Agenda - editie 1380

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clément thirion/ trio de créations cosmiques à ixelles

D festival: [weltanschauung], 19 > 21/6, 20.00, Théâtre Marni & The Blast Dance, 21/6, 18.30, place Flageyplein Festival les laboréales: Fractal, 12 & 14/6, 20.00, Théâtre de la Balsamine

M, une pièce moyenne

le système d Festival FR Le D Festival du Marni a fait renaître de ses cendres, en plus petit, le  Danse Balsa Marni qui prenait le pouls de la danse contemporaine en juin, à Bruxelles. Pour sa troisième édition, le Théâtre Marni collabore avec le Théâtre les Tanneurs en accueillant deux reprises de la chorégraphe brésilienne Maria Clara Villa-Lobos : XL, Because size does matter (2000) et M, une pièce moyenne (2003). Deux chorégraphies burlesques sur nos mœurs contemporaines, toutes en mouvements dansés, autour de la jouissance consommatrice, symbolisée par le caddie de supermarché dans lequel les danseurs s’installent. Côté Marni, le poumon du festival, la programmation est hétéroclite, allant de la chorégraphie pour enfants à la danse collective dans l’espace public (voir ci-contre) sur la place Flagey ! Côté créations, on découvrira le nouvel opus du danseur-chorégraphe Giovanni Scarcella (ex-Cie Giolisu), avec sa nouvelle collaboratrice, Raffaella Pollastrini. Ensemble, ils créent Forbidden Destination, une tentative osée de croiser la danse et la B.D. en « sautant d’une page à l’autre, en effaçant ses dernières traces, dans un environnement qui se dissout peu à peu, parlant du corps même de la B.D. ». Un univers intrigant, à l’instar de celui de Stay on the Scene, première chorégraphie de l’excellent danseur-acteur Harold Henning (interprète chez Pierre Droulers, Miet Warlop, Cie SOIT, Les Ballets C de la B, etc.) qui nous offre un trio dansé sur la mémoire, où trois corps se raniment « quand des lumières se rallument après le fin d’un spectacle ». Tel est le début d’une pièce qui fonctionne comme une chorégraphie à rebours sur l’éloignement de ce qui a été. Au total donc, une belle programmation, hétéroclite, pointue et populaire, marquée par un sens de l’accueil festif avec concert jazz et resto sympa…

NL Het D Festival, dat in Marni en Les Tanneurs ruimte geeft aan internationale performers, is aan zijn derde editie toe. Op het programma staan onder meer werk van de Braziliaanse choreografe Maria Clara Villa-Lobos, een ‘flash choreography’ op het Flageyplein en de ‘wetenschappelijke’ performances van Clément Thirion. EN The D Festival, which invites international performers to Marni and Les Tanneurs, has reached its third edition. Among other things, the programme features work by Brazilian choreographer Maria Clara Villa-Lobos, a “flash choreography” on place Flageyplein and the “scientific” performances of Clément Thirion. d festival • 5 > 21/6, Théâtre Marni, rue de Vergniesstraat 25, Elsene/Ixelles, 02-639.09.82, www.theatremarni.com & Théâtre Les Tanneurs, Huidevettersstraat 75-77 rue des Tanneurs, Brussel/Bruxelles, 02-512.17.84, www.lestanneurs.be, www.dfestival.be

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© Oskar Henn

teur new wave Klaus Nomi au peintre expressionniste Emil Nolde, en passant par la neurobiologiste Jill Taylor. Et toute une littérature sur la création du monde, des références aux années 80, le pop, la mythologie Superman, des chansons humanitaires comme We Are the World. Une matière impossible qui s’est glissée dans un spectacle sur cette création impossible. Une forme hybride s’est imposée pour le spectacle entre danse, théâtre, perfomance, musique et vidéo. Quid de The Blast Dance ? Thirion : The Blast Dance est issu de [weltanschauung]. Je voulais terminer le spectacle sur une chorégraphie explosive  : on va tous mourir et se faire atomiser en dansant sur un truc débile. Avec Edith Depaule et Thomas Coumans, on a fait des essais de danse dans la ville, avec des citoyens-danseurs de tous horizons, pour investir festivement l’espace public. Avis aux amateurs, on répète les 15 et 16 juin. Tout se lie, avec le monde extraterreste dans FRACTAL ? Thirion : Avec FRACTAL, un «chantier», j’ai envie d’explorer une chorégraphie mathématique avec l’aide d’un informaticien et de vingt interprètes. Chaque danseur suivrait sa propre géométrie fractale comme un choux fleur ou des vaisseaux sanguins, qui se séparent en deux, puis encore en deux. Le même schéma se multiplie à l’infini, à différentes échelles. J’ai aussi envie d’explorer cette vieille obsession de la vie des extraterrestres, une image de soi projetée sur l’infini. La science, le cosmos, l’extraterrestre : c’est de la fiction ? Thirion : La forme est artistique mais ce qui est dit dans les spectacles vient de sources qui existent. Je lis plus de livres de science que de littérature. Mais on n’est pas pour autant dans un cours de science ! J’essaie d’éveiller l’imaginaire, de créer des images, des conflits de sens, des frottements entre la science et l’art et d’ouvrir ainsi des bulles de rêves.