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MARCHES DES CAPITAUX

BUSINESS AFRICA

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“Il est important de revoir certains textes” Bafétégué BARRO, D.G de ATLANTIC ASSET MANAGEMENT Bafétégué BARRO comptabilise plus de 16 années d'expériences variées sur le marché financier régional de l'UEMOA au sein des Sociétés de Gestion et d'Intermédiation et des Sociétés de Gestion d'OPCVM. Il dirige depuis janvier 2015, les activités de Atlantic Asset Management, une société de gestion d'actifs créée en 2014 et disposant d'un actif sous gestion de plus de 38 milliards de FCFA. M. BARRO nous livre son analyse du secteur de l'Asset Management, notamment dans la zone UEMOA. Quelle est votre appréciation des enjeux de l'Asset Management en Afrique ? L'introduction de nouvelles sociétés en bourse cette année 2016 a profondément modifié le comportement des investisseurs. Les gérants doivent s'adapter et aller chercher la croissance là où elle se trouve. Ils doivent être plus réactifs et proches des équipes de distribution. Les sociétés de gestion doivent proposer des reportings personnalisés. Même si les spécialistes espèrent une amélioration de la collecte, tous sont convaincus qu'il faut mieux penser la façon de commercialiser les OPCVM. Les sociétés de gestion les plus fortes dans le marché sont toutes adossées à des réseaux bancaires. Ces réseaux assurent une grande partie de la distribution de la gestion collective dans l'UEMOA. Les banques pour la plus part préférant faire de la transformation et gérer le risque de crédit. Plutôt que de démobiliser les ressources (baisse de la trésorerie) et s'exposer au risque de marché via les OPCVM. Selon vous, pourquoi ce secteur a du mal à se développer notamment dans les pays africains francophones ? Je pense que notre industrie évolue dans le bon sens. Il y a le problème

majeur de la culture boursière, la prise en compte du risque dans les placements. Les autorités de la BRVM font un effort énorme au niveau de la communication. L'offre de titres reste encore insuffisante. Nous avons un travail d'éducation, de sensibilisation à faire auprès de nos populations. Beaucoup de sociétés ne connaissent notre activité. Et pourtant nous servons des performances honorables à nos souscripteurs. Quelles sont, d'après vous, les mesures règlementaires ou fiscales qui peuvent booster le secteur en Afrique francophone ? Il suffit juste de regarder ce qui ce passe sur d'autres marchés financiers pour booster l'industrie de la gestion collective dans l'Uemoa. Au niveau fiscale, nous avons la directive N° 02/2010/CM/UEMOA qui traite de l'harmonisation de la fiscalité dans l'UEMOA. Cette directive devrait être transposée avant la fin de l'année 2011 dans les fiscalités de chacun des états de l'union. Ce qui n'est pas encore fait les Etats. Notons que nous sommes dans une union avec plusieurs pays et des économies différentes. Au niveau réglementaire, il faut l'avouer, le régulateur a vraiment envie d'innover pour apporter des solutions aux problèmes de notre corporation.

Il est important de revoir certains textes actuels (limitation de l'actif par FCP, nombre de gérants par OPCVM, etc ) en vue de les adapter à l'évolution de l'industrie qui d'ailleurs a encore de très beaux jours devant elle. Quelles sont vos perspectives pour les 10 prochaines années ? En 2004, nous avions 4 sociétés de gestion, 8 OPCVM pour 20 Milliards d'actifs sous gestion. En 2016, soit 12 ans après, nous avons 15 sociétés de gestion pour environ 60 OPCVM avec un actif sous gestion de plus de 700 Milliards de FCFA. La Côte d'ivoire, a connu quatre années de succès économique marquée par un taux de croissance d'environ 9% par an. Nous pensons que les prochaines années seront aussi meilleures. Nous allons enregistrer l'arrivée de nouveaux acteurs en 2017. De plus en plus, on parle de la retraite par capitalisation et cela passe par les produits financiers dont les OPCVM. L'offre de titres s'améliore même si beaucoup reste à faire dans ce domaine. Tenant compte de tout ce qui précède et sans avancer de chiffres, cette activité devrait continuer de progresser considérablement. Et comme on le dit à la Banque Atlantique, « Le meilleur reste à venir ».

BUSINESS AFRICA Janv 2017  

BUSINESS AFRICA Janv 2017