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Nº 184 bis décembre bimesTrieL 2011 - France meTrO : 4.30 € • dOm : 5.00 € • beL : 4.90 € • cAN : 8 $ cad • mAr : 45 mAd • TOm/s : 700 XPF

Exclusivité ! Interview de Rickson Gracie SÛRETÉ DANS LES AVIONS Les points clés pour voler en toute sécurité AMERICAN KENPO : Dave Kovar: La ricerca dell'eccellenza

Est-ce la fin des arts martiaux traditionnels ? NAGINATA E KUMIDASHI KIHON : L'arme traditionnelle japonaise JAPON : En visite au dojo de TAKAYOSHI NAGAMINE


Vous pourrez maintenant pratiquer avec le Sifu Paolo Cangelosi Kung-Fu traditionnel Combat free style

Barcelone 28 et 29 janvier 2012

Paris 11 et 12 février 2012

Lisbonne 25 et 26 février 2012

Frankfort 10 et 11 mars 2012

Milan 21 et 22 avril 2012

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se n tio ons a rm vati o f In éser R

Le Sifu Paolo Cangelosi présente le documentaire BIENTÔT DISPONIBLE LE PREMIER VOLUME

« VOYAGE À LA TERRE DES DRAGONS »

ART MARTIAL DOCTRINE RELIGIEUSE ALCHIMIE CORPORELLE MÉDITATION SELF-DÉFENSE MASSAGE THAÏLANDAIS MÉDECINE TRADITIONNELLE CHINOISE

Un récit fascinant dans les décors les plus suggestifs D'ITALIE, DE HONG KONG, DE CHINE ET DE LA THAÏLANDE Interviews, fiction et témoignages de la vie et du folklore de la culture orientale racontés par un expert bien connu

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RIAL LA VÉRITABLE RAISON DE PRATIQUER LES ARTS MARTIAUX Ne limitez pas vos enfants à votre propre apprentissage parce qu'ils sont nés à une autre époque. (Le Talmud) La vérité est la vérité, que ce soit Agamemnon ou son porcher qui la dise. (Antonio Machado)

ous vivons une époque très intéressante, critique, perturbante sans nul doute et évidemment accélérée au point d'en avoir le vertige. Un de mes amis l'appelle l'époque de la vague qui s'échoue. Une belle analogie parce qu'il semblerait qu'en se brisant, dans l'écume qui se forme à la fin de cette spirale, se mélangent tout ce que la mer a emporté jusqu'à la rive de l'histoire, pour s'unir au sable de la plage des temps. La fin d'un grand cycle sonne à notre porte, il était de toute façon annoncé par plusieurs cultures. Depuis une perspective macro, il ne nous reste plus peut-être qu'à assister, admiratifs, au spectacle pour dire comme Zorba le Grec : « quel splendide désastre ! ». Dans une perspective plus personnelle, le sujet est plus complexe parce que chacun de nous doit trouver sa place et adopter un comportement impeccable dans ce processus. Toute force est d'abord cela, une force indifférenciée, mais elle finit toujours par se polariser en positif et négatif. Les événements jugés a posteriori offrent des lectures très différentes, voire opposées suivant l'angle, le degré et le prisme depuis lequel ils sont analysés, mais le premier diagnostique est indiscutable : nous vivons l'apothéose d'une spirale expansive qui s'effondre sur elle-même. Cette vague qui remonta jusqu'à son point le plus élevé, poussée par la grande force évolutive, se brise maintenant, en s'enroulant sur elle-même dans une explosion bruyante, dans une spectaculaire apogée d'écume, où tout fusionne et se mêle, dans un déferlement intense de houle, pleine d'arômes et de salpêtre. L'un des phénomènes qui caractérise ce moment est celui de la fusion, du mélange de toutes les choses, dans un amalgame bruyant et souvent confus. Le tango « Cambalache » d'Enrique Santos Discepolo décrit magnifiquement, presque comme aucun autre texte, certains des aspects négatifs de cet imbroglio. Et pourtant il l'écrivit le siècle dernier ! Les symptômes étaient déjà là, ne nous y trompons pas, la chose s'annonçait elle-même. Cette fois non plus, les exégètes de toutes sortes, les augures pessimistes et les prophètes catastrophiques ne manquent pas. Comme chaque fois que de multiples changements intenses se succèdent en désordre, les peurs brouillent la vision de tous et plutôt que de voir la nouveauté et l'inconnu s'installer, nous nous accrochons aux restes du naufrage sans savoir que faire. Quiconque ayant été emporté par une vague un jour qu'il nageait vers la plage sait que la force de cette spirale nous emporte de telle manière que, pour un moment, nous ne savons plus où se trouve le haut et le bas, la gauche et la droite, jusqu'à ce que nous touchions le fond, nous cassant habituellement la figure contre le sable. Mais bien sûr, nous avons également joué dans les ressacs en nous glissant sur la vague, pas vrai ? Et il y en a même qui prennent un énorme plaisir au surf ! Quelle que soit notre attitude face à cela, il est un fait incontestable que nous vivons des temps de fusion et de

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désordre. Les arts martiaux ne sont pas étrangers à tout cela. Au cours des dernières décennies, nous avons assisté à l'apparition de phénomènes comme le Cross Tr a i n i n g , l e Va l e Tu d o , l e s n o u v e l l e s é c o l e s , l e syncrétisme, la self-défense professionnelle, etc. Tout c e l a n ' e s t p a s n e u f , l e s f o rc e s e t l e s r a i s o n s q u i stimulèrent ces changements existaient déjà et avaient souvent agi dans le passé. Les arts militaires ont toujours existé, les gladiateurs ne sont pas un phénomène et n'ont rien d'original, il y a toujours eu des gens qui voulurent apprendre d'autres écoles et il y a toujours eu des transgresseurs qui systématisèrent sous une autre nomenclature des savoirs anciens. Certains a r t s m a r t i a u x , a u j o u rd ' h u i c o n s i d é r é s c o m m e traditionnels comme le Karaté, sont en réalité des arts martiaux modernes pour l'histoire du Japon. Le Judo, considéré aujourd'hui comme un art martial classique, n'est rien d'autre que la restructuration du Ju-Jutsu par Jigoro Kano. Qu'est-ce qui a changé ? Le contexte sans doute est-il différent. Nous vivons dans une société de l'information et celle-ci circule imparable à travers tous les moyens de communications. Aujourd'hui, un élève peut avoir accès à des livres et à des vidéos sur les styles les plus divers faits par de véritables maîtres largement reconnus. Il peut également tenter sa chance sur Internet, où il y a de tout et rien n'est cependant garanti. Mais l'information est là et l'ancienne soumission à un seul maître, qu'il soit bon ou pas, n'existe plus. L'aspect positif, c'est qu'on peut choisir, le point négatif, c'est qu'on peut avoir rencontré quelque chose de véritable bon et l'avoir laissé passer parmi le tas d'informations, parce que la vallée est peut-être toujours plus verte de l'autre côté de la colline. Il n'y a pas de loyauté, il n'y a pas d'engagement et bien sûr, on manque de profondeur. Et même s'il est vrai, vu la quantité de styles qui n'offrent rien d'autre à l'élève que des outils de combat pratiques, que ceux qui cherchent un chemin de vie et de croissance personnelle (et c'est la majorité) visitent des écoles, ils seront rapidement déçus en découvrant qu'en dessous de la peinture métallisée, il n'y a absolument rien qui brille. Les mélanges peuvent donner des résultats magnifiques, mais habituellement celui qui doit choisir manque de critère parce qu'il ne s'est pas donné le temps suffisant d'avoir au moins une référence. Dominer un art martial, ça prend beaucoup de temps, se dominer soi-même bien plus encore. Quand on vise exclusivement l'extérieur, ce qui est très fréquent dans les arts de combat d'aujourd'hui, la formation du caractère et d'un critère personnel qui ne soit pas seulement technique est un oiseau rare. Avec tous leurs défauts, les anciennes formules étaient au moins éprouvées par le passage du temps. Il y a mille et un symptômes de cette dégradation. La courtoisie du salut, qui va au-delà du geste social, a été remplacée par une poignée de main. Les élèves, aujourd'hui des clients, croient que parce qu'ils paient, ils peuvent faire ce qu'ils


Editorial Alfredo Tucci est General Manager de BUDO INTERNATIONAL PUBLISHING CO. Émail : budo@budointernational.com

veulent. Beaucoup de maîtres perplexes devant le manque de sérieux des élèves tirent l'éponge sans se rendre compte qu'eux aussi créèrent le monstre, parce que même un fils ne peut ni ne doit être traité comme un ami. D'autres professeurs se considèrent comme des mercenaires, des ronins et ils traitent les élèves comme ce qu'eux-mêmes souhaitent être, des fleurs d'un jour. Un stage par-ci, un stage par-là… il y a tant d'information accessible et pourtant il n'y a jamais eu autant de désinformation ! Vous apprendrez mille et une techniques, mais à quoi elles vous serviront si vous n'êtes pas capables de changer ? Faire sortir le meilleur de nous, perfectionner les aspects de notre caractère qui doivent être modelés, c'est là un savoir précieux, quelque chose qui nous accompagne véritablement pendant toute notre vie, mais c'est une victoire invisible. Seul ce que nos yeux sont capables de voir paraît avoir une valeur à notre époque où l'on vit tourné vers l'extérieur et où l'avoir vaut plus que l'être, où le paraître vaut plus que le faire. Il n'y a pas de moyen terme, soit on est sur un chemin de croissance interne, soit on est sur une voie de croissance externe. Bien sûr, celui qui grandit à l'intérieur finit toujours par le montrer à l'extérieur, tandis que celui qui le fait à l'extérieur finira indéfectiblement par rencontrer quelque chose qui tôt ou tard l'obligera à se comprimer. Les cuirasses qui grandissent deviennent des prisons ou alors elles tombent de manière inattendue comme des croûtes qui cachent des blessures infectées. Les arts de la guerre dans le contexte de la société postmoderne sont des pratiques obsolètes pour le commun des citoyens. Il y a longtemps que les armes à feu créèrent un nouveau paradigme. Pourquoi cette insistance à les pratiquer ? La majorité d'entre nous n'utilisera pas une seule fois dans sa vie une seule des techniques de self-défense. Quel sens cela a-t-il alors de consacrer tant de temps à une activité bâtarde ? La seule explication sensée c'est qu'elles semblent offrir quelque chose de plus qui n'est pas visible, quelque chose qu'implique leur pratique, leur étude et qui n'a rien à voir avec leur objectif apparent. D'après moi, ce quelque chose est en rapport avec les rêves de pouvoir, de croissance personnelle, de contrôle de soi et avec la juste aspiration de toute personne à aller au-delà de ses limites. Le déferlement bruyant de la vague a beau confondre nos sens, le mélange, le désordre et la perte du cap ont beau être les signes de notre temps, ceux qui justement savent donner aux élèves ce qu'ils cherchent au fond d'eux-mêmes seront les élus qui triompheront. Ceux qui vont au-delà du masque de l'apparent, qui découvrent même au-delà du critère limité de leurs élèves leurs plus profonds désirs, ceux-là mêmes feront la différence et établiront une fois de plus la véritable grandeur inhérente aux voies guerrières. Les autres seront oubliés parce que, même si elles ont grandi rapidement, leurs écoles ne laisseront pas de trace et le temps, qui remet tout à sa place, les relèguera dans l'oubli. Étourdis par les brisants de cette époque, enchevêtrés dans les eaux troubles et violentes de la fin d'un siècle, il continue d'y avoir plus de rêves et d'espoirs de croissance chez ceux qui se tournent vers les arts martiaux que d'envies de tuer ses semblables. Regardez sinon en vous et demandez-vous sincèrement : « Pourquoi ai-je commencé cela ? La réponse sera éclairante parce que dans le fond, nous nous ressemblons tous plus que ce que nous voudrions reconnaître.

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SECURITY IN THE AIR Quand nous parlons de sécurité dans un avion, soyons conscients du fait que nous parlons de sécurité dans un espace extrêmement réduit où nous devons prendre en compte une grande quantité d'inconvénients qui augmentent les risques dans des p r o p o r t i o n s inhabituelles.

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Maître de maîtres hors et sur les tatamis, ce professeur de Kenpo a su organiser une chaîne de gymnases très populaires aux États-Unis.

KARATE Una entrevista con Takayoshi, hijo del Maestro Shoshin Nagamine, fundador del Matsubayashi, que lleva las riendas del dojo de su padre, el Kodokan, en el céntrico barrio de Kumoji, en Naha.

JIU-JITSU Considéré comme la plus grande des idoles de l'histoire du Jiu-Jitsu et comme l'un des précurseurs les plus importants du MMA dans le monde, Rickson Gracie, 50 ans, nous a concédé une interview exclusive.

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BUDO INTERNATIONAL DANS LE MONDE Budo International est un groupe éditorial international spécialisé dans les Arts Martiaux. Unique organe de presse à vendre une revue spécialisée dans les Arts Martiaux en six langues et dans le monde entier, il est en contact avec toutes les grandes compagnies spécialisées dans son domaine. Budo International touche plus de cinquante pays.

Une production de: Budo International Publishing Company pour BUDO INTERNATIONAL FRANCE


WENG CHUN KUNG FU Pourquoi un vieillard (le grand maître Wai Yan) et un jeune homme (son disciple Andreas Hoffmann) apparaissent-ils sur une affiche sur laquelle on peut lire “Dai Duk Lan” ? La majorité des gens ne connaissent pas l'endroit historique du Dai Duk Lan, mais il est définitivement associé à la Mo Lam (communauté des arts martiaux).

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KARATE

NAGINATA & KUMIDASHI KIHON N'importe quel élève des armes traditionnelles trouvera dans ce guide audiovisuel un outil merveilleux, dirigé avec la maestria habituelle du maître Akeshi. Un nouveau travail dont nous sommes très fier à la rédaction.

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Le Karaté a traditionnellement véhiculé une série de valeurs éducatives extrêmement importantes quand on considère le Karaté comme un « Do », comme un chemin de vie avec des valeurs centrées sur le perfectionnement du caractère et de la personnalité.

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REDACTION: c/ Andrés Mellado 42, 28015 Madrid, Espagne. Tél: (34) 91 897 83 40, Fax: (34) 91 899 33 19, E-mail: budo@budointernational.com • Directeur de publication: Alfredo Tucci, e-mail: budo@dimasoft.es • Coordination Internationale: Alfredo Tucci • Responsable: Patricia Ferriot • Assistante de rédaction: Brigitte de le Court • Chef de production: Marga López-Beltrán García, e-mail: magazine@budointernational.com • Directeur audio-visuel: Javier Estévez • Traducteurs: Brigitte de le Court, Cristian Nani, Celina Von Stromberg.• Service publicité: (+34) 93 775 50 03. • Service abonnements: Tél:(+34) 93 775 50 03. • Correspondants permanents: Don Wilson, Yoshimitsu Yamada, Cass Magda, Antonio Espinós, Jim Wagner, Coronel Sanchís, Marco de Cesaris, Lilla Distéfano, Maurizio Maltese, Bob Dubljanin, Marc Denny, Salvador Herraiz, Shi de Yang, Sri Dinesh, Carlos Zerpa, Omar Martínez, Manu, Patrick Levet, Mike Anderson, Boulahfa Mimoum, Víctor Gutiérrez, Franco Vacirca, Bill Newman, José Mª Pujadas, Paolo Cangelosi, Emilio Alpanseque, Huang Aguilar, Sueyoshi Akeshi, Marcelo Pires, Angel García, Juan Díaz. • Photographe: Carlos Contreras • Imprimé par: Sergraph, Amado Nervo, 11 Local 4, Madrid, Espagne • Distribution: MLP, Z. A. de Chesnes, 55 bd de la Noirée, 38070 Saint Quentin Fallavier. B.P.: 59 La Verpillière. Tél: 04 74 82 14 14. Fax: 04 74 94 41 91 • Une production graphique de: Budo International Publishing Co. Capital Budo International France SL: 500.000 pts. NIF: B 61376919. Nº Commission Paritaire: 1111 U 88626. Adresse du titre: c/ Escuelas Pías 49, 08017 Barcelona. • Nº de TVA intracommunautaire: FR 654 144 148 9600012 • Tous droits de reproduction réservés pour tous pays. Les documents reçus sont conservés par la rédaction et ne sont pas rendus à leurs expéditeurs. Leur envoi implique l’accord sans réserve d’aucune sorte pour leur publication.


Il fait partie de la nouvelle génération des héritiers des traditions d'Orient. Mais oui ! Ces héritiers n'ont pas les yeux bridés ? Et bien quoi ? Ils sont cependant reconnus par leurs maîtres qui leur ont confié le destin de leur style. Des personnes comme Paolo Cangelosi (Kung-Fu, Chine), Shidoshi Jordan Augusto (Kaze no Ryu, Japon), Martin Sewer (Hung Gar, Chine) ou encore l'auteur de cet article, pratiquèrent, étudièrent et se donnèrent plus qu'aucun autre dans le but manifeste de perpétuer des arts martiaux qu'il aurait été inimaginable de voir, anciennement, entre les mains des étrangers. Tel que je l'ai écrit il y a des années : « Ce que l'Orient a de meilleurs se verra en Occident et le meilleur de l'Occident se verra en Orient ». Les Chinois sont déjà la première puissance du capitalisme mondial. Il est juste que nous sachions ici plus de Kung-Fu qu'eux ! Andreas Hoffmann est un homme qui se consacre corps et âme à son art, il sait, il enseigne et il le fait très bien. Je suis donc fier de présenter ici son nouveau livre, un événement marquant de plus au milieu d'une réussite bien méritée, pour que les belles traditions guerrières du passé existent dans la vie des gens d'aujourd'hui. Alfredo Tucci

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Nouveau livre!!!

1.1 : Sifu Andreas Hoffmann présente ses respects au grand maître Pang Nam à Fatshan, en Chine, dans les années 90. 2.1 : Dernière photo du grand maître Wai Yan, le héros du Weng Chun, qui reçoit des mains de son successeur Andreas Hoffmann le premier livre traitant de l'histoire du Weng Chun Kung.

Mon parcours vers le Weng Chun Kung-Fu Quand je pense rétrospectivement à ma biographie, je sens toujours que le Weng Chun m'a appelé pour ne pas mourir et pour que je le projette vers le 21ème siècle. Mais nous allons commencer par le début. Quand j'étais enfant, je crois que j'avais à peu près 4 ans, j'avais très envie d'aller en Chine. Depuis, je me suis toujours senti attiré par le monde oriental. Les portraits de Bodhidharma m'ont toujours fascinés, mais je ne savais pas pourquoi. Au cours des années suivantes, j'ai commencé à pratiquer presque tous les arts martiaux qui venaient en Europe en provenance de l'Asie, d'abord le Tai Kwon Do,

Photo1: Wai Yan, grand maître légendaire du Weng Chun, donne cours au Sifu Andreas Hoffmann dans son salon à Hong Kong, dans les années 80.

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puis le Karaté, le Wing Tsun, etc. Mais mes désirs n'étaient pas satisfaits. Adolescent, un héritage me permit d'aller à Hong Kong. À 20 ans, je vivais à cheval entre Hong Kong et l'Allemagne afin de réaliser mon grand rêve. À cette époque, j'ai eu le grand privilège, non seulement de connaître certaines des experts les plus fameux, mais encore d'être instruit par eux. C'est ainsi que j'ai connu le grand maître Lam Wun Gong du style du Dragon, le grand maître Pang Nam du Wing Chun, le grand maître Fu Wing Fay du Wudang, le sifu Cheng Kwong du Wing Chun Cheng Kwong, le grand maître Shiu Ying du Hung Gar, le grand maître Chiu Chi Ling et le grand maître Pak Cheung du Weng Chun.


Mais je me suis trouvé chez moi au Dai Duk Lan, la Mecque du Weng Chun, avec le grand maître Wai Yan. Notre première rencontre fut fascinante pour moi. Quand je suis arrivé au Dai Duk Lan qui se trouvait à Hong Kong dans un vieux bâtiment commercial, j'ai vu deux vieillards revêtus de leur meilleur costume s'entraîner au Kung-Fu. Leurs mouvements me semblaient un peu étranges, mais en faisant un petit combat avec l'un de ces vieillards, je me suis rendu compte de l'efficacité de ce style. Ce vieillard n'était autre que le grand maître Wai Yan. À ce moment-là, je sus que mon désir insatiable m'avait conduit jusqu'à cet endroit pour connaître ces gens. Le grand maître Wan Yan m'accepta comme élève et couronna le moment de la traditionnelle cérémonie du thé. Pendant les trente années qui suivirent, je me suis consacré corps et âme à cet art martial. Depuis ce moment, je me suis toujours senti responsable du Weng Chun Kung-Fu et j'ai été le premier à vouloir participer aux combats sur les toits à Hong Kong. J'ai eu la merveilleuse occasion d'être formé par le grand maître Wai Yan pendant plus de 10 ans. Son élève, le maître Lau Chi Long fut également mon professeur et je fus en outre envoyé à Fatshan en Chine pour être formé par le dernier maître de Weng Chun que l'on connaît en Chine

communiste sous le nom de grand maître Pak Cheung. Le grand maître Pak Cheung fut dès son enfance l'élève particulier du grand maître Tang Sue. Étant membre d'une famille fortunée, le grand maître Pak Cheung eut la possibilité de concentrer son énergie sur l'apprentissage du Weng Chun KungFu, mais pendant la révolution culturelle, sa famille perdit tous ses biens et fut envoyée dans un petit village chinois pour y vivre comme des paysans. En secret, Weng Chun forma quelques élèves. J'ai eu l'occasion d'être formé par ce grand maître et je suis devenu son dernier élève. Au cours de mes années d'apprentissage du Weng Chun, j'ai dû apprendre un peu plus qu'à me battre pour pouvoir sauver de la disparition cet ancien art martial honorable. J'étais le dernier élève de l'école Dai Duk Lan et le seul élève occidental des grands maîtres de Weng Chun. Pour souligner ma réussite inhabituelle, le grand maître Wai Yan m'octroya le titre de grand maître, me légitimant comme son successeur du Weng Chun en 1995. Cela se passa à Hong Kong, au cours d'une cérémonie devant plusieurs maîtres de différents styles de Kung-Fu. Dans un journal de Hong Kong datant de 1988, on peut lire ceci : « Pourquoi un vieillard (le grand maître Wai Yan) et un jeune homme (son disciple Andreas Hoffmann)

Photo 2 : Wai Yan, grand maître légendaire du Weng Chun, donne cours au Sifu Andreas Hoffmann dans son salon à Hong Kong, dans les années 80. Photo 3 : Transmission directe du Weng Chun KungFu du dernier grand maître Wai Yan à son seul élève occidental. Photo 4 : Photo de journal. Photo 5 : Importante cérémonie chinoise maître-disciple, dans la salle du mannequin de bois de la Mecque du Weng Chun, le Dai Duk Lan. Le grand maître Wai Yan accepte le thé des mains de son élève occidental Andreas Hoffmann qui introduisit le Weng Chun Kung-Fu dans plus de 15 pays un peu partout dans le monde. Photo 6 : Le dernier maître chinois Pak Cheung instruit en secret le Sifu Andreas Hoffmann à Fatshan, en Chine, dans les années 80.

apparaissent-ils sur une affiche sur laquelle on peut lire “Dai Duk Lan” ? La majorité des gens ne connaissent pas l'endroit historique du Dai Duk Lan, mais il est définitivement associé à la Mo Lam (communauté des arts martiaux). Si on pose la question dans le cercle des arts martiaux de Hong Kong, les gens vous diront que le Dai Duk Lan est l'endroit où l'on pratique secrètement le Weng Chun Mun Paai (système d'arts martiaux du Weng Chun). C'est l'endroit de réunion de tous les maîtres de Weng Chun. Cela fait de cette photo un document historique car elle représente la cession de tout un système de l'ancienne génération à la nouvelle génération. Ce sont les héritiers du Weng Chun. » Je suis actuellement la figure la plus importante du Weng Chun et le seul de l'époque du Dai Duk Lan qui enseigne le Weng Chun professionnellement. J'essaye chaque jour, à Bamberg en Allemagne, de vivre cet art martial comme un style de vie. Grâce à l'inspiration de mon maître Wai Yan, j'ai fondé la « Weng Chun Kung-Fu Inter national Association » avec le désir de voir le Weng Chun devenir fameux dans le monde entier. Le Weng Chun Kung-Fu est un art martial merveilleux qui possède une grande tradition en Chine, mais il a commencé à décliner là-bas et même à Hong Kong pour diverses raisons. Plusieurs d'entre elles purent être les raisons qui entraînèrent la chute de cet ancien héritage dont la valeur culturelle est si importante pour l'être humain, mais la cause principale de cette situation en Chine fut la révolution culturelle communiste. Les maîtres de Weng Chun, tout comme d'autres maîtres de Kung-Fu, furent obligés de s'enfuir à Hong Kong ou à Taiwan. À Hong Kong, le capitalisme sauvage commença à devenir de plus en plus important et le slogan principal était de « faire de l'argent ». Les fils des anciens maîtres s'en allèrent à l'université ou essayèrent de gagner beaucoup d'argent d'une autre manière et le Weng Chun perdit les jeunes générations de Hong Kong. Il y avait encore des élèves qui pratiquaient cet art martial, mais c'était probablement un hobby pour eux. La majorité de ces élèves étaient capables

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d'imiter les exercices des grands maîtres, mais ils ne pouvaient pas en obtenir une compréhension plus profonde. Un autre fait important c'est qu'à cette époque, le Wing Chun et Bruce Lee devinrent très populaires à Hong Kong. Quand les gens entendaient le terme de Weng Chun, ils pensaient toujours qu'il s'agissait du Wing Chun et ne comprenaient pas que notre art martial était un style à part entière, qui pouvait être considéré comme le prédécesseur du Wing Chun et non comme une version de celui-ci. Quand j'ai commencé à faire connaître le Weng Chun dans le monde occidental dans les années 80, j'eus l'impression de ramer contre le vent parce que la grand organisation de Wing Chun affirmait que le Weng Chun était une de mes inventions et qu'en Chine, on savait combien elle était ridicule. Malgré tout, j'ai continué et j'ai rencontré de nombreux élèves merveilleux qui sentirent également qu'ils avaient, avec le Weng Chun, finalement trouvé « leur » art martial. Ensemble, nous avons fait connaître le Weng Chun Kung-Fu dans le monde entier.

Photo 1 : Le grand maître Andreas Hoffmann établit le Weng Chun Kung Fu aux Pays-Bas grâce à son élève, le maître Sifu Cesario Di Domenico. Photo 2 : Travail pionnier du Weng Chun en Italie, de la part du grand maître Andreas Hoffmann et de ses représentants les maîtres Cesario Di Domenico, Sifu Maria Grothe, Stefano Fenzi, Fabio Sarnataro, Federico Greco et Flavio Greco. Photo 3 : Stage sur les doubles couteaux en Allemagne. Photo 4 : Le grand maître Andreas Hoffmann établit le Weng Chun Kung Fu au Danemark grâce à son élève ceinture noire, le Sifu Henrik Sprechler. Il s'agit là du stage pour instructeurs à Copenhague au Danemark avec le Sifu Brian B. Nielsen, le Sifu Sören Bogelund Jensen et Morten Soeborg Larsen. Photo 5 : Foyer de la famille internationale du Weng Chun, avec les élèves enthousiastes de Weng Chun, des instructeurs et des maîtres du monde entier qui ont voyagé jusque-là pour apprendre avec le grand maître Andreas Hoffmann. Photo 6 : Musée du Weng Tsun dirigé par le grand maître Benny Meng, qui appuie le grand maître Andreas Hoffmann en ce qui concerne l'établissement du Weng Chun aux États-Unis. Sur la photo, le stage au Weng Chun Museum Dayton, Ohio. Photo 7 : Premier stage de Weng Chun dirigé par le grand maître Andreas Hoffmann à Phœnix en Arizona, invité par le Sifu Löwenhagen et le grand maître Benny Meng. Photo 8 : Premier stage de Weng Chun dirigé par le grand maître Andreas Hoffmann à Londres, invité par Bruce Valentine. Photo 9 : Élèves canadiens près du Sifu Andreas Hoffmann. Actuellement, Peter Assentoft enseigne à Toronto, Canada. Photo 10 : Le grand maître Andreas Hoffmann célèbre les titres internationaux de Sanda et de MMA avec ses champions : le maître Rittirong Konggann, le maître Cesario Di Domenico, Sven Morgenroth, Ismail Göksu, Sebastian Mehler, Peter Schmitt et bien d'autres.


Héritiers de la Tradition Cet art martial parle de lui-même. Beaucoup de gens voient nos mouvements dans les vidéos et les démonstrations, ils les trouvent très naturels et perçoivent immédiatement que l'élégance qu'ils voient est justement le type de Kung-Fu qu'ils veulent pratiquer. D'autres voient l'efficacité des combattants de Weng Chun dans les combats de Sanda ou de MMA et constatant l'efficacité de ce style pour la selfdéfense, ils viennent alors à nos entraînements. Il y a certaines personnes qui, après avoir étudié l'histoire du Kung-Fu, reconnaissent le grand héritage de Shaolin du Sud transmis par un lignage continu et qui veulent aider à le transmettre aux générations suivantes. Il y a de nos jours, des milliers d'élèves qui se consacrent au Weng Chun Kung-Fu, qui ont été formés par une grande quantité d'instructeurs et de maîtres qui ont pu entrer en contact avec les anciens maîtres grâce à mon travail. Quand j'ai rencontré Alfredo Tucci à Budo International, je me suis immédiatement rendu compte qu'il allait être un élément important de cette tâche historique car il a déjà publié de nombreux classiques sur le Karaté et la sagesse orientale et il va maintenant aider le Weng Chun en publiant un nouveau livre. Nous lui en sommes très reconnaissants. Nous souhaitons en particulier le remercier non seulement pour avoir reconnu l'importance historique du Weng Chun, mais encore pour l'apprécier et nous offrir une plateforme pour communiquer le Weng Chun au XXIème siècle. Ensemble, nous avons décidé de décrire les différents aspects du Weng Chun dans une colonne mensuelle qui paraîtra au cours des prochaines années et nous allons maintenant publier le premier livre international sur

cet art martial. Il doit être le premier et la base d'une série de livres qui traiteront d'un style qui est la seule connexion avec le Shaolin Chan, qui aborderont les arts martiaux efficaces, l'amélioration de la santé et les arts thérapeutiques du Weng Chun. Ce premier livre découvre les bases du Weng Chun KungFu, autrement dit les stratégies particulières de combat, tels que les 6 principes et demi et les 18 ponts de combat. Il traite en outre des méthodes d'entraînement et des formes Saam Pai Fat, Sap Yat Kuen et Luk Dim Boon Kuen, et des applications du mannequin de bois. Il traite également des applications pour la self-défense et des bases des dix sagesses dont on a besoin pour pratiquer le Zen Weng Chun.


Nous vous offrons dans ces pages un exemple parfait d'excellence dans plusieurs secteurs. Cet Américain est professeur de Kenpo, mais il est en outre un chef d'entreprise très créatif. Maître de maîtres hors et sur les tatamis, il a su organiser une chaîne de gymnases très populaires aux États-Unis. Il présente ici son premier travail avec Budo International et partage avec vous certaines de ses réflexions et de ses expériences du management et des tatamis.

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Très jeune, il se passionna pour les arts martiaux. Il eut le privilège de connaître en prison Mitose en personne au cours d'un épisode hilarant et naïf qui laissa cependant une empreinte profonde sur lui. Son long parcours en Kenpo est une garantie de sérieux et d'expérience qui enrichira les pratiquants de ce style, car il eut l'occasion d'apprendre avec certains des meilleurs et son esprit indomptable dans la recherche de l'excellence a donné de magnifiques fruits. Un DVD à ne pas manquer !


Kenpo J'adore les arts martiaux, tout comme vous probablement. J'adore m'entraîner. J'adore enseigner. J'adore ce que les arts martiaux apportent aux gens. Pendant toutes ces années, je suis arrivé à la conclusion évidente que le parcours de chacun dans les arts martiaux est différent. Ce que j'aime des arts martiaux est unique pour moi. Ce que vous aimez des arts martiaux est unique pour vous. Certaines personnes peuvent consacrer toute leur carrière aux arts martiaux, à enseigner un système particulier. C'est en cela que consiste leur parcours et j'ai pour eux une grande admiration et un grand respect. Il n'y a pour moi rien de plus beau que de voir un art martial traditionnel pratiqué par un individu habile qui a consacré sa vie à chercher la perfection. Mais ce n'est pas mon parcours. Bien que je n'ai jamais fait l'objet d'aucun diagnostique, je suis sûr que je suis un cas extrême d'ADHD (trouble du déficit de l'attention/hyperactivité). Je m'embêtais très facilement et si je m'étais consacré à la pratique d'un seul art martial, je suis sûr que j'aurais fini par en avoir marre et que j'aurais tout simplement cessé de m'entraîner. Je pratique donc de ce fait beaucoup de systèmes. Mon parcours m'a fait connaître beaucoup de choses de beaucoup de méthodologies différentes d'arts martiaux. Résultat : je ne suis pas un maître d'un style particulier, je connais un peu de beaucoup de styles. Je ne dis pas que ce soit mieux, simplement je dis que ce fut

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kovarsblog.kovarsystems.com

Texte : Dave Kovar Photos : © www.budointernational.com

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là la manière de me trouver à moi-même. Mais ayant participé à de nombreux rituels et traditions, ce que m'a enseigné essentiellement mon parcours, c'est combien les arts martiaux se ressemblaient. Après tout, il y a seulement certaines manières déterminées de plier un coude, la puissance est la puissance et la vitesse, la vitesse. Beaucoup de styles semblent traiter les choses de manière différente au début, mais à la fin, ils arrivent généralement aux mêmes conclusions. Ce que j'essaye de faire dans mes entraînements et dans mes cours, c'est d'utiliser mon Kenpo comme base et de le mélanger avec les concepts d'autres systèmes. Est-ce parfait ? Non. Je reconnais qu'il y a de nombreux défauts dans mes méthodes. Mais avec le temps, je crois que ceux-ci ont été minimisés. Je pense qu'avec un

esprit ouvert et un régime d'entraînement discipliné, on peut faire de grands progrès. Dans mes vidéos, j'essaye de partager mes idées de mélange de techniques en utilisant les attaques élémentaires universelles comme base. J'espère que les vidéos aideront les spectateurs à stimuler leur propre capacité créative. Heureux entraînement.

C'est ridicule. Personne ne peut conserver ses élèves pendant 10 ans ! C'est ce que nous avons entendu quand nous sommes allés à une réunion de directeurs d'école. Mais en réalité, vous pouvez conserver vos élèves pendant 10 ans. Vous avez ici les éléments clés pour que vos élèves s'entraînent dans votre école pendant 10 ans ou plus : 1) Vous devez croire qu'ils pratiqueront avec vous pendant 10 ans. C'est essentiel. Si vous n'y croyez pas, ça n'arrivera pas. Oui, vous vendrez la peau de l'ours avant de l'avoir tué si vous croyez que cela arrivera avant que cela n'arrive, mais c'est le premier pas. Et il est absolument nécessaire. Donc, ayez une foi aveugle et implantez cela dans vos croyances. 2) Prêtez beaucoup d'attention à votre résistance interne à cette idée. Dites à haute voix : « les élèves s'entraîneront dans mon école pendant 10 ans ou plus ». Si vous êtes comme la majorité des gens, une voix sceptique dans votre tête vous dira rapidement toutes les raisons pour lesquelles cela n'arrivera pas. Il peut

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Kenpo

y avoir beaucoup de raisons pour être sceptique à ce sujet. Faire une liste de ces objections peut vous donner quelques idées des choses que vous devriez ajuster. Par exemple, une raison peut être qu'ils s'ennuieront au bout d'un certain temps avec vous. Il se peut que ce soit vrai. Mais si vous croyez que c'est vrai, ce doit être pour vous un signal que vous devez faire un effort particulier pour que vos cours soient amusants, intéressants, provoquants, etc. Il se peut que vous nécessitiez un cours d'actualisation avec de nouveaux exercices plus stimulants. Veillez à séparer votre résistance des choses que vous ne pouvez pas mener à bien et de celles que vous pouvez réaliser. Évidemment, si quelqu'un commence votre programme à l'âge de 14 ans, il y a de fortes chances que vous le perdiez 4 ans plus tard quand il s'en ira à l'université. Vous ne pouvez pas faire grand-chose à ce sujet. Mais si vous vous centrez sur les élèves qui commencent à l'âge de 8 ans ou moins, vous pouvez réussir à les avoir pour élèves pendant 10 ans et plus. 3) Offrez-leur un grand début. Voici la formule parfaite pour les premières semaines : • Découvrez ce qu'ils attendent et quels sont leurs intérêts pendant le cours de présentation. Développez un système pour leur donner plus que ce qu'ils n'attendent et veillez à réaliser les choses qui les intéressent rapidement et méticuleusement. Organisez le premier cours

kovarsblog.kovarsystems.com

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« Dans mes vidéos, j'essaye de partager mes idées de mélange de techniques en utilisant les attaques élémentaires universelles comme base. »

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Kenpo de telle sorte que les élèves aiment l'expérience et soient impatients de revenir. À la fin de la deuxième semaine, les élèves doivent se sentir complètement à l'aise avec l'instructeur et avec les autres élèves. • Ils doivent sentir que leurs efforts et leurs réussites sont reconnus. Trouvez le moment juste pour leur dire que vous pouvez voir en eux une excellente ceinture noire de votre programme. Ils commenceront à partager cette vision et s'enthousiasmeront à la perspective de recevoir leur ceinture noire. • Ils assumeront alors avec bonheur la responsabilité d'obtenir la ceinture noire. Les élèves qui se rendront compte qu'ils adorent pratiquer dans votre école et les parents seront ravis de voir que vous donnez à leurs enfants ce qu'ils attendent et plus encore (et ce n'est pas par hasard, allez voir le premier point de la liste). 4) La communication au cours des premières semaines est vitale. La seule manière d'être sûr qu'ils ont un grand début, c'est à travers la communication. Il est facile de faire les premières corrections du cours avant que les petites inquiétudes ne deviennent des problèmes plus grands… mais cela ne peut se faire que si vous savez ce qu'ils pensent. 5) Aidez-les à surmonter leur premier obstacle. Cela peut se faire de différentes manières, mais ça doit se faire, vous devez donc être prêt. Et une fois qu'ils l'ont surmonté, veillez à ce qu'ils s'en sentent très contents, pour que la fois suivante que se présente un obstacle, ils se sentent capables de pouvoir le surmonter. 6) Si l'élève est un enfant, veillez à consacrer la même énergie à la satisfaction de ses parents. Vous devez être en relation avec eux, louer et apprécier leurs enfants. Tous les parents adorent ça ! 7) Faites de votre école une véritable communauté, comme si c'était « leur troisième demeure». Leur maison est la première. Le lieu de travail ou l'école est la deuxième et votre école d'arts martiaux doit être ce troisième endroit. Ça doit être un endroit où ils ont envie de se trouver quand ils ne sont pas chez eux, à l'école ou au travail. Pensez à la manière de faire de votre école un club social pour élèves et parents. Votre programme d'arts martiaux est toujours l'essence de ce que se produit dans votre école, mais votre objectif est de faire de votre école l'endroit préféré de vos élèves. 8) Ne sous-estimez jamais le pouvoir du détail personnel. Cherchez un moment pour regarder un élève dans les yeux et lui dire que vous êtes fier de lui. Envoyez des lettres écrites à la main, des cartes « impressionnantes », des cartes d'anniversaire, etc. Il y a beaucoup de variantes à tout cela, mais le thème sous-jacent est le même : s'ils adorent votre cours, s'ils sont impatients de revenir, s'ils ont envie de faire intégralement partie de votre école, si votre école est leur endroit favori, s'ils se sentent reconnus, appréciés, écoutés, s'ils ont un relation positive avec leur instructeur et leurs camarades, ils ne voudront jamais abandonner. Tant que les personnes qui paient les cotisations sentent que ce qu'elles obtiennent n'a pas de prix, elles feront n'importe quoi pour que les élèves continuent de s'y rendre.

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Texto : Carlos Martins Photos : © www.budointernational.com

« Avec ces 20 solutions que le maître Sueyoshi Akeshi présente, nous avons l'occasion de mieux comprendre la manière de manipuler la Naginata dans ses différentes applications. »

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La Naginata est une arme traditionnelle japonaise, qui ressemble à une lance à laquelle on aurait ajouté un couteau recourbé au bout. C'est une arme hautement traditionnelle parmi les Bushi et qui les représente tout comme le katana même si elle est en Occident beaucoup moins connue. La Naginata place les élèves d'arts martiaux devant une nouvelle situation des distances, des poids et avec une mobilité complètement différente de celle du Katana. Sa forme unique la dote en outre de qualités spécifiques pour son maniement faisant d'elle une école de véritables maîtres dans les arts traditionnels japonais. Son étude doit être considérée comme prioritaire car elle force les sensations, l'équilibre et la force pour les gérer tous très souplement. Le maître Sueyoshi Akeshi est en train de préparer un ouvrage sur cette arme, mais il présente dès aujour d'hui un DVD avec un ensemble de mouvements sous forme de Kumidashi Kihon qui permettront à l'élève d'acquérir la maîtrise de cette arme magnifique. N'importe quel élève des armes traditionnelles trouvera dans ce guide audiovisuel un outil merveilleux, dirigé avec la maestria habituelle du maître Akeshi. Un nouveau travail dont nous sommes très fier à la rédaction. Alfredo Tucci


Armes Japonaises Naginata et Kumidashi Kihon Une fois de plus, le maître Sueyoshi Akeshi ne cesse de nous surprendre. Cette fois, il nous présente vingt Kumidashi de Nagitata et les cinq Kumidashi Kihon. A l'époque féodale au Japon, la Naginata était l'arme préférée des femmes, qu'elles utilisaient principalement pour défendre leur maison et leur intégrité physique. Elles en virent rapidement à être les maîtresses de cet art merveilleux et au Japon, aujourd'hui encore, la Naginata est pratiquée majoritairement par des femmes. La pratique de la Naginata est en tous points semblable à celle du katana. Tous les mouvements et l'expression corporelle reposent sur les mêmes bases et l'étude de la Yari

aide beaucoup à la compréhension de cette arme. Plus courte que la Yari, elle permet d'exécuter un plus grand nombre d'attaques et de solutions. Et bien qu'il s'agisse une arme longue, elle peut être manipulée beaucoup plus rapidement et efficacement. Toutes les attaques sont consécutives et fluides, de manière à rompre l'espace mort qui existe entre les mouvements. La tension et la force inutiles en sont le plus grand ennemi, ce qui est vrai non seulement dans la pratique de la Naginata, mais également de n'importe quelle autre arme. L'excès de tension réduit la vitesse des mouvements et compromet une conclusion efficace. L'une des questions les plus importantes dont il faut tenir compte est très certainement la distance. Celle-ci doit être constamment calculée de manière à éviter les accidents. Le niveau d'alerte quand il s'agit de la pratique avec une arme augmente naturellement, ce qui a en réalité un

« La forme recourbée de la lame de la Naginata permet un grand nombre d'applications, surtout les coupes en Hiki Giri et Hochi Giri (les coupes en tirant et en coupant). »

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bon côté dans la mesure où l'attention et la concentration augmentent. Cela a également un aspect négatif car il peut augmenter la tension corporelle et par conséquent provoquer le ralentissement des mouvements et mettre en jeu une conclusion efficace. Et ce, même si, quand vous pratiquez avec un partenaire des mouvements combinés, la pensée doit se libérer pour faire face à l'attaque combinée comme un combat où l'on ne réagit qu'en fonction de l'attaque inversée. Il est vrai ainsi que le risque d'être atteint est toujours plus grand, mais c'est la manière de faire la plus proche d'une situation réelle. Car c'est juste avant d'être touché que se trouve le moment adéquat. Si le corps est alors sans tension, la réponse à l'attaque sera très certainement efficace. Shizumi (descente du corps) et Ukimi (flotter, absence de poids) constituent un duo inséparable dont il faut tenir compte. Les changements de direction et les mouvements ascendants et descendants rapides du corps ont l'avantage de tromper l'adversaire car nous disparaissons de son champ de vision ou simplement nous changeons de position sans que celui-ci ne s'en rende compte. Les attaques réalisées sont faites pour la plupart aux points faibles du Yoroi (armure), principalement à la zone des articulations ou au cou. Autrement dit, étant donné la taille de l'arme en question, le niveau de difficulté d'une coupe efficace est indiscutablement très élevé, mais avec


beaucoup d'entraînement tout est possible et s'il y a un mot qui ne doit pas exister pour un pratiquant d'arts martiaux, c'est bien celui d'impossible. Ces vingt solutions que le maître Sueyoshi Akeshi présente nous permettent de mieux comprendre la manière dont la Naginata peut être manipulée dans ses différentes applications. Le corps doit toujours se déplacer en bloc, pour qu'il n'y ait pas d'oscillations visibles sur la Naginata. Les attaques sont ainsi moins perceptibles pour l'adversaire et il se crée une difficulté ajoutée au moment d'intercepter. Et pour que l'attaque soit interceptée correctement, la réponse ne doit avoir lieu qu'après le début de l'attaque, sinon les mouvements sont exécutés de manière théâtrale et robotisée et le moindre ralentissement ou la moindre accélération des attaques provoque la confusion des adversaires. Dans ce type de

situations, la moindre des choses qui puisse se produire est un blocage de la part de l'un des adversaires, tandis que l'autre maintient l'attaque. Un mauvais résultat est alors inévitable. Il est vrai qu'il s'agit de combats combinés, mais la pensée ne peut pas faire d'erreur, ce qui surviendrait si on faisant à peine attention au combat combiné en question. Si on s'attend par exemple à Kesa Giri, on ne peut se permettre de ne pas faire attention à cette attaque. En effet, si à un moment donné, au lieu de Kesa Giri, l'adversaire attaque en Tsuki, la pensée et le corps doivent être en alerte et prêts à changer la technique pour intercepter n'importe quelle attaque avec succès. Zanshin (l'état d'alerte) doit être constamment présent et questionné individuellement par chaque pratiquant d'art martial, à n'importe quel moment. En un espace de temps très court, une nouvelle situation peut surgir et le plus petit

manque d'attention peut coûter très cher. C'est une bonne raison pour ne pas considérer les combats dits « combinés » comme une simple combinaison théâtrale. Il faut toujours tenir compte du type de situations qui peuvent surgir à n'importe quelle moment et sans crier gare. Le maître Sueyoshi est un exemple à suivre, n'importe quelle arme entre ses mains semble facile à manier. Le mouvement de son corps correspond à peine à la situation en question. Ses esquives se font toujours au dernier moment, juste avant d'être touché et sa prompte réponse élimine rapidement une nouvelle possibilité de l'attaquer. Et ceci ne se réfère pas seulement à ce dernier travail. C'est indiscutablement un élément prédominant dans tous ses précédents travaux. Pour parvenir à un tel niveau, la rapidité est l'arme fondamentale, mais si l'esquive est rapide mais l'attaque


arrive en retard, il se peut que ce ne soit pas suffisant, tout doit pouvoir se faire conjointement, esquiver et attaquer en même temps est essentiel. On appelle cela Ichi Byoshi. La forme recourbée de la lame de la Naginata permet un grand nombre d'applications telles que les coupes en Hiki Giri et Hochi Giri (les coupes en tirant et en coupant), mais pour que ce type de coupes soient exécutées avec précision, le corps doit être libre de tensions inutiles pour que celles-ci soient effectués de manière continue et fluide. Les mouvements apparemment circulaires sont en réalité des lignes droites engendrées par l'alignement du corps où le résultat final donne les formes circulaires de la Naginata. Dans le cas contraire, la coupe n'est pas faite avec la précision nécessaire et ressemble plus à un coup. Ce détail est très important, le pratiquant doit constamment s'en souvenir, surtout pour ne pas acquérir de mauvaises habitudes, des vices techniques, qui peuvent compromettre la technique en question et l'intégrité physique. Les cinq Kumidashi Kihon sont également bien documentés. Les Bokken utilisés dans ces Kumidashi sont ceux de l'école Kashima Shim Ryu, une école de grande importance dans le système de la Mugen Kai. Ces Bokken sont un peu lourds et robustes afin de pouvoir supporter de puissantes attaques et d'aider également à développer le corps afin que la pratiquant puisse, dès le début, avoir une idée correcte des muscles qu'il doit utiliser avec cette arme. S'il a compris physiquement et techniquement les avantages du Bokken, l'expression corporelle relativement identique facilite l'apprentissage des autres armes du système Mugen Kai quand il passe à leur pratique. Tous les Kumidashi finissent par Kesa Giri qui symbolise la coupe finale ou encore l'attaque principale car à la fin de chaque Kumidashi, l'attaque peut également être interprétée comme une sorte de pression pour l'adversaire pour passer immédiatement à l'attaque finale. Le fait que le Bokken soit plus lourd que le Fokuro Xinai, par exemple, renforce l'idée qu'il s'agit là de la première des armes avec laquelle le pratiquant doit prendre contact. Comme ces cinq Kumidashi combinent l'étude de Zanshin (esprit attentif), Ma-Ai (distance), Shizumi et Ukimi, ces principes accompagneront le pratiquant tout le long de son évolution. La compréhension de ces cinq Kumidahsi apporte les bases nécessaires pour l'étude de n'importe quelle autre arme et la manière correcte suivant laquelle le corps doit se mouvoir. Le maître Sueyoshi est l'exemple vivant de la manière dont il est possible d'arriver à un niveau d'excellent dans l'usage des anciennes armes japonaises. Son grand objectif n'est pas seulement de transmette cet héritage, mais également de faire connaître les anciens arts martiaux japonais. Sa profonde connaissance en la matière est un trésor pour les passionnés de Kobujutsu. D'une personnalité extrêmement simple, il ne garde aucun secret, ce qui est d'une grande valeur pour tous les curieux qui cherchent à accroître leurs connaissances. C'est également une raison de plus pour poursuivre leur évolution en suivant ce grand maître. Je me considère comme extrêmement chanceux car j'ai eu cette chance de pouvoir rencontrer sur ma route le maître Sueyoshi et de bénéficier de son enseignement direct ce qui m'a

« Le corps doit toujours se déplacer en bloc, pour qu'il n'y ait pas d'oscillations visibles sur la Naginata. »

ouvert de nombreuses portes et a élargi ma vision du Kobujutsu. Seul celui qui pratique les arts martiaux peut comprendre que l'apprentissage est un trésor invisible qui alimente les besoins relatifs à la curiosité naturelle de l'être humain. Ce dernier travail, mais aussi tous les autres qu'il a déjà proposés et ceux qui sont à venir, est capable d'impressionner même les plus sceptiques. Une fois de plus, nous pouvons observer le maître Sueyoshi et sa maîtrise impeccable de la Naginata et des Kumidashi Kihon à une vitesse et avec une capacité de conclusion vraiment impressionnantes.


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Il existe de nombreux protocoles de sécurité en vol en ce qui concerne la partie technique de l'appareil et de son maniement, mais il n'existe malheureusement aucun protocole ni aucune préparation des membres de l'équipage en matière de self-défense et de sécurité par rapport aux situations où leur vie et celles des passagers sont mises en danger. Comment un expert en arts martiaux appliquerait-il ses techniques dans le couloir d'un avion, face à une personne armée ou simplement hors d'elle et de grande corpulence ? La méthode présentée dans ce DVD démontre qu'il est possible qu'une hôtesse de l'air menue réduise et immobilise sans problème un agresseur de plus de 100 kg dans l'étroit couloir de l'avion. Les techniques doivent être extrêmement rapides et efficaces et si nécessaires, létales. Elles doivent considérer l'espace et le temps d'exécution, ainsi que la discrétion et la proportionnalité des moyens en fonction de la gravité de la situation. Une synthèse des principes de base pour la préparation du personnel navigant qui, bien sûr, doit être complétée par des cours et un suivi périodique de recyclage pour traiter et donner une réponse aux situations qui se présentent jour après jour.

REF.: • NAGI1 La Naginata est une arme traditionnelle utilisée par les samouraïs du Japon médiéval, similaire à une lance avec la lame recourbée. Sa pratique est similaire de celle du Katana et comme elle est plus courte que le Yari, elle permet l'exécution d'un plus grand nombre d'attaques et de défenses et peut être manipulée très rapidement et très efficacement. Dans ce nouveau DVD, le maître Akeshi nous montre dans le détail les 20 Kumidashi de Naginata et les 5 Kumidashi de Kihon, ces derniers pour créer un pont entre la Naginata et le Katana et souligner les similitudes qui existent entre les deux. Ces Kumidashi sont exécutés avec le Bokken qui, du fait de son poids, éveille les muscles endormis, ce qui aidera de manière décisive en ce qui concerne le comportement et l'évolution technique des deux armes. La Naginata place les élèves d'arts martiaux face à une nouvelle situation des distances, des poids et de la mobilité et son étude doit être considérée comme prioritaire pour les passionnés du Kobujutsu car elle met l'accent sur les sensations, l'équilibre et la force de manière à les gérer souplement.

Dave Kovar, expert martial accompli et ceinture noire dans 6 styles d'arts martiaux, possède une expérience de plus de 30 ans en matière d'enseignement. Professeur de Kenpo (il eut l'occasion d'étudier avec certains des meilleurs) et maître de maîtres en dehors et sur les tatamis, il a développé une méthode d'enseignement sans pareil qui offre à l'instructeur la capacité unique d'aider les élèves à améliorer leurs habiletés et d'accroître leur confiance, leur discipline et leur respect. Quand on pratique divers systèmes, on arrive tôt ou tard à la conclusion que, mis à part les rituels et les traditions, au fond, les arts martiaux sont très similaires entre eux. Ils peuvent aborder les choses de manière différente au début, mais ils arrivent généralement aux mêmes conclusions. Ainsi, il utilise le Kenpo comme base pour y mêler les techniques et les théories d'autres systèmes, en prenant comme point de départ les attaques élémentaires universelles. Dans ce DVD, il nous montre les combinaisons de double poing, des séquences de selfdéfense progressive, le « Kenpo 6 » ou exercices interactifs avec un camarade, et des techniques de points de pression. Un esprit indomptable à la recherche de l'excellence qui a déjà donné de magnifiques fruits.

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Interview

Texte et photos : Marcelo Alonso

Considéré comme la plus grande des idoles de l'histoire du Jiu-Jitsu et comme l'un des précurseurs les plus importants du MMA dans le monde, Rickson Gracie, 50 ans, a concédé une interview exclusive à Budo International le lendemain de l'UFC Rio qui eut lieu à Rio de Janeiro en août dernier. L'interview eut lieu à même le sable de la plage où Rickson participa à un championnat de surf réservé aux ceintures noires. Budo International : Comment ça a été le championnat de surf ? Rickson Gracie : Mon gars, cette fois, je n'ai pas remporté le championnat, mais l'entente, les retrouvailles des amis dans l'eau fut splendide. Il est bon d'être dans un bel endroit comme celui-ci, avec les amis, surfant les vagues. Il n'y a pas de gagnants ni de perdants.

vous ressenti en voyant 15.000 personnes appuyer leurs idoles au Brésil ? R.G. : Ce fut formidable, ce fut une grande nuit brésilienne. Les gars se sont très bien battus. Minotauro, Anderson, Shogun. Ils l'ont tous bien fait et ont senti l'émotion qu'on ne sent qu'au Brésil, car ce n'est qu'ici qu'il y a cette chaleur humaine. Ce fut une bonne chose de participer à une nuit comme celle-là.

B.I. : Quelle est l'importance d'un événement comme l'UFC Rio ? Qu'avez-

B.I. : La crainte existait que les Américains n'oublient l'origine du sport et ne considèrent le MMA comme l'une de leur création, mais finalement ça n'est pas arrivé. Le fait de reconnaître le travail de votre père et celui de vos frères Rorion et Royce, ça a été une chose importante ?

R.G. : C'est une juste reconnaissance. Les Américains travaillent très bien leur marketing, mais tout cela fut notre création. Il n'y a pas seulement de grands combattants brésiliens, il y a également l'idée, l'esprit brésilien derrière tout cela. Ce n'est pas eux qui ont inventé la roue… Ici nous sommes capables d'offrir le même spectacle. Nous avons un matériel humain, nous avons un public intéressé et maintenant également nous avons des médias plus intégrés. Nous pouvons avoir un UFC brésilien qui serait plus important que ce que peuvent faire les autres. Mais nous devons remercier Dieu d'avoir déjà cette importance dans le monde du MMA. B.I. : Vous avez participé à quantité d'événements importants, vous avez fait de grands combats. En voyant ainsi un événement à la porte de chez vous, ça

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ne vous donne pas envie de reprendre la compétition ? R.G. : La nostalgie de la compétition existe toujours, mais ma motivation commence avec tout ce que j'ai fait un jour et continue avec ce que je veux faire. Aujourd'hui, je donne des cours qui me motivent plus et me rendent plus heureux que de revivre ce que j'ai déjà vécu. Aujourd'hui, je me consacre plus au JiuJitsu, à rappeler aux gens la philosophie qui est unie à la pratique du sport. Ce n'est pas la compétition ou le MMA qui attire mon attention, mais la self-défense, la confiance en soi, la discipline, le contrôle émotionnel. Ces valeurs qu'on acquiert n'ont pas de prix. B.I. : Aimez-vous le chemin qu'a pris le Jiu-Jitsu ? Vous et les autres Gracie avez toujours parlé de l'importance de mener le combat au sol dans le JiuJitsu. Les athlètes de l'art souple ont-ils eu du mal à amener le combat au sol ? Comment considérez-vous actuellement le MMA ? R.G. : Je le considère comme une nouvelle invention. Il n'y a plus d'affrontement des styles, maintenant tout le monde sait de tout. L'élément technique n'est plus

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aussi important, c'est l'individu, la force qui l'est. Le temps a été réduit, le poids est égalé. Il y a de la technologie dans les entraînements, une force fonctionnelle, les combattants sont extrêmement bien préparés. Tout cela a apporté un élément moderne au sport. Il n'existe plus cet aspect romantique du gringalet luttant comme un mastodonte pendant deux heures. C'est là que je vois que le Jiu-Jitsu a perdu un peu de sa capacité d'être appliqué car c'est un art martial où vous devez attendre le moment. Aujourd'hui, le MMA est plus pour celui qui s'est bien préparé, qui est capable de donner et de supporter les coups de poing jusqu'à obtenir la victoire. Il existe une très grande admiration pour le sport de la part de ceux qui le pratiquent, mais le travail de l'art martial a beaucoup diminué. Ce qui me motive, c'est l'application du concept de l'art martial pour ceux qui le pratiquent. Je crois que c'est là que je peux marquer les différences, faire que ce jeune timide se sente normal, qu'une femme se sente plus forte, je veux qu'ils aient le sens de la selfdéfense, de la force invisible. C'est par là que le Jiu-Jitsu atteindra l'éternité, en favorisant ce concept de défense et évidemment en favorisant les grands combat-

tants, bien que de moins en moins car le combat devient de plus en plus physique. B.I. : Comment définiriez-vous ce JiuJitsu invisible ? R.G. : C'est celui que vous ne voyez pas mais que vous sentez. Vous le sentez parce que vous l'appliquez et que la chose fonctionne. D'une autre manière, vous l'appliquez et la chose ne fonctionne pas. Et l'invisibilité se trouve dans les détails de la position, de l'ajustement du poids et des angles que vous ne percevez pas dans un film ou sur une photo. Vous devez la faire, la sentir et la soupeser. B.I. : Et qui avez-vous le plus aimé des Brésiliens à l'UFC Rio ? R.G. : Les Brésiliens eurent une bonne soirée, ils furent motivés par le public, ils étaient bien préparés. J'ai adoré Minotauro, c'est un guerrier vétéran, il était physiquement bien, avec l'esprit très clair et il a fait taire beaucoup de gens qui espéraient sa défaite. Anderson Silva a prouvé sa dextérité, il vole haut. Ce ne fut pas une surprise, on s'y attendait. Thiago Tavares a bien gagné, Toquinho a fait un bon combat. Ils ont tous démontré leur bon moment. Félicitations à tous !


Grands Combattants Jiu-Jitsu aux États-Unis et créa l'UFC. Royce qui démontra au monde la beauté du Jiu-Jitsu. Et moi pour avoir toute ma vie représenté le Jiu-Jitsu et l'avoir emmené au Japon… B.I : Quel fut le meilleur moment de votre carrière ? R.G. : Il est très difficile de choisir le meilleur moment de ma carrière parce que tous les combats ont été importants pour moi et tout comme j'ai commencé le premier combat, j'ai commencé et terminé mon dernier combat, humblement, craintivement et respectueusement. En ce qui concerne une plus ou moins grande popularité, cela n'a jamais altéré ma manière de penser. J'ai toujours été suffisamment humble pour que ces choses ne changent pas ma manière de voir la vie. Je pense que le meilleur moment de ma carrière, c'est le jour d'aujourd'hui. Je regarde en arrière et je vois plus de succès que de défaites, à tout point de vue. Ma carrière va au-delà des tatamis. Je crois également que le meilleur moment de ma carrière est encore à venir, parce que mes missions sont chaque fois plus importantes, même si elles m'éloignent des tatamis et me dirigent vers l'enseignement. Il est pour moi aussi gratifiant d'enseigner que de gagner un combat. Je ne considère pas ma vie avec des hauts et des bas, j'essaye de la maintenir le mieux possible et grâce à Dieu, j'y suis parvenu jusqu'à aujourd'hui.

B.I. : Si vous deviez placer par ordre d'importance les principaux Gracie de l'histoire, qu'est-ce qu'on aurait ? R.G. : Carlos Gracie parce qu'il apprit le Jiu-Jitsu. Hélio Gracie, parce qu'il créa le Gracie Jiu-Jitsu. Carlson car c'est lui qui représenta le Jiu-Jitsu à la suite de mon père. Reyson Gracie parce qu'il atteint une grande popularité dans la ville de Rio de Janeiro, démontrant que le Jiu-Jitsu était quelque chose qui fonctionnait dans la rue aussi bien que dans une académie. Je crois que c'est lui qui implanta le sens de l'honneur dans les rues. Pour avoir été un sauveur de la patrie dans les coins de Copacabana, je le respecte beaucoup. Rolls parce que toute sa vie dans le JiuJitsu, il prouva qu'il était un guerrier. Rorion qui implanta le

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Les arts martiaux mal compris Héritage de la fin d'une ère Il existe une grande richesse dans la variété et la diversité des arts martiaux et plus il y a de détails et de différences, plus grand est le processus de perfectionnement utilisé et cela élève le niveau et ouvre d'autres possibilités pour ceux qui cherchent une voie. Dans les arts martiaux, beaucoup de professionnels démontrent leur génialité en mettant en évidence des transformations techniques qui semblent s'ajuster plus à notre temps, des transformations basées sur les besoins actuels et sur une tendance dans les arts de combat. D'autres, plus enclins à une voie spirituelle, offrent de nouvelles perspectives pour faire face à la demande de pratiquants qui choisissent une autre manière de développer le corps et l'esprit et de tranquilliser l'âme, espérant y trouver des réponses pour la vie familiale et professionnelle hors du dojo. Dans toute cette révolution martiale où, ironiquement, les choses sont très souvent mal comprises du fait de la quantité d'informations disponibles, nous nous retrouvons entre la communication, la culture, la mémoire et la tradition au milieu d'un déséquilibre complexe engendré par de nombreuses tendances qui semblent se heurter les unes les autres. Nous vivons aujourd'hui un moment où nous nous sentons pieds et poings liés, incapables de préserver l'identité et la mémoire culturelle d'un art martial déterminé face aux innombrables compa-

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raisons inadéquates et aux multiples identités dont les facettes empêchent l'établissement et la réintégration des arts martiaux traditionnels dans l'univers des arts martiaux modernes. Les anciens arts martiaux qui eurent un jour leur moment de gloire se trouvent aujourd'hui dans les vitrines des antiquaires. On ne les recherche plus et même si on ne les méprise pas, on ne fait que que contempler comme dans une galerie d'art car tristement ils n'ajustent plus à la décoration de la scène martiale actuelle. La préservation culturelle la plus étendue et réélaborée d'un art martial implique une nouvelle lecture de la manière de le préserver. Il faut en effet ajuster au jour d'aujourd'hui les manières de le maintenir présent sur la scène martiale contemporaine, sans altérer son identité ou ses caractéristiques. Il n'est possible pour aucun art martial de reconstruire le passé, mais le savoir que cet art apporte quant à l'histoire ou une période déterminée, permet de comprendre l'histoire martiale, philosophique et culturelle d'un peuple déterminé et cela ne devrait pas être condamné à l'oubli ou à l'ostracisme. Cette nouvelle lecture, cet ajustement, ne doit cependant pas envahir le terrain des séries traditionnelles qui constituent la base de l'identité technique, la matrice exclusive unitaire qui, se manifestant à travers de riches détails, suggère les traits les plus artistiques du génie historique. La manipulation de ces séries traditionnelles qui doivent rester intactes altère dangereusement ce qui devrait être préservé pour les prochaines générations. Du fait de leur fragilité à rester telle quelle, elles cèdent à la moindre négligence condamnant ainsi les détails à être progressivement oubliés et détruits. Maintenir une tradition c'est lui permettre d'être telle qu'elle est, avec son héritage culturel le plus profond. Elle n'est pas, par nature, soumise aux altérations possibles du présent si, appartenant au passé, elle fait le portrait d'une époque martiale. Il s'agit dès lors d'une tasse pleine qu'il ne faut pas vider pour la remplir de nouveaux savoirs car tel n'est pas son but. Ce que l'on peut perfectionner et améliorer qualitativement, c'est le processus d'enseignement en l'enrichissant d'explications scientifiques qui n'étaient pas disponibles auparavant tout comme l'astronomie aujourd'hui nous permet d'entrevoir, à travers la physique, la chimie et les mathématiques, la beauté d'un univers que nous contemplons depuis très longtemps. Les nombreuses confusions qui semblent germer à notre époque, principalement en ce qui concerne les arts martiaux traditionnels qui semblent persister à ne pas s'éteindre, à ne pas être définitivement effacés de l'essence martiale, atteignent un grand nombre de pratiquants. Nous formons un grand contingent de personnes qui, bien que séparées géographiquement par des continents et possédant une culture propre, sont unies par une étrange passion et un étrange besoin de préserver des pratiques et des arts martiaux déphasés en ce qui concerne l'utilité de leur application, qui poursuivent un objectif qui se limite aux bénéfices spirituels, mentaux ou psychologiques et dont la base physique, n'étant plus d'usage militaire féodal, apporte la santé tout comme n'importe quelle autre activité sportive. Il est certain que les pratiquants de ces nouvelles générations, influencés par le concept de sport, déconnectés des aspects culturels qui représentent la base des pratiques classiques, auraient bien du mal à les comprendre à moins d'atteindre l'essence d'une valeur intrinsèquement liée à une éducation morale, à des vertus et à des valeurs qui malheureusement semblent elles aussi destinées à l'oubli et remplacées par de nouvelles justifiées par la manière de vivre du XXIème siècle.


Arts du Japon « Les anciens arts martiaux qui eurent un jour leur moment de gloire se trouvent aujourd'hui dans les vitrines des antiquaires. On ne les recherche plus et même si on ne les méprise pas, on ne fait que que contempler comme dans une galerie d'art car tristement ils n'ajustent plus à la décoration de la scène martiale actuelle. »

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Il est cependant surprenant de constater que les propres responsables du dernier soupir des arts martiaux en extinction constituent une génération marquée par l'ignorance ou la mauvaise compréhension de leurs propres arts martiaux, manquant de profondeur, détachés des processus historiques, dont les actions cherchent à reproduire la techniques, même imparfaitement, comme celui qui reproduit une œuvre d'art, soulignant l'esthétique d'un objectif vide comme un corps sans âme et dont la valeur s'est perdue en chemin. Ce fait est flagrant et le manque de préparation suit deux directions : l'une est celle des professeurs dont les rêves de maintenir vivante la tradition face à la modernité se virent frustrés et qui ne trouvèrent personne pour apprécier l'essence d'un savoir ancien ; l'autre est celle d'une génération moderne qui ne sait pas apprécier ces savoirs, auquel vient s'ajouter un désintérêt total pour l'apprentissage associé au développement personnel, une génération qui considère à peine les intérêts personnels de la pratique et utilise l'art martial comme

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« Nous pouvons nous considérer comme une espèce en voie d'extinction qui, bien que pas encore complètement éteinte, est entrée dans un processus dégénératif et si nous ne sommes pas capables de vaincre ce processus et de le dépasser, il ne nous restera plus qu'une génialité décadente à la recherche de ses ultimes ressources pour communiquer et transmettre ses derniers mots avant que la surdité culturelle n'arrive aux oreilles des générations futures. »


Arts du Japon un instrument de développement physique où le corps est l'élément principal. Et si c'était le rôle de la pensée, de l'intellect et de ses aspects d'utiliser le corps comme un outil pour son développement ? Inversons les pôles et nous verrons que nous avons une masse de pratiquants dont le corps, indiscutablement bien formé, manque d'un esprit préparé et mûr, capable de se distinguer de cette masse.

Des pratiquants dont l'esprit est comme celui d'un poisson qui suit le banc de poissons, dont la force et la protection résident dans le fait d'être en grand nombre et qui peut parfois même se dissimuler dans la masse, la pensée dominée et contrôlée par le mouvement des autres. Rappelons que nous pouvons entraîner, dresser n'importe quel animal qui présente un minimum de capacité pour une telle chose. En ce qui concerne les arts martiaux japonais, nous savons tous qu'après la grande rébellion de Takamori Saig_ qui, soit dit en passant, eut plus à voir avec la représentation populaire qu'avec un retour vers le passé, les samouraïs cessèrent d'exister. Leurs idéaux ou tout du moins leurs pratiques de combat restèrent présents dans la mentalité nationale japonaise et dans leur doctrine d'enseignement jusqu'en 1945. Après la défaite de la Deuxième Guerre mondiale, les idéaux guerriers japonais s'effondrèrent à tel point que, dans le Japon actuel, les véritables armes et techniques de com-

bat du samouraï, qui n'étaient déjà plus si bien connues ou étaient mal comprises, furent léguées aux derniers préservateurs des arts martiaux traditionnels telles que nous les voyons aujourd'hui, constituant un triste panorama martial. Nous pouvons nous considérer comme une espèce en voie d'extinction qui, bien que pas encore complètement éteinte, est entrée dans un processus dégénératif et si nous ne sommes pas capables de vaincre ce processus et de le dépasser, il ne nous restera plus qu'une génialité décadente à la recherche de ses ultimes ressources pour communiquer et transmettre ses derniers mots avant que la surdité culturelle n'arrive aux oreilles des générations futures. Et faisant un parallèle avec les étoiles, nous pouvons exprimer notre désir que les arts martiaux que nous contemplons maintenant ne soit pas seulement la lumière rémanente de quelque chose qui un jour exista et dont la lumière restante n'est que le lapse de temps et la dis-

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Il fait partie de la nouvelle génération des héritiers des traditions d'Orient. Mais oui ! Ces héritiers n'ont pas les yeux bridés ? Et bien quoi ? Ils sont cependant reconnus par leurs maîtres qui leur ont confié le destin de leur style. Des personnes comme Paolo Cangelosi (Kung-Fu, Chine), Shidoshi Jordan Augusto (Kaze no Ryu, Japon), Martin Sewer (Hung Gar, Chine) ou encore l'auteur de cet article, pratiquèrent, étudièrent et se donnèrent plus qu'aucun autre dans le but manifeste de perpétuer des arts martiaux qu'il aurait été inimaginable de voir, anciennement, entre les mains des étrangers. Andreas Hoffmann est un homme qui se consacre corps et âme à son art, il sait, il enseigne et il le fait très bien. Je suis donc fier de présenter ici son nouveau livre, un événement marquant de plus au milieu d'une réussite bien méritée, pour que les belles traditions guerrières du passé existent dans la vie des gens d'aujourd'hui. Alfredo Tucci Maintenant publier le premier livre international sur cet art martial. Il doit être le premier et la base d'une série de livres qui traiteront d'un style qui est la seule connexion avec le Shaolin Chan, qui aborderont les arts martiaux efficaces, l'amélioration de la santé et les arts thérapeutiques du Weng Chun. Ce premier livre découvre les bases du Weng Chun Kung-Fu, autrement dit les stratégies particulières de combat, tels que les 6 principes et demi et les 18 ponts de combat. Il traite en outre des méthodes d'entraînement et des formes Saam Pai Fat, Sap Yat Kuen et Luk Dim Boon Kuen, et des applications du mannequin de bois. Il traite également des applications pour la self-défense et des bases des dix sagesses dont on a besoin pour pratiquer le Zen Weng Chun. Andreas Hoffmann

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Le style de combat fabuleux du sud de la Thaïlande : Le Muay Chaiya e style de combat traditionnel le plus célèbre du sud de la Thaïlande, le Muay Chaiya, est fameux pour sa stratégie de combat basée surtout sur des mouvements évasifs et imprévisibles et de féroces attaques portées avec les jambes, coups de pied ou coups de genou, contre les parties basses de l'adversaire, et sur de soudaines séries de coups de coude exécutées en avançant rapidement contre l'adversaire ou en sautant littéralement ses défenses. D'après une ancienne légende, le Muay Chaiya serait né de l'expérience de Phor Than Mar, un moine originaire de Chine, qui durant l'un de ses voyages s'installa dans le village de Pum Riang (région de Chaiya) et devint l'abbé du temple du village. Le style se développa donc dans la région méridionale de la Thaïlande et pendant des dizaines d'années, il fut le style caractéristique des maîtres de petites tailles contrairement au Muay Korat, par exemple, qui a depuis toujours été adapté aux personnes physiquement fortes. Dans son application martiale, on travaillait spécialement les coups de pied bas, exécutés suivant des trajectoires courtes et précises et les mouvements souples de défense et de contre-attaques exécutés avec les bras (poings, coudes et avantbras) contre les cibles les plus hautes comme le cou ou la tête. Plus l'adversaire est impétueux et donc moins malin, plus il sera facile d'éviter la puissance de ses attaques en le soumettant avec des techniques dangereuses dirigées aux parties exposées. C'est là le credo du boxeur Chaiya et cette sécurité accompagne les combattants de ce style caractéristique de Muay Boran dans leurs combats contre les représentants de différents styles.

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Le boxeur Chaiya base ses actions sur des positions apparemment « vulnérables » qui en réalité dissimulent des réactions rapides et explosives faites en tordant et pliant le corps pour exploiter au maximum l'élasticité corporelle, dans des distances très proches également. Plus l'adversaire était agressif, plus le boxeur Chaiya parvenait à lui répondre en utilisant l'énergie de celui-ci, c'était la base du combat des pratiquants du style du sud. La position de garde du Muay Chaiya est en elle-même très différente de celle que l'on pourrait, de manière générale, définir comme une garde pugilistique (adoptée par les boxeurs thaïs à l'époque moderne seulement, avec l'introduction de l'usage des gants et un nombre déterminé de rounds). La garde « de base » à 45º et avec les pieds en parallèle met le combattant dans une position apparemment vulnérable alors qu'en réalité elle dissimule une grande quantité d'actions possibles, étudiées pour « éliminer » rapidement l'adversaire avec des attaques à ses points vitaux. De même, la garde avec l'appui sur un seul pied, appelée g a r d e « maître » ou Tha K h r u semble instab l e

mais en réalité, grâce à un entraînement spécifique aux Mae Mai typiques du Chaiya, elle offre la possibilité de frapper en avançant, en reculant ou même en sautant et d'éviter en même temps les attaques les plus habituelles des bras ou des jambes. Les coudes coupants, les coups aux avant-bras, les poings comme des marteaux et les coups avec le dos du poing faisaient partie de l'arsenal du boxeur Chaiya dans ses combats. Pour pouvoir utiliser de la meilleure manière ces armes, le bandage des mains (effectué avec des cordes en coton grossier) ne couvrait la main des combattants que jusqu'au poignet, contrairement par exemple à ce que faisaient les pratiquants du Muay Korat qui bandaient tout l'avant-bras.


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Le programme de ceinture du Gracie Jiu-Jitsu Une self-défense efficace devrait fonctionner dans toutes les situations et dans différentes conditions. Et ce qui est encore plus important : la self-défense devrait fonctionner également indépendamment du fait que vous soyez un homme ou une femme. En outre, les techniques et les principes devraient être pratiques et naturels de manière à être réalisés sans efforts excessifs. Si les techniques fonctionnaient seulement avec quelqu'un de condition athlétique, il ne s'agirait pas de self-défense et on aurait un système élitiste. Le maître Rickson Gracie, l'un des plus grands experts en Jiu-Jitsu et en Vale Tudo de notre époque, met toujours l'accent dans ses stages sur le fait que le Brazilian JiuJitsu (sportif) ne représente que 30% du spectre du véritable Gracie Jiu-Jitsu. De nombreuses écoles de Jiu-Jitsu brésilien octroient des ceintures de couleur à leurs membres lorsqu'ils ont remporté l'un ou l'autre championnat. Ça peut également être une forme de récompense quand les compétitions et les médailles sont importantes pour ces écoles. Le grand maître Hélio Gracie, cependant, ne donna jamais, dans ses enseignements, la priorité aux compétitions sportives quelles qu'elles soient. Après avoir été formé par son grandfrère Carlos Gracie au Maeda Jiu-Jitsu, il développa son propre système, un système qui puisse l'aider, lui, qui était plus petit et plus fragile, à surmonter des situations mettant sa vie en danger et à se protéger avec succès. Quand j'ai fait la connaissance de mon mentor, le professeur Pedro Hemeterio à Sao Paulo au Brésil et que j'ai suivi des cours de perfectionnement avec lui, je connaissais déjà plusieurs écoles de Brazilian et Gracie Jiu-Jitsu et j'étais également déjà une ceinture noire reconnue depuis plus de cinq ans. Le système enseigné par le grand maître Hemeterio provenait du grand maître Hélio Gracie. Dans les années 50, le professeur Pedro Hemeterio avait été responsable de l'école de George Gracie dans la ville de Sao Paulo. Comme son maître à Rio de Janeiro, il se centra sur la self-défense efficace et pas sur l'enseignement du Jiu-Jitsu sportif, bien qu'ayant parmi ses élèves deux champions brésiliens. Au cours de sa jeunesse, le professeur Pedro Hemeterio eut l'occasion de faire valoir ses habiletés dans plusieurs Vale Tudo (combats sans règles). Autrement dit, il savait de première main quelles étaient les techniques qui pourraient fonctionner dans un combat réel et à quoi il fallait faire attention. Le programme de l'Académie Triangle est resté le même. Dans nos académies de self-défense, nous croyons que l'objectif principal c'est enseigner à nos élèves un système efficace. Contrairement à ce que beaucoup pen-

sent, le Gracie Jiu-Jitsu est un programme complet qui inclut également des techniques (défensives) face à un coup, des techniques de défense contre les étranglements et les saisies ainsi que des techniques contre des attaquants armés et en nombre. Nous avons cependant une conception différente de la méthode d'enseignement de ces techniques. Contrairement à de nombreuses écoles de sports martiaux, nous exigeons que nos élèves -nos élèves avancés également- travaillent toujours les techniques élémentaires du système Gracie. Le premier programme qui peut être considéré comme la base du Gracie Jiu-Jitsu est constitué de trente-six techniques de base. Ces techniques de base ont également plusieurs possibilités d'application. On les enseigne en 23 leçons consécutives, à travers un programme qui fonctionne de manière rotative. Si quelqu'un commence par la dixième leçon, au bout d'un certain temps, il retrouvera la première leçon. Ceux qui font ce programme au moins 3 ou 4 fois acquièrent très certainement les habiletés nécessaires pour pouvoir passer à la ceinture bleue, ce qui arrive chez nous automatiquement et sans le stress des examens car nous avons passé suffisamment de temps avec nos élèves pour être conscients de ce qu'ils savent faire ou pas.

Les principes de base du Gracie Jiu-Jitsu En tant qu'élève principal du grand maître Reyson Gracie qui m'accompagna jusqu'à aujourd'hui dans le deuxième segment de perfectionnement du véritable Gracie Jiu-Jitsu, j'ai eu la possibilité de l'interroger plusieurs fois sur l'histoire de sa famille et sur le JiuJitsu de son père Carlos Gracie et de son oncle Hélio Gracie. Il faudrait réviser toute l'histoire du Jiu-Jitsu, quand le JiuJitsu était encore Ju-Jutsu, avant de commencer sa modernisation vers le Judo. En outre, il est également important de savoir de Mitsuyo Maeda -le maître japonais de Jiu-Jitsu qui forma Carlos Gracie et ses petits frères Oswaldo et Gastão à cette self-défense- n'était pas le premier Japonais ayant émigré au Brésil et qu'il ne fut, en aucune manière, le premier pratiquant d'art martiaux dans ce pays, comme on l'a souvent dit. Mais nous reviendrons plus tard sur les origines et l'histoire de Maeda et de son Jiu-Jitsu. Centrons-nous d'abord sur le fait que les techniques et les principes du JiuJitsu du grand maître Hélio venaient d'une époque où, peu avant au Japon, on avait enseigné également le Kenjutsu, l'art de l'épée. Dans le Japon féodal, le Ju-Jutsu faisait partie du Bujutsu (un art de la guerre), l'appeler « système » n'est dès lors pas très correct. À cette époque, le Ju-Jutsu incluait des techniques mortelles, que Jigoro Kano, le fondateur du Judo, élimina complètement de cet art martial.

Quels étaient alors les principes élémentaires utilisés par Hélio Gracie pour développer son Jiu-Jitsu ? 1) L'application efficace contre un adversaire en donnant des coups dans un combat réel ; 2) Une confiance raisonnable dans la propre force physique et la propre vitesse ; 3) L'élimination immédiate du système des mouvements qui n'étaient pas naturels ou qui étaient difficiles, qu'il ne parvenait pas à mettre en pratique. Il s'assura avec ça d'avoir des techniques applicables également dans la rue au sens large. Ce développement prit plusieurs dizaines d'années. Le grand maître Hélio Gracie établit les principes les plus importants desquels surgirent les grandes normes du Gracie Jiu-Jitsu.

Première norme : Applicabilité dans la rue En anglais, on parle du « punch prove » pour définir si une ou plusieurs techniques sont applicables contre une attaque en pleine rue. Si une technique donne à un élève de Gracie Jiu-Jitsu une fausse sensation de sécurité, elle ne fera en aucune manière partie du programme officiel. Autrement dit, toutes les techniques du programme de base doivent être compatibles avec ce principe. Deuxième norme : Efficacité énergique Dans une situation réelle, une technique qui exige une force physique et une vitesse excessive est quasiment impossible à réaliser. L'efficacité d'une technique se base sur l'exécution précise de la technique dans le temps correct et avec la patience nécessaire pour attendre le moment juste pour l'utiliser. Dans un combat réel, il n'y a pas de limite de temps, les élèves de Gracie JiuJitsu doivent donc apprendre à distribuer et à utiliser leur énergie de manière correcte. Nous utilisons pour cela le sparring actif mais contrôlé, ce qui nous conduit tout près de la réalité, mais sans nous faire mal et sans blesser notre camarade. Pour pouvoir faire face à un adversaire plus lourd et plus fort, ce contrôle de l'énergie est extrêmement important, car ce n'est qu'ainsi que nous parviendrons à fatiguer l'adversaire et finalement à l'affaiblir suffisamment pour que notre contre-attaque réussisse. Troisième norme : Mouvements naturels du corps Dans l'ardeur du combat, les techniques de défense et de contre-attaque doivent être naturelles et simples sinon elles ne sont pas applicables. Les mouvements naturels sont des mouvements que le corps et les muscles peuvent absorber et qui peuvent devenir automatiques. La pensée et le mouvement physique doivent se compénétrer. Quand les mouvements deviennent des réflexes instinctifs, ils fonctionnent également dans un combat réel.

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Kung Fu Chiu Chi Ling, 10e Dan Une légende vivante du Shaolin Hung Gar

La forme du Tigre et de la Grue - Fu Hok Sheung Yin Kuen

Les passionnés de films de KungFu connaissent son visage grâce à plusieurs films où il se retrouva face à la caméra. Avec son rôle de couturier dans « Kung-Fu Hustle », il montra une fois de plus ses capacités à l'écran. Contrairement à la majorité des acteurs de Kung-Fu, il est maître de Kung-Fu, également dans la vie réelle. En effet, Chiu Chi Ling provient d'une célèbre famille de Kung-Fu et vit et interprète toutes les facettes de l'art du combat et de la curation Shaolin comme aucun autre. Très peu de maîtres de Kung-Fu peuvent dire qu'ils ont été les maîtres de trois grands acteurs de cinéma de ces dernières années. Bruce Lee, Jackie Chan et Jet Li bénéficièrent en effet, surtout pour les scènes de leurs films, des enseignements du grand maître Chiu. La majorité des Sifu de Hung Gar d'aujourd'hui ont commencé à pratiquer l'art martial à cause des films, des vidéos d'instruction, des stages ou des articles de Chiu Chi Ling.

À l'âge de huit ans seulement, Chiu Chi Ling dominait déjà la marque du Hung Gar, la forme très exigeante du Tigre et de la Grue, avec laquelle Chiu Kow remporta le championnat chinois, le Wu Shu Championship, dans les années 60. Il créa ainsi la condition qui permit au Nanquan (Nam Kuen en cantonais) d'être accepté dans le Wu Shu moderne, représentant les styles du sud. Ce succès sportif attira beaucoup l'attention, aussi bien du public que des cercles des fonctionnaires de l'association. Cela lui ouvrit la possibilité d'enseigner cette forme aux maîtres d'alors. Ils se rendirent compte de son génie et de l'énorme potentiel de la forme et en firent la première forme officielle du Wu Shu.

Célèbre lignage de Kung-Fu Né le 20 janvier 1943 à Canton (République populaire de Chine), le grand maître de Kung-Fu Chiu Chi Ling provient de l'un des plus célèbres lignages de Kung-Fu de Chine. Son père, Chiu Kow (1895-1995), élève favori du légendaire Lam Sai Wing, lui enseigna dès l'âge de 4 ans l'art du Shaolin Hung Gar Kung-Fu original. Des cicatrices témoignent de la dureté de l'enseignement qu'il reçu de son père et de sa mère. Aujourd'hui, le grand maître Chiu Chi Ling possède une connaissance totale de cet art martial complet et est considéré internationalement comme une éminence dans les domaines de la technique du combat, de la médecine traditionnelle chinoise et de l'herboristerie, de l'histoire, la philosophie et l'éthique et ainsi que, par exemple, de la danse du Lion ou de la calligraphie. Du privilège d'être le fils d'un célèbre maître de Kung-Fu, reposait sur lui la responsabilité de maintenir le haut niveau de la tradition familiale. Il dut donc obtenir son savoir et ses connaissances d'une manière particulièrement sévère. Dès son plus jeune âge, son père le forma suivant les principes rigides des moines de Shaolin et suivant la tradition, il l'éduqua à tous les arts de Shaolin.

La succession À l'âge de 15 ans, Chiu Chi Ling commença sa formation de médecin et quiropracteur. Il a aujourd'hui en lui tout le savoir de la phytothérapie (Dit Da) de la médecine traditionnelle chinoise, un savoir de la famille Chiu. Très tôt, Chiu chi Ling aida son père à enseigner l'après-midi. Du fait de son extraordinaire qualification technique et de sa loyauté envers la famille et les traditions du véritable Shaolin KungFu, Chiu Kow, qui avait alors 70 ans et qui cessa d'enseigner en 1965, le choisit lui, son plus jeune fils, comme successeur officiel. À l'âge de 28 ans, Chiu Chi Ling ouvrit sa première école de Kung-Fu à la Nathan Road de Hong Kong. Un an plus tard, il se maria avec Chan Yuk Ling. Son fils Kevin interpréta le rôle du gamin à côté de son père dans le film « Duel of the Seven Tigers », où il montra dans une séquence d'entraînement sa technique de frappe. Mais en grandissant, son fils commença à s'intéresser plus aux ordinateurs qu'au Kung-Fu traditionnel. Aujourd'hui, Kevin Chiu est un expert demandé dans le secteur informatique.

Le boom des films des années 70 et 80 Avec le boom des films Eastern dans les années 70, Chiu Chi Ling devint un acteur et un chorégraphe sollicité. Il ne voyait pas clairement son destin en face des caméras et préféra jouer des rôles secondaires pour collaborer derrière la caméra en tant que coordinateur de combat et chorégraphier les scènes de combat. Quand ils étaient blessés, les acteurs bénéficiaient également beaucoup de ses connaissan-

ces médicales. Il coordonna les scènes de combat et traita les blessures d'acteurs célèbres tels que Bruce Lee, Jacky Chan, Jet Li, David Chiang, Ti Lung, etc. Malheureusement, « Duel of the Seven Tigers » (1981) est l'un des rares films où l'on a pu voir Chiu Chi Ling dans le rôle principal. En 2003, il tourna un nouveau film à Shangaï, avec Stephen Chow. Le film a été vu sous le titre de « Kung-Fu Hustle ».

L'héritage du père Le grand maître Chiu Chi Ling prit très au sérieux le désir de son père de maintenir, promouvoir et enseigner le Shaolin Hung Gar. La connaissance de cet art martial que son père lui transmit comme un héritage précieux pour son chemin lui importa tellement qu'il fut prêt à centrer toute sa vie sur lui. Pour montrer et maintenir cet art martial original et traditionnel pour le monde, il voyagea sans cesse. Il enseigne aujourd'hui à des élèves triés partout dans le monde, il dirige des stages et produit des vidéos d'instruction, la plupart avec moi-même comme agresseur.

Sa grande présence dans les médias Le gouvernement chinois l'apprécie beaucoup et l'a chargé, par exemple, de diriger la reconstruction du monastère de Shaolin du Sud et de l'organisation de l'inauguration du musée à la mémoire de Wong Fei Hung en 2001. Naturellement, sa popularité se reflète également à travers sa présence dans les moyens de communication. Depuis des dizaines d'années, des photos de lui font régulièrement la couverture de divers magazines spécialisés en Kung-Fu et en arts martiaux dans le monde entier. De nombreuses chaînes de télévision avec des millions de téléspectateurs comme la NBC (USA), la TVB (Hong Kong) ou la NHK TBS (Japon) font habituellement de lui la vedette invitée pour leurs émissions. Des journaux comme le « Chinese Times » américain parlent régulièrement de lui et de sa vie entièrement consacrée au Hung Gar.

Grandeur humaine et humilité Celui qui a eut la chance de rencontrer personnellement le grand maître Chiu Chi Ling est immédiatement surpris. C'est un homme de 62 ans qui déborde d'énergie. Malgré son statut élevé, il est extrêmement aimable et joyeux et toujours prêt à montrer, expliquer et aider. Il est également toujours prêt à blaguer et à amuser les gens avec sa bonne humeur.

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Points Vitaux Premiers secours avancés Les procédés antérieurs font évidemment partie d'un ensemble complet d'applications des premiers secours que nous avons développés. Ils représentent cependant la base des méthodes du programme Kyusho pour la santé et le bien-être de niveau 1. Le programme complet est constitué d'un grand nombre de niveaux et ceux-ci sont trop nombreux et ne peuvent être couverts en une seule publication ou en une seule vidéo. Les autres niveaux incluent des techniques de premiers secours pour soulager des problèmes tels que : le syndrome algo-dysfonctionnel de l'appareil manducateur, le syndrome du canal carpien, l'accident vasculaire cérébral, les nausées et de nombreux autres problèmes. Il va même au-delà de ces manifestations externes pour traiter les affections associées aux systèmes autonomes du corps. Il ne s'agit donc pas ici d'un regroupement exhaustif de nos recherches, ni de nos procédés de premiers secours à l'efficacité éprouvée. Mais si cette vidéo permet de montrer ce que nous sommes en train de découvrir et de travailler, elle n'est pas seulement utile pour améliorer les arts martiaux, mais aussi les thérapies, en plus de nous aider à mieux comprendre notre propre corps. On voit souvent des pratiquants réaliser des actions comme donner des claques dans le dos de ceux qui reçoivent les techniques de Kyusho. La majorité d'entre eux ne font qu'imiter ce qu'ils ont vu faire par un pratiquant plus expérimenté ; quand on les interroge, ils comprennent rarement ce qu'ils font. Et, bien que quand vous voyez un pratiquant expérimenté de Kyusho faire cela (il y a très peu de gens qui ont atteint à ce niveau), il le fait parce que c'est nécessaire car les systèmes autonomes du récepteur s o n t affectés,

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Directement sur le Point la plupart du temps les gens le font sans que ce ne soit nécessaire et sans l'avoir pratiqué, copiant simplement quelque chose qu'ils ont vu. Ça arrive en Kyusho. Il y a parfois des gens qui voient faire quelque chose et qui essayent de l'imiter ou qui en parlent sans réellement dominer ni comprendre cette action. Malheureusement, dans le petit monde des arts martiaux, il dépend de la personne et rien que de la personne d'avoir la diligence de ne suivre que les instructions du maître. Pendant des dizaines d'années, de nombreux problèmes ont été provoqués par le mauvais usage du Kyusho et l'application des premiers secours fut nécessaire pour pouvoir le corriger. Tandis que nous progressions dans la connaissance et l'usage des arts martiaux, nous avancions également dans la connaissance des aspects thérapeutiques. Dès lors, comme nous provoquions des problèmes physiques de plus en plus profonds, nous avions besoin de développer les méthodes de premiers secours correspondantes pour corriger ces problèmes. Ainsi, une pathologie qui a été développée de manière plus approfondie est l'arrêt respiratoire complet. Dans ce cas, les trois méthodes de réanimation que nous avons vues précédemment ne sont pas suffisantes pour relancer le processus. Parfois stimuler le nerf phrénique ou frap-

« Les excellents résultats que j'ai obtenus avec ma thérapie professionnelle sur les points de pression sont le produit d'une vaste recherche et du développement de la partie martiale. » per les nerfs qui ouvrent les tubes bronchiaux n'est pas suffisant pour relancer la respiration… surtout quand il s'agit d'applications Kyusho très avancées. L'usage d'applications plus avancées produit des dommages plus profonds, pour lequel nous devons développer des remèdes tout aussi avancés. Rien de cela n'est le fruit du hasard, nous n'avons pas non plus mis nos camarades intentionnellement en danger, nous avons appris pas à pas, minutieusement. C'est pour ça que notre méthode évolue suivant le même modèle. Depuis que les aspects thérapeutiques ont été incorporés dans notre méthode, ils ont été utilisés avec succès par des milliers de parents et amis et de nombreux participants aux stages ont été soignés avec un succès total. L'information didactique qui a été publiée dans Budo International ne se base pas sur la théorie, mais sur l'expérience de nombreuses années de toutes ces personnes. Sans l'implication de toutes ces personnes, cette entreprise et cette information n'auraient pas été possibles. Ces années ont été difficiles, car il existe de nombreux détracteurs… Beaucoup de gens ont affirmé que tout était faux, que nous ne le faisions qu'avec nos propres membres, qu'avec les gens qui travaillaient avec nous… que c'était de l'hypnose (c'est l'un de mes commentaire favori, c'est tellement stupide) et bien d'autres choses. Il y a toujours des gens (surtout sur Internet où ces guerriers de salon écrivent et essayent de démolir ce qu'ils ne comprennent pas) qui essayent que nous dire que c'est impossible, que c'est faux et que c'est très dangereux ! Mon Dieu, quelle hypocrisie ! Nous avons même eu des vidéos de gens qui nous montraient qu'il ne se passait rien après avoir frappé les points (alors qu'ils n'avaient aucune idée de ce qu'ils faisaient). Maintenant que le Kyusho commence à

être connu dans le monde entier et à être présent dans tous les arts martiaux, nous devons espérer que les gens comprennent comment appliquer les premiers secours avant d'essayer de le pratiquer. Dans cette compilation de nos premières méthodes de premiers secours, nous avons incessamment utilisé le mot « nous ». Excepté le chapitre de la réanimation cardiaque, l'émetteur c'était moi, mais le « nous » renvoie aux nombreuses années de recherches de volontaires engagés et généreux, sans lesquels ce savoir n'aurait pas vu le jour et serait resté caché dans la mémoire des anciens maîtres du Budo. Comme je l'ai mentionné précédemment, ces formules soulagent naturellement certaines pathologies communes et moins communes. Les excellents résultats que j'ai obtenus avec ma thérapie professionnelle sur les points de pression sont le produit d'une vaste recherche et du développement d'une partie des arts martiaux. L'immédiateté du traitement et les effets positifs sur la santé sont le produit de la compréhension et des méthodes thérapeutiques actualisée que nous pratiquons. Cela va plus loin que le Shiatsu, le Tui Na et d'autres méthodes thérapeutiques orientales, non pour les exclure, mais pour montrer quelle est la capacité des méthodes des premiers secours que nous pratiquons et qui nous permettent d'obtenir de bons résultats dans le domaine thérapeutique.

Point final Cela me conduit à conclure que je dois enseigner publiquement les 9 premiers niveaux de notre systèmes d'entraînement (il existe 10 autres niveau que je ne vais pas rendre publics). Toutes les choses incroyables que vous avez vues et lues sur le Kyusho grâce à Budo International sont réelles. On peut les mettre en relation avec n'importe quel style et les réaliser sur n'importe qui. Mais elles ne sont en aucune manière la fin du cycle éducatif et des habiletés qu'un véritable pratiquant doit acquérir. J'aimerais personnellement remercier Budo International et surtout son courageux éditeur, Alfredo Tucci, pour avoir parlé de cet art martial si controversé (et particulièrement les méthodes pour le plaisir sexuel) et pour le présenter ouvertement au monde. J'aimerais également vous remercier tous pour l'accueil massif qu'ont reçu mes enseignements au cours de toutes ces années car vous avez été le moteur de ma motivation et de mon inspiration dans ce travail. J'aimerais continuer de collaborer avec monsieur Tucci et instruire les lecteurs de Budo dans une autre discipline, toujours avec le même objectif de réussite, bien sûr ! Bonne santé !

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Sans nul doute l'un des grands des arts martiaux modernes, Morihei Ueshiba, réussit la dernière grande réadaptation des formules de combat traditionnelles du Japon après celles réalisées par Gichin Funakoshi avec le Karaté et Gigoro Kano avec le Judo. L'Aïkido s'est fait une grande place parmi les arts martiaux modernes, donnant une valeur ajoutée à sa pratique avec une philosophie pacifique où les arts de combat transcendent la violence à la recherche de l'harmonie. Les profondes influences de la secte Omoto Kyo, basée sur des connaissances et des formules spirituelles du Shinto, représentent les aspects les moins connus de cet art martial, elles sont pourtant essentielles. Ueshiba ouvre justement un nouveau chapitre des images de l'histoire du Budo, son art martial est aujourd'hui en pleine croissance et en pleine expansion.

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Élève d'Ankichi Arakaki, de Chotoku Kyan et de Choki Motobu, le maître Shoshin Nagamine, fondateur du Matsubayashi fut l'un des principaux maîtres de l'île d'Okinawa jusqu'à sa mort en 1997. À ce moment-là, son fils Takayoshi a pris les rennes du dojo de son père, le Kodokan, dans le quartier centrique de Kumoji à Naha. Notre collaborateur Salvador Herraiz s'en rendu dans ce dojo plusieurs fois, mais il ne nous en avait pas, jusqu'à ce jour, présenté le Soke, âge aujourd'hui de 67 ans.

TAKAYOSHI NAGAMINE, 10E DAN MATSUBAYASHI SHORIN RYU KODOKAN DOJO Texte et photos :

Salvador Herráiz, 7e Dan Kumoji, Naha

Shoshin Nagamine (1907-1997) s'est entraîné au Karaté spécialement sous la direction de Taro Shimabuku et dans une moindre mesure avec Chojun Kuba et Kodatsu Iha (disciple de Kosaku Matsumora) et ensuite avec Ankichi Arakaki (son principal instructeur), Chotoku Kyan et Choki Motobu. En mars 1928, Shoshin Nagamine obtint son diplôme à l'École commercial de Naha. Quelques mois plus tard, il s'enrôla et fut destiné à la 47ème division d'infanterie, dans la préfecture d'Oita. Il fut envoyé combattre les échauffourées de Sainan en Chine, ce qui lui valut le 8ème Ordre du Mérite. Agent de police pendant des années, Nagamine reçut en 1940 le rang de Renshi du Butokai à la recommandation de Chojun Miyagi. En décembre 1941, il fut envoyé en tant qu'entraîneur à la police de Tokyo où il donna en outre une conférence très appréciée sur les agents de police karatékas. Ensuite, il y eut la Deuxième Guerre mondiale. En 1945, naquit Takayoshi, le fils de Shoshin qui est aujourd'hui le protagoniste de ces pages. À peine deux ans plus tard, son père créa le

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Japon Matsubayashi dans la lignée du Shorin Ryu et il le fit en honneur à Sokon Matsumura et Kosaku Matsumora. Le nom de ce style de Karaté provient de la prononciation okinawaiienne des kanjis des mots « Matsu » et « Hayashi » qui, mis ensemble, deviennent Matsubayashi et font référence à une « forêt de pins ». Ces mêmes kanjis se prononce « Shorin » en chinois et représentent le fameux temple de Shaolin utilisant, pour le symboliser, son sens littéral de « rivière » puisqu'il s'agit d'un art martial qui doit « fluer » avec la vie. Le sens va comme un gant à Nagamine qui reçut dans son enfance

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le surnom de Chipai Matsu (Gaju) qui veut dire « le pin tenace et persévérant ». Quand nous parlons du Matsubayashi, nous ne devrions donc pas ajouter « Shorin Ryu » excepté si un éclaircissement est nécessaire car les deux mots signifient la même chose et l'expression serait donc redondante. Shoshin Nagamine a été choisi en 1956 comme président de la Fédération de Karaté d'Okinawa. Il obtint en 1977 la Distinction des sports et de l'éducation physique de la préfecture d'Okinawa et en 1982, il reçoit le prix Kun Goto Soko Kyokukitsusho, pour ses efforts et sa contribution pendant de très

nombreuses années. Shogin Nagamine écrivit quatre livres entre 1975 et 1986 et créa le kata Fukyu Gata Ichi. En avril 1988, le Premier ministre lui remit l'Ordre du Soleil Levant, de 5e catégorie avec étoile et liseré. En 1997, Shoshin décéda à l'âge de 90 ans, ayant développé le Karaté jusqu'à la fin de sa vie. De fait, peu avant, le 15 décembre 1996, il réalisa au cours de certains actes en son honneur à Honolulu (Hawaii) le kata avec la chanson du Karaté « Karate Do Sanka ». Je m'étais rendu plusieurs fois déjà au dojo du maître Nagamine et pourtant je ne m'étais jamais décidé à le présenter aux lecteurs de Budo,


peut-être parce que j'avais déjà, à deux reprise, présenté son père Shoshin. Mais cette fois, j'ai décidé de vous le présenter et je lui ai fait part de mon désir. Il fut d'accord et une après-midi, à l'heure dite, je suis allé à son dojo. Il s'agit d'un joli dojo, situé au cœur de Kumoji. À deux pâtés de maison de la grouillante Kakusai Dori, l'artère principale de Naha. Il n'y avait personne, mais soudain un de ses élèves se présenta pour pratiquer en solitaire ses katas. J'eus un mal fou à faire en sorte qu'il se décide enfin à frapper à la porte qui communiquait le dojo avec les appartements privées. Ce n'est qu'après avoir insisté et répété que j'avais rendez-vous avec Takayoshi, que le jeune homme osa frapper à la porte et interrompre son maître. Le maître Takayoshi Nagamine m'invita alors à passer dans ses appartements privés annexes où nous avons pu bavarder tranquillement. - Que vous rappelez-vous de vos débuts avec votre père ? - Mon père ne m'a jamais dit que je devais faire du Karaté,

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Karaté mais comme je le voyais continuellement, j'ai moi aussi commencé à faire la même chose. De toute manière, il me disait toujours de faire mes devoirs avant de commencer à pratiquer. - Maître Nagamine, quelles différences y a-t-il entre le Te Do pratiqué à Okinawa en 1900 et le Karaté pratiqué aujourd'hui ? - Je ne crois pas qu'il existe beaucoup de différences si on a maintenu aujourd'hui l'histoire et les traditions. Le Karaté c'est pour toute la vie. Le Karaté est en rapport avec la vie et la mort. Le Karaté ne peut être comparé à un sport parce que les sports ont une autre philosophie. Dans le sport, on affronte une autre personne, dans le Karaté, on s'affronte soi-même. - Parlez-nous de ce dojo. Quand futil ouvert ? - Mon père l'ouvrit d'abord en 1938 à Tomari et en 1953, il le déplaça ici, à Kumoji. - Combien d'élèves particuliers avezvous ici dans le dojo ? - Une quarantaine. - De quel niveau ? - Presque toutes des ceintures noires. - Il y a des enfants ? - Non. L'enseignement dans le dojo est basé sur la pratique du kata et son analyse. Pour Nagamine Sensei : « Le kata n'est pas conçu pour la compétition sportive contre une autre personne. Il y a 100 ans, il n'y avait même pas de démonstrations publiques de Karaté et souvent on enseignait à chaque élève séparément et on maintenait la pratique en secret. Il ne s'agissait pas d'avoir beaucoup d'élèves pour avoir beaucoup d'argent. Il s'agissait de transmettre une culture, une discipline, un caractère… » Ayant revêtu son karategi, Takayoshi Nagamine me montre certaines de ses techniques et j'ai pu constater que son kime était puissant, explosif, très bon. « Beaucoup de gens, quand ils veulent développer beaucoup de puissance dans un coup, lui font faire un long parcours, mais avec cela la technique met plus longtemps à arriver, autrement dit elle se ralentit et exige une plus longue distance. Ici, nous faisons les techniques depuis la distance courte, mais en développant une puissance maximale et en appliquant les trois formes de défense. » Il se réfère aux trois types de défense qui sont pratiquées de manière très différenciée dans le Matsubayashi Ryu, des défenses très semblables quant au concept à celles qui sont appliquée dans mon cher Wado Ryu (où elles sont appelées Go No Sen, Sen No Sen et Sensen No Sen) et qui se basent sur différents degrés d'anticipation de l'attaque. « Il existe trois types de

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rythmes. Le premier d'entre eux, c'est quand nous bloquons une attaque et que nous répondons par une contreattaque. Le deuxième, c'est quand nous contre-attaquons en même temps que nous bloquons l'attaque de l'adversaire et le troisième, c'est quand nous bloquons et nous anticipons l'attaque de l'adversaire. » D'autres manières, avec d'autres exigences et dans un autre style, même le Karaté sportif a et a toujours eu ces trois types de techniques où dans la dernière, il faut attendre ou provoquer l'attaque de l'adversaire de telle sorte que l'attaquant pense qu'il va simplement contre-attaquer alors qu'en réalité, c'est nous qui l'attaquerons face à sa soi-disant contre-attaque. Le dojo possède en entrant un petit porche extérieur d'où, lorsqu'on passe une haute marche, on se retrouve directement sur le tatami. Quand le dojo est fermé, ce petit porche sert généralement de mini garage pour une voiture. Au Japon, ils parquent leur voiture dans n'importe quel interstice car les propriétaires sont obligés d'avoir un emplacement fixe pour garer leur voiture. Bien sûr, la voiture qui tient dans l'entrée du dojo de Nagamine est une voiture… très petite ! On trouve là également deux vieux makiwaras qui restent à l'intempérie. « Le makiwara permet de pratiquer l'impact et la distance correcte. Il faut frapper avec la force du corps, de la hanche et de manière explosive de l'intérieur de nous. Cette force qui vient de l'intérieur est importante. » Mais il n'y a pas que des makiwara dans le dojo de Nagamine. Répartis par terre, autour du tatami en bois, on peut également voir d'autres instruments traditionnels de renforcement typiques d'Okinawa. Pour Nagamine, leur utilisation est importante parce que, nous dit-il : « ils renforcent les muscles, les tendons, les os d'un façon bénéfique pour le Karaté car nous ne cherchons pas le volume physique mais un corps qui puisse se mouvoir agilement. » Ensuite, pour montrer son puissant kime en distance courte et peut-être un peu pour briller et me surprendre, Nagamine monte un petit show où il coupe des baguettes japonaises avec le tranchant d'un fin papier en coup sec sans long parcours. Je ne sais pas s'il a beaucoup de mérite ou pas, le fait est qu'il en fait beaucoup pour m'étonner… et que je ne déçois pas ce désir.

J'ai observé que les principaux maîtres d'Okinawa, ceux qui possèdent un 10e Dan, portent trois rayures dorées au bout de leur ceinture (Shoshin avait ses trois rayures), alors que Takayoshi Nagamine en porte quatre. Il faut dire à ce sujet que dans le Matsubayashi, existe aujourd'hui la coutume chez les ceintures noires de porter une rayure si on est Renshi, deux si on est Kyoshi et trois, Hanchi. Il existe en outre une catégorie appelée


Grands Maîtres Hanshishei réservée au grand maître de Matsubayashi qui en porte quatre. Les autres styles de l'île ont maintenu le système des trois rayures maximum. Le soir est tombé sur Okinawa et j'ai faim, ainsi que lorsque Takayoshi me demande si je veux dîner avec lui, je ne peux que sauter de joie… et en plus il m'invite ! Que demandez de plus ? Au cours du repas (dans un bistrot traditionnel d'Okinawa dans lequel, si j'avais été seul, je ne serais certainement pas rentré), nous continuons de parler de Karaté. Takayoshi Nagamine est veuf depuis plusieurs années et il est vrai qu'on perçoit que sa vie est un peu… désordonnée quant à l'aspect de sa maison. - J'ai un fils et une fille. - Karatékas ? - Non. En tout cas pas de manière sérieuse. J'ai également un frère plus jeune que moi et une sœur.

- Vous consacrez-vous seulement au Karaté ou avez-vous un autre travail comme c'est souvent le cas de nombreux autres grands maîtres de l'île ? - Je ne consacre seulement au Karaté et bien sûr, à être Soke de Matsubayashi. - Quel est votre travail à la tête du Matsubayashi ? - Le président, c'est Yasuharu Makishi, Hanshi. Nous avons une dizaine de dojos à Okinawa et ailleurs nous en avons beaucoup plus. Aux États-Unis, il y a beaucoup de pratiquants et en Europe également (en Irlande, en France…). - Et à Okinawa, combien y a-t-il de dojos de Karaté en général ? - À peu près 500 dans toute l'île et près de 200 dans la capitale Naha. C'est Takayoshi lui-même qui a fait germer l'art martial aux États-Unis entre 1966 et 1976, une époque pendant laquelle il dirigea

personnellement là-bas le Matsubayashi, que ce soit de Long Island (New York) ou d'Ohio, et au cours de laquelle sa perspective s'élargit. Nagamine est une personne ouverte qui me raconte par exemple ceci : « En 1991, nous avons fait un échange avec le Taekwondo coréen. C'est quelque chose de très différent et ce fut très intéressant. » En ce qui concerne les États-Unis, il se montra très critique par rapport à beaucoup de ses instructeurs et de fait, il préféra que le grand nombre des élèves qui se trouvent là-bas restent seulement avec les quelques instructeurs qu'il choisit. Au cours de la conversation, Takaysohi s'intéresse à mes voyages à Okinawa, avec qui j'avais été, qui je connaissais… Il charrie souvent la serveuse qui s'occupe de nous, une jolie jeune fille qu'il essaye de « draguer » avec moi. Que ne doivent pas supporter les serveuses, pas vrai ?

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Reportage

Sécurité dans les avions Les points clés pour voler en toute sécurité

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Self-défense Sécurité dans les avions Il existe d'innombrables protocoles de sécurité en vol, concernant la partie technique de l'appareil et son maniement, mais il n'existe malheureusement aucun protocole ni aucune préparation du personnel de vol en ce qui concerne la self-défense et les protocoles de sécurité physique à suivre dans les situations de risque réel qui mettent en jeu la vie des passagers et de l'équipage et qui peuvent surgir à l'intérieur de l'appareil, de ces situations où la force exercée par des tiers peut faire sauter toutes les alarmes et conduire à une situation tellement limite qu'il n'y a pas d'autre solution que d'abattre l'appareil pour éviter des maux bien pires. Une décision difficile pour n'importe quel gouvernement respectable. Cela peut concerne aussi bien l'aviation d'affaires que le transport aérien commercial. Seules quelques lignes aériennes, par imposition légale de certains pays, disposent d'une sécurité de ce type sur leurs lignes commerciales et certaines commencent à considérer cette préparation des membres de l'équipage. Nous ne devons pas ignorer que l'aviation d'affaires représente un risque encore plus grand que le transport commercial car les contrôles sont moins rigoureux et beaucoup plus souples du fait même de la caractéristiques des passagers qui sont généralement des personnalités qui en plus d'être les propriétaires de ces fastueux jets privés, jouissent d'une position économique et sociale qui leur donne une certaine immunité par rapport à certains contrôles de sécurité. Ça représente un objectif merveilleux pour les terroristes et un grand danger pour la société. Quand nous parlons de sécurité dans un avion, soyons conscients du fait que nous parlons de sécurité dans un espace extrêmement réduit où nous devons prendre en compte une grande quantité d'inconvénients qui augmentent les risques dans des proportions inhabituelles car nous nous retrouvons dans un cul-de-sac où la mobilité est minimale, où les amples déplacement habituels dans les systèmes de self-défense sont exclus et où les armes à feu, une fois en vol et au-dessus d'une certaine altitude, sont un risque plus qu'une défense. La distribution de l'espace dans un avion nous rappelle l'architecture des vieux châteaux médiévaux qui était conçus ainsi pour pouvoir se défendre avec très peu de soldats face à de grandes armées quand se produisait le siège. Ce n'est donc peut-être pas un inconvénient. Come disait Miyamoto Musashi, samouraï mythique et magnifique, exécutons l'art de l'avantage. Comment un expert en arts martiaux appliquerait-il ces techniques dans le couloir d'un avion face à une personne armée et simplement hors d'elle et d'une grande corpulence ? Avec cette méthode, nous allons le découvrir et le démontrer et nous serons surpris de voir comment une hôtesse de l'air, mince, de faible corpulence et pesant très peu est capable de réduire et d'immobiliser sans aucun problème un agresseur de plus de cent kilos dans l'étroit couloir d'un avion. Mais nous n'allons pas le faire dans un grand avion commercial. Nous démontrerons, dans le jet privé que nous pouvons voir sur les photos qui accompagnent cet article et le DVD que nous présentons, que c'est possible et réel. Les techniques doivent être extrêmement rapides et efficaces, et si besoin l'est, mortelles, compte tenu de l'espace et du temps de leur exécution, de la discrétion qu'exige le moment et de la proportionnalité des moyens en fonction de la couleur du code. Mais la base essentielle dans l'instruction en la matière des membres de l'équipage commence par la création et l'établissement d'un protocole d'action qui fait référence à trois couleurs (vert, orange et rouge) qui à leur tour seront remplacées par trois mots de passe qui ne peuvent en aucun cas éveiller le moindre soupçon ou la moindre alarme chez ceux qui peuvent les entendre. Nous assignerons un code vert à l'altération de l'ordre dans l'avion sans autre risque ni transcendance que celle d'une impertinente réaction que nous devrons cependant observer et contrôler ou réduire si nécessaire. Le code orange sera assigné aux situations qui sont présumées représenter un risque grave et réel, avant que celles-ci ne se produisent et bien évidemment

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Reportage

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Self-défense

si elles peuvent être remarquées à temps. Et le code rouge concernera les cas où le fait s'est produit, tel que le détournement de l'avion. Les mots de passe seront composés de mots ou de phrases des plus quotidiennes et propre au contexte. Par exemple, code vert (Tu ferais bien de cesser de fumer), code orange (un verre de lait chaud) et code rouge (à votre imagination). Dans ce programme d'entraînement, nous formons le personnel de vol aux protocoles et aux techniques martiales appropriées à chaque cas, résolvant toutes sortes de situations avec la proportionnalité de moyens adéquate pour chaque code. Nous introduisons également dans le système un protocole de sécurité pour les vols privés des hommes d'affaire et des personnalités, aussi bien en ce qui concerne l'arrivée et la réception de la VIP à l'avion qu'en ce qui concerne son débarquement et son départ, car nous prenons compte du fait que, dans la plupart des cas, les gardes du corps prennent congé de la VIP au pied de l'avion avant le départ et que celle-ci retrouve de nouveaux

gardes du corps à son arrivée à destination. Ce genre de situations représente un danger et une responsabilité pour les membres de l'équipage quant à la sécurité de la VIP. En outre, les gardes du corps, quand ils voyagent avec la VIP et s'ils possèdent l'autorisation du commandant de bord de porter leurs armes réglementaires, ne possèdent cependant pas l'entraînement nécessaire en la matière. De ce fait, plus que résoudre un problème en vol, ils pourraient même aggraver plus encore la situation à l'intérieur de l'avion. Rappelons qu'il est plus important d'avoir de solides connaissances que de porter une arme à feu. La sécurité en vol sera possible pour autant que nous ne dépendions pas d'agents externes en première instance, une fois que l'appareil a décollé. La sécurité doit être instantanée et l'aide extérieure est secondaire car ils ne pourrons jamais nous offrir une aide directe au moment juste et précis, ils ne pourront que nous prêter des services qui accroîtront notre propre sécurité avant que ne se produise l'embarquement, mais pas une fois que l'avion a

décollé. La sécurité réelle est celle que nous offrons et que nous appliquons nous-mêmes. Nous devons être conscients que la sécurité dans les aéroports à travers leurs filtres de sécurité n'est pas aussi efficace que nous le souhaiterions car les mesures de sécurité sont toujours en retard par rapport à l'imagination tordue des terroristes et même des mafias organisées, laissant en évidence une grande quantité de vides et de fissures dans la sécurité active et passive des aéroports. En cette date de novembre 2006 (date à laquelle j'écris cet article), on inaugure l'application de nouvelles normes de sécurité dans les aéroports, limitant le bagage à main ainsi que les liquides et les crèmes que l'on peut emporter dans son bagage à main, du fait des dernières tentatives d'attentat sur les vols commerciaux par des cellules terroristes islamiques. Une fois de plus, les mesures sont prises une fois que les faits se sont passés, bien que cette fois, ils ont été frustrés par les professionnels de l'intelligence et de l'information. Ce sont des mesures qui sans nul doute augmentent la sécurité, mais

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Reportage en même temps, nous devons être conscients qu'elles ne nous garantissent pas une sécurité absolue, car il y a une infinité de moyens stratégiques pour introduire à l'intérieur de l'avion des armes, des liquides ou quoi que ce soit que veuille un esprit tordu. Et si la mort ne représente pas un inconvénient pour le terroriste, cela représente une gravité et une inquiétude encore plus grande pour les responsables de la sécurité en vol et sur terre. Dans ce travail enregistré en DVD, nous montrons simplement les principes élémentaires qui doivent orienter la préparation des membres de l'équipage, mais logiquement et par pur principe éthique et professionnel, nous ne montrons pas la préparation intégrale des membres d'équipages formés à ce système et qui se compose d'un cours de base de trente six heures de pratique et théorie plus un suivi périodique de recyclage du personnel instruit, où l'on traite et donner des réponses à des situations qui jour après jour se présentent. Ce que nous pouvons voir dans cette vidéo est une simple synthèse du travail restreint que nous devons diriger vers une bonne praxis professionnelles. « L'essentiel ne se trouve pas dans ce que l'on dit, mais dans ce que l'on omet. »

Protocoles Quand nous voyageons en avion, au moment de l'embarquement, quand nous sommes un expert en la matière, nous devons nous présenter et le faire savoir à l'hôtesse ou au steward. Un bon choix serait de prendre un siège côté couloir ou mieux encore un siège à côté de la porte. Dans ce cas, notre mobilité sera la meilleure pour agir si nécessaire car nous n'aurons pas de sièges devant nous qui limiteront votre mobilité. Une seconde peut être vitale pour éviter une catastrophe. Quoi qu'il en soit le plus mauvais choix sera toujours celui de prendre une place hublot ou centrale car nous serons alors privés de toute mobilité. Si nous entendons une conversation qui nous fait suspecter qu'un attentat peut être commis dans l'avion, nous devrons le faire savoir discrètement aux membres d'équipage.

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Sécurité dans les avions Les points clés pour voler en toute sécurité

S'il se produit un détournement, nous devons être conscients du fait que très certainement, en plus des pirates de l'air que nous voyons, il y en aura au moins un autre camouflé entre les passagers. Si ça devait arriver, ce serait un facteur à considérer au moment d'élaborer une stratégie. N'importe quel objet comme un simple stylo-bille peut représenter une arme mortelle avec laquelle on peut quitter la vie à une autre personne en un clin d'œil.

Sûreté aérienne La communauté internationale a beaucoup évolué en matière de protection antiterroriste dans l'aviation civile. En plus des accords collectifs et des traités promus par les Nations unies et souscrits avec un caractère obligatoire par les pays membres, l'OACI (Organisation de l'aviation civile internationale) a été chargée à la demande de l'Assemblée, de renforcer les annexes de la Convention de Chicago. Parmi ces « renforcements » sous forme d'amendements (amendement 10 de l'annexe 17 : Sûreté) et changements provisoires ressortent : a) Appliquer les dispositions de l'Annexe 17 aux vols intérieurs ; b) Fermer à clé les portes de la cabine et autres procédés pour prévenir une intrusion dans le poste de pilotage ;

c) Contrôles de sécurités appropriés, y compris vérifications des antécédents de ceux qui ne sont pas des passagers ; d) Sécurité dans les caractéristiques des passeports et la standardisation des documents d'identité du personnel des lignes aériennes et de l'aéroport. On améliore également les dispositions de sécurité de l'aviation de l'Annexe 6 : Exploitation technique des aéronefs, en renforçant les normes de sécurité en vol. L'OACI continuera de travailler à l'introduction et au renforcement des dispositions en rapport avec la sécurité que contiennent d'autres annexes, tels que l'Annexe 1 : Licences du personnel, l'Annexe 8 : Navigabilité des aéronefs, l'Annexe 11 : Services de la circulation aérienne et l'Annexe 18 : Sécurité du transport aérien des marchandises dangereuses, en plus des audits de sécurité pour les compagnies d'aviation. Nous ne citons pas les modifications JAR ou EASA, puisque nous traitons le sujet globalement. En outre, l'OACI a été chargée de procéder urgemment à l'étude de la manière d'affronter les nouvelles menaces émergentes de l'aviation civile. À ce sujet, fut établit un groupe d'étude destiné à traiter les menaces nouvelles et émergentes contre l'aviation civile afin de les examiner et de

développer une stratégie pour les gérer, essayer d'adopter une application modulaire et donner priorité aux actions en fonction de ce qui est approprié. En résumé, l'OACI et la communauté de l'aviation ont préparé une réponse significative face à cette nouvelle menace. Il est nécessaire de réaliser un travail continu et cela exigera une coopération internationale des États membres, des organisations internationales, des compagnies et des aéroports dans chaque État et de tout le personnel technique, policier et de sécurité impliqué dans la sûreté de l'aviation civile. Mais, il existe encore une infinité de points faibles dans un aéronef qui sont très difficiles à résoudre que ce soit du fait de la construction en elle-même de l'aéronef ou des systèmes logés hors de la cabine de pilotage. Nous voulons nous référer aux systèmes portatifs d'oxygène, aux haches, aux compartiments destinés aux disjoncteurs, aux tableaux internes de la cabine des passagers qui débouchent dans la cale, aux accès aux systèmes hydrauliques et électriques de l'aéronave… en définitive un immense etcétéra de points qui devraient être contrôlés et qui, très difficilement, pourront être neutralisés face à une menace terroriste. Sans vouloir donner des pistes, dans la cabine des passagers, le terroriste pourrait avoir à sa disposition jusqu'à sept béliers pour renverser la porte de la cabine. Espérons que l'organisme chargé de ces analyses ainsi que de la conscientisation des compagnies aériennes quant à la formation de leurs pilotes et membres d'équipages en matière de self-défense à l'intérieur des aéronefs soit rapide et efficace car, avec la préparation actuelle et la proposition d'utiliser des armes à feu de la part des équipages, non seulement les mesures ne sont pas aussi efficaces qu'elles pourraient l'être, mais de surcroît ça pourrait être une chose dont le terroriste expert pourrait profiter et tourner à son propre avantage.


Images d'une Histoire « Karaté : Images d'une histoire » est l'ouvrage qui possède la plus grande quantité de documents d'archives historiques de l'histoire du Karaté. Funakoshi, ses maîtres, les grands des générations suivantes, Nakayama, Yamagushi, tout cela dans des documents inédits ou peu connus, des photos qui font partie de l'histoire du Karaté. Un livr e mer veilleux enfin disponible en italien, en allemand, en français et en espagnol.

Photo 2 : Choki Motobu. Photo 3 : Masaru Sakamoto, Masatoshi Nakayama, Gichin Funakoshi et Teruyuki Okazaki, le jour de l'inauguration du dojo de la JKA, le 1 avril 1955. Photo 1 : Chojun Miagi et Juhatsu Kiyoda.

Photo 4 : Gichin Funakoshi au Meiseijuku.

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L

e terme « philosophe » est largement utilisé quand on parle du Karaté traditionnel et classique, mais pour mieux comprendre à quoi se réfère cette philosophie du Karaté sans se perdre en vaines élucubrations, il n'y a rien de mieux que de connaître les opinions et les pensées des grands maîtres à propos de la signification de l'objectif de cet art martial et de sa pratique.

Le fait d'avoir connu personnellement la majorité des maîtres importants ici mentionnés, d'avoir partagé du temps avec eux, m'apporte une perspective correcte de ce qu'ils ont voulu me dire en même temps que l'occasion de voir comment ils sont en réalité, loin des grands stages, dans leur rapports plus proches en tant que personne, en tant que karatékas, dans l'intimité d'un dojo, de leur maison ou d'une taverne. Le Karaté a traditionnellement véhiculé une série de valeurs éducatives que nous ne voulons pas perdre. Ces

bases deviennent quelque chose d'extrêmement important quand on considère le Karaté comme un « Do », comme un chemin de vie avec des valeurs centrées sur le perfectionnement du caractère et de la personnalité du pratiquant, des valeurs pour toute la vie. En japonais, on appelle cela : « Jinkaku Kansei ni Tsutomuro Koto ». Effectivement, le respect envers tous et tout devient absolument nécessaire pour construire une société meilleure. Il est très facile de respecter ceux qui partagent les mêmes idées, mais c'est avec ceux qui ne les partagent pas qu'il faut montrer un véri-

Photo 5 : Institut de Shuri, 1937. Photo 6 : Hirokazu Kanazawa, Hiroshi Kinjo, Yamaguchi Gogen et Masatoshi Nakayama, entre autres.

Photo 7 : Gichin Funakoshi et son groupe de démonstration devant Hiro Hito le 6 mars 1921.

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table respect désintéressé. Personne n'est en possession de la vérité. Et l'humilité est toute aussi importante, sans elle il ne sera pas possible d'accepter d'autres personnes, ni leur possible développement technique qu'il soit plus important ou plus faible. Si on ne comprend pas ce type de valeurs et si on n'en fait pas la preuve, on peut être meilleur techniquement, physiquement, mais… on n'est pas pour ça meilleur karatéka. La tolérance, être capable de vivre avec toutes sortes de gens, quel que soit leur niveau, leurs idées, leur style… sans mépriser personne, sans sous-estimer, sans critiquer… est une autre des bases sur lesquelles nous devons construire notre technique. « Kekki no Yu o Imashimasu » exprime le contrôle de soi qu'il nous faut avoir devant le courage impétueux. Une autre des bases est la fidélité, la loyauté qui est si importante dans le Budo japonais et qui s'exprime dans l'expression « Shingi o Omonji ». Elle inclut la reconnaissance perpétuelle envers celui qui nous montre et nous accompagne sur la voie du Karaté-do. Sur ces quatre bases doit s'appuyer la discipline, non seulement comme un moyen mais aussi comme un but de la pratique et dont le développement facilitera la réussite de beaucoup d'autres facettes de la vie quotidienne. La constance doit être fortement associée à cette discipline. Ce n'est pas s'entraîner très dur pendant une courte

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période de temps qui importe dans le Karaté, mais pratiquer constamment pendant toute la vie. Le Karaté-do est une longue voie sans fin. Ni les vieux maîtres, après y avoir consacré toute leur vie, n'en sont arrivé au bout. Lao Tseu disait : « Je possède trois qualités précieuses à garder en moi comme un trésor. La première s'appelle Amour, la deuxième s'appelle Modestie et la troisième d'appelle Humilité ». On va plus loin en admirant les autres qu'en les critiquant. La critique, disent-ils, est le vice des idiots. De sages paroles qui nous rappellent que si nous n'avons rien de bon à dire sur quelqu'un, il vaut mieux ne rien dire. Ne vous occupez pas des imperfections des autres, occupez-vous seulement des vôtres. Celui qui comprend la tradition et l'esprit du Karaté ne critique pas, car il respecte et tolère. D'un autre côté, il faut toujours avoir envers le maître une reconnaissance, une loyauté et une fidélité profondes. Il est très important que la relation Kohai-Sensei (maître-élève) soit correcte. N'oublions pas que la véritable ceinture noire entoure notre cœur et pas notre taille. Les arts martiaux sans un développement parallèle de la personnalité, une tolérance et un respect profond, ne sont rien de plus que des écoles de violence et celle-ci n'est que la marionnette de notre ignorance. Pour terminer cette introduction, je voudrais mentionner une phrase que je trouve génial et qui nous invite à tout comprendre sans obsession car, comme disait le maître Kenwa Mabuni : « Dans mon petit canot, cap sur l'île du Budo, je m'amuser à ramer ».

Photo 1 : Premiers élèves et ceintures noires du club de Keio, en 1926. Funakoshi au milieu. Photo 2 : Fumio Demura. Photo 3 : Gichin Funakoshi en train de calligraphier en 1952. Photo 4 : Hirokazu Kanazawa. Photo 5 : Kenwa Mabuni et Gichin Funakoshi, à Keio. Photo 6 : Yasuhiro Konishi pratiquant le Makiwara au Ryobukan dojo.


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