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Numéro 14

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mai 2009

La lettre d’information de Cap Retraite dédiée aux professionnels de l’accompagnement des personnes âgées

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L’actualité du Grand Âge

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Dossier Cap Retraite : Alzheimer : envisager l’entrée en maison de retraite

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Focus sur… Les indicateurs de qualité dans les maisons de retraite

»ÉDITO L’entrée en institution est une question que les accompagnants d’un malade d’Alzheimer se posent inéluctablement, à un stade ou un autre de la maladie de leur proche. Souvent, l’institutionnalisation n’est pas souhaitée par les familles, et de fait, s’en trouve retardée. Pourtant, l’accueil des malades d’Alzheimer en EHPAD s’est considérablement amélioré au cours des dernières années. Il est donc souhaitable d’aider l’entourage à préparer l’entrée de son proche en établissement. Ce d’autant plus qu’un accompagnement sans répit constitue un danger pour la santé physique et psychologique de l’aidant principal. Enfin, il est important de dédramatiser ce passage en institution, en montrant les progrès de la prise en charge des malades d’Alzheimer en maisons de retraite spécialisées. C’est le thème de notre dossier de ce mois-ci.

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Découvrir Cap Retraite... La sélection des résidences offrant des séjours temporaires

Numéro Vert Spécial  Pro 

0800 400 008 L’équipe de Cap Retraite garde le souhait constant d’être à votre écoute : faites nous part de vos commentaires, de vos questions, mais aussi des sujets que vous aimeriez voir aborder dans cette lettre d’information. Pour tout cela, mais aussi pour demander votre abonnement à notre newsletter, contactez nos services par téléphone, via notre Numéro Vert Spécial Pro 0800 400 008, par fax au 01.53.01.36.39 ou bien encore par email à capnews@capretraite.fr. Nous espérons, avec l’édition de ce nouveau numéro, que cette newsletter vous sera utile et précieuse à conserver, et que nous continuerons ainsi à vous aider dans votre mission d’accompagnement des personnes âgées. Bonne lecture !

L’équipe de Cap Retraite.

dossier Alzheimer : envisager l’entrée en maison de retraite Sommaire ////////////////////////

» Fiche pratique : préparer l’entrée en institution /// p 3

» Aidants : une fragilité à prendre en compte /// p 4

» La stimulation sensorielle des malades d’Alzheimer en maison de retraite /// p 4

» PASA et UHR, les nouvelles unités dédiées Alzheimer en EHPAD /// p 5

» Hébergement : des espaces conçus pour les malades Alzheimer /// p 5

» L’offre d’hébergement destinée aux malades d’Alzheimer en chiffres /// p 6

» Glossaire : La maladie d’Alzheimer /// p 6


» ACTUALITÉ DU GRAND ÂGE

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Le prochain plan cancer 2009-2013 Après un premier Plan Cancer 2003-2007 défaillant, le lancement d’un second plan est prévu en juin prochain. Objectif : priorité au malade ! Un premier Plan Cancer insuffisant

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En 2003, le Président de la République lançait son « plan de mobilisation nationale » contre le cancer. Le plan comprenait 70 mesures de lutte, dans les domaines de l’observation, de la prévention, du dépistage, de l’organisation des soins, de l’accompagnement social, de la formation ou encore de la recherche. Pourtant, le Plan Cancer 2003-2007 n’a connu qu’un succès partiel. Seul 1/3 de ces mesures a été réellement appliqué, du fait de l’absence de dispositif de suivi ou d’évaluation (rapport du Haut conseil de la Santé Publique, février 2008).

Comment combiner place du patient, soins et recherche ? C’est ce à quoi le nouveau Plan Cancer va tenter de répondre dès juin prochain. Les mesures de prévention et de dépistage ainsi que l’Institut National du Cancer (Inca) sont conservées. Quant aux nouveautés, l’accent est mis sur « la prise en charge globale du patient, y compris sociale et psychologique, la prise en charge de la douleur et l’éducation thérapeutique ». De plus l’accent sera mis sur la réduction des inégalités sociales et géographiques, afin de favoriser l’accès aux soins à tous. Enfin le nouveau Plan prévoit la création d’un «comité de pilotage interministériel» pour contrôler son application

Alzheimer : du lait pour prévenir la maladie Le lait pourrait aider à prévenir la maladie d’Alzheimer ! C’est en tout cas ce que prétendent des chercheurs de l’Université d’Oxford dans une étude qui vient d ‘être publiée. Explications. Deux verres de lait par jour contre Alzheimer ! Les chercheurs de l’Université d’Oxford ont ainsi révélé que boire deux verres de lait par jour pourrait aider à prévenir la maladie d’Alzheimer ! Les personnes âgées souffrant généralement d’un manque en vitamine B12 (Cobalamine), celle-ci même essentielle au maintien de la gaine qui renferme la cellule nerveuse. Contenue dans la viande et le lait, la vitamine B12 contribuerait donc à ralentir le déclin cognitif.

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Le futur Plan Cancer 2009-2013

Une étude sur deux ans pour confirmer la théorie Une phase d’essai devrait commencer avec 170 patients de plus de 70 ans, sur une période de 2 ans. Les chercheurs soutiennent qu’il est possible de protéger les personnes âgées contre les effets dévastateurs de la maladie d’Alzheimer en améliorant leur apport alimentaire en vitamines. La consommation soutenue et régulière de lait augmenterait les chances de prévention de la maladie d’Alzheimer.

Le coût humain de la maladie d’Alzheimer Selon les chercheurs de l’Institut de Recherche sur la Santé et le Vieillissement de San Francisco, la prise en charge de la maladie d’Alzheimer coûtera deux fois plus cher dans vingt ans. Le coût financier d’Alzheimer en France D’après une étude de l’OPEPS menée en 2005, le coût global de la maladie d’Alzheimer atteint les 10 milliards d’euros pour la France. On estime le coût moyen d’une personne atteinte de la maladie d’Alzheimer à 26 000 euros pour les personnes en institution, et à 16 000 euros pour les personnes à domicile. Ce coût est aujourd’hui pris en charge à 62% par les familles, à 22% par la Sécurité sociale et à 16% par les Conseils généraux. Mais Alzheimer, c’est aussi un coût humain L’association France Alzheimer souligne l’existence d’un « coût humain » de la maladie. En effet, outre le coût direct occasionné par le traitement médical des personnes atteintes, on note aussi un «  coût humain pour l’entourage  ». Celui-ci est difficile à évaluer, mais est amené à peser de plus en plus lourd dans l’économie du pays. Ainsi, aujourd’hui, alors que près de 60% des personnes atteintes par la maladie d’Alzheimer résident à domicile, 70% des conjoints et 50% des enfants d’une personne malade à domicile déclarent consacrer plus de 6 heures par jour à son accompagnement.

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» DOSSIER

Préparer l’entrée en institution L’entrée d’un malade d’Alzheimer dans un établissement d’hébergement spécialisé est inéluctable, à plus ou moins long terme. Il est dommage de transformer cet événement prévisible en une situation de crise. Pour l’éviter, il convient de préparer cette entrée suffisamment en amont. Voici quelques éléments qui peuvent aider l’entourage à cette étape.

» Le processus de décision L’entrée en maison de retraite ne doit pas être considérée comme une solution de dernier recours. Au contraire, plus tôt on engagera la réflexion, plus le processus de décision sera réfléchi et plus cette étape sera vécue comme le fruit d’un arbitrage mûri. Impliquer le malade le plus tôt possible Les malades d’Alzheimer ne perdent que progressivement leur lucidité. Il convient d’évoquer la question de l’hébergement en institution lorsque le malade peut encore faire des choix. La gestion des nuits Enormément de familles tendent à garder leur proche atteint de la maladie d’Alzheimer à domicile, tant que les nuits sont paisibles. Lorsque la gestion des nuits devient insurmontable, l’entrée en maison de retraite est l’incontournable aboutissement. Il est cependant plus sage de recommander à la famille d’envisager l’entrée en institution avant de ne subir ces moments de crise.

Une décision à prendre en concertation Il faut envisager l’entrée en maison de retraite spécialisée avec la famille, avec l’aidant principal, mais aussi en prenant compte le point de vue des professionnels prenant en charge le malade, notamment soignants et médecins.

Eviter les promesses impossibles Il est fréquent que l’aidant fasse à la personne malade la promesse de toujours la garder à domicile. Il est conseillé d’éviter de formuler de telles promesses, impossibles à tenir. Celles-ci ne font que retarder l’institutionnalisation, qui risque alors d’intervenir dans l’urgence, et d’être encore plus mal vécue.

Dédramatiser l’entrée en institution L’entrée en maison de retraite est toujours une étape difficile, pour le malade et pour ses proches. Néanmoins, il faut déculpabiliser l’entourage, et notamment l’aidant principal, et souligner l’amélioration de la qualité de vie du malade après son installation. Celle-ci ne signifie pas une rupture définitive entre le malade et sa famille. De plus, la qualité des établissements d’hébergement a beaucoup progressé au cours de la dernière décennie. Au lieu de signifier un abandon, le placement en maison de retraite est souvent mieux adapté aux besoins du malade que le maintien à domicile. Il permet une prise en charge différente et apporte souvent une amélioration du bien-être et du quotidien du malade.

» LA PRÉPARATION PSYCHOLOGIQUE L’aspect psychologique est fondamental, tant du point de vue du malade que de ses proches. Préparer le terrain psychologique permet d’assurer la réussite de ce tournant dans la vie du malade et de sa famille. La préparation du malade Le malade d’Alzheimer doit être sensibilisé à l’entrée en institution. On pourra évoquer cette éventualité progressivement. Il faut lui parler de la solution de placement et lui permettre de s’exprimer sur le sujet. On peut aussi envisager le séjour temporaire comme une façon de se familiariser avec la maison de retraite.

» La préparation matérielle à l’entrée

Groupes de paroles Un soutien psychologique non négligeable peut être apporté par les groupes de parole. La formule du « café Alzheimer » gagne en popularité et de telles activités sont à présent proposées dans chaque région.

Etablir des critères objectifs, obtenir des aides, visiter des établissements et préparer l’entrée en institution sont autant de phases incontournables d’un placement réussi. La recherche d’un établissement La recherche d’un établissement adapté est complexe. Elle dépend de plusieurs facteurs, parmi lesquels : les ressources disponibles de la famille, les préférences géographiques, le stade d’évolution de la maladie, mais aussi les disponibilités. La maison de retraite doit proposer une prise en charge adaptée de la maladie d’Alzheimer et aux besoins spécifiques de l’état du malade. La préparation financière L’aspect budgétaire constitue une partie non négligeable de l’entrée en maison de retraite. L’hébergement est souvent onéreux, mais il existe plusieurs possibilités d’aides financières et de subventions. Il faut donc prendre conseil suffisamment à l’avance, de manière à pouvoir constituer les dossiers nécessaires et régler tous les aspects du montage financier.

L’intégration en établissement Il est recommandé de visiter différentes structures avant de faire son choix. Une intégration par étape pourra être envisagée, via l’accueil de jour ou les séjours temporaires. Par la suite, la famille devra aller au-delà de l’organisation de simples visites : faire connaissance avec le personnel de la résidence et se familiariser avec les rythmes de fonctionnement de l’institution et ses activités.

LIENS UTILES : L’association France Alzheimer : très active dans la défense des malades, l’association lutte pour une meilleure prise en charge de la maladie : www.francealzheimer.com Alois.fr, le site d’informations et d’échanges sur la maladie d’Alzheimer : www.alois.fr Fondation Méderic-Alzheimer : ‘Pour mieux comprendre, pour mieux agir’ : www.fondation-mederic-alzheimer Le site du ministère de la Santé consacré au Plan Alzheimer 2008-2012 : www.plan-alzheimer.gouv.fr

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» Aidants : une fragilité à prendre en compte La vulnérabilité des aidants est double. D’une part ils assument le fardeau des conséquences de la maladie de leur proche. D’autre part, lorsqu’il s’agit du conjoint, lui-même âgé, parfois malade, sa santé peut être fragilisée par l’effort. Une fragilité à prendre en compte pour mesurer l’importance de la recherche de solutions de répit. Les aidants : un héroïsme au quotidien Les aidants familiaux sont en grande majorité des femmes, à plus de 75%. Il s’agit en majorité des enfants ou des conjoints des malades. Ils ont la plupart du temps plus de 45 ans. S’occuper de leur proche atteint de la maladie d’Alzheimer est une lutte permanente, un véritable héroïsme au quotidien. En effet, hormis l’aspect sentimental (la douleur de voir son proche de plus en plus atteint), l’aspect matériel et financier est pesant. Les aidants assument de lourdes responsabilités. L’aide informelle de l’entourage familial des malades représente plus des trois quarts de l’aide totale. Etre aidant familial n’est pas simple. En effet, l’aidant familial apporte une aide sur la durée, parfois très importante. Ils ne s’autorisent pas toujours à souffler ou s’accorder du temps pour eux-mêmes. De plus, malgré les aides disponibles, il faut souvent se débrouiller seul.

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Quelles solutions de répit avant l’entrée en maison de retraite ? Les aidants ont besoins de solutions de répit temporaires, bien avant d’envisager l’entrée en institution. Néanmoins, l’offre semble encore peu adaptée aux besoins. Ainsi, l’hébergement temporaire, idéal en soi, offre trop peu de places. On estime en effet que 80% de celles-ci sont occupées à plein temps. Par ailleurs, beaucoup de familles hésitent à faire appel à l’hôpital de jour ou à l’accueil de jour. En effet, les aidants estiment souvent, à tord, que ces solutions engendrent plus de stress que de soulagement. Par exemple, ils estiment que le temps passé à accompagner leur proche au centre d’accueil de jour est trop important par rapport à la contrepartie obtenue. De fait, il est dommage de constater que les familles sollicitent ces solutions de répit assez tard dans l’évolution de la maladie.

La détérioration de la qualité de vie des aidants Les aidants qui s’occupent au quotidien d’un malade Alzheimer se plaignent de fatigue, pour près de 50% d’entre eux, mais aussi de troubles du sommeil (près de 40%), de maux de tête (environ 25%), de maux de dos (20 %), sans compter la prise de poids (19 %) et parfois la détérioration de leurs problèmes de santé existants (15 %). Plus de 70% des aidants ressentent un lourd fardeau, tandis que près de 85% d’entre eux sont angoissés pour l’avenir. Enfin, plusieurs études médicales ont montré la fragilité de cette population, plus fréquemment sujette à des épisodes dépressifs que la moyenne des Français.

La stimulation sensorielle des malades d’Alzheimer en maison de retraite Bien que la stimulation sensorielle ne constitue pas un remède contre la maladie, les établissements spécialisés y font de plus en plus appel pour l’accompagnement des malades. Parmi les formules existantes, la musicothérapie et la méthode « Snoezelen » sont très plébiscitées. Explications. La musicothérapie pour les malades d’Alzheimer

La méthode « Snoezelen » : sons et lumières pour apaiser les résidents Venu des Pays-Bas, la méthode «  Snoezelen  » (contraction des termes néerlandais snuffelen (renifler) et doezelen (somnoler)) permet de prodiguer des moments d’apaisement et de stimulation aux personnes âgées dépendantes, en particulier lorsqu’elles souffrent d’Alzheimer ou d’autres maladies neurodégénératives. La méthode consiste à stimuler les cinq sens par des jeux de lumière, des sons, des sensations tactiles et olfactives. Conçus comme des salles de stimulation sensorielle confortables et rassurantes, les espaces « Snoezelen » favorisent la relaxation. La méthode prévoit des séances d’une demi-heure, articulées autour de différentes techniques de stimulation, telles que  : aromathérapie, dalles tactiles, coin pour la relaxation, colonnes à bulles simple ou interactive, musique, et parfois même massage.

Bien plus qu’un art, la musique devient une véritable thérapie dans les établissements d’hébergements pour personnes âgées, en particulier ceux qui accueillent des malades d’Alzheimer. Ces derniers souffrent de déficiences de la mémoire immédiate, mais la musique leur permet de retrouver des souvenirs plus anciens de mélodies de leur jeunesse. Ainsi, le musicothérapeute intervenant auprès de malades d’Alzheimer pourra-til leur faire écouter des chansons correspondant à l’époque de leur jeune âge. Autre technique utilisée pour améliorer le souffle et la mémoire : le chant. Les ateliers de chant constituent ainsi des moments qui agrémentent la vie des résidents, tout en permettant de rompre leur solitude.

Les bienfaits de la stimulation sensorielle pour les malades d’Alzheimer Les maisons de retraite utilisant des espaces « Snoezelen » se félicitent de la baisse importante des comportements agressifs, en particulier chez les résidents malades d’Alzheimer. De plus, les relations entre soignants et résidents s’améliorent et la communication est plus facile. Lorsque certains résidents ayant atteint un stade avancé de la maladie d’Alzheimer ne sont plus capables de s’exprimer, il devient possible de rétablir un lien par le biais des émotions. Des résultats concrets qui incitent de plus en plus d’institutions à mettre en place la méthode, pour favoriser l’apaisement des résidents atteints de la maladie d’Alzheimer.

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PASA et UHR, les nouvelles unités dédiées Alzheimer en EHPAD La création et le renforcement des unités d’accueil spécialisées pour les malades d’Alzheimer au sein des EHPAD est un des points clés du Plan Alzheimer 2008-2012. Celui-ci prévoit notamment l’instauration de deux nouveaux modèles : les Pôles d’Activités et de Soins Adaptés (PASA) et les Unités d’Hébergement Renforcées (UHR). Explications. Les Pôles d’Activités et de Soins Adaptés (PASA)

L’offre de places « spécifiques Alzheimer » en résidence Le nombre de places d’hébergement spécifiquement dédiées aux malades d’Alzheimer est en augmentation lente mais constante. Selon l’enquête menée fin 2008 par la Fondation Médéric, près de 4000 places supplémentaires ont été créées entre 2006 et 2008. Le nombre total de places, en unités spécifiques au sein de maisons de retraite ou bien au sein d’établissements dédiés, atteignait 34 260 lits en décembre 2008. Un nombre bien insuffisant, même s’il faut souligner que nombre de personnes âgées atteintes de la maladie d’Alzheimer ou d’une autre démence trouvent un accueil dans des établissements non spécialisés.

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La création de ces nouveaux centres a pour but l’amélioration de l’accueil des malades d’Alzheimer au sein des EHPAD ayant une population diverse de résidents. Il s’agit de développer un lieu d’activité de jour qui propose des activités sociales et thérapeutiques adaptées aux résidents atteints de démence. Les PASA sont destinées aux personnes dont la démence n’occasionne que des troubles du comportement modéré, mais qui peuvent altérer la sécurité et la qualité de vie des autres résidents. Au sein du PASA, ces malades bénéficieront d’un environnement rassurant et qui leur permettra de déambuler librement. Les Unités d’Hébergement Renforcées (UHR) Constituées sur le même principe que les PASA, les Unités d’Hébergement Renforcées (UHR) seront aussi un lieu d’hébergement de nuit. A la différence des PASA, les UHR seront plus particulièrement destinées à la prise en charge des malades d’Alzheimer ou de démences assimilées ayant de forts troubles du comportement. Comme les PASA, les UHR devront être aménagés pour prendre en charge les spécificités d’Alzheimer. Un cahier des charges a été établi en mars 2009 par la Direction Générale de l’Action Sociale (DGAS), en collaboration avec l’Agence Nationale de l’Evaluation Sociale et Médico-sociale (ANESM) et en suivant les recommandations de la Haute Autorité de la Santé (HAS). Outre l’accent mis sur le projet de vie et la qualification des personnels soignants et accompagnants, le cahier des charges des futurs PASA et UHR insiste sur la nécessité d’y adopter une architecture adaptée à la prise en charge des personnes atteintes de la maladie d’Alzheimer. C’est dans ce but qu’un « prix d’architecture Alzheimer » a été créé en 2008 pour récompenser les EHPAD les plus innovants en la matière.

Hébergement: des espaces conçus pour les malades Alzheimer L’influence de l’espace intérieur du lieu d’accueil sur les résidents malades d’Alzheimer, récemment étayée par des études scientifiques, est aujourd’hui reconnue par tous les intervenants professionnels. Repenser l’architecture des établissements d’accueil est donc à présent devenu une des priorités. Le lieu d’accueil idéal : lumière et espaces modulables

Concevoir une architecture spécifique pour les malades d’Alzheimer Des chercheurs de l’Université Technique de Dresde, en Allemagne, viennent de publier une étude qui démontre l’influence de l’architecture de la résidence sur les capacités d’orientation des patients atteints de démence. La structure des lieux peut, selon l’agencement et de la disposition des pièces, faciliter le quotidien des résidents, ou bien, au contraire, les perturber. Favoriser la simplicité et la constitution de repères Beaucoup de maisons de retraite construites au cours des vingt dernières années ont adopté une architecture compliquée, où se multipliaient les couloirs avec changements de direction, les cours intérieures, voire les pièces rondes, et d’autres éléments dont le but premier était d’éviter la monotonie de l’espace. Il apparaît aujourd’hui que ce sont autant d’erreurs conceptuelles qu’il convient d’éviter. Les résidences doivent favoriser les architectures simples aux couloirs rectilignes et les pièces carrées, pour faciliter l’orientation des résidents. Ceux-ci doivent aussi pouvoir se constituer facilement des repères et la simplicité constitue le maître-mot de l’architecture adaptée aux malades souffrant de démence.

Il existe déjà plusieurs établissements ayant été spécialement conçus en fonction des spécificités des pathologies de type Alzheimer. Ainsi, la résidence du Médou, à Bréviandes (Aube), dont la conception exceptionnelle a valu un premier prix d’architecture lors du salon Geront-expo 2007. L’établissement a été conçu pour atténuer les angoisses dont souffrent fréquemment les malades d’Alzheimer, notamment lorsque la nuit tombe. Ainsi, le bâtiment est particulièrement lumineux, doté d’espaces modulables avec le moins de portes possible. Des dispositifs de dosage lumineux permettent une modulation de la lumière selon le moment de la journée, ce qui permet par exemple de compenser la faiblesse de la lumière naturelle à l’approche du soir. Un soin particulier a été également porté aux matériaux, avec un accent sur la diversité des textures employées, pour stimuler le toucher des malades. Enfin, le parc de la résidence comprend un parcours de motricité mêlant béton et bois, pour agrémenter les déambulations externes des résidents.

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» L’offre d’hébergement destinée aux malades d’Alzheimer en chiffres Test de référence dans le dépistage précoce des maladies neurodégénératives et autres démences : Evolution de l’offre spécifique destinée aux malades d’Alzheimer Nombre de lits

En 2006

En 2008

en unités spécifiques

22 430

28 204

en établissements dédiés

7 900

6 326

Total disponible

30 330

34 530

Source : Fondation Médéric – La lettre de l’Observatoire N°8 – décembre 2008

Nombre d’établissements d’hébergement pour personnes âgées accueillant des malades d’Alzheimer Etablissements disposant en leur sein d’une unité spécifique Alzheimer

1 553

Etablissements entièrement dédiés à l’accueil des malades d’Alzheimer

145

Autres EHPAD accueillant en leur sein des résidents atteints de la maladie d’Alzheimer ou d’une maladie apparentée

5 149

Source : Fondation Médéric – La lettre de l’Observatoire N°8 – décembre 2008

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glossaire : La MALADIE D’ALZHEIMER

Accueil de jour L’accueil de jour est un établissement d’accueil à la journée qui prend en charge les personnes âgées désorientées, atteintes de la maladie d’Alzheimer ou de troubles apparentés. Aidant La personne principalement responsable des soins à dispenser à un patient atteint de la maladie d’Alzheimer. Il s’agit souvent d’un membre de la famille, d’une aide à domicile, d’un professionnel de santé ou d’un personnel soignant. Antécédents familiaux Le risque de développer la maladie d’Alzheimer est 3 fois plus élevé si un parent du 1er degré est atteint; il est 7 fois plus élevé si au moins deux parents du 1er degré sont atteints. La maladie d’Alzheimer touche aujourd’hui 800 000 personnes en France. Décès Le décès du patient Alzheimer survient en moyenne entre 6 et 8 ans après le diagnostic de la maladie. Elle est souvent causée par une pneumonie, résultat de la détérioration de l’état de santé du malade.

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Diagnostic de la maladie Après évaluation de l’état physique et mental du patient, celui-ci est classé dans l’un des groupes suivants : • Présence possible de la maladie d’Alzheimer : présence de symptômes cliniques, détérioration progressive d’au moins deux fonctions cognitives (mémoire et langage…). Présence simultanée d’une 2ème maladie (générale ou neurologique) qui peut expliquer les symptômes, mais qui n’est pas responsable de la maladie. • Maladie d’Alzheimer probable: En plus des critères définis précédemment, il y a une altération des activités de la vie quotidienne, des antécédents familiaux et/ou une atrophie cérébrale. • Maladie d’Alzheimer certaine: En plus des critères précédemment décrits, on constate la présence de plaques amyloïdes dans le cerveau. Femmes Le risque de développer une maladie d’Alzheimer est de 2 fois plus élevé chez les femmes. Incidence L’incidence annuelle de la maladie d’Alzheimer est d’environ 15 pour 1000 personnes chez les plus de 65 ans. Symptômes cognitifs Symptômes comprenant des troubles de la mémoire à court terme, du langage, de la parole, de la compréhension et des fonctions motrices. Ces

symptômes varient en intensité d’un patient à l’autre, au fur et à mesure que la maladie progresse. Symptômes non-cognitifs Par symptômes non-cognitifs de la maladie d’Alzheimer, on entend des symptômes comportementaux et psychiatriques : agitation, incontinence, errements, cris, changements de personnalité, dépression, idées paranoïaques, hallucinations, perte d’identité et manies. Taux de prévalence Le taux de prévalence augmente avec l’âge. Il s’agit du pourcentage de probabilité de contracter la maladie d’Alzheimer. Ce taux double tous les cinq ans : il est estimé actuellement à 1% chez les groupes d’âge 65-69 ans, alors qu’il atteint presque 30% vers l’âge de 85 ans. Unités de soins et d’activités adaptées Une des mesures clés du Plan Alzheimer. Ces « unités spécifiques Alzheimer » permettent de regrouper dans un lieu de vie adapté (maison de retraite par exemple) un nombre limité de personnes souffrantes de troubles cognitifs. Le personnel est formé autour d’un projet de vie et de soins, qui intègre la sécurité des personnes, le respect de leur autonomie, la prévention des troubles comportementaux et la collaboration avec les familles.


» FOCUS

Les indicateurs de qualité dans les maisons de retraite Dans un souci d’assurer une plus grande transparence de l’offre proposée par les maisons de retraite, la Fédération Hospitalière de France (FHF) définit, dans un dossier de presse publié le 2 avril 2009, des critères de qualité de prestations en EHPAD. Maltraitance : attention aux cinq signaux d’alerte ! Le dossier de presse intitulé «  Sécurité et qualité dans le secteur personnes âgées - Produire des indicateurs de qualité associés à des indicateurs de résultats » annonce tout un programme de mise en place d’indicateurs permettant de repérer les disfonctionnements en maison de retraite, et de ficher les établissements pour encore plus de clarté sur la qualité de leurs prestations. Afin de prévenir les risques de maltraitance en établissement, généralement liés à l’insuffisance de personnel, la Fédération Hospitalière de France recommande de surveiller les points suivants dans l’EHPAD concerné : » Des taux d’encadrement faibles » Une présence médicale insuffisante » Des postes de direction non pourvus » Une insuffisance de la formation des professionnels de l’établissement » L’isolement géographique de l’établissement

Des référentiels de qualité à développer Par ailleurs, la Fédération Hospitalière de France définit « cinq référentiels de qualité » permettant d’évaluer les moyens mis en œuvre par l’EHPAD au service de la qualité de ses prestations, en fonction du ratio soignants/résidents. Partant de l’analyse de la réalité du terrain, et de l’étude du différentiel « soins requis/soins réalisés », la FHF propose 5 domaines d’observation, à travers 5 fiches thématiques, basés sur 5 besoins fondamentaux : » Se laver : les soins d’hygiène (toilette, soins bucco-dentaires…) » S’habiller : la gestion de la continence » S’alimenter : les modes d’alimentation (temps de repas…) » Se déplacer : la sécurité pour le résident, la prévention de la perte d’autonomie (déambulation, liberté d’aller et venir…) » La fin de vie : les soins palliatifs dispensés et l’accompagnement en fin de vie Ces fiches thématiques ont donc pour objectif de repérer les prestations réalisables en fonction d’un taux d’encadrement donné (0.3 ou 0.6 soignants/ résident). Par contre, elles n’indiquent pas leur niveau de qualité. « L’objet est bien ici de décrire ce qui ne peut pas être mis en œuvre, ce qui constitue une possible perte de chance pour la personne âgée », précise la FHF. A NOTER : ces indicateurs de qualité non officialisés seront néanmoins accessibles au grand public pour chaque établissement sur le site www.hopital.fr en novembre 2009.

» LES CHIFFRES DE L’ACTU Les dépenses d’aide sociale des départements en 2007

• Les dépenses totales nettes d’aide sociale atteignent 25 milliards d’euros pour la France métropolitaine en 2007. • Les dépenses d’aide sociale allouées par les départements sont réparties en cinq catégories de bénéficiaires : les personnes âgées (26%), les personnes handicapées (20%), l’enfance (25%), les bénéficiaires du revenu minimum d’insertion (RMI, 29%) et les autres postes de dépenses (personnel, services communs, interventions sociales…). • Concernant le secteur des personnes âgées : il s’agit du second poste de dépenses, qui se sont élevées à 5,8 milliards d’euros en 2007 (progression de 6 % par rapport à 2006), et qui ont concerné 1,2 million de personnes. • Parmi ces dépenses en faveur des personnes âgées, sont comptabilisées la prise en charge de la dépendance (APA) qui s’élève à près de 3 milliards d’euros, les dépenses d’hébergement (ASH) et les aides à la personne (ménage…). • En 2007, 620 000 personnes ont bénéficié de l’APA à domicile, soit 8 % de plus que l’année 2006. nettement plus âgée qu’aujourd’hui. On estime qu’1 français sur 3 aura alors plus de 60 ans, contre 1 sur 5 actuellement. Source : Rapport n°682 de mars 2009 sur « les dépenses d’aide sociale départementale en 2007 » - Direction de la recherche, des études, de l’évaluation et des statistiques (DREES)

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La sélection des résidences offrant des séjours temporaires

La demande de places en séjours temporaires augmente particulièrement à l’approche de l’été. En effet, les courts séjours font souvent partie des solutions d’hébergement que les familles recherchent pour s’accorder un léger répit durant l’été. L’équipe de conseillers de Cap Retraite déploie le maximum pour satisfaire à ces demandes, tout en maintenant une sélection d’établissement de qualité. Quelle durée pour un séjour temporaire ? Le séjour temporaire doit répondre aux besoins de la personne âgée et de son entourage familial. En théorie, la durée des courts séjours en maison de retraite peut aller d’une journée (ou une nuit) à 6 mois. Le plus souvent, les séjours s’étalent de deux semaines à quelques mois, en général 3 mois. Le contrat de séjour peut aussi prévoir une durée renouvelable. Quels sont les différents types d’hébergements temporaires ? »  les résidences autonomes d’hébergement temporaire, »  les unités rattachées à une structure existante (établissement ou service), »  les établissements d’accueil permanent qui réservent quelques places à ce type d’accueil, »  les établissements d’accueil permanent qui proposent un accueil temporaire entre le départ d’un résidant et l’arrivée du nouvel occupant (en accueil permanent). Quels critères de sélection pour les résidences ? » Les critères habituels de sélection des résidences par Cap Retraite. Les familles en recherche d’une solution d’hébergement temporaire bénéficient d’une orientation vers des résidences sélectionnées avec le même soin que dans le cadre d’un placement en long séjour. Les principaux critères concernent : la qualité de l’accueil, la qualité de la prise en charge médicale, la qualification du personnel, le respect dû au résident, la sécurité, le confort, l’accessibilité par les transports en commun et la convenance des tarifs au regard des prestations offertes. » Les critères spécifiques de sélection des résidences dans le cadre des courts séjours d’été. Certains points revêtent une importance particulière dans l’évaluation des proposées pour des séjours temporaires. Parmi les points essentiels : • L’existence d’un ou plusieurs parcs ombragés, • L’existence d’espaces climatisés, de salons, de salles de lecture, d’une salle de restauration ? • La climatisation des chambres, • La mise en place des mesures de prévention appropriées à la prévention des fortes chaleurs et la programmation du plan bleu anti-canicule, Enfin, nous relevons la programmation d’activités encadrées, en extérieur ou sur place, ainsi que le nombre et la qualité des prestations offertes dans le cadre de la résidence : présence de balnéothérapie, d’un kiné, d’un ergothérapeute … Autant d’informations dont Cap Retraite dispose pour une orientation ciblée des familles. Anticiper pour être sûr de pouvoir réserver une place La demande en place pour des séjours temporaire d’été est particulièrement forte. Or le nombre de places destinées à ces courts séjours est limité, surtout dans certaines régions particulièrement saturées ou demandées. Il est donc particulièrement recommandé d’effectuer une recherche le plus en amont possible. Nos conseillers se tiennent à disposition des familles pour de plus amples renseignements. Vous avez apprécié notre newsletter ? Pour la recevoir, inscrivez-vous :

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