Page 1

n˚11

Fiche PRATIQUE Cap Retraite

Bientraitance et humanitude Pour prévenir la maltraitance à l'égard des personnes âgées, les pouvoirs publics développent aujourd'hui une démarche de bientraitance dans les établissements et services socio-médicaux. Cette fiche pratique résume les mesures mises en oeuvre dans ce sens.

En savoir plus

• Gineste Y. : Humanitude : comprendre la vieillesse, prendre soin des hommes vieux, Armand Colin 2007 • Amyot, J-J. : Pratiques professionnelles en gérontologie, Paris : Dunod, 2007

• Association ANCREAI : Guide pour des interventions de qualité, janvier 2005

Contacter l’ANESM Agence nationale de l'évaluation et de la qualité des établissements et services sociaux et médico-sociaux 5 rue Pleyel - Bâtiment Euterpe 93200 Saint-Denis Tél. : 01.42.43.90.04 Fax : 01.42.43.85.52 Site Internet : www.anesm.sante.gouv.fr Email : anesm@sante.gouv.fr

La démarche de bientraitance dans le soin Apparu dans les années 90, dans le contexte de la protection de l’enfance, le concept de bientraitance est aujourd’hui utilisé dans le cadre de la prise en charge des personnes âgées. La bientraitance est aujourd'hui une véritable philosophie de la prise en charge, visant à promouvoir le bien-être de nos aînés. Pour Yves Gineste, un des promoteurs de la notion de bientraitance en France, celle- ci se définit comme un ensemble de « savoir-faire adaptés et positifs ». Avec Rosette Marescotti, Yves Gineste a mis au point une méthode de soins, l'Humanitude, qui vise à respecter la dignité des " La bientraitance est aujourd'hui personnes âgées dépendantes.

une véritable philosophie de la Les trois piliers sur lesquels repose cette communication sont le regard, la parole prise en charge " et le toucher. Le soignant doit avant tout professionnaliser son approche du patient, par des actes contribuant à une « mise en relation et en confiance », véritables « préliminaires aux soins » en toute sérénité : • le regard : les soignants apprennent à regarder le résident. Le regard doit être axial, horizontal et durer longtemps… • la parole : ils sont invités à engager une conversation, attendre une réponse, décrire les gestes réalisés ou les soins prodigués... • le toucher : on leur recommande aussi de prendre la main de l'aîné et non le saisir par le poignet. Le soignant doit offrir un contact doux en évitant les zones corporelles sensibles ou douloureuses... Le développement d'une culture de la bientraitance La notion de « bientraitance » gagne ainsi en notoriété. Désormais, les pouvoirs publics ont pris le relais des initiatives privées, mettant en oeuvre des politiques de prévention et de formation adaptées des personnels des établissements.

Numéro Vert Spécial  Pro 

0800 400 008

Dans le cadre de son Plan de « Solidarité Grand Âge » 2007-2012, le gouvernement a prévu de sensibiliser et former les personnels du médico-social. Fiche PRATIQUE Cap Retraite | Bientraitance et humanitude


En savoir plus Pour aller plus loin, consultez notre site à la rubrique Grand Age/Matraitance, ainsi que la CapNews Pro N° 13, consacrée à la maltraitance et la bientraitance. www.capretraite.fr

À noter

Dès 2007, le gouvernement a ainsi lancé un Plan de développement de la bientraitance et de renforcement de la lutte contre la maltraitance, qui comprend plusieurs mesures : • La création de l’Agence Nationale d’Evaluation Sociale et Médico-sociale (ANESM), qui assure la coordination des efforts de lutte contre la maltraitance et développer la bientraitance. L'ANESM a ainsi deux missions : élaborer et diffuser des recommandations de bonnes pratiques professionnelles, et habiliter les organismes qui procèdent à l’évaluation externe des établissements ou services accueillant des personnes fragiles. • La mise en œuvre de « démarches qualité » dans les établissements : auto-évaluation des pratiques, élaboration d'un projet d'amélioration, évaluation par des organismes extérieurs, remise d'un guide de gestion des risques de maltraitance permettant de repérer et corriger les situations pouvant être à l'origine de maltraitance. • La formation des personnels : programmes de sensibilisation à la lutte contre la maltraitance, mise en place de dispositifs d'écoute et de soutien psychologique pour les personnels ayant besoin d'accompagnement, procédures de contrôle du recrutement des employés.

À retenir Le Conseil de la Vie Sociale Rendue obligatoire par le décret n°2004-287 du 25 mars 2004, la formation d'un Conseil de la Vie Sociale (CVS) permet de favoriser la participation et l’expression des résidents et de leur famille et de les associer aux questions intéressant la prise en charge des résidents dans l’établissement (organisation intérieure, vie quotidienne, activités et animations, projets de travaux, etc.) Ses membres participent aux réunions du Comité de Pilotage Qualité, du Comité de Bientraitance, etc. Le CVS comprend des représentants des résidents et des familles, ainsi que du personnel et la Direction.

• Le renforcement des effectifs dans les établissements et la valorisation des métiers : l'objectif des pouvoirs publics est d'assurer la présence d'un professionnel pour un résident dans les établissements accueillant les personnes les plus dépendantes. Actuellement, cet objectif n'est pas encore atteint : le taux d'encadrement est de 4,5 agents pour 10 lits (cadres, soins et logistique compris). Quant aux soignants au contact du résident, ils ne sont que 2,5 à 3 pour 10 patients. • L'humanisation du cadre de vie dans les établissements : Des rénovations ont été exigées des maisons de retraite pour offrir de meilleures conditions de travail aux professionnels.

Le plan du 14 mars 2007 a également renforcé la lutte contre la maltraitance grâce à diverses mesures : • L'amélioration des méthodes de signalement des cas de maltraitance : création d'antennes départementales d’accueil téléphonique du réseau ALMA et lancement d'un numéro national (08 92 68 01 18 ou 39 77). • La désignation d'un « correspondant maltraitance » dans chaque Agence Régionale de Santé (ARS) : il coordonne le suivi des signalements de maltraitances (information, enregistrement des plaintes, contrôle de la cohérence des actions de lutte contre la maltraitance). • Le doublement des inspections sur le terrain : augmentation des inspections préventives, contrôles mieux ciblés pour une plus grande efficacité. • L'application des sanctions et la mise en œuvre d'un meilleur suivi des contrôles : élargissement des pouvoirs des préfets qui peuvent ordonner la fermeture de l'établissement. Les ARS peuvent engager des sanctions administratives et disciplinaires contre les responsables des actes de maltraitance. • L'élargissement de l'action du Comité national de vigilance aux personnes handicapées. • Le renforcement de la protection juridique des personnes dépendantes grâce à la loi de réforme des tutelles. Fiche PRATIQUE Cap Retraite | Bientraitance et humanitude

Humanitude  

Humanitude Fiche pratique

Read more
Read more
Similar to
Popular now
Just for you