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Camille Sansonetti - Architecte


La profession d’architecte, est définie par la directive européenne 2005/36 comme fournir «des services intellectuels et conceptuels, dans l’intérêt du client et du public». Il y est aussi dit que l’architecte exerce son métier à partir de «qualifications professionelles appropriées». L’imprécision de cette définition n’est pas anodine. Elle reflète la vaste étendue qui nous concerne. Notre profession est à la fois culturelle et intellectuelle, physique et matérielle, à toute petite et à très grande échelle. C’est pourquoi la sélection de travaux qui suit s’attache à mettre en valeur la diversité des activités, travaux et apprentissages qui façonnent mon parcours. Vous trouverez donc mon projet de fin d’études, suivi des exercices de projets pensés par Bernard Paurd, qui a beaucoup influencé mon approche de la pratique de l’architecture, et une présentation de mon mémoire de recherche. Sont ensuite compilés les travaux que j’ai réalisé ou auxquels j’ai participé lors de stages. Enfin, je vous présente en quelques pages ma pratique du dessin.


Habiter le Cirque-Paysage Réhabilitation du Quartier Foix-Lescun à Tarbes

Projet de Fin d’Etudes / Atelier Patrimoine Directeur d’études: Benoit Melon // ENSA Toulouse /// 2013

Le quartier Foix-Lescun témoigne de l’histoire militaire de Tarbes et plus précisément de celle de la cavalerie légère qui s’y installa longuement au XIXe siècle. C’est un site inscrit à l’inventaire supplémentaire des monuments historiques. Un des enjeux de sa reconversion est de préserver son caractère mémoriel, ses valeurs historiques et artistiques, tout en y implantant de nouvelles activités. De plus, l’ouverture du site à la ville exigeait un travail méticuleux d’analyses du site et de ses alentours. Suite à ces analyses, le projet d’un complexe de spectacle équestre et circassien nous est apparu comme juste et prometteur. Ce programme s’appuie sur la morphologie et l’histoire du lieu. De plus, le choix d’une architecture de toiles dessine une image singulière, propre à la nouvelle intervention, tout en s’intégrant dans le paysage du quartier Foix-Lescun.


La reconversion du site de Foix-Lescun comprend d’une part une intervention sur les bâtiments existants, et un nouvel édifice d’autre part. Les deux aspects de ce projet sont profondément liés et c’est dans les usages et à l’échelle urbaine que l’on retrouve cette connexion entre les édifices protégés et le Cirque-Paysage. En effet, la réhabilitation des anciens bâtiments s’appuie sur leurs anciens usages pour développer de nouvelles activités. La place d’armes, déjà espace de représentation à l’origine, le restera en accueillant des spectacles équestres. Les écuries, une partie du bâtiment central, ainsi que les pâturages seront autant d’espaces qui alimentent la scène de spectacle. Le Cirque-Paysage abrite les espaces de travail et de transmission: une Ecole de Cirque en coeur de ville. Elle sera dans son architecture le témoignage de la reconnaissance du patrimoine circassien, mais aussi un rappel du nomadisme que connaissaient les militaires de l’époque. Les deux domaines, en apparence éloignés, partagent ce mode de vie. Elle se positionnera derrière le bâtiment d’état-major, et profitera de toute la longueur du site pour se déployer. Elle permettra des échanges avec les bâtiments existants. Cette position prise par l’école n’est pas seulement induite par le recul obligatoire de la place d’armes. Lors d’entretiens avec les habitants, ils nous ont décrit Foix-Lescun comme un «poumon vert», «une respiration dans la ville». Il s’agit donc de préserver ce caractère du lieu en laissant libre les espaces de pâturages à l’arrière des écuries.

Evolution du positionnement sur le site

Habiter le Cirque-Paysage. Réhabilitation du Quartier Foix-Lescun à Tarbes. PFE Atelier Patrimoine / Enseignants: B. Melon et Ch. Darles// ENSA Toulouse /// 2013 .


Plan Masse


En outre, les bâtiments existants portent en eux le paradoxe suivant : ils ont été conçus selon un ordre rigide, qui n’évoque en rien une liberté de mouvements, mais fait plutôt référence à une pensée rationnelle et économe. Pourtant, les espaces ne sont pas étriqués ou confinés. Ils sont au contraire vastes et généreux. De plus, les circassiens sont de ceux qui appréhendent l’espace de manière non conventionnelle. En effet, ils ne s’attachent pas strictement aux conventions spatiales que nous pensons. Les éléments de l’espace sont des appuis, des surfaces sur lesquels bondir, rebondir ou grimper. Le nouvel édifice s’inspire de la dualité portée par les bâtiments existants, et cherche à décomposer les conventions spatiales habituelles. Un sol, au rouge argileux, emprunt de terre, agit comme une surface de connection. Une série d’espaces chauffés, clos et d’espaces extérieurs, sont autant d’espaces de travail et d’invention. Enfin, une grande toile blanche et translucide protège et diffuse une lumière douce. Ce jeu de composition permet d’avoir des espaces pratiques et de qualité, ainsi que des espaces en attente de l’appropriation des usagers, de leurs imaginations. Pour finir, empruntons à Patrick Bouchain la description de l’Académie Frattelini, qui a fortement inspiré la conception de ce projet de CirquePaysage à Foix-Lescun: « Comme tout cirque forain, l’Académie n’est pas composée d’un seul bâtiment réunissant toutes les fonctions mais de plusieurs bâtisses séparées. Ce sont les vides, les passages qui façonnent les lieux. »

Axonométrie éclatée

Maquette de l’intervention sur site

Maquette d’étude: lumière et texture

Habiter le Cirque-Paysage. Réhabilitation du Quartier Foix-Lescun à Tarbes. PFE Atelier Patrimoine / Enseignants: B. Melon et Ch. Darles// ENSA Toulouse /// 2013 .


Plan de l’ensemble de l’intervention.

Réhabilitation des bâtiments existants et nouvel édifice.


Habiter le Cirque-Paysage. Réhabilitation du Quartier Foix-Lescun à Tarbes. PFE Atelier Patrimoine / Enseignants: B. Melon et Ch. Darles// ENSA Toulouse /// 2013 .


Coupe sur le chapiteau d’entrainement.

Vue des façades Sud du Bâtiment d’Etat-Major, de l’écurie Nord et du pavillon d’entrée Nord.

Le Cirque-Paysage de Foix-Lescun.

Coupe sur les écuries et Elevation du bâtiment d’Etat-Major et de l’Ecole Nationale de Cirque de Tarbes.


Le Quartier Foix-Lescun à Tarbes: Travaux de recherche et d’analyse.

Le tissu urbain tarbais

A Tarbes, on trouve 26% de logements sociaux, 9% de logements vacants et 61% de locataires Ces travaux d’analyse, menés en groupe, partent de l’échelle du territoire dans laquelle la ville s’inscrit. Tarbes est au coeur d’une plaine fertile, entre faisant face aux Pyrénées. Ici, une carte qui relève les canaux existants à Tarbes, et met en évidence la présence de l’eau, un atout important pour cette ville.

Le Quartier Foix Lescun étant à la charnière entre le centre dense et ancien et une zone résidentielle, il était important de comprendre le tissu urbain tarbais et les spécificités de sa morphologie.

Habiter le Cirque-Paysage. Réhabilitation du Quartier Foix-Lescun à Tarbes. PFE Atelier Patrimoine / Enseignants: B. Melon et Ch. Darles// ENSA Toulouse /// 2013 .


Analyse structurelle et de la composition des bâtiments des écuries. Coupe et Elevation. Foix-Lescun au coeur d’un quartier disparate.

Axonométries: Pavillons, maisons de ville et logements colectifs. Foix-Lescun est un site qui sort de l’ordinaire. L’un des enjeux de sa reconversion est son ouverture à la ville. Pour traiter avec justesse cette problématique, il fallait connaitre et comprendre la morphologie et les typologies de ses alentours.

Analyse des différentes pathologies rencontrées dans les écuries. Après avoir effectué un relevé précis du site et des bâtiments, nous avons fait une analyse qui s’intéressait à la fois à la rigueur militaire et à l’aspect technique, tout comme au génie du lieu, à l’immatériel qui lui donne son charme et sa magie. Ci-dessus, quelques documents de référence pour les bâtiments des écuries.


Atelier Bernard Paurd

Exercices de projet mis en lumière

4 exercices sur la question du logement. Travaux de seconde année de Licence Enseignant: Bernard Paurd et Serge Clavé ENSA Paris Belleville /// 2008 L’atelier de Bernard Paurd était un espace de grande liberté pour les étudiants, pourtant nos professeurs faisaient preuve d’une grande exigence quant à nos essais architecturaux. Il s’agissait de travailler principalement en maquette, à l’échelle du 20e et du 50e, et de faire des passages fréquents dans une «machine à lumière» qui imitait les différentes courses du soleil. Dans un premier temps, nous avons étudié le corps humain et ses mouvements. L’exercice consistait à reproduire au 1/20e un personnage dont les mouvements étaient strictement ceux de l’homme. (A droite, deux photos montrent le personnage en action). Les photos de la page de droite montrent le travail des ombres effectué lors de l’exercice des salles d’eau. Elles devaient être pensées comme des machines, sans porte, pour travailler les parcours et processus de détournement, et avec des ouvertures pour profiter de vues et de lumière.


L’exercice de la Chambre L’exercice exigeait de créer une baie dans l’angle, dont la surface en clair de vitrage ne pouvait dépassée 1m² 50. Il fallait faire preuve d’imagination pour créer des ambiances lumineuses diverses et colorées, tout en laissant la part belle à la fonctionnalité des lieux. L’ensemble de la baie peut être occultée pour faire le noir complet nécessaire à beaucoup pour trouver le sommeil. Mais on peut aussi, du lit, regarder le soleil se coucher, du printemps à l’automne. Et surtout les premiers rayons du soleil peuvent être captés, toute l’année, par des panneaux pivotants colorés, que l’on peut entrouvrir depuis le lit, pour s’aider au réveil. Ci-dessus: Les panneaux pivotants en tête de lit, en fin de matinée, au solstice d’hiver.

Atelier

Bernard

Paurd

-

Exercices

de

projet

mis

en

lumière

Licence 2 / Enseignants: Bernard Paurd et Serge Clavé // ENSA Paris Belleville /// 2008.


Levé de soleil en été

Levé de soleil en hiver

Coucher de soleil en été.

Coucher de soleil à l’équinoxe.


L’exercice de la Loggia Cet exercice consistait à développer un logement autour d’une unique baie de 3m x 3m. Il fallait proposer plusieurs dispositions d’espaces extérieurs pour cette loggia qui éclaire l’ensemble du logement. De plus les espaces de productions du logements, où l’on trouve les machines de la vie courante devaient communiqués de manière judicieuse. L’utilisation de «meuble-immeuble», grandes parois mobiles inspirées des paravents, permet une grande flexibilité. Dans un premier temps (première photo), la baie est totalement ouverte sur le salon, les portes fenêtres sont repliées contre l’espace de la cuisine. La salle de bain s’ouvre sur l’extérieur et la baignoire peut devenir une piscine pour les enfants. Un «meuble-immeuble» sépare temporairement la salle de bain de la cuisine. Une succession de machines se déploie depuis l’entrée, et fait la transition avec le coeur du logement. Les Wc sont connectés à la machine à laver, dont l’eau usée sert à remplir la chasse.

Atelier

Bernard

Paurd

-

Exercices

de

projet

mis

en

lumière

Licence 2 / Enseignants: Bernard Paurd et Serge Clavé // ENSA Paris Belleville /// 2008.


Le debarras fait 8m². Les chambres sont délimitées par des parois-meubles,dont une donne accès à un passage en hauteur, passage secret pour enfants qui se déploie au dessus de la cuisine et redescend vers l’espace repas. Dans un second temps, les portes fenêtres se déploient pour constituer une loggia de 10m². Les menuiseries ont été conçues pour permettre ces différentes dispositions, tout en conservant l’étanchéité nécessaire. Elles se plient et se déplient en accordéon, et un système permet de les rabbattre contre une paroi. Certaines se trouvent sur la surélévation de la loggia, d’autres viennent s’appuyer contre ce plateau. Le débarras s’est réduit de moitié. Enfin, sur la dernière image, l’espace de la loggia est réduit pour l’hiver. Elle ne fait plus qu’1m20 de large. On profite donc à l’intérieur du maximum d’espace. Le débarras peut se replier complètement, pour devenir une simple paroi. Et de la baignoire on peut toujours apercevoir le ciel.


Le Graffiti, une pratique qui transforme la ville. Mémoire de recherche. Séminaire Esthétiques de la mise en scène Dir. d’études: Andréa Urlberger (Docteur en Philosophie) ENSA Toulouse /// 2012 L’objectif de ce mémoire était de porter un regard neutre sur le Graffiti. Il s’agissait de se débarrasser de la sensation d’agression envers la matière de notre métier que produit souvent chez les architectes le Graffiti. Nous avons fait des recherches sur l’Histoire du Graffiti que nous avons mis en parallèle avec des essais de sociologie, philosophie et des théories d’urbanisme. Nous avons compris la complexité du rapport des writers à l’espace urbain. Ce premier apprentissage nous rappelle qu’il est de notre ressort de comprendre les pratiques urbaines. Nous sommes de ceux qui doivent délester certains usages des espaces des préjugés que la société leur inflige. Nous avons pu décrire les modalités de la pratique du Graffiti. Nous savons maintenant comment le peintre urbain met son corps en jeu dans la ville. Enfin, nous avons vu comment les tags et graffiti peuvent transformer notre perception de la ville. Ils débordent des grilles de lecture et de conception des espaces que nous utilisons. Il impose une esthétique du désordre qui contraste avec les espaces propres et ordonnés que nous concevons. En voici quelques extraits. Ci-contre: en haut, détail d’une fresque de Lokiss, à Paris. en bas, divers tags, tirés de la revue Graffbombz.


« 1.2.A. La ville-concept : un projet urbain qui exclut.

Le Writing, qu’on appelle aujourd’hui le mouvement Graffiti, puise son énergie dans la ville. La relation qui les lie n’est pas celle classique de cause à effet. La ville est une des parties constituant le «soubassement» dont émerge le Writing. Le terme «soubassement» est utilisé par Benasayag dans sa description de la théorie d’émergence. Ce mot permet de se débarrasser de l’idée linéaire qui veut qu’une cause ait toujours les mêmes effets, sans pour autant nier que ce soubassement est déterminant dans la forme que prendra l’émergence. « L’émergence est ainsi à penser comme la résultante d’un ensemble de vecteurs, comme nous l’apprenons en physique classique. Cette résultante, qui a la particularité de compter dans son soubassement (les vecteurs qui la composent) des éléments inconnaissables (ou infinis), ne peut donc être constatée avant qu’elle n’existe dans et par le phénomène. »1 La répétition des gestes des writers est le phénomène par lequel le Graffiti émerge et existe. Il est important de comprendre certains des vecteurs qui ont amené le Writing. Mais il ne s’agit pas de déterminer quelles en seraient les causes.(«On peut accepter l’impossibilité de connaître toutes les données d’un système sans pour autant renoncer à la rationalité »2) Nous parlerons de l’appropriation, processus inévitable dont le writing découle. Avant cela, il convient de s’interroger sur la pensée qui génère les villes dans lesquelles le Writing est apparu. Il ne s’agit pas de déterminer quel type d’agencement de l’espace forcerait à une appropriation sauvage. Mais il est important de comprendre que la forme de la ville transmet des idées, oppresse ou génère des pratiques. En 1980, quelques années avant l’expansion du Graffiti en Europe, Michel de Certeau publie une étude basée sur une réflexion philosophique : L’invention du quotidien. Il s’intéresse, entre autres, aux pratiques de l’espace urbain et décrit le «concept de ville», en prenant pour appui New York, la ville qui vit naître le Writing. Michel De Certeau évoque dans une prose des plus élégantes la distance que les concepteurs de l’urbain mettent entre eux et la ville pour pouvoir la planifier. Il raconte la vue que l’on avait depuis le World Trade Center. « Etre élevé au sommet du World Trade Center, c’est être enlevé à la ville.»3 A trop conceptualiser la ville, on oublie la vie urbaine qui en est la principale matière. A force de vouloir encadrer les pratiques, le concept de ville les empêche d’apparaître librement et les force à prendre des formes sauvages. En effet, la ville-concept ne saurait se débarrasser des corps en jeu dans la ville. En érigeant ses principes urbanistiques, elle ne fait que les pousser à devenir plus opaques, obscurs et illisibles. 1 Benasayag Miguel, (2004) La Fragilité, éditions la découverte. p 69-70 2 Op. Cit. p 63 3 De Certeau Michel, (1980) L’invention du quotidien, 1. arts de faire. éd. établie et présentée par Luce Giard, Paris, Gallimard, p.140

Le Graffiti, une pratique qui transforme la ville - Mémoire de recherche

Séminaire Esthétiques de la Mise en Scène / Enseignants: A. Urlberger // ENSA Toulouse /// 2012.


Le Writing est l’une de ces pratiques qui n’était pas prévue par l’ordre établi. Les writers débordent du cadre que la ville-concept leur réserve. Ils s’emparent d’un outil nouveau, la bombe aérosol à l’époque, et recouvre la matière urbaine. Ils développent un nouveau cadre dans lequel ils s’expriment et créent leur propre langage. C’est bien en réponse à un espace public qui s’organise en excluant que le Writing se développe. En touchant à la matière de l’architecture, il est un soubresaut du corps de la ville, un mécanisme de défense des citadins, une répartie trouvée avec la spontanéité de l’instinct. En tant que pratique sauvage de la ville, le Writing nous ramène en bas, là où se trame la vie ordinaire. Il rappelle aux concepteurs qu’il faut qu’ils s’adonnent à l’expérience de la ville, avec leurs corps entiers, pour pouvoir planifier correctement. Mais les writers ne formulent pas ces injonctions. Leurs démarches est avant tout personnelle. A posteriori on peut voir dans leur pratique une rébellion, mais à l’origine elle est un processus psychique nécessaire à tous les individus, l’appropriation, qui dans leurs cas se manifeste de manière sauvage et dynamique. »


« 2.2.B. Les graffiti: des expressions imagées d’une pratique.

(...) Les writers, en majorité, aiment leur temps et leurs villes. Ils célèbrent dans leurs peintures le bruit étourdissant et la lumière perpétuelle. Les sirènes des ambulances, les travaux publics, le son du métal dans le métro, les transports en commun, la poussière. Ils amassent en eux toutes les forces de la ville pour mieux les expulser plus tard. Sur un mur, un métro ou une palissade. Les discussions animées en terrasse de café, les confidences sur un banc public, les cris des sans-abris ivres ou énervés, les rires et les pleurs des enfants dans les parcs. Tout est bon à prendre. Et tout se mélange en eux et se déverse ensuite dans la ville.

(...) Les peintures de Lokiss sont énergiques et violentes (voir illustrations 16 à 18, p. 55). Elles portent en elles toutes les ombres et lumières de la ville. Ces lettres énormes, jamais fermées, sont les épicentres de crises de nerfs, les points de départ d’étendue de couleurs. Contrairement à des graffiti classiques, ceux de Lokiss ne s’arrêtent jamais aux contours de la lettre. Il n’y a pas de dissociation visible entre le fond et le lettrage, entre la couleur et la forme. La peinture «Orgasma Penetratorz» réalisée avec le writer Skki, montre bien le style décomposé de Lokiss (voir illustration 16, p. 55). Ce style n’est pas subi par l’artiste, au contraire, c’est un choix conscient de retranscrire sa résistance à l’ordre établi. Ses propos imagés accompagnent bien ses peintures explosives: «Le graffiti est une tumeur sur un tissu urbain régi par la grande loi de l’ordre social. Le graffiti est une griffure ou la révélation d’une faille, là où tout devrait être lisse et consensuel. (...) Se répendant sur la ligne, le graffiti brise la ligne «classique», foudroie les parallèles, amène le désordre là où tout se met en rang.»1 Exemple incontournable, ce «Bombs» à dominante jaune (voir illustration ci-contre). Au premier coup d’oeil, on ne lit pas un mot mais on voit un visage dans un ensemble vibrant de couleurs. Seuls éléments figés, les yeux vidés du personnage, qui regarde partout et nulle part à la fois. C’est à eux d’abord qu’on s’accroche pour ne pas se laisser secouer par l’ensemble. Enfin rentré dans le flot de couleur, on en adopte le mouvement. On perçoit les figures géométriques et les aplats qui constituent la texture jaune-orangée. On repère des aplats plus sombres, des traits et des courbes roses, magentas et rouges qui donnent une profondeur à l’ensemble. Finalement, notre œil habitué à la richesse luxuriante de couleurs réussit à lire les lettres, et le mot: BOMBS. Le mot est découpé dans la texture jaune-orangée par des motifs et traits bleus, verts et violets. Le premier B voit ses courbes s’entrechoquer. Le visage est coiffé de courbes et d’auréoles qui font figure de O démultiplié. Les branches du M se heurtent les unes aux autres. Le deuxième B est presque invisible, perdu dans un tourbillon de courbes colorées. Enfin le S se plie comme pour tenter de canaliser les forces de l’explosion. 1 Lokiss (2005) Zero Tolérance, in Wild War Magazine n°4, Paris.

Le Graffiti, une pratique qui transforme la ville - Mémoire de recherche

Séminaire Esthétiques de la Mise en Scène / Enseignants: A. Urlberger // ENSA Toulouse /// 2012.


Pour conclure ce regard sur le travail de Lokiss, nous profitons de ses écrits, qui traitent du Graffiti et de sa pratique personnelle, et qu’il ne fait pas sens de paraphraser. «Il [le peintre urbain] se remplit de sa seule individualité et ose le gueuler avec des couleurs criardes, avec un langage seul connu de lui et une aversion pour les aures, immédiate et brutale. Omettre la rage du peintre urbain, c’est un peu se laver les dents avant d’embrasser. (...) Le graffiti c’est ce qui ne devrait pas être et qui est inexorablement. Il prend possession d’un territoire et en dépossède qui de droit. Element subversif sans idéologie sinon celle du «moi tout puissant», du «moi vengeur», du «je t’emmerde et je vais te le prouver (...) Un truc incernable, intraduisible, dont on ne retient, au delà de l’apparence compilatoire et jouissive, que la violation visuelle, chaotique, incontrôlable, l’hyperviolente cassure de la cellule de transport, de sa mise en péril autant que celle du résigné.(...)Le graffiti, c’est l’urgence, pas plus de théorie. C’est une barricade que l’on monte et que l’on abandonne pour en recréer une autre. La pulsion, c’est la nécessité. L’acte, c’est la politique. Et au delà, je finirais par répondre, le graffiti c’est l’inconscience politique.(...)»1 » 1 Lokiss (2005) Zero Tolérance, in Wild War Magazine n°4, Paris.


Le Graffiti ou les traces d’un langage Reportage photographique

Débuté à Paris il y a 8 ans, ce travail de reportage photographique s’est amplifié depuis quelques années. Guidée par une envie de collecter des images de peintures éphémères, j’ai accumulé au fil du temps un grand nombre de photographies. Arrangées en série, selon leurs provenances, leurs types ou leurs styles, ces images de tags et graffiti dessinent un autre visage de la ville. Celui d’une communauté urbaine atypique et obscure qui participe au dessin du paysage urbain. Cette pratique m’a permis d’illustrer presque intégralement mon mémoire de recherche. C’est aussi grâce à cet intérêt pour le Graffiti que j’ai approfondi mes connaissances en matière de photographie. Ci-contre: 2013 Toulouse: NCB, Quai de la Daurade. TiLT, Rue des Arts. TOONE et RISK, Avenue de la Garonette.

Page de droite: 2013 Barcelone Série Barcelona’s Shutters, avec Pirate, 78 QM, Paste, Gime MSK, Nesat TFO TFB, SiiR et Pache.

Le Graffiti ou les traces d’un langage - Reportage photographique


EASE

Optimisez, Décomposez,Etirez Design d’une table basse pour le concours Design FLY 2014, en collaboration avec l’architecte Juliette Lavault. Thème: Déplacez, Combinez, Rapprochez. Jeunes architectes, nous sommes très sensibles à la problématique des petits espaces. Avec l’augmentation constante des loyers, nous vivons de plus en plus longtemps dans des espaces exigus. La thématique “ Déplacez, Combinez, Rapprochez “ proposée par FLY nous a permis d’apporter une solution de plus à cette problématique. La table “EASE” est un volume compacte qui se décompose en plusieurs éléments. Ses modules à la géométrie simple se combinent pour former un mobilier multifonctionnel à disperser dans tout le logement. Plus les formes sont claires, plus il est facile d’imaginer de nouvelles combinaisons et de nouveaux usages. La répartition de différents éléments issus du même meuble dans le logement permet d’harmoniser la décoration d’ensemble souvent délicate dans les petits espaces rapidement saturés. De plus, nous avons choisi d’allier le bois et le plastique, ce qui apporte un langage contemporain aux formes très épurées de la table. Enfin, le plastique peut prendre différentes couleurs pour que le meuble plaise au plus grand nombre.

EASE - Optimisez, Décomposez, Etirez / Concours Design Fly 2014 Thème Déplacez, Combinez, Rapprochez // Avec Juliette Lavault.


Cabinet Caroline Bapst Architecte

Stage de Première Pratique Durée: 3 mois Paris // 2010 L’agence Bapst Architecte est une petite structure, composée de Caroline Bapst, architecte et de Florence Michon, son adjointe. Des anciens étudiants de Mme Bapst ainsi que des stagiaires travaillent régulièrement et par courtes périodes sur les différents projets. Pendant trois mois dans cette agence, j’ai eu un rôle de dessinatrice/projeteuse sur différents projets de logements en phase d’avant projet sommaire ou détaillé. De plus, j’ai réalisé le relevé et le projet d’aménagement de logements, dans un immeuble du boulevard Magenta, à Paris. Enfin j’ai réalisé le relevé complet d’un ancien Corps de Garde, dans les Côtes d’Armor. Ces deux expériences m’ont permis d’acquérir un méthode de relevé d’architecture. J’ai aussi pu mettre en pratique les apprentissages de mes premières années d’études, en matière de logements.

Ci-contre: en haut, Bd Magenta, les deux appartements voient à l’est la silhouette du Sacré Coeur. en bas, le Corps de Garde de Plevenon, un édifice au coeur d’un petit bois.


84 boulevard Magenta - Projet de relevé et réhabilitation

Caroline Bapst Architecte / Stage de première pratique / Durée: 3 mois // Paris /// 2010.


Ce dernier étage d’un immeuble du boulevard Magenta, dans le Xe arrondissement à Paris, appartient à un couple de retraité. Il s’agissait d’effectuer le relevé de l’ensemble, pour pouvoir proposer un projet de réaménagement. Les pièces, anciennement des chambres de bonnes, sont devenues des débarras. Derrière les empilements de souvenirs, on distingue un potentiel certain. De grandes fenêtres avec des balcons, côté ouest, de belles cheminées et une vue sur le Sacré Coeur depuis les pièces à l’Est. Les propriétaires désiraient deux appartements, l’un pour s’y installer et l’autre à louer. Après quelques rencontres, et plusieurs propositions, ils firent le choix de ce projet, dont la réalisation a eu lieu depuis. Le choix de deux T3 généreux a été judicieusement fait.La création de balcons côté est, similaire à ceux côté ouest, permet de profiter de la vue et de créer des chambres et salons généreux. Ci-contre: Projet de réaménagement. Plan et coupe. Page de gauche: Relevé complet de l’étage. Plan, coupe et photos.


Façade principale (Sud)

Plan du Rez de Chaussée

Relevé d’un ancien Corps de Garde à Plévenon, Côtes d’Armor

Caroline Bapst Architecte / Stage de première pratique / Durée: 3 mois // Paris /// 2010


Faรงade Est

Faรงade Nord et Est

Faรงade Nord

Faรงade Nord

Plan R+1

Faรงade Sud


SYS Ingéniérie Bureau d’études Stage Hors Agence Durée: 5 mois Toulouse // 2012 Le bureau d’études SYS Ingéniérie est associé à l’agence Laborie Architectes. Basés à Toulouse, l’agence d’architecture comme le bureau d’études travaillent souvent sur des projets dans la région parisienne. Cette structure permet entre autres à l’agence d’architecture de réaliser le suivi de ses projets. Travaillant avec la société Aéroports de Paris en tant qu’architecte, Philippe Laborie réalise avec SYS ingéniérie des missions Ordonnancement Pilotage et Coordination pour ADP. Lors de ce stage, réalisé en alternance, à raison de deux jours par semaine pendant 5 mois, j’ai participé à la mission OPC concernant le Lounge Etihad à l’Aéroport Charles de Gaulle. De plus, l’association Anim’Action nous a confié le relevé de son site principal, la Maison Maurice Chanabe, ancienne ferme dans les Pyrénées Orientales, pour pouvoir travailler par la suite sur le projet de réhabilitation. Ci-contre: en haut, Vue depuis l’esplanade de la maison Maurice Chanabe. en bas, le restaurant du Lounge Etihad terminé.


Coupe B, Façade Sud

Coupe C et Façade principale du châlet

Relevé d’une ferme du XVIIIe à Dorres, Pyrénées Orientales SYS Ingeniérie / Stage de première pratique / Durée: 3 mois // Paris /// 2010


Bâtiment Principal

Plan Masse

Châlet

Plan RDC du bâtiment principal

Intérieur, Bâtiment principal R+1


Plan d’ensemble du projet de Lounge Etihad. La compagnie Etihad, basée à Abu Dhabi, est devenue en seulement dix ans d’existence une entreprise milliardaire. Etihad, comme Emirates, propose des vols « de prestige ». Les services Etihad se veulent luxueux. La compagnie cherche donc à avoir dans les différents aéroports du monde des espaces d’attentes haute gamme réservés à ses clients. C’est le sujet de ce projet. Le chantier a lieu dans une grande salle de l’aéroport Charles de Gaulles. Les travaux sont exclusivement de second œuvre et de finitions, mais la difficulté réside dans la coordination des différents acteurs. Etihad a recours, comme beaucoup de multinationales, à un Enterprise Project Manager pour gérer l’intégralité de ce projet, EDCM Consult. Leur rôle est de s’occuper d’engager les différentes entreprises dont l’agence d’architecture qui conçoit le projet et de faire le lien entre elles. Sys ingéniérie était engagée par EDCM Consult pour le suivi de la phase exécution du chantier. Le suivi de ce chantier aux conditions exceptionnelles a été très instructif. J’y ai appris à la fois en matière de relationnel avec différents corps d’état, maitre d’ouvrage et bureau d’études, mais j’ai aussi approfondi mes connaissances techniques, en particulier de réglages des éléments de second œuvre.

Suivi de la mission OPC pour le lounge Etihad à l’aéroport de Roissy, à Paris SYS Ingeniérie / Stage de première pratique / Durée: 3 mois // Paris /// 2010


Réseaux en plafond des cuisines en cours

le hall d’entrée

Cloisonnement en cours dans local électrique

le restaurant

Réseaux VMC dans sanitaires en cours

La Family Room

Extraits de rapports photographiques hebdomadaire. (à gauche 17/10, à droite 17/12/2012)


Dessiner pour comprendre Architecture, paysage et personnes.

Extraits de carnets et exercices de cours de dessin. Enseignants: Simon Vignaud, Jean Baptiste Secheret / ENSA PB Luis Lima // FAUP Cécile Demolombe /// ENSA Toulouse

Le dessin est une pratique importante pour un architecte, car il demande de savoir allier une certaine rigueur à une pratique sensible. Choisir un point de vue, en décortiquer les différents aspects pour pouvoir décider de la manière dont on veut les restituer. S’armer de patience, se plonger dans un lieu pendant parfois des heures.Tout cela forme notre regard sur le monde. Les pages suivantes donnent un aperçu d’exercices de dessin, allant de 30 secondes à plusieurs heures. Certains sont des dessins fait sur site, parfois en se baladant. D’autres sont des copies ou des sujets trouvés en intérieur. Personnes, objets ou espaces, tenter de saisir sur une page ces sujets divers est important. La pratique régulière du dessin aiguise le regard, familiarise la main à la matière du monde et nous permet par là de mieux le comprendre. Ci-contre: La prairie des filtres, depuis le cour Dillon, avec vue sur le pont Neuf et les Jacobins.


Dessiner

pour

comprendre

-

Extraits

de

carnets

et

exercices

Enseignants: S. Vignaud, J.B. Sècheret, L. Lima, C. Demolombe // ENSA PB / FAUP / ENSA T


Etudes à partir de précis d’anatomie. Articulation du coude et Cubitus (vue antérieure) et Omoplate (vue postérieure et antérieure). Page de gauche: Croquis et dessins à partir de modèles vivants ou de sculpture.


Dessiner

pour

comprendre

-

Extraits

de

carnets

et

exercices

Enseignants: S. Vignaud, J.B. Sècheret, L. Lima, C. Demolombe // ENSA PB / FAUP / ENSA T


Etudes d’objets: flûte traversière, cafetière (croquis minute) et chaise Penton. Serie de croquis rapides sur la Praça Dom João I, à Porto, Portugal. Page de gauche: en haut, la prairie des filtres, et en bas, le jardin japonais, à Toulouse.


Camille SANSONETTI 26 ans

24 rue des Polinaires 31000 Toulouse camille.sanso@gmail.com 06 38 50 06 71

Architecte d’Etat Trilingue Français, Anglais et Portugais. Formation 2011-2013

Master d’Architecture à l’ENSA Toulouse 2013 - Atelier Patrimoine. PFE: Réhabilitation de la Caserne Foix-Lescun à Tarbes, encadré par Benoit Melon et Christian Darles. 2012 - Projet «Un lieu de festivals sur la Prairie des Filtres», encadré par L. Gaudu et M. Bekkoucha. - Projet de réhabilitation de la Résidence Les Floralies, encadré par V. Fernandez et A. Sassus. - Mémoire de recherche, Séminaire Esthétique de la Mise en Scène, encadré par A. Urlberger et B. Utrilla

-Vice-Présidente du Conseil de Vie Etudiante. -Participation à la concertation nationale sur l’enseignement supérieur et la recherche en architecture.

2007-2010 Licence d’Architecture à l’ENSA Paris Belleville. 2009 Année d’études Erasmus à la Faculdade d’Arquitectura da Universidade do Porto, à Porto.(Portugal) -Projet d’aménagement urbain autour du Cimetière du quartier Aldoar, à Porto. -Projet de logements, encadrés par Luis Soares Carneiro et Paula Petiz.

2008 - Atelier B. Julien. Projet de centre de danse sur la Petite Ceinture, à Paris -Atelier B. Paurd - 4 exercices sur la question du logement. 2007 - Première année à l’ENSA PB, encadrée par J. P Feugas et D. Bigelman.


Expériences professionnelles

2013 (2 mois) Participation au Concours Design Fly 2014, en collaboration avec Juliette Lavault. -Design de la Table basse EASE, Optimisez, Décomposez, Etirez. 2013 (5 mois) Architecte stagiaire à SYS Ingénierie, bureau d’étude associé à l’agence Laborie Architectes. -Suivi de la mission OPC du chantier du Lounge Etihad à l’aéroport CDG, à Paris. -Relevé d’une ancienne ferme du XVIII ème siècle, à Dorres (Pyrénées Orientales). 2011 (5mois) Assistante décoration, sur le tournage de BRAQUO (Canal +) pour Capa Drama Productions. -Dessin de projets de décors, repérage de lieux de tournage et travail de graphisme pour les accessoires papiers. 2010 (3 mois) Architecte stagiaire chez Caroline Bapst Architecte, à Paris -Relevé d’un immeuble haussmannien et travail sur le projet de sa réhabilitation. -Relevé d’un ancien Corps de Garde, à Plévenon (Côtes d’Armor). 2010 (3 mois) Rédactrice web pour l’agence Linescort, à Paris. -Dans le cadre de la refonte d’un site d’informations, structuration du travail et rédaction du cahier des charges. 2008 (1 mois) Stage ouvrier chez Bouygues Construction. -Observation sur le site de l’extension du Tramway T3 dans le cadre de la sécurité au travail.

Compétences:

-Proposition de projet d’architecture, de l’esquisse au détail constructif. -Travaux de recherche, d’analyses et de présentation graphique nécessaires à la proposition d’un projet d’architecture -Dessin à la main (techniques diverses), Plume et lavis, aquarelle. -Maîtrise d’Autocad, de Photoshop, InDesign, Illustrator, SketchUp Pro (+ Vray) et Microsoft Office. Connaissance d’Archicad et de Vectorworks.

Langues:

Centres d’intérêt: Littérature et Poésie, Danse (Hip-Hop depuis 10 ans),

Anglais : Bilingue (Résultat au TOEIC : 900 points); Portugais: Bilingue

Musique (flûte traversière depuis 17 ans), Photographie.



Camille sansonetti portfolio