Agenda - editie 1497

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prouesses naturalisées FR | Pour se nourrir, fuir ou prouver leur supériorité, les animaux sont capables de bien des prouesses. En voici une série, en arrêts sur image à admirer en famille sous toutes leurs coutures. Estelle Spoto Angela bulloch: Archetypes and Totem Antidotes •••••

EN | The Berlin-based Canadian artist Angela Bulloch made a name for herself early this millennium with her “Pixel Boxes”, variable combinations of multicoloured, luminous cubes evoking the elementary components of an electronic image. Bulloch has now moved on from the rigid square form to explore the infinite possibilities of polyhedrons, irregular solid figures whose planes take the form of trapezia or rhombuses. She stacks them up, creating impressive totem poles generated with the help of a digital imaging programme – angular, contemporary versions of the endless columns linking the sky and the ground that so obsessed the Romanian artist Constantin Brancusi. The most imposing of the totem poles on show at Micheline Szwajcer, which is three metres tall, is made of metal and, with its three matt colours, disconcerts the viewer who, in the absence of shade or reflections, can’t tell what is in relief and what is flat: dizzying three-dimensional optical art. Alongside, a couple of sculptures in Corian diffuse coloured light from their interiors: entitled Anima Sophia and Animus Hermes, a reference to the archetypes of the psychiatrist Carl Gustav Jung, they are programmed by an algorithm to emit a succession of colours in a way that is sometimes synchronous, sometimes asynchronous. Elsewhere, Bulloch confuses the way we see things by her use of variations of fluorescent shades and monochrome. Clearly, geometry as a terrain for play and experimentation still has plenty to offer artists. (ES)

© RBINS/Thierry Hubin

> 5/12, Galerie Micheline Szwajcer, www.gms.be

C

es dernières années, l’art s’est volontiers nourri du talent des taxidermistes. On pense par exemple à l’impressionnante installation Head On du Chinois Cai GuoQiang, où une meute de loups se heurte à l’infini contre un mur de verre, dans un mouvement d’envol, aux chevaux enfoncés la tête dans le mur ou à l’écureuil suicidaire de l’Italien Maurizio Cattelan ou encore, plus près de chez nous, aux bêtes pansées de la série Accidents de chasse de Pascal Bernier (voir notre critique de la semaine dernière). En retour, il semble que certains naturalistes soient en train de dépoussiérer leur pratique et œuvrent à lui donner un aspect plus spectaculaire, comme le prouve l’Espagnol Antonio Perez avec cette exposition présentée au Muséum des Sciences naturelles. WoW - Wonders of Wildlife regroupe une dizaine de scènes où les animaux sont immobilisés en pleine action. Un léopard s’élance sur des impalas, un groupe de zèbres est attaqué par des lionnes, deux bouquetins, dressés sur leurs pattes arrières, se préparent à heurter leurs cornes, un tigre est figé en pleine course... Des arrêts sur image à découvrir à 360 degrés, aussi saisissants qu’une scène de combat dans Matrix. Au-delà du réalisme des animaux, il s’agit aussi d’exploits techniques qui défient les lois de la gravité. Ainsi, un groupe réunissant une vingtaine de bouquetins bondissants repose uniquement sur une patte d’une des bêtes. Partout, les points d’ancrage au sol ont été réduits au minimum pour privilégier le sentiment d’apesanteur. Pour ceux qui, comme pour l’expo Körperwelten sur le corps humain, s’interrogeraient sur l’origine des spécimens exposés, les panneaux explicatifs précisent qu’ils proviennent de zoos, de cirques et de la « chasse sportive légale ». Ces panneaux livrent également de multiples infos concernant les espèces, notamment leur statut de conservation, et attirent l’attention sur la nécessité des mesures prises pour leur protection. WoW - Wonders of Wildlife

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> 28/8, Muséum des Sciences naturelles, www.naturalsciences.be

agendamagazine.be

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