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KRUCH Camille Master 1 BGAE, spécialité Ingénierie en Ecologie et Gestion de la Biodiversité Année 2007-2008

L’amélioration du tri des déchets en habitat collectif : comment optimiser quantité et qualité ?

26 Mars – 23 Juillet 2008 Stage effectué à la Direction de la Prévention et Gestion des Déchets Montpellier Agglomération 50 Place Zeus 34000 Montpellier

Responsable de formation : Anne Charpentier Olivier Thaler

Directeurs de stage : André Demaison Yann Even


Remerciements Je tiens à remercier Mr Christophe DELIGNY, directeur du Département de Prévention et de la Gestion des Déchets de Montpellier Agglomération, pour m’avoir donné l’occasion d’effectuer ce stage dans son service. Je remercie Mme Céline FERRANDO pour avoir porté le projet sur lequel est basé ce travail et pour m’avoir apporté aide et conseils. Je tiens à remercier chaleureusement Messieurs André DEMAISON et Yann EVEN pour m’avoir accueillie et encadrée pendant ce stage. Je remercie également Mme Maria RAMUS, chargée de communication d’ÉcoEmballages, pour sa disponibilité et l’aide apportée tout au long de ce travail. Un grand merci à l’équipe des messagers du tri Yan FAUVETTE, Sabri MIRA, Audric PANTIN, Jean-Luc MALRIC pour leur participation au projet et pour leur bonne humeur. Je remercie aussi Mme Agnès POMMEREAU, directrice de l’agence Lemasson d’ACM et son adjoint Mr Cyrille BATTISTELLI ainsi que leurs salariés pour leur aide et participation dans le projet ainsi que pour leur engagement dans la démarche environnementale au sein de leur travail. Je remercie enfin l’ensemble des personnes du service de la DPGD pour l’aide et l’attention pendant ce stage, en particulier Mr Benoît ENRI, Mr Michel VAISSIÈRE, Mme Odile JAY, Mme Corinne LECCIA, Mme Catherine LE MERRE, Melle Rachel BARAL et Mr Luc FRAPOLLI.

Rapport de stage – Camille Kruch – M1 IEGB – Mars à Juillet 2008


Sommaire I. Introduction

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I.1. Le défi Tri

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I.2. La situation de Montpellier Agglomération

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I.3. Présentation du projet

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II.Matériels et Méthodes

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II.1. Les résidences

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II.2. Les conditions expérimentales

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II.3. Construction des tableaux de suivi

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II.4. Envoi, distribution de documents et protocole de

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démarchage en porte-à-porte II.5. Communication auprès des techniciens de contrôle de

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l’agence Lemasson II.6. Changement des bacs et renforcement de la signalétique

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II.7. Traitement des données et statistiques

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III. Résultats

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III.1. Données acquises pendant le démarchage

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III.2. Résultats du questionnaire

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III.3.Les évaluations des performances de tri avant/après

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III.3.1. Les évaluations 0 : l’état des lieux

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III.3.2. Les évaluations 1 : impact du changement de

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couleurs, de nature de bacs et des actions de communications VI. Discussion

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V. Conclusion

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Bibliographie Webographie Annexes Rapport de stage – Camille Kruch – M1 IEGB – Mars à Juillet 2008


Schéma n°1 : Détail du contenu d’une poubelle d’un ménage français (données 2004).


I. Introduction I.1. Le défi Tri La gestion des déchets devient aujourd’hui une problématique grandissante. Les collectivités qui ont la compétence en matière de collecte et de traitement des déchets ménagers et assimilés, réfléchissent constamment à une amélioration de leur système et performance de collecte, qu’ils soient à la charge d’un prestataire de service ou gérés en régie par la collectivité elle-même. Les emballages autres que le verre représentent 44% du volume d’une poubelle standard (schéma n°1). Leur tri a été mis en place en France à partir de 1992 (Bernard, 2007). Le premier objectif de ce tri est de diminuer les volumes des déchets entrant dans les centres d’incinération et d’enfouissement pour la plupart saturés (Bernard, 2007). Le second est d’utiliser moins de matières premières puisque les matériaux triés sont réutilisés à d’autres fins industrielles. Grâce à l’entreprise d’utilité publique Éco-Emballages, la collectivité locale reçoit des aides financières afin de mettre en place et de maintenir la collecte sélective des emballages ménagers et leur centre de tri dédié. Le financement d’Éco-Emballages provient des industries et entreprises fournissant les emballages. Cette participation est indiquée par le fameux point vert sur le produit. Une fois le travail de mise en place d’une collecte sélective des déchets et la progressive augmentation des quantités collectées, une collectivité territoriale se trouve confrontée à une limite des performances de son centre de tri. Ce plateau peut être expliqué soit par un recrutement de tous ses habitants participant à l’effort de tri, soit par un tri de qualité non optimale dans les ménages, et/ou par le nombre de trieurs non maximal. Les deux derniers cas sont rencontrés couramment. Optimiser les performances de tri tant au niveau de la quantité que de la qualité est un objectif qui nécessite d’abord de détecter les faiblesses au sein du système actuel, et d’y remédier en testant des configurations d’organisation et de communication différentes. Dans la littérature, plusieurs études se sont penchées sur l’incitation au tri des emballages ménagers et aux attitudes des usagers. Ces articles ont le plus souvent une approche plutôt psychologique et tentent d’expliquer les comportements des trieurs et des non trieurs. La plus grande majorité de ces études sont américaines. Elles se justifient par le fait que les États-Unis sont le pays produisant le plus de déchets ménagers. Peu d’études sur

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l’incitation au tri ont été publiées par des auteurs français. Il semblerait que cette branche mêlant psychologie et environnement ne soit pas si développée. Il est aussi probable que les expériences et résultats obtenus par les communes et les communautés de communes ellesmêmes, ne fassent pas l’objet de publication. Pour comprendre comment inciter les usagers à trier davantage, il faut d’abord comprendre quelles sont leurs attitudes et opinions concernant le geste de tri. Les raisons avancées dans la plupart des sondages par les non-trieurs sont le manque de temps et de place (Werner et al., 1998) et le manque d’information (Nyamwange, 1996). L’étude de Vicente (Vicente, 2008) montre qu’une information claire et distribuée de façon abondante augmenterait la propension à trier. Les non trieurs auraient une tendance à mal mémoriser les informations sur le tri des déchets selon Vining (Vining, 1990). Une personne qui ne trie pas n’est pas forcément moins convaincue du bénéfice pour l’environnement de ce geste, selon cette étude, mais cet écart entre comportement et croyance fait que toute information pouvant changer le comportement n’est pas intégrée et assimilée par le non-trieur. Donc, même en présence d’une information claire et abondante, un non-trieur aura du mal a changer son comportement. Les primes et les pénalités ont fait l’objet de quelques articles scientifiques et leurs résultats n’ont pas trouvé de consensus. L’étude de Vicente (Vicente, 2008) n’a pas testé la mise en place des primes sur la qualité du tri, mais a étudié la propension à trier en fonction de différents systèmes, en questionnant une population de ménages. Ses résultats montrent que l’attribution de prime ou de punition n’est pas un facteur décidant significativement les gens à trier. Pourtant, dans la pratique, la mise en place effective des punitions lorsque le foyer ne trie pas, montre une augmentation des quantités collectées (Everett, 1993 ; Allan et al. 1989). Une autre étude conclut que si un système de pénalités/récompenses serait à mettre en place dans une ville, les habitants interrogés ont tendance à préférer les récompenses, partagées par la communauté ou une baisse des taxes locales plutôt que des récompenses individuelles, en cas de comportement favorable au recyclage (Shaw, 2007). Cette dernière étude présente aussi différents autres facteurs susceptibles de provoquer un changement positif dans le geste de tri. En interrogeant les habitants, les incitations impliquant à priori les changements les plus positifs sont celles dont bénéficie la communauté (ex : nettoyage de la rue, donation pour améliorer la vie de quartier...). Selon certains auteurs, il semblerait que les comportements induits par un système de récompense, ou de concours, s’émoussent peu à peu avec le temps et avec l’arrêt du système (De Young, 1986, Jacobs et al., 1982). Rapport de stage – Camille Kruch – M1 IEGB – Mars à Juillet 2008

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Concernant l’habitat vertical, Everett a montré l’importance de l’implication des gardiens d’immeuble et du rôle de lien social voire d’influence qu’il possède auprès des locataires. L’implication des résidents au geste de tri est montré corrélé à l’importance des liens sociaux existant entre gardien et locataires (Everett, 1992). Les gardiens d’immeuble sont donc un facteur non négligeable de la réussite de la mise en place du tri des emballages. Ces postes sont malencontreusement de plus en plus rares dans les résidences modernes. Il a été aussi prouvé comme constructif de communiquer les performances de tri d’une résidence (Barbier, 2002). Le renforcement positif à la manière des behavioristes si la résidence en question se met à améliorer ses performances de tri, semble ainsi être efficace. Enfin, en désirant tester une théorie de l’engagement, Arbuthnot a utilisé la technique du pied-dans-la-porte pour mettre en place un tri des déchets dans une petite commune (Arbuthnot, 1977). Certains habitants ont été priés de stocker pendant une semaine des canettes en aluminium afin qu’elles soient collectées pour un projet spécial. Après quelques mois, la proportion de trieurs parmi ces mêmes habitants a augmenté significativement. Le protocole de cette étude a aussi permis de démontrer que la combinaison d’un appel téléphonique sondant les comportements de tri, avec une invitation verbale au tri d’un déchet de façon momentanée, puis d’une lettre de la mairie présentant les nouveaux équipements consacrés au tri, augmente de façon significative la participation au geste, plus qu’aucune de ces actions seules. Une autre étude montre qu’un engagement écrit avec une signature attestant l’accord de participation à un programme de recyclage est plus respecté qu’un engagement oral en face-à-face, qu’une conversation téléphonique et que la distribution d’un document (Werner, 1995). Ces deux dernières études, testant l’engagement des habitants dans leurs comportements de tri ont été réalisées sur des pavillons, les résidences et immeubles ayant été soigneusement écartés du protocole. La question de l’engagement maximal pour le geste de tri reste donc ouverte dans l’habitat collectif. L’habitat vertical est connu pour être un milieu sensible et peu propice au tri des déchets, ceci pour plusieurs raisons. Il existe d’abord une difficulté de mise en place et d’utilisation quotidienne des équipements de dépôt des ordures. La condamnation des videordures permise par la loi « Urbanisme et Habitat » du 2 Juillet 2003 pour des raisons d’hygiène, a remis au goût du jour la corvée quotidienne de la descente des poubelles dans beaucoup de résidences.

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Carte n°1 : Les 31 communes de Montpellier Agglomération

Photo n°1 : Bac jaune standard

Photo n°2 : Bac jaune operculé


Dans ce contexte, le tri des emballages n’est pas un geste entériné dans le quotidien des résidences. Ou, lorsqu’il l’est, le tri est bien souvent de moindre qualité comparé aux habitats pavillonnaires, qui eux ont un bac personnel. Il faut partiellement imputer ce fait à la déresponsabilisation du locataire vis-à-vis de ses déchets, puisque ce qu’il jette se retrouve noyé dans la masse des déchets collectifs. I.2. La situation de Montpellier Agglomération L’Agglomération de Montpellier regroupe 31 communes et compte 400 000 habitants (Carte n°1). Elle doit ainsi gérer les déchets ménagers quotidiens des pavillons, habitats collectifs, collectivités ou encore commerces sur son territoire de plus de 43 000 hectares. L’actualité de son Département de Prévention et Gestion des Déchets (DPGD) est particulièrement chargée cette année. L’usine de méthanisation qui démarre le 1er Juillet 2008 est un nouveau pas vers une meilleure gestion des 133 000 tonnes d’ordures ménagères annuelles (Données 2007, document interne DPGD). Associée au centre de tri des emballages ouvert en 1994, l’agglomération de Montpellier présente une valorisation de ses déchets des plus complètes, mêlant recyclage et utilisation en source d’énergie renouvelable. Puisque le nouveau tri des déchets fermentescibles, aussi appelés biodéchets, nécessite une distribution de nouveaux bacs avec l’introduction d’une nouvelle couleur, la DPGD profite pour harmoniser les couleurs du tri des emballages et des ordures ménagères (OM) sur l’intégralité du territoire de l’Agglomération. En effet, les bacs dévolus à ces types de déchets se trouvaient être de différentes couleurs entre les communes mais aussi différaient des couleurs dédiées, reconnues aux niveaux national et européen. La couleur des bacs de tri des emballages dans la ville de Montpellier est verte depuis 1994. Les bacs vont passer à cuve grise avec un couvercle jaune (Photos n°1 et 2), couleur européenne de reconnaissance des recyclables secs. Deux natures de bacs pourront être utilisés. Leur différence réside dans le couvercle. Ce dernier est soit à ouverture restreinte, le bac est dit « operculé » (Photo n°1) soit à ouverture complète (le couvercle se lève), le bac est dit « standard » (Photo n°2). Ce changement des couleurs de tri sera aussi l’occasion de renforcer la communication autour du geste de tri et de son importance, afin de sensibiliser et d’engager les habitants dans le nouveau tri des biodéchets et de réduire le taux de refus au centre de tri des emballages. Ce taux est en effet élevé (30% en 2007) en comparaison aux autres collectivités situées dans la région sud (Forum Eco-Emballages Région Sud, Juin 2008).

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I.3. Présentation du projet L’harmonisation des couleurs de bacs à Montpellier est prévue en automne 2008, mais a déjà commencé depuis le printemps sur les 14 communes collectées en régie, c’est-à-dire collectées par l’Agglomération et ses moyens techniques et humains. Cette opération de changement des bacs nécessite un budget de 3 500 000 euros, et se fait en étroit partenariat avec l’entreprise qui fournit et livre les bacs, Temaco. L’Agglomération de Montpellier a également engagé en renfort 16 nouveaux messagers du tri, pour les opérations de sensibilisation au tri des biodéchets et aux changements de couleurs. Dans ce contexte chargé en actualité, la présente étude va permettre de suggérer la forme de communication et le type de configuration de bacs à mettre en place, en prévision de ce changement de couleur associée au tri, dans les habitats collectifs déjà habitués au tri et aux poubelles vertes. Elle va aussi permettre de tester une méthode d’évaluation du tri, qui pourra être étendue, généralisée à une plus grande échelle, voire applicable au nouveau tri des biodéchets. Le partenariat avec ACM, le plus grand bailleur social sur l’Agglomération de Montpellier, a débuté en 2006 avec un inventaire des locaux poubelles sur toutes les résidences du territoire, leur état et leur nombre de bacs dévolus. Cet inventaire a été également soutenu par Éco-Emballage. Suite à cette étude, l’agence Lemasson d���ACM s’est portée volontaire pour poursuivre le travail d’amélioration du service aux usagers et de performances de tri, sur un secteur plus restreint. Sachant que les résidences se trouvent être un important gisement de déchets recyclables et que la collectivité se doit d’acheminer des intrants dans son centre de tri, comment optimiser la qualité et la quantité du tri des emballages dans un habitat vertical peu propice à ce geste ? Quels sont les vecteurs d’informations les mieux perçus et les plus efficaces pour lancer et pérenniser cette action quotidienne ? Quel serait l’impact d’un changement de couleur et donc d’habitude dans le geste de tri ? La volonté du partenariat entre l’Agence Lemasson d’ACM et l’Agglomération de Montpellier ainsi qu’Eco-Emballages, est d’apporter des éléments de réponse à ces problématiques. Partant d’une certaine expérience de terrain, cette étude propose de tester l’hypothèse suivante : Plus la proximité de la communication est importante, plus l’incitation au tri est efficace.

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Changement de couleurs des bacs Amélioration de la dotation Renforcement de la signalétique Actions de communication selon résidences Etat des lieux

-5 semaines

Evaluation 1

Temps 0

+1semaine

Schéma n°2 : Planning des évaluations de l’expérience

+6 semaines


Plus précisément, les hypothèses de travail sont : 1) Toutes les résidences ont une amélioration du tri en quantité et qualité, supérieure à la résidence témoin où aucune action de communication n’est effectuée. 2) Les résidences où un démarchage en porte-à-porte a été effectué présentent une performance de tri supérieure à une résidence où seule une communication écrite a été faite. Afin d’éclaircir l’impact que peut engendrer la contrainte des capots operculés sur les performances de tri d’une résidence, cette étude propose également de tester l’hypothèse suivante : 3) Une résidence qui possède des bacs operculés montre une qualité de tri plus grande qu’une autre résidence avec des bacs standards. Cette étude permettra aussi d’analyser les réponses à un questionnaire, baromètre d’opinion utilisé par Éco-Emballages afin de mieux répondre aux besoins des résidents et d’atteindre l’objectif d’amélioration des performances de tri.

II. Matériels et méthodes La méthode appliquée dans cette opération est composée de deux phases d’évaluation de la quantité et qualité du tri des emballages dans quatre résidences du quartier Près d’Arènes (Schéma n°2). Ces évaluations sont faites grâce à une grille de notation, et réalisées avant et après le changement de la couleur des bacs de tri (du vert au jaune). Selon les conditions d’expérimentation de la résidence, des actions de communication allant de l’absence d’action jusqu’au démarchage en porte-à-porte sont mises en place juste avant le changement de couleur de bac. La nature de ces nouveaux bacs (operculés ou standard) est aussi une variable testée dans les 4 résidences. Un questionnaire est soumis aux résidents des immeubles visités en porte-à-porte. II.1 Les résidences Quatre résidences ont été choisies par l’Agglomération de Montpellier et le bailleur social ACM dans le quartier Près d’Arènes. Le partenariat entre les deux structures date de 2006 où une étude avait été réalisée sur tout le parc de résidences appartenant à ACM. Les résidences avaient été classées en plusieurs catégories selon l’importance des aménagements à

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réaliser et du réajustement de la dotation. Le choix des résidences pour la présente étude s’est fait en premier lieu par le fait que celles-ci possédaient un nombre de bacs presque ajusté au besoin des locataires et que les locaux à poubelles étaient d’ores et déjà corrects et ne nécessitaient pas de réaménagement particulier. Ensuite, pour que l’étude reste à une échelle raisonnable, le nombre de logements a été déterminant dans ce choix. Les résidences ont moins de cent logements. Les caractéristiques socioculturelles des quatre résidences ont été enquêtées au préalable par interview du bailleur. Celles-ci possèdent à priori un taux d’actifs similaire, et un âge moyen des locataires qui diffère peu. Le taux de rotation des locataires est fonction de l’ancienneté de la résidence. L’âge de construction de celles-ci varie de 11 à 2 ans. Le taux de rotation hétérogène entre les résidences peut ainsi induire une certaine diversité dans les performances de tri de départ, puisqu’un nouveau foyer installé peut ne pas prendre les habitudes de tri. La disposition des locaux poubelles dans ces résidences est similaire. Il s’agit d’abris situés sur le parking de la résidence. Ils sont nettoyés de façon hebdomadaire par une société de nettoyage, et contrôlés par des techniciens salariés d’ACM. Il n’y a pas de gardien sur ces résidences, la présentation des bacs au service de collecte se fait par cette même société de nettoyage dans le cas de figure où les locaux poubelles ne sont pas accessibles par le camionbenne du service de collecte. Trois résidences ont des abris-poubelles regroupant les bacs à ordures ménagères et les bacs pour le tri des emballages. Une quatrième résidence ajoutée au protocole en dernier lieu, présente la particularité d’avoir deux locaux poubelles, un dédié aux ordures ménagères, l’autre aux emballages. En réalité, deux bailleurs se partagent la totalité des quatre bâtiments relatifs à ces deux locaux poubelles. Il semblait intéressant d’inclure cette configuration de disposition de locaux afin de connaître l’impact sur la qualité du tri, qui suppose que l’usager, prêt à faire un effort de plus pour se déplacer d’un local à un autre, présente un tri de meilleure qualité. Pour plus de clarté dans la suite de l’étude, cette résidence particulière, composées de 4 bâtiments distincts, que se partagent les deux bailleurs sociaux, sera nommée sous le seul nom « Caquot-Freyssinet » et comptera pour « une résidence ». Les quatre résidences avant l’expérience ont leur propre configuration de bacs OM et de bacs de tri sélectif. Certains bacs verts sont operculés et verrouillés, d’autres sont operculés mais leur système de fermeture est cassé, d’autres enfin sont laissés constamment capot ouvert. Ces configurations et habitudes de départ ont été prises en compte dans l’explication des résultats. Rapport de stage – Camille Kruch – M1 IEGB – Mars à Juillet 2008

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95

96

64

72

80

Les Iris, témoin

Caquot Freyssinet

Lambot-Nervi

Clos d'Arènes

Le Patio

Oui

Oui

Oui

Non

Courrier du Bailleur et Distribution documents

Tableau n°1 : Conditions expérimentales par résidence

nombre de logements

Résidence

Oui

Oui

Non

Non

Démarchage

Oui

Oui

Non

Non

Questionnaire

Standard, capot ouvert

Operculé

Operculé

Standard

Standard

Standard

Operculés et operculés cassés Standard, capot ouvert

Type de bacs jaunes nouvellement dotés

Type de bac vert présent


II.2 Les conditions expérimentales Le tableau n°1 résume les différentes conditions dans lesquelles se trouvent les résidences. La résidence « témoin » verra sa dotation changer de couleur sans aucune action de communication particulière, en dehors de celle à l’échelle de l’Agglomération entière. La résidence Caquot-Freyssinet (et Lambot-Nervi), Clos d’Arènes et le Patio recevront un courrier de leur bailleur prévenant des actions prévues concernant le tri des déchets. Les deux résidences Clos d’Arènes et le Patio auront en supplément une visite en porte-à-porte des messagers du tri qui leur distribueront des documents de consignes de tri et leur soumettront un questionnaire. Pour « Caquot-Freyssinet », les documents de consignes de tri seront mis en boîte aux lettres. Enfin, le Patio est la seule résidence qui recevra des bacs operculés. II.3 Construction des tableaux de suivi Les tableaux de suivi (annexe 1) ont été crées à partir de différents modèles utilisés par Éco-Emballages. Ils regroupent une notation de la quantité présente dans les bacs (de 0 à 4), une notation rendant compte de la nature des déchets présents (présence d’OM ou autres, de sacs et films plastiques ou de tri en vrac, noté de 0 à 4) et enfin un coefficient qui indique le volume d’indésirables et de refus probable au centre de tri (-2,-1,+1,+2). Cette dernière notation a été mise au point en adéquation avec les niveaux de qualité utilisés à l’entrée du centre de tri. Une visite dans cette usine a permis de comprendre et de reconnaître les différents classements et les seuils de refus lorsqu’un camion-benne arrive de sa collecte pour déverser son contenu. La somme de ces trois notations (quantité+qualité+niveau de refus) permet d’obtenir une note globale de performance de tri allant de 0 à 10. Une deuxième partie permet de détailler plus précisément le type de déchets retrouvés dans les bacs, l’état du local, ainsi que la signalétique des consignes de tri déjà présente (affichages des consignes dans le local ou dans les halls d’entrée). L’état des lieux de la signalétique va aussi permettre de prévoir les documents à changer et/ou à mettre à jour. La visite des abris poubelles a eu lieu une fois par semaine, la veille de la collecte des emballages recyclables, pour les deux phases « évaluation 0 » et « évaluation 1 » pendant 5 semaines chacune. L’attribution des notes est faite à partir d’une appréciation visuelle des couches supérieures du bac. La première évaluation visuelle effectuée a été suivie d’une exploration complète du contenu du bac afin de vérifier la justesse de la méthode visuelle employée pour la suite des évaluations. Rapport de stage – Camille Kruch – M1 IEGB – Mars à Juillet 2008

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II.4. Envoi, distribution de documents et protocole de démarchage en porte à porte. Les résidences sauf témoin ont reçu un courrier adressé à chaque locataire signé du bailleur (annexe 2). Ce courrier annonçait le changement de couleurs des bacs de tri des emballages et spécifiait, ou les dates et horaires de passage des messagers du tri (pour les résidences le Patio et Clos d’Arènes, condition courrier + démarchage) ou le fait qu’un guide du tri serait bientôt distribué en boîte aux lettres (résidence Caquot-Freyssinet, condition courrier + distribution document). Ces courriers ont été distribués trois jours avant le début des opérations. Le démarchage a été réalisé sur deux jours (Lundi 19 et Mardi 20 Mai 2008) en horaires décalés, c’est à dire de 11h à 13h30 et de 17h à 19h30, afin de trouver un maximum de résidents dans leur appartement. L’objectif a été de visiter 100% des locataires, représentant 152 logements. Une fiche de suivi (annexe 3) a permis de n’oublier aucun foyer et d’effectuer 3 visites chez les absents avant abandon. Le protocole de ce démarchage et le message à déclarer a été expliqué aux six messagers du tri déployés pour cette action. Il s’agissait de prévenir de l’arrivée des nouvelles couleurs de bacs et de clarifier les consignes de tri de façon générale, mais aussi en fonction des erreurs de tri rencontrées le plus fréquemment lors de l’évaluation 0. Ces déclarations sont accompagnées de la remise d’un guide du tri, et de cartes format carte postale à afficher sur le réfrigérateur, résumant ces mêmes consignes et spécifiant les nouvelles couleurs. Le guide du tri édité par le service communication de l’Agglomération de Montpellier, est un document global et non spécifique à l’opération. Il présente non seulement les consignes de tri des ordures ménagères et des emballages mais aussi celles du tri des déchets fermentescibles, pour lesquelles ces résidences ne sont pas concernées (annexe 4). Le message aux résidents spécifiait bien qu’ils devaient ignorer cette partie et se concentrer sur le tri des emballages. Ensuite, un rapide questionnaire sur les pratiques de tri et le ressenti de l’usager a été soumis au locataire. Cette démarche a deux objectifs : recueillir l’avis des usagers pour pouvoir adapter le service et les impliquer de façon plus importante en les engageant dans la réflexion sur ce même service. Le questionnaire est présenté en annexe 5. La condition « distribution de documents » seule a consisté au dépôt en boite aux lettres du même guide de tri mentionné plus haut.

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II.5. Communication auprès des techniciens de contrôle de l’Agence Lemasson Une demi-journée d’information sur le tri des emballages et le présent projet a été organisée à l’agence Lemasson en présence des agents techniques chargés des résidences concernées. Il était important d’impliquer ces personnes, puisqu’à défaut de gardien d’immeuble, ce sont ces agents qui se trouvent au contact des résidents et qui peuvent être interrogés par ces derniers. II.6.Changement des bacs et renforcement de la signalétique Le changement de bacs de tri des emballages a été réalisé dans la semaine suivant les actions d’informations. A suivi la pose dans les abris des panneaux PVC, montrant le bac jaune, le bac gris et leur contenu, ainsi que des affiches de consignes générales de tri des déchets dans les halls d’entrée de toutes les résidences. Ces supports de communication sont présentés en annexe 6 et 7. II.7.Traitement des données et statistiques Les données des grilles d’évaluation ont été rentrées sous Tableur de Microsoft Excel. Une note correspond à un bac à une date donnée. Des moyennes par semaine d’évaluation (10 au total, réparties en deux phases) ainsi que leur écart-type ont pu être calculés. La compilation des 5 évaluations 0 d’une part et des 5 évaluations 1 d’autre part permet d’avoir deux notes moyennes globales avant/après actions. Ces notes globales sont utiles pour suggérer une tendance générale, situer les résidences les unes par rapport aux autres et pour présenter graphiquement les résultats. Pour connaître le niveau de significativité des résultats et imputer une réelle augmentation ou diminution des notes aux conditions de l’expérience, les notes de chaque bac avant et après actions ont été soumises au test non-paramétrique de Wilcoxon pour échantillons appariés. Les données des questionnaires ont été saisies sous Microsoft Excel. L’analyse a pu être faite grâce à des tableaux croisés dynamiques.

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Résidence

Présent et

visitée

visité

Patio Clos d’Arènes

Non visité

Refus

A lu courrier du bailleur

70%

27,5%

2,5%

92% des présents

65,3%

32%

2,7%

98% des présents

A vu affiche dans le hall 64% des présents 61,1% des présents

Tableau n° 2 . Statistiques du démarchage en porte à porte pour les résidences Patio et Clos d’Arènes

Graphique n° 1 Résultats du questionnaire, question n°1

Question 2

Pour quelles raisons trouvez-vous ce geste peu ou pas facile ?

Liste des

- Par manque de place (5)

raisons par

- Par manque de temps (5)

ordre d’importance (nombre d’occurrence)

- Par manque d’habitude (4) - Par manque de considération (2) - Pas pratique/manque d’équipement adéquat (2) - Peu de déchets qui justifieraient le tri (1)

Tableau n°3 : Liste des réponses à la question ouverte n°2


III. Résultats III.1 Données acquises pendant le démarchage : Tableau n°2 Le démarchage a permis de visiter sur les deux résidences concernées au moins 65% des résidents. Parmi ces personnes interrogées, au moins 92% avaient bien lu le courrier de leur bailleur, leur annonçant le passage des messagers du tri. Ces derniers ont d’ailleurs été très bien accueillis par les locataires. À l’issue de ce démarchage, ils ont relevé l’importance de ce courrier qui légitimait leur présence auprès de la population. Les locataires ont pu ainsi comprendre rapidement l’objet de la visite, et ont pu poser les questions qui ont émergé après la lecture du courrier. L’affiche A4 présentant la poubelle verte, déjà présente dans le hall, est remarquée à plus de 60% parmi les personnes interrogées. Ce résultat peut justifier la pose d’une nouvelle affiche présentant la nouvelle couleur du tri et résumant toutes les consignes de tri. III.2 Résultats du questionnaire : Graphiques n°1 à 3, Tableaux n°3 à 5 66 personnes sur les 103 foyers visités ont accepté de répondre au questionnaire. Presque la moitié des interrogés trouvent le geste de tri plutôt facile (Graphique n°1). Un tiers le juge peu voire pas du tout facile. À la question ouverte qui s’intéresse aux raisons de la difficulté du geste (Tableau n°3) le manque de temps et de place sont les causes les plus avancées. La troisième question concerne la proportion de déchets qui sont triés au sein du foyer. Un tiers estime trier tout ou presque, un autre tiers dit trier la moitié de ses déchets. 23% annoncent ne pas trier. La question d’après permet de répertorier les suggestions pour inciter à trier davantage (Tableau n°4). La réponse la plus avancée est une meilleure fourniture d’équipement pour la cuisine. Vient ensuite la considération des impacts sur l’environnement. En troisième idée est avancé le renforcement des communications et informations sur le tri. Le système récompense/amende obtient peu d’occurrence. Le comportement des voisins serait un facteur qui inciterait à trier davantage pour quelques locataires interrogés. Pour la question qui concerne l’état des informations et communications sur le tri des déchets, 43% estiment être « plutôt bien informés », seul 2% pensent l’être « très mal » (Graphique n°3). Lorsqu’on croise ces données avec les réponses à la question n°3 « Dans quelles proportions sont triés vos déchets ménagers ? », on s’aperçoit que les personnes qui

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Question 4

Qu’est-ce qui, aujourd’hui pourrait vous inciter à trier (davantage) vos déchets et emballages ménagers ? -Équipement dans la cuisine (12) -Connaissance sur l’environnement/impacts/notions d’écologie (11)

Liste des

-Plus d’informations sur le tri (7)

suggestions

-Plus de place dans la cuisine (4)

par ordre d’importance (nombre

-Si le tri est déjà fait par mes voisins (3) -Si le local poubelle était dans un meilleur état (2) -Pour donner l’exemple à mes enfants (2)

d’occurrence) -Des poubelles plus proches (1) -Une autorité qui pénaliserait (1) -Un système de récompense (1)

Tableau n° 4 Liste des réponses données à la question ouverte n°4

Graphique n° 2 : Résultats du questionnaire, question n°3

Graphique n° 3 : Résultats du questionnaire, question n°5


trient beaucoup se trouvent aussi être « plutôt bien » voire « très bien informés ». Les résidents qui ne font pas le tri, eux aussi estiment à 28% être « plutôt bien informés » et en même proportion « très bien informés ». Toujours parmi les non-trieurs, 21% déclarent être « plutôt mal informés ». Les tableaux croisés dynamiques sont présentés en annexe 8. Un autre croisement pertinent est celui des données des questions 1 « Pensez-vous que trier ses déchets et emballages ménagers au quotidien est un geste facile ? » et 5 «Estimezvous être bien informé sur le tri sélectif des déchets et emballages ménagers ? » (annexe8). Il est intéressant de constater que ceux qui s’estiment « plutôt bien informés » sont aussi ceux qui trouvent le geste de tri « plutôt facile ». Ceux qui perçoivent le geste comme étant peu facile trouvent également être « plutôt bien » voire « très bien informés » sur le tri. La difficulté du geste perçue par ces personnes n’est pas à mettre en relation avec le manque d’information. Enfin, les sources d’informations qui seraient utiles selon les résidents par ordre décroissant d’occurrence sont : les autocollants sur les bacs, les médias locaux et nationaux, les codes couleurs, les ambassadeurs du tri et le bouche à oreille (Tableau n°5). Ces résultats sont primordiaux pour la suite des actions de communication sur le changement de couleurs de bacs de tri des emballages. Une attention particulière a ainsi été portée sur la présence des autocollants sur les nouveaux bacs. Pour clore cette partie, les résultats de ce questionnaire ont permis rapidement de faire un état des lieux sur l’opinion des usagers sur le geste de tri. Le recueil de ces avis et suggestions a avantageusement contribué à affiner le protocole pour répondre aux besoins énoncés via le questionnaire, en plus d’avoir renforcé le sentiment d’implication du locataire. III.3. Les évaluations des performances de tri avant/après : Graphique n°4 à 6 III.3.1 Les évaluations 0 L’état des lieux ou évaluation 0 a permis tout d’abord de constater une disparité dans les notes obtenues par les résidences (graphique n°4, barres vertes). Ces différences peuvent être expliquées par la configuration des bacs. La résidence la plus performante, c’est-à-dire qui mêle quantité et qualité du tri se trouve être le Clos d’Arènes (note : 7,1). L’explication peut venir du fait que ses bacs verts sont operculés et verrouillés. Les quantités collectées restent moyennes du fait de l’ouverture réduite de ceux-ci. Pourtant, le nombre de bacs pour le nombre total de résidents est faible. La seconde position est obtenue par la résidence les Iris, futur témoin (6,46). Certains de ses bacs sont operculés et verrouillés, d’autres ont leur serrure cassée et se présentent Rapport de stage – Camille Kruch – M1 IEGB – Mars à Juillet 2008

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Question n°6

Parmi les sources d’informations suivantes, quelles sont celles qui vous ont été utiles ou qui pourraient vous être utiles dans la mise en place et l’amélioration de votre tri des déchets et emballages ménagers ? -Les autocollants sur les bacs (15) -Les médias locaux (12) -Les médias nationaux (12) -Les codes couleurs instaurés en fonction de la nature des déchets à trier (10)

Liste des

-Les ambassadeurs du tri (9)

occurrences -Le bouche à oreille (8) par ordre décroissant

-Le magazine intercommunal (7) -Le guide du tri distribué en boîte aux lettres (7) -Les campagnes d’affichages sur le tri des déchets (4) -Le magazine municipal (3) -Les services de la Mairie et/ou de la Communauté d’Agglo (3) -Les manifestations ou expositions locales (3)

Tableau n°5 : Liste des réponses à la question n°6 (N.B : les occurrences inférieures à 3 ont été omises pour des raisons de concision)

Graphique n°4. : Moyennes générales des deux phases d’évaluation par résidence et test statistique

*Différence

entre les échantillons appariés significatifve pour p=0,05. Détail du test de Wilcoxon : Les Iris : T=61,5, n=25 ; Caquot-Freyssinet : T=209, n=41 ; Clos d’Arènes : T=50, n=15 ; Le Patio : T=68,5, n=25.


comme des bacs à ouverture standard. La signalétique est pratiquement absente hormis les autocollants décolorés voire déchirés sur les bacs. Les résidences Caquot-Freyssinet et le Patio obtiennent des notes modestes (3,53 et 4,16 respectivement). Leurs bacs sont présentés avec le couvercle ouvert de façon permanente, ce qui permet un dépôt rapide. Même dans le cas d’un local dédié au tri sélectif (cas de la résidence Caquot-Freyssinet), la qualité du tri reste passable. III.3.2 Les évaluations 1 : Impacts du changement de couleurs, de nature de bacs et des actions de communications Partant

du constat que les résidences ont des résultats différents en terme de

performance de tri à l’évaluation 0, les comparaisons avant/après vont être intrinsèques à chaque résidence. La plus importante augmentation et la plus grande chute des notes entre l’évaluation 0 et 1 d’une même résidence seront donc interprétées comme étant respectivement la condition la meilleure pour obtenir un tri de qualité et la condition la moins propice. Avant cela, il convient de vérifier que les différences obtenues entre les deux phases d’évaluation ont une signification statistique. La significativité des différences avant/après actions est vérifiée par la statistique de Wilcoxon pour échantillons appariés. Il est important de noter que la statistique T de Wilcoxon n’a pas été calculée avec les moyennes des performances de tri, puisque c’est un test non paramétrique, mais avec chaque évaluation des bacs répétée 5 fois pour chaque phase. Par souci de concision, toutes ces données ne sont pas présentées. Seules leurs moyennes, plus lisibles, sont montrées dans le graphique n°4. Le Patio et Caquot-Freyssinet montrent une augmentation significative de leur note au seuil p=0,05. Les Iris, résidence témoin, présente une baisse de sa note, au même seuil de significativité. Ces trois résultats pourront donc être exploités et être sujets à interprétations. Enfin, la diminution de la note du Clos d’Arènes n’est pas significative, en parti dû au fait que le nombre de bacs évalués a été faible (n=15). Il convient donc de rester prudent sur la tendance que ces moyennes suggèrent. Les performances globales de tri des résidences sont hétérogènes. Le graphique n°4 montre les intervalles entre les moyennes des notes avant/après, ainsi que leur écart-type. La plus grande augmentation de performance de tri (+2,20) est

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Graphique n°5 : Notes moyennes évaluant la quantité du tri des résidences et test statistique Différence entre les échantillons appariés significative pour *p=0,05 **p=0,01. Détail du test de Wilcoxon : Les Iris : T=38, n=19 ; Caquot-Freyssinet : T =141, n=32 ; Clos d’Arènes : T=14, n=14 ; Le Patio : T=86, n=21.

Graphique n°6 : Notes moyennes évaluant la qualité du tri des résidences et test statistique ** Différence entre les échantillons appariés significative pour p=0,01. Détail du test de Wilcoxon : Les Iris : T=39,5, n=21 ; Caquot-Freyssinet : T=227,5, n=29 ; Clos d’Arènes : T=3, n=10 ; Le Patio : T=13,5, n=17.


rencontrée au Patio. Vient ensuite la résidence Caquot-Freyssinet avec une augmentation de +1,51 après actions. Ensuite, pour les diminutions de notes, la résidence les Iris présente une note diminuant de 0,73 point. La résidence le Clos d’Arènes voit aussi sa note baisser de 0,66 mais, comme indiqué plus haut, cette différence n’est à priori pas significative. En résultat partiel, la condition dans laquelle s’est retrouvé le Patio semble donc la plus propice à un changement positif des performances de tri. À l’opposé, les Iris, en absence de communication et d’information sur le changement de couleurs des bacs, fait preuve d’une baisse de ses performances de tri. Pour une interprétation plus détaillée des résultats, il convient de découper la note globale de performance de tri en regardant la quantité du tri d’une part et la qualité d’autre part. En rappel, la note globale de performance est une somme de notes attitrées à la quantité (niveau de remplissage du bac), à la qualité (nature des déchets présents) et à un niveau de refus (volume d’indésirables présents). Les quantités collectées semblent plus importantes dans les bacs standards Le graphique n°5 montre spécifiquement la note quantité allant de 0 à 4. La quantité présente dans les bacs en phase d’évaluation 1 augmente dans toutes les résidences dont témoin, sauf au Patio. Ces augmentations sont toutes significatives au seuil p=0,05. Pour le Patio, le fait que la quantité baisse n’est pas significative statistiquement. Puisque le témoin a vu ses quantités collectées augmenter, il est probable que le changement de nature de bac, passant d’operculé à standard, ait provoqué les accroissements observés dans toutes les résidences où les bacs sont devenus standards. La résidence Caquot-Freyssinet dans la phase d’évaluation 0 possédait déjà des bacs à capot ouvert de façon permanente. Pourtant, les quantités collectées augmentent également dans cette résidence. On peut attribuer ce fait au regain d’attention qu’a provoqué l’action de communication dans cette résidence. Les résidents se sont mis à trier plus à la suite de la distribution du guide de tri. Les quantités collectées augmentent avec la proximité de la communication Il semble qu’il existe également un effet de la proximité de la communication. L’augmentation des quantités collectées au Clos d’Arènes est plus élevée que celle observée à Caquot-Freyssinet, qui est plus grande que celle constatée aux Iris (Graphique n°5). En comparaison donc avec la résidence témoin, les quantités collectées augmentent plus dans les Rapport de stage – Camille Kruch – M1 IEGB – Mars à Juillet 2008

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résidences où une action d’information a été mise en place, et cette augmentation gagne en importance avec le niveau de proximité de la communication. La qualité augmente si les bacs deviennent operculés Le graphique n°6 montre spécifiquement la note qualité allant de 0 à 4. Le Patio est la seule résidence à montrer une nette augmentation de la qualité de ses bacs de tri. Ses bacs étant devenus operculés, cette augmentation semble due à la contrainte de l’ouverture restreinte. La résidence Caquot-Freyssinet présente une qualité qui change peu après le changement de couleurs de bacs. Pendant la phase d’évaluation 0, ses bacs pour le tri des emballages étaient constamment à capot ouvert. Le fait d’avoir changé la couleur mais pas la nature de ces bacs n’a pas bouleversé les habitudes des locataires, la qualité n’a donc pas changé. La seconde observation est que les écart-types des moyennes des résidences sont plus importants dans la phase évaluation 1. En effet, les notes lors de cette phase étaient assez changeantes d’une semaine à l’autre et avaient une tendance à s’améliorer au fur et à mesure du temps. La durée de l’évaluation 1 n’a pas permis de confirmer cette tendance. L’impact des actions de communication semble moins fort que la contrainte de la nature du bac. En regardant de plus près l’impact des actions de communications, sur le graphique des notes globales de performance de tri (graphique n°4), la comparaison entre les performances du Clos d’Arènes et du Patio permet d’affirmer, qu’à action de communication de proximité égale, la résidence avec des bacs operculés obtient une meilleure performance en terme d’amélioration. En ce qui concerne l’augmentation des performances de la résidence CaquotFreyssinet, l’action courrier +distribution du guide de tri a permis de relancer le geste de tri (augmentation des quantités collectées) mais pas sa qualité (note presque identique). Un changement de couleur de bac sans action de communication adressée au locataire provoque une baisse des performances de tri, c’est le cas des Iris. Les résultats de la phase d’évaluation 1 ont justifié le fait d’aller plus loin dans l’expérimentation. Afin de vérifier que la baisse de la qualité du tri dans les trois résidences autres que le Patio est bien due à l’absence de bacs operculés, la suite de l’expérience en cours consiste à remplacer tous les bacs standards par des bacs operculés. Les résultats permettront Rapport de stage – Camille Kruch – M1 IEGB – Mars à Juillet 2008

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de donner des éléments supplémentaires pour préciser si l’amélioration du tri aussi forte observée au Patio est due à l’ouverture restreinte des bacs ou aux actions de communications de proximité. Une des suggestions des usagers à travers le questionnaire a été prise en compte pour la suite de l’expérimentation. Il s’agissait d’une dotation d’un équipement spécial dédié à recevoir les emballages dans la cuisine. Eco-Emballages a pu fournir peu de temps après des sacs de pré-collecte de 20 litres, en plastique rigide, sur lesquels les consignes de tri sont imprimées. Ces sacs ont été distribués par ACM dans les résidences où les questionnaires avaient été soumis, ceci dans le but de renforcer le sentiment d’écoute des avis des usagers, et donc leur implication dans la démarche de tri. L’impact sur la qualité du tri de ces nouvelles configurations va être prochainement étudié. .

IV. Discussion Cette étude a eu pour but d’éclaircir les impacts que pouvaient avoir la communication plus ou moins de proximité et la nature des bacs de tri sur les performances de tri en habitat vertical. À l’issue de l’analyse des résultats, les hypothèses sur lesquelles est basée l’expérience sont maintenant discutées. Quelques soient les conclusions, il faut rappeler que la petite échelle de cette expérimentation impose la prudence sur la généralisation de ses résultats. 1) Toutes les résidences ont une amélioration du tri en quantité et qualité, supérieure à la résidence témoin où aucune action de communication n’est effectuée. Cette hypothèse se révèle être infirmée par les résultats. Il n’y a qu’une seule résidence où l’amélioration de la qualité du tri a été effective. Les autres résidences ont augmenté leurs quantités collectées mais le niveau de qualité a diminué. Ces accroissements de quantités collectées semblent corrélés avec la proximité de l’action de communication. Plus la proximité de l’action est grande, plus les résidents s’impliquent dans le geste de tri, mais la qualité ne suit pas forcément. L’étude ne permet pas de définir si c’est le nombre de trieurs qui augmente ou la quantité de déchets triés par foyer. Il pourrait être intéressant d’éclaircir ce point, afin de savoir si une action de proximité renforce un foyer qui trie déjà ou recrute de façon effective un non trieur. Quant à savoir quelle est l’action qui incite davantage les locataires à trier entre le questionnaire et le démarchage en porte-à-porte, les conditions expérimentales de l’étude ne Rapport de stage – Camille Kruch – M1 IEGB – Mars à Juillet 2008

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permettent pas de le dire, ces deux actions ayant été réalisées ensemble sur les deux résidences Patio et Clos d’Arènes. 2) Les résidences où un démarchage en porte-à-porte a été effectué présentent une performance de tri supérieure à une résidence où seule une communication écrite a été faite. Il est difficile de trancher quant à infirmer ou affirmer cette hypothèse. L’effet de la communication de proximité sur les quantités vient d’être démontré. Mais l’amélioration des performances au niveau de la qualité ne semble pas fonction de la proximité de la communication. Un protocole englobant plus de résidences et plus de conditions expérimentales pourrait apporter plus d’informations. Pour réellement isoler l’impact des actions de communications de celui de la nature des bacs, deux résidences devraient se trouver par condition « action de communication », une avec des bacs standards et une avec des bacs operculés. Toutes ces conditions n’ont pas pu être testées par manque de temps et de moyens. 3) Une résidence qui possède des bacs operculés montre une qualité de tri plus grande qu’une autre résidence avec des bacs standards. Cette hypothèse est vérifiée par l’étude. À communication de proximité égale, un bac operculé présente une qualité de très loin supérieure à un bac standard. Ceci montre que l’autodiscipline des résidents, informés pourtant de l’importance de la qualité des déchets (déposés en vrac, sans sacs ni films plastiques…), n’est pas automatique et n’est observée que lorsque le bac de tri présente la contrainte d’une petite ouverture. Si la qualité du tri dans un bac operculé augmente, la quantité collectée a tendance à diminuer. Il y a donc là un choix à faire pour la Communauté d’Agglomération de Montpellier au niveau de ses exigences de son centre de tri, en terme de quantités collectées et de qualité de tri. Sachant que son taux de refus annuel est assez élevé, cette étude incite à mettre en place des bacs jaunes operculés dans les habitats collectifs pour l’harmonisation des couleurs prévue cet automne. La suite de cette étude consiste à vérifier l’impact d’un bac operculé sur les performances de tri en fonction de la communication effectuée. Ces bacs ont été nouvellement installés à la place de tous les bacs standards. Les évaluations prochaines vont ainsi permettre d’attester les conclusions de ces deux précédentes phases d’évaluations. Une autre variable introduite est le sac cabas de pré-collecte distribué dans deux résidences. Il sera intéressant

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d’observer l’effet sur la quantité ou la qualité du tri. Enfin, il est important de continuer les évaluations des performances de tri dans ces résidences plusieurs semaines encore après les actions de communications, afin de suivre les comportements des résidents et leur évolution. L’idée est de définir les conditions qui pérennisent les attitudes positives face au tri des emballages. La poursuite de ces expérimentations a pour but de trouver les configurations optimales de communication, d’équipement et d’information afin d’obtenir un tri satisfaisant et constant dans les habitats collectifs, qui restent à l’heure actuelle un point noir dans la gestion des déchets. Autre actualité avec laquelle cette étude et ses résultats ont un lien, la mise en place du tri des biodéchets pour l’usine de méthanisation va nécessiter une évaluation des performances de tri. Aussi, la méthodologie appliquée dans cette expérience est-elle testée pour savoir si elle est pertinente. La critique principale la concernant serait au niveau du système de notation englobant quantité ET qualité. Le fait de les regrouper dans une note globale masque ou atténue les fluctuations des performances pour chacune de ces deux variables. Ces atténuations ne donnent pas forcément une idée correcte de la réalité et peuvent amener à des interprétations incomplètes voire fausses. Les prochaines grilles d’évaluation de performance devront traiter indépendamment qualité et quantité. La seconde critique est que les résidences choisies pour l’expérience n’étaient pas homogènes au départ en terme de performances de tri, ce qui a rendu l’analyse des résultats plus difficile. Il aurait été préférable de pré-évaluer un certain nombre de résidences et de choisir pour l’expérience un échantillon qui aurait des performances similaires. Bien entendu, ces contraintes au niveau du recrutement de l’échantillon et de sa validité scientifique ne sont pas forcément compatibles avec la réalité du terrain et les possibilités des partenaires. En dernier point, le questionnaire d’Éco-Emballage a apporté des informations sur l’opinion et les attitudes des résidents face au geste de tri. A priori, les locataires se sentent plutôt bien informés sur le tri sélectif des déchets. Il n’y a donc pas de grande campagne d’informations à refaire à l’échelle de l’Agglomération. Il est intéressant de constater que les mêmes critiques (manque de place et d’équipement) concernant le geste de tri sont énumérées dans d’autres sondages non-français (Werner et al., 1998). Cette similitude d’opinion se retrouve dans la préférence pour la source d’information sur le tri des déchets. Les médias nationaux, la télévision principalement, sont les vecteurs de communication suggérés comme étant les meilleurs (Vining, 1990). La communication de masse par la télévision, quoique très onéreuse, serait donc un très bon moyen de sensibiliser et d’éduquer les foyers au geste de tri de façon influente, mais aussi à la protection de l’environnement en général. Rapport de stage – Camille Kruch – M1 IEGB – Mars à Juillet 2008

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V. Conclusion Le tri des emballages est un geste maintenant établi dans la plupart des communes françaises. À l’instar d’autres pays comme les Etats-unis où l’apport de ces déchets recyclables est volontaire, la collecte sélective en porte-à-porte amoindrit les efforts fournis par les ménages français. La qualité de ce tri n’est pas systématiquement au rendez-vous et le cas de l’habitat vertical reste un souci pour les agglomérations. Cette étude a permis de donner quelques éléments de réponse à cette problématique. Pour améliorer la qualité du tri des emballages dans l’habitat collectif, l’information orale ou écrite ne semble pas suffire. La contrainte venant de l’équipement même, limitant le dépôt de déchets indésirables, a prouvé être plus efficace encore. Pour augmenter les quantités collectées, la communication orale semble jouer un rôle majeur. Une implication plus grande du résident est induite par le contact avec le messager du tri et par le sentiment d’écoute de son opinion. En tenant compte de ces conclusions qui restent à petite échelle, une communauté de communes doit donc adapter son action selon sa priorité : une communication de proximité pour augmenter les quantités de déchets recyclables collectés, ou la mise en place d’un équipement empêchant les erreurs de tri pour améliorer la qualité. La combinaison des deux actions présente un bon compromis de performance, selon cette étude. Enfin, un partenariat et une bonne coordination entre bailleur, syndic et collectivité locale permettent d’optimiser ces actions et leurs conditions de déroulement, si les objectifs sont partagés.

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BIBLIOGRAPHIE Allan T., Pratt B., Morris D., 1989, Beyond 25 percent : Materials recovery comes of age, Washington D.C., USA : Institute for Local Self-Reliance. Arbuthnot J., Tedeschi R., Wayner M., Turner J., Kressel S., Rush R., 1977, The induction of sustained recycling behavior through the foot-in-th-door technique. Journal of Environmental Systems, 6 : 353-366. Barbier R., 2002, La fabrique de l’usager. Le cas de la collecte sélective des déchets, Flux 2002/2-3 n°48-49 : 35-46. Bernard P.A., Delaporte A., Nos Déchets en question, ADICE Éditions, Paris, 2007, 128p. De Young R.,1986, Some psychological aspects of recycling : the structure of conservation satisfactions. Environment and Behavior 18 : 435-449 Everett J.W., Peirce J.J., 1992, Social networks, socioeconomic status and environmental collective action : residential curbside block leader recycling, Journal of Environmental Systems, 21: 65-84 Everett J.W., Peirce J.J., 1993, Curbside recycling in the USA : convenience and mandatory participation, Waste and Management Research, 11 : 49-61 Forum Éco-Emballages Région Sud, 24 juin 2008, Aix-en-Provence. Jacobs H.E., Bailey J.S., 1982, Evaluating participation in a residential recycling program., Journal of Environmental Systems, 12 : 141-152. Nyamwange M., 1996, Public perception of strategies for increasing participation in recycling programs, Journal of Environment Education, 27 : 19-24.

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Vicente P., Reis E., 2008, Factors influencing households’ participation in recycling. Waste Management and Research, 26 : 140-146. Vining J., Ebreo A., 1990, What makes a recycler ? A comparison of recyclers and nonrecyclers., Environment and Behavior, 22 : 55-73. Werner C.M, Turner J., Shipman K., Twitchell F.S., Dickson B., Bruschke G.V., Bismarck W.B., 1995, Commitment, behavior and attitude change : an analysis of voluntary recycling., Journal of Environmental Psychology, 15 : 197-208. Werner C.M., Makela E., 1998, Motivations and behaviors that support recycling., Journal of Environmental Psychology, 18 : 373-386.

WEBOGRAPHIE www.ademe.fr www.ecoemballages.fr

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-ANNEXES-

Annexe 1

Grille d’évaluation des performances de tri

Annexe 2

Courrier du bailleur envoyé aux locataires

Annexe 3

Fiche de suivi du démarchage

Annexe 4

Guide de tri distribué

Annexe 5

Questionnaire Baromètre d’opinion

Annexe 6

Maquette du Panneau d’affichage PVC

Annexe 7

Exemple d’affiche pour les halls d’entrée

Annexe 8

Tableaux croisés des résultats du questionnaire

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Annexe 1 : Grille d’évaluation des performances de tri

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Annexe 2 : Courrier du bailleur envoyé aux locataires

AGENCE LEMASSON 150 rue Ferdinand de Lesseps 34070 MONTPELLIER

Montpellier, le 12 Mai 2008, A l’attention des locataires Résidences Caquot – Freyssinet,

des

Objet : Changement de bacs de collecte Madame, Monsieur, J’ai le plaisir de vous informer que dans le cadre de l’amélioration des installations de collecte sélective en habitat collectif, l’Agglomération de Montpellier va procéder à l’harmonisation des bacs de tri sélectif dans l’ensemble de l’Agglomération et votre Résidence a été choisie en priorité pour la mise en place des nouveaux bacs. Ces bacs seront désormais de couleur grise avec un couvercle jaune. Pour vous permettre d’effectuer un meilleur tri, la dotation en nombre de bacs va également être modifiée pour une meilleure adaptation à vos besoins. Cette opération aura lieu dans la semaine de 19 au 24 Mai 2008. Nous espérons que ces nouveaux équipements contribueront à l’amélioration de la qualité du tri dans votre Résidence, A. POMMEREAU Directrice de l’Agence Rapport de stage – Camille Kruch – M1 IEGB – Mars à Juillet 2008


Date

Résidence

Bâtiment

N° logement Absent

Refus

Documentation laissée

Annexe 3 : Fiche de suivi du démarchage

Nom

Présent

a lu courrier

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a vu affichette

Qualité accueil


Annexe 4 : Guide du tri des déchets distribué

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Annexe 5 : Questionnaire-Baromètre d’opinion

Enquête en Porte à Porte

 QUESTIONNAIRE SIGNALETIQUE

S1 - Sexe 1

Homme

2

Femme

S2 - Quel est votre âge ? 1 2

18-24 ans 25-34 ans

3 4

35-44 ans 45-54 ans

5 6

55-64 ans 65-74 ans

7

75 ans et plus

S3 – Vivez-vous ? 1

seul (enfants ou pas)

2

en couple

3

En recherche d’emploi Retraité

3

chez vos parents

S4 – Le chef de famille est-il… 1 2

Actif Inactif / au foyer

4

5

Étudiant

Filtre : Aux actifs S5 - Quelle est la profession du chef de famille ? Agriculteurs exploitants Artisans, commerçants, chefs d’entreprise 3 Cadres et professions intellectuelles supérieures 4 Professions intermédiaires et cadres moyens 5 Employés 6 Ouvriers 7 Au foyer 1 2

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1 - Pensez-vous que trier ses déchets et emballages ménagers au quotidien est un geste… ? (Consigne enquêteur : Citer – une seule réponse possible)  Très facile  Plutôt facile  Peu facile  Pas du tout facile  Ne Se Prononce pas

2 – Pour quelles raisons trouvez-vous ce geste pas ou peu facile ? (Consigne enquêteur : Ne rien suggérer – bien relancer les réponses) ……………………………………………….. ……………………………………………….. ………………………………………………..

3 - Dans quelles proportions les déchets d’emballages ménagers sont-ils triés dans votre foyer ? (Consigne enquêteur : Citer – une seule réponse possible)  Tout ou presque  La moitié  Moins  Rien  Ne Se Prononce pas

4 – Qu’est-ce qui aujourd’hui pourrait vous inciter à trier (davantage) vos déchets et emballages ménagers ? (Consigne enquêteur : Ne rien suggérer – bien relancer les réponses) ……………………………………………….. ……………………………………………….. ………………………………………………..

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5 - De façon générale, estimez-vous être bien informé sur le tri sélectif des déchets et emballages ménagers ? (Consigne enquêteur : Citer – une seule réponse possible)  Très bien  Plutôt bien  Plutôt mal  Très mal  Ne Se Prononce pas

6 - Parmi les sources d'informations suivantes, quelles sont celles qui vous ont été utiles ou qui pourraient vous être utiles dans la mise en place et l'amélioration de votre tri des déchets et emballages ménagers ? (Consigne enquêteur : Citer et cocher – plusieurs réponses possibles)  Média nationaux : TV, Radio, Presse, affichage  Les médias locaux de votre collectivité (TV, radio, presse, affichage, spot cinéma)  Le magazine municipal  Le magazine intercommunal (Communauté d’Agglo)  Le guide du tri distribué en boite aux lettres  Les autocollants sur les bacs  Les informations mentionnées sur les sacs plastiques réservés au tri  Les codes couleurs instaurés en fonction de la nature des déchets à trier  Des campagnes d’affichage sur le tri des déchets  Des manifestations ou expositions locales  Les ambassadeurs du tri (les messagers du tri) (= des gens qui passent à domicile pour vous informer sur le tri)  Les services de la Mairie et/ou de votre intercommunalité (Communauté d’Agglo)  Les associations  Bouche à oreille (famille, amis, collègues de travail, voisins…)  Internet  Un numéro vert  Autres

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Annexe 6 : Maquette des panneaux d’affichage en PVC

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Annexe 7 : Exemple d’affiche pour les halls d’entrée réalisée pour chaque résidence

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Annexe 8 : Tableaux croisés des résultats du questionnaire

Question 5 : Estlmez vous être bien informé sur le tri sélectif des déchets et emballages ménagers ? Question 3 : Dans quelles proportions les déchets ménagers sont-ils triés dans votre foyer ? La moitié Moins Rien Tout ou presque Total %

Plutôt bien

Plutôt mal

16,9 7,7 6,2 12,3 43,1

3,1 6,2 4,6 4,6 18,5

Très bien

Très mal

6,2 1,5 6,2 16,9 30,8

Non renseigné

Ne se prononce pas

1,5

1,5

1,5

3,1

1,5

3,1

3,1

Total %

29,2 15,4 21,5 33,8 100,0

Pourcentages répartis en fonction des réponses aux questions 3 et 5.

Question 5 : Estlmez vous être bien informé sur le tri sélectif des déchets et emballages ménagers Question 1 : Pensez-vous que trier ses déchets et emballages ménagers au quotidien est un geste…? Ne fait pas le tri Pas du tout facile Peu facile Plutôt Facile Tres Facile Ne se prononce pas Total %

Plutôt bien

Plutôt mal

Très bien

Très mal

1,5 1,5 9,2 29,2 3,1 43,1

3,1 12,3 3,1 18,5

10,8 7,7 10,8 30,8

Non renseigné

Ne se prononce pas

1,5 1,5 1,5 1,5

1,5

1,5 3,1

Pourcentages répartis en fonction des réponses aux questions 1 et 5.

Rapport de stage – Camille Kruch – M1 IEGB – Mars à Juillet 2008

3,1

Total %

3,1 3,1 24,6 50,8 16,9 1,5 100,0


L’amélioration du tri des déchets en habitat collectif : comment optimiser quantité et qualité ?