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La Revue de la nouvelle élite économique africaine - N° 143 - Janvier 2017 - Distribué sur abonnement

BANQUE Madibinet CISSE nommé à ECOBANK

INTER VIEW Lucas A. NCHAMA Gouverneur sortant de la BEAC

MEDIA & COM CANAL+ renforce son offre numérique

Binta TOURE NDOYE Directrice Générale Groupe ORABANK

Le Groupe ORABANK passe à l’offensive S o u s l a h o u l e t t e d e B i n t a TO U R E N D O Y E , l e G r o u p e O R A B A N K entend jouer pleinement sa partition et gagner des parts de marché dans un secteur bancaire hautement concurrentiel


EDITORIAL

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Promotion de l’Agriculture et Agro-industrie: S’inspirer de l’exemple ivoirien

L

es autorités ivoiriennes ont décidé

industriel.

d’inscrire la Côte d’Ivoire dans la

A l’horizon 2020, son apport au PIB

dynamique de l’émergence en 2020.

national devra être de l’ordre de 40%.

Pour ce faire, tous les secteurs d’acti-

Dans le viseur du gouvernement, plu-

vité ont été pris en compte dans un

sieurs cultures industrielles et d’expor-

ambitieux programme d’investissement

tation telles que le cacao et le café, le

élaboré par le gouvernement.

coton, les oléagineux, l’hévéa, les fruits,

Ainsi, 11.000 milliards de FCFA seront

la noix de cola, les cultures vivrières, le

mobilisés pour gagner le pari du déve-

bois

loppement.

produits d’exportation de base, ont

Parmi les secteurs qui semblent bénéfi-

donné une dimension internationale à

cier d’une attention prioritaire de la part

la Côte d’Ivoire.

du gouvernement ivoirien, il y a celui de

Transformées localement à hauteur de

l’agriculture et de l’agro-industrie.

3 à 4% pour le café et 30 à 40% pour le

La Côte d’Ivoire, dont l’économie

cacao, ces proportions industrielles

dépend encore beaucoup de ces sec-

seront revues à la hausse selon un

teurs, jouit d’un fort potentiel qui sera

vaste programme d’industrialisation.

dynamisé par le déroulement du Plan national

d’investissement

agricole

(PNIA). Une enveloppe de 2040 milliards FCFA sera mobilisée pour rendre l’agriculture plus compétitive, mieux structurée et à fort potentiel économique. Représentant actuellement 40 à 70% des recettes d’exportation, ce secteur constitue, dans la perspective de la réalisation du Plan national d’investissement, le socle du développement éco-

Abba Singoro TOURE Directeur de la Publication nomique et social du pays. Le PNIA entend créer de véritables opportunités d’affaires pour les industriels agricoles qui souhaitent opérer de gros investissements. D’autant que l’agro-industrie s’inscrit clairement dans la stratégie de relance de l’Etat en matière de développement

Le cacao et le café, qui sont les

Mais la vision du gouvernement ivoirien de développer le secteur agro-industriel semble bien plus large, elle tient compte également de la transformation locale de l’or blanc ivoirien, le coton mais aussi de l’hévéa. Un volontarisme dont devraient s’inspirer nombre de pays africains. Excellente année 2017


MARCHES DES CAPITAUX

Bafétégué BARRO Directeur Général ATLANTIC ASSET MANAGEMENT

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MARCHES DES CAPITAUX

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“Il est important de revoir certains textes” Bafétégué BARRO, D.G de ATLANTIC ASSET MANAGEMENT Bafétégué BARRO comptabilise plus de 16 années d'expériences variées sur le marché financier régional de l'UEMOA au sein des Sociétés de Gestion et d'Intermédiation et des Sociétés de Gestion d'OPCVM. Il dirige depuis janvier 2015, les activités de Atlantic Asset Management, une société de gestion d'actifs créée en 2014 et disposant d'un actif sous gestion de plus de 38 milliards de FCFA. M. BARRO nous livre son analyse du secteur de l'Asset Management, notamment dans la zone UEMOA. Quelle est votre appréciation des enjeux de l'Asset Management en Afrique ? L'introduction de nouvelles sociétés en bourse cette année 2016 a profondément modifié le comportement des investisseurs. Les gérants doivent s'adapter et aller chercher la croissance là où elle se trouve. Ils doivent être plus réactifs et proches des équipes de distribution. Les sociétés de gestion doivent proposer des reportings personnalisés. Même si les spécialistes espèrent une amélioration de la collecte, tous sont convaincus qu'il faut mieux penser la façon de commercialiser les OPCVM. Les sociétés de gestion les plus fortes dans le marché sont toutes adossées à des réseaux bancaires. Ces réseaux assurent une grande partie de la distribution de la gestion collective dans l'UEMOA. Les banques pour la plus part préférant faire de la transformation et gérer le risque de crédit. Plutôt que de démobiliser les ressources (baisse de la trésorerie) et s'exposer au risque de marché via les OPCVM. Selon vous, pourquoi ce secteur a du mal à se développer notamment dans les pays africains francophones ? Je pense que notre industrie évolue dans le bon sens. Il y a le problème

majeur de la culture boursière, la prise en compte du risque dans les placements. Les autorités de la BRVM font un effort énorme au niveau de la communication. L'offre de titres reste encore insuffisante. Nous avons un travail d'éducation, de sensibilisation à faire auprès de nos populations. Beaucoup de sociétés ne connaissent notre activité. Et pourtant nous servons des performances honorables à nos souscripteurs. Quelles sont, d'après vous, les mesures règlementaires ou fiscales qui peuvent booster le secteur en Afrique francophone ? Il suffit juste de regarder ce qui ce passe sur d'autres marchés financiers pour booster l'industrie de la gestion collective dans l'Uemoa. Au niveau fiscale, nous avons la directive N° 02/2010/CM/UEMOA qui traite de l'harmonisation de la fiscalité dans l'UEMOA. Cette directive devrait être transposée avant la fin de l'année 2011 dans les fiscalités de chacun des états de l'union. Ce qui n'est pas encore fait les Etats. Notons que nous sommes dans une union avec plusieurs pays et des économies différentes. Au niveau réglementaire, il faut l'avouer, le régulateur a vraiment envie d'innover pour apporter des solutions aux problèmes de notre corporation.

Il est important de revoir certains textes actuels (limitation de l'actif par FCP, nombre de gérants par OPCVM, etc ) en vue de les adapter à l'évolution de l'industrie qui d'ailleurs a encore de très beaux jours devant elle. Quelles sont vos perspectives pour les 10 prochaines années ? En 2004, nous avions 4 sociétés de gestion, 8 OPCVM pour 20 Milliards d'actifs sous gestion. En 2016, soit 12 ans après, nous avons 15 sociétés de gestion pour environ 60 OPCVM avec un actif sous gestion de plus de 700 Milliards de FCFA. La Côte d'ivoire, a connu quatre années de succès économique marquée par un taux de croissance d'environ 9% par an. Nous pensons que les prochaines années seront aussi meilleures. Nous allons enregistrer l'arrivée de nouveaux acteurs en 2017. De plus en plus, on parle de la retraite par capitalisation et cela passe par les produits financiers dont les OPCVM. L'offre de titres s'améliore même si beaucoup reste à faire dans ce domaine. Tenant compte de tout ce qui précède et sans avancer de chiffres, cette activité devrait continuer de progresser considérablement. Et comme on le dit à la Banque Atlantique, « Le meilleur reste à venir ».


EVENEMENT

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Premier Forum de la Jeunesse et de l'Entrepreneuriat Afrique-France Les 6 et 7 décembre 2016, le MEDEF a accueilli le premier Forum de la Jeunesse et de l'Entrepreneuriat Afrique & France, réunissant décideurs publics et privés, jeunes, médias, diasporas, entrepreneurs, start upers et entreprises, réseaux d'éducation/formation, patronats africains et leurs parties prenantes.

S

ur deux jours, de grandes personnalités d’Afrique (Makhtar Diop, Tony Elumelu, Youssef Chraibi, Isaad Rebrab, Mossadeck Bally, Mthunzi Mdwaba, Rania Belkahia, Wafa Laamiri, Mohamed Dewji ), mais aussi de jeunes entrepreneurs ou acteurs de l’entrepreneuriat auprès des jeunes, ont pu débattre en plénière des potentiels et des talents de l’Afrique et de sa jeunesse, de la numérisation du continent, de la diversification des économies, des infrastructures, des synergies entre éducation/formation et entreprises, des femmes en Afrique, de l’entrepreneuriat culturel, de la force des réseaux de la diaspora, du développement des territoires... Autant de défis qui sont des opportunités pour la jeunesse et les entrepreneurs !

Partenariats et projets concrets Ce rendez-vous a également été l’occasion de réaliser des workshops au plus près des besoins des jeunes et des entrepreneurs sur la formation, les outils déve-

loppés pour co-construire des partenariats ou le business. Ce grand rassemblement a lancé les programmes pour la Croissance et la Jeunesse Active (AGYP), réseau collaboratif pour développer les partenariats et projets concrets pour la jeunesse à travers l’entrepreneuriat, initié par le MEDEF et ses partenaires. Ce réseau porte notamment la plateforme numérique collaborative AGYP développée par Qwant et les travaux issus la Déclaration « Africa 2030, manifeste pour entreprendre ensemble l’avenir », en partenariat avec le Club Afrique 2030. Récompenser la réussite entrepreneuriale en Afrique Les Prix de l’Entrepreneur de l’année Business Africa, en partenariat avec l’Institut Choiseul, ont enfin été dévoilés. Ces prix viennent récompenser la réussite entrepreneuriale en Afrique s’appuyant sur un Jury constitué de présidents des patronats africains et français et de personnalités impliquées dans la

promotion de l’entrepreneuriat. Mohamed Dewji, PDG de METL GROUP, Tanzanie, a été désigné Entrepreneur de l’année 2016 et le Prix du Jeune Entrepreneur de l’année est revenu à une femme de 27 ans, Rania Belkahia, PDG d’AFRIMARKET, Maroc. Les Prix de la Femme Entrepreneur de l’année et le Prix du Coup de cœur du Jury Business Africa seront remis au Forum économique de Bamako le 13 janvier prochain. 1500 participants Le Forum Jeunesse et Entrepreneuriat en chiffre : 1500 participants, plus de 100 intervenants, plus de 60 partenaires, 50 décideurs, 50 médias, près de 50 pays d’Afrique représentés, 40 start-ups, deux entrepreneurs primés, 2ème fil twitter en France de la journée du 6 décembre. Prochains rendez-vous au Forum Jeunesse et Forum économique organisés dans le cadre du 27ème sommet Afrique-France de Bamako en janvier 2017.


EVENEMENT

Mohamed Dewji, PDG de METL GROUP, Tanzanie, a été désigné Entrepreneur de l’année 2016

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A LA UNE

Binta TOURE NDOYE Directrice Générale Groupe ORABANK

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A LA UNE

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Le Groupe ORABANK passe à l’offensive En tant que banque commerciale, le Groupe ORABANK a compris qu’anticiper les nouveaux comportements de la clientèle est aujourd’hui plus qu’hier, une priorité. C’est ainsi que la banque a entrepris, sous l’impulsion de sa Directrice Générale, Binta TOURE NDOYE, une série d’initiatives, incluant l’amériolation fonctionnelle de ses agences, le recrutement de cadres bancaires chevronnés, le déveleppement d’outils digitaux et l’acquisition d’un système d’information des plus performants. Objectif affiché: accroitre significativement sa part de marché.

L

a transformation en profondeur du métier de la banque est aujourd’hui engagé, en Afrique aussi. Les modèles économiques y sont en pleine mutation voire en pleine révolution et l’environnement très concurrentiel du secteur financier contraint les banques commerciales à innover et à s’adapter sans cesse. Système d’information harmonisé Bien sûr, le potentiel de bancarisation des populations africaines est encore très important, encore faut-il savoir répondre avec efficacité et justesse aux besoins, souvent très spécifiques de la clientèle. Une banque semble avoir saisi les enjeux de cette nouvelle ère, en mettant en place des stratégies résolument offensives. En effet, le Groupe ORABANK, depuis l’arrivée de Binta TOURE NDOYE à la Direction Générale, multiplie les initiatives et investit fortement dans les outils d’innovations technologiques. C’est ainsi qu’après avoir lancé à Lomé des terminaux de Paiement électronique (TPE) de dernière génération, la banque vient de procéder à la mise en place d’un système d’information (SI) harmonisé et performant pour l’ensemble des filiales du

groupe, présent dans 12 pays. « Bénéficier d’un système d’information unifié est l’une des clés pour la réussite de la transformation du groupe Orabank. Cela lui permet entre autres d’optimiser ses performances et de mettre en place un reporting unifié groupe. La synergie de notre large réseau bancaire n’a de sens que si l’harmonisation de nos systèmes d’information est effective. Avoir mis en place une nouvelle solution unifiée dans l’ensemble des banques nous permet par exemple d’accélérer le lancement de nouveaux produits et l’automatisation de l’ensemble de nos activités » explique Binta TOURE NDOYE. Oragroup a fait appel à la société Sopra Banking Software pour la mise en place de la solution « Core Banking » Sopra Banking Amplitude, dans l’ensemble des banques du groupe. Les 12 projets de migration vers Amplitude se sont déroulés dans un délai rapide de trois ans. Les systèmes existants étaient hétérogènes et les banques situées dans des pays et zones monétaires différents. Un défi supplémentaire est également venu s’ajouter, celui de la fusion de la Banque Togolaise de

Développement et d’Orabank Togo. L’expérience de Sopra Banking Software a permis de sécuriser ce projet d’envergure dans les délais fixés au préalable, tout en permettant au groupe de mener à bien son ambitieux plan de développement. Sopra Banking Software accompagne les groupes bancaires dans leur développement et leur transformation digitale en Afrique, et y équipe plus de 180 établissements financiers dans une trentaine de pays. 12 pays et 1650 collaborateurs Rappelons que le groupe ORABANK est présent dans douze pays de l'Afrique de l’Ouest et Centrale (Bénin, Burkina, Côte d’Ivoire, Gabon, Guinée Conakry, Guinée Bissau, Mali, Mauritanie, Niger, Sénégal, Tchad, Togo) et dans quatre zones monétaires (UEMOA, CEMAC, Guinée Conakry, Mauritanie). Avec 126 agences bancaires et plus de 1650 collaborateurs, Orabank est en mesure de proposer à sa clientèle de grandes entreprises, nationales et internationales, de PME et de particuliers une gamme élargie de produits et de services bancaires selon des principes de proximité et de réactivité et suivant les standards internationaux. G.T


L’INTERVIEW HOTELLERIE

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Cedrick MEDEGAN

Directeur Adjoint au sein d’une filiale du Groupe ACCOR “Nous avons encore du chemin à faire dans le secteur hotelier en Afrique, mais avec la volonté, tout est possible ” Titulaire d’un BTS Négociation relation Client, et d’un Master Gestion Hôtelière, Cédrick MEDEGAN a gravi tous les échelons dans le secteur hôtelier. A Paris où il débute en 2002 en tant que réceptionniste au sein du groupe Best Western Paris Champs Elysées, il est littéralement séduit par ce milieu qui l’enchante malgré ses nombreux aléas . C’est ainsi qu’au fil des années, il est passé 1er de réception en 2006 en rejoignant un autre Leader Américain, le groupe Intercontinental Hôtels où il a développé son professionnalisme et côtoyé des clients importants. Assoiffé de réussite et passionné par son métier, il rejoint le groupe Accor Hôtels en 2010 où il exerce aujourd’hui en qualité de Directeur Adjoint Multisites.

pensez-vous qu’il y’ ait des améliorations à apporter ?

En quoi consiste votre fonction ? Mon poste est très polyvalent mais j’accentue principalement sur le management de l’équipe: formation du personnel, de la planification du personnel à la saisie des éléments paye, la gestion au quotidien des sites (rapports d’activité), un suivi de l’activité (taux d’occupation, gestion financière, yield management, relation avec les différents prestataires, fournisseurs et surtout respect et élaboration du budget. Tant de choses qui font dire qu’une journée devrait durer 48h. Quel regard portezvous sur la gestion hôtelière en Afrique ?

Cedrick MEDEGAN Directeur Adjoint d’une filiale du Groupe ACCOR

Nous avons encore du chemin à faire dans le développement du secteur de hôtellerie et du tourisme, mais avec beaucoup de volonté rien n’est impossible. Les managers manquent de formation et de stratégies ce qu’on appelle le Yield et surtout on ressent ce manque de confiance en eux. Quant aux personnels, ils manquent de dynamisme et ne bénéficient pas souvent du soutien de leurs managers, ce qui crée un mal être personnel et une démotivation de certains et tout cela ressort dans la fidélisation client.


HOTELLERIE

L’hôtellerie est un métier à part entière où l’on a besoin du leadership du manager, c’est-à-dire avoir les capacités d’analyse et surtout savoir anticiper les situations, être force de proposition, savoir responsabiliser son équipe et les pousser à une évolution future. Il faut avoir un management participatif afin que chacun contribue aux résultats du groupe, de la marque, de l’hôtel aujourd’hui nous sommes encore loin de cette réalité. Quelles sont vos ambitions à moyen, long terme, pour le continent africain ?

BUSINESS AFRICA

En toute sincérité, je suis prêt à rentrer en Afrique et apporter mon savoir-faire pour le développement du secteur hôtelier. Je félicite et j’encourage les groupes hôteliers déjà implantés comme Azalaî Hôtels et Onomo Hôtels qui font notre honneur, et, ont une culture occidentale tout en restant des groupes purement africains. Je travaille actuellement sur une structure de conseils et de formation destinés aux hôtels en Afrique ce qui leur permettra de promouvoir et développer leur business plan avec des méthodes simples et efficaces (audit, conseil et formations).

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Quels messages particuliers, avez-vous à l’endroit de la diaspora qualifiée africaine résidant en Europe ou aux Etats Unis ? Je leur demande de penser à rentrer construire et développer l’Afrique. Notre cher et beau continent a besoin de nous tous, car tout est à améliorer. Ensemble nous pouvons le faire et j’y crois sincèrement. Le plus dur est la prise de décision mais une fois cette étape franchie, nous avons tout à y gagner. Propos recueillis par A.C. DIALLO

Le Groupe ACCOR en quelques mots... Fondé en 1967 par Gérard Pélisson et Paul Dubrule, Accor est un groupe hôtelier français dirigé par Sébastien Bazin depuis 2013. En quelques années, Accor devient le premier opérateur hôtelier en Europe et un des plus importants groupes hôteliers internationaux via des marques allant de l’économique au luxe : Hotel F1, Ibis Budget, Ibis Styles, Ibis, Adagio, Adagio Access, Mercure, Novotel, Grand Mercure, Pullman, MGallery et Sofitel.L’Afrique sub-saharienne, où Accor compte 54 hôtels, de l’économique au haut de gamme, dans 14 pays, constitue un enjeu majeur pour le Groupe. L’objectif est d’ouvrir 35 hôtels d’ici 2020. La croissance économique et l’urbanisation des grandes villes, conjuguées à une demande toujours plus importante pour le secteur de l’hôtellerie, représentent une opportunité pour le Groupe qui entend se développer principalement avec les marques économiques et milieux de gamme : ibis et Novotel. Accor se développera également avec les marques Mercure et Pullman par opportunité dans les villes les plus importantes. Le développement portera sur la densification du réseau dans les pays existants et l’ouverture de nouveaux pays.


ENERGIE

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Bubacar DIALLO, Président de BENOO “Il faut arrêter de croire que le défi de l’électrification en Afrique sera réalisable par de la cosmetique d'anciens modèles” Bubacar DIALLO (34 ans), est diplômé de Sciences Po Bordeaux (2005) et du MBA “Management Responsable” d'Audencia Ecole de Management (2015). Il est spécialiste du financement du Commerce International depuis plus de 9 ans. Il a débuté sa carrière au sein de la Société Générale à la structuration d'opérations de financement international, il a ensuite dirigé le développement des produits de financement à destination des entreprises exportatrices et piloté l'animation commerciale des experts Commerce International PME de la Banque de détail. En rejoignant HSBC en 2011, il est devenu Chargé d'Affaires Commerce International, avant de prendre la responsabilité de l'équipe de Sales Commerce International en charge des clients corporate d'Ile de France. Il apporte au projet une connaissance des techniques de financement international, une connaissance des risques dans les pays du Sud et une expertise en évaluation économique des projets. Il est Président et fondateur de Benoo. Pourquoi avoir créé BENOO et en quoi consistent ses activités ?

Bubacar DIALLO Président BENOO

Le projet Benoo est né en 2014 de la volonté de trouver de nouvelles alternatives de financement pour des projets mêlant lutte contre la pauvreté et réchauffement climatique. Benoo est un néologisme qui s'inspire de trois mots « Bennoo » : s'unir en wolof, « Bénou » : l'oiseau représentant l'âme de Rê (dieu égyptien du soleil) Notre activité consiste à implanter des points d'accès à l'énergie, appelés “agences énergie”, puis à en assurer leur exploitation. Les agences énergie sont implantées dans des zones rurales agricoles en Afrique Subsaharienne, dans lesquelles l'activité économique est organisée autour de différentes structures locales, formelles ou informelles, organisées en réseaux. Benoo s'appuie sur ces réseaux et structures stables pour mettre en œuvre son projet d'électrification rurale. C'est un élément clé de son modèle. Quel est votre modèle économique ? Un point d'accès à l'énergie standardisé est installé par village et produit de l'électricité grâce à un système photovoltaïque. Il prend la forme d'un petit commerce spécialisé dans la revente de services liés à l'énergie.


ENERGIE

Le succès du point d'accès à l'énergie réside notamment dans sa capacité à proposer des services énergétiques novateurs par rapport à ceux observés dans les villages alentours (simple recharges de batteries de téléphone ou vente de lampes solaires). Nos installations disposent d'une puissance électrique suffisamment élevée pour proposer des services innovants comme la distribution de froid, la possibilité de se connecter à internet, d'effectuer des photocopies et raccorder foyers et commerces à l'électricité. Les services sont adaptés aux capacités de paiement des populations (offres de location ou d'achat). Quels avantages comparatifs procure le projet Benoo ? Pour sécuriser les paiements, le modèle Benoo repose sur un modèle d'encaissement innovant, basé sur une solution de mobile banking. Le paiement des services énergie proposés se fait de façon privilégiée via une plateforme de paiement par téléphone mobile. La plateforme offre un mode de paiement simplifié, qui s'affranchit de transfert monétaire, et qui permet en outre la mobilisation de la diaspora pour permettre l'accès à l'énergie des populations locales. En effet, l'alimentation du compte client par un tiers est rendue possible très facilement par notre solution. Opérateur intégré de projets d'accès à l'énergie en Afrique rurale, le modèle innovant de Benoo se caractérise par : - Une fourniture d'énergie renouvelable en zone rurale non interconnectée au réseau - Des points d'accès à l'énergie standardisés et adaptés aux besoins locaux - Un ancrage fort dans la structure économique locale, grâce à des partenariats avec des coopératives agricoles. - Une solution d'encaissements des ventes de services énergétiques novatrice et adaptée au contexte rural via le mobile banking. Les membres de l'équipe de Benoo sont expérimentés et disposent des savoirs-faires reconnus en matière de développement.

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Quelles appréciations faites-vous du secteur de l'Energie en Afrique ? Il existe aujourd'hui un consensus général pour affirmer que l'accès à l'énergie est un facteur clé de développement pour l'Afrique. Santé, éducation, développement du secteur productif et réduction de la fracture numérique sont au cœur des défis de demain. Par ailleurs il devient évident que le développement de l'Afrique ne pourra pas se faire sur le modèle des pays du nord, exclusivement autour d'infrastructures centralisées et portées par les énergies fossiles (pétrole, gaz, uranium). En Afrique il existe aujourd'hui une conjoncture favorable pour passer un cap réel en termes d'innovation et qui s'opère à la croisée de différents secteurs en pleine mutation technologique. S’agissant du secteur de l'énergie, les coûts des énergies renouvelables baissent pour enfin devenir compétitifs vis à vis des énergies fossiles. Par ailleurs, les solutions décentralisées via des systèmes autonomes et des mini-réseaux ouvrent de nouvelles opportunités dans les pays émergents. Quid du financement des investissements ? Nous constatons que les financements actuels sont certes très nombreux (COP21, initiatives bilatérales, fonds dédiés des grands groupes, fonds d'impact social, fondations ) mais restent peu effectifs, pour plusieurs raisons : Les investissements dans le secteur de l'énergie concernent trop souvent les solutions centralisées et construites autour de business models publics ou para-publics pas toujours efficients. Des projets trop ambitieux par rapport aux besoins réels, longs à mettre en place et dont l'impact social n'est mesuré qu'a posteriori. Les techniques de financement actuelles sont ineffectives dans des environnements faiblement bancarisés. Si on prend le cas de l'Afrique, le taux de pénétration bancaire est en moyenne de 11%, proche de 0% en milieu rural. Cela laisse peu de place aux acteurs privés et pose des vraies questions

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pour sécuriser les revenus des projets. Le défi de l'électrification de 60% des africains est énorme. Il faut arrêter de croire que le défi sera réalisable par de la cosmetique d'anciens modèles. Quel rôle le secteur privé doit-il jouer ? Le secteur privé et les initiatives entrepreneuriales locales doivent prendre le lead par rapport aux initiatives publiques qui doivent être là pour accompagner la montée en puissance du secteur. Il est nécessaire de changer d'approche, l'accès à l'énergie passe par l'adéquation de l'offre de services et des modèles de financement, aux réalités africaines, l’accès à l'énergie doit par exemple, s'accompagner d'un accès à une finance inclusive. Quelles sont vos perspectives à moyen et long terme ? L'énergie est un facteur clé de développement. Notre objectif à court terme est d'augmenter l'accès à l'énergie grâce à des solutions propres et adaptées aux contextes locaux. L'objectif à moyen terme est d'avoir un impact sur les activités productives, l'accès à l'information, à l'eau et à la santé. Notre mesure d'impact social se focalise sur certains critères dont l'augmentation de l'accès à l'énergie, la valorisation des compétences de nos partenaires et porteurs de projets, le développement économique. Nous avons élaboré une méthodologie d'évaluation de l'impact social de nos projets basée sur des indicateurs reconnus par les acteurs du secteur. Cette méthodologie étudie l'impact de notre activité sur l'accès à l'énergie de nos bénéficiaires et de leur entourage en utilisant des indicateurs érigés comme des standards dans le secteur de l'électrification rurale (indicateurs de la Global Lighting Off Grid Association). Elle prend aussi en compte les répercussions de l'accès à l'énergie sur le développement économique, la communication, l'éducation, la santé et la question du genre en utilisant des indicateurs reconnus internationalement dans le domaine de l'évaluation d'impact (indicateurs IRIS, CERISE).


PARCOURS

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Halimatou SY SAV SAVANE-DIALLO

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PARCOURS

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Halimatou SY SAVANE - DIALLO Investment Performance & Governance Manager Direction Internationale de E.D.F Halimatou SY SAVANE-DIALLO est Responsable du suivi de la performance des investissements et de la gouvernance, à la DFDI (Direction Financière de la Direction de l'International) depuis août 2015. Elle a rejoint EDF en septembre 2006 en tant que Consolideur à la Direction Financière, avant d'intégrer la Direction du Développement International en novembre 2013 en tant que Chargée de Mission Appui à la formation (pays de l'Afrique sub-saharienne) puis Chargée de mission Performance, Gouvernance, Stratégie auprès du Directeur Adjoint de la DDI en charge de l'Amérique Latine. Avant de rejoindre EDF, Elle a travaillé en finance pour le Groupe ACCOR pendant 6 ans. Mme DIALLO est diplômée de l'ESC Tours (promotion 2000) avec un semestre d'études en MBA aux USA, à l'université de Rutgers (Newark-New Jersey). Elle est marraine du téléthon depuis 2014, au sein de la Fondation EDF. En quoi consiste votre fonction au sein de la Direction internationale de E.D.F ? Mon rôle est d'être en support aux projets de développement, plutôt en aval sur le suivi de leur performance : Toutes les informations clés des projets sont collectées dans un outil de suivi des investissements et de synthèse, permettant de centraliser les informations liées aux projets du Groupe. Cet outil présente une véritable carte d'identité du projet et permet d'en suivre l'évolution de la phase de cadrage jusqu'au suivi des bénéfices. Les informations telles que la description du projet, les calendriers des phases, une synthèse des budgets et des coûts principaux etc. qui y sont renseignées, y sont enregistrées et mises à jour par les équipes projet et nous permet par la suite d'en faire des synthèses, des tableaux de bord. Pour le périmètre de ma direction, cet outil est sous ma responsabilité. Je suis impliquée sur l'ensemble de la

chaine de remontée des informations financières en lien avec les autres départements de ma direction, dès le criblage des projets, et ensuite en lien avec la Direction Financière Groupe. Je m'occupe des revues de portefeuille de notre direction, au pas semestriel. J'ai également une mission plus orientée en direction des filiales, des succursales, des bureaux de représentation en matière de gouvernance et de contrôle interne. Votre statut de femme, de surcroit africaine, a t-il joué positivement ou négativement sur votre progression dans l'entreprise ? Positivement, je ne le crois pas, négativement, je ne me suis jamais vraiment posé la question et je refuse de me la poser en ces termes. J'ai de toujours pris la ferme décision qu'en aucune façon, cette éventualité ne pourrait influer negativement sur le cours de ma carrière. C'est un des rares points sur lequel je suis intraitable, quelle que soit

la personne que j'ai en face de moi ! Quelles appréciations avez-vous du secteur de l'Energie en Afrique ? Le secteur de l'énergie en Afrique est en pleine mutation avec de plus en plus de projets innovants notamment dans les énergies renouvelables. Avec environ 600 millions d'africains qui n'ont toujours pas accès à l'énergie et qui en ont désespérément besoin, il est évident que c'est un enjeu planétaire clé pour les années à venir ! L'accès à l'électricité est LE préalable à tout développement possible !!! Quelles sont vos perspectives à moyen et long terme ? J'ai envie d'axer mon évolution sur un côté plus opérationnel, encore plus « business », avec une forte dominance pour le côté « humain » . Et pourquoi pas une expérience à l'international justement !


PORTRAIT

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Madibinet CISSE, nouveau Secrétaire Général du Groupe ECOBANK Le Guinéen Madibinet Cissé a été nommé nouveau Secrétaire général et Conseil juridique du Groupe bancaire panafricain Ecobank. Une belle prise, compte tenu de l’expérience et l’expertise avérées du juriste. « M. Cissé rendra compte conjointement au Directeur général du Groupe et au Conseil d'administration de ETI », ajoute le communiqué qui précise que sa nomination prend effet le 9 janvier, 2017. M. Cissé va ainsi remplacer à ce poste M. Samuel Ayim, qui a quitté Ecobank en juillet pour poursuivre d’autres opportunités.

Expertise en finance

Riche expérience juridique Le nouveau Secrétaire général et conseil juridique de ETI, possède une riche expérience dans le domaine juridique. Il est actuellement premier vice-président et conseiller juridique principal à Africa Finance Corporation (AFC) à Lagos au Nigeria. Familier du droit anglais, du droit français et des dispositions de l'OHADA- (Organisation pour l'Harmonisation du Droit des Affaires en Afrique), il est juriste et avocat et officie en tant que conseil juridique au Barreau de New York. Avant de rejoindre AFC, M. Cissé a tra-

vaillé comme conseiller juridique principal à l’African Capacity Building Foundation (ACBF) à Harare. Il a été avocat collaborateur aux départements de finance de deux cabinets d'avocats à Paris, notamment Orrick Herrington & Sutcliffe et Gide Loyrette Nouel. Il a également été avocat collaborateur au département juridique et fiscal de la société Ernst & Young à Conakry.

Outre son expertise en matière de secrétariat général d'entreprise et des questions de gouvernance, M. Cissé s'est également spécialisé dans les emprunts bilatéraux, les emprunts obligataires, l'investissement en actions et le financement par emprunt de grands projets d'infrastructures dans divers secteurs en Afrique. Il s'agit notamment de l'électricité et l'énergie, des routes, des transports et de la logistique, du pétrole et du gaz, des mines, des industries lourdes et des télécommunications. M. Madibinet Cissé est titulaire d'une maîtrise en droit de l'École de droit de Harvard, d'une maîtrise en banque et finance de l'Université Paris Descartes, à Paris, d'une maîtrise en droit des affaires et d'une licence en droit de l'Université Paris-Ouest Nanterre La Défense à Paris.


INVESTISSEMENT

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FIDIMA : faire se rencontrer des financiers

internationaux et des porteurs de projets africains Le FIDIMA (Forum International Des Investisseurs à Madagascar et en Afrique a tenu sa 3ème Edition à Paris, le 2 décembre. L’édition 2016 avait pour thématique : « favoriser l’implantation des PME/PMI locales, pour un développement durable en Afrique ». De nombreux intervenants (entreprises, financiers, avocats, investisseurs, structures associatives...) de cultures et de pays différents, ont échangé sur des sujets s’inscrivant dans l’actualité internationale. De belles rencontres

Saholy MALET Promotrice du FIDIMA

L

’édition 2016 du FIDIMA a tenu ses promesses, puisque les porteurs de projets pour l’Afrique, ciblés par ce Forum, ont trouvé des réponses concrètes à leurs attentes. Les débats ont notamment portés sur

des sujets d’une brulante actualité, au nombre desquels : les « Fintechs », ces technologies qui refaçonnent la finance, les Fadev (investissements solidaires en Afrique) ainsi que les plateformes de crowdfunding.

Au-delà des prises de paroles d’experts dans différents domaines, le FIDIMA, axé « Culture et Business », a été l’occasion de faire se rencontrer des financiers internationaux et des porteurs de projets africains. Comme l’affirme, Madame Saholy MALET, créatrice du Forum : « C’est l’opportunité pour les porteurs de projets d’accéder directement - en comité sélectif - aux dirigeants et décideurs-clés ; et ce, en une seule journée, sur un même lieu. Cette année, le FIDIMA a accueilli une belle brochette de personnalités, au nombre desquelles, David MIGNOT, Directeur général de CANAL + OVERSEAS, une entreprise de référence sur le continent africain et qui contribue à valoriser les contenus audiovisuels africains. Le Forum a également eu l’honneur de recevoir le BOARD OF INVESTMENT ILE MAURICE (BOIM), qui a renouvelé son soutien au FIDIMA. Tous ces acteurs étaient animés par une vision sociétale commune : favoriser les transferts de compétences Sud-Sud. A.T


NUMERIQUE

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Lionel NOUFELE

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NUMERIQUE

BUSINESS AFRICA

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Lionel NOUFELE Senior Consultant chez PWC - Paris “L’Afrique est un terrain à conquérir pour les acteurs du Numérique” Né à Yaoundé au Caméroun Lionel Noufele arrive en France pour poursuivre ses études supérieures. Après l'obtention de son diplôme à l'EFREI (Ecole d'ingénieur en Informatique et technologie du numérique) ainsi qu'un échange à l'Ecole Polytechnique de Montréal en 2007, il commence à travailler dans le conseil en organisation et développe une expertise en Data Management et transformation IT et digitale. Il est aujourd’hui Consultant Senior chez PwC et à ce titre, responsable d'une mission dans une grande banque française. De plus il développe l'offre de Data Management pour PwC et organise les différentes formations pour faire monter en compétence les jeunes consultants du Cabinet. Qu’appelle t-on Big Data et quels en sont les enjeux ? Le Big Data est un terme qui est souvent utilisé mais aussi à mauvais escient. C'est un ensemble de technologies permettant l'acquisition, le stockage, la restitution et l'analyse de données structurées (base de données classique) mais aussi non structurées (images, sons, tags internet, email etc.) et de grosse volumétrie. Dans plusieurs cas nous avons déjà constaté la puissance de ces technologies comme lors de l'élection de Barak Obama en 2008, dans l'activité des bookmakers américains ou encore sur nos applications comme Google Maps et ses suggestions de trajets en temps réel. Le marketing ciblé chez les géants de la grande distribution, les suggestions de consommation dans la « smart cities » ou encore la surveillance territoriale par le suivi des activités des individus dans le contexte sécuritaire actuel font partie des nouveaux enjeux qui aujourd'hui connaissent leur plein essor grâce au big data. Selon vous, pourquoi les géants du

web s'intéressent-ils autant au continent africain et comment l'Afrique peut-elle tirer son épingle du jeu ? L'Afrique est le continent qui l'évolution démographique la plus élevée, les classes moyennes sont en plein essor et la mondialisation des biens et marchandises réduisent les distances. Ces 3 facteurs combinés réduisent la fracture numérique et augmentent les besoins en haute technologie des africains. Dans les foyers à Yaoundé, Bamako ou Abidjan, ainsi que dans les plus petites villes les besoins en télévision câblée, internet haut débit ou encore Smartphone et applications mobiles connectées sont de plus en plus grands. De ce fait l'Afrique est aujourd'hui un enjeu majeur des acteurs des NTIC, un terrain à conquérir et des parts de marché à prendre pour ces acteurs. Nous africains, avons tout intérêt à participer à cette vague en créant des entreprises numériques pour développer une main d'œuvre ainsi qu'un savoir faire local. En effet nous avons plusieurs initiatives

de taille diverse comme iDispo, Cardiopad, le groupe AIG etc. mais les gouvernances des pays doivent aussi favoriser la création d'entreprise grâce notamment à des pépinières ou des aides fiscales pour que ces entreprises puissent non seulement répondre à la demande du grand public mais aussi répondre à des appels d'offres publics. Il est important que l'Afrique puisse avoir une autonomie en matière de satellite de télécommunication pour profiter de toute la bande passante utile à des tarifs compétitifs (ce qui n'est pas le cas aujourd'hui) ou encore de pouvoir installer la fibre optique sans faire appel aux français, aux chinois ou toute autre nation. Quels sont vos projets personnels à moyen long terme ? Je pense que l'Afrique est un continent qui a besoin de ses enfants pour se développer. J'ai pour objectif de saisir de nouvelles opportunités de création d'entreprise sur le continent où j'ai vu le jour. Propos recueillies par A.C. Diallo


L’INTERVIEW

BUSINESS AFRICA

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“Je quitte les fonctions de Gouverneur de la BEAC avec le sentiment du devoir accompli ” Lucas Abaga NCHAMA, Gouverneur sortant de la BEAC Le Gouverneur sortant de la BEAC, Lucas Abaga NCHAMA, évoque dans cet entretien les conditions de sa nomination à la tête de l’institution financière régionale, le bilan de son mandat ainsi que ses perspectives à titre personnel. Quel sentiment vous anime, au terme de votre mandat à la tête de la BEAC ? J'ai un sentiment de satisfaction, la satisfaction d'avoir servi les Etats membres de la BEAC ainsi que l'institution. C'est une chance d'assumer les fonctions de Gouverneur de la BEAC et j'estime avoir, modestement, car c'est le travail de toute une équipe, bien accompli ma mission. Avez-vous bénéficié, tout au long de votre mandat, du soutien nécessaire, aussi bien du personnel de la Banque que des autorités politiques ? Je le crois. Il est vrai qu'au départ, notre objectif était de restaurer la confiance, la sérénité au sein du personnel de la banque, mais aussi la crédibilité de l'institution, suite notamment au détournement financier et à certains placements qui avaient conduit à des déficits importants. Je dois d'ailleurs saluer l'abnégation des agents de la BEAC, qui ont collaboré avec moi pour accomplir cette mission de

redressement. Quels sont les 3 grands chantiers que vous aviez à conduire lors de votre nomination comme Gouverneur de la BEAC et quel bilan en faites vous aujourd'hui, fin de votre mandat ? Je crois qu'il faut se placer dans une perspective dynamique. Nous avons pu réaliser un certain nombre d'objectifs très importants. Au niveau de la politique monétaire, nous avons apporté des réformes notables. Nous avons réalisé la mise en place du marché des titres. La BEAC ne jouait pas pleinement son rôle de prêteur en dernier ressort, aujourd'hui beaucoup de banques viennent en refinancement. La BEAC a retrouvé son véritable rôle pour appuyer et soutenir les économies et pour réguler la liquidité dans le marché sous régionale. Enfin je dois ajouter qu'en matière de ressources humaines, nous avons fait beaucoup de choses, j'ai nommé la première femme, Directrice centrale à Yaoundé, une première dans l'histoire de la BEAC.

Maintenant que vous quittez la BEAC, quels sont les chantiers majeurs que votre successeur devra poursuivre ? Je pense que nous devons continuer à hisser la BEAC vers de meilleures pratiques, en garantissant la stabilité financière. Nous devons reformer nos instruments de politiques monétaires pour qu'ils soient les plus efficaces possible. La gouvernance également est un chantier qui doit être continuellement amélioré, ainsi que le renforcement de la coopération avec la zone UEMOA. Quelles sont vos perspectives personnelles ? Pour ce qui me concerne, je suis un soldat qui va là où le destin l'appelle. Je suis encore agent de la BEAC, je ne suis pas à la retraite. Je dois avouer que le secteur agricole m'intéresse beaucoup, mais je demeure disponible pour apporter ma petite pierre à l'édifice, là où on me sollicitera. Propos recueillis par A.S. TOURE


L’INTERVIEW

BUSINESS AFRICA

Lucas Abaga NCHAMA

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FINANCE

BUSINESS AFRICA

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IROKO PROJECT, première plateforme de crowdlending en Afrique de l'ouest Le 15 novembre 2016 a eu lieu à Dakar le lancement d'iroko project, la première plateforme de crowdlending en Afrique de l'ouest. Pour l'occasion, étaient notamment présents : Marema Bao Kone (DGA du Groupe Cofina), Thierno Sy (DG de la BNDE) et Mabousso Thiam (Directeur de l'ADEPME). L'objectif de cette plateforme est de permettre aux particuliers possédant un compte en FCFA de prêter directement une partie de leur épargne à des PME en Afrique de l'ouest, pour une durée et à un taux d'intérêt fixés à l'avance.

Gilles LECERF et Paul KNOERY (de gauche à droite), les 2 cofondateurs d'iroko project, lors de la cérémonie de lancement de la Plateforme à Dakar (Sénégal)


FINANCE

P

rêter sur iroko project est gratuit et chaque particulier peut prêter, par projet, de 75 000 à 3000 000 FCFA. Les crédits peuvent atteindre 100 millions de FCFA pour des durées allant jusqu'à 24 mois et pour des taux d'intérêts annuels compris entre 9 et 14%. La structure iroko project se rémunère via une commission au décaissement du crédit qui s'élève à 4,5%. La première collecte, d'un montant de 38 millions FCFA, a démarré le 22 novembre : il s'agit de financer un équipement de production pour ESTEVAL, une compagnie de transformation agricole et de production de jus de fruits locaux. Financer le “missing middle” Gilles LECERF et Paul KNOERY sont les 2 cofondateurs d'iroko project. Leur collaboration a débuté en septembre 2015, alors qu'ils démarraient leur dernière année d'études à HEC Paris. Leur travail partait d'un triple constat : dans les décennies à venir, la création de millions d'emplois représente le défi majeur de la sous-région, or ce sont les PME qui sont les principaux leviers de la création d'emplois. Cependant, ces entreprises manquent souvent du financement nécessaire à leur développement,

BUSINESS AFRICA

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c'est le fameux « missing middle » ou « chaînon manquant » du financement. Après une rencontre avec JeanLuc KONAN à Ouagadougou en février 2016, ils démarrent une collaboration avec le Groupe Cofina autour de leur étude de faisabilité (cofinancée par le Groupe Cofina, l'African Guarantee Fund et HEC Paris) qui a eu lieu en avril-mai 2016.

(gestion des flux financiers). Après avoir publié leur rapport (disponible en intégralité sur leur site), les 2 associés ont créé la structure iroko project SAS au Sénégal en octobre afin de démarrer leurs activités. Leur objectif initial est de réaliser les 3 premiers crédits d'ici à mars 2017 avant de déployer l'activité dans la sous-région et notamment en Côte d'Ivoire.

Un modèle original

Partenariat avec COFINA

L'objectif de cette étude était de développer un modèle légal opérationnel dans le cadre juridique ouest-africain, qui ne possède pas encore de régulation propre au crowdlending. Ils ont donc conçu un modèle qui fonctionne avec la création d'un GIE par projet financé. Ces GIE regroupent les prêteurs souhaitant participer à la collecte, la PME emprunteuse et iroko project. Lors cette étude, différents partenariats ont également été noués : avec des agences d'accompagnement des PME (Bureau de Mise à Niveau, Enablis, l'ADEPME, LaMeer) qui permettent un sourcing efficace des projets, mais également avec la Banque Nationale de Développement Economique (BNDE) pour le volet technique

Pour financer cette phase d'amorçage, iroko project a prolongé son partenariat avec le Groupe Cofina et a également conclu un accord avec Lendopolis . L'objectif d'iroko project est de créer un réseau dynamique où prêteurs et emprunteurs mutualisent leurs fonds mais également leurs expertises et savoir-faire pour favoriser le développement du tissu économique ouest-africain. Cette initiative a également vocation à favoriser la mise en place d'une régulation propre au financement participatif dans la région. C'est pourquoi leurs promoteurs agissent en coordination avec les autorités du Sénégal et de la zone UEMOA pour accompagner la réflexion dans ce sens.


COM & MEDIA

BUSINESS AFRICA

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Le Groupe CANAL+ renforce son offre de télévision numérique en africain Après avoir déjà déployé avec succès son offre en qualité numérique au Congo Brazzaville et en République démocratique du Congo, CANAL+ remporte deux nouveaux succès en Côte d’Ivoire pour la diffusion gratuite sur la TNT de A+ Côte d’Ivoire et le déploiement de EASYTV avec Orange Côte d’Ivoire.

C

’est à la faveur d'un appel d'offres international, que la chaîne A+ Côte d'Ivoire propriété du Groupe CANAL+, a été retenue par la Haute autorité de la communication audiovisuelle (HACA) de Côte d'Ivoire pour être diffusée sur le bouquet TNT gratuit qui sera déployé prochainement. A+ Côte d'ivoire sera une déclinaison nationale de la chaîne A+ lancée en 2015 et diffusée dans une vingtaine de pays d'Afrique francophone. Cette chaîne familiale proposera des séries inédites, des films et des émissions de divertissement avec plus de 30% de contenus ivoiriens. « Grâce à cette diffusion numérique gratuite, l'ensemble des foyers ivoiriens aura ainsi accès à A+ Côte d'ivoire. Nous remercions chaleureusement les autorités ivoiriennes pour la confiance qu'ils nous ont accordée et ce nouvel espace de diffusion pour A+ », déclare David Mignot, le Directeur Général Afrique de CANAL+. Large choix de thématiques Par ailleurs dans le cadre d'un second appel d'offres international proposant deux bouquets de TNT payante, CANAL+ et Orange ont été retenus également pour déployer sur l'ensemble du pays l'offre de télévision numérique EASYTV, à travers la structure

Telenum Cote d'Ivoire. Ce bouquet TNT accessible et familial couvrira un large choix de thématiques (divertissement, information, séries, cinéma, sport, religion, jeunesse, musique et découverte) avec des chaînes de référence internationales et locales. Cette solution de télévision numérique garantit par ailleurs une grande qualité des images et du son, ainsi qu'une souplesse d'installation avec un décodeur TNT EASYTV facile à utiliser. « Nous sommes convaincus que les synergies entre un opérateur télécom leader en Afrique comme Orange, l'offre de contenus audiovisuels de CANAL+ et la solution EASYTV constituent un modèle performant pour assurer avec succès une migration de l'analogique vers le numérique », explique Mamadou Bamba, Directeur Général Orange Côte d'Ivoire. Une présence de plus de 20 ans Ces victoires en Côte d'Ivoire interviennent après le déploiement réussi d'EASYTV successivement au Congo Brazzaville et en République démocratique du Congo. « Avec EASYTV, nous souhaitons satisfaire toutes les familles africaines avec une offre de programmes diversifiée et de qualité. Nous sommes honorés et fiers que les autorités ivoiriennes aient

validé la complémentarité de notre offre numérique entre la TNT payante et la TNT publique et gratuite », conclut David Mignot. CANAL+ est présent sur le continent depuis plus de 20 ans et couvre à ce jour plus de 25 pays à travers 10 filiales et plus de 30 partenaires et distributeurs. Plus de 2 millions d’abonnés Avec son offre LES BOUQUETS CANAL+ (plus de 200 chaînes, radios et services), le Groupe est le premier opérateur de télévision payante par satellite en Afrique francophone et compte plus de 2 millions d'abonnés. CANAL+ édite 12 chaînes premium pour le continent (les chaînes CANAL+ de divertissement déclinées par région, ainsi que les chaînes cinéma, sport, séries et famille). Le groupe produit également des programmes dédiés à ses abonnés du continent (+D'AFRIQUE, RÉUSSITE, TALENTS D'AFRIQUE...) et a lancé en 2015 une chaîne 100 % africaine, A+. A travers sa filiale THEMA, CANAL+ permet à ses abonnés d'avoir accès à NOLLYWOOD TV, NOVELAS TV et GOSPEL MUSIC TV. Quant à l'offre TNT, elle est déployée sous la marque EASYTV.


COM & MEDIA

La journaliste Elé ASU anime l’émission REUSSITE

BUSINESS AFRICA

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DROIT

BUSINESS AFRICA

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Cédric SINARINZI Avocat au Barreau de Paris, LINKLATERS LLP “ La sécurité juridique est une condition nécessaire mais non suffisante pour accroitre les investissements locaux et étrangers en Afrique” Cédric SINARINZI est d’origine burundaise. il est arrivé en France à l’age de 16 ans afin de fuir la guerre civile qui sévissait dans son pays natal depuis 1993. En France il poursuit son cursus scolaire au sein d’un lycée de Champigny-Sur-Marne avant de s’orienter, par la suite, vers les études de droit à l’Université PanthéonAssas Paris II où il s’est spécialisé en droit des affaires et décroche un diplôme de Master 2 en la matière. Durant ses stages en cabinets d’avocats et au fur et à mesure de ses rencontres, il découvre l’importance de la compréhension des enjeux liés aux problématiques comptables et financières. C’est la raison pour laquelle il décide de passer les concours d’entrée en école de commerce (cursus d’admission parallèle en grande école) afin de compléter son cursus juridique par une formation en management. C’est ainsi qu’il passera trois ans sur le campus d’HEC où il apprend diverses disciplines : la stratégie, la comptabilité, le marketing, la finance d’entreprise et la finance de marché. Ce fut, selon lui, une expérience extrêmement enrichissante tant sur le plan humain que sur le plan académique. A la sortie de l’école du barreau de Paris, Cédric choisit de rejoindre Linklaters, un cabinet d’affaires britannique présent à Paris depuis plus de 40 ans et ayant plus d’une vingtaine de bureaux dans le monde, renommé pour l’excellence de ses avocats quelle que soit leur pratique et ayant également développé une expertise reconnue depuis une trentaine d’années s’agissant des dossiers liés à l’Afrique.

Cédric SINARINZI Avocat LINKLATERS LLP


DROIT

BUSINESS AFRICA

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En quoi consistent vos activités au sein

Selon vous, la sécurité juridique est-elle

mes au fil du temps à l’image du droit des

du cabinet Linklaters ?

la condition primordiale au développe-

sûretés, du droit des sociétés ou du droit des

Je fais partie de l’équipe financement de

ment des investissements, notamment

procédures collectives qui ont été réformés

projets dirigée par Monsieur Bertrand

étrangers ?

ces dernières années.

Andriani et composée d’une vingtaine d’avo-

La sécurité juridique est une condition

Cependant, les défis majeurs concernent les

cats.

nécessaire mais non suffisante pour le déve-

domaines non couverts par le droit Ohada à

Mon travail consiste à conseiller, sous la

loppement des investissements locaux et

savoir notamment, la fiscalité, le droit des

supervision des associés (Bertrand Andriani,

étrangers. En effet, d’autres facteurs non

obligations, le droit international privé ainsi

François April et Paul Lignières), les clients

négligeables entrent également en ligne de

que tous les autres domaines qui relèvent du

(tant des banques, des institutions financiè-

compte notamment: (i) la stabilité politique et

pouvoir étatique et qui constituent encore

res, des fonds d’investissements que des

la gouvernance institutionnelle, (ii) l’état du

des freins importants pour les investisseurs.

entreprises françaises et étrangères) dans la

système éducatif et des politiques publiques

Je suis néanmoins optimiste pour les rai-

structuration des transactions, la rédaction,

en particulier dans le domaine de la santé,

sons évoquées précédemment et tant que

la négociation et la conclusion des contrats

aux fins de faire face à la croissance démo-

les pays africains continuent à privilégier la

liés aux financements structurés.

graphique actuelle et en vue de faire émer-

constance dans les choix essentiels stratégi-

Les secteurs concernés en France et en

ger des ressources humaines qualifiées

ques dans le cadre d’une vision à long

Afrique sont plutôt variés : l’énergie, les res-

adaptées aux besoins du marché, (iii) la

terme. A cet égard, je continue à promouvoir

sources naturelles, les télécommunications,

qualité des infrastructures dans le domaine

cet état d’esprit au sein d’un club (African

les infrastructures ou encore l’agrobusiness.

des transports et de l’énergie, (iv) une politi-

Business Lawyers’Club - ABLC), que j’ai co-

que macroéconomique favorisant la diversi-

fondé avec un ami et confrère camerounais

Quelle est votre appréciation de l’envi-

fication sectorielle (à l’image du Kenya, du

(Jacques Jonathan Nyemb), qui regroupe

ronnement juridique des affaires en

Ghana ou du Nigéria) afin d’éviter les consé-

près d’une centaine de jeunes profession-

Afrique, notamment francophone ?

quences dramatiques des crises liées à la

nels africains de plus d’une trentaine de

J’ai eu l’occasion dans le cadre tant de mes

chute des matières premières, (v) l’exis-

nationalités exerçant en Afrique, à Paris, à

activités professionnelles qu’extra-profes-

tence d’un écosystème financier solide

Londres, au Luxembourg, à Boston, à

sionnelles de me rendre compte à quel point

(marchés de capitaux, pluralité de banques

Montréal ou encore à Hong-Kong.

l’environnement juridique des affaires en

commerciales, compagnies d’assurance,

Nous réfléchissons régulièrement sur les

Afrique s’est considérablement amélioré

banques d’affaires, etc.) permettant aux

problématiques auxquelles le continent est

sous l’effet de plusieurs facteurs conjugués.

entreprises de lever des capitaux tant

confronté et essayons de trouver des solu-

D’une part, l’écosystème s’est considérable-

auprès de l’épargne locale qu’auprès des

tions innovantes et adaptées aux besoins de

ment structuré pour répondre aux attentes

investisseurs étrangers, (vi) le développe-

chaque pays.

des investisseurs locaux et internationaux

ment accru du secteur privé ainsi que (vi) le

Les formations que nous avons mises en

(la Côte d’Ivoire est un exemple saisissant à

renforcement de l’intégration régionale (à

place depuis 5 ans à l’Université Catholique

ce titre) notamment grâce au retour d’une

l’image

African

du Cameroun constituent une illustration de

partie de la diaspora et à l’émergence

Community) afin de constituer de grands

notre ambition d’établir un pont entre diffé-

contemporaine d’une vraie classe moyenne

marchés.

rentes cultures afin de contribuer humble-

notamment

de

l’East

dans la plupart des pays africains.

ment à l’amélioration du climat des affaires.

D’autre part, l’environnement juridique a

Quel bilan faites-vous de l’OHADA ?

Nous sommes également très attachés au

gagné en lisibilité et en prévisibilité à travers

L’ohada a déjà montré ses avantages liés

développement de ce que les anglo-saxons

la mise en place du droit OHADA, à tout le

notamment (i) à la fin des divergences légis-

appellent le « women empowerment » afin

moins pour les pays francophones.

latives et réglementaires dans les domaines

d’encourager le leadership féminin vu les

Enfin, la compétitivité entre les pays pour

couverts par les différents actes uniformes,

défis colossaux en la matière.

attirer les investissements internationaux

(ii) à la qualité de ses normes conçues en

Marilia Mayaki Hamar, ancienne présidente,

incite les Etats à améliorer leur cadre juridi-

tenant compte des besoins de la pratique et

a ainsi mis en place l’ABLC Women

que, à l’image du Rwanda ou de l’Ile

par l’association de diverses parties prenan-

Leadership Program (Awolead) dont la

Maurice.

tes lors de leur élaboration et (iii) la

Marraine

constante modernisation des actes unifor-

Guennou.

est

Madame

François

Le


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