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RENAISSANCE 2012

ÉcoLibre Le magazine des étudiants de la Faculté de Sciences économiques Avril 2012 | N : 01

EcoLibreUSJ.com

Environnement : Pays du Cèdre ?

Pour comprendre la crise grecque Tensions en France Le marché au secours du droit au Liban La vie ? des étudiants en question


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www.EcoLibreUSJ.com

ÉcoLibre DIRECTEUR GÉNÉRAL : Pascal Watwat, Président de l’amicale étudiante 2011-2012 DIRECTEUR DE RÉDACTION : Brahim Najem RÉDACTRICE EN CHEF : Hala Abou Charaf RÉDACTRICE EN CHEF ADJOINTE : Céline El Chami RÉDACTEURS : Dina Abdou, Hala Abou Charaf, Lara Abou Habib, Joey Ayoub, Marie-Claire Azar, Caroline Bergqvist, Lary Bousafi, Céline Marie El Chami, Astrid Cobti, Nisrine Dandache, Georges El Jamous, Alexandra El Khazen, Camille El Khoury, Danielle El Khoury El Melki, Léa Khoury, Myriam El Kosseifi, Michele Laugel, Joelle Layous, Windy Massabni, François Mehchy, Brahim Najem, Cindy Nassar, Eid Tawk, Jad Yassin ONT ÉGALEMENT PARTICIPÉ À CE NUMÉRO : Nizar Hariri, Rayan Haykal DIRECTEUR ADMINISTRATIF ET FINANCIER : Camille El Khoury GRAPHISTE : Camille El Khoury CONCEPTION GRAPHIQUE : Pascal Watwat Faculté de sciences économiques Université Saint-Joseph IMPRIMERIE : 53dots

édito

AVRIL 2012

« Certains voient les choses telles qu’elles sont et demandent pourquoi ; je rêve de choses impossibles et me dis pourquoi pas. » R.F. Kennedy Un vent d’air frais souffle sur la faculté de sciences économiques et promet de s’y installer : c’est un vent de changement, le réveil d’une génération qui a soif de s’exprimer, qui veut voler de ses propres ailes et par là même relancer le journal de la FSE qui a été créé par nos anciens en 2001 mais qui, cette année, après trois années d’absence, va renaître de ses cendres et promet de faire des étincelles. «Eco libre » ou le projet d’un groupe d’étudiants ambitieux et déterminés à vous présenter l’économie sous ses différents aspects de la meilleure façon possible. « Eco libre » ou le guide que chacun d’entre nous peut employer pour y trouver une analyse de l’actualité et de la réalité économiques parce qu’être économiste passe aussi et surtout par la prise de connaissance du monde qui nous entoure, au-delà de la simple assimilation de théories multiples. « Eco libre » ou une autre approche de la réalité. En effet, avec la crise de la Dette qui secoue l’Europe et fait trembler la planète de par ses implications, il n y a rien de tel qu’un regard vif jeune et nouveau sur ces principaux sujets dans le but ultime d’agir certes mais également de révolutionner le monde. Une Europe qui d’ailleurs est secouée aussi bien conjoncturellement que structurellement avec un risque de voir l’euro disparaître et tout ce que cela porte comme conséquences. Mais rassurez-vous, pour les plus sceptiques, si ce numéro aborde une telle réalité il traite également de sujets forts en espoir et en optimisme : notamment du progrès majeur que connaît notre pays aux niveaux culturel et touristique. Car durant ces quelques derniers mois en particulier, l’industrie cinématographique a porté haut les couleurs du Liban à travers le monde montrant la richesse et la force de notre diversité culturelle d’une part, ainsi que l’intensité de la révolution estudiantine d’autre part. Nous rappellerons également l’essor de notre secteur touristique qui a souvent qualifié Beyrouth de « capitale arabe de la mode ». Feuilletez donc cet « Eco libre », tournez donc ses pages aux couleurs et opinions diverses, observez l’engouement et la ferveur de ses différents auteurs et surtout appropriez-vous son espace, pour qu’il devienne VOTRE plate-forme d’expression libre, sans tabous ni complexes à travers laquelle nous allons pouvoir rêver ensemble de l’impossible et nous dire « Pourquoi pas ? » Hala Abou Charaf Étudiante en 3e année


Mot du Doyen « L’Eco libre » renaît : un espace de liberté et de solidarité, à l’image des étudiants qui l’animent. L’apprentissage de cette liberté, si chère, se construit continuellement. Arguments et contre-arguments s’affrontent et se mélangent dans un mouvement dialectique. Pouvons-nous espérer qu’un tel mouvement s’amplifie pour s’étendre à l’ensemble de notre société, que la raison l’emporte sur le déchaînement des passions ? En tout état de cause, telle est la démarche de nos étudiants, dans cette revue, la leur, où ils s’expriment librement, généreusement, loin de tout esprit partisan. Et si l’économie devenait un trait d’union entre les jeunes de notre pays ? Mêmes enjeux, mêmes défis : recherche d’emploi, reconnaissance professionnelle et sociale, … mêmes difficultés certes : inflation, chômage,… mais également et surtout mêmes rêves et mêmes espoirs : croissance partagée et solidarité retrouvée. Particulièrement symbolique est l’intégration de notre Faculté au Campus de l’Innovation. Pouvons-nous imaginer aujourd’hui le développement économique et le progrès humain en l’absence de la créativité et de l’innovation ? Pouvons-nous oublier que nous devons au célèbre économiste d’origine autrichienne, Joseph Schumpeter, d’avoir placé l’innovation au cœur de la dynamique économique et sociale, cœur de l’évolution de l’activité humaine ? Et que dire de la créativité de nos jeunes dans un univers de plus en plus ouvert et globalisé ? Les diplômés de notre Faculté se retrouvent aux quatre coins du monde, connaissant le plus souvent de remarquables succès. N’est-il pas opportun de reconstituer des réseaux d’anciens dans l’espoir d’un nouvel élan, d’une nouvelle dynamique ? N’oublions pas enfin que la finalité de l’économie est l’être humain dans sa plénitude. Qu’elle soit libérale ou interventionniste, de droite ou de gauche, toute politique économique entend servir au mieux les aspirations humaines. Que nos étudiants, un jour acteurs dans la sphère publique, s’en souviennent, ils auront redonné un sens à l’engagement citoyen. Je souhaite du courage à tous les étudiant(e)s engagé(e)s dans cette passionnante expérience, celle de faire résonner la voix de la jeunesse. Joseph Gemayel Doyen de la faculté de sciences économiques, USJ

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Mot du Président du bureau de l’amicale étudiante Un nouveau stade dans la concrétisation du différent vient de voir la lumière avec le magazine de la faculté des sciences économiques reconçu intégralement. Un magazine potentiel et prometteur. Nous nous sommes d’ailleurs inspirés de toutes les significations historiques de l' « Éco Libre » pour pouvoir stimuler la germination d'un porte-parole à la hauteur des ambitions d' étudiants-économistes qui ont joué dans le passé un très grand rôle ,à travers les issus d’ « Éco Libre », dans la destruction des murs de silence pour refléter les véritables demandes et ambitions de la jeunesse libanaise. Nous vous promettons que nous maximiserons nos efforts en éliminant toutes les contraintes pour aboutir enfin à une contribution efficace dans la construction d'un futur qui définira pratiquement et réellement notre "Liban Message" duquel nous rêvions. Je dois citer dans cette même perspective, le record historique tout nouvellement exécuté par Nagy Khoury (Secrétaire général de l’Amicale des Anciens de Jamhour) avec « l’annonciation fête commune islamo-chrétienne » le 25 Mars, première de son genre dans l’histoire. Ce grand pas au niveau libanais nous poussera certainement davantage à faire beaucoup plus d’efforts afin d’associer au Liban de nouveaux succès dans son rôle qui est d’éclairer le monde et de réaliser la paix. Pascal Watwat Président du bureau de l’amicale étudiante de la faculté de sciences économiques, USJ

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ÉcoLibre

Actualité

Photo : Michelle Watwat

En couverture : Le CIS (Campus de l'Innovation et du Sport) a ouvert ses portes en Septembre 2011 pour accueillir, entre autres, les étudiants de la Faculté de Sciences Économiques. Les bâtiments de ce campus sont caractérisés par leur architecture moderne qui a regroupé 109 architectes ainsi que Youssef Tohme.

SOMMAIRE

AVRIL 2012

08 News du Liban 14 La situation des salaires au Liban 16 Pour comprendre la crise grecque 20 Outlast 2011

Progrès technique & emploi 24 Les entrepreneurs créent-ils des emplois ?

Finance 30 Les agences de notation : au coeur du système ?

Politique 34 Tensions en France 40 La voix d’une jeunesse 41 Le Liban et la génération d’après-guerre


Droit

DOSSIER -

56 Le marché au secours du droit au Liban 59 Le droit de la femme au Liban

Social 66 La vie ? des étudiants en question 68 Are We Any Different? 69 My Shame: A Lebanese in Madagascar

Environnement Pays du Cèdre ? 46 Le problème des déchets au Liban 48 Pollution automobile à Beyrouth, un danger bien réel 50 Le fleuve de Beyrouth, pollution sanglante 51 Internet a aussi sa part négative sur l’environnement

Culture

Mode

74 Sauvegarder le charme de Beyrouth 78 Merveille naturelle du Liban 80 Londres et les jeux olympiques 82 Qui dirigera l’empire de Warren Buffet ?

EXCLUSIF

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Entretien avec Prince Georgio co-fondateur de Save Beirut Heritage

86 Beyrouth, capitale du luxe au Moyen-Orient 88 The Curious Case of Fashion Economy in Lebanon

Cinéma 92 Rue Huvelin : le Feedback 94 Le cinéma libanais : une nouvelle relancée 63 Café

Philo 89 Statistiques


ACTUALITÉ


08 News du Liban 14 La situation des salaires au Liban 16 Pour comprendre la crise grecque 20 Outlast 2011


ACTUALITÉ News du Liban 1 Banque Mondiale et besoin de financement externe du Liban La banque mondiale a estimé les besoins de financement externe du Liban à 35.1% du PIB en 2012, constituant un besoin de financement très important parmi les pays en développement de cette année. Le besoin de financement se définit comme étant le paiement prévu à court et à long terme de la dette auprès des créanciers privés ainsi que le déficit du compte courant par rapport au PIB de 2011 multiplié par le PIB nominal attendu pour 2012. Le Liban présente le compte courant le plus déficitaire parmi les pays en développement et le troisième au niveau de remboursement de la dette. La Banque mondiale a également estimé les paiements

de la dette du Liban à 14.5% du PIB de 2012, derrière la Bulgarie à 18.6% du PIB et Lettonie à 17.2% du PIB. Le Liban a été l’un des seul parmi les 27 pays en développement qui avait un déficit budgétaire de plus de 5% du PIB en 2012 avec un niveau de dette brute de plus de 75% du PIB l’an dernier. La banque mondiale a averti que les pays avec de hauts niveaux d’endettement seraient particulièrement vulnérables à un ressèment des conditions de crédit international cette année. Elle a aussi souligné que le Liban pourrait être exposé à cette voie en raison du coût relativement élevé en besoin de financement extérieur.

2 L’indice des prix à la consommations a affiché en Décembre une hausse annuelle de 3.1% L’indice des prix à la consommation a affiché en Décembre une hausse annuel de 3.1%. L’administration centrale des statistiques a indiqué que l’inflation au niveau de la consommation a augmenté de 3.1% de décembre 2010 à décembre 2011. Le prix des boissons alcoolisées et du tabac a augmenté de 11.4%, suivi de l’éducation (+7.5%) , des carburants, de l’eau, de l’électricité, du gaz et autres (+5.9%), des boissons alimentaires et non alcoolisées (+5.8%), des loisirs et divertissements

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(+5.3%), des vêtements et chaussures (+4.3%) , des restaurants et hôtels (+3.9%) , des soins de santé (+3.2%), des autres biens et services (+2.4%) , et de l’ameublement et équipements ménagers (+2.2%). En parallèle, les prix du logement et de la communication sont restés inchangés mais ceux du transport ont diminué de 2.6 % par rapport à l’année dernière. L’importation représente environ 70% de l’inflation générale du pays. Le Liban importe la plupart de ses besoins énergétiques. Historiquement, le pays importe 5 fois plus qu’il n’exporte.


3 L’investissement direct à l’étranger (IDE) était de 4 milliards de dollars en 2011, équivaut à 9.6% du PIB La Banque mondiale a estimé les IDE à 3.96 milliards de dollars en 2011, constituant une baisse de 20.5% par rapport à 2010 (4.98 milliards de dollars). Les IDE vers l’Égypte, le Liban, la Tunisie, le Maroc et la Jordanie ont chuté de 39.7% atteignant les 9.56 milliards de dollars en 2011. Les IDE au Liban ont représenté 41.4% des IDE global de ces pays l’année dernière, par rapport à 31.4% en 2010 et a affiché la part la plus importante qui l’a classé au deuxième

rang durant cette même année. Le Liban a été suivi de l’Égypte avec une part de 23.2% en 2011, la Jordanie avec 12.1%, la Tunisie avec 11.7% et le Maroc avec 11.4%. En outre, les IDE au Liban ont été équivalents à 9.6% comparé à 12.7% en 2010 affichant la part la plus élevée par rapport aux PIB des pays suivants : la Jordanie avec 4.1% du PIB, la Tunisie avec 2.3% du PIB, le Maroc avec 1.1% du PIB et l’Egypte avec 1% du PIB en 2011.

Liban Jordanie Tunisie Maroc Égypte

Source : World Bank, Byblos Research B y b l o s R e s e a rc h , Lebanon This Week 247, page 3

0

2.5

5.0

7.5

10.0

4 La dette externe du Liban se trouve parmi les 16 premiers pays émergents et 3e en Afrique et au Moyen Orient Les Chiffres émis par Merrill Lynch indiquent que le Liban a un rendement de dette extérieure qui s’élève à 7.31% en 2012, constituant le rendement le plus élevé, le situant au quatrième rang parmi les 28 marchés en Europe de l’Est et ceux de la MENA (Moyen Orient et Afrique du Nord). En outre, la dette extérieure du Liban a surpassé le rendement de 4.63% en avance sur le Gabon (4.46%), Bahreïn (4.26%), Jordanie (2.14%), Tunisie (1.9%), Maroc (1.53%), Sénégal (-0.74%), Iraq (-3.75%) et

l’Égypte (-13.3%). Mais il a été devancé par le Nigeria avec 11.9% et l’Afrique du Sud avec 7.96%. En parallèle, la dette extérieure du Liban a affiché un rendement de 0.52% en Décembre, constituant le meilleur rendement au niveau régional en dépassant le Nigeria (0.41%) , le Gabon (0.05%), le Sénégal (-0.27%), Ghana (-0.48%) et l’Egypte (-5.87) mais devancé par l’Iraq (1.48%), la Jordanie (0.88%), la Tunisie (0.81%) et le Maroc (0.66%).

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ACTUALITÉ 5 Les dépenses touristiques au Liban sont en hausse de 10% en 2011 Les chiffres diffusés par Global Blue, l’opérateur de remboursement de TVA pour les acheteurs internationaux, montrent que les dépenses totales des touristes au Liban ont augmenté de 10% en 2011. Les visiteurs en provenance de l’Arabie Saoudite représentent la plus grande part de touristes et ont constitué 20% du total des dépenses touristiques de l’année dernière. Ils ont été suivis par les visiteurs provenant des Émirats arabes avec 11%, du Koweït avec 10%, de la Syrie avec 9% et de l’Égypte avec 6%. Les dépenses des visiteurs en provenance des Émirats arabes ont augmenté de 20% , suivis par les visiteurs de la France (+10%), Syrie (+8%) ,Koweït (+4%) et Qatar (+2%), tandis que les dépenses de visiteurs provenant de l’Égypte ont diminué de (-12%), ainsi que celles en provenance de la Jordanie (-3%) et de l’Arabie Saoudite (-2%). En outre, le nombre de transactions de remboursement aux visiteurs en provenance du Nigeria a augmenté de 27%, suivi par le nombre de

transactions de remboursement aux visiteurs provenant des États-Unis (+17%), des Émirats Arabes (+10%), de la Syrie (10%) et de la France (+4%), tandis que les transactions de remboursement aux visiteurs en provenance du Qatar est resté inchangé , alors que les transactions adressées aux visiteurs de l’Égypte ont diminué de 19%, alors que celles destinées aux visiteurs provenant de l’Arabie Saoudite ont diminué de 11%, aux visiteurs provenant du Koweït de 8% et ceux provenant de la Jordanie de 4%. Beyrouth a attiré 84% des dépenses touristiques totales au cours de la période couverte, suivie par la région du Metn avec 12%, la région de Késérwan avec 2%, et celle de Baabda avec 1%. La mode et les vêtements ont représenté 74% des dépenses touristiques totales, suivis par les montres avec 9%, les souvenirs et es cadeaux avec 3%.

6 La couverture santé complète sera introduite avant la fin de l’année 2012 Le Ministère de la Santé a annoncé qu’il mettra en œuvre un plan de santé pour une couverture complète avant la fin de l’année 2012. Il a déclaré que le plan vise à fournir une couverture santé à un prix abordable afin d’assurer aux citoyens libanais qui ont résidé au Liban depuis au moins un an. Il a estimé le coût du plan à 1.3 milliards de dollars, ajoutant qu’il sera financé par les impôts liés à la santé tels que les taxes sur le tabac, l’alcool et les produits qui causent des dommages à la santé, ainsi que d’autres impôts comme les taxes sur le profit immobilier et les impôts perçus sur les intérêts des dépôts bancaires. Il ajouta que le

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ministère envisage d’imposer des taxes obligatoires sur l’assurance automobile, ce qui générerait un financement supplémentaire de 70 millions de dollars. Il a noté que le gouvernement va également contribuer au financement de ce plan. En parallèle, le ministère a remarqué que les personnes admissibles au régime n’auront qu’à payer une cotisation pour bénéficier de la couverture santé. Il a déclaré que les citoyens les plus pauvres, qui représentent environ 375 000 citoyens et les citoyens handicapés qui totalisent 100 000 recevront une couverture complète sans aucune contribution ou de paiement en retour.


Le classement de la dette externe en 2011 (en %) Nigérie Afrique du Sud Liban Ghana Gabon Bahrain Jordanie Tunisie Maroc Sénégal Irak

Source : World Bank, Byblos Research B y b l o s R e s e a rc h , Lebanon This Week 247, page 3

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Indice de la liberté de la presse : rangs et scores Score

Source : Reporters without Borders 2011-12 B y b l o s R e s e a rc h , Lebanon This Week 248, page 5

Mauritanie Kuwait Israel Liban E.A.U Qatar Oman Algérie Jordanie Tunisie Maroc Turkie Irak Palestine Libye Arabie Saoudite Djibouti Egypte Soudan Yémen Bahrain Iran Syrie

22.2 28 31.3 31.5 45 46 55 56 56.8 60.3 63.3 70 75.4 76 77.5 83.3 83.5 97.5 100.8 101 125 136.6 138

Rang du MENA 1 2 3 4 5 6 7 8 9 10 11 12 13 14 15 16 17 18 19 20 21 22 23

Rang global 67 78 92 93 112 114 117 122 128 134 138 148 152 153 154 158 159 166 170 171 173 175 176

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ACTUALITĂ&#x2030; Freedom from Corruption in Lebanon 40 36

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25 Source : Heritage Foundation/Wall Street Journal, Byblos Bank Byblos Research, Lebanon This Week 248

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Evolution of the minimum wage (in Lebanese pounds) 600000

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Source : Byblos Research, Lebanon This Week 243, page 4

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ACTUALITÉ La situation des salaires au Liban L’ancien ministre du Travail, Charbel Nahas, a approuvé, en Janvier 2012, le décret concernant le réajustement des salaires, mais s’est toutefois abstenu de signer le décret concernant les indemnités de transport qu’il juge illégales. Il a donc proposé d’intégrer les allocations de transport au salaire de base ce qui a été refusé par les ministres.

C’est à cette clause que s’étaient opposé les organismes économiques qui disaient ne pas pouvoir supporter les lourdes charges qu’une telle mesure impliquerait, notamment au niveau des paiements dus à la Sécurité Sociale ainsi qu’au niveau des indemnités de fin de service. Le gouvernement refusa cette proposition ce qui a conduit à la démission du ministre du Après de Travail. D’autre l o n g u e s part, le projet de négociations, le Nahas prévoyait gouvernement un accroissement a enfin de 18 % sur la approuvé le tranche de salaire projet se s’étendant jusqu’à rapportant à la 1,5 million de majoration des livres libanaises et salaires selon une hausse de une formule sur 10 % sur la laquelle le tranche supérieure patronat et la à 1,5 million de CGTL se sont livres, avec un mis d’accord à plafond de 2,5 Baabda, le 21 millions de livres. décembre La question que 2 0 1 2 . tout le monde Rappelons que s’était posé est de le Conseil des savoir quelles ministres avait seront les fixé le salaire conséquences de minimum à la prise de position 675 000 livres. du ministre. Selon Les salaires une source compris entre ministérielle, 500 000 livres même si le et 1 million de L’ancien ministre du Travail, Charbel Nahas. ministre avait livres recevront refusé de signer le donc une décret sur les augmentation de 200 000 livres, ceux indemnités de transport, les partenaires compris entre 1 million de livres et 1,5 sociaux pouvaient enclencher le processus million de livres recevront une augmentation dans les entreprises sans attendre le feu vert de 250 000 livres, alors que les salaires formel du gouvernement. Par la suite le dépassant les 1,5 million de livres seront conseil d’administration de la Confédération augmentés de 300 000 livres seulement. Le Générale des Travailleurs Libanais (CGTL) a projet du ministre Nahas prévoyait de fixer le tenu une réunion, présidée par Ghassan salaire minimum mensuel à 800 000 livres, Ghosn, pour exiger au gouvernement tout en y incluant les indemnités de transport. l’application au plus vite du décret sur la

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majoration des salaires et celui relatif aux indemnités de transport. M. Ghosn a insisté pour que les majorations salariales puissent avoir un effet rétroactif de quatre mois au moins, c’est-à-dire depuis l’approbation théorique de la hausse des salaires. Le président de la CGTL a également appelé le gouvernement à surveiller et contenir la hausse des prix, à travers la commission pour l’indice des prix, dans le but que l’inflation ne vienne pas à bout des effets positifs de la hausse des salaires. M. Ghosn a enfin insisté pour que la TVA sur les carburants soit supprimée, en particulier pour le mazout vert et l’essence. Tout cela en sachant que le projet du budget pour 2012 veut augmenter la TVA, comme l’exigent les accords signés par le Liban (Paris 3), de 10% à 12 %. Les 12 % toucheraient les petits consommateurs, ceux qui ont un problème de voir le prix de la « labneh » augmenter sachant que ce fromage est abordable pour tous les libanais quelque soit leur appartenance sociale. Ce pourcentage toucherait moins les nantis, qui de toute façon vont souvent au restaurant pour leurs repas, et ne se soucient pas d’une augmentation du prix du billet de cinéma qui est devenu à 12 000 LL au lieu de 10 000LL, sachant que ceux ci mènent un train de vie aisé. L’inflation touche tout le monde, le gouvernement devrait donc s’assurer que toutes les entreprises respectent la hausse des salaires. Joelle Layous Étudiante en 3e année

Le ministre du Travail Charbel Nahas, a décidé de présenter sa démission en février au chef du bloc du Changement et de la Réforme, le général Michel Aoun qui l’a à son tour transmise au chef du gouvernement. Conformément à ses convictions, le ministre Nahas s’oppose à la signature d’un décret illégal fixant les allocations de transport tout en les séparant du salaire minimum. Par l’intermédiaire du chef du parlement Nabih Berry, un accord politique avait été effectué entre le premier ministre Najib Mikati et le bloc du Changement et de la Réforme sur un processus de règlement de la crise, passant par l’élaboration d’une loi légalisant et autorisant le gouvernement à fixer les indemnités de transport des salariés. Cette décision est un coup dur pour la société libanaise qui perd là son ambassadeur le plus actif au sein de ce gouvernement. Le Dr Charbel Nahas est à l’origine de plusieurs réformes d’envergure, d’abord au ministère des Télécommunications de décembre 2009 à juin 2011, puis au ministère du Travail de juin 2011 à février 2012. Il s’était distingué des autres dernièrement en faisant avancer un dossier important, celui du droit des femmes libanaises à transmettre leur nationalité.

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ACTUALITÉ Pour comprendre la crise grecque Depuis maintenant plusieurs mois, les marchés sont très inquiets de la situation catastrophique des finances publiques grecques. La Grèce traverse actuellement la pire crise budgétaire de son histoire. Elle est la conséquence à la fois de la crise économique mondiale et des facteurs propres au pays : endettement, déficit budgétaire… Les investisseurs craignent une expansion de cette crise au sein des autres pays de la Zone Euro. Le 21 Juillet dernier, tous les dirigeants de la Zone Euro ont approuvé un nouveau plan d’aide à Athènes de 109 milliards d’euro. Mais le ralentissement de la croissance économique le rendant très insuffisant, ce plan d’aide à la Grèce a été remis en cause. Ceci a abouti à plusieurs manifestations dans le pays, ce qui a poussé le Gouvernement de Papandreou à céder sa place à une équipe de transition début Novembre après avoir essayé d’organiser un référendum sur le plan européen. C’est Lucas Papademos qui a finalement pris la place de Papandreou avec pour objectif principal de faire appliquer les accords européens. Déjà en Octobre 2009, l’agence de Notation « Fitch Ratings » dégradait de « A » à « A- » la note financière de la dette de la Grèce, suivie en Décembre par « BBB+ ». Plus récemment, en Juillet dernier l’agence Moody’s a une nouvelle fois dégradé la note de la dette grecque, plaçant la note du pays à un cran seulement du défaut de paiement. Comment la Grèce est-elle arrivée à une telle situation ? Quelles sont les conséquences pour les banques créancières et la BCE ? Quels sont les principaux pays exposés à cette crise, et qu’en est-il des menaces de contagion ? Et finalement, quelles pistes privilégient la France, l’Allemagne et l’UE ? Comment la Grèce est-elle arrivée à une telle situation ? La Grèce a connu sa plus forte croissance économique à partir de 2001, lors de

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l’introduction de l’Euro en Europe (4.2% en moyenne par an entre 2001 et 2007). Après la chute de la dictature des colonels en 1974, le modèle de la Grèce se fonde essentiellement sur les dépenses publiques et le maintien du secteur public. A partir de 1993, le ratio des dettes publiques dépasse largement les 100%. De plus, on estime entre 20% et 30% du PIB du pays le poids de l’économie souterraine, d’où notamment une corruption totalement attachée et fixée à l’économie de la Grèce.

L’ancien Premier Ministre grec Papandreou. La Grèce a également souffert de la crise économique mondiale en 2009 : En effet, les secteurs du tourisme et du transport maritime, qui sont deux des plus importants secteurs dans le pays, ont étés les plus touchés ce qui a eu pour conséquence la chute des revenus d’environ 15%. La dette publique s’élève donc en fin 2009 à plus de 300 milliards d’euros, soit 113% du PIB, alors que la zone euro fixe un taux pour les autorisations de dette publique qui est de 60% du PIB. En effet, le premier ministre Georges Papandreou en arrivant au pouvoir en 2009, constate l’ampleur du déficit et de la dette publique, en découvrant que ses anciens prédécesseurs ont triché pendant plusieurs années en annonçant un déficit toujours bien en dessous de la réalité. Ceci à cause du modèle fondé à partir de 1974 sur des dépenses publiques largement supérieures à


la moyenne et une économie souterraine qui non remboursement des prêts accordés aux représente près de 1/5 du PIB. Afin de réduire ménages et au entreprises. Malgré cela, les ce déficit, le gouvernement annonce un plan banques Françaises restent parmi les mieux d’austérité sévère (réforme des retraites, notées en Europe. hausse de la TVA, lutte contre l’évasion fiscale…) qui a Par ailleurs, une conduit à des dégradation des notes manifestations du des banques entraînerait peuple grec au une chute des valeurs printemps 2010. En bancaires qui mènerait à parallèle, La Grèce une chute de la bourse de reçoit alors une aide Paris dont les financière de 110 c o n s é q u e n c e s milliard d’euro de directes seraient une l’Union Européenne complication des et du Fond Monétaire emprunts et une hausse Internationale qui a du taux d’intérêt. permis de réduire le déficit de 5 points en Du côté des banques 2010. Mais malgré Allemandes, leurs cette réduction, la engagements vis-à-vis Grèce n’arrive des débiteurs grecs toujours pas à s’élèvent à près de 25.2 montrer qu’elle est milliards fin Mars 2011. sur la voie du Ces engagements rétablissement. c o n c e r n e n t D’ailleurs, un principalement le secteur nouveau plan de public. soutien e s t Le Premier Ministre grec, Lucas a c t u e l l e m e n t e n Papademos. Si le marché discussion. interbancaire connaît des difficultés, La Banque Conséquences sur les Banques Créancières Centrale Européenne est prête à fournir de la liquidité aux banques commerciale en Les banques Françaises et Allemandes « quantité illimitée » et à « taux fixe » pour la seraient les premières touchées par la crise de zone euro cite Jean-Luc Trichet, directeur de la Grèce. Elles sont en effet menacées par la BCE. Dans le cas extrême de la faillite de une dégradation de leur note de crédit par la Grèce, on pourra aussi penser à un plan de l’agence Moody’s, en particulier les trois sauvetage de ses banques avec une banques françaises suivantes : BNP Paribas, recapitalisation par l’Etat par prêts La Société Générale, et le Crédit Agricole. exceptionnels sur le marché obligatoire comme en 2008. Si les banques européennes connaissent des jours difficiles c’est parce qu’elles sont parmi La dette grecque ne constitue pas le seul les plus importantes créancières de la Grèce. problème des banques françaises et allemandes. Ces banques ont été D’ailleurs, les banques Françaises sont particulièrement actives en investissant non exposées à deux niveaux à la dette grecque : seulement en Grèce mais aussi en Italie, au d’une part, elles en possèdent des titres (et Portugal ou en Espagne. Elles possèdent donc cela s’accompagne donc du risque de moins- aussi une partie de la dette de ces autres pays value) et d’autre part, elles détiennent des de l’Europe, plus facile à gérer mais lourde filiales en Grèce qui risquent de faire face au quand même.

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ACTUALITÉ Quels risques financiers pour la Banque Centrale Européenne ? En cas de Faillite de la Grèce, la Banque Centrale Européenne risque d’enregistrer des dizaines de milliards d’euro de pertes. Mais même si ce scénario se produit, la BCE et tout particulièrement l’Euro système (qui regroupe les 17 Banques Centrales de la zone euro) aura tout de même les moyens de faire face à cette dette grecque. En effet, L’Euro système a « prêté » 130 milliards d’euros à la Grèce : dans le cadre du programme d'achats lancé en mai 2010, la BCE aurait acquis 40 milliards d'euros de titres grecs et elle aurait fourni 90 milliards d'euros de liquidités à des établissements grecs en échange d'obligations helléniques. C'est sur ces montants que les pertes seront calculées en cas de restructuration. La BCE essaye par tous les moyens d’éviter la contagion de la crise de la dette à l’Espagne et à l’Italie. En Août 2010, La BCE a racheté pour 22 milliards d’euros d’obligations. L'action de la BCE a eu un effet immédiat : le taux d'intérêt italien a baissé (de 6,195% à 5,04%), de même pour le taux espagnol (6,284% à 4,992%).

exemple elle a réussi à obtenir de l’Italie une accélération de la mise en place du plan de rigueur pour rectifier ses finances publiques. Qui sont les principaux pays exposés ? Outre les fameux chiffres sur la crise grecque qui se répètent jours après jours, il est important de mettre en évidence les économies étrangères qui s’y trouvent impliquées. En effet, en prenant en considération le poids de ces principaux pays créanciers d’Athènes, apparait alors le montant qui dépasserait les 200 milliards d’euro face à cette crise. Ces pays sont au nombre de dix à commencer par la France avec 62 milliards, suivie de l’Allemagne avec 44 à 50 milliards, les Etats-Unis avec 31 à 34 milliards, le Royaume-Uni avec 14,6 et 9 milliards et l'Espagne 11 et 10,5 milliards. On retrouve aussi les Pays-Bas et la Belgique dont la contribution cumulée dépasse chacune 4 milliards d’euros, suivit de la Suisse avec 3,5 ou 2,5 milliards.

Comme nous le voyons bien, l’intérêt porté à la crise de la dette grecque n’est pas uniquement de l’ordre national mais, bien auSi toutes c e s La BCE en Allemagne. delà, englobant toute la restructurations entrainent zone euro et n’est pas des pertes, une recapitalisation de la BCE sera nécessaire. Si sans conséquences vis-à-vis de cette dernière. cela ne se produit pas, la BCE sera obligée de À l’exemple de la crise américaine en 2008, « faire tourner la planche à billets pour où la faillite de la banque américaine a couvrir les pertes » , ce qui va sans doute entrainé l’effondrement du système financier mener à l’Inflation , situation qui ne serait américain qui s’est manifesté au niveau pas favorable à l’Allemagne et à la France. mondial par une crise de liquidité, le défaut La BCE perdra donc sa crédibilité et ceci de la dette grecque affecterait lourdement la zone euro et cela à travers une crise de pourrait vraiment l’affaiblir. confiance. Le premier effet connu et soutenu Elle est à ce jour la seule capable d’éviter la par les agences de notation serait la privation contagion de cette dette dans toute l’Europe. des banques du financement accordé par la Mais elle n’agit jamais sans contrepartie, par BCE. Ceci aurait alors une conséquence, qui

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semble inévitable, et qui est la faillite d’une bonne partie des banques grecques. Or nous le savons bien, les effets ne peuvent qu’entres autres se répercuter sur les banques européennes qui devront faire face à ces pertes. De plus, le défaut de la crise grecque génère un sentiment de panique vis-à-vis des autres pays fortement endettés tel que le Portugal, l’Irlande, l’Italie et la Belgique. La contagion serait alors inévitable engendrant une dégradation des agences de notation, et donc en d’autres termes une spirale néfaste à la zone euro. Les pays européens se rendent comptent de cette situation et se réunissent actuellement pour aboutir à un nouveau plan d’aide à la Grèce. D’après le ministre des finances d’Allemagne Wolfgang Schäuble, il faudrait faire accepter les détenteurs d’obligations privés grecques dont l’échéance est prévue entre 2011 et 2014 de les échanger contre des titres qui auraient une maturité plus longue afin de permettre à la Grèce de se redresser.

Ce qui correspond à une contribution du secteur privé de près de 30 milliards d’euros. Or la BCE semble réticente à cette démarche de peur d’un défaut de paiement de l’état Grecque. L’avis de l’ancien conseiller d’Angela Merkel souligne qu’ « une e x t e n s i o n volontaire des échanges » est loin d’être contestée. Chez les français, l’opinion se penche davantage sur les avis de la BCE, par peur de défaut de crédit. Du même côté, on retrouve l’Italie, l’Espagne et bien évidemment la Grèce. A Bruxelles, la commission européenne estime qu’un échange total des titres sur la totalité de la dette grecque détenue par les investisseurs privés pourrait être une solution pour éviter un nouveau plan d’aide, mais reste le problème de la solvabilité des banques grecques. Les avis sont donc mitigés entre ceux qui soutiennent une solution allemande prête à prendre des risques, et ceux qui soutiennent la BCE et sa prudence. Nicolas Sarkozy et Angela Merkel tentent de parvenir à une solution acceptée pour la plupart et à conséquences positives. François Mehchy et Lara Abou Habib Étudiants en 2e année

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ACTUALITÉ Outlast 2011

An optimist stays up until midnight to see the New Year in. A pessimist stays up to make sure the old year leaves.

When our children, grandchildren and the generations to come will open the history book, they will find that its pages aren’t blank, especially 2011’s one. Why? Simply because 2011 was a year of crossroads, 2011 was a year of revolution, a year of adversity, of remembrance, of possibility, of inspiration… A year of crisis, questions and answers, a year, who has changed the world. What are the events that made 2011 so loaded? Which things are no longer the same? And what do we have as new?

Bill Vaughn

Arab Spring. forced its president to flee and led to a groundswell of revolt in other Arab countries like Libya and Egypt, the stepping aside of Yemen’s leader and the beginning of deadly insurgency in Syria, collectively known as the Arab spring. Europe, like always, faces troubles but this time, it’s not a third world war but a debt crisis, which began with the Greek debt crisis, caused it by highlighting a colossal Greek debt and a large and constant deficit.

It all started with the hopelessly gesture of a seller in Tunisia, Mohamad Bouazizi, humiliated and insulted by the police who confiscated his goods after they asked him As long as there’s no natural disaster, global for bribes and he barely supplies refused to pay. should be enough Setting himself for global demand. on fire to protest So what if, one of the repression, the biggest world poverty and suppliers faces not corruption in his only, an earthquake c o u n t r y . but also a nuclear Mohamad’s d i s a s t e r, w h i c h a c t i o n s Japanese human stimulated the error has led to public sentiment catastrophic results. in Tunisia, and Japan Earthquake and Tsunami 2011.

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Moving to Brazil, where a series of floods and mudslides took place in several towns and became the worst weather related to natural disaster in Brazilian history. Ding Dong! Osama Bin Laden is dead! Let’s open a bottle and sing USA. It’s on Obama’s presidency that the most dangerous terrorist that the world knew, has went down, the man for whom the USA spent millions of dollars looking after him. Walking down the streets of the world trade center after 10 years, President Obama tells the families of September 11 victims that, they have never been forgotten, and calls on Americans to remember the unity on that tragic day. After 70 years of black signs, the first white one appears: the Palestinian flag rose at UNESCO after admission. 70 years of worst case scenarios, the Palestinian people have witnessed and still living far from their lands, the places where they were born and grew up. Investors spooked by planning stock markets and the European debt crisis had few safe havens, one of the best was one of the oldest: GOLD, The metal hit 1911.46 $ an ounce.

Monaco’s, Prince Albert to Charlene Willstock. After detonating a bomb in Oslo’s government district, Anders Breivik shot 69 people, claiming his personal crusade to end immigration, multiculturalism and Islam in Europe. On 31 October, world population reaches 7 billion. A world of 7 billion poses many challenges and countless opportunities to make a positive difference. To many people, the Stanley cup riot was the biggest story of the year, city officials believed, probably for the last time that Vancouverites could gather downtown for the seventh game of the Stanley cup playoffs without starting a riot. Heavy rains in both Thailand and Pakistan killed more than 1500 people and destroyed crops.

The news in 2011 was being recognized as exceptional long before the year began to draw to a close. Few among 2011’s events are listed above, the events are uncountable The death of Apple’s and time is one of the Steve Jobs, at 56, of essential ingredients, a pancreatic cancer, each day brings 86400 was a chance to seconds, an event takes a reflect upon what a fraction of seconds so do great corporate the math and you will leader can do; the find that millions of man who introduced events can happen to the world, during a year and A tribute to Steve Jobs outside the SoHo innovating products whatever isn’t used is such as the iPod, apple store. gone forever so live the iPhone and iPad . seconds, since, according to news, speculation and prophecy, 2012 may 22.6 million viewers around the world have be the final year! watched Prince William and Kate tie the knot, across the Westminster streets and the Eid Tawk TV channels. Another prince has got married, Étudiant en 3e année

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Progrès


technique & emploi 24 Les entrepreneurs crĂŠent-ils des emplois ?


PROGRÈS TECHNIQUE & EMPLOI Les entrepreneurs créent-ils des emplois ? Oui, les entrepreneurs créent des emplois Deux arguments logiques soutiennent le fait que les riches créent des emplois : Premièrement, les emplois sont très abondants dans la Silicon Valley ces jours-ci. Apple, Google, Facebook et d'autres continuent à embaucher, comme ils le faisaient au pire de la récession économique. Google a indiqué qu'il a ajouté 1900 emplois au cours de son premier trimestre fiscal de 2011. Amazon.com, qui a récemment ajouté le stockage de musique à ses services « cloud», a énormément d'ouvertures pour les ingénieurs de logiciels, chefs de produits et autres. EBay se renforce dans le commerce mobile et dans d’autres domaines à travers l'embauche et les acquisitions significatives pour ajouter du talent à la firme. LinkedIn a débuté l'année 2011 avec environ 1000 employés dans le monde, soit le double de son effectif du début de 2010. Deuxièmement, des entrepreneurs intelligents comme Steve Jobs créent des produits qui créent la demande. Jobs est le meilleur exemple illustrant la théorie de l’économiste libéral français Jean-Baptiste Say, « l’offre crée sa propre demande », à tel point qu’il faudrait la renommer « loi de Jobs ». Lorsque l’iPad a été introduit en 2010, beaucoup ont affirmé que l’iPad n’allait connaître aucun succès et que ce produit serait une faute très grave commise par Jobs : l’iPad ne répondant à aucun besoin. De même, ces personnes avaient la même opinion concernant l’iPhone lors de son lancement en disant que personne ne va utiliser son téléphone portable pour naviguer sur I n te r n e t. P e r s o n n e n e connaissait la tablette avant le lancement de l’iPad et maintenant tout le monde en veut un ; de plus, plusieurs analyses montrent que l’iPad n’est pas une alternative à l’ordinateur portable mais un remplaçant. L’iPhone a aussi connu un très grand succès au point de devenir le Smartphone numéro 1 au monde. Personne ne savait qu’il voulait un iPad avant

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que Jobs ne le créé. Alors, Steve Jobs a créé tous les emplois nécessaires pour construire et vendre cette tablette. Non, les entrepreneurs ne créent pas d’emplois Alors que tout le monde aux États-Unis continue de blâmer tout le monde pour le taux de chômage élevé, une affirmation est si souvent répétée qu'elle est désormais considérée comme un fait : « les gens riches créent des emplois». Plus précisément, ce sont les entrepreneurs et les investisseurs qui créent des emplois. Alors, si nous voulons créer plus d'emplois, nous avons besoin de réduire les impôts sur les entrepreneurs et les investisseurs pour augmenter leur motivation à créer des emplois. Mais, un riche américain, Nick Hanauer est venu contredire cette théorie dans un éditorial pour Bloomberg. Hanauer pense que les taxes sur les riches sont basses par rapport à d’autres périodes prospères ; de plus, beaucoup de riches et d’entrepreneurs comme lui-même sont sûrs qu’augmenter les gains en capitaux et les impôts sur le revenu de quelques points ne pourra pas réduire directement les incitations à créer des entreprises : les entrepreneurs vont évidemment obtenir moins de profits, mais ils vont créer des entreprises dans tous les cas. Alors, diminuer les taxes sur les riches aura pour effet de les rendre plus riches. Pour Hanauer, les entrepreneurs et les investisseurs ne créent pas d’emplois mais, en revanche, un bon écosystème économique le fait. En effet, l’avenir de l’entreprise créée dépend des consommateurs, plus précisément, ceux appartenant à la classe moyenne : s’ils achètent le produit ou le service offert par l’entreprise, cette dernière survivra, mais si les consommateurs ne l’achètent pas, l’entreprise souffrira.


La théorie de Ford soutient aussi la théorie en faveur du fait que les entrepreneurs ne créent pas d’emplois : Henry Ford a décidé que les salaires de ses employés soient assez élevés pour q u ’ ils p u is s en t acheter les Nick Hanauer. voitures de sa compagnie. Il savait que ses employés seraient ses clients, et que sans ses employés, il n’aurait pas une compagnie.

ces emplois temporaires disparaissent. Par exemple, en 1999, des centaines de milliers d’investisseurs ont investi des milliards de dollars dans le secteur de l’Internet et les entrepreneurs ont pu créer des dizaines de milliers d’emplois. Mais, en 2001, lorsque la bulle Internet a éclaté, le capital investi s’est épuisé et la plupart de ces emplois créés ont disparu (il s’est avéré qu’il n’y avait pas de demande réelle). D’autre part, le second argument peut être contredit en expliquant le rôle des consommateurs : si les consommateurs n’avaient pas les moyens d’acheter les produits comme l’iPhone et l’iPad, Apple n’aurait pas vendu ses produits. En conséquent, les emplois créés par Apple auraient disparu. De plus, si Apple n’avait pas créé l’iPhone, l’argent des consommateurs utilisé pour acheter ce produit aurait probablement été dépensé pour acheter d’autres produits créés par d’autres entreprises ; Par conséquent, ces dernières auraient créé des emplois. Apple aboutit donc parfois à une mobilité d’emplois, mais elle ne crée pas toujours des emplois.

Par ailleurs, les deux arguments avancés pour soutenir la première théorie (selon laquelle les entrepreneurs créeraient des emplois) sont en quelque sorte faux. En effet, sans les consommateurs, l’iPad n’aurait été aujourd'hui qu’un beau concept. C’est d’ailleurs ce qui s’est passé avec To u c h P a d , l a tablette de HP : Steve Jobs et les ventes de la Le nouveau siège d’Apple (708200 m2) pourra l’économie tablette étaient accueillir 13 000 employés dans un bâtiment si faibles que circulaire de quatre étages. Par contre, Steve HP a décidé Jobs a pu créer de d’arrêter sa production et de diminuer son nombreux emplois en créant ses produits prix de 399$ à 99$. révolutionnaires. Le cas d’Apple ne ressemble en aucun cas à celui de l’Internet En ce qui concerne l’argument de la Silicon en 1999 : Apple est devenue l’entreprise la Valley, ces nombreux emplois s’expliquent plus importante au monde pour de par les consommateurs qui ont acheté les nombreuses années et on estime qu’elle le produits ou les services des entreprises restera pendant les cinq années qui viennent. créées. Les entrepreneurs avancent une idée En outre, Steve Jobs n’a pas créé un produit et les investisseurs leur fournissent le capital qui n’a pas eu de succès. Depuis son retour à nécessaire à la croissance de l’entreprise. Apple en 1997, l’entreprise a connu C e t t e c o m b i n a i s o n « e n t r e p r e n e u r- beaucoup de succès ; tout le monde veut investisseur » permet de créer plusieurs avoir des produits Apple. emplois temporaires jusqu’à ce que le capital investi s’épuise. En l’absence de bons clients, D’ailleurs, voici un exemple qui prouve que

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PROGRÈS TECHNIQUE & EMPLOI

Steve Jobs dévoilant le nouvel appareil de la compagnie, l’iPad, en janvier 2010 à San Fransisco.

dans l'économie. D’ailleurs, Apple a élaboré une stratégie brillante quand il a fixé un prix raisonnable afin que tout le monde puisse acheter l’iPad. L'état de l'économie d’aujourd’hui est telle que les individus trouvent qu'il est difficile de payer leur loyer, d’acheter de la nourriture, de faire des paiements pour la voiture et ainsi de suite. Vue la fixation de prix relativement raisonnable ceci a mené au fait que ces individus sont satisfaits.

Par ailleurs, concernant la Steve Jobs crée vraiment des emplois. Nous démarche de création d’emplois, les sommes tous familiers avec le gadget développeurs pourront créer des postes pour révolutionnaire qu’Apple a introduit il y a l'équipe de vente qui, à son tour, va vendre deux ans : l’iPad. Ce dernier a eu le potentiel plus de produits. Nous ne devons pas oublier de relancer l'économie. En effet il a été lancé les concurrents qui vont créer des emplois à un moment durant lequel les gens innombrables pour venir avec des produits trouvaient qu'il était difficile de gagner de qui pourraient rivaliser avec l'iPad, comme le l'argent parce qu'ils perdaient leurs emplois Galaxy Tab de Samsung. ou leurs entreprises ; la solution au problème a donc été la technologie. Nous sommes tous Pour conclure, les entrepreneurs et les conscients du fait que la technologie évolue investisseurs ne créent pas d’emplois ; c’est en permanence et à un rythme rapide. Il est notre économie qui le fait toute seule, et elle fort possible que entre le moment où nous le fait encore mieux quand les individus écrivons cet article et sa publication, il y’ait appartenant à la classe moyenne ont un une version encore plus récente du Ipad qui revenu disponible suffisamment bon. D’autre soit lancée. Actuellement, l'iPad est un part, les entrepreneurs et les investisseurs ont produit très populaire. Sa popularité pourrait un impact très important sur l’économie en être comparée à celle de la télévision dans les développant l’innovation, le progrès et la années 40. Nous nous souviendrons toujours richesse. Cependant, ces de 2010 comme étant « derniers et les consommateurs l'année de l’iPad ». Ce créent ensemble les emplois. « l’offre crée sa produit est un tel succès que Mais, il faut distinguer les l'on estime que des millions, propre demande » : entrepreneurs comme Steve voire des dizaines de millions Jobs des autres puisque Jobs a « loi de Jobs » d'acheteurs vont investir dans permis de créer des milliers ce produit cette année. Cela d’emplois permanents et non nous amène à croire que plus d'emplois temporaires, et l’économie ces jours-ci a seront créés. Bien sûr, des individus seront besoin d’individus qui raisonnent et nécessaires pour la fabrication du produit. Un révolutionnent le monde comme l’a fait Steve soutien technique sera également nécessaire. Jobs. Les vendeurs seront nécessaires afin de le vendre. Des chauffeurs seront nécessaires Source : businessinsider.com pour la livraison. Les développeurs d'applications devront élaborer de nouvelles Camille El Khoury créations. Ces agents contribueront à faire Étudiant en 3e année beaucoup d'argent qui, à son tour, sera remis

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Finance


30 Les agences de notation : au coeur du système ?


FINANCE Les agences de notation : au cœur du système ? Standard&Poor’s, Moody’s et Fitch : tels sont les trois « gourous » actuels du monde de la finance. En effet, les agences de notations font actuellement l’objet de la plupart des débats dans le monde, en particulier dans ce contexte de crise de la dette européenne. C’est ainsi que depuis quelques mois les différentes institutions voient leurs notes chuter à tour de rôle : aux pays (GrèceEspagne entres autres) se sont joints quelques grandes banques européennes sans oublier des sociétés d’assurance. Summum de ces « chutes » successives, l’annonce faite il y a quelques jours de l’abaissement de la note de

la France, qui a pourtant longtemps fait partie des « bons élèves de l’Europe », et dont la chute laisse planer une appréhension quant aux potentielles conséquences désastreuses. Ce contexte est donc l’occasion de présenter plus en détail le rôle et le fonctionnement de ces agences avant d’aborder les principales questions d’actualités qui leur sont liées. Ainsi, pour commencer l’on peut dire qu’une agence de notation financière est un organisme dont le but ultime est d’évaluer le risque financier de certains acteurs économiques, et en particulier la qualité de la signature reflétée à travers une note qui leur est attribuée. Cette note en question prend en compte plusieurs paramètres dont le « scoring », les paramètres de l’analyse financière (notamment les ratios financiers…) ainsi qu’une analyse de la gestion interne des agents notés. Ces agences

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peuvent noter, « sur demande », le risque d’entreprises, de banques, de « fonds » (comme nous le montre la notation du FESF : Fonds Européen de Stabilité Financière), de villes et collectivités locales, et même de pays. Le système de notation diffère selon les trois agences dominantes mais il existe, en général, une corrélation entre la notation de long et de court terme. Le AAA (le fameux «triple A») étant en général la meilleure note pouvant être attribuée et le C ou le D (pour Standard&Poors et Fitch) la pire. D’ailleurs on parle de « investment grade » pour les notes en haut de l’échelle (de AAA à BBB-) et de « non-investment grade » pour les notes au bas de l’échelle (entre BB+ et D). En ce qui concerne leur mode de rémunération, ces agences sont en général rémunérées par le client-demandeur de notations : en effet ce sont donc les entreprises, Etats ou autres qui, lorsqu’ils s’endettent sur les marchés de capitaux, paient à ces agences pour qu’elles leurs attribuent une note (selon les critères déjà élaborés) en vue d’aider les créanciers à juger la capacité de ces agents économiques à rembourser leurs dettes. Cela soulève d’ailleurs la fameuse question de leur niveau d’indépendance. Ces agences sont-elles vraiment indépendantes et si oui jusqu'à quel point ? Telle est la principale question qui revient de manière récurrente dans la plupart des débats actuels dans le monde de la finance. En effet, ce principe évoqué de « l’émetteur-payeur » (le fait que l’entreprise ou l’Etat en question paie à une agence pour


être noté) a été la source de doutes et de critiques mettant en avant les possibles conflits d’intérêts pouvant émerger de cette situation. Ces critiques étant d’autant plus fondées que l’on se rappelle bien, au début des années 2000, de « l’affaire Enron » où les agences avaient attribué une bonne notation à cette entreprise jusqu'à quatre jours avant sa faillite. Autre exemple sur lequel peuvent se fonder les critiques actuelles, la crise financière de 2008 où les agences n’ont pas pu jouer leur rôle de prévention de cette crise e n réagissant de façon lente et même en donnant par erreur une bonne notation à d e s produits structurés. C e s exemples viennent d o n c renforcer les doutes actuels que l ’ o n retrouve dans le monde de la finance au sujet de la « prétendue » indépendance de ces trois agences de notation, mais aussi au sujet de leur transparence, réglementations et du manque de concurrence sur ce marché où S&P, Fitch et Moody’s détiennent quasiment 95% du marché. De plus, les récentes baisses de notations successives alimentent le débat : Ainsi, tout au long du mois de Décembre 2011, les mises sous surveillances se sont enchaînées et ont touché 15 des 17 pays de la Zone Euro mais le doute a aussi plané sur la ville de Paris et la région d’Ile de France (jusque-là détentrice d’un AAA) sans oublier les menaces sur les différentes banques françaises (BNP Paribas - Société Générale…) et allemandes (Deutsche Bank…) pour ne citer qu’elles. Alors lorsque les gouvernements européens et la

Commission Européenne s’élèvent pour critiquer ces agences et leur éventuel rôle dans l’aggravation de la crise , et lorsque le gouverneur de la Banque de France qualifie ces agences d’agences de notation « franchement incompréhensibles et irrationnelles », la réponse est claire : « nous ne sommes pas des commentateurs mondains […] nous faisons des analyses de fond et réagissons de façon très réfléchie » réplique Jean-Michel Six (chef économiste Europe de Standard&Poor’s). C ‘est donc dans ce climat assez tendu que la SEC et d ’ a u t r e régulateurs comme l’AMF évoquent la nécessité de contrôler et même de réguler ces agences. Quoi qu’il en soit et quelles que soient les futures prises de décisions, une chose est du moins sûre : la tension est à son comble ces derniers temps dans le monde de la finance. Et s’appeler « Moody’s, Fitch ou Standard&Poor’s » n’arrange pas grandchose. Hala Abou Charaf Étudiante en 3e année

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Politique


34 Tensions en France 40 La voix d’une jeunesse 41 Le Liban et la génération d’aprèsguerre


POLITIQUE Tensions en France Dans une première partie les vraies différences entre ces deux courants de pensée seront exposées d’un point de vue généralisé, pour ensuite dans une deuxième partie situer les différents partis français par rapport à ces deux clans, et étudier leurs projets économiques. Droite ou gauche ; choisir son clan

VS.

L’origine de cette rivalité entre gauche et droite remonterait au moment de la révolution française ; lors du vote sur le débat du véto royal le 27 Août

À l’approche de la prochaine élection présidentielle française de la V e république, dixième du genre, neuvième au suffrage universel direct qui permettra à l’échéance d’élire le président de la République française pour un mandat de 5 ans les 22 Avril et 6 Mai 2012, les partis politiques s’activent, présentent leurs candidats, décident de leurs programmes et se critiquent mutuellement. Car il est bien connu qu’en France le champ politique est séparé en deux clans opposés ; la gauche et la droite, accompagnés d’un troisième plus discret : le centre, à mi chemin entre les deux extrêmes. Ce qui nous intéresse principalement en tant qu’économistes c’est bien sûr les divergences économiques qui séparent les partis. Mais ce domaine est tellement large que les courants politiques (bien que nombreux et différents) seront caricaturalement séparés dans cet article en « droite » et « gauche ».

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1789. Les députés favorables au véto (c’està-dire au maintien du pouvoir de blocage du roi et donc contrôle du législatif par l’exécutif) se rangèrent à droite du président de séance (il s’agissait surtout des royalistes et des conservateurs), et ceux hostiles à gauche ; la tendance est restée. De nos jours bien sûr, leurs divergences ont changé : La droite regroupe les partis et courants politiques orientés vers une pensée ou une


idéologie conservatrice ou libérale. Par « contre les privilèges de la naissance et de la conservatrice » on entend toute pensée richesse, leurs politiques sont beaucoup plus attachée aux valeurs traditionnelles, qui interventionnistes et égalitaristes que celles s’oppose au progressisme et qui soutient le des partis de droite. Ils défendent ainsi les retour aux valeurs établies. Et par « libérale valeurs de solidarité, d’égalité, de progrès, » on entend évidemment d’insoumission. Comme la toute pensée qui accorde la gauche est plus modérée que Les divergences priorité aux principes de la droite en terme de liberté et de responsabilité entre la droite et la productivité (car il est bien individuelle : à chaque connu que la droite, toujours gauche ont changé en quête de plus de profits, citoyen ses droits fondamentaux qu’aucun accorde une extrême valeur à pouvoir n’a le droit de violer. la production : produire Les libéraux entendent limiter les obligations toujours plus, même si le plus souvent cela sociales imposées par l’Etat ainsi que les est néfaste à l’environnement), les politiques du système social et prônent plutôt écologistes se sont joints au clan de gauche le libre choix de chacun. C’est pour cette pour mieux promouvoir et exprimer leurs r a i s o n q u e l a d r o i t e s o u t i e n t l e idéaux. désengagement de l’Etat, le désendettement, la baisse des impôts de manière à encourager Pour ne parler que d’un point de vue l’initiative privée… Elle privilégie la libre économique, il est possible de dresser une concurrence, l’économie de marché (sous la comparaison entre les deux partis : théorie que le marché livré à lui-même sans - Rôle de l’Etat : alors que dans les partis de intervention étatique est le plus efficace). Et gauche l’Etat a tendance à diriger, là il existe une sorte de séparation dans le redistribuer, nationaliser… dans l’optique que parti de droite ; certains considèrent que l’homme est avant tout un être social, dans l’intervention de l’Etat est nécessaire pour les courants de droite l’Etat est réduit au protéger les libertés individuelles et minimum (son rôle est uniquement de faire l’acceptent au niveau des contrôles et respecter la liberté de chacun, et assurer la régulations dans le domaine économique liberté, l’ordre et la justice). Les politiques de (c’est le cas par exemple d’Adam Smith ou redistribution et d’aides sociales de l’Etat que de Karl Popper), et à l’opposé la tendance défend la gauche (suivant leurs critères anarcho-capitaliste rejette toute forme égalitaires) sont refusées par la droite car d’intervention étatique dans tous les selon cette dernière chacun doit recevoir domaines. La droite défend donc les valeurs selon son mérite, et ces politiques incitent à de mérite, de travail, d’attachement à l’ordre l’irresponsabilité personnelle (avec le risque social, de tradition, et elle se distingue que chacun s’en remette à l’Etat au lieu de principalement de la gauche de par sa redoubler d’efforts). Enfin, la droite rejette préférence à la liberté et non à l’égalité ces politiques car elle rejette de par son lorsque ces deux concepts entrent en conflit, idéologie toute dépendance (dans ce cas alors que la gauche a une nette préférence matérielle) envers l’Etat. Face à ces reproches, la gauche riposte en critiquant à pour l’égalité au dépend de la liberté parfois. La gauche regroupe les courants à idéaux son tour l’idéologie de droite comme étant un progressistes, qui critiquent l’ordre social régime dur pour ceux incapables d’assumer dans une volonté de le réformer dans un sens leurs responsabilités (par exemple les vieux, égalitaire et rationnel ; ils entendent créer des les handicapés, les malades...) et qui permet organisations afin de substituer à l’ordre et même encourage les inégalités. naturel traditionnel un ordre rationnel. Il - Travail : là encore les idées de gauche et de s’agit donc principalement des courants droite s’opposent ; la gauche défend la communistes, du socialisme, de l’anarchisme, poursuite du bien commun alors que la droite du radicalisme et de la social-démocratie. défend la poursuite de l’intérêt individuel Les partis de gauche défendent l’égalité pour ensuite aboutir au bien général et

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POLITIQUE commun. La politique de droite est une application au théorème de la main invisible d’Adam Smith : l’égoïsme de chacun tourne à l’avantage de tous car l’intérêt personnel est le meilleur stimulant au travail et à l’activité économique. Ces idées sont qualifiées de naïves par le courant de gauche qui ne croit pas au « miracle de la main invisible », pour lui ce genre d’idéologie ne permet qu’une distribution inégale, et une surproductivité qui ne trouve pas assez de débouchés, menant à des crises économiques et donc à du chômage. - Valeurs : la droite repose sur la logique de marché c’est-à-dire sur la croyance et confiance en les lois naturelles de l’économie (par exemple la loi de l’Offre et de la Demande : rencontre de deux libertés qui s’entendent sur un prix, un salaire… même chose pour les taux d’intérêt, pour la valeur des actions, pour la monnaie…), ce qui explique pourquoi les partis de droite jugent inutile et inefficace l’intervention de l’Etat, et défendent des valeurs de compétition et concurrence. Par contre la gauche ne croit pas aux lois naturelles ou alors les trouve injustes ; elle compte plutôt sur la raison pour régler les rapports économiques, et cette raison est représentée par l’Etat. Cela explique pourquoi l’intervention étatique est nécessaire chez les partis de gauche car l’Etat est le seul agent capable de déterminer les besoins de la population et qui a les moyens de les satisfaire. De cette manière les biens essentiels sont à un prix abordable pour tous (logement, éducation, maladie…), ce à quoi la droite riposte que les prix et salaires sont déterminés sans aucune référence à leur valeur réelle lorsque l’Etat les détermine. Les courants de gauche et de droite ont donc des raisonnements complètement opposés. A ces deux clans s’ajoutent l’extrême droite (qui représente le nationalisme poussé, l’autoritarisme, l’antiparlementarisme et qui diffère de la droite « modérée »), l’extrême gauche (qui représente les mouvements révolutionnaires cherchant l’abolition du capitalisme), et enfin le centre (qui tente de profiter des avantages de chacun des courants de gauche ou droite en évitant le plus possible les inconvénients).

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La politique française Tout d’abord voici la liste des candidats à la présidence française de 2012 par mouvements politiques : Extrême gauche : Lutte ouvrière : Nathalie Arthaud. Nouveau Parti anticapitaliste : Philippe Poutou. Gauche : Front de gauche : Jean Luc Mélenchon. Le Front de gauche est une alliance électorale entre le Parti communiste français (PCF) et le Parti de gauche (PG). Parti socialiste (PS), Parti radical de gauche et Mouvement Unitaire Progressiste : François Hollande. Dans le cadre de « primaires ouvertes et populaires », l’élection du candidat socialiste a eu lieu les 9 et 16 Octobre 2011. François Hollande (député et ancien premier ministre du PS) est élu candidat dans un duel de second tour l’opposant à Martine Aubry. Europe Ecologie Les Verts, Mouvement écologiste indépendant : Eva Joly. Tout comme au PS, une primaire a été organisée pour designer le candidat.


À cette liste s’ajoutent plusieurs autres candidats, affiliés à des organisations, ou à différents partis. Cette liste a uniquement pour but de situer les partis politiques les plus fréquemment sur scène par rapport au clivage droite/gauche.

Centre : Mouvement démocrate : François Bayrou. Droite : Union pour un mouvement populaire (UMP) : Nicolas Sarkozy. Debout la République : Nicolas DupontAignan. Extrême droite : Front national : Marine Le Pen qui succède à son père Jean-Marie Le Pen. Partis et rassemblements divers : Solidarité et progrès (S&P) : Jacques Cheminnade.

Tous candidats à la présidence française pour un mandat de cinq ans, la tension monte entre les partis. Nicolas Sarkozy et François Hollande par exemple n’en finissent plus de se critiquer et même de se railler mutuellement en public et dans leurs discours, créant une très forte atmosphère de rivalité entre l’UMP et le PS. En ce qui concerne les programmes économiques de ces partis : La gauche en France s’est trouvée à un tournant avec la crise de 2008 car cette dernière a entraîné un renforcement des mécanismes de concurrence entre tous les secteurs, entre les entreprises et les Etats. Face à cela, un choix a dû être fait : une partie de la gauche s’est adaptée à cette concurrence en la considérant (à juste titre) comme inévitable : c’est l’orientation qu’a pris le Parti Socialiste sous l’influence de Martine Aubry, première secrétaire du parti. Le PS tente désormais non pas de lutter contre la concurrence mais d’imposer des mesures de régulations pour limiter les conséquences des logiques du marché. La deuxième partie de la gauche a préféré continuer son engagement dans une politique de rupture avec la logique du capitalisme libéral : c’est le cas du Front de Gauche qui entend « répondre aux besoins sociaux et environnementaux et non à la recherche de profits ». Le Front de Gauche dans son programme électoral défend une répartition des richesses particulière ; prendre massivement sur les profits des grands groupes pour financer les besoins sociaux fondamentaux, ce à quoi Nicolas Sarkozy appuyé par l’UMP a rétorqué que cela provoquerait une diminution de la productivité et donc un ralentissement accentué de l’activité. Le Front de Gauche propose donc des politiques qu’il définit comme « véritablement de gauche » : des politiques de l’emploi qui refusent les salaires précaires et les licenciements dans les

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POLITIQUE entreprises qui font des profits, qui défendent disputes du PS avec les démocrates, ainsi que une réduction du temps de travail sans perte l’entêtement du parti à chercher une alliance de salaires, et qui s’orientent vers un nouveau avec les communistes entraîne une certaine mode écologique qui permet de respecter méfiance envers le PS. Les dernières l’environnement. annonces économiques de Pour en revenir au Parti Hollande concernant un Nicolas Sarkozy et certain nombre de dépenses socialiste, ce dernier développe son programme François Hollande p u b l i q u e s a v i v e m e n t électoral de manière à « faire inquiété les français. Le n’en finissent plus penchant protectionniste face à la crise économique majeure ». Selon le PS, d’Hollande et sa volonté de se critiquer l’économie française dirigée d’appliquer des barrières depuis 1995 par les courants douanières sur les de droite a fortement désavantagé et pénalisé importations ne sont certainement pas la les classes populaires (notamment en termes meilleure solution au problème de la d ’ e m p l o i s ) a v e c s a t e n d a n c e d e compétitivité des produits français et de mondialisation capitaliste. Pour redresser l’emploi car elles comportent un risque : le toute la croissance de la France, le PS entend PS désigne clairement l’étranger comme encourager une industrie forte, compétitive, responsable des menaces sur l’emploi innovante et durable, et ce en fixant la français. Or la question ne se situe pas dans compétitivité comme principal objectif. Pour l’opposition libre échange/protectionnisme développer cette compétitivité, François mais dans le choix entre coopération et Hollande propose des avantages fiscaux pour les entreprises, des aides à l’exportation p l u s nombreuses, mais aussi de favoriser les délais de paiement et d’instaurer un Francois Hollande, lors d’une conférence de presse à la Maison de l'Amérique statut juridique latine (Reuters/Charles Platiau). unique pour les jeunes concurrence. Pour réaliser le juste échange entreprises innovantes (avec des mesures dont parle Hollande il faut construire de fiscales incitatives)… tout un programme nouveaux rapports internationaux basés sur la qui au fond est très cohérent avec les coopération et la solidarité plutôt que sur la orientations de la construction libérale de concurrence (et ces rapports sont justement l’Union Européenne. Cette « nouvelle ceux défendus par Sarkozy, et entrepris définition de la gauche », qui semble soudain durant son mandat avec l’aide de la plus libérale, attire au PS toute sortes de chancelière allemande Angela Merkel), et critiques provenant des autres partis de non pas multiplier les barrières douanières. gauche (qui accusent le PS d’avoir des politiques de droite) et des partis de droite Les partis de droite reprochent à la gauche (qui reprochent au PS son revirement). ces vagues de nationalisations, ces dépenses Et ces critiques ne sont pas les seules qu’il est publiques massives qui font exploser la dette possible d’adresser au PS. La rivalité et les et les charges sur les ménages et entreprises.

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« La France Forte » : le slogan de la campagne présidentielle de Sarkozy. L’UMP entend diminuer les parts salariales qui ont fortement augmenté suivant les politiques des partis de gauche car cette augmentation des charges salariales n’a eu uniquement pour conséquence que la délocalisation des entreprises vers des pays où la part salariale est moins élevée. Contrairement aux partis de gauche, les partis de droite refusent les hausses d’impôts car cela entraîne une grave diminution de la consommation et de l’investissement et l’UMP propose à la place le bouclier fiscal (disposition fiscale qui pose un plafond à l’imposition globale du contribuable). En ce qui concerne les 35 heures (mesure mise en place par le gouvernement Jospin et soutenu par le PS et le PCF à partir de l’année 2000, fixant la durée légale du temps de travail salarié à temps plein à 35 heures par semaine au lieu de 39 heures), François Hollande souhaite leur « généralisation à toute l’économie française ». Et pourtant ces 35 heures représentent 16 heures en moins de travail par mois. Et moins d’heures de travail équivaut à moins de production, ce qui équivaut à moins de marché, et donc plus de coûts de production. C’est pourquoi le secrétaire général adjoint de l’UMP Hervé Novelli a déclaré que si Nicolas Sarkozy l’emporte en 2012, la loi sur les 35 heures sera supprimée et la durée de travail négociée par les entreprises selon le besoin. L’UMP

entend donc sortir des 35 heures pour travailler et donc produire plus. L’UMP propose également la diminution des dépenses publiques dans le but d’atteindre un déficit de l’Etat nul en 2016, et ce en retournant à l’équilibre des finances publiques : chaque nouvelle dépense publique doit être compensée par des économies au moins équivalentes en contre partie. Il ne s’agit dans cet article que de quelques grandes lignes des programmes électoraux de certains partis, mais qui permettent d’un point de vue généralisé de mieux comprendre les différentes orientations économiques et sociales des courants. Pour conclure, un choix devra être fait les 22 Avril et 6 Mai 2012, qui déterminera l’orientation économique, politique et sociale que prendra la France les cinq prochaines années. Quelque soit le choix, il est à espérer que le dirigeant et son gouvernement parviendront à lutter contre la crise économique et financière mondiale avec succès. Danielle El Khoury El Melki Étudiante en 3e année

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POLITIQUE La voix d’une jeunesse La voix d'une jeunesse qui, au Liban plus qu'autre part, devrait être au centre des préoccupations de l'Etat et qui, pourtant, reste ignorée sauf quand il s'agit d'élections. Là, on lui garantie une entrée à toutes les boîtes de nuit de la capitale, on lui offre une plaque d'immatriculation à quatre chiffres, on lui permet de teinter les vitres de sa voiture et on le berne par d'autres promesses ridicules.

Un Liban ou la jeunesse aura enfin compris que le respect de la nature et de ses êtres vivants va de paire avec le statut de c’est un citoyen.

Être jeune moment crucial de la vie où l’on devrait être libre de faire le choix qui nous paraît le plus juste

Cependant être jeune c'est plus que passer les barrages militaires sans se faire arrêter, c'est plus qu'avoir une "connaissance" qui nous sortira de tous les pétrins imaginables... Être jeune c'est tout un avenir à décider, c'est tout l'espoir des lendemains plus sûrs. Parce qu'être jeune c'est un moment crucial de la vie où l'on devrait être libre et conscient de faire le choix qui nous paraît le plus juste, qu’on juge le plus adéquat. Un Liban plus juste, sans corruption et sans poches à remplir. Un Liban plus propre où des sanctions seront infligées à ceux qui salissent et polluent. Un Liban laïc où l’on ne sera plus considéré par rapport à notre appartenance religieuse mais pour notre identité libanaise. Un Liban où confession et politique obéiront aux lois du parallélisme (ne se retrouveront jamais). Un Liban où celle qui donne la vie sera l’égale de celui qui l’arrache par les armes. Un Liban plus beau encore où le respect du patrimoine naturel et de l’architecture traditionnelle sera loi.

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Un Liban plus vert où des parcs fleuriront à la place d’interminables immeubles.

Un Liban plus sûr où le seul port d’arme sera considéré comme crime. Un Liban où une simple signature ne suffira plus pour conduire légalement.

Un Liban que l’avidité des hommes politiques ne réduira pas à marchandise. Un Liban où les jeunes seront unis pour ensemble avancer avec plus d’optimisme vers un avenir où tout reste à faire. Maintenant que jeunesse sait l’action qui lui reste à entreprendre, vieillesse peut enfin dormir sur ses deux oreilles. Vive la jeunesse, Vive le Liban. Michele Laugel Étudiante en Sciences Politiques


Le Liban et la génération d’aprèsguerre La génération d’après-guerre est celle qui est survenue au début des années 90. Elle a aujourd’hui 21 ans. La guerre étant finie, le Liban a connu des années de répit. Durant ces années de reconstruction et de retour à la « normale », une grande majorité de jeunes au Liban ont grandi de manière saine dans un semblant de stable atmosphère.

l'événement qui a réveillé les esprits, ravivé les tensions jusque-là estompées. La suite n’a fait que confirmer la gravité et l’importance de la situation avec la guerre de juillet 2006 et les séries d’attentats. Le Liban s’est libéré de la présence syrienne sur son sol, et les Libanais se sont automatiquement divisés en deux camps, pro-syrien ou antisyrien.

Il y avait peu de chance de les voir s’épanouir A l’école, certains jeunes ont commencé à se en se détestant les uns les regrouper selon leur autres pour des raisons qui « camp », ou celui de leurs remontent à avant leur La liberté d’expression parents. Des amis ayant naissance. Même si le des opinions différentes se est un droit auquel les sont disputés parfois. A souvenir de la guerre n’est pas mort dans les esprits l’université, l’organisation Libanais ne sont pas de ceux qui l’ont vécu, des élections reflétait bien prêts à renoncer directement ou cette politisation de la indirectement, c’est-à-dire jeunesse où les étudiants les parents et les grands votent plus pour un parti parents, et même si la blessure ne s’est pas politique que pour un programme adéquat. refermée encore, transmettre un tel Ceux qui hésitent sont souvent harcelés pour traumatisme à ses enfants n’est pas chose leur vote et se retrouvent tout d’un coup avec simple. On espérait peut-être que à partir de beaucoup d’ « amis ». De toutes les manières, maintenant il n’était plus possible de revenir la tension se ressent partout dans les locaux en arrière, qu’on allait forcément avancer vers un avenir moins brumeux et apprendre une leçon. C’est l’attentat du Premier Ministre, Rafic Hariri, en février 2005, qui a poussé les jeunes qui ne s’intéressaient pas à la politique de leur pays à s’y attarder plus. C’était l’alerte g é n é r a l e ,

Le site de l’attentat du Premier Ministre Rafic Hariri, Beyrouth.

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POLITIQUE de l’université durant la période des élections. Les jeunes Libanais n’échappent pas à la politique, ils baignent dedans. Si certains acceptent et ont trouvé leur voie dans le système politique actuel, d’autres en revanche sont sceptiques et remettent en cause sa crédibilité. Or, au fil des années, on s’est aperçu que la liberté d’expression est un droit auquel les libanais ne sont pas prêts à renoncer. Cette génération de l’après-guerre est hétérogène, mais elle comporte un nombre important d’éléments actifs qui se manifestent via Internet, outil démocratique par excellence. Les critiques les plus récurrentes expriment un ras-le-bol social contre l’incapacité du gouvernement à satisfaire des besoins élémentaires : l’électricité, avec des coupures injustifiables au quotidien depuis toujours, et

Immeubles bombardés par Israël durant la guerre de 2006.

les infrastructures, mal voire non entretenues qui présentent des risques pour la sécurité de la société. L’éducation même est critiquée avec l’absence d’une écriture officielle de l’histoire du Liban à partir des années 70. Tout a désormais une portée politique et par conséquent, plus rien n’est clair. La nouvelle génération, qui connaît les effets de la mondialisation et les avantages de la technologie, sait qu’aujourd’hui, grâce à ces outils, les choses prennent une toute nouvelle ampleur. Renverser un régime installé depuis des décennies par un peuple jeune n’est pas impossible, et l’année 2011 en Tunisie, en

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Egypte et en Libye, en est la preuve. Les jeunes peuvent faire bouger les choses s’ils le souhaitent. Une excuse qui revient souvent dans la bouche de certains libanais est « ça a toujours été comme ça » et par conséquent ils ne voient pas comment et pourquoi les choses changeront dans un futur proche à moins qu’il n’y ait un événement externe qui vienne tout bousculer. Bien qu’il ne faille pas comparer le cas du Liban à ce qui se passe dans le monde arabe avec les révolutions, il y a bien un signe qui annonce un changement profond dans la politique de la région et un besoin de repenser et de s’adapter à ce changement. Le Liban a toujours été perçu comme différent d’ailleurs, comme un pays au mode de vie plus libéral et démocratique que les autres pays de la région. Ce qu’a surtout le Liban et que d’autres n’ont pas, ce qui fait sa force et sa faiblesse, c’est sa richesse culturelle. Ses différentes communautés qui se partagent le pouvoir et essayent de vivre ensemble depuis longtemps. Quel agréable sentiment de voir les jeunes se mélanger dans les écoles, les universités et la vie de tous les jours, sans voir dans leurs milieux culturel et religieux un obstacle sérieux à leurs fréquentations. Il faudrait savoir bénéficier de cette richesse et préserver ce qu’on peut avoir. Que va devenir le Liban ? Va-t-on chercher à refouler sa diversité et l’uniformiser ? Va t- on renier sa nature, et diviser pour de bon sa « nation » ? Les voix qui comptent aujourd’hui sont celles des jeunes générations, et de toutes les manières, personne ne veut une guerre qui implique nécessairement la mort de son frère et la destruction de son pays. La génération d’après-guerre a aujourd’hui 21 ans et une majorité d’entre elle veut vivre différemment. Alexandra El Khazen Étudiante à l’IEP (SciencesPo)


DOSSIER


Environnement : Pays du Cèdre ? 46 Le problème des déchets au Liban 48 Pollution automobile à Beyrouth, un danger bien réel 50 Le fleuve de Beyrouth, pollution sanglante 51 Internet a aussi sa part négative sur l’environnement


DOSSIER Le problème des déchets au Liban Le Liban produit 1,5 million de déchets chaque année. Cela positionne le pays à michemin entre les pays industrialisés comme les Etats Unis qui génèrent le plus de déchets, et les pays pauvres qui sont moins pollués. La plupart des déchets sont enterrés dans des décharges sauvages ce qui représente une catastrophe sanitaire et environnementale, et le gouvernement n’en est même pas conscient. En effet, le pays ignore les conséquences qui découlent de son incapacité à gérer les déchets, sachant qu’il n’y a aucune contribution personnelle et les individus ne se soucient pas de se débarrasser de leurs déchets sur les routes. Les hommes politiques ne se sentent pas concernés aussi vu qu’ils ne s’engagent pas en priorité sur ce dossier. La collecte des déchets se fait sur 19% du territoire même si 60% de la population bénéficie des services de traitement de déchets. C’est la capitale qui est la plus active dans le traitement des déchets : entre 2500 et 3000 tonnes y sont traités chaque jour, alors que la région du Sud ne traite que 500 tonnes quotidiennement. L’augmentation du volume d’ordures ménagères et industrielles ne serait pas dramatique si les techniques de traitement étaient inexistantes. L’usine de traitement gérée par le groupe Averda (Sukleen) a été conçue pour traiter la moitié du volume qu’elle traite quotidiennement, soit 3000 kilos par jour. L’usine est donc décrite comme étant sous dimensionnée. En moyenne, 8 à 10 % des ordures seraient recyclées dans le pays. Ainsi, 50% des déchets produits (ordures ménagères ou industrielles) finissent dans les trois décharges contrôlées suivantes : Naamé, Baslim et Zahlé, et 40% de ces déchets sont jetés dans des dépotoirs illégaux. Le déficit en matière de traitement a des effets néfastes sur la population : en effet, le Liban irrigue

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certaines de ses plaines agricoles en utilisant des eaux contaminées par le lixiviat (ce terme désigne les eaux polluées par les déchets). Le bétail, représentant la source principale d’approvisionnement en produits laitiers et en viandes, se nourrit sur ces plaines. De plus, les déchets sont souvent brûlés et les matières qui s’y trouvent dégagent souvent des substances toxiques et cancérigènes qui s’incrustent dans l’atmosphère. Les cendres contaminées s’infiltrent aussi dans la terre et les nappes phréatiques. Le fait qu’il n’y ait aucune politique de gestion des déchets au Liban, le coût de la dégradation de l’environnement est évalué à 0,37% du PIB par personne. Cette dégradation a aussi des conséquences économiques liées à la perte d’attractivité des sites et des coûts sont aussi induits par une éventuelle dépollution. Chaque ville au Liban a sa montagne de déchets. Le Liban, à défaut d’une politique de gestion intégrée de ses ordures, a laissé se développer des décharges sur tout son territoire. A Saida, la montagne de déchets, se trouvant à proximité de la mer, intéresse l’opinion publique car les ordures baignent souvent à la surface de la mer ce qui génère une catastrophe écologique. La plus importante décharge sauvage se trouve en Banlieue sud coincée entre la mer et l’autoroute alors que celle de Beyrouth a été dépolluée et intégrée, depuis 1994, dans le plan de reconstruction du centre-ville et celle de Bourj Hammoud a été fermée mais elle est toujours en attente de dépollution. Cependant, au Liban, le problème réside dans le contrôle de ces décharges sauvages pour éviter que des déchets toxiques étrangers s’y introduisent. Toutefois, tout le monde est d’accord sur la nécessite de décharges contrôlées mais personne n’en veut sur son territoire, c’est l’explication du syndrome «


Nimby », ou plus précisément « Not In My Back Yard », qui est reste assez répandu au Liban. De plus, il n’ya pas beaucoup de terrains disponibles pour accueillir ces décharges sachant que la population devient assez dense et les caractéristiques géographiques du Liban ne laissent pas un très grand choix.

Au Liban, il n’existe pas un cadre législatif assez puissant pour résoudre le problème concernant le contrôle des décharges. Dans d’autres pays, les politiciens ont su imposer des lois pour une gestion d’ensemble des déchets en s’assurant que ceux-ci soient contrôlés, mais au Liban aucune loi n’a été mise en place. Le pays se contente donc d’anciens décrets ou de décisions ministérielles qui traitent de la gestion des déchets solides comme par exemple le décret de 1974 qui assigne la responsabilité de la collecte et du traitement des déchets aux municipalités. Toutefois, chaque municipalité a été libre de choisir la façon dont elle va traiter ses propres ordures. La majorité a opté pour l’option « décharges sauvages » ce qui signifie « zéro investissement », sachant que

les municipalités n’ont pas les moyens de financer ce genre de projets environnementaux. Plus précisément, les services urbains (eau, égout, électricité, déchets…) sont à la charge des municipalités : si l’on impose des lois en matière de retraitement et recyclage, les dépenses des municipalités augmenteront. Cependant, le gouvernement ne semble pas vouloir donner à ces municipalités l’autonomie financière nécessaire pour financer ce genre de projets. Il n’existe pas de solutions miracles pour le problème des déchets au Liban. La présence d’une quantité considérable de déchets au Liban défavorise l’emploi de décharges sanitaires. La c o n s t r u c t i o n d’incinérateurs et de la technologie « Waste to E n e rg y » visant à récupérer de l’énergie à partir de déchets incinérés représentait une solution. Cependant, cette incinération des déchets est critiquée par les ONG, qui dénoncent les conséquences de cette pratique sur la santé, avec des risques de pollution atmosphérique. Au niveau de la coopération internationale, certains experts affirment qu’une solution de mixage de trois techniques (tri des déchets, incinérateurs et décharges contrôlées) serait réalisable au Liban, mais le problème de gestion dans le pays représente une de ses plus grandes faiblesses. Source : Le Commerce du Levant Céline Marie El Chami Étudiante en 3e année

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DOSSIER Pollution automobile à Beyrouth, un danger bien réel Une situation dangereuse et incontournable Au Liban, les habitants ne semblent pas être concernés par la hausse des prix du carburant. Le fait que les transports en commun soient désorganisés et sous développés, ne donne le choix aux citoyens que d’avoir recours à la voiture qui est le moyen de transport standard au Liban. Le libanais est prêt a acquérir une voiture à tout prix, selon le dicton populaire, « ce dernier ne peut céder ni sa femme ni sa maison, ni sa voiture ». En effet, posséder une voiture à 18 ans devient de plus en plus automatique et naturel. Contrairement aux européens, le comportement des libanais, qui au lieu de marcher, prennent leur voiture pour faire 100 mètres, alors que c’est lorsque le moteur est à froid, sur des petites distances, qu’il pollue le plus. Ce phénomène devient plus sérieux lorsqu’on assiste à la disparition des espaces verts qui se remplacent petit à petit par des tours interminables (qui empêchent la dispersion de la pollution) que l’ont nomme malheureusement « Jasmin » ou « Rosier » alors qu’un « vrai » arbre peut absorber 100g de CO2. Mettant de coté la pollution sonore et le trafic, la pollution liée aux véhicules représentent 80% de la pollution au Liban. « Le parc automobile au Liban compte environ 1.3 millions de véhicules en circulation dont 600 000 qui traversent le Grand Beyrouth tous les jours et 28% à 30% qui n’ont pas leur contrôle technique à jour » indique Ziad Akl, fondateur de l’association de sécurité routière, Yasa. En effet, cette pollution est due principalement au manque du devoir de l’État, qui selon la loi de 2002 (Loi numéro 341) devrait interdire l’essence au plomb et le moteur à mazout et d’autres mesures comme l’installation des pots

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catalytiques sur les voitures, ou la mise hors service de véhicules polluants, qui ne sont pas appliquées. De plus, la multiplication des 4X4 en circulation et la présence de vieilles véhicules des taxis- remettent en question la sensibilité du libanais face au changement climatique. Pollution, trafic routier et santé Des études ont été réalisé par une équipe pluridisciplinaire du département de géographie de l’Université Saint-Joseph

dirigé par le professeur Jocelyne Gérard en collaboration avec le CNRS et l’AUB (Université américaine de Beyrouth) qui ont examiné de plus près la pollution de l’air à Beyrouth à travers l’installation des tubes passifs qui servent a mesurer la teneur en dioxyde d’azote (NO2) dans l’atmosphère : un polluant généré majoritairement par le trafic routier. Le résultat obtenu marque une situation 200 fois supérieur a la norme fixé par l’OMS avec un taux de NO2 enregistré par les capteurs : 53 à 58 mg par m3 alors que la norme est de 40 mg par m3. La présence d’un taux autant élevé cause des problèmes sanitaires chez les citoyens et plus précisément au niveau des voies respiratoires entraînant le développement d’un cancer.


Les solutions proposées Premièrement, pour internaliser les externalités négatifs lié a notre moyen de transport, Paul Abi Rached, président de Terre Liban (ONG environnementale), propose « CarbonNeutral Care » qui consiste a demander aux citoyens qui utilisent la voiture comme moyen de transport, d’adopter un arbre à 2 USD, le nombre est en fonction de la puissance du moteur du véhicule ». En deuxième lieu, le développement d’un transport commun pourrait être une solution efficace et envisageable. Il faudra des

solutions rigides qui peuvent mener à une situation de Tradeoff, comme réduire le parc automobile en faveur de la protection de l’environnement mais au déterminant du chômage dans le domaine de taxi. Et finalement, Un projet comme celui de Green Wheels, consiste à mettre en place une piste cyclable à Beyrouth, encouragent le déplacement via vélo, une solution propre et bénéfique pour la santé de l’homme. Source : iLoubnan.info Brahim Najem

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DOSSIER Le fleuve de Beyrouth, pollution sanglante

Nahr Beyrouth est connu pour son niveau élevé de pollution car les égouts de la ville de Beyrouth s’y jettent à intervalles réguliers et de manière plus dense juste avant son embouchure. Mais, le Jeudi 16 février, un phénomène alarmant est apparu à Nahr Beyrouth, où ce dernier a pris une couleur rouge vif remettant en question le contrôle des autorités libanaises face à ce danger dont on ignore t o u j o u r s l’origine (substance chimique ou sang découlé des abattoirs) mais ce qui est sur c’est que le fleuve est relié à la mer et donc va toucher notre écosystème. Dans le cas où la couleur rouge est dueà un produit chimique, le poisson vendu au Liban pourra entraîner des effets néfastes sur la santé du citoyen. Le Ministère de l’environnement Nazem el-Khoury, dans son communiqué « La violation de nos ressources naturelles est

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inacceptable », il demande une coopération de la part des citoyens au sujet de la protection de notre environnement étant donné que les moyens d’intervention du ministère sont très limités. Ce cas peut ê t r e exceptionnel, mais jusqu'à quand allons nous tolérer de vider nos égouts dans la mer ? Des rumeurs accusent les activistes Photo - Reuters syriens d’être coupables de la coloration de la rivière de Beyrouth et ceci pour manifester la mort de milliers de citoyens tués par le régime Assad. Source : L’Orient le Jour - Reuters Brahim Najem Étudiant en 3e année


Internet a aussi sa part négative sur l’environnement courriels reçus par les employés d’une Vous pensiez que surfer sur le web entreprise ainsi que le stockage des courriels n'avait aucun impact sur et des pièces jointes associées sur un serveur l'environnement ? D’après une enquête pendant une longue durée entraînent également des effets pervers sur réalisée par l’agence de l’environnement. l’environnement et de la maitrise de l’Énergie (ADEME) reprise notamment Requêtes sur le Web : dans le quotidien français Le Monde, Se balader de page en page et de lien en lien nos actions sur le net représentent au provoque indirectement, à travers la consommation d’énergie contraire une et le dégagement de certaine empreinte Se balader de page en page chaleur, des émissions de écologique. GES. D’après l'ADEME, provoque indirectement la

recherche

des émissions de GES d’information via un Actuellement 1.5 moteur de recherche milliard d’internautes représente au final 9.9kg effectuent des téléchargements, équivalent CO2 par an et par internaute. envoient des mails et partagent des La clé USB : documents sur le net. Pour mieux Son impact sur la nature est dû à la comprendre l’impact de ces actions sur production de la clé USB (consommation la planète, l'ADEME publie, le Jeudi 7 intermédiaire composée d’énergie, d’eau et juillet, une analyse du cycle de vie des de métaux rares), la lecture des fichiers courriers électroniques, des requêtes effectuées sur internet et des supports La transmission d’un de transmission de documents tels que document de 10 Mo à une les clés USB. personne par clé USB émet Courrier électronique : En moyenne 347 milliards de courriers électroniques ont été envoyés par jour dans le monde en 2009 en prenant en compte les spams. Un chiffre de 507 milliards est estimé pour 2013. L'impact de ces envois a été expliqué à travers l’exemple d’une entreprise de 100 personnes qui reçoivent 58 courriels et envoient 33 courriels par jour, à raison d'1Mo par courriel en moyenne. Ces flux entraînent des émissions de gaz à effet de serre (GES). De plus, l’impression des

11g équivalent en CO2 qu’elle permet de stocker et la consommation d’énergie de l’ordinateur. Il est important de noter que la transmission d’un document de 10 Mo à une personne par clé USB émet 11g équivalent en CO2.

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DOSSIER Solutions proposées par ADEME : -Une baisse de 10% de l’envoi d’un courriel entraîne un gain d’environ une tonne de CO2 équivalent à un aller retour Paris – New York. -Une diminution de 10% du taux d’impression des courriels reçus par les employés d’une entreprise de 100 personnes permet d’économiser 5 tonnes équivalent CO2 sur un an (soit l’équivalent d’environ 5 allers retours New York - Paris). -Une diminution de 10% de la proportion d’envoi de courriels de 10 Mo au sein d’une entreprise de 100 personnes permettrait un gain de 8 tonnes équivalent CO2 sur un an (ce qui équivaut à 8 allers retours New York – Paris). -Une réduction du nombre de pages consultées en utilisant des mots clés précis lors d’une recherche via un moteur de recherche et une saisie directe de l’adresse dans la barre de navigation lorsque le site internet est connu. Chacun de ses usages permet un gain de 5 kg équivalent CO2 par an. Cette économie représente annuellement les émissions de CO2 équivalentes à environ 40 km parcourus en voiture.

Brahim Najem Étudiant en 3e année

-Un réglage de son imprimante par défaut en mode noir et blanc, recto verso, deux pages par face, permet de diviser par deux les émissions de GES. En effet, le potentiel de changement climatique est fortement affecté par l’impression du document.

* équivalent CO2 : Désigne le potentiel de réchauffement global d’un gaz à effet de serre, calculé par équivalence avec une quantité de CO2 qui aurait le même potentiel de réchauffement global.

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Photos : Dima Karim Ă&#x2030;tudiante en 3e annĂŠe

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Droit


56 Le marchĂŠ au secours du droit au Liban 59 Le droit de la femme au Liban


DROIT Le marché au secours du droit au Liban : la reconnaissance mutuelle des normes juridiques en matière de contrats de mariage Les difficultés de concevoir un ordre juridique qui concilie entre les impératifs religieux et le besoin de réglementation des rapports humains sont remarquables au Liban. Véritable mosaïque de religions, d’ethnies, de langues, de traditions juridiques, le Liban offre un champ d’expérimentation à la modernisation des pratiques juridiques étant donné le mélange de lois statutaires, de normes, de coutumes et de justice privée qui constituent des sources hétérogènes de production des lois. Entre une Constitution qui se voudrait laïque et une gestion du statut des personnes déléguée aux pouvoirs religieux, la production de droit ressemblerait à une structure de concurrence monopolistique étant donné l’existence de barrières à la conversion religieuse et les légères différenciations qui caractérisent les contrats de mariage que propose chaque communauté. Est-ce un défaut d’avoir une multiplicité de sources de production du droit ? Dans la mesure où ces sources permettent de réaliser des échanges pareto-optimaux et améliorent le bien-être des individus, la diversité est requise et devrait être même poussée dans le sens de la compétition concurrentielle. Les institutions religieuses devraient rentrer en compétition les unes avec les autres en proposant des « produits juridiques » attrayants aux membres des différentes communautés. Le mariage civil n’est toujours pas « produit au Liban » : il est admis par les autorités publiques s’il a été contracté à l’étranger, mais considéré comme inexistant par les autorités religieuses locales. Ces obstacles empêchent le véritable brassage de la population libanaise qui est condamnée à rester sous le joug des autorités religieuses. L’impossibilité de laïcisation Face à cet immobilisme dans la production du droit, la classe politique a tenté à plusieurs reprises de stimuler un discours et une

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mentalité de laïcisation ou de suppression du confessionnalisme. Le projet d’instauration d’un mariage civil facultatif en 1998 (le projet de loi Hraoui) a été immédiatement bloqué par les autorités religieuses qui bénéficient d’un pouvoir social et politique indéniables - résultat d’un héritage féodal et familial où le religieux s’entremêle au politique et au social. L’accord de Taëf (1989) qui a officiellement mis fin aux conflits guerriers a lui aussi mis en place des démarches de suppression du confessionnalisme politique mais reste stérile plus d’une vingtaine d’années après sa promulgation. Le texte juridique ne suffit pas à éradiquer l’allégeance aux institutions religieuses. L’ironie de l’ancien président de la république, M. Charles Helou, résume bien l'ambiguïté de telles initiatives. Il écrivit (déjà en 1945) : « Je supprime le confessionnalisme, tu supprimes le confessionnalisme, nous supprimerons le confessionnalisme » pour décrire l’état d’esprit des libanais en ce qui concerne leur attachement à leur institutions confessionnelles. Bien qu’une Constitution soit établie et admise par les différentes composantes de la société libanaise, il n’en reste pas moins que le Liban ressemble davantage à une fédération des religions qu’à un Etat centralisé souverain et démocratique. La prise de décision collective se fait selon le mode de la « démocratie consensuelle » : une sorte de fédéralisme centripète délègue aux autorités locales, donc religieuses, de prendre des décisions qui conviennent aux membres de la communauté. Ces décisions doivent être chapeautées par un centre fédéral, représenté par l’autorité publique qui se tient à égale distance de toutes les communautés particulières. C’est justement à ce niveau-là que la structure libanaise est inefficace. Un Etat central, laïc, fort, démocratique n’existe simplement pas en dehors des confessions. Il est un ersatz, un sous-produit de l’autorité


religieuse, un mirage d’un gouvernement, fabriqué et entretenu par les institutions religieuses. Il est à leur image et leur assure une protection et une longévité incontestables : le pouvoir de décision est donc confiné à moins d’une dizaine de personnes qui résument à elles seules le gouvernement, le parlement, les institutions religieuses et donc la société en entier ! Il est donc difficile de parler d’un monopole de l’Etat, mais d’une oligarchie de quelques hommes politiques qui se substituent à la volonté du peuple et l’utilisent comme prétexte pour leur propre arrivisme. Rôle du marché Conservatisme d’un côté, volonté de laïcisation de l’autre, les attitudes des libanais ne semblent pas prêtes à substituer un régime par un autre et serait à la recherche d’une troisième alternative qui fraie un chemin intermédiaire entre la tradition et le modernisme : le marché. Quel rôle joue l’économie dans ce contexte? Que peut offrir l’économie du droit comme issue à cette impasse ? D’abord, une évidence doit être reconnue : pas de remèdes miracles qui puissent stabiliser la société libanaise par coup de baguette. Au lieu de rêver à des projets ambitieux qui « abolissent le confessionnalisme » ou qui « instaurent la laïcité », il faudrait trouver des solutions graduelles, progressives qui introduisent des petits amendements vers une autonomie des citoyens du contrôle des religions. L’amendement du droit familial semblerait impératif et prioritaire car il permettrait d’affranchir les citoyens des problèmes quotidiens liés à leur existence : mariage, filiation, divorce, héritage, transmission de la nationalité. Ensuite, l’économie du droit remet l’objectif d’efficacité du droit comme critère unique pour la production des lois. Il faudrait donc s’interroger si les lois existantes conviennent aux libanais (la réponse est bien évidemment non). Le théorème de Coase explique que, quelque soit la configuration juridique en place, les négociations privées peuvent mener

à des solutions pareto-optimales en cas de conflit, « à l’ombre de la loi ». En outre, l’économie du droit préconise l’instauration de systèmes de compétition simple entre les producteurs de droit, un éclatement des systèmes centralisés de prise de décision dans le but d’offrir une plus grande gamme de produits juridiques parmi lesquels le choix se fera de manière plus rationnelle. Ainsi, les passerelles entre les confessions seraient facilitées : l’appartenance ne sera plus tribale ou prédéterminée par la confession de naissance mais par un choix libre et volontaire de la part de l’individu. Enfin, bien que théoriquement les lois jurisprudentielles portent en elles des mécanismes efficaces de résolution des conflits, la production privée de lois semblerait une issue encore plus adéquate aux sociétés multicommunautaires : la mécanique marchande reste la plus appropriée pour répondre aux préférences des individus sans pour autant tomber dans les excès de la justice privée : certaines pratiques du droit religieux admettent la violence conjugale, le crime d’honneur ou le mariage entre mineurs et condamnent le concubinage ou les relations homosexuelles. Ces pratiques sont révoquées par les droits de l’homme et contredisent les préceptes de la République. Le menu de contrats : la reconnaissance mutuelle des contrats de mariage Entre les insuffisances du code religieux et l’impossibilité d’instaurer un système laïc unifié, la reconnaissance mutuelle des normes pourrait offrir une issue à la complexité du système juridique libanais en matière de statuts personnels et particulièrement des contrats de mariage. Les individus pourraient bénéficier d’un « menu » de contrats parmi lesquels ils choisissent en fonction de leurs préférences et des contraintes auxquelles ils font face, ou bien ils peuvent formuler eux-mêmes leurs contrats à l’instar des contrats commerciaux ou d’emploi. On parlera alors de confection (tailoring) des contrats de mariage.

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DROIT En quoi consiste justement le principe de reconnaissance mutuelle des normes juridiques? Il s’inspire de la reconnaissance mutuelle des normes de qualité dans les marchandises. Etabli dans le cadre de l’Union européenne, ce principe « assure la libre circulation des marchandises et des services sans qu’il ne soit nécessaire d’harmoniser les législations nationales ». Conçue comme un instrument de mobilisation de l’information pour améliorer et rationaliser les interventions (en production, consommation…), la normalisation est devenue une solution alternative aux différentes dispositions législatives ou réglementaires. Le processus de reconnaissance de la qualité émane des acteurs directement impliqués dans la transaction : producteurs, professionnels, travailleurs, consommateurs. Dans le cadre des contrats de mariage ces acteurs sont les deux époux, les enfants et la société. La reconnaissance juridique mutuelle des normes applique le principe suivant : « valable dans une juridiction, valable dans toutes les juridictions ». L’application de la norme est suffisante du point de vue juridique. Elle ne peut être concédée par un pays que s’il s’attend à un contrôle équivalent de la part des autres pays partenaires et, pour cette raison, elle est considérée comme faisant partie d’un processus d’harmonisation : les normes nationales sont ainsi reconnues mutuellement en l’absence d’une harmonisation aboutie. Elle est à michemin entre les deux car elle crée une juridiction transitoire qui traverse les juridictions nationales sans aboutir à une juridiction supranationale, rendant ainsi les marchés plus contestables. Les individus désireux de se marier pourraient choisir un contrat parmi les alternatives déjà existantes (contrats religieux) ou étrangères (contrat civil) ou personnalisées (les contrats privés de mariage). Les enseignements du droit commercial et des expériences de libreéchange, surtout dans le cadre de l’Union Européenne, ont permis de rapprocher le contrat d’un produit (sous la dénomination de

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contrat-produit) et l’institution productrice du contrat à un producteur. Certains contrats sont suffisamment standardisés qu’ils deviennent exportables comme pour le contrat civil. D’autres sont suffisamment spécifiques qu’ils font l’objet d’un contrat local (un produit du « particularisme culturel »). La faible homogénéité des produits-contrats réduit la concurrence entre les producteurs sans pour autant encourager l’émergence d’un monopole public sous la forme d’un contrat civil et unique. L’objectif d’un contrat unique est de réduire les coûts de transaction et d’assurer une allocation efficace des ressources. Un Etat central, puissant, souverain, démocratique et prospère serait une nécessité pour la Constitution du Liban, la protection des citoyens et la définition de son rôle sur le plan économique et international. Des fois multiples, diverses, mettant en exergue les croyances de chacun, dans le respect des droits de l’homme et l’élimination des formes de discrimination permettraient aux libanais de s’épanouir et de se définir par des religions qui ne les condamnent pas à un conservatisme désuet. Reste la loi ! Pourquoi une loi ? Plusieurs lois, plusieurs contrats, des mécanismes marchands feraient l’affaire en instaurant une compétition entre les « producteurs » de lois et une concurrence qui chercherait en priorité prix l’allocation efficace des ressources et la satisfaction des utilités. Rayan Haykal Maître de Conférences Faculté de sciences économiques USJ


Le droit de la femme au Liban

L’admission des femmes à l’égalité parfaite serait la marque la plus sûre de la civilisation, et elle doublerait les forces intellectuelles du genre humain.

Si nous devons nous en tenir aux propos de Stendhal, le pays dans lequel nous vivons est loin d’être civilisé. En effet, il existe toujours des discriminations, que ce soit dans les lois ou dans la pratique, à l’égard des femmes libanaises. Nées dans un environnement de machos, celles-ci peinent à s’imposer et à acquérir certains de leurs droits fondamentaux. Alors qu’en Occident, les femmes ont les mêmes droits que les hommes, en Orient et donc au Liban, elles souffrent encore d’injustices et d’inégalité. Et pourtant, si le Liban a signé plusieurs traités et conventions pour améliorer la situation de la femme, sa position dans la société libanaise reste un problème non résolu. Le Liban a signé une convention internationale en 1996, qui avait pour but d’éliminer toute forme de discriminations à l’égard des femmes, mais aujourd’hui encore elles n’ont aucun droit. Cette convention visait l’égalité des hommes et des femmes dans tous les domaines : économique, civil, culturel et politique. Or, à titre d’exemple, les femmes ne peuvent pas transmettre la nationalité libanaise à leurs enfants, et n’ont pas les mêmes droits et responsabilités que leurs maris au cours du mariage et lors de sa dissolution, notamment en matière de tutelle, de curatelle, de garde des enfants… De plus, elles sont exclues de toute participation active dans les domaines économiques et politiques. En effet, seul les hommes sont à la tête de partis politiques, ce qui n’est pas nécessairement le cas dans les pays occidentaux. En Europe méridionale et orientale, en Asie ou en Amérique du Sud, la tendance globale est l’accroissement du rôle des femmes dans la vie politique, celles-ci bénéficiant de politiques fructueuses et courageuses et de mentalités réceptives au

Stendhal changement. Les années 2000 ont par exemple vu l’accès au poste de présidente à trois femmes au Chili (Roseline Bachelet de 2006 à 2010), en Argentine (Cristina de Kirchner en 2007) et au Brésil (Dilma Roussef, depuis Janvier 2011) dans des pays pourtant issus en forte majorité d’immigrants originaires d’Europe méridionale, fortement imprégnés par les valeurs latines du mâledécideur. Au Liban, les rares femmes présentes dans le domaine politique existent en tant que faire valoir féminin d’un clan ou d’un nom, qu’elles soient filles d’un père décidé ou épouse d’un martyr, leur présence dans les instances gouvernementales relève non seulement de l’hyper-anecdotique mais s’inscrit dans la continuation d’une vie sociale où les femmes n’existent qu’au travers d’un être masculin, un Adam précurseur qui s’est retiré, de gré ou suite à une tragédie, et où l’Ève, fille ou épouse, occupe un poste fantomatique, souvent à défaut d’un précieux successeur mâle. Ces quelques femmes, dont on a pu erronément considérer la présence haute en cosmétiques comme une avancée de la condition féminine, ne sont que les preuves éclatantes de la continuité d’une mentalité sexiste et sectaire qui considère la politique comme une affaire d’homme et de clans. Toutefois, grâce à l’intervention d’organismes internationaux et non gouvernementaux qui luttent contre toutes formes de discriminations envers les femmes, des progrès ont été réalisés en ce qui concerne les allocations sociales, le congé maternité et les crimes d’honneur. Pour l’« Etat » libanais, le citoyen c’est l’homme d’abord, et la femme reste dans l’ombre. Cette citoyenneté de deuxième rang se traduit aussi au niveau de la nationalité et du statut personnel. Comme il n’y a pas

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DROIT d’éléments féminins dans la hiérarchie paternel devient le tuteur légal, ou par défaut, religieuse, l’Etat prétend n’avoir de relations la personne désignée par le tribunal. Chez les qu’avec les hommes. Le fait que la femme ne seconds, le tuteur est désigné par le père puisse pas transmettre sa nationalité libanaise avant sa mort, ou celui que le tribunal à son époux étranger ou désigne, la mère étant le même aux enfants nés premier choix sauf si elle de cette union ne fait Le pouvoir juridictionnel se remarie, le second choix que prouver que celle-ci le grand père paternel. détenu par les tribunaux étant est considérée comme En ce qui concerne la garde a p p a r t e n a n t à u n e religieux abuse des droits des enfants, toutes les « race inférieure ». Les communautés donnent la de la femme femmes ignorent priorité à la mère jusqu'à souvent cette l’âge de 7 ans pour les discrimination de la part de l‘« Etat » garçons, et 9 ans pour les filles. Cependant, libanais, et lorsqu’elles en sont conscientes, chez les catholiques, le tribunal fixe le droit elles ignorent les conséquences sur le plan de garde selon le meilleur intérêt de l’enfant. pratique (nécessité d’un permis de séjour En ce qui concerne le divorce, chez les pour les enfants ou le mari, restrictions quant orthodoxes, le mari peut demander le divorce au marché du travail par exemple). Beaucoup pour des raisons banales, alors que chez les d’arguments politiques, bancales autant catholiques, le divorce est strictement qu’infondés et motivés par des logiques interdit. Chez les musulmans, la femme peut sectaires et communautaristes, ont été mis en demander le divorce si la condition est avant pour justifier le fait que la femme reconnue comme valable selon les tribunaux libanaise se voit reniée le droit pourtant Sharii ou si le cas est assez précis. Le pouvoir inaliénable et naturel de transmettre sa juridictionnel détenu par les tribunaux nationalité à ses enfants. Pourtant, dans un religieux abuse des droits de la femme en état moderne et surtout dans un monde qui matière de pension alimentaire ou de la garde voit la femme s’approprier les droits qui lui des enfants en cas de divorce ou même en cas sont dus, plus rien ne peut justifier cette d’obtention du divorce, même si le mari est citoyenneté incomplète et partielle. fautif. Quant à la succession, une loi civile établie en 1959 reconnaît l’égalité entre les Il existe 18 communautés religieuses au successeurs, indépendamment de leur sexe, Liban et les lois présentes concernant les dans les communautés non musulmanes. statuts personnels sont variablement injustes Toutefois, chez les musulmans, l’homme à l’égard des femmes. Certaines dispositions hérite souvent le double de la part de la prouvent que ces inégalités et ces injustices femme, bien que selon le fiqh musulman il varient parfois selon les communautés. existe, sur trente scénarios fixes de Cependant, la tutelle revient au père dans successions, seulement quatre cas où la toutes les communautés. Ainsi, il est femme hérite de la moitié de la part de impossible pour la mère d’ouvrir un compte l’homme contre de nombreux autres cas ou la bancaire à ses enfants même si elle est la femme hérite autant ou plus que l’homme, la seule à y participer financièrement. De plus, part de l’héritage de la femme étant établie au le père doit donner son autorisation quant à la cas par cas selon une accumulation de demande d’un passeport. Et, même en cas de c o n t e x t e s e t c r i t è r e s f a m i l i a u x e t décès du père, la mère ne devient pas économiques. Le mariage entre un chrétien et directement la tutrice de ses enfants : chez les une musulmane prive celle-ci de recevoir son musulmans, le grand père paternel des héritage et cela s’applique aussi au musulman enfants devient leur tuteur légal, ou par qui épouse une chrétienne. défaut, les hommes du côté de la mère. Chez les chrétiens, il faut distinguer entre De nos jours, l’adultère n’est plus un sujet orthodoxes et catholiques. Chez les premiers, tabou, et serait, selon des perceptions en cas de décès du père, le grand père rependues dans toutes les couches de la

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société libanaise, un phénomène de plus en plus en banal. Dans le pire des cas, l’adultère se résout par un divorce, sans mentionner les dégâts moraux et affectifs qui demeurent inquantifiables pour la victime. Alors que la société libanaise semble être marquée par un accroissement des affaires extraconjugales, la loi ne voit pas les choses du même œil et sanctionne, en théorie, assez sévèrement bien qu’inégalement, cette pratique: la femme qui commet un adultère est condamnée de trois mois à deux ans d’emprisonnement, alors que le mari ayant commis cet acte est condamné d’un mois à un an d’emprisonnement. Cependant, l’homme n’est fautif que s’il commet l’adultère au sein du domicile conjugal. Quel mari, ayant connaissance de l’existence de cette loi, irait négliger ce détail et tromper sa femme sous son toit ? La participation politique des femmes dans le monde Arabe est assez limitée bien qu’en hausse constante et que la situation soit extrêmement différente d’un pays à l’autre. En effet, la femme tunisienne semble conserver son rôle de leader de la condition féminine arabe : déjà vue comme la femme arabe la plus libérée sous le régime de Ben Ali grâce à une législation moderniste et laïque, une implication massive sur le marché du travail, un niveau d’éducation élevé et une société ouverte et libérale, son implication m a s s i v e d a n s l a n o u v e l l e Tu n i s i e démocratique et libérée se confirme. Les femmes marocaines et algériennes bénéficient des mêmes conditions, et leur implication dans tous les secteurs de la société est un fait établi datant des décennies suivant l’indépendance. Les réformes démocratiques, et une croissance économique robuste confirment cette tendance pour les années à venir. A l’inverse, alors que l’Arabie Saoudite interdit toujours à ses concitoyennes de conduire, ces dernières représentent 60% des diplômés universitaires et leur implication croissante dans le marché du travail saoudien a lieu dans un contexte d’entrée récente mais conséquente des femmes dans le domaine politique : le ministre de l’éducation est une femme, ainsi que de nombreux conseillers gouvernementaux. Les princesses, comme

Amira Tawil Bin Tallal, se mobilisent et les femmes pourront voter aux prochaines élections municipales. Aux Emirats, la femme peut transmettre la nationalité à ses enfants, celle-ci n’a aucune barrière quand à ses possibilités de carrière, et des femmes émiraties sont communément vues dans des postes aussi divers que conductrices de métro ou réalisatrice de films, et bien plus souvent en tant que businesswomen accomplies dans les secteurs de la finance, de l’immobilier ou de la publicité et régnant sur des fortunes considérables. Au Qatar voisin, les femmes constituent, comme en Arabie Saoudite et aux Emirats, la majorité des diplômés universitaires et sont déjà massivement impliquées sur le marché du travail et bénéficient de familles royales qui les encouragent à entreprendre des carrières politiques et artistiques dans un fond de modernisation progressive de la société. En Egypte, en Syrie, en Iraq et en Palestine, la situation des femmes est plus difficile, surtout à cause des conditions sociales et économiques désastreuses héritées de décennies de guerres ou d’états corrompus et dictatoriaux laissant leurs peuples s’enliser dans un marasme social guère porteur de progrès humain et favorisant un repli identitaire et religieux stoppant les évolutions sociales libérales. De retour au Liban, où un misérable 2,3% de femmes siègent au Parlement, un chiffre par exemple, 10 fois plus faible que celui des femmes au conseil national des Emirats, ce qui attribue au pays du Cèdre la 105e place au classement mondial. Au delà d’un pourcentage, ce chiffre est un des symptômes du retard profond de la société libanaise. Quant à sa vision de la femme, il est en effet difficile de croire qu’une société comme celle du Liban soit représentée ou dirigée par une femme même si en apparence le pays semble suivre une politique libérale ou aux mœurs libérales. Pourtant, dans les pays modernes, cette participation n’est pas exceptionnelle : les femmes se retrouvent souvent à la tête du pouvoir et sont traitées de la même façon que les hommes. De plus, d’après certaines études, la participation des femmes dans la vie politique réduirait la corruption, les

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DROIT femmes étant apparemment plus sensibles à l’éthique et aux comportements responsables.

uniquement de moderniser les lois, mais de changer les mentalités. Le Liban étant une société patriarcale, l’homme est à la tête de la Toutefois, certains progrès ont été réalisés : famille et du pouvoir, alors que la femme est les crimes d’honneur étaient auparavant considérée comme étant un corps qui tolérés. Néanmoins, le infante, qui travaille et Parlement a approuvé la qu’on exploite sans suppression de l’article aucune reconnaissance. Il Il ne suffit pas 562 du code pénal se est vrai que l’« Etat » se uniquement de rapportant aux crimes préoccupe davantage des d’honneur. Cet article moderniser les lois, mais problèmes économiques accordait des et politiques mais c’est circonstances atténuantes de changer les mentalités inadmissible d’exclure les à l’individu qui tuerait femmes de la vie l’un des membres de sa publique et c’est famille pour avoir eu des rapports sexuels important que le gouvernement y remédie illicites ou qu’il trouverait dans une situation étant donné que le soutien populaire reste ce compromettante. Après cela, le crime qu’un pays peut avoir de plus important. Il d’honneur a été considéré comme un crime. manque donc que le gouvernement permette De plus, en ce qui concerne le droit du à la femme de s’impliquer dans la vie travail, celui-ci reconnaît depuis 1946 une publique de son pays, et de reconnaître ses égalité de principe entre les employés capacités au plus haut niveau pour que cellequelque soit leur sexe. Mais, il a fallu ci puisse bâtir avec l’homme une société où attendre jusqu'à l’an 2000 pour que la loi la justice et la tolérance règnent. Cependant, interdise toute discrimination sexiste entre les même si la situation est critique et que le employés au niveau du travail, de la système politique ne permet pas l’avènement rémunération, de l’emploi, de la promotion, de réformes rapides, efficaces et à grande de l’augmentation du salaire... La durée du échelle, les progrès récents et continus au congé de maternité a été augmentée, passant point de vue législatif et les changements de de 40 jours à 7 semaines, et l’employeur ne mentalités réels parmi la nouvelle génération peut pas licencier une femme enceinte. peuvent malgré tout être des signes Jusqu’en décembre 2002, seul l’employé e n c o u r a g e a n t s , a v e c , e n t r e a u t r e s , bénéficiait de toutes les prestations de la l’émergence de groupes et d’initiatives sécurité sociale car il est considéré comme féministes ayant pour but de faire changer la étant celui qui subvient aux besoins de la donne au niveau politique comme social et de famille. Quant à l’employée, elle ne pouvait mieux sensibiliser les libanais en attendant profiter des indemnités qu’en cas de divorce des changements politiques et sociaux plus et si un jugement lui conférait la garde des importants. enfants, ou si le mari est mort ou incapable de travailler. Ainsi, les progrès sont minimes Céline Marie El Chami et il reste beaucoup de tâches à accomplir. En Étudiante en 3e année effet, les femmes ne comptent que pour 21,7% de la population active, et leur contribution économique n’est que de 14,7%. Nous pouvons constater que ces chiffres sont très faibles, et inférieurs à de nombreux pays arabes du Golfe ou du Maghreb, démontrant une fois encore le retard croissant du Liban face à des pays au développement économique beaucoup plus récent. Pour résoudre le problème concernant les droits de la femme libanaise, il ne suffit pas

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Café Philo Ira-t-on cracher sur la tombe de Marx ? L’amicale étudiante de la faculté de sciences économiques de l’USJ a organisé le Samedi 25 Février 2012, un café philosophique intitulé « Ira-t-on cracher sur la tombe de Marx ? ». Ce café philo portait sur l’analyse de la présence actuelle de la théorie marxiste aux échelles suivantes : politique, économique et sociale. Il était animé par Mademoiselle Joumana El Hayek (Docteur en philosophie) et préparé par Danielle El Khoury El Melki (étudiante en 3e année d’économie). Cet événement, a eu lieu au Campus de l’Innovation et du Sport (CIS) dans sa cafétéria Atelier Express. Près de 80 personnes ont assisté à cet événement. Karl Marx est bien connu pour sa critique du monde capitaliste, et pour sa description des ravages que le capitalisme aurait causé. De ce fait, il est le fondateur du courant marxiste, qui orientera définitivement par la suite le courant communiste. Du point de vue philosophie, le marxisme se veut un dépassement : « les philosophes n'ont jusqu'ici qu'interprété le monde, il s'agit maintenant de le transformer ». Et pourtant l'application du communisme plus tard dans nombreux pays (notamment au sein de l'URSS) a clairement fait comprendre que cette doctrine ne peut se faire sans aboutir à une dictature. Marx parle lui-même de révolution de la classe prolétaire comme première étape du communisme ; or pour qu'une révolution se fasse, le peuple a besoin d'images fortes, qui donnent naissance au culte de la personnalité. Le communisme tel que le décrivait Marx n'a jamais pu être appliqué, cela à mon avis est preuve suffisante qu'il n'a jamais vraiment « dépassé » la philosophie, lui aussi n'a fait qu'imaginer une société idéale, sans classe sociale, sans État, sans domination, sans inégalités, mais qui reste purement théorique. De même économiquement, le collectivisme que prône le communisme (la propriété collective des moyens de production et l'économie planifiée) n'est pas viable puisque c'est justement la propriété privée de ces moyens qui donnent au producteur l'intérêt et la motivation suffisante pour investir et entreprendre. Certes le capitalisme à l'état pur avec toutes les inégalités qu'il créé n'est pas mieux, la solution serait d'en finir une fois pour toute de ces deux extrêmes et de se tourner vers des économies mixtes, et donc des économies qui continuent à respecter la loi de marché (comme le fait le système capitaliste) mais avec une intervention étatique (dont la nécessité ne peut plus être niée) pour atténuer les externalités négatives. Toute la question réside maintenant dans « combien d'État ? »... Combien faut-il au juste lui laisser libre voie pour intervenir à sa guise ? C'est ce que le monde essaye de déterminer, notamment actuellement dans le climat politique des débats présidentiels aux États-Unis et en France. Danielle El Khoury El Melki Étudiante en 3e année

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Social


66 La vie ? des ĂŠtudiants en question 68 Are We Any Different? 69 My Shame: A Lebanese in Madagascar


SOCIAL La vie ? des étudiants en question Rien n’est plus symptomatique de la rupture sciences humaines et sociales (à l’instar de la récente entre l’université et la politique que le philosophie, de la sociologie, de l’histoire et rapport actuel des étudiants aux intérêts de la des sciences de la religion) qui portent un connaissance et à la « science » entendue regard total sur le social et gardent un rapport dans son sens le plus général. Il est bien global au politique. De son côté, le professeur admis aujourd’hui que les savoirs organisés est renvoyé à sa fonction d’éducateur et institutionnalisés, développés et transmis spécialisé, technicien soumis aux exigences par nos universités, doivent respecter une de l’Etat et du marché (et loin de pouvoir prétendue objectivité théorique et poursuivre remplir ces exigences !). des orientations neutres en valeurs. Toutefois, la science se coupe ainsi de toute dimension Les étudiants ne reconnaissent aujourd’hui pratique. Elle prend aux yeux de la aucune autorité morale à l’université car « jeunesse » l’apparence d’un système celle-ci s’interdit de défendre toute vision du autonome coupé de la réalité, séparé monde, et parce qu’ils se plient volontiers du « monde vécu » et dénué de tout sens. La aux exigences des nouveaux temples de leur formation universitaire se réduit ainsi à sa civilisation (les forums sociaux et les boîtes simple fonctionnalité : son unique rôle est de de nuits). Dans le cas libanais, ils se décerner des diplômes désintéressent de la subordonnés aux connaissance car ils exigences du marché La vie des étudiants tourne poursuivent désormais du travail et de la intérêts. Il n’est le dos à l’université et aux d’autres spécialisation. Même donc pas étonnant de voir savoirs qu’elle véhicule dans son rapport au la jeunesse universitaire se monde de l’entreprise, jeter dans les bras d’une l’université est classe politique qui flatte regardée d’un œil sceptique par la grande en elle ce qu’elle a de plus redoutable : son majorité des étudiants, soupçonnée d’être insouciance et son ignorance (au moment où également en rupture par rapport aux métiers certaines universités n’hésitent pas à flirter et aux exigences des tâches professionnelles. avec l’ordre confessionnel établi). Nous voyons aujourd’hui une jeunesse universitaire se détourner de la sphère des savoirs organisés pour se plonger (dans son ignorance ?) dans le monde chaotique du virtuel et des mass-médias. Certes, les nouvelles technologies ne se contentent pas de coloniser la vie des étudiants. Elles envahissent l’espace public (et politique !) dans son ensemble. Mais les intérêts de la connaissance se trouvent aujourd’hui éclipsés par la prolifération médiatique d’informations arbitraires et désorganisées. La vie (ou la non-vie) des étudiants tourne le dos à l’université et aux savoirs qu’elle véhicule. L’incapacité des étudiants de se séparer de leurs téléphones portables, même dans les salles de cours, décrit de manière exemplaire une telle rupture. Autre symptôme : ce mépris croissant à l’égard des

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Il ne s’agit pas pour moi de faire le procès d’une telle génération, d’autant plus qu’il est ici question d’une jeunesse à laquelle j’estime toujours appartenir. Ces ruptures ne datent pas d’hier non plus. Walter Benjamin tirait déjà un constat alarmant au sujet de la « vie des étudiants » allemands avant la seconde guerre mondiale (un article de 1915) : la barbarie des rapports sociaux en dehors de l’université permet de comprendre la vie mutilée des étudiants au sein de l’université. Il anticipe peut-être ce qui adviendra de l’enseignement universitaire lorsqu’il affirme dans ses Thèses sur l’historie de la philosophie qu’« aucun document culturel exempt de barbarie », et que ce qui vaut pour le document vaut également pour les processus de sa transmission culturelle.


La « vie des étudiants » apparaissait déjà pour Benjamin comme une « illégitime période transitoire » qui précède l’entrée dans la vie active mutilée, une vie active conçue selon la séparation du métier et du mariage en tâches dissociées qui, dans cette

La barbarie des rapports sociaux en dehors de l’université permet de comprendre la vie mutilée des étudiants au sein de l’université coupure, sont toutes deux défigurées. « Son lieu est la confrérie, tout ensemble limitée et débridée, la même à la taverne et dans l’union qui se fonde au café. Toutes ces institutions sont un marché du provisoire, comme la fréquentation des cours magistraux et des cafés, remplissage du vide de l’attente, refus d’entendre la voix qui vous appelle à édifier votre vie sur l’unique esprit de la création, de l’eros et de la jeunesse. » Or, selon Benjamin, la communauté des étudiants est la seule capable de concevoir et de lutter pour l’eros créateur, le bel eros, voire de le réconcilier avec l’eros procréateur. Jusqu’à quel point ce principe d’espérance sociale peut-il rester valide aujourd’hui ? Tout principe d’espérance sociale est fondé sur une anticipation d’un état futur libéré des pathologies présentes qui le mutilent. Comment espérer aujourd’hui que la jeunesse universitaire puisse se libérer de ces séparations qui l’aliènent et retrouver donc son unité consciente en élaborant à nouveau la synthèse entre les intérêts de la connaissance et ses intérêts politiques ?

une époque qui réduit le Temps à l’Instantané (time is money, même dans les relations amoureuses) ; enfin, à contre-pied de l’incarcération civilisationnelle qui est celle de l’isolement-dans-le-troupeau, réconcilier le plaisir d’une appartenance à une communauté de connaissance avec la joie juvénile de créer les lois de sa propre vie, en cultivant l’individualité, l’originalité totale de l’identité singulière.

Il s’agit d’aller à contrecourant des nouvelles tendances d’une civilisation génératrice de mythes aliénants Parce que les étudiants ne sont pas la « jeune » génération mais celle qui vieillit, rappelons uniquement le conseil, toujours d’actualité, de Benjamin : déjà se prépare à l’horizon une plus riche génération d’adolescents à laquelle vous ne pouvez vous consacrer qu’à titre d’« enseignants », c’està-dire, paradoxalement, ce rôle qui vous est le plus étranger. « Faute de courage, la vie des étudiants est fort éloignée d’une telle prise de conscience. […] Aussi longtemps que les étudiants se refuseront à cette vie, leur existence sera châtiée par la laideur ». Nizar Hariri Maître de Conférences Faculté de sciences économiques USJ

Il s’agit donc d’aller à contre-courant des nouvelles tendances d’une civilisation génératrice de mythes aliénants : cultiver l’esprit de la jeunesse créatrice dans un monde qui nous vend la jeunesse à tout prix (on parle même de capital-jeunesse) ; prendre le temps d’élaborer l’unité consciente de notre histoire individuelle et collective, dans

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SOCIAL Are We Any Different? The 10th of December was declared by UNESCO as Human Rights Day, a day where the global community remembers human rights activists and supports those who are struggling for their basic rights. Youth all over the world chose this occasion to protest capitalism and social injustice. And since Lebanon is surely getting its share of injustice due to the economic policies of its government, the Lebanese youth chose to answer the worldwide call and took over the streets. The protesters gathered in front of Lebanon's Central Bank in Hamra to protest the deteriorating economic conditions. The crowd - mostly fresh college graduates chanted anti-capitalist slogans and called for an end to the social and economic injustice that has been tightening its grip on the working class as well as on the middle class. Unemployment, high living costs and electricity cuts were among the topics of the protest. "Start making Solidere pay tax and fund my Lebanese University" "My salary is not enough. I've started selling my clothes so I can eat" "Down with capitalism. Sorry for the handwriting it was written on candle light" The protest was going peacefully, until the Deputy Prime Minister Samir Mokbel's car drove by. That was when the police officers started surrounding the protesters. And as soon as Mokbel's car was gone, they started beating the protesters. No one was safe. A protester, while being arrested, was viciously beaten even though he was not trying to resist arrest. As a result of the attacks, 8 protesters were arrested, 10 were hospitalized, one of them in critical condition. Videos of the break down were posted on YouTube. However, to be fair to the police, one must point out that they most definitely did not discriminate. Women and men alike were

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b e i n g assaulted, pushed around and hit w i t h batons. In light of all t h i s , serious questions w e r e r a i s e d People of all ages participated in a b o u t the protest. freedom of expression in Lebanon. When has it become a crime to protest and question the economic policies of the government? Why is there no questioning regarding the abuse committed by law enforcement officers in a democracy that should bring power to the people? Who protects our right of free speech in a country which was - ironically enough amongst the first 48 nations to adopt the Universal Declaration Of Human Rights exactly 63 years before this attack? It is a shame to see such flagrant abuses go unquestioned. And if we put these attacks into context, in the midst of all the oppression taking place in the region lately, the Lebanese Egotism slowly disappears. The country that Pope John Paul II called "a message", the "lantern of the region", the "Switzerland of the Middle Eastâ&#x20AC;? loses its uniqueness and finds itself no different than the dictatorships surrounding it. Jad Yassin Ă&#x2030;tudiant en 2e annĂŠe


My Shame: A Lebanese in Madagascar

I’d like to share a story that’s not really easy to tell. Not surprisingly since I can’t seem to shut up about it, most of my friends know that I spent 2 months in Madagascar last summer. A Lebanese going to Madagascar may have been one of these few accidents of our age! We Lebanese are used to seeing them Malagasy coming to our homes. We don’t really question that. After all, we don’t question much these days. With all our “business revolutions”, our unbelievably corrupted politicians, the brainless men and women who support them, our passions for the Dubaization of Lebanon and for portraying Lebanon as one big party with no culture or history whatsoever, anything seem to go. That big amnesia we call the civil war seem to affect us much more than we’d like to admit. Anyway, I spent about 45 days in a lovely village called Ambohibola. Next to it is the

better-known village of Androka, a charming place where most of the 15 000 inhabitants are Mahafaly farmers. Being a WWF Volunteer, I was really treated with respect by everyone – WWF has been in the area for a while – and had the honor to meet many warm and interesting people whom I’m physically incapable of forgetting. Funnily enough, Madagascar shares a common history with Lebanon. We were both French colonies and we both seem to have corruption from the high top down to the low bottom. For example, a police officer tried to blackmail me by asking for money in broken French at the airport as I was leaving in exchange for keeping quiet about my overweight luggage. It was due to my camera so I carried it and told him to shove it – he didn’t like that, my bad. I seemed to notice more similarities every day, from the bad electricity to the useless traffic lights. But hey, their internet is way faster despite being one of the economically poorest nations on

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SOCIAL Earth and I didn’t see a single accident in about 50 hours on the road as opposed to the 1 accident per day I see in Lebanon on average. But enough ranting like an amateur, let me level up. Androka and Antsikoroke – a village closer to Ambohibola – were part of the villages that have seen women leave to work in Lebanon and I had the fortune, or rather misfortune, to find out that two of these women are now missing. The Androka woman was supposed to return home 3 years ago and the Antsikoroke woman was supposed to return home 12 years ago. Shocked yet? Let me continue, the Androka woman stopped sending money home at one point for no known reason and the Antsikoroke never even contacted her family.

Now you might think I’m jumping to conclusions here by claiming that both women are probably enslaved or dead but what if I told you that 17 Malagasy maids died in Lebanon last year? What if I told you that Lebanon’s labor laws do not cover foreign domestic workers? We are basically telling them that they may be miserable enough to leave their country in search of money to feed their families and come to ours only to expect to be treated as sub-humans. Back to Madagascar. It took me a few seconds to hit rock bottom when I was talking to an elderly man in Androka. He was the woman’s grandfather and he stopped talking when I told him where I’m from. He couldn’t look me in the eyes. He lowered his head and went back inside his house. Mr. Cheban, our translator, didn’t know what to say, as I stood there blank-faced. He tried to comfort me – we talked about women coming to Lebanon as maids the day before – but couldn’t find the words. I repeat, HE tried to comfort ME. It was my fellow citizens who have caused this suffering, and it was one of that woman’s fellow citizens who was trying to comfort me. I uttered no more words that day. By the way, when I said that he was that woman’s grandfather, I didn’t mean biologically speaking necessarily. In traditional Malagasy culture, ancestors are literally worshipped and the elderly are treated with the highest possible amount of respect. Any old man or woman can be called grandmother or grandfather. So an elderly man lowering his head to a 20-year old is something unheard of. I couldn’t describe the feeling of shame and disgust that I had felt at that moment towards my so-called fellow citizens of Lebanon. I know we Lebanese are used to

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complaining about everything. We even have “neswen el 7ay” (women of the neighborhood) who do it on a daily basis. But that was different. I wasn’t even complaining. I simply did not know what to say. I couldn’t justify it in any way; I was simply part of a gigantic crime that involves a few millions of people. The situation that foreign workers have to endure in Lebanon may be better in some cases than the slaves of Dubai – I’ve had the opportunity to see them as well – who are left with cleaning the floor behind the rich shoppers and driving them around, but we can simply give no excuses.

If you think that the solution is to simply allow this to go on and just try and treat these people better, allow me to quote Oscar Wilde who wrote in his brilliant piece “The Soul of Man under Socialism” that “Just as the worst slave-owners were those who were kind to their slaves, and so prevented the horror of the system being realized by those who suffered from it, and understood by those who contemplated it, so, [..] the people who do most harm are the people who try to do most good; and at last we have had the spectacle of men who have really studied the problem and know the life [..] coming forward and imploring the community to restrain its altruistic impulses of charity, benevolence, and the like. They do so on the ground that such charity degrades and demoralizes. They are perfectly right.” The only true act of “charity” – a word I despise more than I can explain – and affirmation of

the universality of human rights would be to not allow any woman to be degraded to the state of cleaning up our shit. As Sari said in his post “Do we really need to prepare 3 salads, 4 pasta types, and 2 different turkey breeds to satisfy our family’s appetite for Christmas? Do we really need to disinfect our kitchen counter and change our bed sheets 3 times a week? Do we really need 24/7 babysitters?” No, we sure as hell do not. I’ll leave you with a relatively happy thought: I can’t describe how warm I felt when I was around these people. I know that my fellow volunteer, roommate and good friend Eirik from Norway could back me up on this. We spent hours talking about how unusually secure and comfortable we were around these people. Despite barely speaking more than a few sentences in each other’s native languages, we were still able to bond quite well. I left that place with warm goodbyes and “come back soon” wishes and I sure as hell plan on going back. The differences that every culture exhibits are dwarfed by the universal similarities that we all share despite how convinced we are of the uniqueness of our own culture. The pathetic titles we give to each other all serve social roles and have no actual substances independent of context. The reason why Malagasy, Sri Lankas, Ethiopians, Filipinos and others come to Lebanon for work is simply because they don’t have enough cash in their pockets. That’s it. You have nothing whatsoever that makes you more special. You’re simply luckier. You got the easier role within our globalized world. Give it some thought and stop believing that sad lie that you were somehow chosen. Joey Ayoub Étudiant à AUB

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Culture


74 Sauvegarder le charme de Beyrouth 78 Merveille naturelle du Liban 80 Londres et les jeux olympiques 82 Qui dirigera lâ&#x20AC;&#x2122;empire de Warren Buffet ?


CULTURE Sauvegarder le charme de Beyrouth

Votre Liban est un pays de discours et de disputes. Mon Liban est (...) écho de flûtes dans les grottes et les cavernes.

Gibran Khalil Gibran - Extraits de « vous avez votre Liban et j’ai le mien »

Depuis plus de trente ans, le Liban subit des mutations urbaines dues aux guerres qui incitent les mouvements de population massifs à se déplacer en raison des destructions et des projets de réaménagement, ce qui contribue à des bouleversements dans les formes urbaines (destruction/réaménagement du bâti) et plus largement dans l’organisation économique et sociale, ainsi que dans la structure des pouvoirs dans la ville.

accumulée depuis son achat et enfin profiter de sa retraite. En absence d’intervention de l’État, le producteur achète le terrain suivant la loi de l’offre et de la demande dictée par le marché et le propriétaire du terrain le vend donc au prix d’équilibre. Pour faire appel à l’économie publique, la rencontre de l’offre (montant d’argent pour acheter le terrain) et la demande nous conduit vers un prix d’équilibre. Ceci se traduit par l’intersection entre l’avantage marginale social et le coût marginal privé. L’investisseur ne prend pas en compte le coût de l’externalité négative ce qui renvoie à un problème majeur nommé « Dubaification »

Est-ce que Beyrouth a un prix ? D’une vision économique l’inflation dans le secteur de l’immobilier incite les propriétaires à vendre leur terre ou à démolir les anciens édifices afin d’obtenir des gains que les investisseurs sont prêts à débourser pour construire des tours étant donné que le gouvernement n’a presque rien fait pour aider les propriétaires a rénover et à maintenir les vieilles structures.

Le patrimoine libanais en cours de mutation. Le producteur a un penchant naturel voir vital au profit. par les activistes de Save Beirut Heritage. C’est ce qui le différencie du propriétaire Cette externalité est mesurée par une image principale du terrain qui, lui, cherche à le déséquilibrée de Beyrouth, elle représente vendre pour profiter de la plus value une perte d’identité et surtout une perte

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Graffiti réalisé par des activistes pour la protection de l’héritage.

économique étant donné que les touristes ne s’intéresseront pas à contempler l’architecture des tours modernes, il s’agit dans ce cas d’une perte sèche du charme de Beyrouth. Surtout qu’aujourd'hui, tout le monde désire résider dans des tours, car à partir du dixième étage ils peuvent voir la mer. Ainsi, la maison est démolie, le jardin détruit et le terrain vendu pour laisser place à une tour. À chaque fois qu'une ancienne maison est démolie, un espace vert disparaît et avec lui des arbres parfois centenaires, des oiseaux qui vivent dans l'arbre et toute une qualité de vie. L'unique loi pour la protection des anciennes demeures au Liban date de 1933, à l'époque du mandat français. D’ailleurs, les investisseurs ont souvent des contacts avec des personnalités haut placées et sont dès lors capables de soumettre les municipalités locales à des pressions considérables, parfois même au mépris de la loi. « La municipalité de Beyrouth cède toujours aux pressions politiques », affirme Samir Skaff, secrétaire du Parti vert libanais. La question que l’on pourrait donc se poser est la suivante : Notre histoire peut-elle s’acheter et se vendre sur marché ? A long terme qu’est-ce qui nous

distinguera de Dubaï ? La disparition des demeures anciennes de Beyrouth représente à la fois une perte économique mais aussi culturelle et touristique. Avec elles, c'est une partie de notre patrimoine, de l'histoire et de la culture du pays qui disparaît. Les solutions proposées sont d’ordre étatique, l’Etat étant supposé sauvegarder l’héritage de Beyrouth en imposant des normes architecturales bien précises qui s’adaptent à l’environnement urbain. Une subvention pourrait également être accordée aux propriétaires des anciennes maisons traditionnelles. Cette dernière consiste à aider le propriétaire à restaurer l’ancien édifice mais ceci ne pourra pas compenser pour autant l’avantage marginal lié à ces anciennes demeures qui reflètent notre histoire ainsi que notre passé. Sources : Les héritages culturels dans l’architecture et l’urbnisme au XXIe siècle, Paris Sorbonne, 2008 - AFP - iLoubnan.info - Save Beirut Heritage association Brahim Najem Étudiant en 3e année

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CULTURE ENTRETIEN Entretien avec Prince Georgio, cofondateur de l’association Save Beirut Heritage D’après quel événement avez vous eu l’initiative de fonder « Save Beirut Heritage » ?

n’obtiennent que 200 000 L.L par an, ils sont donc souvent tentés de les vendre pour assurer leur retraite. Tous ces facteurs défavorisent la situation du propriétaire.

La cause principale est due au manque de conscience, d’institution, de loi et surtout de volonté collective dans le but de préserver le patrimoine libanais. Nous pouvons pardonner ce qui s’est passé avant la guerre et durant la guerre mais actuellement Beyrouth est entrain de laisser tomber son image culturelle pour donner place à un marché spéculatif, un paradis pour les investisseurs qui suppriment toute la mémoire de Beyrouth et l’identité des citoyens.

Après la destruction du Théâtre Ingea de Tripoli, le théâtre de Beyrouth est t-il vraiment menacé ?

Comment pouvezv o u s d é c r i re l a situation du propriétaire d’une ancienne maison traditionnelle à Beyrouth ?

Il est vrai que les rumeurs alertent la menace du théâtre de Beyrouth de Ain Mraisse surtout après la destruction du théâtre Ingea qui était un jeu politique. Ils ont réussi à le démolir d’une manière illicite pour le transformer en un parking. Sans oublier le Theatro, grand théâtre du centre-ville a été transformé à son tour en une BoutiqueHotel. Il est vrai que le théâtre de Ain Mraisse est classé comme un bâtiment à intérêt culturel, mais le fait qu’il soit fermé ne lui donne aucune crédibilité. Je trouve que c’est déplorable de voir Beyrouth passer d’un caractère culturel à un caractère spéculatif.

En un mot le propriétaire est FAIBLE. En effet, Quelles sont les en 90, la mesures prises par municipalité les a le ministère de la forcés à rénover culture pour mais sans aide sauvegarder le financière et dans p a t r i m o i n e Photo : Pieter Sticksmans - Flickr une situation très libanais ? délicate, chose qui ne peut se réaliser. De plus, la majorité qui Le ministère de la culture est très coopératif occupe ces maisons sont des vieux et avec « Save Beirut Heritage », il a comme

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possibilité d’accorder des subventions a u x propriétaires ? Je ne peux a ff i r m e r c e l a mais chose est sûre la compagnie reste très opaque. Nous n’avons pas réussi à trouver des informations la dessus même en s’infiltrant à Photo : Pieter Sticksmans - Flickr l’intérieur. Le laisser-aller et le manque de objectif actuel de poursuivre toute destruction du bâtiment qui s’effectue sans permis. Mais transparence remet en question l’intérêt sa responsabilité reste paralysée vu que le public. propriétaire arrache toute la beauté du Brahim Najem bâtiment et ira même jusqu’à faire des dégâts Étudiant en 3e année pour pouvoir obtenir l’accord du ministère. Affirmez-vous, la rumeur suivante : Solidere se trouvant dans un paradis fiscal, ne contribue pas à la caisse de la municipalité de Beyrouth ce qui limite la

Photo : Pieter Sticksmans - Flickr

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CULTURE Merveille naturelle du Liban Une vingtaine de kilomètres au Nord de Beyrouth, une route côtière et pittoresque, serpentant la colline de sapins, de chênes, d'oliviers, nous mène dans la vallée de Nahr El Kaleb. Soudain, une grotte surgit devant nous et nous conduit dans les entrailles de la terre... Une grotte unique et merveilleuse où coule une eau calme et pure, et où miroitent des stalactites millénaires... Un lieu rappelant la nature intacte. Cette grotte nommée « la grotte de Jeita » fait la fierté de notre pays comme de nombreux autres sites touristiques libanais. Ce site est composé de grottes karstiques interconnectées et fournit de l’eau potable à près de 800.000 résidents de Beyrouth. Avec 9 km de longueur, la grotte attire plus de 400.000 visiteurs chaque année. To u t e f o i s , c e t t e merveille naturelle a connu beaucoup de déboires. Après 15 ans de guerre civile au Liban, l’infrastructure de la grotte de Jeita a été complètement détruite. Les installations ainsi que les cabines téléfériques, parkings et restaurants, rien n’a pu être conservé. Pour renouveler et reconstruire le site touristique de Jeita , le ministère du tourisme a eu recours a une société privée Allemande , MAPAS Co, pour gérer le site. Un contrat BOT a été signé entre MAPAS Co et le ministère. Maints projets de développements ont été entrepris, ce qui a conduit à la réouverture de la grotte de Jeita au public, le 16 Juillet 1995, après des investissements s’élevant à des millions de dollars. En 2007, l’aventure des « Nouvelles 7 Merveilles du Monde », « The New Seven Wonders » commence. Un lycéen de 17 ans, Joe El Khoury, a permis au Liban de prendre part à la compétition lancée par la fondation

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« New Seven Wonders » - une société commerciale Suisse- et qui consistait à travers un vote d’internautes, majoritairement, de designer les sept nouvelles merveilles du monde d’origine naturelle. Or, l’Unesco n’a pas souhaité être associée à cette compétition car l’institution onusienne considère qu’il n’y aurait aucune retombée durable sur la préservation des sites concernés. Cette compétition a déclenché un esprit de patriotisme chez l’ensemble des libanais. La grotte de Jeita a été choisie parmi les 28 finalistes de cette compétition face au fleuve

Amazone, à la Forêt Noire, aux îles Maldives, au mont Kilimandjaro ou encore à la Grande Barrière de corail, entravant plus de 400 sites concurrents répartis dans le monde. Cette compétition dont les votes officiels ont débuté début 2009, a mobilisé maints secteurs locaux pour pouvoir faire gagner la grotte. Tout d’abord, la campagne a été coordonnée par le ministère du tourisme. Une série de campagnes publicitaires promouvant la grotte de Jeita a été diffusée massivement au niveau des médias les six derniers mois. Le ministère a également proposé des transports gratuits aux travailleurs immigrés pour que ceux-ci visitent le site et votent ensuite. De plus, la société civile s’est


organisée via les réseaux sociaux et surtout « Facebook » avec des pages entièrement consacrées aux libanais émigrés. Le secteur ayant, principalement, le plus contribué à l’incitation au vote a été le secteur de la téléphonie mobile. En effet, le message publicitaire : « Envoyez JEITA par sms au 1070 ! », parmi la multitude de messages publicitaires qui abreuvait les téléphones portables libanais, arrive certainement en numéro un. Le message, étant alors devenu moins cher (23 cents par message), a incité un grand nombre de libanais à voter. Le Liban n’a pas réussi à accéder à la marche du podium, mais cette compétition risque de ne pas rester sans retombées sur notre pays. En effet, cette compétition pourrait promouvoir un développement économique notamment dans le secteur du tourisme grâce à la renommée internationale que le Liban s’est fait dans la mesure où celui-ci serait posé sur la carte politique et internationale. Il n’existe toujours pas de prévisions quant aux gains touristiques que le Liban pourrait se faire après cette compétition, mais les organisateurs espèrent

toutefois que le succès de Petra, dont la nomination comme l’une des sept merveilles du monde d’origine humaine –autre compétition lancée en 2007- avait réussi à augmenter de 60% le tourisme en Jordanie, se répètera au Liban à condition que la situation géopolitique se stabilise dans la région. Myriam El Kosseifi Étudiante en 1ère année

Zoom sur la grotte de Jeita Les grottes de Jeita sont composées d'une partie inférieure découverte par le Révérend William Thomson en 1836 (habitée à l'époque préhistorique) et d'une partie supérieure( datant de l’époque paléolithique ) encore plus profonde découverte par des spéléologues libanais en 1958. La grotte supérieure Les stalagmites et stalactites sculptées au fil des années, dessinent une géographie unique en forme de voûtes et de colonnettes humides. Le tunnel d'accès dresse le parcours balisé dans lequel s'enfonce le visiteur. L'eau, par son action érosive, a construit un monde imaginaire quasi mystique qui n'a de cesse de se former et de se déformer à mesure que le temps sculpte les stalactites et autres piliers stalagmitiques. De nombreuses dispositions ont été prises afin de

sauvegarder le site et, notamment, de le protéger des dégradations provoquées par les innombrables visites. Parmi ces dispositions, il a été décidé de nettoyer les stalactites et stalagmites ou encore de conserver, au bout du premier tunnel de 100 m, les portes toujours fermées, afin d'assurer une continuelle humidité à l'intérieur de la grotte. La grotte inférieure Le visiteur parcourt en canot l'antre de cette grotte inférieure. L'eau est potable et approvisionne une partie de la ville après traitement. La visite ne comprend que 10 % du site effectif car l'enfoncement dans la montagne ne serait pas très sécurisé pour les novices. Néanmoins, des journées de spéléologie sont consacrées aux spécialistes afin d'améliorer la connaissance de ce site naturel.

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CULTURE Londres et les jeux olympiques Le 6 juillet 2006 il a été annoncé que L o n d re s a c c u e i l l e r a l e s J e u x Olympiques et Paralympiques de 2012. L'impact économique potentiel des JO est très médiatisé, et capitalise toute l'attention de la presse et autres médias au niveau local, national et international. Le ralentissement économique actuel accentue l’interrogation sur les impacts de ces JO à savoir la pression sur les dépenses publique et l’intensification de l’emploi. Mais c'est peut-être trop facile de se laisser emporter par la marée de titres et de petites phrases et de perdre de vue les éléments sousjacents. Dans cet article nous allons étudier l'impact économique des JO sur le Royaume-Uni en général et Londres en particulier. Qu’est- ce qu’un impact économique ? L'impact économique est une mesure des effets des dépenses et de l'emploi d'un projet spécifique, dans ce cas celui des JO de Londres. Généralement, les effets sont générés par les coûts en capital tels que les dépenses sur des améliorations de construction et de transport, les frais d'exploitation tels que la police et la radiodiffusion, ainsi que les dépenses des touristes, ou les investissements étrangers ou le commerce. L'impact économique total est la somme des impacts directs, indirects et induits résultant de ces Jeux. L'impact direct peut être attribué aux achats des organisateurs des Jeux dans la préparation et l'exécution des Jeux Olympiques et Paralympiques. Les impacts

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indirects se font sentir dans les industries de biens et de services qui alimentent les industries qui reçoivent des dépenses par les organisateurs des Jeux. Les impacts induits sont générés à partir des dépenses effectuées par les personnes employées directement ou indirectement par les dépenses des Jeux. Tout cela à quel prix ? Le budget alloué aux JO de Londres 2012 est estimé à 9.35bn £, avec un fonds de prévoyance de £ 2,7 milliards. Ce budget a quadruplé depuis que la Grande-Bretagne a été nommée en Juillet 2005. De ce budget, £ 6, 000, 000,000 sont alloués directement par le gouvernement. Ce niveau de financement public, à un moment où les services publics sont soumis à une pression croissante en raison du ralentissement de l'économie, a fait l'objet de certaines critiques dans la presse surtout que ces grands investissements sont des investissements de court terme et peuvent ne pas être utilisés dans le futur. Ainsi ces grands investissements ( qui peuvent arriver à £ 1 milliard) ne peuvent pas être dépensés sur des placements alternatifs comme les transports et l'éducation à Londres , ce qui représente un grand coût d’opportunités .De plus, Le resserrement du crédit signifie que l'investissement du secteur privé s'est tarie. Ceci augmente le coût pour les contribuables. Les dépenses du gouvernement sont déjà sous pression en raison du renflouement des banques et de la récession. En contre partie, les dépenses du gouvernement pourraient stimuler l'économie et créer des emplois pour les populations locales. Quels seront les avantages économiques attendus ? Le gouvernement a annoncé en Janvier 2009 que plus de 30 000 nouveaux emplois seront créés entre 2009 et 2012. Selon les dernières nouvelles, la main-d'œuvre de construction pour le site olympique devrait augmenter à


près de 10000 d'ici la fin de 2012, malgré le professionnelles liées aux Jeux. Par exemple, ralentissement économique qui affecte de l'East of England Development Agency nombreuses autres parties de l'industrie de travaille avec le Legacy Trust afin construction. En termes d'emplois, les d'encourager les chômeurs à prendre le rôle chiffres de l'Olympic Delivery Authority de de bénévoles dans la culture et le sport dans Septembre 2008 montrent que 24% des 2701 les préparatifs des Jeux de 2012. L'objectif employés sont des résidents locaux, 58% sont issus de Londres, et 9% étaient précédemment au chômage. Toutefois, l'objectif de l'ODA à savoir que 10 à 15% des emplois partent aux personnes qui vivent dans les cinq arrondissements «hôtes» a été critiqué par Diane Abbott député le considérant Le stade olympique de Londres. «pitoyablement peu ambitieux» et selon le Syndicat des travailleurs Ucatt la proportion est que les volontaires acquièrent des qui leur de main-d'œuvre migrante employée sur le compétences et une expérience seront utiles une fois de retour au travail site olympique ne serait pas moins que 42% rémunéré. Des chaînes d'approvisionnement (la moyenne pour Londres) affirmant qu’il y a un vrai problème de travailleurs migrants pourront être crées. Il est attendu que 75 000 recrutés par des agences d'emploi et ensuite entreprises à travers le pays fourniront des exploités par une faible rémunération et biens et de services pour les Jeux. heures de travail excessives. En conclusion, accueillir un événement La London Development Agency et les cinq arrondissements «hôtes» de Londres (Greenwich, Hackney, Newham, Tower Hamlets et Waltham Forest) ont établi des plans détaillés pour la régénération de la zone autour de Stratford et Wick Hackney. Parmi les autres avantages prévus : 10 000 nouveaux logements, en plus des 3.000 bâtis dans le village olympique ainsi qu’une Académie nationale des compétences pour les sports située dans le stade olympique. L'Assemblée de Londres a également publié ses propres recommandations pour s'assurer que la régénération économique, les compétences et les avantages sociaux sont ressentis par les locaux. En dehors de Londres, les agences de développement régional sont impliquées dans le développement des compétences

sportif aussi important que les JO est une opportunité unique et exceptionnelle. Les JO pourraient engendrer une perte économique à court terme, mais doit-on tout relier à des décisions de maximisation du profit? Les gens diront que c'est mieux de dépenser l'argent sur les soins de santé et l'éducation. Certes, ces domaines sont d’une priorité accrue mais les anglais dépensent plus de 80 milliards de £ sur les soins de santé chaque année. Je ne vois pas pourquoi ils ne peuvent pas dépenser 1 milliard de £ sur la promotion des JO comme un événement ponctuel (ce qui pourrait réellement inciter les gens à être en forme et donc auront moins de besoin de soins de santé). Georges El Jamous Étudiant en 3e année

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CULTURE Qui dirigera l’empire de Warren Buffett ? Warren Edward Buffett né le 30 août 1930 à Omaha est un homme d’affaires et philanthrope américain considéré comme l’un des plus grands investisseurs au monde. Surnommé « l'oracle d'Omaha », il a été classé l’homme le plus riche au monde en 2008 et figure aujourd’hui en 3e place. Buffett a étudié à l'Université du Nebraska et a eu un master en économie à l'Université Columbia. En 1958 il a commencé à gérer des portefeuilles boursiers qui ont réalisés des plus values de presque 30%. En 1962, Buffet a commencé à acquérir des stocks de Berkshire Hathaway pour en devenir le propriétaire majoritaire en 1964. Sous la direction de Buffett, Berkshire a surpassé les références des marchés tels que le S&P 500 et le Dow Jones pendant plus de quarante ans. Cette multinational dont le PDG actuel n’est autre que B u ff e t l u i même gère un certain nombre de filiales et a été classée Warren Edward Buffett. selon le Forbes Global 2000 comme la huitième entreprise mondiale et a investi en 2011 5 milliards de dollar dans la Bank of America. La question qui taraude les investisseurs du monde entier est qui prendra les rênes de Berkshire Hathaway une fois le PDG, âgés de 81 ans, est décédé. La réponse a été révélée lors d’une interview accordée à l’émission 60 minutes diffusée sur la chaîne CBS durant laquelle Buffet a nommé son fils Howard âgé de 57 ans comme son successeur.

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Qui est Howard ? Qu’une entreprise familiale passe de père en fils est tout à fait normal. Cependant, Berkshire Hathaway est un autre cas de figure. Il s’agit d’une entreprise dont le capital s’élève à 300 milliards de dollars. Parmi les 52 entreprises détenues par Berkshire Hathaway figurent des noms comme Geico assurance, Fruit of the Loom et The Pampered Chef. Il ne s’agit donc pas d’une petite entreprise familiale, c’est pourquoi assigner Howard à prendre la place de son père semble improbable surtout que Howard ne détient aucun diplôme ; il est un agriculteur. La famille Buffet n’est pas considéré comme une famille « high jet ». Les Buffet ne possèdent ni la grande maison dans les Hamptons ni les voitures de luxes. En effet, durant s o n adolescence Howard ne savait même pas que sa famille était riche. Selon Warren, élever les enfants à l’image des enfants gâtés et riches ne leur servira point. Il voulait que ses enfants trouvent leur passion pour qu’ils arrivent comme lui, à prendre du plaisir dans ce qu’ils font. Après l’abandon de trois universités, Howard est devenu un agriculteur de maïs et de soja et possède actuellement une ferme de 1500 hectares située au Nebraska. A l’instar des autres agriculteurs, il profite des subventions


Warren Buffett avec le président des États-Unis, Barack Obama.

seulement d'améliorer la qualité de leurs récoltes, mais aussi la qualité de leur entreprise. Pour lui il faut qu’ils apprennent la comptabilité de base et la gestion de crédits dans la mesure de recevoir des subventions.

Howard Buffet, le fils de Warren Buffett.

offertes par le gouvernement sous la forme de crédits alloués a cours terme .Il n’a jamais eut recours à la fortune de son père pour financer sa ferme qui inclue des machines dont le prix pourrait dépasser les 250 000 $. Est-il qualifié ? Ce que les investisseurs ne savent pas à propos de Howard c’est le fait qu’il est un homme d’affaires assez qualifiées. De 1993 il appartient au conseil d’administration de Berkshire Hathaway et détient un siège au conseil de Coca-Cola, The Lindsay Corporation and Sloan Implement, ainsi que des sièges antérieurs dans les conseils d’administration de Conagra foods et Archer Daniels Midland.

Howard sera le président non-exécutif, il ne sera pas payé ce qui va lui permettre d’être a la tète du conseil d’administration mais pas de prendre des décisions opérationnelle ou d’investissement .Son rôle principale comme la déclaré Warren Buffet, serait de garder la culture de l’entreprise en s’assurant que la valeurs des actionnaires de Berkshire Hathaway est maintenu . Cependant durant l’interview lorsque son père lui a demandé s’il accepte le poste, Howard avait une seule condition. Il a dit « as long as i Can keep farming « Sur la surface il semble comme un fermier sans études supérieur mais ne laissez pas cela vous aveuglez ». L’expérience et la nature de Howard peuvent être une solution parfaite pour maintenir l’héritage de son père. Georges El Jamous Étudiant en 3e année

Il dirige également la fondation de 200 millions de dollars Howard.G.Buffett qui est engagé à améliorer la qualité de vie des communautés pauvres à travers le monde. Buffett visites en moyenne 20 pays chaque année, en montrant aux agriculteurs de nouvelles techniques qui permettront non

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Mode


86 Beyrouth, capitale du luxe au MoyenOrient 88 The Curious Case of Fashion Economy in Lebanon


MODE Beyrouth, capitale du luxe au MoyenOrient

Le luxe, ce n’est pas le contraire de la pauvreté, c’est le contraire de la vulgarité.

Dès le XVIIIe siècle, la mise en place des structures précapitalistes amorce l’apparition de l’industrie du luxe. D’un point de vue historique, en France, Jean-Baptiste Colbert (1619-1683), ministre des finances de Louis XIV réorganise les administrations et les commerces pour créer le mercantilisme : il augmente les exportations, crée des manufactures privées ou d’Etat et développe les infrastructures. En effet, il encourage la création des premiers bassins industriels d’horlogerie dans le Jura français, et de parfumerie dans le Sud de la France.

Gabrielle Chanel libanaise une nouvelle destination privilégiée pour les adeptes de la mode et du luxe au Moyen Orient. Depuis Carolina Herrera qui a ouvert au mois de mai 2010, d’autres grandes enseignes se sont implantées au Liban. Beyrouth a regagnée sa réputation de paradis du shopping, avec des étiquettes de luxe comme Christian Dior et Louis Vuitton parmi un groupe de magasins ouvrant dans les souks rénovés de la ville. Ceux-ci accueilleront également à terme près de 400 boutiques dont plusieurs grands noms de la

Par la suite, le XIXe siècle se caractérise par une démocratisation moderne. Ce siècle connaît la création des grands magasins (« la belle jardinière », « le bon marché ») qui offrent un nouveau type de commerce fondé sur : la grandeur du lieu ainsi que l’emplacement en centre-ville, des prix fixés à l’avance, un assortiment large et également les premières communications publicitaires. Les années 90 caractérisent le début de la mondialisation du luxe. Cette époque révolutionne le luxe avec la création de la première transnationale du luxe « LVMH » (Louis Vuitton Moët Hennessy), et en parallèle l’apparition de la concurrence (Richemont, Prada, Gucci Group) et ainsi une réconciliation du luxe traditionnel et moderne et également celle de l’offre et de la demande. Intéressons nous particulièrement au cas du Liban qui aspire à redevenir la vitrine de luxe du Moyen-Orient. Effectivement, dans les rues du centre-ville de Beyrouth, les boutiques de luxe se multiplient, de quoi faire de la capitale

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Des sacs Hermès. mode, tels Yves Saint Laurent, Chloé, Burberry ou Vivienne Westwood… Mais ce sont surtout les rues Allenby et Foch qui se transforment en véritables avenues du luxe beyrouthin, devenant ainsi des lieux de ventes stratégiques pour les grandes marques internationales. Toutefois, le marché libanais en termes de vente n’est pas le plus rentable du MoyenOrient. Même s’il peut paraître comme une destination de rêve de toute marque de luxe internationale, la question importante à


Christian Louboutin à Beirut Souks.

également par celle des touristes qui affluent massivement au Liban chaque année. (2 millions en 2009, principalement en provenance du Golfe, ont consacré 67% de leurs dépenses à la mode et l’habillement). Le marché du luxe libanais a constaté une croissance de 20% en 2010 et le nombre d’enseignes de luxe se multiplie. Le Service économique régional organise des rencontres avec des acheteurs libanais de produits de luxe.

considérer lors de l'expansion au Liban est le très haut niveau de risque du pays à la fois politiquement et économiquement. Les turbulences politiques et l'incertitude dans l'économie ont affecté le segment des vêtements de luxe, étant donné que ce marché fluctue beaucoup en fonction de l'état de la nation.

Même si Beyrouth ne peut toujours pas rivaliser avec le large éventail de boutiques que Dubaï offre, la crise mondiale qui a frappé les pays du Golfe a jouée en faveur du L i b a n . Contrairement à beaucoup de ses voisins dans la région, celui-ci a, jusqu'à p r é s e n t , Néanmoins, les largement résisté responsables de la à la récession mode locale restent économique, en convaincus du partie grâce à potentiel durable du son secteur m a r c h é l i b a n a i s Chanel au Centre-Ville, Beyrouth. bancaire solide. comme une plaque Aujourd’hui il tournante pour les meilleurs labels apparaît ainsi que Beyrouth peut prétendre de internationaux. Les designers libanais ont plus en plus retrouver son titre de ville du aussi fait d’importantes percées dans les deux luxe et de la mode. segments de haute couture et de prêt-à-porter haut de gamme, notamment en raison du fait Marie-Claire Azar et Astrid Cobti que plusieurs d'entre eux, comme Elie Saab, Étudiantes en 3e année Zuhair Mrad, Robert Abi Nader, Abed Mahfouz et Basil Soda, connaissent une notoriété internationale. Le marché du luxe au Liban est stimulé par la demande intérieure vigoureuse mais

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MODE The Curious Case of Fashion Economy in Lebanon One would tend to think that when the economy is down in a country, the fashion industry would be the first to collapse. One would be wrong. The fashion industry has never been more blossoming in Lebanon. Beirut has become one of the most acclaimed “runways” in the Middle East: edgy up-andcoming Lebanese designers’ products are spotted everywhere, and international brands are all over the city. Nowadays, the rich and the poor are getting their fair share of Louis Vuitton bags, Chanel purses and other Christian Louboutin shoes, even though half of the shopaholics can’t even spell most of those brands’ names. Moreover, one can’t always tell the difference between an original copy and a knockoff, not when you spot the product on some woman walking on the street that is, unless you go grab the lady’s bag and look for the “made in China” label inside, then it is a knockoff. But seriously, who would do that? There was a time when people used to dress up in order to look good or decent. Now it is all about making a statement with your outfit. And that statement comes with a price. So whether the fashionista decides to channel glamour or trash, there is a budget that is needed, and with a fallen economy like Lebanon’s, some people are most probably saving on food in order to splurge on fashion. I was walking around in Saifi Village one day and a gift shop caught my eye so I decided to go in. The products were pricey, but they seemed well executed and they were definitely not made in China, if one believes what the tag says. Then, some girl entered the shop. She was dressed from head to toe by designer items. There was something catchy and fierce about her outfit that could not be unnoticed. Besides, she was glancing at the products around the shop while texting, adding more fierceness to her look with that careless attitude of hers. And then she had to speak. She was whining about the prices, and even though she had a point, one would not

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expect to hear such comments from a proud fashionista, which made me ask myself: did she own any of the clothes and accessories she was wearing? Her outfit looked too good to be made of counterfeited products. Therefore her attitude remained a mystery to me as I could not quite understand her reaction nor give any rational explanation to her behavior. There are even more overwhelming stories going on in the fancy boutiques of Downtown Beirut, the gathering point of all renowned Lebanese and international brands that have raised enough awareness to become household names. Those stories involve dressed up ladies who attempt to bargain in those boutiques where bargaining is not allowed, which is something they are quite aware of, and Christmas shopping is only adding more insult to the injury. So is it a trend for shopaholics to whine about some item’s price even though they give the impression that they can afford it? Or are they really broke and nothing actually is what it seems? Are fashionistas into A-List brands or do they just thrive over knockoffs? However, if those stores are still going strong, someone has got to be buying, so who’s the secret clientele? In conclusion, A-list fashion houses spend millions on campaigns in order to build brand awareness and people are getting the big picture. It is not about looking good anymore. It is about making a statement and trying to make a difference, whether it is through a well-crafted pair of Christian Louboutin or some cheap knockoff. In the latter case, one can blame it on the fallen economy. Lary Bousafi Étudiant en 3e année


STATISTIQUES Statistiques effectuées sur 121 élèves (3e et 2e années uniquement) de la faculté de sciences économiques : Une fois sur le marché du travail, préfériez-vous travailler au Liban ou à l'étranger pour un même salaire ?

Après votre licence, préfériez-vous continuer vos études au Liban ou à l'étranger ?

Je préfère rester au Liban pour un même salaire : 78.51% dont 95 élèves.

Je préfère continuer mes études au Liban : 81.81% soit 99 élèves.

Je préfère travailler à l'étranger à salaire équivalent : 21.48% dont 26 élèves.

Je préfère continuer mes études à l'étranger : 18.18% soit 22 élèves.

18%

21%

79%

82%

Caroline Bergqvist Étudiante en 2e année

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Cinéma


92 Rue Huvelin : le Feedback 94 Le cinĂŠma libanais : une nouvelle relancĂŠe


CINÉMA « Rue Huvelin » : le Feedback Partis d’une idée folle, Maroun Nassar et ses anciens amis de la rue Huvelin de Beyrouth, amateurs dans le monde du cinéma, sont arrivés à reproduire leur nostalgie et leur authenticité dans un long métrage regroupant plusieurs talents tels que les acteurs Betty Taoutel et Adel Karam, le réalisateur Mounir Maasri (New York Actors Studio), la monteuse G l a d y s J o u j o u (Alexander d’Oliver Stone) et un compositeur de musique parmi les meilleurs du monde : Christopher S l a s k i , disciple du grand Enio Morricone. A p r è s Moscou, Montréal et le Brésil, « Rue Huvelin » a fait son bout de chemin dans les s a l l e s libanaises en Novembre 2011 dans une version censurée suite à une décision de la Sureté Générale. AVEC LA PRÉSENTE, PARTICIPATION DE LA

MUSIQUE ORIGINALE

ET

ET DE

, SCÉNARIO

, SO N

ET

, CONSULTANT

AVEC

Après Moscou, Montréal et le Brésil, « Rue Huvelin » a fait son bout de chemin dans les salles libanaises en Novembre 2011 dans une version censurée suite à une décision de la Sureté Générale.

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Film teinté de nostalgie, « Rue Huvelin » est un projet audacieux porté par la seule volonté de ses créateurs, qui nous montrent une période récente de l’histoire libanaise, récente mais classée sans suite, tels que les espoirs sans lendemain suscités par le mouvement estudiantin de la fin des années 1990.

, IMAGE

D’ailleurs, l’œuvre de Nassar et Maasri doit être replacée dans le contexte du mouvement de contestation estudiantine qui débuta dans les années 1990 au sein des universités libanaises. Le film, qui se déroule en 2002, s’intéresse aux étudiants de l’Université Saint-Joseph (le noyau dur du mouvement), au sein du quartier d’Achrafieh et plus précisément dans la rue Huvelin qui donne son nom au film. Ce mouvement se caractérise par sa ferveur, qui se t r a d u i t notamment lors des élections au sein des universités, lieux uniques de liberté d’expression sans commune mesure avec le reste du pays - surtout dans une atmosphère de résignation générale face à l’occupation syrienne de la fin du siècle. ASSISTANTE , PRODUCTEUR

PRODUCTION

, MONTAGE

, PRODUCTEUR

, RÉALISATEUR

, AVEC

ET

Quant à l’histoire de « Rue Huvelin » (pour


boycott. D’autres sont satisfaits, fiers et reconnaissants d’avoir enfin eu une œuvre cinématographique d’une période que l’on croyait jetée aux oubliettes.

ceux qui ne l’ont pas vu !), celle-ci tourne autour de la vie d’un groupe de 7 jeunes étudiants, différents par leurs pensées, caractères et origines. Leur combat continu pour la liberté se traduit par un quotidien mouvementé et incertain, caractéristique d’ailleurs de l’ambiance de l’époque. Maroun Nassar, producteur et écrivain, est un ancien étudiant de la rue Huvelin où se situait le campus de la Faculté des Sciences Economiques – et l’un des fondateurs d’ Eco Libre – , ce qui a accentué l’authenticité des dialogues apparents dans le film. Mais la censure n’a pas épargné le film qui a, malgré tout, réussi à garder l’ambiance tendue de la fameuse scène mise à découvert sur

« Rue Huvelin », ce film dont on a tant entendu parler a cassé les tabous d’une société qui oublie vite ou qui veut oublier son histoire récente, celle-là même que l’on n’apprend toujours pas dans les livres. Nos jeunes libanais ont eu la chance de bouleverser un statuquo dominant, il est peutêtre temps d’être fier de ce combat et de le crier haut et fort : la liberté est mondiale.

Entrée Nord - Rue Huvelin.

« Rue Huvelin » sera disponible sur internet prochainement. Vous pouvez consulter le site internet du film, www.huvelin-lefilm.com, exclusivement conçu et mis en place pour Rue Huvelin, pour plus de photos, d’informations et d’articles. Windy Massabni et Cindy Nassar Étudiantes en 1ère année

les réseaux sociaux du net, celle de la reproduction d’un évènement choc de l’époque : le brûlage du drapeau syrien. Par ailleurs, cet hommage rendu au mouvement étudiant n’a pas fait l’unanimité au sein du public libanais. Des critiques ont été lancées par de jeunes spectateurs dont les réactions sont même allées à l’appel au

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CINÉMA Le cinéma libanais : une nouvelle relancée Industrie cinématographique libanaise Le cinéma libanais est à l’image d’un pays aux identités multiples, un pays que les gens et les tensions politiques ne cessent de secouer et d’inspirer. Les origines du cinéma libanais remontent à 1929 avec le tournage du premier long métrage « Aventures » d’Alias Mabrouk, sous le protectorat. Apres l’indépendance en 1941, s’installe au Liban une industrie du cinéma bâtie sur le modèle phare de l’époque dans la région, le cinéma égyptien. Au cours des années cinquante et au début des années soixante, le cinéma libanais s’éloigne peu à peu du modèle égyptien, avec des films tels que « Vers l’inconnu » et « Le petit étranger » de Georges Nasser, tournés en 1958. À partir des années 1950, une vague cinématographique puise ses sujets dans la réalité libanaise en se concentrant notamment sur le folklore du pays, les traditions et la vie du village. Cette vague s’étend jusqu’aux années soixante avec les comédies musicales des frères Rahbani qui modulent l’image du Liban en lui donnant un certain caractère utopique. Ceci marque un essor important de la créativité et l’imagination des libanais. Cet idéalisme est le critère le plus flagrant de leurs films, leurs musiques et leur art. Ceci marque la nécessité d’une vie parfaite, où le people est uni loin de toutes les appartenances confessionnelles, uni dans la recherche de l’équité sociale et dans la lutte pour la liberté et la paix. La fin des années soixante et le début des années soixante-dix permettent au cinéma libanais de s’interroger sur son identité historique et politique. Pendant la guerre civile libanaise (1975-1990), les structures de diffusion n’existent presque plus au Liban ; le manque de financement pousse les cinéastes à travailler avec des producteurs étrangers. Et comme la guerre accapare l'attention du

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peuple, c’était le sujet phare des films de l’époque. Au cours des années de la guerre, les cinéastes ont tenté d’apporter leur témoignage, qui était souvent influencé par leur choix et leur horizon politique. On remarque qu’après la guerre civile, le cinéma libanais recommence à se développer. Après cette période, on trouve des films dont les contributeurs cherchent l’évasion, s’inspirant de la force, de la jeunesse et de l’humour. D’autres films se penchent vers des sujets qui tournent autour de la vie des victimes et des disparus de la guerre civile. Actuellement, le cinéma libanais présente un signe particulier; la création y est en permanence sous l’influence du drame de la guerre civile. Les films ont aujourd’hui une tonalité très réaliste, la guerre a joué dans ce sens le rôle de facteur déclencheur qui fait p a s s e r, p a r l e b i a i s d ’ i m a g e s , d e s interrogations et des doutes tournant autour d’une identité fragmentée, des repères perdus et d’une figure fédératrice absente et toujours en attente, le pays n’étant pas réellement sorti de la guerre. Les œuvres qui en sortent affrontent toutes le manque, les contradictions, la violence, qui émergent d’un pays aux frontières politiques disputées, et aux frontières mentales ouvertes aux influences de toutes sortes, et de ce fait même, fragiles. Le thème principal qui traverse le cinéma libanais est la mémoire. De ce point de vue, les films libanais, font tous œuvre de témoignage. On peut donc distinguer deux types de films libanais : les films qui décrivent les événements de la guerre civile, et les films qui mettent en scène l’après-guerre (conséquence sociale et psychologique du conflit). Le cinéma libanais devient à l’image d’un


pays aux identités multiples, un pays où les tensions politiques ne cessent de le secouer et de l’inspirer. Nadine Labaki - « Et maintenant on va où ? » : une vraie Success Story

« Et maintenant on va où » est le deuxième long métrage de Nadine Labaki dans lequel elle y raconte la détermination sans faille d’un groupe de femmes de toutes religions, à protéger leur famille et leur village des menaces extérieures. Faisant preuve d’une grande ingéniosité, inventant de drôles de stratagèmes, unies par une amitié indéfectible, les femmes n’auront qu’un objectif : distraire l’attention des hommes et leur faire oublier leur colère et leur différence. Mais quand les événements prendront un tour tragique, jusqu’où serontelles prêtes à aller pour éviter de perdre ceux qui restent ? Le film a été présenté au sein de la sélection Un Certain Regard lors du Festival de Cannes 2011. Après le succès de « Caramel » en 2007, où la réalisatrice libanaise présentait avec humour et un brin d’autodérision la vie quotidienne et les amours de cinq femmes libanaises dans une société marquée par le poids de la famille et des traditions orientales, Nadine Labaki met à nouveau à l’honneur les femmes pour traiter, avec légèreté et toujours avec humour (parfois

Nadine Labaki (centre) dans la première scène du film.

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CINÉMA noir), le sujet grave des conflits religieux. pendant la séance, avec une pirouette Dans un village isolé où cohabitent d’espoir en touche finale, et de nombreux harmonieusement chrétiens et musulmans, messages et sujets à méditer. Pour Nadine l’arrivée d’un poste de télévision, fenêtre Labaki, le cinéma est une histoire de famille, ouverte sur le monde extérieur et sur ou plus justement une histoire d’image, entre l’actualité marquée par des incidents entre autre éléments déclencheurs de cette passion. chrétiens et musulmans dans le reste du pays, Faire des films ayant un impact important va réveiller n’est pas les vieux qu’une simple démons et envie ; mais déclencher une mission d e s que se fixe affrontements N a d i n e au sein même Labaki. Elle de ce village fait de la jusque là politique à sa paisible. Face manière à à cette travers ses escalade de films. Elle y violence, a b o r d e chrétiennes et plusieurs musulmanes, sujets dans s o l i d a i r e s , De gauche à droite : Nadine Labaki (Amale) et Antoinette lesquels la v o n t Noufaily (Saydeh). f e m m e ensemble libanaise est rivaliser d’ingéniosité et de stratagèmes pour mise en avant. Elle considère que les mères détourner l’attention de leurs hommes et les ont beaucoup de poids dans notre société. empêcher de s'entre-tuer. Ces mères, épouses Une des raisons pour lesquelles elle a dédié et sœurs complotent, sous le regard son film «À nos mères». Elle aborde aussi le protecteur de la Vierge Marie, pour maintenir sujet de la guerre. D’après la cinéaste, la la paix et éviter ces conflits qui sont source guerre est un sujet omniprésent et il est de souffrances. difficile de l’éviter ou de ne pas y penser. Au-delà de la cohabitation religieuse qui occupe le thème central du film, ce sont les femmes qui illuminent l’écran. Ces mères et épouses, remarquablement interprétées par des actrices non professionnelles, touchantes par le contraste entre la souffrance profonde qu’elles portent et leur acharnement à apaiser avec ruse et humour les esprits belliqueux, nous font rire, puis pleurer, et rire à nouveau. À travers elles, Nadine Labaki rend hommage à ces femmes de toutes conditions et religions en Orient, qui, portées par le courage et l’amour, œuvrent chacune à leur façon pour construire la paix. Un vrai coup de cœur pour ce film charmant à la fois comédie dramatique, comédie musicale et comédie tout court grâce à l’humour et la légèreté du ton. Rires et larmes

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Avec beaucoup d’ambition mais peu de moyens, et avec une aide étrangère, Nadine Labaki a réussi à faire un film qui a eu, non seulement eu un succès national, mais un succès international. Le film a reçu le Grand Prix du public au festival international de Toronto et a été présenté au festival de Cannes dans la sélection Un certain regard. En Février 2012, la cinéaste et l’équipe de son film représenteront le Liban dans la sélection étrangère pour les Oscars de cette année. Dina Abdou, Nisrine Dandache et Léa Khoury Étudiantes en 2e année


EcoLibre  

Le magazine des etudiants de la faculté de sciences économiques, USJ.

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