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echanger N° 31 - Août 2011

L'agriculture et l'agroalimentaire bougent grâce au fonds sucre p. 4 Sécheresse : opération "2 000 ha en dérobé"

Installation : une nouvelle identité

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CONSEILS

INSTALLER DÉVELOPPER TRANSMETTRE

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Bio : retour sur les journées portes ouvertes

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L'agriculture une belle entreprise pour la Somme n° 31 - août 2011 Echanger

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Edito Nous avons vu arriver la pluie avec soulagement début juin et plus récemment en juillet, mais l'élevage reste encore aujourd’hui très fragilisé. Par le printemps sec, les productions d’herbe et de maïs seront déficitaires par rapport à la normale avec de grandes disparités géographiques. La cellule sécheresse départementale a mobilisé la solidarité entre agriculteurs pour acheminer des fourrages aux éleveurs qui en ont besoin dans la Somme, mais aussi dans les départements sévèrement touchés dans le Centre et l'Ouest de la France. D’autres pistes doivent être explorées afin d’apporter une réponse à long terme. C’est dans ce sens que la Chambre d’agriculture, soutenue par le Conseil général de la Somme et en lien avec les coopératives, a lancé l’opération "2 000 ha en dérobé". L’objectif est double : contribuer à limiter le déficit fourrager 2011 et valider des solutions simples et efficaces de production de biomasse en dérobé. Je souhaite aussi revenir sur la Session de la Chambre d'agriculture qui s'est déroulée le 17 juin et a été l’occasion de découvrir différents projets agroalimentaires réalisés grâce au fonds sucre. Je suis très satisfait, tant de la mobilisation des agriculteurs et des entreprises agroalimentaires de la Somme que de l’implication des services de l’Etat. L’enveloppe de plus de 30 millions d’euros d’aide pour la Picardie sera consommée dans sa globalité. Notre mobilisation a été une fois de plus récompensée.

Daniel Roguet

Président de la Chambre d'agriculture de la Somme

Directeur de la publication : Daniel ROGUET Comité de rédaction : Géraud PEYLET, Christelle DEHAINE, Hélène CREVEL, Olivier MOREL, Daniel QUIEVREUX, Jean-Pierre PARDOUX, Emmanuel du TERTRE, Alain WAYMEL. Rédacteur en chef - Secrétaire de rédaction : Hélène CREVEL : Tél. 03 22 33 69 22 Maquette : Renée TEURKI - Mise en page : Sylvie CAVEL - Service Communication de la Chambre d'agriculture Impression - photogravure : Imprimerie l'ARTESIENNE BP 99 ZI de l'Alouette 62802 LIéVIN cedex tél. 03 21 72 78 90 - fax. 03 21 72 78 91 Crédit photos : Chambre d’agriculture de la Somme - SIEP - Roquette - Picvert ISSN : 2103-4036 2

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Session du 17 juin

E c h a n g e r

De gauche à droite : Jean-Paul NIGAUT, Vice-Président du Conseil général de la Somme, Fabienne Specq, Directrice adjointe de la DDTM, Daniel Roguet, Président de la Chambre d'agriculture de la Somme, Alain Waymel, Directeur, Bernard d'Avout, Laurent Degenne, Vices-Présidents de la Chambre d'agriculture de la Somme.

Soutenir les filières lin et fécule Compte-tenu de l’importance des filières fécule et lin dans la Somme, la Chambre d'agriculture a demandé au Gouvernement le maintien d’un dispositif d’aides spécifiques en faveur de ces deux productions. La fécule et le lin bénéficient jusqu’à la fin de l’année d’aides couplées à la production. Or, le découplage total de ces aides prévu au 1er janvier 2012, remet en question le devenir de ces deux filières qui représentent pourtant des atouts majeurs pour le département (voir encadré). Les industriels ont consenti d’importants efforts de recherche dans les nouveaux débouchés alimentaires et non alimentaires (papeterie, textiles, adhésifs, cosmétiques, bioplastiques…) pour la fécule ou dans l’utilisation du lin dans les agromatériaux. Le découplage total pourrait entraîner une désaffection pour ces productions. C’est pourquoi la Chambre d'agriculture a demandé solennellement au Gouvernement le maintien d’un dispositif d’aides spécifiques à la pomme de terre féculière et au lin textile, en attendant que le marché puisse subvenir seul à la

compétitivité de ces filières grâce aux innovations en cours de développement. Pour ce faire, elle a demandé l’activation des articles 63 et 68 du règlement européen via un "programme spécifique d’amélioration de l’environnement" qui concernerait au-delà de la pomme de terre féculière et du lin textile, le chanvre et la luzerne déshydratée, sans opérer de prélèvement sur aucune autre filière. Par le "voeu" voté à l'unanimité, la Chambre d'agriculture, l'instance représentative des intérêts agricoles départementaux, a relayé l'important lobbying engagé par l'Union nationale des producteurs de pommes de terre (UNPT) d'une part et l'Union nationale des producteurs de lin d'autre part, auprès des pouvoirs publics, des parlementaires et des collectivités territoriales, en synergie avec les industriels des deux secteurs concernés.

La production de pommes de terre féculières dans la Somme

1er rang national 000 ha l 520 entreprises agricoles l La féculerie ROQUETTE à Vecquemont produit les trois quarts de la fécule française. l

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La production de lin textile dans la Somme l 4ème

rang national 500 ha l 650 entreprises agricoles l La Coopérative linière de Martainneville transforme 70 % du lin produit dans la Somme. l6

n Alain WAYMEL Tél. 03 22 33 69 01

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Session du 17 juin

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L'agriculture et l'agroalimentaire bougent dans la Somme ... grâce au fonds sucre Deux ans après le lancement de l’appel à projets du Plan de restructuration national sucre et à quelques mois de la clôture du dispositif, la Session de la Chambre d'agriculture du 17 juin était l’occasion d’en dresser le bilan.

Bernard Ducrocq, Président de VPMSFPL et son Directeur Général, Olivier Buiche ont accueilli la Session et étaient les premiers à ouvrir les portes de leur entreprise. La VPM était en effet le point de départ d’un périple départemental à la découverte de quatre réalisations soutenues par le fonds sucre. "Nous avons souhaité faire découvrir quelques réalisations concrètes du PRN sucre dans le département de la Somme", a précisé le Président Roguet.

L’objectif du PRN sucre était de développer la valeur ajoutée agricole et agroalimentaire suite à la restructuration betteravière décidée par l’Union Européenne. Ce fonds d’aide de l’Europe, visant à conforter des filières existantes ou à créer de nouveaux débouchés, est apparu comme un véritable catalyseur pour les acteurs du monde agricole et agroalimentaire de la Somme. Les projets étaient nombreux comme en témoignent le nombre de dossiers dépo-

Le PRN sucre en chiffres 316 projets de la Somme 30,6 millions d'euros d'aides européennes pour la Picardie dont : l 12 millions d'euros pour la production agricole dont plus des deux tiers reviennent dans la Somme. Réalisation dans le département de : - 187 bâtiments de stockage des pommes de terre (consommation et féculière) et de lin - 42 bâtiments d'engraissement bovins - 18 bâtiments de volailles et porcs - 17 robots de traite - 17 implantations de miscanthus et de production de fruits et légumes - 21 dispositifs de traitement des effluents phytosanitaires l 12

millions d'euros pour les investissements des industries agro-alimentaires : - 34 entreprises bénéficiaires au niveau régional dont 14 dans la Somme.

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sés (voir encadré ci-dessous). Il manquait souvent un "coup de pouce" pour concrétiser les projets, le PRN sucre l’a donné... Edith Vidal, Directrice régionale de l'alimentation, de l'agriculture et de la forêt s’est réjouie du dynamisme régional, tandis que le Président de la Chambre d’agriculture soulignait que ce résultat était rendu possible grâce à l’étroite collaboration entre les services de l’Etat et les organisations professionnelles agricoles. L’ensemble de la ressource financière a ainsi été mobilisée : "Pas un euro ne doit être perdu !", a insisté Daniel Roguet. Après la visite de la VPM, les participants ont découvert les investissements réalisés par la Biscuiterie Tourniayre à Roye et la société Picvert à Estrées-Mons. Un dernier rendez-vous était donné le 24 juin pour l’inauguration des nouveaux locaux de la Sicadap à Montdidier.

VPM-SFPL

Forte de 400 adhérents et 200 salariés, la VPM, coopérative laitière située à Abbeville, collecte aujourd’hui 15 millions de litres de lait dans Bernard DUCROCQ l’ouest de la Somme et dans le Pas-de-Calais. La SFPL (Société Flandre Picardie Lait) produit 200 millions de bouteilles de lait UHT et 10 000 tonnes de beurre. Le fonds sucre a permis de soutenir un projet audacieux : la construction d’une unité entièrement dédiée à la production de lait infantile en bouteille, Babydrink. Ce projet représente un investissement de 20 millions d’euros. Olivier BUICHE


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Session du 17 juin

Biscuiterie Tourniayre

Spécialisée dans la commercialisation de cornets, biscuits et accessoires pour glace, l’entreprise a pris un nouveau tournant en 2010 avec la création d’une unité de production à Roye. Le passage du négoce à la production était un défi technique et financier pour l’entreprise. La création de cette unité qui emploie 15 personnes a été rendue possible grâce au fonds sucre. Franck Martin, Directeur de la biscuiterie, a insisté sur le soutien d’Agrosphères, qui a notamment pour mission d'accompagner le développement des Industries agro-alimentaires picardes.

Franck MARTIN

Picvert

Jacques DERAMECOURT

Sicadap

Créée en 1989 pour la production de salade pour l’industrie de quatrième gamme, Picvert s’est spécialisée dans la production de jeunes pousses. En 2006, Jacques Deramecourt, le gérant, décide de commercialiser une partie de sa production sous sa propre marque. L’entreprise emploie aujourd’hui 65 salariés et produit 300 ha de salades. Avec le développement des activités auprès des grandes surfaces et dans la restauration hors foyer, il devenait indispensable d’agrandir le site initial. L’extension des bâtiments et l’installation de quatre nouvelles lignes de conditionnement, d’un investissement de 1,2 million d’euros a bénéficié du fonds sucre. n Olivier MOREL Tél. 03 22 33 64 70

Le dernier rendez-vous était fixé à Montdidier le 24 juin pour l’inauguration du nouveau centre de conditionnement de la Sicadap à Montdidier. Créée en 1963, la Sicadap collecte, conditionne et vend des œufs en provenance de 16 producteurs. 220 millions d’œufs sont commercialisés sous la marque Matines. Le fonds sucre a permis la création d’un nouveau centre de conditionnement équipé d’une ligne de calibrage automatisée d’une cadence de 180 000 œufs à l’heure et d’une unité de lavage d’alvéoles plastiques.

Inauguration du nouveau centre de la Sicadap par Francis DAMAY, Président du Comité national pour la promotion de l'oeuf , Michel DELPUECH, Préfet de la région Picardie, Préfet de la Somme, Catherine QUIGNON, Maire de Montdidier, Vice-Président du Conseil général de la Somme, Alain GEST, député, Bernard FLORIN, Sous-Préfet de Montdidier.

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Sécheresse

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Les engagements de l'éleveur et des partenaires

Opération expérimentale "2 000 ha en dérobé"

L’éleveur s’engage à : - Réaliser son bilan fourrager - Localiser la parcelle - Ensemencer avec les mélanges à tester - Récolter la parcelle pour l’alimentation animale - Enregistrer l’itinéraire technique - Observer et enregistrer l’évolution en végétation : levée, parasitisme,... - Autoriser la Chambre d’agriculture à effectuer des prélèvements pour évaluer rendement et critères qualitatifs - Fournir un double des factures d’achat de semences

Les cultures dérobées pourront pallier le déficit fourrager des éleveurs en 2011. Elles pourront aussi accompagner le développement de la chimie du végétal à moyen terme. C'est dans ce double objectif que la Chambre d'agriculture et le Conseil général de la Somme lancent l'opération "2 000 ha en dérobé". Le besoin des éleveurs de pallier la faible pousse de l'herbe au printemps et l'irrégularité des maïs constituent un réel enjeu pour 2011. L'idée de tester des solutions simples, économiques et productives en dérobé part de ce constat. Au-delà de l'urgence 2011, les prochaines années devraient voir apparaître de nouveaux besoins en biomasse pour la production d’énergies renouvelables ou d’autres applications industrielles

dans le domaine de la chimie du végétal. Il s’agit de mettre en place une expérimentation grandeur nature sur des mélanges locaux de céréales et légumineuses dans de multiples conditions d’implantation (date de semis et de récolte, type de sol, pluviométrie, etc...). Chaque parcelle semée servira à acquérir des références sur la capacité des exploitations à mobiliser de la biomasse en seconde culture qu’elle soit à destination animale ou industrielle avec le développement des nouvelles utilisations industrielles. L'association avoine (orge) et pois ou vesce est plus particulièrement visée

En contrepartie, la Chambre d’agriculture et le Conseil général de la Somme verseront une aide de 25 à 40 € par hectare entrant dans l’expérimentation. La Chambre d’agriculture réalisera et diffusera la synthèse technique et l’opération, fin 2011. par cette expérimentation qui doit aussi confirmer son adaptation aux besoins des éleveurs et aux conditions pédo-climatiques de la Somme. n Jean-Pierre PARDOUX Tél. 03 22 33 69 28 Mathieu PREUDHOMME Tél. 06 20 03 76 48

Que fait la Chambre d'agriculture ? Dans le cadre de la cellule sécheresse pilotée par la FDSEA et les JA, la Chambre d'agriculture apporte son expertise technique pour : Estimer le déficit fourrager départemental dès le mois de mai selon l'arrivée des pluies. Les différents scénarios ont facilité le recensement de solutions de secours (dérobées, maïs grain utilisé en fourrage...) et la mobilisation des co-produits valorisables (paille, pulpes de betteraves, fanes de pois ...).

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Le déficit de la ferme Somme était évalué entre 140 000 et 340 000 tonnes de matière sèche selon la date d'arrivée des premières pluies significatives. Fournir des conseils techniques individuels et collectifs concernant l'alimen-

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tation, le bilan fourrager, les stratégies pour anticiper le manque de fourrages : l 2 fiches "infos rapides" : - "Quelles solutions fourragères pour faire face à la sécheresse ?" - "Opération 2 000 ha en dérobé" l 5 articles dans l'Action Agricole Picarde : - "Faire un bilan fourrager avant d'agir" - "Fourrages : se préparer à tous les cas de figure" - "L'utilisation de céréales immatures : une voie d'adaptation" - "Bilan fourrager en atelier viande" - "Mettre en place une culture dérobée : un couvert pour l'hiver !" l des messages spécifiques hebdomadaires, l 2 réunions techniques locales, l mise à disposition de techniciens pour réaliser le bilan fourrager à la demande des éleveurs.

Mettre en place l'opération expérimentale "2000 ha en dérobé" pour tester différentes cultures, accompagner financièrement les éleveurs et acquérir des références sur la production de biomasse en dérobé.

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n Participer au "comité de gestion de la rareté de l'eau" piloté par le Préfet. Ce comité a montré que les rivières et les nappes les plus affectées ne se situaient pas dans les zones les plus irriguées. Une étude sur la gestion du niveau des rivières pour assurer la préservation de la biodiversité des zones humides et pour le bénéfice de tous les usagers de l'eau est en cours de réflexion.

n Jean-Pierre PARDOUX Tél. 03 22 33 69 28


Installation

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Nouveau nom et nouveau logo pour le service installation-transmission A l’occasion de la session du 17 juin, la nouvelle identité visuelle du service installation-transmission a été validée. Spécialisé dans l’accompagnement des jeunes ou aînés porteurs de projets, ce service adopte en effet le nom de OriAGRI conseils. Fruit de la réflexion des membres du comité d’orientation "Installation-Transmission", ce nouveau logo signe la fédération de l’ensemble de la profession autour de l’installation des jeunes et du renouvellement des générations en agriculture. "Ce nouveau logo reflète ce que nous sommes aujourd’hui, le fruit de notre passé en tant qu’ADASEA, mais surtout l’esquisse d’un futur enthousiasmant, où nous allons, forts de notre rapprochement avec la Chambre d’agriculture, renforcer notre capacité d’accueil, d’orientation et de conseils pour l’installation et la transmission des entreprises agricoles", précise Anne Catteau, chef de service.

Un nouveau nom OriAGRI

service installation-transmission évoque donc le processus d’accompagnement dans la réflexion et la faisabilité d’un projet professionnel : celui de devenir chef d’exploitation. Un projet ambitieux et résolument moderne. "Tous les éléments repris dans cette nouvelle identité forment un ensemble cohérent et soulignent le dynamisme du service et le respect de ses valeurs fondatrices. C’est un logo fort, identifiable et reconnaissable par tous. Davantage en adéquation avec son temps, cette nouvelle identité visuelle permet à la Chambre d’agriculture de combiner les origines du service, nées de l’ADASEA, avec modernité et développement", déclare Daniel Roguet, Président de la Chambre d’agriculture de la Somme.

conseils est construit à par-

tir des mots "orientation", "agriculteur" et "conseils". La nouvelle identité du

La nouvelle identité visuelle décryptée Orientation parce que le service installationtransmission s’inscrit au coeur de l’information et de l’aide à la décision pour déterminer les positions et conforter les choix professionnels et de vie.

De nouvelles coordonnées OriAGRI conseils 19 bis rue Alexandre Dumas 80096 Amiens cedex 3 Anne CATTEAU - 03 22 33 69 83 a.catteau@somme.chambagri.fr Louise GAFFET - 03 22 33 69 86 l.gaffet@somme.chambagri.fr Odile DELCOURT - 03 22 33 69 84 o.delcourt@somme.chambagri.fr Nadège CHARPAUD - 03 22 33 69 46 n.charpaud@somme.chambagri.fr Point Info Installation - 03 22 33 69 40

n Anne CATTEAU Tél. 03 22 33 69 83

Agriculteur parce que le métier de chef d’une exploitation agricole c’est être capable de s’adapter aux situations et de faire preuve d’imagination. C’est aussi prendre sa vie en main et avoir le goût du risque. C’est prendre la liberté de réussir et de mettre le succès entre ses mains. Le rouge s'impose comme une couleur énergique, ambitieuse, forte et entreprenariale.

Le vert exprime le renouveau, la germination, la jeunesse et les projets.

CONSEILS

INSTALLER DÉVELOPPER TRANSMETTRE

Le gris symbolise la réflexion, la communication, l’équilibre, la connaissance et la neutralité. La flèche rouge associée au cercle gris est vecteur d’ascension vers un projet avec des objectifs étudiés et un accompagnement adapté.

Conseils parce que les exploitations agricoles évoluent, elles doivent pouvoir s’appuyer sur des interlocuteurs qui travaillent leurs projets de manière concrète en affichant des résultats visibles. Les trois verbes en-dessous du nom permettent de décliner les trois métiers cibles du service et de conserver ainsi l’histoire et les origines des missions.

La typologie retenue est simple, pure et fonctionnelle. Le texte est principalement en lettres capitales pour donner un côté conventionnel, rigoureux et efficace.

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Installations classées

g é r e r

Le point sur la charte ICPE : raccourcir les délais

Evolutions pour les dossiers installations classées Un décret modifiant la nomenclature des installations classées est paru le 17 juillet 2011. Ce décret modifie la rubrique 2101 "activité d’élevage, transit, vente, etc., de bovins", il supprime la notion de "vaches laitières et/ou mixtes" pour ne prendre en compte que les vaches laitières ("dont le lait est, au moins en partie, destiné à la consommation humaine"). Le décret introduit un régime de déclaration avec contrôle périodique (de 101 à 150 VL) et un régime d’enregistrement (de 151 à 200 VL). Déclaration avec contrôle périodique : L’objectif est d’informer les exploitants d’installations soumises à déclaration de la conformité de leurs installations avec les prescriptions réglementaires. Ce contrôle est réalisé par des organismes agréés. Le régime d’enregistrement : Il s’agit d’un régime intermédiaire d’autorisation simplifiée, dans la mesure

où l’instruction est allégée, entre autre absence d’enquête publique et délais réduits à 5 mois. Le Ministère de l’écologie précise que le régime d’enregistrement n’entrera en vigueur qu’à la parution de l’arrêté ministériel de prescriptions, prévu pour l’automne. Le régime de déclaration simple est maintenu de 50 à 100 vaches incluses. Le régime d’autorisation double, il est effectif au-delà strictement de 200 vaches laitières. Les arrêtés ministériels de 2005 restent en vigueur à ce jour. Les vaches allaitantes disposent d’une seule classification, en déclaration, à partir de 100 vaches. Il n’y a plus de cumul vaches laitières et vaches allaitantes, la notion de quota laitier disparaît de fait. La classification des bovins à l’engraissement ne connaît pas de changement.

Vaches laitières

Vaches allaitantes

Bovins à l'engraissement

0 à 49 VL

0 à 99 VA

0 à 49 têtes

Déclaration

50 à 100 VL

à partir de 100 VA

à partir de 50 à 200 têtes

Déclaration avec contrôle périodique

101 à 150 VL

non concerné

de 201 à 400

Enregistrement

151 à 200 VL

non concerné

non concerné

+ 200 VL

non concerné

de plus de 400

RSD

Autorisation

Tableau récapitulatif des seuils ICPE. 8

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Le 7 juillet, la Chambre d’agriculture a rencontré la Préfecture afin de faire le point sur la charte des installations classées pour la protection de l’environnement (ICPE), mise en place en février 2009 dans le but d’accélérer la procédure. En s’appuyant sur quelques dossiers réalisés ou en cours, il apparaît que les délais décrits dans la charte ne sont pas respectés. Les procédures administratives restent lourdes, les aller-retour des dossiers entre les différents bureaux instructeurs sont nécessaires mais souvent très longs. Afin d’améliorer ces procédures, quelques propositions ont été faites : n Mise en place d’un tableau de bord à la Préfecture pour détecter les retards pris par certains instructeurs. n Programmation d’une réunion semestrielle pour s’assurer du respect de la charte. n Il est nécessaire de provoquer des rencontres au cas par cas avec la DDPP pour préparer la recevabilité du dossier. n La copie systématique des différents courriers adressés au pétitionnaire sera envoyée au bureau d’étude en charge du dossier de demande d’autorisation. n La préfecture propose la création d’une boîte ICPE en son sein, afin de faciliter les échanges sur le dossier ICPE, tous dossiers confondus : autorisation, enregistrement, contrôle périodique, déclaration avec dérogation ou simple déclaration, dans la mesure où les délais sont supérieurs à six mois même pour des dossiers simples. n Arrivée de renfort au sein de la DDPP en septembre 2011. Globalement le bilan est positif, l'augmentation des seuils "ICPE" en élevage va permettre aux exploitations laitières d'augmenter les effectifs pour faire face aux rallonges de quota futures. Ce décret devrait permettre un désencombrement des dossiers en Préfecture en matière d'instruction mais le nombre de dossiers à déposer restera identique. En effet, une augmentation d'effectifs entraîne une modification sur l'exploitation et doit être notifiée au Préfet.

n Mireille SAINGIER Alexandre EECKHOUT Tél. 03 22 33 69 93


Environnement

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Des producteurs bio ouvrent leurs portes Début juin, trois exploitations biologiques (polyculture-lait, polyculture-viande et légumes de plein champ) ont ouvert leurs portes. Avec plus de 70 participants, ces journées ont rencontré un franc succès.

bale : préservation de l’environnement et de l’activité rurale, lien avec les consommateurs. Les cultures sont diversifiées pour des objectifs agronomiques et commerciaux (circuits courts ou longs en région). De nouvelles espèces sont maintenant cultivées, telles le grand et le petit épeautre, la pomme de terre et la betterave rouge. Le choix de la conversion totale s’explique par un souci de cohérence. Le mode de production biologique repose sur la recherche d’une autonomie de fonctionnement au sein de l’exploitation. La place de l’élevage allaitant est importante car elle permet de valoriser les prairies temporaires et la luzerne, véritables piliers des rotations biologiques. n Pierre MENU Tél. 03 22 93 51 26

Tour de plaine au GAEC Ortegat. Le maïs grain bio, recherché pour l'alimentation animale, est une culture qui se maîtrise bien.

Produire des légumes de plein champ

Venu à la bio pour améliorer la valeur ajoutée sur la pomme de terre, Bruno Courtier a maintenant quelques années d’expérience. Après avoir converti un îlot de 20 ha, il a récolté ses premières pommes de terre bio en 2004. Malgré la campagne 2007 où le mildiou n’a pu être maîtrisé, le rendement moyen en Ditta bio est proche de 30 T/ha grâce à l’irrigation. Le choix des productions est surtout motivé pour limiter les investissements. La rotation est basée sur une alternance d’une culture légumière (implantation de printemps) avec un blé, avec l’objectif de maintenir un délai de quatre ans entre deux pommes de terre. A défaut de pouvoir poursuivre en pois de conserve et haricots verts, il produit maintenant des betteraves rouges sous contrat avec des cuiseurs par l’intermédiaire de Norabio. Premier essai encou-

rageant en 2010 avec près de 55 T/ha. En 2010, Bruno Courtier a engagé la conversion d’un nouvel îlot, le tiers de la SAU de l’exploitation sera ainsi mené en bio. Côté économique, les résultats sont probants, avec des marges brutes souvent supérieures à celles du conventionnel.

Ferme laitière à Pont St Mard

Martine et Jean-Michel Coorevits produisent du lait bio depuis une dizaine d’années. Ils ont conservé leur quota betteravier : leur exploitation est mixte (en partie en bio), comme une majorité des fermes bio de la région. Le système fourrager reste proche de celui d’une ferme conventionnelle. La part de prairie et de luzerne a pris le pas sur le maïs ensilage, qui reste toutefois dans la ration hivernale. Ce choix technique a sans aucun doute contribué à maintenir un niveau d’étable proche de 6 000 litres. Les éleveurs ont créé un atelier de transformation avec vente directe à la ferme afin d’apporter une plus-value à leur production. Le reste de la production est collecté par l’entreprise Biolait.

Grande cultures et élevage allaitant

Pour Bruno Courtier, le bio a des exigences techniques fortes mais les résultats sont là.

Le GAEC Ortegat associe deux frères et une sœur. Depuis dix ans, ils poursuivent la conversion de l’exploitation qui s’achève maintenant avec celle du troupeau allaitant. Leur engagement en bio s’inscrit dans une démarche glo-

Erosion : 30 000 ha aménagés A l'occasion de l'Assemblée générale de l'association Somea du 8 juillet dernier, son Président Dominique Proyart, Conseiller général du canton de Domarten-Ponthieu, a rappelé les résultats acquis sur le terrain : 30 000 ha aménagés sur 22 bassins versants avec l'aide des agriculteurs, des propriétaires et des élus des collectivités. Il restera 43 000 ha où des propositions sont à mettre en place, 18 000 ha supplémentaires étant en cours d'études. En conclusion, les élus locaux ont souligné l'efficacité de l'action de Somea sur le terrain, qui a été vérifiée mainte fois suite à des pluies d'orage. L'AMEVA*, syndicat d'aménagement hydraulique de la vallée de la Somme, a insisté sur le partenariat en place avec Somea sur tout le bassin de la Somme, au profit des communes et des milieux aquatiques. Le Conseil régional de Picardie a décrit sa politique en matière de gestion de l'eau et de financement des études et travaux contre l'érosion. * L'AMEVA est chargée de suivi du plan, enveloppe financière assurée par l'Agence de l'Eau Artois Picardie, les fonds européens du FEADER, le Conseil général de la Somme et le Conseil régional de Picardie. Le plan Somme permet la réalisation des études et travaux à des taux jusqu'à 80 %. Emmanuel du TERTRE Tél. 03 22 33 69 05

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Environnement

p r o t é g e r Florin, Sous-Préfet de Montdidier, s’est déroulée la réunion à destination des représentants des collectivités. Le SousPréfet a ainsi montré son implication aux côtés de Philippe Cheval, président du SIEP, dans cette opération visant à préserver la ressource en eau potable. n Jean-Pierre PARDOUX Tél. 03 22 33 69 28 Marine JOSSE (SIEP) Tél. 03 22 88 45 20

Tri et compostage des déchets alimentaires

Une ORQUE à Caix ! Les captages de Caix 1 et Caix 3 ont été désignés "prioritaires" par le Grenelle de l’environnement. Dans ce contexte, le Syndicat Intercommunal d’Eau Potable (SIEP) du Santerre a engagé sur ce territoire, en partenariat avec l’Agence de l’Eau Artois Picardie, le Conseil régional de Picardie et le Conseil général de la Somme une Opération de Reconquête de la QUalité de l’Eau (ORQUE). Le but de cette opération est de préserver la qualité de l’eau autour des champs captants stratégiques en limitant les pollutions diffuses de toutes natures. Le volume d’eau annuel moyen prélevé pour les deux sites est de 3 200 000 m3. Débutée fin 2010, la première phase de cette étude, portée par l’Agence de l’Eau, a permis de déterminer l’Aire d’Alimentation des Captages (AAC). Ce périmètre a été validé en avril 2011. La deuxième phase du projet pilotée par le SIEP a débuté en avril 2011. Elle consiste en la réalisation d’un Diagnostic Territorial Multi-Pressions. Les bureaux d’études ANTEA (pour la partie urbaine) et GEONORD (pour la partie agricole) travaillent sur ce projet. Ils ont commencé

le recensement des différentes activités sources de pollutions potentielles sur le territoire. Ces conclusions vont permettre de mettre en place un plan d’actions en vue de limiter les risques de pollutions. L’étude prendra fin en février 2012. Une réunion publique d’information à destination des agriculteurs s’est déroulée le 26 mai, Philippe Cheval, président du syndicat d'eau s'est engagé à prendre en compte les remarques des agriculteurs. Les communes à enjeu eau potable (liste disponible sur www.eau-artois-picardie.fr) se situant dans l’AAC sont prioritaires pour obtenir les financements dans le cadre du PEA, des MAE et du PVE. Le 8 juin, sous la présidence de Bernard

Qu'est ce qu'une Opération de Reconquête de la Qualité de l'Eau ? Ce projet est réservé à des secteurs où l'enjeu eau potable est important et où les gestionnaires de la distribution d'eau ont l’objectif de réduire toutes les sources de pollution au travers d’une approche globale (qui concerne tous les acteurs d’un territoire). Ces opérations s’inscrivent dans la durée et ne peuvent être définies qu’a partir des conclusions d’un diagnostic sur l’ensemble de l’aire d’alimentation des captages.

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7 octobre : porte ouverte à Picardie Ateliers Picardie Ateliers, centre de travailleurs en situation de handicap trie ses déchets de cuisine et de cantine et les composte sur place avec ceux du centre informatique des impôts voisin. Après un peu plus d’un an d’expérimentation en partenariat étroit avec la Chambre d’agriculture de la Somme, une porte ouverte est organisée le vendredi 7 octobre à la zone industrielle Nord à Amiens. Lors de cette porte ouverte, l’ensemble des partenaires (Picardie Ateliers, centre informatique des impôts, ADEME Picardie, Conseil général et Chambre d’agriculture de la Somme) présenteront l’organisation mise en place ainsi que les résultats obtenus. Si vous êtes intéressés, contactez-nous pour recevoir une invitation car les inscriptions sont obligatoires en raison du nombre de place limité et du repas à réserver pour le déjeuner. Vous pourrez ainsi vivre en direct le tri des déchets alimentaires. Sophie AMAT - Tél. 03 22 33 69 90 s.amat@somme.chambagri.fr


Diversification

PROMO U V OIR

Les circuits courts ont le vent en poupe Après quelques mois de fonctionnement, les démarches en circuits courts initiées dans la Somme : le rayon "Panier de mon Terroir" et l'approvisionnement en produits locaux des restaurants scolaires, affichent un bilan encourageant. Les produits locaux séduisent de plus en plus de consommateurs. Les démarches traditionnelles comme la vente à la ferme ou les marchés de producteurs ne suffisent plus pour répondre à la demande ; il est aujourd'hui nécessaire d'aller vers le consommateur. C'est dans ce sens qu'en octobre dernier, le rayon "Panier de mon Terroir" a été inauguré au Gamm

Vert de Péronne. Sensibiliser le jeune public est aussi un des objectifs de la Chambre d'agriculture et du Conseil général de la Somme avec l'approvisionnement en produits locaux des restaurants scolaires des collèges du département.

Le rayon "Panier de mon Terroir" trouve sa clientèle au Gamm vert de Péronne Début juillet, le rayon "Panier de mon Terroir", uniquement composé de produits locaux, entrait dans son neuvième mois d’activité. Le chiffre d’affaires du rayon atteignait alors près de 440 000 €. L'objectif fixé à 650 000 € pour la première année devrait être atteint fin septembre. Une enquête auprès des clients, montre l’intérêt des consommateurs pour les produits locaux : 62% des acheteurs au sein du point de vente ont déjà acheté des produits alimentaires du rayon et 100% d’entre eux ont été très satisfaits ou satisfaits. A Péronne, les produits phares sont les volailles fermières, produites par Sébastien Joly à Saint-Fuscien, les pommes et les poires, produites par Antoine Vanoye à Fresnes-Mazancourt, et les légumes, principalement produits par Julien Beguin, à Tertry. Le rythme des ventes est aujourd’hui mieux connu, ce qui permet d’ajuster plus facilement les commandes auprès des agriculteurs.

L'approvisionnement des collèges en produits locaux va s'intensifier La première année de l’expérimentation d’approvisionnement en produit locaux de collèges s’est écoulée. Pilotée par le Conseil général de la Somme, ce test "grandeur nature" a réuni 32 producteurs-fournisseurs et la SCIC "Bio d’ici d’Abord" pour approvisionner 10 établissements. Plus de 36 000 € de produits ont été commandés via la Chambre d’agriculture, soit près de 4,7 tonnes de pommes de terre, 3 200 produits laitiers, 1 tonne de fruits, 1,6 tonne de porcs ou encore 1,2 tonne de volailles… Le tout en produits locaux, et livrés en direct par les producteurs. Les agriculteurs en tirent un bilan globalement positif : il s’agit d’un nouveau créneau de commercialisation sans intermédiaire avec des clients, les cuisiniers, réactifs et motivés.

- Rédiger une charte de fonctionnement précisant les engagements de chacun des acteurs de la démarche, et ainsi, favoriser un partenariat durable.

Les perspectives pour la rentrée de septembre 2012 sont : - Introduire de nouveaux établissements dans la démarche (il y a 40 collèges dans la Somme). - Proposer un système informatisé pour simplifier la gestion des mises à jour des producteurs et la prise de commandes des gestionnaires. n Marie DESHAYES Tél. 03 22 33 69 75

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Elevage

C o m m u n i q ue r

Robot et technicité : un duo gagnant 60 agriculteurs et techniciens étaient réunis autour du vétérinaire Catherine Journel pour se perfectionner dans la conduite du troupeau en traite robotisée. Avec une cinquantaine d’exploitations équipées, la traite robotisée est en plein essor dans la Somme. L’automatisation n’exclut pas pour autant toute surveillance. Bien au contraire. Le robot de traite cache en réalité de la haute technologie, complexe, qui ne tolère pas d’improvisation. Une multitude de petits détails qu’il faut connaître et maîtriser est déterminante, gage de réussite et d’utilisation optimale de l’installation. Un suivi rigoureux de l’élevage tant au niveau de la conduite

de l'alimentation qu’au niveau de la qualité du lait reste indispensable. Ce sont ces deux thématiques qui ont été abordées lors de la journée "robot de traite", organisée par la Chambre d’agriculture en juin dernier. Eleveurs, conseillers et même vétérinaires se sont réunis autour de Catherine Journel. Spécialisée dans ce domaine, elle a su captiver les participants par son expérience et ses conseils.

Les principaux enseignements

L’alimentation est le moteur des systèmes robotisés : la gestion de l’alimentation est en relation directe avec la fréquentation des robots et la production de lait. n

appétant au robot. La construction de la ration et du plan de complémentation doit être adaptée pour chaque troupeau. n Une vigilance permanente : l’éleveur doit utiliser les indicateurs à sa disposition pour surveiller son troupeau : l’évolution des taux (résultats TB et TP de chaque vache), la dynamique de fréquentation des stalles par les vaches, l’évolution des productions journalières…

En matière de qualité du lait, la conductivité est un indicateur très précoce des infections mammaires. Et chacun le sait, plus l'infection est détectée tôt, moins les bactéries seront installées et plus il sera facile de s'en débarrasser.

n

n Trouver le bon équilibre entre l’auge et le robot : il faut bien doser les quantités d’aliments distribuées à l’auge (s’il y en a trop, les vaches n’auront plus faim) et apporter suffisamment de concentré

n Jean-Louis PILARD Tél. 03 22 20 67 35

Les groupes d'éleveurs laitiers sont lancés ! Depuis mars 2011, deux groupes d’éleveurs se sont mis en place dans la Somme. Les éleveurs laitiers se retrouvent ainsi trois fois par an pour discuter et confronter leurs pratiques d’élevage. Au programme, des sujets divers et variés tels que l’élevage des veaux de 0 à 6 mois, le calcul et l’optimisation du coût alimentaire, l’amélioration de la qualité du lait, ou encore la conduite des cultures fourragères avec l’intervention d’un spécialiste en production végétale. Laissant une large part à la convivialité, les réunions sont un bon moyen d’échanger expériences et données économiques pour progresser dans son élevage. Un troisième groupe d’éleveurs sera mis en place dès cet automne dans la région de Poix-de-Picardie, Hornoy-le-Bourg. Annabelle Feuvrier - Tél. 03 22 93 51 24 12

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Elevage

g é r e r

Identification et traçabilité des ovins caprins : rappels réglementaires Initiée en 2005, la Réforme Ovine Caprine n’a de cesse d’évoluer avec deux maîtres mots : identification et traçabilité. Les contrôles effectués récemment par la DDPP (Direction Départementale pour la Protection des Populations) montrent que certaines exigences ne sont pas encore connues ou respectées. Les anomalies principalement relevées, qui peuvent être lourdes de conséquence sur les aides PAC, sont les suivantes : Document de circulation incomplet ou inexistant, notifications de mouvements non réalisées, identification non conforme. Pour ne pas être pénalisé, il est donc important de vérifier que vous respectez bien les points suivants sur votre exploitation : 1. Tout animal né après le 1er juillet 2010 doit être identifié dans un délai de 7 jours pour les ovins (6 mois pour les caprins) et avant sa sortie de l’exploitation avec une boucle électronique à l’oreille gauche et une boucle conventionnelle jaune à l’oreille droite (bague de paturon possible pour les caprins). 2. Un animal né entre le 1er juillet 2005 et le 1er juillet 2010 doit être bouclé avec deux repères conventionnels jaunes.

3. Les animaux nés avant le 1er juillet 2005 doivent porter une boucle saumon. 4. En cas de perte d’une boucle, une boucle rouge provisoire doit être immédiatement posée. Sur cette boucle rouge, le numéro intégral de l’animal doit être noté. L’animal doit être rebouclé à l’identique dans les plus brefs délais (une boucle conventionnelle par une boucle conventionnelle, une boucle électronique par une boucle électronique). L’animal destiné à l’abattoir peut partir à l’abattoir avec une boucle jaune et une boucle rouge. 5. Le registre d’identification doit être à jour. Il doit contenir : - Un double du recensement annuel à

jour transmis à l’EDE. - La liste des repères livrés avec inscription de la date de pose (y compris pour les boucles rouges) ainsi que les correspondances entre numéros si nécessaire. - Le double des documents de circulation complétés pour tous les mouvements d’animaux (entrées et sorties), voir point 6. - Un double du document d’enlèvement des cadavres le cas échéant. 6. Toutes les entrées et sorties des ovins-caprins doivent être notifiées dans les 7 jours à l’EDE à l’aide du document de circulation ou via une notification électronique (web). Depuis le 1er janvier 2011 il est obligatoire d’y ajouter les numéros des animaux nés après le 1er janvier 2010 et destinés à la reproduction. n Suzel DECOSTER

Deux plaquettes sont à votre disposition sur le site internet de la Chambre d’agriculture (www.somme.chambagri.fr). Vous pouvez également vous les procurer en contactant la mission identification au 03 22 33 69 45 ou par mail : identification.ede80@somme.chambagri.fr. Identification Ovine def:Mise en page 1

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L’IDENTIFICATION ÉLECTRONIQUE DES OVINS une obligation à partir de juillet 2010 L’électronique, un nouveau type de repère pour un suivi individualisé.

N OBLIGATIO AIRE RÉGLEMENT 2010

Rédacteur : Institut de l’Élevage - Conception : Bêta Pictoris - PUBLIE : 00 10 78 001 - ISBN : 978-2-84148-841-4 - Crédits photos : La Chèvre/Institut de l’Élevage.

Rédacteur : Institut de l’Élevage - Conception : Bêta Pictoris - PUBLIE : 00 10 78 002 - ISBN : 978-2-84148-842-1 - Crédits photos : Pâtre/Institut de l’Élevage

s:

L’IDENTIFICATION ÉLECTRONIQUE DES CAPRINS une obligation à partir de juillet 2010 L’électronique, deux nouveaux types de repères (bague au paturon, boucle auriculaire) pour un suivi individualisé. La bague au paturon, une solution pour identifier les reproducteurs en France.

N OBLIGATIO AIRE RÉGLEMENT 2010

Opération "Electronisation" A partir du 1er juillet 2013, tous les ovins et caprins, nés entre 2005 et 2010 devront porter un repère électronique. Les éleveurs qui le souhaitent peuvent dès maintenant "électroniser" leur troupeau. Cette opération est réglementée et se déroule suivant une procédure stricte encadrée par l’EDE. Pour plus de renseignements, contactez l’EDE au 03 22 33 69 45.

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Emploi

A c c o m p a g n e r

ZOOM La formation "Salarié agricole en polyculture-élevage" Mise en place depuis 2009, coordonnée par la Chambre d’agriculture de la Somme et reconnue par les partenaires sociaux dans le cadre de la Convention collective de travail concernant les exploitations agricoles de la Somme, cette formation a formé 54 futurs salariés agricoles.

Femme et salariée agricole C’est le vœu d’Hélène Opéron nouvellement diplômée de la dernière promotion de la formation de salarié agricole en polyculture-élevage. Hélène Opéron fait partie en effet des huit stagiaires en formation de salarié agricole en polyculture-élevage. Cette formation a débuté le 9 mai 2011, à Lamotte-Buleux à la CUMA des villages. "Nous sommes deux femmes à suivre cette formation et notre intégration dans le groupe n’a posé aucun problème", affirme-t-elle. Son parcours professionnel a toujours eu un lien avec l’agriculture et l’élevage puisque après une formation de CAP de palfrenier-soigneur à Ribemont-sur-Ancre, Hélène été embauchée au parc paysager de la Bouvaque à Abbeville. Mais c’est bien dans l’élevage qu’elle veut maintenant trouver du travail. "J’aime le contact avec les animaux". Benoît Damonneville, associé au GAEC des Trois Dés à Abbeville, qui l’accueille pour son stage de 15 jours, le confirme : "J’ai vu tout de suite qu’elle était très à l’aise". Dès 7 h du matin, la jeune femme est prête pour la traite des 160 vaches laitières. Elle est chargée de les regrouper et de les diriger vers la salle traite. "Je leur parle, et tout se déroule bien". Elle a su s’intégrer dans l’organisation de l’exploitation et Benoît Damonneville lui accorde toute sa confiance : "Je sais que ce sera bien fait". A ceux qui opposent l’argument de l’aspect physique du travail, elle répond calmement qu’elle ne voit pas où se situe le problème, qu’elle assume la difficulté si vraiment elle existe. 14

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La passion avant tout

Elle est tellement passionnée par ce travail qu’elle regrette que la formation soit si courte pour le module élevage. Même si elle reconnaît que les autres modules lui ont permis de découvrir et pratiquer les travaux de plaine et de manier le tracteur attelé avec aisance. "Autant les animaux ne me font pas peur, autant j’ai dû vaincre mon appréhension pour la conduite d’engins". Opération réussie , si l’on en croit l’un des formateurs, Antoine Roisin : "Hélène est maintenant capable de mener un tracteur ou un manitou, sans aucun problème". Quant à Benoît Damonneville, accueillir des stagiaires ou des apprentis fait partie de vie de l’entreprise : "Il faut que ça bouge, c’est sympa d’avoir du monde, des personnes nouvelles. Cela nous apporte un plus et nous permet d’avoir une qualité de vie personnelle et professionnelle". En effet, tandis que la traite s’effectue et tout en étant présent pour le moindre souci, Benoît peut s’occuper à d’autres tâches. "Je gagne du temps, et en faisant confiance à mes salariés, je gagne aussi en ambiance de travail et donc en qualité dans les relations humaines". La formation s’est terminée mi-juillet et il est à parier que les stagiaires comme Hélène trouveront sans problème un emploi en agriculture.

n Claire LOBBé Tél. 03 22 33 69 08

Elle est ouverte aux salariés en poste, aux saisonniers, aux demandeurs d’emploi. L’objectif est de permettre aux stagiaires d’acquérir les compétences nécessaires pour occuper un emploi de salarié agricole correspondant au niveau 2.2 de la classification des emplois. Une formation de 8 semaines Chaque formation est organisée pendant six semaines sur un exploitation support, puis deux semaines, en stage chez un exploitant agricole. L’évaluation du stagiaire est effectuée sur quatre ou cinq modules : travail du sol, récolte, préparation et application des produits, conduite et entretien du matériel, traite. Cinq formations ont été réalisées : - à Courtemanche, en 2009 - à Caix et au Meillard en 2010 - à Merville-au-Bois et Lamotte-Buleux en 2011 Deux formations spécifiques suivant le lieu : polyculture, polyculture-élevage 10 intervenants issus des centres de formation : 2 du CFPPA du Paraclet, 2 du CFPPA d’Abbeville, 2 du CFPPA de Péronne, 3 pour les Maisons Familiales Rurales (Flixecourt et Villers-Bocage), 1 de la Chambre d’agriculture de la Somme. La plupart des stagiaires sont à ce jour en emploi. Claire Lobbé - Tél. 03 22 33 69 08

La promotion 2011.


A votre service

A c c o m p a g n e r

Un nouveau conseiller "maraîchage et petits fruits" Basé à Beauvais, Christophe Vallée a rejoint la Chambre régionale d’agriculture de Picardie. Il a pour mission de développer le conseil et l'accompagnement des maraîchers et des producteurs de petits fruits. Mutualiser les ressources humaines spécifiques, telle est l'ambition des Chambre d'agriculture de Picardie. C'est chose faite avec l’arrivée de Christophe Vallée. Les maraîchers et les producteurs de petits fruits bénéficient aujourd’hui d’un accompagnement complet.

Des publications

Les avertissements hebdomadaires, envoyés par mail, fax ou courrier font un point des observations terrain sur la Picardie et proposent les solutions techniques adaptées. Le guide phytosanitaire, mis à jour chaque année, recense et décrit les produits phytosanitaires homologués sur une quarantaine d’espèces de fruits et légumes. Le guide variétal est un recueil de variétés préconisées sur une quarantaine d’espèces de fruits et légumes. Il permet de choisir les variétés en fonc-

tion des objectifs de commercialisation (vente en gros ou au détail). Une publication semestrielle présente des résultats d’essais, des dossiers techniques, l’actualité réglementaire, …

Un appui technico-économique

L’appui technique terrain permet d’aborder avec le conseiller des thèmes variés : - Tour de plaine, diagnostic cultural, - Mise en place de nouvelles cultures ou ateliers, - Accompagnement dans le choix des techniques conventionnelles, intégrées, biologiques, - Etc. L’assistance téléphonique apporte une réponse immédiate à une problématique rencontrée par le producteur. Une journée technique permettra durant l’hiver de faire le point sur les sujets d’actualités techniques, réglementaires, commerciaux, … L’assistance au montage de dossier d’aide à l’investissement est aussi proposée.

Une animation de groupe

Formations et opérations collectives, déplacement en groupe, visites d’expérimentation permettront des échanges entre producteurs. Trois niveaux d’adhésion permettent à chaque producteur de choisir la formule

la plus adaptée à ses besoins. Chaque formule comprend les publications et l'animation de groupes ainsi que des visites : l Adhésion de base : 1 visite par an l Adhésion plus : 4 visites par an l Adhésion maxi : 8 visites par an. n Christophe VALLéE Tél. 06 08 60 44 60

La vie de la Chambre d'agriculture Thibaud Leroy a rejoint l'équipe productions végétales. Basé à Villers-Bocage, il reprend le secteur du Plateau Picard Sud. ll est aussi le référent pour le maïs, la luzerne ainsi que pour Farm star et le réseau "reliquats azotés". Matthieu Preudhomme intègre l'équipe productions végétales au sein du bureau d'EstréesMons. Animateur du réseau de "Ferme Ecophyto légumes", il suit aussi la thématique "cultures dérobées".

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Echanger n° 31 - août 2011

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Le magazine de la Chambre d'agriculture de la Somme