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Brian B. Merrant

La Voix nomade 1/ La Grande Disparition


Du même auteur : Espoir, sors-moi du noir (septembre 2017) L’Enfant fou (avril 2018)

Tous droits réservés – Brian B. Merrant Le Code de la propriété intellectuelle interdit les copies ou reproductions destinées à une utilisation collective. Toute représentation ou reproduction intégrale ou partielle faite par quelque procédé que ce soit, sans le consentement de l'auteur ou de ses ayants droit ou ayant cause, est illicite et constitue une contrefaçon, aux termes des articles L.335-2 et suivants du Code de la propriété intellectuelle. Couverture et mise en page : Shutterstock / image n°536043058 Brian B. Merrant 2015/2018 – ISBN de la version papier : 9781983091896 Dépôt légal : à parution


« Tous les espoirs sont permis à l'homme, même celui de disparaître. » Jean Rostan


Prologue _ Finalement on avait eu la peau de la terrible humanité. Son épiderme resterait à jamais tatoué au fer rouge d’un « 22 février 2017 » inscrit au plus profond de sa chair. Plus efficace encore que la chair, car résistant aux allées et venues des aiguilles sur la grande horloge du temps, l’esprit humain garderait en mémoire cette date funeste synonyme de grands changements. L’humanité… Parlait-on toujours de la même chose aujourd’hui ? Assurément non, elle ne ressemblait plus à ce que l’on avait l’habitude de croire depuis des millénaires. Il suffit d’attendre un seul jour pour s’en apercevoir. Dès le lendemain de la catastrophe, l’image insipide d’une espèce passée rejoignit les pages jaunies d’un vieux manuel d’histoire. Cela n’était pas si grave d’ailleurs, car à partir du 23 février il ne restait plus personne sur terre, ou presque, et l’on pouvait certifier que les rares survivants se préoccupaient de tâches plus urgentes que plonger leur nez rabougri par l’hiver dans les feuilles écornées d’un bouquin sans saveur. Pourquoi ? Voici pourquoi. Enfin, voici plutôt un exemple, parmi des milliards d’autres, des conséquences du phénomène qui bouleversa le quotidien de notre chère espèce. Il s’agit d’un cas pris sans doute au hasard, ou peut-être pas tout à fait, néanmoins il dépeint fidèlement l’événement vécu par 98,79% de la population de la Terre. Louis était un jeune garçon fermier vivant dans la Creuse. Son nom, son métier et sa localité de résidence n’ont


aucune importance néanmoins, ce ne sont que des éléments qui soulignent l’universalité du phénomène. Il travailla d’arrache-pied dans la nuit du 21 au 22 février, seul au fond de son champ, et se trouva bien fatigué alors que les premières lueurs du jour piquetaient le ciel. Louis décida alors de faire une courte sieste, assis au pied d’un arbre, et ce repos n’était pas volé. Il se réveilla cinq heures plus tard. Ce n’est plus une sieste, là j’ai fait ma nuit, pensa-t-il à regret. Ses muscles contractés par la torpeur du sommeil le firent grimacer mais il trouva la force nécessaire pour se lever et rejoindre le corps de ferme situé plus bas. Il pénétra dans le salon embaumé des senteurs d’un repas chaud juste préparé. « Papa ? Maman ? Je rentre du champ ! » La pendule du salon lui répondit de son tic-tac régulier. « Papa ? » Son père, en retraite anticipée à cause d’un accident de travail, demeurait toute la journée à la maison et réalisait de menus travaux quand sa santé le lui permettait. « Maman… ? » Quant à sa mère, elle s’occupait de l’intendance et elle revenait toujours des courses à 11h30 pour préparer le repas. Mais la pendule affichait midi, et seul l’écho du tictac lui répondit. La Creuse était réputée pour sa faible densité de population, cela personne ne le niait et encore moins Louis, toutefois elle n’était pas encore considérée comme un département fantôme. Jusqu’à ce que Louis, après avoir vadrouillé pendant trois heures, comprenne avec effroi que ses parents avaient disparu et qu’il se retrouvait livré à lui-même. Pour un temps très court, car


il finit à son tour par se volatiliser après avoir pleuré au milieu du salon qui sentait le repas chaud. La tragique histoire de Louis n’est qu’un très bref aperçu qui entre dans les 98,79% de disparitions banales, mais pas moins regrettables. On compte encore 1% d’épargnés et, bien qu’ils demeurent introuvables, le sort des 0,21% restant est de loin le plus mystérieux. Leur destin est certainement ahurissant, singulier et inexplicable, mais hélas personne ne peut en témoigner. Qui sont-ils, où sont-ils ? Et surtout, pourquoi le 22 février 2017 est-il le jour de la Grande Disparition ? Il y a bien quelqu’un qui possède les réponses… Il suffit à présent de le trouver.

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La Voix nomade 1/La Grande disparition  

Prologue de "La Voix nomade"

La Voix nomade 1/La Grande disparition  

Prologue de "La Voix nomade"

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