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RAPPORT MORAL Assemblée générale annuelle de l'ACOR du 4 juillet 2013 Pour préparer celui-ci, j’ai relu les trois derniers rapports moraux, 2012, 11 et 10. J’ai cherché à y voir si de bilans en intentions évoquées, il pouvait se dégager une constante… voir si le contexte difficile, les urgences, le quotidien, permettaient néanmoins de tenir l’essentiel des objectifs que nous pouvons nous fixer ensemble, lors de nos assemblées. Evidemment quelques projets ne voient pas le jour ou ne s’installent pas dans le temps comme nous l’avions souhaité initialement. Pour des raisons de manque de disponibilité ou de moyens, les nôtres ou ceux de nos partenaires, parce que l’actualité exige qu’autre chose passe au premier plan. Néanmoins, la constante que je souhaite souligner ici, celle qui parmi d’autres me semble être la plus réjouissante pour une association « Recherche », est celle de la mutation de l’ACOR. Je note en effet que notre association ne cesse de s’adapter, ce qui me semble indispensable sur un marché aussi instable et en permanente évolution. De fait, les changements de statuts proposés il y a quelques mois ont permis à l’ACOR de façon très concrète d’intervenir et de gagner quelques batailles face aux circuits concernant la création de multiplexes. De la même façon, nous avions décidé ici même, à La Rochelle, que notre association prendrait des initiatives pour devenir un interlocuteur direct des institutions nationales. Nous pouvons constater aujourd’hui avec satisfaction, que les institutions elles-mêmes sollicitent désormais l’ACOR sur des sujets nationaux. L’ACOR fait par exemple partie du groupe de travail créé au sein de la Commission nationale de classement art et essai pour l'aménagement du classement, Hervé Aguillard et Catherine Bailhache ont rencontré récemment l'un des conseillers cinéma et audiovisuel d’Aurélie Filippetti, nous avons la possibilité de nous exprimer et d’intervenir sur des sujets essentiels. Dans un contexte législatif et économique confus, sur le terrain, face à la recrudescence des implantations de multiplexes, qui représente les intérêts de nos salles sur la plan national ? Le vide est tangible, nous le dénonçons depuis plusieurs années, l’absence de stratégie est si évidente, que plusieurs acteurs dénoncent euxmêmes l’absence d’un syndicat efficace. Nous aurons à en parler, le GNCR et l’ACID évoquent la possible création d’une nouvelle structure (commune ?). De quelle manière pouvons-nous, devons-nous les accompagner, il s’agit de le décider aujourd’hui. Il nous semble avec Catherine, que, sur ce point, il faut agir en cohérence avec notre stratégie et avancer avec prudence. Si l’ACOR est aujourd’hui considérée comme un partenaire des institutions nationales à part entière, il nous semble que c’est la conséquence heureuse de plusieurs facteurs. L'étude de cas conduite par Catherine sur la réalité de l'accès aux films porteurs « art et essai » pour les établissements classés "art et essai" des villes d’Angers, de Rouen et de Tours (dite « étude de Vendôme » parce qu'elle y a été présentée devant un parterre de professionnels), a démontré de façon très précise les limites d'un partage extrême lorsqu'il devient systématique et exagéré comme à Rouen et la fragilité économique qui en découle pour nos salles. Ce travail a été remarqué et apprécié. Ainsi, le Ministère de la Culture demande-t-il à l'ACOR un exposé de ses préconisations. Notre stratégie s’articule autour de trois axes, un discours qui s’appuie sur des données techniques, précises, et indiscutables ; des préconisations mesurées, en faveur d'une limitation des points de diffusion (nous ne demandons pas par exemple que tous les films porteurs recommandés « art et essai » soient réservés aux salles classées « art et essai », ce que personne ne pourrait défendre concrètement mais bien que le partage soit


raisonnable et raisonné) ; la possibilité d’intervenir au national comme en région, selon les cas, seulement au nom de l’ACOR et / ou dans le cadre d’un ou de plusieurs collectif(s). Nous pensons d’ailleurs que le rôle que joue l’ACOR actuellement pourrait nous permettre de remonter au National, au CNC, ce qui devient incontournable. Une nouvelle baisse de la subvention de fonctionnement de la DRAC Centre témoigne de la fragilité de la situation dans les Régions. Cette année encore, nous vous proposons de travailler au développement de l’ACOR, de maintenir cette dynamique, cette mutation. De nouveau, nous vous proposons de revoir nos statuts et d’intégrer ainsi le festival Reflets du cinéma, porté par l’association Atmosphères 53. Cette décision permettrait également à l’avenir d’accueillir, si nous le jugeons pertinent, au sein de l’ACOR des structures qui pourraient accompagner notre travail d’exploitants, des associations en relation avec des cinémas, dans le domaine de la diffusion, d’autres festivals, qui sait, peut-être un site internet… il s’agit là encore de nous permettre d’appréhender au mieux les problématiques contemporaines de diffusion des films. Mutation, évolution, concernant notre approche et nos relations avec les autres acteurs du secteur, réorganisation également en interne. Cette année, vous le savez, Soizig dont je salue le retour, était remplacée partiellement par Simon. Partiellement, ce qui a naturellement nécessité de revoir l’organisation et de penser autrement la répartition des tâches. Parallèllement, Catherine met en place depuis deux ans une nouvelle méthodologie avec l'expert-comptable. Par ailleurs, depuis un an, Antoine Glémain et Marielle Millard interviennent régulièrement bénévolement au sein de l'association dans le travail d'accompagnement des films, apportant les deux biens les plus précieux qui soient de nos jours, un savoir-faire et des heures de travail. Ces derniers mois ont été mis à profit pour expérimenter une nouvelle répartition des tâches, dont l'aménagement définitif sera opérationnel à la rentrée de septembre. Désormais Catherine en relation avec Antoine travaillera sur les questions d’accompagnement des films, en lien avec Marielle pour les transcriptions, Soizig suivant davantage les questions administratives et structurant le quotidien de l’association. Catherine va par ailleurs évidemment poursuivre le travail de défense des exploitants, sachant qu'elle trouve un appui solide auprès de Ciclic qui co-produit les études. Concenant la défense des salles, notons les cas dont nous savons d'ores et déjà qu'il va falloir les accompagner et les soutenir dans les mois qui viennent. D'une part les « Studio » de Tours, Ciné Alpes ayant posé un projet sur Tours-Nord qui passe en CDAC demain, 5 juillet ; d'autre part les deux cinémas de Poitiers le Dietrich – qui s'équipe en numérique en ce moment même et que la mairie a finalement soutenu pour l'aider à passer le cap – et le Tap Castille ; le cas du Quai Dupleix (anciennement le Chapeau rouge) de Quimper, également, n'est pas sans nous inquiéter… Concernant l’accompagnement des films, deux expériences ont été conduites (Alps, Ini Avan) - dont l'une est en cours - autour de films choisis dans le cadre d'une collaboration avec le SDI. Dans les deux cas, il s'est agi de concevoir des outils permettant de mieux préparer la programmation de ces films. Je laisserai à Catherine le soin d'exposer ces éléments dans le rapport d'activité. Le stade expérimental est concluant, même s'il reste des ajustements à opérer. Une partie du financement de ces actions devrait être trouvée grâce à une co-production avec Ciclic. Parallèllement, grâce à une subvention accordée par les Pays de la Loire, Catherine a complètement refondé le site, avec pour objectif d'en faire à la fois un outil d'actualité et d'archivage, avec un gros effort d'indexation. Le travail accompli porte ses fruits puisque, d'une moyenne de 200 visites par semaine en septembre 2012 on est aujourd'hui passé à une moyenne de 1.500 visites par semaine, la plus forte affluence se constatant aux moments des loisirs (entre midi et deux, le soir à partir de 19H00, le week-end ; exemple le week-end dernier ACOR – AGO du 4 juillet 2013 – Rapport moral – page 2


samedi à 20h00 : 350 personnes, dimanche à 21h00 : 260 personnes). L'ACOR est en train également de s'installer sur Facebook, l'étape suivante consistant à étudier ce qu'il est possible de faire en inter-actions avec les internautes, via l'ACOR et les sites et pages Facebook des adhérents. De réseaux sociaux il sera question aujourd’hui, puisque cet après-midi une première réunion se tiendra, proposée à ceux que le sujet intéresse. Nous envisageons de consacrer désormais systématiquement lors des réunions de l’ACOR, un temps pour travailler sur les questions liées à internet, nous pensons indispensable que notre association investisse ce champ pour accompagner les salles dans leur travail. Le rapport Lescure annonce de nombreux bouleversements concernant la circulation des œuvres cinématographiques, la chronologie des médias, l’Union Européenne tangue sur les négociations avec les EtatsUnis concernant l’exception culturelle, victoire provisoire semble-t-il, fragile assurément. En démultipliant les possibilités de diffusion du cinéma, le numérique a élargi son champ économique, de plus en plus d’acteurs, d’opérateurs sont concernés par un marché protéiforme. Comment pourrait-il en être autrement ? Une nouvelle vague d’implantation de multiplexes partout en France, menace de nouveau l’équilibre des salles Art et Essai. Dans le Film Français du 21 juin 2013, les chiffres parlent : en 2012, les établissements de plus de 8 écrans représentent 37,8% des écrans, 39,6% des fauteuils et 59,4% des entrées. A ce propos, concernant le développement des circuits, Jocelyn Bouyssy, directeur général de CGR, estime que « les opportunités existent bel et bien, mais elles concernent surtout des villes petites et moyennes ». Dans ce contexte l’avenir de notre association, de nos salles, dépend de notre capacité à anticiper, à nous adapter, à intervenir dans le débat en temps réel. Je tiens donc à conclure en saluant toutes les initiatives prises par Catherine ces derniers mois, qui vont dans ce sens. Je crois que, collectivement, nous pouvons nous réjouir du fait que l’ACOR est une association en mouvement, et si le mot Recherche se conjugue si bien avec mutation, nous pourrions aller jusqu’à dire que ces mutations sont le gage de notre vitalité. Yannick Reix Président de l'ACOR le jeudi 4 juillet 2013

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