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Catalogne

Costa Daurada


Catalogne

Costa Daurada


Alt Camp

Baix Camp

Baix Penedès


Conca de Barberà

Priorat

Tarragonès


Costa Daurada, l’arôme méditerranéen

Costa Daurada est l’appellation touristique du secteur littoral qui s’étend à l’est et à l’ouest de Tarragone et de son arrière-pays, entre Cunit et L’Hospitalet de l’Infant. C’est une côte au relief peu prononcé, aux eaux peu profondes, bordée de vastes plages de sable fin et doré, d’où son nom de « côte dorée ».

dans cette région, s’ajoute un ciel d’un bleu intense et une atmosphère rendue limpide par les vents soufflant du nord-ouest en hiver (appelés mestral ou serè) et par le régime de brises venues du sudouest en été (le garbí), qui maintiennent un taux d’humidité peu élevé et éloignent les nuages.

Le centre économique et démographique de la région est la conurbation formée par le triangle Tarragone-Reus-Salou, au cœur du Camp de Tarragona (qui comprend les comarques du Tarragonès, de l’Alt Camp et du Baix Camp) ; le Baix Penedès complète la façade littorale. L’arrière-pays montagneux est sans doute l’une des régions les moins bien connues de la Catalogne ; il comprend la petite comarca agricole, et surtout viticole, du Priorat, ainsi que la Conca de Barberà, entourée de montagnes, qui rejoint les terres céréalières de la Catalogne occidentale. Ces deux comarques sont peut-être les zones où les espérances de croissance touristique sont les plus prometteuses.

L’histoire de cette région, peuplée dès l’Antiquité par les Ibères, est étroitement liée à la splendeur de la Tarraco romaine, dont le rôle politique et religieux fut très important dans les premiers siècles de notre ère. Après une longue période de décadence du temps des Wisigoths, puis, tout particulièrement, lors de la conquête islamique, ce territoire, qui fut des siècles durant un no man’s land, est repris par les comtes de Barcelone au XIIe siècle. On y restaure l’ancien évêché chrétien, que l’on transforme en archevêché, et la ville devient la principale cité des terres catalanes, en même temps qu’elle étend son pouvoir sur le domaine seigneurial du Camp de Tarragona, une grande plaine littorale limitée par les montagnes de la chaîne pré-littorale.

À la douceur du climat, un climat typiquement méditerranéen qui a favorisé l’essor du tourisme

D’autres domaines seigneuriaux se créent : ceux des monastères de Poblet et de Santes Creus,

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Miami Platja (Mont-roig del Camp)


celui du comté de Prades et la baronnie d’Entença, les domaines des ordres militaires, etc. Ces seigneuries vont exercer un rôle majeur dans le repeuplement de la région, tout comme dans le reste de la Catalunya Nova (la Nouvelle Catalogne, au sud et à l’ouest de la vallée du Llobregat), qui a maintenu au cours du temps des spécificités par rapport à la Catalunya Vella (la Vieille Catalogne), formée plusieurs siècles plus tôt. Marine et agricole : ces deux adjectifs conviennent parfaitement à la Costa Daurada en même temps qu’ils décrivent le mode de vie de ses habitants. Le monde de la mer est celui des pêcheurs et des marchands, aventuriers et intrépides, rêvant de terres lointaines. C’est un monde profondément méditerranéen, à l’image des bosquets de pins parasol qui bordent les plages, des champs d’oliviers, d’amandiers et de noisetiers, des vignes et des forêts de chênes verts, un paysage humanisé par des générations de paysans, où les cultures en terrasses s’élèvent jusqu’aux bois de châtaigniers, de chênes, de pins laricio et de sapins qui coiffent les montagnes de Prades ou jusqu’au plateau aride qui couronne la chaîne du Montsant.

La Bible sacrée d’Escaladei (MDT)

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Cambrils, le port


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Poblet, les murailles


8 Tarragone, l’aqueduc romain


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La pointe de La M贸ra


Tarragone, de la Part Alta à El Serrallo

Installée au sommet d’une butte haute de 69 m qui descend doucement vers la mer, Tarragone s’articule en trois secteurs : la Part Alta ou vieux quartier, qui occupe le périmètre de la ville médiévale construite sur l’acropole romaine ; les quartiers (« eixamples ») créés à partir du XIXe s., et le quartier maritime d’El Serrallo, où se trouve le port. La Tarraco romaine, inscrite au patrimoine de l’humanité par l’Unesco, va au-delà de la Part Alta et s’étend jusqu’aux limites de la ville moderne. Nous évoquerons plus loin cette partie de la ville. La Part Alta. Dès le XIIe s., ce quartier connaît un grand essor grâce au pouvoir politique et économique des évêques, qui construisent sur les restes de la cité romaine une magnifique capitale. Se côtoient ainsi dans la Part Alta, qui conserve son cachet et son charme séculaires et qui est en grande partie ceinte de murailles à base romaine, des vestiges de l’Antiquité et de grands édifices construits au Moyen Âge et à des époques ultérieures. Le plus impressionnant de ces édifices est sans aucun doute la cathédrale (XIIe-XIVe s.) : projetée à l’époque romane mais construite en grande partie à l’époque gothique, elle se dresse à l’empla-

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cement de l’ancien temple romain, dont une partie des marbres a été réutilisée. Les éléments dignes d’admiration sont nombreux dans ce monument : la façade, inachevée, présente au-dessus du portail une grande rosace et des sculptures de Mestre Bartomeu représentant la Vierge et les apôtres (XIIIe s.) ; le splendide cloître est entouré de chapiteaux sculptés et doté d’une porte romane de marbre blanc qui donne accès à l’intérieur de la cathédrale ; la salle capitulaire renferme une partie du remarquable musée diocésain, qui possède un impressionnant fonds de peintures et de sculptures du Moyen Âge ainsi qu’une très belle collection de tapisseries ; le retable de sainte Thècle (1433) est un joyau d’albâtre polychrome exécuté par le grand sculpteur Pere Joan ; le tombeau et mausolée du patriarche archevêque Jean d’Aragon (XIVe s.) est surmonté d’un gisant au réalisme exceptionnel ; ajoutons encore la chapelle du saint sacrement, ainsi que de nombreux autres éléments de style gothique, Renaissance ou baroque. Autour de la cathédrale, on trouve le palais de l’archevêque (1814), un séminaire néogothique, les Cases dels Canonges (maisons des chanoines) et, autour du parvis (Pla de la Seu) auquel on accède par un perron monumental,


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La cathĂŠdrale


d’anciennes dépendances de la cathédrale, telles que le palais de la Cambreria ou la Casa del Degà (la maison du doyen). Dans le Carrer de les Coques, qui longe la cathédrale côté est, se dresse l’ancien Hospital de Santa Tecla, un bel exemplaire de l’art roman civil (XIIe s.) surmonté d’un étage gothique ; l’édifice, restauré, accueille aujourd’hui le Conseil de la comarca du Tarragonais. En descendant vers la Rambla Vella par le Carrer Major, on passe devant l’ancien hôtel de ville, un édifice gothique et Renaissance, et devant la Casa de l’Abat de Poblet (la maison de l’abbé) et la Casa de la Generalitat, aux façades en pierre de taille. Sur la droite, le Carrer de Cavallers est flanqué de maisons seigneuriales, dont la Casa Castellarnau, décorée par Flaugier, qui abrite le musée d'histoire de Tarragone. Cette rue conduit à la Plaça del Pallol, entourée d’édifices romans et gothiques, et à la Porta del Roser, l’une des entrées de la ville fortifiée. Sur la Plaça de la Font, qui occupe en partie l’espace du cirque romain, l’hôtel de ville actuel, construit au XIXe s. sur l’emplacement d’un couvent dominicain, présente une belle façade ionique. L’Eixample est le quartier qui relie la Part Alta au quartier du Port. Son axe principal est la Rambla Nova, une grande avenue construite au milieu du XIXe siècle là où, auparavant, se dressait la muraille de Sant Joan, qui fermait la cité au sud. On y voit des maisons de l’époque moderniste et des monuments intéressants, tels le groupe sculpté par le Tarragonais Julio Antonio Aux héros de 1811 (1911) ou le monument dédié à Roger de Llúria (1889), qui domine une très belle vue panoramique sur la mer depuis le Passeig de les Palmeres, au-dessus de l’amphithéâtre romain. El Serrallo, le vieux quartier de pêcheurs, se trouve à l’ouest de la ville, entre l’embouchure du Francolí et le Moll dels Pescadors (le quai des pêcheurs). Dans ce quartier pittoresque et toujours animé, on trouve la halle et un grand nombre de restaurants spécialisés dans les plats de poisson. Le port de Tarragone est devenu le

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Le monument dédié à Roger de Llúria


El Serrallo

L’hôtel de ville

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deuxième plus grand port de Catalogne depuis qu’y a été installé un complexe pétrochimique. C’est aussi une zone récréative moderne et active ainsi qu’une escale pour de nombreuses croisières touristiques. Une ville pleine de vie. Sous un ciel parmi les plus bleus de la Méditerranée, Tarragone est une ville de plages : la plage d’El Miracle, au pied de la ville, l’Arrabassada, la Savinosa et la Platja Llarga sont des plages de sable fin tournées vers le sud, où les bains de mer et de soleil sont toujours possibles. C’est aussi une dynamique ville commerçante, où la vie culturelle et récréative est intense. La Part Alta, rénovée au cours des dernières décennies, possède, outre de beaux monuments et plusieurs musées, d’intéressants magasins d’antiquités et de nombreuses galeries d’art. Les boutiques et les centres commerciaux se trouvent surtout dans le quartier qui entoure la Rambla, où sont nombreux les cinémas, les théâtres, les salles de concert, les discothèques et autres établissements de loisirs. Signalons encore le tout récent auditorium en plein air du Camp de Mart, adossé aux murailles, où se déroulent les festivals d’été

de musique, de danse et de théâtre, ainsi que le nouveau palais des congrès, situé près de la gare de chemin de fer, qui fait de Tarragone une destination de premier rang pour le tourisme de congrès. Tarragone est, par ailleurs, le théâtre de fêtes et manifestations de toutes natures. Ainsi, pendant la semaine sainte, la ville est parcourue par des processions de confréries d’origine médiévale et par les défilés des typiques armats, qui composent une cohorte romaine. La festa major, grande fête patronale de la ville, a lieu pour la Sainte-Thècle ; elle est l’occasion d’un grand rassemblement de castellers qui rivalisent pour ériger leurs tours humaines, de défilés de personnages des légendes populaires tels que « les Dames i Vells », les géants et les nains, etc. Le musée d'histoire organise le spectacle Tarraco Viva sur les murailles et dans l’amphithéâtre. Dans les arènes, construites au XIXe siècle près du quartier portuaire, ont lieu des corridas, des concours de castells et des spectacles divers. Le club nautique et le port de plaisance, près d’El Serrallo, sont toujours très animés. Enfin, sur la route d’El Catllar, on trouve le club de golf Costa

Sculptures des évangélistes (XVe-XVIe s., MDT)

Le Passeig de les Palmeres

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Le port de Tarragone ; au fond, le cap de Salou

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« Tarraco quanta fuit »

Voyez, la ville m’a enchanté par son hospitalité ; il semble même que ce soit, pour qui a longtemps voyagé, le plus agréable de tous les endroits pour se reposer. Les habitants sont honnêtes, soignés et aimables ; ils ne sautent pas tout de suite au cou des étrangers, ils les mettent d’abord à l’épreuve et ensuite ils les accueillent avec une grande hospitalité. Le climat y est admirablement doux, et l’année, un printemps perpétuel. La campagne est fertile, surtout dans la zone montagneuse, et son vin peut se comparer au vin italique. (C’est en ces termes que s’exprime un jeune Romain venu à Tarraco pour se reposer après avoir beaucoup voyagé.) L’ensemble monumental de l’ancienne Tarraco est l’un des plus intéressants et des plus complets de l’Hispanie romaine. La base militaire que Cn. Scipion y établit (218 av. J.-C.) devient la porte d’entrée de la pénétration romaine dans la péninsule Ibérique par la vallée de l’Èbre. Peu de temps après, la cité devient la capitale de l’Hispanie Citérieure — appelée plus tard Tarraconaise — et, en 45 av. J.-C., Jules César la transforme en colonie. Les principaux monuments datent de l’époque d’Auguste, qui y fixe sa résidence de 27 à 24 av. J.-C., et de ses successeurs; Tarragone a alors une superficie de 60 ha

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pour une population de 30 000 habitants. L’importance de son ensemble monumental lui a valu d’être inscrite au patrimoine de l’humanité par l’Unesco. Le Passeig Arqueològic est une promenade qui longe l’impressionnante muraille subsistant de l’enceinte romaine (IIe s.), un mur de grosses pierres de taille haut de 12 m, reposant sur une base cyclopéenne; on y remarque des poternes ouvertes à la base et trois grandes tours : la tour de l’Arquebisbe («de l’archevêque», reconstruite au XIVe s.), celle du Cabiscol («du chantre») et celle de Minerve (ornée d’un bas-relief). Dans la Part Alta, on trouve les vestiges du forum provincial romain —flanqués de la grande tour appelée Prétoire (ou Castell de Pilat) qui fut reconstruite au Moyen Âge pour servir de résidence royale (sous le nom de Castell del Rei)— et les ruines, encore imposantes, des voûtes et des gradins du cirque romain, dégagés et restaurés à une époque récente. Le Prétoire et un édifice moderne annexe hébergent aujourd’hui une partie du musée d’histoire de Tarragone et de l’imposant musée archéologique national, qui conservent des pièces d’une rare beauté, telles que le sarcophage d’Hippolyte, une célèbre poupée d’ivoire, un Bacchus praxitélien


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L’amphithéâtre romain


ou une mosaïque à tête de Méduse. Au bord de la mer et au pied de la Part Alta gisent les vestiges de l’amphithéâtre romain (Ier s. apr. J.-C.), un cirque de forme elliptique qui a conservé une grande partie de ses gradins ; au centre de l’arène subsistent les ruines de l’église romane Santa Maria del Miracle (XIIe s.), construite sur l’emplacement d’une église antérieure qui, elle, était wisigothique. Au sud, en allant vers le port, on voit quelques-unes des colonnes et des tabernae du second forum romain et les ruines du théâtre romain.

Non loin de Constantí se trouve le mausolée de Centcelles, orné de belles mosaïques, dont on suppose qu’il fut construit au IVe s. près d’une grande villa romaine antérieure et qu’il était la tombe de l’empereur Constant Ier ; l’arc de Berà (début du IIe s.), qui se dresse sur la Via Augusta près de Roda de Barà, est un arc de triomphe d’un seul corps soutenu par des pilastres corinthiens et très bien conservé ; enfin, près de la plage

Le Passeig Arqueològic

Dans les environs, près du cours final du Francolí, s’étend l’une des nécropoles paléochrétiennes les plus importantes de la péninsule Ibérique (IIIe-IVe s.); son musée annexe présente une belle collection de sarcophages et de tombes. Dans les environs de Tarragone, on peut aussi voir de beaux témoignages de son passé romain: l’aqueduc, appelé Pont de les Ferreres ou, plus communément, Pont del Diable,

est un impressionnant ouvrage romain construit pour amener l’eau à la ville, qui présente deux rangées d’arcades très bien conservées longues de 217 m et culminant à 23 m ; la tour des Scipion est un monument mortuaire qui s’élève le long de l’ancienne Via Augusta (que la nationale 340 longe en partie) orné de sculptures de divinités funéraires ; non loin, la carrière romaine d’El Mèdol est une grande cavité entourée d’une végétation luxuriante au centre de laquelle se dresse une aiguille de pierre qui indique le niveau primitif du terrain.

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La mosaïque de la Méduse (MNAT)

Voûtes du cirque romain

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L’arc de Berà

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Le mausolée de Centcelles (IVe s.)


Roda de Barà

Cathédrale Tél. (+ 34) 977 238 685 Pla de la Seu Musée diocésain Tel. (+ 34) 977 238 685 www.museu.diocesa.arquebisbattarragona.cat museu.diocesa@arquebisbattarragona.cat Musée d’histoire (Casa Castellarnau), Passeig Arqueològic (les murailles), amphithéâtre romain, forum romain, carrière d’El Mèdol, Prétoire et cirque romain Tél. (+ 34) 977 242 220 www.museutgn.org mht@tgna.altanet.org Musée national d’archéologie, musée et nécropole paléochrétiens (en cours de rénovation, on peut y voir une exposition, mais le bâtiment ne peut être visité), mausolée de Centcelles (Constantí) et villa romaine d’Els Munts d’Altafulla Tél. (+ 34) 977 251 515 www.mnat.cat mnat@mnat.cat

Monuments romains des environs de Tarragone [EN VOITURE OU À MOTO] Itinéraire : arc de Berà – villa romaine d’Els Munts (Altafulla) – carrière d’El Mèdol – tour des Scipion – la Tarragone romaine – nécropole paléochrétienne – mausolée de Centcelles (Constantí) – aqueduc de Les Ferreres ou Pont del Diable. 34 km environ. Difficulté : faible, se munir d’une bonne carte routière.

Club nautique de Tarragone Tél. (+ 34) 977 240 360 www.rcntarragona.com info@rcntarragona.com Club de golf Costa Daurada (El Catllar) Tél. (+ 34) 977 653 361 golfcdt@teleline.es Office du tourisme à Tarragone (voir pp. 91 et 92)

Pour plus de renseignements : office du tourisme du gouvernement autonome de Catalogne à Tarragone (voir p. 91). Routes Palau Robert : www.gencat.cat/probert

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La côte ouest de Tarragone : des vacances en famille

Salou est la station balnéaire la plus dynamique de la Costa Daurada. Ses plages s’étirent en de vastes étendues de sable fin à l’ouest, tandis que du côté de Tarragone, elles forment de petites baies abritées par le Cap de Salou. Le vieux village, commerçant et marin, a été construit autour du Carrer de Barcelona, qui reliait le port, aujourd’hui exclusivement consacré à la plaisance, à la gare de chemin de fer et à l’ancienne route de Reus, Salou ayant été pendant longtemps le débouché de Reus sur la mer. Les nouvelles constructions s’étendent sur deux kilomètres parallèlement à la côte en direction de Cambrils (quartier de Barenys) et, le long de la plage de Llevant, sur le Passeig de Jaume I (ou Passeig de les Palmeres) que l’on construisit sur le modèle de la Promenade des Anglais de Nice. Sur cette promenade, un monument dédié à Jacques Ier rappelle la glorieuse conquête de Majorque en 1229 par les navires catalans partis de Salou, comme l’indique le Llibre dels Feits ou Crònica de Jacques Ier : « Et nous partîmes le mercredi matin de Salou par vent venant de la terre, car, après le long séjour que nous avions fait, tout vent nous convenait, pour autant qu’il pût nous éloigner de la côte. Et, quand ceux de Tarragone et ceux de Cambrils virent que

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la flotte partait de Salou, ils hissèrent les voiles et il était beau de voir, pour ceux qui restaient à terre et pour nous aussi, que toute la mer était devenue blanche de voiles, si grande était la flotte. » Cambrils est une ville côtière s’étirant autour de son grand port de pêche et de plaisance. Son front de mer, superbement réaménagé, est dominé par une ancienne tour de défense. La vieille ville, qui se trouve à quelques centaines de mètres de la mer, a fini par rejoindre le quartier des pêcheurs en raison de la forte croissance touristique de ces dernières décennies ; les lotissements résidentiels et touristiques s’étendent le long de la côte en un continuum urbain qui se prolonge jusqu’à Salou en passant par Vilafortuny. Dans le vieux quartier, on peut voir le sanctuaire d’El Camí et sa tour de guet adossée. Les restaurants de Cambrils sont devenus une référence pour la cuisine marine catalane et pour la gastronomie de la Costa Daurada. La route de Vinyols nous conduit au parc de Samà. Construite par Salvador Samà, le marquis de Marianao, s’y dresse une imposante demeure de style colonial, en souvenir de l’époque où la


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RĂŠgates de voile


Les plages de Mont-roig del Camp

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Salou


Cambrils, le port

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famille vivait à Cuba. Elle est entourée d’un magnifique jardin conçu par Josep Fontserè i Mestres (architecte du parc de la Ciutadella, à Barcelone). L’endroit accueille des concerts nocturnes en été. À partir de Cambrils se succèdent des plages aux eaux limpides et transparentes, qui appartiennent aux communes de Mont-roig del Camp et de Vandellòs i L’Hospitalet de l’lnfant. Dans la première partie ont été construits des lotissements et des zones de campings très bien équipés, parmi lesquels se distingue Miami Platja. Mont-roig del Camp est un village singulier, situé à quelque 100 m d’altitude à l’intérieur des terres ; le grand artiste Joan Miró (1893-1983) y possédait une maison et c’est là qu’il a peint certains de ses tableaux de jeunesse les plus célèbres, dont La Ferme (1921-1922). Un « Itinéraire Miró », que l’on peut notamment parcourir à pied, à cheval ou à vélo, a été aménagé ; il comporte dix étapes balisées, depuis la plage jusqu’à l’ermitage de La

Port Aventura

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Roca, d’où l’on peut admirer les paysages qui ont inspiré le peintre. L’Hospitalet de l’Infant est un ancien village marin devenu aujourd’hui une station balnéaire dotée d’un grand port de plaisance. À l’origine de ce village, il y avait un hospice pour voyageurs, appelé Hospital del Coll de Balaguer, fondé en 1344 par l’infant Pierre, fils de Jacques II et de Blanche d’Anjou et comte d’Empúries et de Prades. Des vestiges encore imposants des murailles de l’époque subsistent, ainsi qu’une tour. Vers le sud se trouve la plage naturiste d’El Torn, qui, tout comme celle de Les Rojales, est classée site naturel d’intérêt. Le dernier village côtier est L’Almadrava, du nom des pièges traditionnellement utilisés pour la pêche au thon. Les bancs de thons longent la côte catalane du sud vers le nord, ce qui permet d’installer des madragues (almadraves), près desquelles vivaient les pêcheurs pendant la saison de la pêche.


Port Aventura, un parc thématique pour petits et grands. À partir des années soixante du siècle dernier, les familles aisées qui venaient principalement de Reus et de Barcelone pour passer l’été à Salou ont été peu à peu déplacées par l’essor du tourisme, de sorte que Salou est devenue la grande station balnéaire que nous connaissons aujourd’hui. Les hôtels, restaurants, cafés et lieux de loisirs, établissements nocturnes, etc., sont aujourd’hui en consonance avec cette réalité, rendue encore plus attractive par la création de Port Aventura, le parc thématique voisin. Ce grand parc d’attractions, créé en 1995 par Universal Studios, s’étend à cheval sur les communes de Salou et de Vila-seca et offre des attractions parmi les plus spectaculaires au monde, notamment le célèbre Dragon Khan ; le parc aquatique de Costa Caribe est venu récemment s’ajouter à l’ensemble. La présence de ce parc à thèmes et l’orientation délibérée de l’offre touristique vers un format de vacances familiales remis au goût du jour ont

contribué à faire de Salou l’une des grandes destinations touristiques du littoral catalan. Entre Tarragone et Salou, dans le secteur de la plage de La Pineda, façade maritime de Vila-seca qui conserve d’intéressants témoignages de son passé, se trouve le grand parc aquatique Aquopolis, très bien équipé. Le golf et la mer, des plaisirs complémentaires. La Costa Daurada possède trois terrains de golf : entre Mont-roig et Cambrils s’étend le terrain du club de golf Bonmont Terres Noves ; tout près de Reus se trouve le Reus Aigüesverds et, non loin de Tarragone, le club de golf Costa Daurada. Sur ces trois terrains, la douceur du climat permet la pratique du golf toute l’année, dans des conditions optimales. Les ports de plaisance de Salou, Cambrils et L’Hospitalet de l’Infant proposent des installations de grande qualité qui invitent au plaisir et à la pratique des diverses modalités de sports nautiques.

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l’Hospitalet de l’Infant

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Club nautique de Salou Tél. (+ 34) 977 382 166 www.clubnauticsalou.com cnsalou@bitel.es Club nautique de Cambrils Tél. (+ 34) 977 360 531 www.clubnauticcambrils.com info@clubnauticcambrils.com Club nautique L’Hospitalet-Vandellòs Tél. (+ 34) 977 823 004 www.cnhv.net cnhv@cnhv.net Station nautique (Salou/Cambrils/Mont-roig del Camp–Miami Platja). Tél. (+ 34) 902 361 724 www.estacionautica.info info@estacionautica.info Miró à Mont-roig del Camp [À PIED] Itinéraire : itinéraire balisé qui commence à la plage La Pixerota et s’achève à l’ermitage de la Mare de Déu de la Roca. Aux dix arrêts prévus se trouvent des bancs d’où l’on jouit de la même vue que Joan Miró lorsqu’il a peint les tableaux correspondants. 8 km, 2 à 3 h. Difficulté : relativement faible, se chausser convenablement. Comment s’y rendre : en voiture, emprunter la N-340 et bifurquer vers la plage La Pixerota entre Cambrils et L’Hospitalet de l’Infant (AP-7, sortie 37). Pour plus de renseignements : office régional du tourisme du Baix Camp et office municipal du tourisme de Mont-roig del Camp (voir p. 92). Routes Palau Robert : www.gencat.cat/probert

Club de golf Bonmont Terres Noves (Mont-roig del Camp). Tel. 977 818 140 www.bonmont.es info@bonmont.com Club de golf Aigüesverds (Reus) Tel. 977 752 725 polpanero@wanadoo.es Port Aventura et Caribe Aquatic Park (Salou-La Pineda). Tél. (+ 34) 902 202 220 www.portaventura.es amigos@portaventura.es Aquopolis Tel. 977 371 640 www.aquopolis.es/vilaseca aquopolis.pineda@grpr.com Offices du tourisme à Tarragone, Port Aventura, aéroport de Reus, Cambrils, L’Hospitalet de l’Infant, Mont-roig del Camp, Reus, Salou et Vila-seca (voir pp. 90 à 92)

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La côte est : l’histoire au bord de la mer

Et quand décembre, blanc de neige, et le brouillard impuissant rugiront avec le rauque vent du nord, tu retrouveras les plages inondées de soleil de Tarraco [...] (Martial, Épigr. I 49) Une fois que l’on a dépassé la pointe de La Móra et sa tour de défense médiévale, la ligne côtière entre Tarragone et le Baix Penedès commence par le bel ensemble de Tamarit, juché sur un petit promontoire devant la mer, à l’embouchure du Gaià. Le château de Tamarit, avancée de la conquête catalane dans ce secteur au XIe siècle et le village qui s’est formé tout autour, fortifié à partir du XIVe s., étaient abandonnés et en ruine au XIXe s. En 1916, le peintre Ramon Casas le fit découvrir à son ami Charles Deering, un riche Américain, qui le restaura et lui donna son aspect actuel. Les anciennes tours ont ainsi retrouvé leur aspect d’antan, ainsi qu’une partie des remparts et l’église romane du château. Le promontoire d’Els Munts, qui recèle d’intéressants vestiges d’une villa romaine, sépare les deux villes côtières d’Altafulla et Torredembarra. Ces deux villes, très prospères au XVIIIe s. grâce au commerce du vin avec l’Amérique, sont aujourd’hui

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des stations balnéaires très dynamiques. Le vieux quartier d’Altafulla, ou Vila Closa, est dominé par un beau château du XIVe s., restauré et en bon état, et par l’église Sant Martí (début du XVIIIe s.), couronnée d’une coupole. Torredembarra, qui se trouve non loin, possède un très beau château Renaissance construit par Lluís d’lcard, seigneur de l’endroit, à partir de 1560 : de forme rectangulaire et entourant une cour intérieure, il a été restauré et abrite l’hôtel de ville. La ville a aussi un port de plaisance et ses restaurants sont réputés, en particulier ceux du quartier maritime. Dans les environs, Els Salats et Els Muntanyans, deux anciennes zones côtières marécageuses, sont aujourd’hui des sites protégés, grâce aux efforts d’associations de défense de l’environnement. Un peu en retrait de la côte se trouve El Vendrell, le chef-lieu du Baix Penedès. La ville conserve un bel ensemble monumental où l’on peut admirer, entre autres édifices, l’église Sant Salvador (XVIIIe s.) — dotée d’un élégant clocher et d’un orgue baroque sur lequel Pau Casals, fils de l’organiste de l’église, s’initia à la musique —, le musée Àngel Guimerà, du nom du dramaturge originaire de cette ville, un musée archéologique et le musée de la


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Altafulla


Le ch창teau de Tamarit

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Calafell

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fondation Deu Font. Les quartiers situés en bordure de mer, Coma-ruga et Sant Salvador, sont très fréquentés. Coma-ruga est une ancienne station thermale connue aujourd’hui pour son port de plaisance. À Sant Salvador se trouvent la maison de vacances du grand violoncelliste Pau Casals, transformée en musée, et, non loin, l’auditorium Pau Casals, qui accueille des festivals de musique en été. La cuisine locale est prestigieuse et partage avec la région voisine du Garraf le xató, une salade composée de chicorée frisée et de salaisons de poissons, assaisonnée d’une sauce aux piments rouges et aux fruits secs, parente de la sauce romesco ; on la sert généralement avec les excellents vins et le cava de la région du Penedès. Les plages de Calafell délimitent, avec celles de Cunit, l’extrémité nord-est de la Costa Daurada. Le vieux quartier de Calafell, un peu à l’écart de la côte, se niche à l’abri du château de la Santa Creu, en partie entouré de murailles ; à côté, on

Can Guimerà (El Vendrell)

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peut admirer une église romane de type lombard (XIe s.), une crypte et des vestiges de peintures à la fresque datant de la première époque de l’art roman. Dans le quartier maritime, baptisé Calafell Platja, sont concentrées les activités récréatives et sportives, qui se prolongent jusqu’au port de plaisance de la voisine Segur de Calafell ; Segur possède également une petite église romane, restaurée. L’ancienne citadelle ibère de Calafell (VIe-IIe s. av. J.-C.) a été mise au jour et aménagée pour un parcours pédagogique où l’on peut prendre connaissance de la vie quotidienne dans la citadelle. Entre Calafell et Bellveí s’étend le terrain de golf La Graiera.


Le château et l’église de la Santa Creu (Calafell)

Torredembarra, la plage

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Calafell, le village ibère (Ve-IIe s. av. J.-C.)

Coma-ruga, le port de plaisance

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Sant Salvador (El Vendrell)


Villa romaine d’Els Munts (Altafulla) Tél. (+ 34) 977 652 806 www.mnat.es Musée Àngel Guimerà et Maison natale de Pau Casals(El Vendrell) Santa Anna, 10. Tél. (+ 34) 977 665 642 www.elvendrell.net cultura@elvendrell.net Musée Deu (El Vendrell) Pl. Nova, 6. Tél. (+ 34) 977 666 308 www.elvendrell.net museudeu@elvendrell.net Musée Pau Casals à Sant Salvador (Vil·la Casals). Av. Palfuriana, 59. Tél. (+ 34) 977 684 276 www.paucasals.org museu@paucasals.org Auditorium Pau Casals à Sant Salvador Av. Palfuriana, 34. Tél. (+ 34) 977 683 468 www.elvendrell.net auditoripaucasals@elvendrell.net D’El Catllar au barrage de Gaià [À VTT]

Citadelle ibère de Calafell Cra. C-31, km 57,5. Tél. (+ 34) 977 694 683

Itinéraire : en partie balisé qui va du village d’El Catllar jusqu’au barrage de Gaià, dont la masse aquatique contraste fortement avec le paysage, sec et aride, qui l’entoure. 10,8 km, 30 mn.

Club de golf la Graiera (Calafell) Tél. (+ 34) 977 168 032 golf@retemail.es

Difficulté : relativement faible, 75 m de dénivelé. Comment s’y rendre : par la route, emprunter la N-340 puis la TP-2039 jusqu’à El Catllar. Pour plus de renseignements : office du tourisme du gouvernement autonome de Catalogne à Tarragone (voir p. 91). Routes Palau Robert : www.gencat.cat/probert

Club maritime Torredembarra Tél. (+ 34) 977 640 810 www.cmtorredembarra.net club@cmtorredembarra.net Club nautique de Coma-ruga Tél. (+ 34) 977 680 120 cnco@clubnautic.com www.clubnautic.com Port de Segur de Calafell Tél. (+ 34) 977 693 355 portsegur@terra.es Offices municipaux du tourisme à Altafulla, Calafell, Coma-ruga, Creixell, Segur de Calafell Torredembarra, et El Vendrell (voir pp. 91 et 92)

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Reus et le Modernisme

Reus, l’une des villes à la vitalité culturelle la plus intense de Catalogne, est aussi un pôle économique et commercial de premier ordre. Au XVIIIe siècle, elle se plaçait au deuxième rang des villes du pays grâce au dynamisme de son commerce : elle fixait alors le cours mondial de l’eaude-vie (avec Paris et Londres), et les transactions concernant le commerce du vin, de l’huile et des fruits secs y atteignaient des volumes considérables. Son essor économique se poursuit au cours du XIXe s., où elle devient en même temps un centre politique actif, penchant pour la pensée républicaine et libérale. Son offre commerciale, qui dépasse les limites de la comarca, est toujours attractive. La Plaça de Prim, où se dresse la statue équestre du général Prim, originaire de Reus, est l’endroit le plus animé de la ville. C’est là que se trouve le théâtre Fortuny, un édifice de Francesc Blanc inauguré en 1882 et tout à fait représentatif des salles d’opéra de l’époque ; il a été restauré il y a quelques années. Dans le Carrer Llovera se dresse le Palau Bofarull, une belle demeure seigneuriale du XVIIIe siècle où l’on peut voir une remarquable salle décorée par Pere Pau Muntanya et qui

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héberge aujourd’hui le conservatoire de musique. Le quartier ancien s’étend autour de l’église Sant Pere, une église de style gothique tardif qui présente un clocher octogonal à l’allure médiévale. Le Centre de Lectura, un athénée populaire qui renferme une précieuse bibliothèque et des œuvres d’art, le musée d’archéologie Salvador Vilaseca et le musée d’histoire et d’art, où sont exposés des peintures et des dessins de Marià Fortuny et des sculptures de Joan Rebull, tous deux originaires de Reus, sont au cœur de la vie culturelle de la ville. Rattaché au Centre de Lectura, le théâtre Bartrina, inauguré en 1905 et remanié à plusieurs reprises, propose tout au long de l’année une programmation particulièrement attrayante. Mais ce qui fait le plus la spécificité de Reus, c’est, sans nul doute, son imposant patrimoine architectural moderniste, qui date d’une époque de splendeur financière de la bourgeoisie locale. L’architecte moderniste le plus présent à Reus est sans conteste Domènech i Montaner, grande personnalité de ce mouvement artistique, qui fut un ami de Pau Font de Rubinat, un homme politique originaire de Reus, bibliophile, catalaniste et maire


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La Casa NavĂ s


Sur la Plaça del Mercadal, au cœur de la ville médiévale, se trouve la Casa Navàs (1901), l’un des plus beaux hôtels particuliers que Domènech conçut pour la bourgeoisie catalane. C’est aussi celle qui conserve le plus fidèlement son extraordinaire décoration intérieure ainsi que le mobilier de l’époque, dessiné par l’architecte et réalisé par Homar. Au-dessus de son porche, la façade principale présente une décoration florale intégrée dans la structure de construction, évoquant un palais vénitien. L’intérieur, avec son grand vestibule central qui reçoit la lumière verticalement et sur les côtés par de grandes baies, constitue une synthèse de l’art moderniste et du grand savoir-faire des artisans de l’époque. Sur la même place, à côté de l’hôtel de ville, se trouve le Gaudí Centre, un musée interactif dédié à la vie et à l’œuvre d’Antoni Gaudí et à ses rapports avec la ville. L’on peut y voir des maquettes de ses ouvrages les plus emblématiques, ainsi qu’une reconstitution de son atelier et divers éléments permettant d’apprécier la façon dont il exerçait son art. Les autres réalisations de Domènech sont deux maisons qui se jouxtent dans le Carrer de Sant Joan : la Casa Rull (1900), où siège l’Institut Municipal d’Acció Cultural, qui présente une faça-

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La Plaça de Prim

de la ville en 1899-1900. Le premier ouvrage construit à Reus par l’architecte, avec le soutien de Font de Rubinat et du psychiatre Emili Briansó, est l’Institut Pere Mata, un établissement pour handicapés mentaux fondé en 1897, qui se trouve en dehors de la ville et qui fut projeté en conformité avec les courants les plus novateurs de la psychiatrie de l’époque. Dans ce bâtiment, Domènech éprouva le système de pavillons indépendants entourés de jardins qu’il allait appliquer plus tard à l’hôpital Sant Pau, à Barcelone. L’ensemble, doté de sveltes petites tours, n’est pas sans rappeler le style mauresque. On peut y visiter le pavillon réservé aux patients «distingués», qui conserve sa décoration originale.


L’Institut Pere Mata

Le théâtre Fortuny

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de de brique décorée d’éléments d’architecture, et la Casa Gasull (1911), un bel hôtel particulier orné de mosaïques et de sgraffites. Les hôtels particuliers dus à l’architecte municipal Pere Casellas sont, eux aussi, intéressants : la Casa Grau (1910) dans le Carrer de Sant Joan, la Casa Tomàs Jordi (1909) et la Casa Punyed (1900), dans le Carrer Llovera, la Casa Sardà (1896) sur l’avenue Prat de la Riba. On admirera encore deux bâtiments construits sur des plans de Joan Rubió i Bellver, originaire de Reus : la Casa Serra (1924), dans le Raval de Santa Anna, et le dispensaire antituberculeux (1926), attenant à l’Hospital de Sant Joan.

aux mains des franciscains au XVIe siècle. Au début du siècle dernier, il a été racheté et restauré par Eduard Toda. Sont particulièrement remarquables l’église romane et les restes de la salle capitulaire et du cloître. De la chapelle Santa Bàrbara, construite au-dessus de cet ensemble, on contemple l’une des plus belles vues panoramiques sur le Camp de Tarragona. Courses et lèche-vitrines à Reus. L’accès facile au centre-ville, sa taille, qui permet de s’y promener commodément à pied, la qualité et la variété des commerces, tout cela fait de Reus une ville idéale pour les courses et le lèche-vitrines.

À l’ouest de Reus, près du barrage de Riudecanyes, se trouve le château d’Escornalbou : cet ensemble monumental, construit sur l’emplacement d’un ancien château arabe sous administration de Siurana, fut un monastère de chanoines augustiniens fondé vers 1166 et passa

Meubles modernistes de Gaspar Homar

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GaudĂ­ Centre

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Le château d’Escornalbou

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Gaudí Centre Tel. 902 360 200 Pl. Mercadal, 3 www.reus.cat/turisme infoturisme@reus.cat Centre de Lectura de Reus Tél. (+ 34) 977 773 112 Major, 15 www.centrelectura.org secretaria@centrelectura.org

Vilanova d’Escornalbou

Castell d’Escornalbou

De Reus à Escornalbou, un tour dans le Baix Camp [EN VOITURE] Itinéraire : Reus – Riudoms – Montbrió del Camp – barrage de Riudecanyes – Riudecanyes – château d’Escornalbou – L’Argentera – Duesaigües – col de la Teixeta – Riudecols – Reus. 52 km, 3 h.

Musée Salvador Vilaseca de Reus Tél. (+ 34) 977 345 418 Raval de Santa Anna, 59 www.reus.net/museus info.museus@reus.net Musée d’art et d’histoire de Reus Tél. (+ 34) 977 344 833 Pl. de la Llibertat, 13 www.museus.reus.net info.museus@reus.net Château de Sant Miquel d’Escornalbou Tél. (+ 34) 977 834 007 Ctra. d’Escornalbou, s/n www.mhcat.net Office municipal du tourisme de Reus (organise une route du Modernisme avec des visites guidées, voir p. 92)

Difficulté : relativement faible. Pour plus de renseignements : office du tourisme du gouvernement autonome de Catalogne et office régional du tourisme du Baix Camp (voir pp. 90 et 91) Routes Palau Robert : www.gencat.cat/probert

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La route de Cîteaux

Les trois grands monastères de Catalogne —Santes Creus, Poblet et Vallbona de les Monges — ont aisément surmonté le passage des siècles et les vicissitudes de l’histoire, et ils se montrent aujourd’hui encore dans toute leur splendeur. Deux d’entre eux abritent toujours une communauté religieuse. Tandis que l’ordre bénédictin joua un rôle décisif dans le repeuplement de la Catalunya Vella, l’ordre réformé de Cîteaux (1098), très vite placé sous protection royale, fut le fer de lance du repeuplement sur les terres de la Catalunya Nova à partir du milieu du XIIe siècle. Le monastère de Santes Creus (1150) se blottit au cœur d’une profonde vallée, sur les rives du Gaià, au centre d’un harmonieux paysage. Ce magnifique ensemble architectural (XIIe-XVIIIe s.) est entouré d’anciennes dépendances monastiques qui sont devenues le village de Santes Creus. On y distingue trois enceintes mais les fortifications, ordonnées par Pierre IV (1376-1380), se limitent aujourd’hui aux murs de l’église et à une partie du cloître. Elles se distinguent par un beau portail royal (XVIIIe s.) et une grande place présidée par une fontaine baroque dédiée à l’un de ses abbés, saint Bernat Calbó. Sur cette place s’ouvrent les anciennes

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dépendances aux façades joliment ornées de sgraffites et transformées aujourd’hui en habitations. L’un de ces bâtiments, le Palau de l’Abat (1640), ancienne demeure de l’abbé, héberge la mairie. L’église (1174-1211), sur plan de croix latine, présente une porte romane, une grande fenêtre gothique sur la façade ouest et une magnifique rosace dans l’abside. Elle abrite les mausolées royaux de Pierre III et de Jacques II et Blanche d’Anjou, entourés d’élégants pavillons gothiques (XIVe s.) ; un vase de porphyre, dont on pense qu’il appartenait à Pierre Ier, est peut-être d’origine romaine. Le maître-autel est surmonté d’un retable baroque de Josep Tremulles (1640). La tour-lanterne, octogonale, date de 1314 et la Tour des Heures est de style Renaissance (XVIe s.). Le cloître gothique (XIVe s.) est orné de délicates sculptures réalisées par le maître anglais Reinard Fonoll. Autres éléments intéressants: la salle capitulaire, le dortoir, supporté par des arcs diaphragmes, le cloître postérieur (1625) ou encore le palais royal, que fit construire Pierre II en 1276 et qui fut transformé en palais abbatial en 1520. À l’est du second cloître s’ouvre la chapelle romane de la Trinité. Dans l’ancien réfectoire ont lieu, en été, des cycles de concerts.


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Santes Creus


Poblet

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Vallbona de les Monges


Le monastère Santa Maria de Poblet s’étend dans un magnifique paysage entre Vimbodí et L’Espluga de Francolí, à l’abri des montagnes de Prades. Fondé en 1151 à l’initiative de Ramon Berenguer IV comme une filiale de l’abbaye de Fontfroide (près de Narbonne), c’est l’un des monuments monastiques les plus importants d’Europe (XIIe-XVIIIe s.). Restauré à l’époque moderne, il se compose de trois enceintes à l’intérieur desquelles se trouve le lieu de clôture monastique. On y accède par la Porte royale flanquée de deux grandes tours polygonales et ouverte sur les imposantes murailles que fit construire Pierre IV le Cérémonieux en 1366. L’église (1162-1196), panthéon de la dynastie catalano-aragonaise à partir de Pierre IV, est de plan basilical à trois nefs ; elle présente des éléments ultérieurs, tels que la tour-lanterne octogonale (XIVe s.) ou le délicat retable d’albâtre exécuté par le sculpteur Damià Forment dans un style Renaissance en 1529. Les tombeaux royaux, ornés de magnifiques sculptures et restaurés par Frederic Marès en 1940, se trouvent sur les côtés du transept. Le portail baroque percé dans la muraille date du XVIIe siècle. Le cloître majeur, de transition romano-gothique, est jalonné de grandes baies ajourées de beaux et fins entrelacs. Autres éléments intéressants : la salle capitulaire, la bibliothèque, le dortoir, soutenu par des arcs diaphragmes, ou l’inachevé palais royal ou palais du roi Martí, commencé en 1392 par Arnau Bargués dans un style gothique flamboyant. L’un des grands attraits de Poblet réside dans la présence d’une communauté monastique active qui non seulement prend soin du monastère mais en a fait un centre religieux et culturel dynamique. L’assistance aux offices solennels constitue une expérience inoubliable. L’origine du monastère de Santa Maria de Vallbona, situé dans une vallée qui s’ouvre sur les versants nord de la chaîne du Tallat, remonte à une communauté d’anachorètes (hommes et femmes) attestée dès 1150. En 1175, la communauté,

désormais féminine uniquement, s’intégra à l’ordre de Cîteaux. Au cours des siècles suivants, le monastère joua un grand rôle dans le repeuplement de la région et il accueillit un temps les jeunes filles des plus grandes familles de la noblesse catalane. L’ensemble, érigé à des époques très différentes, est somptueux. Mais les trois enceintes initiales furent très endommagées dès 1573, lorsque le village de Montesquiu vint s’installer à cet endroit à la suite des décisions du Concile de Trente interdisant les couvents de femmes dans des lieux isolés. L’église et le cloître occupent une grande partie de la troisième enceinte, réservée à la clôture monastique et bordée d’une jolie place où se trouvent quelques tombeaux et sarcophages (XIIIe s.), une fontaine monumentale et deux magnifiques portails, le « portail des morts », roman, et le portail de l’église, elle aussi romane (XIIIe s.). L’église abbatiale est un bel exemple de transition du roman au gothique, avec sa nef unique très allongée et trois absides rectangulaires s’ouvrant sur le transept. Elle est éclairée par une tour-lanterne octogonale percée de huit baies (XIIIe-XIVe s.) et par un grand clocher doté d’une lanterne, octogonale également. Le chœur abrite les beaux tombeaux de la reine Yolande de Hongrie, femme de Jacques Ier, et de sa fille, Sança d’Aragó. Le cloître, de forme trapézoïdale, présente deux galeries romanes et une pleinement gothique. Dans la salle capitulaire gothique (XIVe s.), très austère, on remarque une statue de la Vierge de la Miséricorde attribuée à Pere Joan (XVe s.). La présence d’une communauté de moniales ajoute à la visite purement culturelle de cet endroit une atmosphère de recueillement et de sérénité qui contraste avec les vicissitudes de la vie moderne. Cet itinéraire offre en outre au visiteur la contemplation de certains paysages parmi les plus beaux et les moins fréquentés de l’arrière-pays tarragonais, et la possibilité de retrouver un temps lointain où l’édification de l’esprit était une activité pleinement intégrée à la vie quotidienne.

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52 Poblet, la salle capitulaire (XIIIe-XIVe s.)


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Santes Creus, tombeaux royaux (XIVe s.)


Poblet, tombeaux royaux (XIVe s.)

Un chapiteau du cloĂŽtre de Santes Creus (XIVe s.)

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Visite du monastère de Santes Creus Tél. (+ 34) 977 638 329 Visite du monastère de Poblet Tél. (+ 34) 977 870 254 visita@poblet.cat Visite du monastère de Vallbona de les Monges Tél. (+ 34) 973 330 266 Major, s/n www.vallbona.com vallbona@vallbona.com (adresse commune aux trois monastères) Offices du tourisme à Santes Creus, Poblet, L’Espluga de Francolí, Montblanc et Valls (voir pp. 91 et 92)

Circuit dans la forêt de Poblet [À VTT] Itinéraire : itinéraire qui traverse la forêt de Poblet, dans le site classé des montagnes de Prades, en passant par Castellfollit et La Pena, deux anciennes fermes du monastère. 20 km, 1 h 35 mn. Difficulté : relativement élevée, réservé aux cyclistes expérimentés et en forme, 540 m de dénivelé. Comment s’y rendre : depuis Poblet, par la T-700. Pour plus de renseignements : office régional du tourisme de la Conca de Barberà, à Poblet, et bureau d’accueil et de gestion du site naturel de Poblet (voir pp. 67 et 90). Routes Palau Robert : www.gencat.cat/probert.

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Montblanc, mémoire du Moyen Âge

Montblanc est une belle ville qui se trouve au cœur de la Conca de Barberà. Ce territoire est formé par la haute vallée du Francolí et situé entre les montagnes de Prades (au sud), la chaîne du Tallat (au nord-ouest) et la chaîne de Miramar (au sud-est) ; une partie est limitrophe avec les plateaux de la Segarra. Dans cette contrée placée au Moyen Âge sous la juridiction de grandes seigneuries (Templiers et Hospitaliers, monastère de Poblet, comté de Prades, etc.), Montblanc fut une ville royale protégée par ses souverains, qui accordèrent à ses habitants privilèges et exemptions ; ce fut aussi le centre d’une importante viguerie. Le Parlement catalan s’y réunit à plusieurs reprises et le titre de duc de Montblanc devint, en 1387, l’apanage des héritiers de la couronne catalano-aragonaise ; il est aujourd’hui réservé à l’héritier de la couronne espagnole. Les foires et les marchés de Montblanc connaissent une grande vitalité depuis le Moyen Âge. La ville conserve un ensemble monumental exceptionnel, à l’intérieur d’une enceinte fortifiée très bien conservée, jalonnée de tours et de portes. Elle renferme nombre de monuments datant du XIIIe siècle, dont font partie l’église Sant

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Miquel, à la façade romane, le couvent Sant Francesc, le couvent de la Serra (en dehors de la ville) et l’hôpital Santa Magdalena, auquel on rajouta plus tard un cloître Renaissance. Mais les constructions les plus emblématiques remontent au XIVe siècle : ce sont les murailles et l’église gothique Santa Maria, qui possède une façade postérieure baroque et un orgue magnifique. Il faut encore ajouter d’admirables demeures : le palais royal, le palais d’El Castlà et trois hôtels particuliers, la Casa Desclergues, la Casa Josa et la Casa Alenyà. Le Pont Vell, qui enjambe le Francolí, a été construit au XIIe siècle. Les fêtes et les traditions populaires de Montblanc sont nombreuses et connaissent une vitalité qui s’est encore renforcée ces dernières années. Pleines d’animation et de couleur, elles se succèdent tout au long de l’année : la Noël, les Tres Tombs (autour du 17 janvier), le carnaval, la semaine sainte, la festa major et les fêtes de la Mare de Déu de la Serra, la patronne de la ville, vénérée au couvent des clarisses depuis 1296. Mais la plus connue et la plus animée est une fête récente, créée en 1987 et déclarée « d’intérêt


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Les murailles


La semaine mĂŠdiĂŠvale

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L’orgue de l’église Santa Maria (Montblanc)

Santa Maria de Bell-lloc

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national ». Autour de la Sant Jordi (la SaintGeorges, le 23 avril), la ville se pare d’anciens étendards seigneuriaux pour vivre une semaine médiévale à laquelle participe toute la population. Car, selon une légende reprise par Joan Amades, c’est à Montblanc que saint Georges tua le dragon ; une grande partie des habitants de la ville prennent part à l’organisation de manifestations récréatives et culturelles, telles qu’une rencontre des dragons et des diables, un marché médiéval, un grand spectacle évoquant la légende de saint Georges, un dîner médiéval, des scènes de la vie quotidienne au Moyen Âge et, enfin, la reconstitution de la session tenue par le Parlement catalan à Montblanc en 1414. À l’ouest de Montblanc, près de la source du fleuve qui lui donne son nom, se trouve L’Espluga de Francolí, véritable porte d’entrée au monastère et au site naturel classé de Poblet, tout proches. On peut y voir d’intéressants édifices, notamment une église des XIIIe et XIVe siècles, un ancien hôpital gothique ou encore la cave moderniste construite par Domènech i Montaner et son fils Pere. La Cova de la Font Major est une grotte aménagée en musée. C’est aussi la porte d’entrée des versants nord des montagnes de Prades, aux confins

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du Baix Camp, et de la magnifique masse forestière que constituent les environs de Poblet. Barberà de la Conca est une autre belle localité de cette région, située au nord-est de Mont-blanc et dominée par les restes encore imposants d’un ancien château templier (puis hospitalier à partir du XIVe s.). C’est là, en 1894, que fut créée la première société coopérative agricole de Catalogne. La partie nord-est de la Conca de Barberà est occupée par la vallée du Gaià, un secteur céréalier, à la différence du reste de la comarca où la culture de la vigne est prépondérante. Son cheflieu est Santa Coloma de Queralt, centre, au Moyen Âge, de la baronnie de Queralt et du comté de Santa Coloma. La ville conserve, entre autres curiosités, des restes de ses anciennes murailles et du palais comtal, une église gothique dotée d’un élégant clocher de construction ultérieure (XVIIe s.) et l’église Santa Maria de Bell-lloc, en dehors de la ville, qui abrite le tombeau gothique de la famille Queralt. Aux confins de l’Urgell se trouve Vallfogona de Riucorb, une localité connue pour ses eaux médicinales.


Musée régional de la Conca de Barberà 43400 Montblanc Tél. (+ 34) 977 860 349 Josa, 6 www.mccb.es info@mccb.es Grotte-musée de la Font Major à L’Espluga de Francolí 43440 L’Espluga de Francolí Font Major, s/n Tél. (+ 34) 977 871 166 www.esplugadefrancoli.cat www.covesdelespluga.info tur.espluga@esplugadefrancoli.cat

De Montblanc à Rojals par le ravin de la Vall [À PIED] Itinéraire : partant de l’ermitage Sant Josep, près de Montblanc, le chemin, qui coïncide en partie avec le GR-171, pénètre dans la dense végétation du versant oriental des montagnes de Prades. 12,6 km, 3 h 10 mn.

Musée de la vie rurale à L’Espluga de Francolí 43440 L’Espluga de Francolí Tél. (+ 34) 977 870 576 Canós, 16 www.museuvidarural.com info@museuvidarural.com Office du tourisme à Poblet, L’Espluga de Francolí, Montblanc et Santa Coloma de Queralt (voir pp. 91 et 92)

Difficulté : relativement élevée, 610 m de dénivelé. Comment s’y rendre : par la route, de Montblanc à l’ermitage Sant Josep. Pour plus de renseignements : office régional du tourisme de la Conca de Barberà, à Poblet (voir p. 91). Routes Palau Robert : www.gencat.cat/probert

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La montagne méconnue

L’arrière-pays de la Costa Daurada recèle, comme deux trésors cachés, deux beaux paysages de montagne : la chaîne du Montsant et les montagnes de Prades, qui se prolongent par la forêt de Poblet. Le climat, doux pendant une grande partie de l’année, permet des randonnées et des excursions en toute saison. L’autre montagne sacrée de la Catalogne. Comme son nom l’indique, le Montsant (qui culmine à 1 163 m, à la Roca Corbatera) est, à l’instar de Montserrat, une montagne sacrée qui a connu une longue tradition érémitique. À ses pieds se dressent les ruines de l’ancienne chartreuse d’Escaladei, qui se détachent sur l’impressionnante toile de fond du massif. Ce massif à la nudité sauvage de près de 10 000 ha, qui protège les vignes en terrasses du Priorat, a aujourd’hui le statut de parc naturel. Son relief escarpé, qui a donné lieu, comme celui de Montserrat, à des appellations populaires imagées (les Trois Jurés, la Petite Chaise, l’Évêque, la Tête de mort, etc.), a permis la conservation d’une grande diversité biologique dans un paysage à la végétation méditerranéenne, sous influences sub-

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méditerranéennes et eurosibériennes. Les ifs, les myrtes, les saules et les pouliots singularisent un espace végétal dominé par des bois de chênes verts et de chênes des garrigues, tandis que le chêne de Mirbeck habite dans les hauteurs et dans les encaissements les plus humides. La position centrale du parc naturel du Montsant dans l’ensemble des parcs naturels et des espaces protégés du sud de la Catalogne contribue au maintien d’une faune riche et nombreuse, en particulier le long du cours supérieur du Montsant, où l’on trouve des endroits remarquables, tel le lieudit Cadolles Fondes, et des espèces comme la couleuvre, le putois, la belette, la fouine, le blaireau, le renard, l’aigle à queue barrée, l’aigle royal, le jean-le-blanc, l’épervier, le faucon pèlerin, le grand duc, le merle d’eau, l’hirondelle rousseline et la crécerelle. Dans l’eau vivent le barbeau, l’ablette et le chevesne. Les montagnes de Prades. Quasiment sans interruption avec le parc naturel du Montsant commence l’espace d’intérêt naturel des montagnes de Prades, lesquelles culminent au Tossal de la Baltasana, à plus de 1 200 m — c’est le point


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Le ravin de L’Estopinyà (Siurana)


culminant de la Costa Daurada —, et dominent, tout en les séparant, le Camp de Tarragona et la Conca de Barberà. La végétation de montagne y est caractérisée par les forêts de pins et de chênes rouvres (pin sylvestre, pin laricio, chêne blanc, chêne du Portugal, buis) et, sur les versants ombragés, par les forêts de châtaigniers. Sont compris dans l’espace d’intérêt naturel des montagnes de Prades, le site naturel de Poblet (3 661 ha), qui couvre une grande partie de l’ancienne forêt de Poblet, et les réserves naturelles contiguës de La Trinitat et El Titllar. La végétation de l’ensemble est exceptionnelle, formée de communautés végétales bien établies, comme les forêts de chênes verts du littoral, des forêts de chênes verts de montagne et des bois de chênes rouvres, de chêne blanc et de chêne Tauzin ou Quercus pyrenaica (unique en Catalogne), qui côtoient le pin sylvestre, le pin d’Alep, le pin pignon et le pin maritime. La faune est celle des montagnes méditerranéennes, composée d’invertébrés endémiques ou de mammifères comme la musaraigne pygmée, dont la colonie est isolée par rapport à l’aire de distribution de cette espèce. Des chevreuils ont été réintroduits et constituent aujourd’hui une population stable, mais le maître des lieux est sans aucun doute le sanglier. Quant à la randonnée, la Costa Daurada, et en particulier les montagnes de Prades et le Montsant, sont l’une des zones les moins connues de la Catalogne, bien que s’y trouvent certains des principaux sentiers de grande randonnée qui traversent le territoire catalan : le GR-7 franchit les montagnes de Prades ; le GR-92 longe la côte ; le GR-171 va de Vallfogona de Riucorb à Escaladei ; le GR-175 et le GR-172 coïncident en grande partie avec la Route de Cîteaux ; le GR-65-5 rejoint l’Èbre à partir de la côte... Dans la plupart des villes et des villages de la région, on trouve des gîtes ruraux, des pensions, des hôtels ou des campings et des restaurants de toutes sortes pour tous les goûts et pour tous les budgets.

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L’ermitage de Sant Bartomeu (Montsant)

Le sentier d’El Colom (forêt de Poblet)

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Escaladei ; au fond, le Montsant

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Un chêne kermès dans les montagnes de Prades


Bureau d’accueil et de gestion du site naturel d’Intérêt National de Poblet à L’Espluga de Francolí 43440 L’Espluga de Francolí Cra. les Masies, s/n Tél. (+ 34)Margalef 977 871 732 www.parcsdecatalunya.net pnpoblet.dmah@gencat.net Centre d’information du parc naturel de la Serra del Montsant Tél. (+ 34) 977 827 092 www.parcsdecatalunya.net aj.morera@altanet.org pnmontsant.dmah@gencat.net Office du tourisme à Poblet, Capafonts, Cornudella de Montsant, L’Espluga del Francolí, Margalef, Montblanc et Ulldemolins (voir pp. 91 et 92)

De Vallfogona de Riucorb à la chartreuse d’Escaladei par le GR-171 [À PIED] Itinéraire : établissement thermal de Vallfogona de Riucorb – col de Forès – Senan – Vimbodí – Poblet – Montblanc – Rojals – Prades – Albarca – Notre-Dame du Montsant – Serra Major – La Morera del Montsant – chartreuse d’Escaladei. 70 km (3 jours) Difficulté : relativement élevée,450 m de dénivelé maximal. Comment s’y rendre : rejoindre Vallfogona de Riucorb par la route T-224 depuis Santa Coloma de Queralt. Pour plus de renseignements : www.feec.org

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Un pays de vin : de cave moderniste en cave moderniste

Tarraco, qui ne le cède en qualité qu’aux vins de la Campanie, a produit ce vin qui rivalise avec les coupes d’Étrurie (Martial, Épigr. XIII 118). Cette appréciation du poète hispano-romain Martial nous confirme que la culture de la vigne et l’élaboration de vins de qualité possèdent une longue histoire en terre tarragonaise. Le terroir des comarques qui composent la Costa Daurada fournit quatre des appellations d’origine des vins catalans, dont l’une, celle du Priorat, a le statut d’« appellation d’origine qualifiée ». Les autres sont l’AOC Tarragona, l’AOC Montsant et l’AOC Conca de Barberà. De nombreuses caves coopératives et plusieurs petites exploitations privées élaborent par ailleurs du cava, le mousseux du cru, dans la Conca de Barberà. Si, dans l’Antiquité, la qualité des vins était directement liée à leur degré alcoolique, aujourd’hui l’appréciation du vin se fait sur de nombreux critères, parmi lesquels figurent la qualité et les caractéristiques du raisin, ainsi que le savoir-faire du vigneron.

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Les vins du Priorat (la seule « appellation d’origine qualifiée » de Catalogne) — élaborés avec des cépages carinyena, cabernet et grenache pour les vins rouges et des cépages maccabeu et cabernet pour les vins blancs — ont un degré alcoolique élevé. Les vignobles sont cultivés sur des coteaux ardoisiers secs, où poussent des ceps peu productifs, qui déterminent en grande partie le goût des vins. Les vins sont, pour la plupart, des vins rouges, corsés et fins, riches en tanin et donc très astringents. Le priorat rouge se marie harmonieusement avec les plats de gibier et les viandes rôties ou grillées. L’appellation est circonscrite à cette contrée au sol de schiste ardoisier occupée par les villages qui dépendaient de l’ancien prieuré d’Escaladei — en catalan, priorat signifie prieuré, d’où le nom de ce vin. La production de cette appellation est donc relativement restreinte. Depuis que de nombreuses caves emploient les techniques œnologiques modernes, les vins du Priorat ont acquis un grand renom et sont très recherchés, tant dans le pays que sur les marchés internationaux les plus exigeants.


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Vendanges dans le Priorat


Les vestiges de l’ancienne chartreuse d’Escaladei et le village du même nom (dont les maisons sont d’anciennes dépendances du monastère) se trouvent sur le territoire de la commune de La Morera de Montsant. Cornudella de Montsant possède une cave coopérative construite par Cèsar Martinell en 1919.

La cave coopérative de Falset

L’AOC Montsant donne elle aussi des vins puissants, rouges pour la plupart. L’appellation ayant été créée récemment, ces vins n’ont pas encore atteint le renom de leurs voisins. Mais, comme dans le cas du Priorat, la présence de grenache parmi les variétés de cette appellation et l’application des nouvelles techniques œnologiques rendent ces vins très caractérisés et promis à un bel avenir sur les marchés. Le domaine de Capçanes propose des vins kasher, élaborés selon les normes exigeantes qui les rendent aptes à être consommés par les juifs orthodoxes. Falset, le chef-lieu de la comarca, ancienne résidence des comtes de Prades (son palais de style Renaissance abrite aujourd’hui les dépendances de l’hôtel de ville) et centre de l’AOC Montsant, possède également une intéressante cave coopérative, construite par Martinell en 1919. Sur la Costa Daurada, l’AOC Tarragona est attribuée aux vins produits dans le Camp de Tarragona. Ce sont surtout des vins blancs de cépages maccabeu, parellada et xarel·lo, mais il y a aussi des vins rouges et rosés issus de cépages sumoll et ull de llebre (tempranillo). On trouve aussi des rancios et des vins doux de qualité. Les vins blancs de cette appellation accompagnent à merveille la grande cuisine marine de la côte tarragonaise.

La cave coopérative de L’Espluga de Francolí

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L’AOC Conca de Barberà est surtout connue pour ses vins rosés élaborés à partir de la variété trepat, mais les nouvelles techniques œnologiques donnent des vins dignes d’être mentionnés, tels les blancs issus de cépages parellada et maccabeu, et les rouges élaborés avec les cépages trepat et ull de llebre puis élevés durant au moins dix-huit mois. En général, ce sont des vins fruités et peu titrés. La comarca produit, en outre, un remarquable cava.


La chartreuse d’Escaladei

Siurana

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Les cathédrales du vin. C’est dans la Conca de Barberà qu’est né, à la fin du XIXe s., le grand mouvement coopérativiste des agriculteurs catalans. L’un des chefs de file de ce mouvement fut Josep M. Rendé, grâce à qui nous pouvons voir aujourd’hui, dans diverses comarques de la Costa Daurada et des Terres de l’Ebre, un grand nombre de caves coopératives ou sièges de syndicats agricoles construits par des architectes modernistes dans le premier quart du XXe siècle. L’une des plus anciennes caves (1913) est précisément la cave coopérative de L’Espluga de Francolí, un ouvrage de Lluís Domènech i Montaner et de son fils, Pere Domènech i Roura. Ayant mérité à l’époque le surnom de « cathédrale du vin », cette cave est formée de plusieurs nefs soutenues par des arcs diaphragme, caractéristiques du gothique catalan. La cave de Sarral est un ouvrage construit par Domènech fils en 1914. Mais c’est à l’architecte Cèsar Martinell, le disciple et biographe de

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Gaudí, que l’on doit la grande expansion de ce modèle ; c’est lui qui, à partir de 1918, alors que la Mancomunitat de Catalunya avait mis en place sa politique agraire, conçut un nombre important de caves coopératives dans cette région. La combinaison de brique, pierre et céramique et l’emploi de l’arc parabolique pour soutenir les voûtes, de claire inspiration gaudinienne, confère à ces ouvrages un style incomparable. Martinell a construit, dans la Conca de Barberà, l’édifice du syndicat agricole de Rocafort de Queralt (1919, agrandi ultérieurement), celui de Montblanc (1919) et la cave coopérative de Barberà de la Conca (1920-1921), à une seule nef. Dans l’Alt Camp, on lui doit les caves coopératives d’Aiguamúrcia (1920) et de Santes Creus (1921), tout proches, ainsi que celle de Nulles (1919), qui ressemble fort à celle de Rocafort. On peut visiter la plupart des caves coopératives et beaucoup de chais privés, et acheter sur place les vins et le cava qui en sont issus.


Musée du vin de L’Espluga de Francolí Tél. (+ 34) 977 871 711 Av. Josep Maria Rendé, 5 coespluga@retemail.es Reserves 977 871 220 Offices du tourisme à Falset, Poblet, Santes Creus, La Bisbal de Falset, Cornudella de Montsant, L’Espluga de Francolí, Margalef, Montblanc, Santa Coloma de Queralt, Ulldemolins et Valls (voir pp. 91 et 92)

Ermitages du Montsant [À PIED OU À VTT] Itinéraire : itinéraire balisé sur le versant ombragé du Montsant: Ulldemolins–ermitage Santa Magdalena (XVIe s.) – ermitage Sant Antoni i Santa Bàrbara (XVe s.) – ermitage Sant Bartomeu de Fraguerau (XIVe s.). 16,6 km, 4 h 30 mn à pied 2 h 15 mn à vélo. Difficulté : relativement élevée, tant à pied qu’à vélo, 390 m de dénivelé. Comment s’y rendre : rejoindre Ulldemolins par la C-242. Pour plus de renseignements : office d’information et de tourisme à Falset, Ulldemolins et centre d’information du parc naturel de la Serra del Montsant (voir pp. 67 et 92). Routes Palau Robert : www.gencat.cat/probert

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Valls : tours humaines et oignons tendres

Valls, le chef-lieu de l’Alt Camp, est un joli bourg d’origine médiévale mais où l’on peut admirer des monuments d’époques plus récentes : l’église Sant Joan remonte au gothique tardif (1570) ; la chapelle d’El Roser montre deux magnifiques panneaux de céramique (1605) où sont représentées des scènes de la bataille de Lépante; le Grand Théâtre est de style néoclassique. Les calçots, les porrons et les castellers, trois éléments de notre terroir qui m’ont toujours fasciné. Ils sortent de terre et me font regarder vers le ciel (Bigas Luna, cinéaste). Les « castells ». C’est à Valls que les premiers écrits conservés sur le sujet (datant de la fin du XVIIIe s.) situent la manifestation folklorique des castellers, qui s’est bientôt étendue au Camp de Tarragona et au Penedès, puis aujourd’hui dans de nombreux endroits de Catalogne. La seconde moitié du XIXe s. fut la première époque dorée des castells : en 1851, on parvenait à ériger la première tour à neuf étages. La seconde époque de grand dynamisme, qui se poursuit de nos jours, a commencé en 1971, année où fut créée la Colla Jove dels Xiquets de Valls, qui concourt avec l’équipe

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de la Colla Vella. La grande journée « castellera » de la fête de Santa Úrsula de Valls, qui a lieu le 21 octobre de chaque année, est l’un des concours les plus prisés des amateurs de castells. Les « calçotades ». Valls est la ville d’origine des calçotades, qui ont débordé de l’Alt Camp pour s’étendre dans les contrées voisines et dont le calendrier s’est élargi au-delà de la traditionnelle seconde moitié de l’hiver. Les calçots sont des oignons frais blancs et doux que l’on grille à la flamme sur un feu de sarments jusqu’à la carbonisation des pelures extérieures, que l’on retire avec les doigts. L’intérieur se mange avec une sauce appelée salvitxada, une variante de la sauce romesco. À la fin de la dégustation, les convives, qui pourtant se protègent avec une grande serviette, ne manquent pas d’être noircis et tachés, ce qui provoque des rires qui contribuent au succès du plat. Les calçots sont suivis de viande d’agneau et de saucisses grillées servies avec un aïoli ; le dessert consiste en oranges et crème brûlée et le tout est, bien sûr, accompagné du vin rouge de la région, bu à la régalade à l’aide de cruches à long bec nommées porrons.


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Valls


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Un « castell » en construction

La « calçotada »


Musée de Valls Tél. (+ 34) 977 606 654 Pg. Caputxins, 18 museu.valls@altanet.org Musée du Chariot et de l'Outil des champs Tél. (+ 34) 977 603 365 Ctra. Picamoixons, km 2 info@museudecarros.com Office du tourisme à Santes Creus et Valls (voir pp. 91 et 92)

Les vallées du Micanyo et de la Glorieta [À PIED] Itinéraire : balisé qui va d’Alcover, une ville possédant d’intéressants édifices Renaissance, aux sources de la Glorieta. 16 km, 4 h.

La bataille de Lépante (XVIIe s.)

Difficulté : relativement élevée, 400 m de dénivelé. Se munir de jumelles pour observer la faune, de boissons, de nourriture et de vêtements et chaussures adéquats. Comment s’y rendre : rejoindre Alcover par les routes C-14 (Reus-Montblanc) et C-37 (Valls-Alcover). Pour plus de renseignements : office régional du tourisme de l’Alt Camp, à Santes Creus (voir p. 91). Routes Palau Robert : www.gencat.cat/probert

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Thermalisme et remise en forme à Vallfogona et Montbrió

En matière de tourisme de santé, repos et bienêtre physique, la Costa Daurada offre deux références de premier ordre, distantes en kilomètres mais aussi dans leur conception : l’établissement thermal de Vallfogona de Riucorb et l’hôtel Termes Montbrió, à Montbrió del Camp. Vallfogona de Riucorb se trouve tout à fait au nord de la Conca de Barberà, dans la vallée du Corb, aux confins de la Segarra et de l’Urgell. Centre, au Moyen Âge, d’une commanderie de templiers, puis d’hospitaliers, la vieille ville, dominée par un château, était fortifiée. L’endroit est bien connu des Catalans, car un célèbre poète baroque, le père Francesc Vicent Garcia (15821623), plus connu sous le nom de « Recteur de Vallfogona », en fut le curé à partir de 1607. Au début du XXe siècle, les eaux minérales et médicinales des sources Pudosa et Salada, connues depuis fort longtemps, donnèrent lieu à la construction de l’établissement thermal (1901), au fond de la vallée. Il a été rénové à plusieurs reprises et, en 1992, on y a construit une piscine thermale couverte dans la galerie des bains. Un grand parc arboré entoure l’édifice. Pour répondre

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au succès croissant du lieu, plusieurs hôtels et auberges ont été construits dans les alentours. Les caractéristiques des eaux (chlorurées sodiques, sulfatées, calcaires et magnésiques), qui jaillissent à une température de 14 °C, et les techniques employées (sauna, hydromassages, douches, boues, aérosols, bains de vapeurs, nébulisations, inhalations, piscine thermale, etc.) permettent notamment de traiter les rhumatismes, l’arthrose, l’arthrite, la constipation, l’asthme et les troubles hépatiques chroniques. On y traite également la cellulite et l’obésité et l’on y pratique des cures de relaxation et antistress. Vallfogona est donc une petite station thermale où le calme, l’accueil familial réservé aux visiteurs assidus, les petites randonnées à pied, à vélo ou en voiture (le beau village de Guimerà, dans la Segarra, se trouve à la sortie de la vallée) permettent de laisser de côté les soucis et l’agitation de la vie quotidienne pour se reposer et s’occuper de son propre bien-être. Montbrió del Camp est un village situé au centre du Camp de Tarragona, près de la côte (Cambrils


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Vallfogona de Riucorb, l’Êtablissement thermal


et Salou) et de Reus. Dans ce village traditionnellement agricole (producteur de muscat et d’huile, notamment) qui possède des eaux thermales aux propriétés médicinales, on a construit, à la fin des années quatre-vingt, un grand complexe thermal, l’hôtel Termes Montbrió, qui se compose de divers édifices modernistes restaurés, d’édifices à l’architecture très actuelle et d’un grand parc. Les caractéristiques des eaux — hyperthermales entre 41 et 81 °C selon les sources, riches en chlorure sodique, en ions, en bicarbonate, en sulfates et autres minéraux — les rendent tout à fait aptes pour le traitement de rhumatismes chroniques et d’affections dermatologiques et respiratoires, ainsi que pour les thérapies antistress et anti-obésité. Outre les prestations thermales, on y trouve un centre de beauté et de santé. Cet établissement

Montbrió del Camp, l’hôtel Termes Montbrió

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thermal de dernière génération — l’on peut notamment y pratiquer l’aquagym — est un lieu de remise en forme réputé ; par ailleurs, la proximité de la plage et du parc thématique de Port Aventura y permet un séjour plus diversifié que dans d’autres établissements thermaux plus classiques.


Musée du Vin « Els Cups » 43340 Montbrió del Camp Av. Sant Jordi, 11 Tél. (+ 34) 977 826 341 roger@museudelvi.com www.museudelvi.com Office du tourisme à Poblet, Cambrils, L’Espluga de Francolí, L’Hospitalet de l’Infant, Montblanc, Mont-roig del Camp, Santa Coloma de Queralt et Reus (voir pp. 91 et 92)

Églises et châteaux de la vallée du Riu Corb [À VTT] Itinéraire : partiellement balisé : Albió – Savallà del Comtat – Segura – Vallfogona de Riucorb. 18,6 km, 1 h 40 mn. Difficulté : faible, 275 m de dénivelé. Comment s’y rendre : rejoindre Albió depuis Montblanc par la route C-241. Routes Palau Robert : www.gencat.cat/probert

Vallfogona de Riucorb

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Tours humaines, pénitents, grosses têtes et géants

Les « castells » sont la manifestation folklorique par excellence de la Costa Daurada. Ce mélange de folklore et de sport populaire suscite une grande passion chez ses amateurs ainsi que l’admiration des étrangers par sa beauté et par le courage et la solidarité des castellers. Il s’agit d’équipes d’hommes (mais les femmes s’y mettent aussi depuis quelque temps), qui, au son du chalumeau, élèvent des castells, ou tours humaines plus ou moins hautes et aux structures variées. Ces équipes (les colles) s’exhibent dans les fêtes et rivalisent pour élever les piliers, les tours, les pyramides (ou « châteaux ») les plus beaux, les plus hauts. Ils peuvent aujourd’hui atteindre jusqu’à dix niveaux. Lorsque l’enfant (l’enxaneta), qui doit être jeune et léger, arrive au sommet, il fait un signe de la main qui indique que la tour est couronnée (on dit alors qu’il fait l’aleta). À la difficulté d’élever une tour correspond la difficulté de la redescendre et, dans les concours, on ajoute les points de l’une et de l’autre. Chaque casteller porte une chemise de la couleur de son équipe, une longue écharpe entourée autour de la taille (qui contribue à soutenir la colonne vertébrale), un solide pantalon de coton et les espadrilles traditionnelles. Valls est considérée comme le berceau

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des castells, mais ils sont également traditionnels à Tarragone et dans d’autres villes du Camp de Tarragona et du Penedès, comme Reus ou El Vendrell. Hors de la Costa Daurada, on en trouve aussi à Vilafranca del Penedès et Vilanova i la Geltrú. Mais les castells s’étendent depuis peu dans toute la Catalogne et des équipes nouvellement formées commencent à concurrencer sur un pied d’égalité les grandes équipes traditionnelles. La semaine sainte est, elle aussi, très spectaculaire dans la région, à Tarragone notamment, où les processions de Pâques sont formées par des membres de confréries de pénitents d’origine médiévale habillés de tuniques et par les typiques armats, habillés en soldats romains. À Reus, la «procession du silence » est particulièrement impressionnante le jeudi saint, tout comme celle de la Puríssima Sang. Des anciennes danses parlées, religieuses ou profanes, au ton épique ou satirique, que des hommes interprétaient en plein air sur une scénographie élémentaire au son d’un petit orchestre qui jouait une musique rythmée, on a conservé quelques résidus, tels que la danse des « Dames i


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Des « castellers » à Tarragone


Vells » de Tarragone ou la danse du « Sant Crist » à Salomó, représentée à l’intérieur de l’église. Le carnaval de Reus remonte à des temps lointains et, avec sa « guerre des tomates », il est l’un des plus animés et des plus singuliers de Catalogne. Reus est aussi une ville où les géants et les grosses têtes sont souvent présents, et notamment lors de la festa major, pour la SaintPierre. Les festes majors sont précisément la grande dimension festive de la Costa Daurada. Elles ont lieu dans les villes, les bourgs et les villages tout au long de l’été et chaque endroit, à partir d’un scénario qui est à peu près le même partout, y apporte sa touche personnelle. Au cours des siècles sont apparus ici et là des troupes et des éléments festifs — géants, grosses têtes, tarasques, dragons, danses traditionnelles, castells, aigles

Les «armats» défilant lors d’une procession de la semaine sainte à Reus

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mythologiques, correfocs, etc. — qui composent, accompagnés des savoureuses spécialités culinaires de la région, la charpente des fêtes actuelles.


La procession du vendredi saint Ă Tarragone

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La sauce romesco et autres plaisirs du palais

La cuisine de la Costa Daurada allie, en une synthèse parfaite, la cuisine marine et la cuisine paysanne, savamment complétées par des mets montagnards ou bourgeois. Parmi les nombreux plats qui font partie de sa tradition, il y en a un qui a traversé les siècles, accueillant les apports des différents peuples qui ont habité la région, et qui franchit aujourd’hui les frontières : il s’agit du romesco. Le romesco est une sauce basée sur la picada, trait différentiel de la cuisine catalane (ail, persil, fruits secs, sel, huile et autres ingrédients écrasés et mélangés dans un mortier). Il en existe une version froide, idéale pour accompagner les salades, les légumes grillés, le poisson et les fruits de mer bouillis ou grillés, et une autre cuite, qui constitue la base des plats de poisson et de viandes blanches. L’ingrédient distinctif de la picada est le poivron dit « de romesco », que l’on fait préalablement sécher et qui colore d’un rouge profond et parfumé une base composée d’ail grillé, d’amandes et de noisettes grillées. La salvitxada est une variante de la sauce romesco. C’est la sauce qui accompagne les calçots, ces oignons tendres que l’on fait griller à la flamme

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et qui constituent l’ingrédient du repas collectif et festif appelé calçotada (voir p. 74). Le quartier d’El Serrallo, à Tarragone, le port de pêche de Cambrils et le quartier maritime de Torredembarra sont les foyers d’une succulente cuisine de poisson qui, outre les plats accompagnés de romesco, offre des plats de riz ou de pâtes rossejats (« roussis »), des calmars au chocolat, des moules ou des clovisses à la marinière, ainsi que, depuis quelques années, de nouvelles préparations qui reposent sur d’excellents produits frais et une réinterprétation de la tradition. La cuisine de l’arrière-pays se compose de plats que l’on pourrait qualifier de mets d’hiver, comme l’olla barrejada (un pot-au-feu à la manière locale), les pieds de porc aux escargots, le lapin au riz et des gibiers tels que les perdrix aux olives, à côté de plats plus délicats tels que les escargots doux et piquants, et les omelettes en sauce. D’autres spécialités ont pour ingrédient principal les salaisons de poissons : ganyims (thon en salaiçon), sardines séchées, morue. Une sardine séchée et grillée accompagnée de raisin muscat rafraîchi


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Un concours pour le meilleur romesco


à l’eau de source et une tartine de pain grillé frottée de tomate avec du sel et un filet d’huile constituent un délicieux déjeuner ; un filet de morue au miel, tel qu’il apparaît dans un ancien livre de recettes de Poblet, est une délicate combinaison de sucré/salé. Les olives de la variété arbequina dominent la production d’huile classée dans l’AOC Siurana, une huile fruitée et peu acide. Marinées au sel, avec du thym et de la sarriette ou simplement cassées ou séchées et conservées avec des tranches d’orange, elles sont un excellent amuse-gueule à l’heure de l’apéritif. Quant aux desserts, le plus singulier d’entre eux est sans nul doute le menjar blanc, un frémissant dessert à base d’amandes qui remonte au Moyen Âge, mais les plus fréquents sont les amandes pralinées, les tourtes au sucre ou les fragiles oreillettes. Les pâtisseries sont excellentes : certaines, comme les tourtes aux cerises de Reus, ne se dégustent qu’en saison, d’autres sont associées à la traditionnelle production locale de noisettes et d’amandes, tels les croquants de fruits secs.

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La fête de l’omelette en sauce dans le Priorat

Une tourte aux cerises

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Adresses utiles

Services territoriaux du ministère catalan de l’Innovation, des Universités et de l’Enterprise Av. Pompeu Fabra, 1- 43004 Tarragona Tél. (+ 34) 977 251 717 www.catalunyaturisme.com www.gencat.cat/diue/turisme Syndicat d’initiative de Tarragona Pg. Torroja, s/n - 43007 Tarragona Tel. 977 230 312 costadaurada@turisme.altanet.org www.costadaurada.org

Collectivités locales Conseil de l’Alt Camp Pg. de l’Estació, 42, baixos – 43800 Valls Tél. (+ 34) 977 606 287 consell@altcamp.cat www.altcamp.cat Conseil du Baix Camp Dr. Ferran, 8 – 43202 Reus Tél. (+ 34) 977 327 155 ccbaixcamp@baixcamp.cat www.baixcamp.cat Conseil du Baix Penedès Pl. del Centre, 10 – 43700 El Vendrell Tél. (+ 34) 977 157 171 ccbp@bpenedes.altanet.org www.baixpenedes.cat 90

Conseil de la Conca de Barberà Sant Josep, 18 – 43400 Montblanc Tél. (+ 34) 977 861 232 cccb@altanet.org www.conca.altanet.org Conseil du Priorat Josep M. Gich, 1 – 43730 Falset Tél. (+ 34) 977 830 119 ccpriorat@altanet.org www.priorat.org Conseil du Tarragonais Coques, 3 – 43003 Tarragona Tél. (+ 34) 977 244 500 cctarragones@altanet.org www.tarragones.cat

Bureaux d’information touristique Offices du tourisme du gouvernement autonome de Catalogne Palau Robert Pg. de Gràcia, 107 – 08008 Barcelona Tél. (+ 34) 932 388 091 dgdifusio_turisme.presidencia@gencat.cat www.gencat.cat/probert Office du tourisme du gouvernement autonome de Catalogne à l’aéroport de Reus Autovia Reus-Tarragona, s/n – 43204 Reus Tél. (+ 34) 977 772 204 ot.aeroportreus@gencat.cat


Office du tourisme du gouvernement autonome de Catalogne à Tarragone Fortuny, 4 – 43001 Tarragona Tél. (+ 34) 977 233 415 ot.tarragona@gencat.cat www.catalunyaturisme.com Office du tourisme du gouvernement autonome de Catalogne à Port Aventura Parc d'Universal Studios Port Aventura – Apt. 90 43480 – Vila-seca Tél. (+ 34) 977 384 656 ot.portaventura@gencat.cat www.portaventura.es

Autres offices du tourisme Office régional du tourisme du Baix Camp Dr. Ferran, 8 – 43202 Reus Tél. (+ 34) 977 327 155 info@turismebaixcamp.org www.turismebaixcamp.org Office régional du tourisme de la Conca de Barberà à Poblet Pg. Abat Conill, 9 bxs. – 43448 Poblet (Vimbodí) Tél. (+ 34) 977 871 247 oturconca@concadebarbera.cat www.concadebarbera.info Office régional du tourisme du Priorat Sant Marcel, 2 – 43730 Falset Tél. (+ 34) 977 831 023 oitpriorat@altanet.org www.priorat.org Office régional du tourisme de l’Alt Camp à Santes Creus Pl. St. Bernat, 1–43815 Santes Creus (Aiguamúrcia) Tél. (+ 34) 977 638 141 mranye@altcamp.altanet.org Syndicat d’initiative d’Altafulla Pl. dels Vents s/n – 43893 Altafulla Tél. (+ 34) 977 650 752 aj.altafulla@altanet.org www.altafulla.cat

Office municipal du tourisme de La Bisbal de Falset Escoles, s/n – 43372 La Bisbal de Falset Tél. (+ 34) 977 819 374 aj.bisbalfalset@altanet.org www.bisbalfalset.altanet.org Syndicat d’initiative de Calafell Sant Pere, 29-31 – 43820 Calafell Tél. (+ 34) 977 699 141 turisme@calafell.org www.calafell.org Syndicat d’initiative de Cambrils Pg. de les Palmeres, 1 – 43850 Cambrils Tél. (+ 34) 977 792 307 tur@cambrils.org www.turcambrils.info Office du tourisme rural de Capafons Nou, 3 – 43364 Capafons Tél. (+ 34) 977 868 204 info@capafonts.com www.capafonts.com Syndicat d’initiative de Coma-ruga Av. Brisamar, 1 – 43880 Coma-ruga (el Vendrell) Tél. (+ 34) 977 680 010 turisme@elvendrellturistic.com www.elvendrellturistic.com Syndicat d’initiative de Cornudella de Montsant Comte de Rius, 8 – 43360 Cornudella de Montsant Tél. (+ 34) 977 821 000 tur.cornudella@gmail.com www.cornudella.cat Office municipal du tourisme de Creixell Església, 3 – 43839 Creixell Tél. (+ 34) 977 138 132 jxufre@creixell.altanet.org www.creixell.cat Office municipal du tourisme de L’Espluga de Francolí Pl. Mil·lenari, 1 – 43440 L’Espluga de Francolí Tél. (+ 34) 977 871 220 tur.espluga@esplugadefrancoli.cat www.esplugadefrancoli.cat

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Syndicat d’initiative de L'Hospitalet de l’Infant Alamanda, 2 – 43890 L’Hospitalet de l’Infant Tél. (+ 34) 977 823 328 turisme@vandellos-hospitalet.org www.vandellos-hospitalet.cat/turisme Office du tourisme de Margalef Pl. Sant Miquel, s/n - 43371 Margalef Tel. 977 819 167 aj.margalef@altanet.org www.margalef.org Office municipal du tourisme de Montblanc Església de St. Francesc – 43400 Montblanc Tél. (+ 34) 977 861 733 tur.montblanc@altanet.org www.montblancmedieval.org Office municipal du tourisme de Mont-roig del Camp N-340, km 1139 – 43300 Mont-roig del Camp Tél. (+ 34) 977 179 468/810 978 turisme@mont-roig.com www.mont-roig.com Syndicat d’initiative de Reus Pl. Mercadal, 3 – 43201 Reus Tél. (+ 34) 902 360 200 infoturisme@reus.net www.reus.cat/turisme Office municipal du tourisme de Roda de Barà Pl. de la Sardana, s/n - 43883 Roda de Barà Tél. (+ 34) 977 657 774 patronat.turisme@rodadebara.org www.rodadebara.org Syndicat d’initiative de Salou Espigó del Moll, s/n – 43840 Salou Tél. (+ 34) 977 350 102 pmtsalou@salou.org www.isalou.info Office municipal du tourisme de Santa Coloma de Queralt Pati d'armes del castell, s/n – 43420 Santa Coloma de Queralt Tél. (+ 34) 977 880 478 of.turisme@stacqueralt.altanet.org www.stacqueralt.altanet.org

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Office municipal du tourisme de Segur de Calafell Pg. Marítim Sant Joan de Deu, s/n – 43882 Segur de Calafell Tél. (+ 34) 977 159 058 turismesegur@calafell.org www.calafell.cat Syndicat d’initiative de Tarragone Major, 39 – 43003 Tarragona Tél. (+ 34) 977 250 795 turisme.tgna@altanet.org www.tarragonaturisme.cat Syndicat d’initiative de Torredembarra Pg. Rafael Campalans, 10. – 43830 Torredembarra Tél. (+ 34) 977 644 580 turisme@torredembarra.cat www.turismetorredembarra.cat Office municipal du tourisme d’Ulldemolins Pl. Església, s/n – 43363 Ulldemolins Tél. (+ 34) 977 561 640 puntinfo@yahoo.es www.ulldemolins.cat Office municipal du tourisme de Valls Cort, 61 – 43800 Valls Tél. (+ 34) 977 612 530 turisme.valls@altanet.org www.valls.cat Centre d'initiatives et de tourisme d’El Vendrell Dr. Robert, 33 – 43700 El Vendrell Tél. (+ 34) 977 660 292 cit@citvendrell.org www.citvendrell.cat Syndicat d’initiative de Vila-seca Pg. Pau Casals, 18 – 43481 La Pineda (Vila-seca) Tél. (+ 34) 977 371 712 turisme@lapinedaplatja.info www.lapinedaplatja.info


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Carte de la Costa Daurada

Aéroport Station Thermale Château Église digne d’intérêt Terrain de golf Information turistique Monument interéssant Parc naturel Patrimoine de l’humanité Port de plaisance


© Generalitat de Catalunya Departament d’Innovació, Universitats i Empresa Turisme de Catalunya Conception graphique : Bis] Photographies : O. Alamany, J. Balanyà, F. Bedmar, J. Borrell, Consell Comarcal de la Conca de Barberà, F. Guillamet, R. López-Monné, R. Manent, F. Ontañon, J. Pareto, R. Peña et T. Vidal. Cartographie : Pedro Monzo Traduction: Gloria Bayo (Discobole) Impression : Gràfiques Cuscó, S.A. Dépôt légal : Imprimé en UE

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Generalitat de Catalunya Gouvernement catalan Ministère de l’Innovation, des Universités et de l’Enterprise

Fra costa daurada 230109  
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