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Manger bio

« L’agriculture est l’une des plaies sanitaires environnementales de notre pays. Un exemple : si nous présentons de telles résistances aux médicaments antibiotiques, c’est que nous en ingérons sans le savoir dans le contenu de nos assiettes, via les animaux d’élevage qui e sont gavés. L’agriculture utilise 70% de l’eau du pays, au moment où celle-ci devient un problème mondial. On ne peut s’en accommoder ». Nicolas HULOT 90 % des nos cours d'eau sont envahi par les pesticides et les nappes phréatiques commencent elles aussi a être contaminées ; les terres surexploitées à coup d'engrais chimiques sont de moins en moins fertiles ; l'uniformisation des races d'animaux d'élevage menace d'extinction 20% des races d'animaux domestiques; etc. L'agriculture biologique est un mode de production respectueux des équilibres écologiques et de l'autonomie des agriculteurs. Elle se distingue par ses méthodes fondées sur la non-utilisation de produits chimiques de synthèse, le recyclage des matières organiques, la rotation des cultures et la lutte biologique contre les insectes et les maladies. L'élevage est de type extensif, fait appel aux médecines douces et respecte le bien-être des animaux. L’agriculture biologique est officiellement reconnue par les pouvoirs publics français avec la loi d’orientation agricole de 1980. Une Commission Nationale en charge de l’organisation du développement de l’agriculture biologique et de l’homologation des cahiers des charges, est alors créée. L’agriculture biologique préserve l’environnement et la biodiversité : • Elle maintient et améliore la fertilité des sols, grâce aux apports organiques et aux rotations longues permettant une bonne teneur en humus. • Elle réduit les risques de pollution par les nitrates. • Elle préserve la qualité de l’eau et des sols, grâce à l’interdiction de l’usage des produits chimiques de synthèse tels que les pesticides ou engrais (lutte biologique en cas parasites, maladies, désherbage). • Elle respecte et développe la biodiversité, avec des variétés végétales et des espèces animales adaptées au terroir et aux conditions climatiques. (Dans les élevages biologiques, les animaux disposent d’un espace suffisant et d’un accès aux parcours extérieurs. Ils sont nourris avec des aliments biologiques, en grande partie issus de l’exploitation. En cas de besoin, la priorité est donnée aux médecines douces). • Elle garantit la non utilisation d’Organismes génétiquement modifiés (OGM). L’agriculture biologique préserve la santé : • Elle offre plus de teneur en matière sèche dans les légumes, en magnésium, fer et vitamine C dans certains légumes ; en acides gras poly insaturés dans les viandes ; en polyphénols dans les fruits et les légumes. Les procédés de transformation privilégiés en bio préservent les qualités nutritionnelles des matières premières. • Elle préserve des risques de contamination chimique : pesticides chimiques de synthèse ; nitrates ; métaux lourds ; additifs et auxiliaires ; mycotoxines ; médicaments vétérinaires ; ESB.


L’agriculture biologique permet de s’engager en faveur d’une consommation responsable : • Elle permet de participer à une démarche fondée sur l’harmonie entre les sols, les cultures et les animaux. • Elle permet de soutenir une importante source d’emplois. • Elle permet la création de valeur ajoutée au niveau local, régional et national. (sources : Evaluation nutritionnelle et sanitaire des aliments issus de l’agriculture biologique – AFSSA juillet 2003 www.afssa.fr : Agence Française de Sécurité sanitaire des Aliments et Agence Bio www.agencebio.org)

"Manger des produits bio est en cohérence avec le développement durable. Si le fait de manger bio répond surtout, pour le consommateur, à un objectif de santé, celui-ci doit être envisagé sous trois aspects : santé individuelle et santé publique, mais aussi santé de notre économie. [...]. l'acte de se nourrir a des implications qui vont au-delà de nos préoccupations personnelles. Car acheter des produits bio contribue à promouvoir une filière qui a le souci de préserver les ressources naturelles, l'environnement et les équilibres sociaux. Ces considérations répondent aux enjeux planétaires énoncés lors du sommet de la Terre de Rio qui a intronisé e développement durable. Le XXIe siècle doit impérativement corriger les comportements d'une société de consommation dont les propensions autodestructrices deviennent intolérables." Lylian Le Goff – "Manger bio, c'est pas du luxe" Terre Vivante 2007 Actuellement, près d'un français sur deux déclare consommer occasionnellement ou régulièrement des produits biologiques, pour sa santé, pour le goût et la qualité des produits et pour des raisons environnementales. Mais si ce type d'agriculture est en croissance permanente en France ces dernières années, il ne représente que moins de 2 % des surfaces agricoles françaises (invraisemblable pour un pays de grande tradition agricole) et oblige à importer des produits pour répondre à la demande. Toutes les familles de produits existent : fruits, légumes, produits laitiers, viandes, poissons mais aussi quantité d’autres produits transformés ne contenant ni additif, ni conservateur, ni colorants chimiques de synthèse. Les produits bio sont disponibles dans tous les circuits de distribution : à la ferme, sur les marchés, dans les magasins spécialisés, les supermarchés et sur Internet. On peut également les retrouver dans la restauration hors domicile, grâce à des acteurs qui se mobilisent toujours plus pour proposer des produits bio dans leurs menus. Signes d’identification : Deux logos s'appuient sur le respect de la réglementation officielle :


Le logo français AB et le logo européen garantissent que le produit que vos achetez obéit à un cahier des charges précis, imposant notamment : • des contrôles stricts et systématiques de la production à la transformation et à la distribution. • Des prélèvements et analyses pour vérifier la non utilisation de produits interdits ? • Ne certification par un organisme agréé compétent et indépendant. Et, bien sûr, les produits bio respectent la réglementation générale sur les produits agricoles et alimentaires. Quelques chiffres : • La France est : ƒ le 1er producteur et exportateur agricole européen er ƒ le 1 exportateur mondial de produits agroalimentaires ƒ le 2ème exportateur agricole et alimentaire mondial (après les Etats-Unis) er ƒ le 1 consommateur européen de pesticides. • En France, l’agriculture biologique n’occupe que 1,9 % des surfaces cultivées, ce qui place notre pays au 19e rang européen derrière l’Allemagne (13 % des surfaces cultivées), la Finlande (7,5 % des surfaces cultivées) et l’Italie (7% des surfaces cultivées) • On compte 11 059 exploitations bio (chiffres 2004 – en régression de 3% par rapport à 2003). • Face à un taux de croissance de la demande de produits biologiques de 20% par an, plus de 80% des produits bio consommés sont importés (Italie, Espagne, Allemagne, Israël, Hongrie, Argentine, Australie). • Plus de 40% des français consomment des produits bio (37% en 2003). • 85% des consommateurs achètent des produits bio « pour préserver l’environnement » (79% en 2003). • 68% des acheteurs de produits bio (au moins une fois par mois au moins un produit biologique) déclarent effectuer leur achat en grande surface. • En Aquitaine, c’est seulement 1,80% de la surface agricole qui est cultivée en bio. (Source : 2e baromère CSA-Agence Bio 2004) www.bio-aquitaine.com www.ogm.gouv.fr : site interministériel sur les OGM D’autres démarches et labels : Pionnier de la bio européenne le label de l’association Nature et Progrès existe depuis 1964. Plus contraignant que le cahier des charges AB, il proscrit tos les produits chimiques sans exception et impose une limitation radicale des traitements vétérinaires. Par ailleurs, l’association développe une approche globale et collégiale, qui prend en compte les aspects sociaux et environnementaux de la production : condition d’emploi, gestion des déchets, consommation énergétique, circuits courts, emballages, … Les consommateurs sont invités à s’associer à la démarche et à s’impliquer dans l’évaluation des pratiques. Le label Demeter concerne l’agriculture respectant les règles de la bio-dynamie. Ces dernières doivent permettre l’autosuffisance de l’exploitation : les bêtes sont nourries de forrages provenant de la ferme, le rythme des saisons est impérativement respecté et l’utilisation d’engrais chimiques est bannie. L'agriculture bio-dynamique ou bio-dynamie est un système de production agricole dont les bases ont été données par l' anthroposophe Rudolf Steiner en 1924. Bien que basée sur les conceptions


anthroposophiques de Steiner, elle a surtout été développée et expérimentée par les agriculteurs. Cette méthode empirico-ésotérique n'est pas scientifiquement fondée et ses performances seraient sensiblement les mêmes que celles de l'agriculture biologique. Ses promoteurs déclarent à ce sujet que ce ne sont pas les performances qui sont recherchées en priorité, mais la qualité. L’agriculture bio-dynamique est particulièrement bien développée aujourd’hui dans le secteur de la viticulture, des domaines viticoles français de renommée internationale pratiquent cette agriculture. Les préparations bio-dynamiques ont une action très favorables sur la vigne, le raisin et par voie de conséquence sur le vin. Les viticulteurs retrouvent ainsi des vins avec plus de qualité et de complexité : conservation, goût, arôme, lien au terroir, couleur, etc. les vins peuvent ainsi être obtenus sans avoir besoin de la panoplie d’additifs chimiques. Ce qui est vrai pour le vin l’est tout autant pour tous les autres produits. Les domaines couverts par la bio-dynamie sont l'agriculture, la production de semences, l'élevage, l'apiculture, et l'entretien du paysage. Demeter est une marque mondiale des produits issus de l’agriculture bio-dynamique contrôlée qui est présente dans plus de 50 pays. Elle garantit au consommateur le respect des cahiers des charges spécifiques à l’agriculture bio-dynaique. En France, 215 producteurs (soit une surface de près de 6 000 ha), 40 transformateurs et autres entreprises sont engagés auprès de Demeter France. www.bio-dynamie.org Nature et progrès comme Demeter s’opposent fermement à la « dilution » des OGM dans la production bio. Cf. article de l’âge de faire en annexe


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