Page 1

Collective Art Magazine Winter 2011 / 01 / The Patriot Is


Camille Yvert Rédactrice en chef

Colette Calli, Ludivine Gaildry Direction Artistique

Cécilia Thomas Communication

Journalisme : Arnaud Blanc, Cécilia Thomas, Constantin Yvert, Laura Faeh, Lætitia Kandolo, Martin Petit, Olivier Casassus, Özge Ispir, Roxane Joubert, Sacha Bury Photographie : Colette Illustration : Camille

Calli Cabannes, Wanda

Contribution :

Clémence Cabannes, Johanne Simonet, Jules Faure, Kim Boutin, Stéphanie Aujean

Remerciements : Call me Señor, Camille Cabanes, Claire Gabelus, Clint is Gone, Jeremy Thomas, Lætitia Rouget, Léo & Pipo, Louis Bottero, Mr.Messy

À gauche : Bombe Stéphanie Aujean, accessoires cheveux Clémence Cabanes Le magazine décline toute responsabilité quant aux sujets et photos qui lui sont envoyés. Les articles publiés n’engagent que la responsabilité de leurs auteurs. Reproduction interdite.


EN Couverture Kim porte une jupe et un gilet JOHANNE SIMONET, une bombe STÉPHANIE AUJEAN. Photographie COLETTE CALLI. Style LUDIVINE GAILDRY .


what’s

in

The Patriot Issue Édito / Patriotisme

7

Culture

.

Rencontre / Clint is Gone Interview / Nicolas Prat, manager de Call me Señor Le saviez-vous / Demi-Mesure Idée shopping /En Face Web / Geek Diar(t)y / Le Cube Orange Jeux de Mains / Désinvolture et Interchangeabilité Mode / Cavale

11 17 20 21 23 24 27 30

Portfolio

.

Camille Cabanes / Illustratrice Louis Bottero ‘Luizer’ / Graffeur Lætitia Rouget / Illustratrice Jeremy Thomas/ Photographe Mr.Messy / Graphiste Léo & Pipo / Affichistes

50 56 60 64 70 74

Société

.

Sociologie / Les arrondissements de Paris Maître Arnaud / Licences de Creative Commons Deal with / Sneakers Mode & Histoire /The Black Ivy League

80 82 86 88

Crazy Amazing Music

92


Patriotisme Non, on ne va pas t’ennuyer avec l'identité nationale mais plutôt te parler de la brise patriotique qui nous siffle dans les oreilles. Attention par patriotisme (à ne pas confondre avec communautarisme), il faut entendre ici « l'attachement sentimental à sa patrie qui se manifeste par la volonté de la défendre, et de la promouvoir » Oui mais quelle est cette patrie que nous souhaitons encourager ? Eh bien c'est celle des créatifs : photographes, illustrateurs, graphistes, graffeurs, acteurs, musiciens... à laquelle nous éprouvons un « attachement sentimental » particulier que nous allons défendre tout au long de CAM. En cette période un peu morose on a jamais eu autant besoin de se serrer les coudes sans chercher à obtenir quelque chose en retour. CAM est uniquement composé de bénévole qui cherchent à défendre les valeurs en lesquelles ils croient. On espère donc que vous nous suivrez et peut-être même participerez nombreux à cette « new wave » patriotique. Camille Yvert


10 / Culture


posi m o c et de teur groupe n a h la un ec est l Gone' ; imité à et en d n a n s m ti na rtr e Be pe 'Clin fait l'u ponyme e tout n i o t a e d u i An u gro tteur qu L'album hanteur ythd r e . .R ec teu prom e C.A.M du jeun usiciens bio, les k l o d a F tion ix suave deux m lélé de F par son c a d s e ré la vo et de se t le guita apporté é à cet t n a r e lit . ns av 24 a s percus douceu origina onnelle e t s a i e l u e s l j l t par e bel rofes lie e més rs de Ju nent un n très p o n u choe celle do ré de faç n t violo enregis m albu


e n o tisg

clin

12 / Culture

Parles-nous un peu de toi, quel est ton parcours? Je fais de la musique depuis que j'ai 15 ans. J'ai eu pas mal de petits groupes au lycée... quelques péripéties amoureuses qui ont beaucoup influencé mon parcours et ma musique. A la sortie du Lycée, j'étais très indécis mais je n'ai jamais perdu la musique de vue ; au contraire! J'ai commencé à étudier le droit, j'ai arrêté, j'ai intégré une première école de commerce... puis une deuxième, et je suis maintenant en alternance entre mon école de commerce et un boulot chez Universal.

Ca fait un peu Docteur Jekyll & Mr. Hyde, employé d'une grande boîte de prod le jour, et chanteur dans les bars la nuit! La production musicale t'intéresse? Exactement! La production m'intéresse, même si je préfère être du coté des micros. Mais quelque soit mon métier plus tard, je veux qu'il soit lié à la musique. C'est mon 'pays', c'est comme ca que je me sens bien. Je ne me vois pas faire autre chose.

D'où viennent les chansons de l'album? Je compose toutes les chansons, musique et parole, m'inspirant d'expériences qui m'ont marquées. Beaucoup de mes chansons parlent de filles que j'ai fréquenté, mais "Chico Buarque" par exemple raconte ma rencontre avec ce chanteur que ma mère me faisait écouter quand j'étais petit. J'ai besoin de me rattacher à mes émotions pour produire quelque chose dont je puisse être content. Quelle est pour toi la forme d'art la plus importante après la musique? Sans hésitation, la littérature !


13 / Culture

«... faire de la POP en français, ça sonne faux !»


vient du fait que j'aime beaucoup la musique classique ; pour moi c'est la vraie musique. Dès que j’entends un morceau de classique, je m'arrête... On est au niveau au dessus! Sinon nos influences sont très variés : Soul, Bossa, Folk, Rock, Classique, Blues... Mon père nous passait beaucoup de rock'N'roll (Chuck Berry, Jerry Lewis), et de chansons françaises (Gainsbourg, Jaques Brel). Quand j'étais petit, mais ma plus grande influence était sûrement "les Beatles". Pour moi, plus qu'un groupe, ils sont une étape de l'évolution humaine. Darwin les a oublié, ils ont absolument tout fait !

14 / Culture

A t'entendre, tes inspirations sont des artistes qu'écoutaient nos parents. Est-ce que tu fais parti de ces gens qui ont l'impression de s'être trompé de génération et ne supporte pas la musique moderne? Alors, je pense que la musique moderne est tellement variée que c'est difficile à dire. Je ne supporte pas la culture MTV, mais pour moi ceux qui font vraiment avancer le schmilblick sont les Strokes. Ils ont fait repartir un truc qui était mort depuis 20 ans, l'instinct. Ils ont inventé quelque chose de neuf en partant de 0. J'adore les White Stripes aussi, qui sont dans le prolongement logique du rock'N'roll. Radiohead qui se réinventent sur chaque album et ont produit des petits bijoux, comme les album "In Rainbows" et "OK Computer". Et surtout, j'oubliais le plus important, un groupe exceptionnel qui fait vraiment bouger la musique moderne, c'est Arcade Fire. C'est pour moi le porte étendard de la musique "bricolée". Faire quelque chose de bien avec n'importe quel

.

Si je te dis..

ovince? Paris ou Pr

coeur. ProParis pour le raison. vince pour la

fé?

Bière ou Ca Bière !

instrument - xylophone, mélodica... Ils sont incroyables!

Tu sembles maîtriser beaucoup de langues, pourquoi chantes tu en anglais? C'est très dur de composer en francais. Les grands auteurs de la chanson francaise, Brassens, Brel, Gainsbourg, avaient une culture incroyable. Ils lisaient beaucoup. Aujourd'hui les gens ne lisent plus, et faire de la pop en francais, ca sonne faux! C'est trop anglo saxon...

Et pourquoi le portugais sur Chico Buarque? Tout simplement parce que je suis à moitié brésilien et que je voulais faire un petit clin d' oeil à ce grand chanteur de bossa brésilien qui a marqué mon enfance et que j'ai rencontré par hasard lors d'un match de foot.

Quelle est la chanson de l'album qui te tient le plus à coeur? Celle qui me tient le plus à coeur finalement c'est "so Blue ". C'est une chanson qui a le même élan que "Not alone on my own", c'est pour ca qu'on voulait la faire différemment. Il y avait une guitare 12 cordes qui trainait dans le studio, et je rêve d'avoir une 12 cordes... c'était une Gibson en plus! J'ai commencé à jouer, Fabio s'est assis à coté et m'a demandé de continuer. Lui et Julie ont trouvé une parti Ça superposer sur ce que je jouait. On a fini par enregistrer ce titre dans la foulé. Ca s'est fait très naturellement, c'est un très bon souvenir. C'est génial quand un groupe est complémentaire à ce point!

lon? Sarko ou Fil e qu'il faut rc a p n mais Fillo i on, ni l'un n choisir... Sin l'autre.

it?

Jour ou Nu

Ch

r?

Boîte ou Ba Bar !

r? Eté ou Hive t. évidemmen Été

Nuit.

Samedi ou

uitare? Chant ou G . ant à fortiori

Dimanche? ment.

em Samedi, évid

ou Paul John Lenon ? McCartney entre tes isir Tu peux cho ? ts n deux pare


A quand un nouvel album? On bosse dessus en ce moment . On se donne le temps pour boucler tout le boulot mais certainement septembre 2011.

Qu'est ce que tu aimerais dire aux lecteurs de C.A.M.? A tous les artistes qui se lancent : "Ce n'est pas parce que les choses sont difficiles que nous n'osons pas, c'est parce que nous n'osons pas qu'elles sont difficiles..."

15 / Culture

Olivier Casassus

Si tu devais

choisir ...

n: Un musicie interprète l Young. Un

Nei e vrais qui a écrit d exceptionnel lk. bijoux du Fo

ie :

Une décenn Les 90's.

beatles. Je ne

: Les Un groupe si je dois q ser u'à eux peux pen upe. choisir un gro

Un album :

er" de Ryan "Heartbreak eu la chance Adams. J'ai Ryan de rencontrer C alors qu'il Adams à NY peintures exposait ses lerie d'art. dans une ga ge est juste Le personna incroyable!

n: Une chanso e Bob t" t dark ye d

"No chanson Dylan. Une pourtant magnifique et peu connue.

: Un endroit New York!

Un pays :

Uni. Les Le Royaumellement la anglais ont te Pop et du culture de la t vraiment Rock que c'es t ublique. Peu le meilleur p 'ils comêtre parce qu rs s paroles alo prennent no is sont au que les frança e) anglais... (rir niveau 0 en

ent :

Un instrum Le Piano.

Un film :

g" "Will Huntin Van Sant.

de Gus


16 / Culture


18 / Culture

Nicolas Prat est un jeune homme plein de surprises qui s’occupent de bien des choses. Commençons par ce que nous avons en commun : il écrit pour plusieurs magazines comme le bimestriel Voxpop ou encore Snatch. Il aime travailler comme journaliste indépendant car il adore avoir un petit coin pour s’exprimer, c’est un peu comme sa cour de récréation. A côté de cette activité, Nico est organisateur de soirée dans plusieurs endroits de Paris : le Truskel, l’International, la Flèche d’Or, le Bus Palladium, La Maroquinerie, le Point Ephémère… Celui-ci programme des concerts pour des groupes qui ne sont pas encore connus (français, anglais ou même américains). Avant il les trouvait sur My Space mais cela demande beaucoup de travail et il n’a plus le temps de chercher autant… Le bouche à oreille par ses potes est largement suffisant. Sinon Nico mixe tout simplement avec ses potes et passent de bonnes soirées mieux payées que le journalisme. Comme si tout celàne lui suffisait pas, au milieu de l’été dernier il crée son propre site (dirtymusic).

Son parcours. Après avoir passé un BAC L à Rouen, il revient à Paris et s’inscrit à l’école supérieure de journalisme de Paris. Il en garde un très bon souvenir, s’est bien marré, et a trouvé que c’était une très bonne expérience pour lui, de vraies années étudiantes en quelques sortes. Ensuite il fait plusieurs stages mais aussi beaucoup de soirées, le moyen parfait pour se faire des contacts, chose essentielle si on veut réussir dans la musique. C’est dans un bar qu’il va

rencontrer Earle Holmes, le patron du « SHEBEEN », un bar qui a malheureusement fermé mais qui aidait les nouveaux groupes à percer. Il l’aide d’abord quelques temps, puis après la fermeture du bar, tous les deux veulent continuer à travailler ensemble. C’est pourquoi ils créent « BPM » (Beat Par Minute) et s’occupent de manager des artistes. Ils se séparent et Nicolas monte alors « Shakermaker » pour organiser des soirées (le nom vient du morceau d’Oasis du même nom), ainsi qu’un micro label qui comprend notamment les « CALL ME SENOR », un groupe electro-pop composé de deux musiciens très bosseurs qui commencent à se faire connaître sur la scène française. Les réactions du public sont géniales, et il y a souvent beaucoup de filles, toujours mieux pour la com.

Qui se charge de promouvoir les soirées ? C'est encore Nico qui s’en occupe en grande partie, en utilisant essentiellement internet. Facebook et Twitter sont des outils incroyables. Il n’utilise jamais de flyers ni d’affiches car cela coûte en général très cher et que ses moyens sont limités. Cependant, lorsqu’il travaille avec La Flèche d’or, ce sont eux qui vont s’occuper de toute la partie publicité…

Ses projets futurs Concernant les « Call me Señor » deux grosses Major sont actuellement en discussion pour reprendre le groupe. Le label de Nicolas Prat est un petit label qui n’a pas beaucoup de moyen, c’est pourquoi cela représente une réelle chance pour le groupe. Concernant ses talents d’écriture, il aimerait beaucoup intégrer une rédaction fixe et plus régulière. Une fois par semaine il fait également de la radio, mais va essayer d’en faire plus, dans n’importe quelle radio


Quelques groupes à nous conseiller ? Call me Señor (électro pop) Patrick Bower (folk): devenu un de ses très bons amis, il revient en février en France Sourya que l’on peut comparer à du Radiohead français The Agency (Pop) « des malades mentaux attachants » Les Shades Wombats Un conseil aux futures musiciens : N’hésitez pas à le contacter sur facebook, répéter et jouer le plus possible et surtout écouter les avis de tout le monde.

Un message aux lecteurs du CAM ? « Ne prenez pas trop de mauvaises drogues »

Laura Faeh

19 / Culture

avec un minimum de liberté, sauf que pour l’instant cela n’existe pas. « Derrière un micro, il est comme un OUF », les intéressés pourront l’écouter les mercredis soirs de 22h à 23h dans l’émission de Laura Lieshman qui consiste à écouter de nouveaux morceaux de tout genre de musique et d’en discuter avec les auditeurs. C’est une émission assez jeune avec beaucoup de réactions sur Twitter. Petite précision qui peut intéresser certaines personnes : les radios françaises ont des quotas à respecter en termes de morceaux chantés en français ou en anglais, ce qui veut dire que les groupes français qui utilisent des paroles anglaises sont en concurrence avec Madonna, Lady Gaga, et Les Strokes pour passer à la radio.


20 / Culture

Pour commander une bière en France, il est de rigueur de demander « un demi s’te’plait José» (un Bebert ou un Nanard feront aussi très bien l’affaire). Pourtant le fameux demi ne représente en réalité qu’1/4 de litre, alors pourquoi cette « jamais contestée » appellation ?

En fait, lorsqu'on parle d'un demi de bière, on ne fait pas référence à un demi-litre mais à un demi de « chopine », l'ancienne mesure utilisée avant la révolution. Attention ça se corse, les allergiques aux mathématiques feraient bien de prendre un comprimé. Un demi de pinte équivaudrait donc en réalité à 48 pouces cube, un pouce étant équivalent à ½ du pied du roi, soit 32,48 cm Vous suivez ? Allez c'est bon avoue que c'est la troisième fois que tu la lis cette phrase. Une chopine serait donc égale à 476 ml, soit ½ litre, donc une demi chopine est égale à ¼ de litre. Et voilà pourquoi le quart de litre se fait encore appelé un demi. Wou ! On y est arrivé. Pour ceux qui n'auraient rien compris, un simple p'tit demi fera quand même l'affaire.

Camille Yvert


On aime… Parce que cette boutique recèle d’objets et vêtements uniques. C’est un bon plan si l’on souhaite dégoter des idées de cadeaux originaux. Parce que Raul Diaz a beaucoup d’exemples et de bons conseils à donner aux amateurs de polaroid. Parce que l’accumulation d’objets et leur touche farfelue éveillent notre curiosité. Parce que chez En Face, les jeunes artistes en tout genre ont la chance d’exposer leur travail. A visiter Le magasin bien sûr : En Face, 2 rue Jacquard 75011 Paris, France. La page facebook En Face, on y trouve des liens de sites de nouveaux artistes, de nouvelles tendances et d’événements à ne pas rater. Le site de Raul Diaz pour découvrir son portfolio polaroid :  http://hclab.free.fr/

Description La boutique n’est pas très grande mais ce n’est pas pour cela qu’il n’y a pas grand-chose à voir. Bien au contraire, lorsqu’on y rentre, notre regard ne sait pas vraiment où se poser. Il y a des bijoux, jouets, carnets et albums étalés sur une table au milieu de la pièce. Des fringues de jeunes créateurs sont disposées sur un pan de mur, d’autres sont recouverts de collages photos réunissant street art et projets artistiques divers. Dans cette caverne d’Ali Baba, des livres et vinyles ont aussi trouvés leur place sur une armoire au fond de la boutique. Pour les passionnés de polaroid, le magasin En Face vous permettra de trouver à peu près tout ce qui touche au sujet : des films, des tirages de polaroid et surtout de nombreux modèles d’appareils dont le Big Shot (appareil polaroid dont se servait Andy Warhol). Au final, il est assez difficile de décrire cette boutique, le mieux reste encore d’aller y jeter un coup d’œil vous-mêmes et de ne pas hésiter à poser des questions. Monsieur Diaz se fera un plaisir de vous répondre.

21 / Culture

Pour la petite histoire, Raul Diaz, photographe, a créé un espace bien à lui il y a un peu plus d’un an. Au commencement du projet, ce lieu devait être consacré intégralement au polaroid et à sa survie. L’idée était de créer un workshop où l’on pourrait admirer et comprendre l’univers du polaroid. Après avoir cherché pendant longtemps l’endroit où réaliser son projet, il profite d’une occasion et décide d’ouvrir sa boutique juste en face du restaurant d’une de ses amies (d’où le nom du magasin). Cette petite anecdote pour expliquer que chez En Face, tout est une histoire d’amitié. Entre temps, l’idée du concept évolue quelque peu. Raul décide d’exposer des créations réalisées par ses amis stylistes et artistes tout en gardant l’idée initiale, c'est-à-dire continuer à faire exister le polaroid.


22 / Culture


es.org

ion.com

ment www.social

s réseaux e veille sur le d ls ti u o es d à utiDernier né ement facile èr li cu ti ar p n tion mentio facile d’utilisa i ss u sociaux, social A . ce ca n outil effi us per mettra liser s’avère u recherche vo e d r u te o m l sujet est que google, ce ir de quelle façon tel ou te ok, yousavo witter, facebo en un clic de (T x au ci so x ne serez réseau logs…). Vous traité sur les b e d e rm fo vue » s plate sonnalité « en tube, diverse er p e n u es êt Kiabi), vous e (au hasard u q pas en reste si ar m e n u encore t pour gérer sur la toile ou ès performan tr ra le vé ré se e ces derniers car cet outil très à la mod e m er (t n o ti recevoir un votre e-reputa t possible de es s u vo il t, suivre ce fe temps). En ef email afin de ar p r ie al rn u sionne. u jo t qui vous pas compte rend je su n u u o s le une r vou moteur calcu qu’il se dit su le e u q t es c’ erche plus r de votre rech u Enfin, le petit to au al ér n timent, ment gé strenght, sen  : es sorte de senti èr it cr 4 compte en prenant en h. ves sur les passion et reac entions positi m es d o ti ra informe t le Sentiment es Passion nous e u q rs o al es ativ vent les mentions nég sujet sont sou ce t an u q o es év e fois des si les personn sont à chaqu ce re ai tr n au co ca est calculé mêmes ou si Bien sur tout s. te n n lui re fé if d and même o u q personnes s ai m e u formatiq de manière in ité… certaine fiabil e reconnaît un

ité gtemps hés n lo i a j' e u q aCroyez moi dans le mag là ilu e c r e c lan ur avant de ba is dit que po u s e m je is ien zine. Eh pu M pouvait b A C , o r é m u rn rs. Voison premie miers lecteu e r p s e s r e s es. récompen teau archiv la p n u r u s it nde mais là donc serv sexy au mo s in o m le En e org le sit te mine d'or. ti e p le b a it r interpourtant vé ropose aux p g r .o s e iv h films effet arc croyable de in té ti n a u q er la nautes une vous précis e d le ti u In . it trouver, libres de dro u'on peut y q s e d r e m e urs quantité d on finit toujo n ie b t n a h c r llement mais en che vidéo visue e n u r u s r e ent. par tomb able librem s li ti u s u n o ous en forte et en b utilité que v l' t e e it u s is mainPour la éfléchir ma r e s is la s u e ferait on vo le dire, le sit s u o v n ie b eut tenant on p ! té fait avec de CAM a é

es.com

www.netvib

ale lire en diagon as p e n à e u q e rubri on plus le der il y a bien un es c’est pas n b vi 5 Halte là ! Si et 0 N 0 , 2 rd en o Bon d’acc gique (créé c’est celle-ci! tion technolo lu vo ré comme je e d re atiè coooo-) mais ri co co nier cri en m vous up FRANCAISE l je tenais quand même à ti par une start u o découvrir cet viens juste de trouvaille. s occur cette petite eb 2.0, que te w u d u d si as faire partage ur facebook et es un utilisate à checker ton as p sur t Si toi aussi tu en it m li n temps passé to net ne se le er r is su m ti s p n o io pat ches à qu’il te faut. et que tu cher etvibes est ce N ), ta boite mail ge li b o e able, on bien rempli t personnalis en m le ta internet (vie to embler et n site intern ropose de rass C’est quoi ? U n portail personnel, qui p e de flux e d’u ce au systèm râ g t en parlera mêm m m les avoir rmations nota s sites qui t’intéressent et toutes tes info le é is à oir sélectionn erniers sera m av d s s rè ce p e A d . u n RSS faire nte s critères, le co rien compris ? Alors cours te n lo se gé n ra n’as iquement. Tu jour automat om, .c es ww.netvib un tour sur w

23 / Culture

www.archiv


24 / Culture

Le cube Orange, exposition du 05 février au 31 mars, sur rendez vous uniquement. Avec les œuvres de Philippe tourriol, Renaud Layrac, Pierre Larose & Florent Darthout ,Frédéric Platéus, Xavier Theunis. Photos : Colette Calli


J'y allais avec de bons aprioris car le concept d'une galerie dans un appartement me plaisait beaucoup. Je me disais que cela allait changer des autres galeries à l'univers aseptisé souvent peu accueillant et j'avais raison. Bien sûr le lieu vaste et épuré reste impressionnant mais il change complètement notre rapport aux œuvres. En effet l'absence de cartel et la scénographie nous poussent à aller chercher les pièces et donc investir les lieux. Par exemple Espace réservé de Renaud Layrac fait pour l'occasion est une cage complètement fermée qui nous prive d'une grande partie des étagères et du mur créant chez nous une espèce de frustration. En tout cas chez moi, j'étais à deux doigts de le déplacer pour feng shuiser l'espace. Au contraire le tableau Regen Bongen de Philippe Tourriol se trouvait dans la « chambre » à l'éclairage tamisé et était séparé de nous par un lit. Cela apportait une espèce de sensualité à l'œuvre et j'ai surpris plus d'une personne caresser le lit, comme s'ils touchaient l'œuvre par procuration. Bon d'accord je l'ai fait aussi. Plusieurs fois. Et j'ai même recommencé avec une amie. N'allait pas vous imaginer des choses j'expiais simplement des années de frustration. Il y avait également des objets qui auraient pu faire partie de la déco d'un véritablement appartement et qui ici étaient oeuvres, comme le miroir (Professor B de Frédéric Platéus) ou le flipper (Flipper Fantomatique de Philippe Tourriol) posant de façon intelligente les questions qu'est ce qu'une œuvre d'art et quelle place peut-on lui faire aujourd'hui dans nos intérieurs. J'ai d'ailleurs surpris certaines personnes qui ont pris le fabuleux vaisseaux de Frédéric Platéus (Ajax revisided) pour une table basse et le flipper pour un buffet. Heureusement il n'y a pas eu de casse mais tout de même c'est un vernissage pas une pendaison de crémaillère !

L'impression que j'ai eu arrivant: une grande chasse aux trésors où il fallait faire le tour de l'appartement et découvrir les œuvres. Je me suis même surprise à épier les toilettes, qui n'était pas une pièce microscopique au fond d'un sombre et long couloir mais dans une vraie sale de bain, espérant y trouver un objet caché que moi seule, ô grande journaliste et amatrice d'art, aurais remarqué. Malheureusement il n'en était rien le bidet était un bidet, la douche une douche et je n'ai pu mettre en avant mon sens si aiguisé de l'observation. Quatre vidéos du projet Heroes under the waves de mes amis Pierre Larose et Florent Darthout étaient diffusées ce soir là. Elles passaient en boucle dans la bibliothèque entre le living room et la chambre et étaient projetées en hauteur, nous forçant à lever la tête et à admirer leurs « Héros » . Le son onirique de leurs vidéos résonnait dans tout l'appartement ce qui éveillait la curiosité des visiteurs. Finalement la seule pièce un peu inaccessible était la cuisine qui est justement le fameux Cube Orange.

Özge Ispir

25 / Culture

« Il faut toujours être à un vernissage à 19h » c'est ce qu'un de mes professeurs qui a côtoyé de grands artistes m'a dit un jour. J'ai pris cette phrase comme ligne de conduite mais si on ajoute à cela le « quart d'heure parisien », les questions existentielles que se pose une fille avant de sortir, les copines qui n'ont pas eu les conseils d'un professeur renommé et le temps de trouver le 25 de la place des Vosges (et non ce n'est pas si évident), je suis arrivée à la galerie du Cube Orange à 20h30.


un re et r i a r é litt leu , un ision et x mots, e u q eu rv bri é te ru tent leu artir de d leur côt t e c n s Dan f confro sion. A p acun de lle entre ti a nne lir ch pres cré d’ex ent étab et perso e d le mo ci doiv igina r x o u n ce io . relat une ux mots e d ces


de légèreté, proche de l’impertinence, parfois du sans-gêne. C’est le contraire de la rigueur, de la retenue, du sérieux. C’est une provocation, mais toujours élégante. C’est Nietzsche contre Socrate. C’est la liberté et son voile d’insolence. Ce n’est pas une maladresse, c’est un dandysme soigneusement mesuré. Et, puisque tout est dans tout, il y a aussi l’interchangeabilité, c’est à dire l’aptitude d'une entité à être utilisée sans modification à la place d'une autre pour satisfaire aux mêmes exigences. C’est la négation de la différence.

     La désinvolture est un phénomène proprement humain ; l’interchangeabilité, au contraire, est caractéristique de ce qui n’est pas organique. A-t-on déjà vu un boulon désinvolte ? Plus inattendu serait un individu interchangeable : un facteur à la place d’un banquier, un chanteur à la place d’un caissier, un enfant à la place d’un adulte – c’est le jeunisme –, un homme à la place d’une femme – c’est le propre de l’androgyne – etc. La liste est trop longue pour énumérer les ambigüités de notre temps. Denis Grozdanovitch, dans son « Petit traité de désinvolture », s’attarde longuement sur ceux qu’il nomme avec affection « les tueurs de temps », flâneurs insoumis, esclaves impénitents des instants suspendus. On les croise encore parfois, au bord d’une rivière, accoudés sur un billard à regarder inlassablement la petite boule blanche frémir au contact de la fumée de cigarette, comptant les feuilles mortes après la fulgurance d’un vent d’automne. Ces « tueurs de temps », nous en connaissons tous un

dans notre entourage. Ils ont la fâcheuse manie de nous reprocher notre activisme impétueux, nous autres enfants du XXIème siècle. Mais ce reproche n’est jamais formulé directement, bien plutôt subtilement : c’est le retour de la querelle des anciens et des modernes, avec gants de satin.         Aujourd’hui, « l’homme pressé » n’a plus rien à voir avec celui dépeint par Paul Morand au siècle précédent. Le bougre il en a le nom, mais pas les attributs. Il ne sait plus observer ce qui l’entoure, pas plus qu’il ne sait exister par lui-même ni même faire corps avec la nature – cette nature qui était tout pour Pessoa. Les « tueurs de temps » n’ont plus leur place dans un monde où il n’y a plus de temps à tuer. Ne reste que des hommes interchangeables, toujours prêts à la révolte, mais moins que jamais désinvoltes. Comment, effectivement, être subversif là où il n’y a plus de tabous ? L’interchangeabilité des valeurs n’est que la résultante d’un relativisme inquiet, jamais prompt à affirmer un principe contre un autre, comme si l’on cherchait à enfoncer un clou avec du coton. Les désinvoltes sont renvoyés aux calendes grecques, tenus de laisser la place à ceux dont le propre est, justement, « d’être utilisés sans modification à la place d’un autre pour satisfaire aux mêmes exigences ». C’est la négation de la différence, donc la négation de l’Être. N’avais-t-on pas dit que l’interchangeabilité est l’antinomie de l’organique ?       Dès lors, quelle marge de manœuvre nous reste-t-il ? Elle est mince, on n’arrête pas si facilement la marche du monde. Albert Camus avait choisi la révolte contre la révolution, choisissons la désinvolture contre la révolte, puisque c’est le seul moyen d’être soi quand tous sont tous. Être désinvolte dans le tourment de l’époque, c’est faire un pas en arrière.

Constantin Yvert, 24 ans Etudiant en Sciences-Politiques

27 / Culture

Désinvolture : attitude de laisser-aller,


Claire Gabelus, 20 ans Etudiante en stylisme-modelisme


À droite : body STÉPHANIE AUJEAN, collier JOHANNE SIMONET


CAVALE Photographie COLETTE CALLI, Style LUDIVINE GAILDRY et JULES FAURE, Modèle KIM BOUTIN Mise en scène des créations de JOHANNE SIMONET & STEPHANIE AUJEAN.


Body par Stephanie Aujean


veste, top, jupe et ceinture JOHANNE SIMONET / À gauche : bombe STÉPHANIE AUJEAN, gilet et jupe JOHANNE SIMONET


body STÉPHANIE AUJEAN, collier JOHANNE SIMONET / À droite : gilet JOHANNE SIMONET, soutien-gorge COLETTE CALLI


robe STÉPHANIE AUJEAN, colliers JOHANNE SIMONET À droite : robe, ceinture et colliers JOHANNE SIMONET, accessoires coiffure CLÉMENCE CABANES


robe et pochette STÉPHANIE AUJEAN, colliers JOHANNE SIMONET


Double page : veste STÉPHANIE AUJEAN, jupe, sacs et objets en céramiques JOHANNE SIMONET


Double page : bombe et robe STÉPHANIE AUJEAN


jupe portée en col et ceinture JOHANNE SIMONET, jupe STÉPHANIE AUJEAN


WHAT ABOUT Camille Cabanes 50 / Portfolio

Graphiste/illustratrice, 22 ans

Salut Camille, alors tu nous dis un peu ce que tu fais dans la vie et pour le magazine ? Pour l’instant je suis à Olivier de Serres en communication Visuelle, parce que j’ai développé une obsession de l’image très jeune déjà. Je fais surtout du graphisme et de l’illu. Et pour le magazine je fais des petits dessins. Tu vas continuer tes études ? J’aimerais bien, pour n’avoir que le temps d’expérimenter et de développer mes projets et apprendre de certaines personnes que j’admire. Et en même temps je me sens décalée par rapport au système scolaire. D'où te viennent tes inspirations ? Du quotidien, du cinéma, de la photo ; Wes Anderson, Michel Gondry, mes


Comment définirais-tu ton univers ? Un genre de cabinet de curiosité, marqué par l’enfance. Quelles techniques utilises-tu pour tes illustrations ? Est-ce qu'il y a un processus ou procédé particulier ? J’utilise surtout le stylo bic, le collage et la couture. Je finis toujours par détourner les procédés pour arriver à ce que j’ai en tête. Et là, j’ai envie de me remettre à la peinture. Quelle est la technique que tu préfères utiliser ? Pourquoi ? Pour l’instant le collage, parce que ca exerce l’œil pour la composition, que je collectionne les papiers et les images et que j’aime le résultat interréférentiel. Je l’utilise

comme on use d’un stylo, c’est mon reflexe. Quel moment du processus de création préfères-tu ? Et celle que tu aimes le moins ? Ce que je préfère c’est la phase de développement ; c’est quand une idée m’en donne une autre et que je les décline sur un même principe. La phase que j’aime un peu moins c’est la phase des recherches quand on se sent pas inspiré. Cherches-tu à faire passer un message en particulier à travers tes créations ? Non pas précisément, c’est plus une vision, un sentiment que j’essaye d’exprimer sur le coup. Ca se lit un peu comme une poésie je crois. C’est aussi une sorte de manifestation de ma nostalgie de l’enfance. Est-ce que tu pratiques d'autres formes d'arts ? Je fabrique des sweet, des tee shirt, des pin’s, et des masques .

51 / Portfolio

héros des années 90, William Eggleston, Martin Parr, le catch lucha libre, la musique…


T'as pas une petite adresse à nous donner ? Mon magasin préféré : Tienda Esquipulas vers Pigalle. C'est quoi le site internet que tu consultes le plus en ce moment ? C’est ebay ! Toujours. Tu veux quoi demain ? Faire un tour sur le dos de Falcor. Qu'est-ce que tu voudrais dire aux lecteurs de CAM ? Qu’en vrai ce que je veux demain c’est prendre un petit déjeuner avec Jason Schwartzman.

Camille Yvert

si tu é tai

s

Une couleur : corail une genre musical : electrorock alternatif si ca existe un sandwich : cheeseburger une moustache : magnum un vêtement : veste en jean à franges un quartier : brick lane à Londres un stylo/crayon : presqu’un, le spirographe un repas : nouilles sautées / porc caramel un coin ou dormir : l’hôtel chevalier une émission : striptease


55 / Portfolio


Salut Louis, alors qui es-tu ? Personne ou quelqu’un. J’aspire a être. Passionné d’art.

WHAT ABOUT Louis Bottero

Depuis combien de temps tu graff ? Depuis 7 ans, j’ai commencé en 2004, mais j’ai posé mon premier tag à environ 10 ans. Au début j’écrivais Louis avec une couronne. Comment t’es passé à Luizer ? J’ai enlevé le « o » de Louis bien que ce soit une très belle lettre parce que tu peux faire un personnage avec. J’étais beaucoup plus intéressé par le « u » ouvert où tu peux grimper jusqu’en haut pour redescendre sur ce grand tobogan pour remonter ensuite. J’avais aussi envie de déformer

56 / Portfolio

Graffeur, 21 ans

Louis Bottero ou Luizer Oner (ton blaze) tu peux m’expliquer pourquoi ? Il y a l’homme et le créateur. Les graffeurs (writers) peuvent avoir un soucis identitaire car quand tu vas graffer ton blaze (pseudonyme) des centaines de fois, tu peux devenir ton pseudo. Tu finis par te l’approprier.

« Ma démarche c’est de prendre autant de plaisir dans un tunnel du métro que quand j’anime des ateliers de graff avec des enfants. »


T’as eu plusieurs blaze ? Ouai j’ai eu year, peache, free sk8 par exemple jusqu’à ce que je trouve Laber (Louis Alfred Bottero)

Est-ce que les writers ont un style ? Biensure. On est writer quand on a trouvé son style et on reconnaît un writer par son style. Comme dans n’importe quel milieu créatif finalement. Tout à fait mais encore plus dans le writing car on apprécie pas trop le pompage.

Tu trouves pas que le graffiti (writing) se banalise aujourd’hui? Oui effectivement je le constate. Il y a les vrais writers et les gafitouilleurs, les toys comme on les appelle.

Et est-ce qu’il y a des styles dans le writing ? Oui plusieurs. Les gens parfois ils regardent et ils ne savent pas si c’est un tag, un graff, ou un flop (trowing-up).

Qu’est-ce qui les différencie ? La street crédibilité

Et c’est quoi un flop, un graff, un tag ? Déjà y a un ordre. T’as d’abord le tag, c’est une signature effectuée le plus souvent en un trait (one line). Puis t’as le flop (trowing up) caractérisé par des lettres rondes en forme de bulles sans épaisseurs et qui s’imbriquent entre elles. On peut ajouter des épaisseurs le plus souvent avec des ombres portées. C’est plus long à réaliser, donc peut-être plus pertinent. C’est beaucoup utilisé dans le vandale avec du chrome et du noir, en négatif ou en positif. Enfin t’as le graff, la forme la plus

C’est quoi ça exactement ? La reconnaissance de la street, qui est la mère du mouvement. YUNO le writer il a une certaine prestance, du vécu. Ça fait pas deux jours qu’il graff. C’est un activiste parce qu’il fait une action contestataire consciemment ou inconsciemment.

57 / Portfolio

mon nom et le « ou » est une sonorité qui m’intéresse moins que le « u ».Puis je suis arrivé à la version espagnol Luis.


58 / Portfolio

« Aujourd’hui, j’ai envie de socialiser le côté marginal du graff  »


C’est quoi ton style toi ? Le « New Wild Style ». C’est un style dans le graff qui se caractérise par des lettres assez angulaires avec beaucoup de flèches. Mais dans le writing le style c’est aussi un état d’esprit. Et c’est quoi ton état d’esprit ? De dire que le writing est aussi marginal et vandale qu’artistique. Ma démarche c’est de prendre autant de plaisir dans un tunnel du métro que quand j’anime des ateliers de graff avec des enfants. Qu’est-ce que t’aimes quand tu graff ? L’impulsion, la spontanéité, et l’adrénaline. J’adore la culture vandale mais aujourd’hui j’ai besoin de socialiser le graf, de l’ouvrir à tout le monde. Aussi bien aux enfants, j’ai fait des ateliers de calligraphie urbaine pour faire accepter le graff dans les moeurs, qu’aux grands-mères. Le tag fait partie de moi, c’est une frénésie. Faut qu’il y est un relai, que ça serve de lien entre les générations pour délivrer un message. Le writing est une sorte d’addiction à la lettre, à l’illégalité. C’est un peu une sorte d’ego trip. La première chose qu’on t’apprend c’est comment écrire ton nom. On dit pourtant que le graffiti est un milieu très fermé et très codifié... Je peux te donner les codes du graffiti, mais t’es writer quand ces codes tu les a compris. En fait, il faut trouver un juste milieu entre tout dévoiler et tout cacher. Vaut mieux apprendre à pêcher plutôt qu’on te donne le poisson. Quand tu trouves les codes, tu deviens pêcheur. Le writing a besoin de ses codes. Le graffiti est né vandale et il le restera toujours. Est-ce que ça créé pas des conflits parfois ? Si et puis t’as des jeux de concurrence parfois. Plus y a de tags, moins t’as de visibilité. Avant il y avait 5 graffeurs maintenant on est beaucoup plus nombreux. Il faut pas se faire d’illusions. Par exemple t’as les mecs qui vont te toyer ton blaze (rayer ton pesudo) et mettre le leur. Mais si tu signes pas t’assumes pas, et c’est toi le toy. Et là c’est la guerre, c’est à celui qui sera le plus actif. Paradoxalement j’ai remarqué que toyer un blaze en fait ça lui faisait de la pub. Le graffiti n’est pas une seule entité, ce qui est dommage parce que l’union fait la force. C’est pour ça que les writers s’associent en crews. Et ça fonctionne comment les crews ? Le crew c’est la family, la team, l’équipe. T’ajoute à ta signature le nom de ton crew. Chaque crew a des codes et des styles différents Tu fais partie d’un crew toi ? Oui de trois. Les writers peuvent associer les crews et ils peuvent s’associer ensemble. SPZ : c’est le crew que j’ai monté, c’est l’abréviation de spermatozoïdes. Aujourd’hui on est trois : Sups, Arkoz, et Luizer... RBH : c’est une crew composé de huit writers, une grosse équipe parisienne qui se fait d plus en plus connaître. Et Force Alphabétick : un crew de la première école. Les vrais savent... Hommage à Spirit. Il y a plusieurs écoles dans le writing ? Ouai, en fait t’as le terrain et la street. Le terrain vague, t’y vas avec ta créativité, ton oinj, ton pack de bière, et ton ghetto blaster.

T’es posé, t’es dans une démarche créative, tu prends ton temps et surtout du recul. La bombe est particulière car tu touches pas ton support mais tu en es très près. La street, c’est là qu’il y a des règles. Tu vas pas graffer sur un mur déjà graffé, sinon ça veut dire que tu t’estimes plus pertinent. La street a ses règles. Et qu’est-ce qui différencie le writer terrain et street ? T’as des mecs qui sont dans la street pour revendiquer le côté vandale. Ils vont sur les terrains et volent les bombes du mec. Avant c’était comme ça, tes bombes tu les achetais pas tu les volais. Moi aujourd’hui je vis sur un stock qui se renouvelle quand je gagne des bombes en faisant des prestations comme au Who’s Next par exemple. Y a des endroits de prédilections du writing à Paris ? Ouai, les quartiers nord plus délaissés par la mairie de Paris. Comme ils sont moins entretenus, tu sais que dans deux semaines ton graff sera toujours là. Il y a aussi des rues comme la rue des noyers à Belleville. Et toi c’est quoi ton lieu de prédilection ? La rue. Bah merci Louis, Luizer je ne sais plus, pour finir qu’est-ce que tu voudrais dire aux lecteurs de CAM ? Bon vent.

Camille Yvert

59 / Portfolio

évoluée du tag avec des grosses lettres assez travaillées mais avec beaucoup d’angles et des grosses épaisseurs.


WHAT ABOUT Laetitia Rouget 60 / Portfolio

Illustratrice, 22 ans

Salut, alors est-ce que tu peux nous décrire un peu ton parcours ? Après avoir étudié un an aux ateliers de Sèvres à Paris, j’ ai décidé de partir à Londres pour poursuivre mes études. Je viens d’ être diplômée de la Saint Martin School, après trois ans en graphisme, et j’ai décidé de prendre une année pour faire des stages, mieux connaître le monde professionnel, et voyager avant de me présenter en Master. Qu’est ce qui t’inspire aujourd’hui ? Ma principale inspiration vient de la vie de tous les jours: les gens que je croise, des scènes du quotidien qui me font sourire, ou encore des conversations que je peux surprendre dans le métro. Je m’ inspire aussi souvent d’ articles de journaux, de musique, de livres, ou de créatifs qui ne sont pas illustrateurs, afin de garder un peu de recul, et ne pas être trop influencée visuellement.


chaque illustration, j ai une idée bien précise dans ma tête, et j essaye alors d’ utiliser les techniques qui exprimeront le mieux mon idée. J’ utilise alors la photographie, le collage, le dessin, l’ encre de chine, la peinture, ou des logiciels tels que Photoshop, Illustrator etc... J’ aime pouvoir être libre dans mon projet et pouvoir essayer différentes techniques avant de trouver ma solution finale. Cependant bien que l’ordinateur devienne un des moyens les plus simples pour créer une image, le dessin reste pour moi une étape essentielle. Peux-tu nous en dire un peu plus sur ta série « the outsider »? Quel message souhaitais-tu faire passer ? La série « The Outsider» est inspirée du livre l’ Etranger, D’ Albert Camus écrit en 1942. 

61 / Portfolio

Quels sont les thèmes récurrents dans ton travail ? Quel sens cherches-tu à donner à tes illustrations ? Les thèmes récurrents dans mon travail sont les hommes, les relations humaines, et la géométrisation. J’ aime beaucoup observer, et m’ inspirer du style ou de la manière d’ être des gens pour mes illustrations, pour ensuite transformer leur histoire à ma manière. Souvent mes illustrations racontent des moments simples de la vie, cependant on peut retrouver dans chacune de mes images un petit coté absurde, intriguant ou dérangeant. J’ aime cultiver un mystère, ou cacher des éléments dans mes illustrations afin que chacun se crée sa propre histoire. En fonction des gouts et des personnalités, on perçoit l’ image d’ une manière différente et c’ est ce qui lui donne de l’ intérêt. Quelles techniques utilises-tu pour réaliser tes illustrations ? Cela dépend de mes projets. En général avant


62 / Portfolio


Pourrais-tu me commenter les pages tirées de ton sketchbook ? Pour chaque nouveau projet, j’ utilise un nouveau sketchbook ou j’ écris, je dessine ou colle toutes informations qui a un rapport avec mon sujet. Je gribouille, modifie et imprime mes images sur différents supports tel que du tissu ou du plastique pour voir les différents effets produits, et je cherche des associations de couleurs en utilisant différents bouts de tissus et imprimés. Mes carnets de recherches sont souvent un petit bordel remplis de dessins, d’ idées, de papiers, de tissus et de photos. Tu utilises beaucoup de collages pour réaliser tes illustrations. Il y a une raison particulière ? Le collage est une manière assez pratique pour créer une image rapidement. Avant de coller on peut s’ apercevoir de tout les petits soucis de son image, c’ est un peu comme un photoshop manuel. Je pense qu’ inconsciemment le coté pratique ma sûrement attiré, cependant il m’ arrive très souvent de dessiner ou peindre car je pense que c’ est important de conserver le coté bricolage et manuel.   Lifestyle Tu es illustratrice à Londres, peux-tu nous en dire un peu plus sur le fait de travailler dans cette ville ? Qu’est-ce qui change de la France ? Vas-tu rester à Londres ou penses-tu bouger dans une autre ville ? Je suis arrivée à Londres il y a trois ans maintenant et je ne m’ en lasse pas! Londres est une ville très dynamique et très intéressante pour étudier l’ Art. Il y a toujours un vernissage, une nouvelle expo, une performance ou un concert qui se déroulent au bout de la rue.. Ce qui change de Paris, je dirais que c’ est l’ ambiance et parfois la mentalité des gens. Londres est une ville très cosmopolite, ce qui entraine les gens à être plus sociables, plus ouverts et moins critiques. Enfin leur style excentrique, les soirées dans des hangars réaménagés, la musique, sont aussi de grands avantages quand on habite à Londres. Eh oui j’ aimerais beaucoup rester pour quelques années supplémentaires ou bien essayer une nouvelle ville aux Etats Unis, en Asie, ou en Amérique du Sud. Ya du choix !!  On trouve quoi sur ta table de chevet ? Une lampe,

deux réveils, une clémentine, un jus de pomme et un cendrier. C’est quoi le site Internet que tu consultes le plus en ce moment ? www.clikclk.fr La musique que tu écoutes en travaillant ? j’ écoute de tout, mais pour travailler c’ est vrai que j’ écoute plus souvent du reggae, du soul jazz ou nova tout simplement. Les artistes que tu aimes ? J aime beaucoup le travail d’ Annette Messager, Sophie Calle,  René Magritte, Dali ou Basquiat. Puis des nouveaux illustrateurs ou graphistes tels que Simon Cook, Robert Ryan, Luke Best, Matthew Richardson ou encore Stuart Kolakovic.  T’aurais pas quelques bonnes adresses à nous donner ? Si jamais vous faites un petit détour par Londres, passez jeter un coup d’ oeil au Shunt. Ce bar est un concentré d’ événements situé dans les tunnels du métro London Bridge. Des expositions d’ arts modernes aussi étranges que surprenantes, ainsi que des performances, spectacles de trapézistes, concerts ou des tables de baby foot y sont installés. Vous pourrez tout y trouver, ainsi que de la nourriture, de quoi boire un petit verre et de quoi danser! Sinon le marché de Bricklane, et le café 1001 sont des endroits incontournables pour aller boire un verre, se vautrer dans les canap, se promener et acheter de vieilles breloques vintage. As-tu des projets pour l’avenir ? Pour le moment, je travail sur un projet de tee-shirt, ainsi que pour différentes compétitions en illustration. J’espère ensuite pouvoir continuer ce projet et créer ma propre marque de tee-shirt. Ensuite, je commence un stage dans une boite de graphisme, Dragon Rouge à partir du mois de janvier.  Et enfin cet été, j espère pouvoir trouver un stage en Argentine afin de découvrir un nouveau pays, une nouvelle langue et une autre culture. 

http://cargocollective.com/elle-rouge http://laetitiarouget.blogspot.com

63 / Portfolio

Ce roman met en scène un personnage-narrateur, Meursault, vivant en Algérie française. Tout au long de ce roman, Meursault est étranger à sa propre vie et montre qu’ il ne la maîtrise pas. Ce qui m’ a beaucoup intéressé dans ce livre est le coté attachant et à la fois sordide du personnage de Meursault. Mes illustrations on donc été inspirées par l’ atmosphère et des passages du livre mais aussi par des phrases troublantes dites par Meursault. La série de poster, sera utilisée en 2011 pour illustrer une pièce de théâtre à Londres, inspirée par «l’ Etranger».


WHAT ABOUT Jeremy Thomas

Et tes parents t’avaient pas influencé ? Non, eh puis au lycée un conseiller d’orientation t’envoyait jamais aux Arts Appliqués. Quand tu disais que tu voulais dessiner on t’envoyait aux Beaux Arts pour être artiste peintre ce que je ne voulais pas. En fait moi je suis plutôt un matheux donc je suis super rigoureux dans mes post-prod et dans un tournage je fais chier tout le monde tellement je suis carré.

64 / Portfolio

Photographe, 34 ans

Raconte moi un peu ton parcours. Je suis d’une famille où c’est tous des archi, des graphistes etc. Mais moi je ne sais pas pourquoi je suis allé faire de la biologie à Jussieu. En TD je faisais des BD sur mes copies. Je suis allé aux journées portes ouvertes et j’ai adoré. Puis via un pote je suis allé aux portes ouvertes de Pennighen et me suis rendu compte que c’était fait pour moi.

« Je suis fasciné par le corps humain et par ce qu’une pose ou une expression va raconter. »


Pourquoi t’as quitté le dessin animé pour la Photographie ? Quand tu passes trois ans a essayer de monter un projet, que tu cherches des financements, que le CNC te donne de l’argent mais que les boîtes de prod suivent pas vraiment et que malgré tout derrière tu te fais un peu régulièrement planter par les gens, tu finis par être dégouté. Surtout dans l’industrie française où ce qui les intéresse c’est que tu sois jeune et pas cher. Même aux USA ils commencent à sous traiter la post prod en Asie. J’ai aussi fait des choix de carrière en allant plutôt dans l’artistique que de caresser dans le sens du poil une boîte de prod. J’ai fini sur deux projets très intéressants : le long métrage des Lascars et les clips de Pascal Obispo sur son projet Captain Flower. Ça faisait dix ans que j’avais pas touché à mon appareil. Dans le dessin animé j’ai complètement zappé. Quand je bossais sur les clips d’Obispo, y a un mec qui était réalisateur Marc Majory.

65 / Portfolio

Tu as fait 10 ans de dessin animé avant la Photographie, comment es-tu arrivé à la BD ? Un des membres du Jury lors de la présentation de ma thèse était Glen Keane qui est le designer clé de Tarzan chez Disney par exemple, et qui est juste un dieu vivant du dessin animé. Il est revenu pour les journées professionnelles et il m’a dit que je devrais faire du dessin animé. Quand un demi-dieu te dis ça tu fais oui monsieur et tu tentes. J’avais pas du tout une formation dessin animé, petit à petit j’ai rencontré des gens qui m’ont donné ma chance dont Pascal David qui m’a lancé sur un projet alors que j’avais même pas un an d’expérience. Puis qui m’a laissé aller diriger la série en Asie. Sa philosophie c’était si c’est chiant à faire, c’est chiant à regarder. Il faut prendre du plaisir dans son travail.


66 / Portfolio


67 / Portfolio


68 / Portfolio

« Je suis un passionné de cinéma années 70 sur les road movie américain. »


Aujourd’hui tu fais que de la Photographie ? Je fais de plus en plus de clip en fait. Le premier c’était en février. Je devais faire des photos pour des potes musiciens On s’est dit pendant le shooting; si on faisait un petit teaser pour annoncer la sortie de l’album. Et finalement on a fait un clip complet. Petit à petit à chaque fois que je faisais un shooting je faisais un petit teaser jusqu’à ce qu’on me propose de faire un vrai clip. Je fais aussi des dessins à l’acrylique sur des planches de bois, j’aime bien les supports rigides. Je me sentais plus à l’aise sur des grands formats.C’est pas la même énergie, pas le même état d’esprit quand tu dessines. Tu peux me parler un peu de ton univers, des choses qui t’inspires ? Je suis un passionné de cinéma années 70 sur les road movie américain. Des scénarios succincts, des personnages basiques où il ne se passe rien pendant deux heures mais t’as une liberté et des décors de dingue. C’est un cinéma post hippie. En fait c’est pas vraiment le rêve américain qui m’inspire. J’ai toujours été skateur surfeur donc il y a un côté roots qui s’impose. J’ai pas été élevé en France mais à Casablanca donc j’ai d’autres influence. L’océan et le desert, les routes... Si je suis attiré par l’univers roots, trash, déchiré, c’est pas par amour de la pauvreté, c’est juste quelque chose de plus graphique. Comme en dessin animé le rôle du bad boy est toujours plus amusant a écrire que le rôle du héros trop lisse et trop beau. Tu es numérique, argentique ou les deux ? Je shoot qu’en argentique j’arrive pas avec le numérique pourtant je me suis acheté un appareil. Pour moi une photo c’est capter quelque chose au bon moment et savoir le cadrer. La photo c’est un oeil, quelque soit l’appareil. Quand tu shoot en argentique, c’est pas illimité, tu dois choisir le moment où tu prends la photo. J’utilise d’ailleurs peu photoshop. Tu peux me parler de tes projets en cours ? Pour les influences road movie, je développe une idée de documentaire sur ce type de cinéma pour me retrouver au coeur de la chose. J’ai deux clips qui m’attendent qui me permettraient aussi de développer ce style là. Enfin, je vais essayer de faire mon premier court-métrage en rapport avec mon univers, je me suis dit si j’avais une voiture et une route qu’est-ce que je ferais. J’ai mis une fille dans la voiture j’avais l’intention de faire un film road movie, tracer à travers le décors, et finalement la voiture se gare au bout de 2 secondes et on en

entend plus parler. Sans y réfléchir j’ai de nouveau écris une histoire d’amour. Je suis un gros romantique, la plus belle histoire à raconter c’est une rencontre. Est-ce que tu cherches à faire passer un message ? Dans l’image c’est pas un message, c’est un personnage. Je suis fasciné par le corps humain et par ce qu’une pose ou une expression va raconter. Si je dois avoir un message a passer ce serait les rencontres, un message d’amour universel. Je vais vraiment finir hippie moi c’est pas possible (rires). Aujourd’hui souvent dans l’Art contemporain si tu ne lis pas le message qui va avec tu comprends pas. Si t’es obligé d’expliquer ton image pour qu’on la comprenne c’est qu’il y a un problème. A quel quartier de Paris tu aimes ? J’ai adoré vivre à St Germain des Prés. J’aime le vieux Paris, les vieilles pierres, les petites rues, et les parquets qui craquent. Mais aujourd’hui j’ai plus du tout envie de vivre à Paris. J’ai besoin de soleil et d’océan. Une petite adresse ? La boulangerie Canton rue de Buci, ils font les meilleurs croissants de Paris. Quand j’ai fait ma série en Inde, il y avait une boulangerie qui faisait les plus mauvais croissants du monde. Je suis allé chez Canton et j’ai demandé un croissant pour leur apporter. T’aurais pas un petit conseil à donner aux jeunes artistes ? Ecoutez les gens, les vieux qui ont de l’expérience mais aussi les jeunes qui apportent de la fraîcheur. Travaillez en équipe, ça apporte énormément. Qu’est-ce que tu voudrais dire aux lecteurs de CAM ? Cliquer pleins de fois sur mon site comme ça je vais devenir connu. (rires)

Camille Yvert http://jettho.blogspot.com http://jettfilms.blogspot.com http://jettboards.blogspot.com http://www.facebook.com/pages/JetthoJeremy-Thomas/130565600321724

69 / Portfolio

On a beaucoup d’influences communes, notamment le road movie américain et lui allait faire un court métrage aux Etats Unis. Il m’a proposé de venir avec lui. Je suis parti. Je conduisais des camions et je prenais des photos. C’est comme ça que je m’y suis remis. J’ai découvert la joie de ne pas être devant un ordi avec des murs, mais avec des gens qui réagissent. J’ai utilisé une dizaine de peloches en trois jours.


WHAT

Mr Messy

ABOUT

70 / Portfolio

Graphiste, 26 ans

Salut, Mr. Messy, tout d’abord pourquoi ce pseudo ? Parce que depuis tout jeune je suis fan des bouquins de Roger Hargreaves. J’ai toute la collection. Et j’ai gardé pendant des années un porte clé «Mr Messy»... Un jour, alors que je cherchais un pseudo, je suis retombé sur ce porte-clé, coincé dans le fond d’un tiroir... ça m’a fait sourire et je me suis dit «Bah voilà, j’ai mon pseudo». Et ça me va plutôt bien d’ailleurs, car je suis assez bordélique ! Tu pourrais nous décrire un peu ton parcours ? Je n’ai pas vraiment emprunté un chemin traditionnel. J’ai su assez tard ce que je voulais faire. J’ai d’abord étudié les arts du spectacle, puis la communication globale, avant d’atterrir dans une école de publicité. A l’époque je voulais être planneur stratégique. Après quelques stages en agence de


Aujourd’hui tu te définis comme quelqu’un qui préfère s’adapter à son client plutôt que d’imposer un style ? Pourquoi ce choix ? Est-ce parce que tu n’as pas encore trouvé le style que tu voudrais

garder ? Je n’ai pas envie de garder un style précis, il y a tant de manière d’exprimer une idée que je trouve ça dommage de se cantonner à une seule façon de faire. J’aime des univers complètement différents, et selon mon humeur je peux avoir envie d’explorer telle ou telle technique. Quelles techniques utilises-tu pour réaliser tes projets ? Tout dépend du projet justement ! Dans mon travail il y a beaucoup de photomontage et de retouche d’image, mais j’essaie d’injecter à chaque fois un peu d’illustrations, de typo, car j’adore ça. Et pour ça, la plupart du temps je commence par des crayonnés que je scanne et reprends en vecteurs par la suite. Y des artistes ou d’autres choses qui t’ont particulièrement inspiré ? Oula ! La liste est très longue !

71 / Portfolio

pub, je me suis rendu compte que j’avais plus d’affinités avec les créatifs qu’avec les stratèges, ce qui m’a valu une bonne remise en question, un an avant de finir mes études et d’avoir mon diplôme. J’ai donc fait un choix, j’ai plaqué mon école, dit au revoir à mon diplôme, et commencé à faire des stages en agence, en tant que directeur artistique. Mon book était minable à l’époque, mais j’ai rencontré pleins de gens qui m’ont beaucoup appris. Je prenais en plus des cours du soir en école d’art, mais ça n’a pas vraiment été concluant, car j’apprenais plus la journée en agence, que le soir avec des profs déconnectés des réalités.


trop la tête. Tu as travaillé trois ans pour Fred&Farid, tu faisais quoi exactement pour eux ? Qu’est-ce qui t’a plu ou déplu dans le fait de travailler en agence ? J’ai été formé à la sauce Fred&Farid : beaucoup de travail, pas beaucoup de temps pour le faire ! Beaucoup de nuits blanches, beaucoup de weekends à l’agence ! Mon taf était principalement de la direction artistique, mais aussi de la conception, en gros, trouver des idées pour des marques, et les mettre en formes, que ça soit en film, print, digital, affichage...

72 / Portfolio

Comment t’es venu l’idée des publicités Orangina ? Je ne suis pas à l’origine du concept des publicités Orangina. Le concept était déjà trouvé quand je suis arrivé chez Fred&Farid. Il m’a simplement été demandé de challenger la campagne, en la faisant évoluer dans le temps : trouver d’autres animaux à «humaniser», trouver l’idée cool pour les nouveaux parfums de la boisson. De-là est venu la panthère SM pour Orangina Rouge, le lion complètement défoncé pour Orangina Rastaman, ou encore la caniche Marie Antoinette pour Orangina Aristo. Encore une fois, je ne suis pas seul à avoir réaliser tout ça, j’ai bossé avec Laurent Leccia et Thomas Raillard, deux DA super talentueux.

Je reste un fan absolu du travail de Shepard Fairey. Je suis de près le travail d’Alex Trochut, qui selon moi est le meilleur en ce moment dans son domaine. Y’a Dran aussi je trouve top, MacBess aussi. Dans un univers un peu ésotérique, j’adore le travail d’Easy Sacha, ou d’Alex Gross, en mode hyper réaliste. J’adore aussi également le travail de Titine k-leu, sa série en hommage aux tatoueurs d’antant est bluffante ! Dans un style complètement différent, Anthony Burrill est quelqu’un que j’aime beaucoup. En photo je suis de près le travail de Nick Meek, Eugenio Recuenco, Ben Stockley, ou encore Winkler & Noah, mais là aussi, la liste est longue! Quelle est ta démarche ? Y a-t-il un message que tu cherches à faire passer ? Je n’ai pas vraiment de message à faire passer, je pense que l’art est assez subjectif pour que chacun se fasse sa propre idée de ce qui se passe devant ses yeux. Je ne suis pas très fan de cette habitude qu’ont les gens à post-rationaliser leur travail. Je me contente de faire les choses au feeling, selon mon humeur. Mais d’une manière générale j’aime mélanger les codes, les univers : voir Mickey, Bob l’éponge et popeye sur une vieille affiche de Ricard me fait marrer, voir David Lynch ou Woody Allen sur des couvertures de comics me fait sourire. Je ne me prends pas

Aujourd’hui c’est pour Ogilvy&Mather que tu officies, toujours dans la même branche ou ton rôle est différent ? Qu’est-ce qui change pour toi maintenant ? Oui toujours dans la même branche, la direction artistique. Je bosse en team avec deux concepteursrédacteurs, Nicolas Lautier et Baptiste Clinet. Le travail est sensiblement le même : trouver de bonnes idées. Mais depuis que je suis chez Ogilvy, ce qui a évolué le plus est sans doute la part de digital dans les idées : comment ta campagne vit-elle sur facebook, twitter ou foursquare, comment ca marcherait si tu déclinais ton concept sur une appli iphone. C’est quelque chose d’hyper intéressant, ça ouvre la voix à pleins de nouvelles façon de communiquer. Sur quel projet tu as le plus aimé travailler ? Sans doute le dernier en date, le film Scrabble Délire. Une expérience incroyable : 3 nuits d’affilé, à Berlin, devant un immense building, à chorégraphier ce que serait une partie de Scrabble en vrai... avec des cascades, un dragon qui crache du feu, un pouple géant, des princesses complètement folles, et un gourou indien qui clôture le film. Des projets en cours ? Trop! Au sein de l’agence un très beau projet pour venir en aide aux sans-abris, une nouvelle campagne print pour Scrabble, de l’affichage pour Hot Wheels, j’en passe... Et niveau perso sans doute étoffer ma série «Directors». Pour l’instant j’ai Lynch et Allen, je vais sans doute continuer avec George Lucas et Steven


do - d on ’t

Spielberg... Et des projets pour l’avenir ? Sans doute passer un peu à la réalisation. J’ai quelques opportunités qui se profilent... On va trouver quoi dans la futur rubrique street de ton site ? Haha ! On va trouver des séries de collages et pochoirs que je plaque, dans la rue ! Tu fais quoi dans la vie à part taquiner ta palette graphique ? Je lis des comics, j’achète des vinyls, je dévore les séries US, et je passe du temps avec mes proches. Si t’avais pas été graphiste tu aurais fait quoi ? Pilote de chasse Quel genre de musique t’inspire ? Est-ce que la musique à un rôle particulier dans tes créations ? La musique est absolument indissociable de ma vie, et de mon travail. Je bosse en musique, et oui, je peux dire qu’elle m’inspire. Souvent, les morceaux me donnent des images, des ambiances. Ah tiens, j’aurais peut-être voulu être musicien en fait, si je n’étais pas DA. On trouve quoi dans tes toilettes ? Des scans de vinyl collés en mosaique sur les mur. A Paris on dit « dis moi dans quel quartier tu vis je te dirais qui tu es », alors quel quartier es-tu toi ? J’habite près de Mouffetard. Mais je ne suis pas parisien, donc j’ai pas vraiment l’impression de correspondre à cette règle. Tu dois bien avoir quelques adresses secrètes, t’en aurais pas une à nous donner ? Je ne révèle jamais un secret. MM, merci de nous avoir accordé du temps, quelque chose à signaler ? Longue vie à CAM les gars ! Qu’est-ce que tu voudrais dire aux lecteurs de CAM ? Dire merci à celle ou celui qui a lu cette interview en entier !

www.mistermessy.com

73 / Portfolio

Changer du tout au tout dans ton appart’ DO Peter un cable et détruire un projet en cours DO acheter le dernier single de lady gaga DON’T couper ton téléphone pendant une journée entière DO te faire pousser la moustache Carrément DO, j’ai une moustache !


Leo & Pipo, leur nom ne vous dit peut être rien, mais leurs collages ne vous sont certainement pas inconnus. Lumière sur ce duo d’artistes urbains.

WHAT ABOUT Leo et Pipo 74 / Portfolio

Artistes urbains

Comment vous êtes vous rencontrés ? Pipo : Ce n’est pas vraiment une rencontre. On est des amis d’enfance et donc ça s’est fait tout naturellement. On se connaît pratiquement depuis un quart de siècle. Quels sont vos parcours respectifs ? Pipo : On a tous les deux eu des parcours littéraires, lui (Leo) est parti en cinéma, moi je suis parti en philo. Leo : En fait, on a commencé à collaborer plus ou moins ensemble à l’adolescence. C’est à cette période qu’on a commencé à faire de la musique.


Est ce que vous pouvez nous parler de la méthode de réalisation de votre projet ? P : A la base ce sont des archives de photos de studio des années 10-20. Ensuite, on a un peu élargi notre catalogue aux années 30-40 tout en restant dans l’esprit photo de famille d’anonymes. Ces photos, on les agrandit, on leur applique une trame très primitive faite de pointillés, pour enfin les afficher sur les murs.

L : L’avantage c’est que c’est un procédé complètement home-made et qui ne nous demande pratiquement aucun moyen. Donc on a trouvé cette astuce là et ca a été le déclencheur. P : Oui, l’enjeu c’était de partir sur un projet le plus naïf possible. On n’a pas de formation artistique. On a essayé de faire le maximum avec le minimum. Combien vous en avez collés ? (En chœur) : Approximativement 300 Quelle est l’origine de ce projet ? L : On a vécu majoritairement en banlieue. Le pont qu’on a pu créer entre nous c’est le ressenti commun qu’on avait face à la vie parisienne. En banlieue, il y a un lien social beaucoup plus fort. On a donc du apprendre à apprivoiser la ville, à y

75 / Portfolio

Quel type de musique ? P : Une forme de hip hop alternatif. L : C’était des collages sonores, un peu expérimentaux. On a essayé de sampler de la musique la plus primitive possible, c’est à dire les premières bandes sonores. On était sensible aux cotés vieillis de ces bandes, et à l’émotion qu’elles portaient. Finalement on a peu emprunté de cette méthode de travail pour notre projet Leo & Pipo.


76 / Portfolio


Et vous n’avez jamais eu l’envie de quitter Paris ? P : Si, mais c’est vrai que l’idée de fuir ne nous ressemble pas. Il faut déjà essayer de faire quelque chose la où on est – tenter de se réconcilier avec son environnement. Les endroits vous les choisissez au préalable ou plutôt au feeling ? L : On attache beaucoup d’importance à nos choix de murs. On évite systématiquement les murs où il y a déjà quelqu’un. On essaie de ne pas choisir de repères clichés. On aime bien trouver des endroits vierges - on aime s’éloigner. P : Oui, parce qu’en fait les murs répertoriés dans le streetart c’est presque comme une galerie, on sait que c’est là, on tombe dessus et on n’est pas surpris. La nuit ? P : Oui, oui toujours la nuit Et vous continuez aujourd’hui encore ? L : Oui bien sur. On essaie de toujours sortir, d’être le plus régulier possible, de compléter la carte de Paris. Et on a aussi un vrai objectif en banlieue, donc on a commencé il y a environ an et demi à faire toute la petite couronne. Jusqu’à quand? Jusqu’où continuerez-vous ? P : Ca fait déjà deux ans et demi qu’on a commencé ce projet, qu’on a installé quelque chose. Maintenant le but c’est qu’il devienne pérenne, qu’il soit identifié comme un projet à part entière du street-art parisien. L : Oui je parlerai plutôt d’un projet artistique complètement atypique. On ne se définie pas comme venant du street-art, ce n’est pas nécessairement notre culture. Quand on a commencé à aller dans la rue, on n’avait aucune référence de ce milieu. Nos références venaient d’ailleurs. Est ce que vous savez quel regard portent les gens du street-art sur vous ? L : Pas vraiment en réalité. On travaille de manière assez isolée. Et on fuit l’esprit communautaire d’une manière générale. Pourquoi ? P : Ce que je crois surtout c’est qu’il y a trop de codes dans ce milieu. Il y a une culture esthétique, une culture de discours qui n’est pas tout à fait la notre. L : Notre projet c’est un projet d’anonyme pour les anonymes.

Vous vous faites toujours aussi discret, si je ne me trompe pas vous ne signez toujours pas collages, vous n’avez pas envie d’acquérir d’avantage de visibilité ? Ne serait-ce que pour avoir des répercussions sur vos autres projets ? P : Dans un premier temps c’est vrai que ce n’était pas un projet de séduction qu’on a voulu faire, mais plutôt un projet de rencontre. Ce qu’on voulait ce n’était pas nécessairement d’être le plus visible possible mais de s’adresser à tout le monde. On voulait goûter à l’esprit populaire. L : C’est vrai que ce n’était pas du tout notre stratégie. Les gens qui nous apportent leurs témoignages, ce sont des gamins, des grands-mères, bref de tout… L’interview touche à sa fin, est-ce que vous pouvez nous parler en détail de vos influences musicales. P : A la base c’était le hip hop et la musique électronique. L : On écoutait beaucoup le label WARP par exemple. Et après on a écouté beaucoup de early electonic. En même temps, c’est banal à dire, mais on écoute de tout… Pour conclure, le thème du magazine sera le patriotisme, qu’est ce que ca vous évoque ? P : C’est vrai qu’on fantasme une certaine esthétique « à la française ». L : Il y’a des auteurs dans le cinéma et la littérature française dont nous nous sentons très proche. On a grandi là dedans. On ne se projette pas trop dans une forme d’exotisme, on se nourrit plutôt d’un truc qui est à coté de nous.

77 / Portfolio

prendre nos marques. P : L’origine du projet, c’est aussi de combler une sorte d’ennui.


80 / Société

Un petit jeu auquel les parisiens aiment bien s’exercer : le profilage des individus par arrondissement. Car c’est inutile de le nier, votre arrondissement en dit long sur vous. Un peu d’histoire nous aidera à mieux comprendre.

Paris compte en tout 20 arrondissements, mais cette organisation n’existe que depuis 1795. Quand les arrondissements sont crées, il n’y en a que 12, répartis non pas en spirale mais de gauche à droite. C’est en 1860 avec les travaux d’Haussmann que Paris s’élargit aux communes voisines. Les arrondissements sont alors redistribués et le numéro 13 est attribué au 16ème actuel. A l’époque, une expression : « se marier à la mairie du 13ème arrondissement  » signifie vivre en concubinage (le 13ème, n’existait pas encore). La bourgeoisie refusant d’être associée à cette expression, bienséance oblige, les arrondissements furent alors répartis en une spirale partant du centre. Le 16ème devenant alors...le 16ème ! Pour les parisiens, les arrondissements font souvent l’objet de clichés. Les riches, à l’ouest dans les 6ème, 7ème, 8ème et 16ème arrondissement, et au nord-est, les arrondissements les plus populaires (mais reste-t-il vraiment des quartiers populaires à Paris ?), se situent parfaitement à l’opposé des arrondissements bourgeois avec en tête de liste le 18ème, le 19ème et le 20ème. Cela s’explique par le fait que les vents soufflant d’Ouest en Est, durant l’industrialisation du XIXème siècle, la bourgeoisie vint se protéger des fumées d’usines à l’ouest, les plus pauvres se retrouvant alors sous les fumées à l’est. La répartition des arrondissements est encore aujourd’hui la même, et depuis, chaque arrondissement a eu le temps de se forger une réputation : Le 16ème est perçu comme l’arrondissement bourgeois par excellence, bien qu’au mètre carré, son prix ne dépasse pas le 6ème et le 7ème. Des immeubles haussmanniens aux rues désertes et silencieuses, Marie-Chantal qui sort de la messe, et Henri-Brice avec un T-shirt de l’UMP. Artistes, bobos, salles de concert, et magasins bio, le 11ème est typiquement l’arrondissement jeune et branché qui semble plus animé et festif. Clara achète ses graines de sésame et Mathieu se balade avec sa prochaine créa’.

Le 13ème rime avec quartier chinois. Supermarchés et restaurants asiatiques ainsi que le fameux défilé du nouvel an chinois. Le 20ème est l’arrondissement arty par excellence : soirées underground, quartier aux allures populaires et ateliers d’artistes attirent les populations jeunes et les groupies de Thierry Theolier. Le 15ème, le plus vaste arrondissement de Paris, est lui le quartier résidentiel et familial le plus hétérogène. Le 4ème arrondissement quant à lui est systématiquement associé au marais et donc au quartier gay. Bref chaque arrondissement évoque aux parisiens un univers bien particulier. Cela dit on tente quand même de résister aux clichés en affirmant qu’heureusement cette règle ne s’applique pas à tous les parisiens. Si rien a change depuis 1860, Le Grand Paris de demain reliant Paris et ses banlieues pourrait bien de nouveau redistribuer les cartes.

Roxane Joubert


81 / Société


82 / Société

Licences de Creative Commons, qu'est ce que c'est? À quoi ca sert ? Quand on entend le terme Creative Commons on se dit : “Ça a l'air sympa mais tellement compliqué !” et puis on oublie car c'est toujours plus facile d'oublier. Aujourd'hui est donc un grand jour pour vous! Si vous êtes un valeureux chevalier, cet article vous propose de percer les mystères des fameuses licences de Creative Commons. Serez vous à la hauteur ? Aller c'est parti !

1° Etape : qu'est ce que c'est ? Creative Commons c'est tout simplement le nom de l'entreprise qui a crée des contrats-type de cession de droit d'auteur, appelés licence, d'où le nom de licences de Creative Commons. Voilà c'était pas difficile !

2° Etape : A quoi ça sert ? Ces licences servent à faciliter l'utilisation des oeuvres de l'esprit ou créations par les internautes. Le créateur peut décider de soumettre son oeuvre à l'une des 6 licences proposées par Creative Commons. Selon le choix de licence qu'il a fait, tous les internautes pourront utiliser l'oeuvre de la manière dont il l'a déterminé sans devoir lui demander son autorisation. Vous pourrez le remarquer, c'est quand même très pratique mais ça ne veut pas dire que l'on peut faire tout et n’importe quoi dès lors que l’on voit le logo creative commons sur une oeuvre.

3° Etape : Contenu des licences Il existe 6 licences différentes chacune étant plus ou moins contraignantes. Pour l’exemple, ci contre, voici le tableau du site creative commons Vous ne comprenez rien, c’est normal ! Il s’agit d’un tableau qui résume très brièvement les droits qu’accorde l’auteur aux utilisateurs potentiels de son oeuvre.


*

BY:

paternité

pas de modification

BY:

paternité

pas de modification pas d’utilisation commerciale

BY:

$

paternité

pas d’utilisation commerciale

BY:

$

paternité

pas d’utilisation commerciale partage des conditions initiales à l’identique

BY:

$

paternité

partage des conditions initiales à l’identique

BY:

*

= =

Paternité

Pas d’utilisation commerciale

le nom de l’auteur doit apparaître sur l’oeuvre que vous utilisez. En pratique, soit il vous indique comment noter son nom sinon vous le citer vous même en dessous de l’oeuvre utilisée et si c’est vraiment inesthétique, vous créer une page sur laquelle vous citez tous les auteurs, tels un générique de film. Si vous n’arrivez pas du tout à retrouver son nom, ben on va dire tant pis pour lui... (s’il vous appelle, coopérez !)

Les mots parlent d’eux même, vous ne faites pas d’argent sur leur dos ! Du moins sans leur demander leur autorisation. (vous n’insérez pas leur oeuvre dans une pub, ni sur un site marchand par exemple, et surtout vous ne la vendez pas !

Pas de modification terme le plus ambiguë des licences et qui peut être sujet à interprétation. Pas de modification signifie évidemment que vous ne pouvez pas modifier l’oeuvre mais aussi que vous ne pouvez pas l’adapter ou l’insérer dans une autre oeuvre pour créer une oeuvre dite dérivée. (pour aller plus loin voir les avis de l’expert ci dessous).

Partage des conditions initiales à l’identique L’auteur vous permet d’utiliser son oeuvre à conditions que quel qu’en soit l’utilisation que vous en faites, vous la laissiez soumise à la même licence. Ainsi, si vous l’intégrer à une page web de votre site et que vous interdisez toute reproduction du contenu, vous aller à l’encontre de la licence. Soit vous indiquez que l’oeuvre intégré est soumise à la licence de creative commons et le reste du site ne l’est pas, soit vous soumettez la page web entière à la licence, soit vous vous abstenez de l’utilisez.

83 / Société

paternité


4° Etape : Leurs effets Maintenant que vous avez vu l’éventail des licences et des conditions possibles, quels sont leurs effets? En décodé, qu’est ce que vous pouvez faire? Chaque licence permet de créer des combinaisons de conditions. Ainsi chaque licence sera plus ou moins contraignante. Pour donner une image, elles vont de la licence de l’hippie trop cool à la licence dictateur en passant par l’anticapitaliste. Pour vous aidez, voici une brève description des licences en suivant le tableau ci dessus.

84 / Société

La licence Hippie trop cool C’est la première, elle n’exige que la paternité. Vous pouvez donc faire tout ce que vous voulez de cette création, la copier, la distribuer, la modifier, l’utiliser à des fins commerciales... Seule condition, vous devez toujours rappeler qui en est le créateur.

La licence je suis sympa mais respecte mon art! L’auteur est encore assez sympa mais aucune modification possible ! Cela inclut l’impossibilité de la traduire ou l’adapter aux formats qui vous convient sans l’autorisation de son auteur. Pour le reste, c’est pareil que la première.

Licence dictateur Là il vaut mieux que vous contactiez l’auteur directement pour négocier une cession de droit d’auteur. Vous ne pouvez quasiment rien faire sans lui demander l’autorisation à part la mettre sur votre page perso sans même l’adapter.

Licence anticapitaliste L’auteur est plus relax mais interdit toute utilisation commerciale sans son autorisation. Si vous ne cherchez pas à faire d’argent on peut dire que vous êtes libre.

Licence de l’anticapitaliste qui s’assure que vous l’êtes aussi Dans ce cas, l’auteur non content de vous interdire tout utilisation commerciale, exige en plus que vous soumettiez l’oeuvre à la même licence ! Ne vous amusez pas à mettre votre contenu sous une licence moins restrictive !

Licence de l’hippie trop cool qui veut que vous le soyez aussi

Il est sympa avec vous en vous demandant seulement d’écrire son nom. Il veut simplement que vous fassiez pareil avec les autres. Quel altruiste !

5° Etape : Les remarques et conseils de l’expert (il faut bien se flatter un peu) Maintenant que vous avez éludé tous les mystères des licences Creative Commons, vous m’insulteriez si vous ne cliquez pas sur le logo de créative commons pour savoir les droits que l’auteur vous cède sans que vous ayez à lui demander son autorisation. Si vous en voulez plus (de droits) contactez-le ! Ces licences étant d’origine anglo-saxonne, elles ne sont pas toujours conforme aux exigences du droit d’auteur français. La condition de partage des conditions à l’identique me semble un peu évidente voire sous entendu dans tous les contrats. En effet, si j’interdis toute utilisation commerciale et que vous utilisez ma création sur votre site, vous ne pourrez pas autorisé une quelconque utilisation commerciale en soumettant votre site web à une autre licence moins contraignante. Dans tous les cas, vous ne pouvez céder au gens plus de droits que vous en avez vous-même. Ainsi, le partage à des conditions identiques n’a un intérêt que dans le cas où vous souhaiteriez restreindre l’usage de la création par les autres utilisateurs.

Dernière remarque : le droit de modification est très ambiguë et dangereux. Il est à manier avec précaution ! En effet, il est possible de céder un droit d’adaptation, de traduction... dans la limite des impératifs techniques dues au support sur lequel vous aller reproduire l’oeuvre et à vos objectifs. Cependant, il existe parmi les droits moraux de l’auteur, le droit au respect de l’intégrité de l’oeuvre qui permet d’interdire toute modification, déformation ou atteinte préjudiciable à son honneur ou sa réputation. Ce droit ne peut faire l’objet d’un contrat, on dit qu’il est inaliénable. Ainsi, dès lors que vous avez le droit de modifier l’oeuvre limitez vous seulement aux impératifs d’adaptation mais ne vous amusez pas à modifier la substance de l’oeuvre (changement de couleur, de texte...), sinon vous pourriez avoir quelque problème.


85 / Société

Nous voilà à la fin de l’aventure, je tiens à vous féliciter, vous méritez amplement votre titre de chevalier ! Pour ceux qui veulent soumettre leurs oeuvres aux licences de créative commons ou en savoir plus voici le lien :

http://fr.creativecommons.org/ Maître A.


Début des vacances oblige, je me lève à 15 heure du matin. Après deux gorgées de café bien degeux comme moi seul sait le faire, je me pose devant la télé surpris de voir que kD2A est déjà fini, c’est donc entre deux épisodes palpitant de Derrick que l’incident est survenu. Je suis tombé sur une vieille pub pour Foot Locker et son sneakers way of life.Alors avant de voir des Dunk portées par une fausse racaille de cambrousse qui va les utiliser pour kicker sa mob, avant de rejoindre ses potes au bowling du centre ville de Lisieux. Je me suis dit, motivé par cette vision d’horreur qu’il était nécessaire de faire un retour sur ce que fut la basket.

86 / Société

Le mot sneaker de l’anglais sneak, furtif ou sournois, viendrais des policiers britanniques qui au début 1800 décidèrent de s’équiper de chaussures plus discrètes pour ne plus se faire repérer. Néanmoins, la naissance de la basket aura véritablement lieu à la fin des années 40 où les frères Dasler créeront respectivement Puma pour Rodolf et Adidas pour Adolf. Ce dernier eu la bonne idée d’utiliser son surnom Adi pour créer Adidas car avec le recul je doute du succès qu’aurais eu adolfdas. Pendant que les frangins se faisaient la gueguerre en Bavière, Kihachiro Onitsuka créait ASICS dans le pacifique. Le japonais nommera sa marque ASICS (Anima Sana In Corpore Sano) soit la traduction approximative d’un « esprit sain dans un corps sain  » pour signifier sa philosophie de la basket et de ceux qui la portait.

La Sneaker est donc le fruit des ébats entre des flics anglais et l’industrie ravagée des pays de l’axe. Une naissance ce qu’il y’a de plus noble somme toute. Ainsi née la basket va prendre son essor et équiper des sportifs tel que Chuck Taylor, Stan Smith ou encore Michael Jordan. C’est à ce moment que les alliés vont reprendre du terrain, avec la création de Nike et l’explosion de la filiale américaine du britanique Reebok dans les années 80. Cependant, tandis que toutes les marques se battent pour équiper les sportifs les plus en vogue du moment, la sneaker se fait la belle furtivement et se retrouve dans la rue. Elle transforme le moindre gosse qui peut s’en payer en héros de tous les jours, avec la classe et le charisme d’une superstar en Adidas ou d’un Jordan en Nike. Symbole de richesse et de puissance, la sneaker va vite devenir l’apparat des hustler et rappeur qui les collectionnent pour étaler leur réussite. Récupéré par la street culture, la sneaker va être a jamais gravé dans l’histoire par différents artistes tel que RUN DMC dans le désormais culte « My Adidas » sortie en 86 installant le statut de la chaussure. Il aura fallut 40 ans à la basket pour régner sur la rue, il lui en faudra beaucoup plus pour en être détrôné. Aujourd’hui 80% des baskets sont achetés pour battre le bitume. Même si les marques récupèrent le phénomène, surfent sur la vague vintage et plongent parfois la basket dans le mercantile bas de gamme, je sais que ma paire de kick*trimbale toujours un bout d’histoire a chacun de mes pas. En ce qui concerne notre ami Kevin de Lisieux, je pense qu’il a lui aussi droit a sa part d’histoire…

Sacha Bury *Kick : Argot américain pour basket Illustration : Camille Cabanes


87 / Société


88 / Société


89 / Société


Un groupe de fashion blogger connu sous le nom de Street Etiquette rend hommage à leurs ancêtres scolaires membre de la Ivy League.

90 / Société

Mais qu’est ce que la Ivy League ? Nous sommes en 1960 et le mouvement des droits civiques éclate aux États-Unis. La fameuse loi ségrégationniste de Jim Crow law est toujours en vigueur. Vu les nombreuses interdictions qu’ils leurs sont imposées les noirs sont quasiment incapables de s’intégrer dans la société. Avec le mouvement des droits civiques, les noirs font entendre leurs revendications, dont celui de la discrimination à l’accès à l’éducation supérieure, Des intellectuels décident donc d’ouvrir des universités réservées aux afro-américains .Les Universités aussi appelées Historical Black Colleges and Universities (HBUs), Howard University, Morehouse College , Spelman College représentent la Black Ivy League . Pour célébrer le courage et l’élégance de ses hommes et femmes, les bloggers de Street Etiquette organisent un photo shoot sur le campus d’Atlanta University Center et nous font revivre l’atmosphère des HBCUs en reconstituant l’ambiance à la fois studieuse et décontractée de ces universités. Le dressing code de ces étudiants en dit long sur leurs origines sociales : ils appartenaient à l'élite. Anciens étudiants de ces universités, pour la pluspart des modèles, aujourd’hui ils sont chanteurs, entrepreneurs, et stylistes. Ce projet fut à la fois un hommage à leurs ancêtres qui ont lutté pour l’égalité des chances, mais aussi un moyen de ne pas oublier leurs origines sociales.

www.streetetiquette.com Sonia Mitori


91 / Société


Crazy Amazing Music Four Tet Angel Echoes



America Horse With No Shame (Todd Terje Edit)

Shitbrowne Electronics


CLINT IS GONE A song to singalong


Pink Floyd Cluster one


Call me senor The coast

Discodeine Synchronize (Feat. Jarvis Cocker)


Panda Valium Baguette

Gold Panda Back Home

Move D Computer Flop


Tu es journaliste, photographe, illustrateur ... Tu veux contribuer au projet CAM. Tu es un jeune crĂŠatif et tu veux qu'on parle de toi.

collectiveartmag@gmail.com

Illustration : Camille Cabanes et Wanda


Collective Art Magazine/ The Patriot Issue

Cam #1  

The patriot issue

Read more
Read more
Similar to
Popular now
Just for you