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Caritas.mag Le magazine des Caritas de Suisse romande

Le chômage de longue durée sous la loupe

Comprendre la mécanique du chômage pour en sortir

Vers une proposition gagnant-gagnant ?

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Surendettement : il n’y a PAS toujours une solution

Jura


Sommaire ÉDITORIAL

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Jean-Nöel Maillard, directeur de Caritas Jura LE CHÔMAGE DE LONGUE DURÉE SOUS L A LOUPE

Si n e o e r a esoin e je suis prêt ! »

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En Suisse, les chômeurs de longue durée sont peu visibles. Laissés-pour-compte du système confédéral, ils trouvent en Caritas l’envie d’y croire encore.

Fribourg et le chômage de longue durée

Albert Studer, membre du comité de Caritas Fribourg, travaille pour la réinsertion des chômeurs de longue durée.

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Commentaire de Corinne Jaquiéry, rédactrice en chef

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Avec le film Ceux qui travaillent, le jeune réalisateur suisse Antoine Russbach aborde la question fondamentale de l’avenir du travail.

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CARITAS JURA

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Ma famille, ma bataille !

La consultation familiale propose désormais des groupes d’échange de parents d’ados qui offre des thérapies brèves sur le modèle Palo Alto d’Emmanuelle Piquet.

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Le surendettement est une gangrène qui fait des dégâts au niveau de la santé, du bien-être et de l’intégration dans la société. Témoignage de deux personnes qui ont réussi à s’en sortir.

Faire place nette en trois jours T

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Photo de la couverture © Sedrik Nemeth

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ÉDITO

Dur d’être un chômeur de très longue durée au pays du plein emploi

Jean-Nöel Maillard Directeur de Caritas Jura

Organisation XY ist seit

par ZEWO depuis 19XX.

Voilà plus de dix-huit mois que vous n’avez plus reçu de fiche de paie. Vous lisez dans la presse que le chômage n’a jamais été aussi bas, mais quant à vous, vos centaines d’offres « relookées » par votre conseiller ne vous ont pas décroché le moindre entretien. Le constat est rude : vous êtes largué ! Pas assez formé pour une économie à forte valeur ajoutée, trop âgé ou encore trop étranger aux codes suisses du travail. Inutile de vous révolter en enfilant un gilet jaune. Au pays du plein emploi, on vous prendrait pour un patrouilleur scolaire ! On vous fait d’ailleurs bien comprendre que le problème est chez vous, quitte à mettre encore à mal le peu de confiance qu’il vous reste. Depuis trente-quatre ans, Bernard Prétôt a décidé, avec détermination et conviction, d’être aux côtés de ceux-là. Nous lui rendons hommage, au moment de son départ à la retraite. Selon nos estimations, ils sont  10 000 en Suisse romande à connaître une situation de chômage de très longue durée (plus de dix-huit mois). Leurs indemnités épuisées, leurs économies dépensées, c’est l’aide sociale qui leur garantit un minimum de protection. S’ils peuvent encore tabler sur ce dernier filet de solidarité, la plupart souffrent de ne plus compter pour personne. La mort sociale les guette.

Impressum Caritas.mag – Le magazine des Caritas de Suisse romande (Jura, Fribourg, Genève, Neuchâtel, Vaud) paraît deux fois par an

Organisation XY ist seit 19XX

Tirage global : 34 547 ex. Tirage Caritas Jura : 7520 ex.

Responsable d’édition : ean- o l Maillard, directeur de Caritas Jura Rédactrice en chef : Corinne aquiéry Rédaction : Françoise Schaff ter Maquette : Impression :

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Caritas Jura Rue du Temple 19 2800 elémont 0 2 21 5 60 .caritas-jura.ch

Caritas Jura par ZEWO.

Ils n’ont pourtant qu’une seule envie : retravailler, faire quelque chose, se rendre utiles… Alors, comment leur permettre de renouer avec une dynamique positive, même si celle-ci ne se traduirait plus par l’exercice d’un emploi sur le premier marché ? Les Caritas de Suisse romande s’intéressent aux expérimentations menées dans certains territoires français avec les chômeurs de longue durée. Les premiers résultats démontrent que, grâce à un dispositif « ad hoc », il est possible de faire se rencontrer les offres de services de chômeurs de longue durée avec les besoins d’une collectivité locale. Moyennant une modification législative transformant l’aide sociale en salaire, l’« assisté » retrouve un statut de salarié. Ce n’est pas encore la pleine et entière autonomie direz-vous, mais, pour les chômeurs de longue durée, exercer un travail socialement utile, c’est renouer avec cette reconnaissance sociale dont la perte leur était bien plus difficile à vivre que celle de leur emploi. Alors, qu’attendons-nous pour expérimenter, à notre tour, une proposition « gagnant-gagnant » avec les 10 000 chômeurs de très longue durée de Suisse romande ?

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Le chômage de longue durée sous la loupe

« Si un employeur a besoin de moi, je suis prêt ! » Textes : Corinne Jaquiéry / photos : Sedrik Nemeth

En Suisse, les chômeurs de longue durée sont peu visibles. En janvier 2019, plus de 16 000 personnes étaient sans travail depuis plus d’une année. Laissés-pour-compte du système confédéral, ils trouvent en Caritas l’envie d’ croire encore. « J’ai comme un os en travers de la gorge », raconte Joachim avec la pudeur de ceux à qui on a appris à être muets devant la douleur. A 55 ans, ce peintre industriel a été licencié deux fois pour raisons économiques. Père de quatre enfants, il vit seul dans un petit appartement à Delémont, car toute sa famille a dû repartir au Portugal, faute d’argent pour pouvoir assumer le coût de la vie en Suisse. « Mon salaire a chuté de 5200 fr. à 1800 fr. Après plus de deux ans de chômage, j’ai dû me résoudre à l’aide sociale. Ma famille est mon moteur. La quitter a été une déchirure.» Engagé aux ateliers Propul’s, au cœur du département insertion de Caritas Jura, il apprécie pouvoir garder un lien avec le marché du travail. Il souhaite retrouver un emploi soit comme peintre industriel, «son point fort», comme il le dit avec fierté, soit comme cariste, un nouveau métier pour lequel il s’est formé. «Si un employeur a besoin de moi, je suis prêt!» s’exclame-t-il, gardant l’espoir de pouvoir terminer dignement sa carrière en Suisse où il a passé la plus grande partie de sa vie de travailleur. Caritas.mag

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La Suisse, eldorado trompeur du travail Pays du plein emploi ou presque avec un taux de chômage qui a encore diminué au début de l’année, passant de 2,8% en janvier à 2,7% en février dernier, la Suisse pourrait être l’eldorado des travailleurs, mais les statistiques officielles du SECO (Secrétariat d’Etat à l’économie) sont à nuancer. Michel Cornut, conseiller en organisation, ancien chef du Service social de la ville de Lausanne, a analysé le chômage de longue durée en Suisse pour les Caritas romandes. Si notre pays comptait 119 661 chômeurs (2,7% de la population active) au 31 décembre 2018, ce sont tout de même 197 950 demandeurs d’emploi qui, à cette même date, étaient inscrits auprès d’un Office régional de placement (ORP). Soit 4,4% de la population active. Et le taux de chômage établi selon les normes de l’Organisation internationale du travail (OIT) était de 4,5%.  

En haut Michael Costa, mécanicien sur motos, se forme comme moniteur pour les ateliers Propul’s où l’on fabrique notamment des fagots. (En bas)


« Qui n’est jamais tombé n’a pas une juste idée de l’effort à faire pour se tenir debout. » Multatuli, poète

A la Lucarne, les personnes sans abri trou ent un lit pour la nuit.

Photos © Sedrik Nemeth

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5000

Le chômage de longue durée sous la loupe

a ausse des arrivées en n de droit En 2011, quand la révision de la LACI (Loi sur l’assurance chômage) a revu à la baisse le droit aux prestations, les arrivées en fin de droit avaient été très nombreuses (près de 47 000). Cette année-là, une révision de la LACI avait été synonyme de suppression des indemnités pour près de 15 000 chômeurs suisses. Un pic effrayant démontré dans un graphique du SECO relevant les arrivées en fin de droit, au fil des ans.

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ALBERT STUDER

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Fribourg et le chômage de longue durée

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ne structure a été mise en place en tant que le Insertion I . lle s’adresse aux demandeurs et demandeuses d’emploi sans droit aux indemnités de ch mage ou en fin de droit qui bénéficient de l’aide sociale ou qui en ont bénéficié durant les dou e derniers mois. Mobilisant le coaching individuel et la combinaison de mesures, notamment des mesures de la nouvelle Loi sur l’emploi et le marché du travail L M et d’insertion sociale MIS , elle vise, pour des demandeurs et demandeuses d’emploi motivés, l’accès au premier marché du travail par une action commune, intense et délimitée dans le temps de spécialistes des domaines professionnel et social. Ces spécialistes, conseiller ou d’une conseillère en personnel, un e assistant social e , déployent leur activité dans les ffices régionaux de placement R Centre, ord et Sud. Voir: www.fr.ch, rubrique chômage de longue durée

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chiffres provisoires pour l’année 2018

Depuis, la situation n’a cessé de se péjorer. Selon les observations de Michel Cornut, il y aurait toujours plus de chômeurs de très longue durée. Avec un chômage qui connaît un « turn over » important, les deux tiers des chômeurs sont « remplacés » tous les six mois, et plus des trois quarts tous les douze mois. Mais, selon les chiff res du SECO, un chômeur sur sept (15 993 sur 119 661 en décembre 2018) est un « chômeur de longue durée ».

Deux statistiques pour un chômeur Pour Michael Siegenthaler, spécialiste du Centre de recherches conjoncturelles de l’EPFZ (KOF), le taux de chômage réel en Suisse se situerait à près de 5%. Le nombre de personnes à la recherche d’un emploi depuis plus d’un an (chômeurs de longue durée) a explosé. Dans un article scientifique intitulé « Merci de bien prendre en compte tous les chômeurs ! » publié en octobre 2016 sur le site du KOF et mis en exergue par La Tribune de Genève, l’expert zurichois relève que

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Surtout, chaque mois, environ 3000 personnes parviennent en fin de droit à l’indemnité de chômage (3035 en moyenne en 2018, 3279 en 2017, 3318 en 2016), le plus souvent après l’avoir perçue durant dix-huit mois. Selon les estimations, environ 500 d’entre elles seulement trouvent un emploi dans l’année qui suit. On doit donc considérer que 2500 personnes environ rejoignent, chaque mois, les rangs des « proscrits de l’emploi », de ceux qui paraissent définitivement privés d’emploi. Ainsi, chiffres provisoires pour l’année 2018 en dépit d’une conjoncture économique favorable, le nombre de chômeurs de très longue durée (dixhuit mois et plus), inscrits ou non auprès d’un Office régional de placement (ORP), tend à augmenter. 2000

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A Fribourg, le Conseil d’ tat a déjà mis sur pied une Commission d’étude prospective sur la politique en matière de ch mage de longue durée. Ladite commission a suivi quatre axes pour l’approcher : le soutien à l’emploi, la formation, les actions en relation avec le marché du travail et les actions sur le dispositif organisationnel. Avec, en conclusion, la création de lignes stratégiques composées de sept recommandations avec vingt-huit propositions de mesures.

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1994

« C’est de plus en plus long et compliqué entre chaque engagement », se désole Manu, 6 ans. eintre en bâtiment, il est au ch mage depuis plus de sept mois, ce qui ne lui était jamais arrivé. « eureusement, il y a ce programme d’occupation de l’IRIS. ’ai besoin de travailler, sinon j’angoisse. » Membre du Comité de Caritas Fribourg, directeur de l’IRIS Institution pour réintégration Singine-Lac-Sarine Fribourg , conseiller en orientation professionnelle et syndic de St. rsen FR , Albert Studer conna t parfaitement les aspects sociaux et politiques du marché du travail fribourgeois. Il est prêt à toutes les solutions pour lutter contre le ch mage de longue durée, notamment à écouter les besoins des ch meurs pour leur proposer ce qui leur correspond, et non pas 18 000 le contraire. « e n’ai aucun préjugé ’appartiens à deux cultures, 16 000 singinoise et francophone. ’ai appris à reconna tre les qualités des parties en présence dans différents domaines, c’est essentiel 14 000 pour négocier. e me réjouis de m’engager avec Caritas Fribourg 12 000 sur une réflexion autour du ch mage de longue durée. » 10 000


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la Suisse dispose de deux statistiques du chômage, celle du SECO et celle de l’Office fédéral de la statistique (OFS). Pour une question de méthode, il privilégie l’OFS qui se base sur une enquête effectuée auprès de 130 000 ménages, et considère comme chômeur une personne âgée de 15 à 74 ans qui n’était pas active lors de la semaine de référence, qui a cherché un emploi au cours des quatre semaines précédentes et qui était disponible pour travailler. Ces critères sont ceux du Bureau international du travail (BIT) qui qualifie de chômeur «toute personne sans travail, activement à la recherche et immédiatement disponible». Le nombre de chômeurs de longue durée au sens du BIT (un an ou plus) a augmenté en Suisse de 84 000 à 93 000 entre 2017 et 2018. « Plus de la moitié des chômeurs en Suisse ne sont pas inscrits auprès d’un ORP, rappelle Michael Siegenthaler, se basant sur une précédente étude publiée par le KOF. A la fin de 2018, la Suisse comptait environ 227 000 chômeurs tous confondus, selon la définition du BIT, un chiffre qui n’a cessé de s’accroître au cours des dix dernières années. Le SECO, lui, fait simplement le décompte des personnes inscrites aux Offices régionaux de placement (ORP).

aritas ura se fait au ateliers Propul’s.

oliti ue d’entra nement vers l’aide sociale Mais, depuis 2011, les règles rigidifiées du droit au chômage ont entraîné de nombreuses personnes vers l’aide sociale. N’est-ce pas, à la longue, une politique nuisible au système économique suisse ? Pour Antje Baertschi, cheffe de la communication au Département fédéral de l’économie, de la formation et de la recherche (DEFR) et du SECO, le but était de rééquilibrer les finances de l’AC (assurance chômage) – alors endettée – par des revenus supplémentaires et des mesures d’économie. « L’entrée en vigueur de la LACI révisée a conduit à une augmentation exceptionnelle des personnes en fin de droit. Dès avril 2011, ce nombre s’est stabilisé proportionnellement au nombre de demandeurs d’emploi inscrits auprès d’un ORP, pour se situer au même niveau qu’avant la révision. L’évaluation de la révision a montré qu’elle n’était pas la cause de ces arrivées en fin de droit. Le SECO conseille aux personnes arrivées en fin de droit de continuer à rechercher un emploi et de rester inscrites auprès d’un ORP. Ce faisant, elles peuvent encore profiter de l’offre en conseil et en placement de l’ORP, même si elles ne reçoivent plus d’indemnité de chômage. »  

Photo © Sedrik Nemeth

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Le chômage de longue durée sous la loupe

Etre ou ne pas être ORP Parmi les personnes qui ne sont pas inscrites dans un ORP figurent celles qui font un stage ou ont obtenu un emploi temporaire. Il y a également celles qui ne s’y présentent tout simplement pas. Les raisons sont multiples: méconnaissance des droits aux indemnités, peur d’une stigmatisation sociale, complexité de la démarche. Cela concerne en particulier les femmes, les jeunes et les personnes à faible qualification. L’économiste zurichois évoque la révision de la loi sur l’assurance chômage, en application depuis 2011. Selon l’OFS, la part des chômeurs inscrits dans un ORP avant l’entrée en vigueur de la réforme se situait autour des 54,3%. Aujourd’hui, elle a baissé à 46,4%. Seulement un tiers des chômeurs de longue durée seraient encore inscrits auprès d’un ORP. Ne plus avoir droit aux indemnités s’avère très démotivant pour continuer à subir les contraintes de l’ORP sans avoir de résultats ! Le SECO, lui, estime que le chômage de longue de durée reste stable depuis plusieurs années. Une dichotomie qui a été mise en évidence plusieurs fois par différents parlementaires, mais l’Administration fédérale ne souhaite pas une modification. Selon elle, le SECO ne manque pas

de préciser les différentes catégories de chômeurs. Les deux types de statistiques rempliraient, chacune, une fonction et permettraient d’obtenir un bon aperçu du marché du travail suisse.

edonner con ance malgré l’absence de travail «Je ne serai plus jamais comme avant.» Après un grave accident de voiture, Walter, 49 ans, a tout perdu. «Mes affaires marchaient bien. J’étais indépendant dans la rénovation entre électricité et menuiserie. Au bout d’une année et demie d’arrêt de travail, pris en charge par l’assurance perte de gain, le médecin a dit que je pouvais recommencer. Je ne me sentais pas encore très bien. Le problème, c’est que je travaille encore lentement, même si j’en ai envie. Le chômage m’a placé aux ateliers Propul’s, mais je ne me sens pas à ma place. Je ne peux pas être autonome. Je n’ai plus de permis de conduire. Pour le récupérer, il faut faire des tests avec un argent que je n’ai pas.» Le chômage n’a rien proposé à Walter qui fait ses propres recherches sur internet. Il a repéré plusieurs propositions intéressantes, mais le permis est souvent indispensable. Responsable de son foyer avec une femme à l’AI, il ne perd pas espoir, mais ne souhaite pas à quiconque de se retrouver dans sa situation.

Dépasser l’erreur d’aiguillage « ’ai absolument voulu travailler. C’était une erreur » Contre vents et marées, Ina , 5 ans, a toujours tenu à travailler provoquant, sans le savoir, une désescalade de ses droits au ch mage. Sortie à 20 ans d’une école de commerce en parlant cinq langues, elle n’a jamais trouvé de poste dans cette branche. « ’ai pris le premier emploi que j’ai trouvé. ’abord, dans une blanchisserie, puis dans la restauration. » ntre-temps, elle a une fille. nfin, elle se déniche une place comme cuisinière d’une crèche. Sept ans plus tard, sa deuxième fille vient au monde. « e faisais à manger pour 0 enfants et 15 adultes. n a même eu le label Fourchette verte. C’était pratique, car ma fille venait avec moi à la crèche. » n jour, après quator e ans de travail exemplaire, elle doit donner sa démission pour préserver sa santé. « e subissais un grave mobbing. ’étais devenue filiforme. » A 5 ans, elle se retrouve au ch mage, sans expérience dans sa formation initiale et sans CFC de cuisinière, malgré ses compétences évidentes : « Ma conseillère R m’a dit que cela ne valait pas la peine de répondre aux offres d’employée de commerce. e regrette d’avoir accepté un emploi sous-payé sous prétexte que c’était en cuisine. Mon droit au ch mage a été prolongé, mais avec des prestations très diminuées. ’ai préféré arrêter. e suis aujourd’hui femme de ménage et je peux m’occuper de ma petite fille. ’espère toujours retrouver un job dans ma première formation. » our Léa Carnazzi (photo), assistante sociale au épartement consultation et soutien de Caritas ura, secteur désendettement, Ina gère incroyablement bien ses finances. « Le problème est que le système du ch mage est de plus en plus restrictif. Les R sont davantage là pour contr ler que pour aider. A Caritas ura, elle peut déposer un peu de ses soucis. » rénom d’emprunt

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« Des personnes qui sont passées aux ateliers Propul’s ont retrouvé du travail, même après 50 ans », se réjouit Pascal Ackermann, accompagnant insertion à Caritas Jura. « Redonner confiance à Walter ou à d’autres personnes qui passent par nos ateliers d’insertion est un très beau challenge. Dans notre accompagnement, nous prenons le temps d’observer la personne au travail, selon certains critères d’employabilité, comme les capacités d’apprentissage, de communication ou les compétences sociales. Puis, nous en parlons avec la personne et voyons avec elle quels pourraient être les freins à son employabilité. Nous faisons régulièrement des bilans. Peu à peu, nous pouvons voir émerger une nouvelle envie de se battre.»

Les trois faces du chômage Frictionnel, structurel ou conjoncturel, le chômage a trois visages. Le chômage frictionnel, ou chômage naturel, désigne la période de chômage provoquée par la transition et le délai nécessaires à une personne pour trouver un autre emploi.

« En Suisse, le chômage frictionnel ou structurel reste. C’est celui qui émerge quand l’économie va bien. On parle de chômage « incompressible », car, même si l’économie va bien, le chômage reste. Cela ne veut pas dire que les chômeurs sont condamnés à rester au chômage toute leur vie, c’est simplement qu’il faut du temps pour résorber ce genre de chômage, puisque les chômeurs devront se reconvertir ou déménager. »

Agir sur les a priori Pour cet observateur du marché du travail, il est également important d’agir sur les a priori des employeurs. « Sur le marché du travail, nous sommes tous victimes de biais, ne serait-ce qu’au niveau du genre. Il est prouvé que les employeurs font de la discrimination, reflet malheureux de notre condition humaine qui met des étiquettes sur les gens en fonction de l’âge, du genre ou de la couleur de peau.

CHÔMAGE EN CHIFFRES EN SUISSE EN JANVIER 2019

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PERSONNES EN CHÔMAGE DE LONG DURÉE

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Relativement court, il peut être dû à une mauvaise diffusion de l’information entre demandeurs et offreurs d’emplois. Le chômage structurel est un chômage chronique qui est lié aux changements qui sont intervenus dans les structures démographiques, économiques, sociales et institutionnelles. Il se traduit par l’inadéquation des qualifications des offreurs de travail aux besoins des entreprises ou à l’immobilité géographique des salariés. Le chômage conjoncturel est lié à une mauvaise situation économique. Pour l’économiste Giovanni Ferro Luzzi, professeur associé à l’Université de Genève et à la Haute Ecole de gestion (HEG) ainsi que directeur de l’Institut de recherche appliquée en économie et gestion (IREG) commun aux deux institutions, la Suisse va actuellement plutôt bien au point de vue économique même si un ralentissement est annoncé. Elle n’est donc pas touchée par un chômage conjoncturel lié à une récession, mais davantage par le chômage frictionnel et surtout structurel.

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DES CHÔMEURS VIENNENT DE VAUD, GENÈVE, FRIBOURG, NEUCHÂTEL ET JURA

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Source : « La situation sur le marché du travail en janvier 2019 » Secrétariat d’Etat à l’économie (SECO) *Sorties de l’ORP

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Le chômage de longue durée sous la loupe

Il y a un travail d’éducation à faire auprès des employeurs. » Selon lui, en termes de qualités d’employabilité, les seniors devraient mieux s’en sortir. « Les employeurs sont réticents à engager des travailleurs seniors qui sont peu flexibles, ne peuvent plus rien apprendre, sont formatés et vont vite partir à la retraite après avoir été formés. Tout cela est faux. En termes d’investissement personnel, de formation, de fidélité à l’entreprise, les jeunes sont beaucoup plus volages. Alors qu’un senior qui retrouve un emploi va s’investir à fond, être loyal et profiter de l’opportunité qui lui est donnée. » Pour les jeunes et les moins jeunes chômeurs, Giovanni Ferro Luzzi met en évidence l’importance de la formation. «Il faut avoir des compétences suffisamment polyvalentes, avec la possibilité d’en ajouter au fur et à mesure. Il faut valoriser la possibilité de faire plusieurs petits métiers. Donner l’opportunité de facilement pouvoir continuer à se former. En Suisse, nous sommes pauvres en ce domaine. Il y a peu de soutien, car on considère que c’est du domaine de la responsabilité personnelle. Il faudrait que cela soit plus facile en termes de coûts, de validation d’acquis, de flexibilité et que cela soit le moins disruptif possible au niveau de l’emploi de la personne. Enfin, dans un système ou le numérique prend une place importante avec une manipulation par les «fake news», le savoir est un rempart pour la démocratie.»

es aritas romandes veulent s’engager contre le chômage de longue durée D’autres solutions peuvent être envisagées pour les plus démunis. Dans son rapport aux Caritas romandes, Michel Cornut souligne que, parce qu’ils représentent moins de 1% de la population active et parce que la Suisse est, dit-on, en situation de «plein emploi», les chômeurs de longue et très longue durée tendent à être oubliés. Il relève que selon une étude de l’initiative des Villes, 57% des bénéficiaires de l’aide sociale sont sans emploi depuis 4 ans et plus, et atteints dans leur santé. Qui peut croire qu’avec un peu de temps, encore, ils retrouveront un emploi? Nombre d’entre eux paraissant ainsi condamnés à l’assistance, à l’isolement et au désœuvrement jusqu’à ce qu’ils atteignent l’âge ouvrant droit à une rente de vieillesse. Il y a pourtant deux moyens de rendre les personnes « employables » : leur permettre de s’adapter, de satisfaire les exigences des employeurs ou, à l’inverse, permettre à ces derniers d’adapter les emplois qu’ils offrent aux possibilités des personnes. Si le premier moyen est utilisé, au moins jusqu’à un certain point, le second n’est expérimenté qu’à l’étranger, en France notamment. En Suisse, il reste à explorer. Les Caritas romandes réfléchissent donc à un tout nouveau modèle d’insertion adapté aux chômeurs de très longue durée.

COMMENTAIRE

L’empathie garante de sens et de travail La numérisation du travail gagne du terrain dans tous les domaines. Conséquence de cette robotisation des tâches ? Après les métiers manuels liés à la fabrication d’objets, de machines ou de voitures, des professions qualifiées ou semi-qualifiées disparaissent à la rapidité d’une évolution technologique fulgurante. Comptables, secrétaires, journalistes sportifs ou chercheurs sont menacés. Avec l’internet, on exporte déjà ce genre de travail en Asie o un comptable indien, par exemple, peut calculer aussi bien, aussi vite et beaucoup moins cher qu’en Suisse, au risque d’ tre lui-m me bientôt remplacé par une machine. Récemment, une maison intelligente a été érigée dans le b timent expérimental NEST du Laboratoire fédéral d’essai des matériaux et de recherche près de urich. Tout de bois et de béton, elle a été construite à l’aide de robots et d’imprimantes D. Pour l’architecte Matthias ohler, son concep-

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teur et chercheur à l’Ecole polytechnique fédérale de urich (EP ), les effets sociaux de la numérisation dans le secteur de la construction sont di ciles à mesurer ou à prévoir. En revanche, il est convaincu que l’évolution de la numérisation ouvre des perspectives dans le domaine de l’architecture et pourrait contribuer à transformer les professions du secteur de la construction qui sont moins populaires ou m me nuisibles pour la santé (par exemple, les carreleurs), en professions plus intéressantes et plus contemporaines. uant à Giovanni erro Lu i, économiste, il estime que, dans cette course pour la numérisation de la société, certains métiers manuels resteront toujours complexes et très co teux à robotiser comme, par exemple, celui de cuisinier ou de nettoyeur. Selon lui, c’est l’intelligence sociale qui, aujourd’hui, gagne du terrain. Avec, pour la Suisse, la possibilité d’ tre innovante dans le domaine de la formation en

donnant à chacun la possibilité de se perfectionner, sa vie professionnelle durant, avec la formation continue. Enfin, des organismes, à l’instar des aritas romandes, qui mettent en évidence la solidarité et le poids de l’empathie, sont en première ligne pour donner du sens à de nouvelles manières de travailler. Corinne Jaquiéry, rédactrice en chef

Photo © Sedri Nemeth


ANTOINE RUSSBACH

«Allons-nous continuer à blâmer ceux qui ne travaillent pas?» vec le film Ceux qui travaillent, primé trois ois par le pri du cinéma suisse, le eune réalisateur suisse a orde la uestion ondamen tale de l’avenir du travail. BIO

« Est-ce que tu veux faire partie de ceux qui travaillent ou des autres ? C’est une question que le héros (ndlr. l’excellent comédien Olivier Gourmet) de mon film pose à son fils. C’est un problème qui me préoccupe, un problème de fond. Je me questionne sur cette pensée binaire : si un jour il n’y a plus assez de travail pour tout le monde, allons-nous continuer à blâmer ceux qui ne travaillent pas ? Un futur dystopique qui me fait très peur, mais qui n’est pas inimaginable. Les questions actuelles sur le travail sont celles de la vulnérabilité de ceux qui croient en sa valeur et qui s’en retrouvent soudain écartés. Celles qui vont arriver dans l’avenir sont plus complexes car notre système de valeurs n’est pas prêt à considérer l’hypothèse qu’on n’ait plus besoin de travailler autant. Notre idéologie et la réalité ne vont plus correspondre. Cet écart-là est terrible, parce que la seule manière qu’on ait actuellement de se valoriser, c’est par notre travail et l’argent qu’on gagne. Si demain, il n’y a plus de travail, il faudra trouver de la valeur à nos vies. L’idée de mon film vient d’un projet plus large : Ceux qui travaillent, Ceux qui combattent, Ceux qui prient. Cela aurait dû être un film choral avec plusieurs histoires qui était très long et très compliqué à financer. Je l’ai scindé en trois parties. Je me suis inspiré de la société médiévale : ceux qui travaillent, les paysans ; ceux qui combattent, la noblesse ; et le clergé pour la spiritualité. L’idée était de me demander qui aujourd’hui nous nourrit et comment on le fait. Mon film parle de consommation. Le héros Frank est un trader qui symbolise le

modèle capitaliste traditionnel. Je suis Genevois et Genève est un grand centre du commerce international. J’ai des amis qui travaillent dans ce domaine, qui sont assureurs ou avocats d’affaires etc. Ils sont confrontés au problème de la finalité morale de leur travail. Ce qui m’intéresse, c’est la complexité de ce questionnement. Frank travaille dans le fret maritime. Sans cette chaîne de distribution, sans tout cet effort humain qui peut être critiquable, on n’aurait rien dans nos assiettes. On en profite tous, on est tous complices, mais par ailleurs c’est une prouesse de l’humanité qui est quand même extraordinaire. Frank commet un acte monstrueux pour son entreprise. Il est Frank comme Frankenstein car il est clairement un monstre dont nous, spectateurs, pouvons nous distancer. C’est le bouc émissaire car ce qu’il fait nous arrange. En même temps, on ne peut pas s’empêcher de le comprendre et de l’aimer. »

Ceux qui travaillent Réalisation Antoine Russbach Visible sur la platerforme VoD de Swisscom. Bientôt sur vos petits écrans.

Photo © BoxProductions

D’origine suisse et sud-africaine, Antoine Russbach naît en 1984 à Genève. Il y vit jusqu’à ses 20 ans. Il pratique l’art dramatique pendant 8 ans en parallèle de l’école obligatoire, puis suit des études de réalisation/scénario en Belgique à l’IAD (Institut des Arts de Diffusion de LouvainLa-Neuve). En 2008, il coréalise « Michel » avec Emmanuel Marre. En 2009, il réalise «Les Bons Garçons», son film de fin d’études. Il travaille ensuite comme scénariste pour différents formats TV et cinéma. Il réalise son premier long métrage « Ceux qui travaillent » en 2018. Il est primé lors de la cérémonie du Prix du cinéma suisse en mars 2019 dans les catégories Meilleur film de fiction et Meilleur scénario. Il permet également à la jeune comédienne Pauline Schneider de recevoir le prix de la Meilleure interprétation dans un second rôle.

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Caritas Jura

L’esprit et la foi du pionnier ! Textes : Françoise Schaffter

Mémoire vivante de Caritas Jura et des ateliers Propul’s, Bernard Prétôt est un inlassable défenseur des demandeurs d’emploi, avocat des personnes en fin de droit, comme un lanceur d’alerte au niveau du marché du travail dans le Jura. Rencontre à la veille de sa retraite. ateliers, le respect et la reconnaissance professionnels sont acquis, le regard sur les chômeurs n’est plus aussi stigmatisant. Mais, car il y a un « mais », malheureusement, le besoin des ateliers est toujours là. Et la plus belle réussite aurait été de devenir inutiles. S’il n’aura pas atteint cet objectif idéal, Bernard Prétôt peut se targuer d’avoir fait évoluer le regard sur les demandeurs d’emploi. Mais il tempère immédiatement ce compliment par le fait que le nombre de personnes concernées a triplé ! Il y a un plus grand tournus et la population qui passe par des mesures de réinsertion est beaucoup plus fragilisée, plus jeune et doit faire face à une plus grande sélection. Pour ceux qui ne rentrent pas dans le moule, c’est un stress permanent face à une course à la performance. Bernard Prétôt n’aimerait sûrement pas le terme de lanceur d’alerte, trop lié à la digitalisation qui lui apparaît davantage comme une perte d’autonomie qu’un facilitateur. Celui qui a porté les ateliers Propul’s à bout de bras, après les avoir fondé en 1985, presque contre vents et marées, met toujours l’humain au centre. Il a initié les premiers programmes d’occupation dans le Jura. Visionnaire à ses débuts, homme à l’énergie contagieuse, Bernard Prétôt a su convaincre les autorités cantonales et communales du bienfondé de ses initiatives et a entraîné, avec lui, près de septante collaborateurs au total. Aujourd’hui, il mesure le chemin accompli. Il n’est plus besoin d’expliquer le « pourquoi du besoin » de ces aritas.mag

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aritas, un r le d’aiguillon Si la place des ateliers n’est plus à démontrer, les constats, les inquiétudes des débuts restent identiques. A tel point que, selon lui : « Le rapport des ateliers de 1986 pourrait être repris aujourd’hui. » Il m’en lit un extrait pour que je comprenne bien à quel point c’est scandaleux… En effet, si les objectifs et les valeurs n’ont pas bougé, les chiffres (nombre de participants par année, budget, etc.) ont été multiplié par dix ! Ce n’est pas un constat réjouissant ! Bientôt l’âge de la retraite et une ferveur intacte, une passion inassouvie, et toujours l’envie de changer le monde. Il prône un métier social avec « les pieds Photo © Pierre Montavon

sur terre, les mains dans le cambouis et le cœur en alerte ». A Caritas Jura, hier comme aujourd’hui et demain, on accompagne ceux qui sont seuls, ceux qui sortent du cadre sans jamais les exclure. On privilégie l’accueil, tout en étant rigoureux et en tentant des expériences pilotes. « Ça marche, on poursuit ; ça ne marche pas, on essaie autre chose. Notre mission, c’est d’arriver à notre but, peu importe quand et comment. » On le voit avec le Tritout à Vicques, considéré un peu de manière marginale à ses débuts et qui est cité en exemple, aujourd’hui. Ou encore le Restau-Verso considéré, à l’époque, comme utopique et qui va fêter ses 10 ans d’existence. Les ateliers version 2019 doivent être entrepreneuriaux et respectueux de la dignité de chacun : la conviction est ancrée dans la chair de Bernard Prétôt. Des projets tels que la Vélostation ou les fagots de bois fabriqués par des détenus viennent confirmer cette reconnaissance. Il argumente : « Aux ateliers, on doit pouvoir parler d’argent et de productivité, mais au rythme de la personne. Et ce rythme, il est propre à chacun. On s’adapte en permanence tout en fi xant des objectifs réalistes et basés sur des expériences de terrain et du marché de l’emploi, lorsque c’est possible. » Aujourd’hui, à l’aube d’une retraite qui s’annonce aussi riche que sa vie professionnelle, Bernard Prétôt n’a aucun regret. Sa maxime reste la même qu’à ses débuts: «Lorsque tu ne sais pas où tu vas, arrête-toi et regarde d’où tu viens.» Merci pour tout cela, pour tout toi. Heureuse et riche retraite, Bernard!


Ma famille, ma bataille ! uel ue personnes pour assister à une con érence sur les ados, a interpelle Emmanuelle Piquet a drainé la foule. A tel point que la spécialiste est revenue récemment à Porrentruy pour une nouvelle conférence, on peut même écrire un spectacle au vu de ses capacités à provoquer les rires du public… tout en suscitant la réflexion ! La vie de famille n’est en effet pas un long fleuve tranquille. Pour comprendre et surmonter certains passages délicats, on a parfois besoin d’aide. Mais on pense trop souvent que cela n’est pas si grave pour consulter un spécialiste étiqueté « médical ». D’où le besoin d’un intervenant qui va pouvoir prendre du recul par rapport à la situation et aider chacun à retrouver un équilibre… et à apaiser la relation. A Caritas Jura, une intervenante du Secteur couples et familles est certifiée et utilise la méthode stratégique brève, selon les principes de l’école de Palo Alto, appliqués par Emmanuelle Piquet. La méthode dite du « 180 degrés » en est un pilier qui a fait ses preuves dans de nombreuses situations. A la suite de la conférence d’Emmanuelle Piquet, un groupe d’échange de parents d’ados sera organisé. Avec le soutien de deux animateurs, dont un formé à cette approche. Il vise à donner une suite concrète aux conseils prodigués par la conférencière.

a mét ode de alo lto L’approche – non-normative, non-pathologisante – repose sur une compréhension des interactions que la personne entretient avec elle-même, avec les autres et avec le monde en général. Chacun cherche à trouver un équilibre à ces différents niveaux pour mener une existence satisfaisante, mais, dans certains cas, il peut arriver qu’un cercle vicieux s’installe. Le travail proposé ne part pas d’une vision de ce qu’est une personne « équilibrée » ou « un couple réussi » ou encore « une famille normale », mais de ce qui, dans la situation actuelle, génère de la souffrance ou de l’insatisfaction. Cette approche a démontré son efficacité dans le traitement de problèmes comme les troubles de l’humeur (dépression, troubles bipolaires), l’anxiété (phobies, attaques de panique), les questions alimentaires (anorexie, boulimie...), les troubles obsessionnels compulsifs, les problèmes de sommeil, les difficultés de couple ou encore les relations parents-enfants. Des interventions sont également possibles dans le traitement des situations de souffrance au travail (surmenage, burn-out, bore-out, démotivation,

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harcèlement...) et de problèmes scolaires (phobies scolaires, difficultés d’apprentissage, violence dans la cour de l’école, épuisement de l’enseignant...).

ne é uipe de professionnels Les intervenants qui travaillent au Secteur couples et familles du Département consultation et soutien de Caritas sont issus de différentes formations. Carine Donzé est assistante sociale et conseillère conjugale certifiée. Elle travaille principalement à Porrentruy avec les couples et coanime des groupes de parole pour personnes séparées. Adriano Angiolini est travailleur social et conseiller conjugal certifié. Il travaille principalement avec des couples à Delémont ainsi qu’à Saignelégier et coanime des groupes de parole pour personnes séparées. Aude Sauvain est psychologue et médiatrice familiale. Elle travaille principalement avec des couples en séparation à Delémont (notamment organisation et communication à la suite de la séparation). Estelle Kamber est psychologue, praticienne-formatrice en travail social et formée aux interventions systémiques stratégiques brèves. Elle est responsable du Département et travaille à Porrentruy, à Saignelégier et à Delémont, avec des familles, des parents et des personnes en souff rance personnelle.

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Endettement: il y a une vie après Rem ourser ses dettes, c’est un tr s lon chemin, parsemé d’em ches et de mauvaises surprises. Un chemin de croix qui est donc vécu comme une victoire personnelle lorsqu’on arrive à le franchir ! Pour comprendre ce que cela signifie vraiment et le parcours d’obstacles qu’il faut surmonter pour briser ce tabou, nous avons donné la parole à des personnes qui sont passées par là. Outre la difficulté du processus, sa lenteur et le côté très désespérant des factures qui ne s’arrêtent jamais, la personne endettée doit affronter la honte et le tabou. Pour mettre en place une procédure de désendettement, plusieurs critères doivent être remplis, notamment avoir une capacité de remboursement et un plan de désendettement atteignable en trois ans. Autrement dit, un tel plan ne a a enaud est onseill re en d sendettement. Elle sait toute la di

sera pas envisageable pour quelqu’un qui vit au minimum de l’aide sociale. Il faudra alors apprendre à vivre avec ses dettes.

es c oses bougent Une motion du conseiller aux Etats Claude Hêche vient d’être acceptée par les Chambres fédérales. Elle vise à offrir des perspectives pour effacer les dettes des débiteurs à faibles revenus, sous certaines conditions et dans des délais acceptables pour toutes les parties. Des pratiques similaires ont fait leur preuve dans plusieurs pays. Une autre piste vise à mieux coordonner les procédures afin d’éviter des lourdeurs inutiles, incohérentes et coûteuses.

ult et les obsta les d’un d sendettement.

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a ali

ans arri e à la n de

On devine dans son regard qu’elle est émue. D’un côté, parce qu’elle est reconnaissante, mais aussi parce que Caritas est encore souvent associée à « toucher le fond ». Le déclic. Endettée, prise au piège par une facture de dentiste qui met à mal son équilibre très précaire, elle réalise qu’elle va droit dans le mur. Le déclic vient de cette facture imprévue et, aujourd’hui, elle lui dit « merci ». Mais qu’est-ce que cela a été dur d’appeler Caritas... Pas de jugement là-derrière, mais une impression qu’elle n’en est pas là. Son histoire. Magali perd sa maman à 21 ans. Elle est l’aînée d’une fratrie de trois enfants. Cela se ressent au niveau de ses affaires administratives. Elle n’a pas anticipé les premiers impôts, et prend donc immédiatement du retard. Quelques factures qui s’accumulent, c’est l’engrenage. Elle arrive de plus en plus difficilement à suivre avec son salaire… Toujours sur le qui-vive. C’est alors qu’un conseiller de banque « éclairé » lui propose de contracter un « petit » crédit… C’est le début des gros problèmes… Elle n’arrive plus à rembourser son petit crédit, on lui en accorde sans rougir un deuxième, sans de grosses investigations non plus. Une machine infernale ! Après avoir tout payé, il ne lui reste même plus assez pour se nourrir. Elle prend la décision d’appeler à l’aide…

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r de dettes

Le désendettement. Magali a du mal à accepter d’être «aidée». Il faut tout déballer, affronter la réalité des chiffres. Avant d’entamer un plan de désendettement, il y a l’établissement d’un budget mensualisé, les rendez-vous réguliers. Après quelques mois de remise à niveau, Caritas obtient un prêt sans intérêt via le Fonds cantonal. Durant trois ans, elle rembourse son emprunt, mais elle vit moins stressée, tout est planifié. Aujourd’hui, elle est arrivée au bout de son désendettement. Le soutien de Caritas Jura a été déterminant, comme un phare qui guide et qui recadre, la conseillère assurant le suivi, propose des arrangements et chapeaute les innombrables formalités administratives. Et maintenant ? Magali voit à quel point elle s’était coupée de toute vie sociale, lors de cette période trouble, à quel point une situation financière précaire a des influences sur la santé et le sommeil. Aujourd’hui, c’est un nouveau départ qui s’offre à elle. Son conseil aux personnes endettées ? Il faut que la démarche vienne de la personne concernée. Le regard de l’assistante sociale. «Cette jeune femme est arrivée dans notre service au bout du rouleau, dévalorisée, honteuse, ayant l’impression d’avoir tout raté. En trois ans, elle a su reprendre confiance, retrouver ses compétences. II y a eu des moments difficiles, de détresse, mais elle a tenu bon. C’est une nouvelle femme, qui sait ce qu’elle veut, ce qu’elle vaut et où elle va.» Photo © Caritas Jura


Sonia et Pierre : « Caritas nous a sauvés » Leur histoire. C’est une situation presque classique : un couple, baisses de revenus dues au chômage, des frais qui ne diminuent pas et un engrenage qui s’installe. Les impôts, l’assurance maladie, et puis, on commence à avoir du mal à y voir clair. Ce d’autant plus que la fin de droit menace, la santé en prend un coup et le moral est en berne. C’est le principe des vases communicants, si un pan s’effondre, les autres commencent à trembler… Dans ces conditions, Sonia l’avoue : « Difficile de ne pas laisser tomber face aux factures qui ne s’arrêtent jamais et aux entretiens d’embauche qui stoppent net. »

sera réintégrée dans leur minimum vital, et ils stopperont cette dette. En démêlant l’écheveau, le couple reprend confiance. Les retards sont petit à petit grignotés, tout en préservant l’essentiel : le loyer et le frigo ! Et la ténacité paie, ce d’autant plus que chacun retrouve un emploi. Ces revenus leur permettent d’éponger la majeure partie des dettes restantes.

i cile de ne pas laisser tomber face aux factures qui ne s’arrêtent jamais et aux entretiens d’embauc e qui stoppent net

Le déclic. C’est une amie qui lui a suggéré d’aller voir Caritas. Et, aujourd’hui, trois ans après le début de la galère, elle le dit sans détour : « Caritas nous a sauvés. » Le désendettement. Avec l’assistante sociale, elle a commencé par « remettre de l’ordre ». Sans être jugé, en étant valorisé, le couple a été guidé avec ce qu’il faut de directivité et de bienveillance. Pour Sonia, c’est clair : « Certains créanciers abusent de la méconnaissance des gens avec les frais d’encaissement et, seule, c’est difficile et chronophage de se battre. ». Saisis tous les deux par les poursuites, ils ne voyaient pas de fin à la spirale, étant dans l’obligation de laisser de côté les impôts courants. Pour reprendre pied, l’assistante sociale leur apprend que, s’ils reprennent le paiement de leur prime LAMal en amenant la preuve pendant trois mois, elle

ordre le cou au

75%

pré ugés

des personnes en difficultés pour honorer leurs en gagements financiers le sont suite à une diminution soudaine de leurs revenus (divorce, chômage, problèm e de santé)

25%

le sont parce qu’il s ont pris des engagements au-delà de leurs moyens

Sonia

Et maintenant ? Depuis quelques mois, ils peuvent de nouveau verser un montant mensuel pour les impôts : un signe décisif pour « reprendre possession de leur vie ». Le regard de l’assistante sociale. « Ce couple a toujours fait preuve de motivation et ne s’est jamais laissé décourager. Depuis plusieurs mois, ils sont sortis des poursuites. Je pense qu’ils se sont sauvés eux-mêmes par leurs nombreux efforts et sacrifices. Caritas Jura a joué un rôle de soutien. »

Ce qu’il faudrait changer : méliorer le contr le certains organismes de crédit peu scrupuleux font miroiter un avenir sans souci à ceux qui bouclent di cilement les fins de mois. Si les banques traditionnelles appliquent la loi, ce n’est pas le cas pour tous les instituts. ertains ont été déboutés par Caritas qui a pu prouver que les crédits avaient été accordés avec une légèreté proche de la malhonn teté. Dernièrement, Caritas a annulé une partie du crédit accordé un peu trop généreusement.

ntroduire les imp ts dans le minimum vital lorsqu’une personne est aux poursuites et fait l’objet d’une saisie de salaire, on lui calcule son minimum vital (loyer, électricité, caisse-maladie pour autant que les primes soient payées et de quoi subvenir à ses besoins). Les impôts courants ne sont pas pris en compte. Du coup, la personne est forcée de les laisser de côté, de sorte qu’ils vont constituer une nouvelle dette. ’est le serpent qui se mord la queue.

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Faire place nette en trois jours a mission de l’é uipe du ervice de récupération Le chantier paraît énorme : vider une maison de huit pièces, dont une cuisine totalement agencée, des pièces à vivre avec des meubles et des bibelots, un atelier de peinture avec un nombre incalculable de tableaux, de tubes et de pinceaux. Un garage équipé d’étagères, d’un établi et du matériel à évacuer. Il y a des objets partout. La maison sera vendue et les enfants ont pris la décision de faire vider la maison par Caritas Jura.

pération débarras Lorsque les personnes en mesure de réinsertion aux ateliers Propul’s arrivent sur place, ce lundi-là, la vision est habituelle pour l’équipe, un peu chaotique pour un non-initié : un lieu de vie d’une personne âgée qui a amassé pas mal de choses, de toutes les grandeurs, de toutes les qualités et qui avait du mal à faire du tri… Une maladie, parfois la résidence pour personne âgée, parfois la mort… et il faut quitter son domicile dans la précipitation. Les enfants occupés, et souvent déjà installés dans leur propre maison, décident de confier alors les travaux de débarras à l’équipe de Caritas, formée pour cette mission. Après avoir fait le tour de la propriété avec le responsable de l’atelier transports et récupération, Jean-Robert Dobler, le propriétaire détaille ses demandes et vient vérifier que tout se passe bien : enlever (ou pas) les luminaires, garder telle ou telle armoire murale. Et, surtout, s’assurer qu’aucun objet d’importance et confidentiel ou un formulaire administratif n’ont été oubliés par la famille. Après le passage de l’équipe de « JR », comme on l’appelle à Caritas, on ne pourra plus rien retrouver facilement, car les objets suivent la filière du tri dès qu’ils arrivent dans les ateliers Propul’s.

eu i me vie pour les ob ets Trois hommes, trois jours et quelques dizaines de sacs poubelles plus loin et la maison est méconnaissable, les pièces résonnent dans le vide. Avec plusieurs allers et retours du côté de la Communance, le Service des transports et récupération a tout emmené. Ce qui est encore en bon état et susceptible de trouver un acheteur sera mis en vente au Marché Montcroix, tels que des meubles, de la vaisselle, des livres, des appareils électroniques ou encore des tableaux. Une partie terminera à la décharge.

a base d’une visite Dans un premier temps et sur rendez-vous, le responsable du Service de récupération présente une offre pour cette prestation de « vide maison ». Qui a un coût pour le propriétaire, mais cela lui aura surtout rapporté pas mal d’économies d’énergie. Responsable du secteur, Jean-Robert Dobler se tient à votre disposition pour toutes les questions que vous pouvez vous poser : 032 423 65 11.

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a f te de o l de para t dé à lointaine. Mais ce moment fort de l’année mérite une place tant il est rassembleur dans la vie du lieu d’accueil. lut t ue de longues e plications, voici le témoignage de uis, bénévole à

Témoignage de Luis

/ Fête de Noël 2018

Bien que je n’aime pas être sur le de va nt de la scèn e, pour de participer à l’org ce tte fête, j’ai pris anisa tion. J’ai mis la responsabilité la main à la pâ te, en pâ tisseries et l’ent do nnant des idées, en rée au saumon, le jo préparant des ur-même. Pa r le passé, j’ai eu de mauvaises expé riences et, d’habitu capacités, mais je ne de, je travaille dans les mets pas en avan l’ombre. J’ai des t. Le ma tin, à mon On at tendait du mo arrivée, il y avait un nde et nous de vions peu de pression. no us donn er de la pe un e bonn e équipe in e. Les heures filai et il y avait un e bo ent. Nous étions nn e ambiance. Nous av humain e. Tout a ét ions du plaisir. Beau é mis en place. J’ai co up de chaleur eu du plaisir, car le le Père Noël. Les en repas était simple. fants jouaient, dess On a bien rigolé avec inaient. On était tous au mê me niveau, que tu so is à l’AI, en rech erch ment à Caritas. A LA e d’emploi ou respon RC, on est tous égau sable de départex. C’est cela qui me que tu sois, tu n’es plaît. Lorsque tu dé pas un numéro et on po ses ta veste, qui ne te colle pas d’étique de chacun, des diff ttes. Il y a un respec érences. Je sais qu t des cultures e je suis dans un lie u où il n’y a pas de J’ai vécu beaucoup moqueries. de bonh eur durant cette fête de Noël. heureux. C’était un Parfois, il faut peu e journée toute de de chose pour être simplicité. Je suis re cié que cela dure pl pa rti avec de la force us longtemps. A la et j’aurais appréfin, je n’a vais pas en soucis de la vie quot vie de partir. Partici idienne. Participer per me change des me dépayse, me fa it du bien. 15 jan vier 2019

Le panneau de la solidarité Enfin, les fruits du verger de la solidarité ! Sept ans après avoir été plantés, les 40 arbres des 40 ans de Caritas Jura ont donné leur première vraie récolte. Un magnifique jus de pomme a donc été pressé et mis en bouteille. Les parrains du verger, une quarantaine, ont reçu une bouteille en signe de remerciement pour leur engagement. De nombreuses entreprises de la région avaient, en effet, accepté de soutenir financièrement l’entretien du verger, en signe de solidarité avec les personnes en difficulté dans la région. Encore un chaleureux merci à toutes les personnes qui ont participé de près ou de loin à ce beau projet. Un panneau a été posé tout récemment, là où se trouve le verger, à Glovelier, village natal du Père Portmann, fondateur de Caritas Jura.

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Caritas Jura

Avril – Mai – Juin 17 avril afé des proches aidants à LAR , à Delémont, de 14 h à 16 h, « Les signes d’épuisement » 27 avril Vente aux enchères, rue Saint- enri, toute la journée 25 mai afé réparation à LAR , à Delémont, de 9 h à 12 h 29 mai afé des proches aidants à LAR , à Delémont, de 14 h à 16 h, « Mes ressources » uin Assemblée générale à Delémont, à 18 h

entre Saint- ran ois,

uin Delémont’BD présence, samedi et dimanche, aux horaires du festival uin afé des proches aidants à LAR , à Delémont, de 14 h à 16 h, « Gestion du stress »

boulots re los c Mettre en lien ceux qui cherchent un petit boulot et ceux qui en offrent : c’est la vocation de www. boulots reglos. , une plateforme mise en place par Caritas ura. Le Chèque mploi qui fonctionne depuis plus de dix ans a démontré que de nombreuses personnes seraient intéressées à trouver du personnel pour des travaux de proximité, notamment des personnes prêtes à déclarer leur emploi. Chèque mploi gère un système qui décourage le travail au noir et facilite les déductions sociales. Renseignements au 0 2 21 5 60. .boulots reglos.c

Tropicana, nous revoilà ! Caritas Jura fait désormais partie des fidèles ! Une équipe formée de jeunes de la maison (employés, stagiaires et civilistes) a participé au tournoi de beach-volley du jeudi soir, en récoltant ainsi des fonds pour l’association Interagir, selon le principe du festival à vocation humanitaire. Sport, rigolade et engagement : trois piliers de cette manifestation qui vole de succès en succès, depuis plusieurs années.

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Appels à votre soutien Caritas Jura compte sur votre générosité pour donner un coup de pouce à des personnes ou des familles en difficulté. Mentionnez le numéro d’appel sur votre bulletin de versement, et votre don sera intégralement versé à la situation présentée.

Appel n° 59

Appel n° 58 Un divorce qui fait mal

La galère s’acharne

Monsieur est en plein divorce conflictuel avec beaucoup de dommages collatéraux et deux enfants en bas âge qui encaissent, au milieu. Il est en grandes difficultés financières, en partie en raison du montant de la pension alimentaire qu’il doit assumer depuis sa séparation. Avec les charges qui se dédoublent, les fins de mois sont serrées… Nous lui apportons un soutien pour qu’il puisse obtenir de nouvelles lunettes, nécessité qu’il ne peut même plus s’offrir.

La séparation tourne au cauchemar pour cette maman de trois jeunes enfants. Le sort s’acharne sur elle, puisque la maladie est venue frapper un des enfants et elle a été licenciée à la fin de 2018. Fragilisée psychologiquement et physiquement, elle a fait appel à notre service, afin d’être épaulée dans cette douloureuse étape de sa vie ainsi que dans sa gestion administrative et budgétaire. Quelques factures restent en suspens, dont des frais de crèche de l’an passé et des frais médicaux. Nous souhaitons, avec vous, alléger cette maman de ses soucis. Souhait : 1500 fr.

Souhait : 800 fr.

ADRESSES

Caritas Jura Case postale 172 2800 Delémont 1 Tél. 032 421 35 60 Fax 032 421 35 65 E-mail : caritas.jura@caritas-jura.ch www.caritas-jura.ch CCP 25-601-2 IBAN : CH32 0900 0000 2500 0601 2

Direction Rue du Temple 19 2800 Delémont

Département Consultation et Soutien Rue du Temple 19 2800 Delémont

Département Insertion Propul’s Rue Saint-Henri 5 2800 Delémont

Département Action Communautaire LARC Passage des Ponts 2 2800 Delémont, tél. 032 423 55 40

Vente de meubles Delémont–Vorbourg 20 Mardi et jeudi 13h15–16h30 Mercredi et vendredi 13h15–18h30

Appel n° 60 Se serrer la ceinture toujours, tout le temps

Service de récupération Tél. 032 423 65 11 (le matin)

Magasin de Delémont Quai de la Sorne 2 Lundi au vendredi de 14h–17h30

Cette dame, divorcée de 50 ans, emp loyée à 100% dans l’horlogerie, vit seule, mais a enco re un enfant majeur aux études à Lausanne. Comme il a plus de 25 ans , il n’obtient plus aucune aide et se débrouille avec des petits jobs . Madame gagne un tout petit salaire, vit au seuil du minimum vital, paie ses factures malgré tout et soutient son fils comme elle le peut, au prix de sacrifices chaque jour. Il est clair qu’e lle ne s’octroie aucun plaisir, aucune sortie, aucun loisi r. Afin de la soulager un peu, nous aimerions prendre en charge deux primes de caisse maladie. Souhait : 1100 fr.

Magasin de Porrentruy Grand-Rue 18 Mardi, mercredi et jeudi de 14 h –17 h Vendredi de 14 h –17 h 30

Magasin de Saignelégier Hôpital 13 Mardi, mercredi et jeudi de 14h–17h Vendredi de 14h–18h

Magasin de Bienne Rue Basse 47 Lundi au vendredi de 14h–18h

RÉSULTAT DES APPELS D’OCTOBRE 2018

MERCI POUR VOS DONS !

Appel n° 54 : « Des réserves pour les coups durs aux ateliers ». Souhait : 1500 fr. Reçu : 1992 fr.

Numéro de CCP de Caritas Jura: 25-601-2.

Appel n° 55 : « Santé et coûts ». Souhait : 1000 fr. Reçu : 642 fr.

Si, grâce à votre générosité, les montants demandés sont dépassés, le surplus est affecté à des situations semblables.

Appel n° 56 : « Voir la fin du tunnel ». Souhait : 1500 fr. Reçu : 1575 fr. Appel n° 57 « Lunettes trop onéreuses ». Souhait : 1000 fr. Reçu : 665 fr.

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R I TA S DE CA

JURA

THÈME 2019 : le sport et des objets uniques dédicacés ( Hischier, Federer, Schurter, etc. )

Parrain de la manifestation :

Jean-Pierre Egger

athlète et entraîneur à succès Plus de 100 lots exceptionnels vendus à la criée ( dirigée gracieusement par la maison Piguet )

Catalogue sous www.caritas-jura.ch

Grand espace brocante avec des centaines d’objets

Samedi 27 avril 2019

Zone industrielle, rue St-Henri 5, Delémont vente aux enchères de 13h30 a 17h30 / exposition des pièces de 9h à 12h30

coin brocante pour les achats en direct de 9h A 17h30

Profile for Caritas Jura

Caritas.Mag_avril 2019  

Caritas.Mag_avril 2019  

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