulaires en Auvergne est soutenu par le FEADER. Le Point Multi-Services répond aux besoins des habitants et conforte l'activité des commerçants labellisés en générant du trafic et des ventes auprès d’une clientèle fidélisée. En matière d’animation économique des territoires ruraux, les actions collectives soutenues par les collectivités peuvent également apporter des réponses très concrètes. Prenons l’exemple de la création d’une plateforme e-commerce destinée à booster l’activité des commerçants d’un même territoire, tout en répondant à la demande des clients du XXIème siècle !... Pour pallier la perte de vitesse du commerce de proximité et dynamiser le centre-ville, plus d’une centaine d’artisans et commerçants du Puy-en-Velay se sont organisés et ont lancé, en septembre 2012, un service de drive qui fonctionne en lien avec un site d'e-commerce. Cette démarche collective, portée par l'Office de commerce et d'artisanat de l'agglomération du Puy-en-Velay (50 000 habitants), a reçu le soutien des collectivités locales et de l’Etat (fonds FISAC). Innovante, cette initiative se duplique actuellement en France, et notamment en zone rurale. Source photo : S. BRIAND

Il s’agit d’une structure d'accueil et d'appui réservée aux jeunes entreprises artisanales, industrielles et tertiaires (inférieur à 3 ans d'existence). Les entrepreneurs hébergés bénéficient de services et avantages destinés à faciliter leur élan initial (loyers en-dessous des prix du marché, équipements et espaces partagés,...).

Par Samuel Briand et Benjamin Joly

Sources :http://www.chefdentreprise.com/Commerce-Magazine/ Article/Drive-et-e-commerce-au-Puy-en-Velay-44764-1.htm http://www.chefdentreprise.com/Commerce-Magazine/Article/ Ces-commerces-ruraux-qui-vendent-du-service-29685-1.htm http://www.lamontagne.fr/auvergne/actualite/departement/hauteloire/2013/11/22/le-site-internet-de-commerce-achetezaupuy-com -fait-un-carton-un-an-apres-son-lancement_1773517.html

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TRANSITION ENERGETIQUE : une opportunité de développement local La transition énergétique ne s’envisage pas uniquement à l’échelle mondiale : réduire les dépenses énergétiques et développer les énergies renouvelables peut se faire localement. Certains territoires ont fait de la transition énergétique la thématique centrale de leur programme de développement. Afin de mieux maitriser les dépenses énergétiques, la loi joue sur plusieurs aspects :

›› Un nouveau système énergétique mondial La transition énergétique, c’est le passage de notre système énergétique actuel, basé sur l’utilisation de combustibles fossiles, à un modèle basé sur des ressources renouvelables : énergies solaire, éolienne, hydraulique. Cette transition implique de passer d’une politique orientée par la demande à une politique déterminée par l’offre, et d’une production centralisée à une production décentralisée. Autrement dit, il s’agit de réduire notre consommation et de produire de l’énergie localement, au plus près des lieux de consommation.

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Améliorer l’efficacité énergétique des bâtiments, Développer les modes de transports alternatifs, Réduire les déchets et améliorer leur recyclage avec le développement de l’économie circulaire, La nouvelle loi s’appuie sur le principe "think global, act local", en encourageant le développement des initiatives locales. Un appel à projets pour mobiliser 200 "Territoires à Énergie Positive pour la Croissance Verte" (TEPCV) a été lancé afin de décliner localement les objectifs nationaux.

La transition énergétique mondiale est développée dans l’analyse prospective de Rob Hopkins comme un aspect de la "transition écologique" ; ainsi que par Jérémy Rifkin comme un des piliers de la "Troisième Révolution Industrielle".

›› Une loi française spécifique Afin de tenir les engagements européens de réduction des gaz à effet de serre, et dans la continuité des lois Grenelle, le projet de loi relatif à la transition énergétique pour la croissance verte a été adopté par l’Assemblée nationale en octobre 2014. Cette loi vise une meilleure efficacité énergétique, la sortie du tout nucléaire par la promotion des filières renouvelables et le développement des initiatives locales. De grands objectifs ont été fixés : 

Réduire la part du nucléaire dans la production d’électricité française de 75 à 50 % d’ici à 2025 et augmenter la part des énergies renouvelables à 32 % en 2030,

Réduire de 50 % la consommation énergétique d’ici à 2050,

Réduire les émissions de gaz à effet de serre de 40 % en 2030, et les diviser par 4 en 2050.

Les 212 lauréats retenus sur les 528 candidatures déposées (Communes, EPCI, Pays, Conseil Départemental, Parc Naturel Régional) recevront une aide de l’Etat de 500 000 euros pour financer leur projet. La mobilisation des collectivités, au sein du débat national pour la transition énergétique, et sur cet appel à projets, révèle une implication importante, et antérieure, des territoires sur ces questions. Les actions des collectivités en faveur de la transition énergétique relèvent souvent d’une stratégie CDET’Mag // N°2 - Mai 2015

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globale en faveur du développement durable sur leur territoire. Ces actions représentent une plusvalue environnementale et peuvent également être génératrices de nouvelles activités et d’emplois. C’est ce que cherche à mettre en place la Région Nord Pas de Calais autour d’une démarche globale qu’elle pilote en lien la CCI Région Nord de France.

›› La troisième révolution industrielle en Nord Pas de Calais La Région Nord Pas de Calais a souhaité être une région pionnière, un territoire d’innovation, en matière d’efficacité énergétique. La CCI et le Conseil Régional ont fait appel au scientifique Jérémy Rifkin pour l’élaboration d’un Masterplan afin de faire entre le Nord Pas de Calais dans la "Troisième Révolution Industrielle". Ce scénario prospectif, finalisé en 2013, a été construit en 10 mois dans le cadre d’une réflexion avec les acteurs du territoire. Il vise à couvrir la consommation énergétique de la région par les énergies renouvelables en 2050. Il est basé sur le développement de 5 piliers (cf. schéma) permettant de produire, stocker et diffuser de l’énergie renouvelable ; de réduire la consommation énergétique ; ainsi que sur le développement de l’économie circulaire et de la fonctionnalité.

Le nouveau bâtiment à énergie positive des archives départementales du Nord

Afin de développer le marché de la rénovation thermique, la région Nord Pas de Calais souhaite également formaliser un label régional de qualité et proposer des incitations fiscales pour les projets ayant recours aux PME labellisées. Le Conseil Régional envisage également la création d’une société régionale d’équipement et de services énergétiques afin d’aider l’investissement d’un propriétaire (un particulier, un organisme public, une entreprise) dans la micro-production d’énergie. Le programme expérimental Zen-e-Ville permettra en 2020 de tirer des enseignements pour une application à plus grande échelle.

›› Conclusion De nombreux territoire se sont déjà lancés dans la transition écologique. D’importantes retombées économiques sont attendues en matière d’économie d’énergie et de création d’emploi (développement des secteurs du bâtiment, de l’éco-construction, des énergies renouvelables, etc.). Ces mesures amènent également des retombées en termes d’images : territoire durable, dynamique, amélioration de la qualité de vie,… Par Adèle Renault Sources : Le Monde- Que contient la loi sur la transition énergétique ? P. Le Hir, octobre 2014 Site du Ministère de l’écologie, du DD et de l’énergie

›› Le programme de rénovation urbaine ZenE-ville L’un des objectifs du masterplan est de transformer les bâtiments et les quartiers en microsites producteurs d’énergie. Un premier programme, Zen-e-ville, est testé sur un échantillon de 600 bâtiments représentatifs : réhabilitation de friches industrielles, quartiers en mutation, programmes neufs … en parallèle d’un vaste programme régional de rénovation thermique sur 100 000 logements.

Site Nord Pas de Calais La troisième révolution industrielle est en marche RIFKIN. J « la troisième révolution industrielle : Comment le pouvoir latéral va transformer l’énergie, l’économie et le monde», 2012. HOPKINS. R « Manuel de transition : de la dépendance au pétrole à la résilience locale » http://www.idees.votreenergiepourlafrance.fr/ Image 1 : Ministère de l’écologie, du développement durable et de l’Energie - présentation des lauréats de l’appel à projet territoire à énergie positive pour la croissance verte Image 2 : Synthèse du masterplan du Nord-Pas-deImage 3 : France 3 Nord pas De Calais

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RENCONTRE AVEC Xavier ROY - Directeur de France Clusters Issu d’un DESS Aménagement et Développement économique des territoires et anciennement conseiller auprès de la DATAR, il a été chargé de l’assistance technique pour l’animation et la gestion de plusieurs programmes nationaux et européens dont un qui visait la collaboration interentreprises. Il a aussi participé au lancement des politiques d’accompagnement des clusters. ›› Pouvez-vous nous expliquer ce qu’est France Clusters ? "France Clusters existe depuis une quinzaine d’années, c’est une association loi 1901 née en même temps que les politiques d’accompagnement des SPL. L’association a pour objectif d’accompagner les clusters et les collectivités dans leurs actions auprès des entreprises du local au niveau européen. " A la fois lieu d’échanges et centre de ressources, les clusters peuvent participer à des journées techniques thématiques, capitaliser sur les bonnes pratiques et ainsi se faire aider à accélérer et améliorer la mise en œuvre de leurs actions. "Nous contribuons à la professionnalisation de la fonction d’animateur de cluster. En ce sens, nous intervenons dans 5 universités, dont le CDET pour la 2nde année consécutive, et avons créé un Master francoallemand "Animateur de clusters et de réseaux territoriaux" avec les universités de Strasbourg et Kehl." Enfin, l’association souhaite faire entendre la voix des pôles et clusters et de leurs entreprises membres auprès des différentes institutions. Et c’est vrai que lorsque l’on peut se targuer d’avoir en son sein 200 clusters membres qui représentent 60 000 entreprises pour un million d’emplois, ça cause !

›› Et un cluster c’est quoi et à quoi ça sert ? "Nous les définissons chez France Clusters par le biais de 5 fondamentaux : 

Un réseau d'entreprises au cœur du système,

Des entreprises appartenant à un même domaine d'activité,

Des entreprises exprimant la volonté de coopérer,

Une inscription du projet dans le territoire de proximité en associant l’ensemble des acteurs économiques de l’écosystème ,

L’inscription de la stratégie du groupement dans la stratégie de développement du territoire sur lequel il est implanté.

Cependant, selon le cluster que l’on regarde de plus près, les 5 fondamentaux n’ont pas la même prépondérance. "

Des premières expérimentations dans les années 1998-1999 aux formes et vocations qu’ils ont aujourd’hui, les clusters ont énormément évolué. "Les filières industrielles « dites traditionnelles » se sont tout de suite inscrites dans la démarche, elles n’avaient pas attendu les politiques clusters pour initier collaborations interentreprises et alliances stratégiques. C’était notamment le cas pour les filières mécaniques et textiles qui ont vu apparaitre leurs premiers groupements d’entreprises très rapidement (Neopolia). On a cependant vu au fil des années l’arrivée de nouveaux secteurs comme le tourisme, la culture ou la musique (Pôle Régional des Musiques Actuelles de PoitouCharentes) ou encore les industries créatives." Alors que les pôles et clusters industriels sont très tournés vers l’innovation technologique et la mise sur le marché applicatif de ces innovations, ceux du secteur de la culture, par exemple, vont avoir tendance à concentrer leurs actions sur la mutualisation de services au bénéfice d’une densification économique. Bien que la logique de coopération reste la même, les politiques publiques successives ont participé à la diversification du paysage. De la politique des pôles de compétitivité initialement orientés innovation technologique (techno-push) à celle des grappes d’entreprises axées accès au marché (market-pool), on pourrait se poser la question de la cohérence d’une stratégie globale. Finalement, c’est cette diversité et complémentarité qui font la force du modèle français. Plus de 60 000 entreprises sont inscrites dans ces pôles et clusters et se diversifient, innovent, exportent et recrutent ! CDET’Mag // N°2 - Mai 2015

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Un cluster repose sur plein de bons principes et contribue au développement durable des territoires, mais à quoi sert-il concrètement ? "Pour un territoire, les clusters permettent de développer et de véhiculer une image d’excellence vers l’extérieur. C’est aussi un moyen pour les chefs d’entreprises de sentir leur contribution directe au développement du territoire qui les entoure. C’est un vrai atout pour les entreprises, et aussi pour les pouvoirs publics locaux. " Les clusters sont alors seulement un outil de marketing et de développement territorial ? "Un cluster c’est surtout un bon moyen pour les entreprises de se connaitre, de développer des réseaux de confiance et par conséquent de créer ensemble de la valeur ajoutée, du chiffre d’affaire et de maintenir l’emploi. Cela améliore la compétitivité des entreprises et participe à l’ancrage territorial des activités. "

›› Quels enjeux dans un contexte de baisse de l'aide publique ? Ce sujet, Xavier Roy le connait par cœur, il est le centre d’attention de tous les clusters : "L’enjeu est simple à comprendre, c’est de maîtriser la dépendance aux fonds publics sur lesquels les clusters se sont beaucoup appuyés pour construire leurs réseaux et développer leurs services mutualisés. Ils doivent trouver un nouveau modèle économique pérenne. On s’est aperçu que ces nouveaux modèles économiques émergent, certains ont même déjà atteint des niveaux d’autofinancement significatifs. C’est le cas du Réseau Mesure Val d’Oise qui avoisine les 98%, grâce aux cotisations de ses membres. Les entreprises sont naturellement prêtes à financer s’il y a un retour direct sur investissement, tout comme la collectivité d’ailleurs ! Un cluster c’est du gagnant-gagnant !" Un virage a été pris dans la stratégie de fonctionnement et de services des clusters et ceux-ci apparaissent de plus en plus multi-structurés, maillant associations, groupement d’employeurs, sociétés de services, fondations. Les clusters se professionnalisent. "Ce changement de mode de financement et de fonctionnement modifie au passage les relations avec les institutions publiques. L’acteur public prend un rôle nouveau qui est peut-être plus en phase avec lui-même, c’est-à-dire être un partenaire d’action, à l’écoute des entreprises et non plus un financeur-décideur. " Preuve de la capacité des clusters à s’adapter, la baisse des subventions n’a pas eu d’effet si destructeur : "Malgré la raréfaction de l’argent public, le nombre de clusters ayant disparu ne dépasse pas les 10% à ce jour ! On observe aussi des rapprochements voire des fusions (pôle Fibres/Energivie en Alsace). On continue même à voir l’émergence de nouveaux clusters (Jura, Aude...). "

Les enjeux sont donc doubles, à la fois pour les clusters - trouver de nouveaux modèles économiques pérennes tout en gardant leurs capacité à accompagner l’entreprise sur les marchés - et pour les acteurs publics - nouveaux rôles à appréhender. Reste à savoir quels impacts aura la réforme territoriale en cours. "Nous essayons d’y réfléchir avec les pôles et clusters, mais on sent bien que la balle n’est pas dans notre camps. "

›› Le "modèle à la française s'exporte bien" ? On nous répète sans cesse que le français n’est pas créatif et qu’il ne sait pas s’imposer sur la scène internationale. En parcourant le site internet de l’association, c’est tout l’inverse qui saute aux yeux. "Le modèle, s’exporte en effet très bien, France Clusters est de plus en plus sollicité pour son expertise. " La France a parcouru un long chemin sur le sujet. Dans les années 90’, alors que les regards en matière de "penser collectif" se tournaient tous vers la très médiatique Silicon Valley, la France avait un wagon de retard. Aujourd’hui, le dynamisme et l’efficacité du cluster à la française est une référence que l’on vient chercher parfois de loin. Cette visibilité a été renforcée par l’organisation des European Cluster Days début 2015 par France Clusters où plus de 24 pays ont été représentés. "Nous opérons sur un certain nombre de pays (Allemagne, Suède, Roumanie, Russie, Sénégal, Cameroun, Palestine…) avec des niveaux d’intervention très différents. Nous avons par exemple reçu une délégation russe en début d’année dont l’objectif était de favoriser l’émergence de partenariats et de business entre entreprises. Nous avons aussi signé un accord de partenariat avec le Ministère de l’Economie Palestinien afin de renforcer la compétitivité des entreprises à travers le développement de coopérations interentreprises et un meilleur dialogue public-privé. Ce qui intéresse, c’est le positionnement de nos pôles et clusters, qui ne sont pas systématiquement orientés innovation technologique. On y travaille aussi largement la diversification marché, l’innovation organisationnelle et sociale, le développement des compétences. Et ça c’est une vraie spécificité française." Et Xavier Roy de préciser que le but du jeu n’est pas de faciliter l’émergence de concurrents aux entreprises françaises, mais bel et bien de créer de la complémentarité entre les pays et de favoriser les partenariats business entre les clusters. Le marché est aujourd’hui global et le vrai enjeu pour nos PME (parfois trop petites pour exister dans notre économie mondialisée), c’est de construire les meilleures collaborations réactives et productives gagnantes. Par Nicolas Bégnon CDET’Mag // N°2 - Mai 2015

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DOSSIER CENTRAL

L’ESS : une conception de l’économie alliant développement économique et bien-être social La quête incessante d’avantages compétitifs, se focalisant sur l’innovation technologique et le développement des filières industrielles, prendrait peu en compte les avantages que procurent les projets innovants socialement et portés par les acteurs de l’Économie Sociale et Solidaire. ›› Aux sources de l’ESS L’Économie Sociale et Solidaire (ESS) nait du contexte social et l’avènement des mouvements ouvriers qui ont engendré la création des syndicats et luttaient, pour de meilleures conditions de travail, une protection salariale et un accès aux soins médicaux. L’esprit solidaire et mutualiste de ces militants les a conduit à se pencher sur d’autres maux de la société : l’accès au logement pour tous, l’aide aux personnes les plus vulnérables (seniors, personnes en situation de handicap) et les thématiques liées au développement durable, et ceci en faveur d’une meilleure cohésion et d’une insertion sociale favorable. L’ESS est prônée au XXIe siècle dans le but de contrecarrer les effets de la crise économique autrement qu’à travers la conquête d’une croissance quantitative préconisée par l’économie dite classique. En effet, l’ESS fait primer la personne et l’objet social sur le capital. Elle milite pour un bien-être social, la promotion des projets locaux, la création d’emplois et d’activités durables -atouts considérables pour les territoires- le tout inscrit dans un processus d’innovation sociale, essentielle pour satisfaire les besoins non comblés auparavant.

›› Une économie régie par des principes

Source : www.projetdeterritoire.com

Dans les associations et dans certaines coopératives, les profits réalisés par l’activité des structures du domaine de l’ESS sont réinvestis dans le capital pour permettre la continuité de l’action.

›› L’ESS en France, une filière prospère L’ESS contribue à 10% du PIB français et emploie près de 2,4 millions de salariés sur l’ensemble du territoire (voir figure). La croissance des emplois du secteur de l’ESS est exponentielle depuis le début du XXIème siècle. Ainsi, les effectifs ont cru de 23 % en 10 ans (entre 2000 et 2010). Une très large majorité des acteurs de l’ESS en France sont des associations (83.4 %) et des coopératives (12.7 %). L’économie sociale ne concerne pas uniquement des structures publiques en France. Elle représente 12 % des emplois dans le secteur privé.

L’ESS regroupe des acteurs, entreprises, mutuelles, coopératives, associations et des fondations à la recherche d’une conciliation d’activités basées sur la solidarité et l’utilité sociale. Les modes de gestion adoptés par ces structures sont fondés sur une dynamique de développement basée sur la mobilisation citoyenne et un ancrage territorial. Cinq grands principes régissent l’ESS : la libre adhésion des acteurs, la non-lucrativité individuelle, une gouvernance participative et démocratique : "une personne = 1 voix", la finalité sociale du projet, et la mixité des financements (ressources publiques et privées). CDET’Mag // N°2 - Mai 2015

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DOSSIER CENTRAL La plupart des activités de l’ESS se concentrent sur l’action sociale, le développement durable et local, la santé, la formation et à l’insertion professionnelle. La place de l’ESS dans l’économie française ne cesse de croître. Elle doit être prise en considération comme un véritable pilier de la croissance en France et non une alternative économique "non légitime".

›› Une économie légitime et ancrée dans les politiques publiques Le processus d’institutionnalisation de l’ESS s’est caractérisé par un travail collaboratif entre le gouvernement et les acteurs de l’ESS, représentés par leurs différents réseaux, notamment par le Réseau des Collectivités Territoriales de l’Économie Sociale (RTES). Celui-ci a aussi pris part de près à l’élaboration du projet de loi entamée depuis 2012.

›› Des projets socialement ancrés dans les territoires Les projets à caractère social peuvent prendre la forme de crèches ou d’épiceries solidaires, régies par des associations et des mutuelles. Les crèches solidaires proposent des horaires de garde flexibles (très tôt ou tard dans la journée, les jours fériés et les weekends) afin de permettre aux parents ayant des horaires de travail décalés de pouvoir faire garder leurs enfants en toute tranquillité, en zones rurales comme urbaines. Ces crèches sont ouvertes à tous, et appliquent une tarification sociale en fonction des ressources des ménages. Outre ce dispositif de garde, d’autres services d’écoute et de soutien sur la parentalité et sur de nouveaux outils pédagogiques et ludiques pour les enfants, peuvent être proposés aux familles immigrées notamment. C’est le cas, par exemple des crèches "Les Miniscules" régies par une SARL nommée "Les Optimômes", implantées à Lorient et Saint Nazaire. Trouver une place en crèche devient de plus en plus complexe, ce type de dispositif représente une aubaine pour les familles. Les épiceries solidaires, telles que l’Épicentre à Lyon ou encore "Epi’Sourire" à Dijon, militent pour l’accès à prix bas, à une alimentation riche et variée à tous les ménages, y compris les étudiants, exclus des circuits alimentaires traditionnels, La France dispose d’environ 700 épiceries sociales ravitaillées par les Banques Alimentaires, partenaires impliqués dans cette démarche sur tous les fronts.

Source : www.gouvernement.fr

La loi relative à l’ESS du 31 juillet 2014 a pour ambition d’apporter son soutien à l’émergence de l’ESS à travers notamment : 

La fourniture d’un cadre juridique et législatif sécurisé permettant d’inscrire la politique publique de l’ESS sur le long terme ;

La mise en place de dispositifs d’accompagnement et de financement adéquats ;

La création d’emplois au sein des territoires ;

La consolidation des aptitudes et des compétences des salariés en leur donnant toutes les clés pour une potentielle reprise d’entreprise.

Les valeurs véhiculées par l’ESS sont soutenues par bon nombre de partenaires issus d’environnements distincts. Les pouvoirs publics représentés par l’État et son administration apportent leur soutien financier à travers des appels à projets. Des partenaires privés tels que les établissements financiers et des mécènes s’engagent aux côtés des pouvoirs publics.

Au-delà de la thématique alimentaire, les épiceries solidaires proposent des activités valorisant les compétences des bénéficiaires. Ce sont de véritables outils de reconstruction vers une réinsertion durable. A l’image des épiceries solidaires, d’autres structures de l’ESS œuvrent en faveur du développement durable tout en favorisant l’insertion des personnes en grande précarité. Les entreprises d’insertion comme les ressourceries d’SOS Récup participent au tri et à la valorisation d’électroménager ou de vêtements collectés pour les revendre dans leurs boutiques solidaires. Le travail de remise à neuf des équipements et vêtements est réalisé par des employés en insertion et participe à la limitation des déchets et à la sensibilisation des citoyens.

Par Marie-Ida Togo Sources : http://www.epiceries-solidaires.org/nos_objectifs.shtml http://www.ouest-france.fr/les-minuscules-la-grande-idee-dunecreche-solidaire-585447

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DÉCRYPTAGE CHIFFRÉ Le portage salarial à travers les Coopératives d’Activité et d’Emploi Créées en 1995, les Coopératives d'Activité et d'Emploi (CAE) permettent à des personnes désireuses de créer leur propre emploi, de tester si leur projet est viable avant de se lancer totalement dans l'aventure. Elles répondent aussi à ceux qui souhaitent inscrire leur projet individuel dans un cadre coopératif. ›› Les CAE en France

›› Une CAE, comment ça marche ?

On ne compte qu'une centaine de CAE sur les 23 000 entreprises coopératives françaises (CNCRES, 2010). Le réseau Coopérer pour Entreprendre, qui fédère une grande majorité des CAE françaises, regroupe à ce jour, 72 CAE adhérentes réparties sur 4 secteurs d'activités distincts : généralistes, bâtiment, service à la personne et culture. L'autre réseau Copéa, Association Nationale de Coopératives d'Activité, regroupe 27 CAE adhérentes.

Le porteur de projet passe une convention d’accompagnement d’une durée de 3 mois, qui lui permet de mieux définir son projet (clientèle cible, création de supports de communication, étude de marché…) avant de commencer son activité. Dès que son chiffre d’affaires devient positif, il signe un contrat à temps partiel (CDD ou CDI) et adhère à la coopérative sous le statut de "salarié entrepreneur". Le temps de travail rémunéré dépend des résultats de l’activité produite.

Source : d'après les adhérents du réseau Coopérer pour entreprendre, 2014

Depuis la création de la première CAE en 1995, les chiffres progressent chaque année.

Source : d'après les adhérents du réseau Coopérer pour entreprendre, 2014

Après une phase de conception et de mise en place, les Coopératives d'Activité et d'Emploi connaissent un réel essor depuis les années 2000. Cependant, leur répartition à l'échelle nationale est encore très inégale. Certains départements ne sont toujours pas dotés de ces outils qui favorisent l'emploi et qui promeuvent une autre manière d'entreprendre.

Source : URSCOP, http://www.les-scop-idf.coop/

En tant que salarié entrepreneur, il bénéficie des droits attachés à ce statut comme la protection sociale, la mutualisation des charges … auxquels il ne pourrait pas prétendre seul. Lorsque son activité lui permet de dégager suffisamment de richesse pour devenir pérenne, il peut alors quitter la CAE et s'installer à son compte. "Une sécurité juridique et sociale et un accompagnement de proximité afin de tester un projet entrepreneurial" Les CAE sont bien plus que de simples couveuses d’entreprises, elles permettent à chacun de pouvoir un jour créer son propre emploi sans prendre de trop gros risques. Par Sophie Feyry Pour plus d'information sur les CAE et voir celles proches de chez vous, rendez vous sur le site du réseau Coopérer pour entreprendre, www.cooperer.coop ou l'Association Copéa, www.copea.fr CDET’Mag // N°2 - Mai 2015

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LE PLAN JUNCKER : quels impacts pour les territoires ? Pour son début de mandature européenne, Jean-Claude Juncker, Président de la Commission, souhaite donner à l'Union Européenne une direction plus politique. L'ancien Premier ministre luxembourgeois emprunte un nouveau chemin qui tente de d'éloigner de la gestion de l'UE qu'avait menée José-Manuel Barroso sous l'ancienne mandature. ›› Qu’est ce que le plan Juncker ? Avec J.-M. Barroso, il y a eu L'Europe Unie des États et J.-C. Juncker souhaite les États-Unis d’Europe. Afin de répondre à cette ambition, le Président de la Commission Européenne dégaine deux armes qui agitent les milieux politiques : 1) Il dénonce les États en déficit et les appellent à engager les réformes structurelles nécessaires pour "améliorer la compétitivité de leur tissu économique" 2) Il élabore un projet de plan "Marshall" européen dit "le plan Juncker". Avec ce plan, il décide de relever le défi des États membres, qui appelaient l'UE à créer de la croissance plutôt que de les sermonner. Un plan de la Banque Européenne d'Investissement (BEI), consistant à redonner confiance aux investisseurs privés et publics et à revitaliser l'économie européenne, a été ressorti.

Comment l'UE peut-elle s'engager dans le Plan Juncker sachant que son budget n'excède pas les 1% du PIB de chaque état membre (soit 908,4 milliards d'euros pour 2014-2020) ? A titre de comparaison, il représente la moitié du budget annuel de la France. Dans le détail, 240 milliards d'euros seraient consacrés aux investissements stratégiques et 75 aux PME et entreprises à moyenne capitalisation. Un faible engagement financier de l’UE suffira à garantir et à sécuriser l'arrivée de fonds privés et publics, permettant de financer des projets à grande valeur ajoutée pour notre économie sociale de marché. Ils porteront sur des infrastructures stratégiques (numérique, énergie) et de transport, l'éducation, la recherche et l'innovation, des investissements visant à dynamiser l'emploi (financement des PME) et des mesures pour l'emploi des jeunes.

›› Quels impacts de ce plan Juncker pour les territoires européens ? Contrairement aux priorités définies de l’UE (numérique, innovation, formation, financement des PME, transition énergétique, transports) et aux politiques de cohésion, il n'est prévu aucune répartition géographique, ni thématique des crédits.

Ce plan consiste à injecter près de 300 milliards d'euros dans des projets européens à l’aide d’un montage complexe. À l'image du grand emprunt créé français de 2002, la Commission Européenne va porter la création d'un fonds européen pour les investissements stratégiques (EFSI). Le capital de ce fonds serait constitué de 21 milliards d'euros, dont 16 issus du budget européen, et les 5 autres des bénéfices de la BEI. Ces bénéfices permettraient à la BEI de lever 63 milliards pour financer des projets plus risqués. Les États membres seront invités à contribuer au EFSI, sans que cela ne soit comptabilisé dans leur déficit. Quelques pays seraient intéressés : Slovaquie, Finlande, Espagne, Allemagne.

Les régions européennes craignent que ces fonds soient dirigés vers les territoires les plus riches et les plus compétitifs. Néanmoins, le Commissaire européen en charge de l'emploi, de la croissance, des investissements et de la compétitivité a rappelé que les collectivités territoriales ont toute leur place, à condition de faire vite. Des peurs ont été formulées sur le fait que l'EFSI entraine une concurrence entre les territoires, dommageable aux objectifs du marché unique et à la cohésion territoriale. Pour certain, le plan Juncker contribuera à développer les régions urbaines au détriment des rurales. Le critère de rentabilité et le billet d'entrée de ce plan à 50 millions risquent d'être des freins pour des collectivités portant des projets modestes. Prenons l’exemple des transports : le risque est de donner la priorité aux autoroutes à péages au détriment de modes plus respectueux de l’environnement (transport maritime ou fluvial) pour lesquels le retour sur investissement est à plus long terme. La France, après avoir déposé une liste de 32 projets retoquée, a décidé d'associer plus étroitement les collectivités, surtout les régions, à l'élaboration de nouvelles propositions. Affaire à suivre. Par Amand Choquet CDET’Mag // N°2 - Mai 2015

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PARCOURS CULTURE : La Caverne Sensorielle investit l’Espace Culturel de l’Université d’Angers Les enseignements universitaires sont parfois jugés trop généralistes ou pas assez concrets. Pourquoi ne pas aller sur le terrain et acquérir de l'expérience ? L'engagement est le meilleur moyen de se préparer au monde professionnel et c’est précisément ce qu'ont décidé de faire 4 étudiants du M2 CDET parcours Culture. Ils ont organisé, le 15 janvier, une soirée sur le thème de la Perception à l’Espace Culturel. En partenariat avec la Direction de la Culture et des Initiatives (DCI) de l’Université et la ville d’Angers, l’évènement a rapidement affiché complet. Plus de 200 participants ont pu danser de 18h à minuit sur les sets de musiques électroniques, mais également découvrir une exposition photo ainsi que le travail d’un artiste plasticien. ›› Présentation du projet associatif L’association Caverne Sensorielle est née en début du mois d’octobre 2014, à l’initiative de Mathieu Le Roux, actuel président de l’association. Community Manager d’une page Facebook centrée sur le concept d’échappatoire culturelle, il œuvre depuis avec le partage de morceaux/playlists pour favoriser l’émergence de DJs amateurs. Il est associé à d’autres membres du M2 CDET parcours Culture ayant la fibre associative (Benjamin Garnaud, - viceprésident, Geoffrey Tijou—trésorier, et Alastair Anderson - secrétaire). Le projet prend forme autour d’un axe de réflexion : proposer aux étudiants angevins un événement culturel confrontant différentes formes artistiques, telles que les arts plastiques, les musiques électroniques et la photographie. Puis, l’équipe s’est fixé deux objectifs : la soirée Perception cible le public étudiant et donc lui être accessible financièrement (entrée à 5 €) et amener les étudiants à s’approprier un lieu délaissé et méconnu mais qui leur est pourtant destiné : l’Espace culture de l’Université d’Angers.

›› L’évènement "Plus proche d’un monde hédoniste, plus loin du monde intelligible". Ce sont les mots du Président, qui clôturent l’édito de présentation de la soirée. Le thème choisi pour l’événement fut donc celui de la perception. En respectant les valeurs que l’association a choisi de partager à travers ce projet, Mathieu et Benjamin ont sélectionné six jeunes DJs locaux (H.Mess, Sedecimo, Dark Noise Conspiracy, Swedwyf, H-Burry et Beaverly Hills). Cette programmation musicale a été étudiée de sorte à partager une musique électronique temporelle revisitant tout d’abord les classiques house de Chicago, en se tournant vers la techno de Détroit des années 90 et en finissant par des sonorités industrielles made in

Berlin. Autour de ces DJs sets s’articulaient la performance d’un artiste peintre (Sin Stencil) et une exposition photo (Yann Ouvrard). Les étudiants du Master 2 CDET ont travaillé avec divers partenaires s’inscrivant dans leur démarche associative. Tout d’abord, l’équipe de Radio Campus Angers a retransmis les sets sur ses ondes en les ponctuant d’interviews des artistes, avec l’aide du Solide Club. Mixape, un jeune concept store Angevin était présent dans le hall de l’Espace Culturel et a mis une platine à disposition du public dans le but d’écouter divers vinyles de musiques électroniques.

Le Service Universitaire de Médecine Préventive et de Promotion de la Santé était également de la partie et a pu échanger avec les étudiants sur la thématique de la prévention liée à l’abus d’alcool. Installé sur la terrasse de l’Espace Culturel, Le Camion d’à côté (foodtruck travaillant des produits locaux et de qualité) a régalé le staff, les artistes et le public.

« Plus proche d’un monde hédoniste, plus loin du monde intelligible », Mathieu Le Roux

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Wayna, le régisseur de la salle de l’Espace Culturel, a orchestré la scénographie de la soirée. Son implication et son travail colossal ont permis de sublimer les DJs sets à l’aide de visuels audio-réactifs, tout spécialement conçus pour l’occasion. Cet artiste à part entière a fait l’unanimité auprès de tous les participants. Il fut sans aucun doute le facteur X de l’événement.

›› Le bilan Le premier événement de la Caverne Sensorielle avait pour but de faire connaitre et valoriser les soutiens apportés aux initiatives étudiantes. Les membres du bureau sont en lien direct avec les étudiants et participent à faire la promotion du Master CDET de l’Université d’Angers. Cette soirée dédiée aux étudiants, qu’ils en soient acteurs ou spectateurs, a permis de mettre en avant les actions de la DCI et de promouvoir davantage l’Espace Culturel au sein de la population étudiante. La soirée Perception représente un levier éducatif évident qui avait pour objectif d’offrir une nouvelle expérience aux étudiants, une ouverture artistique. Néanmoins, il s’avère compliqué de parler de "résultats", en ce sens que l’équipe organisatrice souhaitait stimuler l’ouverture d’esprit, la créativité

et plus largement l’épanouissement des participants à cette soirée, avec une action sortant du cadre des salles de cours. Il est toujours plus évident de véhiculer ces valeurs dans un cadre informel et festif. De plus, le Directeur du Chabada a écouté les DJs sets sur les ondes de Radio Campus et a repéré Dark Noise Conspiracy. L’artiste se produira sur scène dans le cadre d’une soirée organisée par la SMAC angevine. C’est une réelle fierté pour les organisateurs, l’association souhaitant assumer l’étiquette "découvreur de talents". Pour suivre l’association : https://www.youtube.com/channel/ UCRWT_7jHaIYZzXxiEfGH7Sg https://www.facebook.com/lacavernesensorielle

Par Benjamin Garnaud

NOTE DE LECTURE La société d'archipel, Jean VIARD (éditions de l'Aube, 1994) L'époque où Christophe Colomb et bon nombre d'explorateurs découvraient les différentes parties de notre planète a pris fin au XXème siècle et laissé la place à "un monde borné et interconnecté, un village global". Aujourd'hui, nous connaissons "quelques détails de la planète entière", et gagnons en ouverture ce que nous perdons en repères et en appréhension de notre environnement immédiat. Comme le décrit JeanPaul Delevoye dans son livre "Reprenons-nous", cela génère des groupes de personnes ayant leur propre conception de l'économie, de la police, de la justice, et des territoires. Jean Viard considère dans ce sens que certains individus sont "multipolaires et multiinformés", alors que d'autres "tentent désespérément de se ré-enraciner dans l'immédiatement accessible, le déjà connu". Dès lors comment repenser la politique et nos territoires dans ce monde où la mobilité des personnes et des informations est omniprésente ? "L'espace public hérité des temps anciens, la rue, la place, la ville n'organisent plus nos vies comme hier. Le sens des limites administratives et politiques s'atténue et la citoyenneté en est amoindrie."

La même question se pose pour le vote : doit-il être pris en compte dans les territoires où l'on passe le plus de temps, ou au contraire et exclusivement là où se trouve notre logement ? Un citoyen habitant en banlieue parisienne, et travaillant au centre de Paris n'aurait-il pas le droit d'influer sur les politiques menées dans le quartier où il travaille quotidiennement ? Peut-on imaginer un vote, ou tout du moins un nouveau processus décisionnaire, prenant en compte la multitude d'"archipels individualisés en mouvement rapide" ? Jean Viard finit son essai en énonçant ce qui nous attend, à savoir "la passionnante aventure d'organiser l'unité du monde dans une infinie diversité", en tenant compte de "nos appartenances aujourd'hui partielles et poreuses". Il prévient du danger de voir sinon se développer "un sentiment de réduction du politique au gestionnaire et à l'immédiat, une angoisse de non maîtrise des mouvements du monde et la petite joie de restreindre la politique à un théâtre de boulevard." Par Pierre-Yves OLLIVIER, ancien bénévole Afev, ingénieur conseil en construction

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LA FRENCH TECH : une ambition collective pour les startups françaises Le gouvernement français a lancé l’initiative French Tech en 2013. L’idée étant de montrer au reste du monde que la France se positionne comme un acteur incontournable dans le développement de l’économie numérique. ›› La French Tech, quèsaco ? Facebook, Amazon, Google ont moins de 20 ans alors que l’âge moyen des entreprises du CAC 40 est de 101 ans. Le monde économique est en pleine mutation entre mondialisation, transition numérique et innovation. L’économie numérique n’est pas l’économie de demain, mais bien l’économie d’aujourd’hui, il est temps de s’adapter! Si les particuliers ont largement intégré les usages internet, les entreprises ont plus de mal à s’adapter au monde digital. Avec l’initiative French Tech, l’objectif est de pousser l'écosystème de l’économie numérique sur le devant de la scène en faisant de la French Tech un véritable lieu de rencontre entre les acteurs de l’économie numérique. L’Europe doit faire face à une nouvelle concurrence due à l’émergence de puissances économiques comme la Chine ou l’Inde. Avec des coûts de maind’œuvre extrêmement faibles, ces pays ont bouleversé l’ordre établi. Des pays tels que la France ne peuvent entrer en concurrence sur l’angle de compétitivité par les coûts. Néanmoins, celle-ci ne se résume pas à une compétition féroce autour de la baisse des coûts. Afin de rivaliser sur le marché mondial, les entreprises accompagnées par les pouvoirs publics doivent se mobiliser contre la chute des prix par de l’innovation, les nouveaux usages et l’imagination. Le numérique a pris une place centrale dans le développement de notre économie. L’arrivée massive du numérique dans les processus de production est considérée comme la troisième révolution industrielle. Rien de plus horizontal que la filière numérique. Il est impossible de segmenter et de cantonner le numérique uniquement aux nouveaux usages du Web. Cela va bien plus loin, c’est l’ensemble de l’économie classique qui est impacté par le numérique. Nos entreprises doivent prendre le pas sur le numérique et de se positionner rapidement en tant que référence dans ce domaine. L’objectif de l’initiative French Tech, lancée par le gouvernement français, consiste à positionner notre pays sur la carte du monde des principales nations numériques et de favoriser l’émergence de champions de niveau mondial.

L’heure est venue pour les entreprises numériques de se mobiliser sous une même bannière pour faire entendre leur voix et promouvoir leur savoir-faire. La French Tech est une marque ouverte, un portedrapeau visant à mobiliser derrière elle ceux qui font l’écosystème de l’économie numérique du territoire (collectivités, mentors, entrepreneurs, investisseurs, associations, développeurs, designers, freelances, etc.), à créer des synergies entre les entreprises du numérique et à permettre aux startups et entreprises de se retrouver lors d’événements autour de l’économie numérique.

›› Fédérer Afin de structurer ce mouvement libre, le gouvernement français a appelé les territoires à se structurer et à proposer des aménagements tournés vers l’économie numérique. Le gouvernement a ainsi mis en place un dispositif de labellisation « Métropole French Tech ». Pour être labélisées, les métropoles doivent constituer des écosystèmes structurés et attractifs répondant aux besoins des startups françaises et des investisseurs. Les territoires doivent porter des projets ambitieux en termes de partenariat public-privé afin de rendre cohérente la position du territoire sur le domaine. À ce jour, neuf écosystèmes ont reçu ce label : Aix-Marseille / Bordeaux / Grenoble / Lille / Lyon / Montpellier / Nantes / Rennes / Toulouse.

›› Accélérer Une fois ces écosystèmes labellisés, l’Etat français promet au travers BpiFrance des financements (200 millions d’euros) spécifiquement dédiés à ces écosystèmes : investissement dans incubateur, aides pour start-up.

›› Rayonner Pour relancer la croissance en France, l’un des enjeux majeurs est de redevenir attractif auprès des investisseurs et des firmes étrangères. La French Tech a pour vocation de renforcer la visibilité et l’attractivité de l’écosystème des startups françaises à l’international. L’économie numérique et le développement des startups sont intimement liés. Le numérique permet de faire tomber les frontières physiques et favorise l’internationalisation des startups, élément essentiel à leur développement. CDET’Mag // N°2 - Mai 2015

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Ainsi, 39 % du chiffre d’affaires des start-ups numériques a été réalisé à l’international en 2013. Les premières opérations de promotion de nos entreprises French Tech ont déjà eu lieu, comme la présence d’une délégation French Tech au Consumer Electronics Show (CES) et au futur South by Southwest (SXSW).

›› Une vraie chance pour les « nouvelles façons d’entreprendre » Fab-Lab, coworking, makerspace, crowdfunding, incubateur, l’entrepreneuriat est en pleine mutation. Alors que les modèles traditionnels tendent à disparaître, le numérique vient bousculer le monde de l’entrepreneuriat avec de nouveaux modèles de développement et de nouveaux moyens de financement. La French Tech soutient les TiersLieux (coworking, fab-lab). Aujourd’hui avec le numérique, il est possible de travailler n’importe où et être connecté au monde entier. Néanmoins, l’isolement ne développe, ni l’esprit d’originalité, ni de créativité. C’est là qu’entrent en jeu les espaces coworking, les lieux de travail en open space pour les entrepreneurs, télétravailleurs, indépendants, etc. Dans ces endroits conviviaux se déroulent des événements et ateliers ponctuels, dans un esprit de découverte et de partage.

C’est tout le monde de l’entrepreneuriat qui est à repenser avec l’arrivée du numérique. Le gouvernement français est prêt à accompagner ces nouveaux entrepreneurs avec le dispositif French Tech.

›› Un exemple : la French Tech Eurélienne L’Eure-et-Loir souhaite renforcer la filière numérique en regroupant l’ensemble des acteurs départementaux du digital dans la French Tech Eurélienne. Elle a repris l’origami du coq, étendard national de la filière, auquel elle a ajouté deux épis de blé au bec.

Les entreprises numériques d’Eure-et-Loir se mobilisent pour faire entendre leur voix et leur savoirfaire. La vocation d’un tel mouvement est de créer des synergies entre les entreprises du numérique, mais aussi de permettre aux start-ups et entreprises de se retrouver lors d’événements dédiés à l’économique numérique. La French Tech Eurelienne est un véritable lieu d’échange entre les acteurs de l’économie numérique du département. Tout cela est possible grâce à l’investissement des collectivités locales. Le syndicat Eure-et-Loir Numérique, le CODEL (Comité de Développement économique d’Eure-et-Loir) et le Conseil Général ont réfléchi au développement des activités d’avenir en Eure-et-Loir. Afin de prendre une avance certaine sur les autres territoires, 130 millions d’euros sont investis dans le déploiement de la fibre, support de la French Tech Eurélienne.

De même, les Fab-Lab viennent révolutionner la façon de penser son projet. Le Fab-Lab est un espace de création et de fabrication qui regroupe des usagers d’origines et d’intérêts divers. L’espace fournit les outils, ressources et matériels pour permettre à ses membres de créer et fabriquer quasiment sans limite. C’est également un espace porteur d’innovation, mais aussi de partage et d’enrichissement des connaissances. Ces dernières sont ensuite redistribuées à la communauté utilisatrice de cet espace de création. Aujourd’hui, grâce à la nouvelle technologie, les entrepreneurs peuvent eux même créer leur propre prototype à moindre coût et ensuite aller chercher des investisseurs.

Le lancement de cette nouvelle filière a permis, dans un premier temps, de référencer l’ensemble des entreprises travaillant dans le numérique, puis de les faire se rencontrer via des événements spécifiques liés au monde du digital. L’étape suivante consiste à accompagner ces start-ups locales puis à favoriser les rencontres avec le monde de l’industrie traditionnelle. Afin d’accompagner ces entreprises vers la transition numérique, il est nécessaire de provoquer des rencontres entre ces deux univers. Parallèlement à cela, des projets de coworking (L’Oasis à Chartres) et de Fab-Lab (BetaMachine) voient le jour sur l’ensemble du territoire. La dynamique est donc lancée ! Par Simon Teil-Madec CDET’Mag // N°2 - Mai 2015

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ZOOM MÉTIER Mathilde, chargée de mission développement des territoires au Département de Seine-et-Marne ›› En quoi consistent tes missions eu sein de cette structure ? Le Département de Seine-et-Marne a pour principale compétence, l’action sociale. Cependant, elle porte une grande attention à l’aménagement et au développement des territoires, c’est pourquoi elle dispose d’une direction dédiée à ces thématiques. Mon action au sein dans cette collectivité territoriale est composée de deux missions distinctes mais néanmoins complémentaires : le suivi de projets financés dans le cadre des Contrats Départementaux et les avis sur les documents d’urbanisme. Je suis chargée du développement de deux territoires de projets, ruraux et situés à l’Est de la Seine-etMarne. Sur la base d’un diagnostic et d’un projet de territoire, le Département formalise un contrat, avec les EPCI ou des regroupements d’EPCI, afin de travailler à la mise en œuvre de projets structurants ou plus modestes. De plus, j’élabore les avis du Département sur les Plans Locaux d’Urbanisme. En tant que Personne Publique Associée, le Département est sollicité lorsqu’est prescrite l’élaboration, la modification ou la révision de Plan Local d’Urbanisme. L’avis rendu porte, d’une part, sur les compétences de la collectivité : les Espaces Naturels Sensibles , les routes et les bâtiments départementaux (collèges). D’autre part, des remarques peuvent être formulées sur le Plan d’Aménagement et de Développement Durable et les Orientations d’Aménagement et de Programmation du PLU, ou d’autres éléments tels que l’état de la consommation de terres agricoles, les emplacements réservés ... Les missions de mon poste sont complémentaires dans le sens où, l’une participe à nourrir ma connaissance sur les intentions des communes ou des EPCI en ce qui concerne leurs perspectives d’urbanisation à long terme. Via l’autre mission, je conseille, j’épaule ces mêmes communes ou EPCI, dans l’élaboration technique des projets et actions. Cette combinaison me procure les éléments pour me forger une vision cohérente et globale du développement des territoires dont j’ai la charge.

›› Quel soutien apportes-tu au territoire ? Le département, par le biais des Contrats, soutient financièrement et techniquement les communes ou EPCI porteurs de projets. J’apporte une assistance technique aux élus locaux (notamment des plus petites communes) et aux agents de développement des EPCI, dans l’élaboration des cahiers des charges de leurs projets et études. Je les informe des possibilités de financement et les conseille sur l’intégration de critères de développement durable à leur projet. Afin de disposer de connaissances plus précises dans certains domaines, je suis en lien étroit avec divers partenaires comme le CAUE 77, les Agences départementales (Seine et Marne Tourisme, Seine et Marne Environnement).

›› Selon toi, de quelles façons ces actions participent au développement des territoires de Seine-et-Marne ? Le Département s’est doté de différents dispositifs contractuels permettant de soutenir un large panel de projets allant de l’équipement culturel ou sportif d’envergure intercommunale, au financement de salles de classe, en passant par le soutien aux modes actifs et au développement économique. Par son action et en lien avec d’autres collectivités, le Département de Seine-et-Marne apporte des subventions à des projets qui, pour certains, ne pourraient être financés. Il assure la viabilité financière d’actions essentielles au développement de territoires, par exemple en soutenant très largement la création de pôles de santé en zone carencée. De plus, il se fixe des objectifs environnementaux aux projets soutenus et accompagne les porteurs de projet dans cette démarche d’excellence environnementale . Cependant, les incertitudes sur l’avenir de cette collectivité pourraient remettre en cause les actions, que je mène au quotidien, au nom du Département. Sources images : http://www.melunvaldeseine.fr/ www.lescommunes.com

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LA PAGE INTERNATIONALE Coopération internationale, exemple de la Communauté de Communes Centre Mauges et de Posesti (Roumanie) Le Centre Mauges et la commune de Posesti, située dans le département de Prahova en Roumanie, entretiennent des relations depuis plus de 25 ans. Longtemps associative, la coopération est désormais actée au niveau des collectivités. ›› L’historique des échanges Suite au plan de systématisation mis en place par le régime de Ceausescu, la ville de Gesté (49) décide de participer au mouvement d’assistance humanitaire et adopte le village de Posesti en 1989. Puis, la ville de Gesté à demandé au Syndicat Intercommunal à Vocation Multiple, future Communauté de Communes Centre Mauges (CCCM), de parrainer Posesti. En parallèle, l’association française Solidarité Roumanie Centre Mauges/ Posesti est créée afin continuer à entretenir ses fortes relations avec l’association roumaine, Asocieta Posesti/Mauges.

›› Focus sur Posesti La commune, constituée de 10 villages, compte 4 103 habitants. Son territoire est situé dans des collines, au pied des Carpates. Bien que les traditions restent fortes dans cette région rurale, de plus en plus d’habitants se tournent vers une vie moderne. Du fait de sa faible natalité couplée à l’émigration de jeunes actifs vers la ville ou l’étranger, la ville a perdu plus de 10 % de sa population en 10 ans.

›› Le jumelage des collectivités En août 2012, une délégation d’élus de la CCCM et de membres de Solidarité Roumanie Centre Mauges/Posesti s’est rendue à Posesti pour la signature du jumelage entre la CCCM et la commune de Posesti.

Ce jumelage est la reconnaissance officielle de plus de 20 ans de partenariat solidaire avec les habitants de Posesti. Ceci permet de multiplier les échanges pour mieux se connaitre, faire tomber les préjugés, partager les expériences et développer des coopérations institutionnelles, administratives... Suite à ce jumelage entre collectivités, l’association Solidarité Roumanie Centre Mauges/Posesti a modifié ses statuts pour devenir le Comité de Jumelage Centre Mauges/Posesti.

›› Les actions de coopération Le Comité de Jumelage, soutenu financièrement par la CCCM, a mis en place plusieurs commissions : — Développement Rural : soutien aux acteurs économiques du village. Un diagnostic socioéconomique de Posesti a été réalisé en 2014 par une étudiante suivie par Emmanuel Bioteau. L’étude s’intéresse aux freins au développement local, évalue les atouts et les potentialités du territoire et définit un projet avec la participation des élus et habitants. A ce titre, un Groupe d’Action Local est en création, afin de formaliser un projet de développement pouvant prétendre au financement européen dans le cadre du programme LEADER (2014/2020). — Jeunesse : actions pour les enfants livrés à euxmêmes l’été dont les parents sont occupés aux travaux des champs ou partis à l’étranger pour le travail saisonnier. Un stage BAFA franco-roumain ainsi qu’un accueil de loisirs à Posesti ont été mis en place. — Echanges Inter-lycées : relations entre un lycée français (apprentissage du roumain ou réalisation de stage) et un lycée roumain (développement de la francophonie). — Equipements : collecte et acheminement du matériel pour les hôpitaux sous-équipés de la région de Posesti. — Relations Extérieures : participation au comité de jumelage à la Coordination Anjou Roumanie et aux Opérations Villages Roumains Solidarités. www.cc-centre-mauges.fr

Source : Communauté de Communes Centre Mauges

Par Mélanie Cesbron-Usureau CDET’Mag // N°2 - Mai 2015

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CRÉÉE EN 2011 PAR UN GROUPE D’ÉTUDIANTS ET D’ANCIENS, L’ASSOCIATION CDET’INTERACTIVE A POUR OBJECTIFS DE : Structurer et animer un réseau d’étudiants, d’anciens et de professionnels du Master, Faciliter l’insertion professionnelle des étudiants, Organiser des évènements autour du développement des territoires, de l’entreprenariat, de l’industrie, de l’aménagement, … . QUELQUES ACTIONS MISES EN PLACE PAR L’ASSOCIATION : Prospection et diffusion d’offres d’emplois et de stages >> plus de 50 offres diffusées en 2014 Diffusion d’informations >> Plusieurs moyens de communication permettent de proposer une information variée sur le développement des territoires à l’intégralité du réseau CDET : le blog tout d’abord avec des articles détaillés, la page Facebook faisant état de l’actualité des territoires, de conseils lecture ou d’évènements en lien avec les pratiques professionnelles des adhérents. Journée d’intégration pour les nouveaux étudiants en lien avec les anciens L’association tente chaque année de renouveler ses actions pour être au plus prêt des besoins de ses adhérents, n’hésitez donc pas à la faire avancer : Contactez-nous sur : cdet.interactive@gmail.com Et retrouvez bientôt toute l’actualité CDET sur le nouveau site internet : www.cdet-interactive.com

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LE COIN DES RESSOURCES SITE INTERNET // Lieu de ressources, d’échanges et d’expertises, l’association VILLES AU CARRÉ

LIVRE // La communication intercommunale, Marc THÉBAULT

Depuis 2007, Ville² facilite la conduite des politiques de cohésion urbaine et sociale en Poitou-Charentes et Centre Val de Loire.

Par nature, les EPCI ne sont pas des collectivités territoriales. Ils sont un lieu hautement politique mais pour autant peu politicien. Ils sont aussi souvent perçus comme des technostructures artificielles.

Villes² informe, forme et accompagne un réseau d’acteurs et d’élus en charge du développement des territoires urbains, par la construction d’outils sur mesure (échange de pratiques, ateliers, formations, documentation, argumentaires, fiches d’expériences, etc.) issus des échanges de pratiques, du croisement d’expériences et l’appui des universités. Deux thématiques complémentaires sont traitées, l’entrée fondatrice de la politique de la ville qui a pour finalité de réduire les écarts sociaux, urbains et économiques entre les quartiers qui concentrent la pauvreté et l’intercommunalité ; et l’axe des villes petites et moyennes (moins de 25 000 habitants), pôles de centralité dans un environnement urbain peu dense, confrontés à des évolutions sociétales, urbaines et économiques. http://www.villesaucarre.fr/

WWW.PMEPAYSDELALOIRE.FR // L’outil régional unique d’information sur les aides et les financements des TPE/PME Les CCI des Pays de la Loire, avec le soutien de la Région, la Chambre régionale d’Agriculture, de la Chambres des Métiers et l’Artisanat régionale, de la place financière régionale (Caisse des Dépôts, BpiFrance, etc.) ont lancé le site internet « pmepaysdelaloire ». Celui-ci doit permettre de répondre aux attentes des chefs d’entreprises en matière de recherche de financements et d’accompagnement. Le portail régional permet aux PME d’identifier les dispositifs d’appui et de financement, et d’être orientées vers une aide et un financement adaptés à leur situation. De plus, cet outil apporte une réponse personnalisée à chacune des situations et offre un gain de temps aux chefs d’entreprise, puisqu’une saisie en ligne des demandes d’aides est possible. http://www.pmepaysdelaloire.fr

Dans le même temps, tout le monde sait, que seule l'intercommunalité peut porter et mener à terme des projets structurants pour un territoire. Les EPCI sont devenus des espaces de développement, au service de l'intérêt général. Ils sont sans doute « le sens de l'Histoire », et les réformes à venir le confirmeront peut-être. On l'aura compris, la communication intercommunale doit être à la hauteur des enjeux. Elle se doit d'être originale et créative, d'oublier les modèles communicationnels des collectivités territoriales pour inventer et construire de nouvelles formes de communication. Il s'agit de créer une communication qui sera celle de l'institution, mais également une communication de territoire, qui sera coproduite par tous les acteurs locaux. Ce dossier présente une gamme complète de méthodes et d'outils largement illustrés et détaillés, pour mener à bien les missions confiées aux responsables intercommunaux de la communication.

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CDET’Mag

Association des étudiants, professionnels et anciens du Master 2 Chargé de Développement Entreprises et Territoires UFR de Droit, Economie, Gestion 13, allée François Mitterrand 49100 Angers cdet.interactive@gmail.com

Source photo : D.AUZANNEAU

CDET'Mag n°2 - mai 2015  

Second numéro du magazine de l'Association des anciens étudiants du Master 2 CDET

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