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N°25 - SEPT. 2012 - 2 e

ENTREPRENDRE Magazine de la Chambre de Commerce et d’Industrie

en Beaujolais

Salon de l’ENTREPRISE 2e édition

25 octobre 2012 de 9 h à 21 h ParcExpo Villefranche DOSSIER

Le Beaujolais exporte les plaisirs de la table


Sécurisez es g n a h c é s o v en ligne Que vous soyez une entreprise, une collectivité… LE CERTIFICAT DE SIGNATURE ÉLECTRONIQUE FIDUCIO EST L’OUTIL INDISPENSABLE POUR SÉCURISER VOS ÉCHANGES EN LIGNE !

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Inscrivez-vous directement : Votre contact à la CCI : Patricia Le Gal - Tél. 04 74 62 73 00 plegal@villefranche.cci.fr

www.chambersign.fr

Création: Shifumi - Photo : © Konstantin Sutyagin - Fotolia.com

RÉFÉRENCÉ PAR L’ETAT, il est délivré par le réseau des Chambres de Commerce et d’Industrie.


SOMMAIRE

ENTREPRENDRE EN BEAUJOLAIS N°25 SEPTEMBRE 2012

Réalisation : Chambre de Commerce et d’Industrie de Villefranche et du Beaujolais 317 Bd Gambetta - BP 70427 69654 Villefranche sur Saône Cedex Tél. : 04 74 62 73 00 Fax : 04 74 65 31 79 www.beaujolais-cci.com E-mail : cci@villefranche.cci.fr ISSN 1951-0918 Directeur de la publication : Noël COMTE Coordination de la réalisation : Elisabeth MEYZEN

4 TABLEAUX DE BORD 5 ÉDITORIAL

6 ACTUALITÉS 8 PRODUITS 10 DOSSIER

Le Beaujolais exporte les plaisirs de la table

17 SERVICES

Lindea accompagne les mutations industrielles

18 ENVIRONNEMENT

Lafarge fête ses cinquante ans

Rédaction : Agence de presse Be-presse (M. Massip - F. Sigot)

www.beaujolais-cci.com

AMÉNAGEMENT DU TERRITOIRE 19 AMÉNAGEMENT DU TERRITOIRE « La situation du Beaujolais est une chance pour le territoire »

Materiel vélo roule pour l’apprentissage

21 À TABLE

17

P.

SERVICES

Le Vieux Moulin : du grain à moudre pour les gourmets

22 ACTUALITÉS JURIDIQUES 23 DOSSIER RHÔNE-ALPES ÉCONOMIE

Ces entreprises qui voient plus « vert »

• Noël Comte : « l’Entreprise à l’école, une opération plébiscitée !» • Beaujolais Initiatives, un bilan positif ! • Le Salon de l’Entreprise 2012 : La rencontre du monde du sport et de l’Entreprise

31 ACTUALITÉS CCI

Adhérent :

G Vous souhaitez recevoir la NEWSLETTER de la CCI du Beaujolais G Vous souhaitez connaître les coordonnées des entreprises citées dans ce numéro

19

P.

Flashage, impression, façonnage Imprimerie Chirat 42540 Saint-Just-la-Pendue

Abonnement 8 € (4 numéros par an) Tirage : 7000 exemplaires

11 septembre 2012 Club QSE sur la pénibilité avec la CARSAT

20 APPRENTISSAGE

Photos : Francis Mainard

Montage et réalisation du magazine : Shifumi - www.shifumi.com 69004 Lyon

10 septembre 2012 Permanence juridique

Rédactrice en chef : Elisabeth BALLERY

Crédits photos : Cepovett, Filtration Beaujolaise, Labo de Lisa, Menuiserie Santailler, Office de Tourisme Louis Peyron Daniel Gillet/ Inter Beaujolais copyright ©cliché Didier Michalet Tous droits réservés. Reproduction interdite sauf accord de la direction Entreprendre en Beaujolais

AGENDA

18

P.

ENVIRONNEMENT

11 et 25 septembre 2012 10 clés pour entreprendre : demi-journée d’information sur la création/reprise à la CCI 13 septembre Jury Business Plan 17 et 18 septembre 2012 Stage auto-entrepreneur : tout savoir sur le statut d’autoentrepreneur et faire les bons choix 18 septembre 2012 Club Ressources Humaines 19 septembre 2012 Permanence INPI et RV individuels 20 septembre 2012 Atelier repreneurs : le plan de la reprise 20 septembre 2012 Club des Entrepreneurs d’Anse/Limas 27 septembre 2012 Réunion d’information sur l’accessibilité des ERP de 5e catégorie 24, 25, 26, 27, 28 septembre, et 3 octobre 2012 Stage 5 Jours pour Entreprendre Formation pour les futurs créateurs et repreneurs à la CCI 9 et 23 octobre 2012 10 clés pour entreprendre : demi-journée d’information sur la création/reprise à la CCI 4 octobre 2012 Rencontre du Club Entreprendre en Val de Saône 10 octobre 2012 Club des Entrepreneurs de la Région de Beaujeu 15 octobre 2012 Permanence juridique 17 octobre 2012 RV individuels INPI 18 octobre 2012 Club des Entrepreneurs d’Anse/Limas 25 octobre 2012 Salon de l’Entreprise à ParcExpo 6 et 20 novembre 2012 10 clés pour entreprendre : demi-journée d’information sur la création/reprise à la CCI 8 novembre 2012 Club Entreprendre en Val de Saône 12 novembre 2012 Permanence juridique Contact CCI : Dominique Cérutti Tél. : 04 74 62 73 00

ENTREPRENDRE EN BEAUJOLAIS SEPTEMBRE 2012

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TABLEAU DE BORD

Indicateurs économiques du Beaujolais Les créations et reprises d’entreprise en Beaujolais 4e trim. 2011

122

3e trim. 2011

123

22

2012

122

18

2011

126

2012

161

27

2011

158

32

19

Nombre de visiteurs dans les Offices de Tourisme

23

66

28

2e trim.

24

50

35

Office de Tourisme

Nombre de visiteurs

OT de Villefranche-en-Beaujolais

15 810

OT du Haut-Beaujolais

14 795

OT Au cœur du Beaujolais (Beaujeu et Fleurie)

13 190

OT du Beaujolais des Pierres Dorées (Anse et Oingt)

12 570

OT Beaujolais Val-de-Saône

3 040

1er trim.

0

50

100

créations pures

150

reprises

(source : observatoire Rhône Tourisme)

52 200

250

transferts (source CCI)

Trafic marchandises aux ports de Villefranche-sur-Saône 4e trim. 2011

210 157

3e trim. 2011

218 153

2012

200 701

2011

231 745

2012

170 316

2011

218 378

8502

13012

2335

2e trim.

8453

Fréquentations des musées et activités de loisirs Musées et activités de loisirs

Commune

Nombre d’entrées

Musée Paul Dini

Villefranche-sur-Saône

22 322

Les Sources du Beaujolais

Beaujeu

20 097

L’Espace Pierres Folles

Saint-Jean-des-Vignes

15 429

L’Espace de musique mécanique

Oingt

10 317

La Tour d’Oingt

Oingt

5 545

La maison du patrimoine/ Musée des Conscrits

Villefranche-sur-Saône

3 969

Le chemin de fer touristique

Anse

3 883

Les parcs et bases de loisirs

Commune

Nombre d’entrées

Le plan d’eau du Colombier

Anse

50 850

Le plan d’eau du Bordelan

Villefranche-sur-Saône

13 911

4865

1er trim.

0

50 000

8480

100 000

trafic voie fluviale

150 000

200 000

250 000

trafic voie ferrée

300 000

350 000

(source CCI)

(source : observatoire Rhône Tourisme)

Taux d’occupation des hôtels du Pays Beaujolais 80

Fréquentation des principaux festivals et manifestations

70

60

50

40

30 janv.

2011

4

mars

mai

2012

juillet

sept.

nov.

Festivals et manifestations

Commune

Nombre d’entrées

Le festival des aquarellistes

Bagnols

11 000

Festival en Beaujolais, Continents et Cultures

Villefranche-sur-Saône

5 754

Nouvelles Voix

Villefranche-sur-Saône

4 260

Ternand Médiéval

Ternand

4 000

Festival du cinéma francophone

Beaujolais

3 874

(source : observatoire Rhône Tourisme) (taux en % - source INSEE)

ENTREPRENDRE EN BEAUJOLAIS SEPTEMBRE AOÜT 2012 2012


ÉDITORIAL

Le Beaujolais, terroir d’excellence !

A

u cours des siècles, le vignoble a façonné paysages et habitants du Beaujolais. Il a fait sa renommée internationale que beaucoup nous envie et il contribue à son attractivité touristique. Chaque année, de très nombreux visiteurs viennent découvrir ses richesses, ses saveurs, sa tradition festive. Terre singulière, le Beaujolais conjugue de multiples talents économiques, qui s’expriment dans la diversité de ses industries et de ses produits du terroir. Aussi, la CCI du Beaujolais a souhaité mettre en lumière deux initiatives qui révèlent les atouts gourmands qui participent au rayonnement du territoire. En partenariat avec les unions commerciales et la Fédération des associations de commerçants et artisans du Pays Beaujolais, la CCI vous donne rendez-vous du 17 au 27 octobre prochain pour célébrer les produits du terroir et le savoirfaire gourmand. « Les Papillades », un concept de soirées de découverte gourmande, seront organisées par Les Calades pour la seconde année, et pour la première fois par les unions commerciales du Marché Couvert de Villefranche, de Liergues et de Beaujeu : une idée originale pour promouvoir la richesse des produits du terroir et l’art des métiers de bouche !

Prochainement, la CCI du Beaujolais ouvrira à ParcExpo un espace dédié à la valorisation du Made in Beaujolais®. Cette vitrine du Beaujolais contribuera à la découverte des savoir-faire industriels, des richesses touristiques et des produits du terroir. Avec plus 150 000 visiteurs de tous horizons chaque année, ParcExpo est le lieu idéal pour promouvoir le territoire ! Enfin, nous avons choisi d’évoquer dans le dossier de ce numéro de septembre d’Entreprendre en Beaujolais les plaisirs de la table qui font rayonner et parler du Beaujolais en France et à l’international. Eléments constitutifs de notre identité, ces productions sont multiples, savoureuses et de qualité. Vous pourrez découvrir des dirigeants d’entreprises, hommes et femmes, fiers de promouvoir leur territoire autant que leur art, avec une exigence forte à travailler des produits de qualité. Parler de terroir, c’est contribuer à la promotion de notre identité et au rayonnement du territoire. Le Beaujolais sait conjuguer art de vivre, modernité et tradition ! C’est aussi pour cela qu’il y fait bon vivre, travailler et entreprendre. Noël Comte, Président de la Chambre de Commerce et d’Industrie de Villefranche et du Beaujolais

ENTREPRENDRE EN BEAUJOLAIS SEPTEMBRE 2012

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ACTUALITÉS

Lemupil Concept fait entrer le jeu vidéo dans les hôtels

Un multiservice à Salles-Arbuissonnas Après des études effectuées dans le Périgord, une première expérience professionnelle acquise en Charente et un début de carrière à Paris, Lionel Laval et sa compagne Elodie Ferry ont choisi de concrétiser leur désir d’aventure entrepreneuriale à SallesArbuissonnas. Depuis mai, le jeune couple est en effet gérant du bar, restaurant multiservice la Benoite. « Pour l’heure, nous ouvrons le restaurant tous les jours à midi et le samedi soir. En semaine, les soirs, nous accueillons également les groupes sur réservation. Nous préférons limiter les amplitudes horaires, mais faire un travail de qualité », souligne Lionel Laval, déjà content de ses débuts. « Nous avons une clientèle locale et des touristes, mais pas seulement, car déjà des clients originaires de Villefranche et de Lyon nous font confiance ». L’autre élément de satisfaction est l’accueil réservé par la mairie et les habitants de Salles-Arbuissonnas. « Notre commerce est un élément de revitalisation. Nous créons des liens étroits avec les habitants, notamment grâce au bar et au dépôt de pain », expliquent les gérants du multiservice. Au sein de l’épicerie, ils ont décidé de réserver une place de choix aux produits fabriqués par les producteurs locaux. Cette proximité, le couple la décline aussi en misant sur un mode de vente original. Exit les emballages inutiles, à la Benoite, le sucre, le sel et bien d’autres produits sont vendus au poids dans des contenants rapportés lors de chaque achat !  

6

D

epuis le printemps, Lemupil Concept propose deux services inédits autour du jeu vidéo. Le premier consiste à équiper les chambres d’hôtel de PlayStation®3. « Nous avons un partenariat exclusif avec Sony qui permet de proposer aux hôteliers de fournir leurs chambres de consoles PS3 et de mettre à leur disposition accessoires et jeux vidéo pour une cinquantaine d’euros par mois  », expliquent Gregory Spirito et Philippe Tournour, les fondateurs de Lemupil Concept. Dans un premier temps, les jeunes créateurs de l’entreprise caladoise vont ins-

taller des chambres pilotes dans huit hôtels de Rhône-Alpes, avant de lancer officiellement leur offre dans le cadre du salon Equip’Hotel en novembre et de la développer sur l’ensemble du territoire. « Avec le label « Chambre Multimédia » que nous avons créé avec Sony, nous espérons équiper environ 130 chambres d’ici un an  », retracent les deux créateurs. En parallèle, ils s’attachent aussi à commercialiser une autre offre : l’animation Jeux Video, à destination notamment d’événements ou séminaires d’entreprises. « Nous animons des soirées, rencontres ou journées

incentives à l’aide de jeux vidéo. Cela peut prendre la forme de simulations de courses automobiles, de parcours de golf et de bien d’autres thèmes. Nous intervenons très souvent dans des hôtels, ce qui permet une complémentarité entre nos deux activités  », soulignent Gregory Spirito et Philippe Tournour. Loisir numéro un dans le monde, le jeux vidéo est paradoxalement peu présent dans les hôtels. Des lieux où les clients sont pourtant souvent en quête de divertissement, ce qui laisse augurer de belles perspectives de développement.

L’ARFA met le cap sur la Catalogne et la Lombardie F

idèle aux engagements pris par la Région Rhône-Alpes pour encourager la mobilité européenne des apprentis, l’ARFA a déjà signé des partenariats avec deux de ses homologues en Italie et en Espagne. « Nous envoyons depuis 2010 des jeunes en Catalogne où nous avons deux accords avec des établissements proposant des formations en automobile et en coiffure. Depuis cette année, nous avons également un partenariat avec un lycée

en Lombardie pour les métiers de la coiffure », explique JeanMarie Hallouin, directeur de l’ARFA. Chaque année, trois jeunes étudiants caladois en automobile et six en coiffure ont donc le privilège de passer trois semaines chez des employeurs étrangers. «  Ces expériences sont extrêmement enrichissantes pour nos jeunes. En revanche, il nous faut convaincre leurs employeurs de les laisser libres durant trois semaines alors qu’ils assurent leur rémuné-

ration. Heureusement, nous accueillons en retour des étudiants espagnols et italiens, ce qui permet d’équilibrer les efforts », note le directeur de l’ARFA. Fort de ces deux premiers partenariats, Jean-Marie Halloin espère désormais en concrétiser un troisième avec l’Allemagne sur les métiers de l’automobile. « Un secteur où il y a beaucoup à apprendre au contact du savoir-faire allemand », observe-t-il.

En bref

« Au-delà des routes 4 x 4 » se lance Après avoir sillonné le monde à bord de son 4 x 4, Georges Torregrossa a décidé de faire partager sa passion aux personnes handicapées. Ce voyageur insatiable a donc créé en 2006 l’association « Au-delà des Routes ». Basée à Arnas, cette structure accompagne régulièrement des personnes handicapées pour des ba-

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lades dans le Beaujolais à bord de véhicules tout terrain. « Comme toute les associations, nous avons du mal à trouver des donateurs, donc nous avons eu l’idée de vendre des accessoires de 4 x 4 sur internet », retrace Georges Torregrossa qui vient d’embarquer son fils dans son aventure. Cette fois, c’est donc sous forme de société que le tandem a créé « Audelà des routes 4 x 4 ». Depuis sa boutique de Saint-Georges de Reneins et

via internet, la jeune entreprise commercialise de nombreux accessoires pour équiper les véhicules tout terrain (tentes de toits, pare buffle, accessoires de raids…). Débutée il y a quelques mois, l’activité satisfait ses fondateurs qui caressent l’espoir de pouvoir rapidement vivre de leur entreprise, et surtout la hisser à un niveau de revenus suffisant pour financer l’association qui l’a inspirée.


ACTUALITÉS

L’Observatoire partenarial des zones d’activités sur le web E

n ligne sur Internet depuis le 5 juillet, l’Observatoire partenarial des zones d’activités propose une base de données géolocalisées des zones d’activités implantées sur le territoire du département du Rhône, à l’exception de l’agglomération lyonnaise. Cet outil permet non seulement d’avoir une vision précise et actualisée des différentes zones d’activités, mais aussi des établissements qui y sont implantés.

Une information fiable et facile d’accès, auparavant disponible uniquement auprès de plusieurs services. Pour mettre en ligne

cet outil interactif, quatre partenaires se sont mobilisés pendant quatre ans : le SCoT du Beaujolais, la CCI du Beaujolais, la CCI de Lyon et l’État à travers la DDT du Rhône. Désormais, les acteurs publics et privés peuvent, en un clic, accéder aux informations permettant de suivre l’évolution économique des territoires économiques rhodaniens. www.beaujolais-cci.com > rubrique « s’implanter »

Le Musée Paul Dini met Lyon et l’Art moderne à l’honneur D

u 14 octobre au 13 février 2013, le Musée Paul Dini de Villefranche-sur-Saône consacre une exposition à Lyon et l’Art Moderne. Un retour sur la riche scène artistique lyonnaise des années 1920 à 1940. « Durant cette vingtaine d’années, Lyon était une véritable place forte de l’Art Moderne sous toute ses formes, de la peinture à la sculpture en passant par les arts décoratifs, la gravure et encore la soierie et la photographie. Nous avons construit cette exposition à partir de nos

archives et de prêts pour montrer toute la richesse artistique de la ville, qui a notamment vu naître le Salon du Sud-Est. Un Salon où Pierre Bonnard, Paul Signac, Fernand Léger et Henri Matisse, exposent aux côtés de leurs confrères lyonnais », explique Sylvie Carlier, conservateur en chef du Musée Paul Dini. En marge de l’exposition, le Musée municipal de Villefranche-sur-Saône propose sur différentes journées des visites commentées et des focus sur les œuvres de certains

artistes, comme le peintre lyonnais Truphémus.

Paul Signac, Remorqueur dans le port de Rotterdam, 1906. Huile sur toile, 46 x 55 cm Collection Docteur Vouillon.

En bref

DLMC, le marketing direct et sur mesure Après une dizaine d’années de salariat dans le marketing direct, Eric Delorme et Rodolphe Laplanche ont franchi le pas de la création d’entreprise en février 2011. DL Marketing Service propose des prestations allant du routage postal (mise sous pli) aux e-mailing et SMS Mailing, et met résolument l’accent sur sa différenciation. « Notre approche commer-

ciale se résume en trois mots qui ne sont pas vains : disponibilité, réactivité et flexibilité », décrivent les deux associés. « Dans le marketing direct, les demandes sont toujours urgentes et formulées à la dernière minute. La valeur ajoutée vient donc de la capacité à répondre aux besoins des clients rapidement et de façon personnalisée », ajoutent-ils. Pour tenir leurs engagements, Eric Delorme et Rodolphe Laplanche misent sur leur savoir-faire, mais aussi sur un réseau

de sous-traitants dûment sélectionnés. En moins de deux ans, la jeune entreprise de trois personnes, installée à Villefranche-sur-Saône, compte parmi ses références Sogal, Frédéric Moreno, et affiche 365 K e de chiffre d’affaires, avec un objectif à 550 Ke pour 2012. Déjà à l’étroit dans ses locaux, DLMC s’agrandit, espère étoffer son offre et réintégrer certaines activités aujourd’hui sous-traitées.

Le CJD se dote d’une antenne dans le Beaujolais Proximité et échanges, voici résumées les ambitions des membres fondateurs de l’antenne beaujolaise du Centre des Jeunes Dirigeants. « La section lyonnaise commence à devenir très importante et nous ne parvenons plus à tous nous connaître. C’est pourquoi quelques dirigeants ont pris l’initiative de créer une antenne CJD à Villefranche-sur-Saône », retrace Franck Pothé, dirigeant fondateur du Tour Opérateur Objectif France, installé à Lacenas, l’un des artisans de la création de l’antenne locale du CJD. Une structure naissante, mais déjà bien active. Ainsi, le CJD a participé en octobre 2011 au Salon de l’Entreprise organisée par la CCI du Beaujolais et réitère l’expérience cette année. Une dizaine de chefs d’entreprise et cadres dirigeants ont rejoint ces initiateurs. « Notre objectif est de parvenir à réunir une vingtaine d’adhérents d’ici l’automne, date à laquelle nous créerons une section à part entière et élirons notre président », anticipe Franck Pothé. « Le CJD met l’accent sur les échanges, l’écoute, la formation, et la proximité géographique, autant de valeurs qui ont un sens sur ce bassin économique dynamique », assure-t-il.

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Filtration Beaujolaise affine ses prestations Dernier travail effectué sur le vin avant sa mise en bouteille, la filtration est l’aboutissement du travail de l’année pour un viticulteur. C’est aussi la prestation proposée depuis deux ans par Jean-Michel Morey, technicien-œnologue qui, après 25 ans d’activité comme salarié a créé la société Filtration Beaujolaise aux Ardillats (locaux à Quincié) avec le soutien de Beaujolais Initiatives. « Il existe deux types de filtration : la filtration tangentielle qui élimine beaucoup de matière vivante du vin et la filtration Kieselguhr qui respecte davantage les micros organismes favorables au vieillissement des vins. Avant chaque opération de filtration, le vin est analysé, dégusté et travaillé selon les souhaits des clients », estime Jean-Michel Morey. Il se déplace dans les vignobles du Beaujolais et du Mâconnais avec un filtre Kieselguhr, dit aussi filtre « à terre », procédé utilisant une roche pulvérisée comme mode de filtration naturelle. « En joignant l’expérience acquise depuis mes débuts à la technique la plus moderne, j’essaie d’être à l’écoute de mes clients pour leur proposer une prestation unique à chaque fois. Aujourd’hui, le vignoble est revenu de la standardisation, les viticulteurs produisent des vins plus typés qui respectent leurs terroirs. Je les aide dans cet objectif, avec des normes d’hygiène et une traçabilité absolues ». Malgré la crise du vignoble, l’activité de Filtration Beaujolaise progresse.

Cepovett met en avant le vêtement d’image responsable Le vêtement d’image équitable est le nouveau credo de Cepovett, groupe textile spécialiste du vêtement professionnel à Gleizé. Il habille aujourd’hui aussi bien l’artisan que 22 000 agents de la SNCF ou le personnel d’Air France. « Nous sommes devenus des prestataires de service pour nos clients, estime Nicolas Sandjian, DG de Cepovett, représentant de la troisième génération à la tête du groupe familial. En nous engageant dans les achats responsables, notre objectif est double : répondre à un engagement personnel - nous avons été le premier groupe à proposer des produits en coton équitable dans le vêtement professionnel - et aussi amener des solutions innovantes dans ce domaine à nos clients. Au-delà du prix, l’impact environnemental et social de leurs achats est devenu un critère de sélection de leurs fournisseurs ». La société créée en 1948 (250 personnes en France ; CA : 100 M €) s’est ainsi engagée dans un programme de reforestation et d’aide au développement au Mali, baptisé « Arbre de vie, coton solidaire ». Ce projet socio-économique et environnemental contribue à la replantation d’une essence en voie de disparition, le Carapa Procera, dont le fruit se transforme en bio pesticide pour la culture du coton. Cepovett propose en outre à ses clients le recyclage sécurisé des vêtements en fin de vie. « Dans chaque colis reçu par le personnel contenant le nouveau trousseau, trois sacs permettent de renvoyer les vêtements de l’ancienne collection. Un prestataire exclusif gère la collecte et la revalorisation des produits. Plus de trente tonnes ont pour le moment été récupérées, redistribuées dans des filières solidaires ou bien recyclées, des boutons jusqu’au tissu ». http://www.cepovett.com

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PRODUITS

Les vêtements pour bouts de choux du Labo de Lisa Imaginez des vêtements pour enfants de 6 à 24 mois sur le thème des produits du marché. Avec ce projet, coup de cœur du concours des jeunes stylistes organisé par le Village des créateurs de Lyon, Lisa Sadot Finet a créé avec deux associés sa société, Le Comptoir de Lili et une marque commerciale, le Labo de Lisa. Depuis Pommiers, la jeune femme dessine deux collections par an. Aubergine, boulangerie, poivron, poulpe ou lait, les thèmes gourmands sont déclinés en t-shirt, salopette, sarouel ou chaussons. « Les modèles sont fabriqués en Inde ou en Tunisie dans des ateliers contrôlés qui garantissent des conditions de travail sûres et décentes. Nous n’utilisons que du coton biologique et des teintures sans métaux lourds », explique Lisa Sadot Finet. Quatre ans après leur lancement, les vêtements Le Labo de Lisa sont distribués par un réseau d’une soixantaine de revendeurs indépendants multimarques dans toute la France (magasins de vêtements enfants, magasins bio...) et sur quelques marchés locaux (Pommiers entre autres). « Nous ne travaillons que la petite série : chaque modèle n’est fabriqué qu’entre 50 et 200 pièces. Nous restons tout petits à côté des grandes marques. L’avenir passe par une collaboration avec des distributeurs multimarques, qui nous donneraient plus de poids vis-à vis-des fabricants ou bien, pourquoi pas, par la création de notre propre atelier de confection ». http://www.lelabodelisa.com

La Menuiserie Santailler a du pain sur la planche De la rénovation du portail de l’Hôtel-Dieu de Belleville à la conception et la pose d’un escalier d’une maison bourgeoise, la menuiserie Santailler a fait de la maîtrise de sa spécialité le meilleur de ses atouts. Compagnon du Devoir de Liberté au sein de la fédération Compagnonnique depuis 1983, Michel Santailler, qui a créé sa société en 1985, a toujours voulu être menuisier. « C’est une vocation et une passion. J’essaie aujourd’hui de pratiquer ce métier tel qu’on me l’a transmis, en alliant le respect de la tradition et les outils de notre époque », assure Michel Santailler. Avec ses quatre ouvriers et deux apprentis, le menuisier de Saint-Lager tient à garder son activité de fabricant, mais aussi à assurer la pose. « Que cela soit dans la rénovation de patrimoine ou chez un particulier pour un agencement dans une maison contemporaine, c’est toujours pour du sur mesure que les clients font appel à nous ». Cela lui réussit plutôt bien puisque l’activité progresse, et qu’une embauche vient même d’être réalisée. Reconnu par ses pairs et par sa clientèle (certains étant même fidèles depuis la création de l’entreprise, il y a 27 ans), Michel Santailler pense maintenant plus que jamais à la transmission. « J’ai toujours essayé de transmettre ce que m’avaient appris les anciens, notamment en formant des apprentis. Nous ne travaillons pas uniquement pour gagner notre vie, mais pour créer et donner ». http://www.menuiserie-ebenisterie-69.com

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DOSSIER

Des entreprises travaillent depuis de nombreuses années à la renommée de la région, en exportant les produits du Beaujolais sur les tables du monde entier.

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DOSSIER

L’art de vivre fait partie de l’identité du Beaujolais, mais pas seulement. Ses produits gourmands représentent aussi un atout économique pour un territoire dont les fabrications sont reconnues dans le monde entier. Des entreprises misent sur ce positionnement, en prouvant que dans ce domaine aussi, l’innovation est au menu.

Le Beaujolais exporte les plaisirs de la table

D

(1) Les nouveaux étoilés du guide Michelin 2012 en Beaujolais : La table de Lachassagne (Lachassagne) ; Jean Brouilly (Tarare) ; Le Juliénas (Villefranche-sur-Saône) ; l’Auberge de Clochemerle (Vaux-en-Beaujolais) ; l’Auberge du Château (Bully).

e mémoire de gourmet, cela ne s’était jamais vu. Cinq nouveaux restaurants ont été étoi(1) lés  pour le Beaujolais, dans la même édition du guide Michelin. À part à Paris intra-muros, il semblerait que la pluie d’étoiles décernées par Bibendum ce printemps constitue une première dans le petit monde de la gastronomie. Cela ne révolutionne pas l’économie d’un territoire, mais à l’heure où sévissent encore les crises au niveau international, il est bon de voir reconnus par les

critiques référents de jeunes talents misant sur l’art de vivre et la qualité. À la tête de ces établissements, des couples, dont certains à peine trentenaires, ont mis sous les feux de l’actualité un lieu du Beaujolais qui rime désormais avec qualité. « Il existe une clientèle qui se rend systématiquement auprès de tous les nouveaux étoilés du guide de l’année. Tous les cinq, nous avons donc vu arriver ce printemps une nouvelle clientèle, plus exigeante, qui a parfois découvert le Beaujolais et qui l’asso-

ENTREPRENDRE EN BEAUJOLAIS SEPTEMBRE 2012 11


Les frères Lapierre, la cinquième génération à la tête de la Fromagerie du Grand Passeloup

Les bonnes tables mettent en avant les meilleurs produits d’un terroir qui n’en manque pas.

cie maintenant à une cuisine, des prestations, des produits et des paysages de qualité », témoigne Fabrice Roche, propriétaire du Juliénas, à Villefranche. À quelques kilomètres de là, Delphine Barthe, à la tête avec son époux Romain de l’auberge de Clochemerle, à Vauxen-Beaujolais, depuis 2007, résume : « certains clients nous ont découverts grâce à l’étoile. Mais si nous voulons les fidéliser, c’est tout le territoire que nous devons valoriser ». C’est chose faite en partie, puisque ces nouvelles bonnes tables jouent toutes le jeu en mettant en avant les meilleurs produits d’un terroir qui n’en manque pas. 12

ENTREPRENDRE EN BEAUJOLAIS SEPTEMBRE 2012

Sur les tables du monde entier

Des entreprises travaillent depuis de nombreuses années à la renommée de la région, en exportant les produits du Beaujolais sur les tables du monde entier. C’est le cas de la Charcuterie Bobosse, fleuron de la gastronomie beaujolaise, dont les spécialités sont référencées dans les boutiques des restaurants Troisgros ou Georges Blanc. « Pour nous, avoir la confiance de telles maisons, cela vaut toutes les publicités et nous pousse vers l’excellence », se réjouit Bernard Juban, gérant de la charcuterie Bobosse. Après Saint-Jean d’Ardières et les Halles de Lyon, le spé-


cialiste de l’andouillette projette maintenant d’ouvrir une boutique à son enseigne à Paris et peut-être dans le Midi. Les huiles de fruits à coques de l’Huilerie Beaujolaise voyagent, elles, aux quatre coins de la planète : Allemagne, États-Unis, Japon... et bientôt Australie et Brésil. De très grandes tables dans le monde sollicitent le dernier artisan moulinier du Rhône, qui a su allier maîtrise d’un savoir-faire séculaire et innovation dans les recettes et l’organisation commerciale. « C’est justement le côté historique du moulin de Beaujeu, son ancrage local, qui nous ouvrent des portes à l’international. Ensuite, c’est bien sûr la qualité des produits dont la réputation se transmet de bouche-à-oreille entre chefs, qui fait la différence ». Les produits gourmands du Beaujolais voyagent bien ! Ce n’est pas Richard Lapierre, le dirigeant de la Fromagerie du Grand Passeloup, à Liergues, qui dira le contraire. Pour la sixième année consécutive, ses fromages seront présents sur les étals américains. « Cette année, nous avons encore vendu 1,5 tonne de bleu qui sera détaillé aux États-Unis sous le nom de Persillé du Beaujolais dans la chaîne d’épicerie fine Whole Foods Market », rapporte Richard Lapierre, représentant la cinquième génération à la tête de l’entreprise familiale. « Le nom Beaujolais est très porteur à l’étranger quand il s’agit de bien manger. Mais nous restons une petite entreprise de cinq personnes. Notre magasin représente 60 % de nos ventes. Nous tenons à garder ce contact avec la clientèle locale », avance le dirigeant.

Cadeau gourmand

Côté savoir-faire, le Beaujolais sait aussi innover quand il s’agit de créer des spécialités inspirées par le terroir. Deux chocolatiers de Beaujeu ont ainsi créé le Sarmentin de Beaujeu, en hommage aux Sarmentelles, les fêtes accompagnant la mise en perce des premiers fûts de Beaujolais nouveau, le troisième jeudi

La charcuterie Bobosse triple la taille de son site de production

À

l’étroit dans ses locaux d’Amorges à Saint Jean d’Ardières, le spécialiste de l’andouillette tirée à la ficelle s’agrandit. En effet début 2013, la charcuterie Bobosse compte tripler la surface de son site (1400 m² aux normes CEE). « L’objectif est d’abord de moderniser notre outil et, à terme, de doubler la production, notamment en développant de nouveaux produits, en plus des spécialités traditionnelles haut de gamme (andouillettes beaujolaises, sabodets, saucissons à cuire, saucissons secs, boudins, caillettes) » dévoile Bernard Juban gérant de la charcuterie Bobosse (CA 2011 : 4 M e ; 30 personnes). Ainsi 2,5 M e seront investis dans des travaux qui devraient démarrer en janvier 2013. Après le succès des boutiques - le point de vente des halles de Lyon et les Rendez-vous de Bobosse qui viennent de fêter leurs cinq ans - le célèbre charcutier beaujolais poursuit son développement. « Ces boutiques représentent désormais un tiers de nos ventes, poursuit Bernard Juban. Les restaurateurs demeurent notre premier débouché avec 40 % de l’activité. Nous sommes fiers de travailler avec de grandes tables comme avec des bars à vins beaujolais, le tout dans le respect du produit ». Car modernisation et savoir-faire traditionnels continueront de coexister chez Bobosse. « Même si les outils changent, nous ne touchons pas aux process : chaque matin, les andouillettes sont tirées à la ficelle manuellement selon la recette traditionnelle. Cela ne nous empêche pas d’êtres présents sur les tables partout en France, en Belgique, au Royaume-Uni ou à Hong-Kong ! »

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Le Juliénas : une étoile est née

«C

ontinuer à être régulier, ne pas s’emballer » : s’il est bien un chef à qui l’étoile n’est pas montée à la tête, c’est bien Fabrice Roche, 1 macaron au guide rouge début 2012, comme quatre de ses collègues confrères dans le sud-Beaujolais. Le jeune patron du Juliénas, à Villefranche-sur-Saône, et son épouse Carine s’affichent tout en retenue parce qu’ils connaissent le prix de la reconnaissance et qu’ils savent que, dans leur métier, rien n’est jamais définitif. Après avoir acquis le Juliénas en 2007, les époux ont réalisé de lourds investissements dans la réfection complète de la salle et de la cuisine et la création d’une terrasse. Une prise de risque qui paie aujourd’hui avec une activité en hausse depuis le début de l’année. « Nous restons une petite maison, commente Fabrice Roche, qui jusque-là travaillait seul en cuisine, Carine Roche œuvrant dans une salle de 25 couverts (moyenne de 40 repas servis/jour contre 30 avant l’étoile). Deux embauches viennent d’être réalisées afin, comme le dit le chef « d’être plus pointus, plus précis dans notre travail ». Alors qu’il se fournit le plus localement possible (herbes aromatiques de Rivolet, escargots, bœuf, fromages) le chef souhaiterait que le Beaujolais mette davantage en avant son terroir : « il y a des choses exceptionnelles ici ».

de novembre dans la capitale historique du Beaujolais. Friandise pralinée aux noix, trempée dans du chocolat noir, la spécialité est principalement vendue lors des Sarmentelles, mais on la trouve toute l’année à la Maison de pays de Beaujeu et à la chocolaterie Hervé Perrier, l’un de ses deux créateurs. « Le cadeau gourmand local reste bien ancré dans les habitudes de consommation : c’est important pour un professionnel d’un métier de bouche d’avoir une spécialité du terroir ou évocatrice d’un événement local. Les touristes sont très demandeurs et les professionnels locaux recherchent également ces produits comme cadeau pour leurs clients », explique Hervé Perrier. Il estime que le Sarmentin représente un tiers de ses ventes de chocolats, ce qui ne l’empêche pas de décliner d’autres spécialités : la grume beaujolaise (ganache cassis contenant un grain de raisin macéré au marc) ; boule beaujolaise (ganache caramel et marc) ; pâte de fruits au vin et les sablés aux raisins Délices d’Anne de Beaujeu... « J’aime à penser que nous contribuons nous aussi, à notre échelle, à la renommée de notre ville, de notre région et à leur image gourmande », sourit le chocolatier... Mais en évoquant le Beaujolais, de New-York à Tokyo, Sydney ou Rio de Janeiro, c’est bien sûr la vigne et le vin qui surgissent dans la conversation. Et pour cause : 40 % des 120 millions de bouteilles produites annuellement dans les douze appellations du vignoble beaujolais sont exportées vers 110 pays (source : InterBeaujolais), avec des retombées économiques toujours très importantes pour ce produit marqueur d’identité.

Regroupement de compétences

Le regroupement de producteurs, d’institutionnels et de prestataires touristiques sous la même bannière, misant sur l’image moderne et valorisante d’un espace très travaillé, préfigure le Beaujolais de demain. À l’heure où les 14

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territoires engagent des politiques marketing et se revendiquent en tant que marques, jouer collectif sera primordial. Illustration de ce regroupement de compétences locales, le Cluster Beaujolais travaille actuellement à la diversification des productions du vignoble. En ce début d’été, le cluster a contribué au développement de la mise en marché des vins effervescents du Beaujolais, destinés à être regroupés sous une marque commune que pourront s’approprier les producteurs en respectant un cahier des charges commun. « La méthode ancestrale utilisée pour produire ces vins, dite « méthode Gamay aromatique » permet une fermentation unique : la prise de mousse est naturelle, sans ajout de liqueur. La couleur est celle du fruit : rosé, rouge, et bientôt blanc. Ces vins très fruités ont une faible teneur en alcool (environ 7 %) et correspondent aux tendances de consommation actuelles en accompagnant apéritifs ou desserts », argumente Fernand Loron, dirigeant de Loron Louis et fils (Fleurie), élaborateur et vinificateur spécialisé dans les vins effervescents.

Une porte d’entrée sur le vignoble

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our tisser plus étroitement le lien entre les visiteurs de la Calade et le vignoble, l’Union des Vignerons du Beaujolais, en partenariat avec Inter Beaujolais, l’Office de Tourisme de Villefranche Beaujolais et la Ville de Villefranche-sur-Saône, ont inauguré ce printemps l’Espace des vins du Beaujolais. Une véritable porte d’entrée sur le vignoble située au sein de l’Office de tourisme. Là, après avoir crédité une carte à puce prépayée, vous pourrez choisir de déguster, parmi toutes les appellations, un échantillon servi par un distributeur automatique, réfrigéré et sous azote qui empêche le vin d’être altéré par l’oxygène et protège son intégrité organoleptique. « La gamme a été choisie parmi les caveaux des vignerons répondant à la charte d’accueil qualité « Beaujolais : une terre, des vins, un accueil privilégié » ou parmi les cavistes de Villefranche, explique Thierry Saint-Cyr, secrétaire général de l’Union des Vignerons du Beaujolais (UVB). Toutes les appellations sont présentes. L’objectif, pour nous, n’est pas de vendre directement du vin mais d’inciter les visiteurs à visiter notre territoire et à se rendre chez les viticulteurs ». Des visiteurs qui trouveront également au sein de l’Espace des vins du Beaujolais une mine d’informations pratiques pour visiter le vignoble, Villefranche-sur-Saône et ses alentours : circuits de la Route des vins du Beaujolais et de ses caveaux, événements et sites emblématiques, ainsi que tous les lieux d’hébergement et de restauration grâce notamment aux guides de l’œnotourisme et des Bistrots Beaujolais. Apprécié des visiteurs, l’espace séduit également les producteurs, convaincus que l’avenir du vignoble passe aussi par l’accueil à la propriété, dans une démarche œnotouristique : « aujourd’hui, nous avons une liste de producteurs volontaires qui nous permettra d’alimenter l’Espace des vins du Beaujolais pendant deux ans », précise Thierry Saint-Cyr.

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Diversification

« Bien que traditionnelle, la production de vins effervescents fait partie des initiatives innovantes de diversification des produits de la vigne. C’est un vin de fabrication ancestrale qui devient moderne par sa robe fruitée et ses habillages », précise le Cluster Beaujolais. De quelques dizaines de milliers de bouteilles produites par une soixantaine d’opérateurs aujourd’hui, la production devrait rapidement augmenter, espèrent ses responsables. « Cette diversification a tout pour séduire les producteurs : les prix au client final sont pour le moment compris entre 6 et 8 € la bouteille, il n’y a pas de limite en rendement côté production, le produit plaît à des catégories de consommateurs que tout le monde s’arrache : les jeunes, les femmes, et il se boit du 1er janvier au 31 décembre. Le potentiel est très important », ajoute Fernand Loron, qui mise sur l’export et la grande distribution pour développer les effervescents. Valorisation des acquis, diversification de la production et montée en gamme : voilà le Beaujolais prêt à renouer avec sa tradition des plaisirs de la table. Et, en surfant sur un secteur économique en plein essor, à joindre l’utile à l’agréable. Matthieu Massip

L’Huilerie Beaujolaise a bonne presse

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uatre presses viennent d’entrer en service dans le nouveau site de production de L’Huilerie Beaujolaise aux Ardillats, à quelques kilomètres de Beaujeu, siège historique de la société. « Nous continuons d’investir dans notre outil de production - 1 M e dans ce site de 1000 m² depuis 2010 - afin d’augmenter notre production et d’être capable de continuer à nous conformer aux normes de sécurité alimentaire », explique Mireille Arthaud, responsable commerciale de L’Huilerie Beaujolaise (2 M e de CA en 2011 ; 11 personnes.) Entre artisanat et contraintes spécifiques à l’industrie agro-alimentaire, le dernier artisan moulinier du Rhône poursuit sa production traditionnelle d’huiles vierges par extraction mécanique (noix, pignons de pin, amande douce, noisettes, argan, etc.). Près de 88 % de son chiffre

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d’affaires est réalisé avec les chefs de cuisine (parmi eux les étoilés du Beaujolais) et les épiceries fines, dont la moitié à l’export. Les 12 % restant concernent l’activité de fabrication à façon et la vente aux particuliers, à la boutique de Beaujeu. Ambassadrice du Beaujolais sur les tables du monde entier, L’Huilerie Beaujolaise s’investit aussi au niveau local, en étant notamment partenaire du Festival en Beaujolais. « J’aimerais maintenant m’engager dans des partenariats avec des producteurs afin de créer des filières locales d’approvisionnement, ici même, aux Ardillats pour les noix et les noisettes, poursuit Mireille Arthaud. Le Cluster Beaujolais travaille sur une filière chanvre depuis quelques années. Pourquoi pas une huile au chanvre du Beaujolais ? »


SERVICES

Lindea accompagne les mutations industrielles Le cabinet conseil spécialisé dans l’adaptation de l’organisation et de l’immobilier d’exploitation aide entreprises et aménageurs à faire les bons choix immobiliers. Illustration.

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ares sont les entreprises qui n’ont pas eu besoin de réorganiser, rationaliser, ou faire évoluer leurs locaux d’exploitation. C’est dans ces moments cruciaux que Lindea déploie son savoir-faire. « Nos clients sont majoritairement des groupes industriels et de services qui ont des projets immobiliers en lien avec l’implantation de leurs unités de production, leurs laboratoires de recherche ou leurs entités administratives ou commerciales. Ils font appel à nous dans plusieurs cas : soit parce que leur organisation interne doit changer, soit parce qu’ils sont contraints de répondre à de nouvelles normes environnementales, soit parce que leurs locaux actuels ne sont plus adaptés à leurs besoins », explique Arnaud Kiner, directeur fondateur du cabinet conseil spécialisé dans l’adaptation de l’organisation et de l’immobilier d’exploitation. Pour satisfaire ses clients, le cabinet conseil de Villefranche-sur-Saône dispose d’une large palette d’outils et de compétences complémentaires. «  Nos missions débutent toujours par une analyse fine des besoins de l’entreprise, car il existe souvent plusieurs réponses possibles à des problématiques qui, de prime abord, peuvent sembler identiques », souligne le dirigeant. De l’implantation de nouveaux sites à des regroupements, en passant par l’extension de locaux existants, les solutions proposées par Lindea sont toujours sur-mesure. « Notre pratique est artisanale, nous ne dispensons pas du conseil sur catalogue », insiste Arnaud Kiner. Ainsi, le cabinet peut simplement étudier et proposer différents scénarios à une entreprise confrontée à un besoin de réorganisation de son outil de production. Mais il peut aussi endosser un rôle « de chef d’orchestre » et accompagner le pro-

cessus de réorganisation depuis la phase d’étude jusqu’à la fin du projet.

Une équipe aux compétences pluridisciplinaires Dès les premières étapes de réflexion, Lindea ouvre au maximum le champ des solutions : trouver de nouveaux locaux, ou mettre à profit les sites existants pour effectuer des regroupements, puis suivre les travaux d’implantation de l’outil de production jusqu’à ce qu’il soit opérationnel. « Nous menons à bien entre 40 et 50 missions chaque année. Environ deux tiers d’entre elles concernent des Arnaud Kiner, directeur de Lindea, accompagne ses clients études préliminaires en depuis l’étude jusqu’à la fin des projets. vue d’éclairer une décision d’investissement, de désinvestissement ou de valorisation neurs d’ordres des groupes coopératifs, d’actif », précise Arnaud Kiner. L’équipe des collectivités locales et des aménade Lindea qui emploie 10 personnes et geurs, privés ou publics, qu’il conseille affiche 1,5 million d’euros de chiffre aussi dans la reconversion de sites indusd’affaires, réunit des compétences plu- triels. Ainsi, Lindea a déjà conduit des ridisciplinaires, notamment des spécia- missions pour BioMérieux, Renault, listes du management de projet et des Merial et Korian ou In Vivo, mais aussi montages immobiliers, lui permettant pour le Grand Paris et la RATP. de répondre à ces différentes demandes. Son rayon d’action est aussi très large puisque Lindea accompagne ses clients en France, mais aussi sur tous les pays d’Europe occidentale. Au-delà de son activité avec les entreprises, le cabinet conseil compte également comme donENTREPRENDRE EN BEAUJOLAIS SEPTEMBRE 2012 17


ENVIRONNEMENT

Lafarge fête ses cinquante ans La cimenterie du groupe Lafarge, implantée à Belmont d’Azergues, place son cinquantième anniversaire sous le signe de l’ouverture et du développement durable.

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rofitant des Journées européennes du patrimoine, la cimenterie de Val d’Azergues ouvre ses portes au public le 15 septembre. L’occasion de découvrir le site et de fêter son demisiècle d’existence. « Cette usine, grâce au savoir-faire de quelques salariés du groupe, venus notamment d’Ardèche, a rapidement pris de l’importance », rappelle Thomas de Charrette, directeur de l’établissement. Aujourd’hui, 86 personnes travaillent sur un site qui produit environ 400 000 tonnes de ciment par an. « Nous avons vocation à demeurer une activité locale, car le ciment voyage mal. Nous livrons nos produits principalement à destination de l’industrie du béton prêt à l’emploi, sur une zone géographique qui n’excède pas le périmètre de la région. Quant au ciment conditionné en sacs qui représente à peu près 10 % de nos ventes, ce sont également les artisans locaux qui composent la grande majorité de nos clients ». Installation classée, l’usine de Belmont-d’Azergues abrite et exploite également une carrière dont les roches calcaires et les argiles servent de base pour la fabrication du ciment.

Le développement durable, une réalité L’activité a beaucoup évolué en un demisiècle. « Nous axons beaucoup nos efforts sur le développement durable et sur la biodiversité. Au fur et à mesure de l’exploiEn bref

tation de la carrière, nous réaménageons et réhabilitons le site. Concrètement, nous reconstituons des talus en terre sur lesquels nous plantons des arbres. Ce travail est conduit en partenariat avec des spécialistes de l’environnement et de la préservation des espèces animales et végétales. Par ailleurs, tous les deux ans, nous réalisons un inventaire de la biodiversité du site. Ce travail permet de constater que de nombreuses espèces animales et végétales sont toujours présentes et se développent », explique Thomas de Charrette. Le savoir-faire lié à la fabrication du ciment a lui aussi connu de nombreuses mutations depuis le démarrage de l’usine. « Les ciments que nous produisons ont de nouvelles caractéristiques. Certains permettent par exemple de fabriquer des

bétons qui durcissent en quelques heures. Nous réalisons également des bétons qui se mettent en place sans avoir besoin de les niveler. Nos procédés de fabrication se transforment : nous brûlons dans nos fours de plus en plus de combustibles de substitution, par exemple des pneus automobiles, des déchets de « bennes à encombrants » (bois, plastique, carton, textile) ou encore des chutes d’emballages polystyrènes d’une PME, ce qui nous permet de limiter la consommation d’énergie et de prendre part à la valorisation énergétique des déchets », décrit le directeur. Le cinquantenaire sera donc également l’occasion de présenter cette large palette de savoir-faire et de souligner l’ancrage environnemental de l’usine.

Depuis juillet 2012, la consultation du téléservice devient obligatoire avant tous travaux

La France compte 4 millions de kilomètres de réseaux de gaz, d’électricité, d’eau, d’assainissement et de télécommunications. Chaque année, plus de 100 000 incidents ont lieu sur ces réseaux, souvent liés à une méconnaissance de leur emplacement exact. Pour connaître la liste des exploitants de réseaux et procéder aux déclarations préalables aux travaux, il fallait consulter les plans de zonage en Mairie. Depuis juillet dernier, la procédure a été considérablement simplifiée : collectivités territoriales, maîtres d’ouvrage, maîtres d’œuvre, exploitants de réseaux, entreprises du BTP, mais

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Un site cinquantenaire que fait découvrir Thomas de Charrette, directeur de l’établissement du groupe Lafarge.

également agriculteurs ou particuliers envisageant de réaliser des travaux de terrassement, de sondage, de génie agricole, doivent désormais s’informer obligatoirement par le téléservice, accessible gratuitement depuis Internet, de la présence de canalisations et de réseaux, sur ou à proximité du chantier prévu. La procédure est simple grâce à la mise en ligne du service www.reseaux-et-canalisations.gouv.fr. Le site affiche un fond de carte IGN et invite le visiteur à dessiner le périmètre de l’emprise des travaux prévus. Après cette manipulation, le téléservice fournit un plan imprimable comportant l’em-

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prise des travaux avec ses coordonnées géo référencées, ainsi que la liste des exploitants de réseaux auxquels doivent être envoyées, selon les cas, la déclaration de projet de travaux (DT) ou la déclaration d’intention de commencement de travaux (DICT). Ce service contribue également à la dématérialisation des démarches administratives préalables à l’exécution des travaux puisqu’il fournit les formulaires de déclaration de travaux (DT-DICT) partiellement pré-remplis. Une initiative du Ministère de l’écologie, du développement durable et de l’énergie.


AMÉNAGEMENT DU TERRITOIRE

« La situation du Beaujolais est une chance pour le territoire » Stéphane Guyon a été nommé Sous-Préfet de Villefranche-sur-Saône en décembre 2011. En tant que représentant de l’État, il s’exprime sur les grands dossiers en cours.

promouvoir ces approches par exemple dans le textile, dans l’agro-alimentaire et même la viticulture, tout en restant, bien entendu, compétitifs.

Quelle est votre analyse du territoire sur le plan économique ?

- Deux conventions de revitalisation concernent directement le Beaujolais. Quels projets pourraient en être issus ?

Ce qui m’a immédiatement frappé est le dynamisme à la fois économique et démographique de la région. L’Alsace, en particulier, est aussi un territoire qui bénéficie d’une image de prospérité. Mais le développement que connaît le Beaujolais se manifeste à une autre échelle en rejaillissant même sur les petits bourgs et villages. Même si la proximité de la métropole lyonnaise peut paraître inquiétante aux acteurs locaux, il est certain que la situation du Beaujolais constitue une chance, et que cette proximité représente une source de développement en termes de services, de projets ou nouveaux chantiers. J’ai aussi découvert la force de l’industrie, présente partout. La grande diversité des activités industrielles est incontestablement un atout, en limitant les phénomènes de dépendance liés aux soubresauts d’un seul secteur. - Précisément, quel pourrait être l’avenir de l’industrie sur le territoire à l’heure où l’État fait de la ré-industrialisation une priorité ?

- Il n’est guère possible d’aller plus loin en terme de désindustrialisation sans perdre davantage d’emplois et de capacités à créer de la richesse. Cette réalité, le Beaujolais l’illustre particulièrement avec un tissu très dense de PME industrielles. Nos entreprises françaises ont accompli d’énormes progrès en termes de protection de l’environnement et de respect des normes de santé publique. Il reste aujourd’hui à démontrer aux consommateurs que notre industrie met sur le marché des produits différenciant par rapport à des productions moins vigilantes. Les démarches exemplaires ne sont pas encore bien valorisées au niveau des appels d’offres. Dans les années qui viennent, il faudra réfléchir à ces sujets, et savoir

- Ces conventions résultent des obligations légales de deux groupes qui ont restructuré leur activité et qui doivent dès lors contribuer à la revitalisation du territoire. Avec les collectivités territoriales et les chambres « J’ai découvert en Beaujolais la force consulaires, nous avons étudié de son industrie », déclare Stéphane Guyon, des projets structurants et de Sous-Préfet de Villefranche-sur-Saône. créations d’emplois pour que les fonds disponibles - environ 1,3 M e au et pour les entreprises qui utilisent cette total - puissent servir à recréer de l’activi- bannière pour mieux faire connaître leurs té économique. La communauté de com- produits. Il faut être toutefois vigilant à munes du Beaujolais Val de Saône a expri- bien positionner la marque, notamment mé le souhait de racheter les bâtiments du au niveau international, pour qu’elle soit Savour Club, à Lancié, en vue d’offrir une immédiatement évocatrice de qualité, de offre immobilière aux entreprises liées à savoir-faire, et joue un rôle de référent. la viticulture. La convention de revitalisation liée à Ontex va permettre de mettre - L’A89 et la zone d’activités Lybertec sur pied une pépinière d’entreprises de sont encore deux dossiers structurants e-commerce, pour créer un nouveau pôle pour le territoire. Quel est votre regard dans ce domaine d’activité. C’est éga- sur ces infrastructures ? lement une aide à la création d’emplois - La réalisation de l’A89 ouvre des perspour les entreprises du territoire et celles pectives de développement très favorables pour les territoires du Beaujolais qui souhaitent s’y installer. les plus enclavés. En ce qui concerne - Le Beaujolais est aussi un territoire Lybertec, l’État s’efforce de mener qui bénéficie d’une identité très forte. de front toutes les procédures pour le Que pensez-vous des démarches visant à contrôle des réglementations liées à promouvoir les produits et les productions l’eau, à la lutte contre les inondations, à « Made in Beaujolais » ? la protection des espèces protégées, pour - C’est une très bonne démarche que de avancer de façon la plus efficace possible. se donner une identité au niveau national Même si la crise internationale est encore et international, surtout lorsque celle-ci là, des entreprises ont toujours besoin de est sous-tendue par une image de qualité, terrains pour s’implanter, se redéployer de savoir-faire et de qualité de vie. De et trouver des sites compatibles avec leur nombreuses régions, comme la Bretagne, développement. Lorsque viendra le temps l’Alsace, ont su aussi mobiliser autour de la décision de l’entreprise, tout devra de leur marque. C’est incontestablement être prêt. L’ensemble des acteurs du terribénéfique, à la fois pour les habitants qui toire s’y emploient et l’État y contribue. se trouvent incités à consommer local, ENTREPRENDRE EN BEAUJOLAIS SEPTEMBRE 2012 19


APPRENTISSAGE

Materiel vélo roule pour l’apprentissage Le spécialiste de la vente de matériel et équipements liés à la pratique du cyclisme intègre deux apprentis à son équipe.

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n fondant le site internet de vente de vélos, accessoires et pièces détachées, Denis Montard se doutait qu’il lui faudrait constituer une équipe composée de passionnés de la petite reine. Huit ans après ses débuts, le chef d’entreprise voit son intuition se confirmer de jour en jour. « Nos clients sont pour la grande majorité des férus du vélo. En venant chez nous, ils trouvent des spécialistes capables de les conseiller efficacement», explique le fondateur du site materiel-velo.com, qui dispose également de deux boutiques à Gleizé et ClermontFerrand à l’enseigne Matériel Vélo. Le groupe emploie aujourd’hui 17 personnes et a réalisé 5,2 millions d’euros de chiffre d’affaires en 2011. Son dirigeant fonde tous ses recrutements sur deux incontournables : la passion du cyclisme et les compétences requises pour le poste recherché. Depuis quelques mois, il mise sur l’apprentissage pour réunir ces conditions : « cette formule nous permet d’intégrer des jeunes qui aiment le vélo. L’apprentissage leur laisse le temps d’apprendre le métier tout en se confrontant à la vie en entreprise, et cela à un coût raisonnable », détaille Denis Montard. L’an dernier, il a donc intégré un premier apprenti à son équipe. L’expé-

Denis Montard et ses apprentis, une équipe gagnante !

rience a permis au dirigeant d’acquérir la certitude que ce mode d’intégration dans l’entreprise était une bonne formule. Aussi vient-il de recruter deux apprentis qui, dès la rentrée, débuteront leur cursus en alternance : l’un en BTS management des unités commerciales à l’IFIR Carrel de Lyon et l’autre en Bac Pro commerce et services à la Maison Familiale et Rurale de Villié-Morgon. « Si tout se passe bien, nous espérons pouvoir les embaucher à l’issue de leur contrat d’apprentissage »,

anticipe le dirigeant. En attendant, les deux jeunes apprentis ont mis l’été à profit pour commencer à se confronter aux réalités du terrain : «  nous avions besoin de compétences, mais pas forcément sur des pleins temps. Nous avons trouvé le juste équilibre ». Et si les projets de développement se confirment, dans deux ans, les apprentis auront acquis une parfaite connaissance du métier et seront totalement opérationnels pour accompagner la croissance de la société.

Question à

René Gaucher, délégué régional au sein de la délégation régionale Financement et Garantie chez OSEO Rhône-Alpes

Il s’adresse aux TPE et PME créées depuis plus de 3 ans, éligibles à la garantie OSEO et financièrement saines. Il a notamment pour vocation de financer des programmes d’investissement en matériels, installations, travaux de mise aux Quel est le mécanisme normes de certains postes particudu Prêt Éco Énergie et lièrement consommateurs en énerà qui s’adresse t-il ? gie. Quatre familles sont concerLe Prêt Éco Énergie est destiné aux nées : l’éclairage, le chauffage/ entreprises qui s’engagent dans un climatisation, le froid et la motoprogramme d’investissement visant risation électrique. Le prêt peut à réaliser des économies d’énergie. par exemple permettre de financer

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des équipements tels que moteurs, pompes à chaleur, production d’air comprimé ou de froid, éclairage, production d’eau chaude, installation de comptage, bancs d’essai, etc. Le montant des prêts varie entre 10 000 et 50 000 euros pour une durée de 5 ans, dont un an de différé d’amortissement en capital. Son taux fixe est bonifié par l’État. Il ne nécessite aucune garantie ni caution personnelle du dirigeant. Le Prêt Éco Énergie pourra être associé à un prêt bancaire d’un même

montant, portant sur le même programme, et dans ce cas le prêt bancaire pourra aussi bénéficier de la garantie OSEO. La mise en œuvre est des plus simples : la demande peut en effet être faite en ligne sur le site d’OSEO en retournant les documents à la direction régionale d’OSEO. Disponible depuis le début de l’année, cet outil permettra de mobiliser 100 millions d’euros de prêts distribués par les directions régionales d’OSEO.


À TABLE

Le Vieux Moulin : du grain à moudre pour les gourmets Dans un cadre hors du temps Annie et Gérard Umhauer proposent une cuisine généreuse et inspirée. Un terroir riche, un maître cuisinier, un service pro et chaleureux, en pleine campagne des Pierres dorées... n’attendez plus pour vous faire plaisir !

C

’est sous les poutres apparentes d’une salle à manger datant du quinzième siècle, ou, côté cour, à l’ombre du tilleul centenaire, que l’on comprend le mieux le credo d’Annie et Gérard Umhauer, les propriétaires du Vieux Moulin, à Alix. « Il faut oser rester nous-mêmes sans se soucier des modes, qui sont là pour être oubliées ». C’est qu’il en est passé de l’eau dans le bief, à l’emplacement de l’ancienne roue à aubes du fameux moulin, depuis que Gérard Umhauer régale des convives amoureux d’une cuisine traditionnelle, généreuse et parfaitement maîtrisée. Ce fils et neveu de cuisiniers a fait ses classes dans de grandes tables françaises, avant d’exercer plusieurs années en cuisine d’un restaurant gastronomique français aux EtatsUnis, dans le New-Jersey, puis d’acquérir sa propre affaire où, depuis 38 ans, il revisite des classiques qu’il connaît sur le bout des doigts. Filet de bœuf sauce au vin, pintade fermière rôtie, jus brun, lardons champignons et petits oignons, filet de sandre sauce au beaujolais et raisin, gibier en saison, foie gras et terrine campagnarde maison, grenouilles cuisinées au beurre, ail et persil... Cela sonne riche et goûteux, sans volonté d’épater à tout prix.

En phase avec leur terroir « Professionnellement, nous avons beaucoup voyagé avant de nous poser, raconte Annie Umhauer. Etats-Unis, Côte d’Azur, Alpes... et je sors encore beaucoup. Ce qui me désole, c’est de voir une cuisine partout de plus en plus uniformisée, alors que la clientèle qui aime aller au restaurant demande des plats typés, en phase avec leur terroir. A midi, j’ai eu un couple de Brésiliens qui se sont régalés d’une

Une bâtisse en pierres dorées et une cuisine de terroir hors pair, c’est tout le charme du Vieux Moulin.

pintade aux morilles et à la crème. Si les clients se déplacent jusqu’ici, c’est pour ce type de cuisine qui ne se démode pas, en tout cas, pas pour manger comme partout ailleurs ». Voilà qui apporte du grain à moudre au Vieux Moulin, à son cadre et sa cuisine hors du temps. A l’écart des grands axes de communication, mais à quinze minutes seulement de Villefranche, la bâtisse en pierres dorées, ses trois salles et sa terrasse au calme seulement troublée par l’envol des canards colverts ayant élu domicile dans le bief, vous accueillent dans un cadre intemporel. Le bouche-à-oreille fonctionnant à plein, il est prudent de réserver, surtout les weekends, pour avoir une place dans ce refuge.

Les producteurs locaux du Beaujolais à l’honneur « Nous avons un rapport très étroit avec la région. Aujourd’hui, les clients nous disent qu’ils ne nous verraient exercer nulle part ailleurs », poursuit Annie Umhauer. Ce lien se matérialise notam-

ment par une carte des vins faisant la part belle, en première page, aux Beaujolais. « Je les propose souvent au verre : un bon moyen de les faire découvrir. Je m’aperçois que les étrangers ont d’ailleurs moins d’a priori que la clientèle lyonnaise », poursuit la maîtresse de maison. Crus du Beaujolais, mais aussi producteurs plus locaux des Pierres dorées, à Charnay, Châtillon d’Azergues, Saint Germain sur l’Arbresle ou à Alix ne sont pas oubliés. « C’est un ensemble. Je n’imagine pas faire partout la même cuisine. Cela fait partie du rôle d’un restaurant de mettre en avant les produits locaux qui l’entourent ». Loin de la frénésie du prêt à manger et des cartes à rallonge, Le Vieux Moulin, immuable, revendique sa différence, pour le plus grand plaisir des gourmets. Le Vieux Moulin - 69380 Alix Tél. : 04 78 43 91 66 www.lemoulindalix.com Fermé le lundi et mardi (sauf groupes de plus de vingt personnes)

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ACTUALITÉS JURIDIQUES Vins : Etiquetage européen

Restaurant : accident sur aire de jeux

La Commission européenne fixe de nouvelles modalités d’étiquetage des vins à compter du 1er juillet 2012. La dérogation prévue jusqu’au 30 juin 2012 est révolue.

En cas de blessures d’un enfant sur l’aire de jeux dépendant d’un restaurant et exclusivement réservée à la clientèle de ce dernier, la responsabilité du restaurateur doit être engagée sur le fondement de sa responsabilité contractuelle (et non délictuelle) au titre du contrat de restauration liant le restaurateur aux parents de l’enfant.

Règlement européen (UE) n° 579/2012 de la Commission, 29 juin 2012, JOUE n° L 271, 30 juin 2012.

C. Cass. Ch. Civ. n° 10-28.492 du 28 juin 2012

Chambres d’hôtes : piscine et taxe d’habitation Selon l’Administration fiscale, la taxe d’habitation (TH) est calculée d’après la valeur locative des habitations et de leurs dépendances, telles que garages, jardins d’agrément, parcs et terrains de jeux. L’imposition à la TH est subordonnée à l’examen de la situation de fait et des caractéristiques propres à chaque installation par les services des impôts sous le contrôle du juge administratif. Par ailleurs, au regard de la jurisprudence, une piscine privée est considérée comme un élément d’agrément bâti formant une dépendance si elle n’est pas destinée à être déplacée. Ainsi, une piscine en matériaux composites enterrée dans le sol, même si elle ne comporte aucun élément de maçonnerie au moment de la pose, ne peut être regardée comme étant destinée à être déplacée et constitue donc un élément d’agrément bâti formant une dépendance qui doit être prise en compte pour l’établissement de la taxe d’habitation. Rép. Min. Q. n° 123606, JOAN 3 avril 2012 ; CGI, art. 1409 ; CAA Bordeaux n° 95-1498 du 15 octobre 1996.

UE - Microsociétés : allègements des charges administratives Dans l’espace économique européen, les sociétés dont le total de bilan est inférieur à 350.000 e, le chiffre d’affaires net inférieur à 700.000 e et/ ou le nombre de salariés inférieur à dix (deux des trois critères devant au minimum être respectés) vont désormais pouvoir être exemptées d’un certain nombre d’obligations de nature comptable (tenue d’un compte de régularisation, d’une annexe) et être dispensées de publier un rapport de gestion. Elles pourront en outre être autorisées à ne publier qu’un bilan et un compte abrégés des profits et des pertes. La directive européenne prévoyant cet allègement n’ouvre qu’une option aux Etats membres qui restent libres de maintenir les obligations actuellement imposées aux microsociétés sur leur territoire national. En France, aux termes de la quatrième « Loi WARSMANN » de simplifications administratives : - Les SA, SAS et SARL non cotées sont dispensées de déposer leur rapport de gestion au RCS mais doivent le tenir à disposition de toute personne qui en fait la demande selon des conditions fixées par décret, l’Administration fiscale pouvant également en obtenir communication à sa demande ; - Le dépôt des comptes annuels (bilan, compte d’exploitation et annexe) des SA, SAS et SARL ne s’effectue plus qu’en un seul exemplaire au lieu de deux. En outre, le délai d’un mois pour un dépôt « papier » est porté à deux mois en cas de dépôt par voie électronique. À noter : La loi WARSMAN (IV) du 22 mars 2012 a supprimé le dépôt des comptes annuels en double exemplaire au RCS. Toutefois, un avis du Comité de coordination du RCS du 30 mai 2012 indique qu’en l’absence de parution du décret d’application de cette loi, le dépôt en double exemplaire des comptes et rapports annuels reste obligatoire malgré la suppression de la mention « en double exemplaire dans la partie législative du Code de commerce dans la mesure où cette mention figure encore dans la partie règlement du même code ». Dir. 2012/6/UE du parlement Européen et du Conseil du 14 mars 2012, JOUE n° L 81, 21/03 modifiant en ce sens la Directive 78/660/UE du 25 juillet 1978 relative aux comptes annuels ; L. n° 2012-387 du 22 mars 2012, dit « Loi Warsmann (IV). Communiqué du CCRCS du 21 juin 2012 ; C. com. art. L. 232-21, L. 232-22 et L ; 232-23 modifié + art. R. 123-11 non modifié.

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Droit de préemption : déclaration d’intention d’aliéner La déclaration d’intention d’aliéner (DIA) est une formalité imposée au propriétaire (mobilier ou immobilier) qui souhaite céder des biens situés dans des zones/périmètres de sauvegarde dans lesquels peut s’exercer un droit de préemption (urbain - DPU ou communal sur les fonds de commerce et baux - DPC). Elle prend la forme d’un formulaire adressé à la commune ou au département afin que la collectivité territoriale puisse décider ou non d’exercer son droit de préemption. Le nouveau modèle de DIA est fixé par un arrêté du 13 avril 2012. Depuis le 16 avril 2012, la possibilité est donnée aux vendeurs de produire ces déclarations de manière dématérialisée qui constitue une alternative à l’envoi par lettre recommandée avec accusé de réception ou au dépôt contre décharge. D. n° 2012-489 du 13 avril 2012 (JO du 15/04) ; A. 13 avril 2012.

Commerçants et Artisans : rachat de cotisations Certains artisans, industriels et commerçants (nés avant 1960, ayant cotisé quinze ans au régime d’assurance-vieillesse de base et à jour de leurs cotisations) peuvent, jusqu’au 30 décembre 2013, demander à racheter au maximum sept trimestres de retraite d’assurance vieillesse de base. Un décret du 16 avril 2012 fixe enfin les conditions d’application de ce rachat prévue par la loi de financement de la Sécurité sociale pour 2009. D. n° 2012-503 du 16 avril 2012 ; Communiqué de presse du RSI du 9 juillet 2012.

Produits dangereux non alimentaires : obligation de signalement Lorsqu’un produit non alimentaire mis sur le marché ne présente pas la sécurité attendue, le producteur, importateur ou distributeur doit en informer l’Administration en utilisant l’application informatique « Business Application » mise à disposition par la Commission européenne et accessible à l’adresse suivante : https://webgate.ec.europa.eu/gpsd-ba, et non en contactant directement la Direction départementale de la protection des populations. L’opérateur doit également indiquer les actions qu’il engage afin de prévenir les risques pour les consommateurs. Les modalités de cette obligation de signalement des risques ont été modifiées par Avis aux opérateurs économiques. Avis aux opérateurs économiques JO du 11 février 2012 remplaçant le précédent avis aux opérateurs économiques publié au JO du 10/07/2004 ; C. Consom. Art. L.221-1-3.

Produits dangereux alimentaires : obligation de signalement Les signalements relatifs aux produits dangereux alimentaires doivent être effectués auprès de la Direction départementale de la protection des populations (DDPP) du département où se situe l’opérateur. C. Consom. Art. L.221-1-3.


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Chambre de Commerce et d’Industrie du Beaujolais

ACTUALITÉS CCI

www.beaujolais-cci.com - Contact • Tél : 04 74 62 73 00 - E-mail : cci@villefranche.cci.fr

Noël Comte : « l’Entreprise à l’école, une opération plébiscitée ! » Comment cultiver les liens entre l’école et l’entreprise, et favoriser, dès le lycée, le dialogue entre des jeunes et des entrepreneurs ? C’est tout l’objet de l’opération initiée depuis déjà 2006 par la CCI du Beaujolais et adoptée avec beaucoup de succès par le lycée Notre-Dame de Mongré.

Le Sénat ne s’y était pas trompé, en décernant, dès 2006, un trophée national des « Initiatives de l’économie » à l’opération « L’Entreprise à l’école », portée par la CCI du Beaujolais. « Le principe en est simple : faire intervenir plusieurs dirigeants d’entreprises du territoire auprès de jeunes de classes de seconde, explique Noël Comte, président de la CCI. L’idée est qu’à l’issue de plusieurs témoignages d’entrepreneurs ancrés sur le territoire, les jeunes se fassent une idée plus juste de la réalité de cette fonction, loin des images parfois caricaturales renvoyées par les medias ». Or dans ce domaine, comme en attestent Denis Jaillard, chef d’établissement du lycée Mongré et Pierre-Etienne Chirouze, professeur d’économie et responsable des classes de seconde, les représentations avaient la vie dure : « au démarrage de l’opération, les jeunes dépeignent en général un dirigeant comme un homme portant costume et attaché case, logé dans un bureau au sommet d’un building. À la fin de l’année, ils n’ont plus la même perception ! Ils ont appréhendé à travers des témoignages authentiques un métier, une activité, parfois une passion, le plaisir de développer une entreprise mais aussi les difficultés vécues. Ils réalisent aussi davantage la motivation que cela requiert, et que rien ne s’effectue en solitaire. Le dirigeant devient dès lors un chef d’orchestre, capable de faire travailler des équipes autour de projets ». Concrètement, l’opération fait intervenir à l’année entre 15 et 20 dirigeants volontaires sollicités par la CCI, et chaque classe a l’occasion de recevoir entre 5 et 8 dirigeants. Le maître mot est la diversité des situations, c’est-à-dire que les classes

peuvent recevoir des hommes mais aussi des femmes entrepreneurs ; certains ont créé leur propre entreprise, d’autres ont repris une affaire familiale. Les tailles de sociétés sont aussi très variées, comme les activités, issues de tous les secteurs de l’industrie, du commerce, des services. Il s’agit, comme le résument la CCI et les responsables du lycée Mongré, de construire un programme pédagogique permettant de bâtir de nouvelles représentations. Georges Cornaton, dirigeant de Rotival, société spécialisée dans les ouvrages acier, inox et aluminium pour le bâtiment, est intervenu pour la deuxième année consécutive auprès des jeunes. L’occasion pour l’ingénieur Arts et Métiers de raconter comment, en 2008 et après un parcours de salarié, il a repris l’entreprise et subi la crise de 2009. « Plusieurs jeunes m’ont demandé si, maintenant, je reprendrais cette société. Je leur ai répondu oui, et malgré tous ces aléas, comment on peut être parfois heureux d’être dirigeant. Les élèves posent des bonnes questions, poursuit Georges Cornaton. Après un exposé commun sur mon parcours et l’entreprise que je dirige, je m’adapte ensuite à leurs attentes ». « Nous subissons tous un faisceau d’images reçues sur les dirigeants. Il faut alors se demander ce que nous faisons, en tant que chefs d’entreprise, pour faire évoluer ces représentations. Si la réponse est « rien », alors il ne faut pas être surpris que la société ne tende son micro qu’à ceux qui défraient la chronique. Nous pouvons contribuer à changer ce regard », analyse Noël Comte. Pierre-Etienne Chirouze confirme d’ailleurs que les intervenants laissent des traces durables dans l’esprit des jeunes : « ce vécu nous permet d’illustrer de nombreux éléments du programme en gestion, marketing, stratégie, gestion des RH. Je m’aperçois dans les copies que les élèves, grâce à la force des témoignages, intègrent plus facilement les enseignements ». Certains jeunes iront-ils même jusqu’à envisager de devenir dirigeants à leur tour ? « C’est possible, mais ce qui est certain,

Réception avec les dirigeants et les élèves de Notre-Dame de Mongré le 14 juin dernier.

c’est que nous avons contribué à démystifier la fonction, et sans doute donner envie à quelques-uns de sauter le pas », répond l’enseignant. Pour l’heure, une très belle réception entièrement organisée par les jeunes afin de remercier les dirigeants de leur intervention, en juin dernier au lycée, a permis de clore le programme de l’année. Tous ces résultats tangibles ont incité les acteurs du territoire à inscrire ce partenariat dans la durée.

Nouer des liens durables « L’Entreprise à l’école » n’est pas la seule opération destinée aux jeunes du territoire. La CCI du Beaujolais va poursuivre l’organisation, avec la Jeune Chambre Économique, de l’opération «  training JOB K-Fé », des séances de simulation et préparation à des entretiens de recrutement faisant intervenir des dirigeants du Beaujolais auprès d’élèves de BTS. Elle participe en outre au parrainage par des dirigeants de jeunes en difficulté, ou bien encore facilite l’accueil d’étudiants étrangers par le programme des Jeunes ambassadeurs de Lyon. De nouveaux partenariats démarrent également avec l’Université Lyon 3, dans le cadre notamment du Cluster Beaujolais. « Tous ces échanges forgent des liens et contribuent à nous enrichir sur le plan personnel, tant les jeunes que les dirigeants », conclut le président de la CCI.

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ACTUALITÉS CCI

Beaujolais Initiatives, un bilan positif ! En octobre 1995, un pool d’entrepreneurs locaux a souhaité promouvoir la création d’entreprises et a fondé, en partenariat avec la CCI du Beaujolais et les collectivités locales, l’association Beaujolais Initiatives.

En 2011, Beaujolais Initiatives a aidé 28 projets pour un montant de 382 500 e dont 20 créations et 8 reprises. Le territoire d’intervention :

Les cantons d’Amplepuis, Anse, Beaujeu, Belleville, Lamure sur Azergues, Le Bois d’ Oingt, Gleizé, Monsols, Tarare, Thizy, Villefranche la Communauté de Communes Monts d’Or Azergues Les prestations :

• Appui et conseil concret d’un parrain chef d’entreprise • Prêt d’honneur de 7 500 euros à 30 000 euros sans intérêt ni garantie • Échanges d’expériences avec d’autres créateurs et jeunes entreprises dans le cadre du « club des créateurs » • Suivi personnalisé du créateur pendant trois ans. Plateforme active de France Initiative, Beaujolais Initiatives intervient dans le soutien, l’accompagnement, le financement de porteurs de projet, créateurs ou repreneurs. L’objectif de Beaujolais Initiatives est de favoriser et de promouvoir ainsi le Beaujolais au travers du savoir-faire de ses entreprises. L’association présidée par Monsieur Jean-Pierre Martin repose sur l’action des bénévoles très impliqués au sein du Bureau et du Comité d’Agrément. Le Comité d’Agrément regroupe des chefs d’entreprises, banquiers, avocats et experts-comptables, il reçoit les porteurs de projets et décide de l’octroi des prêts d’honneur.

Depuis 1996 • 351 entreprises aidées • Plus de 1000 emplois créés ou maintenus • 4 980 333 euros prêtés • 33 % artisanat • 18 % bâtiment • 14 % industrie • 18 % services • 17 % négoce

Créateurs et repreneurs : le millésime 2011 ARTISANAT DE PRODUCTION

ARMURERIE VERMOREL Fabrication – entretien – réparation armes

GARAGE DE LA GARE Garage automobile (reprise)

AJ PROGLASS Pose vitrage sur véhicules lourds

Christian VERMOREL 656 chemin des Granges 69 480 POMMIERS

Kadour DERGHAM 27 ter routes des Anciens Combattants d’ Afrique 69 650 QUINCIEUX

Jérôme BORGFELDT Aboubakar FOFANA 9 rue du Père Ogier 69 480 ANSE

ARGON INDUSTRIE Découpe laser/mécano-soudure (reprise) Philippe BACHELET 820 route de Frênes 69 400 ARNAS

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CARROSSERIE DES GRANGES Carrosserie - peinture (reprise) Olivier BERCHOUX - Hervé DOUCET Jean-François MAYNAND ZI les Granges 69 240 BOURG-DE-THIZY

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GARAGE DU HAUT BEAUJOLAIS Garage automobile et station essence (reprise) Régis CINQUIN Thierry DESMOLLE Rue du Haut Beaujolais 69 860 MONSOLS


ETS ROUCHOUSE Zinguerie

ALEPH-NETWORKS Solutions internet

Sébastien ROUCHOUSE 404 rue Gantillon 69 400 VILLEFRANCHE S/S

Antoine BONAMOUR Nicolas HERNANDEZ 1 impasse de l’Église 69 400 LIMAS

OSEOBOIS Charpente – couverture – ossature bois

ATOUT LOC Location matériel évènementiel

Thibaut VENIN 189 route de Montluzin 69 380 CHASSELAY

Anne-Laure MINOT Les Sapins 69 400 LIERGUES

PLOMBERIE BEAUJOLAISE Plomberie – chauffage - climatisation GT SPORT Réparation automobile (spécialiste Porsche) Pascal GERMAIN Rue Benoît Mulsant 69 400 VILLEFRANCHE S/S

LE FUMOIR DE BOISFRANC Fumage de poissons et viandes Dominique FAVRE 1393 rue du Beaujolais 69 830 SAINT-GEORGES-DE-RENEINS

POLYPLOT LOGISTIC Conception et fabrication de palettes en carton Jacques LE MONNIER Pépinière Pépita ZAE les Portes du Beaujolais 69 240 BOURG-DE-THIZY

SAIN SIEGE Tapisserie et décoration Evelyne JANSSENS 4 place Janisson 69 170 TARARE

BÂTIMENT

LACS Conception et réalisation de fontaines

Mathieu PONCET 847 route de Frans 69 400 VILLEFRANCHE S/S

Patrick JURINE – Samnang KHIM Nicolas MAUREL 847 route de Frans 69 400 VILLEFRANCHE S/S

SEB Electricité du bâtiment (reprise)

PAR’ICI VOYAGES Plateau d’affaires en organisation de voyages

Julien MONTEL Guy TERRIER Chemin des Muriers 69 430 LANTIGNIE

Fabienne APARICI 847 route de Frans 69 400 VILEFRANCHE S/S

COMMERCE ET NÉGOCE

PLUG AT WORK Câblage (réseau + téléphonie)

BOULANGERIE GELIN Boulangerie – pâtisserie (reprise)

Thomas ANDRE 88 avenue du Pré aux Moutons 69 480 ANSE

Alexandre GELIN Le Bourg 69 790 PROPIERES

BOULONNERIE VISSERIE DES BORDS DE SAONE Négoce boulonnerie - visserie Didier DUBOIS Rue Bois Baron 69 220 BELLEVILLE S/S

POMPES FUNEBRES DU BEAUJOLAIS VERT Pompes funèbres Alexis JACQUEMOT Ludovic SIVELLE 2 place Victor Hugo 69 170 TARARE

CYCLES VINCENT Vente et SAV cycles (reprise)

SAPHIR AMBULANCE Ambulance

BALT’HOME Peinture – décoration – agencement d’intérieur

Vincent TERRASSON 177 RN 6 – Rue P. Cothenet 69 220 SAINT-JEAN-D’ARDIERES

Céline GROS-BALTHAZARD 22 rue Edmond Michelet 69 490 PONTCHARRA S/TURDINE

Farid BOUHASSOUN 1762 route de Saint Julien 69 400 ARNAS

SERVICES

DL TERRASSEMENT Creusement de fosses

AJ2L SOFTWARE Edition de logiciels (reprise)

David LOUNIS 94 rue d’Alma 69 400 VILLEFRANCHE S/S

Laurent DRIESSENS Laurent ZABIOLLE Le Sorbier – 141 allée de Riottier 69 400 LIMAS

TRANSPORT AUPLAT Transport - messagerie Steve AUPLAT 33 allée des Bleuets 69 550 AMPLEPUIS

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ACTUALITÉS CCI

Le Salon de l’Entreprise 2012

La rencontre du monde du sport et de l’Entreprise N’avez-vous pas remarqué la similitude de vocabulaire dans le sport et dans l’Entreprise ? Qu’il s’agisse de « changer le braquet », de « mettre le pied à l’étrier », de « performance » ou encore d’équipe, nous retrouvons bien souvent des invariants d’expressions qui illustrent combien ces deux mondes partagent un même esprit. En proposant de placer le Salon de l’Entreprise 2012 sous cette bannière, nous avons souhaité illustrer l’importance économique de l’activité sportive au sens le plus large et mettre en avant l’accompagnement indispensable à la vie des clubs sportifs apporté par les entreprises, petites et grandes. Vous retrouverez au cœur du Salon de l’Entreprise, construit à l’image d’un village, sept quartiers, quartier des affaires et finance, rue du commerce, zone des activités industrielles, boulevard du développement économique et des réseaux, quartier des services, square des ressources humaines et le nouveau quartier de l’Olympe. Ce dernier accueillera plusieurs clubs sportifs du Beaujolais Val de Saône.

Trophées Excellence 2012

Vous êtes une entreprise industrielle, commerciale ou de services implantée en Beaujolais, vous avez reçu une distinction régionale ou nationale pour l’excellence de vos résultats, pour une innovation, pour une démarche environnementale… vous pouvez recevoir le Trophée Excellence 2012 décerné par la CCIB. Pour déposer votre candidature, adressez un mail à pdanger@villefranche.cci.fr en précisant la nature de la récompense reçue.

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Trois conférences

Le commerce innove !

Le Salon de l’Entreprise 2012 est un lieu de rencontres d’entrepreneurs, de porteurs de projets et d’élus locaux impliqués dans le développement économique territorial. Est-il besoin de rappeler l’engagement des collectivités locales dans les investissements des équipements sportifs ? Le sport est bien un facteur de création de richesses au travers des infrastructures réalisées pour ses besoins.

« Parce qu’un client c’est sacré, donnons-nous les moyens de lui donner envie ! » Tels sont les propos d’un responsable d’union commerciale soucieux des conditions d’accueil des clients.

A noter sur vos agenda trois conférences à suivre : - à 11 h, «  les pépinières d’entreprises en Beaujolais » ou comment ces couveuses sont sources de success story et de pérennité, - à 17 h 30, « sponsoring et mécénat » ou l’art d’investir, de communiquer et de soutenir des projets sportifs, - à 18  h 30, « le sport est-il une entreprise comme une autre ? » permettra d’écouter l’analyse d’un grand témoin largement impliqué dans un grand Club Sportif.

Pour apporter des éléments d’information et proposer des innovations en matière d’aménagement sensoriel des commerces, la CCI du Beaujolais présentera dans le cadre du Salon de l’Entreprise 2012 un espace tendance qui mettra en scène les vertus du merchandising sensoriel. Chaque espace théâtralisera un facteur sensoriel en faisant l’expérience d’un sens. Réalisé spécifiquement pour le Salon 2012 par le bureau de style « Chasseurs d’Influence », la boutique sensorielle constituera une innovation dans l’approche de la relation commerçants/clients et devrait être l’occasion de réfléchir de façon ludique à la création ou l’aménagement de nombre de boutiques.

Rendez-vous le 25 octobre à ParcExpo à Villefranche pour une rencontre économique dans un esprit convivial et sportif.

Le Salon de l’Entreprise est une manifestation organisée par la CCI du Beaujolais avec le soutien de la Caisse d’Epargne Rhône-Alpes, Groupama, Banque Populaire Loire et Lyonnais et la Région Rhône-Alpes à travers le CDDRA.

En savoir plus : Pascal Danger pdanger@villefranche.cci.fr - Mylène Vivier mvivier@villefranche.cci.fr www.beaujolais-cci.com/salon

ENTREPRENDRE EN BEAUJOLAIS SEPTEMBRE 2012


• Anglais, Allemand, Italien ou Français Langue Etrangère - cours collectifs à la rentrée pour les ADULTES TOEIC – préparation et passage du test à partir du 20 septembre Speaking in Public - prise de parole en public en anglais les 28 septembre, 12 et 19 octobre Formations spÉcifiques « CommerÇants » • Le magasin vendeur : 1er octobre (en journée). • Word perfectionnement : 24, 25 et 30 octobre (en soirée) FORMATION DIPLOMANTE • DCG (Diplôme de Comptabilité et de Gestion) 1 ou 2 unités à partir d’octobre, en cours du soir. Réunion d’information le mardi 18 septembre à 18 h 30 Rentrée 2012 : module spécial débutants Gestion & comptabilitÉ • Tenir ses comptes au quotidien : 4, 8, 11 et 15 octobre • Finance pour non financier : 27 septembre et 2 octobre • Approfondissement de la paie : 1er et 4 octobre • Les déclarations sociales : 16 novembre • Maîtriser les coûts : 1er octobre • Établir une déclaration de TVA : 22 octobre Management • Management d’équipe : 1er, 2, 11 et 25 octobre • La gestion des tensions et des conflits : 1er, 11 et 19 octobre • Réussir ses entretiens annuels : 16 et 23 octobre Ressources humaines • Savoir recruter : 20 et 27 septembre • L’essentiel en droit du travail : 4 et 9 octobre • La gestion du contrat de travail : 18 et 23 octobre

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La CCI du Beaujolais : votre partenaire formation

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CCI formation

Communication & DÉveloppement personnel • Rédiger aisément des écrits professionnels : 27, 28 septembre, 2 octobre • Améliorer ses compétences relationnelles : 8 et 16 octobre • Prendre la parole en public : 9, 16 et 18 octobre • Gérer son stress : 18 et 25 octobre Vente-relation client • La négociation commerciale : 24, 25 septembre, 5 et 12 octobre • Répondre et gagner des appels d’offres publics par voie électronique : 15 et 16 octobre QualitÉ – HygiÈne – SÉcuritÉ • Sauveteurs Secouristes du Travail : 8 et 9 octobre • Membres du CHSCT : 8, 9 et 15 octobre Informatique • Word fonctions de base : 2 et 8 octobre • Word faux débutants : 5 et 9 octobre • Excel fonctions de base : 11, 15 et 19 octobre • Excel faux débutants : 8 et 12 octobre • Excel Trucs et Astuces : 18 octobre • Excel fonctions avancées et simulations : 4 octobre • Excel base de données et tableaux croisés dynamiques : 9 octobre • Powerpoint fonctions avancées : 16 octobre • Outlook fonctions de base : 5 octobre • Outlook fonctions avancées : 26 octobre • Améliorez vos supports de communication et vos images : 13 et 16 novembre • Créer un site simple avec des logiciels gratuits : 11, 18 et 19 octobre • Créer un e-mailing : 23 octobre

Commerce international • Maitriser les fondamentaux du commerce international : 2, 9 et 16 octobre

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Retrouvez toutes nos formations sur : www.beaujolais-cci.com

Pour plus d’information, toute notre équipe est à votre disposition au 04 74 62 95 89 ! E-mail : formation@villefranche.cci.fr Notre centre est certifié ISO 9001


Entreprendre en Beaujolais  

Le Beaujolais exporte les plaisirs de la table

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