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Molotov

l’esquisse improvisée d’une sozgorod


Perm from ideology to typology

Oscar Buson Guillaume de Morsier MÉMOIRE DE DIPLÔME Supervision de: Prof. Dr. Laurent Stalder Ass. Elke Beyer

Zurich, février 2009


Dans le cadre de notre travail de diplôme, nous avons eu l’occasion de vivre deux mois à Perm. Dans cette ville de l’Oural, nous avons découvert un quartier avant-gardiste encore peu connu, ce qui nous a poussés à écrire cette recherche. Les sources concernant ce quartier et la période dans laquelle il a été construit, sont malheureusement très difficiles d’accès et parfois contradictoires. Les changements politiques radicaux des années 1930 les ont effacées ou dispersées les rendant ainsi rares ou inexistantes. Nous avons donc collecté des sources d’autres types, non seulement venant de bibliothèques et d’archives, mais aussi de rencontres faites sur place ou d’observations personnelles. Afin d’offrir la possibilité au lecteur de considérer toutes nos souces, même les plus originales, nous avons choisi de les présenter dans l’ordre chronologique de leur découverte. Quatre catégories ont été définies pour décrire les différentes natures des sources. Elles mèneront finalement à notre thèse qui propose Molotov comme l’esquisse improvisée d’une sozgorod. Nous avons également suggéré des rapprochements thématiques possibles que le lecteur pourra suivre à sa guise.


2. 8. 3. .6

7. 5.

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4. 9 .1

.10


1. Lebedeva 11, Clinique 2. Gracheva 12, Clinique 3. Uralskaya 85, Fabrika Kuhnja 4. Ziolkovskogo 15, bâtiment administratif 5. Rozalii Zemlyachki 11, école d’agriculture 6. Uralskaya 87, maison des maîtres 7. Uralskaya 110, logements étudiants 8. Uralskaya 85, école technique 9. Tsiokolvskogo 16, Lebedeva 14,12, Industrializatsii 12/7, 14, logements collectifs 10.Industrializatsii 16, 18/54, logements collectifs


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9 30 31 32 33 3 4 28 2 35 27

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18 19 2 0 1 6 17 21 15 2 2 14 23 13 12

0

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extrait

Les extraits présentent les renseignements tels que nous les avons trouvés dans différents documents.

Journal

Le journal permet de suivre chronologiquement les circonstances dans lesquelles nous avons récolté nos sources.

fiche

Les fiches offrent un aperçu des édifices qui composent Molotov.

Molotov

Ce texte suivi est un tableau descriptif qui, au travers du concept de la sozgorod, propose une reconstruciton critique de Molotov.


Perm, le 8 juillet 2008

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Arrivée à Perm : 4h30 Transit en bus de l’aéroport de Perm vers l’hôtel Eva. Katherina Batanova, architecte moscovite travaillant alors à Londres, nous invite pour le lendemain à faire une visite des bâtiments constructivistes de Perm.

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Début de la visite : 9h00 Départ en taxi avec Katherina et Konstantin Kasstrissianakis en direction place Druzhba. Il n’y a pas un nuage dans le ciel et la température s’élève à plus de 35 degrés à l’ombre: une surprise. Nous achetons des cartes de la ville et nous retrouvons Vladimir Gladychev, journaliste et historien de Perm. En longeant la rue Uralskaya en direction de Motovilikha, Gladychev nous explique que plusieurs bâtiments situés le long de la route viennent d’un plan de l’architecte Hannes Meyer. Parmi eux il y a un foyer pour étudiants. Les arbres nous cachent la vue, nous n’arrivons pas à distinguer l’immeuble. Nous passons ensuite devant ce que nous définirons premièrement comme une usine de cuisines, attribuée à l’architecte Golossov. Gladychev nous quitte pendant quelques heures en nous laissant une liste de bâtiments que nous irons visiter sans lui. Après la visite de deux cliniques à Motovilikha, nous poursuivons notre tour dans le centre ville, où se trouvent plusieurs autres bâtiments constructivistes. En fin de journée, nous nous rendons à Zakamsk pour voir la dacha de Golossov située sur la rive nord de la Kama. La vue vers Perm est très suggestive.

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18 Dom Gorsovet, Bolshevistskaya 51. 7. Technikum, Ostrovskogo 60

Dom Gorsovet, Bolshevistskaya 51. 1932, 8. Dom Chekistov, 8. Dom 1932, Chekistov, Sibirskaja 30 Sibirskaja 30

Technichal school, Ostrovskogo 7. Technikum, 7. Technikum, Ostrovskogo Ostrovskogo 6060 60

Dom Chekistov, 1932, 8. Sibirskaya 30 Dom Chekistov, 1932, Sibirskaja 30

Central Hotel, 9 9 Sibirskaja 9 9. Central Hotel, 9.Sibirskaya Central Sibirskaja Hotel,

9. Centra

10. Gorsovet 10. House, Gorso Bo

Golosov, Zakamsk 8. Dom Chekistov, 8. DomDacha Chekistov, 1932, Sibirskaja 1932, Sibirskaja 30 30

9. Central 9. Hot Ce

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Rotterdam, le 15 juillet 2008

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En guise de synthèse de la visite constructiviste, nous réalisons une planche situant les bâtiments que nous a présenté Vladimir Gladyshev. Intrigués par le nom de Hannes Meyer qui été évoqué ä de nombreuses reprises, nous écrivons deux jours plus tard un mail aux archives du Bauhaus. Très intéressée par notre visite, l’archiviste Elke Eckert nous invite à nous rendre à Berlin afin de pouvoir fouiller dans les archives de Philipp Tolziner, ancien membre de la Bauhaus Brigade Hannes Meyer.

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Rotterdam, le 17 juillet 2008

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Correspondance éléctronique avec l’archiviste du Bauhaus-Archiv

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Sehr geehrter Herr Guillaume de Morsier, vielen Dank für Ihre Anfrage. In unserem Archiv befindet sich der Nachlaß von Philip Tolziner. Darin befinden sich Unterlagen zu ihrem Thema. Mit freundlichen Grüßen Elke Eckert Archivarin Sehr geehrte Frau Elke Eckert, Danke sehr für ihre Antwort. Wäre es möglich zu wissen genau velche informationen in die Philip Tolziner Archiv sind? Ich suche ziemlich Präzise Informationen und wollte wissen wenn es sich lohnt nach Berlin zu kommen. Ich brauche Stadtplanungspläne und Bilder von die Projekte in die Stadt Perm. Es wäre perfekt wenn Sie mehr Informationen darüber geben könnten. Besten Dank, Mit feundlichen Grüssen, Guillaume de Morsier Sehr geehrter Herr de Morsier, der Nachlaß von Philip Tolziner ist sehr umfangreich. Es gibt Dokumente, Fotos, Pläne und Zeichnungen aus seiner Tätigkeit im Arbeitslager Ussolag und Unterlagen aus seiner Arbeit in Solikamsk. Weiterhin Unterlagen zu seiner Arbeit in der Restaurierungswerkstatt für Baudenkmäler in Perm. Dazu gibt es auch Fotos. Mit freundlichen Grüßen Elke Eckert Archivarin Sehr geehrte Frau Eckert, Es sieht sehr interressant aus. Deshalb wollte ich wissen ob es möglich wäre hier am Kommende Freitag zu kommen. Wenn ich das richtig verstanden habe, ihr seid von 9 bis 13 Uhr offen. Und falls wir interessante sachen finden, ist es möglich Kopie zu machen? Mit freundlichen Grüssen, Guillaume de Morsier Sehr geehrter Herr de Morsier, Sie können gern am Freitag ins Archiv kommen. Aus restauratorischen Gründen ist es nicht immer möglich Kopien zu machen, aber sie können das Material fotografieren. Mit freundlichen Grüßen Elke Eckert Archivarin

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Lebedeva 11, clinique

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Ce bâtiment en briques, construit dans les années 1920, a subi des transformations intérieures pendant le régime stalinien et pendant les années 1970. La clinique est toujours en fonction.

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fiche


Gracheva 12, clinique Ce bâtiment en briques a été construit afin de compléter un complexe médical préexistant.

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fiche

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Berlin, le 1 août 2008

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Nous quittons Rotterdam pour nous rendre à Berlin. Le vendredi matin nous allons aux archives du Bauhaus pour consulter les archives de Philipp Tolziner. Nous découvrons que la Bauhaus Brigade Hannes Meyer était composée d’anciens étudiants de Meyer partis en Union Soviétique dans le but de construire la société de leur idéaux. Les documents étant en très grand nombre, nous ne parvenons pas à tout parcourir et nous faisons des photocopies de sa biographie afin de pouvoir la lire tranquillement plus tard. Nous feuilletons aussi les livres de la bibliothèque et nous trouvons des informations sur les plans pour Perm de Hannes Meyer. Nous découvrons qu’ils sont au nombre de deux. Il s’agit du plan de Sozgorod Na Gorkach pour un nouveau quartier situé entre Perm et Motovilikha ainsi que d’un plan de développement pour tout le bassin de Perm.

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extrait 16 17 54

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extrait Sozgorod Na Gorkach 22 17 57

Le projet de Sozgorod Na Gorkach est réalisé en 1932 par Hannes Meyer alors qu’il travaille à Moscou pour STANDARGORPROJEKT, le bureau spécialisé dans la planification des villes industrielles. Dans le plan de développement de Perm, Hannes Meyer prévoit la planification de deux nouvelles villes. L’une d’elles, Sozgorod Na Gorkach, est située sur un plateau entre Perm et Molotov et elle est destinée à recevoir 46’000 habitants. Ce projet est conçu selon un principe de bandes programmatiques développé par Meyer dans de nombreux travaux. Les logements se trouvent de parts et d’autres d’un axe de circulation principal nord-sud au centre duquel se trouve le marché. Parallèlement, deux bandes bordant le plateau contiennent les programmes culturels et éducatifs. Hannes Meyer dessine également un bloc d’habitation, la plus petite unité formant la ville. Des barres d’habitations sont orientées est-ouest, groupées autour d’espaces verts et reliées entre elles par de plus petites barres perpendiculaires fermant les blocs.(Jung, 1989)

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Rotterdam, 8 ao没t 2008

Superposition du plan de Hannes Meyer de la Sozgorod Na Gorkach et du plan actuel de Gorki.

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Uralskaya 85, Fabrika Kuhnja

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Cette cantine et club ouvrier est attribuée à l’architecte Panteleimon Golossov, frère de Ilya Golossov (Gladyshev, 2008). Pendant des années ce bâtiment a fourni, jour et nuit, jusqu’à 300’000 repas. Aussi appelée “cuisine technologique”, cette cantine était censée sortir la femme de son statut d’esclave au foyer. Le soir, la cantine se transformait en club ouvrier et était devenue célèbre pour sa musique attirant les amateurs de jazz, de musique européenne et de billard. L’édifice a ensuite subi un certain nombre de transformations, afin de pouvoir accueillir un supermarché de la marque Vivat.

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Perm, le 21 octobre 2008 Nous avons rendez-vous avec la traductrice Tatiana Gulyaeva avant de nous rendre aux archives de la ville de Perm. Vers 13h00 nous nous retrouvons autour d’une soupe avec Vladimir Gladychev et une archiviste. Nous avons été accueillis avec beaucoup de joie, et les cafés nous ont été offerts. Avant de commencer la visite officielle des archives, nous essayons de poser quelques questions à Gladychev au sujet du Bauhaus à Perm et de l’époque allant de 1920 à 1930. En réponse Gladyshev nous raconte l’histoire de la ville pré-révolutionnaire, de la planification centralisée à St-Petersburg et de l’importance du Tsar dans l’érection des églises en ville. Selon lui, il n’y a aucun développement urbain à Perm avant l’intervention de Staline. Après le départ soudain de Gladyshev, l’archiviste nous remet un cd-rom contenant les informations dont nous allons avoir besoin, c’est à dire un grand nombre de photos de Perm avant la révolution et les plans staliniens de 1940.

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Perm, le 31 octobre 2008 33

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Ayant appris que nous allions rester plusieurs semaines à Perm, Sergei Shamarin, architecte local de renommée, nous invite dans son bureau du centre ville. Avec l’aide de deux jeunes traductrices qu’il a engagées pour pouvoir communiquer avec nous, il nous présente ses oeuvres les plus belles. Nous sommes surpris de découvrir dans son exposé un immeuble constructiviste que nous ne connaissions pas. Le projet de Shamarin prévoyait la démolition de cet édifice dans le but de construire une tour à l’allure constructiviste, inspirée d’un projet de Leonidov. Shamarin n’aime pas l’architecture académique. Avant de partir il nous propose un délicieux café et nous fait écouter un disque de musique jazz expérimentale. Ce jour-là nous découvrons un Shamarin fin gourmet et mélomane.

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Ziolkovskogo 15, bâtiment administratif Le bâtiment se trouve à l’angle d’un bloc de logements.

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extrait Bauhaus Brigade Hannes Meyer 45 41

extraits de la biographie non publiée de Philipp Tolziner “Deux étudiants du Bauhaus, Arieh Sharon et Peter Bücking visitèrent à l’époque Moscou de leur propre gré et prirent contact avec des étudiant du WHUTEMAS. Lorsque le renommé architecte soviétique prof. Ludwig visita le Bauhaus et relata sa vie et son travail, il ne donna pas sa conférence dans l’auditoire du Bauhaus, mais dans l’appartement du directeur Hannes Meyer.” “Hannes Meyer, ainsi que de nombreux étudiants, soutint une grève des ouvriers allemands. Par conséquent, et avec l’avis de l’administration municipale selon laquelle Hannes Meyer ne s’opposa pas suffisamment aux tendances de gauche des étudiants du Bauhaus, bien qu’il ait interdit la cellule communiste du Bauhaus et que son secrétaire, l’étudiant Albert Buske fût renvoyé, et Hannes Meyer fût exclu de son poste de directeur du Bauhaus par le maire de la ville.” “Ainsi un certain nombre de « bannis »se retrouvèrent à Berlin avec Hannes Meyer. Ces évènements ne passèrent pas inaperçus auprès de l’opinion publique et de la presse. Mais des membres de Bauhaus se trouvant à Berlin, seul Hannes Meyer fût invité à venir travailler en Union Soviétique. Il voulut cependant que sept de ses étudiants les plus proches continuent à travailler avec lui. Il n’y parvint qu’avec l’aide du célèbre journaliste soviétique Michail Kolzow.” “Ayant conscience des difficiles conditions de vie en Union Soviétique, les étudiants du Bauhaus se préparèrent en conséquence avant le voyage, se munissant de tout le nécessaire. Afin de montrer leur unité, tous les membres du groupe ainsi que Hannes Meyer s’habillèrent du même costume en tissu manchester. Une fois que les contrats de chaque membre du groupe furent réalisés, ils se nommèrent « Brigade Bauhaus Hannes Meyer ». Ils voulaient ainsi montrer leur unité, leur origine commune ainsi que la direction qu’ils suivaient. Une fois leur documents terminés, les membres de la Brigade se rendirent à Moscou entre l’automne 1930 et le printemps 1931.”

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extrait Le travail de la Brigade à Moscou 45

extraits de la biographie non publiée de Philipp Tolziner

“Durant la période d’industrialisation de l’Union Soviétique, on donna à la formation des cadres qualifiés, de l’ouvrier à l’ingénieur une importance déterminante. Afin de projeter les écoles indispensables à cette formation, un institut fût spécialement fondé, « Giprowtus ». Sa tâche était grandiose, mais les possibilités de réalisation très limitées. Il était situé à l’époque au centre de Moscou, dans les bureaux et le dépôt de ce qui est aujourd’hui un magasin de vins et spiritueux, mais avait de bons directeurs et cadres. Tous les membres de la brigade furent engagés, Hannes Meyer en tant qu’architecte principal, les sept jeunes architectes de la brigade tenus au nom « Front Rouge ».” “Le fait que l’on ait beaucoup attendu de la Brigade est confirmé par le fait que l’on invita Hannes Meyer ainsi que tous les membres de la Brigade au Comité Central des Jeunesses Communistes afin de nous expliquer l’importance et la spécificité de notre mission. Cette spécificité tenait au fait que l’on devait en un temps très court projeter des écoles techniques et des instituts supérieurs qui devraient être également réalisés dans les parties les plus éloignées du pays. Il y avait pour cela un grand manque de spécialistes en construction et de matériaux, en particulier des nouveaux, dans l’air du temps.” “Sur cette base, Hannes Meyer formula ses directives : une standardisation et une typisation maximale, partant des éléments du plan et de la construction jusqu’au bâtiment dans son ensemble ainsi que l’utilisation des matériaux et des techniques de construction les plus simples et les plus courantes.” “A notre connaissance, nos école techniques furent les premières dont les éléments, les parties et l’ensemble furent standardisés. Cette approche exigeante permit à l’époque, l’élaboration d’un grand nombre de projets ainsi que leur rapide construction. “

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41 52 25


extrait Le travail de la Brigade à Moscou 27 17 51

extraits de la biographie non publiée de Philipp Tolziner

“La brigade travaillait à la standardisation d’instituts techniques et développait des projets types ainsi que des solutions individuelles. L’un des plus importants projets individuels, la Haute Ecole Technique de la ville de Perm, fût élaboré par Hannes Meyer et Antonin Urban.”

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Rozalii Zemlyachki 11, école d’agriculture

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Cette école construite en béton est aujourd’hui une école d’agriculture. Figurant sur le plan de Meyer de 1932, elle n’est pourtant pas alignée avec le reste du projet. Elle est donc a priori antérieure à 1932, mais parfaitement intégrée par le projet de Meyer.

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Uralskaya 87, maison des maîtres

41 Cet édifice en béton aurait été projeté par Hannes Meyer en suivant partiellement les plans de Sozgorod na Gorkach.

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extrait Philipp Tolziner et les écoles 45

extraits de la biographie non publiée de Philipp Tolziner

“Mon travail en tant que membre de la Brigade Hannes Meyer à Moscou commença à l’Institut d’Etat pour la Planification des Ecoles Techniques. Mon premier projet type fût une école pour 120+30 élèves. Comme tous les projets de la Brigade, le plan de cette école était formé d’éléments types. Le couloir ne servait dans ce cas que pour la circulation. Plus tard, ce type d’école fût fortement critiqué. A l’époque déjà, j’approuvais les critiques des principes de projet uniquement basés sur une typisation parfaite. Résultant de longues réflexions et d’essais, je projetais une école sur deux niveaux pour 120+30 élèves, qui était basée sur de nouveaux principes projectuels. A la place d’un sombre couloir se trouvait une halle sur double hauteur qui ne servait non plus que de « circulation », mais aussi de lieu de repos et de salle à manger. C’est surprenant, mais le fait est qu’en comparant les facteurs économiques et d’utilisation (y compris le cubage des deux projets), la supériorité de l’école avec la halle fût démontrée. La direction de Giprowtus jugea ce projet de très bon et il fût ainsi selon leur initiative publié.” “Comme souvent, je ne sais pas si ces projets types d’écoles avec halle furent réalisés, mais j’utlisais ces principes de planification pour l’école de l’usine « Dinas ».”

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extrait Sozgorod 15

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extraits de la biographie non publiée de Philipp Tolziner “En 1933, les architectes Ph. Tolziner, K. Püschel et T. Weiner furent transférés dans l’institut « Gostroiprojekt » pour projeter le développement et la construction des blocs B8 et 10 de la ville socialiste d’Orsk. Le projet de planification de la ville d’Orsk fût élaboré par l’architecte suisse Hans Schmidt. Je travaillais sur l’organisation des espaces intérieurs et sur un groupe de maisons du quartal B8, ainsi que je projetais des maisons à 3 étages et une école pour ce quartier.” “A la place des habituelles maisons en série, j’essayais d’organiser l’espace entre chaque groupe de maisons et entre chaque maisons de telle manière qu’ils offrent une place pour les rencontres et les loisirs.” “Ce principe fût appliqué à tous les groupes de maisons du quartal. Afin de donner la possibilité aux habitants de tout le quartal de se retrouver, une place fût prévue au bout de la rue intérieure du quartal, devant l’école, accentuée par un portique. Cela avait avant tout un sens fonctionnel.”

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1938

extrait 30

extraits de la biographie non publiée de Philipp Tolziner

“Durant la période « 1938 » (sur la base des informations obtenues et de suppositions) quatre membres de la Brigade qui restèrent en Union Soviétique furent arrêtés et leurs archives ainsi perdues, y compris leurs projets et autres travaux. Trois d’entre eux qui perdirent la vie (deux décès ne sont pas encore confirmés) eurent une durée de travail limitée à sept ans. Moi, le seul qui vit aujourd’hui encore en Russie, perdis complètement la vue en 1992 et ne peux désormais travailler qu’avec de l’aide.” “La vie créative de Urban finit tragiquement lorsque le 8 mars 1938 il fût arrêté. Suite à un interrogatoire, il fit parvenir à l’aide d’un fil un message depuis la fenêtre de sa cellule à son ami Polgar qui se trouvait dans une cellule sous la sienne sur lequel il était écrit : « Cher Polgar ! J’ai été contraint de faire de fausses déclarations à ton sujet qui t’accusent. Pardonne-moi ! » Antonin Urban fût jusqu’à son décès sincère et véritable. Il perdit la vie au cour d’un interrogatoire.” “C’était une période terrible. Presque tous les jours j’apprenais qu’une connaissance ou des membres de sa famille étaient arrêtés.” “Mi-février1938 à 2 heures du matin on sonna a la porte de ma chambre. Lorsque j’ouvris la porte, je vis deux hommes qui dirigeaient leurs pistolets sur moi. Ils pénétrèrent dans ma chambre, me prièrent de m’asseoir sur une chaise et et commencèrent à fouiller ma chambre. Ils ouvrirent à l’aide d’une hache la valise d’un projecteur de cinéma hollandais que je gardais chez moi. Ils remplirent un porte-document que j’avais reçu en récompense de mon travail avec mes papiers et me firent sortir de ma chambre. La manière dont je fus arrêté était pour moi incompréhensible car ils ne scellèrent ma chambre que plus tard”

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extrait 1938

extraits de la biographie non publiée de Philipp Tolziner “Lors de l’interrogatoire suivant vinrent des inspecteurs. L’un d’entre eux avec une grande valise remplie de différents « instruments ». Dans la salle d’audience se trouvait un fauteuil en acier. Il m’ordonna de m’allonger sur le fauteuil et commença à travailler à l’aide de ses « instruments ». “Je savais déjà comment de tels interrogatoires se terminaient. Afin d’échapper à des conséquences irréparables, je dis : « Assez! ». Il cessa de frapper et je lui fis mon « aveu ». J’« avouais » avoir collecté à Orsk du « matériel d’espionnage » que je remis à l’époque à un collègue (qui était déjà depuis quelques années rentré en Allemagne). On ne me demanda pas de quel type de documents il s’agissait et mon interrogatoire fût terminé.” “En automne 1938, on nous emmena en train à Solikamsk.” “Dans la ville de Solikamsk (région de Perm) se trouve l’administration du camp de travail et d’éducation « Ussolag ».” “En été 1947 on m’annonça que ma peine touchait à sa fin à la suite des très bon résultats de mon travail.” “Je fus libéré du camp le 2 décembre 1947.”

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Uralskaya 110, logements étudiants

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Ce bâtiment figure sur le plan de Sozgorod na Gorkach. Il est attribué à Hannes Meyer, mais son incompatibilité avec la logique du plan le rend antérieur au projet de 1932.

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Uralskaya 85, école technique

41 L’école technique située sur Uralskaya pourrait selon les textes de Philipp Tolziner avoir été conçue par Hannes Meyer et Antonin Urban. Le bâtiment est réalisé en béton armé.

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Le plan s’articule en quatre parties principales: une aile comprenant les salles de classe, une aile administrative, une aile pour les ateliers et laboratoires et une salle polyvalente.

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fiche


Perm, le 14 novembre 2008

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Nous nous rendons à Molotov. Un des bâtiments étant vide, nous pénétrons à l’intérieur. L’odeur est insupportable, le bâtiment sert apparemment de déchetterie à l’ensemble du quartier. Le sol de tous les étages est jonché de déchets, des personnes semblent encore s’y réfugier la nuit, et des traces de consommation de drogue sont omniprésentes.

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Kungur, le 29 novembre 2008

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Nathalia, la gérante de notre appartement, a dû renouveler notre permis de séjour lorsque nous avons décidé de rester à Perm plus longtemps. Lorsque nous sommes allés chez elle pour prendre nos passeports, nous avons connu Micha, une chauffeur de taxi. Le lendemain ayant un jour de congé, Micha nous invite à Kungur, une ville à 100 km de Perm célèbre pour ses grottes de glace. De retour à Perm, Nathalia nous invite chez elle afin de “tester”, autour de pilminis et de jus de tomate, nos nouveaux verres en pierre achetés à Kungur. Après quelques heures de spectacles télévisés et deux bouteilles d’excellente vodka, nous lui demandons si elle connait les maisons de Molotov. Elle nous explique alors pourquoi l’un des bâtiments est vide depuis un an. Ses habitants auraient pris la fuite par sécurité, car l’un d’entre eux serait passé au travers d’un plancher...

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Perm, le 4 décembre 2008 Mail de Tatiana Gulyaeva:

Salut! J’ai trouvé un article dans un journal qui peut vous intéresser. il s’agit de ce vieux restaurant à Motovilikha qui devait devenir un “Vivat” supermarché. Alors on dit que la reconstruction a été arrêtée parce qu’elle était faite sans règlement et que cette maison devait être conservée comme un monument d’architecture et d’histoire. Le “Vivat” doit payer une amende (pas immense quand même) parce qu’ils ont continué les travaux après l’ordre d’arrêter. C’est bon? Qu’est que vous en pensez? tati

Коммерсантъ

«Горного хрусталя» новить до вить реконструкцию ажном суде приоста КЦОП требует остано ) потребовал в арбитр ранее ОП где (КЦ 85, в я, ико ска ятн аль пам ию здания по ул. Ур укц Краевой центр охраны стр овый он орг рек «Т и О аци тной документ ОП заявили, что ОО согласования проек . Представители КЦ есено ль» отн е ста ни хру зда ый что рн то «Го ан мотря на располагался рестор без согласования, нес ся памятником ремонтные работы моту (здание являет гра ре ую дом „Виват“» начал анн охр еет им , ры иват» штраф в разме ьту «В кул ТД и и ить к памятникам истори ались до осит арбитраж назнач пр лж о одо ств пр ом ля» вед о, ста тог оме рного хру конструктивизма). Кр е работы в здании «Го ащении работ ным КЦОП, ремонтны прокуратуры о прекр кой одс гор е 138 тыс. руб. По дан ени реж сте реконструкции едо по пр оты на раб тря , мо т“» нес „Ъ“ в ООО «ТД „Вива сентября 2008 года, ли сни о чем орган поя от, к Ка раб и. ументаци о приостановке до согласования док я предписания КЦОП консервации. ни по уче оты пол раб сле ить по зу ерш были завершены сра необходимо было зав и ния проектной ни ова зда в лас м сог это е и мы пр ом, дятся все необходи ово пр был уведомлен письм т», е того, и у ива ом «В Кр . ТД ии вляют юристы лы своей компетенц Кроме того, как зая ли КЦОП ю, выходит за преде ите тав ени мн едс пр их по как , же так сы размер штрафа, ро документации. КЦОП ля» было воп л ста зва хру вы а ого суд рн та», и у 2006 года здание «Го але нач ». в представителей «Вива м, оды ни зав е пом их расчетов. На «Мотовилихински 50 млн руб. у ОАО не представили никак и пивной чем тра ее цен бол за ого гов т“» тор ива о Д „В ь новог приобретено ООО «Т а сдать первую очеред ОП. ала до конца 2008 год из-за требований КЦ н вле но ста Компания планиров ио пр л бы ии укц стр он рек ресторан, но процесс Ольга Седурина

Source: http://www.kommersant.ru/region/perm/page.htm?Id_doc=1088074 [accessed: 04.12.2008]

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Perm, les 6, 7 et 8 décembre 2008

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6 Décembre 2008 Nous nous rendons à Molotov afin de réaliser un relevé précis du bâtiment de logement abandonné. Il a neigé, le sol est blanc. Arrivés sur place, le bâtiment est introuvable, pourtant nous sommes certains d’être au bon endroit. Soudain nous apercevons un fer à béton surgir de la mince couche de neige. Le bâtiment vient d’être démoli, il n’en reste que des traces. 7 décembre 2008 Tatiana nous accompagne pour relever des mesures de la façade d’un bâtiment adjacent à celui démoli. Il est encore habité, les habitants sont méfiants, Tatiana est nerveuse. Un groupe de gobniks arrive à notre rencontre ce qui nous oblige à nous réfugier à l’intérieur de l’immeuble. Dans la cage d’escalier, une porte d’appartement s’ouvre, une femme s’adresse à nous en russe. Tatiana lui explique que nous sommes étudiants, intéressés par l’histoire du quartier. La femme ne la croit pas et elle referme la porte. 9 décembre 2008 Nous retournons à Molotov avec Jana Bystrikh afin de prendre les mesures que nous n’avons pas pu prendre deux jours avant. Une babuschka curieuse s’adresse à nous et nous explique comment ces bâtiments ont été construits. Le matériau est du “schlack béton”, un béton réalisé à partir de scories et coulé sur place par phases successives. Elle-même habite le quartier, mais dans les logements réalisés en brique et de trois étages seulement. Ces édifices sont, d’après elle, les premiers à avoir été réalisés.

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Tsiokolvskogo 16, Lebedeva 14,12, Industrializatsii 12/7, 14, logements collectifs

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Logements en béton armé attribués à Sergei Tschernyschew qui seraient le résultat du premier concours sur l’habitat collectif de 1922-23, initialement prévu pour Moscou.

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Industrializatsii 16, 18/54, logements collectifs

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Deux bâtiments suivant le modèle des précédents ont la particularité d’être décorés par des stucs néo-classiques. Il est possible que cela n’ait pas été réalisé sous Staline mais qu’il s’agisse du modèle original du concours de 1922-23. Les suivants auraient ainsi été “épurés” pour des raisons économiques.

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fiche


Plan des appartements

extrait 50

Les plans de Tschernyschew sont spacieux et lumineux. Dans le cas où ils auraient été aménagés en komunalkas, les blocs auraient été habités par environ 1600 personnes. Actuellement leur nombre s’élève environ à 500.

54 37

23m2

29m2

18m2

11m

18m2

10m2

17m2

24m2

10m2

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extrait ElĂŠvations des logements collectifs 36 58 37

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Berlin, le 7 janvier 2009

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Mail de Istrid Volpert

Sehr geehrter Oscar Buson! Frau Dr. Jaeggi hatte mir im alten Jahr Ihre Anfrage aus Perm weitergeleitet mit der Bitte um eventuelle Hilfe. Ich arbeite seit den 90er Jahren an der Erforschung der Biografien und Leistungen der Bauhäusler in Russland; seit zwei Jahren habe ich mit meiner Kollegin Frau Tokmeninowa vom der Uraler Akademie für Architektur und Künste ein Netzwerk BAUHAUS IM URAL initiiert, in dem Kollegen aus Deutschland, Russland und der Niederlande projektgebunden arbeiten. Auf unserer ersten Konferenz 2007 in Jekaterinburg referierte Herr Alexander Kisseljow vom GKUK Perm (das ist die ehemalige Werkstatt für Restaurierungsarbeiten an Denkmälern für Geschichte und Kultur, die Tolziner 1950 in Solikamsk gegründet hatte) über die Entstehung der Bauten in Motochwilicha und den Beitrag von Hannes Meyer dazu. In diesem Zusammenhang sprach er auch über die Technische Hochschule (zdanie VTUZa, ul. Uralskaja 110.) Die Materialien sind 2008 in Jekaterinburg veröffentlicht - auf russisch. Wenn die Sprache kein Hindernis ist, kann ich Ihnen gern eine Kopie schicken. Herr Kisseljow sprach über Hannes Meyers Projekt der "Sozgorod na Gorkach" (siehe Hans-Jürgen Winkler: Der Architekt Hannes Meyer.Anschauungen und Werk. Berlin (Ost) 1989, S. 152. Dort Verweis auf Hannes Meyer: Bauen und Gesellschaft. Dresden 1980, S. 113.) Prof. Winkler ging dabei von den historischen Materialien im Nachlaß Hannes Meyer aus. Kürzlich wurde bekannt, dass Meyer bei seiner Ausreise aus der UdSSR einen Großteil seiner wichtigsten Unterlagen bei einem Freund zurücklassen mußte. Bei dessen Verhaftung wurden sie vom NKWD konfisziert und sind seither nicht auffindbar. Kisselow erwähnte 2007, dass von der Vielzahl der von Meyer im Projekt vorgeschlagenen Bauten bis 1936 nur 2 realisiert worden sind (das "Wohnhaus der Spezialisten" und die schon erwähnte Technische Hochschule, jetzt: Internat des Technischen Slawjanow-Colleges). Im Zusammenhang mit dem neuen Generalplan von Perm 1938 (durch Lengiprogor, ausschließlich sowjetische Architekten) wurden Meyers Pläne ad actum gelegt. Das Technikum, ul. Uralskaja 78, wird als Bau von P.A. Golossow, 1938 beschrieben, seit 1969 unter Denkmalschutz. Das Kulturhaus im. Lenina, Uralskaja

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93 (gebaut 1963), 1984 unter Denkmalschutz gestellt, ist ein Bau vom Jakov Kornfeld und T. Saikin - beide waren in Moskau bei Meyer am Lehrstuhl für Gesellschaftsbauten tätig. Das "konstruktivistische Verwaltungsbüro" ist sicher in der Uralskaja 87 "Zdanie Zavodskogo rabotschego kooperativa", 1935, 5 etagies Ziegelsteingebäude, 22 m hoch, Nr. 683 der Denkmalliste. (Denkmalliste im Permer Gebiet von 1993, Bd. 2) Keine aktuellen Untersuchungen gibt es zu dem zweiten Projekt Meyers für Perm: Nishnje Kurinsk (Nishnaja Kura=Zakamsk). Waren Sie auch dort? Zu Tolziners Schultypenbau: Es gibt (zus.mit B. Scheffler, T. Weiner) eine historische Veröffentlichung des kollektiven Projekts einer Brigadenschule, in: Za promyschlenie kadry, 1931. Die Zuarbeit der ehemaligen Studenten von Meyer ist eine eigene Forschung. Meyer hat sie wohl oft zu Rate gezogen, aber selten dann im Ergebnis öffentlich benannt. Seine eigenen Projekte in der SU sind in der Regel städtebauliche, keine Ausarbeitung von konkreten Gebäuden. Die Brigade zerfiel Anfang 1932; allerdings hatte man weiter Kontakt zueinander, u.a. durch die gemeinsame Wohnung. Sie erwähnen in Ihrer Bitte an das Bauhaus-Archiv die Schwierigkeit der Aktenlage bzw. des NichtZugangs. Ich kann Ihre Probleme nur bestätigen. Zwar werden einzeln immer wieder Dokumente gefunden (meist von russischen Kollegen, denn der Zugang bleibt Ausländern oft versperrt), aber auch daraus läßt sich schwer eine Logik des Aufbewahrens herleiten. Da die Uralregion in den 1930er Jahren große administrative Veränderungen erfuhr, können Dokumente sowohl im Permer Staatsarchiv als auch im Staatsarchiv des Swerdlowsker Gebietes liegen. Entschuldigen Sie bitte die späte Antwort. Sie erwähnten, dass Sie im Januar wieder in Berlin sein werden, vielleicht können wir uns mal treffen? Ich fahre allerdings vom 13. bis 26.1. wieder nach Jekaterinburg. Ich freue mich auf Ihre Antwort und verbleibe mit herzlichen Grüßen Ihre Astrid Volpert

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Berlin, le 12 janvier 2009

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53 37 Astrid Volpert m’invite dans son appartement à Berlin Mitte. Arrivé dans son salon, très enchanté, nous nous installons autour d’un café pour échanger nos informations réciproques. Très vite elle me démontre que la quête de sources concernant l’époque constructiviste n’est pas une mince affaire, particulièrement dans l’Oural. Après plus de deux heures de conversation, quelques décilitres de café et un délicieux gâteau aux cerises, j’apprends néanmoins que les bâtiments en béton de Molotov sont probablement de la main de Sergei Tschenyschew, architecte très russe, soutient-elle.

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Berlin, 13 janvier 2009

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Dernière visite aux archives du Bauhaus à Berlin. Après une enième fouille dans les archives de Philipp Tolziner, nous trouvons les images des écoles que la Brigade Bauhaus Hannes Meyer a construit en Russie. Nous ne trouvons cependant pas d’images concernant directement Perm.

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extrait Philipp Tolziner et les ĂŠcoles 27

images extraites des archives de Philipp Tolziner

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extrait Philipp Tolziner et les ĂŠcoles 27

images extraites des archives de Philipp Tolziner

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Zurich, le 17 janvier 2008

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De retour en Suisse nous nous sommes procurĂŠs les ouvrages qui nous ont permis de complĂŠter notre documentation.

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extrait Concours logements collectifs 1922-23 49

Projet de K. Melnikov.

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extrait Concours logements collectifs 1922-23 50

Projet de A. Belogrud.

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extrait Concours logements collectifs 1922-23 39

Projet de L. Vesnin.

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Molotov, l’esquisse improvisée d’une sozgorod

Pendant plus d’un demi-siècle, Perm a été une ville secrète. Non seulement elle a été effacée des cartes, mais il semblerait aussi que son passé de la période révolutionnaire ait été éliminé de son histoire, perdant ainsi aussi une partie de son identité. Presque vingt ans après sa réouverture, Perm semble cachée derrière un anonymat comparable à celui de toutes les autres villes russes de la même catégorie, comme si elle ne pouvait susciter aucun intérêt. Cela n’a cependant pas toujours été ainsi. Durant la moitié des années 1920, Perm a été sujet d’un certain nombre d’expérimentations architecturales et urbaines d’avant-garde. Un quartier à Motovilikha, que nous appellerons Molotov, a été construit suivant la typologie du quartal de la sozgorod constructiviste, type de ville utopique projeté à partir des années 1930. Avec la particularité d’être en continuité avec la ville traditionnelle adjacente, Molotov peut être défini comme une ébauche construite du concept de la sozgorod qui suivra.

La conception de la ville socialiste, la sozgorod, est attribuée à l’économiste L. Sabsowitsch dans les années 1928 à 1930. L’idée première était de constituer une ville aux dimensions réduites allant de 40'000 à 50'000 ou 80'000 à 100'000 habitants, ceci dans le but de permettre un rapprochement des habitants. Les sozgorods devaient être composées de « combinat » d’habitation standardisés, pouvant loger entre 2000 et 4000 habitants. Cependant la conception spatiale de la sozgorod est le fruit d’une dizaine d’années de discussions provenant la plupart du temps d’un milieu académique et de différents projets, souvent non réalisés. Parmi les caractéristiques les plus fondamentales de la sozgorod, nous pouvons citer : la standardisation des habitats, la standardisation des blocs appelés combinats, l’organisation des logements autour de programmes dédiés exclusivement aux habitants de ces mêmes combinats, ou le regroupement d’un certain nombre de combinats autour de centres proposant des programmes publics pour tous les habitants. Les projets pour des villes socialistes, souvent de nouvelle fondation, ont commencé à fleurir après le début des années 1930, lors du premier plan quinquennal, ce qui amena aussi Hannes Meyer à Perm. Cet ancien directeur du Bauhaus décrit Perm comme une région idéale car là « se trouvent ensemble, comme il advient rarement, tous les éléments pour le développement d’une économie planifiée de type socialiste, grâce à la présence de minerais dans le sol, de complexes pour l’industrie lourde et légère, de ressources énergétiques, d’un excellent réseau de transport fluvial, d’un bon réseau ferroviaire, d’un vieux centre culturel et d’une campagne parfaitement cultivée » (Meyer, 1938).

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À partir de 1932 Meyer travaille en tant que directeur dans un secteur du Standartgorproekt (projet pour la construction des villes standardisées), qui était un organe du ministère de l’industrie lourde. Il aura donc la possibilité de visiter les lieux d’intervention et de connaître les différentes réalités des régions soviétiques (Maglio, 2002). Parmi les projets qu’il a réalisé pour la région de Perm, il y a le plan urbain de 1932 de Sozgorod na Gorkach ou « Sozgorod sur la colline ». Le projet prévoit le développement de Motovilikha sur un plateau situé à mi-chemin entre Perm et Motovilikha. Cette sozgorod est conçue avec des bandes programmatiques le long desquelles sont agencés des quartals d’habitation standardisés axés Est-Ouest. Autant les barres d’habitations que les bâtiments publics sont conçus avec un nombre limité de typologies standardisées. Sur le plan de Sozgorod na Gorkach il est possible de reconnaître deux bâtiments et un quartier qui ne suivent pas la logique du projet. Leur plans ne correspondent pas aux typologies standardisées proposées par Meyer et leur orientation n’est pas axée Nord-Sud. Après la superposition de Sozgorod na Gorkach sur le plan de la ville actuelle, il en ressort que ces édifices et ce quartier sont en grande partie encore existants. Il s’agit de la maison d’étudiants rue Uralskaya 110, de l’école d’agriculture rue Rozalii Zemlyachki 11 et du quartier d’habitation de Molotov. Les premières maisons de ce quartier ont été construites à partir de 1926 en prolongation de Motovilikha, aux portes de l’usine adjacente du même nom. Les premières maisons en briques ont été construites à partir de l’année suivante (Semyannikov, 2002). En 1928 le concile de la ville décide de construire une nouvelle cité ouvrière

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avec tous les services nécessaire à ses habitants (Kiselev, 2008). En 1931 Motovilikha est baptisée Molotov, et ce quartier, le plus moderne de son époque, fonctionne comme un nouveau centre grâce à sa situation géographique et aux nombreux programmes publics qu’il propose.

Molotov était composé de vingt unités d’habitations ayant la même emprise au sol. Treize étaient construites en briques sur 3 étages et sept, sur 4 étages, en béton armé. Tous les édifices étaient assemblés dans un ordre semblable autour de cours ouvertes. Vingt-six autres bâtiments de plus petite taille, probablement en bois et antérieurs aux autres étaient ordonnés autour de deux blocs dont la dimension et la disposition étaient en continuité avec celles des blocs traditionnels avoisinants. Une propriété de ces blocs


Molotov, l’esquisse improvisée d’une sozgorod est cependant en complète rupture avec les typologies traditionnelles. La propriété privée a été abolie en 1918 et du jour au lendemain les espaces privés et publics ont été déhiérarchisés. Cependant, les typologies intégrant ce changement n’ont été développées que progressivement. Il est intéressant de remarquer les similitudes et les différences entre ces deux blocs et les blocs traditionnels où des maisonnettes en bois renfermaient des espaces privés cloisonnés. Les bâtiments des deux premiers blocs de Molotov sont aussi distribués autour d’une cour, mais ils ne font plus face à la rue ; leurs entrées sont dirigées vers l’intérieur du bloc où elles se font face les unes aux autres. Les espaces, qui dans les blocs traditionnels sont privés, deviennent ici d’une autre nature. Pour se les figurer, il suffit de penser aux espaces semi-publics proposés par les Khrushchovkas à partir des années 1960, dont la formation urbaine rappelle fortement celle de ces deux blocs.

Remarquables par leur construction et leur plan sont les sept bâtiments en béton armé. Les appartements sont spacieux, chacun équipé d’un chauffe-eau, d’eau courante et d’un système sanitaire. Les constructeurs ont porté une attention particulière à la réduction des coûts et à l’ « adaptation sociale », comportant l’édification de bâtiments fonctionnels sans éléments décoratifs (Терехун, 1980). Deux immeubles présentent cependant des décorations néo-classiques et des modifications du système distributif comportent des altérations volumétriques de la façade. La conception de ces logements ouvriers est à attribuer à l’architecte Sergei Tschernyschew (18811963) (Хазанова, 1970). Cet architecte d’empreinte académique, sera dès octobre 1930 le directeur d’une commission spéciale de l’institut Giprogor de Moscou pour la solution de l’ensemble des problèmes techniques et économiques du développement urbain. Dans ce rôle il participera à une dispute avec Ernst May au sujet de l’implantation des villes de nouvelle fondation le long du fleuve Oural (Querini, 1991). Alors qu’il était entre 1934 et 1941 l’architecte en chef de Moscou, Tschernyschew s’occupera de projets de grande envergure tels que le développement du plan directeur pour la reconstruction de Moscou (1935) ou la transformation de la rue Gorky, actuellement la rue Tverskaya (Encyclopédie de Moscou, 1997). Tschernyschew est pourtant moins connu pendant sa période constructiviste. Entre 1926 et 1927 il construit l’Institut Lénine de Moscou, bâtiment qui suscita une critique de la part de Bruno Taut lors de son premier voyage à Moscou. Taut qualifie le projet de grossier et ne correspondant pas aux caractéristiques de l’architecture russe (Schädlich, 1993). A partir de 1923 jusqu’en 1925 il participa au LEF, un groupe

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et une revue éponyme d’artistes, écrivains, poètes et architectes qui auront comme but de créer une hégémonie de gauche, calée sur le social et sur la production. Parmi ses membres les plus célèbres nous pouvons citer Rodcenko, Lavinskij, les frères Vesnin, M. Guinzburg, I. Golosov, N. Ladovskij, K. Melnikov et A. Schushev (Querini, 1991). Une partie de ces mêmes architectes se trouvera confrontée entre 1922 et 1923 dans le cadre du concours pour le développement des premières typologies d’habitation socialiste dont Tschernyschew sera un des gagnants. Le but du concours était de concevoir des appartements pour couples avec enfants et pour célibataires en intégrant des programmes communs tels qu’un club, un jardin d’enfant, un centre de soins, des bains et une laverie. Ces programmes devaient être intégrés dans deux quartals à Moscou dans le but d’être construits: le premier le long de la rue Serpukhovskaja et le deuxième dans le district Simonov. Parmi les projets rendus il est possible de distinguer les constructivistes et les traditionalistes. De nombreux projets ont distribué les unités d’habitations dans des barres de trois étages. Deux projets avantgardistes particulièrement intéressants sont ceux de Andrei Belogrud et de Kostantin Melnikov remportant le deuxième prix pour le quartal le long de la rue Serpukhovskaja. Les deux projets proposent une typologie mixte de cottages assemblés à la barre. Au rez-de-chaussée se trouvent de petits appartements individuels et les plus grands dans les étages supérieurs et la mansarde. Les accès aux logements se font par des entrées individuelles séparées de la rue par un jardinet privé. Les deux projets proposent de condenser les

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services communs dans un bâtiment commun. Le projet de Melnikov rattache les barres-maisonnettes d’habitations à un bâtiment contenant des programmes collectifs à l’aide un portique ouvert et d’une coursive fermée, créant ainsi un espace de rencontre et d’échange social par le déplacement des habitants entre les unités d’habitation individuelles et les programmes communs. Ce principe esquissé dans le projet de Melnikov deviendra l’un des principes fondamentaux de l’architecture constructiviste défini en 1928 par Moisei Guinzburg par le terme de « condensateur social ». Les gagnants ne seront cependant pas ces projets avant-gardistes. Les premiers prix seront attribués aux interprétations de Léonid Vesnin et à Sergei Tschernyschew. Les typologies d’habitation qu’ils proposent ne sont pas fondamentalement différents des appartements prérévolutionnaires, à l’exception près qu’ils intègrent le club ouvrier, les jardins d’enfants, un centre de soins médicaux, les bains publics ainsi qu’une laverie dans chaque bâtiment comme demandé par le programme. Ce type de logement deviendra le type d’habitation le plus courant des villes soviétiques pendant les 70 années qui suivront (Brumfield & Blair,


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1993). Alors qu’aucun de ces projets n’a finalement été réalisé à Moscou, c’est à Molotov que seront réalisés les logements socialistes standardisés de Tschernyschew. Les solutions techniques apportées au niveau constructif et la division structurelle permettant d’augmenter la lumière dans les appartements en diminuant les pertes de chaleur dues à la ventilation sont des éléments qui ont été particulièrement appréciés (Kiselev, 2008). La standardisation par le processus constructif a été un facteur primordial dans le choix du jury qui considérait l’économie de temps et de matériaux des atouts indispensables pour pallier le manque de logements. La standardisation des logements collectifs est aussi un facteur

récurrent de la planification de la sozgorod. Les projets de diplômes ayant lieu à partir de 1926 au VChUTEMAS sous la direction du professeur N. Ladovskij sont particulièrement remarquables. Le projet de diplôme de M. Turkus propose ainsi des logements composés par seulement deux éléments types. Les différentes possibilités d’assemblage permettent une variabilité de composition, de plan, de hauteur et de volumes (ChanMagomedow, 1983). L’intégration successive de programmes communs dans les typologies d'habitation a porté au développement de combinats d’habitations, unités primaire de la sozgorod. Un des premiers projets prototype de combinat d’habitation à été développé en 1927 par le diplômant I. Sobolew. Ses quartiers prévoyaient

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dix barres d’habitation reliées entre elles par un groupe de bâtiments de services communs à chaque blocs (cantine, club, bibliothèque, magasin, crèche, etc.). Tous les blocs étaient rattachés à un nombre de services majeurs tels que le stade, les installations sportives et un jardin. Il y avait donc une hiérarchisation du collectif : une partie des services communs qui était partagée seulement par les habitants du même bloc, et d’autres services partagés par les habitants de plusieurs blocs. Alors que nous connaissons l’origine des maisons de Molotov, nous ne connaissons pas le plan original et de l’agencement urbain qu’il propose. Les blocs de Molotov ne paraissent pas standardisés et à première vue il est difficile de parler de combinats. Il est même difficile a priori de définir exactement l’unité des blocs ou une éventuelle hiérarchisation spatiale et programmatique comme pour les projets de la chaire

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du professeur Ladovskij. Cependant nous pouvons retrouver un certain nombre d’éléments semblables aux projets utopistes de son atelier. Si nous observons plus attentivement le plan de Meyer, il est possible de reconnaître un certain nombre de structures se répétant autour des logements et à côté des bâtiments publics de plus grande importance, déterminant ainsi le nombre d’unités urbaines à cinq blocs. Par leur position à l’intérieur des espaces semi-publics des blocs ouverts, il est possible de penser qu’il s’agit ici de structures offrant des services communs aux habitants d’un bloc. Alors que les clubs ouvriers, les hôpitaux, les installations sportives ou les bains sont encore existants et localisables, parmi les programmes typiques de la sozgorod il manqué ici les écoles et les jardins d’enfant. Nous pouvons donc supposer qu’il s’agissait de structures dédiées à l’éducation des enfants des ouvriers. Ces bâtiments de petite taille étaient probablement des baraques en bois provisoires comportant quelques


Molotov, l’esquisse improvisée d’une sozgorod classes d’élèves aux âges mélangés. A l’image de la sozgorod, la sérialité par laquelle ces écoles auraient été placées à l’intérieur des blocs nous fait donc

structurer Molotov également en cinq combinats d’habitations. Aussi nous pouvons reconnaître deux bandes programmatiques. La première, composée d’une école et d’un hôpital agrandi dans les années 1920 se situant entre les blocs traditionnels ainsi que le nouveau centre de Molotov. L’autre, qui devait être le centre névralgique de Molotov, étant composé par une cantine et un club ouvrier, un centre sportif ainsi qu’une clinique. Successivement seront encore construits par Hannes Meyer une maison des professeurs et une école technique (Tolziner, 1991 et Kiselev 2008). Cette deuxième bande était placée à l’entrée de l’usine de

Motovilikha devait être donc non seulement un centre capable d’attirer par ses programmes publics un grand nombre de personnes, mais aussi un lieu de passage rythmé par les horaires de travail de l’usine voisine. Une certaine hiérarchie spatio-temporelle découle de cette organisation urbaine qui mérite quelques considérations. Imaginons-nous par exemple les ouvriers accompagner leurs enfants à l’école située à l’intérieur de leur bloc d’habitation, pour se diriger ensuite vers l’usine en s’arrêtant à mi-chemin à la cantine pour prendre le repas. Par le biais de cet exemple, nous pouvons comprendre le positionnement systématique des entrées des barres de logements vers l’intérieur des cours. Cette organisation crée un milieu sécurisé pour les enfants puisque les routes trafiquées se trouvent à l’arrière. Ces micro-centralités à l’intérieur des blocs étaient aussi les points de départs des ouvriers se rendant à l’usine en passant par la cantine. Il n’était donc pas nécessaire de devoir longer les routes comme dans les anciennes villes traditionnelles. A Molotov hier comme aujourd’hui, les habitants devaient se déplacer de cour en cour, dans un système de chemins uniquement piéton. La concentration de passages devait s’accentuer ensuite autour de la cantine, où les traces laissées par les passants dans la boue devaient dessiner des espaces au sol. L’emplacement des infrastructures communes, l’agencement des blocs d’habitations et les entrées aux immeubles, devait exercer donc une influence très forte dans l’utilisation les espaces. Les habitudes des habitants de Molotov devaient différer en de nombreux points de celles des habitants de la voisine Motovilikha. En d’autres termes nous pourrions comprendre Molotov comme un condensateur social. Ce terme introduit en 1928 par Moisei Guinzburg lors du premier congrès de l’OSA,

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Molotov, l’esquisse improvisée d’une sozgorod dont les caractéristiques rappellent les combinats de logement standardisés des sozgorods, ordonnés par rapport à l’emplacement de l’usine voisine et des besoins quotidiens de ses ouvriers. L’esthétique dépouillée de ses bâtiments ne découle pas seulement des idéaux esthétiques modernes, mais avant tout de la nécessité de fournir aux habitants les services primaires au dépit d’enjolivures de façades. Aujourd’hui la situation de ce quartier est des plus déplorables. Le manque presque total d’entretient depuis sa constitution, la fermeture de nombreux services publics et la cessation d’activité progressive de l’usine voisine lui ont conféré le statut de quartier dangereux et mal famé. Remettre à jour son histoire, c’est aussi comprendre sa logique de fonctionnement originelle, pour en saisir les possibilités infrastructurelles dont elle a si fortement besoin.

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peut être compris comme une sorte de mécanisme qui transforme les habitudes, afin de transformer l’ « homme ancien », qui était le produit du système capitaliste, en un « nouvel homme » décrit dans la littérature révolutionnaire de cette époque. Le terme de condensateur social est fondamental dans la compréhension de la doctrine constructiviste. Pour les constructivistes un condensateur social est un bâtiment, un complexe, un district ou une ville entière qui, en plus d’accomplir ses fonctions immédiates, est capable de préfigurer l’avenir des ses futurs utilisateurs en introduisant un nouveau mode de vie (Kopp, 1985). Conclusion Il ne semblerait pas que Molotov ait été la réalisation d’un projet achevé de sozgorod. Cependant ce concept offre une clé de lecture par laquelle il est possible de comprendre ses principes constitutifs et l’idée de condensateur social. Molotov est composé de blocs

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d’impression et Edition non spécifiés]

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