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Camille Bes

Mayonnaise


Camille Bes

ĂŠ

Mayonnaise ĂŠ


MARLÈNE


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Marlène est une dame de 86 ans. Son dernier emploi fut secrétaire de direction dans une entreprise qui fabriquait des conteneurs pour transporter de la marchandise via les voies maritimes. Elle y resta 10 ans. Auparavant, elle avait changé plusieurs fois d’entreprise. Mais elle nous a principalement parlé de cette dernière. Mariée très tard, sans enfants, elle eut beaucoup d’amants « qui furent essentiellement ses patrons », nous confia son filleul. Elle vécut en banlieue parisienne mais attention, « une banlieue chic ! », comme elle. Car « le reste des banlieues n’est pas très fréquentable ! », nous lanca-t’elle. Marlène est une dame très distinguée. Elle aime les belles choses et les bonnes manières. Elle aime les bijoux mais pas les fantaisies, elle les préfère vrais, en or et en diamant. Bien que son goût pour les objets de valeur soit très prononcé,

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elle reste délicate dans sa mise en beauté. Marlène est une femme petite, menue, coiffée en mise en plis assumant ses cheveux blancs et habillée principalement de soie de couleurs prudentes. Je remarquai tout de suite que tout était bien assorti et maitrisé, jusque dans les moindres détails mûrement réfléchis. Cela me toucha beaucoup et je la complimentai. D’un air entendu elle me dit : « Vous savez Camille, cela n’est rien. Je refuse de boire mon thé dans une tasse qui n’est pas en porcelaine ! Même depuis le décès de mon mari, survenu il y a 18 ans, je continue de mettre les petits plats dans les grands! C’est comme ça que cela doit être. » Nous avons ri de bon coeur. Au fond, j’étais un peu gênée de cette rigidité car Marlène se voulait d’esprit ouvert. Mais ce qui m’importait, c’était de faire bonne impression, je l’écoutai donc et acquiesçai. J’aimais ça, jouer le rôle d’une jeune femme de son monde et j’y arrivais très bien. Je crois que c’est parce que j’aime aussi les belles choses et je ne serais pas contre de boire mon thé dans une jolie tasse en porcelaine avec la sous tasse assortie, cela va de soi. J’ai rencontré Marlène cet été à l’occasion d’une exposition dans la chapelle de Beaulieu-Sur-Mer, à laquelle je participais en collaboration avec Marine, mon amie. Beaulieu-Sur-Mer se trouve sur la côte d’azur à mi-chemin entre Nice et Monaco. C’est un village très chic, comme Marlène.

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Une semaine par an, Marlène descend sur la côte pour voir sa famille et profiter de ses beaux paysages et de ses bons restaurants. Marlène est la cousine germaine de la mère du père de mon amie Marine. Elle n’avait connue Marine qu’enfant et était très heureuse de la revoir depuis tout ce temps. Enthousiasmée par ces retrouvailles, elle voulait découvrir son travail et nous a fait l’honneur de plusieurs visites, durant nos heures de gardiennage de l’exposition, malgré la chaleur écrasante. Lors de sa première visite, Marlène fut très appliquée : elle lut tous nos textes et regarda chacune de nos pièces en détail. Elle sembla intéressée. Marlène préféra les aquarelles car elle aimait ce qu’elles représentaient : la mer. C’est Marine qui avait réalisé ces petites aquarelles d’horizons marins lors de nos vacances estivales. La mer était saupoudrée de paillettes afin d’imiter le reflet du soleil sur les vagues et dans le coin supérieur droit du ciel, elle avait inscrit en rose fluo, au pochoir : « -50 % ». Encadrée dans un format A4, l’aquarelle était seulement au format carte postale 10 x 15 cm. Ces aquarelles ont beaucoup plu aux visiteurs de l’exposition. Marlène, en gage de soutien, souhaita en acquérir une, mais celle de son choix était déjà vendue. Marine gentiment lui proposa de lui en réaliser

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une autre du même acabit. Marlène ravie, accepta et demanda alors : « Vu que celle-ci est à moins cinquante pour cent, combien me vendrais-tu celle que tu vas me faire ? » Un peu gênée de parler d’argent, Marlène rit. Marine rit aussi de la finesse de la blague de Marlène et lui répondit : « Je te la fais à 60 euros ! » Marlène, ravie du prix, conclut le marché en sortant son chéquier et officialisa sa commande. Une fois Marlène partie, Marine s’affaira à la réalisation de l’aquarelle mais cette fois elle opta pour une orientation portrait et décida d’y apposer à l’acrylique la réduction de 30 %. Toujours le même sujet, la mer bleue, le ciel bleu, les paillettes. Le surlendemain, l’aquarelle terminée, Marlène revint nous voir. Marine lui montra le résultat. Marlène fut enchantée, mais avant de repartir l’œuvre sous le bras, elle lui demanda d’ôter « l’étiquette » qui indiquait -30 %. Le pic du quiproquo était là ! Marine, usant de sa bienveillance à l’égard de la vielle dame, réussit, sans la vexer, à lui expliquer que cette étiquette  n’en était pas une et qu’elle faisait partie intégrante de l’œuvre. Une fois le malentendu dissipé, Marlène commanda à Marine une autre aquarelle sans étiquette : uniquement la mer, le ciel, l’horizon et les paillettes. Marine accepta sans laisser paraître une once d’agacement, car Marlène lui avait déjà réglé les soixante euros ! Malgré tout, Marlène, embarrassée

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de doubler le volume de travail de Marine, voulut se justifier en nous disant qu’elle était très attachée à posséder l’un de nos travaux mais que le reste de l’exposition n’était pas tout à fait à son goût. « Cela ne peut pas plaire à tout le monde, les goûts et les couleurs ça ne se discute pas ! » Nous rîmes ensemble et elle reconnut néanmoins notre talent et notre don inné pour l’art. Elle nous complimenta également pour notre précision d’exécution car Marlène «  aime les choses bien faites. » Bien que nous ne soyons pas en accord avec cette vision des choses, nous acquiesçâmes en souriant à pleines dents. L’aquarelle tant attendue pas Marlène fut enfin prête. Marine était déçue que son œuvre ne fasse plus sens, mais n’en fit pas part à Marlène. Lorsque Marlène entra dans l’exposition pour la troisième fois elle était accompagnée de sa belle fille. Cette dernière fit le tour de l’exposition en un temps record et rejoignit Marlène qui s’était assise à côté de nous à l’entrée. Voyant que Marlène récupérait sa peinture, elle nous coupa un peu maladroitement : « Je vous prendrais bien quelque chose, mais rien n’irait avec le style de mon salon ! »  Abasourdies pas cette phrase, ni Marine ni moi ne savions quoi dire. Nous nous sommes regardées furtivement et avons décidé d’un commun accord dans la seconde, de sourire d’un air entendu, penchant nos têtes légèrement sur la gauche. Après leur

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départ nous avons ri. Dans l’euphorie, que je reconnais puérile, j’ai commencé à donner des coups de pinceau obliques sur une feuille légèrement cartonnée, dédiée à la pratique de l’aquarelle. Le tout formait une tâche en dégradé de tons bleus, gris et verts. Au bas de la peinture je me suis appliquée à écrire « Je vous prendrais bien quelque chose mais rien n’irait avec le style de mon salon ! » Et cette feuille resta là, comme abandonnée, sur le coin de la table, tout au long de l’exposition. Sa semaine azuréenne s’achevant, Marlène souhaita nous saluer. Pour sa quatrième et dernière visite j’étais absente, un malheureux hasard. Marine l’accueillit et la fit s’asseoir devant notre table de travail. L’aquarelle se trouvant posée négligemment sous ses yeux. Elle ne la remarqua pas tout de suite puis discutant une fois de plus de ses goûts en matière de peinture et cherchant un exemple, elle vit mon aquarelle et s’exclama : « Tu vois Marine, ça, j’adore ! Cette peinture irait à merveille dans mon salon. Il y a beaucoup de tons bleutés, ce serait superbe ! » Marine appréhendait le fait que Marlène puisse lire la phrase, et fasse le lien. Par chance, cela n’arriva pas!

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NÃŽMES


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Au cours des vacances d’été, nous sommes allés, avec des amis, au Musée Régional d’Art Contemporain de Sérignan qui présentait une exposition personnelle de Bruno Peinado, Il faut reconstruire l’Hacienda . L’exposition nous a beaucoup plu mais je ne m’attarderai pas là-dessus. À la fin de la visite nous avons fait un tour dans la « boutique cadeaux souvenirs ». J’adore les « boutiques cadeaux - souvenirs » des musées. Au MRAC, je me suis offert un pin’s de Bruno Peinado. Étant donné que je n’ai pas les moyens de collectionner les œuvres d’art, je collectionne leurs produits dérivés et autres goodies. J’étais vraiment très heureuse de cette trouvaille, pour le modeste prix de quatre euros, j’ai pu acquérir ce pin’s, dérivé d’un dessin de Bruno Peinado, édité à seulement 300 exemplaires !

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Dans les boutiques cadeaux, il y a plus souvent des dérivés de lieux, que d’œuvres. Ces objets m’amusent, parfois je pense aux porte-clefs des minuscules tours Eiffel vendus au pied de la grande et majestueuse vraie tour Eiffel. Ces objets ont pour fonction de valider la visite mais aussi d’en emporter un tout petit bout. Je pense que si l’on additionnait toutes les mini-tours Eiffel du monde on pourrait certainement en reconstruire plusieurs à l’échelle une. En payant à la caisse du MRAC, je suis tombée sur le flyer de l’exposition d’Ugo Rondinone au Carré d’Art de Nîmes qui avait débuté en avril et devait se terminer le 18 septembre 2016. Tout comme les produits dérivés, les flyer diffusent les expositions. Or, si nous devons comparer ces deux outils de communication, il est clair que les flyers font bien pâle figure (à cause de leur gratuité bien sûr). Malgrè mon indifférence pour le support de communication, il fit son travail et je pris la résolution d’aller visiter l’exposition d’Ugo Rondinone. J’ai passé deux ans de ma vie à Nîmes lors de mon adolescence pour y étudier l’esthétique. Pas l’esthétique comme on peut l’entendre dans le contexte des arts plastiques. Là, il s’agissait de l’esthétique des mains, des pieds mais aussi des ongles, de leurs cuticules et de leurs limage, de l’épilation des poils

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des jambes, des aisselles, des bras, et du maillot, des soins du visage, des peaux grasses avec comédons et pustules, des peaux déshydratées avec pelures et dartres, des peaux vieillissantes avec leurs rides et leurs contours de visage à caractère atone. Je me souviens encore du bruit grinçant de la lime au contact de l’ongle, des peaux mortes qui n’étaient pas les miennes, de la douleur de l’épilation, de mon intimité bafouée par des profs souhaitant faire une démonstration de l’épilation du maillot échancré devant toute la classe. Enfin, il y avait tout de même des bons côtés. Le week-end seulement, je devais rentrer chez mes parents, mais ce n’était pas une partie de plaisir. J’ai vite trouvé l’alternative de passer les week-end chez mes copines. Ces études m’ont permis de valider un baccalauréat professionnel en Esthétique, Vente et Conseil et aussi de découvrir le monde de la beauté, du soin et du bien-être. Il y avait aussi une petite partie créative où l’on apprenait à réaliser des maquillages du visage et même des maquillages d’ongles en forme de lunule, gouttelettes, zébrures et autres marbrages. C’était un travail très minutieux qui demandait beaucoup de dextérité et de pratique. On s’appliquait à réaliser des peintures d’ongles qui n’allaient rester que quelques minutes en place, car il fallait s’exercer de nouveau afin d’arriver à la peinture parfaite, elle aussi effacée la minute suivante. Nous alternions

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les fonctions d’étudiante et de cobaye. Au sortir des cours nous avions les mains irritées par le dissolvant et attendions la prochaine séance avec impatience : le masque de paraffine. Après avoir trempé les mains dans de la paraffine chaude, nous la laissions sécher une quinzaine de minutes. Par occlusion, notre peau transpirait et c’est cette même transpiration qui réhydratait notre peau. Le lycée se trouvant « dans la cité », à l’extérieur de la ville, il nous était fortement déconseillé de sortir de son enceinte sans bonne raison à cause des « fréquents rackets » à la sortie de l’établissement. En tant qu’élève docile, discrète et polie, à l’image de la discipline qui nous était enseignée, et ne connaissant pas « la ville », j’ai passé toutes les semaines de ces deux années à l’intérieur du lycée. De toute façon, je vivais à l’internat et les seules raisons que j’avais d’en sortir étaient de me rendre à la gare pour rentrer à Perpignan ou autres destinations avec le train du vendredi soir et d’en revenir le lundi matin. Je n’avais donc jamais eu l’occasion de me rendre au Carré d’art de Nîmes, d’autant que cela ne faisait pas partie de mes centres d’intérêts. Non, il fallait réussir à faire semblant de s’intéresser à la matière enseignée, de se faire apprécier des professeurs pour ruser et réussir à passer entre les mailles du filet pour enfin accéder au précieux diplôme !

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Au retour de Beaulieu-sur-Mer, je devais passer près de Nîmes. Mon itinéraire me permettait d’y faire escale malgré une petite demi-heure de détour. Mais j’en avais le temps et l’envie. Au départ je pensais m’arrêter seulement à Montpellier pour y voir une amie et visiter l’exposition « Drawing Room  » mais lorsque je vis l’embranchement de l’autoroute se diviser et l’occasion de retourner à Nîmes, je la saisis. De plus, l’exposition d’Ugo Rondinone me revint en tête. Heureuse de ce changement de programme, je me suis engagée dans la ville en voiture. Les Nîmois ne conduisent pas mieux que les Niçois, mais avec un peu de bonne volonté et en m’adaptant à leur conduite sportive, j’ai réussi à atteindre l’avenue Jean Jaurès. Ce vendredi là, c’était le premier jour de la feria : barrages de police, routes barrées, davantage de circulation aux abords du boulevard Victor Hugo, ce qui me compliqua la tâche. Après une heure de bataille, j’ai enfin réussi à trouver une place minuscule non loin du musée. Un créneau, un retrait d’espèces et vingt minutes plus tard je finissais mon jus de pamplemousse jaune Pago dans une Bodega de la feria afin de fournir l’horodateur en pièces de monnaie. J’avais une heure pour visiter l’exposition d’Ugo Rondinone. Pendant que je marchais vers le musée, je me rappelais les recherches que j’avais faites sur son travail. Je me réjouissais de voir Blue White Blue Clock, le vitrail représenté sur le flyer ( j’adore les vitraux ), et m’impatientais à l’idée

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de découvrir son univers fait d’oiseaux, de ciels, de poissons, de neige et d’arcs-en-ciel. Arrivée enfin devant la porte d’entrée du Carré d’Art, un vigile s’avança dans ma direction. Habituée maintenant au plan vigipirate, j’étais déjà en train d’ouvrir mon sac à main pour lui en prouver le contenu pacifique, lorsqu’il m’annonça : « Le musée a subi un dégât des eaux cette nuit. » Je lui répondis que ce n’était pas grave et continuai mon chemin vers les tourniquets, mais il me barra la route : « Le musée est donc fermé pour la journée ». Il me restait cinquante minutes d’horodateur, je n’avais pas vu les vitraux d’Ugo Rondinone et la case « visiter le Carré d’Art de Nîmes » n’était toujours pas cochée.

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DES IDÉES DE GÉNIE


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L’ambiance prônée par Gifi est celle d’une ambiance familiale et décontractée, où l’on trouve de tout à très bas prix. La meilleure chose à faire pour moi c’est d’y passer du temps pour puiser dans leur énergie moderne et colorée des idées, car comme le dit si bien leur slogan Gifi, des idées de génie . M’imprégner de l’ambiance de ce magasin passe par la visite de son espace d’exposition dans lequel on peut à loisir, admirer et toucher la marchandise. Gifi propose une gamme élargie de mobilier de jardin : tables et chaises en plastique, coussins d’extérieur, transats, hamacs, parasols, tonnelles, pergolas, barbecues, nains de jardin, statues de Bouddha, faux gazon, fausses plantes vertes, fausses fleurs, etc. Tout ce qu’il faut pour un pique-nique en famille à l’occasion d’un dimanche de printemps ensoleillé.

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J’ai donc organisé un pique-nique chez Gifi. Avec trois de mes amis nous sommes allés, panier sous le bras, chez Gifi lors d’une belle journée d’avril. Nous nous sommes installés dans l’un de leur salon de jardin, dédié à l’essai et à la monstration du produit. Nous avons déballé le pique-nique. Au menu : salade de riz, sandwiches jambon fromage, citronnade et quelques fruits. Nous avons profité de douze douces minutes de tranquillité et avons eu le plaisir de déguster ce repas tout en contemplant les pancartes publicitaires qui annonçaient : Plaisir au grand air.  Pour le coup, l’air conditionné du magasin nous rafraîchissait parfaitement de la chaleur estivale de l’extérieur. Juste avant de passer au dessert, la responsable de la franchise, alertée par un employé surpris, est arrivée en trombe et nous a assené d’un « je vais appeler la police ! ». Jugeant que la police n’avait rien à faire dans notre pique-nique, nous avons terminé nos assiettes et remballé le repas. Le moment idyllique que nous passions venait de s’achever. La violente colère de la responsable, nous voyant arriver vers les caisses pour régler les verres à pied que nous avions utilisé pour déguster la citronnade, s’est abattue sur nous comme une tempête. Son argument phare « c’est un manque de respect » résonnait dans le magasin, ameutant ainsi les clients médusés. Une amie à moi, militante altermondialiste, lui a répondu : « Le respect ? Tout ce que vous vendez ici est fabriqué par des enfants ! » Ce qui acheva

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d’énerver la responsable devenue maintenant complètement folle de rage. Après avoir agressé mon amie en la menaçant de la frapper, et la maintenant fermement par les avants bras tout en enfonçant ses ongles dans sa peau, nous sommes sortis et montés dans notre voiture. Elle n’a pas oublié de relever notre plaque d’immatriculation. Nous avons rejoint un parc municipal non loin de là et avons terminé notre repas le ventre noué. Nous avons longuement discuté de cette réaction qui nous semblait disproportionnée et nous nous sommes questionnés sur notre responsabilité dans l’éveil de cette colère. Nous avons culpabilisé : après tout, cette responsable a dû se sentir agressée personnellement par notre geste que nous souhaitions subversif mais non violent. Nous n’avions pas mesuré l’implication des employés dans leur travail et avons peutêtre négligé la possible réception du pique-nique par ces derniers. Il nous a donc fallu nous remettre de cette première expérience et réussir à nous déculpabiliser et réfléchir à la place du travail dans la vie, avant d’envisager la suite de cette action. Quelques jours plus tard, nous avons réitéré le pique-nique dans un espace d’exposition de mobilier de jardin, à l’extérieur cette fois, devant l’entrée d’un autre magasin Gifi. La responsable de ce dernier, nous a rejoint très vite, souriante à notre rencontre : elle nous a confié qu’elle avait entendu

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parler de notre pique-nique précédent. D’après elle, cette histoire était remontée jusqu’au grand patron! Dans un premier temps elle nous demanda d’aller manger plus loin puis influençable et sympathique, elle nous proposa de nous apporter des cafés après notre dessert...

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LE CHÊNE


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Le chêne c’est fort, c’est solide, c’est beau, c’est durable. J’ai été berçée par l’adoration que mon père porte au chêne : « Regarde, cette belle table en chêne ! », « Tu vas voir, je vais faire un bel escalier en chêne, il sera bien robuste. » Mais, à sa plus grande déception, il se rabattait toujours sur le châtaignier, car : « C’est aussi joli, et c’est moins cher » d’un air un peu navré. Lors de ma première année aux beaux-arts je me suis rendue compte que beaucoup d’artistes réalisent des objets absurdes, à partir d’idées sottes mais néanmoins drôles. Moi, je voulais faire des trucs comme ça, sots, inutiles, des objets qui détruisent l’usage même de ces objets. J’ai commencé par gommer une gomme jusqu’à ce qu’elle ne soit plus que poussière. Avec ces résidus, j’ai reconstitué la gomme à

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son échelle initiale. C’était sot et inutile, mais j’ai pris beaucoup de plaisir à le faire. Cette gomme s’est résolue à n’être plus que sculpture et à revendiquer la patience que j’avais convoqué pour réaliser ce petit volume contre-productif. J’étais très fière de l’impact conceptuel que cet objet avait. J’ai donc reitéré ce protocole sur plusieurs objets, qui furent moins glorieux que la gomme : Post-it décollés, puis recollés ensemble, tube de dentifrice vidé puis rempli de nouveau, tablette de chocolat fondue et recoulée, rouleau de scotch déroulé puis ré-enroulé, etc. J’avais appelé cette série « faire et défaire ». Puis est venue l’envie d’investir l’espace, je ne voulais plus d’une petite étagère qui soclait ces petits objets, je voulais une sculpture, sans socle. Alors, voici l’idée qui m’est venue : acheter deux grosses planches de chêne massif, identiques, en broyer une, en récupérer les copeaux, et réaliser un aggloméré de chêne ! Et enfin présenter les deux planches côte à côte. Il ne manquait plus qu’à. Après l’achat des planches, je me heurtais au premier problème : trouver un broyeur à végétaux. J’ai donc appelé mon père  et suis allée lui rendre visite dans son village à Eus, dans le Conflent des Pyrénées Orientales. Il m’a tout de suite complimenté pour le choix du bois de chêne. Au téléphone, je l’avais seulement sollicité pour la réalisation d’une sculpture

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en bois. J’ai adoré, alors, lui exposer ce que je voulais faire subir à l’une des planches. Outré par ma demande, il prit sur lui et me questionna pour être bien sûr de ce que je voulais faire ! « Tu veux vraiment dépenser 50 euros de chêne pour le réduire en miettes ? Tu sais que tu ne pourras plus t’en servir après ça ? Ça va perdre toute sa fonction ! C’est du gaspillage ! » Enfin, je me faisais un malin plaisir à titiller son pragmatisme et son esprit productiviste. C’est à ce moment que j’ai compris que la beauté de l’art résidait dans le fait de ne servir à rien, si ce n’est, servir à « être ». Mon père m’a toujours inculqué la valeur « Travail ». Il n’aime pas les vacances, il préfère les passer à faire des choses utiles : travaux dans sa maison, réparations sur son tracteur, couper du bois d’avance pour la cheminée, etc. Il ne fait rien d’inutile. Je crois que c’est pour cette première raison que je me suis retrouvée là, à faire ce que je fais. En revanche, il est ouvert d’esprit et me soutient toujours, quoi que j’entreprenne. Il a rapidement trouvé un broyeur à végétaux qui appartenait à l’un de ses copains. Il fallait qu’il soit d’accord car l’opération était un peu risquée pour les lames du broyeur dédiées à broyer des végétaux frais et non secs. Le copain en question trouvait l’action amusante et fut d’accord pour sacrifier ses lames : « De toute façon, je devais en changer bientôt ! ».

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Je suis rentrée à Toulouse avec une planche indemne et une autre en tout petits copeaux. J’ai acheté des litres et des litres de colle vinylique et des planches en aggloméré stratifé. J’ai monté un coffrage de la même taille que la planche initiale, j’ai mélangé les copeaux et la colle à l’aide d’un mélangeur à peinture que j’avais fabriqué avec un bout de fer plein pour que ce soit plus solide et fixé sur une perceuse. Puis, j’ai coulé le mélange dans le coffrage badigeonné de vaseline. J’ai compressé le tout à l’aide d’une multitude de serre-joints et sangles afin de bien contraindre le mélange pour une agglomération optimale. Le surplus de colle dégoulinait de partout. Après un bon mois d’attente, j’ai décoffré le tout : une belle planche de chêne aggloméré extrèmement fragile !

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C’EST BIEN NATUREL


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Pendant quelques temps, j’ai travaillé dans un restaurant dans le quartier Purpan à Toulouse. Il se trouvait à l’extérieur du centre ville, prés de l’Hôpital Purpan. Ce restaurant se voulait un peu chic, dans le genre bistro. À la carte : burgers, salades thaï, andouillettes, tartares à la façon de Rossini... servis sur des ardoises en guise d’assiettes. Le patron l’avait décoré dans le style vintage du moment avec une ambiance un peu scandinave, éclairé par des ampoules à filament rétros, suspendues par leur câble de couleur rouge, bien évidemment ! Je travaillais au noir sous forme d’extra, payée dix euros de l’heure. Au début cela me convenait très bien, puis après quelques mois, je me suis rendue compte que ce n’était quand même pas tout à fait correct. Un contrat m’aurait assuré un salaire fixe

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sur lequel j’aurais pu compter et leur aurait couté environ vingt euros de l’heure. Après deux ans de travail pour dix euros de l’heure sans contrat, sans augmentation ni prime, ils m’ont annoncé que le prix de l’heure passerait bientôt à huit euros, ce fut la goutte de trop ! En plus c’était loin de chez moi, je devais être ponctuelle, tirée à quatre épingles, sur-maquillée pour plaire au patron et aux clients. J’y allais le plus souvent en voiture car le vélo me décoiffait et me faisait un peu suer, ce qui n’était pas dans le style du restaurant, naturellement. Je traversais donc régulièrement le quartier Purpan. En plein essor, il se peuple rapidement et on y voit fleurir de nombreux nouveaux logements dans des résidences de standing sécurisées. Le tram dessert aujourd’hui très bien ce quartier, mais à l’époque, il y avait encore beaucoup de travaux en cours. Dont, ceux d’un nouveau complexe immobilier qui sortait de terre à la vitesse grand V. Une publicité était placardée sur les clôtures de chantier et annonçait : Vivre en ville c’est naturel  slogan accompagné d’un jolie photo d’un jeune couple hétérosexuel faisant une balade à vélo main dans la main, le sourire jusqu’aux oreilles et à l’optimisme ravageur. J’avais le temps d’admirer cette publicité car il y avait un feu rouge interminable à chacun de mes trajets à cet endroit là.

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Au cours de cette même période, je découvrais La société de consommation de Jean Baudrillard. Le slogan Vivre en ville c’est naturel  de Vinci Immobilier est le meilleur exemple que j’ai trouvé pour donner un sens plus que concret à l’une de ses théories. Jean Baudrillard expose le « droit à l’air pur » qui marque le passage de l’air au statut de marchandise, preuve de la perte de l’air pur comme bien naturel. Cette publicité qui cherche à nous vendre la nature en ville marque définitivement la perte de la nature comme bien naturel. Malgré la gravité des faits, ce slogan au paradoxe flagrant, tend à rendre le complexe immobilier non plus acteur de la destruction de la nature mais créateur de nature. La nature définie par tout ce qui n’est pas créé par l’homme devient là une nature factice, attrayante et fonctionnelle : du béton pailleté de vert. C’est ainsi qu’on abat des forêts pour y bâtir un ensemble baptisé « cité verte » et où l’on replantera quelques arbres qui feront nature. Aujourd’hui, le bâtiment est presque terminé. Il s’agit d’un immeuble de huit étages en béton coulé. La facade est recouverte de tôle aluminium de couleurs laiteuses qui rappellent fortement l’hôpital. La tôle enferme les fenêtres carrées dans des cercles formant un volet sensé diriger la lumière. Les fenêtres en deviennent minuscules. Le tout forme

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un bâtiment inspiré du style des années 70 mais de mauvais goût. J’attends avec impatience les espaces verts qui vont meubler de « nature » le contour de l’infâme construction.

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CASSE-TÊTE


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Avec une amie nous avons commencé à nous prendre de passion pour les puzzles. Nous avons reconstitué entre autres un puzzle d’un planisphère. La mer était interminable. Mais cela nous permit de parfaire nos minces connaissances en géographie, et quand il fut terminé nous en retirâmes une immense satisfaction. Puis il resta sur ma table de travail pendant un mois. De temps en temps, nous le déplaçions, il était très encombrant. Finalement, nous avons décidé de le détruire pour que les pièces puissent regagner leur boite, et la boite, le placard ! Cette difficile décision nous a aussi valu beaucoup de satisfaction. À l’occasion d’un cours d’histoire de l’art, j’ai été amené à étudier l’œuvre de Kasimir Severinovitch

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Malevitch. Quand j’ai compris l’enjeu de son travail et surtout son but de ramener la peinture au point zéro, cela m’a tout à fait enchanté. Carré blanc sur fond blanc, est certainement la peinture qui m’a le plus amusé. Lorsque je cherchais à emboiter les différentes pièces des mers et des océans de mon planisphère, j’ai beaucoup pensé à cette peinture. D’ailleurs, il me semblait que le meilleur produit dérivé de Carré blanc sur fond blanc que j’aurais aimé trouver dans une boutique cadeau, soit un puzzle. Sur Internet, on trouve facilement des entreprises qui réalisent le puzzle de la photo de notre choix. Après avoir opté pour la « moins pire » des reproductions d’assez grand format dans Google Image and co. de l’œuvre de Malevitch, je l’envoyai chez Planet Puzzle ( en 79 x 79 cm, comme le format initial, bien entendu. ) Pour la modeste somme de vingt euros, je recevrai chez moi Carré blanc sur fond blanc morcelé en mille cinq cent pièces. Le lendemain de ma commande, je manquai un appel et écoutai le message vocal : « Oui, Madame Bes, bonjour, Société Planet Puzzle à l’appareil. Excusez-moi de vous déranger, je vous appelle concernant une demande que vous avez effectué hier soir sur notre site internet pour un puzzle personnalisé... On voulait juste s’assurer que... la photo que vous nous avez fait parvenir était bien correcte ? En fait, pour le puzzle 1500 pièces... il semblerait que c’est

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une image plus ou moins blanche avec un carré également blanc de travers à l’intérieur. Je voulais juste m’assurer que ce n’était pas une erreur de votre part et que l’on puisse donc effectivement produire ce puzzle... N’hésitez pas à me rappeler au 03 87 02 22 75. Merci. Au revoir. » J’étais ravie, cette commande avait suscité la curiosité et ce message dépassa toutes mes espérances : « Une image plus ou moins blanche avec un carré également blanc de travers à l’intérieur » ! Je rappelai donc, tout sourire, pour bel et bien confirmer ma commande. Le personnel de Planet Puzzle fut vraiment sympathique et très compétent. Une semaine passa et pas de puzzle dans ma boite aux lettres, deux semaines... trois semaines... toujours pas de puzzle. Je finis par téléphoner à mon interlocutrice pour avoir des nouvelles de mon colis que j’attendais avec impatience. Cela tombait en même temps que les fêtes de fin d’année. Ils étaient surbookés par les commandes qui affluaient plus que de raison. Finalement, je reçu mon colis début janvier et fut remboursée grâcieusement pour cause de délais non respectés. Au même moment, nous accueillions un jeune Quebécois en sous location dans notre maison : Io, de son prénom. Io arrivait de Saint Jacques de Compostelle et de Bilbao, où il avait séjourné deux jours. Enthou-

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siasmée par ce périple, je le questionnais beaucoup et lui demandais comment il avait trouvé le Guggenheim : « Le bâtiment est remarquable ». Curieuse, je lui demandais alors, comment il avait trouvé les expositions... il répondit qu’il n’était pas entré dans le musée car le billet coûtait six euros, ce qui lui semblait trop cher. Nous nous sommes rapidement rendu compte que tout était trop cher pour Io : un ticket de métro, un café, une viennoiserie, etc. En tout cas, il nous fallut un temps pour digérer l’information : un Québécois, de passage en Europe, à Bilbao pour deux jours, n’avait pas visité le Guggenheim, alors qu’il n’aurait sans doute pas l’occasion de revenir en Europe de sitôt. Il avait effectivement beaucoup travaillé et très peu dépensé pour se payer les billets d’avions. Nous restâmes silencieuses, en nous demandant ce qu’il avait bien pu faire pendant deux jours à Bilbao ? Io était très amusant et surprenant, mais extrèmement timide et solitaire. Cela s’expliquait notamment par le fait qu’il soit atteint du syndrôme d’Asperger, une forme d’autisme. Dès son premier jour d’arrivée, il avait été intrigué par la boite du puzzle qui représentait Carré blanc sur fond blanc. Il nous a vite confié qu’il n’avait que peu d’intérêt pour l’art, ce que nous avions deviné, mais qu’il adorait les « casse-tête ». Quelques jours après, il m’a demandé s’il pouvait s’atteler au « casse-tête blanc ».

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Il s’est donc installé sur la grande table du salon, où il commença à trier les pièces : les bords, les coins et les différents blancs. Au bout de quelques jours, il était parvenu à faire tout le tour du puzzle de façon très méthodique : après avoir trouvé tout les bords, il les avait trié par forme, puis il choisissait une pièce « femelle à gauche » qu’il essayait d’emboiter une à une avec toutes les pièces de la pile « mâle à droite ». De temps en temps, nous lui proposions de sortir mais rien ne lui convenait : il fallait soit payer un ticket de métro, soit une place de cinéma, soit l’entrée d’un concert (PAF à 4€), enfin, toute dépense lui était absolument impossible et il semblait de loin préférer passer ses journées et ses soirées sur la table du salon à trier, chercher, essayer, assembler le puzzle. Son séjour dura deux mois, il devait remonter à Paris pour prendre l’avion qui le ramènerait au Québec et dont le prix, selon une de ses théories toute personnelle, avait été suffisament amorti... En somme, il ne vit pas grand chose de Toulouse, mais il nous remercia chaleureusement pour notre accueil en nous offrant un pot de Nutella déjà entamé, mais venant de sa part, cela nous toucha beaucoup et nous comprîmes qu’il était très content de son séjour ! Bien qu’il se soit attelé au puzzle de façon très sérieuse pendant près d’un mois et demi à compter

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de plusieurs heures par jour, il n’avait pas réussi à le terminer. Il déclara forfait sans montrer aucune frustration particulière, laissa son chantier en l’état et prit son covoiturage pour Paris.

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préface

(mais après)

À travers ces anecdotes j’ai souhaité donner un aperçu de ma lecture des choses. Mettre en exergues quelques anomalies absurdes du réel. Aussi, ce travail est devenu prétexte pour parler de mon rapport à la vie, aux gens, mais aussi à l’art et à tout ces petits évènements de la vie : les rencontres, les idées, les confrontations, le mélange des genres... Avant de passer à table, voici donc quelques amusegueules : œufs mimosa et crevettes à la mayonnaise servies dans une verrine cocktail achetée chez Gifi.

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MARLÈNE

11

NÎMES

19

DES IDÉES DE GÉNIE

27

LE CHÊNE

33

C’EST BIEN NATUREL

39

CASSE-TÊTE

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PRÉFACE

53


bibliographie

– La crise de la culture, Hannah Arendt, Gallimard, 1961 – La notion de dépense, Georges Bataille, Lignes, 1933 – La société de consommation, Jean Baudrillard, Gallimard 1996 – Le comportement du consommateur, Joël Brée, Dunod, 2012 – L’étranger, Albert Camus, Poche, 1999 – L’invention du quotidien : Art de faire, Michel de Certeau, Gallimard, 1990 – Les dix petits negres, Agatha Christie, Poche, 1705 – La transfiguration du banal, Arthur Danto, Seuil, 1989 – Les faux-monnayeurs, André Gide, Poche, 1972 – Mémoire d’un tricheur, Sacha Guitry, Gallimard,1973 – Le culte du banal. De Duchamp à la télé-réalité, François Jost, CNRS, 2007 – L’utilité de l’inutile, Nuccio Ordine, Hachette, 2014 – Les choses, Georges Perec, Poche, 2006 – Hobby et Dandy, pour l’art dans son rapport à la société, Jean-Claude Pinson, Pleins feux, 2003 – Le spectateur émancipé, Jacques Rancière, La fabrique, 2008 – Le maître ignorant, Jacques Rancière, 10/18, 2004 – Le Petit Prince, Antoine de Saint-Exupéry, Gallimard ,1943 – L’île au trésor, R.L Stevenson, Poche, 1973 – Théorie de la classe de loisir, Thorstein Veblen, Gallimard, 1979 – Le tour du monde en 80 jours, Jules Vernes, Le Livre de Poche, 1976 – Les fourmis, Bernard Werber, Poche, 1997 – Shameless, Paul Abbott – Malcolm, Linwood Boomer – The L word, Ilene Chaiken – Parks and Recreation, Greg Daniels et Michael Schur – Girls, Lena Dunham – The last man on earth, Will Forte – Les Simpson, Matt Groening – The middle, Eileen Heisler et DeAnn Heline – Friends, Marta Kauffman et David Crane – Orange is the new black, Jenji Kohan – The Big Bang Théorie, Chuck Lorre et Bill Prady – Louie, Louis C.K. – Transparents, Jill Soloway


Je remercie mes professeurs pour leurs conseils précieux et avisés, qui m’ont aidé à arriver jusqu’ici. En particulier un grand merci à Yves Caro pour ses bons conseils ! Je remercie Marlène, Io, Planet puzzle, mon papa, le vigile du Carré d’Art de Nîmes, mes copines esthéticiennes, les boutiques cadeaux de fin de musée, l’entreprise Gifi, et mes amis suffisamment fous pour m’y accompagner, Antonin, Elsa, Liza, Noëmi, Robin. Mille mercis à Marine pour sa patience, son soutient sans failles et tout le reste, Noëmi pour son humour, Danielle pour ces corrections aurtografiques. Merci à ma famille, Ghislaine, Pierre, Laure, Jade, Galdric, Mané et Serge.


Mémoire de Camille Bes, réalisé dans le cadre du DNSEP, à l’institut supèrieur des arts de Toulouse (isdaT), achevé d’imprimer le lundi 28 novembre 2016.


Mayonnaise

par principe

La mayonnaise doit monter, c’est-à-dire s’émulsifier, le tout se transforme en une masse onctueuse et homogène. Le principe est le suivant : le jaune d’œuf contient des composés tensioactifs qui permettent de réaliser une émulsion de l’huile dans l’eau. L’eau peut donc être remplacée par tout élément qui en contient, par exemple du vinaigre ou du jus de citron qui en modifient aussi le goût. Ces fluides ont la propriété de devenir de plus en plus visqueux lorsqu’ils sont soumis à un effort. Lorsqu’une mayonnaise tombe, c’est à cause de l’inversion de l’émulsion, passant de huile dans eau à eau dans huile. La quantité d’huile incorporée à la mayonnaise est un facteur crucial, avec la taille des gouttelettes, pour augmenter la consistance de l’émulsion. Aspects physico-chimiques de la mayonnaise

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Mayonnaise  

Mayonnaise  

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