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GARDMAG L'info du Département #94 - février 13

Oser l’entreprise

Plan Climat

Canadairs

Le temps d’agir

Atterrissage gardois


En actes | Damien Alary

Les yeux vers le ciel,

les pieds sur terre

“C

laude Guéant n’a pas su le faire, mais Manuel Valls, lui, l’a fait. Le gouvernement de Nicolas Sarkozy a fermé la base aéronavale de Garons. Celui de François Hollande a décidé de refaire décoller l’aéroport. Oui, dès 2016, les pompiers du ciel ne s’envoleront plus de Marignane mais bien de Nîmes. Une nouvelle réjouissante pour les Gardois. Capitale pour les Nîmois. Cette décision permet de préserver la capacité d’action des avions bombardiers d’eau. Ne leur offret-elle pas des infrastructures adaptées au plus près des entreprises, comme Sabena, chargées de leur maintenance ? Mais cette décision de l’État, à laquelle nous avons fortement contribué, est surtout un gage pour l’avenir de la plateforme locale. 650 emplois consolidés. Et 350 emplois créés. Davantage encore, j’espère. Car nous voyons plus loin. Avec l’ensemble des partenaires, dont le syndicat mixte gestionnaire du site aéroportuaire, nous avons la volonté de faire de Nîmes une base européenne de la sécurité civile. Maintenance des avions, nouveaux métiers liées à la gestion des risques, formation internationale de pilotes... Ne nous trompons pas. Le transfert de la base de Marignane dans le Gard a bien une portée historique Et hautement symbolique. C’est un souffle de renouveau et de confiance en l’avenir. Un vrai bol d’air pour l’économie locale. Une fois n’est pas coutume, l’hirondelle peut faire le printemps… 

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En actes | Damien Alary

Des Canadairs

e, omi Écon loi : r emp dossie e r not 7 voir p.10-1

sur le tarmac de Garons près 11  années de tergiversations, il aura fallu la volonté croisée de Manuel Valls, Ministre de l’Intérieur, et du Conseil général, pour obtenir le transfert, d’ici 2016, de la base aérienne de Sécurité civile de Marignane à Garons”, commente

“A

Jean Denat, vice-président du Conseil général délégué aux infrastructures et aux déplacements, mandaté par Damien Alary pour mener à bien ce dossier. L’enjeu ? Pas seulement l’accueil de 26  avions, mais un véritable renversement de situation  : du déclin redouté après le départ de la BAN, on passe à une dynamique de renouveau, avec la modernisation programmée du site. Pour gagner la partie face à Salon ou Istres, Garons disposait d’atouts sérieux  : les dimensions de sa piste d’atterrissage, des hangars en très bon état pour la maintenance (et la possibilité d’en construire de nouveaux), ainsi que la présence de la base logistique de défense (apte à accueillir d’autres unités). L’impact de la décision est immédiat : 650 emplois préservés, dont les 350  emplois directs de Sabena Technics qui assure la maintenance des avions, et 300 emplois de sous-traitance. En outre, le savoir-faire technique comme le trafic généré pourraient relancer la vocation touristique de l’aéroport. “L’État avait signé un plan local

naux sur la formation, le matériel, les interventions… L’expertise nîmoise permet même d’imaginer l’implantation, à Garons, d’un centre de formation européen au pilotage.

Les activités nouvelles liées à la maintenance et à la gestion du risque représentent au moins 350  emplois qualifiés. Une manne pour nos jeunes diplômés…  PF

“Avec cette décision, Nîmes devient le balcon européen de la sécurité civile sur la Méditerranée”, note Damien Alary.

de redynamisation qui prévoyait le développement de la plate-forme aéroportuaire. L’arrivée de la base donne tout son sens à ce PLR”, confirme Jean Denat. Au-delà, le projet peut prendre une dimension européenne et traverser la Méditerranée, avec des partenariats internatio-

“Un petit pas pour le Département, un grand pas pour Nîmes” rendu possible par Jean Denat, investi de cette mission stratégique, ici aux côtés de Françoise Dumas, députée du Gard. février 2013

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Plan Climat : le temps d’agir Comment lutter contre le changement climatique et préserver l’avenir de nos enfants ? Adopté le 20 décembre dernier, le Plan Climat 2013-2017 du Conseil général définit onze défis, que l’institution relèvera avec ses partenaires et à son échelle. Protéger les espaces naturels, construire des bâtiments publics économes en énergie, créer de nouvelles voies vertes, encourager des entreprises qui souhaitent limiter leurs émissions de gaz à effet de serre… Pour agir, les pistes ne manquent pas. Les mutations climatiques concernent la population gardoise  : elle sera informée et protégée. Concilier développement économique et qualité de vie est possible : dans une logique de déve-

Concilier développement économique et qualité de vie

DVD contre feux de forêt Un film par et pour les collégiens : une idée neuve, pour sensibiliser les jeunes à la prévention du risque incendie en forêt. Elle est née d’un partenariat entre l’Entente pour la Protection de la Forêt et le Département, qui subventionne ce DVD de 30 minutes. Une classe de Laure Serre, au collège Jules Vallès de Nîmes, et une autre d’Elisabeth Martinetti, à Clarensac, ont ainsi interviewé, en décembre et janvier, les acteurs de la prévention : écologistes de l’Euzière, Office national des Forêts, pompiers du SDIS, gendarmerie, service environnement du Conseil général… Des journalistes en herbe que cette enquête ne laissera pas de bois. PF

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loppement durable, le Département accompagnera le secteur agricole… Et donnera lui-même l’exemple en réduisant ses propres émissions de gaz à effet de serre de 5 % d’ici 2014. Pour y parvenir, la collectivité s’engage sur une vingtaine d’actions, dont le télétravail, le covoiturage et

la construction de bâtiments mieux isolés… Un impératif : l’an dernier, chaque Gardois a émis en moyenne l’équivalent de huit tonnes de CO2. Rappelons que deux tonnes seulement représentent une hausse théorique de 2°C des températures de la planète. DD

Utiliser les voies vertes pour aller au collège… un geste simple pour protéger l’environnement.

Routes : l’info en direct Cette année encore, le Plan de viabilité hivernale du Conseil général (qui fonctionne jusqu’au 15 mars) évolue. Désormais le site internet www.inforoute.gard.fr, informe en direct les usagers du réseau routier départemental, avec bientôt la possibilité de consulter des webcams et de s’abonner à des alertes par SMS, courriel et smartphones. Sur le terrain, jusqu’à 420 agents départementaux peuvent être mobilisés jour et nuit, sept jours sur sept. Et – parce qu’on ne peut pas traiter 4 500 km de routes en même temps – quatre niveaux de priorités sont définis : des grands axes (dégagés en quatre heures le jour et six la nuit après l’évènement neigeux) aux voies de liaison puis au reste du réseau départemental d’intérêt local. Pour Jean Denat, vice-président du Conseil général délégué aux infrastructures et déplacements, “neige, dégel suivi d’éboulement, brouillard, verglas… Les moyens doivent s’adapter aux intempéries. Le Plan de viabilité hivernale vise à une intervention rapide, au plus près du terrain”. DD Pour s’informer : sur l’état des routes départementales : tél. 0810 811 855 (prix appel local) – www.inforoute.gard.fr sur les transports scolaires : tél. 0810 33 42 73 (prix appel local) – www.edgard-transport.fr


Une concertation sur l’avenir des collèges Condorcet et Diderot enrichie par les propositions des participants au groupe de travail.

Condorcet et Diderot : des mesures concrètes Deuxième étape de la concertation sur l’avenir des collèges des quartiers nîmois Valdegour et Pissevin, l’atelier grand public du 4 décembre dernier a réuni une centaine de participants au collège Diderot. L’objectif : recenser et prioriser les propositions du groupe de travail réuni à l’automne. Accompagnement des parents, renforcement de la mixité au sein des établissements, développement de partenariats école-entreprises, adaptation des locaux des établis-

Roseaux pour eaux usées

sements : toutes ces pistes de réflexion vont désormais nourrir un plan d’actions prioritaires. Lancé ce mois-ci par l’ensemble des partenaires (État, Conseil général, Éducation nationale, Ville de Nîmes), il permettra la mise en œuvre d’actions concrètes dans les secteurs de recrutement des collèges Condorcet et Diderot. “Une attente forte”, témoigne Aïcha Bouziouane, salariée de Présence 30-AIDAR, chef de chantier des “Jeunes de la concertation”.  DD

“Le racisme est un délit, pas une opinion.” Licra, police et gendarmerie se sont unies dans la lutte contre le racisme et l’antisémitisme, comme l’explique Patrice Bilgorai, Président de la ligue contre le racisme et l’antisémitisme de Nîmes.

Votre partenariat de trois ans avec la police et la gendarmerie est-il une initiative spécifiquement gardoise ? P.B. Non, c’est le prolongement d’une convention signée en 2010  entre la Licra, le ministère de l’Intérieur et celui de la Justice, notamment l’administration pénitentiaire. Néanmoins – singularité gardoise – nous avons voulu y associer aussi l’école de police, qui est la plus impor-

tante de France et probablement d’Europe. Et, naturellement, cette dimension territoriale a une charge symbolique très forte dans notre département, l’actualité récente ayant montré que nous avions besoin d’une imp ortante mobilisation politique et institutionnelle. Concrètement, comment allez-vous collaborer ? P.B. Nous avons déjà une tradition de partenariat avec l’Éducation nationale et la Jeunesse. Au sein de la Commission pour la promotion de l’égalité des chances et de la citoyenneté (Copec), nous faisons

aussi des propositions. Nous répondons aux demandes, en apportant notre expérience et notre expertise. Nous intervenons par exemple aux Assises de la formation de la police nationale. Quels sont vos grands axes d’intervention ? P.B. Nous voulons améliorer l’écoute et l’accueil de victimes, comme le suivi des plaintes. Il faut le répéter  : le racisme est un délit, pas une opinion. Nous mettons à disposition un réseau d’avocats bénévoles. Nous faisons de la prévention et de la médiation. Nous voulons aussi lutter

contre les infractions sur Internet. La Licra aimerait que les pouvoirs publics agissent contre le racisme anonyme, sur la Toile, comme ils le font dans la lutte contre la pédophilie par exemple. Enfin, nous voulons lutter contre le racisme dans le sport. Rappelons que le racisme n’a pas d’obédience politique, sévit dans les banlieues comme dans les campagnes, qu’il n’a pas de couleur et pas de religion. Le racisme ordinaire reste prégnant, donc il faut être vigilant.  Propos recueillis par PF Licra Nîmes : tél. 06 64 32 10 40

Saint-Michel-d’Euzet, Liouc : les deux communes gardoises ont opté pour l’innovation, au service de l’environnement. Récemment inaugurées, leurs stations d’épuration fonctionnent sur le principe de traitement des eaux usées à lits plantés de roseaux. Le procédé consiste à faire circuler les effluents domestiques au travers de cuves et de bassins successifs, aménagés en paliers. Les eaux passent par trois étapes de traitement et sont filtrées par des roseaux et des graviers. Le Département a soutenu la construction de ces stations nouvelle génération à hauteur de 458 000 euros. DD

GARDMAG Direction de la Communication : Hôtel du Département, rue Guillemette, 30044 Nîmes Cedex  9. Tél. : 04 66 76 52 32 Télécopie : 04 66 76 52 33. Site Internet : www.gard.fr - gardmag@gard.fr Directeur de publication : Damien Alary. Directeur de la communication : Pierre Thoniel. Rédactrice en chef : Pascale Ferroul. Rédaction : David Daurat, Pascale Ferroul, Christophe Montagné. Iconographie : Hervé Amaudric. 1re de couv. : JeanMathieu Cazenove avec le concours de Jenny Lazzarelli. Photographies : J.-M. Cazenove, JeanPierre Favand. Conception éditoriale  : direction de la communication. Mise en page  : Scoop communication. Photogravure  : Pays d’Oc numérique. Tirage  : 319 500 exemplaires. Impression sur papier recyclé : Imaye Graphic. Diffusion : La Poste. Dépôt légal : février 2013. ISSN : 0292-0425.

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Risques auditifs : la preuve par le son

rus pour l’oreille en concert, en discothèque ou avec des baladeurs. Quand on leur demande s’ils ont déjà entendu des sifflements après avoir été exposés à une musique trop forte, pratiquement tous les collégiens lèvent le doigt. Or

“l’acouphène est un signal d’alarme. Il peut être permanent”. Découvrir que le volume du son double tous les trois décibels, qu’il suffit de bouchons dans l’oreille ou de pauses pour éviter des dommages irréversibles : c’est une surprise pour les jeunes auditeurs, qui ont appris que “plus d’une oreille sur dix de

moins de 18 ans souffre déjà de troubles auditifs”. Le message passe d’autant

Un don pour l’archéologie Jacques Goury a remis à Christophe Serre, vice-président du Conseil général et conseiller général du canton de Pont Saint-Esprit, des plaques de verre photographiques réalisées par Léopold Chiron (1845-1916), pionnier de l’archéologie moderne ayant effectué d’importantes fouilles dans le nord-est du département. Ce don a été fait, le 28 novembre dernier, en présence d’Alain Girard, conservateur du Musée d’Art Sacré du Gard et de Marie-Claire Pontier, directrice des Archives départementales, qui conservera ce “Fonds Chiron-Goury”. Cette dernière s’est engagée à ce que ces plaques, source documentaire de première importance pour l’histoire du Gard, soient numérisées et fassent l’objet d’une exposition, avant 2015, dans les nouveaux locaux des Archives du Gard. PF

Le 4 décembre dernier, la Smac Paloma accueillait les collégiens de Jules Vallès de Nîmes (notre photo) et Théodore Monod de Clarensac pour un concertconférence sur la prévention des risques auditifs.

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Un mardi pas comme les autres pour les élèves de 4e du collège de Clarensac : ils sont invités, dans une salle de concert à la Smac Paloma de Nîmes, à écouter le groupe Super 8 jouer du rock, mais aussi retracer l’histoire des musiques amplifiées. Le but ? Montrer les risques encou-

mieux qu’il s’appuie sur des morceaux joués en direct, des films et beaucoup d’interactivité. L’opération de prévention, coordonnée au niveau régional par la fédération des musiques actuelles du Gard (Femag), relais de AGI SON, est financée depuis 2009 par le Conseil général pour les collégiens gardois.  PF

Le Département recrutera 100 emplois d’avenir Ils sont près de 7 000 jeunes de moins de 25 ans à chercher un emploi dans le Gard. Et, avec la crise, leur nombre ne cesse d’augmenter : + 10 % en un an. La situation devient vraiment critique pour les jeunes de 16 à 25 ans, sans formation, peu ou pas qualifiés – et les difficultés sont encore accentuées pour les moins de 30 ans souffrant d’un handicap. Pour tous, le gouvernement vient de créer les contrats “emplois

d’avenir”. Et comme le chômage touche indistinctement villes et campagnes, les 16-25 ans d’un niveau 1er cycle enseignement supérieur au maximum interviendront dans les quartiers ou les territoires ruraux en difficulté. En 2013, près de 1  200 contrats seront ainsi signés dans le Gard. Le Conseil général participera à cette dynamique. Dans les mois prochains, il procédera à une centaine de recrute-

ments, dans ses services ou auprès de ses partenaires, notamment associatifs. Les emplois concernés, à temps complet et pour trois ans au maximum, offrent un horizon professionnel aux jeunes mais aussi un véritable encadrement. Un tuteur les accompagnera, un parcours de formation leur sera proposé.  DD Contact : votre Mission locale ou antenne de Pôle emploi.


GARD

: ça tourne au collège !

C’est l’une des nouveautés de la deuxième édition de Gardmotion. Cette année, sept établissements gardois* participent au concours de pocket films dans le cadre du dispositif “Artistes au collège”. À Bouillargues, “une de nos classes

secondes chacune. Mises bout à bout, elles formeront un court-métrage de trois minutes – durée fixée aux vidéos candidates à Gardmotion – autour du thème “J’ai fait un rêve…”. DD

* Collèges Antoine-Deparcieux au Martinet, Via Domitia à Manduel, Voltaire à Remoulins, Saint Stanislas-Sacré Cœur à Nîmes, Gaston-Doumergue à Sommières, Les Fontaines à Bouillargues, et le Collège la Vallée Verte à Vauvert. www.gardmotion.com et www.facebook.com/gardmotion

de cinquième a immédiatement adhéré au projet, explique Annie Regad, professeur de lettres au collège Les Fontaines. L’expé-

rience demande de la persévérance. On est conduit à prendre des initiatives pour soi et pour le groupe. Bref, on devient plus autonome…”. Professionnelle de l’audiovisuelle, Aurélie Aura aide les jeunes à passer le cap. “ En

vingt heures de cours réparties en cinq séances, nous mettons en place le scénario, le storyboard, les décors, avant de nous lancer dans la réalisation proprement dite.” D’ici le 11  mars, date limite pour participer au concours, les 21  collégiens auront planché sur des séquences de trente

Alès : la Verrerie rénovée La Verrerie d’Alès fait peau neuve : sur le site de Rochebelle, le pôle national des arts du cirque dispose à présent d’une salle de création rénovée, de bâtiments administratifs réhabilités et d’un espace chapiteau, avec un nouveau bâtiment – lieu de vie et d’hébergement pour les compagnies en résidence. L’inauguration, en décembre dernier, a donné lieu à la signature d’une convention triennale d’objectifs et de moyens. Cosignataire, le Conseil général confirme ainsi son engagement auprès de la Verrerie, soutenue pour ses actions en faveur de la création, la diffusion et la sensibilisation autour des arts du cirque. Pour mémoire, sur 150 spectacles de cirque donnés en région, 100 le sont dans le Gard. DD

Gardmotion ou la preuve par l’image… Au collège de Bouillargues, les jeunes adhèrent.

Une place pour nos aînés En 2012, 20 % des plus de 75 ans souffrent de la solitude et se disent seuls (contre 16 % en 2010)*. Le 14 décembre dernier, visitant l’accueil de jour de la Croix-Rouge, rue Séguier et l’association l’Entr’aide Gardoise, Damien Alary a tenu à souligner que “depuis 2008, le Département a créé 1 500 places en maison de retraite”. Maisons en partage, gardes alternatives de nuit, soutien aux aidants familiaux, sur le terrain, le Conseil général met aujourd’hui en œuvre de nouvelles solutions, aux côtés des associations. L’accueil de jour pour personnes âgées de la Croix-Rouge soulage les familles. Les bénévoles de l’Association protestante de service effectuent, eux, des visites de courtoisie au domicile des bénéficiaires isolés de l’allocation personnalisée d’autonomie. Et, rue Richelieu, à Nîmes, l’Entr’aide gardoise gère un restaurant de quartier très accessible. Avec le concours du Département. DD

Contacts à Nimes : Entr’aide Gardoise, 33 Rue Richelieu, Croix-Rouge : accueil de jour, 43 Rue Séguier, Association Protestante de Services, 2 Place Oratoire

Pour Damien Alary, ici à l’accueil de jour de la Croix-Rouge à Nîmes, “l’isolement des personnes âgées n’est pas une fatalité”.

* Source : rapport 2012 de la Fondation de France sur les Solitudes février 2013

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Sports pour tous

et mercredis plaisir Ce rendez-vous, Enzo, huit ans, ne le manquerait pour rien au monde. D’ailleurs, sourit son père, il a coché sur son calendrier tous les “mercredis jeunes” organisés par le comité départemental handisport et soutenus par le Conseil général. Ce jourlà, à Tavel, une trentaine d’enfants se retrouvent : les uns, atteints de handicaps moteurs et sensoriels, viennent de l’Institut médicoéducatif nîmois (IME) “la Cigale” et des Services d’éducation spéciale et de soins à domicile (SESSD) d’Alès et de Bagnols-surCèze ; les autres écoliers sont valides et ont fait le déplacement depuis Avignon. Organisateur de la journée, Vivien Fournier, au Comité départemental handisport, témoigne :

Ray, éducatrice remplaçante au SESSD de Bagnols. “Pour nous, pro-

fessionnels, c’est aussi un temps de rassemblement profitable. Et d’un point de vue éducatif, la rencontre avec d’autres enfants, en situation de handicap ou non, est précieuse.” Sous le regard de l’éducatrice, Helmi et Lenny,

sept ans tous les deux, pratiquent le handball. Mais ils songent déjà au séjour neige de la mi-mars, un autre rendez-vous à cocher sur leur agenda.  DD Contact : Comité départemental handisport du Gard, 04 66 27 63 48 www.cdh30.org/

Rencontre précieuse avec d’autres enfants

“Les mercredis, créés il y a cinq ans, permettent à des jeunes de 6 à 18 ans de pratiquer une trentaine d’activités sportives. Depuis deux ans, ces journées sont aussi ouvertes à des enfants valides. Cette mixité est porteuse d’échange”. Impressions relayées par Jennifer

v vidéo sur www.gard.fr dans votre webzine

Activités ludiques pour les jeunes, encadrés par des éducateurs spécialisés, kinésithérapeutes, éducateurs sportifs et parents.

Des collèges plus branchés 2,6 millions d’euros sont investis par le Département, en quatre ans, pour moderniser les infrastructures réseaux et télécoms des 53 collèges publics gardois. Les installations téléphoniques et équipements en haut débit des collèges doivent être remis à niveau pour répondre aux besoins accrus et aux usages toujours plus complexes. Il s’agit aussi de réduire les disparités entre établissements. “Nous voulons garantir l’égalité des chances des jeunes Gardois, en apportant le meilleur accès au savoir et les conditions d’études les plus favorables à l’épanouissement personnel et l’apprentissage de la citoyenneté”, rappelle Juan Martinez, vice-président du Conseil général délégué à l’éducation, aux collèges et à la jeunesse. 8 | LeGARDMAG | février 2013

L’Environnement Numérique de Travail (ENT) a en effet bouleversé les méthodes pédagogiques, permettant d’ouvrir à la communauté éducative (élèves, enseignants, parents d’élèves…) des outils inédits. Alors… À quand la possibilité d’échanger, en visioconférence, avec ses correspondants anglais ou espagnols ? À court terme pour les 17 collèges de l’agglomération nîmoise, avec laquelle le Conseil général a signé une convention, le 13 décembre dernier, afin qu’ils bénéficient d’un raccordement à la fibre optique. Ils profiteront ainsi d’un débit quasiment

illimité permettant d’accéder à la téléphonie sur IP, l’internet très haut débit, les bases de données documentaires et pédagogiques de Renater*… et d’un débit délivré à un prix forfaitaire et non proportionnel – ce qui devrait leur permettre de réaliser de belles économies. PF * Renater : Le Réseau national de télécommunications pour la technologie, l’enseignement et la recherche est un groupement d’intérêt public (GIP) rassemblant notamment le CNRS, l’Inserm, le Cirad, le CEA…


BÉNÉFICE NET 1000 “suiveurs” du Gard sur Twitter

Un partenariat fructueux entre l’ESAT “Les chênes Verts” et les 260 membres de l’association Promolive.

Micromoulin

pour maxi-profits À l’origine, une rencontre : celle de l’Association de promotion de l’olivier en pays nîmois (Promolive), présidée par Jean-Claude Woillet, et des “Chênes verts”– établissement et service d’aide par le travail (Esat). L’une souhaitant offrir à ses adhérents la possibilité de fabriquer leur propre huile d’olive ; l’autre, envisageant de diversifier ses ateliers, destinés aux personnes handicapées. La solution  : l’installation d’un micromoulin dans les locaux de l’Esat. Financé par les deux associations et le Département, le pressoir fonctionne à plein régime  : au rythme de 100 à 200 kg d’olives pressées à l’heure, il a convaincu les 260  membres de Promolive, qui y livrent désormais leur production, traitée sur place. Dirigé par Angélina Béchard, l’Esat engrange le fruit de son investissement : à raison de 55 centimes le kilogramme d’olives livré, il dégage un bénéfice qui rémunère deux ouvriers en situation de handicap. “Mais l’intérêt va bien au-delà, explique la directrice. Entre les producteurs d’olives et les

ouvriers du moulin, un véritable lien s’est tissé. Et maintenant, c’est au tour des habitants du quartier de nous apporter leur récolte.” Pari gagné pour l’Esat des Hauts de Nîmes, qui – du coup –

Le nouveau micro-moulin a été inauguré le 5 décembre dernier par Denis Bouad, 1er vice-président du Conseil général délégué au développement économique et à l’emploi.

défriche, taille et greffe sa propre oliveraie. Encore modeste, la récolte aromatisera les biscuits confectionnés par les “Chênes verts”.

“Œuvre utile, unique dans le Gard, l’initiative ne concurrencera pas les grands mouliniers gardois, note Max Tolozanot, de Promolive. Mais une chose est sûre : elle aura changé le regard porté sur le handicap.” DD Esat les Chênes Verts, 1505 chemin du Mas de Roulan, Nîmes – www.chenes-verts.fr, 04 66 26 78 92. Promolive : 1311, Chemin de Russan www.promolive.org, 04 66 67 37 50

Toujours en développement sur les réseaux sociaux, le Gard vient de franchir le cap symbolique des 1 000 followers (suiveurs) via son compte : https ://twitter.com/LE_GARD. Pour surfer sur l’actu et suivre l’info en direct du territoire… Alors devenez à votre tour “follower”. Les “twittos” les plus créatifs via le hashtag #gardmag (ou en nous interpellant via @LE_GARD) seront ainsi publiés chaque mois. Voici les 2 “tweets” de la commune d’Aramon et d’une Gardoise vivant au Canada qui sont mis à l’honneur ce mois-ci : Mairie D’Aramon @ MairieAramon @LE_GARD merci encore de votre soutien dans notre développement sur Twitter ! Bon week-end ! Michelle@bir6463 @LE_GARD Super je vais suivre les nouvelles d’une partie de la famille. Vive la technologie !

Le Gard sur les réseaux c’est aussi : Facebook : https ://www. facebook.com/legard30 Flickr : http ://www.flickr.com/ photos/60375911@N03/ Dailymotion : http ://www. dailymotion.com/LE_GARD

Flashez-moi !

Bon goût : des Gardois primés Pour son action au collège Léo Larguier de La Grand’Combe, menée avec le soutien du Département, l’Association de défense, d’éducation et d’information du consommateur du Gard a décroché le prix du “Mois de l’origine et de la qualité”, décerné par le ministère de l’agriculture et l’Institut national de l’origine et de la qualité (INAO), dans la catégorie “Initiative”. Elle a été créée en 2012 pour récompenser les démarches de sensibilisation aux produits “sous signes de qualité” (appellation d’origine contrôlée, indication géographique protégée, Label rouge, spécialité traditionnelle garantie…). “Nous avons proposé, au menu des collégiens, du riz de Camargue IGP, de l’oignon doux des Cévennes AOP, des légumes et fruits bio du pélardon AOP etc., explique Jean-Marie Chouleur, secrétaire de l’ADEIC, qui s’est vu remettre le prix par le ministre, en décembre dernier. L’ADEIC mène beaucoup d’actions en milieu scolaire en partenariat avec le Conseil général.”  PF

Lorsque vous trouvez un QR code sur l’une des pages du Gard Mag, munissez-vous de votre smartphone et flashez le, vous visionnerez ainsi une vidéo de notre web tv. Rappelons enfin le sens des pictos dans votre Gard Mag : vous invite à consulter le diaporama complet du reportage sur notre compte Flickr et sur notre webzine accessibles via www.gard.fr.

vvous permet de visionner une vidéo en lien avec le reportage. Celle-ci est visible sur notre web tv et notre webzine accessibles via www.gard.fr ou directement sur la version en ligne de ce Gardmag.

vous invite à écouter un podcast en lien avec le reportage. Celui-ci est disponible sur notre webzine accessible via www.gard.fr ou directement sur la version en ligne de ce Gardmag.

ADEIC, tél. 04 66 61 75 90, adeicgard@club-internet.fr

CM février 2013

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Dossier

Dossier

Le Gard

des initiatives En 2012, 1 100 chefs d’entreprises et exploitants agricoles accompagnés, 2 600 emplois créés ou maintenus grâce aux dispositifs mis en place par le Département. Pour 2013, la 6e conférence économique départementale conforte cette dynamique.

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O

n avait des indices : le prix de la TPE (Très Petite Entreprise) remis à deux Gardois, le 28 novembre dernier ; le 50e jeune recruté dans le cadre du dispositif départemental “Un jeune, un parcours, un emploi” ; la réussite internationale d’entreprises gardoises innovantes… L’économie gardoise a beau avoir subi le choc de la crise, elle a su se renouveler en misant sur le développement durable (comme Senfas dans l’agro-alimentaire, Ginkgo pour les maisons à ossatures en bois ou Solene-R pour la climatisation solaire), les savoir-faire locaux (comme SNR Cévennes, pour les roulements à billes) et le tourisme de qualité (comme le camping cinq étoiles de Sommières).


Dossier Virgile Cazals, sellier à Aigues-Mortes, et Frédéric Augias, gérant de “Vaunage Passions Vélos” à Calvisson, deux chefs d’entreprises gardois qui ont misé sur l’innovation (coulisses de la prise de vue de couverture – portraits page 17).

Cette floraison d’initiatives est soutenue par le Département, qui accorde des aides directes ou indirectes, agit en amont avec ses partenaires (pour soutenir les porteurs de projets dans les couveuses et pépinières, encourager les transmissions et reprises d’entreprises etc.). Concrètement, il participe financièrement aux projets immobiliers industriels et à la construction de zones d’activités économiques (5 ZAE représentant 70 ha). Il finance aussi les structures qui ont vocation à promouvoir le territoire. Il accompagne la structuration de filières entières (mécanique, agro-alimentaire, biotechnologies, bois énergie et bois construction). Le rebond par l’innovation Le Département soutient les projets de développement durable qui, avec l’innovation, sont les deux vecteurs du rebond gardois. “Nous ne perdons

pas de vue notre objectif qui est, après les délocalisations que le Gard a connues, d’investir dans les activités génératrices d’emplois pérennes”, rappelle Denis Bouad, 1er vice-président du Conseil général délégué au développement économique et à l’emploi. Les aides à l’embauche sont d’ailleurs un autre volet de l’action départementale, avec la possibilité offerte aux entreprises de moins de 50 salariés de recruter en CDI un jeune de 23 ou 24 ans grâce à une aide départementale de 8 000 euros, et la dynamique des emplois d’avenir à laquelle contribue le Conseil général (voir page 6). Pour les salariés touchés par les plans sociaux dans les Cévennes, le Fonds de revitalisation du bassin d’emploi du Vigan a déjà permis des reconversions réussies. Si le Département est en posture de répondre aux besoins réels des chefs d’entreprise, c’est qu’il a entamé avec eux, depuis six ans, un dialogue constructif, dans le cadre de la conférence économique départementale, co-organisée avec les Chambres de Commerce et d’Industrie de Nîmes et d’Alès-Cévennes, la Chambre de Métiers et de l’Artisanat et la Chambre d’Agriculture. Les orientations pour 2013 ont été présentées par Damien Alary, avec les présidents des chambres consulaires (respectivement Henry Douais, Francis Cabanat, Serge Almeras et Dominique Granier) et en présence de deux cents décideurs. Elles sont consultables et téléchargeables sur le site gard.fr.   PF

Miser sur le développement durable et les savoir-faire locaux

Sommaire Aux rendez-vous de l’innovation

p.12 8000 € : l’aide qui décoiffe

p.16 Ils étaient en selle pour le prix de la TPE

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n L’économie à visage humain L’ESS ? Méconnue et pourtant partout présente. Associations, coopératives, fondations, mutuelles et bon nombre d’entreprises relèvent de l’économie sociale et solidaire. Leur force : l’innovation ; leur poids : grandissant. Dans le Gard, berceau du mouvement coopératif, cette économie citoyenne représente 12 % de l’emploi et 10 % des établissements employeurs. Les valeurs véhiculées ? La démocratie, l’égalité des personnes, l’utilité sociale. Récemment, des entreprises se sont greffées au mouvement. Elles placent l’homme au centre de leur projet et redistribuent les bénéfices entre salariés… Le soutien du Conseil général va également aux têtes de réseau de l’ESS et aux structures d’insertion par l’activité économique – très actives dans le champ du développement durable (bâtiment, restauration, aide à domicile, tourisme, maraîchage bio, etc.). Au total, plus de 400 000 euros mobilisés par la collectivité. DD Toutes les aides à la création d’entreprises détaillées sur www.gard.fr

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Le Département au rendez-vous des entreprises

En prélude à la sixième conférence économique départementale, Damien Alary est parti à la rencontre des entreprises des territoires rhodanien, nîmois et alésien. Innovation et économie de proximité étaient au menu de ces premiers “Rendez-vous de l’Entreprise”. 

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L’équipementier automobile SNR Cévennes, filiale du groupe japonais NTN  Corporation, est leader mondial dans la fabrication de roulements à billes, pour roues et boîtes de vitesse. L’entreprise emploie 466  salariés sur son site alésien et envisage de nouveaux investissements. Le Département a prévu de soutenir le projet à hauteur de 80 000 € en 2013.

(Le 27 novembre dernier, à Saint-Privat des Vieux, Damien Alary aux côtés de D. Bouad, 1er vice-président du Conseil général en charge du développement économique et de l’emploi, de L.Affortit, vice-président en charge des finances et de l’administration générale, J.Valy, vice-président délégué aux bâtiments et moyens généraux, N.Frontanau, conseillère régionale et F.Cabanat, président de la chambre de Métiers et de l’Artisanat).

o À Alès, Solene-R conçoit et réalise des installations de climatisation solaire. Innovante, l’entreprise est aujourd’hui en recherche de financements pour son activité “recherche et développement”. (La société Solene-R, créée en mars 2012 : seconde étape de la tournée de Damien Alary, ici aux côtés de L.Affortit, vice-président du Conseil général en charge des finances et de l’administration générale).


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p p À Saint-Hippolyte-du-Fort, la société Claude Traiteur fabrique, conditionne et commercialise une gamme de produits de la mer dans l’ensemble du littoral méditerranéen. Créée il y a 15 ans, l’entreprise prend soin de privilégier les fournisseurs locaux et régionaux (pêcheurs de tellines de Beauduc, poissons du Grau-du-Roi…). Une approche de proximité, qui rejoint la politique de développement des circuits courts initiée par le Conseil général. (Le 14 novembre, Damien Alary visitait quatre entreprises du Grand Nîmes, du sud Gardois et du grand Viganais, dont la société Claude Traiteur). DD

Tourisme : Massereau, la démarche *****

Initiative Gard : le pied à l’étrier

En 2006, Jean Freychet anticipe et fonde le premier camping haut de gamme gardois. Hôtelier d’un établissement étoilé, il quitte alors les Alpes pour un retour aux sources. Le Domaine de Massereau, près de Sommières, est propriété de la famille depuis deux cents ans. À l’époque, l’exploitation viticole bat de l’aile. Aujourd’hui sorti d’affaire, le vignoble a pris le virage du bio et destine sa production à l’exportation. En 2010, le camping de Massereau a, lui, décroché sa cinquième étoile – le Graal vient récompenser des prestations sans cesse mises au goût du jour. Chalets, cabines, mobil-homes : soixante équipements locatifs et autant d’emplacements nus s’étalent sur les huit En créant le camping de Massereau, Jean Freychet a associé l’hébergement hectares de terrain. De la place, beau- à la viticulture, traditionnelle activité du domaine. coup de place, pour une clientèle, “étrangère en majorité et sensible à l’environnement. Gros avantage, la voie verte Sommières-Caveirac traverse Massereau et permet aux familles de partir à la découverte de la Vaunage.” Aujourd’hui, le sauvetage des vignes familiales acquis, reste à améliorer l’accès à l’eau. Jean Freychet souhaiterait un raccordement au Bas-Rhône. Visitant le domaine en décembre dernier, Damien Alary s’est voulu rassurant : “Nous avons besoin de ces très petites et moyennes entreprises qui innovent et dynamisent nos territoires. Pour les accompagner, nous devons répondre à leurs besoins d’infrastructures spécifiques”.   DD

1999 – 2011 : en douze années d’existence, Initiative Gard* a accompagné 699 entreprises gardoises. Sous forme de prêts d’honneur, l’association a débloqué 8,3 M€ sur la période – des fonds qui ont facilité les financements bancaires par effet de levier. Une aubaine pour l’économie locale. Le dispositif a permis de créer ou de sauvegarder près de 1800 emplois, d’éviter des dépôts de bilan, d’encourager des projets innovants. Bilan positif : près de 90 % des TPE aidées au démarrage ont franchi le cap des trois ans d’existence. Un objectif atteint avec le soutien du Conseil général. DD

Domaine de Massereau, route d’Aubais, Sommières – 04 66 53 11 20 – www.massereau.com

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* L’association était auparavant connue sous le nom de Gard Initiative.

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Senfas ou l’exigence bio

L

es filières courtes et le bio  : une histoire de vingt-cinq ans déjà pour Michel d’Ozenay, Bourguignon qui a créé Senfas à Saint-Privat-des-Vieux, entreprise qui fabrique et distribue des produits certifiés notamment par Ecocert. Ce mercredi, on assiste à la fabrication de steaks végétaux… Mais, demain, les ateliers seront reconfigurés pour cuisiner des flans aux châtaignes ou de l’estouffade de bœuf aux champignons. L’ancrage régional n’est pas un gadget  : l’approvisionnement se fait localement, et les deux dernières marques créées par Michel d’Ozenay déclinent toute une gamme de vieilles recettes cévenoles à partir de produits régionaux (cassoulet du Causse, ragoût du berger, tripes d’Alès, saucisses d’Anduze aux lentilles…). On les trouve sous les marques “Mijotés cévenols” pour la grande distribution et “Cévennes gourmet” pour les épiceries fines et petits commerces. Dans bien des domaines, Michel d’Ozenay est un précurseur. Premier en France pour les steaks bio sans gluten, seul en Europe à

L’aide du Département a été sollicitée pour une nouvelle extension – ce qui entre dans le cadre de son soutien à l’immobilier d’entreprise.

maîtriser toute la fabrication de raviolis cuisinés également sans gluten (livrés en grandes et moyennes surfaces), ateliers garantis sans allergènes, maîtrise de la stérilisation en barquettes plastique… : “Ces efforts se sont traduits par

de lourds investissements et des années de mise au point, mais nous voulons rester dans le développement durable jusqu’au

Vincent Cassaigne et Michel d’Ozenay devant la chaîne de fabrication de steaks végétaux. Au total, près de 4000 m2 d’ateliers et hangars de stockage, pour des produits exportés en Espagne, Italie, Suisse, Allemagne, Belgique, Canada… Un bureau en Turquie permet aussi la maîtrise de toute la chaîne, pour les fruits importés – quand la production régionale ne permet pas de fournir les quantités suffisantes.

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bout : nous récupérons aussi la vapeur de nos machines et réalisons ainsi des économies d’eau et de chauffage, en fonctionnant en circuit fermé ”. Le développement durable est aussi un mode de gestion : la PME compte cinq cadres (essentiellement des femmes), les décisions sont prises collégialement, les trente salariés ont de réelles possibilités de progression au sein de l’entreprise, les agents de maîtrise sont majoritaires, le recrutement souvent local… Même le marketing est “fait maison” pour les dernières productions. Michel d’Ozenay a d’ailleurs bénéficié du soutien d’une société coopérative de financement solidaire qui n’investit que dans les entreprises respectueuses de l’homme et de l’environnement. Alors, quand la très médiatique Babette de Rozières, chef cuisinier qui officie notamment sur France 5, choisit Senfas pour la création d’une gamme qui portera son nom, on n’est pas surpris. À découvrir lors du prochain MIAM, à Alès.   PF Senfas, 18 avenue Paul Valéry, Zone artisanale Les Espinaux, Saint-Privat-des-Vieux, tél. 04 66 54 33 50, www.senfas.com


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Ginkgo : un cas d’école

“J

’ai fait mes études à Nîmes, à l’IFAG * , et j’avais envie de continuer l’aventure sur place ”,

confie Damien Tignard, 29 ans, à la tête de Ginkgo. Avec l’un de ses associés, autre élève de l’IFAG issu d’un BTS Bois et habitat, il a développé un projet d’école autour de la construction et la commercialisation de maisons et d’extensions à ossature bois. En 2008, la question se pose  : salué au niveau national, ce projet ne pourrait-il pas se matérialiser dans le Gard  ? “La situation gardoise est

Habitat modulable avec matériaux naturels

idéale, très centrale, entre les Bouches-du-Rhône et l’Hérault. Mais nous avions déjà suivi des études payantes et n’avions pas assez d’économies pour nous installer.” Qu’à cela ne tienne. Innov’Up décide en 2008  d’accompagner le projet : “Ils nous ont aidés à le

rendre plus professionnel, à travailler sa faisabilité technique et commerciale ”. En 2009, les associés peuvent créer Ginkgo, à Garons, grâce à un prêt à taux zéro de 23  000  € proposé par Gard Initiative –

dispositif porté et financé principalement par le Conseil général. Grâce à ce renforcement des fonds propres, neuf salariés sont recrutés. L’originalité du concept fait mouche  : “Nous fabriquons et installons nous-mêmes

un habitat modulable, contemporain, avec des matériaux naturels… et habitable très rapidement”. Rapide, économique, sans nuisances L’entreprise, labellisée Effinergie (pour la performance énergétique des bâtiments), utilise du bois de qualité, certifié forêts PEFC ou FSC (promotion de forêts durables), et attend que la filière bois gardoise soit suffisamment structurée en amont pour recourir davantage aux espèces locales. Dans le cadre du Fonds de revitalisation du bassin d’emploi du Vigan mis en place par le Département, des mesures vont déjà dans ce sens.   PF (*) Institut de formation aux affaires et à la gestion

Contact : Ginkgo, tél. 04 66 67 40 95

Damien Alary, avec Denis Bouad, 1er vice-président du Conseil général, délégué au développement économique et à l’emploi, est allé à la rencontre de chefs d’entreprise innovants, à Garons, dans la zone industrielle Aéropole.

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“Un jeune, un parcours, un emploi” : où en est-on ?

“A

près un brevet professionnel et une première expérience, j’ai pu être embauchée en CDI à Quissac ”, se réjouit Nelly

Gall qui vient d’intégrer, à 24  ans, le salon de Coiffure YMG – Y pour Yvette, la grand-mère, M pour Martine, la

mère et G pour Géraldine, la gérante actuelle. Une affaire de famille sur trois générations, qui a survécu à l’épreuve des inondations et s’est refait une santé en déménageant dans un quartier plus fréquenté. “J’ai découvert le dispositif “Un jeune, un parcours, un

emploi” du Conseil général dans la presse, confie Géraldine Calistri. Nous remplis-

sions tous les critères : Nelly avait moins de 25 ans et était inscrite dans une Mission locale Jeunes. De mon côté, je gère une petite entreprise de 3 salariés et je proposais un CDI à temps plein.” La gérante peut donc bénéficier d’une subvention représentant 100 % du salaire net de Nelly pendant 6 mois, dans la limite de 8 000 €. Comme elle, ils sont 50  chefs d’entreprise à avoir profité d’une mesure qui, d’une part, sert de tremplin à l’emploi des jeunes et, d’autre part, privilégie, quand les entreprises ont plus de 50 salariés, les filières innovantes et vertes. Fort de son succès, le dispositif est reconduit en 2013.   PF Coiffure YMG, 3 8 avenue du 11 Novembre, Quissac, tél. 04 66 77 31 66 Contact dédié aux entreprises : Direction du Développement économique et de l’Emploi du Conseil général, tél. 04 66 27 34 97

v vidéo sur www.gard.fr dans votre webzine

Coiffeuses de mère en fille depuis 80 ans, elles ont pu faire face à un surcroît d’activité grâce au recrutement en contrat à durée indéterminée de Nelly, 24 ans.

Hôtel d’entreprises : un partenariat innovant Au départ, un constat : à l’issue de leur passage par l’incubateur de l’École des Mines d’Alès (EMA), trop peu d’ingénieurs-créateurs d’entreprises s’établissent dans le bassin alésien. Pour les retenir, la Société anonyme d’économie mixte du Grand Alès* (SAEM’Alès) et l’EMA optent aujourd’hui pour un partenariat innovant : l’hôtel d’entreprises Innov’Alès. L’ensemble – deux bâtiments construits au sein du Science Park de l’École des Mines, sur le site de Croupillac – réunit entrepreneurs, chercheurs et étudiants. “Les avantages de cette synergie sont multiples, explique Francis Chanove, directeur administratif de la SAEM’Alès. L’effort financier consenti par les collectivités (Département, Région, État) permet de proposer aux jeunes entreprises des loyers abordables – des économies qui autorisent des investissements structurants. Au premier chef, la recherche et développement et le recrutement du personnel.” Du stade de l’incubation à celui de la commercialisation, le lien est fait et des passerelles se tendent avec les laboratoires de l’EMA et son Institut des Sciences des Risques. Depuis juin, ce creuset d’innovation regroupe quatre entreprises. Deux d’entre elles (Olentica, traitement des odeurs industrielles ; SAFER, équipements destinés à la protection industrielle) ont été incubées par Innov’Up (la couveuse de l’EMA), depuis rejointes par deux autres sociétés. À terme, les 2 000 m² d’Innov’Alès en accueilleront une trentaine, sur des baux de 24 mois. Loyer modéré, parties communes, échanges et partage de compétence, l’hôtel d’entreprises pourrait bientôt ressembler à une pension de famille.   DD * Propriété de la Communauté d’agglomération du Grand Alès, la SAEM’Alès est notamment partenaire de la Chambre de commerce et d’industrie d’Alès et de l’Agence de développement Alès Myriapolis.

Contact : Hôtel d’entreprises Innov’Alès, SAEM’Alès, 04 66 56 40 40. 16 | LeGARDMAG | février 2013


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TPE : prime à l’audace Deux hommes, deux entreprises gardoises soutenues par le Conseil général et couronnées le 28 novembre dernier par le prix de la Très Petite Entreprise. Gérant de “Vaunage Passions Vélos” à Calvisson, Frédéric Augias a développé le coaching cycliste. Virgile Cazals a, quant à lui, ressuscité un métier disparu : sellier. Zoom sur son activité.

À

27 ans, Virgile Cazals est le plus jeune artisan de France dans le domaine pointu de la confection sur mesure, l’un des derniers à prendre le temps de découper, coudre et clouter le cuir. Le résultat tient autant de l’œuvre d’art que du matériel de cavalerie. Deux cents heures de travail et près de cent cinquante opérations réalisées pour l’assemblage d’une selle camarguaise  : à l’atelier d’Aigues-Mortes, les journées sont longues. Sorti des nouveaux locaux – Virgile y a aménagé en janvier 2012 – l’artisan part à la rencontre de clients exigeants, écuyers olympiques ou cavaliers professionnels. Il résume rapidement son agenda : “On se lève,

Les selles de Virgile Cazals : du fait main qui s’exporte dans le monde entier.

c’est cheval. On travaille, on mange, on dort, c’est cheval”. Un nombre incalculable de sacrifices, une exigence extrême… À vingt-sept ans, le jeune homme marche vers la perfection à allure forcée. Ses modèles furent jadis ses mentors. Ils sont aujourd’hui ses clients : auprès de Jean-Luc Parisot, responsable de l’atelier sellerie de l’école de cavalerie de Saumur, et JeanLouis Guntz, maître-écuyer du Cadre Noir, tous deux meilleurs ouvriers de France, Virgile Cazals a appris la patience et l’humilité. Le ressort de son énergie : un accident qui le laissa à demi-paralysé pendant trois ans. Son rêve : ouvrir son propre show-room à Montpellier, à l’instar d’Hermès à Paris. En attendant de le concrétiser, Virgile prépare le concours du meilleur ouvrier de France et innove encore : sa dernière création, un système révolutionnaire de prothèses pour la rééducation des chevaux blessés.   DD Vaunage Passion Vélos à Calvisson – www.vaunagepassionvelos.com – tél. 04 66 81 43 78 Sellerie Virgile Cazals à AiguesMortes – www.sellerie-cazals.com – tél. 06 26 96 84 58

Prix de la TPE : une initiative soutenue par le Département Le Prix de la TPE (Très Petite Entreprise) est organisé depuis 2003 par le CCREM (Club pour la croissance et la réussite des entrepreneurs de Méditerranée). Initialement destiné aux entreprises héraultaises, il s’est étendu cette année au territoire gardois, avec le concours du Conseil général. 

Passion Vélo Lauréat du Prix TPE dans la catégorie “Piloter”, Frédéric Augias, gérant de Vaunage Passion Vélos à Calvisson, a créé une activité de coaching cycliste il y a un an. Cours particuliers ou collectifs, sur forfaits, la formule séduit. Une réussite : “Nous avons un très bon retour des clients, confie le jeune chef d’entreprise. Ce prix régional m’a apporté de la fierté et une reconnaissance des clients comme des professionnels. Le Département m’a soutenu dès le départ, une aide déterminante.” Coup de pouce à une démarche militante : pour Frédéric Augias, “il faut aujourd’hui favoriser les déplacements à vélo pour les trajets les plus courts.”

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Vu du Gard

“Un toit, une œuvre” : Depuis 2003, la Communauté de Communes Vivre en Cévennes est partenaire de l’Artothèque de Nîmes, à laquelle elle emprunte une quarantaine d’œuvres d’art contemporain par an, afin de les faire circuler sur son territoire. Les habitants des huit communes, comme les collectivités et les entreprises, peuvent gratuitement les héberger pendant deux mois – d’où le nom de l’opération : “Un toit, une œuvre”… Et les écoles ne sont pas en reste.

Donner un toit à une œuvre : des écoles se sont emparées de l’idée, pour l’intégrer à leur projet pédagogique. Elles peuvent bénéficier de l’intervention de l’artiste plasticienne Bettina Kraemer, qui anime des ateliers à raison de deux heures hebdomadaires. À l’école primaire du Martinet, Bettina vient depuis longtemps. Les enfants lui sautent au cou. Au mur, l’œuvre réalisée l’an dernier, à partir de photographies de plaques d’égout. Sébastien Ferigal, le directeur, a souhaité cette fois construire un projet, “Tous artistes”, sur le thème de “La forêt mécanique”. Les enfants se répartissent en trois ateliers, tous âges mélangés : danse, théâtre et arts plastiques.

On s’inspire du Don Quichotte pour dessiner son œuvre personnelle. Afin de créer une familiarité avec l’œuvre d’art, quoi de mieux que de mettre soi-même la main à la pâte ?

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Un groupe, du CP au CM2, observe d’abord les œuvres exposées : une gravure sur bois de Jean-Marc Scanreigh, une lithographie de Dali et une sérigraphie de Cabu. On l’aura compris : le travail portera d’abord sur les techniques d’impression. L’Artothèque de Nîmes compte, dans sa riche collection, des œuvres d’Andy Warhol, de Pierre Alechinsky, de Delaunay, d’Hervé Di Rosa, de Claude Viallat etc.

Travaux pratiques : chacun va appliquer un rouleau d’encre noire sur une feuille de plastique.

C’est un peu dur d’activer la manivelle de la presse, quand on est petit ! Bettina K. donne un coup de main. L’artiste, née en Allemagne, spécialisée dans l’illustration à Aix-la-Chapelle, travaille en France depuis 1987. En 2006, elle ouvre l’espace Le Garage, à Saint-Ambroix, où elle anime des ateliers. Chaque année, 20 à 25 classes la sollicitent pour “Un toit, une œuvre”.


l’art en partage

Le groupe est tombé sous le charme du Don Quichotte de Dali. Il étudie les mentions sur le tableau. “Que signifie 9/16 ?”, demande Bettina. Les réponses fusent : “C’est sa note !”, “Non, c’est la date”, “C’est plutôt l’heure : le tableau a été fait à 9 h 16.” Ah ? “Alors, sur l’autre tableau, 155/300, c’est encore l’heure ? Non : 300 tirages ont été faits de la lithographie de Dali, et on nous a prêté le n° 155.”

Le moment magique où l’œuvre est révélée. Au service culturel de la Communauté de Communes, Stéphanie Gainet rappelle que : “Tout commence en juillet, par un choix d’œuvres à l’Artothèque. En novembre, les tableaux sélectionnés sont exposés. Pendant l’année, les écoles viennent chercher les œuvres. En mai-juin, une deuxième exposition permet de présenter en parallèle les œuvres originales et celles réalisées par les enfants.”

Ambiance appliquée. On se salit les doigts mais ce n’est pas grave : l’encre part à l’eau.

Et voilà ! Loïs est fier du résultat. Et Serge de Albertis, directeur de l’Artothèque, a réussi son pari : “Démystifier l’œuvre d’art… Qu’elle puisse voyager, trouver sa place dans tous les foyers. C’est un projet pédagogique, mais c’est aussi créer du lien social. On a un coup de cœur pour une œuvre, on l’emporte chez soi et on invite des amis à qui on veut en parler.” L’Artothèque est soutenue par le Conseil général pour ses actions sur le territoire. Elle compte deux antennes, à Rousson et au Vigan.

Contacts : Communauté de Communes Vivre en Cévennes, tél. 04 66 85 61 85 Artothèque de Nîmes, 9 rue Emile Jamais, tél. 04 66 76 02 01 Bettina K. tél. 04 66 83 82 61 Reportage réalisé par PF février 2013

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Expression libre

Groupe socialiste et apparentés

Groupe communiste - Front de gauche

Base aérienne : une décision historique

Implication citoyenne dans le débat

Il aura fallu une volonté locale forte, impulsée par le Président Damien Alary, l’écoute et la détermination du Ministre de l’Intérieur Manuel Valls, pour que Nîmes et le Gard puissent à nouveau envisager un avenir pour l’aéroport.

À l’occasion des débats budgétaires dans chacune des collectivités territoriales (Communes, Départements et Régions) nous évaluons concrètement les conséquences des mesures de rigueur successives de 11 années de politique de droite.

Depuis 2002, le travail entrepris n’avait pas suffi à convaincre définitivement le gouvernement Sarkozy/Fillon, le même qui avait fermé la base aéronavale de Garons en juillet 2011, de décider le transfert de la base aérienne de Sécurité civile de Marignane à Nîmes. Ce n’est qu’à la faveur du changement de gouvernement, que le Département a repris le dossier en main. Sensibilisé à ce dossier important pour le Gard par Jean Denat à qui le Président Alary a confié cette mission, le nouveau Ministre de l’Intérieur a pris une décision historique en officialisant le déménagement de l’obsolète base de sécurité civile de Marignane, sur le site de Garons. Notre volonté politique de porter ce projet d’aménagement du territoire, très important pour l’avenir économique du Gard, a été forte. Elle est aujourd’hui récompensée. L’arrivée de cette BASC, au delà du maintien des 650 salariés sur le site, permettra aussi et surtout la création de 350 emplois d’ici trois ans dans l’aéronautique ainsi que le développement de l’activité de l’aéroport par l’installation de nouvelles entreprises. La droite a fermé la base aéronavale de Garons, la gauche a implanté une base aérienne de Sécurité civile sur ce site. C’est cela que l’histoire de notre territoire retiendra.

Comment faire pour que des solutions alternatives à l’austérité voient le jour  ? Comment faire pour que des millions de Français, qui ont espéré au printemps 2012, voient enfin le changement annoncé ? Les Élus Communistes – Front de gauche veulent contribuer à faire naître des rassemblements indispensables pour changer le cours des choses. Être inventif et audacieux, voilà la tâche prioritaire qui nous attend pour 2013. Nous souhaitons qu’une nouvelle voie soit prise, qui aurait comme fils conducteurs justice sociale, efficacité économique, croissance utile à l’emploi et à l’environnement. Aussi, préparons ensemble les conditions pour peser dans les débats ; ainsi nous pourrons construire une bonne année 2013. Pour cela, votre implication citoyenne ces prochaines semaines avec le vote de notre budget, sera décisive. Les élus du groupe Communiste Front de Gauche seront mobilisés pour qu’elle soit la plus forte possible. groupecommuniste@cg30.fr

groupe.socialiste@gard.fr

Groupe des Écologistes et Républicains

UMP, Centre et Indépendants

Défis budgétaires pour 2013

Un budget difficile à “boucler”

Alors que certains s’exilent volontairement pour échapper au fisc, d’autres préparent activement le prochain budget 2013. Exercice périlleux s’il en est pour l’État comme pour les collectivités territoriales, qui nécessite tout à la fois ambition politique pour mener à bien les futurs projets et prudence pour ne pas fragiliser les ménages les plus exposés. D’autant que l’héritage laissé par la Droite dans la gestion des comptes publics est particulièrement lourd. Le budget des collectivités territoriales est étroitement lié à celui de l’État. Pour 2013, il leur est demandé de participer à l’effort de redressement. Mais quelles sont les marges de manœuvre  ? Une véritable réforme fiscale pour donner de réels moyens aux collectivités s’impose. La solidarité territoriale par le biais de la péréquation financière entre les collectivités locales doit jouer à plein ainsi qu’à travers l’utilisation des fonds européens.

À cette période de l’année, il était d’usage de commenter le budget de l’exercice qui démarre.

Nous devons faire preuve de discernement et de courage politique dans les choix et les répartitions à faire. Les crises dans lesquelles nous nous trouvons nous obligent à plus de solidarité envers les Gardois(es). Acteur économique du territoire, le Département doit maintenir ses dispositifs notamment ceux en direction des jeunes, favoriser les emplois d’avenir et les contrats de génération. Il doit aussi aider les entreprises dans le développement de nouvelles filières particulièrement dans l’économie sociale et solidaire. groupe.ecologistesetrepublicains@gard.fr

Or, à l’heure où nous écrivons ces lignes, le DOB n’a pas eu lieu. Le président ALARY a en effet été contraint d’en repousser la date car il lui manque 42 millions d’euros pour arrêter son budget. En désespoir de cause, il fait appel au Premier Ministre afin d’obtenir une aide dans le cadre du fonds spécifique, lequel se monte à 170 millions d’euros pour la totalité des départements français… Difficile d’imaginer que le Gard puisse bénéficier du quart de cette somme. Difficile aussi pour le Président de se défausser sur le Gouvernement, comme il en avait la fâcheuse habitude du temps de François Fillon… Il existe pourtant des pistes intéressantes pour assainir la gestion du département sans assommer les Gardois en augmentant une fois de plus leurs impôts, d’autant que beaucoup d’entre eux souffrent d’une baisse de pouvoir d’achat. D’abord, et compte tenu de l’obligation d’un plan de rigueur, il apparaît nécessaire de mener une réelle politique d’investissement dans le cadre strict des compétences du département plutôt que de mener une politique électoraliste et “budgétivore” de saupoudrage. D’autre part, il conviendrait, comme l’a relevé le dernier rapport de la cour régionale des comptes, de faire des économies conséquentes dans la gestion du parc automobile, au niveau de la DRH et des frais de communication et de représentation. Une réflexion en direction d’une participation des usagers en matière de transport pourrait être menée, l’objectif étant de ne pas creuser les déficits constatés dans certaines compétences. Bref ; nous avons bon nombre d’idées que nous ne manquerons pas de soumettre à l’Assemblée Départementale. groupe.irl@gard.fr

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Vu du Gard

Yann Cruvellier fait de sa maison d’édition un écrin pour les talents gardois, et du Gard un vivier d’images pour les talents venus d’ailleurs. Liberté, tolérance, indépendance sont les valeurs qu’il sait défendre, dans un catalogue déjà très riche.

Alcide en toutes

(belles) lettres

O

n avait découvert la maison d’édition Alcide, créée à Nîmes en 2005, par les magnifiques textes de Gilbert Léautier, écrivain d’Aujac. On l’a vue grandir avec sa collection Panorama, qui invite de grands photographes à exprimer leur talent sur la région – comme Mario Colonel avec Cévennes. Puis on l’a sentie s’ancrer plus profondément dans le territoire et sa mémoire, avec des œuvres aussi différentes que Stevenson en Cévennes, de Michel Verdier (collection Grand Angle), ou La nuit des Camisards, de Lionnel Astier, dans la collection Découverte – dont une des dernières publications, Jean-Pierre Chabrol, le rebelle, de Michel Boissard, a reçu le Cabri d’Or 2012 (Prix de l’Académie cévenole). L’idée d’une série dédiée aux grands auteurs gardois avait d’ailleurs séduit le Conseil général, partenaire du projet. Francis Ponge, Vies parallèles , comme Francis Ponge, profession : artiste en prose, de Gérard

Farasse, et le Petit dictionnaire des écrivains du Gard de Serge Velay, Michel Boissard et Catherine Bernié-Boissard ont déjà vu le jour. En 2013 sortira un livre sur Jean Paulhan. Le but ? “Donner envie d’aller lire les auteurs gardois”, rappelle modestement Yann Cruvellier, l’éditeur, très investi dans son rôle de passeur. “Les

faire rayonner au-delà des frontières gardoises”, ajoute Serge Velay qui dirige cette collection. À la suite de Visas pour le Gard, publié chez Au Diable Vauvert, le Département voulait continuer à illustrer les figures remarquables du paysage gardois. Marc Bernard, Jean Carrière, Christian Liger, Antoine Rivaroli dit Rivarol… La liste est longue. Alcide publie quinze livres par an, exigeants sur le fond comme sur la forme. Un vrai tour de force, dans un contexte éditorial difficile.  PF

“Donner envie de lire les auteurs gardois”

Chez votre libraire. Et aussi : Éditions Alcide, 11 rue Marc-Sangnier à Nîmes, tél. 06 12 21 30 53, www.editions-alcide.com février 2013

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Vu du Gard

Belles plantes

gardoises… bio

Homéopathie et phytothérapie, cosmétiques, herboristerie, compléments alimentaires…Cultiver les plantes à parfums aromatiques et médicinales (PPAM) bio répond à la demande d’entreprises de transformation locales, et permet aux agriculteurs gardois de diversifier leur production. Une manne possible quand on sait que le marché mondial des PPAM représente 64 milliards de dollars, avec un taux de croissance annuel de plus de 10 %.

“J

e voulais lier un projet d’exploitation à un projet touristique, car je suis déjà labellisé “Bienvenue à la ferme” et “Gîtes de France” pour mon camping et mes gîtes ruraux, confie

Christophe Taulelle, à la tête du Lavoir d’Arlinde. Alors, pour pré-

server des pesticides les eaux thermales d’Allègre-les-Fumades, je me suis installé en bio.” Avec ses 2,5 ha de sarriette, de thym et de thym citron bio produisant 400 kg de

Les chiffres Les PPAM, dans le Gard, ce sont :

73 hectares 43 producteurs

Les plantes servent à l’herboristerie ou à la distillation.

feuilles sèches, et 3 ha de cueillette sauvage bio, il fait partie de ces nouveaux producteurs qui ont choisi de se diversifier dans un secteur à haute valeur ajoutée, les PPAM… mais pas à n’importe quelle condition :

“Nos débouchés sont déjà assurés, grâce à une contractualisation avec des entreprises locales comme Arcadie, leader français sur le marché des épices et plantes bio installé à Méjannes-les-Alès, qui commercialise ses produits sous les marques Herbier de France et Cook”. À

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La conversion aux PPAM bio : une démarche cohérente, pour Christian Taulelle, qui a participé aussi à l’opération “Un fruit pour la récré” au collège de Brignon, avec le Conseil général et la Chambre d’Agriculture.

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Lussan, le laboratoire Gravier, spécialisé dans les bio-cosmétiques, est aussi un bon client potentiel, même si ses fournisseurs viennent aujourd’hui plutôt de la Drôme. Golgemma, producteur d’huiles essentielles dans l’Aude, pourrait aussi s’approvisionner sur place. Elle appartient, avec Arcadie, à Sud Aroma Bio, un groupe d’entreprises et de coopératives du Sud-Est qui veulent dévelop-


Valoriser les circuits courts Structurer une filière régionale, faciliter la rencontre de l’offre et de la demande sont donc des enjeux forts dont s’est emparé le Conseil général avec l’appui du Civam Bio et de la Chambre d’Agriculture du Gard. Un forum, organisé au Pont du Gard le 4 décembre dernier, avait cet objectif. “J’y ai rencontré une per-

sonne intéressée par la distillation des pétales de mes fleurs de safran”, indique François Brun, qui produit 3 000 pieds de safran bio à Aramon, vendus sous la marque Le Safran des Cévennes. “Le fo-

Rhône, et en aval, puisqu’Arcadie va devenir mon partenaire de commercialisation”, renchérit Laurent Merle, récemment converti et acquéreur de 100 000 plants de PPAM. Quand l’agriculture se soigne par les plantes

“Il faut apporter des connaissances aux producteurs, les aider à se mettre en situation de répondre à la demande des entreprises, confirme Julie Perrin, animatrice au Civam Bio du Gard et active au sein de Bio Garrigue Méditerranée, association de producteurs de PPAM bio qui permet de centraliser les commandes de plants et mutualiser leurs moyens. Ils bénéficient

aussi du soutien du CRIEPPAM à Manosque, spécialisé dans la recherche, l’innovation et les techrum m’a été utile en amont, pour niques de culture.” À Montpeltrouver un fournisseur de plants lier, Sud et Bio rassemble procertifiés bio, dans les Bouches-du- ducteurs et entreprises bio du

© Nora Dermech

per l’achat en France plutôt qu’à l’import, augmenter les surfaces de production et sécuriser les revenus des producteurs.

Languedoc-Roussillon pour développer des filières solidaires. Un secteur en pleine effervescence, donc, qui distille déjà ses bienfaits sur l’économie locale.  PF

Lavande cultivée.

PAROLE D’ÉLU Lionel Jean, conseiller général délégué à l’Agriculture

© Nora Dermech

En bio, les eaux florales sont valorisables pour certaines espèces, comme la sauge (notre photo).

2e département français en nombre de producteurs bio, nous avons une carte à jouer dans le développement des PPAM : notre climat est très favorable, des entreprises de transformation sont déjà implantées sur notre territoire et nos agriculteurs ont besoin de diversifier leur production. Depuis 2009, le Conseil général a ainsi investi plus de 280 000 € pour aider la filière PPAM bio à se structurer et développer le bio de proximité.

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gardmag 94  

Numéro du mois de Février 2013

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