Issuu on Google+

58

Sept. 2009 – 3e trimestre

ONDES

DES ABEILLES À L’OPÉRA Elles trouvent, en ville, fleurs et arbres pour se nourrir. Leur taux de mortalité est moindre en ville qu’à la campagne où il est de 30 à 50 %, probablement dû aux pesticides. Le miel de l’Opéra Garnier est déjà vendu dans des boutiques de luxe, celui du Grand Palais fait avec les fleurs du parc de l’Élysée et des Tuileries va bientôt être récolté. Ces opérations encouragées par le syndicat des apiculteurs tentent à sensibiliser le public sur les abeilles “ sentinelles de l’environnement ”.

LA MOQUETTE : “ MAUVAISE ÉLÈVE ” Elle stocke à la fois les acariens et la poussière. Sur huit moquettes “ encollées ” testées par l’UFC Que Choisir, cinq restituent du formaldéhyde, un gaz très irritant à faible dose classé cancérogène, d’autres du toluène (neurotoxique) et des éthers de glycols.

Le Pr Belpomme [président de l’Association pour la recherche thérapeutique anticancéreuse - Artac] réclame la révision des limites d’exposition aux champs électromagnétiques et préconise des systèmes câblés plutôt que wifi dans les écoles (le modem peut être reconnu via un adaptateur branché dans la prise électrique d’une autre pièce).

ALGUES VERTES Plus de 300 plaintes ont été déposées par des associations contre le préfet des Côtes d’Armor car c’est lui qui accorde les autorisations d’extension des élevages générant les nitrates responsables de cette prolifération. Rappelons que le développement d’algues (d’eau douce) dans nos deux barrages de la Loire résulte de l’excès de phosphates et de nitrates.

L’AGROCHIMIE SE DÉFEND

PESTICIDES La France est le premier consommateur de pesticides en valeur absolue en Europe. À noter que la vigne qui occupe 3 % de la surface cultivée consomme 20 % des pesticides vendus. En 2018, la France devrait avoir réduit de moitié sa consommation de pesticides. Philippe Lucas de l’INRA estime qu’il faut limiter les risques en amont par exemple en utilisant des variétés végétales moins exigeantes au lieu de sélectionner des variétés adaptées uniquement à l’agriculture intensive. La Recherche, juin 2009 ; www.larecherche.fr

Sur 500 analyses de fruits et légumes en France, 60 % contenaient des pesticides, les limites maximales de résidus (LMR) étant dépassées dans 8,5 % des cas. De plus, 32 % des échantillons contenaient plusieurs produits différents contre 25,8 % un an plus tôt. Les pommes, les tomates, l’avoine et le seigle sont particulièrement sur la sellette. Rappelons qu’un pommier peut recevoir plus de 30 traitements. INC Hebdo, 27 juillet - 2 août 2009

Elle produit des études mettant en cause l’alimentation bio et valorisant les avantages de l’agrochimie. L’Agence alimentaire britannique dit que les aliments bio n’apportent pas plus de calcium, de fer ou de vitamines que le non-bio. Nature et Progrès (association biologique) rétorque que l’étude comme par hasard ne prend pas en compte les résidus de pesticides dans les aliments. Les anti-bio négligent aussi l’étude de l’INSERM Marseille (sur 10 ans) qui révèle que les agriculteurs exposés aux pesticides présentent dans le sang une fréquence de cellules cancérigènes jusqu’à 1 000 fois supérieure à la normale. Campagnes Solidaires, sept. 09

LE BAL DES EXPERTS Le Comité de lutte contre la grippe est composé de spécialistes qui connaissent bien les laboratoires qui fabriquent les vaccins (et en particulier le Tamiflu) puisqu’ils y sont salariés ou bien collaborent ponctuellement.Ça s’appelle confusion d’intérêts. On présume aisément des conclusions de ce comité… Le Canard enchaîné, 2-09-09

BARRAGE DE GRANGENT Métaux lourds issus du passé industriel de la vallée de l’Ondaine, hydrocarbures et phosphore générateurs d’algues… Pas de vanne de fond qui permettrait le renouvellement de l’eau de fond du barrage. Barrière aux migrations de poissons mais aussi barrière aux sédiments. Le beau fleuve Loire mérite mieux. Le CDAFAL estime que les pouvoirs publics ne doivent pas se contenter d’un attentisme coupable. Il demande une cartographie tridimensionnelle des sédiments, et des propositions pour leur évacuation.

LES STATISTIQUES ET LA GRIPPE Le nombre de malades de la grippe (H1N1) selon InVS (institut de veille sanitaire) est très approximatif ; certains malades ont peut-être eu la grippe saisonnière, ou bien “se sont soignés tout seuls”. Entre les 4 500 cas déclarés par Le Monde et les 1 200 déclarés par Le Figaro, Le Parisien les met d’accord en déclarant “on ne sait pas”. Les seuls comptes qui soient “carrés” sont ceux des laboratoires qui ont reçu commande de 94 millions de


doses (pour à peu près 1 milliard €). Sont-ils payables d’avance ? La question n’est pas innocente car ce vaccin est en phase d'expérimentation et qu’adviendra-t-il de ce vaccin s’il est inefficace ou mal toléré ? La réponse du cabinet du ministère de la Santé est sèche : « C’est couvert par la confidentialité des contrats, le gouvernement ne répondra que s’il est saisi par le Parlement ou par l’autorité de contrôle. »

DISCRIMINATION DANS LE LOGEMENT Dans la Loire, un stage de formation a concerné 190 professionnels intervenant dans le cadre des logements sociaux : conseillers, assistants sociaux, responsables, administrateurs… La formation portait sur le cadre règlementaire de la loi du 15-11-01 et sur les 18 catégories pour lesquelles il est interdit de discriminer. Des groupes de travail à venir devraient dégager des pistes d’action pour assurer la mixité sociale tout en respectant la non discrimination.

INVESTISSEMENT DES MÉNAGES 57 % des ménages sont propriétaires de leur logement en France pour 35 % en Suisse, 44 % en Allemagne, 52 % en Autriche, 54 % en Pologne et Pays-Bas, 78 % en Irlande, 70 % au Royaume-Uni, 84 % en Espagne. Il fallait 3,5 années de revenus pour acheter son logement en 1996 ; il en faut désormais 5,2 voire 6 en Île-de-France, RhôneAlpes ou Provence–Alpes–Côte d’Azur. Le Monde, 30.09.2009

On parle même, peut-être, de ne rien pouvoir distribuer en novembre/décembre, ou de réduire drastiquement les aides qu’on pourra donner. Cela aussi c’est la crise. La crise que nous vivons au quotidien. *CLU (Commissions Logement Unique de la Loire)

« JE NE PEUX PAS VIVRE SANS TOIT » Dans la Loire, chaque nuit en ces mois de septembre-octobre des personnes mais aussi des familles avec enfants dorment dehors. Avec l'association Droit Au Logement (DAL) dont la caravane s'est arrêtée à Saint-Étienne le 23 septembre, le CDAFAL demande : l'application de la Loi de réquisition des logements vides, dénonce les expulsions sans relogement et le manque de respect des droits de l'enfant à vivre décemment.

ASSURANCE-VIE Les assureurs ne rechercheraient pas toujours les bénéficiaires. En effet 160 000 contrats chaque année sont “ non réclamés ”. 5 milliards seraient ainsi égarés alors que l’assureur est tenu d’engager des recherches. 60 Millions de consommateurs, 07- 2009

SAINT-ÉTIENNE BAT DES RECORDS Avec 3 380 potagers de 125 à 200 m2 pour 180 000 habitants, Saint-Étienne détient le record des potagers familiaux. C’est une revue gastronomique qui le dit. Régal n° 30, sept.-oct. 09

CRISE ET CLU* La crise, ce n’est pas qu’une affaire de banques avec les bonus et les parachutes dorés, ce n’est pas que des entreprises qui délocalisent et parfois profitent de l’occasion pour licencier du personnel, ce n’est pas que le Pôle emploi débordé est incapable de répondre aux besoins des chômeurs. C’est souvent un problème de fin de mois, de budget qu’on n’arrive pas à boucler. Et si dans les familles on n’a plus assez d’argent pour « tout » payer, on paie le plus urgent, le plus quotidien aussi : l’alimentation, les vêtements, les transports indispensables. Ce qui reste ensuite non payé, c’est le non quotidien, le mensuel ou même l’annuel, qu’on repousse à « plus tard » toujours convaincu que « plus tard on y arrivera » : loyer, eau, gaz, électricité, mazout… Mais si ces dépenses ne sont pas assumées à temps, arrivent les coupures des fournitures de gaz ou d’électricité, voire l’expulsion de son logement. C’est pour pallier ces catastrophes (car ce sont bien des catastrophes, que de ne pas pouvoir se chauffer, ou s’éclairer…) qu’ont été inventées les CLU (une spécificité de la Loire) : des rencontres régulières où les décideurs (CAF, Conseil général), les financeurs (solidarité EDF ou GDF, les régies distributeurs de l’eau) et les usagers (représentants des propriétaires, associations de défense des locataires) tentent d’éviter qu’une famille, par des prêts sans intérêt ou des subventions, soit en trop grande difficulté. Les CLU disposent pour cela d’un budget décidé en début d’année. Le budget a bien été décidé en janvier pour l’année, mais depuis l’été, le nombre de demandeurs a presque doublé. Alors que reste-t-il à faire ?

LAVAGE DE CERVEAUX ? Les fabricants de lave-linge ont voulu obtenir l’étiquette A pour leurs appareils haut de gamme. Dans ces appareils c’est le chauffage de l’eau qui utilise le plus d’énergie, la durée du cycle comptant peu. C’est pourquoi les cycles de lavage ont augmenté (pratiquement toujours plus de 2 heures). Dans le même temps est constatée une dégradation du rinçage pour obtenir une bonne performance sur la consommation d’eau. L’option “ rinçage plus ” mise en place par certaines marques ne modifie pas le classement de l’appareil or elle augmente beaucoup la consommation d’eau : le consommateur l’ignore. 60 Millions de consommateurs, 09- 2009

LA POSTE : DÉMANTÈLEMENT DU SERVICE PUBLIC Votation citoyenne : consultation nationale sur la privatisation de La Poste, samedi 3 octobre, dans tout le pays (mairies, bureaux de poste, marchés…). Malgré l’opposition des deux tiers des Français, le gouvernement tente de passer en force. Le projet de loi déposé au mois de juillet sera examiné au pas de charge par les deux assemblées à l’automne. Conscient de l’impopularité de cette décision, le gouvernement a décidé d’utiliser la procédure simplifiée de la lecture unique pour éviter tout débat. Ce ne sont pas les directives de Bruxelles, ni les « nécessaires modernisations » de l’entreprise, qui obligent La Poste à ouvrir son capital en vue de sa privatisation. Les exemples européens de privatisation sont éloquents… et inquiétants ; la privatisation s’est accompagnée d’une perte de service et d’une augmentation des coûts.


Supplement consommation septembre 2009