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Édition Spéciale

BOBO-DIOULASSO Un pôle économique en difficulté Séminaire international sur le journalisme dialogique


Sommaire Editorial

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1ÉCONOMIE

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Bobo-Dioulasso, un pôle économique en difficulté «Bobo est en train de mourir économiquement »

2 ACTUALITÉ

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Séminaire international sur le Journalisme dialogique Table ronde sur l’immigration ‘‘Journalisme et immigration’’

3 SOCIÉTÉ

P.9 P.10

P.11

Éducation : La scolarisation des filles en hausse Santé : Le CSPS Guimbi Ouattara, une référence dans la santé à Bobo Religion : Koumi, 83 ans au service de la formation théologique

4 TOURISME

P.11 P.12 P.13

P.16

Bobo-Dioulasso,une ville aux multiples attraits touristiques Le «Chitoumou », un mets aux multiples vertus

5 CULTURE & TRADITION Bobo-Dioulasso, La cité de bon voisinage culturel Le Centre culturel Senoufo

6 SPORT

P.4 P.6

P.16 P.18

P.19 P.19 P.18

P.22

Comment les « bobolais » préparent-ils la coupe du monde Russie 2018 ? Le Le jeu de pétanque à Bobo-Dioulasso

P.22 P.23

Directeur de publication : Michele Zanzuchi Rédacteur en chef : Armand Djoualeu Rédaction : Laboratoire du séminaire international de Bobo-Dioulasso Conception/Graphisme : Urbain GUEU (urbaingueu@gmail.com) Photos : Basile Fotso, Jennifer Oulé, Carlo Montaguti, Kindo Ousseynou, Michele Zanzuchi, Ernest Ardjouma Koné NE PEUT ÊTRE VENDU

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ÉDITORIAL

À QUAND LE CHANGEMENT ?

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ille phare du Burkina Faso. Fierté nationale, ville culturelle, « poumon économique », Bobo Dioulasso semble être à la recherche de son passé d’antan. Elle tente bien que mal de résister au sort qui semble inexorablement l’attendre : son abandon progressif par les pouvoirs publics au profit de la capitale. L’Etat aurait-il décidé de mettre Bobo aux oubliettes ? Nul ne le saura probablement jamais. Un aéroport international, jadis, opérationnel mais aujourd’hui à l’abandon… Que de vestiges qui font grincer beaucoup de dents dans la contrée. Beaucoup regrettent le bon vieux temps où la ville était le centre d’attention du pays. Un chemin de fer, une gare… Bobo-Dioulasso a été la deuxième commune de l’AOF (Afrique occidentale française), après la ville de Saint-Louis au Sénégal. Mais ce n’est pas un phénomène nouveau. Cela fait partie des travers que vivent nos villes africaines. D’abord capitales, ensuite réduites à l’abandon lorsque le pouvoir décide de délocaliser les ministères et autres grands édifices vers une autre localité pour des raisons politique ? C’est notamment le cas du Nigeria qui avait pour capitale Lagos. Puis Abuja. Ensuite le Benin dont la capitale était Cotonou (aujourd’hui Porto-Novo), la

Par Armand Djoualeu (Cameroun)

Côte d’Ivoire dont la capitale était Abidjan (aujourd’hui Yamoussoukro)… A tout ceci s’ajoute une centralisation assez forte du pouvoir qui voudrait que toutes les activités se déroulent dans la capitale. Pourtant Bobo a de quoi bomber le torse. Elle est le vivier, le grenier économique du pays. Et que dire de ses sites touristiques ? Fabuleux ! Elle est la preuve de la cohabitation entre les peuples et les diverses religions. Chrétiens, musulmans et animistes se côtoient sans heurts. La population, essentiellement jeune, est dynamique. Toutefois en mal de liberté. Les dirigeants du continent noir ne réalisent toujours pas l’immense retard de leurs pays en matière d’infrastructures. Tout simplement parce qu’ils ne prennent pas toujours en compte l’intérêt des peuples. Comment se résoudre à laisser tomber des contrées économiques, ses richesses culturelles juste pour satisfaire ses ego ?

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économie

Dossier

Bobo-Dioulasso, un pôle économique en difficulté

Par Kindo Ousseny à Bobo-Dioulasso.

Bobo-Dioulasso, deuxième ville importante du Burkina Faso est présentée comme la capitale économique du pays des « hommes intègres ». C’est la ville en puissance culturelle parce que toutes les manifestations culturelles du pays s’y tiennent selon les autorités municipales. C’est une ville cosmopolite avec une tradition d’hospitalité légendaire. Elle compte une population estimée à 900 mille habitants selon le recensement des populations de 2012. Cette ville jadis, considérée comme l’un des plus importants carrefours économiques contraste avec les réalités du moment.

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L

’industrie de Bobo-Dioulasso qui faisait la fierté de ce pays enclavé par l’absence de port autonome se meurt à petit feu. Selon le député de Bobo Moussa Zerbo, la situation est plus préoccupante qu’elle ne le paraît. « Notre pays est connu comme l’un des meilleurs producteurs de coton de la sous-région ouest africaine. Surtout grâce à sa région ouest où se trouve sa capitale économique. Malheureusement, le Burkina Faso n’a pas la capacité de transformer son or blanc sur place. Et en conséquence, l’exportation de cette matière première ne profite presque pas aux populations du pays », a-t-il déploré. Selon lui, plusieurs usines de la ville ont fermé leurs portes, mettant plusieurs chefs de familles en chômage. « Une usine comme SAVANA qui transformait les fruits et légumes en jus, en purée de conserve « Tomates, confiture…) et dont les produits étaient prisés


Dossier dans la sous-région ne fonctionne plus. La SIFA, première en production de motocyclettes et vélo a disparu. La SOFIPAL Winner peine à se retrouver à cause de 800 millions d’impôts impayés , la liste est longue », a-t-il relaté. Des propos confirmés par le premier adjoint au maire de l’arrondissement 5 de Bobo-Dioulasso, Traoré Ousmane. « Ça fait plus de 20 ans que l’usine SAVANA est fermée, au lieu de travailler à la réouverture de cette usine, les autorités du pays ont préféré installer une autre usine qui fait les mêmes productions ailleurs. Peut-être que c’est une volonté politique, mais la ville de Bobo prêtait mieux en apport d’intrant et de matière première pour la fabrication des produits », a-til corroboré. Au niveau agricole, même si Bobo reste la principale zone de production du pays, plusieurs facteurs concours à la réduction de sa capacité à produire comme par le passé. « Le problème de fertilité des sols se pose. Les superficies cultivables se raréfient. Avec la désertification et la surexploitation des sols, le manque d’engrais, les sols sont devenus pauvres, mais étant donné qu’il n’y a pas suffisamment d’accompagnement dans ce sens, la production connait une basse considérable», a souligné l’élu local. Le grand marché de la ville qui devrait être une

Économie

grande source de revenue pour la commune se trouve être gérée par une structure privée qui ne reverse que 15 millions de francs à la commune par an et cela jusqu’en 2025. Raison évoquée, le marché depuis sa reconstruction par la Banque mondiale 20 ans après son incendie dans le cadre d’un partenariat public-privé doit être géré par ces dernier sur 25 ans afin que ceux-ci puissent rentrer dans leurs fonds.

Une volonté politique peut-elle sauver Bobo? Bobo-Dioulasso a été l’une des plus importantes villes de l’Afrique de l’ouest. Selon Monseigneur Anselme Titiama Sanon, Archevèque émérite, Bobo-Dioulasso a été la deuxième commune de l’AOF (Afrique occidentale française), après la ville de Saint-Louis au Sénégal. Cette ville a été un pôle économique avant même la colonisation. Elle a abrité la première usine textile de l’Afrique de l’ouest et bien d’autres usines de fabrication d’engins à deux roues, de jus, de confiture... Aujourd’hui, cette ville est en train de perdre le prestige qu’il avait depuis des lustres. Selon des personnes que nous avons interrogées, depuis le pouvoir de feu Maurice Gnaméogo jusqu’au président Blaise Compaoré, la deuxième capitale du pays a semblé être négligée au profit de la capitale politique. Tous les investisseurs sont sommés d’aller s’installer à Ouagadougou afin de pourvoir développer la développer. Cela

n’est pas sans conséquence sur l’économie de Bobo dont la zone industrielle se meurt au fil des années. Les usines se ferment les unes après les autres et rien n’est fait au haut niveau pour donner un nouveau souffle à l’économie industrielle. Et pourtant, la région des hauts bassins, reste et demeure la principale zone de production agricole donc des matières premières. A son arrivée au pouvoir, l’actuel président Burkinabé Roch Marc Christian Kaboré a exprimé sa volonté de redonner à Bobo son lustre d’antan en la réhabilitant en tant que capitale économique. Cela s’est traduit par la réhabilitation des rues de la ville, avec du nouveau bitume. Mais certaines décisions du gouvernement semblent contraster avec cette volonté de redonner un nouveau souffle à l’économie locale. Selon le député de Bobo-Dioulasso, une nouvelle usine textile annoncée dans le pays devrait pouvoir donner un nouveau souffle à Bobo, zone de produc-

tion de coton par excellence. Mais le premier ministre du pays, Paul Kaba Tiéba a indiqué que cette usine doit se construire à Ouagadougou. De quoi indigner l’élu qui estime que cette usine mérite d’être implantée à Bobo afin de non seulement résoudre le grave problème du chômage, mais surtout réduire les charges de l’usine avec le coût du transport des matières premières. Autre handicap à surmonter à Bobo, c’est le manque de solidarité entre les commerçants. Ce que dénonce l’Archevêque émérite de la ville. « Même si nos parents ont l’esprit d’entreprise, l’esprit de solidarité fait défaut. Il suffit de se rentre au marché pour s’en rendre compte », a déploré l’homme de Dieu. Pour les autorités locales de la ville, une réelle volonté politique au sommet peut permettre à la deuxième capitale du pays des hommes intègres de retrouver son lustre d’entant.

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Kindo Ousseny

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économie

Entretien avec

Traoré Ousmane, 1er adjoint au maire de l’arrondissement 5 de Bobodioulasso

«Bobo est en train de mourir économiquement…»

Entretien réalisé par Kindo Ousseny à Bobo-Dioulasso.

pas affirmer que Bobo est un grand pôle économique. Depuis quelques années, Bobo a perdu son lustre d’entant. Effectivement c’était un carrefour de l’Afrique de l’ouest qui permettait de faciliter les différentes transactions commerciales. Ce qui faisait la fierté de la population. Mais aujourd’hui, on ne peut pas dire la même chose parce que quand nous prenons le tissu économique de Bobo Dioulasso, nous nous rendons compte que cette ville rencontre de sérieuses difficultés au plan économique. D’abord la zone industrielle. En son temps la plus part des usines du pays étaient installées à Bobo, et quand vous prenez ces différentes industries, aujourd’hui, l’on voit que la plus part des usines sont entrain de fermer.

Et pourquoi ?

Dans cet entretien, le premier adjoint au maire de la commune du cinquième arrondissement de Bobo-Dioualasso, peint un tableau sombre de la situation économique actuelle de la deuxième capitale du Burkina Faso et lance un cris de cours à l’endroit des autorités du pays.

Comment présentezvous la ville de BoboDioulasso à l’étranger qui foule pour la première fois le sol de cette ville ? Bobo-Dioulasso est une ville dite capitale économique du Burkina Faso, c’est la deuxième ville du pays, c’est la ville en puissance culturelle parce que toute les manifestations culturelles du pays se tiennent dans cette ville, c’est une ville d’accueil, elle compte une population estimée à 900 milles habitants selon le recen-

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sement des populations en 2012.

Vous l’avez dit, Bobo est la capitale économique du pays. Elle était également considérée comme l’un des principaux pôles économiques de la sousrégion. Est-ce qu’elle conserve toujours cette position ? Actuellement nous ne pouvons

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Pour plusieurs raison. D’abord il y a le manque d’accompagnement de ces différentes sociétés. Le manque en apport de capitaux pour renouveler les équipements, et c’est également dût à une question de volonté politique probablement. Mais en tout cas, le constat est clair. Bobo est en train de mourir économiquement.

Ces usines qui ferment, sont-elles délocalisée ou bien elles ferment complètement ? Sur la question je dirai qu’elles ferment complétement. Quand vous prenez par exemple la Savana en son temps qui était la première société du pays qui produisait les jus et les boites de conserve de tomate et autres. Ça fait plus de 20 ans que cette usine est fermée, au lieu de travailler à la réouverture de cette usine, les autorités du pays ont préféré procéder à vouloir installer une autre


Entretien avec usine qui fait les mêmes productions ailleurs. Peut-être que c’est une volonté politique, mais la ville de Bobo prêtait mieux en apport d’intrant et de matière première pour la fabrication des produits.

La région de Bobo est connue comme la principale zone agricole du Faso, est ce qu’à ce niveau elle maintient sa position ?

A ce niveau Bobo reste la principale zone de production agricole du pays. Mais cela ne se fait pas sans difficulté. Le problème de fertilité des sols se pose. Les superficies cultivables se raréfient. Avec la désertification et la surexploitation des sols, le manque d’engrais, les sols sont

devenus pauvres, mais étant donné qu’il n’y a pas suffisamment d’accompagnement dans ce sens, la production a diminué mais Bobo maintient sa position de principale zone de production agricole du Burkina. L’agriculture occupe une place honorable dans le développement socioéconomique de Bobo.

Qu’en est-il du fameux marché de BoboDioulasso ?

Quand on m’interroge sur le marché le fameux de Bobo, j’ai un pincement au coeur. Souvenez-vous que le marché de Bobo a brulé il y a 20 ans de cela. Nous avons entrepris la construction d’un marché moderne. Depuis lors les commerçants y sont tant bien que mal. Ils ont connu d’énormes pertes. Les gens cachaient leur argent au marché au lieu d’aller le garder dans les institutions financières. Ils ont perdu des sommes colossales. Au moment de la reconstruction de ce marché, beaucoup de commerçants n’ont pas accepté le principe en vigueur et ont refusé de souscrire pour les magasins et ce sont des personnes qui ne sont pas commerçantes qui ont acquis ces magasins qu’elles souslouent aux commerçants. C’est ça aussi l’une des difficultés du marché

de Bobo. Egalement dans le contrat de la construction du marché, il faut dire que c’était une sorte de partenariat public-privé. Puisque la banque mondiale construisait le marché avec l’apport des différents commerçants. Le marché allait être géré par un promoteur sur 25 ans avant d’être rétrocédé à la commune de Bobo-Dioulasso. Si je ne me trompe pas c’est en 2025 que ce marché sera rétrocédé à la commune.

Pendant ce temps vous

économie

faites quoi pour rentrer dans vos recettes ?

C’est justement pour ça je disais que j’ai un pincement aux coeurs. Parce que cette gestion, Si c’était un vrai PPP, je crois que la commune allait bien profiter. Mais dans ce contrat, c’est seulement 15 millions que la société reverse à la commune par tranche de 03 millions par mois ensuite le reste. C’est une difficulté majeure. En début de ce mandat, nous avons entrepris des démarches auprès de la société qui gère le marché. Elle a promis faire des efforts pour apporter des améliorations, mais jusque-là c’est la même somme qui est reversée à la commune. A côté de cela il y a tellement de problèmes entre le comité de gestion du marché et la structure chargée également de gérer le marché.

A vous entendre, il y a assez de problème au plan économique ici à Bobo. Est-ce que le gouvernement entreprend des actions pour relancer l’économie dans la ville ? On ne peut pas dire qu’il n’y a pas d’effort. Mais ce qu’il faut reconnaitre, c’est que le gouvernement a un tant soit peu abandonner Bobo-Dioulas-

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économie

Entretien avec

‘‘Des usines sont en train de fermer’’

Ces dernières années, le gouvernement a entrepris la réparation de certaines anciennes routes. Mais par de construction de nouvelles routes et Bobo reste un parent pauvre en matière de voirie. Il y a assez de problème en matière de route. Ça fait plus de 10 ans que nous n’avons pas connu de construction de nouvelle route dans la deuxième capitale de notre pays. Et beaucoup reste à faire.

Au regard de tout ce que vous avez dit, y a-t-il de quoi espérer ou désespérer quant à l’avenir de l’économie de Bobo-Dioulasso ?

so. Parce qu’aujourd’hui Ouagadougou est en train de prendre la place économique de Bobo. Vous voyez, toutes les sociétés s’installent à Ouaga, des sociétés anciennement installées ici délocalisent au profit de Ouaga. Quand de nouvelles sociétés arrivent, elles s’installent à Ouaga. Le gouvernement n’entreprend rien pour aider les usines en difficulté à se relever. Pire, il n’entreprend rien pour relancer ces sociétés. Il y a des efforts mais ce n’est pas suffisant. Il faudrait que le gouvernement s’y mette davantage pour que l’économie de Bobo puisse se relever. Et c’est dans l’intérêt du gouvernement. Parce que cette question crée beaucoup de problèmes aux fils de la région. Et de plus en plus le régionalisme est en train de prendre le dessus sur le réalisme. Et donc il va falloir que le gouvernement s’y penche pour que la ville de Bobo retrouve son lustre d’en tant.

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Au niveau de la mairie, que faites-vous pour redresser la barre ? A ce mandat nous avons entrepris de désengorger l’actuel marché qui est trop encombré. En cas d’incendie, les pertes seront énormes. C’est pourquoi nous avons initié la construction de marchés périphériques dans les différents arrondissements et secteurs. Ce qui va booster un peu notre économie. En plus de cela, la commune a accompagné le gouvernement dans l’obtention d’un site pour aménager une nouvelle zone industrielle en plus de l’ancienne. Toujours dans ces initiatives, nous sommes en partenariat économique avec le canada pour oeuvrer au relèvement de l’économie de notre commune.

Qu’en est-il des infrastructures routières ?

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Je veux dire les deux à la fois. Il faut espérer parce que la mairie a compris qu’il faut s’y mettre pour relever le défi. Mais la commune à elle seule ne peut pas relever ce défi si elle n’a pas un accompagnement sérieux de la part du gouvernement. Il va falloir que le gouvernement se penche sérieusement sur la question économique de Bobo-Dioulasso parce que cette question est en train de prendre une autre tournure et ce n’est pas dans l’intérêt de notre pays. Je voudrais par cette occasion faire remarquer que cette question cruciale de l’économie de Bobo que vous soulevez permettra de poser le problème pour que les autorités compétentes puissent prendre en compte les préoccupations de Bobo. Cette question économique doit s’entendre forcement par l’amélioration du tissu social dans cette ville. Ça va permettre la création d’emploi au profit des populations de Bobo. Ça va permettre que l’argent circule dans cette ville. Ç’est un cri de coeurs à l’endroit de nos gouvernants de se pencher sur cette ville. Si nous prenons l’histoire, nous savons ce qu’elle valait pour le Burkina Faso. Il faudrait qu’on redonne à cette ville cette valeur, son lustre d’entant afin que tout le Burkina puisse connaitre un élan de développement. Cela va à coup sûr contribuer à recoller le tissu social qui est en déliquescence dans notre pays.


Journalisme

Actualité

Séminaire international sur le Journalisme dialogique

Par Geneviève O. Diallo (Bamako-Mali)

Un séminaire international sur le journalisme dialogique s’est tenu du 9 au 13 juin dernier à Bobo – Dioulasso au Burkina Faso.

L

a formation, organisée par le journaliste et écrivain italien Michele Zanzucchi, le Dr. Carlo Montaguti (un médecin italien féru de communication), assistés par des journalistes venus du Benin, du Cameroun, et de la Côte d’Ivoire, a vu la participation d’une cinquantaine de personnes de plusieurs nationalités. Le lieu choisi pour l’événement était le Centre Abel Sanon (CAS). Plusieurs journalistes professionnels et des étudiants en journalisme et/ou communication ont fait le déplacement de Bobo-Dioulasso. Des nationalités diverses comme le Mali, le Burkina Faso, le

Niger, le Burundi, la Côte d’Ivoire, le Cameroun. La formation consistait à approfondir les connaissances des participants sur les différentes techniques du journalisme dialogique qui consiste à avoir un aperçu des différents mediums de la communication et de leur utilisation. Il y a eu la présence de nombreux professeurs compétents durant cette formation. Un des événements les plus attendus était la table ronde du 10 juin. Le thème portait sur le « journalisme et immigration ». Elle a été rythmée par de nombreuses interventions des personnes qui ont vécu ou assisté à ce « drame international ». L’immigration est un phénomène qui prend de plus en plus d’ampleur dans le monde. Une formation qui met en exergue ce phénomène et essayer de sensibiliser les acteurs de médias sur la question est une action salutaire. Lors de ces échanges autour de la migration, les participants ont partagé la situation migratoire de leur pays respectifs. Pendant toute la formation, il a aussi été question d’aborder des sujets tels que : les principes de l’écriture à la presse écrite à la radio, sur le web ainsi que dans l’audiovisuel, le langage journalistique et aussi les genres journalis-

tiques. Grâce à cette initiative, beaucoup de participants ont pu comprendre que le phénomène migratoire est un problème qui concerne tout le monde. Y compris les journalistes. Ces derniers doivent dialoguer, échanger entre eux afin de trouver des solutions pérennes à ce fléau. Pour Moussa de la Côte d’Ivoire, « ce séminaire fut très enrichissant développant les règles fondamentales des genres journalistiques ». Et pour Sonia : « cette formation est à venue à point nommé parce j’exerçais le métier sans formation ». Basile (Cameroun) affirme : « cette session de formation est tombée comme une providence et je ne peux que m’en réjouir ». Pour beaucoup de participants, les différents genres journalistiques étudiés ont été d’un grand apport sans oublier les sorties sur le terrain qui ont permis de se confronter à la réalité du journaliste. En somme, un satisfecit total. Pour les professionnels des médias ayant pris part à la formation se disent avoir exploré l’univers médiatique ainsi que la place capitale que jouent les médias dans nos sociétés respectives.

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actualité

Table ronde sur l’immigration

Journalisme et immigration Par Armand Djoualeu (Cameroun)

Le deuxième jour du séminaire sur le « journalisme dialogique » a donné droit à une table ronde dans la salle de rencontre du Centre Abel Sanon.

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ans une salle presque pleine composée de plusieurs nationalités, le journaliste et écrivain Michele Zanzucchi et ses collaborateurs qui assurent la session de formation ont débattu sur un phénomène pas du tout nouveau mais encore et… toujours d’actualité : l’immigration. Un constat fait froid dans le dos : il y a «  60 millions de migrants dans le monde  » selon monsieur Zanzucchi. Beaucoup de migrants ont fait le choix de quitter leurs pays pour diverses rai-

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sons. Certains se sont fait tromper après qu’on leur ait proposé du travail dans des contrées lointaines et dangereuses comme le Liban ou le Qatar entre autres. « Ailleurs semble toujours être meilleur  » comme le dit si bien Guy Constant, journaliste béninois. Mais il peut arriver que des populations soient obligées de fuir lors de conflits armés. Au Cameroun, il existait depuis les années 1970 des migrants venus du Nigeria et du Ghana voire même du Benin, du Burundi et du Liberia. Les Nigérians avaient dû s’enfuir et se réfugier dans le pays à cause de la guerre du Biafra. Et progressivement se sont installés dans les grandes villes comme Douala et Yaoundé. Mais depuis la résurgence des conflits dans le nord du pays, dans les régions du sud-ouest et du nord-ouest et l’est, il n’est pas rare de voir beaucoup de camerounais s’en aller sous d’autres cieux… avec des moyens de fortune. Et quelle est donc la place des journalistes dans des tragédies de cet ordre ? Quelle est leur part de responsabilité ? On ne devrait plus parler du phénomène migratoire juste comme un fait divers banal. Les journalistes devraient avoir de la «  hauteur  », ils devraient collaborer à la recherche des solutions comme l’explique M Zanzucchi. Si le curé de la cathédrale de Bobo-Dioulasso interroge la responsabilité de l’Etat

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( quelles mesures exemplaires et fortes prennent les pouvoirs politiques pour que des images dégradantes de migrants battus, torturés, déshumanisés ne soient plus qu’un lointain souvenir et que les coupables soient punis ?), le représentant du vicaire général quant à lui appelle à l’éveil des consciences des journalistes car selon lui, ces derniers se comportent généralement comme des êtres à part qui ont juste le devoir de rapporter des faits tout en refusant de prendre part aux débats sérieux. Les journalistes sont de plus en plus des «  lanceurs d’alerte  » en Afrique. Obéissant progressivement à la logique qui voudrait qu’un dialogue soit institué entre les politiques et le peuple. Et que les journalistes soient des médiateurs sinon des acteurs de la vie. Au Cameroun par exemple, les journalistes et autres blogueurs n’ont pas hésité à fustiger les autorités sur le sort de leurs compatriotes en danger en Libye. Calculs politiques ou pas, les appels de détresse ont été entendus par l’Etat… Les journalistes ont aussi réalisé toute l’étendue de la puissance du « 4è pouvoir » lorsque des vols spéciaux ont été affrétés pour exfiltrer les camerounais bloqués en République Centrafricaine pendant le conflit sanglant de 2013 après que des journalistes se soient mobilisés et interpellés l’Etat. C’est une avancée louable de la part des gouvernants bien que cela ne règle pas le problème général.


écoles

société

Education à Bobo-Dioulasso

La scolarisation des filles en hausse

Par Cheick Bakayoko et Catherine Mendy

Le taux descolarisation de la jeune fille est de plus en plus en hausse dans la province du Houet dont le chef-lieu est la ville de Bobo-Dioulasso contrairement aux années antérieures. Cela, grâce à plusieurs actions de sensibilisation sur le terrain mais aussi grâce à la mise en place de nouvelles politiques d’orientations.

C

ette amélioration notable occasionne cependant une situation de sureffectif des élèves dans les salles de classes dans les différentes écoles. Rencontré à son bureau le lundi 11 juin 2018, TRAORE Souleymane, agent de service des statistiques à la Direction régionale des enseignements post-primaires et secondaires de Bobo-Dioulasso a indiqué que la situation est préoccupante.« Actuellement quand nous collectons les données, nous voyons dans beaucoup de départements de villages que le nombre des filles dépasse le nombre des garçons », dit-il. Cependant, il fait remarquer que cette amélioration du taux de scolarisation de la jeune fille entraine une situation de sureffectif dans les écoles.

A cela s’ajoutent d’autres difficultés. « Il y a d’abord le manque d’infrastructures. Quand vous regardez notamment pour la ville de Bobo le grand centre, il y a insuffisance d’établissements. En plus de ces difficultés infrastructurelles, Le personnel d’enseignants et d’encadrement fait défaut. Pire encore, ces enseignants vont intervenir comme vacataires dans des établissements privés». Toute chose qui agit sur la qualité de l’enseignement. Par ailleurs, il fauter rappeler que pour des raisons diverses, certaines filles se font engrosser. D’aucuns soutiennent qu’en ville, le manque de soutien des parents et le manque de moyens financiers sont les raisons qui entrainent les filles dans cette triste réalité. D’autres par contre pensent qu’au village il s’agitd’un problème de culture ou encore de coutume.Certaines jeunes fillessont précocementpromises en mariage. Ce qui ne leur laisse pas lechoix de poursuivre les études. D’après notre interlocuteur,pour un meilleur résultat à l’école, il appartient à l’Etat de mener encore plus de compagnes de sensibilisation mais aussi de construction des infrastructures de bases et recruter un nombre considérable de personnel enseignant et encadreurs. Kibaruya Magazine

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société

Santé

Le CSPS Guimbi Ouattara: une référence dans la santé à Bobo

S

Connu comme « maternité isolée » depuis 1966, elle est depuis 2003 devenue le centre de sante de promotion sociale Guimbi Ouattara. Située en plein cœur de la ville de bobo, le CSPS Guimbi Ouattara couvre plus d’une dizaine de secteurs. Disposant d’une grande notoriété à cause de son histoire, il offre des services de qualité qui attirent des patients de tous les coins de la ville.

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elon les propos recueillis de l’infirmier chef adjoint Responsable du dispensaire M. Issa DAO, ledit centre fonctionne 24H/ 24 avec un personnel composé de 52 agents dont 44 étatiques et 8 communautaires ; les consultations sont assurées par des infirmiers généralistes épaulés par d’autres agents de sante dans le côté prévention et vaccination. Le centre reçoit entre 50 et 60 patients par jour. D’après ses analyses, le paludisme (dépisté par le test rapide) est le premier motif de consultation et après les maladies respiratoires des enfants s’alignent en deuxième position. Depuis 2003, à la maternité s’ajoute le dispensaire et actuellement le centre dispose de deux salles de consultations, l’une pour les enfants et l’autre pour les adultes, mais parfois une autre salle s’ajoute à la besogne. Les patients interviewés se disent satisfaits de l’accueil et de la qualité des soins, mais se plaignent de la lenteur de la prise en charge vue l’affluence des patients. En se rendant à la maternité, une sage femme nous fait savoir que le centre enregistre plus de 100 accouchements par mois et que les femmes sont en général des habituées du centre ayant suivi des consultations prénatales. Le CSPS Guimbi Ouattara est une véritable référence dans la sante à Bobo. A la fin, le Responsable SOME Emmanuel nous présente les statiques qui prouvent que le centre atteint et dépasse les objectifs fixés. Bravo au Centre  Guimbi Ouattara! La rédaction de KIBARUYA vous souhaite bonne continuation et espère une réduction du temps d’attente des patients. Par DIALLO Geneviève, MONTAGUTI Carlo, SARRA Myriam Assetou.


Religion société

A la découverte du grand séminaire de Koumi à Bobodioulasso

Le Grand Séminaire Saint Pierre Claver de Koumi a été fondé en 1933 et ouvert en 1935 dans le prolongement du Petit Séminaire de Pabré (situé au nord de Ouagadougou) qui l’a abrité durant fdeux ans. Pendant cette période, les évêques ont cherché le site et les fonds pour construire un grand séminaire. Koumi est donc retenu parce que la région de Bobo était « centrale et saine ».

83 ans au service de la formation théologique

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Par Abbé Roland SAWADOGO (Grand séminariste de Koumi, Burkina Faso)

oumi est un petit village situé à une quinzaine de kilomètres de Bobo-Dioulasso. Le grand séminaire (GSK), est alors inauguré en 1935 et est placé sous le patronage de Saint Pierre Claver, apôtre des esclaves noirs. A son inauguration, le séminaire était prévu pour desservir toute l’Afrique de l’Ouest, depuis le Mali jusqu’au Ghana. En plus de Saint Pierre Claver, premier patron du Séminaire, deux autres Saints veillent sur la cité OLAF à savoir, Sainte Thérèse de l’enfant Jésus et Saint François Xavier. En 1935, ils étaient 6 Grand séminaristes à arriver de Pabré à Koumi avec leurs formateurs. En 1942, trois premiers prêtres (Abbé Zacharie Nikiema du diocèse de Koupéla, Abbé Paul Zoungrana et abbé Joseph Ouédraogo, tous deux du diocèse de Ouagadougou) sont ordonnés à Koumi. Les archives du séminaire conservent

des noms illustres comme ceux du Cardinal Paul Zoungrana (Archevêque de Ouagadougou), de feu le Cardinal Bernard Yago (Archevêque d’Abidjan), du Professeur Joseph Ki-Zerbo (premier agrégé d’histoire du Burkina Faso) etc... Le grand Séminaire était alors la seule Ecole Supérieure de tout le Burkina Faso, anciennement appelé Haute-Volta. En l’année sacerdotale 2015-2016, année du Jubilé des 80 ans de Koumi, de nouvelles statistiques font état d’environ 1520 jeunes accueillis et formés dans cette pépinière depuis 1935. Parmi eux, environ 999 ont reçu effectivement la grâce du sacerdoce et les autres ont constitué le vivier des premiers bâtisseurs locaux de notre pays et de nombre d’autres pays de la sous-région ouest-africaine. Le centre de Koumi, a donné naissance à trois autres Grands Séminaires : Saint Jean-Baptiste de Wayalghen à Ouagadougou (1977)*, Saint Kibaruya Magazine

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société Religion

Augustin de Samaya en 1985 (Bamako, Mali)* et, enfin, en 1997, Saint Pierre-Saint Paul de Kossoghen (Ouagadougou)

La formation au GSK comporte quatre dimensions La dimension humaine prend en compte tout ce qui peut contribuer à faire des jeunes candidats au sacerdoce des hommes «  accomplis  », dotés d’un bon tissu humain… elle est le fondement de toute formation sacerdotale. Car, le séminariste est d’abord un homme, un homme qui doit se sentir bien aussi bien dans son corps que dans son esprit. Cela passe par un certains nombres d’activités telles le sport, le travail manuel, le divertissement etc…

Le Sport:

Il fait partie intégrante de la vie du séminaire. Trois disciplines majeures sont pratiquées à savoir, le foot-ball, le basket ball, et le volley ball. 4 jours sur 7 sont consacrés au sport. Une autre activité non moins importante que le sport est le travail manuel. Le travail manuel permet l’entretien des locaux et le nettoyage de la cour interne. Ensuite il est exploité dans le cadre de l’auto prise en charge du Séminaire. La vie communautaire est aussi un tremplin d’épanouissement humain pour les séminaristes. Pour cela, des moments de divertissements sont organisés au séminaire tels que : des soirées récréatives, des séances de projection de films, et le partage fraternel de la table au réfectoire…

La dimension spirituelle

Elle vise à faire des séminaristes, des hommes de Dieu caractérisés par leur esprit de piété, de bonté et de sainteté… la chapelle est le lieu par

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excellence de la vie spirituelle de notre maison. La communauté y va au moins 3 fois par jours. Pour prier les offices des laudes, du milieu du jour, des vêpres, et pour célébrer la messe. La chapelle a été bénie en 1960 par Mgr Paul Zoungrana alors tout nouvellement élu et consacré Archevêque de Ouagadougou en remplacement de Mgr Emile Socquet, atteint par la limite d’âge… vous l’aurez remarqué, la chapelle a la forme d’un navire. Elle représente le navire négrier dans lequel Saint Pierre Claver rencontrait, soignait et évangélisait les esclaves noirs. Le deuxième lieu de prière par excellence où se retrouve régulièrement toute la communauté est la grotte mariale. Elle a été construite dans les années 1940 par les tous premiers séminaristes. Foi et raison sont deux réalités qui s’appellent mutuellement pour s’éclairer réciproquement. Ainsi, de même que le spirituel éclaire l’intellectuel, la formation intellectuellement vient en renforcement du domaine spirituel et permet aux étudiants d’entrer en intelligence de leur foi par l’exercice rationnelle de leur potentiel intellectuel.

La dimension intellectuelle

Elle ambitionne de produire des guides éclairés capables de transmettre au Peuple la saine doctrine, de l’exposer et de la défendre… Dans le but de renforcer les capacités intellectuelles, Le grand Séminaire est doté d’une salle d’ordinateurs qui facilite les travaux de recherche et des saisies, d’une grande bibliothèque qui, signalons-le, fait partie des meilleures bibliothèques du pays avec plus de 30 000 volumes et même... d’un studio d’enregistrement. Tous les trois niveaux de la formation sacerdotale évoqués ci-dessus ont tous pour vocation d’enrichir le bagage pastoral du futur prêtre.

La dimension pastorale

Son objectif de proposer à l’Eglise des jeunes animés de la charité pastorale du Christ, des gens qui aiment ce monde et sont motivés par un grand désir de contribuer à le sauver… Au séminaire, les candidats au sacerdoce sont déjà entrainés à cultiver en eux, un esprit missionnaire de sorte qu’ils soient auprès de leurs frères et sœurs… des témoins d’espérance et de la miséricorde de Dieu. Cette formation pastorale qu’ils exercent est une « école » où les séminaristes prennent déjà goût à leur ministère futur. Koumi a désormais 83 ans !!! Malgré le poids de l’âge, il fournit encore des prêtres pour le diocèse. Le grand séminaire de Koumi, c’est l’espoir de l’Eglise. On y forme des hommes de Dieu, des hommes « dignes » et « intègres » pour la nation Burkinabé.


religion société

Le dialogue interreligieux à Sya, véritable ferment de paix

Par Abbé Roland K. SAWADOGO (Burkina Faso)

Aujourd’hui plus que jamais les idéaux de paix sont menacés au Burkina Faso comme partout ailleurs dans le Sahel. La cohabitation entre les peuples et les communautés religieuses est mise à mal par la pauvreté, la méfiance mais surtout par le terrorisme.

A

Sya (autre appellation de Bobo-Dioulasso), un des moyens mis en place dans le processus de la recherche et de préservation de la paix est l’effort des chefs religieux à se tendre la main pour vivre en frères. L’abbé Emile SESSOUMA, secrétaire de l’Archevêque de Bobo,affirme que : «  l’objectif global du dialogue interreligieux est la recherche de la paix. Aller au-delàde la coexistence pacifique, pour construire des relations vraies et fraternelles  ».Selon lui, à ses

débuts, le dialogue a souffert d’une certaine timidité de la part de certains groupes religieux. Ila fallu du temps et beaucoup de patience pour que le dialogue interreligieux rassemble enfin les chrétiens, les musulmans et les adeptes de la religion traditionnelle.

Comment se manifestent concrètement les actionsde rapprochement entre les communautés religieuses ? Des actions sont menées entre les croyants de différentes confessions religieuses. Les communautés religieuses se soutiennent fraternellement dans la prière et la proximité humaine. Ainsi, lors de la fête de la Tabaski (fête du mouton) par exemple, l’Archevêque de Bobo écrit à la communauté musulmane pour un souhait fraternel de bonne fête et lorsqu’il le peut, fait le

déplacement à la mosquée pour participer à la prière. De l’autre côté, les autres confessions religieuses font de même. Pour l’abbé Sessouma, « c’est un bon témoignage de vie fraternelle ». Enfin, il y a la médiation lors de certains conflits afin de rechercher la paix et la cohésion sociale. Selon Monsieur Sanou Seydou, guide à la mosquée du Dioulassoba, le dialogue interreligieux« est une bonne chose surtout au Burkina » parce qu’il est « chemin de paix et de cohésion sociale ». Au Burkina Faso, le dialogue interreligieux est un gage de paix.Les gouvernants y ont recours le plus souvent pour prévenir les conflits. Ce dialogue est important pour les populations de Bobo. Les familles l’ont bien compris. Elles qui déjà, de par leurs origines multiculturelles, sont des écoles ou laboratoires du dialogue entre confessions religieuses diverses.

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Tourisme sites touristiques

Bobo-Dioulasso, une ville aux multiples attraits touristiques De Cheick Bakayoko (Côte d’Ivoire)

Bobo-Dioulasso ou encore Sya, la capitale économique du Burkina Faso regorge de nombreux attraits touristiques qui ne laissent personne indifférent tant par l’originalité et l’antiquité de ces lieux mais aussi par leur beauté architecturale.

La mosquée centrale de BoboDioulasso Située derrière la mairie centrale de la ville au quartier Dioulassoba, la mythique et séculaire mosquée de Bobo-Dioulasso est bâtie sur une superficie d’environ 1000 m². Construite à l’aide des matériaux locaux notamment en terre cuite et des bois, l’architecture de cet édifice dédié à Allah, lui confère un aspect orignal et unique en son genre. Mieux, elle se démarque des mosquées d’inspiration arabo-musulmane beaucoup plus modernes. Ce qui lui permet d’ailleurs d’enregistrer un nombre important de visiteurs chaque année.

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Actuellement en pleine réhabilitation (l’édifice a été construit il y a près de 135 ans), les travaux de rénovation - estimés à 500.027 000 francs CFA (762 286,247 euros) - qui ont débuté en décembre 2017 sont arrêtés depuis un mois suite au manque de financement. Une levée de fonds a été organisée afin de faire participer tous les ressortissants de la région à sa concrétisation. Selon Sanon Zakaria, guide touristique et fidèle de ladite mosquée, la rénovation de leur mosquée est une aubaine car elle représente un symbole. « C’est un sentiment de joie qui nous anime depuis le début des travaux jusqu’à son arrêt temporaire dû à un problème financier. Cette mosquée est un symbole pour nous car nous l’avons trouvée


Sites touristiques tourisme là. Il donc important qu’on s’attelle à la réhabiliter pour que nos enfants puissent également la voir. D’où la nécessité de la levée de fonds et de la soirée de gala organisée dernièrement afin de mobiliser les ressources », confie-t-il. Tout en précisant que l’imam a formellement interdit de l’argent issu des jeux hasards et la loterie. C’est donc une communauté musulmane visiblement très motivée et mobilisée qui met tout en œuvre pour que leur rêve devienne une réalité.

La maison de la culture. Située au Rond-point de l’arrondissement de Dafra au quartier Sarfalao, s’étend un joyau architectural dédié à la promotion de la culture : la Maison de la culture de Bobo-Dioulasso. Elle a été construite pour combler le déficit en infrastructures dédiés à la culture. Selon Sitélé Romaric Sanou, le guide, les travaux de construction du bâtiment, qui ont coûté 6 milliards de francs (9.146.941 euros) à l’État burkinabè, ont démarré en 2010 et se sont achevés en 2012. Inauguré le 24 mars 2012, l’édifice sera baptisé la Maison de la culture Monseigneur Anselme Titianma Sanon le 11 décembre 2015, par le mi-

nistre de la culture et du tourisme, Jean Claude Dioma. Un bel hommage pour les efforts consentis par l’évêque émérite en faveur de la promotion de la culture locale. Elle est constituée d’une salle de conférences et/ou de spectacles climatisée de 1500 places assises, de 5 salles de commission dont 3 de 200 places et 2 de 100 places. Sa grande salle de spectacles, d’une capacité de 1500 places assises, porte le nom de Sotigui Kouyaté, artiste comédien, metteur en scène et musicien. Les autres salles Rouge, Verte, Grise, Bleu et la salle d’exposition, portent des noms d’autres illustres artistes malheureusement disparus. Une manière peut-être de l’Etat de se racheter auprès de la population lasse d’être « oubliée ». Kibaruya Magazine

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Tourisme Art culinaire

Le «Chitoumou », un mets aux multiples vertus

Par Jennifer OULE

Le plat de chenilles de karité appelées chitoumou en langue dioula, est un repas très prisé dans la ville de Bobo-Dioulasso. Cependant ce mets populaire, riche en protéines et autres vertus tend à se raréfier.

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es chenilles contiennent de la vitamine A capable d’intervenir non seulement dans la croissance des os, la synthèse des pigments de l’œil, mais aussi pour les infections de la peau. Selon Dr Justin TIENDREBEOGO pédiatre, la consommation des chenilles est recommandée dans l’alimentation infantile car elles contiennent du fer, des protéines qui seraient nécessaires à la croissance des enfants. En effet, on peut utiliser la poudre de chenilles pour enrichir leur bouillie ou leur soupe. En ce qui concerne les adultes, la chenille est régulatrice de la tension artérielle, elles leur fournissent des protéines indispensables au bon fonctionnement de l’organisme. La consommation des chenilles est un produit à encourager.

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C’est dans ce sens que l’Association pour l’Epanouissement de la Commune de Bobo-Dioulasso (AECB) organise chaque année à la même période, une journée consacrée à l’exposition des différentes recettes de « chitoumou ». L’objectif visé par l’association est de promouvoir les mets à base des chenilles de karité dans les grands restaurants et les hôtels du pays. En plus, la notion de protection du karité (arbre) et le progrès dans le domaine économique de la fête au profit des vendeuses est non négligeable. Pour promouvoir les bienfaits des produits dérivés de la transformation des chenilles, l’AECB récompense les meilleurs participants lors d’une fête avec différentes primes comme les trophées de chenilles d’or, d’argent et de bronze.

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Recette de chitoumou sauté Ingrédients 1 poignée de chitoumou (chenilles de karité) 3 tomates 2 oignons 3 cuillerées à soupe d’huile Préparation -Tremper les chenilles dans de l’eau chaude et laisser ainsi pendant deux heures ; -Les nettoyer à l’eau froide ; -Lavez les tomates et les oignons et coupez-les en lamelles ; -Faire chauffer l’huile dans une casserole, y ajouter tomates, oignons et faire rissoler quelques minutes ; -Saler et ajouter les chenilles, laisser mijoter à feu doux pendant trente minutes ; Servi avec du pain ou du riz, vous vous régalerez. Bon appétit !


A la rencontre

culture & Tradition

Bobo-Dioulasso, La cité de bon voisinage culturel

Bobo-Dioulasso, deuxième capitale économique du pays des hommes intègre, est vue comme un hub culturel pour tout le pays. Cela a été favorisé selon des autorités interrogées par la tolérance culturelle de peuple autochtones. Par Kindo Ousseny à Bobo-Dioulasso

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epuis 2012, la ville de Bobo Dioulasso a été décrétée par les autorités Burkinabés comme la capitale de la culture. Cette volonté politique s’est traduite par la construction de la Maison de la culture de Bobo. Un édifice construit à hauteur de 06 milliards de francs Cfa et baptisé le 11 décembre 2015 au nom de l’Archevêque émérite de Bobo-Dioulasso, Monseigneur Anselme Titiama Sanon, homme de culture convaincu. Selon Sitélé Romaric Sanon, membre du personnel de la maison de

la culture, l’ouvrage a été inauguré le 24 mars 2012 par le premier ministre d’alors, Luc Adolphe Tiao. Il est constitué d’une grande salle de spectacle de 1500 places, de 05 salle de commission dont 03 de 200 places et 02 de 100 places ainsi qu’un espace de jeux et de spectacles avec des salles de production et d’exposition pour les artistes. Bobo Dioulasso est la ville où la culture de l’autre est respectée. L’archevêque émérite de la deuxième capitale du Faso a d’ailleurs été le premier homme de Dieu à accepter des masques au sein de la cathédrale de l’archidiocèse de Bobo. Le faisant, l’homme a juste selon lui faire respecter cette culture de tolérance culturelle qui caractérise le peuple Bobo qui depuis des siècles a accueilli sur son sol des Yorouba, des haoussa du Nige-

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culture & Tradition

A la rencontre

ria, des wobè venus de la Côte d’Ivoire. Véritable bibliothèque vivante, Monseigneur Enselme Titiama Sanon nous a renseignés sur l’histoire des silures, Symbole de la ville de Bobo, qui date du 17ème siècle selon la tradition orale. Les Silure sacrés de Diafra se confondent à l’histoire du peuplement de Bobo. « Ça fait plus de 17000 ans que ces Silures existent. Nos ancêtres les ont trouvés là. Ces Silures sont conservés dans un premier temps pour protéger l’environnement. Parce que là où il y a des silures, il y a toujours de l’eau, donc des arbres. Nos parents les vénèrent et les adores depuis des milliers d’année  », a révélé l’homme de Dieu. «  Ces silures sont sacrés parce qu’il était là avant que ce village ne soit fondé. Nous les vénérons et nous les respectons. Parce que là où ils sont il y a toujours de l’eau parce qu’ils ont la spécialité de forer le fond des cours d’eau pour trouver des abris », a-t-il relevé. Le premier adjoint au maire de Bobodioulasso, Ousmane Traoré a quant lui a indiqué que ces silures sont considérés comme des ancêtres du peuple de Diafra. C’est pourquoi l’Archevêque émérite de

Bobo a souligné que depuis l’administration coloniale, quiconque tue un silure est passible de poursuite judiciaire. Ce qui a contribué à la protection et à la préservation de ces poisons sacrés. En dépit de tout cela, les populations de Diafra ont accepté la construction de la grande mosquée de Dioulassoba, également l’un des symboles de la ville de Bobo bâti depuis des siècles. Cette proximité de l’édifice religieux avec la rivière sacrée n’a jamais gêné la bonne cohabitation entre les peuples. Les « Bobolais » ont une culture de masque à l’image de ceux de l’ouest ivoiriens ou du pays Senoufo au nord de la Côte d’ivoire. Ici, les masques appartiennent au village et seuls les initiés sont chargé de l’animation de ces masques et connaissent leurs secrets. Contrairement à ces peuples, quand on progresse vers le pays sénoufo ou le nord du pays, les masques appartiennent à des confréries. Et participent à l’animation culturelle du pays.

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musée

culture & Tradition

Le Centre culturel Senoufo Par Cheick Bakayoko (Côte d’Ivoire)

Depuis avril 2005, il existe à Bobo-Dioulasso, un centre de recherche pour la promotion et la sauvegarde de culture sénoufo. Situé en périphérie, sur la route de Nasso, ce centre dont la vocation est la sauvegarde des valeurs culturelles sénoufo, est dirigé par l’Abbé Mathieu Traoré.

S

on architecture ne laisse personne indifférent. Des murs couverts de peintures représentant différentes facettes de la culture sénoufo (masques, rites funéraires ou de mariage, scènes de la vie quotidienne...), l’extérieur du centre donne tout simplement envie de voir l’intérieur. Le centre culturel sénoufo de Bobo est une antenne du centre-mère basé à Sikasso. Selon l’Abbé Mathieu Traoré, tous les deux centres sont l’œuvre d’un prêtre italien, le Révérend Père Emilio Escudero qui, pour avoir vécu pendant plus de 40 ans en milieu sénoufo, a été témoin de la dégradation de cette culture. Pour témoigner sa reconnaissance à ses hôtes, il a voulu apporter sa pierre à la valorisation et à la protection de la

culture de ce peuple qui l’a si bien accueilli. C’est ainsi qu’est née l’idée d’un centre de recherche pour la promotion et la sauvegarde de la culture sénoufo. Celui de Sikasso a vu le jour en avril 2004, suivi une année plus tard, de l’antenne de Bobo. Les deux structures sont complémentaires selon l’Abbé Traoré. Le centre de Sikasso effectue des travaux de recherche sur le terrain, en faisant la collecte des informations auprès des anciens du terroir sénoufo, tandis que l’antenne de Bobo a pour mission de traduire en langue française, les résultats des recherches et de les publier sous forme de fascicules. Pour une plus large diffusion, un projet de création d’un site Web est en cours de réalisation. Après deux années d’existence, l’on en est toujours au stade de la traduction. Le centre de Bobo a également initié la réalisation de monographies sur les villages sénoufo du Burkina. Ces monographies concernent l’histoire de ces villages, leur organisation sociale et les infrastructures de développement dont ils disposent. Pour l’Abbé Traoré, le premier objectif recherché est de fixer la mémoire des villages sénoufo, « mais au-delà, nous voulons permettre aux partenaires au développement qui

veulent aider ces villages, de savoir ce dont ils ont besoin ». Au départ, le but de la démarche du père Emilio Escudero était seulement de mettre sur écrit la tradition orale sénoufo. Mais en sillonnant les villages, les chercheurs du centre sont tombés sur des pièces rares qui, si elles ne sont pas bien conservées, risquent de se retrouver hors du pays. « C’est pourquoi, le centre prévoit, si les moyens nous le permettent, d’ouvrir très bientôt un musée » ajoute l’Abbé Traoré. Il y a également un projet de construction d’une bibliothèque. Le prêtre a tenu à préciser que le centre culturel sénoufo est ouvert à toutes les ethnies du Burkina qui désirent faire des recherches semblables. « Nous mettrons à leur disposition toute notre expérience et notre matériel pour qu’ensemble, nous arrivions à sauvegarder le patrimoine culturel burkinabè ». Le Centre culturel Sénoufo René Fournier de Bobo-Dioulasso a pour mission de soutenir, préserver et encourager la culture sénoufo. D’où ses 4 activités principales: promotion de la langue Senoufo, recherche sur les fondements de la culture sénoufo, art et musée, animation et spectacles.

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sport

Football

R

Comment les « bobolais » préparent-ils la coupe du monde Russie 2018 ?

Gafoura Guiro (Burkina Faso) Gertrude Savadogo. (Burkina Faso)

La coupe du monde de football FIFA aura lieu en Russie, du 14 Juin au 15 Juillet 2018. Le Burkina Faso certes ne représentera pas le continent africain mais les burkinabè à coup sûr seront les supporters pour les autres équipes invitées à cette prestigieuse compétition.

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ien que pour le match d’ouverture qui opposera la Russie à l’Autriche, le public de la ville de Bobo – Dioulasso est fin prêt. La ville est ornée d’affiches sur des panneaux de stop, les feux tricolores, les murs pour diriger les fans du foot vers des bars et, par conséquent se sentir en Russie avec des projections des matchs sur écran géant. Un commerçant du quartier Nieneta, Jeremy Bamogo, dit qu’il suivra les matchs au canal de foot au quartier Dioulassoba car l’ambulance y est. Il supporte la Portugal mais il trouve le Brésil comme pays favorisé. «  Je supporte l’Egypte comme pays d’Afrique mais Mohamed Salah vient de se blesser, je préfère payer 100f pour suivre chaque match au canal, car l’ambiance et l’émotion y est » dit-il. Pour Lassina Sanogo, homme d’affaire à Bobo, il supportera les pays africains qui sont qualifiés. Quand d’autres équipes joueront, il préfère laisser ses activités pour suivre le match, il suivra les matchs chez lui, chez le voisin et au canal foot. « Vu l’ambiance et l’antagonisme des deux côtés, je suis d’autres matchs au canal, j’ai une télé à la maison mais je me sens gêner en suivant le match chez moi » déclare-t-il. Selon une vendeuse de galettes, Awa Sanou, elle suivra bel et bien tous les matchs de la coupe du monde mais chez elle à la maison, car elle a un problème de santé mais aussi pour préserver son foyer. « Comme la RTB va diffuser les matchs, je vais les suivre chez moi à la maison, parce que mon mari n’accepte pas de je sorte pour ces occasions » déplore-t-elle. L’Angleterre, finaliste de l’année dernière, plusieurs voies de notre micro trottoir ne souhaitent pas que ce pays remporte encore cette coupe. La prochaine édition de la coupe du monde est pour 2022 au Qatar.


pétanque

Le jeu de pétanque à Bobo-Dioulasso Comment ce jeu se pratique-t-il ?

Quels atouts faut-il pour gagner toujours ?

Pour jouer, on tire au sort l’équipe qui doit commencer le jeu. N’importe quel joueur de l’équipe choisit le point de départ et se place dans un cercle de 50 centimètres de diamètre, soit posé, soit tracé sur le sol. Quand il joue les pieds du joueur ne doivent pas sortir du cercle avant que la boule ait atteint le sol. Ce joueur lance le bouchon à une distance entre six et dix mètres. Le bouchon doit être au moins à un mètre de tout obstacle (Mur, arbre…). Il lance sa première boule essayant de la placer le plus près possible du bouchon. On dit qu’il est pointé.

Il faut pour une équipe efficace, un bon pointeur pour bien placer les boules. Un bon tireur, adroit pour dégager la boule adverse, pour placer plus près du bouchon que la leur. Un excellent intermédiaire ayant les qualités des deux précités pour suppléer à leurs défaillances.

Comment gagne-t-on le jeu ?

« C’est un sport pour personnes de troisième âge » Le jeu de pétanque est un sport d’adresse et de précision pour les personnes de troisième âge. Lors d’une rencontre sur une aire de jeux de la ville de Bobo-Dioulasso, Nous avons rencontré Compaoré Christophe, vice-président de pétanque du district de Bobo. Il est revenu sur les caractéristiques de ce jeu.

sport

Le but de ce jeu est d’approcher sa boule au plus près du bouchon que celle de l’équipe adverse. L’équipe qui a une boule plus proche du bouchon laisse jouer l’autre, qui cherche soit à tirer la boule proche, soit à mieux placer la sienne. La première qui totalise 13 points après plusieurs mènes a gagné. La perdante cède alors la place à une autre qui affronte la gagnante.

Qui peut jouer à ce jeu ?

Ce jeu se pratique sans distinction d’âge ni de genre. C’est un sport de loisir. Un passe-temps qui demande pas beaucoup d’équipements et sans gros moyen. Il est recommandé aux personnes du troisième âge parce qu’il fait beaucoup se mouvoir et marcher. Ce qui contribue à l’entretien de la forme (…) C’est pourquoi je voudrais lancer un appel aux personnes du troisième âge. Leur dire que pour se maintenir en pleine forme il faut pratiquer ce jeu. Je les invite à se maintenir en bonne santé dans le calme et le loisir à travers les jeux de boule. Entretien réalisé par Koné Ardjouma Ernest (Côte d’Ivoire)

Que faut-il pour pratiquer ce jeu ? Pour jouer à la Pétanque, il faut six boules par équipe et pour l’équipe une bille en bois dur appelé «  Bouchon  », « But », ou « Cochonnet ». Les boules sont à 100% en acier. Kibaruya Magazine

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Séminaire journalisme Bobo - Magazine groupe Armand a4  
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