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Erasmus Mundus Joint Master Degree Dynamics of cultural landscapes and heritage management 2016-2018

La démarche VILLAB Des pistes de développement pour les Villages de Caractère d’Ardèche

Mémoire de stage professionnel présenté par RICCI Carlo

Structure d’accueil Conseil d’Architecture, d’Urbanisme et de l’Environnement de l’Ardèche Stage encadré par VAUTHIER Myriam, architecte-urbaniste Référent consortium DUMEZ Richard, maître de conférences MNHN


Résumé La démarche Villab, littéralement VIL-lages LAB-oratoire, se pose par définition comme un « outil innovant pour stimuler la créativité » (CAUE 07, Projet d’orientation 2018-2020, p.31) dans les Villages de Caractère (VdC) d’Ardèche. Le label VdC est présent dans d’autres départements de France mais en Ardèche il compte un grand nombre d’adhérents (vingt). Il a été créé, à l’instar d’autres labels comme Les Plus Beaux Villages de France ou Villes ou Pays d’art et d’histoire, à des fins touristiques et se trouve aujourd’hui sous la direction de l’Agence de Développement Touristique (ADT). La Charte de qualité qui règle l’entrée et le maintien dans le label se porte sur des critères principalement d’esthétique et d’accueil-animation qui forment la promesse client, une sorte d’engagement envers les visiteurs. Très conscients que l’offre touristique de qualité et les progrès territoriaux sont fortement liés, l’équipe de l’ADT et les représentants des villages membres se sont adressé au Conseil d’Architecture d’Urbanisme et de l’Environnement (CAUE) de l’Ardèche pour recruter une équipe qui permettrait de porter une expertise pluridisciplinaire sur un échantillon de quatre VdC. Le groupe de travail dont j’ai fait part a été composé de sept étudiants de différents domaines qui ont croisé leur regard et ont imaginé collectivement des actions à proposer aux élus et aux différents acteurs locaux. La période de stage a été divisée en trois phases correspondants à autant de missions : le diagnostic, la réalisation de feuilles de route porteuses de préconisations, la phase prospective associée au développement de projets. Au long des trois phases nous avons mis au centre de notre réflexion la dimension patrimoniale comme vecteur de développement pour une réalité, celle ardéchoise, de caractère rural. Mots clés : gestion territoriale, patrimoine architectural, patrimoine paysager, espaces ruraux, urbanisme partecipatif, diagnostic. IV


Abstract The Villab project, literally VIL-lages LAB-oratoire, is by definition an « innovative tool for stimulating creativity » (CAUE 07, Projet d’orientation 2018-2020, p.31) in the Villages de Caractère d’Ardèche (VdC). The VdC label is also diffused in other departments of France but in Ardèche counts on a high number of members (twenty). It was born, like others as Les Plus Beaux Villages de France or Villes ou Pays d’art et d’histoire, to increase tourisme and is nowadays under the direction of the Agence de Développement Touristique (ADT). The quality charte regulating the entry and the maintenance of the label is mainly based on aesthetic and animation criteria that form the promesse client, a kind of commitment to visitors. Fully aware that quality tourist offer and local development are strongly linked, the ADT and the VdC member villages addressed the Conseil d’Architecture d’Urbanisme et de l’Environnement (CAUE) to recruit a team in order to bring a multidisciplinary expertise to a sample of four VdC. The working group I was part was composed of seven students from different fields who worked together to imagine collectively several actions to propose to the local actors. The internship was divided into three phases corresponding to as many missions: the diagnostic, the roadmap carrying different recommendations and the prospective phase associated with the development of a project per village. Throughout the three phases, we focused on heritage as vector of development for a region, that of Ardèche, still conserving a rural character.

Key words : regional planning, architectural heritage, landscape heritage, rural areas, participatory project planning, diagnostics. V


PHOTO 1 : FAÏSSES SUR LA PENTE DE MEYRAS. 12/04/2018


Sommaire 1. Introduction 1.1. La recherche du stage 1.2. Les structures d’accueil

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2. La démarche Villab 2.1. L’équipe de travail 2.2. Les missions 2.3. La méthode

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3. Du diagnostic jusqu’aux projets 3.1. L’isolement de l’Ardèche, facteur de déclin et d’opportunités 3.2. Antraïgues-sur-Volane : la création d’un plan de continuité des espaces publics 3.3. Jaujac : l’organisation d’un festival alliant nature et culture 3.4. Meyras : la création d’un parcours de découverte connectée 3.5. Thueyts : un aménagement urbain pour découvrir le village la nuit 3.6. Considérations globales sur la Charte VdC pour son évolution 3.7. L’Ardèche, un paysage culturel “ordinaire”

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4. Bilan du stage 4.1. Forces et faiblesses d’un stage “sur le terrain” 4.2. Les difficultés d’une démarche collective 4.3. Un stage en ligne avec l’expérience DYCLAM

5. Conclusions Remerciements Bibliographie Annexes

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Acronymes

Villab : Villages-Laboratoire VdC : Villages de Caractère ADT : Agence de Développement Touristique CAUE : Conseil d’Architecture d’Urbanisme et de l’Environnement MNHN : Musée National d’Histoire Naturelle DREAL : Direction Régionale de l’Environnement, de l’Aménagement et du Logement CRT : Comité Régional du Tourisme OT : Office du Tourisme CERMOSEM : Centre d’Études et de Recherches sur les Montagnes Séches et Méditerranées PNR : Parc Naturel Régional LEADER : Liaison Entre Actions de Développement de l’Économie Rurale (programme européen) INSEE : Institut National de la Statistique et des Études Économiques SCoT : Schéma de COhérence Territorial Com Com : Communauté de Communes PLUI : Plan Local d’Urbanisme Intercommunal GIS : Geographic Information System CAD : Computer-Aided Design IPT : Instituto Politécnico de Tomar UJM : Université Jean Monnet de Saint-Étienne

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Glossaire

Faïsses : terme ardèchois pour définir les terrasses à destination agricole Villages de Caractère : label de qualité qui correspond à des critères d’excellence en termes de mise en valeur du patrimoine et d’accueil touristique Charte de qualité : document sur lequel se fonde le label Villages de Caractère. Elle énumère les critères d’admission, d’attribution et de maintien du label (annexe 4) Promesse client : Notion introduite lors d’une révision de la Charte de qualité (2005) qui constitue une sorte d’engagement envers les visiteurs. Elle répose sur différentes catégories de critères, conseillés pour certains, obligatoires pour d’autres. Urbanisme partecipatif : processus qui se base sur l’implication des habitants dans l’élaboration de documents réglementaires d’urbanisme

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Liste des illustrations

N.B. : Toutes les illustrations, sauf indication spécifique, sont le résultat d’un travail personnel. Schèma 1 (P.6) : Le regard demandé par la commande Villab. Adaptation de l’offre de Stage “Villab, laboratoire pluridisciplinaire de projets” publiée par le CAUE de l’Ardèche en Janvier 2018 Schèma 2 (P.6) : Villab en chiffres, nombre de villages étudiés Schèma 3 (P.8) : Villab en chiffres, domaines des stagiaires Schèma 4 (P.8) : Villab en chiffres, structures d’accueil Schèma 5 (P.10) : Villab en chiffres, phases de travail Schèma 6 (P.11) : Déplacements de l’équipe Villab tout au long de la période du stage. En rouge, les déplacements pendant les heures de travail, en jaune, pendant le temps libre Schèma 7 (P.13) : Villab en chiffres, répartition journées de travail Schèma 8 (P.14) : Villab en chiffres, rencontres tout au long de la période du stage Schèma 9 (P.16) : Commune d’Antraïgues-sur-Volane, exemple du graphique « à fleur » pour synthétiser le résultat du diagnostic. Pour le document complet voire l’annexe 1 Schéma 10 (P.28) : La Coupe de Jaujac, installation du festival “Natura Scena” (plan 1:10.000) Schéma 11 (P.28) : La Coupe de Jaujac, installation du festival “Natura Scena” (coupe 1:5.000) Schéma 12 (P.30) : Dessin illustrant l’application “Passé Présent” pour Meyras Photo 1 (P.VI) : Faïsses sur la pente de Meyras. 12/04/2018 Photo 2 (P.18) : Observation du paysage avec l’adjoint de Meyras Eric Lhopitau. 06/04/2018 Photo 3 (P.18) : Observation du paysage avec le maire de Thueyts Daniel Teston. 05/04/2018

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Photo 4 (P.19) : Moulinage abandonné sur la N102 à proximité de Neyrac-les-Bains. 18/04/2018 Photo 5 (P.20) : Pont de l’Echelette, Jaujac. 28/06/2018 Photo 6 (P.21) : Le village d’Antraïgues depuis Aizac. 16/05/2018 Photo 7 (P.23) : Rue du Pont de l’Huile, Antraïgues. État de lieu au 16/05/2018 Photo 8 (P.23): Rue du Pont de l’Huile, Antraïgues. Proposition d’amenagement Photo 9 (P.24) : Ordonnance municipale qui interdit aux groupes le passege dans les ruelles d’Antraïgues. 16/05/2018 Photo 10 (P.24) : Écrites sur les murs d’Antraïgues prouvant la conflictualité entre piétons et chauffeurs. 16/05/2018 Photo 11 (P.25) : Le village de Jaujac depuis le Château de Rochemure. 07/06/2018 Photo 12 (P.28) : La Coupe de Jaujac, installation du festival “Natura Scena” (photomontage) Photo 13 (P.32) : Rue de la Fontaine, Thueyts. Proposition de parcours lumineux Photo 14 (P.34) : Étalement urbain à La Chareyre (Thueyts). 26/04/2018 Photo 15 (P.34) : Bâtiment en construction à La Chareyre (Thueyts). 26/04/2018 Photo 16 (P.35) : Bâtiment abandonné dans le centre bourg de Meyras. 10/04/2018 Photo 17 (P.37) : La Taillade (Fabras), bâti au sommet de la coulée basaltique du Lignon. 18/04/2018 Photo 18 (P.40) : Récolte de données avec les questionnaires pendant le marché de Jaujac. 24/04/2018 Photo 19 (P.42) : Restitution publique de la phase “diagnostic” à Antraïgues. 16/05/2018. Photo prise par Séverine Le Goff, CAUE de l’Ardèche. Photo 20 (P.47) : Photo de groupe de l’équipe Villab lors de la restitution à Antraïgues du 16/05/2018. Photo prise par Séverine Le Goff, CAUE de l’Ardèche.

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1. Introduction

1.1 La recherche du stage Au moment de la recherche du stage, nécessaire pour finaliser le parcours DYCLAM, j’ai essayé de satisfaire différentes conditions qui ont fait le processus assez long et compliqué. D’abord je voulais tenir compte de ma formation d’architecte mais sans être utilisé exclusivement pour tâches de conception et de dessin du bâtiment. Ensuite, j’aurais aimé garder dans mon stage les trois phases de collecte des données, identification des enjeux, proposition de solutions pour améliorer la gestion du territoire qui m’ont beaucoup plues lors des projets à Castelo (2ème semestre), en Bourgogne (1er-3ème semestre) et dans les quatre paysages culturels italiens (4ème semestre). Enfin, je ne voulais pas travailler tout seul, ou au contact d’une seule personne, pour avoir le maximum de stimuli lors de ma première expérience professionnelle de ce type. Dans ce cadre, pendant le semestre au MNHN, j’ai reçu par M. Dumez le conseil d’orienter ma recherche vers les offres de stage des collectivités territoriales françaises. Notamment vers deux organismes, dépendantes des collectivités, qui s’occupent d’architecture et de la gestion du territoire : les DREAL (Directions Régionales de l’Environnement, de l’Aménagement et du Logement) et les CAUE. J’ai donc répondu à une offre publiée par le CAUE de l’Ardèche, en partenariat avec l’ADT du même département, qui répondait au titre « Villab, laboratoire pluridisciplinaire de projets » et j’ai été accepté après un entretien avec son directeur Fabrice Di Russo.

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Introduction


1.2 Les structures d’accueil Avant de parler de la démarche Villab, il me paraît important de rappeler la nature et les rôles des structures qui m’ont accueilli ainsi que les partenaires qui m’ont accompagné pendant toute la période des quatre mois de travail. Les CAUE ont été créés par la Loi n° 77-2 du 1977 sur l’architecture et sont des organismes à échelle départementale qui ont une fonction de conseil, tant envers les collectivités qu’à destination des particuliers, en matière d’architecture et d’urbanisme. Notamment, ils s’occupent de traduire en termes techniques les choix des communes sur des projets ayant un intérêt public, afin de formuler les avis de concours pour leur réalisation. Ils se chargent également de former les élus, les enseignants, les professionnels et de sensibiliser le public le plus large possible sur les bonnes pratiques d’aménagement du territoire. Dernièrement les missions des CAUE ont été étendues pour en faire des points de référence vers deux concepts-clés de la gestion durable : la transition énergétique et la préservation du paysage. C’est justement la nature d’un organisme qui est entre le conseil technique et la pédagogie, qui a une vision globale, tout en étant ancré dans le territoire, qui explique le développement de la démarche Villab à laquelle j’ai participé. Pour dire vrai, à l’origine de la commande se trouve un autre organisme encadrant, l’ADT de l’Ardèche, qui s’est adressé au CAUE pour la formaliser. Les ADT sont des organismes créés par les conseils départementales en charge du développement et de la promotion du territoire. Normalement leurs rôles sont d’accompagner les différents porteurs de projets touristiques, de promouvoir les destinations et de commercialiser les séjours. Les ADT travaillent à différentes échelles en collaboration avec les CRT (Comités régionaux du tourisme), les Chambres de Commerce, les OT pour Offices de Tourisme. Les autres acteurs qui ont été importants en qualité de partenaires sont les suivants : en premier le CERMOSEM (Centre d’Études et de Recherches sur les Montagnes Sèches et Méditerranéennes), une antenne ardéchoise de l’Université Grenoble-Alpes qui nous a mis à disposition l’expertise des ses professeurs et de tous ses instruments techniques. Puis le Parc naturel régional des Monts d’Ardèche (PNR), toujours présent à travers la mobilisation des membres de son l’équipe et le responsable du programme LEADER Ardèche3, co-financeur du stage. Introduction

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2. La démarche Villab

L’expérience dont je m’apprête à décrire a démarré vingt ans depuis de la labellisation des premiers huit villages de caractère (1998). Son objectif, à la lumière des changements en cours au niveau global dans les espaces rurales, est de stimuler et de soutenir leur capacité de s’améliorer sous différents aspects : l’architecture, l’urbanisme, le lien social et intergénérationnel, la mobilité, l’économie, l’offre en logements. Tout ça en partant d’un diagnostic rigoureux mais innovant, qui doit se baser sur la capacité d’observer des stagiaires (schéma 1) et sur leur habilité à mettre au point la méthode à utiliser. Pour la première session du Villab à laquelle j’ai participé quatre communes labellisées ont été choisies comme territoire d’étude. Il s’agit d’Antraïgues-sur-Volane, Jaujac, Meyras et Thueyts (schéma 2). Il faut également rappeler que la démarche a été pensée et financée sur une période de trois ans (2018 - 2020) pour offrir, par la suite, la possibilité de bénéficier de l’expertise à tous les villages qui le souhaitent. Pour décrire la démarche j’ai choisi de diviser ce chapitre en trois parties : l’équipe de travail, les missions reçues par les commanditaires et la méthode utilisée pour accomplir chaque mission. Dans le chapitre suivant je passerai à la description du travail réalisé sur chaque village, pour finir avec des considérations générales sur le déroulement du stage. J’espère avoir dépassé la difficulté majeure rencontrée, c’est-à-dire avoir réussi à résumer d’une manière claire une grande quantité de données car produites par sept personnes pendant quatre mois.

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un regard...

- extérieur à l'Ardèche - pluridisciplinaire - neuf issu des nouvelles générations - « in situ » qui privilégie les interactions avec les rèsidents - pédagogique et interactif mobilisant les jeunes habitants - prospectif qui propose des pistes d'améliorations concrètes - innovant sur la valorisation des ressources locales SCHÈMA 1 : LE REGARD DEMANDÉ PAR LA COMMANDE VILLAB

SCHÈMA 2 : VILLAB EN CHIFFRES, VILLAGES ÉTUDIÉS La démarche Villab

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2.1 L’équipe de travail

L’équipe Villab, c’est-à-dire mes collègues de travail tout au long du stage, était composée de sept étudiants provenant d’universités et de domaines différents (schéma 3). Une composante considérable étaient les architectes : Maïa Bodineau (Master École d’Architecture-Clermont-Ferrand), Walid Zrari (Master en Histoire de l’art, Architecture-Lyon) et moi-même. Ensuite il y avait deux étudiants en développement territorial-urbanisme : Candice Magnard (Master Ingénierie du Développement Territorial et de la Transition-Grenoble) et Mohamed Amine M’Rad (Master Urbanisme et Aménagement-Grenoble). Complétaient l’équipe Sophie Fourrer, étudiante à l’Ecole Nationale Supérieure d’Architecture de Paysage de Lille et Alice Thavez, étudiante en Aménagement Touristique et Développement des Destinations à Angers. Faisaient partie de l’équipe en qualité d’encadrants et de modérateurs Fabrice di Russo et Myriam Vauthier de la part du CAUE puis Gislaine Gacon et Thierry Boutemy de la part de l’ADT (schéma 4). Généralement le calendrier prévoyait le travail en autonomie des stagiaires et une rencontre par semaine avec les tuteurs-modérateurs pour présenter l’état d’avancement de la démarche.

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SCHÈMA 3 : VILLAB EN CHIFFRES, DOMAINES DES STAGIAIRES

SCHÈMA 4 : VILLAB EN CHIFFRES, STRUCTURES D’ACCUEIL La démarche Villab

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2.2 La mission Un point positif du déroulement du stage a été la clarté de la mission qui était assignée aux stagiaires. Si, en effet, notre mission répondait à une question plus générale qui était « trouver des pistes de développement pour le label touristique Villages de Caractère d’Ardèche » (CAUE7 07, Offre de stage « Villab », Janvier 2018), dès le départ nous avons reçu une commande ultérieure élaborée par les encadrants sous forme de plan de travail. Ce plan comprenait type, format, dates des livrables à consigner, ainsi que les dates auxquelles nous aurions dû exposer nos réflexions au public. Pour identifier les parties retenues incontournables dans le processus le calendrier avait été divisé en quatre phases (schéma 5). - 1ère phase du 26 Mars au 16 Mai. Il s’agissait de réaliser un diagnostic sur l’état de l’art du label VdC d’Ardèche pour les communes d’Antraïgues-sur-Volane, de Jaujac, de Meyras et de Thueyts. L’équipe devait produire un rapport écrit destiné aux élus des villages et à l’ADT (annexe 1). Cette phase s’est conclue avec la présentation orale d’un diaporama le 16 Mai dans la commune d’Antraïgues. - 2ème phase du 16 au 31 Mai. Pour donner suite au diagnostic, nous sommes partis des enjeux afin de présenter une série de préconisations destinées aux commanditaires. Dans la pratique, la consigne consistait à rendre une feuille de route comprenant une liste de trois-quatre propositions de projet par village qui visaient à concrétiser les préconisations (annexe 2). Le 31 Mai à Jaujac nos interlocuteurs ont choisi, lors d’une réunion collective, un projet prioritaire par village à développer. - 3ème phase du 31 mai au 20 Juillet. La dernière phase prévoyait le développement des projets choisis, pour arriver à fournir aux élus toutes les indications pour leur réalisation. Les livrables ont été rendus sous forme soit de panneaux A1, soit de livrets, ou encore de vidéos : en général tout ce qui s’avérait utile pour expliquer notre travail (annexe 3). Chaque village a également accueilli une exposition des projets ouverte au public. - La 4ème phase, transversale aux autres, s’est conclue le 17 Juillet. Il s’agissait de présenter à une commission représentante du label VdC, un document écrit contenant des pistes d’amélioration pour la Charte de qualité VdC (annexe 4 et 5) qui est à la base du label.

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SCHÈMA 5 : VILLAB EN CHIFFRES, PHASES DE TRAVAIL La démarche Villab

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2.3 La méthode Le diagnostic Si d’un côté la commande était très bien définie, de l’autre côté nous avons eu la possibilité de choisir en autonomie comment mettre en place la méthode afin de la satisfaire. Ce que signifie l’organisation en toute liberté du temps, étant entendu que les horaires à respecter allaient de 9h du matin à 17h 30 de l’après-midi. L’équipe avait à disposition un espace de travail avec des ordinateurs à Thueyts alors que le logement commun était dans le village de Jaujac, à une quinzaine de kilomètres de distance. Dans un premier temps nous avons commencé par l’étude, dans notre atelier à Thueyts, des documents d’urbanisme, des projets en cours sur les quatre communes mais également de certaines bases de données publiques telle que l’INSEE. C’était facile de réaliser qu’une collecte de données de ce type n’était pas suffisant pour accomplir notre travail car la réalisation d’un diagnostic demande de se déplacer sur tout le territoire, de prendre des notes, des photos ou de faire des croquis. De cette façon nous avons parcouru, avec une voiture que le CAUE nous a mis à disposition, presque tout le territoire des communes concernées, y compris les hameaux les plus isolés. Pendant notre temps libre, pour le plaisir de voyager, nous avons également pu visiter d’autres villages de caractère et d’autres lieux emblématiques de l’Ardèche (schéma 6).

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SCHÈMA 6 : DÉPLACEMENTS DE L’ÉQUIPE VILLAB TOUT AU LONG DE LA PÉRIODE DU STAGE. EN ROUGE, LES DÉPLACEMENTS PENDANT LES HEURES DE TRAVAIL, EN JAUNE, PENDANT LE TEMPS LIBRE


Sans vouloir sous-estimer l’importance de cette phase où nous avons porté notre « regard extérieur », les éléments fondamentaux du diagnostic sont ressortis des rencontres avec ceux qui habitent et travaillent sur le territoire. Notre agenda s’est progressivement enrichi de rendez-vous avec différents acteurs : des élus, des professionnels de l’urbanisme, de la planification territoriale, du bâtiment, du tourisme, des fonctionnaires de l’administration publique (schéma 7 et 8). Curieusement durant les premiers jours c’était à nous de demander les rendez-vous alors que vers la fin du stage, dès que les acteurs ont entendu qu’il y avait un groupe de stagiaires qui travaillait sur le territoire, c’était plutôt eux qui venaient nous parler.

SCHÈMA 7 : VILLAB EN CHIFFRES, RÉPARTITION JOURNÉES DE TRAVAIL

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Un autre point essentiel pour obtenir des informations a été les questionnaires. Nous avons conçu un document à remplir composé de quatre thématiques majeures afin de comprendre les pratiques et les perceptions du territoire du point de vue des habitants ou de celui des visiteurs. Les quatre thèmes abordés étaient donc : la représentation de la commune étudiée, l’implication dans la vie communale, l’ambiance des espaces publics, le tourisme par rapport au label VdC (annexe 6). Au total, nous avons pu réaliser deux cents questionnaires sur l’ensemble des quatre communes. Par manque de temps et de personnes acceptant de se soumettre à notre enquête, l’échantillon n’était pas exhaustif mais il nous a permis d’avoir des tendances générales.

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- direction du PARC NATUREL RÉGIONAL monts d’ardéche - direction du PARC - Élus Juajac [2] NATUREL RÉGIONAL monts d’ardéche - Élus Juajac [2] direction des territoires [2] - Département, - Département, direction des territoires - ArchitectE DES Bâtiments de France [2][2] - ArchitectE DES Bâtiments - Élus Antraigues [2] de France [2] - Élus Antraigues [2] - Communauté de Communes Aubenas-Vals, secteur urbanisme - Communauté de Communes Aubenas-Vals, secteur urbanisme - Office DE tourisme DE Jaujac - Office tourisme - ÉlusDEThueyts [2] DE Jaujac - Élus Thueyts - Élus Meyras[2][2] - Élus Meyras [2]urbanisme Jaujac - commission - commission urbanisme JaujacArdèche des Sources et Volcans - Communauté de Communes - Communauté de Communes Ardèche des Sources et Volcans - Centre termal de Neyrac-les-Bains - Centre de Neyrac-les-Bains - Officetermal de Tourisme d’Aubenas - Office Tourisme DE Neyrac-les-Bains - Office de de Tourisme d’Aubenas - CERMOSEM, campus de l’Université Grenoble-Alpes - Office de Tourisme DE rural Neyrac-les-Bains - Plénière campus « Villages de Caractère » Grenoble-Alpes - CERMOSEM, rural de l’Université - Assemblée générale officeS de »tourisme - Plénière « Villages de Caractère - Associations Antraigues - Assemblée générale officeS de tourisme - Archives départementales - Associations Antraigues - Mesnierdépartementales Architecture - Archives - P.N.R. monts d’ardèche, chargé de mission tourisme - Mesnier Architecture - Dauphiné [presse] - P.N.R. monts libéré d’ardèche, chargé de mission tourisme Étudiants école nationale - Dauphiné libéré [presse] supérieure d’architecture de clermont-ferrand - Étudiants école nationale supérieure d’architecture de derive [collectif clermont-ferrand d’artistes] et b.a.s.e. [agence de paysagisme] - France 3 Drome-Ardèche - derive [collectif d’artistes][presse] et b.a.s.e. [agence de paysagisme] commission élus villages de caractère - France 3 Drome-Ardèche [presse] - commission élusEN villages de caractère SCHÈMA 8 : VILLAB CHIFFRES, RENCONTRES TOUT AU LONG DU STAGE La démarche Villab

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Pour donner une forme à notre analyse, vue la grande quantité de données à disposition, il a été nécessaire de trouver cinq grands items sous lesquels regrouper les caractéristiques ressorties de chaque village. Nous avons également créé les items afin de rendre la méthode reproductible en vue des prochaines sessions Villab. Il s’agissait de « vie locale », « accueil et animation touristique », « identité », « patrimoine bâti et paysager » et « gestion du territoire ». À la fin du diagnostic nous avons ainsi créé des graphiques de synthèse « à fleur » en attribuant à chaque item une note de zéro à cinq (schéma 9). Cela a permis de faire transparaître non seulement les forces et les faiblesses de chaque municipalité, mais de les comparer et de déterminer des tendances communes. La feuille de route Les forces et faiblesses des villages ont fait ressortir clairement des enjeux autour desquels, pendant la deuxième phase « feuille de route », nous avons conçu des préconisations à suivre et des propositions de projet. Pour donner un exemple : sur la commune d’Antraïgues un des points faibles était le réseau routier, alors que la commune dénombre des sites naturels d’exception autour du centre bourg. Par conséquent, l’enjeu spécifique a été « articuler les déplacements entre les différents points d’intérêt de la commune ». Dans ce projet nous avons proposé un système de voies douces pour les rejoindre. L’équipe s’est engagé à présenter au moins trois projets par village qui pouvaient répondre au même enjeu, si considéré très important, ou à des enjeux différents. À noter que nous avons raisonné autour de projets de nature variée, soit architecturales, soit à l’échelle urbaine, soit de développement touristique parce que provenant de domaines différents et donc habitués à offrir des solutions distinctes. Les élus ont pris connaissance de la feuille de route et pendant une réunion collective ils ont choisi une action à mener sur leur village. Ce moment nous a permis d’un côté d’avoir un retour (positif) sur le travail effectué car maires et conseillers communaux connaissaient bien les enjeux mis en évidence. D’un autre côté l’échange nous a montré une réalité, celle de la prise de décisions en collaboration avec les élus, faite de contraintes administratives, budgétaires et de préférences personnelles. La phase-projet Jusqu’à la phase-projet l’équipe a progressé ensemble à toutes les étapes en essayant de rendre chaque décision la plus largement partagée. Ensuite, pour permettre aux stagiaires d’entrer dans le détail des propositions, chacun d’entre nous a choisi un projet prioritaire sur lequel se focaliser et un autre ou autre deux à suivre en qualité d’aidant. De cette façon il a été pos-

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sible de respecter notre compétence, nos préférences et surtout de prendre des décisions plus rapidement. Au début de cette phase toutes les équipes ont fixé des rencontres avec les acteurs du territoire qui pouvaient être intéressés par nos propositions : élus, associations, professionnels, cadres administratifs afin d’écouter leurs observations. Ensuite chaque groupe a considéré que la phase de récolte données et de concertation était terminée pour se concentrer au maximum sur la production des livrables. Ceci, bien évidemment, en conservant nos rendez-vous hebdomadaires avec les tuteurs de stage. À la fin de Juillet nous avons produit, pour présenter les projets, du matériel papier (panneaux grand format, livrets), ainsi que des supports pour les restitutions orales (diaporamas, brefs vidéos). Finalement, en accord avec les élus des villages intéressés, le travail s’est conclu par des présentations ouvertes au public sous forme de réunions-débat ou de randonnées collectives. Les pistes d’amélioration pour la Charte VdC Cette partie de la commande nous a accompagné tout au long de notre stage, c’est pourquoi, du diagnostic à la phase-projet, nous avons récolté de façon progressive une grande quantité d’observations sur la Charte VdC. Toutes ces données et une série de recommandations sur comment l’améliorer ont été mises noir sur blanc pour un rencontre finale avec une commission représentante du label VdC.

SCHÈMA 9 : COMMUNE D’ANTRAÏGUES-SUR-VOLANE. EXEMPLE DU GRAPHIQUE « À FLEUR » POUR SYNTHÉTISER LE RÉSULTAT DU DIAGNOSTIC.


3. Du diagnostic jusqu’aux projets

Pour la partie principale de mon rapport de stage j’ai choisi de ne pas m’attarder sur une description trop détaillée des projets proposés. Bien qu’ils soient intéressants, les projets sont le résultat des contraintes spécifiques à chaque village et je trouve secondaire d’expliquer pourquoi, par exemple, à Jaujac pour l’organisation d’un festival nous avons choisi une scène d’une forme et pas d’une autre. Ce que je voulais garder de notre travail, en structurant cette partie de la même façon, sont les étapes : l’observation sur le terrain, l’analyse, la mise en place des enjeux, les propositions de pistes d’améliorations. Chaque village sera présenté en tant que cas emblématique pour voir comment nous avons répondu à la commande en s’appuyant sur la gestion et sur la valorisation du patrimoine local. Je commencerai par introduire le département de l’Ardèche, encore une fois l’objectif de ce paragraphe n’est pas de faire une analyse détaillée du département (pour ce type de document on se réfère plutôt au diagnostic en annexe) mais le principe est de fournir les grandes lignes pour mieux comprendre le champ d’enquête.

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Du diagnostic jusqu’aux projets


PHOTO 2 : OBSERVATION DU PAYSAGE AVEC L’ADJOINT DE MEYRAS ERIC LHOPITAU. 06/04/2018

PHOTO 3 : OBSERVATION DU PAYSAGE AVEC LE MAIRE DE THUEYTS DANIEL TESTON. 05/04/2018


3.1 L’isolement de l’Ardèche, facteur de déclin et d’opportunités

PHOTO 4 : MOULINAGE ABANDONNÉ, NEYRAC-LES-BAINS. 18/04/2018

Situé dans la région Auvergne-Rhône Alpes, l’Ardèche se trouve entre les départements de la Drôme et de la Haute Loire et présente des similarités avec le territoire des Cévennes. Son territoire est plat à l’Est, où se trouve la vallée du Rhône mais devient rapidement montagneux vers l’Ouest, où se trouvent les pics du Massif Central. Malgré sa proximité avec des grandes métropoles telles que Lyon, Grenoble, Valence et Clermont-Ferrand, à la demande : « comment vous définirez le département de l’Ardèche ? » plusieurs acteurs du territoire nous ont répondu « rurale ». Cette réponse s’explique car en Ardèche il n’y a pas des grandes villes comme une métropole, au contraire, les deux principales, Privas et Aubenas, atteignent à peine les 10.000 habitants. En effet les centres habités qui ont la forme de villages ou de hameaux restent isolés parce qu’il n’y a pas de réseau ferroviaire et les routes sont toujours sinueuses. Si, cependant, avec le terme rurale on entend « où se pratique l’agriculture » la réponse est anachronique parce que les cultures autrefois typiques du territoire, surtout l’arboriculture fruitière, sont désormais abandonnées. Il en est de même pour les activités manufacturières : un temps florissantes grâce à l’abondance d’eau qui fournissait l’énergie hydraulique, aujourd’hui ces activités ont disparu. Dans ce cadre, le département cherche des nouveaux axes de développement et le tourisme s’impose comme le principal.

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PHOTO 5 : PONT DE L’ECHELETTE, JAUJAC. 28/06/2018

Les villages objet de la démarche Villab ne se détachent pas de cette dynamique parce qu’ils s’inscrivent dans un territoire historiquement d’agriculture et d’élevage qui comptait également un grand nombre de moulins et de moulinages. Ils ont depuis vingt ans bénéficiés du développement du tourisme qui porte sur la beauté des petits centres bourg ainsi que sur un paysage relativement intact. Ce n’est pas un cas si l’image de la région est aujourd’hui portée par le soleil et l’eau claire, encore plus que par les Gorges de l’Ardèche et ses formations géologiques. À cet égard, l’une des particularités de nos communes est leur localisation au sein du PNR des Monts d’Ardèche, fondé en 2001 et qui a pour but de protéger l’environnement sur une superficie de 2.280 Km2. Les quatre communes sont également couvertes par le SCoT Ardèche-Méridionale. Ce dernier, qui est en cours d’élaboration, présente l’enjeu majeur d’articuler la mise en valeur et la préservation du paysage. Enfin, les villages appartiennent à des communautés de communes (Com Com) différentes (Antraïgues-sur-Volane fait partie de la Com Com Pays d’Aubenas-Vals alors que Jaujac, Thueyts et Meyras appartiennent à la Com Com Ardèche des Sources et Volcans). Ces regroupements sont en train d’acquérir les compétences en termes d’urbanisme afin d’élaborer les PLUI (Plan Local d’Urbanisme Intercommunal) qui sont les principaux outils de programmation supra-municipaux. Du diagnostic jusqu’aux projets

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3.2 Antraïgues-sur-Volane : création d’un plan de continuité des espaces publics

Le village d’Antraïgues est célèbre dans toute la France pour son « passé artistique » lié aux différents personnages qui y ont vécu, surtout le trio Jean Ferrat-Jean Saussac-Hélène Baissade. Même s’il s’agit de tourisme nécrologique, cette notoriété permet d’attirer un grand nombre de touristes qui restent sur place pour quelques heures en visitant le cimitière avant de répartir en bus. Cependant Antraïgues a une autre particularité qui le rend unique, c’est-à-dire sa position, car son centre bourg a été érigé sur un éperon rocheux à la confluence de la Volane et de la Bise, deux petites rivières. La topographie spécifique a limité l’étalement du village. Aujourd’hui, elle contraint les déplacements entre sa partie basse (le Pont de l’Huile) et sa partie haute (le centre-bourg). Dans la mesure où la population est vieillissante, l’utilisation de la voiture pour accéder au village s’avère nécessaire mais celle-ci entre en conflit avec les activités de loisir comme la pétanque

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PHOTO 6 : LE VILLAGE D’ANTRAÏGUES DEPUIS AIZAC. 16/05/2018

ou la libre déambulation de touristes qui descendent des bus. Enfin Antraïgues dispose d’un patrimoine paysager remarquable fait de points de vue panoramiques, parcours de randonnée, sites géologiques tels qu’un volcan, des coulées basaltiques, des rochers de forme particulière. Il semblait donc essentiel de mettre en connexion les points les plus fréquentées du village comme la place centrale, l’église et le Musée Jean Ferrat, aux éléments d’intérêt qui gravitent autour du centre-bourg pour désengorger la circulation ainsi que pour faire découvrir d’autres itinéraires. Enjeux : Articuler les déplacements entre les différents points d’intérêt du village Projet choisi : « Des flâneries, des paysages », création d’un plan de continuité des espaces publics

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PHOTO 7 : RUE PONT DE L’HUILE, ANTRAÏGUES. ÉTAT DE LIEU AU 16/05/2018 PHOTO 8 : RUE PONT DE L’HUILE, ANTRAÏGUES. PROPOSITION D’AMENAGEMENT

Pour un projet de ce type nous avons d’abord fait un inventaire des parcours piétons existants puis, sur la base des questionnaire habitants et visiteurs, nous avons choisi lesquels étaient à privilégier pour notre réflexion. Le principe était de limiter fortement la circulation dans le centre-bourg en aménageant des continuités vers des points de parking à l’extérieur de celui-ci. À partir de ces parkings commencent des sentiers de différentes longueurs et inclinaisons qui se dirigent vers la place centrale en reliant tous les éléments patrimoniaux de la commune. La concertation avec les élus a été nécessaire pour inclure dans notre proposition deux projets-clé déjà financés et qui seront bientôt réalisés : la Maison de la Randonnée et le Plan d’eau aux bords de la Bise. Pour montrer nos idées nous avons produit des plans de circulation, des dessins illustrant le mobilier urbain et la matérialité des sols et des perspectives avant-après des espaces les plus intéressants (exemple : photos 7 et 8).

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PHOTO 9 : ORDONNANCE MUNICIPALE QUI INTERDIT AUX GROUPES LE PASSEGE DANS LES RUELLES D’ANTRAÏGUES. 16/05/2018 PHOTO 10 : CONFLICTUALITÉ ENTRE PIÉTONS ET CHAUFFEURS À ANTRAÏGUES. 16/05/2018

Bien qu’il puisse apparaître comme étant un projet qui est centré uniquement sur l’organisation de l’espace, « Des flâneries, des paysages » a surtout essayé de résoudre des conflits (photos 9 et 10). D’abord entre automobilistes et piétons. Vu que cette relation est souvent source de conflits, nous avons préconisé un partage des espaces publics devant être adaptés aux différents modes de déplacements. Ensuite entre visiteurs et résidents, dès qu’il cherche à canaliser les flux touristiques sur les trajets mieux adaptées à leur passage. Il montre également aux élus que les résidents sont attachés à d’autres types de patrimoine au-delà des attractions les plus connues. De manière générale nous espérons d’avoir transmis l’idée que le tourisme « autour de Jean Ferrat » est à court terme et que la commune doit commencer dès maintenant à investir sur l’aménagement d’autres points d’intérêt et sur la possibilité de les rejoindre. Du diagnostic jusqu’aux projets

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3.3 Jaujac : l’organisation d’un festival alliant nature et culture

Dès l’origine, le volcanisme a façonné le territoire du village de Jaujac et la Coupe de Jaujac a été le dernier volcan du Vivarais à s’éteindre. Son cratère est bien visible au sud du village, ainsi que les restes d’une puissante éruption qui s’est déversée dans la vallée du Lignon en formant celles que l’on nomme aujourd’hui, les coulées basaltiques. Leur forme de prisme les rend uniques en Europe au point d’être reconnues par l’UNESCO au titre de Géoparc. Le village peut également compter sur un patrimoine bâti d’exception représenté par trois châteaux à témoignage du pouvoir des différentes familles : celui du Bruget, de Castreveille et de Rochemure. Le quartier historique du village, le Chastelas, s’élève au nord du Lignon et est niché sur la falaise rocheuse. Au bout se trouvait un autre château, dont il reste toujours un donjon. De la même manière, la maîtrise des bâtisseurs de Jaujac est encore visible grâce aux ponts en pierre (celui du Chastelas, le Pont Romain et le Pont de l’Echelette) qui permettent de traverser la

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PHOTO 11 : LE VILLAGE DE JAUJAC DEPUIS LE CHÂTEAU DE ROCHEMURE. 07/06/2018

rivière Lignon. Jaujac se présente de nos jours comme un village qui dispose de tous les services nécessaires pour ses 1.100 habitants. Dans cette optique, la présence sur le territoire d’une école primaire, d’un nombre élevé d’associations ainsi que d’activités productives et entrepreneuriales menées par les locaux nous semblent fondamentales. Cependant la vie locale animée de Jaujac s’articule principalement autour de la place qui est en même temps un espace de jeux, de restauration, de commerce et le lieu d’évènements. Notre conclusion était que la prédominance de cette place occulte un patrimoine riche autant en termes d’architecture que de paysage. L’objectif identifié était donc de décentraliser l’attention et la vie du village de la place centrale aux autres attractions géologiques-naturelles. Enjeux : Mettre en valeur les points d’attraits existants au-delà de la place Projet choisi : « Natura Scena », organisation d’un festival alliant nature et culture Du diagnostic jusqu’aux projets

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Le projet prévoit l’identification d’une semaine dans l’année où les espaces naturels deviendront des espaces de mise en scène artistique grâce à des évènements qui auront lieu en plein air. Les manifestations temporaires ont été pensées dans une optique à la fois de promotion et de conservation de la biodiversité locale suite à la rencontre avec le PNR Monts d’Ardèche qui a un siège à Jaujac (la Maison du PNR). Concrètement il s’agissait d’identifier les sites qui pouvaient accueillir le festival et de dessiner le mobilier urbain pour l’installation des artistes et des spectateurs (photo 12). A ce propos, ont été identifiés des endroits très différents selon les critères de forme, d’accessibilité, de capacité et de particularités du paysage. Le choix s’est porté respectivement sur le cratère du volcan de Jaujac, le Pont de l’Echelette, le belvédère sur la vallée du Lignon et le site d’une turbine abandonnée. Afin de rendre plus concrètes ces idées nous avons présentés une série d’indications pour la mise en place du festival : associations prêtes à porter l’initiative (de danse, de théâtre, de musique) possibilités de financement, période conseillée, logistique, normes de sécurité, communication. L’idée d’organiser un festival en plein air à Jaujac a été très bien accueilli par les élus. En effet, ils sont bien conscients des potentialités du territoire qui peuvent fournir des scénarios vraiment d’exception comme un volcan ou les coulées basaltiques. Ils sont également conscients que le patrimoine naturel n’est pas forcément à vivre seulement pour les randonnées et qu’il peut accueillir des activités d’autres types. C’était donc l’occasion de solliciter différents acteurs et de les faire travailler ensemble, le PNR, la commune, les associations, car aucun d’eux n’a les moyens pour l’organiser tout seul. Les problèmes majeurs qui ont été avancé sont les questions de sécurité, notamment sur comment garantir l’accès à des sites qui sont potentiellement dangereux.

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PHOTO 12 : LA COUPE DE JAUJAC, INSTALLATION DU FESTIVAL “NATURA SCENA” (PHOTOMONTAGE)

SCHÉMA 10 : LA COUPE DE JAUJAC, INSTALLATION DU FESTIVAL “NATURA SCENA” (PLAN 1:10.000)

SCHÉMA 11 : LA COUPE DE JAUJAC, INSTALLATION DU FESTIVAL “NATURA SCENA” (COUPE 1:5.000)


3.4 Meyras : la création d’un parcours de découverte connectée

La commune de Meyras se situe sur un ancien axe commercial reliant le pays du Vivarais à la ville du Puy-en-Velay. L’évolution de sa croissance démographique est étroitement liée au lancement du chantier hydraulique de l’usine électrique de Montpezat mais la fermeture des moulinages et des fabriques de soie ont mis fin, pendant les années ’90, à cette période d’expansion. Dernièrement la proximité avec le bassin aubenassien et le développement du pôle d’emploi de Neyrac-les-Bains entraînent de nouveau une augmentation de la population. Paradoxalement, la faiblesse première du village concerne sa vie locale car le village peut être qualifié de cité-dortoir et les foyers actifs qui l’habitent ne trouvent pas d’offre de services, de commerces ou d’animations qui répondent à leurs exigences. Depuis la relance des thermes de Neyrac-les-Bains le développement de Meyras est clairement axé sur l’animation, l’accueil touristique et les séjours des curistes d’une durée minimum de trois semaines qui garantissent une large saison aux hôteliers. Cependant la commune peut se vanter de deux monuments inscrits dans la liste Monuments Historiques, les châteaux de Ventadour et de Hautségur, en restauration mais visitables. Meyras comporte aussi des nombreuses traces de la période médiévale et de ses conflits, de l’activité industrielle et de ses apports, du passage des muletiers et d’une histoire commune aux villages ardéchois. A cela s’ajoute un patrimoine naturel riche, notamment en matière de volcanisme, pourtant peu cités lors de nos entretiens sur place avec les habitants et visiteurs, prouvant qu’il est peu mis en avant par la commune. Enjeux : Expliciter les caractéristiques et les spécificités d’un village Projet choisi : « Passé Présent », création d’un parcours de découverte connectée

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Les Guerres de religion

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SCHÉMA 12 : DESSIN ILLUSTRANT L’APPLICATION “PASSÉ PRÉSENT” POUR MEYRAS

L’idée était de mettre au point un dispositif permettant de reconstituer le patrimoine matériel et/ou immatériel du village à travers la technologie de réalité augmentée (lunettes de VR, QR codes), les audios et les vidéos. Le support numérique a l’objectif de regrouper des informations et des modalités de présentations différentes, en plus d’être modifiable et de s’adresser à tout public. Il doit présenter des explications complètes mais concises Nous avons donc choisi depoints développer uneclassés, indicativement, Ce nouveau support a également pour vocasur les d’intérêts selon des grandes thémpplication qui permettrait de regrouper ces infortion de s’adresser à la fois aux touristes et aux atiques. Il est également un outil de communication pour les actualités de mations sur un support unique de manière plus habitants en proposant des informations mises à commune qui peut transmettre de Meyras. moderne et interactive enlas’appuyant notamment jour la enprogrammation fonction de laculturelle programmation et/ou des Enfin il réunit des informations pratiques tels que les contacts de de l’office ur des moyens vidéos, audios, photographiques événements proposés par l’office tourisme ou de tourisme, de la mairie, de la d’exposition mais égalementdes du pôle t textuels. la salle mairie, les horaires d’ouvertures commerces ou des thermes deservices, s’adresser à la fois aux visiteurs et aux ette application se devaitmédical d’être réalisable et mo-afin et etc. ifiable simplement, par des personnes n’ayant pas Il est donc un outil de promotion et de communihabitants.

Croiser les médias

Un public élargi

u peu de compétences dans ce domaine et d’être cation faisant part des actualités de la commune éléchargeable afin d’être Le utilisée hors connexion. permettant de faciliter l’expérience projet retenu à Meyras était, peut-être, celui que l’équipe retenait autant com- du visiteur à la journée que de l’habitant transmettant me étant le moins apte à être développé. Non pas tant pour l’importance rapidement des informations actualisées autant de la valorisation des patrimoines à travers des numériques nous sur l’histoire, le outils patrimoine ou la que programmation partageons, mais parce que personne d’entre nous avait vraiment les capaculturelle du village.

Le dépliant

cités de développer une application pour smartphone. Le travail s’est donc réduit à une recherche d’archive pour mettre ensemble et catégoriser les données déjà existantes pour que, potentiellement demain, quelqu’un réalise l’outil. En général Meyras nous montre qu’un centre bourg peu habité, à l’exception des curistes, est un centre bourg qui perd son attractivité et dont le patrimoine risque d’être oublié. Sur les murs des maisons du centre bourg une série de fresques réalisées dans les années ’90 nous rappellent Le dépliant est ainsi ces composé dereprésentant deux par- les anciens métiers du village. Aujourd’hui de pertes en es. D’une part, une carte toutes du village reprenant les les professions représentées (une quinzaine) comme le boulanger, le oints du centre-bourg mais également ceux précordonnier, le boucher, aucune d’entre elle n’est encore pratiquée.

Orientation

ents à l’échelle communale, notamment dans les ameaux de Neyrac-les-Bains et Champagne. En ardant en tête cette notion d’échelle, nous avons maginé pouvoir proposer différents parcours seon le temps disponible et le moyen de transport

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3.5 Thueyts : un aménagement urbain pour découvrir le village la nuit

Sur le plan touristique et patrimonial Thueyts bénéficie de la renommée du site du Pont du Diable, qui n’a pas d’égal sur le territoire des autres communes. A côté du pont se situent d’autres attractions de première importance, qui forment un ensemble significatif : la via ferrata, les coulées basaltiques, la rivière, les faïsses, ainsi que les deux belvédères. L’autre point patrimonial d’intérêt est le Château de Blou qui a été récemment rénové et accueille aujourd’hui le siège de la communauté de communes. Autour du château nous trouvons un parc où se tiennent régulièrement des activités pour les enfants et où les jeunes se retrouvent pour jouer. De plus le village dispose d’un centre bourg médiéval très bien conservé dont les ruelles courbes tournent autour de l’église. La problématique majeure est la fracture spatiale entre les sites qui se trouvent près de la rivière comme le Pont du Diable et le vieux centre bourg car les deux parties sont divisé par la route nationale N102, un axe routier très fréquenté. Même les commerces sont implantés le long de la N102 puisque la nationale permet de bénéficier d’un certain passage et donc d’une clientèle toute l’année alors que le vieux bourg apparaît désert la plupart du temps. Dans ce contexte nous avons pensé comme action prioritaire de reconstituer l’unité de Thueyts en liant les espaces du village avec un parcours de découverte qui s’adresse tant aux visiteurs quant aux habitants. Enjeux : Lier les différentes espaces du village Projet choisi : « Luminescence », un aménagement urbain pour découvrir le village la nuit

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PHOTO 13 : RUE DE LA FONTAINE, THUEYTS. PARCOURS LUMINEUX (PROPOSITION)

Le projet choisi vise à lier et mettre en scène le patrimoine du village grâce à un parcours lumineux reliant ces points d’intérêt. Ce parcours prévoit des traversées de la route N102 en sécurité et la définition d’entrées privilégiées pour les piétons vers le vieux bourg. Concrètement nous avons déterminé le tracé et les lieux à illuminer comme par exemple les belvédères, le Château de Blou et son parc, la Chapelle Saint Roch, les jardins et les fontaines qui se trouvent le long des ruelles. Ensuite nous avons évoqué le positionnement ainsi que des solutions techniques pour disposer les spots lumineux (photo 13). La proposition se porte sur la possibilité de vivre le village à différents moments de la journée pour relancer les commerces locaux et pour profiter d’une atmosphère, celle nocturne, particulièrement agréable. Le projet « Luminescence » ne se détache pas, sur le contenu de base, de celui d’Antraïgues. Il s’agissait de rediriger une fréquentation trop concentrée sur certains sites en les mettant en réseau avec des autres qui sont généralement méconnus. À la différence d’Antraïgues nous avons toutefois perçu la volonté des élus d’offrir une attraction, celle d’un village bien illuminé la nuit, à destination des touristes. En d’autres termes, nous aurions souhaité répondre à l’enjeux sans mettre la question de la luminosité au centre. Ce n’est pas par hasard qu’à Thueyts nos uniques interlocuteurs étaient le maire et le premier adjoint, les deux ayant des idées très claires sur quelles actions privilégier.

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3.6 Considérations globales sur la Charte VdC pour son évolution Le document qui règle les critères d’admission et d’attribution du label a été révisé en 2016 par une commission d’élus des VdC en collaboration avec l’ADT. Il énumère trois types de critères : patrimoniaux, d’accueil-animation et de participation à la vie du réseau. Ce que nous avons remarqué dès le premier regard c’est la non-obligatoriété d’une série de critères figurants comme « conseillés » et l’absence d’autres qui nous semblent importants. Par exemple, « l’ existence de démarches d’urbanisme valorisant le patrimoine naturel et bâti » comme les sites patrimoniaux remarquables est conseillé, ainsi que « l’effort de restauration, d’entretien et de mise en valeur du patrimoine privé » (ADT 07, Révision de la Charte de qualité “Villages de Caractère”, p.3) ce qui laisse des doutes sur leur efficacité. En général nous avons regroupé nos réflexions, à la lumière du diagnostic sur l’échantillon de quatre villages, en trois axes principaux La prise en compte du paysage comme élément patrimonial Les documents d’urbanisme en cours d’élaboration comme le Plan Paysage, le SCoT (Schéma de Cohérence Territorial), les PLUI portent déjà sur cette considération alors que la Charte VdC mentionne seulement que les villages doivent « être dans un site paysager intéressant et s’y intégrer harmonieusement » (ADT 07, Révision de la Charte de qualité “Villages de Caractère”, p.2). Nous souhaitons que la Charte considère l’identification et la préservation des silhouettes villageoises ainsi qu’une véritable lutte contre le mitage et l’étalement urbain. En effet nous avons retrouvé dans toutes nos visites que les zones pavillonnaires en dehors du centre bourg continuent à s’étendre, avec le grignotage des espace naturels et la perte d’identité des traits architecturaux ardéchois (photo 14 et 15). L’autre clé d’entrée pour préserver le paysage est la reprise de l’activité agricole. Les terrasses ardéchoises, appelées faïsses, ne peuvent pas être entièrement abandonnées comme aujourd’hui : chaque village devrait s’engager à les maintenir et à restaurer progressivement pour des questions d’emploi, de sécurité et d’identité. Ce sujet, en plus d’être un des fils rouges du DYCLAM, rappelle que nous faisons face à enjeux globaux. En Ardèche la culture de la châtaigne se place au centre de l’enjeu car les châtaigneraies qui occupaient 65000 ha de faïsses en 1920, sont désormais réduites à 5000 ha.

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PHOTO 14 : ÉTALEMENT URBAIN À LA CHAREYRE (THUEYTS). 26/04/2018

PHOTO15 : BÂTIMENT EN CONSTRUCTION À LA CHAREYRE (THUEYTS). 26/04/2018


PHOTO 16 : BÂTIMENT ABANDONNÉ DANS LE CENTRE BOURG DE MEYRAS. 10/04/2018


La question de l’habitat La dévitalisation du centre bourg a été un point récurrent dans le discours des maires des villages que nous avons étudiés. Ils ont déclaré un taux de vacance des logements qui va de 20% à 40%. Les causes de cette vacance sont diverses : prix des immeubles élevé, successions compliquées, inadéquation du bâti aux attentes modernes. Parallèlement nous assistons à la fermeture des commerces de pays et à la disparition d’opportunités d’emploi. Enfin, la dégradation du bâti abandonné des centres-bourgs représente la menace majeure pour celle qui est considérée comme la vitrine, le billet de visite d’un village de caractère. Même si ce problème est bien connu par les acteurs du territoire, il n’est pas traité dans la Charte qui se limite à requérir une présence d’un vie sociale et économique à minima au sein du noyau villageois. L’insertion dans la Charte de critères quantitatifs minimaux en termes de taux de vacance, d’activités commerciales, services aux habitants, nous semble un point prioritaire bien que leur respect puisse être très difficile. Dans ce contexte Bertrand Leborne, président de l’association Maisons Paysannes d’Ardèche, nous expliquait comme le premier pas douvrait être aux municipalités. Elles sont les uniques qui peuvent démarrer un processus de revitalisation du centre bourg en achetant des logements vacants pour les attribuer aux nouveaux foyers. La gouvernance du Label Aujourd’hui la démarche est portée par l’ADT et par son conseil d’administration, ce qui signifie que les communes qui veulent entrer dans le label s’adressent à un organisme composé de professionnels du tourisme. Une fois la demande reçue, une commission d’élus qui ont déjà obtenu le label est en charge de l’expertise et d’évaluer. En somme, des élus évaluent d’autres élus et prennent des décisions que l’ADT se limite à ratifier. Autrement dit le « club VdC » se gouverne par lui-même et ce n’est pas par hasard si depuis des années les adhésions sont bloquées pour garder un nombre de membres, à une vingtaine, qui ne soit pas trop élevé. De la même façon la commission s’occupe de contrôler le respect des critères d’admission au fil du temps à travers des rapports d’audit. Ils contiennent des actions correctives à mettre en place en cas de non-respect de la Charte mais aucun village n’a jamais perdu le label. Il semble nécessaire d’inclure, tant dans la commission évaluative que dans la plénière VdC, des représentants d’organismes tels que le CAUE, le PNR, des associations professionnelles et d’autres natures. Parallèlement, que la Charte VdC soit portée à dialoguer régulièrement avec les documents d’urbanisme. Ainsi l’exemplarité des villages sera prise en compte et sauvegardée dans la partie réglementaire, vice et versa les grandes lignes sur la gestion du territoire, par exemple le Plan Paysage, seront transcrites dans la Charte. Du diagnostic jusqu’aux projets

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3.7 L’Ardèche, un paysage culturel « ordinaire »

PHOTO 17 : LA TAILLADE (FABRAS), BÂTI AU SOMMET DE LA COULÉE BASALTIQUE DU LIGNON. 18/04/2018

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À mon arrivée en Ardèche je me suis demandé pourquoi les villages que nous étudions sont définis « de caractère » et à quoi fait référence le fameux « caractère ardéchois » dont tous nous parlaient. La réponse est arrivée peu à peu pendant la phase de diagnostic car nous avons découvert une géographie extrêmement contraignante, dans laquelle les ressources d’eau et de la terre sont difficile d’accès (photo 17). C’est à partir de ces ressources que l’homme a pu développer ses modes d’habiter, de produire et de se déplacer à travers la connaissance de son milieu. Des exemples : les maisons traditionnelles en basalte et granite, les terrasses pour l’agriculture, les moulinages pour exploiter l’énergie de l’eau, mais en général tout ce qui est bâti sur un terrain en pente, démontre la persévérance de ses habitants. Pouvons-nous donc définir l’Ardèche, et encore plus les VdC, comme un paysage culturel ? Bien sûr, si nous considérons les interactions continues et basées sur le savoir qui ont façonné le paysage. Difficilement, si nous recherchons sur le territoire l’exceptionnalité, l’unicité, telles que définies par les critères UNESCO. Paradoxalement, les deux sites qui présentent ce caractère d’exceptionnalité reconnue, la Grotte Chauvet et le Géoparc Monts d’Ardèche, sont fixés dans le passé le plus loin de la région alors que le travail quotidien des ardéchois sur le paysage continue de manière discrète. Du diagnostic jusqu’aux projets

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4. Bilan du stage

4.1 Forces et faiblesses d’un stage “sur le terrain” Une mission bien spécifique, sa division en quatre parties, ainsi que les restitutions périodiques que nous avons réalisés pour les commanditaires, ont encadrées mon stage comme « professionnel ». En plus, les visites in situ et les rencontres avec les acteurs du territoire ont fait qu’il peut être à part entière défini comme un stage « sur le terrain ». La première considération que je peux faire sur ça, même si ça parait banal, concerne le fait qu’on ne s’est jamais ennuyés, nous avons toujours vu des choses nouvelles et le temps nous a semblé passer trop vite. En effet les organisateurs ont reconnu que la période du stage était trop courte pour la quantité de travail demandé à tel point qu’ils envisagent, pour la prochaine édition de Villab, de réduire le nombre de villages à analyser ou d’élargir la durée du stage. Une différente organisation du temps assignée à chaque phase de la démarche est également envisageable car, aux dires de tous, nous avons passé trop de temps sur la phase diagnostic alors que le temps dédié à la phase-projet n’était pas suffisant. Un autre élément à garder est l’entrée en contact direct avec les acteurs du territoire que l’équipe a pu expérimenter. Les questionnaires, mais surtout les entretiens semi-directifs, ont tracé un portrait complexe, contradictoire, mais fidèle, de notre champ d’enquête. En contrepartie à cause du manque de temps nous avons volontairement laissé de côté d’autres phases importantes. Je me réfère à la recherche bibliographique, bien conscient que le développement des espaces ruraux est une thématique d’actualité qui aurait pu fournir des éléments de comparaison.

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Bilan du stage


PHOTO 18 : RÉCOLTE DE DONNÉES AVEC LES QUESTIONNAIRES PENDANT LE MARCHÉ DE JAUJAC. 24/04/2018

Le travail en collaboration avec d’autres acteurs nous a également appris que les résultats dépendent de plusieurs facteurs, parfois externes à l’équipe. D’abord de la capacité de respecter les temporalités de part et d’autre du stage. Ensuite de l’attitude des interlocuteurs : nous avons rencontré un petit pourcentage, heureusement, de personnes qui ne semblaient pas avoir la volonté d’échanger de manière constructive. Ou encore des intérêts particuliers. A été notable les cas d’un élu qui, peu intéressé à la phase de diagnostic, nous a soumis le projet du renouvellement de la place du village au prétexte d’avoir à disposition une « équipe jeune et à coût zéro ». Pour finir par les questions budgétaires qui ont représentées, peut-être, le plus grand obstacle à un dialogue constructif en phase de proposition. Si les stagiaires et les encadrants du stage avaient bien compris la nature proactive de la démarche née avant tout pour réfléchir, les fonctionnaires et les élus ont eu du mal à discuter sans avoir les coûts estimés de chaque projet. Ce qui nous renvoie, encore une fois, à une impasse typique d’une situation professionnelle. Bilan du stage

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4.2 Les difficultés d’une démarche collective

La définition de « démarche collective » pour Villab s’explique sur deux niveaux. D’un côté l’équipe de travail était composée par sept étudiants, de l’autre côté son objectif était d’impliquer dans la démarche les plus grands nombres d’acteurs. À propos de l’équipe de stagiaires tout s’est très bien passé vu que les compétences et les personnalités se sont intégrées tout au long des quatre phases de projet. Même si le groupe était bien hétérogène, il s’est créé une dynamique qui amenait à s’auto-contrôler et à s’auto-stimuler face aux consignes. Le seul moment difficile était en phase d’élaboration de la méthode pour amener le diagnostic, quand la présence de sept voix, de sept positions différentes, a assez retardé la prise de décisions. Il a été beaucoup plus difficile de réussir à impliquer un grand nombre de personnes dans la démarche. À exception faite pour les élus, nous étions pour les habitants des villages de parfaits inconnus au moment de notre arrivée. Avec les entretiens et les questionnaires nous avons eu la possibilité de nous faire connaître progressivement mais je mentirai en disant que la population s’est mobilisée pour nous suivre. Preuve en est qu’à nos restitutions en théorie « ouvertes au public » ont participé un nombre restreint d’habitants, presque toujours déjà rencontrés dans le cadre des entretiens. Ainsi, ce qui devait être une démarche inclusive, provenant du bas, s’est plutôt transformé en un dialogue entre élus concernés et stagiaires. Nous avons probablement sous-estimé la quantité de temps, l’engagement et les capacités qu’une démarche collective exige. Pour les années à venir le CAUE et l’ADT ont assuré que le stage commencera avec un moment de présentation des étudiants aux habitants des villages concernés, ainsi pourra s’installer un dialogue plus étroit entre les deux. Il serait également utile d’inclure dans l’équipe une figure d’animateur-intermédiaire entre les stagiaires et les habitants des villages : soit un sociologue, soit un chargé des relations publiques. De la même façon il faudra améliorer la partie communication avec la mise à jour régulière des réseaux sociaux Villab, créés au début du stage mais rarement mises à jour.

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Bilan du stage


PHOTO 19 : RESTITUTION PUBLIQUE DE LA PHASE “DIAGNOSTIC” À ANTRAÏGUES. 16/05/2018

Bilan du stage

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4.3 Un stage en ligne avec l’expérience DYCLAM

La démarche Villab a eu le mérite de me mettre dans des situations de travail tout à fait semblables à celles déjà vécues pendant ma formation. Pour plusieurs raisons, dont la première a été la composition du groupe de travail hétérogène et pluridisciplinaire. J’ai ainsi renforcé mes capacités d’écoute des collègues, d’échange des points de vue, de prises de décisions partagées, en un mot de faire équipe. Concernant la langue, j’étais le seul non-francophone du groupe, ce qui m’a demandé des efforts au début mais m’a permis d’améliorer rapidement mon niveau de français. Même si mes collègues se sont souvent occupés d’établir le premier contact avec les interlocuteurs, j’ai pris part activement à chaque phase du travail sans obstacle substantiel dû à l’expression orale ou écrite. Nous avons rendu aux commanditaires plusieurs documents écrits qui m’ont aidé à progresser dans la rédaction, ainsi que lors des expositions publiques où j’ai eu la possibilité de tenir de brefs discours. Il y a également une série de capacité « techniques », parfois provenant de la formation d’architecte, parfois des cours DYCLAM, qui ont été particulièrement utiles. Pendant la phase de diagnostic je me réfère aux logiciels GIS et CAD pour l’analyse du territoire qui m’ont été appris respectivement à l’UJM et à l’IPT alors que pour la mise en page des panneaux finaux j’ai utilisé les notions du module Communiquer dans le domaine de l’environnement suivi au MNHN. Enfin tout au long du stage nous avons « lu le paysage ardéchois et ses éléments », ce qui m’a rappelé tous les outils que le professeur Ferruccio Ferrigni nous a transmis lors d’un voyage sur les paysages culturels de l’Italie du Sud. Dans la phase de collecte de données le cours Techniques d’enquête et son application lors de l’expertise sur les Climats de Bourgogne ont été aussi fondamentaux. Les questionnaires que nous avons réalisés étaient à destination des habitants et des visiteurs, nous en avons donc tiré des

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conclusions sur la perception du label VdC et une série de problématiques liées à l’organisation de l’espace public utiles pour la phase de projet. Par contre les professionnels et les élus interviewés à travers des entretiens semi-directifs nous ont donné, grâce à leur prise de distance du territoire, un cadre structuré de ses principaux enjeux. Un autre point que j’espère avoir consolidé est la capacité de problématiser, voire de se poser les bonnes questions et de réussir, par étapes logiquement connexes, à fournir des réponses. Ce stage sur le terrain a également mis en évidence la complexité du territoire, principe à la base de sa gestion integrée . Il est complexe à étudier car les disciplines que nous avons réuni comme l’architecture, le paysage, le tourisme (seulement pour citer les domaines d’étude des stagiaires) se superposent au moment du diagnostic. Il est encore plus complexe à gouverner parce que les organismes propres à sa gestion ont du mal intégrer leurs compétences. Il arrive qu’une loi nationale, un plan paysage, un plan de cohérence territoriale, un règlement européen pour les espaces naturels protégés, une charte d’un parc naturel, un plan d’urbanisme intercommunal, un périmètre de protection architecturale et une charte d’un label touristique, parlent du même village. Et, dans la mesure où des échelles différentes correspondent des priorités différentes, nous avons bien compris la nature conflictuelle de la prise de décisions. En effet nous sommes particulièrement fiers d’avoir réuni, sur une période de seulement quatre mois, les acteurs principaux de la gestion du territoire autour de la table de notre atelier à Thueyts. On pourrait même dire que l’essence de notre stage était « politique » car il y avait la volonté, de notre part et de celle de nos encadrants, de lancer des messages à différents niveaux. Ainsi nous avons bien compris l’importance des moments de concertation à toutes les échelles pour essayer de dénouer les conflits.

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5. Conclusions Si la première année de Villab a eu, aux dires de tous, une bonne réussite, le mérite revient au CAUE et à l’ADT de l’Ardèche. Ils ont eu l’esprit d’initiative pour monter un programme qui se porte sur un groupe de stagiaires qui vivent et travaillent ensemble 24h/24. Une démarche qui s’inscrit dans le contexte des approches participatives pour la gestion du territoire, qui nous a enrichi en tant que stagiaires mais qui a aussi apporté des idées nouvelles, j’espère, pour ceux qui habitent ce territoire. Le lieu du stage, l’Ardèche, a eu un rôle fondamental en tant qu’objet d’étude et en tant que lieu de résidence sur la période de quatre mois. Le territoire nous a montré que le patrimoine naturel, culturel, humain (y-a-t-il encore du sens à faire la distinction ?) est vecteur d’une identité forte, dans le cas du « caractère ardéchois » synonyme de capacité d’adaptation et de savoir-faire accumulé au fil du temps. Un patrimoine qui n’est pas figé dans le passé mais qui peut être vu comme tremplin de développement vers le futur. Le label VdC est né pour rejoindre ce développement au travers du secteur touristique alors que l’expertise réalisée démontre que, lorsque toutes les disciplines se superposent, on passe alors de la promesse client à la question de la gestion du territoire. Ainsi un village pourra se définir « de caractère » non seulement si son centre bourg et ses architectures remarquables sont intactes mais s’il est exemplaire en matière d’organisation économique, sociale, environnementale. Les projets que nous avons présentés à la fin du stage vont dans cette direction : ils visent tout d’abord à une évolution de la Charte comme document fondateur du label qui est ensuite à décliner au niveau local par des propositions d’amélioration des liens physiques et sociaux. À cet égard un autre aspect du patrimoine que je veux souligner est sa capacité à réunir, à mettre ensemble les personnes. Je l’ai découvert tout au long du stage en observant les quatre villages objet de notre étude : ils se disent très différents selon des questions d’implantation sur la pente et de budget municipal, mais dans la pratique ils reconnaissent comme patrimoine les mêmes éléments. Ils sont soit de nature religieuse, architecturale ou de la vie quotidienne. Je prends pour exemple l’intervention d’un maire

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Conclusions


qui nous parlait du rapport difficile entre les hameaux de sa commune. Il abordait aussi la question brûlante des dépenses municipale qui servent plutôt un camp ou l’autre. Il avait donc décidé de destiner le budget annuel à la reconstruction d’un vieux four à pain que tout le monde pouvait utiliser. Personne n’avait trouvé à redire, au contraire, les habitants mangeaient ensemble toutes les semaines. Dans ce même sens un autre maire trouvait orgueilleux d’avoir destiné 30.000 euros (le salaire annuel pour payer deux employées communaux) à la restauration de l’orgue de l’église. Quelle valeur peut avoir un instrument qu’on peut même pas jouer parce que personne n’est capable de le faire ? Une valeur qui va au-delà de l’utilité et qui regarde, justement, l’identité du village. Je pense qu’une certaine capacité d’analyse des indicateurs du territoire joints à la prise de conscience du patrimoine comme facteur de cohésion sociale soient les legs de cette formation. Je suis également conscient que la gestion du patrimoine est une discipline, si on veut l’appeler ainsi, toujours présente mais peu reconnue au niveau de l’emploi, en particulier dans le pays d’où je viens et où j’aimerai travailler. Malgré cela, depuis quelques années, l’Italie a reconnu (Linee Guida MiBAC, 2004) le caractère évolutif des paysages en mettant les conditions pour la formation des plans de gestion, qu’ils soient relatifs à sites reconnus par l’UNESCO ou pas. En optique professionnelle ma priorité est d’adresser ma candidature aux organes chargés de la formation et de la mise en place de ces plans, y compris les organes responsables des espaces naturels qui offrent des positions comme chargée de mission patrimoine. Une autre possibilité que j’aimerais parcourir est de faire partie des GAL, les Groupes d’Action Locale qui gèrent les fonds européens destinées aux espaces ruraux. Pour finir avec la possibilité de travailler, en tant que consultant externe, pour les collectivités territoriales qui souhaitent monter des projets de différente nature (touristique, d’aménagement urbain) et nécessitent une expertise qui met au centre le patrimoine. En général, je suis sûr d’avoir ouvert mes horizons par rapport à ma formation initiale d’architecte en termes de compétences mais aussi de capacités relationnelles et d’être prêt à entrer dans le monde professionnel. Conclusions

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PHOTO 20 : ÉQUIPE VILLAB LORS DE LA RESTITUTION PUBLIQUE À ANTRAÏGUES. 16/05/2018


Remerciements Merci aux personnes qui ont pensé et mis en place la démarche Villab. Le directeur Fabrice di Russo, l’architecte Myriam Vauthier et tout le personnel du CAUE 07. Gislaine Gacon, Thierry Boutemy, Marc Avezard pour l’ADT 07. Ils m’ont démontré qu’il est possible d’allier un travail sérieux et de passer des bons moments d’un point de vue humain. Merci aux partenaires du projet : le CERMOSEM, le PNR Monts d’Ardèche, le programme Leader Ardèche3 en la personne de Bertrand Blaise. Ils nous ont accompagné avec compétences tout au long du stage. Merci aux Communes qui ont accepté d’être « prise en examen » par des stagiaires. À Gilles Doz et Luc Nougier pour Antraïgues, à Eric Lhopitau pour Meyras, à Daniel Teston et Gérard Brouillard pour Thueyts. Ils nous ont dédié temps et énergies bien au-delà du nécessaire. Merci surtout à Jaujac pour nous avoir accueilli. Au maire René Souleignac et à tout le personnel de la commune. Ils nous ont fait preuve de l’hospitalité ardéchoise. Merci à mes collègues stagiaires, ils ont été amis et professeurs en plus d’avoir supporté mon français. Merci à mon référent de stage Richard Dumez et à Florence Revellin pour m’avoir aidé durant ma recherche du stage. Merci également pour nous avoir transmis la méthode et la passion du travail de chercheur. Un merci particulier aux professeurs qui ont rendu possible l’expérience DYCLAM. Respectivement Jacqueline Bayon et Aurélie Brayet pour l’UJM, Luiz OOsterbeek et Pierluigi Rosina pour l’IPT, Marina Fumo et Ferruccio Ferrigni pour la Federico II de Naples. Ils ont tous fait preuve de courage. Merci à tous mes collègues DYCLAM. Le mérite d’une expérience si extraordinaire doit être divisée par vingt. Merci enfin à toute ma famille, point de départ et d’arrivée.

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Remerciements


Remerciements

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Bibliographie

- Agence du Développement Touristique de l’Ardèche. Révision de la Charte de qualité “Villages de Caractère”. Compte rendu de la plénière Villages de Caractère, Balazuc, 27 Avril 2016 - CAUE de l’Ardèche. Projet d’orientation 2018-2020. Compte rendu du conseil d’administration, Privas, 11 Décembre 2017 - École Nationale Supérieure d’Architecture de Nancy (2017). Architecture et ruralité ardèchoises. Croniques d’un atelier. Editions Bialec, Nancy - Fournet F., Leborne B. et alii (2008). Découvrir le bâti traditionnel ardéchois avec Michel Carlat. Edité par l’association Maisons Paysannes d’Ardèche, Privas - MiBAC, Il modello del Piano di gestione dei Beni Culturali iscritti alla lista del Patrimonio dell’Umanità, Linee Guida. Document produit par la Commission Nationale des Sites UNESCO au colloque de Paestum, 25-26 Mai 2004 - Parc natural régional des Monts d’Ardèche et CAUE de l’Ardèche (2005). Habiter dans la Haute Cévenne, cahier de recommandations architecturales. Edité par le PNR Monts d’Ardèche - Parc natural régional des Monts d’Ardèche (2016). Construire des terrasses en pierre séche, les bonnes pratiques pour bâtir et restaurer. Edité par le PNR Monts d’Ardèche - Parc natural régional des Monts d’Ardèche (2016). Vers un urbanisme économe en énergie. Changement climatique, énergie et urbanisme : les outils mobilisables. Edité par le PNR Monts d’Ardèche - Parc naturel régional des Causses du Quercy (2014). Centre en-vie. Agir pour redynamiser les centres-bourg. Editions France Quercy, Mercuès

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Bibliographie


- Les critères de sélection pour figurer sur la Liste du patrimoine mondial. https://whc.unesco.org/fr/criteres/ (consulté le 21 Août 2018) - Restitution Villab. http://caue07.fr/portfolio/restitution-villab/ (consulté le 22 Août 2018) - Restaurons nos patrimoines. http://www.ardeche.fr/1091-fonds-pour-le-patrimoine-emblematique.htm (consulté le 13 Juillet 2018) - Vivre à Jaujac. Patrimoine bâti. http://www.jaujac.fr/ (consulté le 13 Juillet 2018) Informations supplémentaires sur la démarche Villab : http://caue07.fr/ https://rcf.fr/actualite/villab-quand-les-villages-de-caractere-ardechois-deviennent-des-laboratoires https://www.instagram.com/villab07/ https://www.facebook.com/villab07/

Bibliographie

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Annexes

N.B. : À cause de la taille des documents (+50 Mb), impossible à réduire ultérieurement, les annexes ne sont pas inclus dans ce rapport de stage. Ils sont cependant consultables on line au link **** et ils seront disponibles en format papier le jour de la soutenance. Annexe 1 : diagnostic sur les villages d’Antraïgues-sur-Volane, Jaujac, Meyras et Thueyts. Rendu du 16 Mai 2018. Annexe 2 : feuilles de route, préconisations et propositions de projet pour les communes d’Antraïgues-sur-Volane, Jaujac, Meyras et Thueyts. Rendu du 31 Mai 2018. Annexe 3 : développement du projet “Natura Scena” à Jaujac. Exemple de panneaux d’exposition. Rendu du 20 Juillet 2018. Annexe 4 : Charte de qualité VdC. Annexe 5 : pistes d’amélioration pour la Charte de qualité VdC. Rendu du 17 Juillet 2018. Annexe 6 : recueil et vision des pratiques habitantes (questionnaire). Collecte de données pendant la semaine 23-27 Avril 2018.

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Annexes


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La démarche Villab, littéralement VIL-lages LAB-oratoire, se pose par définition comme un « outil innovant pour stimuler la créativité » (CAUE 07, Projet d’orientation 2018-2020, p.31) dans les Villages de Caractère (VdC) d’Ardèche. Le label VdC est présent dans d’autres départements de France mais en Ardèche il compte un grand nombre d’adhérents (vingt). Il a été créé, à l’instar d’autres labels comme Les Plus Beaux Villages de France ou Villes ou Pays d’art et d’histoire, à des fins touristiques et se trouve aujourd’hui sous la direction de l’Agence de Développement Touristique (ADT). La Charte de qualité qui règle l’entrée et le maintien dans le label se porte sur des critères principalement d’esthétique et d’accueil-animation qui forment la promesse client, une sorte d’engagement envers les visiteurs. Très conscients que l’offre touristique de qualité et les progrès territoriaux sont fortement liés, l’équipe de l’ADT et les représentants des villages membres se sont adressé au Conseil d’Architecture d’Urbanisme et de l’Environnement (CAUE) de l’Ardèche pour recruter une équipe qui permettrait de porter une expertise pluridisciplinaire sur un échantillon de quatre VdC. Le groupe de travail dont j’ai fait part a été composé de sept étudiants de différents domaines qui ont croisé leur regard et ont imaginé collectivement des actions à proposer aux élus et aux différents acteurs locaux. La période de stage a été divisée en trois phases correspondants à autant de missions : le diagnostic, la réalisation de feuilles de route porteuses de préconisations, la phase prospective associée au développement de projets. Au long des trois phases nous avons mis au centre de notre réflexion la dimension patrimoniale comme vecteur de développement pour une réalité, celle ardéchoise, de caractère rural. Mots clés : gestion territoriale, patrimoine architectural, patrimoine paysager, espaces ruraux, urbanisme partecipatif, diagnostic.

Mémoire de stage  
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