Le Réseau 2022 : Numéro sur l'accéleration

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Numéro sur l’accéleration | 2022 Il est temps d'agir | Après l'atteinte de l'objectif de carboneutralité


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Table des matières 01

Après l’atteinte de l’objectif de carboneutralité

03

Électricité Canada prête à plonger dans notre avenir énergétique

05

Elexicon Energy construit la première communauté aménagée dotée d’un microréseau au Canada

07

Le nouveau paradigme de la réglementation au Canada — Le moindre coût de la carboneutralité

11

Exploration de l’évaluation dynamique des lignes pour accroître la capacité du réseau de transport

13

Une grande vision pour une petite communauté : une solution de stockage d’énergie par batterie à distance

15

Au-delà de l’atténuation des effets des changements climatiques grâce à des solutions fondées sur la nature

19

ENMAX : dynamiser l’avenir albertain sobre en carbone

21

Dynamiser un avenir durable pour les gens et la planète

24

Gestion des risques dans un marché défavorable

27

Viser la lune : Hydro Ottawa atteindra la carboneutralité d’ici 2030

29

Définir la cible : La responsabilisation du client et le parcours de Liberty vers la carboneutralité

32

Mobilisation de la main-d’œuvre dans l’optique d’un avenir vert : embauche dans le secteur de l’électricité au XXIe siècle

35

Le plafond pour la déduction d’intérêts et le secteur des services publics

37

Il est temps d’agir

41

Une solution énergétique « faite en Ontario »

43

Collaborer pour multiplier la puissance

45

La collaboration au service d’un avenir meilleur

48

L’ABC de l’électricité au Canada – Accélérer l’apprentissage

51

Accélération de l’utilisation des VE à Terre-Neuve-et-Labrador grâce à l’énergie propre

53

Rester en contact : redéfinition de l’assistance mutuelle dans un monde virtuel

55

Une longueur d’avance

57

Offrir une énergie à faibles émissions de carbone grâce à l’intégration des petits réacteurs modulaires avancés et des énergies renouvelables

59

Plus économique, plus efficace, plus rapide et plus fort : l’énergie éolienne, l’énergie solaire et l’hydrogène propre


Message de la rédactrice en chef

Le Réseau Rédactrice en chef Daniella Bidin

Daniella Bidin

Graphiste Spruce Creative

Conseillère en communication, Électricité Canada

Répresentants des membres Alectra Utilities AltaLink Capital Power Elexicon Energy ENMAX FortisAlberta Hydro Ottawa Liberty Utilities Énergie NB Newfoundland & Labrador Hydro Ontario Power Generation TC Energy

S’il y a un mot qui décrit le mieux l’état d’esprit qui règne actuellement dans le secteur de l’électricité, c’est l’urgence. Les objectifs climatiques du Canada pour les années à venir sont très ambitieux et leur échéance se rapproche de plus en plus : un réseau électrique carboneutre doit être en place d’ici 2035 et l’économie doit être carboneutre d’ici 2050. Le thème de 2022, « Accélération », s’inspire de ce sentiment d’urgence. Mais une question s’impose : que pouvons-nous faire, en tant que secteur, pour relever le défi ? La réponse est simple : tout. Nous devons créer la technologie de demain pour décarboner notre planète. Nous devons embaucher une main-d’œuvre diversifiée et inclusive afin d’améliorer les perspectives et faire avancer notre industrie. Nous devons revoir nos réglementations actuelles afin de construire l’avenir que nous souhaitons plutôt que celui que nous aurons. Nous devons travailler ensemble. Pour y parvenir, notre vénérable association, qui en est à sa 131e année, a fait peau neuve et a adopté une nouvelle image de marque, celle d’Électricité Canada. La nouvelle marque signale que nous voulons être des chefs de file, en assurant, comme le souligne notre nouveau slogan, notre avenir énergétique. La naissance de cette marque au cours des deux derniers mois a permis de constater à quel point il est essentiel de faire entendre la voix de nos membres et de leurs clients afin de créer un avenir plus durable. Le présent numéro de la revue Le Réseau met l’accent sur les objectifs, les réussites et les défis de l’accélération dans le secteur de l’électricité. J’espère que vous trouverez ces articles convaincants étant donné notre engagement à créer un avenir meilleur.

Collaborateurs spéciaux Association canadienne de l’hydrogène et des piles à combustible Ressources humaines, industrie électrique du Canada Membres du personnel d'Électricité Canada Francis Bradley Julia Muggeridge Leah Michalopulos Daniel Gent Jay Wilson Alex Kent Robin Yee Vanna Willerton Aika Mbatia Commanditaires Bierer Meters MNP Tantalus Rexel Utilities G&W Electric


Decarbonizing the economy

The world is at a crossroads and holding utilities more accountable on environment, social and governance issues. Keeping up with ESG changes, trends and directions has never been more critical to the future – of your stakeholders and your organization. Find out more about being part of a sustainable future at www.mnp.ca/esg Gord Chalk, MBA,CMC, Consulting Leader, Energy and Utilities 403.648.4123 | gord.chalk@mnp.ca MNP.ca


1 Électricité Canada : Le Réseau 2022

Après l’atteinte de l’objectif de carboneutralité Francis Bradley Président et directeur général, Électricité Canada Tout le monde parle de la volonté du Canada d’atteindre l’objectif de carboneutralité pour l’ensemble de l’économie d’ici 2050 et, récemment, de mettre en place un réseau électrique carboneutre d’ici 2035. Mais que se passera-t-il lorsque ces objectifs seront atteints ? Quelles leçons pouvons-nous tirer du passé pour les appliquer à l’avenir ? À quoi pourrait ressembler le paysage électrique canadien après 2050, et même jusqu’en 2075 ? L’histoire regorge d’exemples de changements sociaux et d’adoption de technologies qui semblaient à première vue hors de portée, mais qui ont rapidement connu un tournant décisif. Avant les méthodes de transport plus modernes, le plus grand problème environnemental auquel la ville de New York était confrontée au début du siècle dernier était le fumier de cheval. À l’époque, compte tenu de la croissance continue de la ville et de sa population, les experts prévoyaient que New York serait ensevelie sous du fumier jusqu’à une profondeur de 30 étages, conséquence directe des millions de trajets effectués chaque année par les chevaux dans la ville. Pourtant, cela ne s’est pas produit. L’adoption rapide de l’automobile il y a plus d’un siècle a bouleversé cette idée répandue.

Aujourd’hui, dans le secteur de l’électricité, le coût des sources d’électricité renouvelables et intermittentes a chuté de façon spectaculaire. Ce qui était au départ l’option la plus coûteuse est aujourd’hui devenu, dans de nombreux cas, la solution la moins coûteuse pour la production supplémentaire d’électricité. Ces deux exemples ont en commun la loi de Wright, qui stipule que le coût d’une unité diminue en fonction de la production cumulée. En d’autres termes, plus la production de voitures (ou d’éoliennes) augmente, plus le coût unitaire diminue. En appliquant la loi de Wright aux technologies émergentes (ou même existantes, mais coûteuses) qui pourraient transformer l’avenir de l’énergie, comme les petits réacteurs modulaires, l’extraction directe dans l’air ou les électrolyseurs à hydrogène, ce qui pourrait arriver à l’électricité après 2050 pourrait être révolutionnaire.


2 Électricité Canada : Le Réseau 2022

Imaginez un monde en 2075 où la coopération internationale sur le changement climatique a continué à se renforcer, au point qu’il existe des accords contraignants sur les émissions de gaz à effet de serre (GES). Il existe également des accords dans lesquels les ambitions en matière de carboneutralité ont été atteintes, et sont désormais remplacées par des engagements en matière de carbonégativité. Ces objectifs visent à réduire les concentrations de carbone dans l’atmosphère pour commencer à inverser les effets des émissions historiques de GES résultant d’un siècle et demi d’industrialisation. Un système mondial d’échange de droits d’émission est en place pour répondre aux objectifs de réduction du carbone dans l’atmosphère et aux émissions continues dans les secteurs où elles sont difficiles à éliminer, comme le transport aérien et l’agriculture. La situation énergétique mondiale en 2075 pourrait être marquée par l’émergence de nouvelles superpuissances énergétiques mondiales, grâce à la baisse continue des coûts de l’énergie solaire et éolienne, tant sur terre qu’en mer. Le Canada, l’Australie, la Russie, les États-Unis, l’Inde ainsi que des pays du Sahara et d’Afrique sont devenus des acteurs dominants non seulement dans les énergies éolienne et solaire, mais aussi dans la production d’hydrogène vert. En raison de sa géographie, le Canada serait un chef de file dans la production d’électricité sans émissions de carbone, la production d’hydrogène vert et d’hydrogène bleu avec capture du carbone, et serait un important centre d’extraction directe dans l’air. Les réseaux auraient évolué de façon à ce que les grandes centrales de production (sans combustible fossile ou avec capture du carbone) soient complétées par des ressources communautaires ainsi que des ressources distribuées au niveau du client. En 2075, le réseau de distribution de gaz naturel s’est transformé en un système de distribution d’hydrogène qui prend désormais en charge diverses technologies, notamment le transport par piles à combustible et l’alimentation de secours, rendant ainsi inutile le stockage dans de nombreuses applications. En effet, pour certaines applications, l’hydrogène serait devenu la solution de stockage à long terme. Les grandes entreprises d’énergie propre en 2022 continueront à développer leur production hydroélectrique et nucléaire au cours des cinq décennies suivantes, et sont maintenant rejointes par des acteurs majeurs sur les deux côtes et dans les prairies grâce à des régimes solaires et éoliens très favorables. Les marchés nationaux, continentaux et mondiaux, tant pour la production d’hydrogène que pour les contrats d’extraction directe dans l’air, auront créé de nouvelles possibilités. Les acteurs réactifs et flexibles, capables d’alterner entre la production d’électricité, la production d’hydrogène

ou l’extraction directe dans l’air, sont en mesure de maximiser les possibilités en fonction des conditions du marché, et de nouvelles plaques tournantes énergétiques émergent. Le centre de gravitation de l’énergie se déplace vers ces nouveaux pôles, qui deviennent plus diversifiés géographiquement. À Vancouver, Saskatoon et St. John’s, le prix de l’énergie n’est plus exprimé en fonction du Brent ou du WTI, mais plutôt en fonction du prix de l’indice Tsawwassen, du marché Moose Jaw ou de la bourse Heart’s Delight. Les clients de 2075 ont eux aussi changé. L’ère du prosommateur a progressé vers l’automatisation complète des décisions du client en matière d’énergie. Grâce à la vitesse de l’informatique quantique et à la complexité de l’intelligence artificielle évoluée, les systèmes énergétiques des clients connaissent les préférences de ces derniers, et les algorithmes sont capables de prendre des décisions en matière d’énergie pour eux en fonction de leurs préférences et des conditions du marché. L’utilisation de l’énergie aura changé grâce à l’émergence de nouvelles technologies, telles que la production combinée de chaleur et d’électricité à partir de piles à combustible à hydrogène, et à l’apparition de nouvelles options de transport. En 2075, un « véhicule hybride » pourrait être un véhicule doté à la fois d’une batterie et d’une pile à combustible à hydrogène. Pour les clients disposant d’importantes possibilités d’énergie distribuée, l’utilisation de l’énergie peut s’adapter de manière dynamique à l’évolution des possibilités du marché. Le client connecté peut tirer de l’électricité du réseau électrique si le prix est bon, ou d’un micro-réseau communautaire. Si les conditions météorologiques sont favorables, l’autoproduction peut répondre aux besoins du client. Dans le cas d’un surplus d’électricité autoproduite, le système énergétique du client tentera de maximiser la valeur en revendant au réseau, à la communauté, aux agrégateurs de l’extraction directe dans l’air, ou peut-être à un producteur d’hydrogène communautaire. Tout cela n’est ni tiré par les cheveux ni de la science-fiction. Ce sont toutes des technologies qui existent aujourd’hui, mais qui ne sont pas encore rentables, ou qui ne peuvent pas être développées à grande échelle. Cependant, la loi de Wright permettra l’émergence de ces solutions dans le futur. Tout ce qui manque, c’est la volonté politique, la coopération internationale, ainsi que l’élaboration des politiques et des cadres permettant d’atteindre la carboneutralité... et plus encore.


3 Électricité Canada : Le Réseau 2022

Électricité Canada prête à plonger dans notre avenir énergétique Julia Muggeridge Vice-présidente des communications et du marketing, Électricité Canada Pour la plupart des gens, l’adoption d’une nouvelle image de marque est une situation déroutante. C’est une mesure qui amène ces personnes, étonnées et intriguées, à se demander « Pourquoi le fabricant a-t-il modifié le logo sur le contenant de mon détergent à vaisselle? » ou « Est-ce vraiment ma succursale de la CIBC? ». Le 1er mars dernier, l’Association canadienne de l’électricité (ACE) est devenue Électricité Canada. En plus d’un nouveau nom, l’organisation a un nouveau logo, de nouvelles couleurs et un nouveau slogan. Vous vous demandez peut-être pourquoi nous avons apporté tous ces changements. Au début de 2021, nous avons interviewé plusieurs membres de notre conseil d’administration, de notre comité consultatif public et de notre personnel ainsi que des dirigeants du secteur de l’énergie. Nous leur avons posé des questions sur notre image de marque. Ce qui nous préoccupait, ce n’était pas les couleurs ni le logo. Nous voulions savoir si l’appellation « ACE » faisait ressortir de manière efficace notre rôle de chef de file dans le secteur de l’énergie. Nous avons demandé à ces personnes si notre image de marque, sous la forme qu’elle avait alors, reflétait bien notre rôle dans le dialogue portant sur les changements climatiques. Les conversations avec ces interlocuteurs nous ont révélé que l’image de marque de l’ACE était discrète et sans éclat. Nous avions besoin d’une image plus ambitieuse, qui cadrerait mieux avec le rôle de premier plan que nous jouons dans le dialogue portant sur l’atteinte de la carboneutralité d’ici 2050.


4 Électricité Canada : Le Réseau 2022

D’après les personnes consultées, nous devions passer à l’action sur tous les fronts et explorer rapidement chacune des innovations pour atteindre les cibles de carboneutralité fixées par le Canada. Pour y parvenir, il nous faut prendre des risques et éviter de nous fondre dans la masse. Nous devons transmettre au gouvernement, aux parties prenantes, aux médias et à nos clients un message au sujet de l’électricité en nous exprimant « haut et fort » et « avec fierté ». Notre nouvelle image de marque nous aidera à livrer ce message et à lui donner une plus grande portée. Notre nouveau nom, Électricité Canada, nous permet d’attirer un public plus diversifié. En abandonnant le terme « association », nous pouvons donner plus de poids à nos activités qui, outre le lobbying, englobent l’éducation et d’autres services. Nous sommes convaincus qu’un nom plus dynamique reflétera l’étendue de nos champs d’action. Il faut aussi prendre en considération l’apparence de l’image de marque. Nous avons examiné les couleurs emblématiques de diverses organisations nationales établies au centre-ville d’Ottawa. Dans cette bulle, il y avait une multitude de verts, de bleus, de rouges et de jaunes. Nous avions besoin de nous démarquer. (De plus, comme l’électricité est incolore, nous pouvions opter pour les couleurs de notre choix!) C’est pourquoi notre nouveau logo est rose – il ressort bien et montre que nous voulons faire les choses différemment. Mais le changement le plus grand et le plus important – celui qui indique pourquoi l’adoption de cette nouvelle image de marque est primordiale – c’est notre slogan « notre avenir énergétique ».

Parce que c’est la vérité. Notre avenir énergétique repose sur l’électricité – et ce sera encore plus vrai lorsque nous décarbonerons notre économie au cours des décennies à venir. C’est un slogan honnête, sincère, inspirant et positif, ce dont nous avons tous besoin à l’heure actuelle. C’est un slogan auquel nous pouvons tous nous rallier. L’adoption d’une nouvelle image de marque réserve souvent son lot de surprises. Mais, dans notre cas, elle est arrivée au bon moment. Nous devons dire à la population canadienne que l’électricité et les changements climatiques sont interreliés et que l’électricité fait partie de la solution. Nous devons le faire avec audace et courage. Nous sommes Électricité Canada et nous représentons Notre avenir énergétique collectif!


5 Électricité Canada : Le Réseau 2022

Elexicon Energy construit la première communauté aménagée dotée d’un microréseau au Canada Edyta McKay Gestionnaire des affaires publiques et des communications, Elexicon Energy Il y a quelques années, Elexicon Energy, compagnie d’électricité établie dans la région du Grand Toronto et le secteur de Durham, a dévoilé son avant-projet d’aménagement d’une communauté futuriste dotée d’un microréseau pleinement fonctionnel. L’idée était de mettre à l’essai, de créer et de lancer la prochaine génération de technologies qui permettraient de moderniser les réseaux de distribution d’électricité et de les adapter au numérique. En plus d’alimenter les résidents et les fournisseurs de services essentiels en cas de panne du réseau, ces communautés modernes et intelligentes pourraient intégrer des installations solaires installées sur des toits, des systèmes de stockage par batterie et des infrastructures destinées aux véhicules électriques. Environ 45 000 nouvelles habitations sont mises en chantier en Ontario chaque année. Avec le soutien de la Société indépendante d’exploitation du réseau d’électricité (SIERE) et du gouvernement provincial, Elexicon a construit, en partenariat avec Opus One et le promoteur Marshall Homes, les maisons en rangée Altona Towns à

Pickering, immédiatement à l’est de la plus grande ville du Canada. Le projet, qui a pris forme l’été dernier, est le premier de cette nature au Canada : les habitations sont équipées de panneaux solaires de toit, de dispositifs de stockage d’énergie par batterie lithium-ion, de bornes de recharge pour véhicules électriques, de systèmes de compteurs intelligents novateurs pour usage communautaire ainsi que d’une plateforme de services énergétiques à distribution intégrée qui permet de commander et de coordonner les composants du microréseau. Le projet est l’aboutissement de quatre années de planification, de mise en œuvre et de déploiement de technologies et d’équipements. Il montrera comment un microréseau peut procurer des avantages aux propriétaires d’habitation, tout en réduisant la quantité d’électricité que doit fournir le réseau pour répondre aux besoins et en contribuant à rendre le réseau provincial plus abordable. Les propriétaires bénéficieront également d’une résilience et d’une fiabilité accrues, en particulier durant les pannes de


6 Électricité Canada : Le Réseau 2022

courant. En outre, ils auront accès à une solution fort intéressante – plus propre, économique et adaptable aux futures répercussions des changements climatiques – qui pourra remplacer les sources d’énergie classiques. Elexicon Energy recueillera des données depuis le poste de transport jusqu’à la communauté locale au moyen de GridOS, la plateforme logicielle de gestion d’énergie distribuée d’Opus One. L’information ainsi recueillie l’aidera à comprendre comment et quand l’électricité est consommée et la mesure dans laquelle les propriétaires sont disposés à modifier leurs habitudes de consommation énergétique. Ce logiciel, qui a été intégré aux activités de distribution d’électricité d’Elexicon Energy, offre une capacité d’automatisation des lignes d’alimentation à l’aide du microréseau. Les dispositifs de commande automatisés permettent notamment l’écrêtement des pointes, le déplacement de la charge, l’alimentation de secours, la gestion de la demande, la commande de la tension et l’intégration d’énergies renouvelables. Comme la décarbonation et la numérisation sont des objectifs clés pour les sociétés de distribution locale, Elexicon Energy espère que ce projet servira d’exemple pour les compagnies d’électricité et les communautés partout au pays.

L’idée est de mieux comprendre comment les ressources énergétiques distribuées peuvent, de façon pratique et concrète, assurer l’alimentation en électricité durant une situation d’urgence, accroître la capacité du réseau en ce qui touche les panneaux solaires, les batteries et les bornes de recharge pour véhicules électriques et, parallèlement, offrir aux clients un choix plus varié au chapitre de la production d’électricité et un plus grand contrôle sur leur propre consommation.


7 Électricité Canada : Le Réseau 2022

Le nouveau paradigme de la réglementation au Canada — Le moindre coût de la carboneutralité Alex Kent Gestionnaire des affaires réglementaires et infrastructures de réseau, Électricité Canada Le concept de réglementation de l’électricité au Canada, que l’on appelle le principe du « moindre coût du service », a atteint la fin de sa vie utile. Cela ne signifie pas que le principe du moindre coût du service n’était pas bon ni que des bénéfices ne puissent pas en être tirés, mais il est temps de réfléchir à la suite des choses. Électricité Canada croit que la solution réside dans le « moindre coût de la carboneutralité ». Le moindre coût de la carboneutralité est un nouveau concept selon lequel il incombe aux organismes de réglementation de l’énergie provinciaux et territoriaux de prendre des décisions en fonction des objectifs du Canada en matière de carboneutralité. Les règles du principe du moindre coût du service existent parce que, en tant que monopoles réglementés, les services publics ont le devoir de servir les consommateurs de leur zone de service respective et sont tenus de facturer à ces derniers un montant déterminé. En retour, les services publics ont un taux de rendement garanti basé sur les actifs qu’ils possèdent et exploitent (c’est-àdire les tarifs de base). Les services publics doivent prouver à leur organisme de réglementation qu’ils répondent à une exigence d’investissement avec l’option la moins coûteuse, ou le principe du « moindre coût du service ». Ces règles garantissent que les services publics n’abusent pas de leur statut de monopole et ne surfacturent pas leurs services, ou qu’ils ne construisent pas de façon exagérée et ne demandent pas ensuite une compensation pour des travaux trop coûteux. En théorie, le principe du moindre coût du service garantit que les clients reçoivent de l’électricité à un coût raisonnable et que les services publics sont compensés équitablement pour cette prestation. Toutefois, cette structure réglementaire ne permet pas de relever le défi qui se présente, à savoir l’engagement du Canada, et d’une grande partie du monde, à atteindre l’objectif de carboneutralité d’ici 2050. Le Canada ne pourra atteindre son objectif de carboneutralité d’ici 2050 que si nous arrivons à répondre à nos besoins énergétiques sans ajouter de carbone dans l’atmosphère.


8 Électricité Canada : Le Réseau 2022

Comme nous ajoutons actuellement plus de 730 000 000 de tonnes de CO2 dans l’atmosphère chaque année, il s’agit d’un objectif très ambitieux. L’électricité carboneutre est la source d’énergie qui nous permettra d’atteindre l’objectif de carboneutralité. Cependant, nous aurons besoin de beaucoup plus d’électricité que nous n’en avons aujourd’hui, et c’est là que réside l’essentiel du défi que doit relever le Canada. Le gouvernement du Canada a indiqué dans le document « Un environnement sain et une économie saine »1 que notre approvisionnement national en électricité devra doubler, voire tripler, pour que nous puissions atteindre notre objectif de carboneutralité. Cette estimation a été confirmée par l’Agence internationale de l’énergie (AIE) dans son rapport de 2022 sur la politique énergétique canadienne2. Bien que l’exigence visant à au moins doubler l’approvisionnement en électricité du Canada soit décourageante, il s’agit d’une estimation raisonnable. À titre d’exemple, en 2018, le secteur des transports du Canada a consommé 2 844,2 pétajoules d’énergie à base de pétrole3, ce qui équivaut à 790,06 terawatt-heures d’électricité, soit 123 % de l’énergie produite en 2018 par l’ensemble du réseau électrique du Canada4. Comme les véhicules électriques sont de 2 à 4 fois5 plus efficaces sur le plan énergétique que les véhicules à combustion interne, le secteur des transports entièrement électrifiés pourrait n’avoir besoin que d’un quart de cette quantité d’énergie pour fonctionner. Cependant, même un quart de 123 % représente une augmentation nécessaire de 31 % par rapport à la quantité d’électricité que les Canadiens produisent aujourd’hui. Parmi les autres secteurs qui auront également besoin d’une nouvelle offre d’électricité importante, citons le secteur du chauffage des bâtiments (grâce à l’amélioration de l’efficacité énergétique des bâtiments) et le secteur des procédés industriels (grâce à l’hydrogène vert). Si l’on tient compte des besoins en matière d’électrification de tous ces secteurs, l’estimation selon laquelle il faut doubler l’approvisionnement en électricité est à la fois considérable et raisonnable, mais elle est réalisable, sauf si l’on applique le principe du moindre coût du service, et ce, pour les quatre raisons fondamentales suivantes. Premièrement, pour doubler l’approvisionnement en électricité du Canada sur une période de 28 ans, il faut une croissance composée de 2,5 % par an. Si l’on tient compte de la croissance démographique estimée du Canada6 d’ici 2050, le taux de croissance de l’approvisionnement en électricité nécessaire est d’environ 3,1 % par an7. Certaines régions pourraient avoir besoin de plus d’électricité, d’autres moins. Quoi qu’il en soit, les entreprises d’électricité auront du mal à fournir au Canada l’électricité carboneutre nécessaire pour atteindre cette croissance moyenne de 3,1 %, car elles sont tenues de respecter les règles du principe du moindre coût du service qui les obligent à fonder leur croissance sur des normes

historiques. Ces normes ne sont plus pertinentes, car l’objectif de carboneutralité exige que la production d’électricité augmente pour remplacer d’autres sources d’énergie, au lieu de simplement augmenter en fonction de la population du Canada. Deuxièmement, selon les définitions traditionnelles des besoins, il n’est pas justifié d’augmenter les investissements dans l’électricité aujourd’hui, car il y a suffisamment d’électricité et d’infrastructures électriques pour répondre aux besoins actuels du Canada. Cependant, nous savons que nous serons bientôt confrontés à d’importantes augmentations annuelles de la demande en électricité ; si l’on ne commence pas à construire aujourd’hui, il sera trop difficile de répondre à cette demande. Troisièmement, les régulateurs sont préoccupés par les coûts lorsqu’ils évaluent la proposition d’investissement de la base tarifaire d’un service public. L’organisme de réglementation peut être contraint de prendre des décisions qui ne sont pas conformes aux objectifs de carboneutralité, car ce n’est pas son rôle de prendre en compte les effets sur l’environnement, y compris les émissions de carbone. Si l’on présente à un régulateur deux options, une option plus coûteuse sans émission de carbone et une option moins coûteuse avec émission de carbone, le régulateur acceptera l’option la moins coûteuse. Enfin, les organismes de réglementation ne permettent généralement pas aux services publics d’être indemnisés pour les investissements qui ne font pas partie de la définition traditionnelle des tarifs de base des services publics. Un service public ne peut être indemnisé que pour les infrastructures et les actifs qu’il possède et exploite, et non pour les activités qu’il réalise pour répondre aux besoins de ses clients. Parmi les solutions essentielles qui ne rentrent pas dans cette définition, citons l’amélioration de l’efficacité énergétique des bâtiments, le stockage d’énergie derrière le compteur, l’entretien des panneaux solaires, l’échange de droits d’émission entre les provinces, ou toute autre mesure que les services publics pourraient prendre pour réduire la demande en électricité ou augmenter l’offre d’électricité dans une perspective de carboneutralité. Ces solutions ne font pas partie de la définition des tarifs de base ; cependant, si elles représentent un coût raisonnable pour le client, elles devraient être autorisées et les services publics devraient être compensés pour ces solutions, qui devraient être incluses dans la définition des tarifs de base. C’est pour ces raisons qu’Électricité Canada propose de remplacer le principe du moindre coût du service par celui du « moindre coût de la carboneutralité ». Aux termes d’une structure réglementaire fondée sur le principe du moindre coût de la carboneutralité, chaque service public aurait pour tâche de trouver des solutions à moindre coût pour accroître l’approvisionnement en électricité au rythme raisonnable, mais constant (environ 3,1 % par année)


9 Électricité Canada : Le Réseau 2022

nécessaire pour atteindre la carboneutralité d’ici 2050 ; par ailleurs, les organismes de réglementation provinciaux et territoriaux disposeraient de directives claires pour déterminer si ces propositions sont raisonnables et pourraient vérifier si les nouveaux projets répondent aux objectifs provinciaux et territoriaux en matière de nouveaux besoins énergétiques carboneutres. Dans le cadre du principe du moindre coût de la carboneutralité, les organismes de réglementation seraient autorisés à prendre en compte les besoins énergétiques à long terme, ainsi que les effets sur l’environnement, et les services publics pourraient faire preuve de créativité dans la manière dont ils choisissent de répondre à ces besoins énergétiques à long terme. Le risque que représente le principe du moindre coût de la carboneutralité pour le consommateur est faible. En effet, le coût de la croissance du système électrique serait principalement payé par d’autres groupes qui électrifient leur mode de consommation d’énergie. L’argent qui aurait été consacré à l’achat d’essence et d’autres énergies émettrices serait plutôt versé aux entreprises du secteur de l’électricité, car ce sont elles qui fournissent l’énergie.

1 À la page 23 du rapport, on peut lire : « Afin d’accélérer l’électrification de son économie, le Canada devra produire de l’énergie encore plus propre à un coût encore plus abordable qu’il ne le fait aujourd’hui. Le Canada devra, d’ici 2050, produire deux ou trois fois plus d’énergie propre qu’il ne le fait maintenant. » Cette déclaration est tirée d’une analyse réalisée en 2016 par le Projet Trottier pour l’avenir énergétique, intitulée « Défis et opportunités pour le Canada : Transformations pour une réduction majeure des émissions de GES », accessible à : https://iet.polymtl.ca/wp-content/uploads/delightful-downloads/ TEFP_FinalReport_20160425.pdf (en anglais seulement). 2 Source : Agence internationale de l’énergie (AIE), https://iea.blob.core. windows.net/assets/7ec2467c-78b4-4c0c-a966-a42b8861ec5a/ Canada2022.pdf (en anglais seulement), consultée le 25 janvier 2022. 3 Source : Ressources naturelles Canada https://oee.nrcan. gc.ca/organisme/statistiques/bnce/apd/showTable. cfm?type=CP&sector=tran&juris=ca&rn=7&page=4, consultée le 17 août 2021.

Le principe du moindre coût de la carboneutralité est également flexible ; il s’agit d’un système dans lequel chaque organisme de réglementation provincial ou territorial pourra fixer ses propres objectifs et examiner les solutions au fur et à mesure qu’elles seront proposées. Il n’y a pas de mesure prescriptive que chaque province devrait prendre ; les activités de l’Alberta pour atteindre la carboneutralité seront différentes de celles de la Nouvelle-Écosse. Le gouvernement fédéral jouerait également un rôle important en aidant les provinces et les territoires à déterminer la façon d’atteindre leurs objectifs individuels de consommation carboneutre en leur fournissant des conseils et des modèles.

4 Le secteur de l’électricité a produit 641,1 terawatt/heures en 2018. Source : Ressources naturelles Canada https://www.cigre.org/ userfiles/files/Community/National%20Power%20System/2020_ National_Power_System_CANADA.pdf, consultée le 17 août 2021.

Cette modification proposée de la structure réglementaire ne vise pas à bouleverser le fonctionnement du marché canadien de l’électricité, mais plutôt à permettre aux entreprises d’électricité et aux organismes de réglementation de reconnaître que de nouveaux objectifs et outils sont nécessaires pour atteindre l’objectif de carboneutralité d’ici 2050. Si le Canada veut réaliser ses ambitions en matière de climat, nos gouvernements et nos organismes de réglementation de l’énergie doivent dire un adieu respectueux au concept du moindre coût du service et adopter celui du moindre coût de la carboneutralité.

Cette analyse se fonde sur la projection de croissance modérée de la population du Canada, qui prévoit une population totale d’environ 45 millions d’habitants en 2050. Source : Statistique Canada https://www150.statcan.gc.ca/n1/pub/91520-x/2019001/sect02-fra.htm, consultée le 17 août 2021.

5 Source : US Dept. of Energy, https://www.fueleconomy. gov/feg/atv-ev.shtml, consultée le 17 août 2021. 6 La population du Canada s’élève à 38 millions d’habitants. Source : Statistique Canada https://www150.statcan.gc.ca/t1/tbl1/fr/ tv.action?pid=1710000901&request_locale=fr, consultée le 17 août 2021.

7 Le calcul complet pour trouver le taux de croissance annuel est ((45 000 000/38 000 000)*2)^(1/28) = 1 031. Le système doit croître de 3 % par itération pour atteindre une augmentation de taille totale de 2,37 sur 29 itérations composées. Dans le cas présent, les itérations sont des années et le choix s’est porté sur 29 ans, car il reste 29 ans avant 2050.


Accélération de l’atteinte de la carboneutralité État de l’industrie canadienne de l’électricité 2022 Faire plus, et le faire plus rapidement. Dans un contexte où il est urgent de prendre des mesures pour lutter contre le changement climatique, le gouvernement canadien a indiqué qu’il souhaitait mettre en place un réseau électrique carboneutre d’ici 2035. Le temps presse. Le rapport sur l’état de l’industrie canadienne de l’électricité de cette année examine les répercussions de l’objectif de carboneutralité sur l’industrie et offre un aperçu des mesures nécessaires et des recommandations spécifiques qui permettront à l’industrie canadienne de l’électricité de continuer à fournir une électricité sûre, sécuritaire et durable à tous les Canadiens dans un contexte de transformation rapide. Consultez le rapport maintenant


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Exploration de l’évaluation dynamique des lignes pour accroître la capacité du réseau de transport Richard Boulton Directeur de l’ingénierie et de la technologie, AltaLink Le Canada s’est fixé comme objectif d’atteindre la carboneutralité d’ici 2050, ce qui crée un mouvement en faveur de l’intégration d’une plus grande quantité d’énergies renouvelables dans le réseau. En raison de la transition vers l’électricité pour bon nombre de nos utilisations actuelles de combustibles fossiles, par exemple l’adoption des véhicules électriques, il faudra acheminer de plus en plus d’électricité propre sur le réseau de transport. Selon de nombreux observateurs, la consommation d’électricité sera de deux à quatre fois plus importante qu’aujourd’hui. À titre de directeur de l’ingénierie et de la technologie à AltaLink, je suis chargé de préparer le réseau en vue de l’électrification et de l’intégration d’une plus grande quantité d’énergies renouvelables. L’évaluation dynamique des lignes est une technologie que nous explorons actuellement pour contribuer à l’optimisation du réseau. Les lignes de transport aériennes sont conçues de manière à fonctionner jusqu’à une température d’exploitation maximale. Les pertes en ligne, qui dégagent de la chaleur, augmentent quand une plus grande quantité de courant circule sur les lignes de transport.

Lorsque cette énergie thermique se dissipe dans l’air environnant, la quantité de courant qui dégage assez de chaleur pour que la ligne atteigne sa température de calcul varie selon les conditions ambiantes. Le vent et la température ambiante sont les deux facteurs qui ont la plus grande incidence sur la capacité à cet égard. Un dépassement de la température d’exploitation maximale d’une ligne d’électricité peut présenter un risque pour la sécurité et mettre en péril la fiabilité. C’est pourquoi les compagnies d’électricité évaluent la capacité de leurs lignes en utilisant des hypothèses prudentes concernant les conditions ambiantes. On parle en pareil cas d’une « évaluation statique ». L’évaluation dynamique des lignes varie en fonction des mesures en temps réel ou des prévisions relatives à une ligne de transport d’électricité ou aux conditions ambiantes. Les conditions météo sont très variables. Or, les évaluations statiques reposent sur des hypothèses prudentes. La plupart du temps, la capacité d’une ligne de transport est nettement supérieure à son évaluation statique : elle peut même parfois représenter le double de cette évaluation.


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AltaLink a testé divers appareils pour mesurer les conditions en temps réel sur ses lignes de transport d’électricité afin de procéder à des évaluations dynamiques. En raison du rude environnement albertain, ces appareils ont cessé de fonctionner ou dépassé la plage d’étalonnage ou bien ils ont été emportés par le vent. Ces dernières années, nous nous sommes concentrés sur les approches faisant appel à des stations d’observation météorologique et à des prévisions météorologiques, qui sont beaucoup plus fiables. Nous avons constaté que l’évaluation dynamique des lignes convient particulièrement bien aux lignes dont la charge correspond aux conditions ambiantes, par exemple celles qui acheminent l’électricité d’origine éolienne. Les jours de grand vent, lorsqu’un parc éolien produit davantage d’énergie, la ligne de transport peut acheminer une plus grande quantité d’électricité parce que le vent abaisse sa température. Bref, en raison de l’effet de refroidissement, la capacité de transport d’électricité augmente en proportion de la vitesse du vent.

AltaLink a utilisé cette technique avec succès dans le cas d’une ligne de transport raccordée à un parc éolien. Nous explorons d’autres possibilités de tirer parti de cette nouvelle technologie puissante et très prometteuse. Alors même que la demande d’électrification, d’énergies renouvelables et de transformation de la filière énergétique continue d’augmenter au pays, l’évaluation dynamique des lignes peut aider les compagnies d’électricité canadiennes à exploiter un potentiel qui existe déjà afin d’améliorer le réseau. Je suis fier du travail que nous avons accompli jusqu’à présent en mettant à l’essai cette technologie novatrice!


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Une grande vision pour une petite communauté : une solution de stockage d’énergie par batterie à distance Peter Brodsky Service des communications, FortisAlberta Lorsqu’il est question de se propulser plus rapidement dans l’avenir des réseaux électriques, on ne songerait pas d’emblée à une société de distribution traditionnelle qui utilise des lignes aériennes et des poteaux. Or, chez FortisAlberta, nous investissons des talents et des ressources dans des solutions qui non seulement répondent aux besoins de notre clientèle, mais aussi témoignent de l’importance que nous accordons aux solutions durables. FortisAlberta s’est récemment heurtée à un nouveau problème : il fallait améliorer la fiabilité de l’approvisionnement en électricité d’une communauté située dans un parc national, entourée d’une précieuse forêt ancienne, dans un village qui compte seulement 150 résidents à l’année, mais où affluent pas moins de 400 000 visiteurs annuellement pendant les mois d’été.

La solution consistait à charger notre premier système de stockage d’énergie par batterie pour fournir une alimentation de secours dans le Parc national des Lacs-Waterton et améliorer ainsi la fiabilité de l’approvisionnement en électricité locale en entraînant le moins de répercussions possible sur l’environnement fragile du secteur. Auparavant, l’alimentation n’était assurée que par une ligne de distribution de 70 km reliant le parc national au réseau. Puisqu’il s’agit d’une zone venteuse et très boisée, les pannes de courant qui touchent le village de Waterton sont plus fréquentes et plus longues que presque partout ailleurs sur le territoire desservi par FortisAlberta. Pour construire une deuxième ligne de distribution afin d’alimenter la localité, il aurait fallu abattre des arbres matures et perturber un habitat faunique fragile.


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Le projet met en valeur les avantages techniques, économiques, environnementaux et sociaux d’un système de stockage d’énergie par batterie, de la production d’énergie solaire photovoltaïque renouvelable et de systèmes de pointe qui commandent la distribution. En cas de panne, le système de stockage maintiendra l’alimentation en électricité jusqu’à ce que la ligne soit réparée. Il offrira donc une nouvelle source d’électricité fiable pour alimenter le village de Waterton et le complexe de Parcs Canada. Nous avons créé un microréseau qui facilitera la transition entre le réseau d’électricité et la batterie de stockage lors de la plupart des perturbations du réseau, si bien que le village de Waterton ne subira aucune interruption de service », explique Kevin Noble, directeur de l’ingénierie à FortisAlberta. « Maintenant que nous avons testé et prouvé la faisabilité de cette technologie à Waterton, nous sommes bien placés pour proposer des solutions similaires à nos clients d’autres localités éloignées », ajoute Janine Sullivan, présidente-directrice générale de l’entreprise.

Le Programme des réseaux intelligents de Ressources naturelles Canada, Alberta Innovates, Emissions Reduction Alberta, Opus One Solutions et FortisAlberta ont financé ce projet de 5,1 millions de dollars. FortisAlberta possède et exploite la batterie et les systèmes de commande, qui se trouvent dans le bloc des services d’entretien de Parcs Canada. Pour sa part, Parcs Canada possède et exploite les panneaux solaires installés sur le toit de cet immeuble, lesquels font partie intégrante du microréseau. Tous ces équipements entraîneront une réduction des émissions de gaz à effet de serre de l’ordre de 25 %.


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Au-delà de l’atténuation des effets des changements climatiques grâce à des solutions fondées sur la nature Jay Wilson Directeur de la production et de l’intendance environnementale, Électricité Canada Entrevue réalisée avec Bryan Gilvesy, président-directeur général d’ALUS Qu’est-ce qui vous vient à l’esprit lorsque vous songez à des solutions fondées sur la nature? Pensez-vous à des espaces naturels, comme des zones boisées, à des cours d’eau ou à des pâturages? Imaginez-vous un endroit lointain – la nature sauvage d’une forêt pluviale côtière ou de la toundra – ou, encore, un lieu plus près de chez vous? Dans le cadre de mon travail portant sur l’adaptation aux changements climatiques et l’atténuation de leurs effets, j’ai entendu beaucoup de discussions concernant des solutions fondées sur la nature. Pourtant, je constate que mes connaissances sur le sujet sont limitées. Fort heureusement, j’ai trouvé un spécialiste dans le domaine : Bryan Gilvesy, agriculteur, éleveur et président-directeur général d’ALUS. Cet organisme à but non lucratif aide les agriculteurs et les éleveurs comme lui à trouver et à mettre en place des solutions fondées sur la nature. De grandes entreprises, dont plusieurs sont membres d’Électricité Canada, appuient déjà l’approche novatrice adoptée par ALUS pour naturaliser les terres agricoles. Je voulais savoir comment Bryan s’était engagé dans cette voie, pourquoi les agriculteurs et les éleveurs sont des acteurs essentiels pour la protection des écosystèmes et comment ALUS peut aider les grandes entreprises à atteindre leurs objectifs en matière de climat et de biodiversité.


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Jay Wilson : Bryan, c’est un plaisir de vous rencontrer – j’avais vraiment hâte! Je vous remercie de prendre le temps de discuter avec moi. D’où arrivez-vous aujourd’hui? Bryan Gilvesy, PDG d’ALUS : Jay, je vous remercie d’avoir organisé cette rencontre virtuelle. J’arrive du comté de Norfolk, immédiatement au sud de Tillsonburg, en Ontario, où j’ai rencontré un agriculteur et éleveur qui est propriétaire d’une exploitation de 350 acres. JW : Eh bien, entrons dans le vif du sujet! Qu’entend-on par « solutions fondées sur la nature »? BG : Le concept des « solutions fondées sur la nature » renvoie aux mesures que les collectivités peuvent prendre pour surmonter des difficultés en s’inspirant de l’environnement. Le rôle d’ALUS est de les aider à avoir recours à ce type de solutions pour assainir l’air et l’eau, séquestrer le carbone, limiter l’érosion, atténuer les effets des inondations et des sécheresses et préserver l’habitat des pollinisateurs et de la faune. Pour bien appliquer les solutions fondées sur la nature, on a besoin de trois éléments : des compétences, de l’énergie et une terre. Les agriculteurs possèdent ces trois éléments. De plus, ils comprennent les rythmes de la nature sur leur terre, car c’est là qu’ils vivent et travaillent, et ils peuvent respecter ces rythmes. JW : Bryan, vous êtes un agriculteur et un éleveur. Comment avezvous découvert les solutions fondées sur la nature? Est-ce un concept que vous avez toujours connu? BG : C’est un concept que j’ai dû apprendre. Tout a commencé en 2005. Je gérais ma terre et mon bétail du mieux que je pouvais. Il y a sur ma terre un cours d’eau froide. Je voulais faire brouter mon bétail dans un pâturage qui se trouve un peu plus loin sans endommager l’habitat de la truite. Je me suis alors mis à la recherche de programmes d’aide financière, mais le seul financement offert couvrait les mesures de remise en état de l’environnement. Bref, j’aurais pu obtenir un financement uniquement si le cours d’eau avait déjà subi des dommages. J’ai eu la chance que l’on me présente un groupe de personnes qui se sont efforcées de trouver une solution proactive. Elles m’ont

aidé à construire un passage pour que mon bétail puisse traverser le cours d’eau et à aménager une infrastructure pour qu’il reste sur les terres hautes. Je suis ainsi devenu le troisième participant au programme pilote d’ALUS. J’ai continué de m’impliquer à mesure que le programme prenait de l’ampleur, puis j’ai fini par être nommé président-directeur général. Nous comptons maintenant plus de 1 100 agriculteurs et éleveurs membres répartis dans 33 collectivités un peu partout au Canada. Et notre organisme connaît une croissance rapide. JW : Je sais que certains membres d’Électricité Canada participent déjà aux activités d’ALUS de différentes façons. Vous avez aussi un programme qui s’adresse aux grandes entreprises – le projet New Acre. Pouvez-vous me dire en quoi il consiste? BG : Bien entendu. ALUS aide les agriculteurs à mettre au point des solutions fondées sur la nature en mettant à profit leurs connaissances et leurs ressources, mais les grandes entreprises peuvent aussi tirer avantage de ce type de solutions. C’est pourquoi ALUS a créé le projet New Acre, dans le cadre duquel les entreprises commanditaires contribuent au financement de mesures fondées sur la nature acre par acre. Ce concept signifie que l’investissement permet d’apporter de nouvelles améliorations concrètes dans l’une de nos collectivités. Nous faisons le suivi de dizaines d’indicateurs afin que nos commanditaires soient bien au fait de l’incidence de leur participation. Les grandes entreprises doivent pouvoir mesurer et montrer les retombées de leur travail. Dans notre base de données, nous mesurons, suivons et présentons les caractéristiques de l’écosystème qu’ils ont permis d’améliorer. JW : Les grandes entreprises subissent énormément de pression pour quantifier les effets de leurs actions – positifs et négatifs – et montrer que les collectivités où elles exercent leurs activités et le monde en général en retirent un avantage net. Vous avez parlé de votre base de données. Est-ce que vous jumelez directement les agriculteurs et les grandes entreprises? Si c’est le cas, comment gérez-vous ce jumelage?


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BG : Nous travaillons en collaboration avec les grandes entreprises afin de comprendre où elles veulent avoir une incidence positive et de les jumeler avec des collectivités participantes qui mettent en œuvre le programme. Les projets sont soumis à l’approbation d’un comité consultatif de partenariat local. Ils sont ensuite schématisés dans la base de données d’ALUS et dotés d’un code unique qui s’appliquera à tous les acres associés au bailleur de fonds en question, auquel nous transmettons ensuite un rapport agrégé. Nous savons, à la décimale près, combien il y a d’acres de zones humides, d’habitat du poisson ou de pâturages naturels. Nous pouvons ensuite attribuer ces acres à de grandes entreprises désireuses d’appuyer ce type de projets particuliers. JW : Donc, les changements climatiques sont l’une de nos plus grandes priorités. Pouvez-vous nous expliquer comment on peut tirer parti des solutions fondées sur la nature pour favoriser l’adaptation aux changements climatiques et l’atténuation de leurs effets? BG : Oui. Les solutions que nous mettons en œuvre permettent d’absorber davantage de carbone dans l’atmosphère. Qu’il s’agisse de planter un arbre, de remettre en état des zones humides, de rétablir des pâturages naturels ou même de simplement modifier la façon dont un agriculteur gère ses cultures, on obtient des avantages sur le plan des émissions de carbone. Ces mesures contribuent aussi à atténuer les effets des inondations et des sécheresses attribuables aux phénomènes météorologiques extrêmes. JW : Je comprends. Pouvez-vous quantifier ces avantages sous la forme de compensations? C’est là une grande priorité dans le secteur de l’électricité. Le concept le plus important à nos yeux à l’égard de l’« atteinte de la carboneutralité d’ici 2050 » est probablement l’idée de neutralité. En effet, tout indique que nous n’arriverons tout simplement pas à éliminer toutes les émissions. Comment ALUS mesure-t-il ces avantages et les prend-il en compte? BG : Nous sommes en faveur de cette approche. D’après nous, nos crédits de réduction du carbone sont plus avantageux qu’une

traditionnelle compensation des émissions de carbone. Par exemple, dans le cas de la compensation d’émissions de carbone contenu dans le méthane capté sur une décharge, l’entreprise obtient l’équivalent des émissions de gaz à effet de serre évitées. Mais, dans le cas d’une solution fondée sur la nature, par exemple dans le cadre du projet New Acre, en plus de bénéficier des avantages de la réduction des émissions, les participants y gagnent sur le plan de la biodiversité, de la qualité de l’eau, de la résilience face aux inondations, etc. Une quantification appropriée s’impose. Pour le projet New Acre, nous avons mis en place un système de quantification perfectionné que nous améliorons constamment. Nous concentrons nos efforts sur trois aspects prioritaires de la quantification : la modélisation du bassin hydrographique, la séquestration du carbone et la biodiversité. Les retombées positives du programme représentent une superficie de 150 kilomètres carrés à l’échelle du pays et elles continuent d’augmenter. L’important, c’est de veiller à créer les meilleures solutions fondées sur la nature qui soient et à continuer d’améliorer la façon dont nous les quantifions au fur et à mesure. JW : Avant que nous mettions fin à notre discussion, pourriez-vous recommander à nos lecteurs un ouvrage qui les aiderait à mieux comprendre en quoi consistent les solutions fondées sur la nature? BG : Bien sûr. Je leur recommanderais de lire le rapport de Nature United intitulé Natural Climate Solutions (publié uniquement en anglais). Comme l’explique ce rapport, en appliquant sur des terres agricoles des solutions fondées sur la nature, on peut générer la plupart des conditions climatiques dont nous aurons besoin pour atteindre la carboneutralité d’ici 2050. Le Canada peut bénéficier grandement de ces solutions. L’agriculture se pratique principalement dans le sud du pays. Comme c’est la zone où les Canadiens vivent, travaillent et se divertissent, nous sommes nombreux à pouvoir en être témoins ou en faire


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l’expérience. En adoptant des solutions fondées sur la nature, on a un effet positif dans les régions où un plus grand nombre de personnes peuvent le constater. JW : Je vous remercie pour cette conversation captivante! Où nos lecteurs peuvent-ils en apprendre davantage sur ALUS? BG : C’est moi qui vous remercie. Pour en savoir plus sur ALUS, vous pouvez consulter notre site Web à l’adresse alus.ca/. Pour en savoir plus sur notre projet New Acre, qui met à contribution les grandes entreprises, rendez-vous à newacre.org/. De plus, vous pouvez suivre ALUS sur LinkedIn et Twitter pour vous tenir au courant des dernières nouvelles. L’échange entre Jay Wilson et Bryan Gilvesy s’est déroulé par vidéoconférence. Leurs propos ont été modifiés par souci de concision et de clarté.

Programme des entreprises partenaires Grâce au Programme des entreprises partenaires d’Électricité Canada, des entreprises qui proposent une gamme variée de produits et de services, notamment des services-conseils dans tous les segments du secteur de l’électricité, peuvent établir des liens avec les décideurs des membres de l’association de l’ensemble des provinces et des territoires. Les entreprises partenaires peuvent être actuellement établies sur le marché canadien ou chercher un moyen de présenter leurs produits ou services de l'extérieur du pays aux membres d'Électricité Canada. Rejoignez-nous maintenant Pour de plus amples renseignements, veuillez communiquer avec : Faran Mirza, gestionnaire des commandites et du Programme des entreprises partenaires. mirza@electricity.ca


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ENMAX : dynamiser l’avenir albertain sobre en carbone Chinta Puxley Conseillère principale en communications externes et générales, ENMAX La société ENMAX accélère son passage à un avenir sobre en carbone en mettant l’accent sur des solutions qui dynamiseront un avenir meilleur. ENMAX Energy est la filiale albertaine d’ENMAX qui exerce ses activités dans les sous-secteurs concurrentiels de la production et de la vente au détail d’électricité. Son parc de production, qui a une puissance de 1 512 mégawatts (MW), se compose à 86 % de centrales au gaz naturel et à 14 % d’éoliennes. Afin de respecter son engagement à atteindre la carboneutralité d’ici 2050, ENMAX Energy gère activement et réduit l’empreinte carbone de ses centrales au gaz naturel. Pour ce faire, elle fait des investissements stratégiques destinés à réduire l’intensité des émissions de son parc de production, tout en assurant une exploitation fiable et efficace. « À titre de fournisseur d’un service d’électricité essentiel, nous reconnaissons que nous exerçons nos activités dans un paysage énergétique en rapide évolution et que l’électrification de notre société et un avenir sobre en carbone sont essentiels pour nous

préparer à répondre aux futurs besoins de la clientèle et de la collectivité », explique Greg Conlin, vice-président des opérations à ENMAX Energy. « Notre portefeuille de production est actuellement l’un des plus efficaces en Alberta. L’intensité des émissions de nos installations alimentées au gaz naturel est parmi les plus faibles dans la province. Nous sommes toutefois conscients qu’il reste encore du travail à accomplir malgré les progrès considérables que nous avons réalisés. » Le programme d’amélioration de l’efficacité du parc de production d’ENMAX Energy réduit ses émissions de gaz à effet de serre (GES) et rapproche ses activités de la carboneutralité. L’approche novatrice adoptée par l’entreprise pour atteindre ses objectifs de carboneutralité consiste notamment à mettre en place, à son Crossfield Energy Centre, le premier groupe turboalternateur hybride électricité-gaz naturel au Canada. Le projet est financé en partie par Emissions Reduction Alberta. Cette technologie unique en son genre combine un système de stockage par batterie avec un groupe turboalternateur à gaz déjà en place pour fournir une alimentation de secours sans brûler de combustible supplémentaire.


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Cette installation, dont l’exploitation commerciale a débuté en mai 2021, devrait réduire d’environ 80 % la durée de fonctionnement du groupe turboalternateur et éviter ainsi l’émission de 45 000 tonnes de GES par an, ce qui équivaut à retirer des routes environ 10 000 véhicules.

« ENMAX Energy est à l’avant-garde de l’avenir sobre en carbone de l’Alberta, car sa technologie hybride peut servir de modèle pour les autres centrales à gaz partout au Canada », ajoute M. Conlin. De plus, ENMAX Energy a mis à niveau les groupes turboalternateurs à son Shepard Energy Centre (SEC) en faisant appel à une technologie de pointe pour accroître la puissance et l’efficacité. L’équipe a aussi effectué un arrêt planifié de 44 jours à son installation – l’arrêt le plus important et le plus complexe de l’histoire de l’entreprise. Elle a alors réalisé les travaux en toute sécurité et avant l’échéance prévue. Cette année, ENMAX Energy prévoit mettre à niveau les groupes turboalternateurs à son Calgary Energy Centre et s’attend à des améliorations similaires de l’efficacité de cette installation. ENMAX Energy a toujours privilégié l’intendance environnementale. Elle a réduit ses émissions de GES de 65 % depuis 2015 (d’après l’inventaire des émissions de l’entreprise en 2020) et se rapproche de son objectif de parvenir d’ici 2030 à réduire ou à compenser 70 % de ses émissions par rapport aux niveaux de 2015. « ENMAX Energy, qui déploie des efforts pour atteindre la carboneutralité d’ici 2050, continue de rechercher de nouvelles occasions de réduire son empreinte carbone, précise Greg Conlin. Nous continuerons d’innover pour rendre notre parc de production tout entier sobre en carbone. »


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Dynamiser un avenir durable pour les gens et la planète Sian Barraclough Vice-présidente de la stratégie et de la durabilité, Capital Power En tant qu’équipe composée de spécialistes de la production d’électricité et d’innovateurs en la matière, nous travaillons avec passion pour électrifier notre monde de façon fiable et abordable, tout en protégeant la planète au bénéfice des générations futures. Afin de mettre en place le réseau énergétique carboneutre dont nous aurons besoin dans l’avenir, nous accélérons nos efforts de décarbonation en lançant notre chantier dès aujourd’hui. Pour aider le Canada à atteindre son objectif de carboneutralité du réseau électrique, Capital Power améliore son efficacité et réduit ses émissions – afin de parvenir ainsi à atténuer complètement celles qui sont attribuables à la production d’énergie de base dans ses centrales thermiques, tout en élargissant en parallèle son portefeuille d’énergies renouvelables.

En Alberta, nous déployons des technologies révolutionnaires dans le but de décarboner la production d’électricité d’origine thermique et d’abandonner les centrales au charbon six ans avant l’échéance imposée par le gouvernement. À la centrale Genesee, nous investissons environ 1,2 milliard de dollars pour rééquiper deux des trois groupes turboalternateurs afin d’utiliser la meilleure technologie de gaz naturel à cycle combiné qui soit et convertir entièrement au gaz naturel le groupe turboalternateur à pression supercritique. Les travaux de construction vont bon train dans le cadre de ce projet qui portera à 1 360 mégawatts (MW) la capacité de production d’énergie de base, soit une augmentation de 560 MW. En outre, ce projet prévoit un système de stockage par batterie de 210 MW pour permettre à ces groupes turboalternateurs


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de haut calibre de fonctionner au maximum de leur capacité de production de base. Dans une perspective d’avenir, les nouveaux groupes turboalternateurs dans lesquels nous avons investi permettront de produire de l’hydrogène et de capter le carbone – ce qui montre la souplesse de cette installation, que nous pourrons adapter aux dernières technologies de décarbonation.

En plus de se traduire par une réduction d’environ 3,4 millions de tonnes d’émissions de gaz à effet de serre par année par rapport aux niveaux de 2019, cet investissement majeur dans l’avenir énergétique de l’Alberta assurera un approvisionnement en électricité fiable et abordable pendant de nombreuses années. Pour réduire encore davantage les émissions de cette installation, nos employés innovants développent actuellement un projet de captage et de séquestration du carbone. On prévoit commencer dès 2027 à capter 90 % du carbone émis par les groupes turboalternateurs 1 et 2 de la centrale Genesee. Ce projet devrait permettre une réduction supplémentaire de 3 millions de tonnes de CO2 par an. Par ailleurs, nous collaborons avec Enbridge pour concrétiser sa proposition visant à mettre en place, près de notre

centrale Genesee, une plaque tournante en libre accès pour le captage et la séquestration de nos émissions de carbone. En outre, comme promoteur de projets de production d’énergie renouvelable, nous ajoutons une puissance éolienne et solaire au réseau albertain. Nous avons mené à terme en 2021 le projet d’agrandissement de notre parc éolien Whitla Wind. La puissance de cette installation atteint maintenant 353 MW, ce qui en fait le plus puissant parc éolien de la province. Notre parc Strathmore Solar (40,5 MW) devrait entrer en exploitation au printemps 2022. Par ailleurs, les travaux de construction de notre parc Enchant Solar (75 MW) vont bon train. Nous avons également annoncé un projet d’agrandissement qui accroîtra de 151 MW la puissance de notre parc Halkirk Wind en Alberta. Ensemble, ces nouveaux projets solaires et l’augmentation de la puissance de nos installations éoliennes représentent un investissement de plus de 700 millions de dollars dans la production d’énergies renouvelables. Notre équipe s’attaque de plein front aux changements climatiques par divers moyens – technologies novatrices pour la production de base, augmentation de la capacité de production d’énergies renouvelables et collaboration avec nos collectivités pour construire un avenir meilleur. Nous sommes fiers de dynamiser un avenir durable pour le Canada!


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Gestion des risques dans un marché défavorable Vanna Willerton Administratrice des programmes juridiques et financiers, Électricité Canada L’industrie canadienne de l’assurance se trouve actuellement dans une situation difficile – on parle d’un « marché défavorable ». En plus d’être aux prises avec de faibles rendements de leurs investissements, les assureurs versent des indemnités beaucoup plus élevées. Ils devront donc augmenter leurs primes afin d’obtenir des fonds suffisants pour protéger les clients. Dans un marché défavorable comme celui-ci, les assureurs se retirent souvent de certaines activités ou industries à risque élevé, si bien que les acheteurs ont de la difficulté à conserver la même protection aux coûts qu’ils assumaient antérieurement. Le marché défavorable actuel est attribuable en grande partie à une recrudescence des catastrophes naturelles et à l’augmentation des indemnités qui en découle. D’après le Bureau d’assurance du Canada (BAC), le temps violent a entraîné en 2021 des dommages assurés s’élevant à 2,1 milliards de dollars à l’échelle du pays. Le durcissement du marché a empiré en 2020, année où l’augmentation des indemnités s’est accompagnée d’un ralentissement économique, car les assureurs ont alors obtenu de faibles rendements de leurs investissements. Ce marché défavorable touche le secteur de l’assurance au Canada et partout ailleurs dans le monde. Toutefois, en raison de la structure réglementaire à laquelle elles sont assujetties, les compagnies d’électricité sont plus durement touchées que la plupart des autres entreprises. Si les primes d’assurance montent en flèche au cours d’une période réglementaire, les coûts excédentaires correspondants ne peuvent être recouvrés, ce qui a une incidence sur la faisabilité de grands projets. Il s’agit d’un grave problème pour les compagnies d’électricité canadiennes, alors même qu’elles s’efforcent de décarboner leurs activités, d’électrifier l’économie et de renforcer leur infrastructure vieillissante afin que celle-ci résiste aux phénomènes météorologiques extrêmes. Il y a une bonne nouvelle : cette situation ne se prolongera pas indéfiniment.


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La dernière fois que le marché a été défavorable remonte à une vingtaine d’années. Au fil du temps, le marché de l’assurance a connu plusieurs cycles ponctués de nombreuses périodes successives de marchés favorables et défavorables. Selon les observateurs, l’économie se redressera bientôt, ce qui entraînera un ralentissement du marché.

entreprises à servir les Canadiens et leur permettre de négocier des primes d’assurance plus avantageuses – ce qui se traduirait par des économies pour les clients et davantage de fonds pour accélérer les projets de décarbonation.

Nous pouvons toutefois nous attendre à ce que les phénomènes météorologiques extrêmes continuent d’augmenter. En raison des changements climatiques, nous nous écartons des normes historiques à cet égard. Comme les primes d’assurance sont établies à partir de données historiques, on ne sait pas exactement l’incidence qu’aura cette situation sur le marché de l’assurance au cours des prochaines années.

Montrez que vous gérez les risques de façon proactive Lorsque les assureurs resserreront certaines modalités, ils s’efforceront de faire en sorte que vous contribuiez à la réduction des risques.

La responsabilité cybernétique est une autre catégorie d’assurance, nouvelle et aux conditions imprévisibles, qui continuera de faire exception lorsque le marché ralentira. En raison du manque de données historiques, il est difficile de déterminer et de négocier cette catégorie d’assurance. Les cyberattaques, principalement les attaques par rançongiciel, sont de plus en plus fréquentes et perfectionnées. D’après Gord Payne, directeur de la gestion du risque chez Fortis Inc. et négociateur d’assurances pour l’entreprise, l’assurance responsabilité cybernétique constitue la catégorie d’assurance la plus exigeante pour son employeur : « À mesure que l’assurance responsabilité cybernétique évoluera, elle se stabilisera probablement. Mais je ne suis pas certain que le pire soit derrière nous. » Compte tenu de cet obstacle financier supplémentaire que le secteur de l’électricité doit surmonter pour atteindre ses objectifs de carboneutralité, les gouvernements, les organismes de réglementation et les entreprises actives dans le secteur devraient faire tout leur possible pour améliorer la résilience des compagnies d’électricité face aux phénomènes météorologiques extrêmes et aux cyberattaques. On pourrait ainsi améliorer la capacité de ces

Que peuvent faire les compagnies d’électricité?

Le Bureau d’assurance du Canada dispose de ressources en matière de gestion des risques pour aider les entreprises à présenter le meilleur profil d’assurabilité qui soit et à obtenir ainsi les meilleurs tarifs possible. Ce service gratuit aide les entreprises à cerner et à régler les problèmes pour réaliser des économies au chapitre de l’assurance. Selon Gord Payne, « la souscription d’assurance représente pour Fortis Inc. le curriculum vitæ de l’entreprise ». M. Payne recommande aux compagnies d’électricité de faire affaire avec un courtier et de lui fournir autant de renseignements que possible au sujet, d’une part, des risques auxquels est exposée l’entreprise et, d’autre part, des stratégies d’atténuation qu’elle a adoptées. Dans un marché défavorable, les assureurs reçoivent souvent des consignes qui leur sont imposées d’en haut, et la prise de décisions devient plus centralisée. Puisque les souscripteurs ont probablement moins de souplesse qu’auparavant, ils ont besoin, insiste M. Payne, du plus grand nombre de renseignements possible pour convaincre leurs supérieurs du bien-fondé d’accorder une exception à votre entreprise. Magasinez votre assurance Si vous estimez encore que votre assurance vous coûte trop cher, vérifiez les prix que vous offrent d’autres cabinets d’assurance.


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Gardez à l’esprit que le marché est défavorable et que, dans ces conditions, les entreprises privilégient généralement leurs relations actuelles. Quoi qu’il en soit, vous ne devriez pas vous limiter. Soyez prêt à prendre en considération toutes les options. Que peuvent faire les organismes de réglementation? Bien se renseigner Les organismes de réglementation devraient être conscients du marché défavorable dans le secteur de l’assurance et s’efforcer de comprendre la situation. La plupart des gens qui prennent part à la négociation des primes n’ont pas connu le dernier marché défavorable. Une montée en flèche des coûts d’assurance pourrait amener les organismes de réglementation à se poser des questions. C’est pourquoi une bonne compréhension des facteurs qui sont indépendants ou non de la volonté des compagnies d’électricité facilitera les conversations. Que peut faire le gouvernement? Aider les compagnies d’électricité à s’adapter au climat et à investir dans la cybersécurité Les gouvernements fédéral et provinciaux devraient reconnaître que les compagnies d’électricité auront besoin de faire des investissements initiaux considérables dans l’adaptation au climat et la cybersécurité afin de préserver la rentabilité et la résilience du réseau. Ces investissements protégeront le réseau et permettront de maintenir les primes d’assurance à un niveau raisonnable à l’avenir. Le gouvernement fédéral et les administrations locales devraient collaborer avec les parties prenantes pour redoubler d’efforts afin de comprendre les projections relatives à la variabilité du climat à long terme et de faciliter les investissements des compagnies d’électricité dans l’adaptation aux changements climatiques et la résilience du réseau.

Selon Le Canada dans un climat en changement : rapport sur les enjeux nationaux, publié récemment par le gouvernement, une sensibilisation accrue et l’innovation technologique constituent une première étape essentielle dans le développement d’un secteur de l’énergie résilient face aux changements climatiques. Le gouvernement devrait évaluer les besoins du pays en matière d’adaptation aux changements climatiques dans le secteur de l’énergie et créer un Fonds énergétique pour l’adaptation aux changements climatiques. Le gouvernement devrait aussi accorder un financement supplémentaire pour la recherche, le développement et le déploiement de programmes et de technologies de cybersécurité pour le secteur de l’électricité. Une gestion proactive des risques cybernétiques et climatiques permet de limiter les coûts d’assurance. Or, le gouvernement fédéral et les administrations locales sont en mesure de favoriser ce type de gestion.


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Viser la lune : Hydro Ottawa atteindra la carboneutralité d’ici 2030 Morgan Barnes et Susan Fekete Conseiller en affaires publiques et médiatiques, conseillère en communications, Hydro Ottawa En décembre 2021, Hydro Ottawa, avec l’appui de son Conseil d’administration, a annoncé qu’elle accélérait sa transition pour rendre ses opérations carboneutres d’ici 2030. Lorsqu’elle aura accompli sa mission de huit ans, elle pourrait être la première entreprise de services publics municipale au Canada à avancer vers l’inconnu.

d’ici 2050. Bien que la technologie existe pour nous rapprocher de cet objectif, certains des éléments nécessaires pour y parvenir n’ont pas encore été inventés. M. Conrad pense que quand un changement est souhaité au niveau social, la technologie, le financement et les réformes réglementaires suivent de près afin de rendre « l’impossible » possible.

« C’est notre lancement sur la lune », a déclaré Bryce Conrad, président et chef de la direction d’Hydro Ottawa.

« Nous ne pouvons plus faire comme si de rien n’était », déclare M. Conrad. « À Ottawa, le changement climatique est bien réel. Au cours des dernières années seulement, nous avons vécu des tempêtes de verglas, des inondations, des tornades, des vagues de chaleur et de fortes tempêtes de vent.

M. Conrad fait référence à la mission d’Apollo 11 sur la lune en 1969, qui a inspiré l’annonce de l’entreprise. En 1961, le président de l’époque, John F. Kennedy, a annoncé au Congrès qu’avant la fin de la décennie, les États-Unis enverraient un homme sur la lune et le ramèneraient sur terre en toute sécurité. À l’époque, cela n’avait jamais été fait, et la technologie, en théorie, n’existait pas encore pour y parvenir. En revanche, les Américains ont soutenu l’idée, qui a fait son chemin et a incité la nation à faire preuve de persévérance, de créativité et de collaboration et à obtenir les investissements nécessaires pour aller de l’avant et réussir. Rendre « l’impossible » possible Les experts ont dit la même chose en ce qui concerne l’électrification et l’objectif ambitieux du Canada d’atteindre la carboneutralité

La pression sociétale pour faire face aux changements climatiques est le carburant qui va stimuler les nouvelles technologies et l’innovation dans le secteur de l’énergie. Nous visons peut-être la lune, mais nous nous appuyons sur la science pour y parvenir ». Depuis une dizaine d’années, le service public intègre des pratiques commerciales innovantes et durables tout en s’assurant qu’il continue d’être performant dans des domaines essentiels, notamment le service à la clientèle (le meilleur de sa catégorie), la solidité financière, l’efficacité, la culture et le leadership organisationnels, et la conscience sociale.


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En plus d’être reconnue comme le plus grand producteur d’énergie verte appartenant à une municipalité de l’Ontario et d’avoir été sélectionnée dix fois comme l’un des employeurs les plus verts du Canada, Hydro Ottawa a vu deux de ses projets novateurs en matière de durabilité récompensés par le Centre d’excellence d’Électricité Canada en 2021. Il s’agit d’un nouveau pré de pollinisation dans le sud d’Ottawa et du système énergétique de quartier sans émission de carbone pour la communauté Zibi. Ce n’est certainement pas une situation habituelle pour un service public local. « L’obtention de la désignation distinguée “entreprise Électricité durable”, et devenir la troisième en Ontario à l’obtenir, est devenue notre objectif principal », déclare M. Conrad. « Le fait d’atteindre ensemble cette cible, en équipe, a scellé l’affaire pour moi en ce qui concerne l’établissement d’un échéancier inflexible pour notre objectif de carboneutralité. Nous allons y arriver et nous allons y arriver ensemble, parce que nous disposons des meilleurs et des plus brillants éléments. » Les clients restent au centre du développement d’un avenir énergétique intelligent L’entreprise élabore actuellement un plan d’action détaillé pour orienter son parcours vers la carboneutralité en collaboration avec ses clients, ses employés et ses partenaires. M. Conrad souligne volontiers que le client restera toujours au centre de toutes les activités de l’entreprise.

« Alors que le paysage de l’électricité continue de se transformer, la clé pour atteindre notre objectif est de procéder de manière équitable et abordable pour que tous les clients puissent participer à un avenir énergétique intelligent », déclare M. Conrad. « En nous assurant que nous avons mis en place le soutien approprié pour aider les clients à atteindre leurs objectifs de durabilité et de consommation carboneutre, nous atteindrons également nos objectifs. Personne ne doit être laissé pour compte. » Bien que l’industrie de l’électricité soit souvent montrée du doigt dans les débats entourant le changement climatique, plus de 80 % de l’électricité au Canada provient de sources non émettrices (le secteur de l’électricité de l’Ontario est l’un des plus propres au monde, produisant 94 % de l’électricité sans aucune émission de gaz à effet de serre). M. Conrad estime que les services publics vont contribuer à façonner l’avenir énergétique du monde puisque les services publics canadiens sont au premier plan du mouvement visant à décarboner le système électrique canadien d’ici 2035. « On ne peut pas toujours attendre que les gouvernements ou les autres agissent en premier », dit M. Conrad. « Il faut prendre la responsabilité de ses propres activités et de son empreinte environnementale. Le moment est venu de prendre des mesures claires et décisives — et oui, de viser la lune, aussi. »

Hydro Ottawa possède et exploite trois filiales principales : Hydro Ottawa Limitée, qui distribue de l’électricité dans la capitale nationale ; Portage Énergie, qui a une capacité de production verte installée de plus de 128 mégawatts — assez pour alimenter 107 000 foyers par année ; et la Société de portefeuille Envari Inc., qui offre des solutions énergétiques durables à grande échelle aux entreprises, aux gouvernements et aux services publics.


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Définir la cible : La responsabilisation du client et le parcours de Liberty vers la carboneutralité Stephanie Bose Directrice des communications d’entreprise, Liberty Utilities Les attentes des clients ne se limitent plus aux industries traditionnelles; elles s’étendent désormais au secteur des services publics, et les entreprises s’empressent d’y répondre. L’énergie solaire sur les toits, les miniréseaux, le stockage dans des batteries, les applications de consommation et les capacités des réseaux intelligents font déjà partie du quotidien. Mais ce n’est qu’un début. Les technologies émergentes continueront à transformer notre façon de concevoir, d’utiliser et de partager l’énergie nécessaire à bon nombre de nos besoins quotidiens. Chez Liberty, ces avancées sont à la base de nos plans pour atteindre un avenir à faible émission de carbone. Grâce à nos

groupes d’activités réglementées et renouvelables, nous travaillons en étroite collaboration avec nos clients et les communautés pour assurer cette transition. Tout commence par le réseau « Je vois le réseau comme un vaste système de transport », déclare Sam McGarrah, directeur de la performance du système chez Liberty. « Vous maintenez les routes à jour, installez de nouveaux échangeurs, ajoutez des voies et réglez les accidents le plus rapidement possible. L’objectif est de minimiser les perturbations. En fait, il faut s’assurer que tout est fluide. »


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Ces dernières années, des phénomènes météorologiques plus violents ont rendu extrêmement difficile d’éviter les perturbations du flux. Les pannes majeures dues aux tempêtes, aux feux de forêt et à d’autres catastrophes naturelles ont mis en évidence l’importance d’utiliser différentes sources d’énergie de secours, comme le stockage dans des batteries, provenant de sources traditionnelles et renouvelables telles que l’énergie éolienne, solaire et hydraulique. Pour ce qui touche le réseau, ces solutions, combinées aux capacités des réseaux intelligents, peuvent réduire considérablement les temps de panne.

mère de Liberty, a construit son premier parc éolien en 2004 au Manitoba et dispose aujourd’hui de plus de 4 000 MW d’énergie renouvelable opérationnelle. En s’associant avec de grands acheteurs d’électricité tels que Kimberly-Clark, General Mills et JPMorgan Chase, on obtient un scénario gagnant tant pour l’environnement que pour les communautés locales et les entreprises ayant leurs propres objectifs environnementaux, sociaux et de gouvernance.

Cependant, les besoins ne se limitent pas à cela. Les clients veulent une alimentation électrique ininterrompue — c’est ce à quoi ils s’attendent — et ils veulent aussi plus de transparence afin de mieux gérer leur consommation et les coûts. Liberty s’intéresse de près à ce nouveau concept de « responsabilisation du client ».

En Californie, où la volonté d’atteindre l’objectif de carboneutralité est soutenue par des politiques fédérales, les clients de Liberty sont déjà alimentés à 100 % en énergie solaire pendant la journée, la plupart du temps. En soirée et aux heures de pointe, le centre d’énergie solaire de Luning (50 MW) — le premier en son genre dans l’État — et l’installation solaire de Turquoise (10 MW) sont mis à contribution pour répondre à la demande.

Lindsay Maruncic, directeur de l’exploitation des énergies renouvelables chez Liberty, explique : « Notre objectif est de trouver des moyens de renforcer la résilience de nos clients tout en nous rapprochant de l’objectif de carboneutralité. L’un de ces moyens consiste à établir un partenariat avec nos clients et les installations essentielles, tels que les écoles, les hôpitaux et les épiceries, et à leur fournir des batteries derrière le compteur qui seront utilisées en cas d’urgence. Lorsque ces batteries ne sont pas utilisées, nous pouvons y avoir accès pour répondre à d’autres besoins énergétiques. »

Terry Gilbertson, directeur des opérations de Liberty en Arizona, décrit la manière dont les installations solaires dotées d’une batterie de secours permettent de compenser la consommation d’électricité de l’installation de traitement des eaux de Palm Valley, ce qui permet de réduire le coût des kilowatts tout en contribuant aux objectifs de durabilité. Selon lui, « L’interaction entre l’énergie et l’eau est importante : la production d’électricité standard nécessite une grande quantité d’eau. Il est donc essentiel de trouver des moyens de réduire la consommation d’eau dans les processus de production et de distribution d’énergie. »

Les clients résidentiels qui investissent dans le stockage dans des batteries peuvent visualiser et gérer activement leur consommation en temps réel. À terme, cela peut mener à un contrôle encore plus grand grâce à la mise en place de capacités prédictives qui permettront aux clients de voir, à l’avance, leurs schémas quotidiens de consommation d’énergie et de les ajuster pour obtenir une efficacité optimale.

Cependant, le renforcement du réseau grâce à des sources d’énergie renouvelables n’est pas une solution miracle. En fait, nos systèmes de transmission actuels n’ont pas la capacité de gérer toute la production éolienne, solaire et hydraulique existante, sans parler des mégawatts supplémentaires qui affluent. Nous devons donc voir encore plus grand. L’interdépendance énergétique et le potentiel de l’hydrogène

Ce type de réflexion — qui fait du client un participant actif dans la recherche de solutions — est en train de changer les rapports entre les services publics et leurs clients, ainsi que nos interactions avec eux. Créer des partenariats pour profiter d’avantages mutuels grâce à des solutions vertes Les énergies éolienne et solaire sont peut-être les sources d’énergie propre et renouvelable les plus connues. Algonquin, la société

L’hydrogène, l’un des nouveaux venus dans le domaine des énergies renouvelables, offre des possibilités en matière d’énergie et de redondance. Les technologies à base d’hydrogène peuvent agir comme une sorte de raccourci en fournissant aux clients l’énergie dont ils ont besoin sans pour autant avoir à construire de nouvelles lignes de transmission. Trish Walker, directrice du développement commercial chez Liberty, qualifie l’hydrogène de « couteau suisse des carburants renouvelables », car il permet de relier l’électricité, le gaz naturel, l’eau et les eaux usées.


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Comme le fait remarquer Trish, l’hydrogène vert peut être utilisé pour décarboner complètement la consommation de chaleur et d’électricité d’un bâtiment grâce à des sources éoliennes, solaires et hydroélectriques. En comparaison avec le stockage traditionnel dans des batteries, les piles à hydrogène sont plus légères et plus faciles à utiliser, et peuvent être adaptées aux systèmes existants. Par exemple, des turbines adaptables à l’hydrogène peuvent être utilisées pour créer une redondance lorsque le vent ne souffle pas. De même, en cas de demande excessive sur le réseau, l’énergie stockée sous forme d’hydrogène peut être utilisée.

l’entreprise, à savoir l’apprentissage continu et l’esprit d’entreprise, ont orienté le processus de planification. La fermeture de l’usine d’Asbury et la transition vers l’énergie éolienne ont fourni une occasion idéale de tester la capacité de l’équipe à s’adapter et à exceller. « Essentiellement, notre stratégie en matière de carboneutralité consiste à poursuivre le déploiement des technologies existantes, comme la conversion à la production d’énergie renouvelable lorsque cela est possible, et à explorer de nouvelles solutions qui sont un peu moins avancées », note Ariel Bautista, directeur du développement durable chez Liberty.

L’hydrogène est une technologie que Liberty étudie actuellement. Pour les industries qui ne peuvent pas se décarboner, ou dont la décarbonation est sérieusement entravée par la nature de leurs activités, l’hydrogène pourrait être l’une des clés permettant d’éliminer cette barrière.

Trouver le juste milieu

Au-delà de la réduction des émissions Pour atteindre les objectifs de carboneutralité des entreprises, il faudra plus que de nouvelles technologies. Les projections relatives à la main-d’œuvre ont montré que d’ici 2050, des rôles que nous ne pouvons même pas concevoir aujourd’hui apparaîtront — des rôles qui seront essentiels pour nous permettre d’atteindre et de soutenir une économie à faible émission de carbone. Comment peut-on se préparer face à tant de facteurs inconnus ? Kirsten Olsen, directrice des ressources humaines chez Liberty, déclare : « Pour se préparer à l’avenir dès aujourd’hui, nous ne devons pas nous contenter de penser en termes de compétences traditionnelles ; nous devons utiliser des stratégies différentes en matière de talents. Les compétences de base telles que l’ingénierie et le sens aigu des affaires resteront importantes, mais il sera encore plus crucial d’être capable de réagir rapidement à une situation difficile, et de le faire dans un esprit entrepreneurial. Il sera moins question d’éducation formelle et davantage question d’adaptabilité et d’état d’esprit. » La décision de Liberty de fermer sa centrale au charbon d’Asbury, dans le Midwest des États-Unis, et la mise en place d’une nouvelle centrale éolienne d’une capacité d’environ 600 MW témoignent de cette approche. La fermeture de l’usine a permis de réduire les émissions de près d’un million de tonnes métriques et d’accroître le développement économique local. Les principes directeurs de

Au bout du compte, notre avenir énergétique dépend de notre capacité à trouver un équilibre entre ce que les clients veulent, ce qui est bon pour l’environnement et ce qui est durable pour les entreprises qui s’engagent auprès de leurs actionnaires à atteindre l’objectif de carboneutralité — autrement dit, il faut trouver le juste milieu entre expérience, efficacité et valeur ajoutée. Par exemple, si un client d’un service public installe une batterie de secours et des panneaux solaires sur le toit de sa maison, bien que ce soit un pas dans la bonne direction, ses besoins en matière de services et sa relation avec son service public s’en trouveront modifiés, ce qui soulèvera de nouveaux défis. Comment pouvons-nous travailler ensemble pour nous assurer que l’investissement de chacun est rentabilisé et que nous ne dépensons pas deux fois plus pour la même consommation d’énergie ? Comment optimiser un réseau énergétique beaucoup plus vaste ? Comment intégrer de nouvelles solutions dans notre infrastructure actuelle pour en tirer le meilleur parti ? Comment faire en sorte que les personnes qui n’ont pas les moyens de s’offrir un toit solaire ne soient pas pénalisées ? À mesure que nos sources d’énergie continueront d’évoluer et que de nouvelles émergeront, d’autres questions feront surface. En faisant participer activement nos clients à ces discussions et en créant ensemble la voie vers un avenir plus vert, notre objectif consistant à instaurer une économie à faible émission de carbone sera beaucoup plus facile à atteindre. Comme le fait remarquer Kirsten Olsen, « Le chemin reste à tracer — nous avons besoin de personnes passionnées par la recherche de solutions pour le tracer avec nous. Le pouvoir est véritablement entre nos mains. »


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Mobilisation de la main-d’œuvre dans l’optique d’un avenir vert : embauche dans le secteur de l’électricité au XXIe siècle Michelle Branigan Directrice générale de Ressources humaines, industrie électrique du Canada Dans le secteur de l’électricité, l’avenir est incertain au chapitre de la main-d’œuvre pour plusieurs raisons : transition vers des sources plus propres de production d’électricité telles que les énergies renouvelables (solaire, éolienne, hydroélectrique, marémotrice et tirée de la biomasse), émergence de technologies novatrices comme les petits réacteurs modulaires et fluctuations démographiques. Les compagnies d’électricité emploient plus de 100 000 personnes, ce qui fait de notre secteur le plus important employeur de travailleurs des services publics au Canada. Bien que ce chiffre puisse sembler prometteur, un problème crucial se pose : seulement 5 % de ces employés ont moins de 25 ans, comparativement à 14 % dans l’ensemble des autres secteurs. De plus, le taux de départ à la retraite dans le secteur demeure le double de la

moyenne nationale, alors même que l’électrification s’accélère. Il est donc urgent que le secteur de l’électricité commence à attirer des talents jeunes et diversifiés. Notre économie s’électrifiera de plus en plus au cours des prochaines décennies, ce qui devrait se traduire par une hausse notable de la demande d’électricité. Un grand bouleversement se profile à l’horizon avec l’émergence de nouvelles technologies d’électrification et la nécessité d’atteindre de multiples objectifs énergétiques nationaux et internationaux, comme ceux de l’Accord de Paris de 2015 et du plan climatique renforcé du Canada. À moins de remédier à la pénurie de travailleurs qualifiés dans le secteur, le Canada risque de compromettre sa capacité d’atteindre ses objectifs environnementaux.


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Comment pouvons-nous accroître la main-d’œuvre du secteur canadien de l’électricité afin d’alimenter nos futures filières énergétiques et, à terme, proposer des solutions efficaces en matière d’électrification? La réponse est simple : nous devons trouver des solutions porteuses et agir en conséquence. Un avenir inclusif Quel que soit le secteur d’activité, il est évidemment essentiel de se concentrer sur l’équité, la diversité et l’inclusion si l’on souhaite attirer des candidats qualifiés issus de l’ensemble des corps professionnels dont on a besoin et maintenir les employés en poste. Le secteur de l’électricité sait innover, mais l’innovation a besoin d’un milieu qui favorise la diversité d’opinions pour se développer. Selon un sondage mené en 2021 par le gouvernement du Canada, les femmes n’occupent que 26 % des postes de direction dans le secteur mondial de l’énergie. On observe une situation similaire à l’échelle nationale. Le rapport de Ressources humaines, industrie électrique du Canada (RHIEC) intitulé Le leadership en pleine évolution : voies vers l’équité des genres révèle que près de la moitié (46 %) des entreprises sondées ne comptent aucune femme occupant un poste de cadre supérieur. Encore plus alarmant : seulement 7 % des femmes faisant partie de conseils d’administration et d’équipes de direction dans le secteur de l’énergie se sont identifiées comme Autochtones, Noires ou personnes de couleur. De plus, d’après le rapport intitulé Impact générationnel : Perspectives futures pour la main-d’œuvre publié en 2020 par RHIEC, les jeunes autochtones sont beaucoup plus susceptibles que les autres d’envisager de faire carrière dans le secteur de l’électricité, mais ils y sont très nettement sous-représentés. Selon Statistique Canada, la plus grande part (66 %) de la hausse de l’emploi en 2017 par rapport à 2016 est attribuable aux résidents permanents. La population autochtone est celle qui croît le plus rapidement au pays : près de 45 % des Autochtones avaient moins de 25 ans, par comparaison à 28 % des non-Autochtones. En 2018, les femmes représentaient près de 48 % de la main-d’œuvre canadienne. On compte actuellement 645 000 Canadiens en situation de handicap qui pourraient travailler dans un marché du travail inclusif, mais qui n’ont pas d’emploi.

Il ne fait aucun doute que la diversité représente l’avenir et que le secteur de l’énergie doit s’engager dans cette voie. « En tant que secteur qui emploie autant de Canadiens d’un océan à l’autre, nous devons faire preuve de leadership en vue de faire évoluer notre réalité démographique. [...] Pour contrer les changements climatiques, notre industrie sera appelée à jouer un rôle déterminant dans la décarbonation de l’économie au sens large. Nous nous devons d’attirer les talents les plus brillants et les plus prometteurs en étant un employeur de premier choix et en offrant un milieu de travail où chacun est inclus », explique Ken Hartwick, président-directeur général d’Ontario Power Generation. « Nous travaillons en étroite collaboration avec RHIEC afin de préparer l’industrie pour l’avenir et d’attirer les meilleurs travailleurs et les plus talentueux d’entre eux dans notre secteur. » Toutefois, pour faire évoluer notre réalité démographique, nous devons d’abord prévoir et atténuer les obstacles systémiques qui se présentent souvent dans les processus de recrutement, d’embauche, d’intégration et de maintien en poste. De nombreuses organisations canadiennes s’attaquent à ce problème en signant des déclarations d’engagement axées sur la promotion, l’intégration et la priorisation de l’équité, de la diversité et de l’inclusion en milieu de travail. L’Accord de leadership sur la diversité, l’équité et l’inclusion est l’une de ces déclarations en vertu desquelles des organisations du secteur de l’électricité, leurs dirigeants et leurs membres peuvent prendre part à une action unifiée pour : • accroître le nombre de travailleurs qualifiés et leur niveau de compétence; • veiller à ce que les groupes sous-représentés soient informés des possibilités offertes dans le secteur de leur choix; • et, après leur embauche, offrir aux travailleurs un soutien complet et des chances égales de se perfectionner et de fournir un apport à la hauteur de leur potentiel. Renforcement des capacités des jeunes Les membres des générations Y et Z estiment que le changement climatique est un enjeu important et ils souhaitent faire partie de la solution, mais les jeunes sont beaucoup moins présents parmi les travailleurs de l’électricité que dans d’autres secteurs. En les renseignant au sujet des occasions dont ils peuvent se prévaloir,


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en leur offrant des possibilités d’apprentissage intégré au travail (AIT) et en investissant dans l’apprentissage, nous pouvons recruter la main-d’œuvre qualifiée dont nous aurons besoin à l’avenir. RHIEC a élaboré plusieurs programmes financièrement viables destinés à faciliter le recrutement de nouveaux talents, entre autres Impulser l’avenir. Cette possibilité d’AIT permet à des étudiants stagiaires de travailler aux côtés de professionnels qualifiés du secteur qui les aident à se préparer à une future carrière. Pour inciter les employeurs à embaucher des stagiaires, le programme verse une subvention salariale de 7 500 $ par étudiant. Le programme Découverte de potentiels, qui aide les employeurs à préparer les jeunes travailleurs au moyen de stages et de formations en milieu de travail, accorde jusqu’à 25 000 $ par participant. Ces programmes offrent aux employeurs des occasions concrètes d’attirer et d’intégrer de nouveaux talents. À terme, la capacité des organisations à se positionner en tant qu’employeurs de choix pourrait s’avérer l’atout le plus important pour la réussite de leurs efforts de recrutement et de maintien en poste. En effet, dans une étude menée en 2019 intitulée Maind’œuvre en mouvement – Étude de l’information sur le marché du travail, 60 % des employeurs du secteur de l’électricité ont affirmé être en concurrence directe pour la main-d’œuvre. Qui plus est, étant donné la grave pénurie de main-d’œuvre qui sévit en ce moment, nous rivalisons maintenant avec tous les autres secteurs au Canada pour dénicher les talents. Indépendamment de sa valeur intrinsèque, la promotion de l’équité, de la diversité et de l’inclusion – associée à des possibilités d’apprentissage et à la communication de messages s’adressant à des générations précises – peut contribuer à conférer au secteur un avantage concurrentiel important. Si notre pays veut un avenir plus vert, alors le secteur de l’énergie aura besoin d’un afflux rapide d’employés compétents. Les travailleurs qualifiés de demain sont là, quelque part. Il nous reste à les trouver et à les déployer afin de leur permettre d’atteindre leur plein potentiel.

Flux Capacitor Balado Un balado sur l’avenir de l’électricité. Le balado The Flux Capacitor présente des discussions avec des chefs d’entreprise et des leaders d’opinion du secteur de l’électricité sur l’avenir de celui-ci. Les discussions portent sur la façon dont nous créons, déplaçons, échangeons et utilisons l’énergie, et chaque invité enrichit la conversation de son expertise et de son point de vue. Écoute maintenant


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Le plafond pour la déduction d’intérêts et le secteur des services publics Daniel Gent Directeur de la fiabilité, de la résilience et de la gestion du risque, Électricité Canada Dans le budget 2021, un élément a suscité l’inquiétude des fiscalistes des compagnies d’électricité : Le plafond pour la déduction d’intérêts, parfois appelé « règle axée sur le dépouillement de gains ». Le projet de loi proposé dans le budget stipule qu’à compter de 2023, le montant des intérêts que certaines entreprises [pourraient] déduire soit limité à 40 % de leurs gains au cours de la première année de la mesure et à 30 % par la suite ». Cette mesure fiscale s’inscrit dans le cadre du Projet de lutte contre l’érosion de la base d’imposition et le transfert de bénéfices (BEPS) de l’Organisation de coopération et de développement économiques (OCDE). Le secteur de l’électricité est une industrie très complexe. Les compagnies d’électricité exercent leurs activités dans des environnements opérationnels très différents de ceux où évoluent les autres entreprises. Le projet de loi, qui a été publié au début de février 2022, ne prend pas actuellement en considération ces différences importantes. Le secteur de l’électricité est unique à plusieurs égards : • Le secteur de l’électricité est un secteur à très forte intensité de capital où les immobilisations ont une durée de vie pouvant aller jusqu’à 40 ans. • Les membres d’Électricité Canada doivent engager constamment des dépenses d’infrastructure considérables pour produire l’électricité et la livrer à leurs clients de façon sûre et fiable. • Les compagnies d’électricité doivent aussi être en mesure d’accroître leurs investissements dans la nouvelle infrastructure pour répondre à la demande croissante des clients.


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• Le secteur de l’électricité devra aider le Canada à atteindre ses objectifs de réduction des émissions en investissant dans de nouvelles technologies propres et efficaces. • Le secteur de l’électricité est très réglementé et assujetti aux cadres de réglementation économique provinciaux. Les entreprises de services publics sont réglementées par des taux de rendement des capitaux propres. Les éléments susmentionnés rendent le secteur particulièrement vulnérable aux modifications proposées au plafond pour la déduction des intérêts. Le financement par emprunt à long terme est inévitable pour les entreprises. En effet, comparativement aux coûts initiaux élevés liés au financement par capitaux propres, il s’agit d’un moyen beaucoup plus rentable de financer leurs importants investissements en capital. Les compagnies d’électricité espèrent pouvoir déduire leurs frais d’intérêt pour compenser en partie les énormes coûts associés aux grands projets d’infrastructure et éviter ainsi d’augmenter les montants payés par les consommateurs. Cette déduction leur permet de maintenir les tarifs à un niveau abordable pour les Canadiens. De plus, selon les modifications proposées, il en coûtera plus cher pour construire l’infrastructure nécessaire afin d’atteindre nos objectifs de carboneutralité et pour renforcer la résilience de nos réseaux électriques face aux phénomènes météorologiques et aux cyberattaques. Les compagnies d’électricité seront contraintes d’examiner leurs dettes, leurs demandes tarifaires ainsi que leurs taux d’intérêt et de prendre en compte l’impôt supplémentaire dans leurs demandes tarifaires. À terme, le plafond pour la déduction d’intérêts se traduira par une augmentation des tarifs d’électricité pour les clients canadiens. Pour ces raisons, Électricité Canada estime que les entreprises de services publics réglementées doivent être exemptées du projet de loi. Cette approche serait semblable à celle qu’ont

adoptée les États-Unis en 2017 en accordant une exemption ciblée aux compagnies d’électricité et de gaz naturel. En outre, elle serait conforme à d’autres normes et pratiques fiscales en vigueur ailleurs dans le monde. Le gouvernement fédéral doit comprendre que l’exploitation des compagnies d’électricité et de gaz est très différente de celle des autres entreprises.

Le secteur de l’électricité est le pilier économique du Canada. Son rôle est essentiel pour permettre au pays d’atteindre ses objectifs de carboneutralité. Afin d’accélérer la transition vers notre avenir énergétique et d’avoir l’assurance que notre clientèle continuera d’avoir accès à un approvisionnement sûr en électricité propre et abordable, le projet de loi doit prévoir une exemption ciblée pour les compagnies d’électricité.


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Il est temps d’agir Aaron Del Pino Vice-président de l’environnement, de la santé et de la sécurité, Ontario Power Generation Le moment est venu d’aborder le changement climatique sous un angle différent. Nous devons voir le changement climatique comme un catalyseur d’actions positives et novatrices, dans lequel chacun d’entre nous peut contribuer à améliorer notre climat. Chez Ontario Power Generation (OPG), nous prenons activement des mesures pour remédier aux effets négatifs du changement climatique, grâce à des actions positives et ce, dès maintenant. En tant que membres de l’industrie de l’électricité, nous croyons qu’il est de notre responsabilité collective d’élaborer des mesures pour améliorer la façon dont nous produisons de l’énergie, créer des débouchés économiques et favoriser les idées nouvelles et novatrices ayant un potentiel et des répercussions à court et à long terme. Nous sommes l’un des plus grands producteurs d’énergie propre en Amérique du Nord et sommes donc bien placés pour tirer parti de nos relations avec la main-d’œuvre talentueuse de l’Ontario, de la solidité de notre chaîne d’approvisionnement et de notre expérience opérationnelle afin de faire de notre réseau électrique un puissant et prestigieux concurrent dans la lutte contre le changement climatique. Les activités d’OPG couvrent l’ensemble de l’Ontario ainsi que diverses régions des États-Unis, et comprennent un portefeuille diversifié d’actifs de production hydroélectrique, nucléaire, solaire, de biomasse et de gaz naturel. En 2020, nous avons publié notre tout premier plan d’action contre le changement climatique, qui présente des actions et des objectifs clairs pour atteindre la carboneutralité.

Nos objectifs sont simples : devenir une entreprise carboneutre d’ici 2040 et contribuer à la mise en place d’une économie carboneutre d’ici 2050. Au cours de la dernière année, nous avons mené à bien un certain nombre d’actions concrètes pour atteindre ces objectifs ; il ne s’agit pas seulement de plans optimistes, mais de changements réels qui produiront des résultats à court terme. Récemment, OPG a fait une annonce importante sur l’avenir du premier petit réacteur modulaire (PRM) à l’échelle du réseau au Canada. Nous travaillerons en collaboration avec GE Hitachi Nuclear Energy pour déployer un réacteur PRM BWRX-300 sur le nouveau site nucléaire de Darlington, le seul site au Canada actuellement autorisé à accueillir une nouvelle centrale nucléaire, dès 2028, sous réserve des approbations des autorités de réglementation. À elle seule, cette mesure pourrait prévenir l’émission de deux mégatonnes de dioxyde de carbone par année. De plus, OPG travaille en étroite collaboration avec SaskPower, Énergie Nouveau-Brunswick et Bruce Power pour élaborer une approche pancanadienne en matière de déploiement des technologies PRM. Les PRM présentent un énorme potentiel, tant sur le plan environnemental qu’économique, pour venir en aide aux communautés autochtones et aux régions qui dépendent des combustibles fossiles. Au Canada seulement, l’énergie nucléaire permet d’éviter 80 millions de tonnes d’émissions de carbone par année ; la combinaison de l’énergie nucléaire et des énergies renouvelables


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équivaut, en termes de compensation des émissions de carbone, à retirer de la circulation la moitié des véhicules de tourisme du monde entier. Outre la construction d’une nouvelle installation nucléaire, l’Ontario s’efforce de maximiser le potentiel de son parc nucléaire existant en investissant environ 25 milliards de dollars pour remettre à neuf les centrales nucléaires de Bruce et de Darlington ; les deux projets se déroulent dans le respect des délais et du budget. Ces projets, qui comptent parmi les plus importantes initiatives en matière d’énergie propre au Canada, permettront à l’Ontario de disposer de 30 années supplémentaires d’énergie nucléaire sans empreinte carbone pour soutenir ses efforts d’électrification et ses besoins énergétiques croissants. En investissant dans notre parc nucléaire actuel et en s’assurant qu’il sera en mesure de croître grâce aux PRM, nous ferons de l’énergie nucléaire un catalyseur essentiel pour d’autres formes de production d’énergie renouvelable et de produits énergé tiques propres. En plus de ses avantages pour l’environnement, l’industrie nucléaire canadienne contribue au PIB du pays à raison de plus de 6 milliards de dollars par année, génère 1,5 milliard de dollars en taxes fédérales et provinciales et soutient 60 000 emplois ainsi qu’une solide chaîne d’approvisionnement nucléaire composée de plus de 200 entreprises. L’Organisation de coopération et de développement économiques (OCDE) estime que la production d’énergie nucléaire devra doubler à l’échelle mondiale d’ici 2050 pour atteindre les objectifs en matière de carboneutralité. Compte tenu de la progression

de l’électrification dans la province, OPG prévoit que la demande d’énergie propre en Ontario pourrait augmenter de 40 % d’ici 2040. Ce chiffre concorde avec les perspectives de planification annuelles de la Société indépendante d’exploitation du réseau d’électricité de l’Ontario, publiées en décembre 2021, qui établissent des prévisions sur la demande d’électricité, évaluent la fiabilité du système électrique et déterminent les besoins en capacité et en énergie de l’Ontario. En d’autres termes, il serait impossible d’atteindre l’objectif de carboneutralité dans le monde sans l’énergie nucléaire. Pour répondre à la demande croissante en électricité, l’énergie nucléaire, propre et fiable, doit être intégrée à un ensemble diversifié de sources d’énergie. Cette combinaison de sources de production permettra de poursuivre la modernisation de notre système électrique, y compris l’électrification des transports. OPG a continué d’étendre son réseau de recharge Ivy, qui sera bientôt le plus grand réseau de recharge rapide de véhicules électriques en Ontario, avec 160 chargeurs répartis sur plus de 60 sites. OPG soutient également l’électrification de l’Ontario grâce aux traversiers électriques de Wolfe et d’Amherst Island, et a récemment lancé une nouvelle filiale, PowerON Energy Solutions. PowerON fournit des infrastructures d’électrification et de recharge aux organismes municipaux de transport en commun et aux entreprises possédant un parc de véhicules. PowerON travaille actuellement avec la Toronto Transit Commission (TTC) pour électrifier plus de 2 400 de ses autobus. Une autre filiale d’OPG, Atura Power, développe de l’hydrogène propre dans l’installation Sir Adam Beck, à Niagara. On s’attend à ce que Niagara devienne une importante plaque tournante de


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l’hydrogène vert destiné au camionnage lourd, à la mobilité municipale et aux consommateurs de l’industrie lourde en Ontario. Parmi les avantages, citons la croissance économique locale et provinciale grâce aux investissements, la création d’emplois et le développement du premier centre d’hydrogène vert à grande échelle en Ontario. « Les mesures que nous prenons aujourd’hui pour lutter contre le changement climatique doivent améliorer la vie de chacun et rendre les communautés plus fortes et plus résilientes », a déclaré Ken Hartwick, président-directeur général d’OPG. « Nous allons créer de nouveaux emplois et alimenter de nouvelles industries pour améliorer la vie, non seulement des générations futures, mais aussi des générations actuelles. » Pour réussir à lutter contre le changement climatique et à améliorer nos communautés, il ne suffira pas seulement de renforcer notre système électrique. Il faudra aussi développer, favoriser et maintenir des relations positives avec les communautés autochtones et les autres communautés d’accueil de la province. Nous reconnaissons et respectons le fait que tous les actifs de production d’OPG sont situés sur les terres visées par un traité et les territoires traditionnels des peuples autochtones de la province. Récemment, OPG a présenté son plan visant à faire de l’établissement et du maintien de ces relations une priorité ancrée dans toutes les facettes de ses activités. Le plan d’action pour la réconciliation d’OPG constitue notre plan directeur sur la façon dont nous entendons travailler en partenariat avec les communautés, les entreprises et les organisations autochtones pour favoriser la réconciliation. Le plan d’action servira de feuille de route pour la réconciliation ; ses objectifs exigent une collaboration avec les communautés autochtones, les établissements d’enseignement postsecondaire, les fournisseurs et bien d’autres intervenants afin d’obtenir des résultats et des produits livrables fructueux et avantageux pour tous.

Ce n’est qu’en travaillant ensemble que nous pourrons améliorer notre climat. Si nous voulons un avenir où les technologies et les progrès novateurs, comme l’électrification des processus industriels et des transports, sont une réalité, il faudra faire appel à d’autres technologies d’énergie propre, notamment le nucléaire, l’hydroélectricité et l’hydrogène, pour ouvrir la voie tant au Canada qu’à l’étranger. Les économies du monde entier ont moins de 30 ans pour réduire l’ensemble des émissions de carbone et atteindre la carboneutralité. Il s’agit d’une tâche herculéenne, et les conséquences de l’inaction sont encore plus importantes. Saisissons cette « occasion » et profitons-en au maximum pour assainir l’air, l’eau et la terre, renforcer la sécurité économique et nouer des relations et des partenariats. Il est temps d’arrêter de penser aux mesures de lutte contre le changement climatique que nous pourrons prendre à l’avenir, car l’avenir, c’est aujourd’hui.


Centre d’excellence Façonner l’avenir

L’électricité – c’est la magie que nous tenons pour acquis, mais dont nous dépendons tous les jours. Le Centre d’excellence d’Électricité Canada souligne l’innovation et la technologie de pointe du Canada dans le secteur de l’électricité. Qu’il s’agisse d’une centrale virtuelle offrant aux clients résidentiels la possibilité de produire eux-mêmes de l’énergie propre et de contribuer ainsi à l’expansion du réseau ou du tout premier système de captage et de stockage de carbone à échelle industrielle – tous les projets du Centre d’excellence améliorent la vie des Canadiens et façonnent notre avenir collectif. Pour explorer des projets novateurs reconnus pour leur excellence, rendez-vous à la page electricite.ca/programmes/centre-dexcellence/


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Une solution énergétique « faite en Ontario » John Mikkelsen Chef de projet chez TC Énergie Alors que l’Ontario s’efforce de réduire ses émissions à zéro afin d’atteindre ses objectifs relatifs aux changements climatiques, de nouvelles solutions doivent être trouvées, et celles-ci sont déjà en cours d’élaboration. Le projet de stockage par pompage de l’Ontario en est un exemple. Les besoins Les plus récentes perspectives de planification annuelles de la Société indépendante d’exploitation du réseau d’électricité (SIERE) de l’Ontario indiquent que la demande d’électricité devrait augmenter à des taux inégalés depuis de nombreuses années. La croissance économique entraîne une augmentation de la demande et, par conséquent, de l’incertitude. Le stockage de longue durée, plus précisément le stockage hydroélectrique par pompage, pourrait jouer un rôle crucial pour combler l’écart de manière à la fois économique et écologique.

Le stockage hydroélectrique par pompage, qui est utilisé depuis plus d’un siècle dans le monde entier, consiste à pomper l’eau d’un réservoir de faible altitude vers un réservoir plus élevé. Cela se produit généralement pendant les périodes de faible demande d’électricité, le plus souvent la nuit. Lorsque la demande d’électricité est plus importante, en général pendant la journée, l’eau est renvoyée dans le réservoir inférieur par des turbines qui produisent de l’électricité (comme l’énergie hydraulique des barrages). La capacité de stockage par pompage s’élève actuellement à plus de 160 000 mégawatts dans le monde, dont 165 mégawatts en Ontario. Le stockage par pompage représente 95 % de la capacité mondiale de stockage d’énergie, et plus de 100 projets de stockage par pompage sont prévus ou sont en cours de construction. Le rapport de janvier 2022 du Nuclear Innovation Institute, intitulé « Store of Value », souligne la nécessité de renforcer le stockage de l’énergie dans la province de l’Ontario. Le rapport mentionne


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ce qui suit : En combinant l’énergie nucléaire et des niveaux accrus de stockage de l’énergie, les exploitants de réseaux d’électricité disposeraient d’une solution de rechange propre à la pratique actuelle qui consiste à utiliser des installations de production d’électricité au gaz pour soutenir des sources intermittentes comme les énergies éolienne et solaire et répondre aux pics de demande, ce qui permettrait de fournir de l’énergie propre à la demande. Le projet Notre projet de carboneutralité « fait en Ontario » répondra au besoin de capacité de production d’électricité supplémentaire tout en permettant de réaliser d’importants progrès en matière de changement climatique. Il s’agit de l’une des plus importantes initiatives en matière de changement climatique élaborées au Canada. Ce projet novateur intègre les technologies les plus récentes et les plus performantes en matière de protection de l’environnement et contribue à la réalisation de l’objectif de réduction de 30 % des émissions de gaz à effet de serre fixé par le Canada d’ici 2030. Avec ses 1 000 MW, le projet proposé représentera le plus grand actif de stockage de la province puisqu’il permettra de stocker suffisamment d’électricité propre et sans carbone pour alimenter près d’un million de foyers. L’installation proposée serait située sur une petite partie du Centre d’instruction de la 4e Division de l’armée canadienne, au nord de Meaford, en Ontario.

Les possibilités Ce projet permettra aux contribuables ontariens d’économiser 250 millions de dollars par an, de créer 1 000 emplois pendant les phases de développement et de construction, et de stimuler l’économie à l’échelle locale, provinciale et nationale. De plus, le projet représente une occasion de partenariat commercial pour la nation Saugeen Ojibway, sur le territoire de laquelle le projet est situé. Le projet est conforme au mandat de la Banque de l’infrastructure du Canada, qui consiste à soutenir des projets auxquels la communauté autochtone participe de manière significative, tout en faisant progresser les objectifs en matière d’énergie propre. TC Énergie propose de concevoir, de construire et d’exploiter une installation de stockage d’énergie à l’échelle du réseau pour le système électrique de l’Ontario, ce qui permettra de fournir la capacité nécessaire à la province. Ce projet permettra non seulement de réduire les coûts de l’électricité et les émissions de gaz à effet de serre, mais aussi de soutenir la reprise économique et de fournir un stockage pour la production de base excédentaire de l’Ontario.


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Collaborer pour multiplier la puissance Robin Yee Gestionnaire des affaires américaines, Électricité Canada Un grand nombre de changements se produisent actuellement à un rythme qui s’accélère : changements climatiques, télétravail, mesures de lutte contre la pandémie et menaces pour la sécurité. Plus que jamais auparavant, il est important de prendre un temps d’arrêt pour voir ce dont nous pouvons nous inspirer afin de déterminer la voie à suivre. L’ingénierie et les améliorations techniques peuvent entraîner des gains d’efficacité ou contribuer à résoudre des problèmes. De nouvelles mesures réglementaires peuvent rendre possible la mise au point de nouvelles technologies et soutenir des priorités en évolution. Toutefois, une excellente relation de travail constitue peut-être la ressource la plus importante. Les relations, de même que les connaissances et les compétences complémentaires qui en découlent, peuvent apporter beaucoup de clarté en ces temps sans précédent. Depuis plus d’un siècle, les Canadiens et les Américains unissent leurs efforts pour assurer la fiabilité, la sûreté et la sécurité de notre réseau d’électricité partagé. Grâce aux institutions transfron-talières en place, nous avons créé une culture axée sur le partage d’information et la coopération pour protéger notre réseau contre les menaces telles que les cyberattaques et les tempêtes violentes. Nous avons aussi élaboré des normes et des pratiques exem¬plaires qui préservent la fiabilité de notre réseau. Par ailleurs, en plus de permettre une diversification des sources d’approvisionnement, les interconnexions dans le réseau de transport transfrontalier permettent d’acheminer l’électricité au lieu de consommation.


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Cette relation de longue date a été avantageuse pour les deux pays pendant la pandémie, car elle a augmenté le nombre de possibilités d’apprentissage et accéléré l’élaboration de politiques dans le secteur de l’électricité. Grâce à cette collaboration, les compagnies d’électricité ont pu comprendre rapidement les éléments qui fonctionnaient bien et les aspects à améliorer. La coopération canado-américaine sera essentielle pour faire face aux événements à venir, comme les phénomènes météorologiques extrêmes, les menaces pour la sécurité et la décarbonation. La Feuille de route pour un partenariat renouvelé États-Unis– Canada, annoncée l’an dernier, soulignait que « les deux dirigeants ont convenu d’adopter une approche coordonnée pour accélérer les progrès en matière d’infrastructures énergétiques propres, durables et résilientes, notamment en encourageant la transmission transfrontalière d’électricité propre ». À titre d’exemple des résultats de ce partenariat, on peut citer la grande ligne de transport d’électricité transfrontalière du Nord. Les deux pays bénéficient de cette ligne de transport qui relie, d’une part, les nouvelles éoliennes américaines et, d’autre part, les centrales hydroélectriques et le réseau de transport canadiens. Ils y gagnent sur le plan de la fiabilité, de l’abordabilité et de la propreté de l’énergie. Les installations canadiennes qui assurent la production d’électricité de base mobilisable et modulable à la demande et essentiellement propre peuvent soutenir les sources de production intermittentes américaines, comme l’énergie solaire ou éolienne, et favoriser une augmentation de la production d’énergies

renouvelables, tout en procurant aux deux pays des avantages en matière de fiabilité et de résilience. Grâce à l’hydroélectricité canadienne, les États-Unis peuvent vendre au Canada leurs énergies renouve - lables excédentaires. Le Canada peut ainsi conserver l’eau retenue dans le réservoir des centrales hydroélectriques et s’en servir ultérieurement pour produire de l’électricité qu’il vendra aux États-Unis lorsque les clients américains en auront besoin. Nos deux pays continueront de collaborer pour rebâtir en mieux. Il ne fait aucun doute que l’électricité continuera de jouer un rôle central dans leur croissance économique et leur avenir énergétique propre. La relation canado-américaine dans le domaine donne accès à un plus grand approvisionnement en électricité propre et fiable pour répondre à la demande et permet de concrétiser une vision partagée d’un avenir reposant sur une électricité encore plus durable, fiable et abordable. Pour en savoir plus sur le partenariat canado-américain de longue date, consultez le microsite Power More Together (www.powermoretogether.com) dans le site Web d’Électricité Canada.


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La collaboration au service d’un avenir meilleur Larisa Morton, Gulnar Joshi et Fanny Guevara Centre GRE&T d’Alectra Le projet de démonstration de solutions de remplacement sans fil de la Société indépendante d’exploitation du réseau d’électricité (SIERE) dans la région de York, en Ontario, permet aux ressources appartenant aux clients de contribuer à la gestion des besoins énergétiques croissants de leurs communautés. Nous sommes aux premiers stades de la transformation de l’écosystème énergétique. Les ressources énergétiques décentralisées, qui comprennent le stockage d’énergie à petite échelle, les installations de production combinée de chaleur et d’électricité, la réponse à la demande et les énergies renouvelables comme l’énergie solaire sur les toits, sont en train de transformer le paysage énergétique du Canada. Dans le cadre de cette transition, les consommateurs et les collectivités ont choisi de jouer un rôle plus actif dans la planification et la gestion de l’énergie, au lieu de dépendre de l’infrastructure électrique conventionnelle. Habituellement, lorsque les prévisions de croissance de la charge électrique dépassent la capacité du réseau existant, une nouvelle infrastructure de poteaux et de fils est construite pour répondre à la nouvelle demande. Cependant, dans la région de York, où la demande en électricité augmente rapidement et devrait dépasser la capacité du réseau d’ici 2030, le projet de solutions de remplacement sans fil étudie la façon dont un marché local de l’électricité peut répondre à la nouvelle demande avec les ressources

énergétiques décentralisées appartenant aux clients sur deux ans (octobre 2020-octobre 2022). Financé par la SIERE et Ressources naturelles Canada (RNCan), et mis en œuvre par Alectra Utilities, le projet de démonstration de solutions de remplacement sans fil de la SIERE, déployé dans la région de York, est le premier marché de l’électricité axé sur la distribution en Amérique du Nord, et les résultats obtenus jusqu’à présent sont encourageants. Une première au Canada ! Grâce à la vente de capacité locale, le projet a réalisé une première au Canada à l’automne 2020 en procurant un total de 10 mégawatts (MW) de capacité à partir d’une grande variété de ressources. Ces ressources, détenues et exploitées par des fabricants, des exploitants de supermarchés et des participants résidentiels, ont été achetées à un prix de rajustement de 0,64 $/kilowatt-jour (80 000 MW/an). Les ressources acquises se sont engagées à être disponibles pendant une période estivale de six mois (de mai 2021 à octobre 2021) pour soutenir le réseau pendant les pics de demande, soit en produisant de l’électricité pour le réseau, soit en réduisant leur consommation sur demande. Une autre première a été réalisée en juin 2021, lorsque les ressources énergétiques décentralisées des participants ont été activées pendant une vague de chaleur pour aider à réduire la demande


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locale (4,5 MW le 7 juin 2021 et 3,6 MW le 28 juin 2021). C’était la première fois au Canada que des ressources énergétiques décentralisées obtenues dans le cadre d’une vente de capacité locale étaient utilisées pour aider à réduire la demande de pointe locale. Au cours de la période de six mois à l’été 2021, le projet a connu huit activations qui ont coïncidé avec les jours les plus chauds de l’année. « Le projet de démonstration de solutions de remplacement sans fil de la SIERE a démontré le potentiel des solutions locales en tant que solution rentable pour remplacer l’infrastructure électrique traditionnelle », explique Brian Bentz, président et chef de la direction d’Alectra Inc, le service public participant. Le projet a permis de réduire les pics de demande au niveau du réseau local, contribuant ainsi à assurer la fiabilité du réseau général et à repousser le besoin de recourir aux infrastructures traditionnelles. Les participants en ont également profité, gagnant en moyenne 125 000 $ par MW de capacité de ressources énergétiques décentralisées ; 65 % de cette somme a servi à rendre les ressources énergétiques décentralisées disponibles pendant la période d’engagement, et 35 % à les utiliser pour répondre aux besoins énergétiques locaux pendant les pics de demande. Été 2021 Au cours de la deuxième année du projet, la vente de capacité locale (qui s’est achevée en octobre 2021) a été élargie, ce qui a permis aux participants disposant de ressources énergétiques décentralisées dotées d’une capacité de réserve — c’est-à-dire les participants qui ont la capacité de fournir de l’électricité ou de réduire leur consommation dans un délai de 30 minutes — d’aider à gérer le réseau pendant les périodes de pointe causées par des événements inattendus. Un total de 15 MW de capacité (dont 6,8 MW de capacité de réserve) a été acheté à un prix de rajustement de 0,40 $/kilowatt-jour, ce qui est inférieur au coût de 0,64 $/kilowatt-jour de l’an dernier.

« Comme on prévoit que la demande d’électricité en Ontario augmentera au cours de la décennie, nous explorons activement la possibilité d’intégrer les ressources énergétiques décentralisées aux systèmes électriques locaux et provinciaux », a déclaré Lesley Gallinger, présidente et directrice générale de la SIERE. « Les leçons tirées de ce projet de démonstration nous montrent de quelle manière les options d’approvisionnement local peuvent contribuer à maintenir la fiabilité et le caractère abordable du réseau. » Le projet est déjà reconnu pour ses contributions aux meilleures pratiques de l’industrie et pour avoir inspiré une façon de penser innovatrice. En juillet 2021, le projet s’est vu décerner le prix « Beyond Energy Efficiency » par l’Association of Energy Services Professionals. Dans le contexte de l’évolution rapide du secteur de l’énergie, il est formidable de voir la SIERE, RNCan et Alectra Utilities faire la démonstration du pouvoir des ressources énergétiques décentralisées détenues localement pour gérer les besoins énergétiques des communautés. Des projets comme le projet de démonstration de solutions de remplacement sans fil de la SIERE dans la région de York montrent qu’il existe un énorme potentiel de transformation de l’énergie en collaboration avec les communautés locales, et que l’innovation et la collaboration peuvent contribuer à façonner le paysage énergétique de l’avenir.


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Les rudiments de l’électricité au Canada


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L’ABC de l’électricité au Canada – Accélérer l’apprentissage Dans le nouveau plan stratégique qui orientera ses efforts jusqu’en 2025, Électricité Canada définit des objectifs stratégiques axés sur la réflexion, la promotion des intérêts, la communication et l’éducation au nom de ses membres. C'est avec l’objectif d’éducation en tête qu'un nouveau cours de base, intitulé L’ABC de l’électricité au Canada, a été élaboré. Francis Bradley, président-directeur général d’Électricité Canada, déclare : « Puisqu’elle met l’accent sur la formation, Électricité Canada est particulièrement bien placée pour offrir un cours 101 permettant à ceux qui travaillent dans le secteur d’acquérir des connaissances de base dans le domaine.

Notre secteur connaît une croissance rapide avec l’afflux d’énergies renouvelables, le changement de comportement des consommateurs et les cibles d’émissions très changeantes fixées par le gouvernement. Ce cours neutre sur le plan des sources d’énergie a été conçu expressément pour les Canadiens et les aidera à comprendre l’importance du secteur de l’électricité sur la voie d’un avenir carboneutre. » Les autres cours ne sont pas conçus pour remplacer l’éducation formelle, mais ils peuvent s’adresser à un public très ciblé et être très approfondis, techniques et coûteux. De plus, les cours pour débutants ne sont généralement pas assez exhaustifs et ils coûtent souvent plus cher. L’ABC de l’électricité au Canada est un cours postsecondaire unique en son genre qui donne une vue d’ensemble générale du secteur tout entier – terminologie, technologies, enjeux, écueils et avenir. Le contenu porte sur les atomes et les électrons, les kilowatts, les kilowattheures, etc., ainsi que sur la

production, le transport et la distribution d’électricité, les énergies renouvelables, la revente d’énergie, la clientèle, l’économie d’énergie, l’équipement en aval du compteur, la perception des revenus par les compagnies d’électricité, la structure réglementaire au Canada, le mode de circulation des électrons dans l’ensemble de l’Amérique du Nord et le rôle respectif d’Électricité Canada, de la North American Electric Reliability Corporation (NERC), de la Federal Energy Regulatory Commission (FERC), etc. Ce cours offert en français et en anglais est divisé en modules que les participants suivent à leur propre rythme. Les participants qui terminent les modules obtiennent un certificat imprimable attestant qu’ils ont réussi le cours. Rédigé en termes simples et n’exigeant aucun préalable, L’ABC de l’électricité au Canada fournit aux participants tous les outils qui leur permettront d’obtenir un aperçu complet du fonctionnement du réseau électrique au Canada. Électricité Canada a élaboré ce cours avec le soutien d’une firme spécialisée en cyberapprentissage. Offert dans une perspective à long terme, L’ABC de l’électricité au Canada sera mis à jour chaque année. Un comité consultatif a donné des conseils tout au long de l’élaboration de ce cours. L’ABC de l’électricité au Canada sera une source de données de base pour les autres initiatives du Centre d’apprentissage d’Électricité Canada.


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À qui s’adresse le cours L’ABC de l’électricité au Canada • Quiconque travaille dans le secteur de l’électricité au Canada ou s’y intéresse, y compris les membres du conseil d’administration, les cadres supérieurs, les gestionnaires et les employés des fournisseurs et des entreprises de services publics; les employés des ministères fédéraux canadiens connexes; les gouvernements et organismes de réglementation provinciaux et les administrations municipales; les communautés autochtones, tous les fournisseurs de l’industrie, les électriciens, les établissements d’enseignement et ceux qui s’intéressent de façon générale à ce secteur. Le cours L’ABC de l’électricité au Canada présentera un intérêt pour tous ces intervenants, qu’ils soient nouveaux dans le secteur ou en transition depuis d’autres secteurs ou, encore, qu’ils souhaitent simplement mettre leurs connaissances à jour!

L’ABC de l’électricité au Canada offre : • Plus de 65 heures d’apprentissage : • cinq heures de contenu de base à suivre à son propre rythme, • en prime – plus de 60 heures supplémentaires de contenu par l’entremise de plusieurs liens grâce auxquels les participants désireux d’approfondir leurs connaissances ont accès à des vidéos, à des sites Web, à des articles et à des balados connexes et peuvent ainsi profiter d’autres possibilités de formation continue; • neuf modules qui traitent de 165 sujets de façon ludique, interactive et instructive sous les rubriques suivantes : • • • • • • • • •

Introduction aux notions de base de l’électricité; La production d’électricité – Là où tout commence; Le transport – Toute une distance; Distribution – Acheminement et service au client; Le compteur et plus encore; Le client; Domaines prioritaires de l’industrie; L’industrie; L’avenir;

• 18 activités de contrôle des connaissances tout au long du cours; • les principaux points à retenir, des questionnaires et des examens notés dans chaque module; • un manuel du participant téléchargeable pour consultation future; • un lexique des termes du domaine de l’électricité téléchargeable; • un certificat de réussite.

Inscription au cours Les inscriptions seront ouvertes en mai 2022. Les droits d’inscriptions sont de 200 $ plus taxes par participant, mais nous offrons une réduction pour les inscriptions de groupe. Les participants pourront utiliser les données d’identification qu’ils auront reçues pour le cours jusqu’à un an après leur inscription. Pour de plus amples renseignements, veuillez communiquer avec Sylvia Spears à spears@electricite.ca Électricité Canada tient à remercier les organisations suivantes pour leur participation à la préparation du cours L’ABC de l’électricité au Canada : • Comité consultatif – Représentants d’Alectra Utilities, ATCO, Hydro-Québec, Maritime Electric, Rio Tinto et SaskPower. • Commanditaires fondateurs – Domino Highvoltage Supply et Tantalus. • Membres fondateurs d’Électricité Canada – Alectra Utilities, ATCO, Énergie NB, FortisAlberta, FortisBC, Fortis Inc., Heartland Generation, Manitoba Hydro, Maritime Electric, Nalcor, Rio Tinto, Saint John Energy, Saskatoon Light & Power, SaskPower, Toronto Hydro et Ville de Medicine Hat. • Entreprises partenaires fondatrices d’Électricité Canada – ComplyTech, Domino Highvoltage Supply, Hexagon Safety and Infrastructure, KPMG, MNP, Redline Communications, RS Technologies et Tantalus.


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Accélération de l’utilisation des VE à Terre-Neuve-et-Labrador grâce à l’énergie propre Janine McCarthy Spécialiste principale des communications, Newfoundland and Labrador Hydro À Terre-Neuve-et-Labrador, environ 85 % de l’électricité provient de sources renouvelables, comme l’hydroélectricité. Au moment où partout dans le monde, les administrations publiques envisagent d’avoir recours à des solutions reposant sur l’énergie propre pour réduire les émissions de gaz à effet de serre et ralentir le rythme des changements climatiques, notre province est bien placée pour atteindre les cibles qu’elle s’est fixées et favoriser un avenir plus vert sur son territoire. Malgré l’abondance d’énergie propre qui pourrait faciliter l’électrification du secteur des transports, Terre-Neuve-et-Labrador était jusqu’à tout récemment la seule province canadienne privée d’un réseau de recharge rapide pour les véhicules électriques (VE). Ce type de véhicules est sur le marché depuis un certain temps, mais l’absence d’une infrastructure de recharge constitue un obstacle de taille pour les consommateurs de Terre-Neuve-et-Labrador qui envisagent de remplacer leur véhicule à essence par un véhicule électrique. L’achat d’un VE qu’il serait impossible de recharger facilement et rapidement pour se déplacer dans notre vaste province a de quoi les décourager.

Premières mesures importantes pour favoriser l’adoption des VE Newfoundland and Labrador Hydro exploite le réseau d’électricité de la province depuis plus de 50 ans. Cette société d’État provinciale s’attache à répondre aux besoins de la clientèle aujourd’hui, tout en planifiant l’avenir du secteur de l’électricité. Son mandat consiste à fournir un approvisionnement sûr et fiable en électricité abordable. D’ailleurs, nous estimons que les véhicules électriques ont un important rôle à jouer dans notre avenir énergétique. C’est pourquoi nous avons pris l’initiative, en 2020, d’accroître l’utilisation des VE dans la province. En partenariat avec le gouvernement de Terre-Neuve-et-Labrador et le Programme d’infrastructure pour les véhicules à émission zéro de Ressources naturelles Canada, Newfoundland and Labrador Hydro a mis en place le premier réseau de recharge rapide de la province.


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Coup de pouce à un avenir plus vert à Terre-Neuve-et-Labrador L’aménagement du réseau constituait une première étape cruciale afin de faire des véhicules électriques une option viable pour les automobilistes de Terre-Neuve-et-Labrador. Il a aussi permis de relier notre infrastructure provinciale à un réseau bien établi de bornes de recharge rapide réparties dans le reste du pays. Nous avons ainsi complété un réseau pancanadien, tout en contribuant à l’atteinte des cibles de lutte contre les changements climatiques dans l’ensemble du pays et au respect des engagements en la matière. Depuis la construction des 14 premiers sites de recharge provinciaux au cours de l’été 2021, le réseau a fourni 45,9 MWh d’énergie en plus de 2 000 périodes de recharge, ce qui a permis, uniquement grâce à la recharge directe, de réduire de près de 50 tonnes les émissions de gaz à effet de serre. En plus de générer des avantages d’ordre environnemental, le réseau de recharge rapide permet aux clients de consommer de l’énergie propre, abondante et renouvelable produite à TerreNeuve-et-Labrador même et de contribuer aux efforts d’électrification et d’allégement des tarifs déployés par la province. Le réseau a indirectement ouvert la voie à différentes possibilités – information sur les VE, sensibilisation à cet égard, mesures incitatives et remises à l’achat ainsi que tourisme associé aux VE. Les entreprises et les hôtes des sites de recharge situés le long du réseau en retirent aussi des avantages, sans oublier les économies en frais de carburant et d’entretien pour les propriétaires de véhicule électrique. L’aménagement de cette infrastructure de recharge essentielle a déjà contribué à préparer le terrain pour une amélioration de l’accessibilité à un plus grand nombre de bornes de recharge dans d’autres régions de la province : des emplacements supplémentaires sont prévus en 2022 et dans les années ultérieures. Alors que nous observons la façon dont évolue l’adoption des véhicules électriques dans notre province, Newfoundland and Labrador Hydro est fière du rôle qu’elle joue pour préparer un avenir plus durable alimenté par une énergie propre, abondante et renouvelable.

Newfoundland and Labrador Hydro est une société d’État provinciale. Notre entreprise regroupe des gens qui travaillent fort en coulisses, car nous savons que nos clients comptent sur nous. En exerçant nos activités de production, de transport et de distribution d’électricité, nous avons à cœur de répondre aux besoins de nos clients et de fournir aux résidents, aux entreprises et aux collectivités de toute la province un approvisionnement en énergie sécuritaire et fiable. Pour en savoir plus, rendez-vous sur www.nlhydro.com.


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Rester en contact : redéfinition de l’assistance mutuelle dans un monde virtuel Aika Mbatia Coordonnatrice du Programme d’assistance mutuelle, Électricité Canada Depuis près d’une décennie, les accords d’assistance mutuelle conclus partout en Amérique du Nord jouent un rôle de premier plan en renforçant la résilience dans le secteur de l’électricité. Dans le but d’offrir une tribune où les participants pourraient obtenir des services sûrs, efficaces et coordonnés d’assistance mutuelle, des initiatives comme la création du Groupe d’assistance mutuelle de l’Atlantique Nord (« NAMAG » selon son acronyme anglais) ont permis aux compagnies d’électricité membres de mettre rapidement en œuvre des mesures d’intervention et de rétablissement du courant à l’échelon régional pour leurs clients en situation d’urgence1. Les compagnies d’électricité participantes au Canada ont pu envoyer librement des équipes, des outils ainsi que du matériel et établir des réseaux professionnels avec leurs homologues des États-Unis, où les besoins en assistance mutuelle sont les plus grands. Grâce aux accords conclus, les compagnies d’électricité ont été en mesure de mettre en commun leurs pratiques exemplaires et leurs plans d’urgence en prévision d’événements importants (p. ex. arrêts de travail, troubles civils ou activités politiques), mais aucune d’entre elles ne s’était préparée en prévision d’une pandémie mondiale ou n’aurait pu prévoir une telle crise sanitaire. Les lacunes jusque-là inconnues de ces accords sont très rapidement devenues évidentes lorsque les gouvernements partout dans le monde, y compris au Canada et aux États-Unis, ont imposé des mesures contraignantes et restrictives pour contribuer à prévenir la propagation de la COVID-19 et à assurer la sécurité de la population. En ce qui touche les accords d’assistance mutuelle en place, ces mesures ont réduit la capacité des compagnies d’électricité à répondre de façon fiable et rapide aux besoins en assistance mutuelle à l’échelle nationale et à faire face au risque que les monteurs de lignes contractent la COVID-19 pendant leur déploiement, en particulier dans le cas des compagnies d’électricité de petite taille2. Pour s’adapter à cette nouvelle réalité, il fallait redéfinir les réseaux


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d’assistance mutuelle, de manière à gérer le besoin croissant d’une présence renforcée et plus centralisée dans l’ensemble du pays. Cette situation a suscité des conversations sur la création de groupes d’assistance mutuelle à l’échelon régional afin d’améliorer la résilience du secteur canadien de l’électricité en renforçant les capacités des membres en matière de gestion des urgences et d’assistance mutuelle grâce à la promotion de partenariats entre les compagnies d’électricité pour la gestion des urgences partout au pays. La structure même d’Électricité Canada permet aux membres de se regrouper pour travailler en collaboration, même si de grandes distances les séparent. Puisque la plupart des activités d’assistance mutuelle entre le Canada et les États-Unis étaient interrompues en raison de la pandémie de COVID-19, Électricité Canada a lancé à la fin de 2020, en collaboration avec Hydro One et Toronto Hydro, le groupe d’assistance mutuelle ontarien (OnMAG). Ce projet pilote avait pour objet d’offrir un guichet unique aux compagnies d’électricité qui demandaient du personnel ou du matériel en situation d’urgence. Étant donné que les nouvelles avancées technologiques réalisées en réponse à la pandémie permettaient au personnel d’être aussi productif en télétravail que sur place, il a été facile de régionaliser l’assistance mutuelle dans le secteur canadien de l’électricité. En plus de permettre d’assurer un échange plus efficace et une intervention plus rapide, la proximité géographique rendue possible grâce à ce virage limite grandement les perturbations du fait que les participants sont assujettis aux mêmes normes. Au cours de la fin de semaine du 11 décembre, OnMAG a été activé pour la première fois par suite d’une tempête hivernale et de vents violents qui ont frappé le sud de l’Ontario. Pendant cette fin de semaine et la semaine suivante, Électricité Canada a orchestré avec succès la coordination des entreprises participantes, alors que plus de 400 000 clients étaient privés de courant. La coordination a permis à l’association de fournir des mises à jour en temps utile provenant, d’une part, des compagnies d’électricité qui présentaient des demandes d’aide et, d’autre part, des autres entreprises membres qui étaient en mesure de déployer des équipes et des ressources. Grâce au programme OnMAG, des centaines de milliers de clients ont été rebranchés rapidement et en toute sécurité. Nous sommes extrêmement fiers de ce programme et des possibilités qu’il offre. Tout au long de la pandémie, des outils virtuels adaptés ont amélioré les systèmes d’assistance mutuelle et favorisé l’adoption d’une approche plus centralisée qui présente plusieurs avantages : les compagnies d’électricité de toutes tailles ont l’assurance de

pouvoir demander et offrir une assistance coordonnée, de recevoir rapidement des mises à jour sur l’état d’avancement et d’être en mesure d’assurer la sécurité et le bien-être de leurs monteurs de lignes en déploiement. Après une année, le projet pilote OnMAG est officiellement devenu un programme permanent. En raison des problèmes actuels liés aux changements climatiques, les réseaux d’assistance mutuelle régionalisés s’avèrent de plus en plus nécessaires. En effet, les compagnies d’électricité continuent de faire face à des phénomènes météorologiques plus dangereux – tempêtes, feux de forêt, inondations, etc. – qui leur demandent d’avoir accès à davantage de personnel et de ressources afin d’être en mesure de rétablir le service et de réduire le plus possible les perturbations pour leurs clients. De même, l’accélération de la transition vers un monde carboneutre et l’intensification du dialogue sur la décarbonation et l’électrification incitent les compagnies d’électricité canadiennes à travailler en étroite collaboration pour fournir à tous un approvisionnement en électricité durable. À terme, à mesure qu’OnMAG poursuivra son expansion et qu’un plus grand nombre de compagnies d’électricité continueront de bénéficier du réseau d’assistance mutuelle coordonnée, il faudra multiplier ce type d’accords partout au Canada afin de s’adapter aux nouveaux réseaux d’assistance mutuelle régionaux. Pour en savoir plus sur OnMAG, vous pouvez consulter le site Web d’Électricité Canada.

1 North Atlantic Mutual Assistance Group Guidelines | https://documents. dps.ny.gov/public/Common/ViewDoc.aspx?DocRefId=%7BC8A1C8E60B3C-42C2-B1A1-6CD6A36C22F4%7D 2 D. Switzer, W. Wang et L. Hirschvogel, « Municipal Utilities and COVID-19 : Challenges, Responses and Collaboration », American Review of Public Administration, 50 (6-7), 2020, p. 578 à 583 | https:// journals.sagepub.com/doi/pdf/10.1177/0275074020941711


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Une longueur d’avance Leah Michalopulos Directrice des relations gouvernementales, Électricité Canada Bon nombre des articles qui figurent dans le présent numéro de la revue Le Réseau expliquent que le Canada doit accélérer les investissements, les technologies et les améliorations réglementaires pour permettre au secteur de l’électricité d’atteindre les objectifs en matière d’énergie propre et les cibles de carboneutralité dans l’ensemble de l’économie. Notre réseau fournit principalement de l’électricité propre, ce dont nous sommes très fiers. Cette infrastructure s’avère essentielle pour mettre en place une économie inclusive fondée sur l’énergie propre et contribuer à la décarbonation d’autres secteurs. Dans le cadre des échanges sur le sujet, les décideurs, les leaders d’opinion et les représentants des organismes de réglementation ne doivent pas négliger l’importance de la sécurité. Les menaces qui pèsent sur l’infrastructure essentielle du pays, notamment l’infrastructure électrique, commencent à devenir elles aussi de plus en plus nombreuses, tout comme leurs auteurs, qui ont recours à des moyens de plus en plus perfectionnés. Or, si les nouvelles technologies et notre monde plus connecté offrent une multitude de possibilités qui facilitent la vie de tous, ils présentent par ailleurs de nouveaux risques que les professionnels de la sécurité doivent gérer. Je ne suis pas seule à l’affirmer. D’après l’Évaluation des cybermenaces nationales 2020, des acteurs malveillants, parrainés ou non par d’autres États, font planer des menaces croissantes sur l’infrastructure essentielle, notamment l’infrastructure électrique. Nous avons récemment vu des situations similaires très médiatisées, entre autres la vulnérabilité liée à Log4j, les risques attribuables aux conflits qui font rage dans le monde et la cyberattaque du pipeline Colonial. Les risques ne feront qu’augmenter à mesure que l’on ajoutera au réseau davantage d’équipements distribuéset que les auteurs de menaces perfectionneront de plus en plus leurs méthodes. En effet, d’après le Centre canadien pour la cybersécurité, la transformation numérique des technologies opérationnelles (TO) « procure presque certainement aux auteurs de cybermenaces de nouvelles façons d’accéder aux systèmes TO et de perturber leur


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bon fonctionnement » et les cybercriminels améliorent leurs compétences. Le 2021 ERO Reliability Risk Priorities Report publié par la North American Electric Reliability Corporation (NERC) explique que la possibilité d’accroissement des cyberattaques a augmenté dans tous les secteurs – à titre d’exemple, tout comme les menaces parrainées par des acteurs à l’étranger et des adversaires au pays, les cyberattaques contre SolarWinds en 2020 et le pipeline Colonial en 2021 ont accentué les vulnérabilités de la chaîne d’approvisionnement. Les avancées technologiques, notamment l’intelligence artificielle, mettent de nouveaux outils à la disposition des auteurs de cybermenaces. Parallèlement, les menaces physiques contre le réseau se poursuivent – vol de cuivre, pandémie et phénomènes météorologiques extrêmes plus fréquents. Les compagnies d’électricité canadiennes travaillent jour et nuit pour fournir aux clients résidentiels et commerciaux un approvisionnement en électricité fiable et sûr en se préparant à réagir à des menaces très variées. Compte tenu des types de menaces et de leur diversité, le secteur de l’électricité s’est doté d’une trousse d’outils de sécurité très bien garnie : • exercices comme GridEx, qui réunit les membres du milieu de la sécurité des secteurs canadien et américain de l’électricité pour simuler des interventions et des mesures de rétablissement face à des attaques, cybernétiques et physiques, contre le réseau d’électricité nord-américain et d’autres infrastructures essentielles; • normes de fiabilité et de sécurité obligatoires imposées par la NERC qui servent de point de référence; • mise en commun des renseignements sur les menaces et programmes d’assistance mutuelle; • investissements dans les outils, la technologie, les gens, les ressources et les processus pour améliorer la posture en matière de sécurité; • tribunes s’adressant aux professionnels de la sécurité de l’ensemble du secteur, où ils échangent de l’information et travaillent ensemble à gérer et à éliminer les risques. À mesure que les collectivités envisageront d’avoir recours à des sources d’électricité plus propres afin de les aider à résoudre les problèmes liés aux changements climatiques et d’alimenter une plus grande part de l’économie, l’impératif d’offrir une électricité fiable et résiliente prendra forcément de l’ampleur. Les compagnies d’électricité sont préparées à apporter leur contribution en veillant

à ce que les clients puissent compter sur un approvisionnement fiable et durable – ce qu’elles font déjà. Mais aucune entreprise, aucun secteur, ni aucune instance gouvernementale ne peut y parvenir en faisant cavalier seul – la sécurité de l’infrastructure essentielle est une responsabilité partagée. À mesure que les menaces se multiplieront, l’établissement de partenariats de confiance plus solides s’imposera dans le milieu de la sécurité de l’infrastructure essentielle.

Le gouvernement et les organismes de réglementation ont eux aussi un rôle primordial à jouer dans ce contexte – ils doivent accélérer l’investissement dans les programmes et les activités qui améliorent la posture en matière de sécurité de l’infrastructure essentielle. Cela signifie : • promouvoir et former du personnel de sécurité; • accroître le soutien aux programmes de mise en commun des renseignements et d’interventions en cas d’incident entre l’industrie et le gouvernement; • veiller à ce que les compagnies d’électricité puissent continuer d’investir dans la sécurité; • continuer d’investir dans la recherche, le développement et le déploiement de technologies, de pratiques ou de programmes nouveaux qui renforcent la sécurité du réseau; • collaborer avec les alliés pour créer des chaînes d’approvisionnement robustes, sécurisées et résilientes; • continuer de s’engager à participer à des tribunes comme GridEx. Les menaces pesant sur le secteur de l’électricité ne s’atténueront pas. Nous ne pouvons pas toujours prévoir ce que l’avenir nous réserve. En comptant sur un engagement soutenu du milieu de la sécurité du secteur pour fournir aux clients un approvisionnement en électricité sûr et fiable et en nous demandant toujours ce qui nous attend, nous pouvons unir nos efforts pour garder une longueur d’avance.


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Offrir une énergie à faibles émissions de carbone grâce à l’intégration des petits réacteurs modulaires avancés et des énergies renouvelables Dominique Couture Spécialiste des communications, Énergie NB Lorsqu’il est question de lutte contre les changements climatiques et de production d’énergie, on nous dit que l’atteinte des objectifs de réduction des émissions de carbone du Canada passe par une augmentation des sources d’énergies renouvelables.

Même si toutes les sources à faibles émissions de carbone contribuent de façon notable à l’obtention d’un approvisionnement énergétique carboneutre, chacune d’entre elles joue un rôle différent dans le réseau électrique d’Énergie NB.

C’est le cas au Nouveau-Brunswick. Notre province doit faire la transition vers des sources d’énergie fiables à faibles émissions de carbone, qui fourniront à Énergie NB la puissance dont elle a besoin pour répondre de façon sûre à la demande de sa clientèle.

Pour répondre aux besoins en électricité des Néo-Brunswickois, Énergie NB doit équilibrer efficacement l’offre et la demande. L’entreprise doit disposer à la fois de l’énergie et de la puissance dont elle a besoin pour répondre à la demande de manière sûre et fiable. Certaines énergies renouvelables, comme l’énergie éolienne ou solaire, sont de bonnes sources d’énergie électrique, mais leur puissance est limitée. Puisque ces sources ne peuvent produire de l’électricité que lorsque le vent souffle ou que le soleil brille, on ne peut pas toujours compter sur elles lorsque les clients ont besoin de cette énergie.

Lorsqu’elle planifie l’approvisionnement énergétique de la province, Énergie NB examine diverses options de production d’électricité. Étant donné la nouvelle nécessité de réduire les émissions de gaz à effet de serre, l’entreprise doit envisager toutes les sources de production à faibles émissions de carbone (hydroélectricité, énergie éolienne, solaire, nucléaire, etc.). Parallèlement, la compagnie d’électricité étudie les options dont elle dispose pour le stockage d’énergie et qui pourraient lui permettre d’intégrer davantage d’énergies renouvelables au réseau.

Afin de fournir une quantité constante d’électricité au réseau, il faut donc jumeler l’énergie éolienne ou solaire à une source d’énergie robuste et fiable, à faibles émissions de carbone, qui est disponible


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en cas de besoin, comme les petits réacteurs modulaires. Ces réacteurs, qui fourniront une quantité constante d’électricité au réseau, ont la capacité de produire davantage d’électricité ou de se mettre à l’arrêt rapidement, ce qui permet de tirer parti des énergies renouvelables au moment où elles sont disponibles et d’améliorer la fiabilité de l’électricité fournie par le réseau. Au Nouveau-Brunswick, la centrale nucléaire de Point Lepreau et le parc hydroélectrique d’Énergie NB sont actuellement les principales sources d’énergie et de puissance sûres, fiables et disponibles à la demande qui ne génèrent pas d’émissions de carbone. Ensemble, la centrale nucléaire et les centrales hydroélectriques répondent à environ la moitié des besoins des Néo-Brunswickois en énergie et en puissance. En raison de la possibilité limitée d’accroître la production hydroélectrique dans la province, l’ajout d’une puissance nucléaire constitue la seule option pour accroître la puissance sans émettre de carbone. Au Nouveau-Brunswick, 80 % de la production d’électricité ne génère pas d’émissions de carbone. Afin de continuer de fournir à ses clients de l’électricité de façon sûre, fiable, durable et rentable, tout en continuant de réduire ses émissions, Énergie NB envisage d’intégrer toutes les sources d’électricité à émissions nulles. Mentionnons notamment les petits réacteurs modulaires avancés, qui peuvent réduire encore davantage les émissions de carbone en remplaçant les sources d’énergie classiques polluantes utilisées dans le réseau provincial, comme le charbon et le gaz naturel. Les petits réacteurs modulaires avancés offrent à Énergie NB la possibilité d’accroître ses sources d’énergie et de puissance pour

répondre aux besoins croissants en électricité des Néo-Brunswickois, grâce à l’électrification des transports et à une électrification accrue des procédés industriels. Ces réacteurs produisent également une vapeur de qualité qui pourrait intéresser d’éventuels partenaires à des fins d’applications industrielles. « Le Nouveau-Brunswick a le potentiel de devenir un centre d’excellence pour le développement de la technologie des petits réacteurs modulaires avancés, tandis qu’Énergie NB s’efforce d’atteindre ses objectifs de carboneutralité pour 2035, observe Brett Plummer, vice-président du nucléaire et dirigeant principal de l’exploitation nucléaire à Énergie NB. La province pourrait ainsi obtenir encore plus d’avantages, dont 730 emplois par année sur 15 ans, un milliard de dollars en PIB et 120 millions de dollars en recettes pour le gouvernement provincial. » Les changements sont nombreux dans le secteur de l’énergie, lequel est sous pression en raison des changements climatiques et de l’obligation de réduire son empreinte carbone. C’est pourquoi Énergie NB fait preuve de leadership et d’innovation dans la recherche de nouvelles sources d’énergie pour répondre aux besoins futurs du Nouveau-Brunswick. La production de 400 mégawatts au moyen de petits réacteurs modulaires avancés permettrait une réduction des émissions cumulatives de gaz à effet de serre dans la province de l’ordre de 15 à 20 mégatonnes sur dix ans (de 2031 à 2040), ce qui représenterait une formidable occasion de rapprocher la province de la carboneutralité.


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Plus économique, plus efficace, plus rapide et plus fort : l’énergie éolienne, l’énergie solaire et l’hydrogène propre Matthew Klippenstein Directeur régional, Ouest canadien et directeur de succursale, Association canadienne de l’hydrogène et des piles à combustible La pince de homard des réductions d’émissions Le parcours vers la carboneutralité est un peu comme une pince de homard. L’essentiel des réductions d’émissions sera réalisé par l’électrification directe, qui est représentée par la partie la plus large de la pince. L’hydrogène, sous diverses formes et provenant de différentes sources, correspond au « pouce » de la pince.

L’hydrogène propre est au cœur des engagements du Canada en matière de consommation carboneutre et de notre avenir énergétique. La Stratégie canadienne pour l’hydrogène indique que l’hydrogène pourrait représenter 30 % de l’énergie d’utilisation finale d’ici 2050, tandis que la Roadmap to a US Hydrogen Economy (Feuille de route pour une économie de l’hydrogène aux États-Unis) évalue cette proportion à 14 % aux États-Unis.


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À l’échelle globale, les chercheurs du BloombergNEF estiment que l’hydrogène pourrait représenter jusqu’à 24 % de l’énergie d’utilisation finale, ce qui est supérieur au chiffre de 18 % avancé par le Conseil de l’hydrogène (Hydrogen Council)1. Quel que soit le chiffre final, l’hydrogène pourrait être un moyen pour les membres d’Électricité Canada de passer du secteur des électrons (électricité) à celui des protons (hydrogène). Le secteur des protons ne sera peut-être jamais aussi important, mais il demeure un complément précieux au bouquet énergétique du Canada. Valoriser les électrons L’hydrogène peut également être un moyen de valoriser les électrons dont les prix de rajustement de gros ont baissé en raison de l’arrivée de l’énergie solaire et de l’énergie éolienne intermittente dans le Western Electricity Coordinating Council (WECC), la Midwest Reliability Organization (MRO) et le Northeast Power Coordinating Council (NPCC).

Les membres de l’Accélérateur de transition de l’Alberta2 ont fait remarquer que dans les régions où le coût est moins élevé, les clients du réseau canadien peuvent produire de l’hydrogène pour le même coût par GJ que le prix de gros des carburants de transport, comme l’essence et le diesel. Les systèmes de piles à hydrogène sont également plus efficaces que les groupes motopropulseurs à combustion, ce qui crée un avantage en termes de coût par kilomètre. Cependant, les coûts de distribution et de diffusion de l’hydrogène demeurent considérablement plus élevés. Si les membres d’Électricité Canada peuvent produire de l’hydrogène de façon concurrentielle, même en payant les coûts de transport et de distribution, certains membres pourraient être en mesure de produire de l’hydrogène sur place à des tarifs encore plus concurrentiels. De plus, le règlement sur les carburants à faible teneur en carbone, qui sera bientôt annoncé par le gouvernement du Canada, devrait permettre la création d’un marché dans lequel les producteurs d’hydrogène à faibles émissions pourront réclamer des droits


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Mise à l'échelle précoce de l'énergie éolienne, solaire, FC et de l'électrolyseur (MW)

Éolienne (1992-2003) Solaire photovoltaïque (2000-2011) Piles à combustible (2015-2020) Électrolyseurs H2 (2018-2022)

Production éolienne en 1998 Production solaire photovoltaïque en 2006 Production de piles à combustible en 2021 Production d'électrolyseurs en 2021 Graph : M Klippenstein (@ElectronComm). Données : Wikipedia, Fuel Cell Industry Review, BNEF (estimations des électrolyseurs, projection).

de carbone. Sur la base des données de référence définies dans le règlement sur les carburants à faible teneur en carbone de la Colombie-Britannique, les droits réglementaires de cette province (qui s’échangeaient récemment à plus de 450 dollars canadiens par tonne de CO2) représentaient une valeur de crédit de plus de 6 dollars canadiens par kilogramme pour l’hydrogène produit à partir de l’électricité du réseau de la province, lorsqu’il remplace le diesel. (Il faut souligner que les prix passés ne sont pas forcément indicatifs des résultats futurs). Énergie éolienne, énergie solaire et hydrogène Si l’on trace un graphique de la production annuelle d’éoliennes pendant les débuts de l’industrie éolienne (les années 1990) et que l’on y superpose la production annuelle de l’énergie solaire photovoltaïque pendant les premières années (les années 2000), il se produit une chose remarquable. Sur une échelle logarithmique, les deux trajectoires de croissance se superposent dans une large mesure.

La production totale récente de l’industrie des piles à combustible, dont le Canadien Geoffrey Ballard a amorcé la renaissance il y a quarante ans, suit à peu près la même tendance. Les électrolyseurs d’hydrogène sont sur le point de connaître une croissance beaucoup plus rapide. La croissance rapide des électrolyseurs d’hydrogène permettra de réduire les coûts d’investissement, ce qui devrait permettre aux services publics d’électricité d’augmenter la valeur de leurs électrons en ajoutant une activité complémentaire de protons. Si les membres d’Électricité Canada s’intéressent à ces nouvelles possibilités, l’Association canadienne de l’hydrogène et des piles à combustible peut les guider dans leur cheminement vers l’hydrogène.

1 BloombergNEF. (2020). Hydrogen Economy Outlook; Hydrogen Council. (2017). Hydrogen Scaling Up. 2 L’Accélérateur de transition. (2020). Towards Net Zero Energy Systems in Canada: A Key Role for Hydrogen.


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