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Fiche D

« je salie, tu salies, nous salissons, … » INDEX EN SAVOIR PLUS..................................................................................... 2 IDEES DE SEANCES .............................................................................. 11

Fiche sensibilisation à l'écoconsommation - « Je salie... »

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EN SAVOIR PLUS Nettoyer, désinfecter, blanchir, faire briller... la société contemporaine a déclaré la guerre aux saletés. Aujourd’hui, il faut être toujours plus hygiénique et aseptiser à tout va. Une phobie du microbe qui incite à briquer et à nettoyer à grand renfort de poudres, lessives ou lingettes. Une pratique pas si nette pour notre environnement et notre santé.

La pollution domestique et urbaine Chaque Français utilise en moyenne 137 litres d'eau par jour... dont la quasi-totalité est ensuite rejetée : ce sont les eaux usées domestiques qui regroupent les eaux "ménagères" (eaux de cuisine et de salle de bains) et les eaux "vannes" (WC). Les eaux "ménagères", qui représentent les deux tiers du total des eaux usées domestiques, contiennent, notamment, des graisses, des savons et détergents, des matières en suspension et des matières dissoutes organiques ou minérales. Au total, on évalue la pollution journalière produite par une personne utilisant de 150 à 200 litres d'eau à : − 70 à 90 g de matières en suspension − 60 à 70 g de matières organiques − 15 à 17 g de matières azotées − 4 g de phosphore − plusieurs milliards de germes pour 100 ml. A cela il faut ajouter les eaux usées rejetées (effluents) par les installations collectives, telles que les hôpitaux, les écoles, les commerces, les hôtels et restaurants, etc. Ces eaux sont ensuite généralement acheminées vers des stations d'épuration et, en sortie d'usine, la majorité des polluants sont éliminés. Le développement des équipements de collecte et de traitement des eaux usées (l'assainissement) vise précisément à réduire l'impact de la pollution domestique et d'une partie de la pollution industrielle. L'objectif final est, bien sûr, la préservation de nos ressources en eau et la protection de notre environnement. Il faut également évoquer ici les pics de pollution particulièrement nocifs qui peuvent survenir, en zone urbaine, lorsque de fortes pluies succèdent à une longue période sèche. Un risque existe alors de saturation du système d'assainissement, lorsque le réseau de collecte est unitaire : non seulement il peut y avoir surverse du réseau mais, de plus, le lessivage des toits et des chaussées par les pluies, peut entraîner une augmentation des pollutions urbaines des ressources. (source : CIEAU)

Pollutions des eaux D’un côté, la ménagère qui astique son carrelage, récure son évier, nettoie son foyer. De l’autre, des rivières qui font les frais de cette quête de propreté et tentent d’absorber les eaux usées. Des pratiques quotidiennes de part et d’autre de la planète. Aujourd’hui, rares sont les régions du monde épargnées par la pollution aquatique. Selon la Commission mondiale de l’eau plus de la moitié des fleuves du monde sont gravement touchés et pollués. Ceci entraîne une dégradation des écosystèmes et compromet la santé et les moyens d’existence des hommes qui en dépendent. Qu’ils soient émis dans l’air ou répandus sur les sols, la majorité des polluants finissent leur vie dans les milieux aquatiques par le biais de l’eau. On pourrait penser que la mauvaise qualité des rivières est le seul fait des industriels et de l’agriculture. Si ces secteurs sont responsables d’une grande part des pollutions, les particuliers ne sont pas exemptés de responsabilité. Fiche sensibilisation à l'écoconsommation - « Je salie... »

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Les pollutions peuvent être de nature biologique, chimique ou physique. On peut considérer qu’il y a pollution d’une eau dès que l’activité de l’homme dégrade la qualité du milieu récepteur (rivière, lac). La pollution domestique est bien caractérisée : les eaux usées domestiques contiennent de la matière organique dissoute ou en suspension, des huiles, des détergents, des constituants biologiques (bactéries, amibes, vers...). Les pollutions industrielles sont beaucoup plus variées et font l’objet d’études spécifiques : polluants minéraux ou organiques (engrais...), pesticides, hydrocarbures, micropolluants métalliques...

DCE = Directive-Cadre sur l’Eau Fiche sensibilisation à l'écoconsommation - « Je salie... »

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Contribution des agents à la pollution de l'eau (année 2000) Part de pollutionmasse organique

Part de pollution nitrates

Part de pollution pesticides

Redevance pollution

Consommateurs

35 %

20 %

10 %

89 %

Agriculteurs

33 %

74 %

90 %

1%

Industriels

32 %

6%

-

10 %

Source IFEN - agreste - Agence de l'eau- Sénat

Qu’est-ce qu’un détergent ? Poudre à récurer, liquide vaisselle, shampoing... le détergent est un produit chimique utilisé pour sa capacité à éliminer les salissures. De quoi est-il composé ? Quelque soit le détergent, il comprend toujours la même base : des tensio-actifs ou agents de surface, un squelette qui lui confère sa consistance et de l’eau. Ensuite y sont ajoutés des adjuvants, des parfums et des colorants. Parmi ces composants, certains sont dangereux. Dans les parfums : attention aux phtalates. Des tests en laboratoire ont montré des corrélations entre ces produits chimiques et l’apparition de cancers ou de dysfonctionnements du système reproducteur. Les phtalates peuvent également déclencher de l’asthme, des réactions allergiques, des irritations au niveau de la respiration ou de la peau. Dans les adjuvants : les phosphates fortement caustiques peuvent s’avérer mortels lorsqu’ils sont avalés. D’autres ingrédients se trouvent nocifs s’ils sont associés : le diéthanolamine et le tri-éthanolamine (des conservateurs souvent non révélés) peuvent réagir avec des nitrites et conduire à différentes formes de cancers. Plus de 25% des rivières européennes sont gravement polluées par le nonyphénol, un additif des détergents industriels. Des chercheurs anglais ont associé cette molécule à la perturbation de la reproduction de plusieurs espèces de poissons.

Les phosphates Les lessives chargées en produits nocifs, et notamment en phosphates (agents anticalcaires et antiredéposition), ont déversé pendant des années des composés chimiques dans les cours d’eau, favorisant l’eutrophisation (prolifération de plantes aquatiques qui étouffent petit à petit lacs et rivières). La dégradation des milieux aquatiques et la difficulté grandissante de traiter ces eaux pour les rendre potables - il est très coûteux de dé-phosphater les eaux usées dans les stations d’épuration - ont fait évoluer la recherche et les consciences. En Europe occidentale, depuis le début des années 80, les rejets phosphatés ont notablement diminué (de 50 à 80%), en raison de l’amélioration spectaculaire du traitement des eaux usées et de l’introduction massive de détergents sans phosphate. La Suisse est allée plus loin en 1986 en bannissant les phosphates de la plupart de ses pratiques. Leur éradication a été un succès puisqu’elle a permis au lac Léman de retrouver sa superbe. En quelques années, sa concentration en phosphore a chuté de 60%. En 1991, le Ministère de l’environnement français a négocié avec les industriels une convention plafonnant à 20% le taux de phosphore dans les lessives (qui pouvaient jusqu’alors en contenir jusqu’à 50%).

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Depuis le 1er juillet 2007, suite à la parution du décret n°2007-491 du 29 mars 2007, les phosphates dans les lessives domestiques sont interdits. (www.ecologie.gouv.fr/Lesphosphates-dans-les-lessives.html ) En France, les phosphates rejetés dans l’environnement proviennent pour moitié des usages domestiques, détergents ou lessives phosphatées en tête.

La mousse Pire que les phosphates, les tensioactifs (les agents lavants) appréciés pour leur pouvoir moussant et dégraissant, sont présents dans tous les produits de lessive. Difficilement dégradables, ils ravagent les fronts de mer. Il y a une trentaine d’années, scientifiques italiens et français sonnent l’alarme, constatant que les tensioactifs reviennent sous formes d’embruns marins sur tout le littoral méditerranéen. Ils dissolvent la cire protectrice des aiguilles des pins et laisse le champ libre à l’air marin, chargé de sel qui brûle alors les arbres. Les jeunes poissons et les herbiers de posidonies, ces champs d'algues réservoirs de vie sous-marine, sont également menacés. A Port-Cros et à Porquerolles, autour du delta de l’Arno en Italie, de vastes champs de piquets ont remplacé les étendues de pins parasols. Pourtant aujourd’hui, les chimistes ont mis au point d’autres procédés, tout aussi efficaces, à base d’acides gras qui se dégradent au cours de leur passage dans les stations d’épuration. Leur usage reste encore marginal. Les azurants optiques rendent le linge plus blanc en apparence sans augmenter le pouvoir lavant (effet trompe-l'œil). Présents dans la plupart des lessives courantes, ces produits de synthèse se fixent sur les textiles pendant le lavage, peuvent réagir avec la peau et entraîner des risques d'allergies. Les mentions "hypoallergéniques" ne constituent donc pas nécessairement une garantie d'innocuité.

L’eau de Javel L’eau de Javel est une solution aqueuse d’hypochlorite de sodium et de potassium. Sa concentration s’exprime en degrés chlorométriques (°Chl). On trouve dans le commerce des solutions prêtes à l’emploi de 10 à 15 °Chl et de l ’eau de Javel concentrée à diluer. Les tablettes sont de composition légèrement différente. Ces produits peuvent également contenir des détergents et des parfums. (cf. fiche de préparation en annexe). L’eau de Javel a des propriétés détachantes, blanchissantes, désinfectantes et désodorisantes. Elle est, à tort, utilisée dans les toilettes, les sanitaires, les poubelles, sur les sols, mais également en addition de lessives En tant que biocide, elle est active à l’égard des bactéries, des virus, des champignons et des algues. Influencés par la publicité et les traditions, nous pensons souvent que nettoyer ne suffit pas et qu’il faut, en outre, désinfecter toute la maison et même le trottoir ! Ces dernières années, le marché des produits d’entretien a vu apparaître les produits "2 en 1". Ces détergents cumulent une action nettoyante et une action désinfectante grâce à l’adjonction d’eau de Javel ou d’autres désinfectants. Les producteurs ont ainsi relancé la "javelmania" pourtant déjà bien ancrée. On ajoute à des produits déjà néfastes des polluants supplémentaires, sans utilité dans le cadre d’un entretien régulier. Les agents tensioactifs des produits nettoyants on déjà une action antibactérienne suffisante. Pourchasser à outrance les microbes n’est pas seulement inutile, c’est aussi nuisible pour l’environnement et dangereux pour la santé. Il est impensable d’aseptiser la maison de fond en comble. C’est même une perte de temps puisqu’il suffit de faire quelques pas dans la pièce nettoyée, d’ouvrir la fenêtre, pour la contaminer. Il n’est même pas nécessaire de pénétrer dans la pièce pour la recontaminer. Les Fiche sensibilisation à l'écoconsommation - « Je salie... »

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colonies de bactéries se reforment spontanément à partir des quelques germes restants. Or les désinfectants sont dilués dans le produit d’entretien. Il reste donc, après désinfection avec ces produits, des germes qui en quelques minutes reconstitueront les colonies initiales. Une désinfection n’est utile que lorsqu’il y a une maladie à la maison dont la déclaration est obligatoire (salmonellose, certaines hépatites,...). Les cages d’animaux et les bacs à litière peuvent simplement être désinfectés avec du vinaigre pur. L’eau de Javel contient du chlore. Lors de sa production, de son utilisation puis de son rejet avec les eaux domestiques, le chlore libéré peut se combiner à des molécules organiques (contenues dans les sols, les eaux et l’air) et former des organo-chlorés, composés toxiques, persistants et qui s’accumulent dans les chaînes alimentaires. Certains d’entre-eux sont cancérigènes et/ou mutagènes. Il en est de même lorsque de l’eau de Javel est versée dans une cuvette de WC où subsiste de l’urine. Si les eaux usées sont évacuées vers une fosse septique, l’apport régulier d’eau de Javel peut compromettre les équilibres biologiques de la fosse et donc son bon fonctionnement. Le stockage et l’utilisation d’eau de Javel à la maison comportent des risques pour la santé. En effet, ce produit est à l’origine d’accidents domestiques. Utilisée en mélange avec des produits d’entretien contenant de l’acide (détartrant, nettoyant pour sanitaires, anti-rouille,...), un dégagement gazeux survient et peut provoquer des effets tels que l’irritation des muqueuses et des yeux, des maux de tête, des nausées,... Cela peut aller jusqu’au développement d’un oedème pulmonaire avec risque de complications infectieuses. Si l’eau de Javel entre en contact avec de l’ammoniaque, c’est un gaz plus dangereux encore qui se forme et qui peut provoquer des dommages importants aux poumons. Les centres Anti-poisons relatent de nombreux accidents dont les victimes sont des enfants qui ont ingéré, par mégarde, de l’eau de Javel. Heureusement, ils sont rarement mortels. (source : réseau éco-consommation http://www.ecoconso.be) Et pour tout savoir sur l’eau de javel : www.eaudejavel.fr

Dans l'enceinte de l'école, des produits sont utilisés pour l'hygiène et la désinfection des bâtiments, des sols et surfaces, le nettoyage des équipements, des textiles. Ces produits sont majoritairement d'origine pétrochimique en France, la part des produits dit "naturels" ou biodégradables est d'environ 7% (source ADEME 2005).

Comment peut-on épurer les eaux usées ? Par différentes méthodes utilisant des procédés biologiques, physiques et chimiques. Les techniques d’épuration sont variées. Leur choix est déterminé par la charge polluante à traiter, sa nature et la qualité du traitement souhaité. L’assainissement individuel (fosses septiques) a le plus souvent fait place à un traitement collectif des effluents domestiques collectés par un réseau d’égout. Les techniques les plus répandues pour l’épuration des effluents domestiques sont des procédés biologiques tels que les boues activées, les lits bactériens ou le lagunage. Les autres types d’effluents, industriels par exemple, exigent la mise en oeuvre de processus plus spécifiques. Une filière de traitement type, par boues activées, est mise en oeuvre dans la grande majorité des stations d’épuration.

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Station d'épuration (Douai - Nord de la France)

Des prétraitements, dégrillage, dessablage, déshuilage, décantation primaire, font appel à des procédés mécaniques ou hydrauliques simples. Le traitement biologique consiste à favoriser le développement, dans un bassin d’aération, enrichi en dioxygène, des bactéries minéralisatrices, naturellement présentes dans l’effluent. Les boues recueillies sont ensuite épaissies, déshydratées et stabilisées par traitement chimique ou par digestion biologique. Ces types d’installations traitent essentiellement les matières en suspension et les composés dissous carbonés qui sont les principaux polluants des effluents domestiques. Des efforts sont actuellement faits pour étendre ces installations en vue du traitement de l’azote et du phosphore. De plus, les boues et les refus des prétraitements constituent des sous-produits de l’épuration auxquels il faut trouver une destination. Si une partie des boues peut parfois être utilisée comme fertilisant agricole, la majorité de ces déchets est incinérée ou mise en décharge. L’avenir verra sans aucun doute apparaître une amélioration des techniques du traitement de ces boues. Le lagunage naturel est une alternative intéressante pour de petites collectivités : les eaux usées transitent par des étangs où elles sont soumises à l’action minéralisatrice des bactéries qui, en libérant le CO2, NH4+ et les sels minéraux, favorise la croissance des végétaux fixateurs de CO2 et producteurs de l’O2 nécessaire à la croissance bactérienne. Une autre solution est constituée par les lits bactériens. Les eaux usées y percolent dans des massifs filtrants naturels ou synthétiques où est reconstituée l’action épuratrice des sols à partir de l’activité bactérienne. La France possède aujourd'hui environ 15 000 stations d'épuration. La quasi totalité des communes de plus de 10 000 habitants disposent d'une station d'épuration. En France, le rendement des stations d'épuration est, en moyenne, de 73 %, c'est-à-dire que l'on n'enlève que 73 % de la pollution. Si on considère que l'on collecte 68 % des eaux usées, le taux de dépollution pour la France n'est que de 49 %. L'objectif fixé par la loi, à l'horizon de 2005, est un taux de dépollution de 65 %. De nouvelles stations sont construites chaque année. Pour répondre aux obligations, les traitements primaires sont de plus en plus fréquemment abandonnés au profit des traitements secondaires, qui exploitent largement les filières biologiques. (source : CIEAU).

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(source : CIEAU)

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(source : IFEN)

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IDEES DE SEANCES  "Les produits chimiques" - Etudier la composition de produits d'entretien (lessive, produit vaisselle, nettoyant multiusages, nettoyant sols, nettoyant vitres, nettoyant fours, eau de Javel, nettoyant WC, ...) chimiques grâce à leurs emballages. Les enfants, même les plus jeunes, pourront déjà appréhender ne serait-ce que la lecture de certains produits issus de la pétrochimie (ex : hypochlorite de sodium, formaldéhyde, hydrocarbures aliphatiques, ...) puis reconnaître les logos de prévention (cf. fiche A chapitre 3)

 « Que deviennent les produits chimiques que l’on jette dans les égouts » (séance CREAQ)  « Quand tu vides la baignoire ou quand tu tires la chasse des WC, l’eau part. Où va-t-elle ? (écris ou dessine) »  « Colorie en bleu l’eau propre et en marron les eaux usées (sales). » (ATTENTION : l’eau à la sortie de la station d’épuration doit être colorée en marron bleu)

Attention, à la sortie de la station d’épuration, l’eau n’est pas potable, elle est simplement……… ……………………..(épurée) Une station d’épuration ne peut pas éliminer totalement toutes les saletés et pollutions que nous avons mélangées à l’eau. Il faut donc salir l’eau le moins possible.

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 « Entoure en rouge ce qui peut polluer les cours d’eau »

Compléter la séance par : . « Expérimenter le principe d’une station d’épuration » (intervention CREAQ) . Visite d’une station d’épuration (contacter le CREAQ)

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