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Editorial

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hers lecteurs, nous voici au troisième numéro de notre magazine. Nous vous saluons au nom de tous les habitants de la cité pilote, la «Mariapoli Victoria » et nous vous souhaitons une très bonne lecture !! Le monde autour de nous, si chargé de souffrance, nous interpelle et nous appelle ! Il semble trainer les pas sur le chemin de la paix et de la réconciliation. Il cherche de la lumière pour éclairer sa voie et des motivations profondes pour donner une réponse convaincante à sa quête d’unité. Nous croyons que c’est justement au cœur de ce monde, tel qu’il est qui réside notre mission, chers lecteurs  : semer au large l’Amour de Dieu dans le cœur de chaque homme, répandre à tous ceux que nous côtoyons cet amour qui vient de Dieu et qui est la réponse à toute attente et la véritable motivation à faire le bien sans jamais se lasser. Nous voudrions vous faire don Chiara Lubich, fondatrice du Focolari, lors d’une interview télévision belge, en 2004. Cela grande actualité.

d’une pensée de Mouvement des réalisée par la nous semble de

toujours : il faudrait que les biens circulent, mais les biens ne circulent pas tout seuls ; il faut que les cœurs se mettent en mouvement. Si nous parvenons à faire en sorte que les Chinois aiment les Vietnamiens, etc., peu à peu nous y arriverons… Nous, nous possédons cette espérance parce que nous avons un réseau dans le monde entier, dans 182 pays, et en chacun, le Mouvement est vivant comme à Rome. Nous faisons une fois par mois une téléréunion mondiale. Il faut voir comment tous répondent, comment ils reçoivent ce qui leur est donné  ; comment ils répondent aussi par mail, etc. On ressent le dynamisme, la présence, la puissance du Mouvement, même dans la Terre de Feu, en Alaska ou encore à Melbourne ou au Japon. (…) Nous ne savions pas pourquoi nous étions destinés au monde entier  ; nous commençons seulement maintenant à le comprendre. Sans doute Dieu souhaite-t-il que l’unité grandisse davantage non seulement en Europe, mais également dans les autres continents… Le réseau est déjà prêt, notre réseau ; mais il en existe bien d’autres, constitués par d’autres Mouvements. La fraternité ! » Vitòria Franciscatti et Pino Fiorucci

« La fraternité universelle, la fraternité universelle ! Ces jours-ci, on m’a posé une question à ce sujet. “Travaillons à la réaliser !”. Et ce terrorisme ! Pour moi, c’est la fraternité universelle qui vaincra le terrorisme, parce qu’au fond, au fond, ce qui est le plus terrible, c’est vraiment la division qui existe entre pays riches et pays pauvres. Comme je le dis

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Parole de vie de Juin 2013 « S i , a p r è s a v o i r fait le bien, vous souffrez avec pat i e n c e , c’est là u n e g r â c e a u x yeux de dieu. »* (1Pi 2,20) L’Apôtre Pierre illustre ici, pour ses communautés, ce qu’est l’authentique esprit de l’Évangile dans ses applications concrètes, avec une référence particulière à la condition et à l’état de vie de chacun. C’est ainsi qu’il s’adresse aux esclaves convertis à la foi et auxquels, comme à tous les esclaves dans la société d’alors, il arrivait d’être incompris et maltraités de façon très injuste. Par extension ces mots s’adressent à toutes les personnes qui, à toute époque et en tout lieu, souffrent d’incompréhensions et d’injustices de la part de leurs proches, qu’il s’agisse de supérieurs hiérarchiques ou d’égaux. La Parole de vie de ce mois veut nous rappeler notre premier devoir comme chrétiens ... « Si, après avoir fait le bien, vous souffrez avec patience, c’est là une grâce aux yeux de Dieu. »

L’apôtre recommande à ces personnes de ne pas céder à la réaction instinctive que peuvent susciter de telles situations, mais d’imiter le comportement de Jésus. Pierre les exhorte même à répondre par l’amour, en voyant dans ces difficultés et

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incompréhensions une grâce, c’est-à-dire une occasion que Dieu permet pour donner la preuve du véritable esprit chrétien. De cette façon, elles pourront conduire au Christ, par amour, même ceux qui ne les comprennent pas. « Si, après avoir fait le bien, vous souffrez avec patience, c’est là une grâce aux yeux de Dieu. » Sur la base de ces paroles ou d’autres allant dans le même sens, certains voudraient accuser le christianisme de favoriser une soumission excessive, qui endormirait les consciences, en les rendant moins actives dans la lutte contre les injustices. Il n’en est pas ainsi. Si Jésus nous demande d’aimer même ceux qui ne nous comprennent pas et nous maltraitent, ce n’est certainement pas pour nous rendre insensibles aux injustices. Bien au contraire ! C’est parce qu’il veut nous apprendre comment construire une société vraiment juste. Et l’on peut y parvenir en diffusant l’esprit de l’amour vrai, en commençant nous-mêmes à aimer en premier. « Si, après avoir fait le bien, vous souffrez avec patience, c’est là une grâce aux yeux de Dieu. »

Comment vivre la Parole de Vie de ce mois ? Les façons dont nous pouvons nous

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Parole de vie de Juin 2013 aussi être incompris et maltraités ne nous manquent pas aujourd’hui. Elles peuvent aller des indélicatesses et impolitesses aux jugements malveillants, à l’ingratitude, aux offenses et jusqu’aux véritables injustices. Eh bien, dans toutes ces occasions, il nous faut témoigner l’amour, que Jésus a porté sur la terre, à tous et donc aussi à ceux qui nous traitent mal. Dans la défense légitime de la justice et de la vérité, la Parole de vie de ce mois veut nous rappeler notre premier devoir comme chrétiens : aimer l’autre, conserver à son égard cette attitude nouvelle de compréhension, d’accueil et de miséricorde, celle-là même de Jésus envers nous. Alors, même en défendant notre point de vue, nous ne briserons jamais la relation, nous ne céderons jamais à la tentation du ressentiment ou de la vengeance. Et en agissant ainsi, comme des instruments de l’amour de Jésus, nous serons en mesure nous aussi de conduire à Dieu notre prochain.

Chiara LUBICH

* Parole de vie publiée en mai 1990

Parole de vie de Juillet 2013

« La loi tout entière trouve son accomplissement en cette unique parole : Tu aimeras ton prochain comme toi-même ». (Ga 5,14) Voilà une phrase typique de l’apôtre Paul, une phrase concise, lapidaire et lumineuse. Elle nous indique ce qui doit toujours inspirer le comportement du chrétien : l’amour du prochain. L’apôtre voit dans la réalisation de ce commandement le plein accomplissement de la loi. Que prescrit celle-ci ? Ne pas commettre d’adultère, ni tuer, ni voler, ni désirer... Or si on aime, comment pourrait-on se rendre coupable de tout cela ? « La loi tout entière trouve son accomplissement en cette unique parole : Tu aimeras ton prochain comme toi-même ».

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Parole de vie de Juillet 2013 Cependant, celui qui aime ne se contente pas d’éviter le mal. Il s’ouvre aux autres, il veut le bien, le fait, se donne : il va même jusqu’à donner sa vie pour celui qu’il aime. C’est pourquoi Paul écrit qu’en aimant le prochain, non seulement on observe la loi, mais on parvient à « l’accomplissement » de la loi. « La loi tout entière trouve son accomplissement en cette unique parole : Tu aimeras ton prochain comme toi-même ».

Si toute la loi consiste à aimer son prochain, les autres commandements sont des moyens pour nous éclairer et nous guider afin que, dans les situations compliquées de la vie, nous arrivions à trouver comment aimer les autres. Il nous faut savoir lire dans les autres commandements l’intention de Dieu, sa volonté. Si Dieu nous veut obéissants, purs, mortifiés, doux, miséricordieux, pauvres... c’est afin de mieux réaliser le commandement de la charité. « La loi tout entière trouve son accomplissement en cette unique parole : Tu aimeras ton prochain comme toi-même ».

Dieu signifie faire sa volonté. Et sa volonté c’est que nous aimions notre prochain. « La loi tout entière trouve son accomplissement en cette unique parole : Tu aimeras ton prochain comme toi-même ».

Comment vivre cette parole ? La réponse est claire : en aimant notre

prochain, en l’aimant vraiment. Ce qui signifie : donner, mais donner de façon désintéressée. Celui qui se sert de son prochain pour ses propres fins, même les plus spirituelles, comme pourrait l’être sa propre sanctification, celui-là n’aime pas. C’est l’autre qu’il s’agit d’aimer, et non pas soi. Cependant, il est évident que celui qui aime ainsi se sanctifie ; il devient «parfait comme le Père», parce qu’il a accompli ce qu’il pouvait faire de mieux. Il a saisi le cœur même de la volonté de Dieu et l’a mis en pratique : il a pleinement accompli la loi. Et à la fin de notre vie, ne serons-nous pas jugés uniquement sur cet amour ?

Chiara LUBICH

On pourrait se demander : comment se fait-il que l’apôtre Paul ne parle pas de l’amour de Dieu ? Simplement parce que l’amour de Dieu et du prochain ne sont pas en concurrence. Bien plus, l’un - l’amour du prochain - est expression de l’autre, de l’amour de Dieu. En effet, aimer

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Vie de la Parole

UNE VEUVE CHRÉTIENNE DE KANAWOLO (VILLAGE DE CÔTE D’IVOIRE) En Afrique subsaharienne, la perte de son homme n’est pas la seule douleur pour la veuve. Ici, elle est rendue coupable de la mort de son mari ; frères et sœurs de celui-ci deviennent ses témoins à charge ou avocats du diable. Là, elle est chassée de la maison et rendue à sa famille, dépouillée de tout même de ses enfants. Ailleurs, pendant le temps du veuvage et pour exorciser les esprits du mal, elle est parfois l’objet de cérémonies dégradantes, contraires à la foi chrétienne.

L

e départ au ciel de Boniface Koné KIKOMBI le 30 /11/ 2012 fut un évènement qui a conduit la communauté chrétienne de Kanawolo en général et le groupe Parole de vie en particulier à vivre des expériences de grande portée. En effet, elles ont été marquées par le courage et la détermination de la veuve Agathe Koné KAHONAMAN. Elle a choisi de mettre en pratique la Parole de Marie à l’annonce du Seigneur faite à elle par l’Ange Gabriel : « Je suis la servante du Seigneur, que tout se passe pour moi comme tu me l’as dit ». Ainsi, contre la volonté de la famille de son mari défunt, dans une attitude d’obéissance totale à Dieu avec l’unique désire d’accomplir sa volonté, pour être comme Il le désire, elle a choisi de pratiquer le veuvage chrétien, alors que toute la famille du défunt voulait les pratiques idolâtres traditionnelles avec tout ce que ces rites comportent comme sacrifices, humiliations dégradantes et harcèlement, comme si elle voulait venger le mort de tous les désagréments que son épouse lui avait fait subir durant sa vie. Une telle attitude l’a exposée au mépris, à l’incompréhension, aux calomnies et même à la colère, aussi bien des parents de son mari défunt que certains de ses propres parents. Mais elle est restée décidée, sereine et déterminée à aller jusqu’au bout. Sa réponse à toutes ces calomnies a été chaque fois : « C’est à Jésus et à Lui seul que vous le faites ». Il faut dire qu’elle est la première chrétienne du village à accepter faire ce veuvage, brisant ainsi le mythe de la coutume, en disant : « Seigneur que Ta volonté

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soit faite ». Ainsi avec le soutien du curé, des veuves chrétiennes de la paroisse initiées déjà à ce type de veuvage, de la communauté chrétienne de Kanawolo et particulièrement du groupe Parole de vie, contre vent et marrée, elle est allée jusqu’au terme de son veuvage, au grand dame des parents, et elle se porte bien jusqu’à présent.

Ainsi après les rites de début de veuvage, le curé a demandé à la communauté, de la soutenir par ses prières. Le groupe Parole de vie a proposé de venir plutôt matin et soir chez elle pour faire unité de prière avec elle et montrer aux villageois notre soutien ferme à son action. Cela a été accepté et deux mouvements ont été désignés pour diriger ces différentes prières. A 5h du matin venait le groupe du Rosaire et le soir à l8h le groupe Parole de vie pendant le veuvage qui a duré une semaine. La fidélité de chacun à ces prières a été remarquable malgré le calendrier des travaux champêtres très chargé en cette période de l’année. Certains soirs la prière était soutenue par la chorale. Des femmes du groupe ont choisi volontairement, rester en permanence nuit et jour auprès d’elle pour la soutenir et la soustraire à toutes les autres personnes prêtes à la dissuader. Ainsi tous les garde‑fous ont été pris pour éviter les obstacles. Le veuvage de Agathe KAHONAMAN s’est déroulé sans encombres jusqu’au bout ; à la satisfaction de la communauté chrétienne toute entière qui peut dire : « En effet, nous sommes fils de Dieu conduits par l’Esprit Saint car nous avons osé dire non à la tradition non conforme à la volonté de Dieu et oui à ce qui Lui plait ». Koné Ardjouma Ernest

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Correspondance

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Bissau 17.4.2013

hers amis,                                                                                      En regardant mon agenda, j’ai vu que la dernière lettre remonte à un an. Le temps passe vraiment vite. Durant cette période, exactement le 12 avril 2012, il y avait un coup d’état qui avait déposé le Président de la république, le premier ministre et tout le gouvernement. A la fin de la lettre, je disais qu’il y avait un espoir qu’on trouve rapidement un compromis entre les auteurs de ce coup (les militaires) et les forces politiques. Quelque chose a été faite: un gouvernement provisoire s’est formé, on a nommé un président de transition avec la promesse de nouvelles élections, … il reste cependant beaucoup à faire... A part cela je dois dire que tout continue dans la normalité et, je dirais, dans une certaine paix. Même au niveau de l’Eglise, non seulement nous n’avons pas de problèmes, mais en général nous sommes bien acceptés. Comme je l’écrivais l’année dernière, l’évêque de Bissau, Mgr José Camnate, nous a confié une grande paroisse, qui comprend une partie de la ville et beaucoup de territoire autour. La zone appartenant à cette paroisse s’appelle Antula. Les gens ont beaucoup augmenté en nombre et augmente encore; en conséquence les logements surgissent continuellement. Le nombre des pré-catéchumènes et catéchumènes est grand, plus de 2.500, les catéchistes sont 120, les petites communautés de quartier plus de 30, les groupes, les associations… une vingtaine… et on pourrait continuer. A première vue, on pourrait avoir peur, mais nous savons que c’est l’Esprit Saint qui fait avancer son Eglise. Grâce à Dieu, nous sommes 4 ; 3 prêtres (p. Giancarlo, p. Georges et moi), et un étudiant qui se prépare à l’ordination, fr. Simon Pierre. Deux congrégations de Sœurs sont aussi présentes dans la paroisse depuis diverses années: les Franciscaines hospitalières, qui font un très beau travail dans le domaine de la pastorale et de l’éducation, et les Sœurs Oblates du Sacré Cœur qui s’occupent du Centre de Spiritualité de N’Dame. A l’occasion de l’année de la foi, nous avons fait un pèlerinage à pied de Antula au centre de spiritualité de N’Dame. 6 km seulement, mais sous un soleil cuisant. Y

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ont participé beaucoup de gens au point que nous avons dû partager les participants en 04 grands groupes, à une distance de 300m l’un de l’autre. Les personnes que nous rencontrions devant leur maison le long du parcours, nous observaient avec sympathie. En plus d’une expérience spirituelle, ce fut aussi un témoignage de foi, une manière d’évangéliser. Dans un village pas loin de Bissau, il y avait un groupe de personnes qui voulait vivre la spiritualité du Mouvement. Nous ne savons pas d’où est venu ce désir et comment ils ont connu cette spiritualité. Un jour, je suis allé avec Renato et nous nous sommes aperçus que c’était vrai. Nous avons raconté l’histoire de l’Idéal, l’expérience que nous avons faite en Afrique et nous avons parlé de l’aide que la Parole de Vie nous donne. Après quelques semaines, Luis, leur responsable, nous a dit qu’en l’occasion de l’an de la foi, eux aussi voulaient faire un pèlerinage à N’dame. Ils étaient plus de cent personnes, ils ont rejoint le sanctuaire en deux heures et demi et ils ont passé toute la journée avec des prières, des chants et des méditations. Ils étaient d’accord avec un prête pour célébrer la Messe, mais par un malentendu cela n’a pas pu se réalisé. Ils ont attendus jusqu’à le soir. La tentation était de se plaignais contre ce prêtre, mais la Parole de Vie les a aidés à accepter tout avec sérénité. Luis leur disais que Jésus était également parmi eux, même s’il n’était pas possible avoir eu la Messe. Nous voyons que la Parole de Vie arrive ou nous le savons pas et port avec elle les fruits des vrai conversions. Je reste avec vous dans le Christ ressuscité, qu’il soit toujours notre lumière et notre force. P.Celso

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Familles FAMILLES UNIES, INSTRUMENTS D’ÉVANGÉLISATION Longtemps rêvée, longtemps attendue, l’école pour les couples engagés dans le Mouvement Familles Nouvelles, branche des Focolari, de notre sous-région a finalement vu le jour ! Une vingtaine de couples venant du Togo, du Bénin, du Burkina Faso, de la Guinée Conakry et de la Côte d’Ivoire, avec la présence de Hennie et Erick, un couple belge, du Secrétariat central de FN, et Ezio et Vanilla de l’Italie y ont pris part.

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endant

les

jours intenses de la semaine

sainte, (du 24 au 28

mars), nous avons fait

d’une

l’expérience profonde

communion.

Nous

l’importance

du

redécouvrions

tous

avec émerveillement

dialogue dans la vie de couple ; mais aussi la nécessité

de se retrouver régulièrement pour partager nos

expériences de vie. Nous touchions du doigt de façon très concrète l’essentiel de la vie d’une famille comme l’indiquait dans un coin de la salle le proverbe « C’est lorsque le mur est lézardé que les cafards peuvent entrer dans la maison ».

Voici une expression qui donne l’idée de l’ambiance surnaturelle qui y régnait :

« Ici, on peut tout se dire  ; alors qu’à la maison, c’est quasi impossible ».

Jésus présent au milieu de nous pansait toutes nos petites blessures qui avaient pu freiner notre ardeur à aller de l’avant dans notre engagement à donner la vie l’un pour l’autre.

M.G : « Cela fait 44 ans que nous sommes mariés, mais c’est ici que nous avons trouvé la force de nous dire

certaines choses dont nous avions souffert sans jamais avoir le courage de parler. C’est ici que nous avons trouvé

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le morceau de savon le plus puissant pour enlever ces

tâches noires qui semblaient ne plus pouvoir disparaitre de notre coeur ».

La compréhension du mystère de Jésus Abandonné,

donnait la force à plus d’un couple d’aller à la recherche de l’enfant égaré !

M.M. , reconnue pour sa timidité, parle elle-même de sa

situation : « Tout le monde dit que je ne parle pas, mais

comment peut-il en être autrement quand mon mari, avant même que j’ai ouvert la bouche, m’interrompt

chaque fois pour me dire : C’est bon, je sais ce que tu

vas dire… Je me suis sentie frustrée depuis toujours et j’ai choisi de me taire pour échapper à la confrontation.

Mais, ici, il m’a écouté sans me couper la parole. Je pense

qu’on peut faire désormais comme ici et garder Jésus au milieu de nous. »

Son mari la rejoint en disant: « Je ne savais pas que je la frustrais. Mais ici, j’avoue que j’ai compris et je lui ai

dit de me faire un signe désormais, chaque fois qu’il me viendrait la tentation de l’empêcher de parler. »

A propos de la relation avec notre famille d’origine, nous nous sommes rendu compte de l’importance de bien faire

la part des choses. Il faut garantir l’unité entre nous qui

porte la présence de Jésus parmi nous avant toute autre démarche, avant d’aller vers les autres, fussent-t-il nos

enfants ou nos propres géniteurs pour leur présenter toujours le visage d’un couple uni.

G. raconte : « Au moment de dialoguer en couple, nous avons décidé de reconsidérer notre relation. A un

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Familles

Cyan Magenta Yellow Black

moment donné, j’ai constaté que mon mari, son frère

qu’il n’en avait pas, vu qu’il portait tout à la maison.

parler et cela me gênait. J’ai trouvé la paix à mon tour

compte bancaire ».

et sa mère ne supportaient pas ma présence à côté d’eux. Chaque fois que j’approchais, ils arrêtaient de en m’attachant à un de mes frères. Avec lui, nous avons

décidé de faire un champ de riz. Je n’en avais pas parlé avec mon mari, puisque de toutes les façons, il n’avait pas le temps pour que nous parlions.

Le mari : Quand, je l’ai su, j’ai opposé un refus catégorique

à ce projet de champ de riz. J’estimais que, je devais donner mon avis s’ils avaient vraiment envie de continuer.

Ici, à l’école, nous avons parlé et nous nous sommes mis

d’accord pour recommencer. Nous avons remis les choses en ordre entre nous, et le champ sera fait. »

A propos du budget familial, la même remarque a été

faite : tant que le rapport entre nous n’est pas fixé sur

l’amour réciproque demandé par Jésus, nous tissons de faux rapport avec notre conjoint et nous courons le risque de nous côtoyer sans faire une véritable

expérience d’unité. Alors, le mûr reste fissuré comme dans le proverbe indiqué, ci-dessus.

Mme C. raconte. : «  En cette année de l’amour du frère, avec beaucoup d’effort, j’ai trouvé la solution à

un problème qui me faisait souffrir. Je me demandais comment j’allais faire pour montrer que j’aime mon mari alors que je n’arrivais pas à lui communiquer ce

que je gagne comme couturière. Je trouvais cela très difficile. Pendant que mon mari, lui, à chaque fin de mois, envoyait tout son salaire à la maison et nous le

Alors, un autre jour, je lui ai remis tout ce que j’avais épargné à son insu. Ensemble, nous avons pu ouvrir un La question fondamentale qui nous venait à tous était

celle-ci : Comment faire pour créer et recréer sans

cesse cette ambiance surnaturelle qui a prévalu ici

entre nous, dans nos différentes maisons et dans nos groupes de familles, pour que nous ayons la force de nous parler comme ici, dans la convivialité, sans peur

d’être interrompus ou sans peur de prendre le risque de perdre son idée alors qu’il nous semble la meilleure ? En outre, comment faire pour que notre expérience, même

très belle de Jésus au milieu, ne se perde pas dans notre

maison, faute de communion avec les autres familles de notre groupe?

Si nous commençons dans notre propre maison à vivre la Spiritualité de l’unité avec courage, Dieu fera le reste.

Il ne s’agit pas d’être parfait mais de savoir toujours remettre le compteur à zéro et rebondir. Nous serons

d’authentiques porteurs de Jésus au milieu qui fait de nous de véritables instruments d’évangélisation, partout.

Nous sommes à la disposition de tous ceux qui veulent

faire ce chemin ensemble avec nous. Nous avons besoin de nous entraider pour aller toujours de l’avant.

Par Léon et Yvone Yao (leonroc_yao@yahoo.fr)

gérions ensemble. Moi, je me contentais de donner ce

que le budget familial exigeait de moi. Je ne trouvais pas la force de tout communiquer. Alors, à un moment

donné, j’ai pu franchir ce pas et je lui ai dit ce que je

gagnais. Cela n’a pas été facile pour moi, parce même à

ma mère, je n’aurais pas pu dire ce que je gagne. Mais cela m’a beaucoup soulagée. Plus tard, j’ai demandé à

mon mari s’il avait un compte bancaire. Lui m’a répondu

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Jeunes

TEMPS D´EXAMENS ! Révisions, trou de mémoire, stress… Comment s’y prendre ? CEPE, BEPC, CAP, BAC, BTS... Les examens sont arrivés ! Un certain stress s´installe. Avec le candidat, tout son entourage se sent concerné.

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ui n´a jamais éprouvé un peu de stress à l´arrivée des examens ? Mais la question que se pose est : comment ne pas céder au stress ? Comment le gérer ? Des spécialistes : pédagogue, psychologue, professeur, avec qui j´ai échangé et que je remercie pour leur apport, sont tous d´accord sur le fait que plus on est préparé et conscient de connaître les divers sujets proposés pour l´examen moins on est habité par un état permanent de stress. Un examen se prépare… dès le début du 1er trimestre et même avant, avec les acquis des années précédentes. Toutefois à l’approche des examens, il convient de se concentrer sur les révisions et les étapes qui la suivront. J´esquisse quelques astuces. La période de révision : Aménagez un emploi de temps cohérant entre le temps dédié à l´étude personnelle (plus important) et celui consacré aux révisions en groupe (moins important). L´expérience a prouvé que ce que l´on connaît et que l´on communique à quelqu´un d´autre, est mieux retenu. Dans l´emploi de temps, prévoir de réviser tous les chapitres une première fois calmement  ; afin d’être ainsi rassuré que les cours sont complet, que tous les exercices sont faits et assimilés et que tous les documents complémentaires ont été recherchés. Travaillez à combler vos lacunes et vos points faibles. Lors des révisions, alternez les matières que vous aimez et celles que vous n´aimez pas. Programmez-vous d´étudier plusieurs heures d´affilées ? Attention, souvenez-vous de la fameuse phrase attribuée à Homère : Mens sana in corpore sano

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(Un esprit sain dans un corps sain). Prévoyez donc des temps d´arrêt de quelques minutes pour une marche ou l´écoute d´une musique douce, sans paroles, ou pour un coup de main à la maison. Cela vous détend et vous dispose à mieux vous concentrer par la suite. Ne mangez pas trop mais de façon variée, n´oubliez pas les fruits et les légumes. Pensez à prendre un petit déjeuner suffisant. Ne grignotez pas, surtout des aliments trop riches en sucre ou en graisses. Remplacez-les par un verre d´eau ou un fruit. Pas de tabac, ni de café ni d´excitants. Ces produits entraînent des conséquences à court terme sur le cerveau et ne croyez pas qu´ils vous aideront à apprendre. Le soir, faites le point du programme de révision et si nécessaire replanifiez le lendemain. Le sommeil est fondamental ; il permet au cerveau de réorganiser les informations reçues dans la journée et donc d´apprendre. Dormez 7h30 par nuit et ne descendez pas à moins de 6 heures dans le cas où un excès de travail s´impose. Une semaine à l´avance, reprenez plus rapidement toutes vos révisions. La veille de l´examen : Dans la matinée, choisissez quelques parties de la matière prévue à l´examen et révisez-les rapidement. Faites un peu de sieste. Préparez vos sacs (carte d´identité, convocation, stylo, crayon, etc.) et ne pensez plus à l´examen du lendemain. Cherchez plutôt à vous détendre en pratiquant du sport ou une activité physique mais sans vous épuiser. Regardez un film comique ou choisissez une lecture qui vous fait rire. Le rire est un excellent relaxant. Il excite sur le moment et puis suit une réaction relaxante à cause

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des endorphines, des hormones relaxantes qui se répandent dans le corps. Ce soir couchez-vous tôt.

Le jour de l´examen : Réveillez-vous tôt et ne révisez pas, cela vous fatigue et vous embrouille ; vous ne pouvez plus mémoriser. Préparez-vous et quittez à temps la maison pour éviter le stress d´être en retard. En attendant d´entrer dans la salle d´examen, intéressez-vous à ce qui se passe autour de vous, aux autres. Cherchez à les encourager par un sourire, par un mot gentil. Dans la salle, avant l´arrivée des épreuves, détendezvous. Respirez profondément et pensez par exemple à quelque chose de positif : une personne que vous aimez, un bon souvenir... Il n´est pas interdit de prier pour confier ce moment à Dieu et Lui demander son assistance. Lorsque les examinateurs arrivent, ne vous laissez pas intimider par leur façon de s´adresser à vous ou de se comporter. Un jour, eux aussi sont passés par là. Adressez-vous à eux, si cela est nécessaire, avec courtoisie et respect. Assurez-vous d´avoir rempli correctement l´entête de la feuille de composition. Lisez sereinement et entièrement les énoncés. Ne vous précipitez pas, il vaut mieux faire peu et bien que tout faire sans vraiment aucune bonne réponse. Pendant la composition, relisez l´épreuve pour

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comprendre si vous êtes vraiment en train de traiter ce qui vous est demandé et si vous avez pris en compte tous les détails. Ne vous laissez pas emporter par le piège de la tricherie. Utilisez le brouillon (surtout pour les épreuves littéraires il ne s´agit pas de tout mettre au brouillon). Faites attention à bien gérer le temps nécessaire pour recopier proprement sur la feuille de composition. Relisez votre travail et corrigez les éventuelles fautes et erreurs. Remettez votre copie à temps et attendez que toutes les copies aient été ramassées avant de quitter la salle de composition. Désormais cette composition est achevée ; confiez-la à Dieu et concentrez-vous à celle qui suit.

Après les examens : Un certain soulagement se fait sentir mais il reste encore l´attente du résultat. Profitez de cette période pour prier pour les membres du secrétariat, pour les correcteurs afin que tout se passe bien et sans erreur pour vous, pour tous ceux qui ont composé. Soufflez un peu et remplissez ce temps d´attente avec des activités saines et utiles physiquement et intellectuellement. Après la proclamation des résultats : Remerciez Dieu quel que soit le résultat et ne restez pas chez vous ; sortez pour féliciter un ami, pour consoler un autre, pour remercier un professeur ... Ne vous découragez jamais. Savoir accepter les moments difficiles de la vie est aussi un apprentissage. C´est de la façon dont nous percevons un évènement qui en fait un stress négatif ou un défi à relever et à réussir. Par Marijo Ferreira, prof. de SVT

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UNE MAISON D’ETUDIANTS À ABIDJAN Depuis quelques mois, quatre garçons, des étudiants venus des différents coins de la Côte-d’Ivoire, partagent une maison à Abidjan. Ils sont engagés dans le Mouvement et désirent vivre une vraie expérience d’unité. Voici leur témoignage.

RICARDO : Je suis arrivé à la maison GEN un mois après les autres. J’ai 17 ans et je suis pratiquement le plus jeune du groupe. J’ai d’abord été marqué par l’accueil chaleureux qui m’a été réservé. Les GEN m’ont offert une bière de bienvenue à laquelle j’ai préféré une sucrerie. Mes débuts à la maison ne furent pas évidents. J’avais un ego terrible, sans oublier que je me mettais un peu en retrait des activités de la maison  ; mais, avec l’aide des uns et des autres, j’ai commencé à vivre une meilleure vie de GEN. Je me suis donc bien intégré et je m’occupe actuellement des repas à la maison. Ainsi un jour je suis allé au Plateau pour déposer mes papiers de bourses d’études. Franck Arnaud me demanda alors de retirer un papier au Palais de Justice pour lui. Mais cela fut plus difficile que prévu et j’y laissai de l’argent dont j’aurai pu revendiquer le remboursement. Pourtant, cette action m’a procuré beaucoup de bonheur et le soir, avant de dormir, j’ai eu l’impression d’avoir accompli une mission  : celle d’aimer le frère, comme le dit le thème de l’année.

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YVES : Ma première expérience GEN ici à Abidjan se passe à merveille. Nous vivons ensemble comme si nous étions issus d’une seule famille. Toutefois, je suis un peu peiné quand je n’arrive pas à exécuter les tâches qui me sont confiées, parce que j’ai un programme très chargé. Toutefois, mes frères pourraient se poser des questions à ce sujet, puisque, malgré leur emploi du temps, eux ils le font et bien. Il faut bien avouer que je ne suis pas habitué aux travaux de la maison tels que  : faire la cuisine, faire la vaisselle, nettoyer la maison… Mais, avec l’expérience que nous vivons ici, je vous assure que cela n’est plus un problème pour moi. Un jour je reçois le mot de passe du jour : « Pleurer avec celui qui pleure  » et je me suis demandé comment allais-je vivre cette parole du jour ? Le soir, une fois rentré de l’école, l’un des frères annonce qu’il a perdu son téléphone portable et qu’on l’avait volé ; à ces mots j’ai ressenti un pincement au cœur, car je me mettais à sa place. Puis une idée me vint à l’esprit  : j’avais deux téléphones et trois SIM et je n’utilise pas autant la troisième puce comme les deux autres. Donc je me suis dit qu’il faut déconnecter cette puce pour confier ce portable à mon frère qui était très attristé par cette perte. Je voulais lui créer la surprise mais, auparavant, il est allé voir une maman qui est elle aussi engagée dans le Mouvement: à son retour, il avait deux portables et m’a dit que c’est la Providence qu’il avait reçue de cette maman. Vraiment j’étais content pour lui, car il a perdu un téléphone et en a reçu deux !

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Cyan Magenta Yellow Black

SOUM EMMANUEL : Pour parler d’expérience, c’en est une  ! Car, ici, chacun vit de manière spéciale et bien sûr nous essayons de mettre tout ensemble. Je suis très heureux de me trouver parmi mes frères. Je tente à ma manière de leur apporter ce que j’ai de nouveau et aussi d’apprendre d’eux. Je vais raconter un fait que nous avons vécu un Dimanche matin, au moment  où on s’apprêtait à aller à la messe ; chacun devait faire de son mieux pour se laver le plus vite possible. À ce moment, Yves entre dans la douche, il était 6h30, nous étions encore trois personnes derrière lui et nous voulions tous participer à la messe de 7h, car il y avait la rencontre GEN après la messe. Etant dans la douche avec son téléphone, il reçoit un appel et il se met à communiquer... De peur d’être en retard à la messe, nous nous sommes mis à l’interpeller sur le temps qu’il nous restait. Mais Yves ne comprit pas aussitôt. Donc après s’être lavé, il sort frustré de la douche et nous demande pourquoi nous lui avons fait des remontrances : nous nous sommes disputés et il est allé à la messe seul. Moi, de mon coté, je me suis senti très coupable du fait d’avoir crié, mais on s’est vite demandé pardon et nous avons repris notre vie habituelle. Il faut dire que nous sommes tellement unis que, à première vue, on dirait que nous sommes de la même famille. Parfois, lorsqu’on sort de la maison pour aller à l’église ou au focolare ou en promenade, quelqu’un se décide et paye le transport de tous. ROGER  : En venant à la maison GEN pour une expérience d’un an, je m’attendais à un rapport parfait avec mes frères GEN, d’un coté, et de l’autre coté, à un sacrifice total vu que nous venions de familles différentes. J’ai beaucoup aimé le fait que nous nous communiquons tout .Personne ne fait quelque chose sans que l’autre ne le sache. Particulièrement, comme mon emploi du temps est le moins chargé, je me suis proposé de faire plus que les autres dans les activités du

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Jeunes jour de la maison (nettoyage, cuisine, puiser l’eau à la pompe …). Grâce à Dieu, cela marche et j’en suis très heureux. Une expérience commune : pendant le mois de décembre, après avoir fait la communion des biens, nous sommes allés au marché pour les achats. De retour à la maison, après les calculs, on se retrouve avec un excédent de 1000F sur la monnaie  : alors on s’est demandé à qui appartenait cette somme. Après avoir retrouvé la personne, nous nous sommes rendus chez elle, au marché, pour lui remettre son argent. Cette dame qui s’était rendu compte d’un déficit de 1000F était très contente et nous a remerciés en disant :  « Vous n’avez pas fait comme les autres  ». Cette expression nous a beaucoup marqués, car pour nous les GEN il ne faut pas faire comme les autres et nous étions très heureux. Pendant la fête de Noël, nous avons reçu une providence de 5000F de la part d’une maman volontaire de notre paroisse. Merci à tous et à chacun pour le soutien, la prière et l’unité. Nous vous souhaitons une bonne et agréable année 2013 avec l’amour du frère. Allons tous de l’avant dans notre idéal. Vivons l’unité!

Maison GEN d’Abidjan.

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Jeunes

M

Cyan Magenta Yellow Black

UNE OCCASION RATTRAPÉE

on nom est Adélard, je suis originaire

du Burundi. J’appartiens à un groupe de

musique appelé « Gen Sorriso », qui a été

choisi pour présenter une chanson au dernier Genfest 2012 à Budapest.

Il a été un moment de grande joie, d’être en mesure

de donner notre contribution avec une chanson afin de construire un monde uni et de témoigner notre engagement à d’autres jeunes du monde entier.

Tout le monde au Burundi, les jeunes, les adultes, les prêtres etc., étaient vraiment heureux et ils voulaient

faire quelque chose pour nous, afin d’apporter leur contribution.

Malgré tous nos efforts, nous n’avons pas réussi à assister au Genfest, parce que nous n’avons pas eu

le visa. Ce fut un moment de grande souffrance, car

nous n’allions pas seulement pour chanter, mais nous avions aussi bien une expérience à partager pendant le Genfest. Pourtant, puisque nous savons

que la volonté de Dieu est toujours le meilleur pour nous, nous avons offert notre souffrance et notre nonparticipation pour le bon résultat de la manifestation,

comme nous l’avons écrit dans la lettre que nous avons

pas de simples mots, mais ils sont une réalité!

Notre chanson qui était en kirundi, notre langue, a été chantée par une jeune fille originaire du Kenya

... et elle était même habillée comme une femme burundaise! Par amour, elle a accepté de chanter dans

une langue qui n’était pas la sienne, de s’habiller en femme burundaise, pour aucune autre raison que de témoigner l’amour et l’unité.

Quand nous l’avons vue sur internet, nous nous sommes tous levés et avons commencé à applaudir, comme si nous étions dans l’arène avec tout le monde,

nous avons commencé à l’encourager avec des cris de joie, les garçons sifflaient etc.

Je dirais personnellement que, quand elle a chanté notre chanson nous a transportés spirituellement à l’arène où le Genfest avait lieu, faisant de nous des acteurs de l’événement et non des spectateurs.

Notre forte expérience était la suivante: dans l’amour

il n’y a pas des jeunes du Congo, du Burundi ou du Kenya, des Etats-Unis ou de l’Italie, de la Chine ou l’Australie, NON! Nous sommes tous UN!

Adélard (Burundi)

adressée aux participants au Genfest.

Par la suite, nous avons compris que Dieu voulait nous

montrer

quelque

chose de GRAND. Il voulait nous faire comprendre que l’amour et l’unité que nous

chantons partout dans de nombreux endroits, ne sont

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Méditation

LE FRÈRE: NOTRE CHANCE L’amour triomphe de tout

La demi-droite

Ne me dites pas que les habitants de votre ville sont durs, que vous n’avez pas les capacités nécessaires, que vous n’avez pas le temps, etc. Ce n’est pas vrai! « L’amour triomphe de tout! » (1)

Une idée m’est venue au cours de la messe célébrée par R., prêtre focolarino. Elle m’a guidée aujourd’hui.

C’est l’amour qui manque dans notre cœur! Trop souvent, nous croyons qu’aimer Dieu signifie passer des heures en adoration, fréquenter des groupes spirituels, prier longuement, etc. Ce n’est pas seulement cela la religion, mes petites sœurs!

La religion, c’est aller chercher la brebis perdue, après avoir mis les autres en lieu sûr. C’est se faire tout à tous! C’est aimer concrètement, avec douceur, avec force, comme nous-mêmes, toutes les personnes qui sont à côté de nous. C’est désirer pour elles ce que nous désirons pour nous-mêmes. (1) VIRGILE, Bucoliques, 10,69.

Notre amour doit ressembler à une demidroite. Il sait d’où il part, c’est-à-dire de notre cœur, mais il va à l’infini, toujours et uniquement vers Dieu, quelles que soient les personnes ou les choses rencontrées en chemin, qui seront aimées pour Dieu. Oui, tout, sans cesse, chaque chose devra être aimée pour Dieu, sans rien attendre en retour. La demi-droite ne plie pas pour revenir en arrière, elle va à l’infini.

Puis, si l’Infini se donne en retour, comme le promet l’Evangile, alors et seulement alors nous recevrons, mais de Dieu, quel que soit l’intermédiaire qu’il choisira. Chiara LUBICH Extrait du livre « Le Frère», Edition Nouvelle Cité France

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Humanité Nouvelle

LA POLITIQUE, L’AMOUR DE TOUS LES AMOURS Un mois après les élections présidentielles et législatives au Kenya, nous avons parlé à Chege Charité, mère et grand-mère. Elle s’était présentée pour le siège de Représentant du Comté pour le Juja Ward. Parlez-nous

de

votre

engagement

politique

J’ai travaillé pendant de nombreuses années en tant qu’opérateur social et durant ces années, j’ai eu la chance de servir ma communauté dans plusieurs domaines. J’ai toujours été en contact constant avec les souffrances de mon peuple: les orphelins, les personnes âgées qui doivent s’occuper des petits-enfants parce que leurs parents sont morts du SIDA, les veuves maltraitées injustement, les gens «volés» de leurs droits, pour diverses raisons et qui vivent dans la pauvreté, etc. Chaque rencontre avec chacune de ces personnes a toujours été pour moi une rencontre avec la souffrance de Jésus, quand il implora sur la croix: “Mon Dieu, mon Dieu, pourquoi m’as-tu abandonné”. La spiritualité de l’unité m’aide à faire face à tous ces défis que je rencontre tous les jours. En 2006, après beaucoup de réflexion sur la manière d’améliorer la vie de mon peuple, j’ai décidé de faire de

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la politique. J’ai donc écrit à Chiara Lubich en lui disant ce désir de servir mon peuple. Elle m’a encouragée et m’a dit que “la politique est l’amour de tous les amours.” Lorsqu’en 2007, je me suis présenté comme candidat pour le comté de Juja, je n’avais rien que ça dans mon cœur. Et quand les résultats ont montré qu’une autre personne avait gagné, j’ai senti que cela ne change rien à mon engagement qui est d’être au service de tous. ...Nous nous souvenons tous de 2007 après les élections, la violence au Kenya. Plus de 1000 personnes ont perdu la vie, des biens ont été détruits, et bien de personnes ont fui leurs maisons. Dans les divers contacts avec de telles souffrances, qui continuent encore aujourd’hui, j’ai réalisé qu’il y a des blessures qui sont encore à guérir, j’ai pri la résolution de ne jamais me lasser de vivre et de parler de pardon.

La période de campagne électorale est toujours intense et mouvementée. Pouvezvous partager avec nous votre expérience? Lorsque diverses coalitions ont commencé à se former, je sentais que je devais me mettre devant Dieu. Je sentais que mon choix politique doit être conforme à ce que je crois pour vivre “la fraternité universelle”. J’ai donc choisi un parti politique qui, à mon sens s’adresse à tout le peuple du Kenya, autant que possible... Beaucoup ont été surpris de mon choix. À leurs nombreuses questions, j’ai répondu: je vis de la famille universelle! Quand nous avons commencé la campagne, j’ai senti très fortement que j’allais rencontrer des gens que j’avais toujours essayé d’aimer, je n’allais pas chercher des voix, absolument pas!

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Humanité Nouvelle Donc, c’était un amour qui se poursuivait. Bien que je ne peux pas nier que la période de campagne sont des jours intenses, j’ai essayé d’aborder chaque personne avec amour dans mon cœur. J’ai eu de nombreuses occasions de rencontrer un grand nombre de «Jésus», car il a dit « tout ce que vous avez fait au plus petit de mes frères, c’est à moi que vous l’avait fait  ». J’ai rencontré mes adversaires, aussi ceux qui m’ont soutenu et ceux qui ne l’ont pas fait, avec les chrétiens de différentes églises, par exemple, ou encore des personnes de différentes communautés et croyances. Chacune de ces rencontres est une occasion de grandir. Je me souviens, par exemple, un jour, lors d’un rassemblement. Je me suis retrouvé avec un de mes adversaires à la même place, et chacun de nous a dû parler aux gens. Ce n’était pas un problème pour moi de lui donner mon micro car il n’en avait pas. Je lui ai même laissé la parole en premier, oui je l’ai fait. À une autre occasion, lors d’une de nos réunions, quelqu’un a dit: “Nous n’avons qu’un seul ennemi dans ce quartier.” Je sentais que je ne pouvais pas laisser passer l’occasion de vivre pour la paix, même dans cette situation. J’ai simplement exposé mon point de vue, et j’ai expliqué que nous ne devrions pas avoir d’ennemis, nous faisons partie d’une communauté, et celui qui gagne et celui qui perd devront travailler ensemble pour le bien de tous. Depuis ce jour, nous ne parlons plus d’ennemis! Et comment les élections de 2013 se sont passées? Même si je n’ai pas obtenu le siège, je ne pense pas avoir perdu. Je ne le vois pas comme un échec. Avant les élections, on m’a demandé plusieurs fois: «Que faire si vous perdez ?» A cette question, j’ai répondu avec quelques mots: “Je vais continuer à aimer”. Je dois avouer qu’au début, j’ai été déçue, je me suis senti trahie. Mais ensuite, j’ai compris que mon amour pour le peuple doit être inconditionnel, sans ficelle attachée à lui. Il s’agissait d’une étape importante dans ma vie que je veux dédier au service de ma communauté. J’aime beaucoup l’image de Mère Teresa de Calcutta,

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moi aussi je “suis un pinceau dans les mains de l’artiste.” L’autre jour, à 6h30 du matin, une femme est venue me chercher à la maison. Sa situation est ce qui peut être défini comme extrême. Elle est veuve, elle n’est plus trop jeune et doit s’occuper de ses petits-enfants. Dès que je l’ai vu, j’ai tout de suite compris qu’elle était malade, épuisée et affamée. Je la connaissais, j’avais eu d’autres occasions de participer à ses cas sociaux. La première pensée qui me vint fut: “Pourquoi ne peuvent-ils aller chercher les gens qu’ils ont élus, pourquoi moi?” J’ai même été en colère contre mon mari qui l’avait accueilli dans ma maison. Comme ces pensées traversaient mon esprit, je me suis souvenu qu’il était temps de m’oublier moi-même et d’aimer vraiment. J’ai fait un effort pour l’écouter avec beaucoup d’amour. En plus de son mauvais état de santé, le corps de sa petite-fille était couché dans une morgue locale. Elle ne pouvait pas l’obtenir si elle ne payait pas un certain montant d’argent; elle avait besoin d’un petit lopin de terre où l’enterrer, ce qu’elle n’a pas, etc. Elle avait essayé d’approcher les autorités locales, mais en vain. Je savais très bien qu’un cas socialn a droit à une certaine aide de la part du gouvernement local. Je me suis retrouvée à dire à Jésus dans mon cœur: “Tu te moques de moi, Jésus! Maintenant que doisje faire? Je n’ai pas d’argent, je n’ai pas de lieu de sépulture pour la petite-fille de cette femme, je n’ai pas d’autorité ni d’influence. Pourquoi moi?” J’ai compris que je n’avais pas de temps à perdre dans la réflexion sur moi-même. Tout d’abord, elle avait besoin d’un petit-déjeuner, puis de consulter un médecin. J’ai fait quelques appels téléphoniques, elle a été suivie dans un centre de santé ; ensuite d’autres connexions pour différentes personnes afin d’obtenir une petite parcelle où enterrer sa petite-fille.

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Dialogues

LE DIALOGUE, ROUTE PRIVILEGIEE POUR LA PAIX Dans le panorama mondial actuel qui exprime une profonde transformation vers une société de plus en plus multiculturelle et multireligieuse, le Mouvement des Focolari est engagé à promouvoir le dialogue entre les religions pour que le pluralisme religieux de l’humanité ne soit pas cause de divisions et de guerres, mais contribue à construire la fraternité et la paix dans le monde.

P

lusieurs milliers de fidèles de diverses religions partagent, autant que cela leur

est possible, l’esprit du Mouvement en

collaborant à ses buts.

La diffusion mondiale de l’esprit des Focolari a

contribué à ouvrir un dialogue avec toutes les principales religions du monde, grâce à des relations

établies avec leurs disciples, mais aussi avec des

leaders et des membres de mouvements à vaste

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rayonnement. Depuis des années, désormais, s’est développée une collaboration fraternelle entre le Mouvement des Focolari et le mouvement bouddhiste Rissho Kosei-kai qui compte 6 millions d’adhérents (Japon), de même avec le mouvement des musulmans

afro-américains (USA) et avec différents mouvements d’inspiration de gandhienne au sud de l’Inde. A l’origine

En 1977, à Londres, le prix Templeton pour le progrès

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Dialogues Les effets du dialogue La découverte de ses propres racines religieuses, de

ce qui nous unit et la forte expérience de la fraternité, sont quelques-uns des effets du dialogue réalisé dans

cet esprit de communion qui contribue à construire l’unité de la famille humaine.

L’engagement commun à être des constructeurs d’unité et de paix se renforce, spécialement là où de la religion fut décerné à Chiara Lubich. Elle raconta

son expérience devant des personnalités de plusieurs

religions et ressentit profondément que tous les participants, même s’ils appartenaient à des religions différentes, formaient une seule famille. A la fin de

la cérémonie, les fidèles des différentes traditions

religieuses (bouddhistes, musulmans, juifs, sikhs, hindous, etc.) vinrent la féliciter chaleureusement. Il devenait évident que la spiritualité du Mouvement

pouvait être partagée non seulement avec les chrétiens,

mais aussi, dans une certaine mesure, avec des fidèles d’autres religions. Ces circonstances furent pour Chiara

Lubich un signe de Dieu qui lui a permis de comprendre

la violence et l’intolérance raciale et religieuse cherchent à creuser un abîme entre les composants de

la société. Le dialogue de la vie fait écrouler les murs des préjugés ; il montre que des peuples d’origines et de cultures différentes peuvent partager des objectifs communs.

A Tanger, au Maroc, les chrétiens sont une petite minorité. Mai ensemble, chrétiens et musulmans,

dans le respect réciproque, vivent le sens profond de la religion qu’est l’amour.

Ali nous partage son expérience : «  Mon histoire avec l’Idéal a commencé quand je me suis mis à vivre

la Parole de vie ; elle me plaisait vraiment. Je me suis

que le Mouvement devait s’ouvrir au dialogue avec des

alors inséré dans un groupe du Mouvement lancé à

personnes de toute tradition religieuse.

Tanger en 1995.

Le fondement

C’est tombé au bon moment, parce que je souffrais

Le dialogue promu par les Focolari est fondé sur la

beaucoup et je dois dire la vérité,, le charisme de Chiara

spiritualité et en particulier sur son point central :

m’a aidé énormément à transformer cette souffrance

religions et cultures grâce à la « Règle d’or » : « Fais

aux autres ce que tu voudrais que l’on fasse pour toi ».

J’ai ensuite connu Said, capitaine d’une équipe de foot

l’amour, qui trouve un écho immédiat dans les autres

en amour.

C’est dans l’application de la Règle d’or que s’établit

qui jouait sur le terrain sous les fenêtres du focolare

un dialogue fructueux.

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que l’on appelait «terrain de l’amitié». Les Gen de

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Dialogues l’Espagne sont même venus à trois reprises pour jeter un pont entre les deux rives de la Méditerranée, comme le souhaitait Chiara. Il y a aussi des étudiants africains dans notre groupe. Nous sommes convaincus que personne ne veut convertir l’autre, mais nous essayons de nous sanctifier réciproquement, chacun dans son contexte religieux et dans l’esprit de communion. Dans nos familles, nous avons aussi fait un pacte de miséricorde. Par exemple, chez nous, notre petite fille, Nura, nous rappelle à l’ordre chaque fois que quelque chose ne va pas entre nous. Elle nous dit : «Attention, je prends un bâton si vous continuez à discuter». Nous sommes vraiment convaincus qu’à la lumière de l’Idéal, le dialogue est possible et porte beaucoup de fruits ».

Est-il possible de dépasser le risque de l’utopie, autrement dit, de dialoguer avec n’importe qui ?

Dans le livre le pari de la confiance, Maria Voce,

Quelle peut en être la base ?

relatives au dialogue (éd. Nouvelle Cité, pag.83,84).

possible. Est-il possible de dialoguer avec tout le

Présidente des Focolaris, répond à une interview à

tous azimuts, dont nous publions ici deux questions

Est-il possible d’aimer tout le monde ? Oui, c’est

Pourquoi faut-il dialoguer ? La foi en Christ n’est-

que l’autre aussi ait envie de dialoguer. Le dialogue

elle pas suffisante ? La foi en Christ est la foi en un Dieu qui a dit : « que tous soient un  » donc, si nous croyons en Christ, nous nous identifions à sa mission, à son but, et nous œuvrons à l’atteindre. Ma foi en Christ suffirait à me sauver, si mon but était celui-ci. Or, comme mon but

est le sien, autrement dit « que tous soient un », cela ne me suffit pas, parce que je dois atteindre tout le

monde. Et le dialogue est un bon moyen d’atteindre tout le monde.

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monde ? Je dirais non, parce que pour dialoguer, il faut

est toujours une activité « bilatérale  », pratiquée

par deux entités désireuses de se rencontrer et de se communiquer ce qu’elles sont, ce qu’elles ont et ce qu’elles pensent, en faisant preuve d’une grande ouverture d’esprit et en se plaçant sur un pied d’égalité. Autrement, ce n’est pas du dialogue. On ne peut pas non plus exiger le dialogue, mais simplement se montrer prêt à dialoguer. Il est possible d’aimer

tout le monde parce que Jésus lui-même l’a fait, comme son Père l’a fait en nos aimant tous. Donc,

nous devons le faire nous aussi, et c’est bien ce qu’il nous demande.

Maria Teresa Sala

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Mariapolis du Ciel

SE DONNER A LUI JUSQU’AU BOUT

Ceux qui ont connu Jane-Francis Maseruka se rappellent d’elle comme d’une personne joyeuse, simple et heureuse d’être « focolarine ». Toute sa vie a été un don, couronné par sa décision de se donner à Dieu, dans le Mouvement.Mais qui était Jane-Francis ? cette joie l’accompagnait toujours, lui donnant force et fierté dans sa vie de consacrée. Cette divine aventure l’a ramené encore à Fontem ou pendant plus de 12 ans elle a travaillé à l’hôpital avec amour et dévouement. Même dans les moments les plus difficiles elle n’a jamais perdu son courage et son humeur. Elle s’est également beaucoup dédiée à la nouvelle évangélisation que le Mouvement avait lancée dans le territoire de Fontem. Ce qui était important pour elle c’était « faire toujours la volonté de Dieu ».

N

ée le 15 juillet 1956 à Gayaza (Ouganda), JaneFrancis était la 8ème de 15 enfants. Sa famille était très belle et profondément chrétienne. Après ses études elle a travaillé comme sage femme dans un hôpitalde Kampala (Ouganda). Elle sentait que Dieu l’appelait à se donner à Lui et quand elle a rencontré le charisme de l’unité de Chiara Lubich elle a compris tout de suite de vouloir devenir une focolarine. Jane-Francis a quitté son pays en 1985 pour se jeter dans sa nouvelle aventure à Fontem au Cameroun et ensuite en Italie et Suisse où elle a suivi une formation pour approfondir la spiritualité du charisme de l’unité. Irradier la joie autour d’elle, était sa caractéristique et

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Au début de mars de cette année, elle a présenté des maux de tête très forts. Un contrôle médical a diagnostiqué la présence d’une tumeur cérébrale et suggérait une intervention chirurgicale à Nairobi. Pendant qu’on attendait pour son visa sa condition s’est fortement aggravée et elle a été transportée d’urgence à l’hôpital de Yaoundé. Même si elle était très faible elle continuait à s’intéresser à tous et à tout, même à faire des blagues. Un jour elle a dit : «  Je suis très contente parce que maintenant je ne peux rien faire, Dieu fait tout. Petit à petit ses forces l’ont abandonnée et finalement elle ne pouvait plus parler ! Pourtant elle a continué à aimer tout le monde autour d’elle, jusqu’au bout. Sans que personne ne s’en aperçoive presque, Jane Frances s’est glissé de la maison terrestre à la maison céleste ! Pour beaucoup elle était maman, sœur, amie. Même Jean Baptiste, son frère venu d’Ouganda pour représenter la famille aux funérailles, était étonné de découvrir une si forte vie de l’Evangile dans cette « vallée au cœur de la foret que Jane-Francis appelait

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Mariapolis du Ciel maison ». Il commencé à comprendre la vocation de sa sœur !

L’Evangile pendant la Messe de requiem, parlait du jugement dernier, où Jésus dit “j’ai eu faim et vous m’avez donné à manger, j’ai eu soif et vous m’avez donné à boire, j’étais étranger et vous m’avez accueilli, nu et vous m’avez vêtu ; j’étais malade et vous m’avez visité, j’étais en prison et vous êtes venus vers moi ». Et il conclu «  dans la mesure où vous avez fait cela à l’un des plus petits de mes frères, c’est à moi que vous l’avez fait ». Ceci était la Parole de Vie de Jane-Francis, c’était son guide. C’est ainsi qu’elle a vécu !

LE MYSTERE DE LA VIE

Peut-on avoir accompli sa mission sur terre à l’âge de 13 ans ? C’est la question qu’on se pose et à laquelle on fini par répondre : c’est cela le mystère de la vie ! Mais cela vaut la peine de s’approcher pour connaitre tout simplement la vie des personnes comme Rosine Sonware, de Man, décédée le 8 Avril 2013 à l’âge de 13 ans.

P

eut-on avoir accompli sa mission sur terre à

l’âge de 13 ans ? C’est la question qu’on se

pose et à laquelle on fini par répondre : c’est

cela le mystère de la vie ! Mais cela vaut la peine de

s’approcher pour connaitre tout simplement la vie des

personnes comme Rosine Sonware, de Man, décédée le 8 Avril 2013 à l’âge de 13 ans.

Depuis 3 ans elle fréquente le groupe des enfants au

focolare, en y entrainant ses camarades. Elle partage

avec le groupe ses nombreux actes d’amour très concrets envers tous.

A 7 ans, elle est touchée par une très grave maladie

au cœur, et va subir une opération très délicate. Vu la difficulté économique de la famille pour une telle intervention, elle est prise en charge, par un organisme

et elle part seule en France. A cette occasion, elle écrit

à Emmaus : « je suis contente d’être soignée. Je parts

seule, mais je suis sûre que Jésus est avec moi ». Rosine part avec peu de choses, mais son objet précieux ne

manque pas dans la valise : « le dé de l’amour ». La famille qui l’accueillie en France est très touchée par

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sa façon d’être, son amour concret. En partant, elle leur offre son dé d’amour.

De retour à la maison, même si le physique reste

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Mariapolis du Ciel

Cyan Magenta Yellow Black

fragile elle reprend l’école, et toujours attentive à

consciente de la situation. La veille de son départ,

heureux et intelligent. A la rentrée scolaire 2011,

« je veux avoir Jésus en moi ». Le curé a tout de suite

écouter la voix de Jésus dans son cœur, continue à semer l’amour autour d’elle. Rosine était un enfant voyant la difficulté des parents à payer les frais de

scolarité, elle leur proposa de donner sa part pour compléter pour ses frères, car étant maladive, peut

être qu’elle ne pourrait poursuivre les études, disaitelle. Ses parents n’étaient pas d’accord, et Rosine a repris l’école pour faire la volonté de Dieu et obéir à ses parents.

Tout semblait aller bien, quand Rosine se sent mal

et signale une rechute grave de la maladie. On doit la réopérer urgemment. Ses parents mettent tout en œuvre pour la faire partir à Abidjan. Rosine est

elle téléphone au Focolare pour exprimer son désir d’anticiper sa première communion car, disait-elle,

accueilli son désir, et le jour suivant, le mercredi saint, entourée par la communauté du focolare

et sa famille, Rosine reçoit Jésus dans son cœur,

ainsi que le sacrement des malades. Tous étaient touchés par son recueillement. En l’accompagnant

à la maison, on lui rappelle le chemin qu’elle est en

train de vivre avec le Christ dans la semaine sainte en l’encourageant à unir sa « passion » à celle de Jésus, et elle de répondre : « Dimanche c’est Pâques ! ». Et

Margrit :  «  Même aujourd’hui est Pâques pour toi, Jésus est venu chez toi à travers l’Eucharistie, restes avec LUI ». Et elle : « OUI ». Avec un grand effort, elle

écrit à Nadia, à Rome, en lui demandant de prier pour sa santé et de saluer tout les juniors pour l’unité.

Arrivée à l’hôpital, la situation s’aggrave et en peu de

temps, Rosine s’envole pour le Ciel. Son témoignage

de vie, d’amour et de fidélité à Jésus, surtout la

manière dont elle s’est préparée à Le rencontrer, reste fortement gravé dans le cœur de ceux qui l’ont côtoyé.

Chez nous, il est coutume d’accompagner le corps avec quelques dons qu’on met dans le cercueil

comme signe de gratitude. A Rosine on a mit le « dé de l’amour ». Et avant de fermer le cercueil, on a lancé

le dé et c’est sorti “aimer tout le monde”. C’est comme si Rosine encore une fois, nous laissait son cœur et son programme.

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Marie-Ange Menzan

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Nca avril mai 2013  

Nuovelle Cité Afrique Ouest

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