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Team 1 VS Team 2 RE I O S I V O R P DOCUMENT du 05.07 Version

Ambitions Mutations

Nantes 2030 LES IB S S O P S E D IO    LE SCENAR

Contribution à

Juillet 2012


INTRODUCTION

Le Conseil de développement échange, recueille et confronte des points de vue pour livrer des éléments qui soient de nature à alimenter la construction collective d'un projet pour le futur. Il essaie de situer son travail à distance des lieux communs et des fausses évidences, en favorisant les expressions les plus diverses. Ni bureau d’études, ni groupement d’experts, le Conseil dessine des repères dans la démarche prospective et lance quelques pistes d'écriture d'un nouveau récit du territoire. Personne ne sait ce que sera Nantes en 2030, mais chacun souhaite que l'espace de vie sache affronter les défis du présent pour bâtir une vision partagée de l'avenir. Au-delà de la crise de ce début de siècle, de grandes mutations sont pressenties, qui dépassent de loin les seuls enjeux économiques du moment. Ces bouleversements peuvent être craints parce qu'ils supposent des remises en cause de nos modes de vie mais ils peuvent effrayer bien davantage parce qu'ils modifieront nos modes de pensée. Dans ce contexte, la démarche "Ma Ville demain" est bien autre chose que la seule compilation des envies de chacun. C'est un enjeu démocratique de fond parce que la démocratie n'est pas qu'un système de prise de décision, c'est aussi une capacité à fabriquer de la pensée collective sur un socle de valeurs partagées. Dans un monde bouleversé, complexe et incertain, dans une société qui se sent menacée de ruptures fortes, sans toujours savoir les identifier, l'avenir doit être appréhendé en réfléchissant collectivement pour anticiper les mutations possibles. C'est cette idée de mutation, de mouvement, de passerelles vers l'avenir que le Conseil a souhaité privilégier.

Philippe AUDIC Président du Conseil de développement de Nantes métropole


Une méthode innovante... Comment écrire les récits possibles de notre avenir ? Cette question est le plus souvent traitée dans les territoires français avec un mélange classique comprenant une très large part de recours aux experts de toutes natures colorée d'un trait de participation citoyenne donnant au mélange un aspect plus engageant. Cette recette ne correspond plus guère aux goûts du temps présent même si elle reste encore largement utilisée dans bon nombre de collectivités. Rompant avec cette méthode ancienne, l'initiative "Ma ville demain", telle qu'elle a été conçue et développée à Nantes par l'Agence d'urbanisme (AURAN), constitue une originalité majeure dans le paysage territorial français. Habitués jusqu'alors à des démarches descendantes dans lesquelles la logique de l'expertise techique —de laquelle les élus issus de la démocratie représentative peuvent même se sentir parfois écartés— était largement à l'œuvre, les habitants ont pu s'emparer pleinement d'une initiative qui leur a donné la parole sans contrainte et qui a libéré leurs imaginations. Dans ce contexte de rupture avec les anciennes méthodes d'élaboration des projets de territoire, le Conseil de développement a évidemment saisi la démarche pour en faire à la fois le fil conducteur de ses échanges et le cœur de sa réflexion. Le Conseil a tracé son propre chemin, sans autre lien avec les porteurs de la démarche que celui de l'enrichissement, un peu à la manière d'un festival off qui alimente la thématique traitée sans s'en sentir dépendant. Cette liberté a ses exigences, celle du décalage du regard sur les problématiques de l'avenir, celle de la remise en cause des certitudes, celle enfin du questionnement permanent qui doit produire un peu de pensée détachée du seul "air du temps".

...dans un contexte anxiogène L'exercice de prospective territoriale auquel sont conviés les habitants s'exerce dans une ambiance contrastée alimentée par une double anxiété, celle liée à la crise économique et financière et celle qui découle des risques écologiques ; les deux ont un point commun, celui de l'impact mondialisé. A cette anxiété s'ajoute une défiance grandissante vis-à-vis des décideurs politiques et économiques qui nourrit la tentation du repli sur soi. Ce contexte anxiogène affecte évidemment l'approche prospective, autant par le risque de se laisser aller aux prévisions les plus noires que par celui du refuge dans les scénarios des lendemains qui chantent pour exorciser les peurs.


Une citoyenneté mutante... Les citoyens d'aujourd'hui, à Nantes comme ailleurs, conçoivent leur avenir avec des schémas de pensée en mutation. Ils ne sont pas nécessairement plus individualistes mais sûrement plus zappeurs et plus fragmentés. Ils ont le sentiment de devoir construire leur vie dans un système fondé davantage sur la famille et sur les communautés de toutes sortes que sur la solidarité organisée par les pouvoirs publics. Ils sont parfois démunis vis-à-vis d'une complexité institutionnelle qui leur donne le sentiment d'être dépossédés de leur rôle. Ils votent dans des communes qui décident de moins en moins et sont tenus éloignés des institutions qui décident de plus en plus.

...dans des territoires introuvables Ces citoyens d'ici et maintenant ont une caractéristique commune : ils vivent au quotidien une multi-territorialité qui rend leurs besoins plus difficiles à satisfaire par les collectivités publiques. Car si les élus ont un ancrage territorial fonctionnel, les habitants peuvent en avoir plusieurs. Cette complexité territoriale est renforcée par une grille d'analyse "Centre ville - banlieues" qui finit par fausser à la fois l'action publique et la perception des réalités. L'analyse territoriale ne se limite pas à un choix qui ne s'opèrerait qu'entre les beaux quartiers et les "cités" abandonnées. Cette approche binaire fait oublier tous ceux, les plus nombreux, qui sont... ailleurs et qui dessinent un paysage infiniment complexe. Le Conseil défend ainsi depuis toujours l'idée d'une métropole élargie fondée sur le grand bassin de vie des habitants et s'attache à rappeler que le territoire des habitants ne correspond pas toujours à celui des décideurs institutionnels.

...voire virtuels Le monde qui se déploie ne sera plus seulement celui de l'appartenance à un territoire de vie fondé sur telle ou telle activité sédentarisée. L'activité humaine s'organisera aussi de plus en plus dans de nouveaux espaces qui sont ceux de la société numérique émergente. Dans ce maelström qui mêlera attachement à divers lieux de vie et d'activité, appartenance à des "communautés" de toutes natures et virtualité de nouveaux espaces, la définition d'un projet partagé pour un territoire commun est un exercice de plus en plus complexe.


SOMMAIRE

1 La métropole des liens

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p. 7

Vers un projet du territoire vécu (le Très Grand Nantes ?) ..................................................................................................................................... Pour rapprocher l’offre publique et l’attente sociale .................................................................................................................................................. Pour une métropole de l’équilibre social ......................................................................................................................................................................... La métropole des coopérations ........................................................................................................................................................................................... Un territoire des réseaux nationaux et internationaux ............................................................................................................................................. La métropole fluvio-maritime ...............................................................................................................................................................................................

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La métropole de la création collective

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L'économie et les emplois : priorité des priorités ........................................................................................................................................................ Vers une métropole numérique ........................................................................................................................................................................................... Un territoire des projets citoyens ...................................................................................................................................................................................... Vers un territoire du débat permanent ............................................................................................................................................................................

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La métropole des anticipations ................................................................................................................................................................... p. 31 Pour un territoire de transition écologique .................................................................................................................................................................... La métropole de la réussite éducative .............................................................................................................................................................................. Vers une métropole de la santé par le sport .................................................................................................................................................................. Un territoire du renouvellement .........................................................................................................................................................................................

p. p. p. p.

32 34 36 38

Les vulnérabilités du territoire .................................................................................................................................................................... p. 41

Et encore bien d'autres questions... ....................................................................................................................................................... p. 43 Une dose d’utopies ................................................................................................................................................................................................... p. 45 Ils auront 40 ans en 2030 .................................................................................................................................................................................. p. 46


PARTIE 1

1 La métropole des liens

.........................................................................................................................................................................................

Vers un projet du territoire vécu (le Très Grand Nantes ?) ..................................................................................................................................... Pour rapprocher l’offre publique et l’attente sociale .................................................................................................................................................. Pour une métropole de l’équilibre social ......................................................................................................................................................................... La métropole des coopérations ........................................................................................................................................................................................... Un territoire des réseaux nationaux et internationaux ............................................................................................................................................. La métropole fluvio-maritime ...............................................................................................................................................................................................

p. 7 p. p. p. p. p. p.

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Pour être vivable, le monde qui s'ouvre sera celui d'une nouvelle organisation territoriale fondée sur les attentes des citoyens d'aujourd'hui et dépassant les prés carrés institutionnels. C'est le sens de la proposition d'un grand outil métropolitain démocratique, doté de nouvelles compétences, qui "secoue" les collectivités issues des siècles passés et ouvre de nouvelles perspectives dans un monde interconnecté. Ce nouvel outil métropolitain renforcé est le leitmotiv de ce document. Il faut aujourd'hui poser, clairement et sans démagogie, la question du décloisonnement territorial et des échelles de décision.

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VERS UN PROJET DU TERRITOIRE VECU Tendances Des territoires institutionnels évoluant lentement Le territoire est marqué depuis plusieurs années par une série de démarches convergentes vers une logique de gouvernance métropolitaine. Qu'il s'agisse de documents réglementaires comme la DTA (Directive Territoriale d'Aménagement), le SCOT (Schéma de Cohérence Territoriale) ou de démarches des collectivités (de l'ACEL au Projet 2005 en passant par la construction progressive des intercommunalités et le pôle métropolitain d'aujourd'hui), il y a un cap qui se dessine pour appréhender les enjeux au bon niveau. Malgré cela, les périmètres administratifs et techniques restent prégnants et la construction de démarches nouvelles reste marquée par la difficulté à s'en affranchir. L’absence du littoral et du sud Loire dans les démarches métropolitaines en est l’illustration majeure. Par ailleurs, le “millefeuilles“ administratif semble toujours intouchable et les territoires se caractérisent par une superposition d’échelons de décision.

Des habitants exigeants et toujours plus nombreux Dans le même temps, les habitants expriment des attentes de plus en plus fortes vis-à-vis des services publics et inventent leurs territoires sans se soucier des frontières administratives. Ils sont, selon leurs besoins, demandeurs de proximité ou de globalité mais avant tout d'efficacité. Ils comprennent aussi que l'exercice de leurs prérogatives démocratiques doit s'opérer ailleurs que dans la seule commune. Dans un territoire métropolitain qui va compter 150 000 habitants supplémentaires dans les 20 ans qui viennent, l’exigence sociale ne diminuera pas. Ce décalage entre l'attente des habitants et la complexité technico-administrative pose problème.

Des spécificités réinterrogées L'espace nantais est-il encore marqué par des caractéristiques fortes comme un certain rapport à l'eau et à la mer, une construction urbaine qui a placé les "banlieues" à l'intérieur de la ville ? Evacue-t-on un peu vite les cultures régionales dont on sait pourtant qu'elles existent et qu'elles sont aussi des valeurs-refuges quand les crises sont aigues ?

Des capacités financières limitées Les effets de la crise, ajoutés aux transferts de charges, créent une nouvelle donne financière difficile pour les collectivités. Le rythme des projets s’en ressent. Pour aller plus loin...

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L’ambition Un outil métropolitain, décentralisé et démocratique ‣ Il faut construire un dispositif adapté au

XXIe siècle, capable d'intégrer l'Histoire mais qui puisse traduire une large volonté commune, c'est-à-dire celle d'une métropole puissante couvrant un large territoire (celui de la vie quotidienne) et fondée sur un fonctionnement décentralisé avec les outils adaptés d’aménagement du territoire et de maîtrise foncière. Quels que soient les attachements anciens —qui sont plus souvent ceux des élus que des habitants—

aux institutions issues de plus de deux siècles de construction de la France postrévolutionnaire, il est temps de refonder une nouvelle organisation territoriale. ‣ Le territoire a besoin d'un outil métropolitain capable de conjuguer globalité et proximité. Pour qu'il soit efficace, il devra être démocratique c'est-à-dire élu au suffrage universel direct. ‣ Cette ambition pour une refondation des territoires doit se mettre au service

des habitants et dépasser les jeux d'acteurs. Chacun sait que les réformes passées se sont souvent heurtées à des concurrences qui ne sont pas que celles des élus mais aussi celles des experts et des techniciens. L'ambition pour 2030 est celle d'une grande métropole démocratique dotée d’un président élu par le peuple. Pourrait-on l'appeler le Très Grand Nantes ?

La crainte Des territoires institutionnels figés Sans un profond mouvement de refonte territoriale, les collectivités locales risquent de se figer sur leur pré carré de compétences héritées des siècles passés. Au mieux, elles continueront de construire des outils de coopération qui pourront avoir une certaine efficacité mais qui se-

ront toujours perçus comme des ajouts à une superposition d'échelons administratifs. Dans cette hypothèse, les citoyens continueront de s’éloigner de la vie publique et les risques sociaux seront aggravés avec la fermeture de certains espaces et la ghet-

toïsation de territoires affaiblis regardant derrière eux. La forme urbaine à craindre serait celle de quartiers-vitrines (centre-ville, zones d'affaires...) objets de tous les égards, et de périphéries délaissées.

Les mutations "Secouer" les territoires ‣ Les élus doivent agir vite pour peser au

niveau national sur une grande réforme territoriale mais aussi pour engager localement des processus de coopération transcendant les frontières administratives sur la mobilité, l'habitat, les questions sociales, le sport… Certains élus Alsaciens fournissent un exemple en proposant de regrouper conseil régional et conseils généraux. ‣ Localement, la question de la mobilité est une thématique prioritaire à traiter à un nouvel échelon territorial. Une autorité globale de la mobilité, qui ne soit pas la

simple juxtaposition des organismes existants, est un outil indispensable. ‣ Le regard sur l'étalement urbain ne doit plus seulement être celui du centre vers la périphérie. Ceux qui font le périurbain doivent être entendus. ‣ Pour aider à "bouger" les territoires, une grande exposition publique affichant sur une carte géante la multiplicité des échelons de décision (collectivités, établissements publics, SEM, syndicats divers) dans l’espace métropolitain serait instructive.

Cette remise en cause des institutions établies permettra une meilleure adaptation à la nouvelle donne financière et une nouvelle appropriation par les citoyens. ‣ Est-on capable d’inventer de nouveaux modes de gouvernance qui seraient thématiques ou ponctuels sur des périmètres adaptables ?

A lire... nnete.com : Sur www.nantes-citoye Les contributions r général, de Jean Renard, rapporteu tions des animateurs des déléga mbres du Conseil et de l’ensemble des me

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POUR RAPPROCHER L’OFFRE PUBLIQUE ET L’ATTENTE SOCIALE Tendances Des décalages grandissants et inquiétants Les politiques publiques prennent évidemment en compte l'évolution des modes de vie. Et pourtant… On débat sur la multiplication des infrastructures sans réfléchir suffisamment aux temps d'usage. On continue de concevoir un habitat souvent déconnecté des réalités familiales contemporaines. On limite, souvent à juste titre compte tenu d'un certain envahissement automobile, les espaces de stationnement, mais on oublie que l'essor du commerce en ligne génère aussi des livraisons individuelles à toute heure de la journée. On veut promouvoir le vélo mais les infrastructures adaptées restent limitées en oubliant souvent les questions essentielles de la sécurité, de la pédagogie et... du vieillissement de la population. On discourt sans cesse sur la mixité et les 20 % de logements sociaux dans les opérations immobilières (pourquoi pas 30 ou 50 ?) alors que cette mixité n'est pas que spatiale et se joue souvent sur d'autres caractéristiques : éducative, sociale, professionnelle, sexuelle, ethnique… On promeut la densification urbaine (ou l'intensification selon l'évolution des discours) alors que l'attente sociale reste celle de l'intimité et de l'espace. On continue à réaliser des immeubles collectifs où l'insonorisation phonique n'est toujours pas traitée de manière efficace. Ces décalages forts entre l’offre publique et l’attente sociale peuvent générer non seulement des incompréhensions mais aussi des oppositions de plus en plus vives.

Des atouts mais pas que... La population du territoire va continuer de progresser dans les 20 ans qui viennent avec 100 000 habitants supplémentaires pour Nantes métropole et 150 000 pour le pôle métropolitain Nantes-Saint Nazaire. Même si le territoire va rester globalement jeune, il faut souligner que la part des plus de 65 ans va croître. Ceci n'est pas sans conséquences sur l'habitat et sur les conditions de la mobilité acceptable par tous (transports collectifs, infrastructures routières, modes doux...). Par ailleurs, si les prévisions démographiques sont positives et mettent en évidence l’attractivité du territoire, elles font apparaître aussi une petite alerte sur les 15-29 ans.

A lire : Tous les travaux de l’AURAN www.auran.org

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L’ambition Le territoire de la confiance Il faut construire, pour 2030, une métropole capable de recoudre l'attente sociale avec des politiques publiques élaborées en tenant compte du vécu des habitants. Cette métropole serait celle : ‣ d'une offre urbaine débattue en profondeur avec les habitants, non pas pour tenir compte de tous les désidérata individuels

mais pour entendre les besoins d'un corps social de plus en plus complexe ‣ de la "broderie" architecturale liée au bonheur souhaité et pas au bonheur imposé par des "plans", si cohérents fussent-ils ‣ de la mobilité fondée sur des infrastructures à la mesure d'une métropole en dé-

veloppement : étoile ferroviaire, périphérique, transports collectifs, vélo, covoiturage ‣ d’un habitat accepté et adapté à la variété de la demande. Cette métropole "recousue" sera celle qui saura le mieux traiter le grand défi du périurbain.

La crainte Le territoire de la défiance Il existe un risque “d’enfermement“ technico-politique qui, faute de dialogue citoyen suffisant et approprié, risque de renforcer les ségrégations. Il ne servira à rien

d’afficher des politiques, si justifiées soient-elles, si elles rencontrent l'indifférence ou l’opposition des habitants. Honnir l'étalement urbain, par exemple, restera

contreproductif dès lors que certains habitants refusent la densification telle qu'elle est proposée.

Les mutations Décaler le regard Certaines réalités ont la vie dure et doivent être gérées : ‣ L’étalement urbain pose des problèmes mais... il existe et ne s’arrêtera pas tout de suite. ‣ La diminution de l'usage de la voiture doit évidemment se poursuivre, mais ce mode de déplacement reste encore largement dominant pour tous les nouveaux habitants qui vont s'installer autour de Nantes, là où il n'y a pas d'offres alternatives.

Certains discours méritent donc d’être réinterrogés : - le ferroviaire n’est pas un outil du passé et sa modernité s’affirme de nouveau au XXIe siècle. C’est la question du maintien des voies existantes dans le territoire qui est posée, notamment dans les centres urbains. C'est aussi celle de l'optimisation des infrastructures existantes regroupées sous le vocable "étoile ferroviaire" - les politiques publiques peuvent aussi s’appréhender en fonction d’une dualité

individuel-collectif qui n’est plus toujours celle de l’intérêt particulier contre l’intérêt général. ‣ Il faut également interroger le discours des urbanistes et ne pas se contenter d'accabler les élus de tous les maux. Même si ces derniers sont en position de décideurs, l'influence du discours des experts (urbanistes, architectes..) reste très forte. ‣ Il faut enfin engager très vite une grande réflexion sur la qualité du logement et de l'offre urbaine.

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POUR UNE METROPOLE DE L’EQUILIBRE SOCIAL Tendances Une misère grandissante La métropole concentre autant la pauvreté que la richesse. L'écoute des associations spécialisées, grandes ou petites, dessine un portrait de la misère très inquiétant et qui progresse dans un grand nombre de couches de la population. Sociale, affective, éducative, cette misère trace une série de lignes de fractures inquiétantes pour la cohésion de la société. Les militants associatifs qui agissent au quotidien contre cette misère dressent des tableaux évoquant certaines heures du XIXe siècle. A cette misère "traditionnelle" s'ajoute celle liée aux addictions de toutes sortes : alcool, drogues, médicaments… C'est d'ailleurs sur ce point que l'alerte des associations est la plus forte.

Les effets de la crise La crise économique et financière accélère les décrochages et entraîne des catégories toujours plus nombreuses. Les jeunes sont de plus en plus touchés et s'installent, pour une partie d'entre eux, dans des situations de précarité qui se pérennisent. Les conséquences sociales, à moyen et long terme, sont dramatiques. Si la métropole, comme partout dans le monde, concentre la richesse, elle concentre aussi la pauvreté : 36 000 ménages, soit 14 % de la population de l’agglomération, vivent aujourd’hui sous le seuil de pauvreté.

Des associations de plus en plus sollicitées De plus en plus démunis face à l'accélération de la pauvreté-précarité, les pouvoirs publics s'appuient sur les associations dont le travail est remarquable mais requiert de plus en plus de moyens. Ces associations gèrent des situations de plus en plus difficiles avec des ressources contraintes. Elles agissent comme des sortes de "soupapes" sociales. Jusqu'à quand ? La prospective territoriale n'a de sens que si elle prend en compte l'importance de ces phénomènes sociaux qui touchent la société contemporaine.

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L’ambition Le territoire partagé La métropole de 2030 devra se construire sur l’idée du partage et de l’équilibre. Il ne s’agit pas simplement d’organiser la "mixité" sociale mais de lutter contre des inégalités si criantes qu’elles mettent en cause le fonctionnement global de la société.

Au-delà du slogan habituel de la "métropole solidaire", c'est avec une métropole de l’équilibre social, fondée sur des compétences nouvelles, qu'il faut bâtir. La construction d'un grand outil métropolitain puissant, mentionné précédemment, doit s'ac-

compagner d'une vraie compétence en matière d'action sociale. Le territoire 2030 doit se débarrasser d'une conception archaïque qui répartit les compétences, non pas en fonction des réalités vécues, mais selon les acteurs institutionnels.

La crainte Le territoire des confrontations Il y a un risque de chocs sociaux graves et de ruptures irréversibles si l'action publique continue d'être organisée de la même manière. Si les associations ne savent plus

faire face à une misère trop grande, la ghettoïsation et les ségrégations seront renforcées et installées dans la durée. Ces

ruptures sociales sont porteuses d'un grand danger pour l'équilibre du territoire.

Les mutations Traiter l’urgence sociale à l’échelle métropolitaine et conforter les associations ‣

Il convient d'engager dès maintenant avec l’ensemble du secteur associatif une réflexion globale sur la misère. L’expérience associative est une richesse considérable encore insufisamment exploitée.

‣ Au-delà de l’urgence, un plan d'insertion sociale à l’échelle métropolitaine est indispensable avec une décentralisation de l’application des mesures au plus près des réalités.

Les compétences métropolitaines doivent être redéfinies et élargies pour refonder les conditions de la cohésion sociale du territoire.

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LA METROPOLE DES COOPERATIONS Tendances L'ancrage territorial : un concept réinterrogé L’appartenance territoriale est aujourd'hui bousculée par l'arrivée de nouveaux habitants ne permettant plus d’identifier un territoire exclusivement par son atavisme et son histoire. La mobilité estompe les limites géographiques et dissocie les espaces de vie. Cette mobilité peut aussi être un frein aux solidarités traditionnelles. La législation modifie les compétences et les ressources financières des territoires. L'instantanéité de l’information détemporise et déspatialise les faits et leur localisation.

Nantes se cherche... tout en assurant un certain leadership A force de regarder vers Saint Nazaire, Rennes, Angers ou le Sud, à force de se demander si elle est bretonne, ligérienne ou plus encore, Nantes peut parfois oublier ce qu’elle est. Nantes est souvent forte quand elle se tourne vers elle-même pour proposer ensuite quelque chose aux autres et leur faire partager. Nantes assure un leadership réel : les grandes infrastructures (TGV, port, aéroport, Hopital...) se situent à Nantes et participent à l'effet d'entraînement de l'espace métropolitain Nantes-St Nazaire et bien au-delà. Même si la métropole nantaise ne peut évidemment prétendre au rôle de chef de file dans tous les secteurs, elle est un repère essentiel pour les territoires proches.

Aucun territoire ne vit en autarcie Les territoires sont interdépendants, encore plus dans l'Ouest de la France où le maillage des villes est important. Il n'y a pas de "capitale" du territoire mais un développement des réseaux qui permet d’amplifier des synergies au bénéfice de tous.

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L’ambition La métropole décomplexée Il n'est pas nécessaire d'être une capitale pour exister sur le plan international mais il faut être capable d'entraîner un mouvement collectif qui bénéficie à tous. Il ne suffit pas de proclamer une ambition, il faut la démontrer au quotidien. Nantes doit ainsi afficher sa volonté pour entraîner et elle doit le faire sans complexes. Ce statut sera porté par une stratégie fondée sur les coopérations, notam-

ment avec Rennes, mais aussi avec Brest, Angers, Cholet, la Vendée... Cette métropole qui entraine sera aussi celle d'une mobilité facilitée par de meilleures relations, notamment ferroviaires, avec les autres grandes villes. Coopérer n'implique pas de mettre son "drapeau dans sa poche" mais suppose une position d'écoute et d'ouverture.

A l’image des trains modernes qui ne nécessitent plus de locomotives et dans lesquels la motrice n’est pas un élément original mais une composante de l’ensemble, la métropole des coopérations sera fondée sur un modèle d’organisation multi-polaire au bénéfice de tous.

se neutraliser. Nos vrais concurrents sont ailleurs : en Europe, aux Etats-Unis, au Brésil, en Inde ou en Chine, beaucoup plus que dans... les autres villes françaises. Les com-

bats pour être "capitale", sans toujours savoir de quoi, sont dépassés.

La crainte Les territoires neutralisés Les défis du XXIe siècle mondialisé sont immenses et la synergie des territoires devra y faire face. Sans cesser de se concurrencer, les territoires doivent éviter de

Les mutations Amplifier une dynamique positive L’Agglomération nantaise a développé ces dernières années une série d’initiatives en direction de ses voisins. Cela se traduit par la relance de la coopération Nantes-Ren-

nes, par la création du pôle Loire Bretagne associant Saint Nazaire, Angers, Rennes et Brest. Cette démarche permet d'être à l'écoute des signaux émergents qui préfi-

gurent des bouleversements à venir. C’est aussi le moyen de “muscler“ les fonctions métropolitaines supérieures des villes au bénéfice des entreprises.

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UN TERRITOIRE DES RESEAUX NATIONAUX ET INTERNATIONAUX Tendances Une faible notoriété internationale du territoire La question internationale est évoquée partout mais souvent... pour regretter l'absence d'image. Le débat public est rythmé par le leitmotiv politique "il faut être international" et les collectivités déploient des efforts importants pour développer la reconnaissance du territoire et susciter une certaine "envie de Nantes". La création récente de l'Agence internationale Nantes - St Nazaire va dans ce sens.

Des représentations ambigües de la mondalisation En même temps que se développe le discours public sur la globalisation et la nécessité de l'ouverture à l'international, une partie des habitants ressent cette évolution avec certaines réticences liées à d'autres effets de ce monde où les interdépendances sont de plus en plus fortes. Les effets de la mondialisation font débat et peuvent être ressentis douloureusement par les plus faibles.

Un tissu local très actif L'espace nantais abrite une multitude d'initiatives locales en matière d'activités internationales et qui oeuvrent au quotidien pour faire changer les choses en profondeur. Ce tissu local est un atout précieux.

Une jeunesse tournée vers l'extérieur Les jeunes générations ont désormais intégré l'échelle internationale dans leurs pratiques quotidiennes. Qu'il s'agisse des études ou du travail, la dimension internationale est partie intégrante de leur quotidien. Le monde s'est rétréci.

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L’ambition La métropole des réseaux Les réseaux avant le nombre La métropole du futur ne devra pas compter que sur son poids démographique pour tenir un rang élevé dans le monde. Pour exister à l'international, la métropole, ouverte et attractive pour l’extérieur, sera d'abord celle des liens et des réseaux noués avec le monde entier. Le rayonnement autant que l'attractivité Au-delà de l'image du territoire, il faut un rayonnement qui se fonde sur l'activité

économique et la recherche, c'est-à-dire sur la présence de nos entreprises à l'extérieur, notamment les PME. L'emploi comme facteur majeur La métropole de 2030 devra préserver et créer les emplois qui attireront les jeunes. On ne viendra pas à Nantes seulement pour voir un éléphant mais d'abord pour y faire des études, pour y travailler. L'emploi est aussi la condition majeure de la cohésion du territoire et donc de son attractivité.

La métropole intellectuelle La métropole 2030 devra être celle du multilinguisme (pour être aimés, soyons aimables...). La métropole des liens sera aussi celle d'une Grande Université reliée au monde entier.

La crainte La métropole refermée Il existe un risque de sclérose pour un territoire vieillissant qui continuerait de valoriser seulement son cadre de vie. La concurrence des territoires va grandir

encore au XXIe siècle et la compétition sera plus rude que jamais. Pour que les autres viennent ici, il faut aussi aller chez eux et le volume des échanges

doit être significatif. Faute de quoi, Nantes restera une métropole de rang national.

Les mutations Mettre l’international dans les têtes Il faut valoriser les efforts déjà engagés par les collectivités et conforter les initiatives locales qui favorisent l'appropriation de l’ouverture internationale par les habitants (et pas seulement par les élites). Le pari n'est pas de transformer Nantes en mé-

tropole internationale du jour au lendemain ; il consiste plutôt, par des actions méthodiques et répétées, à mettre "l'international dans les têtes", celles des citoyens comme celles des entrepreneurs. La question internationale ne doit pas oublier les

efforts à inventer dans le cadre des activités scolaires et périscolaires. C’est sur les jeunes générations que repose la capacité d’ouverture internationale.

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LA METROPOLE FLUVIO-MARITIME Tendances Une géographie sous le signe de l’eau La géographie a fait de Nantes un territoire-port avec les 350 kilomètres de cours d’eau qui l’irriguent. L’Estuaire de la Loire constitue le trait d’union avec Saint Nazaire et ouvre le territoire vers le large. Un littoral renommé et attractif vient compléter ce paysage. Cette situation confère à la métropole des atouts d’avenir dans un contexte mondial qui met la mer au coeur des grands enjeux du siècle qui vient. La “maritimisation“ est en effet un processus économique d’ampleur qui s’exerce à l'échelle du globe.

Un Grand Port Maritime constitutif de l’identité du territoire Le quatrième Port français est inscrit dans l’imaginaire mais aussi dans les réalités locales. L’infrastructure est en mutation, à la fois dans sa gouvernance et dans son action mais elle reste un outil de développement économique majeur du territoire.

De nouveaux atouts : le transport fluvial, fluvio-maritime, la croisière, la plaisance, le tourisme... L’alternative aux carburants pétroliers est balbutiante et le transport fluvial, fluvio-maritime constituent une opportunité du XXIe siècle. En matière de transports urbains et inter-urbains, un début de succès est enregistré sur la Loire qui reste à confirmer et à amplifier. Le tourisme se développe dans les estuaires et sur les fleuves. Bordeaux et Rouen investissent avec succès et Nantes occupe une place originale dans ce domaine en combinant culture et industrie touristique. La manifestation Estuaire puis le Voyage à Nantes en témoignent. S’agissant de la plaisance, l’industrie nautique marque un retour à la croissance ; l’augmentation du nombre de permis « plaisance » délivrés ces deux dernières années confirme l’intérêt des français pour la pratique nautique.

Du Navibus au Nantilus : le retour de l’eau Un certain discours nantais du XXe siècle a minimisé l’esprit fluvio-maritime de la Métropole. Il s’infléchit aujourd'hui avec toutes sortes d’initiatives qui vont du Navibus au Nantilus en passant par le St Michel II, la Solidaire du Chocolat, le Belem, les grues, le nouveau ponton plaisance. Autant de preuves d’ouverture au large.…

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L’ambition La modernité de l’eau La métropole est inscrite dans le processus mondial de "maritimisation" et doit construire son projet urbain en s’adaptant à la nouvelle donne du XXIe siècle. Il y a un triple enjeu : ‣ sur le plan économique et commercial à travers le port commercial de Nantes - St Nazaire. Les ports sont des lieux stratégiques d’échanges au coeur d’une économie mondialisée

sur le plan de la mobilité à travers le développement des transports urbains et inter-urbains, de la plaisance et de l’accueil des paquebots ‣ sur le plan énergétique avec les potentialités des énergies marines. Il s’agira de concilier une stratégie mondiale de développement de nœuds de communication intercontinentale avec une stratégie régionale de distribution rapide et

souple pour les passagers et les marchandises. Au-delà de la vitrine historique, le territoire-port doit être l'occasion d'exprimer un ensemble de composantes technologique, industrielle, moderne qui concourent non seulement à son image mais aussi à son développement.

La crainte L’oubli de la mer A Nantes, la Géographie fait l’Histoire et l’effacement progressif du Port au coeur de Nantes peut conduire à oublier les potentialités de l’eau et de la mer.

Faute de “culture maritime“, il y a un risque de passer à côté d’énormes capacités de développement.

La métropole de 2030 ne peut pas oublier les océans.

Les mutations Valoriser les innovations La situation géographique est un atout économique à valoriser dans un contexte énergétique en mutation. De nombreuses innovations sont en gestation comme les carburants à base de micro-algues ou sur la recherche en matière de moteurs marins moins énergivores.

C’est un enjeu de compétitivité industrielle. Par ailleurs, le thème de l’eau se décline aujourd’hui dans le domaine de l’écologie : les énergies nouvelles, dont celles de la mer et des fleuves, sont des sujets mobilisateurs tant au plan local qu’international.

Le repositionnement d’un territoire fluviomaritime peut aussi s’aider de nos talents, de nos mémoires. Des projets issus de l'initiative citoyenne en témoignent (Transbordeur, projets liés à Jules Verne, à Audubon...).

A lire...

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PARTIE 2

2 La métropole de la création collective

..............................................................................................................................................

L'économie et les emplois : priorité des priorités ........................................................................................................................................................ Vers une métropole numérique ........................................................................................................................................................................................... Un territoire des projets citoyens ...................................................................................................................................................................................... Vers un territoire du débat permanent ............................................................................................................................................................................

p. 21 p. p. p. p.

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Les territoires gagnants seront ceux de la création dans tous les domaines. Il s'agit d’abord des emplois parce que c'est l'objectif prioritaire mais il s'agit aussi de s'inscrire activement dans le grand bouleversement de la société numérique. Cette création est aussi celle des citoyens qui débattent plus que jamais et qui proposent des projets de plus en plus élaborés au service de la collectivité. C'est dans cet esprit qu'est proposée une vision nouvelle de "l'économie à la nantaise" dans le monde global, fondée sur l'innovation, le débat permanent et la création collective.

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L’ECONOMIE ET LES EMPLOIS : PRIORITE DES PRIORITES Tendances Plusieurs évidences Des trois piliers du développement durable, l'économique n'est pas le moindre. Sans une économie forte appuyée sur des entreprises nombreuses et pourvoyeuses d'emplois, les territoires perdent vite ce qui fait leur équilibre : la cohésion sociale. Une autre évidence est celle de la crise qui frappe durement et dont tous les effets ne sont pas encore produits. Le risque des grandes ruptures industrielles existe et agit comme un non-dit pesant. A cela, il faut ajouter une culture économique souvent faible chez les habitants et parfois aussi chez les décideurs politiques.

Des questions Le mot développement fait aujourd'hui débat. La question des modèles économiques et de la croissance est posée avec d'autant plus d'acuité que la crise est forte. Faut-il "croître moins", faut-il "croître mieux" plutôt que "croître plus" ? Faut-il faire une pause pour maintenir un monde tel que nous le connaissons et limiter ses évolutions ? Le monde est-il fini ou seulement limité en attente de progrès technologiques à venir ? Comment l’économie nantaise trouve-t-elle sa place dans la mondialisation ? Par ailleurs, des échéances lourdes en matière d'utilisation des énergies fossiles ou de conséquences du changement climatique complexifient le débat et mettent au goût du jour des formes d'approche générationnelle qui pourraient opposer la préservation de l’existant et le besoin d’emplois pour demain.

Une transition complexe Dans ce contexte de transition vers un monde encore mal identifié, les choix sont complexes. Si l'on sait que la consommation effrénée de sources d'énergie limitées ne pourra durer encore des siècles, on sait aussi qu'on ne peut pas offrir aux générations futures la seule perspective de préparer la fin du monde. C'est dans ce contexte qu'émergent de nouvelles réflexions sur l'organisation de l'entreprise, les finalités de l'économie…, elles se traduisent, notamment chez les jeunes, par de nouvelles approches de l'économie sociale et solidaire.

Une succession de cycles La métropole nantaise a connu des cycles d'investissements forts dans les soixante dernières années. Après les investissements industriels des années 60-70 dans l'Estuaire, les grandes infrastructures et les équipements d'enseignement supérieur de la période 80-90, s'ouvre aujourd'hui un nouveau cycle avec notamment l'aéroport et l'IRT. L'Etat n'est plus le seul à impulser et les collectivités y prennent une large part.

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L’ambition Le territoire des emplois C'est la priorité des priorités : la métropole de l’emploi pour tous, seule condition de l’équilibre social. L'ensemble des politiques publiques conduites dans le territoire doivent avoir un objectif commun, celui du développement des emplois. Cette métropole de la cohésion sociale par le travail s'appuiera sur plusieurs piliers : ‣ celui de la capacité à oser : les territoires doivent être en capacité d'identifier euxmêmes les éléments déclencheurs de leur développement, sans attendre de l'Etat un

rôle d'aménageur du territoire qu'il remplit de moins en moins. C'est une rupture culturelle qui doit être intégrée par les décideurs locaux. Cette audace doit conduire à de nouveaux paris sur l'industrie, l'innovation, la recherche, l'international... ‣ celui des moteurs du développement futur : la mer, les énergies, la santé, le numérique, les industries culturelles, la formation, l'économie sociale et solidaire… Ces grands domaines d'activités sont susceptibles d'avoir des effets de levier importants

‣ celui des PME-PMI : représentant un mo-

d’emplois. Imagine-t-on un territoire dans lequel disparaitraient les Chantiers de Saint-Nazaire ou Airbus ? Il faut craindre aussi certaines formes de repli sur soi

pouvant conduire à un refus du développement qui serait alors terriblement destructeur de lien social.

dèle à la fois efficace et représentatif de l’identité du territoire, les PME sont une ressource économique essentielle. Les grands acteurs publics et privés doivent donc faire du développement des PME une ambition collective pour les années à venir. ‣ celui de la jeunesse à laquelle il faut insuffler le goût d’entreprendre et le goût de l’entreprise, particulièrement dans l’industrie. Le tryptique éducation-formationemploi reste un point fondamental du développement économique.

La crainte Le territoire des ruptures Il existe un risque de crise prolongée et de chômage de masse qui bloque toute initiative. Le territoire n'est pas à l'abri de grandes ruptures industrielles destructrices

Les mutations "Oser" le développement économique Il faut d'ores et déjà dépasser le débat croissance-décroissance et oser l'expression "développement économique" en jouant à fond la carte de l'innovation et de l’anticipation dans tous les domaines : réindustrialisation, atouts maritimes, PMEPMI, économie sociale et solidaire... On

peut s’appuyer sur la réussite de l’IRT Jules Verne (Institut de Recherche Technologique) pour créer une dynamique de long terme et afficher la priorité de la création d’emplois productifs diversifiés, qui ne concernent pas que les techniciens et les ingénieurs. Il convient aussi de ne pas ou-

blier l’agriculture, souvent trop peu appréhendée sous l’angle économique. L’enjeu des 20 prochaines années est de bâtir une "économie à la nantaise" dans la mondialisation.

Pour aller plus loin...

Lire l’ensembre des matique contributions sur la thé économique sur : com www.nantes-citoyennete.

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VERS UNE METROPOLE NUMERIQUE Tendances Un nouveau monde numérique La société numérique émerge à grande vitesse et bouleverse les schémas anciens. La numérisation des contenus, la dématérialisation des supports et des échanges, la distorsion du temps et des distances, Internet et les incessantes innovations qu’il suscite, modifient en profondeur la société contemporaine. Les impacts successifs de ces changements sur notre quotidien sont autant de chocs dont nous mesurons mal l'importance. La visibilité sur cet avenir est restreinte et nous n’apercevons pour l’instant que la partie émergée d'un iceberg qui s'annonce "titanesque".

Des médias traditionnels durement touchés Les médias traditionnels font partie des premiers impactés, contraints de réinventer leurs fondamentaux pour survivre. La diffusion internationale, instantanée et gratuite d’une information ou d'un événement, relayée par un témoin anonyme est devenue la principale concurrence de toutes les rédactions du monde. Réactivité, mobilité, gratuité... difficile de s’aligner, surtout lorsqu’il s’agit d’un « petit » média, à l’audience locale et aux finances proportionnellement importantes.

Une puissance publique interrogée Ces bouleversements numériques sont encore trop peu appréhendés par la puissance publique, notamment en matière de médias et d’intervention publique. Les diverses collectivités continuent à éditer, pour leur propre compte, de nombreux supports (revues, sites web, outils divers...). Cette multiplicité mobilise des engagements financiers importants, sans forcément délivrer un message clair sur le territoire.

Des atouts nantais évidents Cantine numérique, start-up, open data, quartier de la création, Medialab, médias indépendants, médias contributifs et participatifs, mais aussi médias traditionnels, synergie des radios, web tv, télévision locale… Nantes regorge d'entreprises, d'idées et de talents qui en font d'ores et déjà une "ville numérique" qui compte. Nantes, deuxième ville du web en France, n’est pas une légende née dans un service de communication, c’est une réalité d’aujourd’hui.

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L’ambition Le territoire des nouveaux réseaux numériques : la ville intelligente Nantes doit construire pour 2030 sa place de grande métropole numérique de pointe sur une quintuple base : ‣ une économie boostée par de nouvelles activités ‣ une démocratie renforcée par la transparence de toutes les données publiques

une information abondante et plurielle produite localement ‣ l’émergence d’un ou de plusieurs médias contemporains démultipliés incarnant la métropole ‣ Internet envisagé comme un "bain" et non plus comme un outil.

Ce nouveau territoire s’appuie sur les réseaux plutôt que sur les hiérarchies.

conscience forte, le déclin des médias traditionnels se poursuivra et l'information se produira ailleurs. Sans intervention publique métropolitaine, la floraison de médias

locaux connaîtra ses limites. Sans réflexion collective, le risque existe de la poursuite des politiques onéreuses de production de médias liés aux diverses collectivités.

La crainte Le territoire asséché Un territoire qui ne produit pas sa propre information est un territoire en déclin, un territoire où l’information ne circule pas est en déficit démocratique. Sans prise de

Les mutations Engager vite la réflexion publique Malgré une visibilité faible (qui aurait imaginé Wikipédia, Facebook ou Twitter il y a 20 ans ?), il y a nécessité, et peut-être urgence, à redéfinir l’action publique. ‣ En matière d’information, il faut une nouvelle approche publique qui s’appuie sur le foisonnement des médias indépendants. Les atouts de Nantes sont considérables et il faut dès maintenant valoriser ce potentiel.

En matière économique, il y a un enjeu de développement métropolitain sur la base d’un terreau d’entreprises innovantes qui doit permettre au territoire de jouer la carte de la singularité nationale et internationale. ‣ En matière de vie quotidienne, pour les habitants et leurs activités de toutes natures, il faut assurer le "très haut débit" pour

tous pour éviter une nouvelle forme de précarité qui serait numérique. D’ici 2030, le poste d’élu délégué à l’évolution numérique pourrait bien devenir une fonction éminemment stratégique dans le gouvernement local.

Pour aller plus loin...

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UN TERRITOIRE DES PROJETS CITOYENS Tendances Un foisonnement citoyen La métropole nantaise connaît depuis une période récente une floraison de projets citoyens. Ils naissent d’associations ou de groupes d’individus constitués pour l’occasion. Ce ne sont pas de simples idées mais des projets étayés, construits, développés et qui affirment d’emblée leur vocation à être... réalisés. Qu’il s’agisse du nouveau Pont Transbordeur, du transport par câble (téléphérique), des Ekovores, du collège-Lycée expérimental Freinet, de la Pempta Glaz, de Nantes métropole omnisports... tous ces projets confirment une tendance : les citoyens organisés se posent en porteurs de projets alternatifs ou complémentaires à ceux des élus en charge de la décision publique. C'est au sein même du Conseil de développement qu'est née l'idée de micro-centrales hydroélectriques utilisant les rivières de l'Agglomération.

Une écoute grandissante D’abord traités avec un peu de condescendance par les collectivités, ces projets citoyens ont peu à peu gagné en crédibilité. La qualité technique des projets et la mobilisation de ceux qui les portent leur confèrent une place nouvelle dans l'espace public. Dès lors qu'ils sont portés à la connaissance du public par les médias, ces projets s'intègrent au débat, au point parfois que les habitants ne font plus la distinction avec les initiatives qui émanent de la puissance publique.

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L’ambition La métropole de la co-construction La métropole de 2030 devra s'appuyer sur une nouvelle manière de co-construire les grands projets.

Le temps sera révolu des projets venus "d’en haut", bâtis sur le seul socle technicopolitique.

Cette méthode de construction des projets partagés est un des éléments d'un nouveau mode d'intervention citoyenne qui va bouleverser la gouvernance des territoires. C'est le moyen de réinterroger les grandes infrastructures sur leurs coûts économiques et sociaux.

‣ C'est une nouvelle manière de fabriquer

"sachants" et les "vulgaires", les “gens de peu“ et les “elites“, il y a des risques de blocages sociaux et de fracture grandissante entre décideurs et habitants. Dès lors pourrait s'instaurer une concurrence stérile entre projets et au final une

grande difficulté à construire du "commun".

du "commun" en définissant l’intérêt général autrement que par la seule gouvernance déléguée. ‣ C'est un enjeu démocratique considérable pour le XXIe siècle.

La crainte Le territoire bloqué La méconnaissance de cette poussée de la société civile et de sa capacité à non seulement proposer mais aussi construire est un germe de fractures. Si cette nouvelle donne est ignorée, au profit des anciens schémas opposant les

Les mutations L’appel à projets citoyens Cette floraison de projets citoyens est une chance dont il faut profiter dès maintenant. Il faut valoriser les espaces de dialogue et de mise en débat des projets citoyens. Le Conseil de développement est, parmi d'autres, un de ces lieux. Il fait d'ailleurs école avec l'essor d'initiatives qui naissent

dans la métropole pour développer cette nouvelle approche citoyenne : conseil intercommunal de développement de Ste Luce-Thouaré-Mauves, coordination des Conseils Indre-St Herblain-Couéron. Il faut également multiplier les appels à projets en les assortissant d’une aide pour les faire croître. Il y a là un nouveau gise-

ment d'idées tout à fait important. Chacun de ces projets, sous réserve d’exigence minimum, mérite d’être examiné et surtout d'être respecté sans être considéré comme une contestation des réalisations officielles.

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VERS UN TERRITOIRE DU DEBAT PERMANENT Tendances La multiplication des structures participatives Depuis quelques années, les structures participatives se sont multipliées dans les territoires en même temps que de nouveaux outils sont apparus, liées aux technologies de l'information, bouleversant les conditions de l'expression citoyenne : réseaux sociaux, internet mobile... Pour faire émerger cette "parole citoyenne", les collectivités ont recours à une infinie variété de dispositifs : conseils de quartiers, d'enfants, de jeunes, d'anciens, de citoyens étrangers, de personnes handicapées, forum d'habitants, panels citoyens, budgets participatifs... Un grand "marché" de la participation s'est ouvert dans lequel les Conseils de développement ont une originalité particulière à faire valoir.

L'originalité des Conseils de développement Deux grandes familles de logiques participatives sont à l'œuvre. La première est celle de la logique descendante, celle de la question posée avant le débat. Elle se traduit dans les panels citoyens auxquels les collectivités ont beaucoup recours. La seconde famille, à laquelle appartiennent les Conseils de développement, est celle de l'autonomie de la réflexion et de l'organisation du débat. Il s'agit aussi de répondre à des questions, mais en créant les conditions de l'échange sans autre guide que celui qui est construit collectivement. Cette organisation autonome permet de produire du débat et de la pensée.

Un débat public institutionnel faible Ce foisonnement de la participation aboutit aussi à un paradoxe, celui de faire apparaître un débat citoyen vivant à côté d’un débat institutionnel faible.

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L’ambition La Grande Université participative : "Ma Ville demain" en continu Nous avons besoin d'un territoire dans lequel s'organise un débat continu, une sorte de "Ma ville demain" permanent proposant activités et échanges pour entretenir la discussion publique. Ce serait le sens de la création d'une grande Université participative permanente capable de transcender le "je" et de transformer "ma ville demain" en "notre ville demain“.

Tout comme l'élaboration des projets de territoires est passée du recours aux bureaux d'études à l'appel aux citoyens, l'organisation du débat public doit dépasser les seules structures spécialisées et ponctuelles. Il ne s'agit plus simplement de poser des questions thématiques aux citoyens mais de leur proposer un débat permanent, seule condition aujourd'hui d'une

information et d'une formation citoyennes de qualité pour construire une véritable délibération collective. Cette Grande Université participative permanente ne serait pas une institution supplémentaire mais une respiration nouvelle.

La crainte L’institutionnalisation du participatif Il existe un risque réel d'institutionnalisation de la participation citoyenne avec une évolution vers certaines dérives, du type de celles qu'a pu connaître le secteur so-

cio-culturel : de plus en plus d'outils, d'organismes et de professionnalisation avec de moins en moins de débats avec l'extérieur. Cette institutionnalisation du participatif

est un risque sérieux d'amoindrissement du débat.

Les mutations Retrouver l’éducation populaire Cette Grande Université Participative peut d'ores et déjà se mettre en mouvement en valorisant l'existant. Le Conseil de développement a évolué au fil des années vers une formule de plus en plus ouverte qui privilégie la montée du niveau de connais-

sances. D'autres structures de participation citoyenne l'ont imité dans ce sens. Les citoyens ont d'abord besoin d'être écoutés, informés et formés plutôt "qu'animés" par des spécialistes. C'est à cette condition qu'ils débattent et proposent utilement. Il

faut s'appuyer dès aujourd'hui sur l'existant pour réinventer, au goût du XXIe siècle, une grande ambition, celle de l’éducation populaire.

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PARTIE 3

3 La métropole des anticipations ................................................................................................................................................................... p. 31 Pour un territoire de transition écologique .................................................................................................................................................................... La métropole de la réussite éducative .............................................................................................................................................................................. Vers une métropole de la santé par le sport .................................................................................................................................................................. Un territoire du renouvellement .........................................................................................................................................................................................

p. p. p. p.

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Dans ce monde d'incertitudes, les gagnants auront anticipé les grandes évolutions. Les enjeux sociétaux sont immenses puisqu'il s'agit d'accoucher un monde que nous percevons encore mal. La transition écologique doit permettre une nouvelle forme de croissance, encore faut-il que les outils, pour y parvenir, soient modernisés. Pour réussir cette transition et développer des secteurs aussi fondamentaux que l'éducation de l'enfance ou l'activité physique et sportive, l'outil métropolitain devra être renforcé et doté de nouvelles compétences élargies. L'obsolesence du schéma institutionnel classique apparaît de plus en plus forte.

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POUR UN TERRITOIRE DE TRANSITION ECOLOGIQUE Tendances L'incertitude C'est une banalité de constater que le monde qui s'ouvre en ce début de siècle a des contours très incertains. Après les controverses sur son origine, on mesure aujourd'hui que le changement climatique est peut-être plus rapide que prévu, sans qu'on puisse en mesurer clairement les conséquences. La raréfaction des énergies fossiles, couplée aux besoins grandissants d'une population qui continue de croître, place l'humanité devant des défis gigantesques.

Les plus faibles déjà touchés Ici et maintenant, ce qu'on appelle la "précarité énergétique" touche déjà certaines catégories d'habitants. Ce phénomène est appelé à s'accentuer avec les effets de la crise. A l’échelle planétaire, les plus faibles sont les premières victimes des bouleversements environnementaux.

Un paysage énergétique bousculé d'ici 2030 D'ici le milieu du XXIe siècle, les mutations s'annoncent importantes Le pétrole : comment prépare-t-on l'après ? Le charbon : toujours abondant mais sa combustion produit du CO2 en quantité. Où en sera le captage et le stockage ? Le gaz : abondant, il semble avoir de l'avenir Les énergies renouvelables marines : le grand atout de l'Ouest Atlantique ? L'eau chaude solaire : une vraie alternative à des dispositifs énergétiques devenus trop couteux ? Le nucléaire : une part réduite dans la production électrique et un uranium cher, mais quid des progrès technologiques ?

Des comportements qui évoluent peu La société est encore peu apte aux changements de comportements, compte tenu de modes de consommation encore très gaspilleurs. Le "greenwashing" n'est pas pratiqué que par les entreprises qui ont besoin de verdir leurs façades et leurs produits pour des motifs commerciaux. Il est aussi largement l'apanage des individus qui répondent volontiers aux sondages en affirmant que l'action est urgente tout en étant beaucoup moins enthousiaste quand il s'agit de modifier réellement et en profondeur des comportements de tous les jours.

Une prise de conscience à géométrie variable La question écologique a, peu à peu, investi le discours public. Elle est désormais transversale à l’échiquier des décideurs politiques. Mais cette prise de conscience reste fragile puisque la crise économique la relègue déjà au rang des préoccupations secondaires.

A lire :

Novembre 2010

nantes-citoyennete.com

Délégation pilotée par Pierre BICHE et Richard MARTY

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Conseil de développement de Nantes métropole Enjeux du développement durable Questions citoyennes pour une approche pragmatique Depuis plus d'un quart de siècle, le concept de développement durable a pénétré l'ensemble des sphères de la vie publique. Et pourtant, il faut rappeler sans cesse ce qui a fondé l'idée de base, à savoir un triple défi pour l'humanité : celui des déséquilibres économiques, celui des disparités sociales et enfin celui de la dégradation de l'environnement. L'expression est aujourd'hui tellement intégrée dans le vocabulaire courant qu'elle en perd parfois le sens de son objectif premier : préparer l'avenir des générations futures en tenant compte des limites d'une planète déjà largement sollicitée en termes de ressources naturelles et de capacité à répondre aux besoins de ses 7 milliards d'habitants. Il a été beaucoup dit et écrit sur le sujet et le Conseil de développement n'a pas vocation à élaborer un "énième" traité sur le développement durable, ni à prendre une posture militante. L'objet est bien d'abord de porter un regard citoyen sur ces questions et d'apporter à la C o m mu n a u t é u r b a i n e u n e n s e m b l e d e propositions qui soient de nature à aider les élus à mettre en œuvre démocratiquement les mesures adaptées à la situation. C'est la mission que le

Conseil a assumé dans le cadre de l'élaboration de l'Agenda 21, c'est celle qu'il doit remplir aujourd'hui dans l'accompagnement du Plan Climat de Nantes métropole. Conformément à cette mission et à sa tradition, le Conseil peut exprimer des approches variées sans chercher à définir une position unique ou alignée sur les échos médiatiques du moment et surtout en cherchant à dépasser les conflits stériles. La communauté urbaine élabore aujourd'hui un Plan Climat pour la mise en œuvre duquel elle a souhaité une large association des habitants. Elle a souhaité que le Conseil de développement prenne sa part dans cette démarche et apporte son concours, notamment en alimentant les "Rendezvous annuels du Plan Climat" dont la première édition se tiendra en 2011. C'est dans cet esprit de coopération que le Conseil veut apporter sa contribution, en participant à l'élaboration d'un questionnement le plus pointu possible. Si les bonnes questions sont posées, loin des slogans ou des anathèmes, les élus, en charge de l'action publique, seront mieux en mesure de faire partager des réponses et des décisions dont certaines pourraient se révéler contraignantes.


L’ambition L’invention de la nouvelle modernité Un monde nouveau est en train de naître, pour lequel nous sommes démunis. Le territoire doit y entrer sans a priori idéologique, en se tenant à l'écart à la fois des scénarios catastrophe et des naïvetés convenues. Cette transition sera fondée sur deux enjeux et deux principes : ‣ Un enjeu d'innovations Pour que cette transition soit un atout du développement, elle doit se construire sur plusieurs piliers : - l'accompagnement des changements de comportements - une Recherche tournée vers l’anticipation et les techniques créatrices d’emplois - la valorisation du recyclage et du réemploi - la préparation aux risques naturels accrus - le concept de "métropole verte et agricole"

‣ Un enjeu démocratique

peuvent favoriser le déni. Au-delà des valeurs de solidarité et de bien commun, il y a lieu de faire appel aussi à quelques moteurs classiques de la nature humaine : la recherche de l'intérêt en est un. L'économie d'énergie sera un acte efficace s'il s'accompagne d'un gain financier, l'usage des modes de transport doux se développera s'il est considéré comme plus pratique que l'automobile... le seul objectif de "sauver la planète", même s'il est noble, reste encore largement en deçà de la capacité moyenne du commun des mortels. ‣ Un autre principe d’action : une modernité positive. Même si les remises en cause peuvent être drastiques, la société de 2030 ne doit pas avoir "l’écologie triste". Il y a un nouveau mode de vie à inventer dans lequel la notion de progrès a toujours un sens.

par ci, un panneau photovoltaïque par là...), de la logique de poursuite de la "peinture verte", du cantonnement aux leçons de

morale et de l’incapacité à se préparer aux chocs.

Construire un modèle économique et social prenant en compte la notion de "monde limité" est un enjeu démocratique nouveau. Les remises en cause de certains acquis, les ruptures de comportements qui pourraient en résulter supposent que les systèmes de gouvernance politique aient la capacité d’intégrer ces situations. Les politiques publiques ne s'affranchiront pas de la question de leur acceptabilité sociale par les habitants et donc des conditions démocratiques dans lesquelles elles s’exerceront. C’est l’enjeu du sens de l’action publique. Pour que la lisibilité locale soit assurée, il faut une lisibilité globale. ‣ Un principe d'action : "la vertu avance plus vite lorsqu'elle chevauche l'intérêt" : Les discours de catastrophe et de culpabilisation ont leurs limites et génèrent davantage d'angoisse que de volonté d'agir. Ils

La crainte L’arrêt sur image Faute de réflexion collective approfondie, le risque est celui de la continuation de "l’écologique anecdotique" (une éolienne

Les mutations Agir vite La métropole doit se saisir dès aujourd'hui de la question de la transition en amplifiant son action à plusieurs niveaux : ‣ un programme prioritaire de l’énergie : économies, traitement de la précarité, réhabilitation du parc de logements anciens ‣ une politique d’accompagnement des changements de comportements à grande

échelle pour un territoire 2030 capable d’absorber les chocs ‣ la recherche d’une gouvernance modernisée pour tenir compte des enjeux ‣ une réflexion intellectuelle de haut niveau sur la question écologique (déjà esquissée avec la mise en oeuvre du Conseil scientifique du Plan Climat).

Cette action rapide est la condition indispensable pour faire de cette transition un atout du développement et éviter d'opposer l'économie à l'écologie.

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LA METROPOLE DE LA REUSSITE EDUCATIVE Tendances L'Université mieux considérée que la petite enfance Les politiques publiques mettent généralement l’accent sur l’Université et l'enseignement supérieur en général. Les grands établissements d'enseignement et de recherche sont mis en valeur à travers une grande variété de formules : économie de la connaissance, pôles d'excellence… Les territoires sont en concurrence pour attirer les "cerveaux" et en faire bénéficier l'économie locale.

La petite enfance reste un sujet d'intérêt communal Ces "cerveaux" sont malheureusement moins considérés quand ils sont débutants et la question de la petite enfance n'est le plus souvent envisagée que sous le seul angle des modes de garde. Le sujet est souvent considéré comme mineur ou, à tout le moins, pas comme une priorité. Il reste traité à l'échelon communal sans vision territoriale d'ensemble d'un bassin de vie. Pourtant les experts s'accordent à considérer que la petite enfance est la période pendant laquelle se noue une large part du futur.

Un constat d'échec éducatif L'Education nationale constate que 15 % des enfants entrent aujourd'hui en 6e sans savoir lire et écrire correctement. Cette situation produit, à moyen et long terme, des effets graves sur la cohésion de la société.

Un facteur d’attractivité L’accueil de la petite enfance et les conditions de son épanouissement dans la ville constituent un facteur majeur qui guide le choix d’implantation pour les familles. Pourtant, cet indicateur reste trop souvent considéré comme mineur.

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L’ambition Le territoire de l’enfance : la métropole de la réussite éducative Une métropole attractive doit d'abord être un territoire de la réussite éducative. L'investissement dans la petite enfance est aussi important, voire peut-être plus que

celui qui est conduit pour l'enseignement supérieur. Pour rayonner, un territoire doit être celui de l'enfance et parier sur son avenir. Un puissant outil métropolitain dé-

centralisé pourrait innover dans ce domaine.

La crainte Le renforcement des ségrégations Les problèmes de ségrégation sociale sont récurrents avec 15-20 % d’une classe d’âge au collège qui connaît des difficultés de

lecture et d’écriture. La question de la cohésion sociale relève d'abord de l'éducation. Si cette question n'est pas traitée au

fond, les risques de fracture sont importants.

Les mutations Un thème métropolitain Il faut engager très rapidement un processus de prise en charge métropolitaine de la question de l’enfance, non seulement en

matière de structures d'accueil mais aussi en termes d'éducation globale. Ceci est un sujet majeur pour l'avenir et suppose une

évolution des compétences métropolitaines.

Pour aller plus loin...

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VERS UNE METROPOLE DE LA SANTE PAR LE SPORT Tendances Une demande de santé La santé est une revendication contemporaine d'autant plus forte que la vie sociale se fonde de plus en plus sur la sédentarité. La combinaison du développement de la mobilité motorisée et de l'essor de la société numérique font apparaître un monde dans lequel l'activité physique se réduit peu à peu au seul loisir volontaire. Cette demande de santé ne concerne pas que l'aspect physique, elle a trait aussi à une demande d'équilibre général de la personne, de plus en plus prégnant du fait de l'allongement de la durée de vie de l'ensemble de la population.

Une approche du sport basée sur d'anciens schémas Les politiques publiques de l'activité physique et sportive restent appréhendées à l’échelle communale, alors que les habitants vivent au quotidien la multiterritorialité. Il s'ensuit parfois des concurrences stériles et surtout une absence de prise en compte du sport dans la plupart des documents de prospective territoriale. Par ailleurs, le développement de la demande de sport-loisir est parfois difficilement pris en compte par des acteurs sportifs d'abord organisés pour la compétition.

Le sport, élément fort de l'attractivité du territoire La notoriété des grands clubs et celle des équipements participent à l'attractivité. Le sport est aussi un spectacle et par conséquent la composante d'une image territoriale. Il est souvent rappelé que la Communauté urbaine agit fortement sur les politiques culturelles avec, en retour, des conséquences positives sur l'économie locale.

Un renouveau sportif à Nantes La mise en sommeil provisoire du Football Club de Nantes sur la scène sportive a permis de faire apparaître le dynamisme des sports de salle et de mettre en lumière de nouveaux clubs, masculins et féminins, dans plusieurs disciplines (Volley, Hand, Basket) qui participent à la notoriété du territoire. Le "haut niveau" nantais des années 2010, dans lequel il faut souligner la part du sport féminin, dans les sports de salle mais aussi dans le football, offre ainsi une image renouvelée et diversifiée.

Des projets venus de la société civile La nouvelle donne sportive territoriale favorise l’émergence d’initiatives venues des citoyens. Qu’il s’agisse de “Nantes métropole omnisports“, “d’A la nantaise“ ou encore de projets développés par les clubs (Urban City), ces initiatives révèlent une mobilisation féconde en faveur du développement sportif.

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L’ambition Un grand projet sportif métropolitain Afficher un objectif de métropole "en bonne santé" n'est pas simpliste, c'est au contraire une grande ambition pour le territoire et un objectif majeur pour le bienêtre de ses habitants et leur capacité à se mobiliser collectivement. Un grand projet sportif métropolitain pour 2030 est une des conditions de la santé

physique et mentale des habitants. Ce nouveau dessein sportif serait fondé sur une triple base : ‣ un grand projet partagé à l'échelle de la grande métropole, privilégiant la santé des habitants et la pratique de masse

‣ un sport de haut niveau "pluriel" régulé à

l'échelle métropolitaine pour en faire un élément pérenne de la notoriété ‣ une nouvelle génération de grands équipements polyvalents, comme une Arena 2030, pour faire de Nantes un repère en matière de sport.

La crainte Le sport réduit à la dimension communale Sans prise en compte des politiques publiques à l'échelle métropolitaine, le sport ne rayonnera que par intermittences et les grands objectifs de santé publique resteront lettre morte. Il y a aura une continuation des politiques communales, avec les

risques de contradiction et de repli sur soi qui s'y rattachent. La pénurie d’événements sportifs liés au territoire et l'absence de synergie aboutiront, au final, à une pratique stagnante et à une image territoriale amoindrie.

En outre, l'absence d'intervention publique laissera le champ libre aux initiatives strictement consacrées au spectacle avec toutes les dérives qui sont déjà celles rencontrées dans certains sports de haut niveau quand il n’est pas régulé.

Les mutations Un diagnostic métropolitain pour une ambition sportive Il faut engager rapidement, avec l’Auran, un diagnostic sportif complet du territoire pour jeter les bases d'une réflexion à l’échelle métropolitaine. C'est la condition pour intégrer enfin le sport dans l’aménagement du territoire et dans les démar-

ches prospectives. C’est aussi la condition pour un large accord négocié sur les finalités d’une politique publique sportive dépassant les frontières communales et prenant en compte de nouveaux objectifs relatifs à la santé, aux nouvelles pratiques...

Le territoire a réussi sa mutation culturelle dans les 20 dernières années. Il doit conforter et amplifier sa mutation sportive d’ici 2030.

Pour aller plus loin...

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UN TERRITOIRE DU RENOUVELLEMENT Tendances Une situation générale qui bouge peu La jeunesse peine à faire sa place dans un monde où les décideurs pensent encore souvent "avec leurs artères". Les femmes ont toujours du mal à s'imposer dans les processus de décision, même si la loi a permis de corriger quelques défauts trop visibles. Ce qu'on nomme aujourd'hui la "diversité", et qui n'est rien d'autre que la variété d'une population appelée à se mélanger de plus en plus, est peu valorisée malgré la richesse et le potentiel qu'elle représente. Cette situation a une conséquence, celle de produire un débat public convenu, souvent affadi et dont une grande partie de la société contemporaine se sent à l'écart.

Des atouts locaux La population de la métropole nantaise est un territoire jeune, renouvelé par les apports de population extérieure et par sa vitalité étudiante, dans lequel des initiatives de toutes natures existent : jeunes entrepreneurs du web, bouillonnement culturel. Les germes du renouvellement existent, même s'ils ont encore du mal à se traduire dans la gouvernance du territoire.

Et des risques... comme ailleurs La métropole nantaise n’est pas une île et elle se trouve confrontée aux phénomènes contemporains : revendications communautaires, logiques particularistes, dialogues culturels complexes. Ces tendances ne sont ni inexorables, ni nouvelles, elles demandent seulement à être abordés avec quelques principes partagés pour fonder une vie en commun.

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L’ambition La métropole universaliste Il faut que le territoire fasse une place plus grande aux jeunes, aux femmes, à la diversité culturelle… mais il faut surtout qu'il offre une expression à l’ensemble des couches sociales qui le composent. Le choix n’est pas entre le jeunisme et la géronto-

cratie, il s’opère entre une gouvernance partagée et une professionnalisation des modes de prise de décision. Les décideurs doivent ressembler à la société qu'ils représentent et le projet de territoire doit acter ce principe. Cette res-

semblance devra se fonder sur un cadre démocratique global dans lequel les électeurs ne sont pas que des intermittents du "spectacle démocratique".

La crainte La démocratie "désenchantée" Le risque d’un éloignement de la vie démocratique est déjà présent aujourd’hui. Il va grandir si la réponse publique n’est formulée qu’en termes de “quotas“ et de logiques communautaires.

Le germe de cette démocratie "désenchantée" est déjà présent dans la progression des taux d’abstention pour certaines consultations électorales.

La conséquence est celle d’une désagrégation progressive de l’espace de débat public.

Les mutations La démocratie intégratrice Les collectivités ne sont pas obligées d’attendre les lois pour changer leurs pratiques. La démocratie participative est un début de réponse, mais qui reste insuffisant. C’est l’ensemble des corps intermé-

diaires qui sont réinterrogés dans leurs pratiques et leurs moyens : organisations politiques, syndicales, confessionnelles, laïques. Peut-être faut-il, comme pour la parité homme-femme, se donner quelques

règles pour intégrer des catégories de populations qui ne se sentent pas légitimes pour participer à la gouvernance du territoire ?

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L'exercice prospectif peut avoir le défaut d'une certaine idéalisation de l'avenir avec pour conséquence la minimisation des risques inhérents à la vie d'un territoire et des habitants qui le composent. Pour se projeter dans l'avenir, il faut donc identifier les principales vulnérabilités du territoire et rechercher les éléments d'une graduation de ces risques en fonction de leur gravité, criticité et probabilité. Il s'agit aussi d'évaluer les capacités de réponse et de réaction à ces risques. Il s'agit enfin de soulever la question de la démocratie et de la transparence des risques. Le temps n'est plus aux experts détenteurs de vérités cachées mais à celui du partage de l'information.

Les vulnérabilités naturelles Elles sont liées à la fois à notre position géographique et aux conséquences des changements climatiques. Elles concernent l'eau tant pour sa qualité, sa disponibilité que pour ses excès qui sont ceux de l'inondation. La vulnérabilité sismique existe également et les nouvelles normes européennes l'ont remise en lumière.

Les vulnérabilités technologiques L'Histoire locale est jalonnée d'évènements douloureux, du nuage toxique aux marées noires. Parmi ces vulnérabilités technologiques, certaines sont récurrentes comme le tunnel ferroviaire de Chantenay ou la traversée par les trains de la raffinerie de Donges. Il faut y ajouter aussi le risque de rupture énergétique dans un territoire qui consomme beaucoup plus qu'il ne produit. A ces vulnérabilités identifiées, il faut ajouter les risques sanitaires (pandémies, virus…) et ceux qui sont émergents comme les champs électro-magnétiques ou la dégradation de la qualité de l'air intérieur… L'actualité récente est venue rappeler aussi qu'un grand incendie urbain est toujours possible.

Une action métropolitaine à encourager Une action originale en matière de prévention et de gestion des risques urbains est conduite depuis plusieurs années par Nantes métropole. La thématique est souvent difficile à mettre à l'agenda des élus et de leurs services, s'agissant d'événements hypothétiques. Une approche intercommunale a cependant été engagée pour mutualiser des moyens et créer les fondations d'une culture renouvelée de la gestion des risques. Cette action mérite d'être saluée.

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LES VULNERABILITES DU TERRITOIRE L’ambition La métropole résiliente Les notions de vulnérabilité et de résilience ne peuvent être dissociées : l’impact d’un aléa peut être très diminué ou au contraire très amplifié selon la capacité de réponse de la société. S'agissant des risques évoqués ici, les éléments constitutifs d’une résilience du territoire reposent d’abord sur une capacité d’analyse des situations et de leurs acteurs, puis sur des processus éducatifs préventifs, et enfin sur une gestion de crise qui aura été réfléchie en amont de la survenue des évènements dommageables. La perception des vulnérabilités d’un territoire doit donc s’accompagner d’une connaissance des "parties prenantes" et expliciter les relations potentielles entre ces différentes composantes. Il s’agit d'identifier l'ensemble des conséquences (économiques, sociales, psychologiques) d'un événement exceptionnel afin de pouvoir proposer des pistes d’actions de prévention. Construire une résilience des territoires consiste à constituer un réseau d’acteurs prêts à réagir en cas de crise. Cette résilience se fonde sur l’information et la communication, sur la connaissance des réseaux, sur la mise en place d’une culture partagée.

La crainte Elle réside à la fois dans la sous-estimation des risques, ce qui peut aboutir, comme dans le passé, à quelques regrettables erreurs comme… construire une tour de 32 étages dans l’axe de la piste d'un aéroport ou réaliser l’extension de la Raffinerie de Donges autour de la voie ferrée Nantes-Saint-Nazaire. La crainte est aussi dans la surestimation du danger, ce qui conduit rapidement à la culture stérile du catastrophisme.

Les mutations

A lire :

Un projet de territoire qui inclue la culture du risque Au-delà de certaines dérives du "principe de précaution", qui se transforme parfois en principe d'abstention, c'est une démarche d'analyse et d'identification qu'il faut d'abord conduire. Le volet "prévention des risques" doit donc être intégré au nouveau projet de territoire, non pas comme un frein aux initiatives mais comme un appui au développement. L'objet est de construire une "culture du risque", encore assez faible chez les habitants et souvent… chez leurs élus. Cette culture partagée est le meilleur antidote au catastrophisme.

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SECURITE, SURETE, LES QUESTIONS QUI FACHENT Les questions de petite délinquance, de respect des règles sociales sont peu abordées dans un projet de territoire. Elles sont parfois niées alors qu'elles touchent d'abord les plus faibles. La société du XXIe siècle affirme une mixité… que personne ne pratique. Les discours sur le "vivre ensemble" sont abondants alors que la société contemporaine supporte de moins en moins les contraintes. Que sera le territoire de 2030 s'il se fragmente encore plus et si chacun souhaite organiser l'espace en multipliant les barrières ?

OUESTMEDIALAB

LA METROPOLE DES CUEILLETTES Le territoire du futur sera celui d’un nouveau rapport à la nature. Pourquoi ne pas en finir avec des parcs publics plantés uniquement d’essences décoratives ? Pourquoi ne pas renouer avec des plantations d’espèces fruitières qui permettraient aux familles de pratiquer la cueillette ?

Cette plate-forme de recherche et d'innovation sur les médias numériques, appuyée sur les atouts locaux, aurat-elle réussi son pari en 2030 : faire de la métropole nantaise le lieu incontournable d'invention permanente des médias futur ? OuestMédialab sera-t-il le grand catalyseur numérique de la production et de la circulation de l'information du XXIe siècle ?

L’ILE DE NANTES EN 2030 Ce nouveau quartier aura-t-il défini son statut en 2030 ? quartier branché, cœur de ville, cœur d'agglomération, cœur de métropole ? Avec un nouveau CHU, préfiguration de l'hôpital du futur, un quartier de la création à la pointe des innovations et de nouveaux équipements de mobilité, l'Ile de Nantes s'inscrira-t-elle dans la grande Histoire de l'urbanisme de la ville ou une banalisation de l'urbain nantais ?

LE GOUT D’ENTREPRENDRE La métropole de 2030 aura besoin de toujours plus d’entrepreneurs pour réussir les mutations qui l’attendent. Il faut encourager le goût d’entreprendre, « l’envie de métier » dans toutes les franges de la jeunesse. C’est une des conditions pour un territoire gagnant.

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ET ENCORE BIEN D’AUTRES QUESTIONS... LA MIXITE DES EMPLOIS INDUSTRIELS Malgré de réels progrès, les femmes ne sont pas encore assez présentes dans les emplois de production industrielle. Un des enjeux métropolitains est de concourir à la modification des pratiques non seulement des entreprises mais de l’ensemble des dispositifs éducatifs d’orientation pour fonder le développement et le renouveau industriel sur une vraie mixité.

OSER REGARDER A 2050 Dans une société marquée par la globalisation et par des échéances environnementales lourdes, la vision à 2030 est peut-être encore trop courte ? Même si l’échéance est lointaine, une réflexion prospective à 2050 peut-elle permettre de mieux distinguer les tendances de fond, notamment pour le lien à prévoir entre la vie quotidienne et le contexte de raréfaction de l'énergie fossile ou du réchauffement climatique ?

LA METROPOLE INTERGENERATIONNELLE Au fil du temps, on est passé de 2 à 3 puis 4 générations cohabitant dans le même espace de vie. L’enjeu de la métropole 2030 est de savoir partir de cette richesse pour transformer les relations sociales et conforter les mécanismes de solidarités.

LES PATRIMOINES Pour savoir où l'on va, mieux vaut savoir d'où l'on vient… La question des patrimoines est souvent oubliée dans la prospective territoriale. Ce n'est pourtant pas une thématique passéiste : les patrimoines, de toutes natures, sont indispensables pour tracer des perspectives d'avenir.

ET SI LE RECHAUFFEMENT NOUS... REFROIDISSAIT ? Deux courants marins "chauds", le Gulf Stream et la circulation thermohaline, donnent à l’Ouest européen un climat océanique doux, alors qu’il devrait avoir un climat continental, comparable à celui du Québec à la même latitude. Le réchauffement pourrait perturber ces courants marins et induire une évolution vers un climat plus continental en Europe avec des hivers froids et des étés chauds. Ce ne serait pas le climat de Nice à Nantes, mais celui de... Montréal. Ce n’est qu’une hypothèse scientifique mais il n’est pas interdit d’y réfléchir.

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UNE DOSE D’UTOPIES

La prospective territoriale conduit parfois à "rêver" le territoire. Dans cet esprit, certains membres du Conseil ont souhaité franchir une étape dans la formulation de leurs propositions.

Un territoire autonome en énergie avec, entre autres, un ruban d'éoliennes le long de l'estuaire ?

Une nouvelle approche du transport public et de sa promotion par… la gratuité ?

Arthur B. Evans The Illustrators of Jules Verne’s Voyages Extraordinaires

Une "révolution" territoriale qui bouleverse la décision publique et qui fasse apparaître de nouvelles échelles remettant en cause les anciens schémas et pourquoi pas… la place centrale des communes ?

Un territoire qui redécouvre enfin Jules Verne avec un Vernoscope ludique et scientifique qui rayonne dans le monde entier ?

Une autre révolution territoriale qui permette une gouvernance différenciée pour les différentes échelles de territoires et peut-être même selon les sujets... ?

Une révolution démocratique qui remette au goût du jour la question du "tirage au sort" dans certains modes de décision publique ?

Et même le FCN… remontant en Ligue 1 ?

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Ils auront 40 ANS en 2030

*

L'exercice prospectif, même quand il est participatif, est souvent pratiqué par des citoyens manifestant un certain goût pour la vie publique. Pour aller chercher la parole d'un autre public, le Conseil a sollicité l'association UnisCité qui accompagne et anime des groupes de jeunes effectuant leur service civique. Donner la parole aux jeunes est un thème récurrent du discours politique mais la mise en œuvre du principe est souvent plus complexe. Le Conseil de développement tente de le faire, sans publicité, en organisant depuis deux ans un dialogue libre et sans tabous avec les jeunes volontaires. La diversité des profils, leurs regards de "jeunes" sur leur territoire, mais aussi leur démarche d’engagement citoyen au service de leur communauté nous ont paru constituer une richesse qui pouvait nourrir utilement les réflexions sur le projet de territoire. À partir de discussions en petits groupes, de jeux de rôles, ils se projettent dans l'avenir, esquissant ainsi un portrait de génération. Ce n'est pas une enquête scientifique sur la jeunesse mais simplement l'écoute de ceux qui, en 2030, seront les forces vives de la société quand ceux qui auront pris les décisions d'aujourd'hui seront retirés de la vie publique. Ils ne sont pas représentatifs des diverses catégories qui forment la jeunesse mais ce qu'ils disent est important à entendre. Leur expression trace l'avenir d'un monde à construire : le leur.     

* 46

Expérience de dialogue avec 48 jeunes volontaires du service civique


Ce qu’ils veulent...

un monde dans lequel cohabiteront quatre, voire cinq générations.

Une ville écologique Ils ont intégré les principes du développement durable qui font désormais partie de leurs bases intellectuelles. Ils sont sensibles à l'environnement, à l'eau, au tri des déchets, à la propreté... même si leur mode de vie quotidien n'est pas toujours en phase. La ville de demain est, pour eux, une ville écologique pour laquelle ils souhaitent dessiner de nouveaux contours. C'est une priorité pour eux.

Une ville imaginative et participative Ils sont sensibles aux initiatives originales et innovantes et font preuve d’imagination quand on leur demande de faire des propositions. Ils réclament davantage de participation et la capacité d’intervenir en permanence sur la décision publique.

Une ville culturelle Ils plébiscitent Nantes et son offre culturelle et veulent un territoire ouvert, mélangé et dynamique. Leur définition de la culture est large puisqu'elle englobe aussi bien les salles de spectacle que les bars.

Le chômage L’échec familial

Une ville solidaire et protectrice La ville d'avenir souhaitée est celle qui s'apparente un peu à la cellule familiale : elle est agréable, à dimension humaine et on s'y sent bien. On peut y exercer sa liberté tout en bénéficiant d'une certaine protection collective. Les notions de solidarité, de coopération sont importantes pour eux. Une ville intergénérationnelle Ils sont particulièrement sensibles au lien entre les générations, d'autant qu'ils vivront

Ce qu’ils craignent...

Ce qui les caractérisent : une certaine défiance Vis-à-vis de l’entreprise En matière d'emploi, l'entreprise ne fait guère rêver. Sur la base d'expériences familiales ou personnelles, ils expriment des réticences sur le monde économique, perçu parfois de manière négative et ne correspondant guère à leurs attentes. Ils se projettent plutôt dans l'emploi associatif, social, public qui leur paraît le mieux correspondre à leurs attentes.

Vis-à-vis de l’action politique Ils ont une vision contrastée du personnel politique, souvent formatée par les médias. Ils font peu confiance aux hommes politiques au plan national, en s'appuyant plus sur les "affaires" ou les "scandales" que sur l'action publique quotidienne. Leur vision change au plan local, où leur perception des élus est plus positive mais globalement ils expriment une confiance très modérée. L’engagement est pourtant important pour eux mais ils l’imaginent plutôt dans l’associatif que dans la politique. Tous ont affirmé qu'ils votaient régulièrement, résumant leur position dans une formule lapidaire "on vote pour le moins pire". Vis-à-vis du "progrès" Ils vivent dans une société hyper connectée. Pour eux, Internet n’est pas un outil mais un "bain". Pourtant, ils s’interrogent sur la vitesse et les conséquences de certains progrès techniques. Contraitement aux générations qui les précèdent, ils questionnent le "progrès" en permanence.

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UNE MOBILISATION TRES FORTE

Merci à tous les membres du Conseil de développement, à leurs réseaux, aux contributeurs volontaires, aux associations et à tous ceux qui s’associent aux réflexions et aux travaux sur le projet de territoire Jean RENARD, rapporteur Michel JOUVET, Philippe LAUNAY, Henri FAVRE, animateurs de la délégation "Ambition et attractivité, économie et développement" Christian DAVIAS, Catherine MAILLOT, animateurs de la délégation "Modes de vie, comportements sociaux" Pierre MONTEL, animateur de la délégation "Nouveaux médias, nouveaux réseaux numériques" André-Hubert MESNARD, Gérard BOURGOIN, Marc MOUSSION, animateurs de la délégation "Territoires de vie quotidienne" Richard MARTY, Pierre BICHE, animateurs de la délégation "Enjeux du développement durable" Michel CORDIER, Norbert CHETRITanimateurs de la délégation "Pôle de réflexion territoriale sur le sport" Jean-Yves PAILLOUX délégué général aux relations extérieures ABBE Jean-Charles, ABDESSLAM Yvonne, ABOUDEINE Omar, AIGROZ Gérard, ALLARD Gérard, AUBRON Laurence,, BARBEROUSSE Jacques, BAUDON Claudine, BEAUGE Anne, BECHU Nicolas, BELHACHE Jacques, BELLEIL Pierre, BELLOT Alain, BELOUARD Robert, BEZIE Yvon, BONOMO Walter, BOURGEAU Henri, BOUVAIS Walter, BRANCHEREAU Jean-Pierre, BRIAND Dominique, BRILLET Catherine, BRISAC Didier, BROTTES Pierre, BROUARD Jacques, BRULPORT-FUSTIER Françoise, BURBAN Philippe, CASSERON Yves, CHAGNAUD Yoann, CHAMPS Paul, CHARMOIS Grégoire, CHARRIER Jean-Claude, CHATEIGNER Marc, CHEVALIER François, CHEVRET Rémi, CLAYSSEN Jacques, CORDEIRO Stéphanie, COUSSIN Christophe, COUVRAND Gilles, DAGAULT Jacques, DAVID Jean-Paul, DAVID Michel, DAVY Jean-Michel, de La GATINAIS Ghislain, de LAPORTE Bertrand, de PHILIP Emmanuel, DELABOUGLISE Vincent, DELOISON Laurent, DELOUCHE Jean-Paul, DEMAURE Elisabeth, DENIAUD Michel, DEPRIESTER Marc , DESHAYES Bruno, DIALINAS Manoël, DIQUELOU Thierry, DROGOU Jean, DROILLARD Jean, DROUET Michel, DUBOS Charly, DUGAND Gérard, DUGAST Jean-Noël, DURAND Alain, DURIN Henri, DYON Jérôme, EVEILLARD Christian, EVENOT Mireille, FARGEAS Georges, FAURE Jeannine, FAYRET Jean, FAZAL-CHENAI Méry, FLAMAND Olivier, FLEURANCE Jeannette, FLORIN Agnès, FONTAINE Alain, FRIOUX Mathieu, FRITSCH Bernard, GALLERAND Gérard, GAUTIER Yves, GERDAOUI Cécile, GICQUEL Guillaume, GIRERD Jean-Pierre, GIROU Raymond, GOURDY Alain-Louis, GROSSIN Hervé, GROUPY Guy, GUEGAN Paul, GUEVEL Hervé, GUILBAUD Jean-Luc, GUILBAUD Jean-Pierre, GUIMENDEGO Maurice, HAMELIN Loïc, HAMON Armand, HEBEL Jo, HERBRETEAU André, HUBERT Jacques, HUCLIER Sandrine, HUET Jean-Luc, JANNIN Yves, JOSSE Philippe, JOUAN Robert, JOUIN Jean-Claude, LACHAISE Christophe, LADRIERE Marc, LAÎNÉ Yves, LAIR Jean-Michel, LASSALLE Christine, LE GUENNIC Alcime, LE GUINER François, LE HENAFF Alain, LE MAGUERESSE Jean-Yves, LE MAREC Gisèle, LE ROY Jean-Pierre, LE RUDULIER Joël, LE TOUZO Jean-Yves, LECLERCQ Françoise, LECOINTE Yves, LEFEBVRE Claude, LEFEBVRE Marc, LEMAISTRE Roger, LEMOULT Bernard, LOIZEAU Maurice, LOUNAS Farid, LUGADET Jean-Bernard, MARBOEUF Daniel, MARHADOUR Marc, MARIAUD René, MARIN Yves, MASSON Pierre-Marie, MAUMY Jean-Jacques, MESLIN Frédéric, MESSINA Michel, METIVIER Denis, MORA Henri, MOREL Jean-Claude, MUNIER Pascal, NEUILLY Jean, NICOLAS Jean, OLLIVIER Daniel, OUZEAU Jean-François, PAICHEREAU Guy, PAINEAU Catherine, PARET Daniel, PAUVERT Etienne, PELTIER Christian, PERINELLE Roger, PEROY Marc, PERRIGAULT Thierry, PERROLLET, Fabrice, PETERLIN Elisa, PEYON Jean-Pierre, PLEE Michel, PLUCHON Bernard, POGGETTI Adrien, PORIER Marc, PRAT Yvan, PRENEAU François, PREVOST Simon, PUIROUX Hervé, RAPETTI Danielle, RENAULT Jean-Louis, RETAILLEAU Marcel, REY Bernard, RIALLAND Jean, ROBIN Yves, ROMANET Michel, RONDEAU Jean-Yves, ROUGERON Gaëlle, RUMEN Bernard, SAMZUN Carole, SAO Mari-am, SAVARY Louis, SCORDIA Bernard, SCOTT Annick, SEPTIER Joseph, SIWA Dieudonné, STERN Jacques, TARIB Fatiha, TERRIEN Andrée, TESSIER Christian, THEBAUDEAU Christine, THOMAS Cécile, TORLASCO Emmanuel, TOTAL Stéphanie, TRÉBUCHET Pierre,VERCHERE André,VIDAL Annick,VIE Patrick ADAPEI, ADELIS, ADIE, ADSEA, AFEV, AFPA, ACB, Alisée, ANDE, Anneaux de la Mémoire, APAJH, APF, Grandes Écoles, Associations de consommateurs, Atelier des Initiatives, Atlantic 2.0, AVF, Bretagne Vivante SEPNB, CCI, CDOMS, CDOS, Centre LGBT, CGL, CGPME, Chambre d'Agriculture, Chambre de Métiers, Chambre des Notaires, CHRU, CID, CINA, CJCN, CJD, CLCV, Club d'Industriels de l'Estuaire, CNL, COBATY, CODELA, CODERPA, Collectif Transports, Comité des banques, Confédération Paysanne, COORACE, COSMO 44, CRESS, CRIJ, CROS, CSF, École des Parents, Ecopôle, Écossolies, Espace Simone de Beauvoir, Eur@dionantes, FAL 44, FCPE, FDOTSI, Fédération des Amis de l'Erdre, FNSEA, France Bénévolat, GAELA, GENEPI, HANDISUP, Harmonie Atlantique, HCFDCE, JCE, JOC, Le temps pour ToiT, Lion’s Club, Loire pour Tous, LPO, Maison de l'emploi, Maison de l'Europe, Maison des citoyens du Monde, Médecins du Monde, MEDEF, Médiagraph, Mission locale, MNLE, Nantes Atlantique Place Financière, NAPCE, Ordre des Avocats, Ordre des Experts Comptables, Ordre des Médecins, PEEP, POL'n, PRINA, Profession Sport, PRUN', Restaurants du Cœur, Secours Catholique, Secours Populaire, CFDT, CFE CGC, CFTC, CGT, CGT-FO, FSU, UNSA, Trempolino, UDAF, UFCV, Unis-Cité, Université de Nantes, Université Permanente, UPA, UREI , USH... Les Conseils de développement des territoires proches, les structures consultatives communales, Unis-Cité et tous les jeunes volontaires du service civique, les étudiants de l’Ecole Centrale Les contributeurs de "Nantes.2030" : Alain Astarita, Laurence Aubron, Ellen Bencina & Laurent Mareschal, Jean-Marie Biette, Walter Bonomo, Pierre Boucard, Walter Bouvais, Olivier Bres, Pascal Couffin , Marc Dejean, Claire Gallon, Frédéric Lossent & Cécile Petident, Dominique Luneau, Yves Monteil, Adrien Poggetti, Philippe Roux et Julien Kostrèche, Marc Saboureau, Cécile Thomas, Antony Torzec, Eric Warin Tous les invités, intervenants dans les séances du Conseil : ARDOIS Patrick, BALDUCCI Jean-François, BENY Didier, BERTY Anne, BEZIE Yvon, BLAISE Jean, BLINEAU Benoit, BODIN Carole, BOIS Stéphane, BOUCARD Pierre, BOURDINOT Michel, BRUGÈRE Fabienne, BRUHAT Thierry, CAILLON Jean-Pierre, CANIAUX Michel, CHALUS Jean-Pierre, CHAMBON Pierre, CHANTARAUD Jean-François, CHARLES Jean-Luc, CHIRON Pascale, CHOQUET Catherine, CLERGEAU Christophe, CLERGEAU Marie-Françoise, CLOAREC Nathalie, COMBEUIL Vincent, CORDEIRO Stéphanie, COUDRIER Christiane, COUEDEL Marie-Bertille, CROUAN Xavier, DANTEC Ronan, DE LA GATINAIS Ghislain, DENIAUD Joseph, DEPUYDT Anne-Mie, DURAND Bruno, DURAND Julien, FIEUX Philippe, FIGUREAU Claude, FLORIN Agnès, FOUCHERRE Nicolas, FOURAGE Bernard, FRÉMEAU, GALLIOT Gilbert, Philippe, GALLON Claire, GARREAU Joël, GASNIER Jean, GODINEAU Dominique, GOUREAUX Marinette, GOURITEN Yves, GRANDGUILLOT Thomas, GUERET Jany, GUILLOTIN Philippe, GUIN Yannick, HAMON Armand, HEBRARD Jean-Patrick, HEGO Michel, HOOGE Emile, JAIGU Hervé, JAUSSAUD Pierre, JOUZEAU Marie-Hélène, KOSTRECHE Julien, LAINÉ Yves, LAVAUD Jean-Marie, LE DRENN Jean-Luc, LE GAL Annie, LE PICHON Philippe, LE TEUFF Florian, LEBOUTEUX Geneviève, LEGENDRE Jean-Pierre, LEPAROUX Pierre, LESTRADE Dominique, LOIRAT Isabelle, LORENZI Jean-Hervé, LUGADET Jean-Bernard, LUNEAU Dominique, MANACH Laurent, MARESCHAL Patrick, MESLIN Frédéric, MORA Henri, MORAND Michel, MOURS Bertrand, MUSTIÈRE Alain, NAEL Myriam, NEYROLLES Marie-Hélène, OLLIVIER Daniel, ORFEUIL Jean-Pierre, ORPHELIN Matthieu, PAILLOUX Patrick, PAPAUD Michel, PAVAGEAU Benoist, PECH Thierry, PELLETIER Gaël, PICQ Pascal, PINSON Gilles, PLÉE Michel, POIRIER Paul, RABUEL Sébastien, RAISSON Virginie, RAPETTI Danielle, RETAILLEAU Marcel, RETIÈRE Gilles, RETIÈRE Jean-François, RICOT Jacques, ROBERT Patrick, ROCHER Sébastian, RODICQ Alain, RODRIGUEZ Amandine, ROLLAND Johanna, ROMANET Michel, ROSE Paul, ROUSSEL Fabrice, ROUX Philippe, SCHERRER Eric, SMETS Marcel, SOUCHARD Grégoire, SUPIOT Alain, TARIN Michel, TENZER Nicolas, TOCQUER Pascal,VIOLLAND Thierry,VISSUZAINE Luc, WARIN Eric ... Remerciements particuliers à l’AURAN pour la qualité de sa coopération avec le Conseil de développement


NANTES 2030 AMBITIONS MUTATIONS LE SCÉNARIO DES POSSIBLES

Contribution à

Retrouvez l’émission du Conseil de développement sur Eur@dionantes : Fréquence citoyenne 101.3 FM

Conseil de développement de Nantes métropole - Tour Bretagne - 44047 Nantes cedex 1 T. 02 40 99 49 36 / conseildedeveloppement@nantes-citoyennete.com / www.nantes-citoyennete.com

Conception, crédit photos : Brigitte Simon

Juillet 2012

Ambitions-Mutations 2030  

Contribution du Conseil de développement de Nantes métropole à la démarche de prospective territoriale : "Ma ville demain, inventons la métr...

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