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JOURS DE MATCH A ECHIROLLESÉchiroles


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JOURS DE MATCH A Échirolles

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EDITORIAL

À l’échelle d’une ville, le patrimoine humain est sans conteste le plus précieux. « J’ai des souvenirs de villes comme on a des souvenirs d’amours » écrivait d’ailleurs joliment le poète Valérie Larbaud. J’ai donc beaucoup de plaisir à préfacer cet ouvrage édité par la ville qui rend compte d’un pan de la mémoire collective de notre commune. Le futsal a trouvé sa naissance dans les quartiers populaires autour des années 1980, et notre ville, Échirolles, fut à l’avant-garde de ce mouvement. Ce sport, ou plutôt cette discipline sportive, n’a pu se développer et trouver un terreau favorable à Échirolles que grâce à la persévérance, à l’engagement de quelques animateurs ou éducateurs motivés, travailleurs de l’ombre auxquels ce livre rend hommage. Surtout, et ce que je veux souligner avec force, le futsal constitue une source d’énergie créative, positive pour de nombreux jeunes de nos quartiers populaires, ces jeunes qui sont parfois injustement montrés du doigt et qui représentent pourtant un vivier précieux d’engagement et de dynamisme pour nos villes et plus largement, notre pays. C’est pourquoi, à travers Dcap, ce service dédié à l’accompagnement des projets artistiques des jeunes, porteur de cette initiative avec de nombreux autres partenaires, la Ville a souhaité rendre possible la réalisation de cet ouvrage, qui concrétise un travail collectif de plusieurs années. Je veux d’ailleurs saluer le rôle de la coordination échirolloise de futsal, une structure locale sans équivalent qui permet à des jeunes de notre villes de rencontrer d’autres jeunes de l’extérieur, de s’impliquer dans des projets artistiques, d’animation et de loisirs. Ce livre témoigne bien de l’ouverture que représente le futsal vers d’autres horizons, d’autres disciplines, d’autres projets. À Échirolles, où les liens entre sport et culture ont toujours été très forts, nous voulions être porteurs d’un projet visant à garder trace de cette mémoire, de ces paroles, de ces hommes et femmes qui ont été des acteurs de cette aventure. À travers ces portraits de vie, ces morceaux de quotidien, ce puzzle de parcours, c’est aussi un portrait de ville qui se dessine en filigrane, celle d’une ville solidaire, ouverte aux autres, forte de valeurs. Pardon par avance à ceux qui pourraient avoir été oubliés : ce projet s’efforce d’évoquer les acteurs de cette aventure humaine du futsal à Échirolles, mais tous ne sont peut-être pas cités. Ils sont, à n’en pas douter, présents dans le cœur de chacun des témoins que nous présente cet ouvrage. Bien d’autres “pages” du futsal restent à écrire et Échirolles continue et continuera d’être une terre d’accueil de cette discipline. Je vous souhaite bonne lecture de cet ouvrage.

PORTRAIT DE VILLE

Renzo Sulli Maire d’Échirolles Conseiller général de l’Isère

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futsal RESPECT !

Sport issu des quartiers populaires, le futsal constitue l’identité de toute une jeunesse. Pratiqué depuis plus de 20 ans sur la ville d’Échirolles, il a d’emblée suscité l’engouement de bon nombre de jeunes grâce à l’engagement des entraîneurs qui ont remarquablement réussi à faire partager leur passion. Et pour cause, car si le futsal est une discipline sportive à part entière, il est bien plus que cela… Les origines du futsal

Né en Amérique du Sud, autour des années 30, le terme “futsal»”provient de la contraction des mots “futebol” et “sala” qui signifient “football de salon” ou “football en salle”. Mais la traduction est trompeuse car le futsal n’est en rien un dérivé du football. À l’origine, il résulte de l’adaptation de plusieurs pratiques sportives existantes comme le basketball, le handball et le football sur des terrains réduits. Dans les années 50, le futsal est très populaire dans toute l’Amérique du Sud. Puis, en développant ses propres règles du jeu, il s’affranchit des autres disciplines et devient un sport à part entière. L’âme du futsal

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Le futsal possède des règles spécifiques qui tiennent principalement à la dimension réduite du terrain (équivalant au handball), au nombre de joueurs (5), à la technique de jeu (balle au pied avec la semelle), aux caractéristiques du ballon dont la surface rugueuse permet une meilleure adhérence au contact de la chaussure… Souvent joué en salle, il peut aussi très bien se pratiquer en plein air. Sur le terrain, les contacts sont limités car le tacle* et les charges sont interdits. Le jeu rapide et fluide exige beaucoup de vivacité de la part des joueurs. Moins dangereux que le football, il s’adresse aux petits ou aux grands, aux filles comme aux garçons. En dehors de ces règles techniques, le futsal est un sport éthique qui repose sur des valeurs éducatives, partagées et communes. D’ailleurs dans le futsal, ce n’est pas seulement le résultat sportif qui est primé mais aussi le comportement des joueurs (fair-play). Les deux entrent en ligne de compte et sont jugés à part égale sur le terrain. Le respect des règles et de l’adversaire est primordial, la participation et la responsabilisation sont fortement encouragées. Tous les joueurs doivent aussi savoir arbitrer et gérer une table de marque. L’organisation et le bon déroulement de la manifestation prédominent. En France, le futsal apparaît en 1978 dans la région PACA, par l’intermédiaire d’un ancien international de football, Almador Lopez, qui le «ramène» d’un voyage au Brésil. Sous son impulsion, le futsal s’étend rapidement. Avec quelques convaincus dont le Comité départemental de futsal Isère (CDFI), il fonde l’AFFS (Association française de football en salle). Mais l’association ne parvient pas à obtenir la délégation de service public, délivrée par le Ministère des sports. Motif invoqué : il n’y a qu’une seule fédération de ballon au pied et c’est la fédération française de football. Découragés par le manque de volonté politique, les membres de l’AFFS se résignent à dissoudre l’association, mais ils ne renoncent pas pour autant. Ils intègrent finalement le futsal dans une fédération affinitaire l’UFOLEP (union française des œuvres laïques d’éducation physique). Cette fédération multisports organise la pratique de plus de 90 activités sportives pour les adolescents et adultes sur tout le territoire français. Considérant le sport comme un moyen de développement social de l’individu, l’UFOLEP est aussitôt acquise au futsal. En 1997, la FFF (Fédération française de football) crée son équipe de France de futsal amateur, mais refuse d’associer les acteurs de l’UFOLEP. En 2001, la FFF acquiert la délégation ministérielle pour la pratique sportive du futsal, relégué au sein de la catégorie du football diversifié.


Enfin, en mai 2002 l’UNCFs (Union nationale des clubs de futsal) voit le jour pour fédérer et défendre les droits des acteurs et des clubs de futsal. Face au refus des dirigeants de la FFF de reconnaître l’association, l’UNCFs décide alors dès 2003 de développer une fédération française de futsal autonome. Aujourd’hui, l’agrément de fédération sportive par le Ministère des sports et de la vie associative est en cours. Le futsal à Échirolles

Le futsal entre en jeu dans l’agglomération grenobloise en 1982. Dominique Gardeur, animateur à la MJC de St Martin d’Hères, le découvre à l’occasion d’un voyage au Brésil. Mais le déclic se produit bien après, lors d’un tournoi de “foot brésilien” à Cannes où il intervient comme aide-accompagnateur. A son retour, il met en place du futsal à la MJC où il travaille. Au fil du temps, le futsal fait des émules dans l’agglomération. À Grenoble, dans le quartier Mistral d’abord puis à Échirolles par le biais de la MJC Picasso et enfin à Pont de Claix. Le règlement adopté est le même que celui pratiqué à Cannes mais il n’est pas forcément international. Ainsi, il est par exemple interdit de parler sur le terrain. Alors qu’au Brésil, cette interdiction n’a pas cours. Des règles spécifiques ont depuis enrichi la pratique du futsal : salut obligatoire au début et à la fin, pas le droit de marquer des buts à l’extérieur de la zone… Pour Dominique Gardeur, le futsal est avant tout « un outil pour aider les animateurs dans le cadre préventif et éducatif ». Des tournois inter-quartiers sont organisés et la notion de frontières s’effrite puis tombe. Les joueurs des différentes communes de l’agglomération se rencontrent et apprennent à s’apprécier. L’investissement dans l’organisation et le comportement sur le terrain passent avant la compétition. « Amitié d’abord, compétition ensuite » proclame la devise rapportée de Cannes. À l’issue de plusieurs réunions, les animateurs de futsal de l’agglomération décident de structurer l’activité en créant le Comité départemental de futsal Isère (CDFI). Jeunesse et sports s’intéresse de près à cette toute nouvelle entité et petit à petit la dynamique s’enclenche. Des jeunes sont accueillis à leur tour dans le comité pour participer à la prise de décisions et à l’organisation. Le CDFI développe des formations de joueurs-arbitres et commence à prendre de l’ampleur. Il participe à la création de l’AFFS (Association française de football en salle) qui choisit de se rapprocher de l’UFOLEP après ses difficultés avec la FFF (Fédération française de football). À Échirolles, Bika Merimi, alors entraîneur de futsal à la MJC Picasso et Pascal Di Tomaso, responsable du service prévention de la ville, mettent sur pied en 1995 la coordination futsal d’Échirolles. Elle regroupe les animateurs de futsal de la ville – MJC, Football Club Picasso, association Pré-Lagrange – ainsi que la Ville d’Échirolles et le CCAS via les services prévention, jeunesse et sports. Espace de rencontres et d’échanges, elle met en place bon nombre de projets (championnats, tournois, stages…). Une histoire du futsal à Échirolles

Ce livre marque l’aboutissement d’un projet d’action culturelle impulsé en 2004 par Dcap (développement culturel, arts et poésie), du service culturel de la Ville d’Échirolles. Dcap, chargé de favoriser l’émergence et le développement de projets artistiques des jeunes, s’interroge… Dès lors que «la culture est un moyen de se penser, de se construire et de valoriser la richesse des jeunes», comment sensibiliser ceux qui restent éloignés de la création artistique ? L’idée de rassembler des publics différents autour d’un projet d’action culturelle commun chemine.

Le projet Une histoire du futsal à Échirolles prend corps et se structure autour de deux objectifs principaux. Le premier consiste à permettre à de jeunes joueurs de découvrir et de s’impliquer dans des pratiques artistiques. Le second vise à valoriser le futsal, sport peu médiatisé, et à travers lui les pratiquants et les animateurs qui ont favorisé l’apparition de cette discipline. En octobre 2004, Dcap initie la constitution d’une équipe-projet, composée de services municipaux et de membres de la coordination futsal de la ville. Les actions produites avec et auprès des jeunes s’appuient sur différentes pratiques artistiques. A Pâques 2005, les jeunes s’essaient à un atelier d’écriture-BD avec notamment le slameur bastien Maupomé et à la vidéo avec le Musée Géo Charles (réalisation de très courts-métrages) dans le cadre d’un stage Oxygénation. Une rencontre rassemble les acteurs du futsal et les élus de la ville d’Échirolles en juin 2005 à l’auberge de jeunesse. Dix-sept entretiens avec différents acteurs et élus de la ville d’Échirolles ont été conduits en 2005 par une jeune ethnologue, Julie Auguste. Le dessinateur Yannick Barbe “croque” le futsal pour le match France-Japon qui se déroule lors de Festirolles 2005. Laurent Pernel, plasticien invité par le musée Géo-Charles, photographie des équipes de futsal. Tandis que la photographe Marianne Pachoud tire le portait des personnes-ressources du futsal. En 2006, avec le concours du musicien Jérôme Vion, une exposition Bruissements de Fusal retraduit l’univers sonore de ce sport dans le cadre du festival Plein les oreilles. Elle circule aujourd’hui dans l’agglomération Grenobloise. Enfin, en 2007, le stage oxygénation est l’occasion de proposer un atelier d’arts plastiques avec le plasticien Jean-Noël Zanetti ainsi qu’un atelier théâtre avec Heicho Buccholz et Yannick Barbe, du collectif Un euro ne fait pas le printemps. Il était dommage de ne pas faire fructifier le riche “matériau” recueilli ces dernières années. C’est l’objectif de ce livre “unique” puisqu’à ce jour en France, il n’existe aucun ouvrage sur ce sport, ici et ailleurs. Le futsal se pratique avec passion dans tous les quartiers de la ville et il existe presque autant d’histoires que de pratiquants. Parce que chaque histoire met en jeu des identités multiples qui interagissent et se fondent dans des valeurs communes. Voici donc futsal, jours de match à Échirolles, une histoire du futsal à plusieurs voix, racontée par ceux qui l’ont faite.

* Tacle : geste technique visant à bloquer la progression de l’adversaire qui a le ballon, ou de s’en emparer en avançant le ou les pieds en avant.

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Comme un oiseau dans sa cage, seul face Ă  la puissance de frappe du ballon.


L’élégance du geste, la puissance de l’engagement, à l’autre bout de moi, la rencontre avec toi.

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Le futsal est un sport qui, malgré les apparences, ne possède que peu de points en commun avec le football : « Au niveau technique, cela n’a rien à voir. Il y a des combinaisons à apprendre, des automatismes à créer, les bons appels à faire … C’est plus proche du handball. Sur le plan technique, on doit faire preuve de vivacité, de rapidité et il faut avoir des appuis toniques. Au final, le seul point commun, c’est les pieds et le ballon ». Aïssa Yahia-Bey Dauphiné Libéré 6 mai 2006.


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Bika Merimi

Animateur à l’Espace jeune Pablo-Picasso, Ville d’Échirolles

« Je jouais depuis l’age de 10-11 ans. Vers mes 15 ans les animateurs ne pouvaient plus s’en occuper, comme on voulait continuer on a pris en main les choses et tout doucement on a monté une équipe ». L’art de se débrouiller par soi-même, de mettre de l’énergie et de la volonté pour atteindre son but, telle pourrait être vue la philosophie de vie de Bika Merimi. Son parcours d’animateur et d’entraîneur de futsal font de lui une référence en la matière, Bika est le loup blanc du futsal à Échirolles, un incontournable que tout le monde connaît. Bika a découvert le futsal par l’intermédiaire de Dominique Gardeur, en poste sur la ville de Saint Martin d’Hères et grand activiste de cette pratique sportive. À Échirolles aussi le sport prenait de l’ampleur, « il y avait pas mal de tournois mis en place pour toutes les tranches d’âge. Les équipes se sont alors inscrites à l’UFOLEP en 1988. Tous les animateurs, de toutes les associations, se réunissaient tous les mardis pour mettre en place les plateaux tournois, les matchs, les formations. On a jouée sept ou huit ans, ça fait donc des années qu’on travaille sur le Comité futsal ».Par la suite, Bika fait son service civique (qui permettait d’être dégagé de ses obligations militaires) au sein du service Prévention de la Ville. En s’appuyant sur les directeurs de MJC et les différents acteurs du futsal, Bika et d’autres animateurs mettent en place la Coordination pour le futsal à Échirolles. « On a réussi à travailler tous ensemble, à s’harmoniser avec les MJC, le Service prévention et une association futsal de Pré Lagrange ». Un grand chantier qui perdure et est à l’initiative de beaucoup d’évènements futsal comme le Tournoi des Papillotes ou encore le stage Oxygénation. « Dans mon boulot à Échirolles j’axe mon travail sur la pédagogie, le social. Il y a de la compétition mais il y a aussi le respect sur le terrain ». Le respect sur le terrain est porté par l’UFOLEP, la compétition par la 3F. Bika est partisan du compromis. « Je préfère que mes joueurs jouent sur les deux fronts : à l’UFOLEP pour apprendre certaines règles de respect, et aux 3F pour la compétition ». Le mélange des deux «écoles» se retrouve aussi dans le règlement, « dans celui fait par les animateurs, ils ont fait un mélange des deux : pas le droit de parler, pas le droit de tâcler mais les joueurs ont le droit de jouer dans la zone ». Bika ne prône pas la compétition, même si elle s’avère nécessaire. « Tu ne peux pas pratiquer un sport sans compétition, mais il y a certaines limites. […] Pour améliorer l’équipe certains voulaient prendre des joueurs d’autres quartiers. Moi en tant qu’entraîneur je ne suis pas d’accord. Même si on est moins forts, le futsal sert à prendre du plaisir. Il ne faut pas en exclure pour être champion du monde ! ». Bika n’hésite pas à mélanger les niveaux de jeu pour que l’échange se fasse entre les joueurs, « je mélange ceux qui ont fait de la compétition et ceux qui en font pour le loisir. Les meilleurs donnent des conseils. Ils ont plus confiance en eux, ils ont appris beaucoup de choses et le transmettent, c’est bien ». Transmettre un savoir, donner de son temps et ne pas compter ses heures… « Comme le dit Sahia, on est quand même une famille. Quand tu rentres dans un gymnase il faut bien connaître les joueurs, il faut savoir ce qu’ils ont derrière la tête, les problèmes qu’ils rencontrent ». Bika donne beaucoup, parfois au détriment de sa propre vie personnelle, « le futsal m’use pas mal parce que je fais de nombreuses heures tardives le soir pour le gymnase. Mais si on s’arrête qui prendra la relève ? Je suis encore célibataire donc si je ne veux pas l’être toute ma vie il faut que je m’arrête un peu… ». Avis aux cœurs libres ! « Je suis né à la Luire, j’y ai grandi. J’ai 30 ans, j’y travaille, j’ai tout fait ici ». Et pour le rencontrer, une solution simple : s’inscrire au futsal ! Entretien réalisé le 7 mars 2005

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Dominique Gardeur Correspondant de quartier à l’antenne Nord, Service habitat, Ville de Saint Martin d’Hères

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«Futebol de salon» , prononcez-le en portugais, avec l’accent brésilien, et vous obtenez l’origine du mot futsal, qui se gorge instantanément de soleil, de couleurs chaudes et d’exotisme ! Ce petit cours de linguistique est signé Dominique Gardeur, qui a découvert le futsal en 1981, lors d’un voyage d’un an au Brésil. « Je suis un brésilien de nature, je vais finir ma vie là bas, j’ai été trop marqué par ce pays, par ces gens ». A son retour, il est embauché comme animateur à la Maison pour Tous des quais Saint Laurent à Grenoble et devient aide accompagnateur pour un tournoi de foot brésilien à Cannes la Boca, « j’ai participé avec les jeunes, je me suis fortement investi, j’ai rencontré les dirigeants. Trouvant le futsal très original, je m’en suis servi comme outil pour approcher les jeunes. Il y a dans ce sport des règles de jeu draconiennes et très éducatives ». En 1982, il devient animateur dans le quartier Voltaire de Saint Martin d’Hères. Dans le milieu sportif et éducatif, Dominique est connu comme l’initiateur du futsal sur l’agglomération. « Avec les jeunes j’ai fait un gros travail : le futsal, personne ne connaît ? Je vais vous expliquer les règles, vous allez faire l’arbitrage, vous allez tenir les tables de marques ». La bataille est en marche pour se faire entendre, pour que le futsal fasse parler de lui, pour avoir des créneaux réguliers dans les gymnases. « La Ville (de St Martin d’Hères) restait frileuse au départ. En plus, ces jeunes n’étaient pas inscrits en Club, ils représentent quoi ? Qui ? […] Je me suis servi du futsal pour que les quartiers vivent normalement. Quand vous faisiez un tournoi ça se frictionnait toujours un peu, mais en multipliant les rencontres, les enfants se connaissent ». Avec les tournois, les jeunes joueurs voyagent ensemble pendant plusieurs jours ; une vie en communauté s’expérimente, qui gomme la notion de frontière entre les quartiers. Et cet esprit perdure une fois de retour à la maison ! Les entraînements ont commencé avec les adolescents, les 16-20 ans, puis avec les plus jeunes pour répondre à la demande. « On fait de la prévention dés 10 ans. Vous les accrochez, vous travaillez cinq ans avec eux et à 15 ils sont déjà dans des modèles de respect ». Alors qu’à Échirolles la Coordination futsal se met en place pour plus de cohésion dans les actions menées, Dominique et ses collègues (dont quelques acteurs de la ville d’Échirolles) constatent l’ampleur du phénomène futsal en Isère et décident de créer une association : le Comité Départemental de futsal Isère, le CDFI. La Direction Départementale de Jeunesse et Sport est interpellée par le Comité, une appellation qui aura tapé juste pour attirer l’attention ! « c’était pour nous une reconnaissance ; de nombreux dossiers se sont ouverts pour financer l’activité et les maillots. […] On a alors commencé à faire un répertoire avec toutes les équipes et toutes les demandes en terme de futsal. Les réunions se multipliaient pour mettre en place une mallette pédagogique, des stages d’arbitrage et former des jeunes à être dans le CDFI. Ils y prenaient de nombreuses décisions ». En l’absence de fédération, les jeunes pouvaient être joueurs et acteurs de l’organisation, ils participaient pleinement à sa construction, « autour de la table certains avaient 20 ans, ils donnaient leurs idées avec beaucoup de pertinence et ils les portaient mieux que nous ! ». Par la suite le CDFI a pris de l’ampleur. Profitant des bons contacts avec Cannes, Toulouse et Marseille, l’Association Française de futsal voit le jour, dirigée par l’équipe cannoise. L’association fait une demande au Ministère de la Jeunesse et des Sports pour obtenir

le label Fédération française de futsal, ce qui lui permettrait d’initier des actions futsal et d’obtenir des fonds nationaux et régionaux. Elle essuie un refus, « dans le cadre de leur fédération, la 3F fait des tournois de foot en salle avec des règlements différents. […] On s’est alors regroupé sur une fédération affinitaire : l’UFOLEP, qui nous a donné son appui pour développer le futsal en France ». Les championnats départementaux se font plus nombreux, ils se construisent autour des idées de respect entre les joueurs, sur mais aussi en dehors du terrain. « Le challenge se joue sur le Fair-play. La coupe du Fair-play est plus grosse que l’autre coupe, et les points du Fair-play peuvent faire remonter le score ». La devise du futsal est dans cette lignée « Amitié d’abord, compétition ensuite », une devise qu’il faut perpétrer, les nouvelles générations ne la connaissant pas toujours ! « Le but ? Qu’ils prennent du plaisir ! Loin de moi l’idée d’en faire des champions. Que demain ils soient des hommes. Ensuite, la plupart des jeunes, un peu comme Bika Merimi, un passionné, se sont trouvés des places dans la société ». Dominique évoque le désir fort d’envisager le futsal comme un champ expérimental de la citoyenneté, ce que la 3F semble aujourd’hui négliger. « Les entraîneurs de futsal sont souvent issus du quartier et parfois, on ne les aide pas à comprendre qu’à travers ce sport ils peuvent aider les jeunes qu’ils encadrent à devenir meilleurs pour eux et pour les autres […] Dans les tournois les joueurs rencontrent d’autres personnes. En voyage en Tchécoslovaquie ou en Espagne, ils ne sont plus des immigrés mais des français, ils représentent la France, ça les aide beaucoup ! Demain, malgré les difficultés de la vie, la violence peut se gérer, ce n’est pas en redonnant de la violence qu’on s’en sortira ». Entretien réalisé le 25 mars 2005


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Portrait

Fay Oliveira

Ancien animateur de la MJC Robert-Desnos, Ville d’Échirolles

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En route pour un grand voyage de l’autre côté de l’Atlantique, sur les traces des origines du futsal,avec comme accompagnateur Fay Oliveira, un guide qui maîtrise son sujet ! Né au Brésil, Fay a toujours porté en lui la passion du ballon et par là même, l’amour de son pays natal. Le Brésil est la patrie du futsal, ce sport y est une véritable institution. Sa dimension internationale a commencé en 1971, par la création de la Fédération Internationale de Football de Salon, la FIFUSA, basée à Sao Paulo. L’initiation des plus jeunes se fait à l’école, dans les collèges, avec ensuite la possibilité pour les 11-12 ans d’intégrer des sections spécialisées. « Dans les années 60, 70, le futsal a pris vraiment de l’essor au Brésil, on jouait de partout, on avait des grands tournois, même dans les quartiers on faisait du futsal entre nous. Ça fait partie de mon enfance, de ma jeunesse ». Et même s’il n’est pas devenu un « Canarinho »*, Fay a du futsal dans les veines ! Il est heureux en arrivant en France de constater que le futsal y gagne du terrain, « j’ai découvert qu’à Saint Martin d’Hères on commençait à jouer au futsal. J’ai connu Dominique Gardeur à ce moment là. A l’époque on l’appelait le football brésilien ». En 1987, Fay commence à travailler en tant qu’animateur à la MJC Desnos à Échirolles. « Le futsal était déjà en place, à ma grande joie. Ce sport entrait dans les gymnases de la Ville . Je me souviens très bien des soirées où on était obligé de partager des créneaux avec le hand et le volley au gymnase Jean Vilar ». Au début, il se sent un peu dérouté par les règles de jeu appliquées pour les jeunes équipes. « La règle fondamentale que je n’ai pas comprise au début est celle de ne pas parler sur le terrain. Au Brésil ça n’existe pas, on parle. Là bas ce sport existe depuis les années 30’… Il m’a fallu un tournoi pour comprendre l’importance de cette règle. C’était pleinement un outil de prévention à ce moment là (dans les années 80’) ». Fay entre alors dans la famille futsal d’Échirolles, de celle qui a lutté pour lui donner sa chance. « Avec le soutien des directions de MJC ainsi que du Conseil d’Administration, on a cherché à convaincre les élus de l’époque que le futsal était un moyen d’intégration sociale, de communication entre les jeunes et les institutions, un moyen aussi d’élargir les relations au-delà d’Échirolles en participant à des tournois à St Martin d’Hères, Saint Egrève, Grenoble… ». Les élus ont vite compris l’importance de cette démarche, « aujourd’hui le futsal à Échirolles a plus de 20 ans. Au bout de 20 ans, Picasso est devenu une association sportive autour de cette pratique. Le relais est passé : partant d’un rôle social, le futsal est devenu un sport à part entière […] Il a fédéré les jeunes de Grenoble et de toute la banlieue, et ça nous a fédéré nous aussi, travailleurs sociaux. Cela nous a aussi permis d’aller sur d’autres projets. Les animateurs sont capables de faire des tournois de futsal l’après-midi et le matin d’amener le groupe au musée ». Partisan du sport comme source de bien-être, et vecteur de savoir vivre, Fay « estime que dans la tranche des 10-15 ans les entraînements doivent être ludiques. Il faut qu’ils travaillent surtout l’acceptation de l’autre. Il n’y a pas que la pratique technique et physique individuelle, il y a aussi la pratique d’un sport collectif où on partage des moments de joie et de tristesse et c’est l’entraînement qui fixe le cadre ».


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Au futsal, la violence, la confrontation entre joueurs peut arriver rapidement ; il se pratique sur un espace réduit où le contact est rapide, il n’y a pas de place au laxisme quant au respect des règles et d’une bonne attitude sur le terrain. « On joue à 5, comme le ballon ne rebondit pas on est obligé de toujours se déplacer pour le recevoir. En dix secondes tout le monde commence à partir d’un côté ou de l’autre ! ». Le futsal permet un jeu tactique et rapide, un défouloir qui nécessite de la stratégie, où l’on peut « laisser sa rage sur le terrain sous une forme positive ». Au niveau professionnel, Fay ne travaille plus en lien direct avec le domaine sportif mais il entretient sa passion. « J’aimais le futsal, je l’aime encore aujourd’hui. Je parle avec beaucoup d’émotion ! Je pense qu’il faut transmettre la passion. J’aime le sport en général parce qu’il est fédérateur, on laisse beaucoup de choses négatives sur un terrain. Nous sommes tous à la recherche d’un équilibre, idem pour les jeunes de quartiers populaires : il y a l’amour du ballon et partager des moments avec les autres ». Entretien réalisé le 1er juin 2006 * petit canari en brésilien, terme qui désigne les joueurs de l’équipe nationale du Brésil, en référence à leur maillot jaune.

« Le futsal prône des valeurs de respect envers ses adversaires, les arbitres, Il faut savoir par exemple, que les contacts ne sont pas autorisés. Le futsal est un sport d’éducation plus que de prévention ». Aïssa Yahia-Bey Dauphiné Libéré 6 mai 2006.


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Pascal Di-Tommaso

Responsable du service Prévention au Centre Communal d’Action Sociale, Ville d’Échirolles

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Dans son bureau du service prévention de la Ville, Pascal Di-Tommaso, responsable du service, raconte avec ferveur son parcours, son histoire avec le futsal et sa passion des jeunes. Il est né rue Saint Laurent, à Grenoble. Un quartier populaire, au pied de la Bastille, qui regorge de commerces alternatifs, de bars modestes où l’on refait le monde, de lieux culturels engagés dans une autre façon de parler de nos vies. Un petit berceau de l’esprit militant qui ne laisse aucun doute quant au genre de fée qui s’est penchée sur le très jeune Pascal ; une fée porteuse d’engagement et de résistance. Deux qualités qu’il façonne en grandissant dans le quartier Teisseire. Il y passera 20 ans de sa vie. Après plusieurs boulots pour s’en sortir (laveur de vitre, employé dans un snack…) il réussi une formation CREPS à Voiron et devient animateur à la MJC Teisseire de 1976 à 1987. Dix années de terrain où il côtoie au jour le jour des jeunes en difficulté et rencontre toute une génération d’animateurs issus de ces mêmes quartiers. C’est là qu’il croise Dominique Gardeur, alors animateur de MJC sur St Martin D’Hères, au cours de rencontres sportives. Leur discussion tourne autour d’un sport atypique et en voie d’émergence dans les quartiers populaires : le futsal. « Dominique Garder a insufflé le futsal sur Grenoble en 1982, 1983. J’étais alors animateur ; on organisait des rencontres, des matchs de manière informelle. » Pascal Di-Tommaso se rend très vite compte des intérêts que comporte la pratique du futsal pour les jeunes. Les règles sont plus nombreuses qu’au foot à 11, elles impliquent plus de respect entre les joueurs et offrent ainsi un cadre de jeu plus “contraignant” : « C’est un apport supplémentaire comme outil pédagogique auprès des publics jeunes des quartiers. Une école de la vie ! ». Pour Pascal le futsal est avant tout un outil pédagogique, une action de prévention. « Bien sûr, ce n’est pas parce qu’on aura fait une heure de futsal avec eux qu’on aura tout réglé, mais c’est un lien très fort et à travers ce lien, on peut faire passer des valeurs ». Pour intégrer des règles collectives au projet et pour que les actions menées soient cohérentes entre les secteurs, Pascal crée avec Bika Merimi la Coordination futsal d’Échirolles. Elle permet beaucoup d’échanges entre les animateurs, la mise à plat des difficultés rencontrées et des solutions envisagées ainsi que l’émergence de plusieurs projets comme la mise en place de championnats, le stage Oxygénation... C’est aussi un moyen pour les animateurs de ne pas se sentir isolés dans leur travail. Les énergies y sont complémentaires, entre ceux qui s’activent dans les bureaux et ceux qui s’activent sur le terrain. « Ce qu’il y a de bien, c’est que tout le monde y met du sien pour que ça se passe le mieux possible (…) la plupart des structures sont sur la même longueur d’ondes au niveau de la pratique, de l’encadrement, de l’outil pédagogique ». Au delà de la pédagogie, il faut intégrer à la pratique « un peu de compétition pour s’évaluer ». Le futsal permet de croiser d’autres joueurs, « il est un outil de socialisation ». Pouvoir organiser aujourd’hui des matchs inter-quartiers, sans risque de rivalités parfois


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violentes entre les équipes, marque une encourageante évolution dans la sphère du futsal. « Quand deux équipes se rencontrent et font le salut, c’est très important pour nous ». Belle image que celle des jeunes joueurs se saluant avant d’entamer un match passionné, en gardant leur fair-play ! Ce résultat est le fruit du travail des animateurs ; l’esprit de compétition est maintenu mais inculqué avec une forte dose de respect de l’adversaire. Ce qui compte, c’est le jeu, la stratégie et non pas l’obligation de résultat. « Ce sont des compétiteurs en eux, t’imagines Desnos perdre contre Picasso ? Aujourd’hui ça se fait très bien, il y a dix ans ça n’était pas accepté. C’était une histoire de territoire, de valeur du quartier, alors que maintenant les joueurs eux-mêmes ont dépassé ça ». L’avenir du futsal se joue alors dans l’équilibre à trouver entre pratique d’un sport comme outil de prévention, comme vecteur de loisirs et de socialisation, mais aussi comme un moyen pour les jeunes joueurs de se tester lors des compétitions, sans pression démesurée. Le développement du futsal peut apporter une reconnaissance des jeunes, de leur sport au sein du quartier et au delà de ses frontières. Il crée ainsi une ouverture vers les autres ; les autres joueurs de futsal, les autres sportifs, les autres jeunes, les autres au sens le plus large qui soit… Entretien réalisé le 12 mai 2005


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Échirolles/quartier Ouest : Pour sa première saison, l’équipe féminine de football à 7 et de futsal arrive en finale de la coupe de l’Isère de futsal en 2007.


Portrait

Amel Ladiod et Souad Venton

Joueuses de futsal à la MJC Robert-Desnos, Ville d’ Échirolles

Au milieu de cet univers très masculin, rencontre avec deux jeunes joueuses de futsal, qui portent un regard sensible et souvent amusé sur leur pratique. Toutes deux lycéennes au lycée Marie Curie, Amel et Souad sont amies et très complices. Leurs regards n’ont de cesse de se sourire, elles se plaisent à parler futsal, un sport si singulier quand on est une fille ! Amel confie, « moi j’ai toujours aimé le foot. On disait que c’était un sport de garçon. Là, il y a que des filles, on peut jouer entre nous, sans se faire traiter de garçon… ». Plus d’une dizaine de filles composent l’équipe de la MJC Desnos, Souad et Amel jouent au futsal depuis plusieurs années, elles font partie des doyennes de l’équipe ! La motivation de départ, c’était s’inscrire pour suivre les copines « on est toutes arrivées en même temps sur le futsal ». Toutes les joueuses ne sont pas restées, « quand tu rentres au lycée ça devient difficile. En rentrant on est vraiment fatiguées, donc il faut avoir géré ses devoirs pour le lendemain ». Amel et Souad, elles, sont toujours sur le terrain. Habiles avec leur emploi du temps, elles réclament aussi des cours de danse orientale à la MJC Desnos, prêtes à prendre de front les deux activités. En plus des temps d’entraînement, il y a les tournois ; contre les équipes de Teisseire, Prévert, Picasso, « une fois, ils nous ont même fait jouer contre des mamans qui savaient déjà jouer au foot ! ». Chez les filles aussi les tournois se font dans les règles du futsal et même si la plupart d’entre elles jouent avant tout pour le plaisir, il y a parfois un esprit de compétition « on sent l’adversité, même si c’est ta copine qui est en face de toi. Mais tu sais que c’est juste pour jouer, il n’y a pas à s’énerver ». « Juste pour jouer… », Amel et Souad n’ont pas l’esprit de la «gagne», « il s’agit plus de s’amuser, de se retrouver avec les copines. Gagner, ça passe après. Je préfère ne pas m’inscrire dans un Club. Après ça devient trop professionnel, j’aime pas ». Faire partie d’une équipe féminine ne les empêchent pas de croiser quelques garçons joueurs de futsal. Il y a les mercredis après-midi à la Butte, ouvert à tout le monde « c’est souvent les garçons qui y vont, une fois on a essayé, on avait fait notre équipe », certains tournois sont mixtes, « on fait des tournois pour les garçons et pour les filles. On s’entend bien entre nous. Au début les garçons de notre quartier nous disaient ; « les filles qui font du foot, c’est des garçons! » Maintenant ils disent, « ben voilà, elles font du futsal, c’est normal » et aux deux sportives d’ajouter « des fois on va voir les garçons jouer, même si il y a beaucoup beaucoup de garçons dans le gymnase… ». Tous restent à discuter après les entraînements, des temps d’échanges que Souad et Amel apprécient « j’aimerai bien jouer avec les garçons de temps en temps. Sur le terrain ils peuvent s’embrouiller mais quand ils sortent ils sont toujours les bons potes d’avant. Alors que les filles sont parfois plus rancunières ». Les préjugés mis au placard, les filles profitent pleinement de leur passion et y trouvent une complicité familiale, « les parents viennent nous voir, juste comme ça, même si ils ne restent pas toujours très longtemps », Amel discute foot avec son grand frère « on parle du PSG. C’est auprès de lui que je me renseigne pour les matchs ». Avec des équipes qu’elles soutiennent – PSG pour Amel, l’OM pour Souad – des joueurs qu’elles admirent – Ronaldinho, Zidane, Trézéguet, « il y en a dans notre quartier qui jouent très bien au futsal ! » – et des entraînements réguliers, Souad et Amel sont culture futsal jusqu’au bout… des ongles ! Entretien réalisé le 5 octobre 2005

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Mohamed El Amine El Mondir Animateur à la MJC Robert-Desnos, Ville d’Échirolles

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Mohamed El Amine El Mondir vit dans le quartier Limousin depuis plusieurs années, il connaît ses habitants, ses jeunes, se sent concerné par la vie de chacun. Depuis novembre 1998, il est animateur et entraîneur futsal à la MJC Desnos. « En tant que vacataire je faisais les matchs et prenait les petits. Depuis que je suis permanent, j’ai en charge la gestion du futsal, les inscriptions, les championnats, les réunions, le Comité… Il y a cinq équipes que j’encadre chaque année. » Fait plutôt rare dans le monde du futsal, El Amine entraîne une équipe féminine. « Au départ les filles ont consulté Atika, l’animatrice de la MJC Desnos, pour avoir une pratique sportive. Elle leur a proposé le futsal. ça leur a plu, on reste dans la notion de plaisir avec elles. » L’équipe est en place depuis cinq ans et ce sont des fidèles motivées ! « Les joueuses changent chaque année mais il en y en a cinq, ou six qui restent depuis le début ». El Amine semble aux petits soins, attentif pour les filles et sachant prendre en compte leurs craintes, leurs envies. « Les filles ont peur du regard des garçons. Moi, c’est simple, quand j’entraîne les filles je ferme les portes pour que les garçons ne viennent pas les taquiner. Bon, il y a aussi des garçons qui rentrent et qui les encouragent! » Les joueuses aiment à se retrouver aux entraînements pour partager des bons moments, rigoler entre copines. La compétition n’est pas la priorité. « Les matchs des filles sont vraiment rares comme on est la seule équipe sur l’agglomération. L’ambiance diffère d’avec les garçons qui pensent d’avantage compétition. A l’opposé les filles viennent pour se faire plaisir et comme elles disent “pour perdre quelques kilos”. On rigole, on discute, et je fonctionne selon leur humeur ». Avec elles, El Amine alterne les entraînements tactiques avec les matchs improvisés, sans oublier les précieux temps de discussion où il endosse alors le rôle inattendu de confident « Elles me confient leurs amourettes, ce qui est étonnant parce que d’habitude ça se garde entre filles ! […] Elles ont envie de faire des matchs, de jouer, mais elles ont aussi envie d’avoir quelqu’un avec qui échanger. Je suis à leur écoute c’est mon boulot ». Un boulot de tous les instants ; il fait partie des “grands frères” du quartier. « le “grand frère” est une mentalité de quartier. Comme on voit les petits grandir, on fait en sorte qu’ils n’aient pas de problèmes ». Le statut crée également de la confiance auprès des parents, « les parents je les vois quand il y a des problèmes, donc rarement ! Je suis d’ici alors ils se disent « mon enfant est avec un grand frère, il ne va pas y avoir de soucis » » . Cette envie d’aider les jeunes, d’être un soutien permanent pour eux n’est pas seulement lié à son travail. L’engagement d’El Amine est total, presque viscéral « J’espère pour eux qu’ils iront droit, qu’ils feront des études. Si je suis dans le quartier et qu’un petit vient me voir avec un souci, je ne lui dirai jamais « non là je ne travaille pas ». Au contraire, je suis là, c’est dans ma nature ».

Les enfants l’ont bien compris et le sollicitent. L’enthousiasme pour les entraînements est grand. « Les garçons finissent à peine la saison qu’ils te parlent de la prochaine ». L’avenir du futsal, il préfère le penser porté par le monde associatif. « J’espère que le futsal aura une belle et longue vie au niveau MJC et associations, parce que ce sport apporte beaucoup au niveau de la maîtrise de soi, en particulier quand tu joues en UFOLEP ». Entretien réalisé le 7 janvier 2006


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Un terrain commun pour une mĂŞme ambition, le plaisir du jeu.

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Portrait

Mehdi Boultif

Membre de la commission technique régionale et nationale pour le futsal à l’Union Fédérale des Œuvres Laïques et d’Education Populaire (UFOLEP) de Rhône Alpes

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Le 18 juin 2005 à Chambéry le Haut, se déroule la finale du championnat interrégional de futsal. Elle regroupe les régions PACA, Rhône-Alpes et Languedoc-Roussillon. Vingt équipes s’affrontent. A l’organisation, Mehdi Boultif, animateur futsal au niveau Rhône-Alpes au sein de l’UFOLEP. « Au départ, c’est Robert Ponvhiane qui a intégré l’activité futsal au sein de l’UFOLEP. Il avait une enveloppe du Conseil Général pour prendre un emploi jeune et démarrer l’activité. J’ai été embauché pour structurer l’activité et coordonner les championnats ». Les championnats pourraient s’intituler “rassemblements”, et ce même au niveau régional. « Parce qu’il n’y a pas de compétition ; c’est simplement une invitation auprès de toutes les équipes de France pour se rencontrer sur un lieu et dynamiser l’activité ». Les premiers championnats gérés par Mehdi se jouent entre les équipes de Dominique Gardeur, de Bika Merimi, de Mohammed El Mahri de la MJC Teisseire, de Samir Belhannachi et Ameur Habib de la MJC Jouhaux… « ils se réunissaient tous les mardis entre midi et deux pour gérer le futsal au sein de l’UFOLEP. Nous étions vraiment acteurs de notre sport. Tous s’est arrêté en 2000 lorsqu’il y a eu la concurrence avec la 3F ». Après plusieurs années d’affiliation UFOLEP, beaucoup d’équipes de futsal sont aujourd’hui sous la 3F. « Ils ont récupéré toutes les équipes d’une manière ou d’une autre, notamment en passant par les institutions ; on pouvait rien faire. Les équipes sont parties et moi je suis resté là ! Certains sont toujours en activité au sein de leur association futsal, d’autres ont continué une activité professionnelle différente ». Face à ce changement, une question simple émerge, qu’est-ce qui a amené les 3F à reprendre le futsal ? Beaucoup de joueurs licenciés futsal jouaient sur les deux fronts, « c’est à dire qu’ils jouaient au foot avec la licence 3F et au futsal avec la licence UFOLEP ». Pour Mehdi, l’UFOLEP véhicule une autre idée du sport, « on est acteur de notre activité, on s’arbitre nous-mêmes. L’UFOLEP ne prône pas la compétition. Au départ, historiquement, le futsal nous intéressait pour ses règles de valeurs. Cela rentre dans le cadre pédagogique pour les animateurs de MJC ». La plupart des équipes de futsal se sont structurées avec l’UFOLEP qui les a aidées à monter l’activité dans les quartiers et à surmonter les quelques problèmes de violence, notamment en créant des commissions de discipline « jusqu’à ce que les équipes tiennent la route ». La voix de Mehdi est passionnée, le sujet sensible ; « Les 3F c’est compétition, ils cherchent pas à savoir ! Ce sont les cartons, les arbitres officiels : on paie les arbitres, amendes, finales, gros lots et puis voilà ! Il faudrait que l’ensemble des associations de futsal se retrouvent sous une même fédération, une fédération française de futsal indépendante de la 3F et avec des valeurs communes ». Mehdi estime que les évolutions envisageables pour les jeunes au sein de la 3F ne sont pas les mêmes qu’au sein de l’UFOLEP. Ils ne tiennent plus les tables de marques, ne participent pas aux réunions, « dés le plus jeune âge ils arbitraient – Aïssa Yahia Bey était un tout petit quand je l’ai connu, il a évolué comme ça au sein de l’UFOLEP alors qu’il n’aurait pas pu en 3F. […] Ce qui a aussi encouragé l’affiliation c’est la Coupe de France. A l’UFOLEP, on a des petits moyens qui semblent corrects mais la vitrine foot… On ne peut pas faire concurrence. Quand tu arrives à la finale et que tu vois que le speaker c’est celui du Parc des Princes, qu’il y a Aimé Jacquet… Cela donne une autre dimension ». Malgré la perte d’une partie des équipes, Mehdi continue la mise en place de tournois. Il participe notamment au tournoi des papillotes. « On souhaite une organisation au niveau de chaque plateau et

des joueurs fair-play. La finale des tournois, comme le tournoi des papillotes, regroupe les équipes sur des critères de sérieux […] Celles qui se sont déplacées aux réunions organisées, qui ont envoyé un joueur en formation arbitre ». Même si une partie des équipes est désormais sous la Fédération Française de Football, l’UFOLEP est encore porteuse de joueurs et des valeurs fondamentales qui ont construit le futsal depuis ses débuts, « au niveau des jeunes j’ai monté un petit tournoi tous les mois avec une légère participation aux frais. Pour les licences et l’affiliation ce sont les MJC qui se débrouillent ». UFOLEP, 3F, UNCFS, le futsal vit une période de transition et cherche ses marques, en tout cas une chose est sure, Mehdi lui, a choisi son camp ! Entretien réalisé le 25 juillet 2005


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Portrait

Michel Muffat Joly Président de la commission centrale futsal de la Fédération Française de Football (3F)

Michel Muffat Joly est un grand passionné de football, il a été président d’un club pendant 15 ans et s’investit aujourd’hui au sein de la Fédération française de football (3F). Depuis 1992, il est président du district Isère de football et préside depuis 1997 la Commission centrale à la 3F pour le futsal. La 3F regroupe deux millions de licenciés, « mais on ne peut pas recenser le nombre exact de licenciés futsal parce que cette licence est toute récente ». La commission centrale pour le futsal se compose de quatorze membres de différents districts et de différentes régions. « Une compétition existe depuis le début, la Coupe futsal. Elle a douze ans d’existence et concerne entre 1400 et 1600 équipes. […] C’est pas mal pour le futsal, qui n’est pas spécialement facile à implanter partout ». A partir de 1994, la 3F s’intéresse de prés au monde du futsal ; la 3F demande à deux présidents de ligue une étude sur la faisabilité de ce sport au sein de la fédération. George Vernet, président de la ligue Rhône-Alpes, s’implique fortement dans ce projet, il a la fibre futsal. « C’est grâce à lui que l’activité a été installée à la 3F. Bien sûr le futsal existait déjà en France, on n’a pas inventé le fil à couper le beurre ! Il y en avait à l’UFOLEP et c’était bien fait aussi ! ». L’activité démarre en 1995 avec 1500 engagés ; « on essaie de faire avancer le futsal dans tous les départements. La tâche n’est pas toujours évidente, les entraîneurs, les éducateurs et parfois les présidents pensent qu’il peut y avoir redondance avec le football traditionnel alors que pas du tout, c’est complémentaire ». Le futsal n’est pas la priorité des priorités de la fédération, « nous sommes une quinzaine à y croire. A nous de prendre notre bâton de pèlerin, sachant qu’on est tous bénévoles. On gagne du terrain, pas mal de districts ont des championnats départementaux ». La complémentarité entre futsal et football, Michel Muffat Joly la perçoit essentiellement au niveau de la technique de jeu. « Le futsal permet au niveau tactique tout un tas de gestes qu’on ne retrouve

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pas au football traditionnel. […] Le jeu est plus intense, avec une plus petite surface, il faut plus de vivacité ». Il admet que la fédération ne colle pas toujours aux réseaux de futsal pré-existant sur certains territoires, où un important travail de terrain et de prévention a déjà été mené ; « Là on n’est pas bon, on n’est pas parvenu à faire un maillage. Sur certaines zones, oui, à Toulouse par exemple. Je sais qu’il se passe beaucoup de choses sur Échirolles et Grenoble, mais nous ne sommes pas très au courant […] C’est avec plaisir qu’on aimerait rencontrer les associations, voir comment on peut avancer ensemble. Il ne faut pas hésiter, s’inspirer de ce qui a déjà été fait pour progresser ». Plusieurs équipes de futsal jouent sous les deux affiliations, UFOLEP et 3F. « Un club affilié à l’UFOLEP peut jouer la coupe départementale de la 3F. Par contre, si l’équipe veut aller plus loin, il faut que les joueurs prennent une licence 3F ». Beaucoup de jeunes joueurs présents dans l’équipe nationale sont issus d’équipes de quartier, d’autres viennent du football, « je pense que les footballeurs vont venir de plus en plus au futsal. Certains font déjà du deux contre deux, comme le principe du beach volley ». Michel se retrouve dans les valeurs soutenues par le futsal, qui selon lui, ne peuvent qu’enrichir les joueurs et faciliter de nouveaux comportements sur les terrains de football. « Le futsal, par rapport au football traditionnel, permet d’apporter d’autres valeurs. Si le futsal peut amener les notions de respect et de fair-play aux jeunes footballeurs de 13, 15 ans, ça leur donnera peut-être à réfléchir quand ils joueront sur l’herbe ! ». Entretien réalisé le 11 août 2005


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Derniers conseils avant la reprise du match.


Portrait

Riad Didas

Animateur à la MJC Robert-Desnos, Ville d’Échirolles

« Au futsal, les valeurs de respect et de fair-play sont plus importantes que la victoire. L’idée, c’est que les jeunes arrivent à s’autogérer et à se prendre en main. » Ces valeurs, Riad Didas, animateur à la MJC Desnos, les a faites siennes. Mieux, il les porte haut et loin. Et quand il en parle, on sent qu’elles lui tiennent vraiment à cœur. Chargé du secteur futsal au sein de la MJC, il entraîne différentes équipes de futsal, « 2 en compétition (10-13 ans et 13-16 ans) avec, dans ce cadre, un vivier de jeunes sélectionnés issus de toutes les MJC et inscrits en 3F. Je m’occupe aussi d’une équipe qui pratique que pour le loisir. » Le futsal, Riad le considère comme « un tremplin pour la maturité des jeunes. Au début de l’année, certains enfants sont timides et renfermés. Le futsal les fait sortir de leur coquille et permet de les responsabiliser. 2 à 3 mois après, on se rend compte qu’ils donnent des conseils, replacent leurs camarades sur le terrain ou même poussent des “coups de gueule”. à l’école, ces enfants timides deviennent plus hardis. Ils lèvent le doigt, prennent la parole en classe et s’impliquent. Plus tard, ce comportement se répercutera dans un entretien d’embauche et ensuite dans leur travail. Lorsque j’assiste à un accrochage, ma tactique consiste à laisser les joueurs s’autogérer plutôt que d’intervenir. Pour permettre à chacun de trouver sa place. Le futsal est un outil d’apprentissage de la vie en groupe. Si un joueur arrive à s’imposer dans une équipe et à jouer avec les autres, alors il apprend pour demain. Car il reproduira cette attitude avec ses collègues au sein d’une équipe de travail. « Je veux accompagner ces jeunes pour qu’ils prennent confiance en eux. » « C’est aussi important de leur apprendre à faire la part des choses. » Ainsi, le reproche est parfois vécu comme une atteinte personnelle. « Je leur explique que je m’adresse au joueur et non à l’individu. Cela ne remet pas en question les qualités qu’ils possèdent et qu’ils doivent mettre au service d’une équipe. » Sensible à la victimisation dans laquelle se réfugient certains jeunes, Riad s’attache à valoriser les points forts de chacun. Pour qu’à leur tour, « ils ne pointent pas uniquement les côtés négatifs de l’autre. Ce qui m’intéresse, c’est de valoriserr le potentiel de chacun. Ce n’est pas parce qu’un jeune ne réussit pas dans un domaine qu’il ne peut pas réussir dans un autre. Sur le terrain, on a repéré, par exemple, que certains possédaient des qualités artistiques dont ils pouvaient tirer parti ailleurs. » Mais comment s’inscrit la compétition dans tout cela ? « Elle n’est pas forcément à bannir car elle mélange les joueurs de différents quartiers dans une même équipe. C’est une suite logique pour ceux qui veulent aller plus loin. Le but n’est pas de devenir professionnel mais d’éduquer ces jeunes en compétition dans l’esprit du futsal. Plutôt que de les envoyer dans des clubs, nous préférons effectuer nous-mêmes notre sélection et les accompagner en 3F. Cela permet de garder les valeurs futsal. » Et parmi elles, le sens du collectif : « Quand il y en a un qui marche en avant, il doit tirer les autres avec lui. Il ne faut jamais oublier d’ouvrir la porte pour les autres. Pour moi, le joueur a plus de mérite

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s’il fait marquer que s’il marque lui-même. Dans un sport collectif, il faut marcher ensemble. » Et veiller à avoir de l’attention pour tous : « Il faut surtout se pencher sur les petits de 13-15 ans. Le jour où ils voudront s’en sortir, j’aimerais qu’ils cherchent la petite lumière et se rappellent que petits, au futsal, ils ont réussi des choses. Si, à l’époque ils ont pu le faire, alors demain ils le pourront aussi, que ce soit pour entamer une nouvelle formation ou pour obtenir un travail. Il faut savoir d’où l’on vient pour savoir où l’on va… Cette devise m’a beaucoup servi. Même si le jeune réussit, en sport ou à l’école, c’est important de l’accompagner. C’est pour ça qu’à travers le futsal, j’encourage les qualités que possède le joueur. Pour qu’il ait le courage de dire non quand on l’attire dans quelque chose de mauvais. C’est beaucoup plus facile d’empêcher un enfant d’entrer dans la délinquance que de l’en faire sortir. » Entretien réalisé le 17 avril 2007


Portrait

Ingrid Martinez Agent d’animation qualifiée au Centre Communale d’Action Sociale, Ville d’Échirolles

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Ingrid Martinez soutient au quotidien les jeunes et tente de les aiguiller dans leur apprentissage de la vie, « mon rôle consiste à prendre contact avec ceux un peu en marge, qui ne vont dans aucune structure ». À la fenêtre, on aperçoit quelques garçons joyeux traversant la place, Ingrid jette un oeil attentif et sourit, « j’ai un coté maternel avec eux, je suis là pour les écouter, voir comment ils se sentent ». Coté futsal, Ingrid propose une initiation aux jeunes qu’elles encadre. « Je leur fais découvrir ce sport, je gère aussi les conflits qui peuvent survenir sur le terrain ». Le service Prévention n’a pas d’affiliation, les joueurs ne sont pas licenciés. La logique est ailleurs, l’activité reste avant tout un loisir. Le futsal fait se rencontrer des jeunes de différents quartiers et leur inculque le principe de solidarité : « ils se parlent mal, d’habitude, puis là, petit à petit, ils prennent confiance en eux […] ils se construisent individuellement et au niveau du groupe ». Ingrid évoque des termes forts qui lui semblent profondément liés au futsal. Elle parle de respect des autres, de soi, d’effort, de discipline, d’amitié, de compétition et de plaisir. « Le futsal offre l’occasion de tisser des liens, c’est une motivation centrale pour les enfants, les filles, et les parents […] Je fais de l’animation préventive, donc les jeunes sont acteurs de beaucoup de discussions. On leur apprend à s’affirmer pour certains, à se canaliser pour d’autres. L’activité génère des échanges pas toujours liés au futsal ». La mise en place des entraînements n’a pas été évidente. Au départ, il a fallu partager les équipements. « Avant, le jeu se faisait entre le volley-ball et l’escalade, dans le même gymnase. J’ai dû gérer l’image souvent négative que pouvaient avoir les autres du futsal. Tout le monde a appris à se connaître, à se respecter, les filles du volley et les garçons du futsal avaient le même âge, donc ils allaient les uns vers les autres ». Et si les jeunes veulent faire de la compétition, améliorer leur technique, Ingrid les renvoie vers les structures qui sont à même de répondre à leur demande. « J’essaie de faire le lien entre loisir et compétition lorsque les jeunes le demandent ». « En tant que femme, j’ai une autre sensibilité et je me positionne moins sur la technique que sur le ressenti des joueurs ». Une position qu’Ingrid revendique et juge complémentaire à l’esprit compétitif et à y regarder de plus près, « les joueurs n’ont pas un niveau inférieur, ils ont peut être une connaissance moindre au niveau des règles, mais ils atteignent une bonne technique de jeu et un respect de l’adversaire ». Les filles présentes aux entraînements sont peu nombreuses, Ingrid veut que ça change ! « Je ne fais pas partie de la Coordination futsal parce qu’on ne me l’a pas demandé. Au stage Oxygénation se sont les garçons qui y vont. J’ai soulevé le problème avec d’autres animatrices. Depuis, quelques filles ont pu participer au stage […] Dans le futur il faudrait faire des tournois mixtes, ça pourrait apprendre aux garçons à respecter d’avantage les filles. Ça prend du temps à organiser mais il y a de l’enjeu, les relations entre les filles et les garçons, surtout adolescents, n’ont jamais été faciles ». Entretien réalisé le 12 mai 2005


Portrait

Bernard Borlet

Directeur du service des Sports, Ville d’Échirolles

Il est le regard institutionnel bienveillant sur cette discipline sportive si particulière nommée futsal… Depuis son arrivée à la Mairie d’Échirolles en 1990, Bernard Borlet, directeur des Sports, suit, avec attention l’évolution de ce sport collectif : il a vu de quelle façon des équipes de quartiers sont passées progressivement d’un statut d’activités d’animation à celui de clubs sportifs tournés à la fois vers la compétition et une pratique exigeante. Travaillant depuis de nombreuses années dans la fonction publique, Bernard Borlet a fait le choix de diriger le service des sports d’Échirolles pour rompre avec des responsabilités tout en rigueur voulues par les fonctions qu’il occupait dans les “services finances” de différentes communes de l’agglomération grenobloise. « Le problème de la finance c’est que l’on s’enferme vite dans une fonction austère et donneuse de leçon. » Il lui fallait donc un espace de travail qui lui permette d’associer son goût du sport, celui d’accompagner des projets et de trouver des réponses adaptées aux bonnes volontés. Ses missions dans la commune lui donnent désormais l’occasion de poursuivre de tels objectifs avec des résultats dont il mesure chaque année l’évolution. Dès son arrivée dans la Ville, son action concernant le futsal fut de trouver des créneaux horaires dans les gymnases municipaux, afin que les équipes de quartiers puissent s’entraîner et jouer dans les meilleures conditions. Et répondre le mieux possible a l’afflux croissant de nouveaux inscrits ! Au-delà d’une simple gestion d’emploi du temps de bâtiments publics se posait également le problème de la reconnaissance et de la légitimité de ce “football en salle”, dont le fonctionnement et les pratiquants ne correspondaient pas tout à fait aux us et coutumes des sports traditionnels. Il a fallu expliquer, convaincre, tout en tenant compte d’un gros passé sportif dans la ville. « Les années 90 ont coïncidé avec l’arrivée de nouvelles pratiques inorganisées ou individuelles, telles que le street basket, le roller, le skate… ou le futsal. C’était évident qu’il fallait trouver de la place pour ces nouveaux sports ! » Peu à peu le futsal a trouvé ses marques : il a récupéré progressivement de plus en plus de créneaux et s’est rapidement structuré, tandis que le niveau des joueurs a évolué très rapidement. Les difficultés du début et les craintes des autres clubs appartiennent désormais au passé… Ainsi la guerre entre le football et le futsal n’a pas eu lieu : il est fréquent que les futsallers, appréciés pour leur rapidité et leur technicité, aient leur place dans les équipes du foot traditionnel. Mesurant le chemin parcouru, Bernard Borlet évoque désormais la nécessité de franchir une étape pour accéder à un statut de discipline sportive à part entière. « Il faudrait maintenant qu’il soit rattaché au service des sports. Comme tous les autres clubs. » Ne plus être au rang d’une action éducative ou socioculturelle, mais exister en tant qu’activité physique pour tous les niveaux, qu’il s’agisse de compétition ou de loisir. Après avoir accompagné sa croissance, le directeur des sports voudrait donc contribuer à l’accession à l’âge adulte du futsal, même si cela doit passer par certains renoncements (être identifié à une activité de quartier) tout en évitant les reniements qui feraient passer à la trappe l’histoire de ce sport. Une nouvelle phase de jeu est donc en train de se dérouler actuellement, avec pour objectif de consolider et de légitimer le futsal afin de favoriser son essor. Le regard que porte ce chef de service sur le futsal est empreint d’une certaine admiration décelable lorsqu’il évoque les qualités techniques des joueurs ou le succès croissant de ce sport qui a su se démarquer et trouver son public. Rien d’étonnant, donc, à ce qu’il poursuive sa mission de légitimation du futsal. Et si une vraie reconnaissance du futsal en France commençait à Échirolles ? Richerd Collier Entretien réalisé le 11 juin 2007

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Et si le but n’était pas le but, mais au-delà du jeu, l’enjeu de pouvoir dire « je���» ?


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Portrait

Sofiene Melloul Animateur au Pôle Jeunesse Prévert, Ville d’Échirolles

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À dix ans, Sofiene Melloul expérimente ses premières passes au futsal. Il vit depuis sa naissance au Village 2, entouré par les siens, dont quatre frères et sœurs, une petite équipe de cœur ! Aujourd’hui, Sofiene a 28 ans, et il a su concilier travail, passion et engagement. Dés son arrivée, il y a trois ans, à la MJC Prévert en tant qu’animateur, il constate que la pratique du futsal a été délaissée ; il n’y a personne sur le terrain pour encadrer les jeunes. Fort de son expérience personnelle de joueur et entraîneur à la MJC Picasso, il remet en place une activité futsal régulière, parce que les jeunes, ils en redemandent ! « On a eu des réflexions des jeunes parce qu’on proposait une activité futsal qui n’était pas assez active, pas assez remplie. On s’est donc réunis pour voir ce qu’on pouvait faire ». «On», c’est le collectif, c’est Sofiene et les autres, c’est tout un réseau qui se tisse ; monté sur Grenoble, il comprend la Coordination futsal de la Ville, toujours en lien avec les autres structures grenobloises comme Malherbes, Teisseire et Villeneuve. « On a organisé, en 2005, un championnat pour les jeunes de 13 à 16 ans ». Avec les championnats, les joueurs croisent d’autres joueurs, les quartiers se décloisonnent : « c’est en continuité de ce que l’on fait sur Échirolles, c’est à dire mélanger les publics des différents quartiers pour que les joueurs apprennent à se connaître, pour éviter les problèmes, et on dépasse «la frontière» d’Échirolles avec ce championnat en nous ouvrant sur Grenoble et l’agglomération, avec des villes comme Fontaine, Saint Egrève… ». Ces championnats sont aussi une compensation face au manque de propositions régulières dans ce domaine de la part de la Fédération française de football (3F). Sofiene souligne une relation de confiance avec la fédération (qui regroupe tout le foot à 11) ; il reste cependant beaucoup de services à développer ! Des licences sont proposées aux jeunes mais seulement pendant les vacances scolaires, période où les jeunes sont pour la plupart occupés par d’autres activités… L’affiliation 3F devient intéressante lorsqu’il s’agit de limiter les frais de déplacement pour les matchs, les équipes de la région étant sous la 3F. Moteur de la dynamique futsal à Échirolles, Sofiene multiplie les occasions de rencontres entre les différents joueurs. Il préserve un esprit de partage au quotidien et ce, même pendant les temps d’entraînements. L’équipe Prévert affronte celle de Picasso au nouveau gymnase de la Croix de Verrine, un terrain plus adapté que celui de la Butte où s’entraîne habituellement l’équipe Picasso. Cette formule a un double avantage, « tous croisent plus de monde et font beaucoup de matchs, un mélange des équipes que tous réclament aujourd’hui et ces mêmes joueurs pourront s’entraîner ensemble plus tard, arrivés à 15 ou 16 ans ». Le futsal est-il simplement un outil de prévention ? Sofiene souligne la prise en compte du futsal par la municipalité et la progressive mise au placard de sa mauvaise réputation, liée selon lui à un manque d’encadrement à ses débuts. Il faut payer 10€ de participation pour une année d’entraînement, contrairement à d’autres clubs de la Ville qui ne demandent rien. Pour Sofiene, cette somme est symbolique, elle crée un «un cadre» et instaure une forme de respect. Du respect

pour les encadrants, pour les autres jeunes, pour les règles du sport que l’on pratique… Et si ce respect s’accompagne d’admiration pour les aînés, l’adhésion des jeunes devient totale. Sofiene se souvient de l’impact positif que le matche France / Japon a eu sur les jeunes lors du festival Festirolles, à Échirolles en 2005. Voir l’équipe de France de futsal à Échirolles, un plaisir pour les jeunes, une « remotivation pour ce sport ! ». On retrouve alors les motivations premières de Sofiene vis à vis du futsal ; que ce sport soit aussi source d’ouverture pour les jeunes, à travers l’apprentissage des règles, des techniques de jeu, dans l’appréhension et le respect de l’autre, dans la découverte d’une vie collective différente et constructive. Et pourquoi ne pas se lancer le défi de la professionnalisation ? Ce n’est évidemment pas un but en soi, mais pour celui qui a été jusqu’en final du Championnat région avec Picasso en 2003, devenir un professionnel du futsal n’est pas un rêve inaccessible « si je peux les emmener en demi-finale de Coupe de France, partir dans une autre ville, bouger, voir d’autres équipes c’est toujours bien ! ». Entretien réalisé le 9 février 2006


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1993 - Gymnase Pablo Néruda à SAINt-Marin-d’Hères. Finale de la coupe du Dauphiné pour les équipes 13/16 ans. L’équipe échirolloise Picasso s’inclinera devant les Grenoblois de  Mistral.


portrait

Sahia Bouzeghoub

Responsable des animateurs jeunes à la MJC Robert-Desnos, Ville d’Échirolles

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Sahia Bouzeghoub fait partie des «anciens» qui, dans le sillage de Dominique Gardeur, ont impulsé la pratique du futsal dans leur quartier. Dans les années 80, il est animateur à la Maison pour tous du quartier Mistral à Grenoble. « C’est là que j’ai commencé le futsal. Je suis ensuite allé travailler à Teisseire puis en 98 à la MJC Desnos à Échirolles. Comme nous ne disposions pas de fédération, il fallait créer un réseau pour mutualiser des moyens et des compétences. » C’est ainsi qu’est né le CDFI (Comité départemental de futsal Isère), sous une bonne étoile car « il a très vite été suivi et soutenu par Jeunesse et sports, ce qui n’a pas forcément été le cas ailleurs » Puis, la coordination futsal se met en place pour que cette discipline sportive « soit reconnue comme un sport à part entière avec des techniques pédagogiques qui lui sont spécifiques. Elle a plutôt une vocation d’éducation populaire. Elle veut créer une vraie vie du futsal avec des rencontres et des compétitions pour développer ce sport hors des murs de la commune. La coordination échirolloise est en lien avec toutes les autres structures de l’agglomération, la région PACA où a démarré le futsal ainsi qu’avec l’UNFCs (Union nationale des clubs de futsal) et l’UFOLEP. » Pour Sahia, le futsal est d’abord un outil d’intégration sociale. De par son origine : « il vient des quartiers populaires, on le pratiquait en bas de chez soi, ensuite il s’est institutionnalisé. La plupart des animateurs viennent du futsal. Ce sont des jeunes que l’on a repéré et qui ont passé leur BAFA. » Mais aussi et surtout parce que le futsal véhicule des valeurs. « C’est un outil pour mettre des jeunes en mouvement. Au futsal, on est à la fois joueur et arbitre. Le joueur est responsable et chacun donne un sens au groupe. Par exemple, dans les règles de base, il existe un carton bleu qui permet d’exclure un joueur et de le remplacer par un autre. Donc on pénalise le joueur et pas l’équipe. Avec le futsal, on transforme un espace de jeu et de liberté en un espace éducatif. Au-delà du jeu, on cherche à comprendre l’individu, ce qu’il fait, où il en est à l’école et dans sa vie. » Et ça fonctionne plutôt bien. « La pratique du futsal a amélioré les relations entre les jeunes de différents quartiers. Elle a aussi donné une place à ceux qui n’étaient pas dans la compétition. Au futsal, même si tu n’es pas bon, tu joues. Le comportement prime sur la technique. »

Après avoir acquis “droit de cité”, le futsal se joue maintenant – et de plus en plus – hors les murs. « Mistral et Teisseire ont été champions de France et Échirolles a participé aux phases finales du championnat. » La compétition serait-elle donc un moteur ? « Elle est tirée par de nouveaux acteurs et demandée par les jeunes. Elle donne aussi espoir de rencontrer des équipes d’autres villes. Mais ça reste la compétition au sens noble du terme, on s’affronte dans les règles. » Pourtant cette évolution préoccupe quand même Sahia, car « elle risque de conduire à de nouvelles pratiques. À Échirolles, il semblerait que l’on se dirige sur l’idée que chaque secteur crée un club de futsal. Du coup, seul le vecteur sport sera mis en avant. Alors qu’aujourd’hui, au sein de la coordination, on monte des stages oxygénation qui ne sont pas seulement axés sur le futsal. Ils s’ouvrent aussi sur de nouvelles pratiques artistiques. » Fidèle à la devise originelle «Amitié d’abord, compétition ensuite», Sahia craint que le futsal ne dévie de ces valeurs initiales. « Qui dit club, implique compétition. On risque donc de perdre le vecteur éducation populaire et le futsal deviendra un sport comme un autre. Avec la compétition vont entrer des notions d’argent et cela risque de devenir une affaire commerciale. On ne pourra plus prendre de temps avec le jeune avant, pendant et après. » Sahia souhaiterait que le futsal continue à être régi par des professionnels soutenus par l’éducation populaire. « Le futsal doit rester entre les mains des animateurs socio-éducatifs qui lui donnent une autre dimension. Il faudrait détacher des animateurs dans les clubs et maintenir la Coordination pour garder l’esprit du futsal. » Entretien réalisé le 17 avril 2007


Portrait

StEéphane Jacolin

Éducateur territorial pour les activités physiques et sportives au service prévention, Ville d’Échirolles

« Au service prévention, nous entrons en contact avec les jeunes par le vecteur du sport. Le futsal est un sport populaire qui véhicule des valeurs éducatives. Au même titre que d’autres sports collectifs. Tous les sports sont des outils pour nous, ils permettent de créer et d’entretenir le lien avec les jeunes et les familles. Pour pouvoir effectuer tout un travail d’accompagnement et d’orientation, depuis l’insertion sociale jusqu’à la réinsertion. » Educateur territorial pour les activités physiques et sportives, Stéphane Jacolin travaille au service prévention de la ville depuis 1992. Pour le futsal, « nous entraînons les 8-17 ans, deux mercredis par mois au gymnase de la Butte. Le jeudi soir, c’est au tour des 18-38 ans. Et dans le cadre d’une convention avec la maison d’arrêt de Varces, nous emmenons les jeunes jouer contre les détenus. » Le futsal a une identité forte, « il est lié au quartier, à une proximité et à une envie d’être ensemble. Il capte beaucoup de jeunes. Particulièrement ceux qui ne trouvent pas leur compte dans le foot. Le futsal se pratique à côté de chez eux, pas besoin d’aller au stade. Ils sont dans un gymnase, un peu à l’abri. Ils partagent un moment ensemble dans un espace protégé qui est à eux, le temps d’une activité. » Aujourd’hui le futsal a le vent en poupe, mais les pratiques évoluent dans le temps. « À une époque, c’étaient le roller, le skate, le BMX ou le basket de rue… C’est cyclique. Si on n’avait pas eu de gymnase à notre disposition, on pratiquerait le football de rue. à Échirolles, il y a une volonté de développer le futsal et ses valeurs. Elle se traduit par l’ouverture de créneaux dans les gymnases de la ville, utilisés par différentes structures et associations de quartier. Le futsal favorise les maillages avec des jeunes d’autres quartiers et délocalise les structures. En brassant les intervenants, il nous permet d’échanger et de prendre du recul sur les pratiques des uns et des autres. » Les bénéfices du futsal se mesurent aussi aux valeurs qu’il induit : « le respect de l’autre, de l’adversaire, de l’arbitre, du public et de soi-même. Il y a aussi la notion de responsabilisation. Le fait de ne pas parler ne parasite ni le joueur ni le jeu. Et c’est moins agressif. » Sans oublier «le sens du collectif et le fait qu’ils puissent se confronter les uns aux autres», notamment par le biais de la compétition. « Mais il faut garder en mémoire les principes essentiels : plaisir, compétitivité et sportivité. Chacun est libre de mettre en place du futsal axé sur la compétition - donc plus élitiste - où c’est le

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résultat qui va être recherché. Mais, pour nous, cette conception se démarque de notre travail de prévention et d’éducation. Les jeunes n’ont pas tous les mêmes chances parce qu’ils n’ont pas tous les mêmes capacités. Tant mieux si un jeune arrive à percer, mais je n’ai pas envie de renvoyer cette image : jouez au futsal, on arrivera à faire de vous des professionnels. Comme ce qui est transmis dans le foot à travers les images de Zidane, Ronaldo… » Même le futsal commence à se transformer, « surtout aux niveaux national et international. Par exemple, lors de la coupe France-Japon à Échirolles, les règles avaient évolué. Les joueurs parlaient sur le terrain, taclaient… Je crains que cela ne devienne comme le foot. En tout cas à Échirolles, on a gardé les valeurs du futsal. Elles sont respectées et on les fait respecter. » Mais au-delà du terrain, il est sceptique. « Même si le joueur se tient à l’activité futsal et qu’il en respecte les règles, je ne suis pas sûr que ça reste après… Quand il retourne chez lui, dans son quartier, la vie reprend son cours. Je ne suis pas négatif mais je reste vigilant. Quel que soit le sport, c’est la même chose. Lorsque nous organisons des camps, les jeunes respectent le cadre sur le moment. Mais après, qu’en font-ils ? En brassant les quartiers, le futsal a permis d’atténuer les conflits, mais les notions de territoires sont toujours là. Moins fortes qu’avant mais elles existent. Le futsal ne va pas régler tous les problèmes. » Entretien réalisé le 18 avril 2007


Portrait

Atika Djedidi

Animatrice secteur jeunes à la MJC Robert-Desnos, ville d’Échirolles

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Après avoir accompagné son petit frère – sélectionné en équipe de France – sur tous les tournois, Atika Djedidi a attrapé le virus du futsal. Animatrice secteur jeunes à la MJC Desnos depuis 1999, elle est la seule femme à la coordination futsal. Difficile ? Pas vraiment… « C’est vrai que le futsal est un milieu masculin. Mais je me sens bien à la coordination. Je m’implique dans l’organisation et j’ai ma place. Dans les tournois, je tiens la table de marque. Je gère les repas et goûters dans des manifestations de futsal, qui réunissent parfois 200 à 300 jeunes. » Atika ne se contente pas de participer à la coordination. En 2002, elle monte une équipe féminine de futsal. « C’est parti d’une demande de jeunes filles du collège Jean-Vilar. Au départ, elles souhaitaient faire du football », mais se sont rapidement converties au futsal. « 14 filles sont venues. De leur côté, les MJC Picasso et Prévert avaient également quelques joueuses, mais moins nombreuses. » Pendant trois ans, Attika entraîne « ses » filles tous les mardis au gymnase de La Butte. « Les trois premiers mois n’ont pas été faciles. Les filles étaient dissipées, elles parlaient beaucoup sur le terrain. Il fallait sans arrêt les reprendre, leur rappeler les règles et les valeurs du futsal. Et leur apprendre à écouter. Elles ne savaient pas faire une phrase sans dire de gros mots. Je devais souvent leur rappeler qu’elles pouvaient être reconnues sans forcément être vulgaires. Aujourd’hui quand je les revois, je suis sidérée par leur changement. Elles sont devenues de vraies jeunes filles dans leur tenue vestimentaire et dans leur langage. Et je me dis que le futsal a peut-être bien porté ses fruits. » Quant à leurs motivations, elles tiennent « au côté sportif du futsal, la danse leur ressemblait moins. Pour elles, c’était aussi un moyen de casser l’image du quartier et de montrer que les filles avaient autant leur place que les garçons. Un moyen de s’élever contre le fait que les filles étaient censées rester à la maison. » Quant aux garçons, ils ont plutôt bien réagi : « Jamais ils ne venaient les embêter pendant les entraînements. Ils les encourageaient même. » Leurs familles n’ont pas non plus marqué d’opposition particulière : « Je n’ai jamais eu de problèmes. Les parents savaient où étaient leurs filles, donc aucun souci. Les filles ont pris leur place dans le futsal. » Très vite, les joueuses se prennent au jeu. « Au début, elles ne voulaient pas forcément aller en tournois. Mais plus elles s’entraînaient, plus elles en avaient envie, pour montrer ce qu’elles savaient faire. Elles ont participé à des ouvertures de tournois en jouant le premier match. Mais, comme il n’y avait pas suffisamment de filles sur l’agglomération, elles jouaient toujours entre elles. Donc il n’y avait pas assez de dynamique. Attika regrette bien évidemment cette situation. «La coordination futsal a essayé de remotiver les troupes mais cela ne prend pas. En fait, on sent aujourd’hui qu’il n’y a plus de réelle motivation chez les filles. Mais ce n’est pas propre au futsal car toutes les activités filles sont en chute libre, sauf le hip-hop pour les 14-18 ans. C’est la même chose sur d’autres quartiers. Je crois que c’est une tendance générale due à la nouvelle génération des 12-15 ans. Elles préfèrent aller faire des courses ou sortir avec les copines plutôt que de venir à la MJC. Certaines n’osent pas à cause des garçons de leur âge qu’elles côtoient pourtant au collège. Les garçons de 13-15 ans sont un peu machos. On a parfois l’impression de revenir en arrière… Peut-être que la création de la fédération de futsal relancera la dynamique. Ou que d’autres filles plus jeunes prendront le relais. A Échirolles, il reste une seule fille, du quartier du Limousin, qui joue le mercredi au futsal. C’est une bonne joueuse. Mais comme elle n’a que 10 ans, elle n’a pas encore l’âge d’intégrer le secteur jeunes. Alors dans deux ans, on verra… et peut-être alors qu’on pourra remonter une équipe féminine. » Entretien réalisé le 17 avril 2007

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février 2007 - Gymnase Lionel Terray à Échirolles. Tirs au but lors de la finale du tournoi de futsal.


Portrait

Jean-Pierre Salsi Président de l’association Pré-Lagrange, Ville d’Échirolles

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Jean-Pierre Salsi est un homme concerné par la vie de la cité. « J’ai adhéré au Parti Communiste à 17 ans et demi, quand j’ai pris la succession à Neyrpic de mon père décédé. Gilbert Biessy, ancien maire et actuellement député de la circonscription, m’a formé, il était responsable CGT ». À 68 ans, Jean-Pierre a une longue expérience de la vie associative, et son militantisme, n’a pas pris une ride ; « je continue d’être sur le terrain pendant que d’autres grignotent devant leur télévision. Je vais aux réunions, aux entraînements et je suis président de l’Association Pré Lagrange ». C’est en tant que bénévole qu’il intervient dans le domaine du futsal. « Nous avons démarré tout petit en 1996. Nous avons monté une association sur Pré Lagrange avec une première équipe de futsal constituée de jeunes du centre Ville, une quinzaine de moins de 18 ans. Au début nous étions à Sassenage pour les entraînements, et à partir de 1997 nous avons eu un créneau au gymnase Joliot Curie à Échirolles. Nous en sommes à notre dixième année d’activité ». Avec peu de moyens et d’encadrement, les choses parviennent toutefois à s’imposer et à évoluer, « sur Pré Lagrange je suis seul, un peu isolé. Il faut faire acte de présence, faire l’arbitre, être responsable des débordements, manager, reprendre en main quand il y a une prise de risque sur le terrain, rien de méchant mais il faut être là ». D’après Jean-Pierre, le futsal a deux identités, qui vont de pair. Il y a le sport et la compétition, « avec des enjeux, le championnat départemental. Cette année on s’y est pris trop tard, mais pendant neuf ans on a toujours été présents, soit à l’UFOLEP soit au district départemental des 3F », et il y a tout le pan de travail social, « les jeunes sont soumis à de l’agressivité à plein de niveaux. Sans les MJC et autres structures pour leur permettre de changer d’horizon, la violence se crée. La compétition permet aussi de dégager une agressivité qui s’accumule ». Les entraînements offrent des temps de dialogues nécessaires pour comprendre ce que vivent certains jeunes. « Il y a un manque, et nous ne sommes pas suffisamment allés les voir pour comprendre ». JeanPierre évoque les émeutes en banlieue, « je condamne ces gestes criminels qui mettent en danger la vie des autres, mais la question est de savoir pourquoi une telle attitude ? Au futsal j’ai demandé aux joueurs comment ça se passait ; un mal d’être existe et j’essaie de comprendre ». Au futsal, les jeunes extériorisent leur énergie, ils souhaitent parfois prolonger la durée des entraînements. Il faut alors leur faire comprendre que le gardien n’est pas payé après 22h, leur faire remarquer ces quelques réalités d’organisation. Les équipes de Pré Lagrange sont présentes sur de nombreux tournois, les effectifs sont donc importants. Quelques uns viennent des MJC, d’autres ne sont impliqués dans aucune autre structure. « Je touche des jeunes qui ne se sentent pas concernés ailleurs ». Entretien réalisé le 8 mars 2006


Portrait

Abdelrraouf Djebablia Jeune joueur de futsal au Pôle jeunesse Prévert, Ville d’Échirolles

Un ballon au pied depuis l’âge de neuf ans, un amour pour le futsal qui ne s’atténue pas, le BAFA en poche, Abdelrraouf Djebablia seraitil un candidat à la relève, un futur entraîneur animateur nouvelle génération ? Malgré un grand respect pour ses aînés et une forte motivation dans sa pratique du futsal, Abdelrraouf a d’autres aspirations en tête ; travailler dans le commerce, et plus précisément, dans les relations clients/fournisseurs. À 18 ans, il prépare une première d’adaptation commerce après avoir obtenu son BEP comptabilité. Il vit au Village II, sous le même toit que sa maman. Au milieu des chiffres et des sorties entre amis, Abdelrraouf trouve le temps de shooter dans un ballon. Il a découvert le futsal en pratiquant le foot à 11 dans un club, « par temps d’intempéries on s’entraînait dans les gymnases et j’ai trouvé ça mieux que sur un grand terrain. A cinq les conditions de jeu se simplifient ». Aujourd’hui, il en connaît bien tous les protagonistes ; « j’ai commencé avec le MJC Picasso. Les animateurs étaient Aissa, Bika et Rachid Boulgour. Quand j’ai déménagé de la Luire pour venir m’installer au Village II, j’ai changé d’équipe. C’est pareil au niveau des entraînements, et même encore mieux, parce que ceux avec qui je joue sont mes copains ». Des amis qui sont de toutes les sorties, « on fait tout ensemble. On va au cinéma, au ski, on brasse dans d’autres villes. Même si ça reste occasionnel ! ». En plus d’être joueur, Abdelrraouf aime passer de l’autre côté de la barrière et devenir spectateur, « tous les grands évènements futsal j’y vais, que ce soit les finales de coupes de France, les finales de Coupes d’Isère. J’attends pas spécialement que ce soit des professionnels qui jouent pour aller voir du futsal », les déplacements se font en famille, avec les cousins. Cet esprit de partage, l’envie de profiter des amis et des siens, renforce l’engouement d’Abdelrraouf pour le futsal. « Rencontrer d’autres personnes, vivre les compétitions avec des gens que je connais déjà, c’est amical. Après, quand on joue dans une Coupe de France on a plus envie de gagner mais en général, on a tous la même mentalité ». Une mentalité qui prend quelques racines dans les valeurs UFOLEP, « avec l’UFOLEP on faisait le salut, quand on était dans une phase de qualifications il y avait la présentation avec les noms de famille. On était en ligne devant la table de marque qui disait ton nom de famille, tu avançais, et tu saluais le public  à la tribune ». Au jeu ensuite de commencer, avec là encore une forte dose de Fair-play. « Sur le terrain le fair-play permet de rendre le jeu plus agréable. Mieux vaut jouer avec du Fair_play qu’avec de la haine ! ». Aujourd’hui Abdelrraouf joue dans l’équipe senior de Prévert, affiliée au 3F. « Maintenant qu’on est senior aux 3F il y a plus de compétition ». Le changement de fédération ne semble pas affecter le jeune joueur, le futsal n’est plus seulement une activité de MJC « au contraire, il évolue. On le voit à la télévision, il y a de grands professionnels qui y jouent. On voit des matchs de futsal sur Eurosport ».

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Avec l’âge, les priorités se déplacent quelque peu, « quand on était petits on essayait toujours de mettre en valeur notre équipe, maintenant on joue au futsal […] C’est toujours bien de gagner. Plus on se confronte à des plus hauts niveaux et plus on apprend, on acquière de l’expérience ». La famille, les amis, les études, le sport… Et les filles dans tout ça ? « C’est déjà arrivé qu’on joue contre l’une des équipes féminine au Tournoi des Papillotes à Picasso. C’est normal que les filles elles… Bon on ne vas pas dire que c’est normal, les filles ont perdu, mais elles ont quand même marqué un but ! ». Entretien réalisé le 14 février 2006


Portrait

Karim Beguidja Animateur sur le secteur Villeneuve pour le service prévention, Ville d’Échirolles

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En 1998, Karim entre à la ville d’Échirolles dans le cadre des emplois jeunes. Agent d’accompagnement social de proximité, il intervient sur les quartiers de la Viscose et de La Luire. Chargé d’animer les Agorespaces, il commence à jouer au futsal avec les jeunes. En parallèle, il assure les créneaux de futsal dans le gymnase Navis. à l’évocation de ce souvenir, il a un sourire amusé : « C’était vraiment quelque chose, car au départ le gymnase n’était absolument pas conçu pour ça. Il y avait des appareils de musculation sur les côtés. On coupait l’espace en deux, on installait des petites cages et on jouait ». En 2000, il intègre le Service prévention de la ville en tant qu’animateur sur le secteur Villeneuve. Depuis, il entraîne de jeunes adultes le jeudi soir au Tonneau, espace Joliot-Curie. « Ce sont en fait les jeunes du quartier que j’encadrais avant, mais qui ne sont plus dans les structures MJC ». Karim estime que le futsal est un bon outil « pour accrocher les jeunes et entrer en contact avec eux, car ils se reconnaissent dans cette pratique. En plus, il y a une grosse dynamique autour de ce sport soutenu par une organisation, la coordination futsal. à Échirolles, c’est une activité prépondérante qui se pratique d’ailleurs dans les espaces jeunes et MJC. » Il reconnaît volontiers les atouts du futsal essentiellement liés aux règles spécifiques de cette discipline sportive. Ainsi, le fait de ne pas parler sur le terrain lui semble « une pratique judicieuse pour éviter que les jeunes ne montent en puissance. Parce qu’au départ, on s’appelle et ensuite on s’insulte. » Les tournois permettent de brasser des jeunes issus de différents quartiers, « ce sont des moments où ils se rencontrent et apprennent à se connaître. Maintenant, il y a moins d’agressivité et plus de reconnaissance. Les intervenants sont en contact avec des joueurs d’autres quartiers et cela aussi est bénéfique. à un moment donné, le futsal a permis aux jeunes de grandir. Les Echirollois ont participé à la coupe de France. Aller en compétition a revalorisé leur pratique et leur a redonné confiance en eux. Ils sont regardés d’un autre œil. Et pour les jeunes, c’est important. Il ne s’agit pas de décrocher le titre à tout prix, car la compétition n’est pas forcément le but du futsal. Il faut d’abord qu’ils se fassent plaisir. » Le futsal est-il un outil privilégié pour la prévention ? « Pas plus qu’un autre sport, car il y a des règles dans chaque discipline sportive. Le joueur qui les adopte est ensuite capable de les utiliser comme règles de vie. J’ai l’impression qu’on enferme un peu les jeunes dans le futsal, alors que d’autres sports portent les mêmes valeurs. C’est un sport populaire et, comme on le propose beaucoup, on a conditionné les jeunes. Et ça leur colle un peu à la peau. Les jeunes dans les quartiers font essentiellement du hip- hop, du rap et du futsal. J’aimerais qu’ils s’ouvrent à d’autres sports. De mon côté, j’essaie de développer d’autres activités comme le street-hockey (hockey de rue sur roller) ou la boxe. Je ne remets pas en question le futsal, mais la pratique unique d’un sport. Car elle referme le quartier sur lui-même, renforce la notion de territoire. L’école, par exemple, donne accès à différents sports pour développer sa psychomotricité. En pratiquer plusieurs aide à devenir meilleur dans un sport donné. On travaille d’autres appuis, on s’assouplit, on augmente sa force musculaire. Dans les stages oxygénation, nous essayons de proposer autre chose, comme le réveil musculaire (écouter son corps, se mettre en route…). Nous organisons des jeux d’affrontement comme la lutte ou encore le rugby. Les jeunes peuvent se défouler en intégrant un comportement avec des règles qui les aident à se maîtriser. » Entretien réalisé le 17 avril 2007


Portrait

AIssa Yahia-Bey

Animateur à l’Espace jeune Pablo-Picasso, Ville d’Échirolles Joueur de l’équipe de France de futsal

« Les grands frères étaient plus qu’un soutien, pour nous, c’était une locomotive ». Entendre Aïssa Yahia Bey parler de grands frères donne le sourire, avec lui cette expression prend un double sens ! Dans ce “grands frères” il y a tous les joueurs de futsal plus âgés du secteur Picasso, ceux qui ont fait rêver les jeunes du quartiers en accédant à la demi-finale de coupe de France de futsal en 1992. « Quand on allait au gymnase, on s’asseyait dans la tribune et on les regardait jouer, c’était comme si on allait voir jouer un match de pros ! […] ça nous a donné envie de pratiquer, il y avait beaucoup de respect entre eux et nous. Ils ne venaient pas nous chercher, on venait tous seuls ». « Tous seuls »… pas tout à fait pour Aïssa qui emboîtait alors le pas de son grand frère, le vrai celui là, animateur de l’activité futsal à la MJC Picasso, et avec qui il partait jouer sur le terrain. Le plaisir du ballon a donc commencé très jeune pour cet homme là, et rien ne semble vouloir atténuer cette passion… à lui de rire face aux années futsal qui défilent, « quinze ans que je joue maintenant ! ». Aïssa Yahia Bey a plusieurs casquettes à son actif, qui forment un parcours cohérent, qui se portent parfois en duo et se complètent. Il est à la fois animateur à Picasso, il est responsable de la catégorie des 10-17 ans, joueur de foot à 11 – classé en deuxième division – et joueur de futsal. Il est ainsi doté d’une double vision sur le monde du futsal : celle d’un animateur et celle d’un joueur passionné qui voudrait voir son équipe accéder aux plus hauts niveaux. Depuis plus de deux ans, Aïssa fait partie de l’équipe de France de futsal, l’occasion pour lui de jouer à Claire Fontaine, lieu mythique dans l’univers du football : « c’est vrai qu’en tant que footballeur, quand je suis arrivé, j’ai été… Je ne vais pas dire ému mais ça m’a fait quelque chose. Quand tu te dis que Zidane a dormi là et que toi tu dors juste à côté. Ça fait chaud au cœur. En plus, c’est une reconnaissance, une fierté. » Il essaie de partager cette expérience lors des entraînements, lorsqu’il encadre les équipes de futsal du quartier Ouest à Échirolles. C’est une ambition pas toujours évidente à tenir, les attentes et les objectifs autour du futsal ne sont pas les mêmes chez tous les joueurs ! « C’est un peu dur parce que pour certains, la boite de nuit est l’activité du samedi soir, le futsal l’activité de la semaine. Dés que les contraintes de jeux se font trop nombreuses, les séances d’entraînement sont mises en péril et le projet de progresser s’éloigne. » La voix de la professionnalisation n’est donc pas simple, nombreux sont ceux qui pratiquent le futsal avant tout pour leur plaisir, comme un loisir. Mais il y en a des motivés, et Aïssa compte bien les soutenir ! « Si tu en as dix qui veulent évoluer, voilà, ils vont se valoriser à travers ce sport. Si la personne ne rentre pas dans ce cadre, on a pour elle une section loisirs… » Le futsal comme une reconnaissance ? « Je prie pour que l’on atteigne le professionnalisme ! Je pense que ça met du temps parce qu’il dérange ce sport, ses origines, la population qui y joue. En fait, il représente beaucoup de mauvais clichés qui remontent aux année 80, 90, voilà c’est bon, il faut tourner la page ».

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Aujourd’hui le futsal se développe. Il y a à Échirolles plusieurs créneaux d’entraînement, il est devenu facile d’obtenir des gymnases pour les tournois, les subventions sont plus nombreuses… Aïssa note toutefois un bémol face à cette reconnaissance. Pour lui, ce n’est pas le futsal en lui même qui est reconnu, mais le travail qui est fait par tous les encadrants autour de ce sport. Le futsal est appuyé par les institutions en tant qu’outil de prévention mais « n’est pas assez pris au sérieux comme pouvant être un sport professionnel […] Tout le monde est conscient qu’on touche beaucoup de jeunes. En terme de prévention ça va, parce que les jeunes quand ils sont dans le gymnase, ils ne sont pas dehors à mettre le bazar ». Aïssa souhaite voir ce sport évoluer, « c’est plus valorisant pour un jeune de lui dire qu’il fait vraiment un sport à part entière ». Alors quelle amélioration à l’avenir pour le futsal? « Ce serait bien que le district propose un championnat un peu plus intéressant au niveau régional, même si tu dois faire 100 kilomètres pour aller jouer contre une équipe. Au moins, il y aurait du piment ! ». Entretien réalisé le 22 avril 2005


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Fallait oser ! Oser passer, dépasser, prendre sa place. Les règles du futsal s’inscrivent dans letracé des salles de gymnases.


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Quelque part entre l’air et la terre, dans le vivant de l’instant, dans le vibrant du moment, l’espoir d’être gagnant.


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Gagner se joue aussi dans la loyautÊ avec son coach, un garant contre l’engrenage de la rage, un gage pour sortir de la marge.


LEXIQUE Fair-play « Jouer juste », savoir respecter l’adversaire jusqu’au bout des matchs et pourquoi pas, gagner la Coupe du Fair-play.

Ballon Maintenant on est là, on vit ! 64 cm de circonférence au bout des pieds. Notre ballon c’est une boule d’énergie !

Table de marque l’écart est serré, la table de marque affiche 3 à 2, plus que cinq minutes pour sauver le match, allez les filles, ALLEZ LES GARS, faut foncer !

ZONE Extérieur / Intérieur. Sortir de ma cage, quelques enjambées, en dehors de ma zone je peux devenir joueur, je peux aller marquer ! [Zone autorisée]

Amitié d’abord, compétition ensuite la devise de toujours ! Etre tous ensemble, partager les victoires, encaisser les défaites, évoluer les uns à côté des autres, profiter de nos complicités sur le terrain : vivre le futsal en équipe !

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GOAL Je suis seul à cet instant, pas d’identité en partage, je suis seul dans les cages. Ma tête, mon corps, mon esprit, encadrés. Si ce ballon atteint son but, c’est moi qui perd le mien !

Équipes Prévert, Picasso, Desnos Trois équipements de quartier aux noms d’artistes pour des artistes de la balle !

Supporters Tous ces yeux fixes dans les gradins et l’air tendu des copains. Allez fonce, fonce, pas le droit à l’erreur, il faut marquer !

Ne pas parler Sur le terrain, claquements de main, gestes rapides et précis, signes transmis par le corps, une parole sans les mots : le futsal invente son langage des signes !

Equipe 5 contre 5 à jouer de leur habilité , 5 contre 5 à se faire les plus rusés.

Salut solennels et les visages concentrés, tous les joueurs se plient à la règle ; salut des adversaires avant la lutte pour la victoire.

Le temps mort Suspension du match, l’équipe est en difficulté. Le front grave, l’entraîneur demande un temps mort à la table de marque, qui fait passer la requête à l’arbitre ; rituel. Un temps mort possible par équipe et par mi-temps. La tension est palpable, quelques recommandations de stratégie de jeu et déjà il faut reconquérir le terrain.


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01 03 Corner offensif

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Celismo loborti onulpute vullandre vullam, veros dolobortinim ipit vel er aliquat ionsequ iscing et, verilisi tem nim.


Fou d’futsal, ça l’fait L’année dernière, j’avais douze et demi, Et c’était la loose les mercredi, J’avais rien à foot, c’allait pas, J’savais pas ! Faire quoi ? L’après midi ! Et puis, un jour de pluie… j’ai suivi mon pote Karim, Car y m’avait dit « Le futsal, ça l’fait ! Sur ma vie ! » Tchookar Karim, carrément cool ! Je suis venu, j’ai vu, ça m’a plu. Depuis, je suis fou d’futsal, Dans ma vie, même si c’était un début, je cherchais des buts ! Et j’ai trouvé des cages, ça a été le déblocage, le sauvetage ! Comme un voyage. Lâchage, partage, nouveaux démarrages, nouveaux paysages, nouvelles images. J’oubliais mes nuages, orages, ravages, ratages, rétamages, mauvais présages ! La vie serait plus facile si tous mes dérapages, sauvages engrenages, Pouvaient se régler comme une partie de balle au pied, Avec des exercices de rodage, des stages ! Quand mon existence n’est pas terrible, je dribble, et cherche une cible ! Le sport oxygène mon corps, aussi j’aime le sport ! Encore ! Du coup, ma tête est plus calme, et réclame moins de colère, c’est clair.

Texte d’ouverture des ateliers d’écriture, pendant le stage Oxygénation futsal, avril 2005 Attention : Texte à écouter ou à lire à voix haute !

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Je suis fou d’futsal, ça l’fait franchement, le foot, c’est trop de la balle. Dans ma chambre j’ai des posters dédicacés exclusifs. Des inédits d’Zidane ! Mais, à la télé, ça m’fait mal au cœur de voir des footballeurs se foot’ des pains, Nous, au moins, on veut juste faire un bon foot entre copains, La violence sur le terrain, c’est toujours le même refrain, Moi, c’est vrai, je n’ai d’yeux que pour les bleus, Mais j’fais pas du foot pour avoir des bleus dans les yeux. C’est pas du foot ça, ça l’fout mal, Fabien en pleure, alors que Thierry en rit. Barthez tu t’prends pour un Lama, l’ami ? Tu vas t’faire laminer ! Y a des règles à respecter, quand on passe à coté, c’est normal, on se fait virer. Pour que le jeu puisse continuer, sur le terrain, c’est le carton. Exclusion. Pénalité. Mais la vie, elle, ne fait pas de cadeau, elle va pas te rater, Si elle te met hors-jeu tu reviendras plus jouer, J’ai compris qu’il valait mieux que je me défoule au foot, Plutôt de laisser la haine me contrôler, ça en vaut pas la peine. Je suis fou d’futsal, ça l’fait... Parfois, j’essaie de me démarquer, pour aller marquer. Je voudrais me faire remarquer, Mais un but c’est toute une équipe qui lutte, un travail de collectivité ! J’ai compris l’intérêt de l’esprit d’équipe avec l’expérience, Jouer perso, un joueur contre plusieurs, est une erreur, Sans l’équipe on te pique la balle, on te ballade comme un blaireau ! Construire un jeu en passes, c’est comme vivre une amitié, Quand la situation te dépasse, tu as quelqu’un sur qui compter, Pour te donner un coup de main, ou un coup de pied bien placé, Pour te secouer, allez, on va y arriver ! Toujours, l’esprit sport me permet d’avoir l’espoir et parfois de gagner ! J’préfère être fair-play et m’rappeler que j’suis là pour m’amuser ! Je crois que j’me suis fait plein d’amis … tant de temps déjà, ça fait longtemps, Qu’on partage les mêmes mi-temps, pour moi c’est important ! Et le jour où on a raflé la coupe, ça m’a coupé le souffle ! Et là je me suis dit, plus on est au foot, plus on rit ! Pour moi, c’est ça l’futsal ! Je suis fou d’futsal, ça l’fait franchement, le foot, c’est trop de la balle. BASTIEN MOTS PAUMÉS


Ma reum voulait que je fasse du cheval, Mais moi je veux pas, ça passe trop mal, ça vaut que dalle. Mon repé voulait que je fasse de la Gym, Mais moi je stagne comme un animal, J’ai fait un salto raté et toute la salle m’a vu m’étal’. Alors j’ai fait du futsal, J’ai taclé, Je me suis éclaté, J’ai respecté et j’ai marqué, Maintenant je fais du futsal total non brutal. Le futsal c’est pas du foot sale, Mais du foot en salle. Je suis fou du futsal, Ça me défoule quand j’étouffe. Quand je joue, la foule se défoule, Parfois c’est le foutoir, ils sont affolés. Yannis Djelloul & Nicolas Seluzeringo

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février 2007 Gymnase Lionel Terray à Échirolles.


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REGLES DU JEU

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UFOLEP

RÈGLEMENT CHAMPIONNAT RÈGLEMENT CHAMPIONNAT RÈGLEMENT CHAMPIONNAT RÈGLEMENT CHAMPIONNAT

RÈGLEMENT CHAMPIONNAT " " INTERDICTION DE PARLER SUR LE TERRAIN INTERDICTION DE PARLER SUR LE TERRAIN Règlement championnat coordination Futsal d’EchirollesRÈGLEMENT CHAMPIONNAT et MJC de l’agglomération RÈGLEMENT CHAMPIONNAT " INTERDICTION DE PARLER SUR LE TERRAIN " INTERDICTION DE PARLER SUR LE TERRAIN " INTERDICTION DE PARLER SUR LE TERRAIN INTERDICTION DE PARLER SUR LE TERRAIN " " INTERDICTION DE TACLER " INTERDICTION DE PARLER SUR LE TERRAIN " INTERDICTION DE TACLER " INTERDICTION DE TACLER " INTERDICTION DE TACLER " INTERDICTION DE PARLER SUR LE TERRAIN " INTERDICTION DE PARLER SUR LE TERRAIN " INTERDICTION DE TACLER " TIRS DEPUIS LA zONE AUTORISÉS " INTERDICTION DE TACLER " TIRS DEPUIS LA zONE AUTORISÉS " TIRS DEPUIS LA zONE AUTORISÉS " INTERDICTION DE TACLER TIRS DEPUIS LA zONE AUTORISÉS " " INTERDICTION DE TACLER " TIRS DEPUIS LA zONE AUTORISÉS " " SALUT OBLIGATOIRE DÉBUT ET FIN DE MATCH SALUT OBLIGATOIRE DÉBUT ET FIN DE MATCH " TIRS DEPUIS LA zONE AUTORISÉS " SALUT OBLIGATOIRE DÉBUT ET FIN DE MATCH " SALUT OBLIGATOIRE DÉBUT ET FIN DE MATCH " SALUT OBLIGATOIRE DÉBUT ET FIN DE MATCH " TIRS DEPUIS LA zONE AUTORISÉS " TIRS DEPUIS LA zONE AUTORISÉS " SALUT OBLIGATOIRE DÉBUT ET FIN DE MATCH " SALUT OBLIGATOIRE DÉBUT ET FIN DE MATCH " SALUT OBLIGATOIRE DÉBUT ET FIN DE MATCH " SALUT OBLIGATOIRE DÉBUT ET FIN DE MATCH


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01. tournoi papillottes, 16 décembre 2004. 02 03

02. Stage Oxygénation, La GrandeMotte, avril 2007 : Atelier théâtre encadré par Yannick Barbe et Heiko Buccholz, du collectif un euro ne fait pas le printemps et Dcap. 03. Atelier « fabrication d’affiches de futsal » encadré par le peintre Jean-Noël Zanetti, Dcap et le Centre du Graphisme d’Échirolles.

La Coordination futsal d'’Échirolles Elle est gérée administrativement par le service prévention. Elle réunit l’ensemble des acteurs du futsal de la Ville : La MJC Desnos, le Service jeunesse, le Service des sports. D’autres partenaires y participent tel que le service Dcap afin de monter des projets en lien avec le futsal.

La Coordination futsal d’Échirolles est née en 1998. À l’époque de sa création, il existait quelques tensions entre les équipes de l’agglomération, les ambiances de matchs se teintaient parfois d’agressivité ! Le travail de la coordination a permis d’apaiser ces clivages ; les encadrants se sont organisés, ont trouvé ensemble des solutions. Pascal Di-Tommaso, responsable du service prévention de la Ville, témoigne : « on a réfléchi à une coordination pour pouvoir mettre des règles collectives autour de l’activité. C’était important de la créer, ça nous permet d’échanger. […] Tout le monde n’est pas toujours d’accord, ça fait partie de la démocratie ! Mais on marche dans la bonne direction pour les jeunes ». Les protagonistes du futsal ont donc trouvé la bonne combinaison pour faire avancer ensemble ce sport ! Bika Mérimi réaffirme ce rôle de la coordination, « c’est une réunion pour faire évoluer le futsal, apaiser des conflits entre les quartiers. Il faut qu’on se fasse plaisir autour d’un sport sans violence entre les gamins, qu’on passe des moments conviviaux. Tous ensemble on travaille pour mettre des projets en place ». Deux temps forts sont organisés par la Coordination ; le Tournoi des papillotes et le stage Oxygénation. Le tournoi des papillotes se déroule sur une demi-journée, il réunit toutes les équipes de jeunes de la Ville au mois de décembre. Deux catégories participent, les 10-13 ans et les 14-16 ans. Un tournoi convivial où les équipes peuvent gagner la coupe du fair-play et déguster un goûter géant en fin de match ! Autre événement à la dénomination peu commune, le stage Oxygénation ! Un grand bol d’air d’une semaine loin d’Échirolles, pour une quarantaine de jeunes, accompagnés par les animateurs de la coordination. En 2007, destination la Grande Motte avec au programme, du sport bien sûr, mais aussi plusieurs ateliers en théâtre-vidéo avec le Collectif Un euro ne fait pas le printemps, et création d’affiches avec le plasticien Jean-Noël Zanetti, montés avec le service Dcap. La vie en collectivité apporte sa dose de surprises, un match de Futplage impromptu et une séance d’improvisation théâtrale avant l’extinction des feux, pour des petits moments de bonheur et de grands fous rire !

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lors du tournoi national organisé en avril 2006 par la coordination futsal échirolloise, le service des sports de Grenoble et les MJC de l’agglomération.


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Regarder, discuter, s’amuser, siffler, s’exprimer… Les tribunes entrent en jeu.


Remerciements Pour leurs témoignages

Benyoubka MERIMI (Bika) Pascal DITOMASO Faye OLIVEIRA Dominique GARDEUR Amel LADIOD Souad VENTON Sahia BOUZEGHOUB Mehdi BOULTIF Michel MUFFAT-JOLY Riad DIDAS Sofien MELLOUL Ingrid MARTINEZ El Amine El MONDIR Stéphane JACOLIN Atika DJEDIDI Jean-Pierre SALSI Abdelrraouf DJEBABLIA Karim BEGHIDJA Aïssa YAHIA-BEY Bernard BORLET

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Pour leur participation au projet Coordination futsal d’Échirolles Direction des Affaires Culturelles Service Communication Réseau des bibliothèques Musée Géo CHARLES Centre du Graphisme d’Échirolles Service Vie des Quartiers-Démocratie locale Maison Egalité Femme-Homme Service Jeunesse Service des Sports Service Prévention – CCAS Échirolles Service documentation-archives Elise LEGAGNEUX, stagiaire kader merimi Yannick BARBE, Heiko BUCCHOLS, comédiens du Collectif un euro ne fait pas le printemps Bastien mots paumés, Slameur Yannis DJELLOUL et Nicolas SELUZERINGO, slameurs Collège Picasso Jean-Noël ZANETTI, artiste peintre Laurent Pernel, plasticien Fanny TERRAIL L’Office Municipal des Sports Entretiens Julie AUGUSTE, Ethnologue Interviews, rédaction et portraits Marie-Lou LAMBERT Catherine REYNAUD / Incidence Richard COLLIER Ce projet à reçu l’aide de la Direction Régionale des Affaires Culturelles Rhône-Alpes la Direction Départementale Jeunesse & Sports de l’Isère la Région Rhône-Alpes le Conseil Général de l’Isère / Culture et lien social Grenoble Alpes Métropole.


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Hommage à Jean-Paul SCARINGELLA, dit Paulo, gardien « attentionné » du Gymnase Pablo PICASSO.

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¶ Crédits photos

Marianne PACHOUD Pierre DELVA Anonymes Archives service communication et Espace Picasso Sofien MELLOUL Michel BONO ¶ Équipe de réalisation

Pierre DELVA marie LORENZIN Arnaud DULAT service municipal Dcap (développement culturel, arts et poésie). ¶ CRÉATION GRAPHIQUE

arnaud JARSAILLON françois GAILLARD Thyl ¶

IMPRIMÉ EN 2007 À L'Imprimerie des EAUX-Claires Échirolles


Rencontre de futsal, effervescence dans le gymnase. Dans les lignes dessinées au sol, le tracé jaune du handball, le rouge du basket, le blanc du volley, mais aucune trace du futsal. Quel est donc ce sport réunissant plus de trois cents jeunes dans les quartiers populaires à Échirolles, ville du sud de l’agglomération grenobloise (Isère), dans une quasi-invisibilité ? Arrivé d’Uruguay, il y a vingt ans, dans les valises d’animateurs empreints des valeurs de l’éducation populaire, le futsal témoigne de l’incroyable dynamique d’un jeu de ballon à cinq contre cinq, gardien compris, dans le huis clos d’un gymnase. Cet ouvrage, édité par la Ville d’Échirolles, raconte à plusieurs voix et en images, comment une nouvelle pratique sportive dessine sa place dans les lignes de vie de notre société.

ISBN EAN2-916860-04-69782916860046

15 €


Futsal, jour de match à Echirolles