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ECOLE LES BORDS DE GARONNE A SAINT-LOUIS-DE-MONTFERRAND SOMMAIRE UNE ECOLE A FLOT SUR SON AGENDA 21  Un pédibus dans les starting block !  Des déchets devenus centres d’intérêt  Les comités de pilotage LES INTERVIEWS : Parole à…  Madame Rangier, directrice  Véronique Santenac, D.D.E.N

UNE ECOLE A FLOT SUR SON AGENDA 21 L’école « Les Bords de Garonne » de Saint-Louis-de-Montferrand porte bien son nom ! Située à cent mètres seulement du fleuve, sur une presqu’île classée Natura 2000, sa situation est privilégiée. Engagée depuis 2007 dans un Agenda 21 scolaire, ces deux années ont été ponctuées de diagnostics et d’actions concrètes. Rappel en mots et en images…

L’entrée de l’école

Les bords de la Garonne

Les membres du comité de pilotage

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Un pédibus dans les starting block ! Selon la méthodologie d’un Agenda 21, la thématique liée à l’éco-mobilité a débuté par une enquête. Des questionnaires ont été distribués aux parents en 2008 et deux réunions de sensibilisation ont été organisées en juin 2008 et en septembre de la même année. « Les résultats ont montré qu’un maximum de parents étaient prêts à confier leurs enfants et à les accompagner à tour de rôle » souligne Sophie Laborde du Creaq. Après cette phase de diagnostic et la sensibilisation, un plan d’actions est en cours, avec principalement un projet de lancement d’un pédibus ou « mon bus à pied pour l’école » !

Des freins retardent la mise en place du pédibus… L’investissement a été fort l’année dernière mais « la mise en place du pédibus est plus facile à dire qu’à faire » explique Sarah Tenan, parent d’élève. « Il est nécessaire de contracter une assurance par le biais d’une association ou d’une fédération. Par ailleurs, Il manque une personne pour s’en occuper, chargée de le coordonner, de créer les lignes, de croiser les itinéraires et de gérer le planning. Les personnes qui s’investissent sur la commune sont toujours les mêmes... C’est dommage, il ne manque Sarah Tenan, parent d’élève pas grand-chose pour que le pédibus soit lancé. Les parents sont partants et les enfants seraient ravis de venir à l’école autrement qu’en voiture ».

… mais des solutions peuvent les lever Sophie Laborde apporte des précisions et propose des solutions : « La responsabilité civile est suffisante pour la mise en place d’un pédibus. Pour rassurer les parents, une assurance spécifique peut être contractée mais la création d’une association spécifique n’a aucun caractère obligatoire. Il est possible de s’appuyer sur des structures existantes, sous statut associatif, comme l’accueil périscolaire par exemple. Enrique Onate, président de la Fédération Mille-pattes peut apporter son soutien ». Sophie Laborde, responsable du pôle éducation du Creaq

Les moyens de débloquer la situation Pour que ce pédibus « ne tombe pas dans les oubliettes », il faut à nouveau aborder ce projet avec les parents, en profitant des beaux jours, période plus favorable à une mise en place. Le 4 avril, une manifestation sur le thème de l’éco-citoyenneté sera l’occasion de communiquer et de distribuer des prospectus aux parents. La question de l’assurance va être évoquée au niveau de la mairie.

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Eco-mobilité : comment améliorer la circulation sur les trottoirs ? Lors du bilan réalisé en 2008, un constat avait été fait : il n’est pas toujours facile de se déplacer sur les trottoirs en raison d’une végétation « débordante ». En raison des accotements très boueux ou du stationnement des voitures sur les trottoirs, les piétons sont dans l’obligation de descendre sur la chaussée. Il est regrettable que les larges trottoirs ne puissent être utilisés pour circuler librement et en toute sécurité. Cela peut être un frein aux déplacements à pied. Une demande a été formulée auprès de la mairie afin de couper la végétation qui empiète sur le passage.

Des déchets devenus des centres d’intérêt En 2008, la phase de diagnostic et de sensibilisation autour de l’écoconsommation avait donné lieu à un important travail de collecte de données, analysées par les plus grands (notamment sur le gaspillage à la cantine). Un questionnaire sur leurs habitudes de tri avait été distribué aux familles pour sensibiliser également les parents. Le doigt avait été mis sur la question des déchets. L’école a donc décidé de s’attacher à cette problématique, autour de deux sujets principaux : le papier à l’école et les décharges sauvages.

Du papier par cartons entiers : comment éviter le gaspillage ? La phase de diagnostic a commencé par la collecte des papiers jetés à la poubelle dans toutes les classes. Ils ont été rassemblés dans des cartons pour en calculer le volume.

En 15 jours de collecte, le nombre de cartons s’élève à 12, soit une moyenne de 2 par classe. Après ce constat, une question est tout naturellement posée : comment réduire le volume ? Des propositions d’actions ont été définies en comité de pilotage :  Utiliser le recto/verso des feuilles  Utiliser les parties blanches  Ecrire au crayon à papier  Réfléchir avant d’écrire !  Ne pas écrire systématiquement du papier tout neuf 6 affiches seront réalisées par les élèves pour rappeler ces 5 règles. Question subsidiaire : que faire des cartons ? Les recycler bien sûr… ou en faire une jolie structure sous le préau pour les rendre sympathiques ! Ce point donnera lieu à des propositions lors d’un comité de pilotage.

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Un problème récurrent : les décharges sauvages Lors de la phase de diagnostic, des sorties, classe par classe, ont permis aux élèves de se rendre sur les espaces de tri de la commune (ex. les containers pour le verre) afin d’en dresser un inventaire. Les enfants ont suivi un itinéraire, défini lors d’un comité de pilotage, tracé en rouge sur le plan de la ville. En février 2009, un reportage photos sur les décharges sauvages a été réalisé par les élèves, aidés de quelques parents.

Les enfants ont été stupéfaits par la nature des déchets déposés n’importe où : papiers, canettes, bouteilles mais aussi pneus, appareils électroménagers, meubles… ainsi que des dépôts végétaux, à 5 minutes seulement de marche de l’école. A noter : pour des raisons de sécurité, ce repérage n’a pas été réalisé au bord même de la Garonne mais les élèves auraient pu en voir autant ! Tout ce travail de recensement a permis d’aborder la question du recyclage et de la destination des déchets : bennes prévues à cet effet ou déchetteries.

Les représentants d’élèves présentent des travaux… inspirés ! Lors du comité de pilotage du 20 mars 2009, les élèves ont présenté des panneaux sur lesquels ils ont pu exprimer leur mécontentement et leur désapprobation. Ils ont associé les photos à des accroches : un travail digne d’un rédacteur publicitaire !

Une élève de CM2

Un élève de CM1

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Parmi les accroches proposées par les élèves : « Ils dépassent les bornes ! » « La rivière n’est pas une déchetterie ! » « On ne savait pas que les gens conservaient leur nourriture dehors ! (légende réfrigérateur)

« Pas de prise, pas la peine d’essayer » ! (légende aspirateur) « Avec une porte de placard, on va finir par broyer du noir ! » (légende armoire) « C’est dépasser les limites que de jeter un aspirateur dans le fossé le long de l’eau »

Cette campagne sera diffusée au grand public M. Velasquez, conseiller municipal en charge de la commission développement durable, explique que les 4 communes de la presqu'île d'Ambès (Ambarès, Ambès, Saint-Louis-de-Montferrand et Saint-Vincent-de-Paul) s’associent pour une grande opération de nettoyage le 4 avril 2009. Le travail des élèves sera exposé lors cette manifestation car Monsieur Le Maire a sollicité le prêt de ces panneaux.

M. Velasquez, conseiller municipal en charge de la commission développement durable

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TRANSPARENCE SUR L’HUILE… Lors d’un comité de pilotage une idée d’enquête sur le tri et le recyclage de l’huile de vidange avait été proposée. Une élève a recueilli de l’huile de moteur, avant et après utilisation, chez son oncle garagiste, dans deux flacons différents. Les élèves ont ainsi pu observer la différence, ce qui a donné lieu à quelques explications.

Comparaison entre deux huiles de moteurs : neuve et usagée Depuis de nombreuses années, les huiles usagées sont stockées dans des cuves avant d’être dirigées vers des centres de retraitement. La question de l’huile de friture, jetée dans l’évier est abordée : où vont ces huiles ? Sophie Laborde du Creaq apporte une précision : l’huile minérale, à base de pétrole, chargée de polluants, ne doit pas se retrouver dans la nature. A contrario, l’huile de cuisine (olive, tournesol, colza…) n’est pas dangereuse pour la nature mais elle « empoisonne » les tuyaux des égouts et se retrouve dans une station d’épuration. C’est pourquoi il faut dire à ses parents de récupérer les huiles alimentaires dans des bouteilles au lieu de les vider dans l’évier pour les apporter dans les déchetteries.

Les comités de pilotage Les travaux des élèves et les résultats des enquêtes sont présentés au cours de ces réunions, ainsi que les propositions d’actions. C’est un lieu de débat et d’échanges où chacun a la parole. Quelques extraits en images…

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LES INTERVIEWS : parole à… Madame Rangier, directrice Quelles ont été vos motivations à vous engager dans un Agenda 21 scolaire ? En premier lieu pour que les enfants prennent conscience de l’environnement qui les entoure et profite de la situation exceptionnelle de l’école, en bord de Garonne. Ensuite, c’est une excellente entrée pour aborder des connaissances scolaires à travers leur vécu le plus proche. La démarche a été unanime et c’est un travail de toute l’équipe des enseignants : Béatrice Brisson, Marie Klein, Soledad Ramos, Marie-Hélène Rangier, Flora Rey, Christine Sahagun.

En 2e année d’Agenda 21 scolaire, quels effets mesurez-vous ? Cette démarche a apporté aux enfants une grande ouverture, de leur monde d’enfant à la réalité du monde extérieur, avec une plus grande attention aux autres et un peu plus de respect. Pédagogiquement c’est une autre façon d’entrer dans des apprentissages rébarbatifs ou de pouvoir, par ces apprentissages, aborder des sujets qui les intéressent en impliquant un maximum d’enfants sur des thèmes très divers.

Quelles leçons retenez-vous de cet Agenda 21 scolaire ? En première année nous n’avions pas pris le temps de poser des mots simples. Seuls les grands étaient en mesure d’assurer le relais et d’être porte-parole dans leur classe. C’est pourquoi en fin d’année, l’équipe pédagogique s’est penchée sur le rendu des comités de pilotage. En deuxième année, nous nous sommes adaptés et tous les élèves référents sont en mesure de rapporter les décisions prises lors des comités de pilotage, qui sont des moments d’échanges et de langage. Les enfants font aussi l’apprentissage de la prise de notes.

S’est-il ouvert à des membres autres que l’équipe enseignante ? La mairie a toujours été très présente, souvent représentée par l’adjoint à la nature, monsieur Velasquez. Véronique Santenac, DDEN (lire interview) assure le lien avec la mairie. Depuis le début, les deux parents d’élèves élus se sont investis, Sarah Tenan et Lysiane Ducazeaux. Tout cela permet la continuité des actions.

Un mot de conclusion ? Je suis satisfaite de l’accompagnement qui a été fait. Sophie Laborde du Creaq, notre correspondante, a été très disponible et pleine de bonnes idées pour nous aider dans la mise en œuvre. Nous avons trouvé l’appui que nous attendions sans qu’il soit pour autant intrusif. Nous avons pu disposer librement de matériel en fonction de nos idées. C’est une belle expérience à vivre et à faire vivre aux enfants. Merci à la Cub d’avoir eu cette idée ! Dommage que ça ne dure pas plus longtemps ! Il faudrait une troisième année d’appui. 8


LES INTERVIEWS : parole à… Véronique Santenac, Déléguée Départementale de L’Education Nationale (D.D.E.N) UNE DEMARCHE UTILE ET FORMATRICE Comment et pourquoi participez-vous aux comités de pilotage ? La directrice de l’école, Mme Rangier, m’a invitée à participer à la démarche Agenda 21 scolaire en qualité de D.D.E.N depuis juin 2008. Ma fonction, bénévole, consiste à veiller et à favoriser les bonnes conditions de vie des enfants, à l'école et autour de l'école (lire encadré ci-dessous). Dans ce cadre, je peux aider l’établissement dans ses relations avec la mairie et effectuer par exemple des recherches pour telle ou telle démarche.

Comment avez-vous perçu le travail des enfants à votre arrivée ? J’ai été surprise par la connaissance des enfants sur les questions du développement durable. Personnellement, j’ai la fibre écologique, et j’avoue avoir été impressionnée par leurs idées et leurs réflexions. Le dispositif conduit par la Cub est bien orchestré et foncièrement très intéressant, avec un suivi et des réunions périodiques. Il débouche sur des actions concrètes que j’essaie de valoriser. Les enfants ont réalisé une fresque murale sous le grand préau et les escaliers. Je vais me renseigner pour savoir s’ils peuvent participer à un concours sur les peintures murales scolaires…

Ce type de projet est-il appréhendé de façon différente dans une école en zone semi-rurale que dans une école de centre-ville ? L’école est plus petite ici que dans une grande ville. Les enfants et parents se connaissent tous pour la plupart et la mairie est située à deux pas de l’école. Forcément, cela joue sur la proximité géographique et relationnelle. Les rapports sont moins anonymes et plus familiaux. Il est donc plus facile a priori de solliciter quelqu’un. Maintenant, sur le fond, la logique est la même. L’Agenda 21 scolaire aide les enfants à prendre conscience des enjeux de notre environnement, et des bonnes pratiques à mettre en œuvre. C’est également très formateur sur le plan pédagogique car chaque action les incite à faire des travaux d’enquête et à mêler les disciplines : calcul, français, géographie…Tout se complète en fait. Un rôle d’animation et de médiation Au-delà de la surveillance des bâtiments scolaires, le D.D.E.N (délégué départemental de l’Education nationale), désigné par l'Inspecteur d'Académie, participe activement à la vie de l'école. Il lui appartient de favoriser la création et le développement des œuvres complémentaires de l'Ecole publique. Ces actions ne peuvent être menées à bien que si elles sont conduites en harmonie avec les enseignants, les parents et les élus. Son rôle n’est pas seulement consultatif car il peut être déterminant dans la suite donnée aux débats du Conseil d'Ecole. Le D.D.E.N. reste le mieux placé pour contribuer à la bonne entente indispensable à la réussite des différentes activités scolaires et périscolaires entreprises ou projetées. En savoir plus : www.dden-org (lien à faire avec le site).

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