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s i ngapoRe BOTANIC GARDENS

Martin Drozière Ecole Nationale Supérieure de la Nature et du Paysage de Blois 2ème année (2012-2013)


Martin Drozière Rapport de stage de 2ème année, ENSNP Singapore Botanic Gardens, Avril - Mai 2013


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LE Jardin Botanique De singapour P. 42 - 75

SOMMAIRE

localisation P. 6 - 9


Singapour, ville en mouvement P. 18 - 41

L’HiSTOIRE DU PAYS P. 10 - 17


6

>AĂŠroport Paris Charles de Gaulles (France) >Changi Airport (Singapore)

11 500 km parcourus 266 800 L de kĂŠrosene


7

chine

inde

SINGAPOUR

australiE

Localisition de Singapour


8 4km

mALAISIE

singapoUR

SINGAPORE BOTANIC GARDENS 1 CLUNY ROAD 259569, SINGAPORE

500m


9

cité-état de Singapour Singapour se situe au sud de la Malaisie. Pulau Ujong en est l’île principale, et est reliée par deux ponts au pays frontalier, la Malaisie. Le premier, arrive à la ville frontalière de Johor Bahru. Le second, à l’ouest, connecte la périphérie de Johor Bahru aux quartiers de la région de Tuas. Mis à part l’île principale, l’état est constitué de 64 autres îles dont les plus importantes sont l’île de Jurong (industrielle), l’île de Sentosa (à vocation touristique), Pulau Ubin, et la plus grande, Pulau Tekong. Bien que Singapour ne soit qu’une seule ville, les limites administratives correspondent aux circonscriptions électorales. Singapour est connu partout dans le monde pour son extraordinaire réussite économique. Cette réussite est surtout dûe au fait qu’avec très peu de ressources naturelles et des problèmes socio-économiques importants (émeutes raciales, chômage massif, difficultés de logement et d’accès à l’eau), Singapour a réussi à devenir un des pays les plus développés et les plus prospères du monde, en termes d’économie, d’éducation, de santé, de transparence, de sécurité et d’urbanisme. Tout ceci étant dû à la volonté d’un seul homme, Lee Kuan Yew (ancien premier ministre), qui a su diriger son pays d’une main de fer pendant 30 ans.

Formation de Jurong Granite de Bukit Timah Formation de Sajahat Formation de Kalang Alluvions anciens Polders

pédologie Carte des sols de Singapour


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L’Histoire DU PAYS


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CHRONOLOGIE

Du comptoir colonial à ville moderne

Le Merlion, emblème de la ville trouve son origine dans un mythe. Celui-ci voudrait que le prince Seri Teria Buana, y aperçoive une créature ressemblant à un lion.

Thomas Stamford Raffles

XV e

l’Emblème Le Merlion

1819 Quand Sir Stamford Raffles, militaire et naturaliste britannique, découvre l’ile en 1819, il prend conscience de l’immense potentiel que celle-ci a à offrir. Employé à la compagnie des Indes, il entreprend immédiatement d’en faire un comptoir colonial. Les anglais y construisent donc un port à vocation commercial. Raffles est aussi le premier à planifier un réel développement de l’ile. C’est ainsi qu’il a créé « Commercial square » qui constitue aujourd’hui un pôle commercial majeur sur l’ile, appelé « Raffles place ». Ainsi s’installent le commerce et les premiers quartiers coloniaux à Singapour.

1822 philip jackson’s plan Plan de la ville de Singapour De cette dynamique est née la réalisation d’un plan, appelé le «Jackson Plan ». Singapour étant une ile polyculturelle, où les Malais, les Indiens, et les Chinois, n’ont jamais cessés de s’installer, le Jackson plan met en place différents quartiers qui vont diviser ces ethnies. Celui-ci n’a pas pour unique vocation d’éviter les conflits entre différentes ethnies, mais est aussi construit selon la devise « Diviser pour mieux Régner ». Ce plan est connu comme étant le premier plan de Singapour. Aujourd’hui, nous pouvons observer que cette trame a été conservée à travers la ville moderne.


13 Une période difficile S’ensuit une période sombre de l’histoire de Singapour, durant laquelle de nombreux problèmes font leur apparition. Parmi eux, l’installation de la piraterie, qui compromet les échanges avec d’autres pays, et donc toute l’économie sur l’ile. L’autre problème majeur est la mortalité croissante suite à l’épidémie de Malaria. Ces deux facteurs vont pendant un temps ralentir considérablement le développement insulaire.

1860

Epidémie de Malaria

1867 Colonnie britannique Après cet épisode, l’ile va enfin pouvoir se lancer dans une croissance significative. Elle devient colonie britannique en 1867, comme le sont déjà les établissements du détroit (« Straits Settlements ») proches de l’ile : Penang et Malacca.


*

/80 000 d’habitants

Chinois

62%

Ouverture du canal de Suez Essor commercial de la cité-état

Malais

29% Euro

9%

1869

L’ouverture du canal de Suez va avoir un impact indéniable sur l’économie singapourienne. Les échanges entre l’ile et l’Europe peuvent maintenant avoir lieu, sans imposer le détour du continent africain. Le système portuaire de Singapour va considérablement évoluer à partir de cette période, durant laquelle les échanges prennent une toute autre dimension. Conjointement, la population augmente grâce, notamment, à une forte immigration.

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occupation japonaise Massacre de Singapour

Malheureusement, en 1942, une autre puissance montante envahit un Singapour en plein essor. L’occupation japonaise est dûe à la position stratégique de l’ile, déjà remarquée auparavant par Sir Raffles. L’occupation a donné lieu à un massacre particulièrement important, qui a fait presque 80 000 victimes.

1942

1945


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INdépendance Rupture avec la Malaisie

drapeau Singapourien Egalité, fraternité, pureté et vertu

1965 1965

Singapour appartenait autrefois à la nouvelle fédération de Malaisie, lorsque l’indépendance fût prononcée. C’est un déchirement sans précédent lorsque la Malaisie impose à Singapour son indépendance. Cette événement intervient dans un contexte de tensions raciales entre les chinois (majoritaire sur l’ile) et les malais. L’indépendance est prononcé e le 9 Mai par Lee Kwan Yew, contre son gré. C’est un état instable et bouleversé par la guerre qui se retrouve isolé. L’absence de ressources naturelles exploitables vient ajouter un poids considérable à l’effort de redressement qu’entreprend alors le premier ministre. L’indépendance marque un tournant majeur dans l’histoire du pays. Singapour, mené par un seul homme, entame sa marche vers la prospérité.


17 Marina bay Centre économique et touristique

Depuis le jour où Sir Raffles l’a découverte, l’ile s’est développée considérablement. Du petit village de pêcheurs, Singapour s’est transformé en une métropole dynamique en constante recherche de progrès. L’ile est devenue une plateforme d’échange entre la culture Asiatique et le reste du monde. Marina bay en est l’un des exemples les plus flagrants, et son développement, fulgurant.

Lee Kuan Yew

1959

1990

Il fût le premier Premier ministre de la république de Singapour de 1959 à 1990, puis il démissiona, laissant la place à son fils. C’est une figure très importante en Asie encore aujourd’hui. Il est le principal acteur de la reconstruction de Singapour après son indépendance. Il a su régler les problèmes de la sécurité nationale, du redressement de l’économie, ainsi que les problèmes sociaux. C’est grâce à son implication que Singapour est aujourdhui une référence dans de nombreux domaines.

2013


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Singapour, ville en mouvement

Poldérisation Architecture verticale Diversité culturelle Système portuaire Espace public Gestion de l’eau


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POLDER, à LA CONQUêTE DE L’OCéAN Singapour est un pays relativement jeune, qui a dû faire face à une expansion rapide, due à l’explosion de son économie et de sa démographie. La surface de l’ile n’excédant pas 710Km², il a donc fallu trouver des solutions pour acquérir plus d’espace. Le tissu urbain étant déjà assez dense, le gouvernement singapourien a donc opter pour la poldérisation. Le procédé est simple et consiste à récupérer du sable provenant des côtes malaises, pour la construction de polders autour de l’ile. Ce procédé est très controversé puisqu’il détruit toute vie sous-marine à force de dragages répétitifs. Il a donc un impact négatif sur la biodiversité de l’ensemble de la côte. Malgré tout, le phénomène se poursuit, permettant d’étendre les infrastructures portuaires, essentielles à l’économie. Ces polders accueillent aussi de nombreuses raffineries sur les iles alentour, surplombées par d’immenses nuages de pollutions. Land reclaimation Plan de la polderisation

1960 2000 Futur Marina bay Travaux d’élagissement du pont


21 En 40 années Singapour a gagné 70Km² sur l’Océan. C’est ainsi que le pays ne cesse d’accroître son économie, et de s’enrichir. On est en droit de se demander jusqu’où se poursuivra cette dynamique, mais le pays ne pourra pas s’étendre indéfiniment. Ceci étant, qu’adviendra-t-il par la suite ? Y aura-t-il d’autres solutions ?

vue sur le Marina Bay sands construction sur polder


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Paysage en voie de disparition L’un des points sombres de l’expansion des terres singapouriennes est la disparition du paysage côtier naturel. Ainsi, seules, très peu de plages sont encore conservées autour de l’ile et aucune n’est réellement protégée. Ce n’est que sur l’ile de Pulau Ubin, appartenant au territoire Singapourien que nous avons pu réellement observer les vestiges du paysages côtier. Pulau Ubin est bordée par de larges mangroves et des marécages, laissant parfois quelques plages ouvertes sur l’océan. Ce sont ces mêmes espaces qui existaient avant la poldérisation, et qui sont aujourd’hui disparus. Actuellement, le gouvernement tente de mêler développement et végétalisation. L’objectif étant de rendre la ville plus verte et d’économiser de précieux degrés en prévision du réchauffement climatique. Une question est donc plus que jamais d’actualité : L’aménagement du territoire va-t-il aller vers la protection et le repeuplement (floristique et faunistique) des côtes ? Celles-ci étant un atout majeur dans la conservation de la biodiversité, qui semble être au coeur des préoccupations du gouvernement.

Pulau Ubin. C’est l’une des îles situées au sud-est de Singapour. Elle est très populaire et donc très touristique. Cependant elle offre à voir un paysage presque intouché, à l’exeption de quelques cabanes, et d’une petite route, se frayant péniblement un chemin à travers la végétation luxuriante. On y découvre de petites plages où se développe la mangrove, presque inexistante ailleurs. C’est donc un véritable flashback sur le paysage de Pulau Ujong du siècle passé.


23 Paysage reconstituĂŠ A partir de Pulau Ubin & Pulau Ujong


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émergenge de la verticalité La surface du pays étant réduite, l’état a dû recourir à différents moyens afin de poursuivre son développement. Les possibilités de poldérisation sont limitées et ces nouveaux espaces, souvent réservés à l’industrie. Le développement s’en ressent au niveau de l’architecture. Singapour construit de plus en plus haut, chaque tour en dépassant une autre. Cette dynamique est remarquable jusque dans leur mode de culture. Les cultures sous serres se font en étages, afin d’optimiser la production en fonction de l’espace. Il y a une réelle volonté de conquérir le ciel, et la terre. Chaque niveau sous terre à une fonction, allant du centre commercial au Metro, en passant par les réseaux d’eau, d’électricité... et se poursuit vers le ciel. Ainsi, un immeuble peut avoir plusieurs usages. Cela rend plus difficile la lisibilité. J’entends par là que chaque immeuble, chaque repère, peuvent différer d’une personne à l’autre, et cela en fonction des usages qui en sont faits. Ainsi, il est aisé de se perdre dans le centre ville, bien loin de nos repères européens, un immeuble en cachant un autre. La ville prend un autre dimension, celle de la verticalité.

Culture verticale Nord-est de Singapour


Ou habiter ? Le logement à Singapour n’offre que très peu d’alternatives. La majorité de la population vit dans les HDB. Les familles les plus fortunées, partagent les Condominiums avec les nombreux expatriés vivant sur le territoire. Le prix de ces logements est exorbitant, variant en fonction de l’emplacement. Un seul de ces appartements situé dans d’immenses buildings, comprenant piscine, portiers, salle de sport.., dépasse souvent le million d’euros. Ces forteresses privées sont construites pour que les personnes d’une même caste s’y retrouvent et puissent vivre ensemble en sortant le moins possible. Cela n’est heureusement pas le cas de la totalité d’entre eux. Il existe encore quelques maisons privées, souvent gigantesques, où vivent les «hyperriches», ou de vieilles familles singapouriennes. Ce marché est inabordable et reste très réduit sur l’ile.

80% pop.

HDB FLAT. C’est l’équivalent des HLM, en France. Les HDB (Housing and Developementsont Board) sont la propriété de l’état, qui propose un logement sur 99 ans aux Singapouriens, valant environ 200 000€. Environ 90% des personnes y habitant sont propriétaires, les autres remboursent leur emprunt à hauteur de 25% de leur salaire, ce qui est bas comparé aux standards mondiaux. Tous les 100 ans un HDB est détruit et reconstruit en ajoutant un étage pour subvenir aux besoins de la population grandissante. Ainsi ces batiments ne connaissent jamais l’insalubrité.

25


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drain culturel Cela fait maintenant quelques années que Singapour apparait aux yeux du monde comme une porte d’entrée vers l’Asie. C’est en effet l’une des plus importantes plateformes d’échange entre l’Asie et les autres continents. A l’époque coloniale, les anglais partageaient déjà le territoire avec plusieurs ethnies, toutes très différentes de par leurs coutumes et leurs religions. Aujourd’hui il existe trois dialectes parlés en plus de l’anglais (langue nationale) : le Malais, le Chinois, et l’Indien. Ceuxci comprennent de nombreuses déclinaisons, dues à leur mélange, ce qui rend parfois leur compréhension très difficile. Depuis le Jackson Plan, et la séparation des différentes ethnies, les quartiers Chinois et Indien ont été conservés. Ils témoignent tous deux de la diversité culturelle que l’on peut rencontrer à Singapour. J’ai choisi de retranscrire, par la suite, cette diversité à travers un travail photographique visant à confronter ces deux cultures. Plus récemment, Singapour est devenu une réelle terre d’accueil pour les expatriés. Notamment, la communauté française singapourienne qui ne cesse de croître, attirée par les standards de vie très différents. Cependant, il est triste de les voir vivre entre eux dans d’immenses condominiums. Nous retiendrons donc qu’il existe une réelle division ethnique dûe à la fois aux différences culturelles, sociales et financières.


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china town Quartier touristique


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little india Centre-ouest de Singapour


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china town Centre-ouest de Singapour


30

l’evolution du système portuaire

côte sud Horizon portuaire


31

7%

en 2013 2012

PIB

J

usqu’à la fin des années 1950, Singapour a profité de sa situation stratégique vis-à-vis du détroit de Malacca, l’économie était essentiellement dominée par le commerce d’entrepôt et les activités liées aux bases navales et aériennes britanniques. L’indépendance du pays, en 1965, est suivie du départ des Britanniques, en 1971. Le gouvernement mit alors en œuvre une politique d’industrialisation accélérée des entreprises d’État (pétrole, chantiers navals, aciérie, agroalimentaire, industrie du bois, électronique). Spécialisée dans un premier temps dans les industries de main-d’œuvre, l’activité industrielle a ensuite évolué vers la fabrication de produits d’exportation à forte valeur ajoutée dans le but d’attirer les capitaux étrangers. Ainsi, en 1970, de nouvelles industries sont développées : raffineries, pétrochimie, constructions et réparations navales. Depuis les années 1980, ce sont les technologies avancées et les services de pointe, qui dominent l’économie. Le port de Singapour, riche de cinq terminaux spécialisés, est le premier du monde, en terme de trafic. Réputée pour son efficacité et sa compétence, Singapour est devenue une grande place commerciale et financière non seulement régionale, mais internationale.

xxeme

2013


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l’Espace public L’une des premières choses marquantes quand on arrive à Singapour est l’aménagement des espaces publics. L’espace public est un espace de partage que l’on retrouve partout en arpentant la ville. Des rez de chaussée de HDB, dédiés à la vie en communauté, aux foodcourts, d’immenses halles bardées d’enseignes, où l’on vient se retrouver pour manger, tout est conçu pour la vie en communauté. Autant, à l’échelle de la ville, la mixité ethnique n’est pas encouragée, autant dans la vie de quartier, tout est pensé à cet effet. C’est dans ces lieux que «l’espace public» prend un sens. Les places sont de réels lieux de partage et de découverte. Prenons l’exemple du foodcoourt qui consiste en un espace central, bordé de plusieurs dizaines de locaux accueillant des cuisines d’origines diverses. La cuisine hallal côtoyant la cuisine chinoise, et la possibilité de goûter à de nombreux plats est une véritable démonstration du «vivre ensemble». De plus, la nourriture y étant abordable, les familles, s’y rendent quotidiennement, donnant vie continuellement à ce type d’espace, dans chaque quartier. Enfin, on notera la propreté excessive de ces lieux de vie commune, qui est dûe à l’implication de ses habitants. Contrairement aux moeurs françaises, l’espace public est considéré à Singapour comme une extension du foyer. En résulte finalement un usage totalement différent du notre.


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Food court China town


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Une ville jardin Continuité végétale

Orchard Road Ballade plantée

La notion de ville jardin est née sur l’ile après l’indépendance. Lee Kuan Yew pensant que le pays était perdu et ne pouvait pas subvenir à ses propres moyens, il décide d’attirer les entrepreneurs étrangers. Pour lui, une chose était par dessus tout nécessaire dans cette entreprise : donner à voir une ville où la nature, maîtrisée, est présente partout, offrant tous ses bénéfices, guidant de place en place, sans souffrir de la lumière brutale du soleil. Le challenge est réussi puisqu’aujourd’hui, toute rue est plantée de part et d’autre de grands arbres. On pourrait presque qualifier ce spectacle de jungle urbaine. Si l’on observe mieux le modèle mis en place, celui-ci n’est pas sans rappeler le système de parcs de Boston. En effet, Singapour a vu naître un tout nouveau réseau de «park connectors». Ce sont de larges allées plantées, reliant, comme leur nom l’indique, les différents parcs et jardins. La circulation y est hiérarchisée et permet de faire le tour de l’ile en vélo comme à pied, sans les désagrément de la proximité immédiate des véhicules. Le tissu urbain, quant à lui, est agrémenté de petites places, offrant des respirations, le long des rues commercantes. On y retrouve des personnes de tous âges se reposant le temps d’une minute, ou d’une heure. C’est l’existence de cette trame verte construite en parrallèle à l’expansion urbaine qui constitue l’efficacité de la ville jardin. Le végétal est partout, à des échelles multiples, et accessible pour tous. Du jardin à la réserve naturelle, tout est à portée de main.

Place ombragée Le lond d’Orchard road


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Gardens By the Bay, est le dernier jardin réalisé à Singapour. Il est situé à l’extrémité sud de « Marina Bay ». Il est composé de deux dômes gigantesques abritant des espèces de climat plus tempéré, ainsi que de gigantesques structures arborescentes recouvertes de végétation. Bien qu’étant une véritable merveille du point de vue tant technique, qu’architectural, le jardin laisse perplexe un certain nombre d’habitants qui le considèrent comme un piège à touristes. Il est vrai que les 2 Billions de Dollars investis dans ce projet interrogent. Malgré tout, Gardens by the Bay est un exemple à suivre dans de nombreux domaines. Nous assistons aujourd’hui à la naissance d’un nouveau type de jardin qui a énormément à nous apprendre. Gardens by the bay Cloud forest


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912

réserve de bukit timah Protection de la biodiversité

5%

Espèces angiospermes

OCCUPATION DU SOL PAR LA FORÊT

A part Rio de Janeiro, Singapour est la seule autre ville dans le monde possédant une forêt primaire, c’est-à-dire, intouchée par l’homme, depuis son installation. Cette forêt vierge, qu’ils nomment « Rain forest » se trouve dans la réserve de Bukit Timah. C’est une réserve naturelle, grande de 164 Ha. Il a été estimé qu’il y a plus d’espèces d’arbres dans cette réserve que dans la totalité de l’Amérique de nord. D’autres pays essayent de calquer le système singapourien de préservation des espèces naturelles endémiques. La réserve est en plus rattachée au réseau des parcs par les park connectors. Les park connectors optimisent la circulation entre les poumons verts de la ville. Ceci tant d’un point de vue humain que naturel, aidant ainsi la circulation des oiseaux nichant dans les arbres des park way. On parlera donc de trame verte.


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bukit timah

La réserve fut établie en 1883 sur le point haut de Singapour. Elle a été aménagée afin que chacun puisse l’arpenter. Malgré son altitude et son positionnement central sur l’ile, on peut déplorer qu’aucun cône de vue ne soit ouvert. La seule plateforme aménagée offre à voir une ancienne carrière de granit surmontée de grandes antennes de télécommunicattion. Le principal intérêt de cette réserve est donc sa biodiversité. L’horizon, lui, ne daignera se montrer.

1:1

Carrière de granit Réserve de Bukit tima


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La gestion de l’eau L’eau a été et restera toujours une préoccupation majeure à Singapour. C’est dans un pays où il n’existe presque aucune réserve d’eau potable que Lee Kuan Yew devient premier ministre. L’une des premières réflexions du gouvernement fut de trouver une solution pour rendre le pays indépendant vis-à-vis de l’eau. Celle-ci ne tarda pas, l’idée première fut de canaliser les eaux de pluies vers des réservoirs. En quelques années, toutes les rivières, ruisseaux, jusqu’au moindre filet d’eau, furent bétonnés pour optimiser la collecte de cette ressource très précieuse. C’est ainsi qu’aujourd’hui, les rues sont bordées de tranchées récoltant l’eau des pluies . Il est donc impossible de trouver un point d’eau, laissé à l’état naturel. Cette volonté s’explique aussi par la présence des moustiques, transmettant la Malaria, et la Dengue. En l’absence de berges, les moustiques ne peuvent pondre leurs oeufs dans un environnement propice à leur développement. Les réservoirs sont répartis également sur l’ensemble du territoire, afin de recourir au besoin de toute la population. Malgré tout, l’eau de pluie ne suffit pas toujours à alimenter le pays entier. C’est pourquoi Singapour a dû trouver d’autres moyens pour y parvenir. C’est de cette recherche qu’est né le partenariat avec la firme française Véolia Environnement, chargée du recyclage des eaux usées à Singapour . Il existe tout de même un ultime moyen sur l’ile pour remplir les réservoirs qui consiste à désaliniser l’eau de mer. Cette méthode reste très peu utilisée car étant très coûteuse. Cependant, elle devrait l’être de plus en plus, en corrélation avec l’évolution de la démographie. . Sans cette maîtrise des éléments naturels, Singapour ne connaitrait pas un tel développement. Le pays dépend encore de la Malaisie pour une grande partie de son approvisionnement en eau.


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Bedok, Bloc 77 Sillon de récupération des eaux de pluie


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recyclage La recherche sur l’eau et le développement à Singapour est sous la responsabilité de l’agence nationale de l’eau du pays, «PUB Singapore», dont la mission s’étend également à la gestion des ressources en eau, sous tous ses aspects (Cf. figure) . Après les précipitations, l’eau s’écoule dans un réseau de drains et les canaux qui la guident vers des réservoirs pour qu’elle y soit stockée. De là, elle est traitée pour permettre son usage industriel et sa consommation, y compris domestique. Les eaux usées sont elles aussi collectées. Elles voyagent séparément des eaux de pluie, pour éviter toute contamination. Un réseau d’égouts dessert donc toute l’île et se dirige vers les Usines de Newater, où elles seront traitées et rendues saines. Elles sont ensuite acheminées vers l’industrie comme une source d’eau alternative ou sont réintroduites dans les réservoirs. Un programme appelé R&D (research and development), vise à assurer un approvisionnement sûr, durable et continu en eau dans tout Singapour. Il englobe l’ensemble du cycle de l’eau pour répondre à quatre objectifs précis: augmenter les ressources en eau de Singapour, réduire les coûts de production, améliorer la qualité de l’eau, et le développement et la croissance de l’industrie de l’eau. *Newater arrive après le traitement des eaux usées, ces usines traitent l’eau à l’aide de procédés très spéciaux (osmose inversé et technologie ultraviolets) afin de produire une eau pure de grande qualité destinée à la consommation et à l’industrie de haute précision. Ps. Le graphique se lit dans le sens anti-horaire.

pluies

océan

traitement des eaux usées

canalisation désalinisation

Usine newater*

canalisation stockage en réservoir

distribution Usine newater

Cycle de L’eau Gestion et traitement


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formation nuageuse un Climat capricieux

191 164

171 163

171

166

174

269

165

239

Le climat de Singapour est dit équatorial, caractérisé par une chaleur humide ainsi que des précipitations élevées, souvent sous forme d’orages. Ces précipitations sont presque quotidiennes et généralement de très courte durée. La pluviométrie annuelle à Singapour est d’environ 2300mm, pour 1000mm en France. Les températures oscillent généralement entre 24 °C, le matin, et 32 °C, l’après-midi. Les températures record sont respectivement de 19 °C et 36 °C. Le temps est très changeant: un soleil radieux peut laisser place à une violente averse en l’espace de quelques minutes et réciproquement. Ces changements sont spectaculaires. Juillet et février sont les mois les plus ensoleillés, et décembre le plus couvert. De novembre à janvier sévit la mousson, lorsque des vents chargés d’humidité apportent des pluies abondantes, et par conséquent des températures un peu plus basses (un peu en dessous de 30 °C en décembre). La mousson de juin à septembre, est nettement moins violente. Les températures y sont alors très légèrement moindres que de février à mai, période la plus chaude de l’année où les températures dépassent fréquemment 32 °C, allant parfois jusqu’à 36 °C comme c’est déjà arrivé au mois de mars. La durée du jour est pratiquement constante au cours de l’année, avec des journées de 12 heures en décembre comme en juin. Par conséquent, il n’y a pas à Singapour d’heure d’été: le soleil se lève et se couche tous les jours à 7 heures et 19 heures. Le climat singapourien est donc très différent du climat français. Il est difficile de s’habituer à la chaleur, qui oblige à un tout autre style vestimentaire. Il est très fréquent d’observer les habitants porter d’énormes gourdes attachées à leurs sacs.

250

269

Le Climat insulaire

Ja

Dé pluviométrie de singapour en mm/mois


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Le jardin botanique de Singapour


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les origines du jardin La volonté de développer un tel espace est née de Sir Raffles, qui voulait transformer son jardin d’épices, sur la «Government Hill », en jardin botanique et expérimental. Ce n’est qu’en 1859 qu’il put réaliser son rêve. C’est à Tanglin, au sud du territoire que le projet prit pied. L’idée première évolua au fur et à mesure en un réel centre botanique, de recherche et de taxonomie. Cette dynamique d’exploration et de classification des espèces, a mené le Jardin botanique à l’élevage des orchidées dans un but de recherche. Puis elle a pris place dans le jardin comme de nombreuses autres espèces, qui constituent aujourd’hui la richesse botanique du site. Le Jardin Botanique de Singapour s’est engagé dans de nombreux projets à l’échelle du pays. En 1881, il est impliqué dans de remarquables travaux de plantation sur la totalité du réseau routier. Plus tard, en 1877, 22 pieds d’Hevea sont envoyés de Kew Gardens à Singapour. Treize d’entre eux furent plantés au jardin botanique, à des fins expérimentales. Les efforts du premier directeur, Sir Henry N . Ridley, pour cultiver l’Hevea brasiliensis, ont donné lieu à son exploitation, par ailleurs très lucrative. C’est ainsi qu’est née l’industrie de la gomme, produite à partir de la sève, dans tout le sud-est de l’Asie. En 1920, 50% de ce commerce étaient détenus par Malaya, la péninsule malaise. C’est sous la direction de ce même homme que l’orchidée Vanda Miss Joaquim, aujourd’hui symbole national, fut découverte et nommée.


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nursery

Orchids garden

Holland R

oad

plan du jardin botanique de Singapour

0

240 m 120

Alan tan & Dr. Nigel Directeur député & Directeur

Organigramme nog & lABORATOIRE


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C

Bukit Timah Road

ette carte présente les différents espaces où j’ai eu la chance de travailler pendant mon stage. Le jardin botanique est composé de plusieurs jardins aux thematiques variées. On y retrouve notamment la «Rain Forest», une jungle, le «healing garden», ou encore la «Palm valley», portant chacun des noms équivoques. C’est une véritable mosaïque d’espaces bien distincts qui nous est donnée à voir. Derrière cela se cache une véritable dynamique de recherche scientifique, et pédagogique.

Plant resource centre

jacob ballas children’s garden

Pépinières (NOG & PRC) Jardins (OG & JBCG)


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NOG

Nursery Orchid Garden

La pépinière élève, comme son nom l’indique, une grande partie des orchidées qui seront introduites dans les différentes parties du jardin. Il existe en réalité deux autres pépinières à l’extérieur du jardin qui ont la même fonction. Il y a donc de nombreux aller-retours entre ces trois espaces. Le but du travail en pépinière est de reproduire et entretenir certains specimens, allant des orchidées les plus communes aux espèces en danger. On y voit naître de nouvelles espèces et de nouveaux «cultivars» chaque années, créés par des passionnés tels que David Lim avec qui j’ai beaucoup appris. Il est le Manager de la collection vivante du jardin. C’est donc lui qui gère les entrées et sorties de pépinière, ainsi que les stocks du jardin. Plusieurs officiers l’assistent dans sa tâche, et permettent le bon fonctionnement du jardin botanique de Singapour.

« Uncle » David lim Manager of the Living Collections


49 vue sur l’entrée Nursery Orchids Garden


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orchidées

La science d’un peuple

SéPALe supérieur

pétales

Colonne ( les pollens se trouvent sur le dessus, protégés par l’opercule ) Cavité stigmatique ( c’est à l’intérieur que l’on trouve l’ovaire. Elle est rattachée à la tige ) Label

SéPALes latérales

Structure florale Orchidée du genre Vanda


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Au sein de la vaste famille des orchidées, comprenant plus de 250 000 espèces, il existe deux catégories distinctes par leur structure et leur développement végétatif :

Monopodiales

Sympodiales

On dit d’une orchidée qu’elle est monopodiale lorsque la tige est unique et que l’apex a le potentiel de se developper indéfiniment. Seules deux parties se developpent : l’apex, d’où naissent les nouvelles feuilles, et le système racinaire, lorsque les conditions d’humidité sont parfaites. On retrouve ce type d’orchidées dans les régions tropicales, en raison des averses fréquentes qu’elles subissent, et du taux d’humidité supérieur aux régions tempérées.

Les orchidées sympodiales, elles, produisent de nouvelles pousses annuellement grâce à un rhizome. Ce sont généralement des espèces plus adaptées à un climat tempéré. Leur tiges sont parfois remplies d’eau et de nutriments qui servent de réserve lors des périodes de repos végétatif. Les tiges se limitent, quant à elles, à une certaine taille. Elles dépérissent et repoussent l’année suivante.


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Conditionnement en pot

Taux de reprise

60%

Les jeunes sujets grandissent par 10 ou 15 , selon leur taille, dans un pot. Il est donc nécessaire de les séparer. On évite ainsi toute concurrence intra-spécifique. La plus grande difficulté réside dans la séparation des systèmes racinaires. Une fois cette étape effectuée, la plantation peut commencer. Le conditionnement en pot est constitué de 3 étapes très importantes pour assurer le bon développement des sujets.

1

On utilisera seulement du charbon comme substrat pour les orchidées épiphytes. En effet, celles-ci ont essentiellement besoin de lumière et d’humidité renfermée dans le charbon, pour se développer. Il est donc nécessaire de le disposer de façon à bien maintenir l’orchidée. Le charbon doit être concassé avant toute entreprise.

2

Le choix du pot peut paraître anodin, mais à l’échelle de la pépinière, cela entraîne une gestion totalement différente. Un pot trop petit par exemple, obligera à un rempotage plus fréquent. Il faut donc bien choisir le pot en fonction de l’espèce et de son stade de développement.

3

Lors de la plantation, proprement dite, le plus grand soin doit être apporté aux racines très cassantes. C’est l’étape qui décidera du sort du sujet, étant donné leur fragilité à ce stade. Les pots sont ensuite déposés sur des bancs de plantation.


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Conditionnement sur support vertical

90%

Ce type de conditionnement est employé minoritairement dans la pépinière, malgré de taux de reprise largement supérieur. En effet, le système racinaire restant intouché, les risques d’endommagement sont limités, et la reprise plus rapide. Cependant les infrastructures ne sont pas adaptées à ce type de conditionnenement. Nous allons tout de même aborder ce type de conditionnement qui se rapproche plus de ce que l’on peut trouver en milieu naturel. 1

Le substrat utilisé dans ce cas est totalement différent. Il est composé de mousse de sphaignes sechée. Comme le charbon, elle aura pour vocation de conserver l’humidité, et de la restituer en cas de forte chaleur. Celle-ci n’a cependant en aucun cas vocation de stucture. Pour cela on emploiera un support en fibre végétale compactée, très semblable aux textures retrouvées dans les milieux naturels. Ainsi les racines pourront s’y accrocher pendant leur développement.

2

Le sujet est fixé à l’aide de fil de fer plastifié, ce qui sert de tuteurage à l’orchidée. En général une orchidée met 2 mois à faire de nouvelles racines capables de se fixer au support.

3

Une orchidée assez développée pour être utilisée dans le jardin pourra être, en fonction de son utilisation, séparée du support. Malgré tout, à ce stade, les racines restent fragiles; il faut donc les manipuler avec précaution.


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Stockage

Lorsque les sujets cultivés ont un système racinaire assez développé, et sont prêts à être transférés en jardin, ils sont disposés sur des terrasses en attente d’être utilisés. L’effet qui en ressort est frappant. On se retrouve devant un étagement d’orchidées qui n’est pas sans rappeler les rizières en Chine. La pente permet l’écoulement des eaux, évitant la stagnation, qui facilite l’apparition des maladies touchant la tige des orchidées. Ces plants d’orchidées sont traités chaque jour avec des pesticides dans le but d’éloigner, et d’éliminer les insectes ravageurs s’installant généralement au niveau de l’Apex.

Culture d’orchidées Nursery Orchids Garden


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L’orchidée,

Passion nationale Depuis de nombreuses années, Singapour est connu pour ses hybridations d’orchidées. David Lim est renommé dans le milieu. C’est notamment grâce à lui qu’elles ont du succès à l’étranger, et plus particulièrement au Japon. Nombreuses de ces orchidées ont d’ailleurs été primées, en fonction de leur difficulté d’hybridation, et de leur morphologie...On notera que chaque orchidée hybridée doit être classifiée dans un référentiel international.


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nog

Orchid Display L’équipe du Display est en charge de l’aménagement et de l’entretien du National Orchid Garden. Ils bénéficient d’une liberté d’action au niveau de la gestion et de l’aménagement des différents espaces composant le jardin. L’«Orchid Garden» est un jardin aux différentes thématiques. Il propose un cheminement à travers des univers très différents. La structure du jardin restant la même, l’équipe du display change régulièrement les plantations dans les différents espaces. Pour cela, ils opèrent en étroite collaboration avec la pépinière, afin d’être constamment informés des stocks disponibles. L’approvisionnement en orchidées est aussi effectué dans des pépinières privées, en quantités réduites, pour la «mist house». On y retrouve des specimens d’orchidées très spéciaux, difficiles à faire pousser dans la pépinière du jardin. La coopération avec la pépinière s’étend à l’organisation du «Orchid naming», qui consiste à donner le Nom de célébrités aux nouveaux cultivars créés à la pépinière du jardin. Cet évènement a donné lieu à la création d’un jardin appelé «Celebrity Garden», rassemblant les orchidées déjà nommées (ex:Brigitte Ayrault, récemment) . Le jardin des orchidées est définitivement une pièce majeure du jardin botanique de Singapour.

Jonathan Lam Manager of the Display


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The office Bureau de l’équipe chargée du display


mist house

heritage garden

Orchid garden

Jardin de thÊmatiques, jardin d’ambiances

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COOL HOUSE

Serre froide du «Orchids garden» La «Cool House, ou serre froide, abrite toutes sortes d’espèces végétales, provenant d’Asie et d’Amérique du Nord. La température ambiante y est de 20C° avec un fort taux d’humidité. Un système d’air conditionné est donc perpetuellement en marche, la maintenant à un niveau constant. Cet espace fait partie de l’«Orchid garden»; il regroupe plusieurs types d’orchidées de climat froid. Malgré son intégration au jardin, il ne faut pas oublier son passé expérimental. La serre froide a en effet servi d’environnement témoin avant la construction de la «Cloud Forest». C’est l’une des deux serres gigantesques des «Gardens by the Bay». Ce n’est qu’après observation de ce système que le principe fut appliqué dans la baie, où se trouvent aujourd’hui les plus grandes et plus belles serres du monde, d’un point de vue architectural. La serre du jardin est traversée par une passerelle qui permet d’observer au plus près les plantes épiphytes et le feuillages des fougères arborescentes. En dessous, se trouve l’accès de service qui permet l’entretien, bordé par des pulvérisateurs, maintenant l’humidité ambiante. Une ouverture est faite sur la cascade (fonctionnant en circuit fermé), renforcant l’effet de fraîcheur. Le son dégagé par la cascade nourrit l’imaginaire et contribue fortement à changer l’atmosphère lorsque l’on pénètre dans la serre. Bien qu’elle dénote dans le jardin des orchidées, la serre est une vraie réussite qui ne laisse pas indifférents les visiteurs du jardin.

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Culture des mousses Dans la «Cool House»

L’écosystème développé dans la serre étant dépendant de la température, elle doit rester constante. Malheureusement, l’année passée, le système d’air conditionné a été l’objet d’une panne. De nombreuses espèces, telles que les mousses recouvrant la totalité des rochers, ont péri lors de cet épisode. Le display étant chargé de l’entretien de la serre, une expérience fut entamée pour retapisser toutes les surfaces minérales nues, de mousses.

1

La première étape de cette expérience est la récolte des mousses. Les mousses doivent être séléctionnées, car elles ne sont pas toutes aptes à se développer dans un environnement plus froid. De même, les mousses poussant sur les écorces sont à bannir, car elles ne survivent généralement pas à la séparation de leur support.

2

Pour permettre aux mousses de se développer uniquement sur le nouveau support que nous leur donnerons, il est nécessaire de les séparer de tout substrat. Elles sont rincées longuement afin qu’aucun élément ne vienne parasiter leur développement.

3

Une fois rincées, les mousses sont coupées, à l’aide d’un sécateur propre, pour ne pas transmettre de maladies. Cette étape a pour but de stimuler le développement des mousses sur leur futur support.


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Après avoir tenté de coller des mousses à l’aide d’une colle, ce qui n’était absolument pas adapté à l’environnement humide, l’équipe du display a commencé ses recherches sur la culture des mousses. Une large campagne de récolte de mousse a donc été menée afin de poursuivre l’expérience. Voici donc les étapes que nous avons suivies pour mener à bien notre mission de repeuplement.

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La deuxième phase de l’expérience consiste à apporter des éléments facilitant le développement des Bryophytes. Ces deux éléments sont : le glucose et le calcium. Cependant, et d’après des recherches personnelles, le calcium n’aurait pas un rôle bénéfique dans le développement des mousses.

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Après avoir reposé, la mixture est apposée sur un filet par fines couches de 1cm. L’ensemble doit ensuite être entreposé dans les conditions climatiques où la mousse est censée se développer. Après plusieurs semaines, et à raison de pulvérisations régulières, la mousse doit commencer à s’établir. Cependant le chemin vers la colonisation totale du support peut être très long (parfois plusieurs années).


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l’orchidée

Processus de la plantation

Planting orchids La première phase dans la plantation des orchidées passe par une sélection des sujets à planter. En effet, certains sujets peuvent être atteints par un parasite ou un champignon. Sur la photo, nous pouvons observer des points noirs, témoignant de la présence d’un parasite se développant entre la feuille et la tige. Lorsque la parasite s’installe dans les jeunes pousses, le développement de la plante est compromis, celle-ci est donc supprimée. Lorsque le parasite se situe au niveau de la base, il et possible de couper cette dernière, réduisant le système racinaire, mais assurant ainsi son développement futur.

2

La coupe de l’orchidée doit être effectuée avec un sécateur propre au niveau des première feuilles. Le but est d’éliminer la tige effeuillée pour rajeunir le sujet, avant plantation.Il est important de conserver au moins 3 racines pour assurer la reprise du sujet.

1


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Une fois le travail préliminaire de sélection effectué sur les orchidées, il est nécessaire de les planter dans la journée. La plantation est particulière, puisque l’on plante les orchidées dans un substrat très léger, composé uniquement de copeaux de bois. Ceci permet au système de respirer tout en concervant l’humidité. C’est pourquoi, il est essentiel que le système racinaire soit totalement enfouit lors de la plantation. Lors de cette étape, les racines sont particulièrement exposées et fragilisées par le soleil. Il est donc nécessaire d’irriguer régulièrement les jeunes plantations et de les couvrir d’un filet. Les orchidées sont attachées à une structure faisant office de tuteur, permettant ainsi de choisir leur orientation. Chaque jour, les orchidées du jardin sont traitées par pesticide. Cela réduit considérablement les dégâts liés aux parasites. Pour l’instant aucune solution alternative de traitement n’est envisagée.

3


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La PRC, ou Plant resource centre, est à l’origine de la multiplication et de la propagation des espèces de la strate herbacée, arbustive et arborée dans l’ensemble du jardin. Cette section est donc amenée à étudier des espèces récoltées sur l’ile, comprendre leur reproduction, pour ensuite être capable de les multiplier. Dans cette mission, il est donc nécessaire d’inventorier avec grande précision les espèces prélevées. Une fois ce travail réalisé, il est nécessaire de multiplier chaque sujet afin de pouvoir le propager. Les sujets sont ensuite stockés sous serre, où ils seront reconditionnés suivant leur développement. Une fois matures, ils peuvent être introduits au sein du jardin botanique.

sunia corina teo Manager du PRC


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vue du bureau Atelier de propagation


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Le «Seeding» est réservé à des espèces dont la multiplication est délicate. La difficulté de cette technique varie d’une plante à l’autre. Toute graine étant différente, il existe d’innombrables techniques pour faciliter la germination. Celles-ci induisent une connaissance morphologique des graines particulièrement poussée. Ce savoir a été acquis au long des nombreuses tentatives, positives ou négatives, intentées précédemment. Dans les exemples suivants, les graines sont séparées de leur coque. Cela est supposé accélérer le phénomène de germination, la graine entrant directement en contact avec l’eau et le substrat sableux. C’est la technique employée dans la plupart des cas.

1-Observation des graines de Gingko biloba

2 3 1

2-Rupture de la coque pour faciliter la germination de la graine 3-Plantation : graines à demi enterrées dans un mélange de terreau, et de graviers fins et de sable.


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«Naming» Etiquetage des sujets

Le référencement constitue une part importante dans la gestion des espèces présentes en PRC. Ceci prend la forme d’une immense banque de données, où sont répertoriés tous les sujets, leur lieu et date de récolte, de plantation et de mort. C’est notamment grâce à cela que l’on peut suivre le développement d’une espèce, le nombre de sujets présents et leur emplacement en PRC.


Phases

2

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1 Méthode

Propagation

cutting Coupe 1

Coupe 2

2

ensemble de Coupes

MULTIPLICATION développement foliaire

3

développement racinaire

Ce qui est appellé «cutting» est en fait la multiplication à partir de fragments de végétaux. C’est aussi ce que nous appelons «bouturage», qui consiste à recréer un système racinaire à partir des cellules méristèmatiques. Cette technique est composée de 3 phases. La première phase consiste à nettoyer le jeune rameau prélevé. Ensuite, il suffit de couper le rameau en biais, juste en dessous du noeud. C’est là que se trouve les cellules méristèmatiques. La dernière étape consiste à enduire cette zone d’hormones de croissance afin d’accélérer la reprise. Pour finir, le rameau doit être planté dans une un substrat sableux, drainant, et arrosé régulièrement.


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Saving biodiversity Réintroduction d’espèces en danger, ou disparue.

D

epuis sa découverte, l’ile a subi un aménagement lourd et répété, qui a mené à une déforestation à grand échelle. Cela a eu pour effet de réduire la diversité dans différents milieux. Prenons l’exemple le plus frappant de la gestion de l’eau, qui a conduit à la mise en place de canaux bétonnés, bordés par les infrastructures routières le plus souvent. Aujourd’hui presque aucune vie n’est possible dans ces conditions environnementales. C’est pourquoi une dynamique de récolte, recensement, et multiplication a été mise en place à la PRC. Ceci afin de pouvoir réintroduire certaines espèces en danger, ou disparues, dans le paysage singapourien. Les espèces sont prélevées dans les pays alentours, comme la Malaisie. A l’issue de cette entreprise, nous pourrons considérer Singapour comme étant véritablement « l’arche de Noé » de la flore Sud-Asie.


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JBCG

Jacob Ballas Children’s Garden

Le jardin d’enfant est l’un des espaces les plus vivants du jardin botanique. C’est un lieu où le maître mot est le Partage. En effet, le jardin prend tout son sens lorsque l’on assiste aux «tours» organisés par le jardin. Ce sont en fait des visites pédagogiques adaptées à la catégorie d’âge. Ainsi, nous pouvons observer plusieurs thèmes allant des mathématiques, à l’appréhension des plantes comestibles (par les cinq sens), pour les plus jeunes. Ce jardin permet une réelle sensibilisation des jeunes singapouriens aux préoccupations environnementales actuelles, l’un des enjeux principaux du pays. Le jardin d’enfant est composé de plusieurs espaces, traitant des sujets diverses, mais en gardant toujours à l’esprit l’éducation. On pense notamment au «Jardin aux papillon», où l’on peut observer les différents stades de développement d’un papillon à travers des exemples vivants. De même, il existe un potager, un jardin de plantes epiphytes... Chacun ayant un but pédagogique. Il est donc nécessaire de penser chaque aménagement pour l’enfant, sa vision, sa pensée.

Craig Williams Manager of Children’s Garden


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Butterfly garden In J.B children’s garden


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projet n°1

Réalisation d’une plaquette pédagogique

ANTS

Friends of nature

A

nts are living all around the world.These insects appeared almost 100 million years ago. Ants have a very special organisation that can be compared to the human society. Indeed, they all live together, helping each other. You have to know that every single ant have a role to play in the colony such as the queen, soldiers and workers. They share a common ancestore with the wasp. This is why, some of them have wings like the futur Queens, and males. Each colonny includes only one queen whose duty is to lay eggs. This ensures the future of the colonny. Despite this organization applies to all colonnies, you can observe many different species of ants. Their shapes and behaviours are very diverse in tropical areas. Ant colonnies depend on plants, both, to build their habitats and to feed. Forest needs their activity to bury organic waste, that helps young trees to grow. Their role doesn’t stop here... Ants are also a great source of food for a lot of animals (birds, more especially). The biodiversity and natural balance is extremely connected to the presence of these insects.

habitats 1

2

In trees, scrubs and herbs

A Ants always appear in interaction with plants. They protect certain plants from pestes and invasive species (like climbing plants), by cutting off the stem. A lot of species are living in trees. This is the case of the weaver ant, using leafs they join together to shelter. Some trees, throught millions of years have developped natural habitats in their structure to protect specific ant species. In Soils, ants are able to dig very long tunnels connected to rooms, with different functions. Deep, the queen is laying eggs. Then, ants take care of eggs until they hatch. In order to feed the larvae, food is stored above, in a separate room.

In soils

provision room

Larvea room

eggs room


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NUMBERS. The average colonny has 10 000 individuals. A colonny can be moved in 2 days. Ants can carry 60 time their heigh. There are more than 11 000 species of ants on earth. The longest ant is 6cm long, it is a queen.

Ant feeding on Aphids Ants are abble to breed other insects, like little bugs and aphids for example. In exchange for the nutritient liquid they are producing, Ants protect them from predators.

Visée pédagogique Pour ce projet, Craig avait besoin d’une plaquette expliquant le rôle des fourmis dans leur habitat. Bien sûr, il ne s’agissait pas d’une simple plaquette informative, mais bien pédagogique. Il a donc fallu selectionner des informations adaptées pour des enfants ne dépassant pas 8 ans. L’une des priorités était de ne pas effrayer l’enfant, car si la fourmi est un prédateur hors pair, elle est innofensive, tant que l’on ne l’agresse pas. J’ai donc voulu faire ressortir leurs similitudes avec la société humaine, expliquant leur rôle dans la nature. Les plaquettes n’étant pas uniformisées dans le jardin, j’ai donc créé un modèle type qui pourrait être repris pour présenter tous les insectes lors des visites guidées par les éducateurs et les parents. Cette charte graphique est un moyen mnémotechnique, énonçant clairement différents points forts, permettant d’en apprendre, et d’en retenir plus sur les insectes. Celles-ci auraient d’autant plus d’impact à des endroits stratégiques, où l’on observe des spécimens vivants. Les insectes à aborder en priorité sont : La libellule, le papillon et la cigale qui sont communs dans le jardin. Ainsi de nombreux exemples pourront rythmer la visite et créer des rapprochements entre les espèces végétales et animales, ainsi que leurs interactions.

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a3 type

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De la réflexion à la réalisation, j’ai eu la chance d’être acteur dans ce projet. On oublie trop souvent de penser à tous les maillons de la chaînes. Ceux qui constituent les différentes étapes de mise en oeuvre d’une idée. Ainsi j’ai pu modifier mon idée de base en l’enrichissant tout au long du projet. Cela m’a amené à penser l’extension constituée par des sacs de sable, créant ainsi, différents niveaux de plantations. Ainsi, nombreux types de sujets ont pu être plantés en fonction de leur degré de tolérance à l’immersion. L’une des étapes les plus importantes dans ce type d’aménagement est la prise des mesures. Pour planter un espèce, quelle qu’elle soit , on doit avoir une connaissance parfaite de la profondeur du bassin après immersion, car il n’est plus possible de faire machine arrière après cela. Cette expérience fut, pour moi, très formatrice, et le résultat à la hauteur de mes attentes.

1

Esquisse La phase d’esquisse fût très rapide, juste le temps d’exposer quelques idées quant à la structure et la forme de l’ile, de calculer les volumes de substrat nécessaire, et d’émettre des hypothèses quant aux espèces à planter.

2

structure


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3

plantation

immersion

4


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D

epuis le jour où Sir Raffles l’a découverte, l’ile s’est considérablement développée. Du petit village de pêcheur, Singapour s’est transformé en une métropole dynamique, en constante recherche de progrès. Elle est devenue une véritable plateforme d’échange entre la culture asiatique et le reste du monde. Les végétaux ont joué un rôle essentiel dans l’évolution de la société. Ils sont la base d’une stratégie d’aménagement à grande échelle, visant, d’une part à préserver la biodiversité, et d’autre part à créer un environnement sain et équilibré. L’enjeu majeur étant d’introduire le végétal dans la trame urbaine, Singapour prévoit aujourd’hui la végétalisation de ses toitures, afin de parer au réchauffement climatique. C’est donc dans une logique d’anticipation que l’aménagement est pensé et planifié. La clairvoyance du gouvernement ne réside pas uniquement dans l’aménagement urbain, elle s’inscrit tout autant dans une logique de développement économique. Politiquement parlant, Singapour n’est pas considéré comme une dictature, cependant, de nombreuses décisions sont prises pour le peuple, et non par le peuple. Certains habitants ont l’impression qu’aucune liberté ne leur est laissée. D’où l’émergence d’une opposition politique, qui ne tardera pas à lever la main mise de Lee Kuan Yew, sur le gouvernement. Mais alors, qu’adviendra-t-il de tous les systèmes, certes stricts, mais qui permettent aujourd’hui à Singapour de se démarquer mondialement. Quoi qu’il en soit, c’est pour moi, aujourd’hui, une terre chaleureuse non à cause du climat, mais pour l’intérêt que nous porte chaque habitant. Pour l’énergie qu’ils déploient à nous faire découvrir leur pays, leurs cultures... Singapour est une terre d’acceuil.


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Bibliographie TREES OF OUR GARDEN CITY Published by Nparks board - 2009 1001 GARDEN PLANTS IN SINGAPORE Published by the Nparks board - 2012 Annual Report Pulished by Singapore’s national water agency - 2010 & 2011 Les fourmis dans les forêts tropicales de Yves Caraglio Plublié par l’ENGREF - 2003 Singapore Nautilus N°4 Published by the maritime and port authority of Singapore - 2011 Brief history of Singapore Published by the Journalism school of Columbia university - 2012 Singapore’s history published by Singapore Promise - 2011

Crédit photographique : Martin Drozière


remerciements Acknowlegements Dr Nigel Taylor, director of the garden, and more particularly to : Alan Tan, deputy director David Lim & Jonathan Lam from NOG Sunia Corina Teo from PRC Craig Williams from JBCG And also, all the officers I have been working with. It has been a pleasure to work with you all along this experience. I have learned a lot, from all of you. Not just about a garden, but also about a way of life, that I particularly enjoyed.That’s why I plan to come back one day. Don’t worry, I will let you know. Pleased to know you, and thank you very much, to everyone.



Rapport de stage - Singapore Botanic Gardens