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Cycle d’Ini a on à l’Histoire

Les 10ème et 11ème siècles

Régionale 20ème année

Une histoire des chrétiens en Tarentaise / IV (de 420 à nos jours)


Pe ts rappels : Le 15 octobre 879 à Mantaille : ʺTrès illustre prince [Boson], le saint Concile assemblé au nom de Dieu, avec les seigneurs laïques, à Mantaille, dans le territoire de Vienne, par lʹinspiration divine, nous envoie vers votre clémence pour apprendre de votre propre bouche comment vous prétendez vous comporter sur le trône ou nous souhaitons que vous soyez élevé … »

Rodolphe Ier roi de Bourgogne Transjurane

888 rodolphiens

879 - bosonides Boson,

roi

de

Bourgogne

(Cisjurane) et de Provence


942 - rodolphiens > 1032

794– Province ecclésiastique de Tarentaise


1032 Ottoniens

Le Saint Empire présente plusieurs particularités qui le distinguent des Etats-Nations, une confédération plus qu’une nation [environ 533 États ayant possédé « lʹimmédiateté impériale »] : - Il est divisé en un grand nombre de territoires (de la Baltique au nord de l’Italie), chacun dirigé par un prince, quasi souverain. - La fonction impériale n’est pas héréditaire, l’empereur est élu par sept « grands électeurs », presque tous germaniques. - Les princes reconnaissent l’empereur comme le dirigeant de l’Empire mais ils appliquent les lois promulguées par la « Diète d’Empire », à laquelle ils participent.


1032 Blanchemains

1335

Etats Savoie au 11ème siècle : • Savoie Propre • Chablais • Aoste • Maurienne • Possessions en Bugey • Marquisat Suse


Le 10ème siècle - Quelques repères 962 : O=on Ier, roi de Germanie et dʹItalie, couronné empereur à Rome ; Renaissance o0onienne. Lʹapproche de lʹan mil correspond à une période de renaissance, qui se fait sentir dès les années 920-950, et associée à une période de réforme religieuse : Lʹordre de Cluny est fondé en 909. Il va rayonner sur une grande partie de lʹoccident. Lʹabbaye de Gorze répand une réforme religieuse en Lotharingie sous lʹinfluence de Jean de Gorze ; Premiers contacts avec la civilisation arabo-musulmane en Espagne Le califat de Cordoue est alors très florissant. Le moine Gerbert dʹAurillac est envoyé en Catalogne pour apprendre les sciences, au voisinage du califat de Cordoue. Il réintroduit le quadrivium à lʹécole de Reims, est lʹami de lʹempereur Othon III, et devient pape de 999 à 1003 sous le nom de Sylvestre II. Il est le pape de lʹan mil ; Amorce d’une évolution économique en Italie. Renouveau du commerce italien ; Évolution vers la féodalité entre Loire et Rhin. La terre donnée en usufruit viager devient la base de tout système de relation. Le fief qui confond maintenant honneurs et bénéfices est la cause du serment de recommandation par lequel on devient l’homme d’un autre homme, qui prend le nom d’hommage. Chacun essaie d’avoir le plus de fiefs possible et prête alors plusieurs hommages. La vassalité multipliée se généralise et embrouille les relations entre seigneurs. Enfin, l’hérédité devient la règle, dépouillant le seigneur au profit du lignage. Des hiérarchies s’échafaudent : en bas, les petits vassaux, proches des paysans et juste capables de s’équiper à leur frais et d’avoir un cheval ; puis les vassaux du comte, moyens propriétaires convoqués à sa cour de justice ou à son ost ; enfin les comtes, ducs ou anciens marquis qui se disent princes, qui ont gardé les droits royaux et cherchent à affermir leur autorité. Ils s’affirment les fidèles du roi, mais ne lui doivent rien.


Les Sarrasins 838 : Raid sur Marseille ; la population est massacrée ou mise en esclavage ; la ville fut reprise en 842. 842 : Raid sur Arles dans le cadre de razzias, repris en 850. 869 : Installation dʹune base en Camargue afin dʹeffectuer des razzias et me=re la population en esclavage. 890 : Fondation de leur place forte la plus importante le Fraxinet, à Garde-Freinet (Var) quʹils tiendront jusquʹen 983. 906 : Les abbayes bénédictines des vallées orientales des Alpes sont ravagées : Novalaise, Borgo San Dalmazzo. 940: Remontant la vallée du Rhône depuis la Méditerranée, ils vont jusqu’à lʹAbbaye territoriale de Saint-Maurice dʹAgaune et lʹoccupent ; 972 : Capture de saint Maïeul de Cluny, pris en otage, en juillet sur la route du Grand-Saint-Bernard à Orsières, au château du Châtelard. 973 : bataille de Tourtour. Les moines bénédictins mobilisent les énergies. Le comte Guillaume de Provence, appelé par la suite le Libérateur, lève lʹost. De nombreux guerriers de Provence, mais aussi du Bas-Dauphiné et de Nice forment son armée. 974 : Ils sont expulsés du royaume dʹArles par un soulèvement populaire. 983 : Guillaume, Comte de Provence, prend La Garde-Freinet. 990 : Fin de la domination sarrasine en Provence.


Nos ancĂŞtres ?


996

« Au nom de la sainte et indivisible Trinité. Rodolphe, par la miséricorde du Juge éternel, Roi. Depuis l’origine de la religion chrétienne, les rois, considérant les charges de l’Eglise et les soucis des Pontifes qui servent Dieu, ont élevé beaucoup de pontificats à une très haute dignité en les accroissant de dons terrestres. C’est pourquoi nous aussi, observant les exemples de nos prédécesseurs et la masse de nos péchés, de peur d’être damné par la colère du Juge sévère, donnons les pouvoirs comtaux sur un archevêché totalement dépeuplé par les incursions sarrasines, mais dont Amizon a été investi et où les richesses renaissent. Par l’autorité du présent acte, nous confirmons que ce don a été fait de manière juste et légale. L’archevêché a été ruiné par la très fréquente fureur des incursions meurtrières des Sarrasins : il sera soulagé grâce à cet honneur. En considération de tout cela, nous avons à cœur et nous implorons à genoux Notre Seigneur Jésus-Christ de pouvoir, après notre vie, gagner le royaume de la céleste patrie.


C’est pourquoi nous conférons tous les droits comtaux à la sainte Eglise de Dieu en Tarentaise, afin que, par l’intervention du Prince des bienheureux Apôtres, nous puissions habiter la béatitude de l’éternelle félicité. Par la validation du présent acte et les dispositions authentiques contenues dans ces lignes, nous conférons à Dieu les susdits droits comtaux pour qu’il ait tout le pouvoir archiépiscopal, et qu’il puisse, en le mandatant de son pouvoir, le confier en tout temps à son évêque. Celui qui aura osé, par une audace téméraire, a=enter à la teneur de notre donation, qu’il soit exposé à toutes les malédictions de Dieu et que, rendant vains les nœuds et les a=aches de tous les saints Apôtres, il soit sous le coup d’un perpétuel anathème, que notre ordonnance demeure toujours ferme et stable, et qu’en plus il sache qu’il paiera en amende cent livres du meilleur or, la moitié pour notre trésor et la moitié pour le susdit archevêque ou ses successeurs. Pour qu’on accorde foi à cet acte, nous l’avons signé, et l’avons fait sceller de notre sceau. Seing du seigneur sérénissime roi Rodolphe. Anselme, chancelier royal, a écrit cet acte l’an de l’Incarnation du Seigneur 996, indiction 10, et le troisième du règne du roi Rodolphe. Fait à Agaune, sous d’heureux auspices. »


ROME « Les hommes qui entourent lʹempereur, les amici Caesaris ou amici Augusti, ou encore comites (« compagnons ») Caesaris ou Augusti, constituent le Conseil du prince, quʹils exercent ou non des fonctions politiques ou administratives. Constantin multiplie le nombre de ses « compagnons » ; ils sont désormais les « fidèles » de lʹempereur, et forment une catégorie particulière dans le corps des fonctionnaires impériaux. Les plus importants siègent au co nsistorium, nouveau nom du Conseil du prince. Parmi les comtes chargés de fonctions précises, il faut citer : le comte des largesses sacrées, chargé des dépenses de lʹÉtat ; le comte des biens privés, chargé de gérer les biens personnels du souverain ; le comte commandant la garde impériale ; le comte dʹOrient, pourvu de pouvoirs militaires dans ce diocèse particulièrement important. Les comtes (au sens romain du terme) disparaissent en Occident avec lʹEmpire. Les rois barbares reprennent ce titre aux Romains pour en orner une institution qui leur est familière. Les comtes sont les membres immédiats de lʹentourage du monarque, liés à lui par un serment de fidélité. Le roi choisit parmi eux ses conseillers et ses officiers du palais. Certains sont envoyés en mission, chargés dʹadministrer à sa place des circonscriptions appelées civitates ou pagi. Ceux qui sont a=achés à sa cour portent le titre de comtes palatins, et jouissent dʹune influence accrue. Dès la période mérovingienne, les comtes, profitant de lʹaffaiblissement du pouvoir royal, tendent à se fixer dans les régions où ils avaient été envoyés en mission. Sous les premiers Carolingiens, spécialement Charlemagne, ils redeviennent des agents du souverain, chargés dʹune mission précise et temporaire, et contrôlés par des missi dominici. Avec les derniers Carolingiens, ils se transforment de nouveau en une aristocratie terrienne, et deviennent en quelques décennies de puissants seigneurs territoriaux, détenteurs dʹun titre et de biens désormais tenus à titre héréditaire. À partir du 13ème siècle, la centralisation monarchique se fait aux dépens des comtes, qui perdent les droits régaliens usurpés et doivent se soume=re. Le titre de comte devient alors purement honorifique. Supprimé par la Révolution, il est restauré par Napoléon Ier, puis nʹest plus conféré, comme les autres titres nobiliaires, à partir de la IIIe République. » Encyclopédie Larousse


« Comtes - fonctionnaires » proches du Prince

« Comtes - nobiliaires » •

En instance d’affranchissement du

« missionnés »

• •

Prince

Révocables

• •

installés

Transmissibles

Romains

Mérovingiens

Rois barbares

Derniers carolingiens

1er Carolingiens Système « impérial »

Système « féodal »

Variante « ecclésiale » : LES ÉVEQUES et ARCHEVEQUES COMTES missionnés et révocables

(problème annexe : qui les nomme ?) • •

Donc non installés Donc non transmission (héréditaire) 1er Carolingiens Rodolphiens O0oniens

SORTIE de la féodalité : Système monarchique Marginalisation des comtes


Les insignes du comte • •

« honor » : considération, estime, dignité, magistrature « burgus » : droit à la fortification mais également droit de juger et de contraindre

> banus : pouvoir de porter des ordres et des interdictions (« bans » s’appliquant à tous (banal)) Lever les impôts, avec donc pour un archevêque-comte une pale0e très large de droits fiscaux réunissant les impôts civils et ecclésiastiques (dîme). En ce qui concerne les impôts civils, le tonlieu est important : droits de péage ou d’octroi, droits sur les marchés et les foires (dont les droits sur la grene0e et le droit de banvin du 29 juin au 22 juillet). Signe extérieur de pouvoir : la domus avec la tour


A R C H I D I O C E S E & C O M T É D E TA R E N TA I S E AMIZO alias AMIZON ou AYMON

994 / 996 / ??

Burchard (Bouchard), archevêque de Lyon, Thibaut, archevêque de Vienne, et Amizon, archevêque de Tarentaise, se réunissent avec dix autres évêques, dont Gautier d’Autun, Lambert de Chalon, Liébaud de Macon, Guigues de Valence, Erbaud d’Uzès, Humbert de Grenoble, Éverard de Maurienne. Présence d’abbés. Thibaut de Vienne préside. Les évêques confirment les possessions de l’abbaye de Cluny, à la demande de son abbé Odilon, face aux ambitions de princes qui cherchent à lever des armées ou des taxes. Ce=e décision s’inscrit dans le mouvement des « assemblées de paix » des temps féodaux. Ils rétablissement le Chapitre des chanoines de l’église Saint-Romain (Saint-Roman). Ils édictent neuf canons de discipline ecclésiastique concernant la conservation des espèces eucharistiques, le repos dominical, l’abstinence du mercredi, le jeûne du vendredi, l’institution de la fête des Trépassés, etc.



Un homme, deux juridictions : I. Juridiction spirituelle Titre : archevêque de Tarentaise Territoire (sur la base du document de 1170) : • Combe de Savoie en rive droite de l’Isère à partir de Cléry / Tamié • Entrée du Val d’Arly jusqu’à Ugine (non compris) • Beaufortain • Tarentaise géographique (bassin de l’Isère de sa source au confluent avec l’Arly ainsi que les bassins versants)


Un homme, deux juridictions : II. Juridiction temporelle Titres : comte de Tarentaise et prince du Saint-Empire Romain Germanique Territoire : du château-haut de Conflans—puis de Chantemerle à la Bathie - au château Saint-Jacques à Saint-Marcel (donc pas la Combe de Savoie, le Val d’Arly, le Beaufortain, la HauteTarentaise et progressivement des enclaves « savoyardes » à l’intérieur de la juridiction.

Conflans

La Bathie

Saint-Jacques

Bozel


Une nouvelle cathédrale avec la complexité de 3 chantiers : vers 1020, vers 1050, vers 1150.

Vers 1020

Arcature aveugle et l’un des corbeaux de l’hourd Chevet

Vers 1150 Voûtes nefs

Vers 1050


Étage supérieur de la tour sud-est Mur ouest


fenestella de la chapelle principale de la crypte

Tour sud-est Crypte, chapelle chanoines et combles


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