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A propos de la reconnaissance par l’Etat des Langues Régionales, ... en vue de la ratification de la Charte Européenne correspondante. Ce mardi 21 janvier, une proposition de loi d’initiative parlementaire a été votée solennellement dans l’Hémicycle, afin de permettre à l’Etat de trouver le moyen ... de faire en sorte... que le Conseil Constitutionnel ... ne bloque pas ... cette ratification, au motif que... le français est la langue de la France, comme indiqué dans notre Constitution. Cette phrase n’est pas une ... LITOTE, c’est une situation de fait, et le groupe SRC (Socialistes, Radicaux et Citoyens) a décidé de tenter de franchir le Rubicon constitutionnel... Je vous livre ici mon intervention dans l’Hémicycle et, en préambule, cette très belle citation de notre Victor Hugo national : “Car c’est en vain que nos Josué littéraires crient à la langue de s’arrêter : les langues ni le soleil ne s’arrêtent plus. Le jour où elles se fixent, c’est qu’elles meurent. La langue française n’est pas fixée et ne se fixera pas : une langue ne se fixe pas. Préface de “Cromwell”, oeuvre romantique.

Que dire après tant d’orateurs qui n’ait pas déjà été dit ? Sinon que le monde change et change vite, et qu’il est temps que la France trouve une voie constitutionnelle, pour ratifier enfin cette charte européenne des langues régionales... Le temps est venu de le faire car notre pays est suffisamment mature et solide, la France est forte de pouvoir le faire enfin. Or si les militants des langues régionales sont à l’oeuvre depuis longtemps, si la charte européenne est là depuis 1992, l’institution France n’y a été à l’oeuvre que vaille que vaille, ouvrant ici des enseignements intégrés, “associant” là des écoles entières (ou pas), vivant de fait avec un bilinguisme de “l’ici et là”, en métropole ou dans les îles, méditerranéennes ou océanes... , et partageant même certaines de ces langues régionales avec d’autres langues frontalières ! Alors oui, moi bretonne de Montpellier, élue et députée d’une terre qui soit-disant ne ment pas, d’un territoire qui ne m’a pas vu naître mais qui m’a amenée ici ce soir, dans cet hémicycle qui fait la Loi de France, oui je dis que si une langue est un socle que se partage un territoire..., celui-ci ne peut être qu’EVOLUTIF. Oui, les langues évoluent, et changent, je voulais le souligner car c’est leur force.


La ratification de cette charte, permettra que la République s’attache enfin, à préciser, formaliser, codifier (pour les dictionnaires), encoder aussi (pour les ordinateurs)... ces belles langues régionales que nous voulons affirmer ce soir comme pleinement françaises. Car c’est de cela dont il s’agit : dire que notre pays est un composite magnifique qui s’honore de ses diversités, pourvu que le creuset qui les fonde, qui nous fonde, soit, reste la République, la France. Il est temps de ne pas laisser épars notre patrimoine linguistique : la France est un pays pacifié qui évolue, dont la langue se construit et se déconstruit chaque jour..., et c’est tant mieux, nonobstant ceux qui veulent - je l’ai entendu tout à l’heure - ceux qui veulent figer le monde dans un passé défunt, derrière des barrières infranchissables héritières d’un passé fantasmé qui n’a jamais vécu. Car si l’histoire a décidé que la langue d’Oil allait prévaloir en France, sans doute parce que le roi de France (la LOI) était à Paris (évidemment) ... alors même que le Pape (la FOI) n’avait fait qu’un bref séjour en Avignon, je ne peux donc penser sans sourire, dans cet hémicycle-même, que c’est d’Occitanie, du Sud, .... qu’est venue La Marseillaise, chant révolutionnaire écrit en avril 1792 par un aristocrate français à Strasbourg sous le titre de “Chant de guerre de l’armée du Rhin”, mais apportée par François (FRANCOIS) Mireur, médecin montpelliérain à la tête du Bataillon des Volontaires de l’Hérault, à Marseille, un soir veille de départ de la grande et belle cohorte qui monta, à travers la France, vers, à, sur PARIS, pour sauver la République en août 1792. Pour sauver la République, pour sauver la Patrie, pour faire notre France. Ensuite la Marseillaise, alsacienne et méditerranéenne, vécut son histoire, toute NOTRE histoire: Quelques mois tout au plus pour qu’un chant en français soit porté sur 1000 kms et à pied, traversant toutes les contrées, rencontrant toutes les cultures, toutes les langues, patois ou dialectes qui se parlaient en France, il ne fallut que quelque mois pour que ce chant se répande partout et deviennent symbole de la liberté et des combats qu’il faut mener pour elle. D’avril à aout 1792. Puis deux ans à peine pour qu’elle devienne notre hymne. ALORS, qu’il ait fallu tant de temps pour que la France n’ait plus peur de ses territoires et de leurs langues et que ce soir, enfin, nous soyons là, la nuit venue, à vouloir que NOS langues, notre patrimoine, puissent entrer dans le patrimoine de l’Europe, alors oui, c’est un beau soir que celui ci. Anne-Yvonne LE DAIN Députée de Montpellier 2ème circonscription de l’Hérault Groupe SRC


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