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EDITO

Tiens,

voilà le printemps ! PAR Eric MOREIRA

A

près le tant attendu retour de Carpe magazine dans les médias, c’est désormais au printemps, et plus particulièrement au réveil de la nature d’entrer en scène. Cette jolie saison ayant une saveur à nulle autre pareille va débarquer les bras chargés d’espoirs, mais également, de toutes ses nombreuses désillusions...

En effet, ne nous y méprenons pas, lors de cette phase transitoire qui s’étale généralement de la fin de l’hiver jusqu’au début du printemps, les premiers rayons de soleil ont cette particularité de faire bourgeonner au plus profond de notre être, cette irrépressible envie de regagner les berges, et renouer avec notre « poisson-passion » ... plutôt que de stimuler son appétit ! Même si c’est acquis pour la plupart, il faut tout de même savoir que, comparativement à celle de l’air, la température de l’eau a toujours une influence majeure sur leur métabolisme, donc intrinsèquement sur leur activité alimentaire. Toutefois, nombreux sont ceux qui ne parviennent pas forcément à localiser les bons postes, choisir leurs appâts, et éventuellement, pour les rouleurs, les ingrédients susceptibles d’améliorer leur attractivité... donc par voie de conséquence, les font ainsi passer à côté d’une belle pêche pour un capot magistral... forcément détestable, soit, mais pas inévitable pour autant ! En s’appuyant sur des faits avérés ou scientifiquement prouvés, et essayer de pallier cette réalité. Nos auteurs (pêcheurs expérimentés) tenteront de vous démontrer qu’avec quelques règles élémentaires, un peu de ténacité, et de bon sens (de l’eau de préférence), il est tout à fait envisageable de réussir là où d’autres échouent souvent ! Et même si nous avons eu peine à l’écrire : par méconnaissance du milieu (environnement), dans lequel ils pratiquent pourtant régulièrement ! Au fil des pages, vous découvrirez également dans notre rubrique humoristique, un nouveau personnage haut en couleur qui ne manque jamais d’illuminer nos journées, avec ses nombreuses captures et son humour parfois décalé, mais salvateur en ces temps fortement troublés ! Troublés par cette interminable pandémie et toutes les restrictions qui y sont liées, et pour ne pas épargner notre désarroi, les animalistes qui sont parvenus à soulever cette pertinente question : “ Quel est le devenir de notre passion en France ? “ Bref ! Ajoutez-y un soupçon de poésie, quelques jolis récits, et vous obtiendrez sans conteste, l’alliance parfaite, celle susceptible de retenir toute votre attention, lorsque vous attendrez patiemment vos premières prises printanières. Et si, une hirondelle ne fait plus systématiquement le printemps, laissons aux carpes le faire pour nous, dont les regards sont plutôt tournés vers le miroir des eaux que vers l’immensité du ciel qui, toutefois et pour ajouter à notre plaisir, s’y reflète, tantôt bleu, tantôt gris, tantôt bleu et gris… Vive le printemps !

DIRECTEUR DE PUBLICATION Christelle Moreira RÉDACTION EN CHEF Eric Moreira Alex Renault Marque déposée

MONTAGE Alex Renault UNE Jérôme Fénoglio

PHOTO DE UNE © Max Roussel ONT COLLABORÉ À CE NUMÉRO Eric Moreira, Alex Renault, Rod Tancho, Alain Rouch, Augustin Carre, Mathieu-Poc Morel, TCM, Damien Claude, Aldric Fergeau, Thomas Deroualle, Vincent Vally, Sebastien Nouy, Jérémie Venant, Lulu Werbrouck, Mathieu Ghys, Max Roussel.


EN IMAGES

Ils ont failli faire la “Une”

deuxième selection. suite au concours que Carpe magazine avait lancé sur facebook, nous avons reçu de nombreuses photos. Voici les quatre autres participants qui ont failli faire la “Une” de ce deuxième numéro. Guillaume Paupière

Sébastien Boufflers

U

n poisson piégé au pied d’une digue rocheuse dans 6 m d’eau, dans un lac où les écrevissses sont nombreuses, sur une bouillette “hard” dence “Greenfish” de la marque G&C baits ! Cannes 9 p Xtrem 9 Caperlan, moulinets Daiwa Emblem X, tête de ligne en 80/100 sur environ 20m, montage combiné, fluoro en 63/100 “Tackle Carp Shop” et une tresse souple, hameçon en taille 2 “Hook river”.

Alex Baron

U

n poisson de canal pris en juin alors que le soleil cognait très fort. Sur les coups de midi, gros départ, canne ceintrée et un pur fish rentre dans le triangle. Montage D-Rig en fluoro avec une pop-up Signature Squid. L’amorçage était constitué de bouillettes krill de chez Stickybaits.

K

oï de 10,600 kg? prise à Paradis lake, un des plans d’eau du domaine de Rumilly en septembre 2020. Prise sur une bille perso, canne Starbaits Patriot 13p 3lbs moulinet Daïwa emblem Z, bas de ligne en fluoro terminé par un hameçon LF01 taille 4 sans ardillon. Ce poisson a eu les honneur d’un magazine hollandais

Guillaume Ramos

U

n poisson pris lors d’une pêche d’octobre 2020 dans une gravière de l’Ain (Carp’ avenir), à une distance de 35-40 m dans une poche de vase en bas d’une cassure . Montage spinner rig agrémenté d’une pop-up Bioazar de la marque Autentiksniper déposé en bateau amorceur avec une benne remplis de particules. Quel plaisir de mettre au sec cette koï chagoï de 31,5 kgs Le poisson d’une vie... MARS 2021 -  CARPE MAGAZINE 

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Un hiver particulier... L’hiver est une période de l’année bien connue pour être la saison la plus dure. Il ne reste que les grands passionnés sur les berges. Chaque prise est un succès. Et avec les années j’ai appris à aimer cette période, et aussi à y avoir des résultats réguliers. JÉRÉMIE VENANT

J

e terminais l’hiver 2020 quelques jours après le salon de Montluçon et à la veille du premier confinement, et je dois dire plutôt sur une bonne note. J’avais tout de même une sensation d’inachevé et l’envie d’être de nouveau, très vite, à l’entrée de l’hiver qui me comble bien souvent plus que la pleine saison. J’étais alors loin d’imaginer que la saison qui allait suivre serait parsemée d’embuches, à jongler entre confinement et couvre-feu. Seulement voilà, nous sommes à l’entrée de l’hiver et heureusement il existe quelques possibilités pour pêcher. Les contraintes que nous connaissons tous

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nous poussent à rayer certaines destinations pour d’autres. Ce qui n’est pas forcément un avantage. Les conditions semblent plutôt encore bonnes. J’attaque une première sortie à la fin du mois de décembre, tout semble être au vert pour espérer enregistrer quelques touches. Ce ne sont pas les poissons repérés à l’aide du drone qui feront penser l’inverse. Mais malgré tout ça rien ne va se passer comme je l’imaginais : pas l’ombre d’une touche. Qu’à cela ne tienne, une session de 6 nuits est prévue depuis longue date dans le sud de la France d’ici quelques jours. Je ne doute pas croiser le chemin de plusieurs carpes lors de mon voyage. Nous sommes le lendemain de Noël lorsque nous ▶

© Jérémie Venant

RÉCIT


RÉCIT prenons la route avec mon collègue. Les températures restent bonnes, et une tempête est annoncée pour le lendemain de notre arrivée. Tous les voyants semblent être une nouvelle fois au vert. Nous sommes confiants, et après avoir sondé le poste correctement en arrivant, nous tendons nos cannes, ne doutant pas enregistrer notre première touche rapidement. La première nuit reste calme malgré tout. Pas d’inquiétude, la tempête n’allait pas tarder à se lever, et avec une eau à 9 degrés et un vent qui bas dans notre baie nous pensons que le poisson va se mettre à bouger et rentrer sur nous. Malheureusement rien ne se passe comme nous pouvions l’imaginer, la tempête est plus violente que ce à quoi nous nous attendions et il est désormais impossible d’aller sur l’eau. La seconde nuit sera elle aussi sans touche, suivi d’une troisième puis d’une quatrième, et toujours pas l’ombre d’une écaille. Nous avons donc décidé de tenter une dernière nuit avant de se déplacer, malgré les mauvais résultats enregistrés un peu partout. La suite de cette session n’allait que ressembler aux premières nuits malgré nos efforts.

remise en question Sur le retour il me restait un goût amer, avec déjà 8 nuits de suite sans la moindre touche depuis cette reprise post-confinement. Forcément les premières remises en question trainaient déjà dans un coin de ma tête, et c’est aussi ça qui me poussait déjà à penser à une revanche ailleurs alors que nous parcourions la France pour rentrer chez nous.

organiser la revanche, les armes sont prêtes... remise en question, il faut que je trouve une solution pour remédier à cela…

Je décide donc de continuer de me fixer sur une approche basique à base de farines, maïs, billes broyées et de petits appâts. Mais je décide également d’être plus mobile, et d’aller tenter ma chance J’ai donc alterné les destinations mais sans grand sur un tout petit plan d’eau non loin de chez moi, succès. Jusqu’au point de me retrouver à 15 jours avec à l’idée que si cela ne fonctionne pas j’irai dans d’intervalles sur un même poste après deux nuits sté- la foulée tenter ma chance en canal en pêche de riles. Première chose en arrivant, je vais voir en zod journée (je ne suis pas de ceux qui bravent le coumes spots péchés 2 semaines plus tôt. Et là c’est la vre-feu). Bien que l’idée de pêcher le canal cet hiver stupeur. Je retrouve l’intégralité de mes amorçages ne m’inspirait pas trop sans faire les nuits et que sur chaque spot, même les sticks de farines y étaient j’avais rayé ce genre de destinations de ma tête encore présents… et pourtant j’arrive encore à aper- tant que les restrictions ne seraient pas levées, cela cevoir des poissons dans la zone péchée. Une fois apparaissait comme une dernière chance. de plus je tente tout, zig, chod, farines, maïs doux, asticots, tout y passe mais rien y fait. J’accumule J’attaquais donc confiant un week-end sur ce petit cette fois 11 nuits sans touche. Le retour à la maison plan d’eau dit « facile ». Les conditions climatiques, est cette fois déconcertant, est-ce que je me plante et le niveau d’eau qui a beaucoup monté les jours depuis le début ? Est-ce que les destinations choi- précédents n’arrangent rien. Une fois encore le sies y sont pour quelque chose ? C’est là la grande résultat n’est pas miraculeux, ah si… ▶ MARS 2021 -  CARPE MAGAZINE 

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RÉCIT décroche au bout de seulement quelques secondes. Je me dis alors que je suis maudit, je cours après cette touche depuis un long moment déjà. Cette déception m’accompagnera jusqu’au soir, sans avoir eu de seconde chance pour me rattraper de ce loupé. Pas découragé, et avec un esprit revanchard le réveil était déjà réglé pour le lendemain matin.

la récompense Me voilà de nouveau au bord de l’eau, je place une canne comme à mon habitude juste à mes pieds, esché d’une Krill Liver en 15mm accompagnée d’une dizaine de billes et quelques poignées de maïs doux. Mes deux autres cannes seront, elles, déposées un peu plus loin de chaque côté sur la bordure avec seulement quelques billes.

© Jérémie Venant DANS LES BRAS... “J’en avais oublié cette extrême sensation de satisfaction qui nous envahit quand nous touchons enfin du bout des doigts notre objectif.”

J’ai entendu deux bips dans la nuit sur une canne… ouf les piles fonctionnent encore. Blague à part je commence à être à bout par l’accumulation des gamelles et je préfère en rire. Une fois ce nouvel échec digéré je décide d’aller jeter un œil au canal. Une fois sur la berge je sens qu’il faut vraiment que je tente quelque chose, et à fond. Je décide donc d’amorcer une zone toute la semaine à petites doses tous les jours. Je ne suis pas particulièrement adepte des pré-amorçages mais en plein hiver quand le doute est plus que présent il faut mettre toutes les chances de son côté.

Pas le temps de chauffer un café que la canne à mes pieds se fait déjà entendre d’une touche lente. Je prends contact, le fameux premier rush est tout aussi lent que la touche mais puissant, pas le temps de dire ouf qu’une nouvelle fois la déception m’envahi, avec cette nouvelle décroche et son lot de pensées négatives. Je me dis que la journée va être longue et rageante en ayant peut être déjà raté la seule touche de la journée… Les averses et le vent froid rythment cette journée, je ne désespère pas d’avoir encore une chance quand.. une touche violente survint sur une des deux cannes posées plus loin. Je prends contact et cette fois pas de décroche sur le premier rush, le combat est rude et j’aperçois enfin le poisson. C’est une belle miroir tout en longueur. L’excitation est à son maximum à l’approche de l’épuisette, et là… c’est l’explosion de joie, je la glisse au fond. J’en avais oublié cette extrême sensation de satisfaction qui nous envahit quand nous touchons enfin du bout des doigts notre objectif.

Le jour J est arrivé, levé avant l’aube pour être sur la route à l’heure légale et ne pas perdre une minute de la journée. Je m’installe très rapidement et place mes cannes accompagnées de seulement 5 billes Je suis enlevé d’un poids et enfin récompensé de coupées en deux le tout nappé de Super Smog. mes efforts, et quelle récompense !!! Une jolie miroir pleine de détails et avec une superbe robe propre à Je ne suis pas dupe, le canal est très dur habituel- l’hiver, je suis aux anges. lement, l’hiver ne devrait pas arranger les choses, place à l’attente donc. Les heures défilent sans le Je laisse la belle au repos dans le sac de consermoindre signe d’activité, quand juste après avoir fini vation, le temps de vite replacer la canne, et de de manger une touche violente vient me réchauffer. préparer la séance photo. Et là, je savoure encore Le premier rush est violent et je tiens ma première chaques instants de cette séance, j’ai enfin atteint touche depuis un long moment déjà. La sensation mon objectif. La belle enfin remise à l’eau, j’en qui m’envahi est incroyable !!! Mais l’adrénaline profite pour couler un café et prévenir les copains s’estompe très, trop rapidement… la faute à une que j’ai enfin mis fin à cette terrible série. ▶

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RÉCIT ROBE HIVERNALE

Le poisson est beau, bien proportionné et particulièrement lourd, je ne pensais pas être récompensé à ce point de mes efforts.

© Jérémie Venant

cette période m’a permis d’entretenir mon goût de la traque mais aussi de revenir aux bases de la pêche en hiver. Une fois mes esprits retrouvés, j’en profite pour rappeler mes cannes de quelques bouillettes coupées en deux et une poignée de maïs par canne. Les heures passent et j’observe ce qui peut s’apparenter à de tout petits signes d’activités. Fort de ce poisson mis au sec je suis confiant, et espère bien enregistrer encore une touche ou deux d’ici la fin de la journée.J’entends l’église du village plus loin sonner midi. L’heure de penser à faire à manger, et oui je suis un bon mangeur l’heure c’est l’heure ! Je ne pense même plus à une éventuelle touche à ce moment-là, je suis plus préoccupé par le fait de ne pas faire cramer mon plat qu’autre chose. Mais c’est bien ce moment qu’a choisi une carpe pour faire rugir le son d’un de mes détecteurs. Il s’agit de la même canne qui m’a rapporté la miroir un peu plus tôt. Je saisi ma canne et le contact est une nouvelle fois violent mais je sents aussi une puissance tout autre sur ce poisson. Je m’attache à la contrer et l’empêcher de rentrer dans les masses d’herbiers restants. Cette fois j’aperçois une commune, une commune plutôt massive. Le combat s’éternise un peu, mais patience cela ressemble à un beau poisson et il ne s’agit pas de perdre à nouveau un poisson en route. Ce n’est qu’une fois dans l’épuisette que je me rends compte que je l’avais peut-être un peu

sous-estimée, et c’est d’ailleurs au moment de la sortir de l’eau que cette idée se confirme. Le poisson est beau, bien proportionné et particulièrement lourd, je ne pensais pas être récompensé à ce point de mes efforts et encore moins sur une même journée. Même train-train que pour la miroir, je place la belle au sac le temps de remettre tout en ordre. Il ne reste que quelques heures pour essayer d’enregistrer une touche, je replace rapidement ma canne. La journée se terminera tranquillement sans autres touches mais avec la satisfaction du succès retrouvé.

garder la motivation Cet hiver, que je considère comme le plus dur que j’ai eu à pêcher de ma vie de pêcheur, fut vraiment très compliqué psychologiquement. Mais cette période a eu au moins l’intérêt d’entretenir mon goût de la traque mais aussi de revenir aux bases de la pêche en hiver. Au moment où je vous écris ces lignes une vague de froid vient de traverser la France et un redoux s’annonce plutôt prometteur pour la suite. L’hiver n’est pas fini et j’espère pouvoir encore poser des poissons devant l’objectif avant l’arrivée du printemps. Affaire à suivre… MARS 2021 -  CARPE MAGAZINE 

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RÉCIT

Cap’aventure

trois départements, trois lacs, une passion... ALAIN ROUCH dit “LE CLOWN”

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RÉCIT

J

e dispose de plusieurs jours qui seront consacrés à ma passion, avec un challenge, celui de pêcher trois départements et trois lacs différents. En ce début mars, la météo capricieuse, une eau encore froide, me font réfléchir sur ma première destination...

DIRECTIoN BISCAROSSE C’est un lac d’une superficie de 3500 hectares. Il est souvent comparé à une mer d’eau douce. Nous sommes dans les Landes (40). C’est un endroit que je connais bien, un site fabuleux qui ne change pas malgré les années. Le climat y est clément, la profondeur est souvent faible, et l’eau monte vite en température. La pêche de nuit et le bateau y sont autorisés. En sondant ma zone de pêche à l’échosondeur, je ne trouve rien de particulier. Le fond varie d’1 à 2,50 mètres maximum. La température de l’eau quant à elle est de 8°C. J’ai choisi ce poste pour plusieurs raisons. Le véhicule n’est pas loin, les vents ne seront pas en permanence contraignants. Plusieurs possibilités s’offrent à moi surtout à ma gauche. Une zone d’îlots et une berge non pêchée où je vais pouvoir

tendre une ligne. Côté appâts, je vais utiliser des bouillettes denses et des pop-ups ananas ainsi que des bouillettes carnées moule/écrevisse Funfishing. Entre les fruitées et les carnées, j’aurais un aperçu suivant les départs. Le tout sera amorcé avec des pellets de 7 mm. Je choisi ce diamètre car il fondra plus vite dans une eau encore froide. La première nuit est calme, pas de bip. La journée suivante, je profite du calme, du repos loin des grandes

villes trépidantes. Je suis imprégné des lieux. Je viens de replacer mes montages pour la nuit. Dans la journée ici, il est assez rare d’avoir un départ. Les carpes sont plutôt nocturnes et mordent entre 22 heures et 11 heures du matin. Je déguste un petit repas en écoutant les bruits de la nuit. À 22h30, premier départ. Je saute dans mon zod, c’est le spot à 200 mètres qui m’offre la première touche. Après une dizaine de minutes, je mets à ▶

POSTES Plusieurs possibilités s’offrent à moi surtout à ma gauche. Une zone d’îlots et une berge non pêchée où je vais pouvoir tendre une ligne.

© Alain Rouch

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RÉCIT l’épuisette une commune de 17 kilos. Trois autres communes viendront éclairer ma nuit. Mon amorçage est efficace. Les nuits suivantes encore des communes, et la cerise sur le gâteau une très belle commune de 20,100 kilos. Le montage qui sera le plus prenant est composé d’une bouillette dense de 20mm ananas en tandem avec une pop-up ananas. Pouquoi ce montage est-il gagnant? Le fond est sablonneux ou vaseux. Pour bien les pêcher, il est recommandé de trouver des trouées sableuses à l’aide du fil à plomb, ou d’une pique...L’appât décollé reposera sur ce fond délicat. Le garde local vient me faire une petite visite. Ce n’est pas surprenant, c’est très surveillé, et bon courage à ceux qui tenteront le hors zone. Après quatre jours, je quitte ce site superbe avec plusieurs carpes vierges de toute piqure. Satisfait de mon approche et de mes appâts qui ne m’ont jamais déçu. La session n’est pas finie, maintenant direction le Gers.

le lac de l’uby Un autre lieu que je connais bien. C’est un lac de 80 hectares qui permet de pratiquer la pêche de la carpe toute l’année. La pratique de nuit y est autorisée, par contre pas le bateau, ni le bateau amorceur. C’est une pêche du bord qui évitera les conflits avec la base nautique et les autres pêcheurs. Le site est beaucoup plus vert que dans Les Landes. Les zones de pêche de nuit y sont nombreuses et variées. Le fond est d’une hauteur de 4 mètres maxi. Ici, il faut faire avec les poissons-chats très actifs. Il est donc préférable d’utiliser des protections pour les bouillettes... Je choisis mon poste par rapport aux zones d’alimentation que j’ai appris à connaître par expérience.

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Je vais utiliser des bouillettes denses Fun Fishing chocolat blanc/tigers et pour mon amorçage un mélange de graines (maïs, blé, chènevis, petits pois, et tiger). Le cobra et la canne à spomb vont me mettre les bras à rude épreuve. Je pêche 4 spots différents, deux montages à 50 mètres, et les deux autres à 90 mètres. Si les carpes répondent vite, il ne fautdra pas hésiter à amorcer plus lourd. En période plus chaude, j’aurais privilègié la pêche au zig pour multiplier les touches. Sur ce plan d’eau, le comportement des carpes est différent. Les touches ont lieu beaucoup plus en journée que la nuit. Les montages sont en place avec une seule bouillette blindée par canne. Il est maintenant 16 heures, et un premier départ m’offre une miroir de 15 kilos. Séance photo avec le retardateur. La nuit sera calme avec seulement une miroir de 12 kilos. Le matin est là, et déjà 3 autres miroirs. C’est normal ici les touches sont nombreuses le matin et il faut être vigilant car les doubles et triples départs sont fréquents. À la condition d’être au bon endroit et que le banc soit là. Il ne faut pas oublier que nous sommes sur un ▶

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LES LANDES, le GERS, l’HERAULT, 12 jours de pêche, 950 kilomètres parcourus et un poisson de 20 kilos sur chacune des trois destinations.

MUSCLES . 17 kilos de muscles ingérables pour la photo. © Alain Rouch


RÉCIT

CHALLENGE J’ai tout de même parcouru 950 kilomètres en 12 jours de pêche. La cerise sur le gâteau une carpe de 20 kilos,sur chaque destination.

© Alain Rouch

lac de 80 hectares. Pendant ces quatre jours, les carpes ont été au rendez-vous avec une magnifique miroir de tout juste 20 kilos. Avec e n plus de bons moments entre potes, des locaux qui sont venus me rendre visite:. Denis, Dominique, Michel... Il est temps de partir pour ma troisième destination, dans l’Hérault. Après un rapide arrêt à Toulouse pour récupérer bouillettes, pellets, nourriture, eau, je prends la route qui passe par la Montagne Noire. Le paysage est joli, ça change de la monotonie de l’autoroute.

la gravière C’est reparti pour 4 jours de plus sur une gravière de 20 hectares. Je ne peux pas donner son nom par respect pour les locaux qui ont du mal à trouver un poste de libre le week-end venu. Elle est assez sauvage, pas d’habitations autour. Des roselières, des avancées, des îles. La profondeur est de 7 à 8 mètres par endroits... Quelques silures y nagent. Les carpes sont

très combatives et collent le fond jusqu’à la fin de leur combat. Pas pêche de nuit autorisée, mais le campement et le bateau sont tolérés. À la condition de ne pas dépasser les 80 mètres et de déposer des repères. Ce n’est pas plus mal par vents violents (mistral, tramontane) car, il est difficile de mettre le bateau à l’eau. Je choisis un poste libre sur une avancée. Après échosondage, je dépose quatre repères sur quatre spots différents. Je vais pêcher avec des bouillettes denses parfum moule/écrevisse et un amorçage avec des pellets de 9 mm. Mon montage est composé de 2 bouillettes denses, bas de ligne en fluorocarbone, hameçon de 2 et d’un leadcore. Face aux silures, dreissènes et combats intenses, il vaut mieux pêcher plus costaud. Après quelques heures de pêche un premier départ violent me fait bondir dans mon zodiac. Un combat s’engage avec une commune en furie. Elle me promène dans tous les sens. Je me retrouve à 300 mètres de mon poste. 17 kilos de muscles ingérables pour la photo. Je suis tombé sur une grande nerveuse. Pendant ces

quatre jours, trois silures et plusieurs carpes ont rejoint le berceau dont une s uper be c om m une de 20,200 kilos sans aucune piqure. Ah! si j’oubliais, une petite visite des gardes à 11 heures du matin pour contrôler mon permis. Leur éternelle question : “ça a mordu cette nuit ? “ Réponse : “vous savez très bien que je ne pêche pas la nuit ! (Sourires des gardes...)”

bilan Trois plans d’eau dans trois départements différent : le premier 3500 hectares, le second 80 hectares, et le troisième 20. Chaque fois, quatre jours avec des pêches productives, du poisson partout malgré le début de saison. Des appâts et un amorçage au top. Des sites variés, et une météo clémente dans l’ensemble. J’ai tout de même parcouru 950 kilomètres en 12 jours de pêche. La cerise sur le gâteau une carpe de 20 kilos,sur chaque lac : le challenge que je m’étais fixé. Je vous souhaite la même réussite tout au long de l’année 2021.

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À la découverte d’un lieu de légende Depuis plus de trente ans désormais que je pratique la pêche de la carpe avec passion, trois lacs mythiques m’ont toujours fait rêver : Cabanac, Saint-Cassien et le Salagou. Des décors atypiques et des topographies complètement différentes, mais un point commun: des lieux remplis de rêves et d’histoires. ALDRIC FERGEAU

M

ai 2019 : je me penche sur ma future destination estivale, après quelques mûres réflexions, l’option Cabanac est validée. Autant vous dire qu’à cet instant précis mon esprit tourne à 100 à l’heure, d’ailleurs mes yeux se remplissant de joies ne peuvent plus trahir mon émotion . La tête perchée dans les étoiles , il est peut-être temps de redescendre sur terre, et de se concentrer sur la préparation d’une session qu’il ne faudrait surtout pas rater. La check-list est écrite. Il n’y a plus qu’à faire les provisions, prévoir le matériel, choisir les appâts et surtout laisser mon binôme gérer l’intendance et le bivouac car, si je m’en occupe, je n’ai pas honte de

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l’avouer... nous risquons probablement de partir... avec pas grand-chose (rires). Il lui faudra tout de même un minimum de confort... à madame.

LES PRéparatifs La préparation débutera par un petit tour chez un détaillant, pour faire le plein de matériel. Hors de question de manquer de quoi que ce soit pour pouvoir contrer ces jolies dames sauvages. Ayant deux ou trois adresses près de chez moi, mon choix se porte sur l’Aigle pêcheur 86, où la diversité des produits et un choix important permettent de ▶

© Aldric Fergeau

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RÉCIT s’y procurer tous ce dont nous avons généralement besoin. Benjamin Brisson (gérant) et son équipe de véritables passionnée sauront vous y accueillir, et vous conseiller de la meilleure façon qui soit. Côté appâts, la question ne se pose même pas : La Wild Salmon... avec sa composition digeste, attractive, et riche en produits naturels, elle sera l’arme parfaite ! Petit coup de téléphone au boss de La Bouillette Tarnaise, Paul Rey : un véritable passionné qui sait vous fait rêver, juste en l’écoutant parler de ces produits qu’il roule toujours avec amour. Aller Hop, une étape de plus validée dans la préparation de l’excursion.

à la recherche des secrets cachés L’ultime étape sera la pré-enquête pour parvenir à rassembler un maximum de renseignements avant notre arrivée. Le réseau des connaissances, divers récits, les blogs de discussions, Google earth, et j’en passe seront mes clés pour localiser les secteurs susceptibles de me convenir sur ce lac mythique. Une mine d’informations me parviennent sur les différentes options à ma disposition. Maintenant c’est à moi de faire le tri dans tout cela, afin de déterminer le secteur où va se dérouler ma pêche, et les quelques approches que je vais pouvoir mettre en œuvre... Je ne vous le cache pas, j’avais plus ou moins mon idée en tête concernant ce secteur. Pour ma toute première en ces lieux, je ne me voyais pas pêcher autre part que sur celui du village de Cabanac, l’épicentre de ce cadre magnifique. Concernant l’approche, les réglages seront finalisés sur place, après avoir préalablement effectué un minutieux sondage, toujours à la recherche de la dépose parfaite.

L’arrivée 3h du matin, départ imminent vers l’inconnu... cinq longues heures de route se profilent devant nous. Autant vous dire que les pauses n’étaient vraiment pas ma priorité, même si le sommeil avait été perturbé par l’excitation et la crainte d’avoir fait un oubli. La dernière ligne droite est longue, les derniers lacets, les premiers paysages magnifiques... Enfin, au petit matin. Je ne cache pas une petite larme de joie lorsque le lac apparaît au détour d’un virage. Je descends prendre les dernières informations sur l’activité du jour auprès du “QG” des lieux.

Le rêve de ma jeunesse devient réalité... le camping de La Brise du lac : avec son bar dont les murs sont jonchés de photos et d’histoires, déposées au fil des époques par les pêcheurs connus ou non, venus essayer de dompter ce lac mythique. Après une discussion avec le chef des lieux, le poste de la forêt était apparemment sur le point de se libérer. Malgré sa réputation difficile, le choix était fait. Ce sera ce secteur de Cabanac avec sa vue qui donne sur une magnifique vallée. Les dés sont jetés. Direction le poste... Premier repérage pour voir comment nous allons nous y installer. Le lieu est assez spacieux, parfait pour établir notre campement. Camion déchargé... il est temps de monter notre bivouac. Après quelques heures de manutention, me voilà enfin prêt pour prospecter ces nouvelles eaux. Après un long moment passé sur le bateau (je ne vous le cache pas, j’ai pris mon temps), les repères sont posés, l’amorçage et la dépose peuvent commencer. La soirée est bien avancée. Nous dinons à la tombée de la nuit dans une ambiance des plus mystèrieuses. ▶ MARS 2021 -  CARPE MAGAZINE 

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RÉCIT

FUSEE Ticket gagnant ! Après une vingtaine d’heures relativement calmes, la machine s’est remise en route après un changement de poste. © Aldric Fergeau

Tout est prêt et je suis impatient d’en découdre. En fin de nuit, j’entendis bien un peu d’activité, sans que cela n’occasionne pour autant la moindre mélodie de mes détecteurs. Le jour se lève sur un décor féérique. Dans la vallée, une légère brume offre un paysage et une atmosphère dont seuls ces lieux ont le secret.

“Cabanac pleure de nous voir partir“

La magie opère

une légende, l’histoire d’un lieu mythique, et une parfaite communion avec la nature.

9h, un détecteur s’emballe, ma canne de bordure fait rugir le frein du moulinet. Mon premier poisson de Cabanac est peutêtre là, au bout de cette ligne si fragile ? Le rêve serait complet ! Après quelques minutes de combat, une magnifique torpille finit sa course dans le filet. C’est la délivrance ! Le capot est épargné, je suis vraiment conquis par ce cadeau, tel un enfant le beau matin de Noël. Les 48h suivantes m’ont offert deux poissons supplémentaires... Mais je décide tout de même de changer de stratégie, en espérant obtenir de meilleurs résultats, au risque de passer 24h sur “off”. Ticket gagnant ! Après une vingtaine d’heures relativement calmes, la machine s’est remise en route en totalisant 9 poissons dont une jolie carpe approchant la barre des 20 kg. Les jours s’enchaînent...et nous ne les comptons plus ! Mais... que de purs moments de bonheur qui resteront gravés à jamais, entre rencontres, partage (je garderai d’ailleurs un excellent souvenir d’un apéro partagé avec des Tourangeaux, au bar du camping !)... et le principal, ce que j’étais venu chercher ici : la rencontre avec

Nous voilà aux portes de la dernière nuit. L’orage monte doucement, l’imminent départ du lendemain s’annonce pluvieux. On croise les doigts pour apercevoir une dernière écaille avant de repartir, ce sera chose faite au lever du jour, avec la capture d’une dernière commune venue nous saluer avant de plier. Sentiment que nous connaissons tous : ce n’est pas le meilleur moment du périple, surtout sous de telles conditions météorologiques. La légende nous a offert son plus beau visage pendant cette session, mais nous a également démontré que c’est elle qui décide !

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Un dernier café au camping avant de repartir, et remercier son gérant pour son chaleureux accueil et ce moment de convivialité. Il est malheureusement temps de reprendre la route sous une pluie incessante, celle présentie la veille. Les mots prononcés par ma chérie lors de notre départ resteront gravés à vie : « Cabanac pleure de nous voir partir » . De mon côté, avec un pincement au cœur, les seuls mots qui sortirent furent... « Je reviendrais ».


AU C O E U R D E S BU L L E S

les ch’tites aventures de

lulu

e l l i u o r b m E l’

DANS LE SALON DE LULU...

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DOSSIER

Réussir

Les températures commencent à grimper. Le soleil est de plus en plus présent. Le printemps pointe le bout de son nez et avec lui l’espoir de voir les carpes se reveiller de leur léthargie. Mais ce n’est pas si simple. L’équipe Carpe magazine vous donne les bons conseils pour sortir votre épingle du jeu !

© Sébestien Nouy

son début de saison


DOSSIER

“N’oublies pas que sous cha cun de tes pas, je me réveille”

À

Ne me sous estime pas, car ton bonheur, c’est moi qui le nourrit, alors préserves moi à chaque instant que nous partageons ensemble ...Fais l’effort de m’accompagner avec amour, et sois en sur, de tes enfants je prendrais soin. Comme le décrit si bien un proverbe indien, je te dirais aussi, la terre ne t’appartient pas, ce sont tes enfants qui te la prêtent. Ton égocentrisme, laisses le de coté, ne juge pas bêtement, ne t’appropries pas les choses, partages les, et tu verras ... ta vie s’illuminera d’un bon karma”. Maintenant je ne suis pas certain que chacun d’entre nous prendra le temps d’écouter ce message que la nature nous chuchote à l’oreille à chaque printemps.Pour autant, j’ai bonne espoir que la raison s’unisse à notre passion pour donner naissance au plus beau respect. Dans le cas contraire, le châtiment â coup de vagues virales ou autres bouleversements climatiques saura nous mettre à l’amende ... Inchallah !

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ROD TANCHO

© Rod Tancho

chaque début de saison, la sève revient nourrir la nature et notre passion. Une soudaine magie nous sort de la torpeur hivernale. Jour après jour la nature renait et nous comble de sensations si agréables à vivre au bord de l’eau. Les carpes elles aussi sortent doucement d’une léthargie trop longue, posées sur les herbiers, elles attendent patiemment pendant que les sangsues et planaires les vident peu à peu de leur énergie. Si pacha mama pouvait parler, c’est clair, je pense qu’elle nous passerait ce style de message : “N’oublies pas que sous chacun de tes pas je me réveille, sous chacun de tes pas je mérite ton respect, car c’est mon éveil à chaque printemps qui te charme ...


DOSSIER

Mais où sont-elles ? Les deux plus grands alliés dans la quête du poisson au printemps sont vos yeux et un thermomètre. Car en quelques jours, tout peux changer, en bien ou en mal... évitons le mal et tentons, donc, de faire les choses bien !

T

DAMIEN CLAUDE raquer la carpe en gravière ou en lac sur une année, c’est faire face, selon les saisons, à plusieurs étapes du comportement alimentaire et « social » du poisson. La léthargie hivernale, la frénésie alimentaire avant la période de frai, la fraie, la période estivale, la course à la protéine automnale ; toutes ces phases ont été décrites et le pratiquant régulier sait y faire face.

tranquillement la plupart du temps d’un comportement à l’autre au gré des saisons.

Seulement voilà, ces étapes ne s’enchainent pas de manière franche et radicale. Le poisson passe

Je séparerais déjà les plans d’eau où le poisson bénéficie d’une alimentation durant tout l’hiver ▶

A mes yeux, la plus technique et aléatoire, reste le passage de la période hivernale synonyme de faible activité, voir quasi nulle, à la pleine période d’alimentation printanière. Le but de cet article étant de vous donner quelques conseils qui, je l’espère, vous aideront dans cette traque.

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DOSSIER de la main de l’homme, de ceux qui sont laissés au repos pendant toute cette période. En effet, force est de constater qu’un poisson maintenu avec un minimum d’alimentation facile à trouver et au bon endroit restera en activité, même si les températures chutent considérablement. De ce fait les étangs qui sont pris d’assaut par les courageux décidés à braver les intempéries, ainsi que les eaux dont les gérants ont pris l’option « alimentation hivernale », ont une approche sensiblement différente et faussée. Les eaux dont les berges sont restées quasiment vierges durant l’hiver et où le poisson a pu progressivement voir la chute des températures, la diminution de l’ensoleillement et la raréfaction de nourriture, seront beaucoup plus complexes. Le poisson est alors entré en léthargie et le moment où il sortira de sa torpeur restera un vrai travail d’observation. Vos deux plus grands alliés dans votre quête seront vos yeux et un thermomètre. L’impression de perte de temps à longer les berges et à observer l’eau s’avèrera être finalement un gain de temps

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phénoménal. La problématique plus que jamais de la période étant de pécher où le poisson va recommencer à s’alimenter. Le poisson va à nouveau se déplacer en fonction de la reprise de la vie sur le plan d’eau. Allongement de la période d’ensoleillement, réchauffement, et donc retour en quantité de la nourriture naturelle (mollusque, plancton, etc..) vont pousser la carpe à sortir de son inactivité. L’important est d’identifier et d’observer les signes annonciateurs de la renaissance saisonnière du plan d’eau. Prendre la température régulièrement est un indicateur très fiable. Il faut prendre le temps de bien cerner son lieu de pêche. Quelles sont les zones d’hivernages et quelles sont les parties qui se réchauffent le plus vite ?

les tenues hivernales Si le plan d’eau est relativement sauvage, avec des bordures jonchées de bois morts, des gros résidus d’herbiers, des secteurs à l’abris du vent, il y a de ▶

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Prendre la température régulièrement est un indicateur très fiable.

TENUES Les obstacles, les bordures exposées au soleil maintiennent bien souvent une température constante et supérieure à la pleine eau. © Damien Claude


DOSSIER bonnes chances que le poisson se soit tenu sur ces zones. Tous ces obstacles et ces expositions maintiennent une température constante et bien souvent supérieure à la pleine eau. Nul besoin de visiter expressément les profondeurs abyssales qui s’avèrent souvent stériles. Faites l’expérience, lorsque l’hiver est bien installé, la température est plus haute sur une partie encombrée et à l’abris du vent que sur une pleine eau profonde.

providentiel car son inertie thermique est bien meilleure que les fonds durs. Vous voilà armés pour trouver où se terre le poisson « inactif ». Attention cela reste des grandes lignes et sur certains plans d’eau ces vérités ont la vie dure et lorsqu’ un élément autre se mélange à l’équation (sources sous terraines, etc.) le résultat peut être entièrement différent.

Le tout étant maintenant de savoir où elles vont se rendre. La recherche va s’orienter vers les zones peu profondes de Lorsque le plan d’eau est « une bassine», le poisson se type bordure, haut fond, zones orientées plein soleil. Tous regroupe souvent sur une partie centrale. Le plus dur étant les spots où la vie va reprendre en premier. ▶ de la localiser. La présence de vase peut être le gage d’un spot

GRIMPER L’important est d’identifier et d’observer les signes annonciateurs de la renaissance saisonnière du plan d’eau. © Damien Claude

DEGRÉS Une température qui varie d’un ou deux degrés parait anodin, mais lorsque l’eau est à 3 ou 4 degrés, ça a son importance. © Damien Claude

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DOSSIER COUCHES D’EAU Les quelques rayons de soleil frappant la surface vont réchauffer sensiblement l’eau et attirer nos poissons en cours de réveil. © Damien Claude

L’avantage est que le poisson trahi souvent sa présence. Sur les plans d’eau sans relief particulier et avec une profondeur sensiblement équivalente dans l’ensemble, le poisson peut simplement gagner les couches d’eau

supérieures. Les quelques rayons de soleil frappant la surface vont réchauffer sensiblement l’eau et attirer nos poissons en cours de réveil. Ce facteur, les «ziggers» acharnés l’ont bien compris depuis longtemps.

Ayant trouvé d’où elles partent et où elles vont sensiblement se rendre, le tout est de s’armer de patience et d’observer : • Une température qui varie d’un ou deux degrés parait anodin, mais lorsque l’eau est à 3 ou 4 degrés, ça a son importance. Pensez également qu’une giboulée de neige ou une journée de pluie va faire évoluer irrémédiablement la température. • La couleur de l’eau a son importance aussi. L’absence de fouilles des poissons de fond, la faible densité de plancton rend l’eau souvent limpide en hiver. Si vous constatez une eau devenue turbide, il y a de bonnes chances que ça remue là-dessous. Vous voilà armés pour affronter cette période charnière si délicate. Ces quelques lignes directrices et ces astuces vous donne la trame d’une recherche réfléchie et vous feront gagner un temps certain je l’espère. Je n’ai pas la prétention de vous apprendre de manière sûre comment fonctionne votre plan d’eau fétiche, mais au moins vous partager des observations qui se sont très souvent avérées prolifiques.

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DDOOSSSSI IEERR AUGUSTIN CARRE

METTEZ le couvert !

Dame carpe se réveille, et est affamée !

L

es grands froids sont désormais derrière nous, les premiers bourgeons apparaissent sur les arbres défraîchis, et les jours rallongent : le printemps est lancé, soyez confiant ! Pour beaucoup d’entre-nous, après plusieurs mois d’arrêt, c’est la tant attendue reprise de la pêche. Ceci dit, les premiers rayons de soleil ne doivent pas forcément être synonymes d’amorçages massifs, comme le fait généralement la majorité en fin de saison. Effectivement, la reprise de l’activité est lente et très progressive chez la carpe, et il ne faut surtout pas s’y méprendre, le printemps est une saison vraiment particulière qu’il convient de ne pas aborder comme toutes les autres. Au travers de cet article, nous allons tenter de vous faire comprendre comment détecter cette effective reprise d’activité. Nous allons également regarder quels sont leurs besoins alimentaires en sortie de léthargie hivernale. Enfin, nous clôturerons par quelques conseils pour réaliser une pêche efficace lors de cette délicate période de l’année en parlant d’appâts, de technique et stratégie.

Il faut être conscient qu’un piège classique attend tous les carpistes impatients au mois de mars : celui de l’illusion printanière ! Ce piège c’est en fait d’observer sur 2-3 jours un climat printanier hors de l’eau, et d’en déduire un peu trop hâtivement que c’est également le printemps sous l’eau, et pourtant, c’est toujours bel et bien l’hiver sous cette dernière car, elle n’a pas encore eu le temps de se réchauffer. Pour ne pas tomber dans ce piège, il faut savoir « lire l’environnement ». C’est un point indispensable et déterminant pour adapter sa pêche en temps réel, et être performant au bord de l’eau. Nous pouvons définir le printemps comme le réveil de la vie subaquatique, et notamment le réveil de la chaîne alimentaire. Cette chaîne alimentaire démarre par les végétaux (algues, plante, phytoplancton). Une fois ces derniers réveillés, c’est au tour du zooplancton, des crustacés, des gastéropodes (escargots) et des autres invertébrés de se réveiller. Puis enfin, c’est aux carpes de sortir de leur léthargie (même si les premiers végétaux peuvent réveiller quelques poissons). On comprend alors très clairement pourquoi les carpes sont assez lentes ▶

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DOSSIER à sortir de l’hiver car, il faut attendre que l’ensemble de la pyramide alimentaire soit réveillée. Pour entamer le réveil de cette chaîne, il faut deux ingrédients :

de l’ensoleillement et de la chaleur Cette combinaison favorise la photosynthèse et donc la croissance des végétaux, ce sont ces éléments que vous devez surveiller pour pouvoir annoncer l’arrivée réelle du printemps. Suite au réveil des végétaux, les invertébrés entrent en activité à leur tour, et on peut mesurer l’ampleur de ce réveil avec la vie dans et au bord de l’eau. En effet, de nombreux invertébrés sont en fait des larves d’insectes : si vous voyez des insectes, c’est que la vie subaquatique a repris et réciproquement. À partir de ce stade, vous pouvez être certain que les carpes sont sortis de leurs « sommeils » hivernaux, et sont à nouveau en quête de nourriture. Une fois n’est pas coutume, l’observation fait tout pour réussir sa pêche : observez la nature, vadrouillez sur les bordures, évaluez la reprise de la vie aquatique et vous obtiendrez des informations extrêmement pertinentes sur l’activité des carpes. Cependant, il faut garder en tête deux choses : le printemps hors de l’eau ne veut pas forcément dire printemps sous l’eau, et n’oubliez pas que la carpe est généralement la dernière à se réveiller dans la chaîne alimentaire. Après plusieurs mois de très faible activité, la carpe ressort tout de même avec une perte de poids de 1 à 5% de son poids automnal, qu’elle va tenter de rattraper à l’arrivée des beaux jours. Il faut savoir rester lucide sur un point : la carpe ne va pas se jeter sur tout ce qui bouge pour autant. Les températures encore trop basses ralentissent sa digestion, ainsi que ses besoins énergétiques. Ces deux effets se renforcent, faisant

si vous voyez des insectes, c’est que la vie subaquatique a repris. que les carpes ne sont pas très voraces à la sortie de l’hiver, et entament l’année avec rythme alimentaire plutôt lent qui croît progressivement avec les hausses des températures et le développement de l’écosystème subaquatique. Néanmoins, très rapidement l’appétit des carpes augmente, ses déplacements sont de plus en plus importants, et donc ses besoins en énergie croissent en conséquence. On peut essayer de quantifier cela en sommant les dépenses liées au métabolisme de base, les dépenses liées aux déplacements ainsi que les dépenses annexes (ex : reproduction). Les dépenses énergétiques liées au métabolisme d’une carpe augmentent fortement avec la température (à 15°C, 30% de l’énergie « ingérée » est perdue sous forme de pertes brutes ou pour maintenir l’activité métabolique de base). Plus la température augmente, plus les déplacements des carpes augmentent également (dans une tranche de température bornée) ce qui induit assez intuitivement des dépenses énergétiques supplémentaires. Pour comprendre cela, il faut se rappeler que la quantité d’oxygène dissous diminue avec la température, et que par conséquent, au printemps la quantité d’oxygène est encore relativement élevée (comparativement à l’été) et favorise « l’activité physique » des carpes. La quantité de nourriture étant encore limitée, les carpes sont dans l’obligation de se déplacer davantage pour se rassasier. L’ensemble de ces ▶

OBSERVER Suite au réveil des végétaux, les invertébrés entrent en activité à leur tour, et on peut mesurer l’ampleur de ce réveil avec la vie dans et au bord de l’eau. © Augustin Carré

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DOSSIER facteurs induit des dépenses énergétiques croissantes chez la carpe lorsque la température passe de 10 à 19°C pendant le printemps. Dernier point à ajouter, l’approche de la période de reproduction encourage les carpes à s’alimenter (notamment en matière grasse, les acides gras étant indispensables pour la production d’œufs et de laitance.) Typiquement, elles les trouve dans les petits escargots). Pour rappel, nous parlons ici de la période de mai/juin pour ce qui est du frai des carpes. L’intensité de l’activité des carpes croît du tout début du printemps jusqu’à l’apothéose que représente le moment du frai.

les besoins de la carpe à la reprise La carpe étant composée à 40% de muscle, elle doit assimiler par le biais de son alimentation, une quantité importante de protéines. De plus, elle doit refaire ses réserves de graisses perdues pendant l’hiver. Bien entendu, pour que la reprise d’activité se fasse dans de bonnes conditions et que la carpe puisse bien assimiler tous les nutriments, il lui faut des acides aminés, des vitamines et des minéraux. Une carence de l’un d’entre eux peut vite conduire à des soucis de santé tels que : des malformations, des difficultés à résister aux infections bactériennes etc… Parlons pêche... Sortir une carpe au printemps est généralement plus simple qu’en hiver, grâce à la reprise de l’activité et de l’appétit des poissons. Cependant, réussir ses pêches n’est pas une tâche aisée, et plusieurs écueils sont à éviter. Le premier consiste à penser que printemps=automne. Les carpes ont certes augmenté leur activité, mais elles n’entrent pas non plus en période de boulimie intensive. Les amorçages massifs sont généralement bien moins efficaces que les petits pièges subtils et bien placés. Pêcher avec un stick ou un sachet soluble ultra-boosté au bon endroit est généralement gage de réussite. Aussi, il peut-être judicieux d’utiliser des liquides/boosters qui permettent d’attirer rapidement les poissons sur votre coup sans avoir à benner une grosse quantité d’appât. Au début du printemps, beaucoup

de pêcheurs de renommée internationale utilisent souvent une simple petite pop-up associée à un stick et pêchent là où ils voient de l’activité. C’est une méthode simple, mais très efficace demandant un bon sens de l’observation, une bonne compréhension du comportement des carpes et de son milieu à cette époque : elle est généralement synonyme de très bons résultats ! Un mélange naturellement efficace, et s’inscrivant dans la dynamique de reprise d’activité pour les carpes comporte des farines carnées (pour les protéines et l’énergie), des graines de type maïs doux, du pellet de petit diamètre et un peu d’huile de poisson (sardine si possible). Vous ajoutez à ces ingrédients un booster ayant fait ses preuves dans le passé. Vous mélangez cet ensemble jusqu’à obtenir un mélange humide qui tient en main, mais se désagrège assez facilement. Un bon mélange que vous pourrez utiliser pour la confection de vos sticks ou sachets solubles. Pour conclure : ce qu’il faudrait avoir retenu de cet article, c’est simplement le fait que les carpes reprennent progressivement une activité conséquente, mais que cette progressivité est lente, donc faire preuve de patience et de lucidité. Il faut savoir localiser les poissons, leur proposer une petite bouchée plutôt que des amorçages abusifs qui retarderont la touche, et ne forceront pas les carpes à s’alimenter davantage car, leurs cycles de digestion sont bien plus longs qu’en été. Ainsi, nous vous suggérons de pêcher minimaliste avec des produits de qualité. N’hésitez pas à vous déplacer, et à tester plusieurs postes lors d’une session : avec toutes ces armes en votre possession, soyez certain de mettre toutes les chances de votre côté, pour dérouler au cours de ce printemps 2021.pensés

SCHÉMATISER

Le triangle gagnant : l’élevation de la témpérature et l’augmentation de l’ensoleillement, le reveil de la végétation et de la faune, synonyme d’alimentation pour la carpe. © Augustin Carré

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QUELS INGRÉDIENTS DANS VOS APPÂTS ? De plus en plus de carpistes confectionnent eux-mêmes leurs bouillettes. Au printemps, quels sont les ingrédients qui peuvent faire la différence et pourquoi ? ALEX RENAULT Comme expliqué précédemment, le printemps reste une saison complexe d’une part car il faut différencier le printemps calendaire du printemps météorologique. Si on regarde le calendrier, le printemps, c’est le 21 mars. Si on regarde la nature, le printemps météorologique est plutôt situé au début du mois de mars. Pour autant, le printemps est la saison pendant laquelle les variations de température sont les plus violentes. Il est possible de voir se succéder des journées ensoleillées et même chaudes et des nuits avec des gelées blanches. Ces variations de température ont indéniablement un impact sur les besoins alimentaires des poissons, sur leur comportement, mais aussi sur l’assimiliation de nos appâts “préférés” par dames carpes. S’il y a bien quelque chose que 30 années de “roulage” m’ont appris, c’est d’abord d’adapter les recettes

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aux besoins alimentaires du poisson.

les critères d’efficacité Les études scientiques ont depuis longtemps démontré que les poissons avaient des particularités physiologiques par rapport aux mammifères. Leur système endrocrinien (l’ensemble des organes qui ont pour fonction de libérer les hormones dans l’organisme) est notamment influencé par un phénomène : l’ectothermie. Autrement dit: leur température corporelle dépend de celle du milieu dans lequel ils évoluent.

polyinsaturés (nous y reviendront) est un élément à ne pas négliger car ces éléments nutritifs sont nécessaires pour faciliter la fluidité des membranes cellulaires qui est tout simplement indispensable à la vie chez la carpe.

Cette caractéritique physiologique influence de façon spectaculaire les dépenses énergétiques et donc les besoins de la carpe et ses capacités digestives. Cela veut dire qu’il est important de respecter les rapports entre énergie et nutriment, surtout au printemps, dans les recettes des appâts. L’incorporation d’acides gras

Il faudra donc prendre soin, en préparant ces recettes de bouillettes pour les pêches printanières à faciliter l’assimilation, car la carpe aura encore du mal, de part une température de l’eau qui reste froide, à mobiliser ses capacités digestives. Les besoins alimentaires augmenteront avec les jours et avec la température.

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© Alex Renault


DOSSIER

Des ingrédients qui font la différence T

© Alex Renault

ALEX RENAULT

Au printemps, il va falloir rechercher plusieurs choses : d’une part l’équilibre énergie/nutriments et d’autre part une granulométrie suffisante pour faciliter la diffusion dans des eaux encore froides. Voici quelques farines qu’il me semble intéressantes d’intégrer dans les recettes en début de saison. Farine de noix tigrée La farine de souchet est peu protéinée (4.9 g pour 100 grammes) mais contient beaucoup de lipides dont une bonne proporition d’acides gras insaturés, et des glucides. Elle est également riche en fibre ce qui fait que je conseille de l’utiliser dans les mix hvernaux et printaniers. Elle permet un transit rapide. L’équilibre énergie/nutriment est bien adapté. Energie (1823 kJ / 435,71 kcal) , Lipides : 24 g dont acides gras saturés 4,8 G, Glucides : 39 g dont Sucre 15,5 g, protéine : 4,9 g, Fibres: 23 g).

Farine de germe de blé Peu connune, elle possède une bonne teneur en acides gras insaturés mais aussi des vitamines et minéraux présents dans le germe de la graine. Le germe de blé favorise les réactions enzymatiques une fois ingérés c’est à dire la transformation des protéines en énergie directement utilisées par l’organisme de la carpe. Autant dire qu’au printemps, c’est à ce moment que les besoins énergétiques se réveilles et deviennent primordiaux. Ces réactions chimiques permettent également de faciliter la digestion notamment d’autres farines végétales plus complexes à digérer, donc d’augmenter l’appétance en permettant à la carpe de “revenir” plus vite dans une phase d’alimentation. MARS 2021 -  CARPE MAGAZINE 

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DOSSIER

De la protéine à l’état pur ! Elle en contient jusqu’à 90%. Autant dire qu’il ne faut pas en abuser... Par contre elle peut premettre d’augmenter la valeur protéinique d’un mix céréalier pauvre et a un second atout. Elle est digeste. Elle est intéressante au printemps car elle favorise, grâce aux acides aminés à chaîne branchée ALEX qu’elle RENAULT contient( glutamine et arginin) le développement de la masse musculaire. Or, après une période hivernale ou la carpe a réduit son activité, elle a besoin de refaire cette masse musculaire pour aborder la période de reproduction qui annoncera l’été. Attention, si elle permet de faciliter le roulage, elle a le désaventage de coller et de faire durcir vos bouillettes. Il faudra donc un mix équilibré et contenant de la granulométrie pour permettre une bonne diffusion.

Farine de chènevis C’est un élément important pour moi. La farine de chèvenis, je l’utilise toute l’année, en mode grillée. Elle contient jusqu’à 25% de protéines selon la qualité et surtout, en début de saison elle a deux avantages : elle est riche en acides gras (jusqu’à 35% dont 19% d’Oméga 3 et 6) et elle permet aussi d’augmenter la granulométrie des appâts. Et au printemps, l’amorçage de graines de chènevis est aussi pour moi un élémentimportant.

© Alex Renault

Isolat de soja

Lait pour veau Je trouve intéressant l’ajour de lait pour veau pour plusieurs raisons. D’une part il est hydrosoluble, donc il va permettre une diffusion rapide de la bouillette, ce qui est d’autant plus important au printemps, lorsque les amorçages sont encore légers. Les laits pour veaux sont riches en protéines, en lactalbumines et agissent comme des liants. De plus, on les trouve à des prix raisonnables, ce qui en fait un additif abordable. Petit conseil: ajoutez-le dans vos amorces farines, ou stick et même dans les graines avant l’amorçage. Effet diffusion garanti.

On vous dit tout...

Levure de bière C’est un stimulant alimentaire qui comme la farine de germe de blé permet à l’organisme de la carpe de transformer les sucres et les protéines pour les assimiler correctement. Je la conseille en hiver et au printemps. Lorsque l’eau est chaude, je conseille de la retirer. La levure de bière est hydrosoluble (elle se dissous dans l’eau) et a tendance à ramollir les bouillettes.

Acides aminés, acides gras insaturés, protéines... Lors de la digestion, les protéines ingérées sont dégradées par le système digestif de la carpe et transformés en acides aminés (AA). Ces acides aminés (AA) sont ensuite absorbés, puis passent dans le sang pour être utilisés par l’organisme. On compte une dizaine d’acides aminés nécessaires en quantité équlibrées pour que les protéines puissent être valorisées correctement par l’organisme de la carpe. Il est difficile de savoir exactement au moment de la confection des recettes si cet équilibre est respecté. L’idéal est donc d’avoir des mix équilibrés, en évitant de grosses disparités dans la propotion des farines utilisées. En clair, on évitera une recette dans laquelle on incorpore un ingrédient de manière trop supérieure au reste des composants. Les acides gras insaturés sont contenus dans deux types d’ingrédients principalement : les huiles végétales et les céréales (à des degrés divers) et les huiles issues de poissons ou de produits carnés. Peut-être avez vous entendu parler des Oméga 3 ou 6 ? Voilà deux exemples acides gras insaturés. Les études scientifiques menées sur l’alimentation des poissons démontre que deux acides gras insaturés sont considérés comme indispensables: l’acide linoléique et alpha-linolénique. Ils sont présents par exemple dans l’huile de tournesol, ou encore dans la graine de chanvre (chènevis) mais aussi dans les huiles de saumon, de sardine... Attention toutefois, ces acides gras se déteriorent avec le temps et si vos huiles sont exposées à la lumière ou à la chaleur. La fraîcheur de vos ingrédients (farines, huiles...) sera déterminante pour assurer un résultat optimal.

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DOSSIER

Les farines carnées, des alliées pour le printemps Sources de protéines, dont nous avons vu, qu’avec le réchauffement des eaux et l’amorce d’une reprise d’activité, elles étaient recherchées par nos chères amies les carpes, les farines carnées peuvent être des alliées de choix au printemps. Voici quelques exemples de farines intéressantes à intégrer dans des recettes, de manière équilibrées. Farine de calamar Une farine protéinée de l’ordre de 75 à 80%, est très digeste. Elle contient peu de matière grasse et est assez odorante. Elle a tendance à faire coller les mélanges. A utiliser donc avec d’autres farines aux propriétés différentes et avec un peu plus de granulométrie.

Farine de thon Elle possède une odeur plus “piquante” et est équilibrée en protéine (entre 60 et 70%). Elle est par contre plus grasse et peut venir combler un déficit en lipides. Elle contient des acides gras insaturés intéressants à exploiter en début de saison.

Farine de crustacées, krill, crevettes Krill, carapaces de crevettes ont des effets mécaniques sur les mix, en apportant une granulométrie (et un effet flottant, à surveiller). Au printemps, ce sont des composants intéressants car ils apportent des mineraux et des acides amniés recherchés par la carpe dans son alimentation.

EQUILIBRER Ici la farine de calamar apporte une couleur foncée au mix de la Hot Sea (La Bouillette Tarnaise) © Alex Renault

Les épices pour faciliter l’assimilation et la digestion Dans la fabrication des bouillettes, les épices présentent de multiples intérêts. Elles peuvent servir pour certaines de colorant naturel, mais le vrai “plus” consiste dans les pouvoirs odorants, diffusants et stimulants. De très nombreuses épices favorisent en effet l’assimilation des acides aminés à travers l’intestin. En activant ce processus, la digestion du poisson est facilitée. Comme pour l’homme, les épices ont aussi des effets sur l’activité du métabolisme de la carpe: dilatation des vaisseaux, contraction des fibres musculaires... A tester au printemps, l’ail, le poivre, le piment, le curcuma, la cannelle qui se présentent sous forme de poudre. Un birdfood pourra être amélioré avec des graines de carvi, de fenouil, de coriandre, grossièrement moulu avec un blender. L’anis étoilée est aussi odorante et intéressante en terme de digestion et d’assimilation des vitamines et des acides aminés contenus dans le reste de la recette. On pourra par exemple faire infuser de l’anis dans une préparation liquide qui sera ajoutée aux oeufs. MARS 2021 -  CARPE MAGAZINE 

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Indian Spice

La gamme épicée au naturel

www.labouillettetarnaise.com


TECHNIQUE

PVA bag en hiver, oui mais pas que ! THOMAS DEROUALLE

3 3M  ACRASR P2 E0 2M1 A-G  AC ZAIRNPEE - MJ AA GN AV ZI EI NR E2  032 31


TECHNIQUE

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M ais là où un bon pêcheur sait généralement se distinguer, c’est bel et bien la remise en question permanente, pour essayer de toujours faire mieux. Un de mes très bons amis utilise cette approche sur une grosse partie de ses pêches, et il faut le dire, toujours avec des résultats très impressionnants. Après quelques sessions partagées ensemble et quelques ‘’cours de bag ‘’ reçus... en adaptant de petites modifications personnelles, mes résultats se sont considérablement améliorés, et ce, quelle que soit la saison.

Commençons par la conception Certaines firmes soucieuses commercialisent des kits rapides pour la création des sacs solubles, une fois le coup de main acquis, cela n’est plus du tout une corvée, et devient d’ailleurs très simple et rapide à mettre en œuvre. Commençons par mettre le plomb en premier au fond du sac pour un meilleur équilibrage de ce dernier lors du lancer, ‘’inline’’et coulissant de préférence. J’utilise généralement des 70 grammes qui est un poid qui me paraît être amplement suffisant. Simple et efficace, je le remplis constamment de pellets de 2mm Proline de la gamme high-instant.

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© Thomas Deroualle

oilà bien des années désormais que j’utilise ces fameux PVA bag, à mes débuts avec plus ou moins de succès. Mais lors de mes dernières saisons, cela a catégoriquement changé. J’avais simplement une mauvaise approche, et une mauvaise façon de procéder lors de la conception des sacs ; bien trop gros, le mix d’amorçage et l’appât n’étaient pas très adaptés, ainsi que l’ordre entre le plomb et le bas de ligne qui a toute son importance...

Très attractif pour déclencher rapidement des touches, et de petit diamètre pour le rendre plus facilement compact, voire très compact ! Un bas de ligne court de 10 cm, soigneusement placé dans le haut du sac, tassez, tournez le PVA, un coup de salive, repliez les coins...et le voilà prêt.

ersonnelles, mes résultats se sont considérablement améliorés, et ce, que

l’APPROCHE

Cette présentation réduit grandement les contraintes, elle s’adapte parfaitement à tout type de substrat. Petite astuce, mais qui a néanmoins La seule et unique chose que vous toute son importance, pensez à faire ayez à faire, c’est de trouver les poisdes petits trous sur le sac à l’aide sons... au moindre signe d’activité, de votre aiguille à bouillette pour y envoyez un bag ! Varié l’appât entre chasser l’air. Lors de la fonte du PVA pop-up, wafter, etc.. ou les couleurs cela évitera que l’air resté empris- qui peuvent être des éléments-clés onnée lors de la fermeture ne fasse à ne surtout pas négliger. remonter et disperse son contenu de façon inadaptée sur le fond, ainsi Un sac soluble correctement conçu vous garderez un petit tas de pellets et compact peut s’envoyer facileavec votre esche au beau milieu. ment à des très grandes distances, ▶

CARPE MAGAZINE - MARS 2021

Sur de nombreux plans d’eau la distance peut également être est un élément déclencheur.


TECHNIQUE largement au-delà des 100 mètres réels. Pour ma part avec cette approche, il faut savoir trouver les carpes, et ne surtout pas les attendre, je n’hésite donc pas à relancer régulièrement toutes mes lignes. Quelques sacs solubles d’avance de prêts, un rappel (sonore) programmé toutes les deux heures sur mon téléphone, et FEU ! Nous le savons presque tous, cette technique est parfaitement adaptée pour l’hiver, les poissons se nourrissant peu, elle s’est avérée être, depuis très longtemps, d’une efficacité remarquable. La recherche des poissons et votre constance multipliera assurément vos touches. Mais, je ne me contente pas d’utiliser avec succès cette approche que pendant la saison hivernale, je l’adopte également pour le restant de l’année.

pêche active A u p r i n t e m p s, l o rsqu e l e s ea u x s e r é c h a u ff e n t d o u c e m e n t , q u e les carpes ne sont pas encore en pleine activité. La pêche en ‘’single’’ est souvent l’une des meilleures approches à employer, elle s’avère habituellement efficace pour ne pas gaver/rassasier rapidement les poissons. Dans ce cas l’utilisation d’un sac soluble est une alternative vraiment très intéressante. Bien plus a t t ra c t i v e q u ’u n e si mp l e p o p -up perdue au milieu de nulle part, mais avec en même temps l’avantage de proposer precisément très peu d’appâts pour ne pas les rassasier, placé sur une bordure ensoleillée les touches se font rarement attendre. Toujours en gardant cette approche de pêche active, à traquer les carpes, croyez-moi, vos résultats vont grandement s’améliorer. ▶

C’est encore peu répandu, donc

une présentation inhabituelle qui

ENCHAÎNER La recherche des poissons et votre constance multipliera assurément vos touches! © Thomas Deroualle MARS 2021 -  CARPE MAGAZINE 

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TECHNIQUE détournera la méfiance, et assure une pêche propre lors des saisons chaudes, où les herbiers commencent à envahir les fonds. Lorsque les poissons ont la bouche fermée, comme par exemple en été sous les grosses chaleurs, où on les voit souvent se faire dorer la pilule en surface. Le pellet, très souvent employé dans les amorçages pour le zig, travaille dans toutes les couches d’eau, depuis le fond, et peut éveiller l’intérêt des carpes et éventuellement les faire redescendre. À l’aide d’une seringue, une fois le sac soluble confectionné, on peut y injecter diverses huiles pour y ajouter un petit coup de boost loin d’être négligeable.

Le pellet, très souvent employé dans les amorçages pour le zig, travaille dans toutes les couches d’eau.

Retour d’expérience Justement durant l’été 2020, lors d’une pêche sous une grosse chaleur, mon coup étant resté stérile ce jour-là. Je suis parti en vadrouille avec une de mes cannes de 10 pieds en main, quelques PVA bag de prêts. Polarisantes sur le nez, j’aperçois en surface, à 30 mètres du bord, une énorme tache noire qui se déplace lentement. Je lance mon sac un peu plus loin dans sa direction, 20

minutes plus tard j’explose de loin pas négliger cette technique, rendre mon record ‘’commune’’. nécessaire les relances qui doivent être régulière, aidée du rappel D’ailleurs, j’ai terminé toute ma sonore sur votre téléphone portable. session en lançant des sacs sur tous Correctement mise en œuvre, sur ces poissons de surface, et finale- un e pêc he ac ti v e, el l e fai t tr ès ment, elle s’est avérée être l’une des souvent la différence. Il suffit simpêches les plus prolifiques de ma vie. plement d’essayer... pour s’en conÉté comme hiver, il ne faut surtout vaincre !

SAISON

Été comme hiver, il ne faut surtout pas négliger cette technique.

© Thomas Deroualle

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DOSSIER

© Alex Renault


D E S T I NAT I O N

REX

LAC DU GRAND FONT ENA Y VINCENT VALLY

A

Le privé est souvent associé à la facilité, c’est le cas dans certains eaux surpeuplés et ou la nourriture naturelle est pauvre, on peut le retrouver aussi dans certaines eaux publics ou le carton est possible. Parlons en de la nourriture naturelle, très présente au Lac, elle a l’avantage de bien nourrire les poissons, la cantine est bonne ! Vincent, le gérant du site vous le diras aussi bien que moi, les gros amorçages ne fonctionnent pas. 2 billes de 25mm par canne, oubliez les ami(e)s ca va marcher une fois sur cent et pourquoi pas un silure ou un esturgeon au lieu d’une carpe.

comment pêcher le lac ? Sur les 17 postes que propose le jac, j’en ai pêché

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© Vincent Vally

u travers ses quelques lignes, je souhaite partager mon retour d’expérience (REX) sur ce lac du Loiret, près de Montargis. C’est un peu ma deuxième maison, je l’ai vu s’embellir depuis plusieurs années. Pour ceux qui ne connaisse pas, une présentation s’impose. Il contient des belles surprises et des joyaux, de toutes les couleurs dans 22 hectares d’eau. Malgré son statut de “privé”, sa réputation n’est plus à faire vis à vis de son cheptel. Il reste technique mais “faire un carton” est possible.

dix. Je constate de très bon résultat sur toutes les bordures et les repères sont evidemment à conseiller. Un outil comme le bateau amorceur est une aide précieuse quand le zodiac n’est pas autorisé et la c’est le cas. Une chose est sure, elles aiment la graine les demoiselles et les petits appâts. J’ai pu voir des cartons au mais doux ou à la tiger. Je pêche light sur tous les postes, ne tentez pas un gros amorcage pour la carpe. J’ai laissé des montages pendant 48h dans l’eau et ca été payant. Quand tu es confiant dans ta pêche ce n’est pas un problème de laisser “longtemps”, laissez au moins une canne. Evidemment un sondage minutieux à la canne ou à l’écho est primordiale pour connaitre


D E S T I NAT I O N le fond, cassure. Regardez l’activité, observez. Je me souviens d’avoir relancé une canne au bout de trois heures de pêche car il y avait une activité impressionnante sur une zone en pleine eau et bingo une heure après. Faire le minimum de bruit au bord de l’eau et par expérience vérifier le piquant de votre hameçon, des actions simples qui sont parfois oubliées. Bonne chance à tous pour vos sessions au Grand Fontenay.

STRATEGIE Une Rastafari accompagnée d’une tiger, quelques billles broyées et du maïs : le piège parfait, au poste 10. © Vincent Vally

© Vincent Vally MARS 2021 -  CARPE MAGAZINE 

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OPINIONS

LA STRATEGIE ANIMALISTE TCM

Avant les années 80, nos aïeux pêchaient la carpe à la patate ou au maïs, généralement à la pelote. Ils n’avaient, n’ayons pas peur des mots, aucun remords à ramener chez eux leur poisson record, une grosse mémère de 15 £, était ainsi dégustée lors des repas familiaux. Quelle fierté pour un enfant ou son paternel d’avoir rapporté un si gros poisson à la maison ! Depuis, la pêche et les mentalités ont grandement évoluées, peutêtre trop d’ailleurs, au point de se demander si, dans 10 ans, on aura encore le droit de pratiquer notre passion, celle qui nous procure une émotion à nulle autre pareille. La pêche de la carpe a pris un tournant non négligeable au milieu des années 80 avec la découverte en France de la pêche moderne importée par les carpistes anglais. La technologie s’est accompagnée d’une certaine éthique : le no-kill. Cette pêche s’est démocratisée jusqu’à devenir une évidence : Une carpe ne se tue pas, une carpe se respecte. Bref, on doit faire très attention à elle, ne pas trop la manipuler, la poser sur un matelas de réception (humide) pour qu’elle ne s’abîme pas sur des cailloux ou autres branches, l’arroser pour conserver son mucus, la remettre à l’eau délicatement. Et gare au « pauvre » débutant qui ose mettre une photo sur les réseaux sociaux de sa prise sans tapis de réception ! (un peu de compassion, on a tous débuté).

ET pourtant ... Qui aurait pu s’imaginer que l’évolution de l’homme l’a fait passer de singe à homo sapiens, puis de ce « super prédateur

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» chasseur/pêcheur/cueilleur à mangeur de végétaux doté d’une hyper empathie pour les animaux à tel point qu’il souhaite interdire la pêche ? Pas tous les humains, certes, et heureusement, mais ne sommes-nous pas dans la continuité de l’évolution de l’homme ? Ne nous y trompons pas, ce n’est pas une évolution naturelle mais juste une décision de changer soi-même, une pensée philosophique.Nous sommes face à cette mode contemporaine qui prend de l’ampleur et qui consiste à supprimer toute relation de l’homme avec l’animal. Il faut laisser tranquilles les animaux.

quel est le problème ? Le sujet ici est le souhait des animalistes de supprimer la pêche au vif car les poissons ressentent la douleur selon des études scientifiques. Le souci est qu’il existe également d’autres études menées par des scientifiques qui prouvent le contraire, le poisson n’ayant pas conscience de la douleur. Bref, l’affirmation de ces animalistes n’est pas certaine, loin de là. Certains, dans notre communauté de pêcheurs de carpe, disent : « Je m’en fiche, je ne pêche pas au vif. » Ou alors: « tant mieux, c’est une pêche de viandard. » Il faut regarder plus loin que cela ! On ne va pas donner ici des arguments sur la légitimité de cette technique de pêche, outre le fait que cela privera les pêcheurs à mobilité réduite et les plus anciens qui n’ont que cette technique à pouvoir physiquement pratiquer. Non, on va voir ce que cache ce souhait de nos chers anti-spécistes. ▶


OPINIONS Précisons tout de suite que ces animalistes qui se disent écologistes, n’en sont pas. Leur seul combat est le bien-être animal (même s’ils font fausse route car les conséquences de leur utopie pourraient être désastreuses pour la nature). Précisons également que tous les écologistes ne sont pas animalistes, de même que tous les végans ne sont pas antispécistes non plus. Donc, ne mélangeons pas tout. Vous avez tous pu voir récemment les actions et les affiches du groupuscule Paris Animaux Zoopolis (PAZ) sur les réseaux sociaux et même à la télévision. Leur message est clair : pour le bien-être des poissons, il faut interdire la pêche au vif. Dans un premier temps à Paris et d’autres grosses villes. Ils n’en sont pas à leur coup d’essai. Souvenez-vous, en 2018, ils avaient demandé l’interdiction pure et simple de toutes pêches dans la capitale. Rien que cela. Leur demande ayant été rejetée, ils ont changé de stratégie : être moins gourmands et s’attaquer simplement à une seule technique de pêche qui est facilement critiquable et difficilement défendable. La pêche au vif ? Bingo ! Ils ont alors l’idée de faire cette demande à plusieurs grandes villes, là où il y a des conseillers municipaux de différentes sensibilités politiques prêts à les aider sans doute pour se donner une belle image publique. Grenoble est en plein dedans également.

instances compétentes, reconnues par l’Etat que sont les fédérations et la FNPF (très, trop discrète, je vous l’accorde). Il y a de quoi prendre peur devant la possibilité de voir des décisions prises en totale ignorance du sujet concerné. A noter que la mairie ne peut interdire la pêche au vif que sur ces étangs communaux. Bordeaux serait favorable à cette interdiction sur son plan d’eau. Amis pêcheurs de carpe, amis carpistes (oui, même au sein de notre communauté, il y a désaccord tout comme la « guéguerre » Privé/Public), ne vous y méprenez pas, ceci n’est qu’une première étape avant de poursuivre leur combat. Ils vont certainement s’atteler à interdire tous appâts vivants tels que les asticots, puis l’interdiction du no-kill car, ils souhaitent que « l’agonie » d’un poisson hors de l’eau soit abrégée et, finalement, l’interdiction de la pêche en France. C’est leur but ultime et ils ne s’en cachent pas. Vous comprenez alors qu’il faut s’unir avec tous les pêcheurs quelque soit leurs techniques ou leurs poissons de prédilection. ▶

ACTIONS

En 2018, Zoopolis avait demandé l’interdiction pure et simple de toutes pêches dans la capitale...

Il y est joint la demande au niveau nationale par les conseils municipaux qui ont voté favorablement à ce souhait. Le vœu est accordé mais l’interdiction n’est pas encore effective car c’est au préfet de faire un arrêté. Notons quand même une énorme aberration, celui de voir des politiques voter pour une demande provenant de personnes n’ayant aucune compétence en ichtyologie, ni de connaissance du milieu aquatique. Ces mêmes politiques ne se sont même pas renseignés de la véracité des propos auprès des

ces animalistes qui se disent écologistes, n’en sont pas !

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OPINIONS

quelles sont les forces de paz ? Ces animalistes sont très malins et de fins stratèges. A la base, c’est une théorie philosophique sur la souffrance animale, entre autres. L’objectif, d’après le livre « Zoopolis » de 2011, est clairement politique et ils veulent rentrer dans les corps de métiers qui ont des pouvoirs : avocats, politiques, médecins... Et ils sont sur le bon chemin ! En 2016, il y a même eu la création d’un parti politique : le parti animaliste.

Ne serait-il pas le rôle de la FnPF de communiquer à grande échelle sur ce qu’est réellement la pêche ?

Leur grande force est la communication auprès du grand public et ils n’ont aucun scrupule à fausser la vérité pour rallier la population à leur cause. D’ailleurs, ils ont réussi avec certains politiques ! Ils sont également doués dans l’art de la manipulation émotionnelle. Les images et vidéos sont méticuleusement choisies pour offusquer les Français qui ne connaissent pas la pêche ni les poissons. Même si les photos d’une espèce de poisson est complétement illogique à l’image de cet amour blanc pour illustrer la pêche au vif (pathétique), le grand public ne peut que les croire sur parole. Autre exemple de manipulation, le sondage mené par Ifop auprès de plus d’un millier de Parisien pour savoir s’ils sont pour ou contre l’interdiction de la pêche à Paris. Résultat : 63% pours ! Les réponses étaient dirigées et il est difficile pour un non-pêcheur d’être contre. Dans les grandes lignes, ce sondage disait : « Les poissons sont impropres à la consommation dû à la présence de PCB dans la Seine. Les poissons pêchés souffrent inutilement. Êtes-vous favorables à une interdiction de la pêche à Paris ? ». Evidemment que oui ! Ils auraient noté : « La pêche est une pratique ancestrale que de nombreux jeunes Parisiens ont adopté leur évitant ainsi d’errer dans les rues et de détériorer les biens d’autrui ou pire, de se droguer ». Quel serait le résultat du sondage d’après-vous ?

Comment réagir ? Alors, vous l’aurez compris, il faut impérativement faire barrière à ces anti-spécistes mais, attention, ne partez pas dans des discussions interminables avec eux, vous n’aurez qu’un débat stérile car ils sont convaincus de la véracité de leur pensée

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unique. Ignorez-les, vous ne perdrez pas de temps inutilement. Autre point important, ne leur donnez pas de la visibilité sur les réseaux sociaux. Si vous mettez des commentaires sous leurs propres publications ou si vous les partagez, vous envoyez le signal à ces réseaux sociaux que leurs publications intéressent du monde et donc, elles seront mises en avant afin qu’elles soient visibles par le plus grand nombre. Imaginez la quantité de non-pêcheurs qui pourront potentiellement être favorables à leur combat. Ne les insultez pas non plus car ça va les conforter sur l’idée qu’ils se font des pêcheurs : des beaufs. Sachez que des choses se mettent en place, les pêcheurs se mobilisent et gageons que dans les mois à venir, il y aura du concret dans la lutte contre nos privateurs de liberté.

Unissons-nous et partageons dans un premier temps la pétition qui tourne sur le web. Le reste va suivre.

MANIPULATION Leur grande force est la communication auprès du grand public et ils n’ont aucun scrupule à fausser la vérité pour rallier la population à leur cause.


Fruity Raspberry “La nouvelle Fruity Raspberry de Pro Line est le doux rêve fruité de tout pêcheur à la carpe. Le mélange sucré riche en fibres combiné à la saveur très sucrée de framboise à base d’alcool a un énorme pouvoir sur les carpes. L’ajout d’édulcorants, de protéines de haute qualité et de stimulateurs d’appétit complète cette bouillette à la perfection !”


- CARPE MAGAZINE LES AVENTURES DE POC

L’îLE NOIRE


A L’ H O N N E U R

“À l’honneur”

Mathieu Ghys

Plus connu sous le pseudo “Mat Mathéo”sur facebook, coup de projecteur dans ce numéro 2 sur ce pêcheur passionné.

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A L’SHI LOUNRNEE U R Pour commencer cette année 2021 de la meilleure des façons, j’ai tenté ma première expérience dans le roulage de billes “Maison”, du temps devant moi... alors pourquoi pas ? Approvisionnement des produits chez Authentik Sniper (farines, arôme). Marchandise reçue, la machine est en route, et le résultat final m’inspire plutôt confiance... Voici venu le temps de préamorcer quelques spots repérés les jours précédents, dans un plan d’eau que je pêche depuis plusieurs années désormais. Chose faite, Il n’y avait plus qu’à attendre le jour J. Enfin l’ouverture ! chargement du matos et... “allez go !”> Dès mon arrivée, j’entame mon rituel d’observation avec mon petit café à la main, après cette longue période sans pratiquer, je dois admettre que ça fait un bien fou de se retrouver au bord de l’eau ! Comme tout paraît calme, et que je ne décèle aucune activité de surface, je fais le choix de m’établir sur un des spots préalablement repérés et amorcés.

L’installation peut commencer.... Mon choix s’est porté sur un D-rig pour ma première canne ( c’est le montage que j’utilise généralement, comme je ne suis pas fixé sur une marque précise, j’utilise (Gamakasu, Vardis, Ashima), une petite combinaison composée d’une pop-up bioazar (Authentik Sniper) et de ma bille “Maison”. Pour ma seconde canne, toujours le même montage, mais cette fois, esché d’une combinaison Kalash (kiwi/ananas), et toujours avec ma bille “Maison” Let’s go ! Après 2 heures de pêche, les premiers bips retentissent, je suis déjà au garde-à-vous! 1h30 plus tard mon Delkim s’emballe, la canne se plie et la bobine déroule... C’est parti ! Prise en main de la canne, cette sensation qui t’envahit et te procure toujours autant de plaisir, au bout de quelques minutes, le poisson commence à se laisser entrevoir... Bingo ! elle est dans la filoche, et là, ma stupéfaction devant cette magnifique miroir, m’incite à effectuer une pesée... Verdict 24 kg.

Dès mon arrivée, j’entame mon rituel d’observation avec mon petit café à la main, après cette longue période sans pratiquer, je dois admettre que ça fait un bien fou de se retrouver au bord de l’eau ! Trop happy ! je n’ai désormais plus aucun doute quant à l’efficacité de mes nouvelles billes “Maison” combinées avec les produits Authentik Sniper. Cette combinaison gagnante, ainsi que mon approche ont été les clés de cette réussite, en autre chose, la capture de mon premier poisson de l’année . Il n’y a plus qu’a réitérer cette superbe expérience lors de mes prochaines sessions. Séquence photos et remise à l’eau...

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A L’ H O N N E U R

A LA UNE

MAX ROUSSEL

' ' un jour ou l'autre" "Chaque investissement se voit recompense

D

ébut octobre, les feuilles commencent à tomber des arbres, les jours raccourcissent progressivement... la nature se prépare pour l’hiver. Cette période, où la température entre le jour et la nuit reste stable, donc plus favorable à la capture de gros spécimens. Comme à mon habitude, je regagne les berges du canal, et m’installe sur un poste que je commence à bien connaître car, j’y campe une nuit par semaine depuis déjà 3 mois... La pêche n’y est pas facile, la quantité d’herbe encore présente y est extrêmement importante. Cependant, en amorçant plusieurs fois par semaine, je parviens tout de même à créer de petites tâches propres sur lesquelles déposer mes montages.

aller retrouver la chaleur de mon duvet, et m’endormir sereinement. Au beau milieu de la nuit, rebelotte avec la capture d’une jolie miroir de 19 kilos, la nuit est plus que faite...

L’heure fatidique approche... 1 heure du matin. Effectivement, chaque nuit que j’ai faite ici, j’ai toujours enregistré une touche à cette heure, celle-ci ne fera pas exception à la règle. Un départ me fera sortir de mon sommeil, et embarquer dans le zodiac. Canne en mains, j’engage un combat qui ne me fait ressentir aucune sensation, pas le moindre coup de tête ? Arrivé au-dessus du poisson, je parviens à le faire monter une première fois, juste assez pour apercevoir la taille vraiment disproportionnée de ce poisson, en réalité, assez pour me faire sortir de l’état vaseux dans lequel je me trouvais, l’adrénaline est à son maximum ! Après quelques minutes, qui m’ont paru être une éternité, je glisserais enfin cette grosse miroir dans l’épuisette, puis dans un sac de conservation en Au vu des résultats obtenus les semaines précédentes, je attendant de pouvoir la photographier au lever du jour.Après suis plutôt confiant. De plus, malgré les 2 mètres de profon- quelques courtes heures de sommeil, une séance photo deur, l’eau y est tellement claire que la dépose du montage d’anthologie se prépare. Deux très gros poissons seront les s’est effectuée à vue. Précise apparemment car, une pre- stars du jour, notamment cette bicolore de tout juste 25 kilos. mière touche se produit avant même que je n’ai eu le temps À seulement 20 ans, je sais d’ores et déjà que ce trophée de fermer un oeil. Premier poisson au sec, je peux désormais marquera à jamais ma vie de pêcheur de carpe.

DANS LA SoIRÉE...

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CARPE magazine N° 2  

Bonne lecture amis pêcheurs...

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Bonne lecture amis pêcheurs...

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