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Magazine pour la promotion culturelle et la cohésion sociale - Numéro unique - Juin 2018

Mgr Anselme T. SANON: « la violence dans le monde est un problème de dégradation humaine»


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SOMMAIRE 3

SOMMAIRE / EDITORIAL

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HISTORIA

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Les pionniers de la culture

de la ville de

Bobo-Dioulasso 5

CULTURAMA

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Grand format

16 Mosquée 19 Semaine Nationale de la Culture 20 ACTU 20 Ramadan 22 Séminaire sur le journalisme dialogique 23 Immigration et journalisme 24 Sites

DP: Michele ZANZUCCHI Red Chef: Toure Ibrahima L’équipe rédactionnelle Bakary Koné Da Josiane Doumbia Seydou Badian Kambiré Bénédicte Bâ Fatoumata Fati Sidibe Moise Attigan Raphael Germain Condé Boniface Jean Marie Theophane Somda Djiré Dominique Kiemtiore Noël Kioye Jean Yves Douyon François

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Editorial La culture comme : « l’ensemble des valeurs, savoirs, savoir être, mode de pensée, croyances, comportements propres à une communauté». Elle serait donc l’ensemble des traits distinctifs d’une communauté humaine ; toutes les choses qui tiennent les hommes ensemble, comme le dit Gliérika dans « Le monde s’effondre » de CHINUA Achébé. La culture se caractériserait alors par l’héritage, le partage et la transmission. Elle est enracinement, transmission et création. C’est elle qui permet aux hommes de se reconnaitre et de se bâtir une personnalité, une identité. Selon l’ancien Secrétaire permanent de la Semaine Nationale de la Culture BITCHIBALI Dansa, la Culture renferme en elle le génie, la capacité d’une communauté à créer, à cheminer, à s’épanouir, et à s’affirmer au sein d’autres communautés. Elle se présente donc comme l’âme de tout groupe humain. C’est en cela qu’elle est porteuse d’une dynamique singulière de pérennisation et de création permanente. La culture étant ce vivier permanent de construction de l’homme, de réalisation de l’homme, ce tacle subtil qui tient tous les membres d’une communauté ensemble, elle revêt alors une place primordiale dans le devenir de l’homme et sa communauté entière. Qu’on soit malien, nigérien, ivoirien ou burkinabé, nous sommes tous le fruit d’une culture. Et c’est un secret de polichinelle, l’Afrique est riche de sa culture. Du Nord au Sud, de l’est à l’ouest en passant par le centre les diversités culturelles sont variables et restent incalculables. Sans mépris pour les africains que nous sommes -c’est un constat-, étant donné que nous ne sommes pas à la base de presqu’aucun progrès technologique, le seul domaine dans lequel un africain peut encore se vanter devant un américain ou un occidental, c’est bien sa richesse culturelle. Faisons en sorte donc de ne pas perdre nos cultures qui constituent une richesse pour nos peuples et nos Etats africains. Les autorités Burkinabé l’ont compris longtemps et s’attèlent à faire en sorte non seulement qu’elles demeurent mais constituent des sources importantes de devises pour le pays. Le magazine Sya Dambe (parures de Sya), vient juste comme une contribution pour appuyer les initiatives prises dans ce sens et apporter nos encouragements à Bobo-Dioulasso et au Burkina Faso pour l’exemple. La Rédaction

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Historia

Les pionniers de la culture de la ville de Sya Des villes d’Afrique connues à travers le monde par l’œuvre de ses artistes, Bobo-Dioulasso est certainement du peloton de tête.

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n effet, ses artistes ont merveilleusement sillonné tous les continents et continuent, générations après générations, à séduire, festivals après festivals, espaces de révélations après cadres de promotion. Ainsi, des pionniers, il importe de citer le célèbre Ensemble Farafina de Bolomakoté, dont le record de tournées demeure, à ce jour inégalé. Farafina tant redouté des autres ensembles d’Afrique demeure le seul ensemble d’Afrique qui s’est exprimé dans le mythique stade Wembley de Londres archicomble. Il importe de citer

d’autres ensembles et artistes dont le célèbre Ensemble Koko, le Koulèdafourou de Drissa Sirifiè SANOU, tous triples lauréats de la SNC et dont les créations ont fait le tour des continents. Des cadets, il est d’intérêt d’évoquer les compagnies de théâtre (Sakidi, Ouezzin, Sanyon, Trace Théâtre, etc.) les ensembles de musique et danse dont Koba du Houet, premier ensemble à parcourir l’Océanie et l’Inde, Djiguiya du Houet qui a été la révélation de l’expo Universelle 2000 à Hanovre et de la première édition du festival de danses et musiques traditionnelles de Tawoyuan (Taiwan) en 1999. La jeune génération poursuit avec dextérité et passion l’œuvre des devanciers et c’est avec fierté que l’on constate ce jour l’émergence de centres culturels et artistiques portés par

les artistes locaux (Siraba, Djiguya, Parissi, Trace Théâtre, etc.) Dans le domaine des arts plastiques, de nombreuses célébrités de Bobo se sont illustrées de manière superbe à l’extérieur. Sont de ceux-là, et des plus connus ; TRAORE Bamadou, TRAORE Abou, SANOU André, DAH Dieudonné, OUEDRAOGO Samuel, André Junior, etc. Bakary KONE Source : archives de la SNC et de la Direction régionale de la Culture

Le culte et la légende des silures

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a ville de Bobo Dioulasso a pour emblème trois silures, des poissons adores par les Bobo Mandare, population autochtone.

Bobo et pour toutes les communautés qui y vivent. « Grâce à la présence de ces silures, notre ville fait partie des villes ayant un important cours d’eau dans le monde».

Selon la légende, une jeune fille ayant disparu durant plusieurs jours est restée introuvable. Après des recherches infructueuses, A la suite de cette disparition, les villageois affirment qu’elle se serait transformée pour devenir un silure. Depuis lors, ils ont décidé de ne plus toucher aux silures et de les adorer.

A l’en croire, ces silures ont un pouvoir exceptionnel et les habitants viennent leur faire des offrandes pour solliciter leur concours dans la réalisation de leurs vœux. « Une fois, les vœux réalisés, ils doivent revenir dire merci aux silures sinon, ils subiront leur courroux », indique-t-il. Selon lui, les silures sont tellement importants que lorsque l’un d’entre eux meurt, il est enterré comme un humain « Quand un silure meurt, ce sont des funérailles accompagnées de rituel qui sont organisées pour

Selon le directeur régional de la culture, des arts et du tourisme des Hauts bassins, ces silures sont d’une importance capitale dans la ville de

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eux comme des humains ». Selon le directeur de la culture outre le fait de ne pas les pêcher, l’on ne doit pas aller à la source de ces silures vêtus en rouge. « Si d’aventure, un étranger pêchait ses silures, il doit faire face à des sacrifices pour demander pardon. C’est tout un rituel qu’on fait. Si le silure n’est pas mort, il est remis dans l’eau et reçoit ces offrandes. Si c’est un Bobo qui brave les interdits, il est puni sévèrement et peut s’exposer à plusieurs. Raphaël Attigan Germain

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Culturama Gnini O. Tene, Conservatrice du musée Sogossira SANOU de Bobo-Dioulasso:

« Nous souhaitons que les populations s’intéressent au musée » Mémoire collective des peuples de l’Ouest du Burkina, le musée Sogossira SANOU de BoboDioulasso est un instrument qui contribue à faire connaitre le patrimoine matériel et immatériel de ces peuples ainsi qu’a sa façon à l’essor de la ville. Cependant, ce musée connait actuellement des difficultés que nous retrace dans cette interview son premier responsable.

son bien-être. De part et d’autres chacun joue un rôle prépondérant dans son fonctionnement. Quelle est la particularité de ce musée ?

Présentez nous le musée que vous administrez Le musée communal provincial du Houet est né en 1990 lors de la 5eme édition de la semaine nationale de la culture. Il a été rebaptisé en Sogossira SANOU en 2011. Il a été mis en place grâce à la collaboration et à l’implication des différentes commu-

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nautés de l’ouest. Les peuls, les Bobo et les senoufo. Qui ont vu la nécessité de conserver le patrimoine de leurs communautés et mettre ensemble leurs biens sur un lieu unique, le musée. Ils ont été accompagnés par l’Etat en son temps. Et depuis son ouverture, ces différentes communautés sont toujours présentes pour veiller à

Nous avons un musée qui n’est pas du tout grand avec une spécificité importante. Nous avons des habitats traditionnels des différentes communautés de Bobo-Dioulasso. Ces habitats ont été implantés depuis l’ouverture du musée. Ils représentent les communautés qui se sont associées pour la création de ce musée. Donc les Bobo ont un habitat, les peuls ont un habitat et les senoufos ont malheureusement perdu le leur. C’est l’agrandissement d’une voie publique qui a détruit l’habitat des senoufos. Nous souhaitons le revoir pour donner une connotation plus complète à notre image. Parlez nous à présent des différents articles qu’on trouve dans votre musée. Vous avez un patrimoine typi-

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quement consacré aux différentes (3) communautés qu’on trouve à l’ouest. Mais aussi d’autres Articles des communautés diverses. Notre musée est ethnographique. Toute ethnie peut être représentée. Nous avons les mossi, les Samos, les marka, tchiefonh… plusieurs communautés représentées par leurs œuvres. Quelle est la fréquence des visites dans le musée ? Les statistiques sont variées. Il y a des jours ou des périodes, où les visites sont moins affluentes. Et il y a aussi des périodes où les visites sont plus affluentes.

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Par exemple aujourd’hui (11 juin ndlr), nous avons reçu un groupe d’étudiants pour la visite. Même le samedi, nous avons reçus des élèves. Le nombre varie de jours en jours. Mais ce qu’il faut retenir, c’est que les visites sont plus affluentes pendant la rentrée et les vacances avec Les touristes et autres étrangers qui venaient visiter le musée. Mais depuis quelques années avec les problèmes sécuritaires que nous avons rencontrés dans le pays, les visites des étrangers se font de plus en plus rares. Les mouvements sont ralentis et le musée ressent tout ça. Mais il faut dire que les gens commencent à com-

prendre qu’il faut faire un tour au musée. Aussi pendant l’année scolaire il commence à y avoir de l’affluence parce que notre cible première ce sont les apprenants et les étudiants. Nous allons vers eux et nous les sensibilisons à venir. Depuis quelques temps, les élèves et étudiants viennent de plus en plus en grand. Quel est l’apport de ce musée dans le développement de la culture locale? La culture à Bobo-Dioulasso est le facteur principal du développement local. Les autorités en sont conscientes que la ville est

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culturelle. A cet effet, l’on note de grandes manifestations culturelles telle que la semaine nationale de la culture (SNC) qui fait ressortir les potentialités culturelles de la ville et les font connaitre plus aux yeux de tous. Toutes ces activités participent à l’évolution de la ville. Nous à notre niveau nous participons à travers ce genre d’activités en initiant des expositions ouvertes au public. Nous avons pour mission la préservation du patrimoine culturelle de ce musée. Nous décidons cependant de le faire connaitre à travers diverses activités, telles des expositions, des animations, des journées communautaires et Sya Dambe

culturelles que nous organisons avec les associations, les communautés, les élèves. Cela participe à l’éveil de tout le monde scolaire qui vient ici, et aussi à un éveil de la population. Ce qui est très important pour la sauvegarde de notre patrimoine. Quelles sont les initiatives visant à faire la promotion de ce musée Nous avons établi un vaste programme d’activités annuelles. Ce programme est constitué de beaucoup de points. Nous souhaitons renouveler notre exposition permanente qui a un coût. Aussi, une exposition temporaire, en

faisant la promotion des artistes locaux qui sont nos partenaires premiers et aussi avec d’autres artistes (musiciens et autres) en les invitant à se produire ici. Les journées communautaires qui sont très intéressantes. Là, c’est la diffusion du patrimoine immatériel surtout cela peut être accompagné d’expositions. Cependant, au cours de ces journées, nous faisons la promotion de la culture. Aussi avec la visite du monde scolaire, ils apprennent à connaitre les valeurs qu’ils ne sauront apprendre ailleurs. Nous aspirons rendre plus accessibles et plus visibles tout le patrimoine culturel conservé dans notre

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Culturama musée. Les difficultés sont nombreuses, comment mener toutes ces activités ?L’ambition c’est de pouvoir les mener mais il faut un accompagnement, les chefs d’établissement et encadreurs posent le problème de déplacement des élèves parce qu’ils sont inquiets de traverser la ville pour cause d’insécurité, quitter un coté pour un autre n’est pas chose facile donc il faut assurer la sécurité des enfants et lorsqu’ils arrivent sur place il faudra trouver quelque chose qui pourra les inciter à venir une prochaine fois et leur offrir un petit pot. Les journées communautaires aussi c’est le cas parce qu’on ne peut pas déplacer une communauté sans un soutien matériel, logistique et financier. Le bâtiment a besoin d’une réfection sérieuse, les autorités communales l’ont prévu, notre espoir est que ça puisse voir le jour et que nos collections soient vraiment protégées. Un dernier mot… Nous sommes un petit musée mais spécifique, notre souhait c’est de voir la population s’intéresser à notre musée. D’abord venir découvrir pour eux-mêmes ce qui est du patrimoine, ce que le musée pourrait leur faire découvrir. En plus ils pourront nous aider à sauvegarder ce patrimoine que nous avons. Car il nous appartient à tous, ce n’est pas au musée seulement, que revient la charge de la bonne conservation. Nous avons besoin de la participation de chacun. Notre satisfaction sera d’enregistrer un grand nombre de public ainsi donc nous lançons un appel tous. Doumbia Seydou Badian et Moïse Sidibé

Le musée, vu de l intérieur Vous pouvez parcourir le musée de Sogossira Sanou en une journée sans vous lasser de contempler sa galerie. Lors de notre visite nous avons vite compris que ce musée n’était pas au cœur de Bobo-Dioulasso par hasard. C’est une galerie qui conserve les objets de toute nature capables de témoigner de l’existence ou des comportements de l’histoire de tous les peuples de l’Ouest du Burkina Faso. L’intérieur du musée So-

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Culturama gossira Sanou est compartimente en 6 grandes parties.5 parties consacrées à la pure tradition des communautés de Bobo. La première partie est consacrée aux femmes et à la réjouissance, la seconde partie, les différents mécanismes de gestions de crise, la troisième l’initiation et les tenues de guerres, la quatrième partie, les funérailles et la cinquième partie consacrée à la musique. Ce sont donc des masques, des statuettes, des parures vestimentaires, des bijoux, des poteries, des vêtements de guerre, des instruments de musique, des articles culinaires etc. Pour ce qui est de ses collections, nous avons le Yéléguangan qui est la canne de l’homme complet. Elle est transmise d’une génération à une autre, après de rudes épreuves corporelles (fouet) et physiques (travaux champêtres, sport, etc.). Ce musée est très original par plusieurs aspects: la présence d’un artiste et de son atelier dans le jardin, avec de belles productions à partir de souches trouvées dans la nature, en bois brut, dans un style fantastique… Dans la cour d’entrée se dresse une statue en bronze d’un musicien. À l’intérieur, juste à l’entrée plusieurs œuvres d’arts de la «semaine de la culture» de la ville, qui permettent d’accéder à l’art contemporain burkinabé. A l’arrière, on trouve également une petite boutique d’artisanat, un tisserand et un sculpteur. Des œuvres dans Sya Dambe

des disciplines tel que la sculpture, la peinture et le batik. Il faut surtout préciser la présence dans la cour, des habitats traditionnels Bobo et une case peule qui sont des patrimoines meubles et qui permettent d’identifier les différentes communautés. Ces habitations sont là, en mémoire des communautés qui ont eu l’idée de créer ledit musée. Source. Burkina Faso.net

Dans le creux de la vague Suite aux récentes attaques jihadistes au Burkina Faso, le musée traverse en ce moment une période difficile, temoigne Gnini Ouane. « Depuis l’attaque terroriste qui a touchée notre pays, le musée a perdu beaucoup de visiteurs étrangers. Au plan local la psychose de l’attaque reste dans la tête de tous les parents et enfants. Nous constatons que le musée est en perte de vitesse », témoigne Gnini Ouane. Outre l insécurité, la première responsable du musée ajoute que les moyens dont dispose le musée pour son fonctionnement sont insuffisants. « Le musée dispose des moyens de bords dans son fonctionnement. Malgré les efforts consentis, nous restons limités et cela nous empêche d’aller au fin fond des défis que nous nous sommes assignés », fait elle savoir. Avant de poursuivre : « Nous avons plusieurs activité de sensibilisation et de promotion que nous

avons entreprises dans les écoles pour que le musée soit visité. Les journées communautaires, le renouvellement de notre exposition demandent des moyens. À cela s’ajoute la logistique et le transport des élèves et étudiants qui sont l’un de nos principaux cibles ». Terminant, Mme Gnini Tene souligne que le musée a besoin de faire peau neuve. « Notre musée est certes un petit musée mais très spécifique. Il nous faut des moyens pour redonner une image plus attrayante à son bâtiment. J’en appelle aux autorités locales, aux bonnes volontés de se pencher sur la vie de ce musée pour lui donner son lustre d antan. Et permettre aux générations futures de connaitre la richesse culturelle des communautés de Bobo-Dioulasso ». Ouvert du mardi au samedi de 8h à 12h30 et de 15h30 à 18h, et le dimanche de 9h à 13h les différentes coûts d’accès au musée sont à 1 000 FCFA adulte, 500 FCFA enfant. DSB

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Grand format Anselme Titianma Sanon, archevêque émérite de Bobo- Dioulasso:

«La violence dans le monde est un problème de dégradation humaine» Malgré le poids de l’âge, 82 ans aujourd’hui, Mgr Anselme Titianma garde l’esprit alerte. Mémoire vivante de la ville qui l’a vu naître, il nous parle dans l’entretien qui suit des mutations socioeconomiques intervenues à Bobo-Dioulasso depuis la période coloniale à maintenant, de sa passion pour la culture sans oublier de jeter le regard du chrétien qu’il est sur le phénomène du jihad qui frappe toute l’Afrique de l’Ouest et en particulier son pays, le Burkina Faso.

«Aucune réligion ne recommande de tuer son coreligionnaire ou toute autre personne» Que représente les silures pour Bobo-Dioulasso au point d’en etre le symbole de la ville? À côté du premier village, Sya, là où se trouve la mosquée qui est venue beaucoup plus tard, en 1102, c’est à dire au 12e siècle, vous avez une rivière qui s’appelle le Wé. En remontant, on arrive à un lac, le Dafra. En continuant, vous avez des démembrements qui montrent une

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source remplie de silures dits sacrés qu’on ne touche pas. Ils sont sacrés non pas pour une question religieuse parce que les religions n’existaient pas en ce moment mais parce qu’ils sont là avant que le village ne soit installé, que les Bobo n’arrivent. Cette variété là date de plus de 11000 ans. Comme le dirait nos parents de la Côte d’Ivoire, nous sommes «nés pour trouver». On les vénère, on les respecte en sachant que là où vous

avez des silures, vous aurez toujours de l’eau parce qu’ils ont la spécificité de forer le sol pour avoir des abris. L’autre version, justement, il y’a des lacs qui ont très peu d’eau actuellement et sont des abris sous roche. Et c’est probablement là que se trouvait nos ancêtres qui ont remonté la colline pour se retrouver là. Parce qu’il y’a eu beaucoup d’invasions dont la dernière fut celle de l’Almamy Samory. Et quand la ville a commencé Sya Dambe


Culturama à se moderniser, on a pris comme symbole trois silures. Mais déjà au temps de l’administration coloniale, les parents s’etaient entendus avec le colon pour dire que si on prenait un individu qui tue un silure dans le De et le Dafora, on le mettait en prison. Si bien que, les silures par ici, moi je dis qu’on les conserve pour des raisons de l’environnement. Parce que où tu as des silures, tu peux avoir de l’eau et des arbres. Autrefois, ici C’etait la forêt. C’est l’urbanisme qui a fait couper tout ça et la rivière qui faisait 23 mètres de large est devenue un filet d’eau. Vous etes aussi un féru de la culture. Aucun de nous ne peut dire qu’il n’est pas un homme de culture ou fruit de la culture. Qu’est ce que la culture? La culture, c’est d’abord cultiver sa terre, cultiver son intelligence, son esprit et cultiver son environnement donc son milieu social mais également le lien avec cette nature là. Alors chacun de nous relève de la culture. Ce que nous consommons, portons comme vêtements c’est le fruit de la culture. Par exemple le cardinal Bernard Yago m’avait pris en affection. Quand j’allais souvent lui rendre visite à Abidjan, il me disait» Sanon, je vais te donner de l’attieke mais tu vas manger d’une façon civilisée». On mettait de l’attieke d’un côté et la soupe d’un autre. On nous donnait deux assiettes: une pour l’attieke et une autre pour la soupe. Il disait» ça se mélange pas dehors, ça se mélange dedans»( rires). Tandis que chez nous, on fait le mélange dehors avant d’avaler. La culture c’est l’économie, ce dont on vit. C’est notre entourage. Chacun de nous doit en être conscient. L’autre niveau que les occidentaux ont développé, c’est la culture culturelle. C’est à dire l’intellectuel de salon au point où certains ont confondu culture et civilisation. Maintenant la culture par laquelle je traduis mes liens avec l’environnement avec la société, ça là dessus, nous sommes plus forts que les occidentaux. S’ils ont eu ces liens, ils les ont perdu. Et c’est là où tu vas mettre la dimension reli-

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gieuse et même la famille. La ville de Bobo du fait qu’elle soit cosmopolite parce que servant de carrefour depuis avant l’époque coloniale a une tradition très ouverte. Bobo a joué un rôle économique important par le passé. Qu’en est il aujourd’hui? Bobo a été un pôle économique avant la colonisation. Quand la colonisation est venue, la monnaie a changé. Parce que nous c’etait les cauris. L’avenement de la colonisation a appauvrit certains mais toujours dans le sens de ce que j’ai dis si vous dépassez la mosquée, il y’a une place appelée «place Wara Wara», j’ai insisté pour qu’on trouve toujours là bas des poteries. Non pas pour ce que ces vendeuses peuvent gagner mais parce que ces poteries là datent de la tradition Dafi (Marka). La première mosquée construite, c’est par les Marka. Tout ça fait du trafic. Il y’avait le commerce de l’or, du granite et surtout. Nous avons fait le projet, il y’a une dizaine d’année, pour redonner au grand «Sya» (appelation traditionnelle de Bobo) ses dimensions. Sya etait un grand marché qui se tenait tous les cinq jours. C’etait le marché regional. On trouvait des outils de forge. C’est cet artisanat, ce trafic financier qui faisait la richesse de Bobo. C’etait aussi une zone agricole avec d’immenses forêts et des rôniers. On y cultivait le petit mil aujourd’hui inaccessible. Il y’avait l’abondance. C’est vers les années 48-49 que j’ai su qu’on pouvait manquer de nourriture. Quand on parlait de Haute Côte d’Ivoire, Bobo etait en première position. La première mairie de l’AOF en dehors de St Louis, c’etait Bobo. La première usine textile des travaux de l’Afrique de l’Ouest, il reste encore des châteaux d’eau. La société a été transporté. C’est à la fois la sofitex et la SNFITEC. Ça prenait du monde. Le camp militaire aussi. À un moment donné, il y’a près de 1000 soldats français ici. Une fois l’independance venue, Maurice a transporté tout à Ouagadougou. Ça été fait d’une façon non accompa-

gné. C’etait comme si on déshabillait l’autre pour aller habiller l’autre. Vous êtes le premier homme de Dieu à faire venir les masques à l’eglise. Que symbolisent les masques pour vous? Il faut se mettre dans ce que les antropologues appellent la cosmobilogie assumée par une société humaine. Ce qui fait que le masque sera confectionnée selon l’economie religieuse du milieu. Mais les formes culturelles voyagent. Ce qui fait que ce qu’on peut voir chez les Bassari du Sénégal, tu peux le trouver chez les Soussou de Guinée et les retrouver chez les Bobo. Le masque c’est pour ainsi dire la demeure qui revêt le cosmos pour que les deux vies se rencontrent. Par exemple un grand père meurt. Le responsable d’initiation excite les jeunes pour aller faire sortir les masques. C’est comme s’ils revenaient de l’au-delà pour accompagner les vivants dans telle ou telle situation. Quand on va pour l’enterrer, ils sont là, eux aussi ils manifestent. On dit que je suis le premier à faire rentrer les masques à l’eglise; c’etait à la cathédrale de Bobo ici. Quand le pape Paul VI est décédé, cela a été très très ressenti ici. Pour nous, il rentre dans le rang des ancêtres. Et donc le masque est venu à la cathédrale; il etait seulement assis. Ce que je ne comprenais pas c’est qu’il n’y avait pas que les Bobo ou la tradition mandingue à l’église. C’est après j’ai compris sur étude que la compréhension qui passe dans le plateau Mossi est différente. Par exemple à Koudougou, les masques sont confrériques. Tandis qu’ici, ils appartiennent au village. Et c’est la classe d’initiation qui est chargée de l’animation. Chez les Senoufo aussi, c’est une confrérie. Aussi parce que je suis l’ainé d’une famille d’initiation on a dit» nous aussi, on va donner nos masques». Ce qui fait que lors d’evenements importants, les masques participaient. On dit on ne va plus à l’eglise pour indisposer une partie. Mais aussitôt la cérémonie terminée, les masques sont là à la fois pour réjouir ceux qui sont là

«Nous sommes tous le fruit de la culture»

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et qui comprenne et aussi montrer ce lien avec le monde cosmobilogique. Toute l’Afrique de l’Ouest et principalement votre pays se trouve confrontés au problème du terrorisme islamiste. Quel est le regard du chrétien face à cette problématique ? Le problème de sécurité a commencé à être ébranlé ici dans cette region depuis longtemps. Il y’a quelques années nous avons mené à l’universite Joseph Ki Zerbo une réflexion sur le problème de la violence. D’abord dans nos pays, dans nos sociétés, dans les religions, à l’interieur même de chaque religion et également dans les relations entre les groupes religieux. Et ceci remonte aux années 1996. Quelques années après, la situation s›est empirée. Pour revenir à la question,

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comme le disait un militaire français à un militaire africain à un militaire noir:» Quand la balle part, elle ne distingue pas le sang rouge du sang noir». Si je prends les événements ici au Burkina, ce ne sont pas que des chretiens qu’on trouve parmi les victimes. C’est la meme chose à Grand Bassam. Vous savez dès qu’on arrive à un niveau de la violence quelle que soient les origines ou les raisons, c’est l’hybris. C’est à dire le contraire de la raison. Ce n’est qu’apres coup qu’on peut faire appel à des raisons politiques, religieuses... Le phénomène de la violence dans

le monde aujourd’hui est un problème de dégradation humaine. En Europe, ils parlent là bas de Liberté. En même temps la liberté de tuer l’autre parce que toi tu as raison. Mais la raison que tu invoques est elle réellement une raison? Aucune religion ne demande tuer un correligionnaire ou toute autre personne . Moi j’ai horreur de la violence. La première chose d’apprendre soi même à ne pas utiliser des propos négatifs, avoir une communication positive. Quelqu’un l’a dit:» Le djihadisme ne représente qu’une aspect de la violence dans le monde». Je disais

«Vous savez dès qu’on arrive à un niveau de la violence quelle que soient les origines ou les raisons, c’est l’hybris. C’est à dire le contraire de la raison»

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Culturama à un groupe de chercheurs, la façon dont vous aborder cette question est violente. Demain, ça peut nuire à inhumanité. Le pilote américain qui a jette la bombe sur Hiroshima, il n’en revenait pas. Après, il est rentré dans une maison religieuse au vu de ce qu’il avait fait. Donc il faut changer votre formulation. Aujourd’hui la violence est dans l’air. Vous voyez ici au Burkina, des gens qui font une manifestation «non violente». Moi je dis, la violence est déjà dans l’air. Donc comment éduquer notre humanité grâce aux familles, aux institutions à une vie sociale non violente. Bobo-Dioulasso est une terre cosmopolite comment vous vivez cette interculturalité?

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Je suis ici, il y’a quatre ans. Si on ouvre tout de suite le portail, vous allez vois les petits amis se précipiter «papy, papy». Je ne pense même pas qu’il y’ait un seul Bobo. Bien sûr il y’a des musulmans, des chretiens, de l’autre côté c’est des jeunes du Niger qui sont ici pour des études. Alors j’ai eu cette chance justement d’avoir grandi dans ce milieu là. Un auteur a parlé de melting-pot. Dès que je vois un visage humain, au moins il faut se saluer, se dire bonjour. Quand j’ai vu le pape François dire «Il vaut mieux dialoguer plutôt que de s’entretuer». J’ai dit c’est formidable. Faire tout pour se dire « bonjour madame, bonjour monsieur «. Rien que ça! D’ici jusqu’en Cote d’Ivoire, j’ai des amis dans toutes les villes. En voyageant

je me dis dans telle ou telle localité j’ai des amis. Le voyage pour moi devient une révision des relations. On voyage, au moins le chauffeur il faut le saluer. Il est responsable de nous tous. L’attention à l’autre. Touré Ibrahima Coll: Doumbia Seydou Badian Attigan Geremi Boniface Conde Kiemtoré Noël Dougnon François

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Bobo-Dioulasso : Vers l’inscription de la mosquée de Dioulasso-Bâ dans le patrimoine mondial Bobo-Dioulasso ville située à 350m de Ouaga est la deuxieme ville du Burkina Faso. Cepemdant, elle est la première ville touristique du pays grâce a la présence de nombreux édifices culturels dont le centre culturel senoufo, la maison de la culture, le musée, la cathédrale et les silures sacrés de Dafra. La plus ancienne de tous ces édifices, c’est la mosquée de Dioulasso -Bâ.

Bâtie sur 1000 m2 et située au centre de la ville de Bobo-Dioulasso, la mosquée de Dioulasso-Bâ du nom du quartier éponyme, a été construite en 1880 par l’Almamy Sakidi Sanon. Elle est construite en banco dans un style soudanais. Elle a une structure architecturale impression-

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nante. Elle a deux minarets, hérissés de piquets faits avec des branches d’arbres. Ces murs ont été faits à l’argile sous la forme d’obus. Ce joyau architectural fait aujourd’hui la fierté de Bobo-Dioulasso à tel enseigne que tous les visiteurs qui viennent à Bobo s’empressent d’aller y faire

un tour. Pour le directeur de la culture des arts et du tourisme des hauts bassins, Niamba Aimé, la mosquée de Dioulasso-Bà est la plus importante parmi le potentiel touristique dont dispose la région. « Nous sommes fiers d’avoir cette mosquée vieille de plus de

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Populations et visiteurs attendent impatiemment la fin des travaux

130 ans. Elle donne une autre dimension touristique à notre région. Les étrangers qui viennent chez nous veulent tous voir cette mosquée qui conserve jusqu’aujourd’hui son style soudanais. Elle a été construite en terre battue par les populations (communautés musulmanes, chrétiennes et animistes) de ce quartier dont elle porte le nom. Malgré les années passées elle a conservé son originalité et son style », a-t-il signifié. Selon lui, la mosquée de Dioulasso-bâ fait partie intégrante du programme de relance touristique que la direction régioSya Dambe

nale des hauts bassins a institué. Aussi, souligne-t-il, que les démarches sont en cours pour inscrire la mosquée de Dioulasso-Bâ dans le patrimoine mondial de l’UNESCO. « NOUS sommes entrain de mettre tout en œuvre pour inscrire la mosquée de Dioulasso-Bâ dans le patrimoine mondial. Créer un site web pour la mosquée pour la rendre plus visible. De cette façon le monde entier sera informé de l’existence de cette mosquée où Samory Toure lors de son passage y a effectué des prières ».

527 millions FCFA engagés pour sa renovation Fermé depuis bientôt 6 mois, la mosquée de Dioulasso-Bâ est entrain d’être rénovée. Le montant de cette réhabilitation est estimé à 527 millions de francs cfa. Le directeur régional Niamba Aimé nous donne plus de précisions : « L’État soucieux de l’importance que revêt cette mosquée historique a décidé de la réhabiliter pour Iui donner une plus large visibilité. Le coût de la réhabilitation de la mosquée de Dioulasso-Bâ est de 527 millions

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Culturama Fcf .Au départ, il y avait un souci pour la réhabilitation de cette mosquée à cause de la structure architecturale qu’il fallait conserver. Mais nous avons eu des experts qui ont d’abord fait une recherche approfondi pour que la réhabilitation ne dénature pas son style soudanais. Après cette étude, deux hangars ont été construits autour de la mosquée pour permettre aux fidèles de continuer à prier dans leur mosquée. Ceci fait, la réhabilitation a démarré. Pour ce qui est des fils électriques des minarets et des piquets tout a été réuni pour que tout reste intact. Quand à la canalisation, une solution a été trouvée pour l’écoulement des eaux usées. La mosquée ne perdra donc pas son style et son originalité », a-t-il soutenu.

Cette réhabilitation est très bien accueillie par les habitants de Dioulasso -Bâ. Sanou Zakaria, guide touristique et fidèle de ladite mosquée, ne cache pas sa joie face à cette réhabilitation qui sera pour eux une bouffée d’oxygène. « C’est tout Dioulasso-Bâ qui attend de pied ferme la fin des travaux de notre mosquée. Nous nous réjouissons que notre mosquée qui fait partie du riche patrimoine culturel de cette ville refasse peau neuve. C’est un sentiment de joie et de fierté qui nous anime nous fils de ce vieux quartier et fidèles de cette mosquée. Cette mosquée est un symbole pour nous car c’est la plus vieille mosquée de la ville », nous confie-t-il. Pour rappel, l’histoire raconte que lors de l’attaque de de la ville

de Sya, le roi demanda à Sakidi Sanou chef religieux musulman d’apporter sa contribution dans la guerre contre l’ennemi. En contrepartie, Sakidi Sanou demanda la construction d’une mosquée. C’est donc suite à cet accord que la mosquée de Dioulasso -Bâ a été construite. Précisons que la famille de Sakidi Sanou, qui vit à côté de la mosquée est celle qui continue de veiller sur elle. En attendant la fin des travaux prévus pour fin juin 2018, c’est tout un peuple qui attend la réouverture officielle de cette mosquée centenaire. Doumbia Seydou Badian

La Semaine Nationale de la Culture(SNC), une chance pour l’unité culturelle au Burkina Faso

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epuis 1983, la Semaine Nationale de la Culture (SNC) a été initie. Elle est née d’une volonté politique des autorités du Burkina Faso, de placer la culture au centre du développement du pays. Selon Monseigneur Anselme Titiama SANON, Archevêque émérite de Bobo Dioulasso , ‘’ c’est de Thomas SANKARA, l’ex président du Burkina Faso, qu’est née l’idée de la SNC. C’est lui qui a vu qu’il y a la possibilité de valoriser la culture nationale.’’

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Du point de vue historique, la première édition de la SNC a eu lieu en 1983 à Ouagadougou, capitale du Burkina Faso ; la deuxième édition à Gaoua, en 1984, dans la Région du Sud Ouest . Notons qu’après ces deux premières éditions, les prochaines seront biennales. Alors, en 1986 ce fut le tour de Bobo Dioulasso ; en 1988 la SNC se déroula simultanément à Koudougou et à Réo. Mais la cinquième édition opère un tournant décisif. Elle consacre le retour et l’installation défini-

tive de la SNC à Bobo- Dioulasso, chef lieu de la Région des Hauts Bassins. Selon NIAMBA Frédéric, Directeur régional de la Culture, des Arts et du Tourisme des Hauts Bassins, ce choix s explique par le fait que ’’Bobo -Dioulasso est la capitale culturelle du Burkina Faso’’. En effet Bobo -Dioulasso regorge des variétés culturelles où l’on retrouve les poteries, les masques, les chants, la vannerie, la teinture, la sculpture, etc. SI la SNC est biennale et se Sya Dambe


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célèbre les années paires, les années impaires sont consacrées à la phase éliminatoire dans les treize régions du Burkina Faso. Ce processus permet au comité d’organisation de ne retenir que les meilleures prestations dans les régions. Celles-ci entrent en compétions l’année qui suit.

un modèle réussi de promotion de nos talents et un référentiel achevé de nos valeurs. Célébrer une édition de la SNC reste en quelque sorte le merveilleux moyen de magnifier dans la joie ce que nous avons de meilleur en nous : l’unité sacrée dans la diversité harmonieuse’’.

Les compétitions sont regroupées en trois catégories que sont les Arts du Spectacle, Les Arts Plastiques et la Littérature. Ce qui permet à Mahamadou OUEDRAOGO, ancien ministre de la Culture, des Arts et du Tourisme et co-parrain de la 19e édition

La SNC vise au delà des compétions, le brassage, et l’ouverture des cultures les unes envers les autres. Dans ce sens, Siaka COULYBALY, Juriste, Chef de Département de la Promotion et des Relations Publiques au niveau de la SNC, pense que la SNC a beaucoup contribué à l’unité nationale.

de la SNC en 2018, d’affirmer que ’’ La Semaine Nationale de la Culture est la colonne vertébrale du patrimoine artistique et culturel du Burkina Faso. Elle est Sya Dambe

La dernière édition de la SNC s’est tenue du 24-31 mars 2018 à Bobo Dioulasso. Le grand défi

a été d’organiser cette Semaine Nationale de la Culture avec des moyens modestes, dixit, Siaka Coulibaly. De son point de vue le défi a été relevé. Cette édition a connu également une particularité. Il s’agit de la participation au niveau de la coopération avec le Mali et de l’invitation de certains ministres de la sous Région. Malgré le contexte sécuritaire du moment, la SNC s’est déroulée dans de bonnes conditions. Au demeurant la SNC au Burkina Faso est un cadre approprié de rencontre et de brassage des cultures. Elle est une chance pour l’unité des cultures au Burkina Faso. Abbé Théophano SOMDA et Moise SIDIBE

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Actu BOBO : Un Ramadan pas comme les autres !

Les commerçants attendent désespérement la clientèle

L’Aïd el-Fitr approche à grand pas, pendant que les commerçants sont inquiets.

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e mois de Ramadan est un mois sacré et bénit durant lequel les fidèles musulmans doivent pratiquer le jeune, la prière, la charité. Ce mois de pénitence est sanctionné par la fête de L’Aïd el Fitr, occasion de célébrations et de réjouissance. Cette fête pourrait être célébrée soit vendredi soit samedi, en fonction de l’apparition de la lune. Selon Mme Bazema Pascaline, coiffeuse au secteur 22 de Bobo-Dioulasso, cette incertitude influence les décisions de ses clientes qui hésitent à venir se coiffer. Selon certains commerçants dont Sawadogo Ousmane, vendeur de prêt-à-porter pour dames « pour le moment le marché n’est pas au beau

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fixe et cela m’inquiète. Car d’habitude à cette période on peut faire des ventes allant de 300 000 à 400 000 CFA. Ce qui n’est pas le cas actuellement » : « Mais on espère d’ici quelques jours que les ventes seront meilleures », pense-t-il. C’est d’ailleurs l’avis de la plupart des commerçants qui nous ont confié à notre passage au grand marché, pourtant bondé de monde. Selon l’un d’entre eux, Ouedraogo Zacharia, « le marché est plein mais il n’y a pas beaucoup d’achats. La plupart sont juste des accompagnants, mais le plus important est de s’assurer que nos femmes et nos enfants soient bien habillés et mangent bien le jour de la fête ». Ce sentiment d’inquiétude ne semble pas animer Mme Coulibaly Orokia, tatoueuse au grand marché. A notre arrivée, il y’avait une file d’attente ; chaque cliente attendant

son tour. Elles sont toutes venues pour s’embellir. Pour elle, la fête se prépare très bien. Elle a beaucoup de clientes et en tire bien de profits. Du coté des couturiers, l’insatisfaction se fait aussi ressentir. Selon Donatien Bakuan, couturier au secteur 22 de bobo, « cette année nous avons beaucoup plus de commandes d’habits d’enfants. Ce qui ne rapporte pas beaucoup. L’année passée était meilleure, les enfants sont à l’honneur pour cette fête » De façon générale l’engouement de la fête n’est pas au rendez-vous, mais la plupart des commerçants et autres hommes de petits métiers espèrent que les jours à venir seront porteurs. Nous nous interrogeons sur les raisons de cette crise générale et comment seront les années à venir. Kambire Bénédicte

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Actu

Dans l’ambiance de l’avant-veille de la fête de Ramadan A quelques jours de la fête de Ramadan nous nous sommes rendus dans les abords du grand marché de Bobo pour constater l’ambiance qui y règne et aussi recueillir l’avis des populations sur les préparatifs.

fête. Si tu as l’argent tu es heureux ; ça aussi c’est une fête mais le plus important c’est d’avoir la santé. Si tu n’arrives pas à fêter cette année il y’a d’autres années qui viendront. Je ferai la fête avec les moyens que Dieu mettra à ma disposition. Bienvenue Aristide Yougbaré : Etudiant

Compaore Orokia, tatoueuse :

Sidibé Hamidou : mendiant « Je compte sur une bonne volonté pour fêter » Je ne sais pas comment la fête va être parce que pour l’heure je n’ai ni argent ni habit à me mettre. Ce qui me préoccupe, c’est comment manger. J’espère qu’une bonne volonté me viendra en aide.

« Nous sommes débordés en ce moment » On ne se plaint pas. Cette année, il y’a plus d’affluence par rapport à l’année dernière. Nous avons beaucoup de clients qui viennent. On est souvent obligé de donner des rendez-vous à d’autres tellement, nous sommes débordés. Les femmes ne se plaignent pas car les prix des prestations n’ont pas varié Abi Wouda, cliente : « Je me ferai belle pour la fête » Si Dieu nous donne longue vie, nous allons fêter avec faste. Je compte me coiffer, faire de la pédicure et manucure, acheter des habits. Je vais me faire belle. Aussi, le marché est plein de nouveautés et je trouve les prix abordables. Seulement que Dieu nous donne longue vie Sya Dambe

Fili Sanou : vendeuse de vivriers « J’irai fêter avec mes amis musulmans » Moi je suis chrétien catholique. Personnellement, j’apporte mon soutien matériel et humain à mes amis musulmans pour l’organisation de la fête de ramadan et aussi après la prière de l’Aid El fitr, je pars fraternisé avec eux. Kioye Togo Jean Yves

« Je ferai la fête avec les moyens que Dieu mettra à ma disposition » Pour moi tous les jours c’est la

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Actu Séminaire sur le journalisme dialogique à Bobo-Dioulasso :

Les journalistes invités à dialoguer avec la société

Du 09 au 13 juin 2018 s’est tenu au Centre Abel SANON de Bobo-Dioulasso un séminaire International sur le Journalisme Dialogique. Les Objectifs de cet séminaire sont, entre autre, de permettre à des praticiens et a des passionnés des médias de privilégier le dialogue dans le traitement de l’information pour faire du journalisme professionnel.

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elon Michele ZANZUCCHI écrivain et journaliste italien, l’un des formateurs à ce séminaire, Il y’a différentes façons de faire du journalisme. Mais le Journalisme dialogique c’est le journalisme qui construit la société et non qui la détruit. Le journaliste n’étant pas un politicien, il ne peut pas changer la société, mais il peut influencer en donnant des informations de sensibilisations à même de pousser la société civile et les politiciens à prendre le bon chemin et les bonnes décisions. Au cours de ce séminaire, plus d’une quarantaine de participants, venus d’Italie, du Benin, du Cameroun, de la Cote d’ Ivoire, du Mali, du Niger et du Burkina Faso ont passé en revue les fondamentaux du journalisme, la déontologie et l’écriture journalistique. Après la cérémonie d’ouverture qui a vu la participation des autorités de la ville de Bobo-Dioulasso, une table ronde sur l’immigration a permis aux participants de discuter à bâton-rompu sur le rôle du journaliste dans l’immigration clandestine. A l’issu des cinq jours de travaux les séminaristes se disent satisfaits de leur participations à en croire les propos de DJOUALEU Armand Journaliste Camerounais :

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« Je suis à ma première participation ; et je suis très heureux de venir au Burkina Faso pour ce séminaire. Je suis aussi heureux de savoir que beaucoup de jeunes s’intéressent au métier du journaliste. Pour moi le journaliste dialogique est le journaliste qui prend position qui n’est pas attentiste, qui n’aime pas la guerre. Mais un journaliste qui dialogue avec les autres, les populations en détresses, les religions les pouvoirs public. Je repars du Burkina avec les sentiments d’avoir appris des autres et invite l’ensemble des journalistes à redécouvrir le métier du journaliste ». BAYO Moussa Professeur de lycée venu de la Cote d’ivoire, pour sa part, avoue avoir « un penchant pour la communication et le journalisme » : « J’ai toujours besoin d’être outillé et en phase avec les rudiments du journalisme .Je ne manque pas les occasions pour me former et être d’actualité. Pour moi un journaliste dialogique est une approche du journaliste qui consiste à rapprocher les positions, rapprocher les différents camps et protagonistes de la société, faire en sorte que le journaliste ne soit pas un pyromane, qu’il soit plutôt un faiseur de paix, un pacificateur dans la société. Même pour une mauvaise nouvelle que l’on doit annoncer le journaliste doit le faire sans méchanceté dans les propos.

Ce qui m’a beaucoup intéressé, c’est surtout les procédés de création des sites web et les réseaux sociaux ». Quant à OULE Jennifer Etudiante, en 3eme année de communication pour le développement à l’Université Ouaga I Pr Joseph KI-ZERBO du Burkina Faso, elle affirme « s’intéresser beaucoup à toutes les formations qui touchent aux journalistes » : « J’ai été plus touchée par les témoignages sur l’immigration et la table ronde qui a mis en lumière le rôle des journalistes dans l’immigration. Pour moi les journalistes doivent privilégier l’écoute, le dialogue dans le traitement de l’information ». Rappelons que ce séminaire est l’initiative du mouvement ecclésiale FOCOLARI qui inspire une nouvelle façon de faire les choses, qui prône l’unité au-delà des croyances, et des divergences politiques. Il est le deuxième du genre en Afrique de l’ouest, après celui de la Cote d’Ivoire et permettra à chaque acteur de faire au mieux son métier ; mais aussi à terme de mettre un réseau de journalistes africains en place qui vont créer un site web et travailler dans la recherche de la vérité pour construire la société. Da D. Josiane

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Actu Immigration clandestine : Des journalistes d’horizons divers s’engagent

Vers la mise en place d’un réseau international de journalistes pour sensibiliser sur le phénomène

« Journalisme et immigration ». C’est le thème qui a réuni plusieurs journalistes de diverses nationalités le dimanche 10 juin au Centre Abel SANON de Bobo-Dioulasso autour d’une table ronde à l’occasion d’un séminaire international sur le journalisme. Organisé par le mouvement Focolari, l’objectif recherché est de sensibiliser sur le phénomène d’immigration clandestine, selon Michelle Zanzucchi, journaliste italien.

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elon lui, l’immigration a pour principale cause l’idée « qu’ailleurs est mieux que chez soi » : « Aujourd’hui 60 millions de personnes cherchent à changer de pays. Le journaliste doit être un moyen de rapprochement en interpellant les gouvernants sur leurs responsabilités », affirme-t-il. S’agissant toujours de la responsabilité des journalistes, il précise que ceux-ci doivent faire un traitement « correct » de la question pour ne pas « envenimer » la situation. Pour lui, il importe de prendre le point de vue des hommes politiques, des religieux, des géographes en vue d’une solution globale. Selon Toure Ibrahima, journaliste ivoirien, le phénomène est bien une réalité en Côte d’ivoire. Daloa, à l’en croire, semble être un point de dé-

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part important des jeunes. Il affirme s’être réellement intéressé au problème en 2016 après avoir constaté la disparition de nombreux jeunes de son quartier et le maintien en Lybie d’un ami proche : « L’immigration est un problème qui est vieux comme le monde. L’histoire de l’humanité est faite de mouvements et d’occupation d’espace. C’est inquiétant aujourd’hui parce que c’est devenu plus meurtrier », souligne-t-il. Da Josiane, journaliste Burkinabè, pour sa part, a expliqué comment certaines filles de son pays se font avoir par des réseaux de prostitution notamment dans les pays du moyen Orient. Quant à Armand Djoualeu, journaliste camerounais, il a lui expliqué la détresse de beaucoup de jeunes camerounais dans les pays du Golfe. « Nos Etats doivent mettre sur

pied, une fiche nationale pour tracer tous les citoyens afin de savoir qui va où », a recommandé le journaliste béninois, Ehoumi Guy Constant. Enfin, au regard de tout ce qui a été dit, Michelle Zanzucchi, recommande aux journalistes de se mettre ensemble afin de donner au phénomène un visage plus « humain » dans le cadre d’un « journalisme dialogique » qui est plus tourné vers le dialogue et la valorisation de la personne humaine. Fatoumata Fati BA

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Les grottes groglodytes de kuiny

Les chutes d’eau de banfora

Pochette documentaire Le buste de tiefo amoro

Les grottes groglodytes de kuiny Les grottes troglodytes de kuiny Contactez notre bureau aux numéros suivants: (+226) 20970317 • (+226) 20971914 Rédaction: B.P. 1212 Bobo Dioulasso - Burkina Faso • e-mail: focomasc.bobo@gmail.com Infographie : Djiré Dominique

Séminaire journalisme Bobo - Groupe Ibrahima A4  
Séminaire journalisme Bobo - Groupe Ibrahima A4  
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