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ANNEXE C PROGRAMME PARTICULIER D’URBANISME SITE DE L’HÔPITAL LOUIS-H. LAFONTAINE

TABLE DES MATIÈRES

1.

TERRITOIRE D’APPLICATION DU PPU

2.

ORIENTATIONS D’AMÉNAGEMENT

3.

POTENTIELS ET CONTRAINTES

4.

CONCEPT D’AMÉNAGEMENT

5.

ORIENTATIONS RÈGLEMENTAIRES

1


LISTE DES ANNEXES

ANNEXE 1

PLAN ILLUSTRANT LE PÉRIMÈTRE D’APPLICATION DU PROGRAMME PARTICULIER D’URBANISME DU SITE DE L’HÔPITAL LOUIS-H . LAFONTAINE

ANNEXE 2

PLAN CONCEPT

ANNEXE 3

ORIENTATIONS RÉGLEMENTAIRES : PLAN DES USAGES AUTORISÉS

ANNEXE 4

ORIENTATIONS RÉGLEMENTAIRES : PLAN DES LIMITES DE HAUTEUR

ANNEXE 5

ORIENTATIONS RÉGLEMENTAIRES : TAUX D’IMPLANTATION

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1. TERRITOIRE D’APPLICATION DU PROGRAMME PARTICULIER D’URBANISME DU SITE DE L’HÔPITAL LOUIS-H. LAFONTAINE Le plan joint en Annexe 1 indique le périmètre d’application du PPU. L’aire d’aménagement couvre l’ensemble du site de l’Hôpital. Le territoire est délimité par l’autoroute 25 à l’est, la rue Hochelaga au sud, le quartier résidentiel existant à l’ouest, et au nord par la sous-station d’Hydro-Québec, la voie desservant le marché Loblaw’s et la limite de propriété de Loblaw’s, au nord.

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2. LES ORIENTATIONS D’AMÉNAGEMENT 2.1. ASSURER UN DÉVELOPPEMENT À DES FINS RÉSIDENTIELLES DE LA PÉRIPHÉRIE DU SITE DE L’HÔPITAL TOUT EN ÉTABLISSANT UNE MEILLEURE INTÉGRATION DE L’HÔPITAL DANS LA VILLE • •

• • •

Désenclaver le site de l’Hôpital Louis-H. Lafontaine et permettre un développement harmonieux de la propriété, fondé sur la reconnaissance de l’intérêt que présentent le cadre bâti de l’institution et ses paysages. Assurer un développement urbain de qualité d’une partie de la propriété de l’Hôpital en permettant la réalisation d’un réseau de voirie dans le prolongement des voies existantes, d’une variété de solutions résidentielles de moyenne densité ainsi qu’un réseau de parcs et d’espaces verts mettant en valeur les qualités paysagères et patrimoniales du site. Concevoir une forme urbaine tirant parti des attraits du site et rétablissant un rapport positif entre l’Hôpital et la ville en préconisant la réalisation d’une façade urbaine ceinturant et encadrant l’institution et ses jardins. Concevoir le réseau de voirie du site dans le prolongement des axes existants tant est-ouest que nord-sud, tout en minimisant l’impact du nouveau développement sur le secteur résidentiel situé à l’ouest Concevoir un réseau d’espaces publics constitués des rues et des parcs mettant en valeur les qualités paysagères du site et assurant la création d’un lien piétonnier entre le jardin institutionnel et le quartier résidentiel

2.2. OFFRIR UNE VARIÉTÉ D’ESPACES RÉSIDENTIELS ADAPTÉS À UNE CLIENTÈLE AUX BESOINS DIVERSIFIÉS • • •

Offrir une diversité de formules d’habitation Proposer des formules d’habitation favorisant la vie familiale Favoriser la réalisation de logements sociaux et communautaires destinés aux ménages à revenu faible ou modeste ainsi qu’à une clientèle ayant des besoins particuliers en habitation.

2.3. ASSURER UN AMÉNAGEMENT ET UN DÉVELOPPEMENT DE GRANDE QUALITÉ RESPECTUEUX DES CARACTÉRISTIQUES DE L’ENSEMBLE HOSPITALIER ET DU CADRE BÂTI ENVIRONNANT •

Adopter les outils de contrôle réglementaire aptes à assurer un développement de grande qualité respectueux des caractéristiques de l’ensemble hospitalier et du quartier voisin : adopter les règles de zonage, de lotissement et de construction ainsi qu’un PIIA comportant les critères de révision architecturale. Adopter des mesures de mise en valeur, de protection et de conservation des éléments significatifs du site tant bâtis que paysagers.

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3.

LES POTENTIELS ET CONTRAINTES DU SITE

Le site de l’Hôpital Louis-H. Lafontaine a connu depuis 1897 d’importantes transformations qui ont affecté tant l’ensemble hospitalier que ses paysages. Construit en plusieurs temps afin de répondre à l’évolution des besoins en espaces associés aux différents types d’interventions thérapeutiques qui s’y sont déroulées, l’Hôpital Louis-H. Lafontaine est aujourd’hui un ensemble architectural composé d’édifices hérités de trois périodes distinctes de son développement. Plusieurs bâtiments datant des années 1900 à 1925 sont encore présents sur le site et confèrent une valeur indéniable à ce patrimoine architectural. De même, les paysages souvent de grande qualité que l’on retrouve sur le site gardent la trace des gestes qui les ont façonnés et qu’il importera de mettre en valeur. Cette évolution du site a également été marquée par d’autres gestes parfois moins heureux qui sont aujourd’hui autant de contraintes qui doivent être prises en compte et dans certains cas atténuées. À ce chapitre, mentionnons l’ensemble des infrastructures d’Hydro-Québec - lignes aérienne, souterraine et sous-station électrique - dont la présence impose des mesures diverses : recul des constructions, restrictions à l’usage, écran visuel et acoustique, etc… Mentionnons également les contraintes de sols en certains emplacements du site, au sud et au nord, où des carrières ont été utilisées comme sites de disposition de déchets et dont on devra prévoir la décontamination. Enfin, notons l’enclavement du site auxquelles ont largement contribué les autoroutes qui, bien qu’ayant favorisé sa visibilité, en ont toutefois limité l’accessibilité. Par ailleurs, le programme représente également une opportunité de revoir la pertinence de certaines activités présentes sur le site. À cet égard, l’Hôpital considère le déplacement de la buanderie qui est actuellement une source significative de nuisances.

POTENTIELS LA PRÉSENCE DE JARDINS COMPORTANT DES ARBRES MATURES LA QUALITÉ ET L’INTÉRÊT DES BÂTIMENTS DE L’ENSEMBLE HOSPITALIER LA PRÉSENCE DU QUARTIER RÉSIDENTIEL À L’OUEST LA PRÉSENCE DE VOIES DE CIRCULATION QUI PEUVENT ÊTRE POURSUIVIES SUR LE SITE ET LA PRÉSENCE SUR LE SITE DE VOIES DE CIRCULATION QUI PEUVENT ÊTRE INTÉGRÉES DANS UN CONCEPT DE MISE EN VALEUR LA PRÉSENCE À PROXIMITÉ, SUR LA RUE SHERBROOKE, DE SERVICES LA PROXIMITÉ DE LA STATION DE MÉTRO RADISSON ET DE LIGNES D’AUTOBUS SUR LA RUE SHERBROOKE

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CONTRAINTES INFRASTRUCTURES D’HYDRO-QUÉBEC Sous-station électrique Ligne aérienne Ligne souterraine PRÉSENCE DE LA BUANDERIE CENTRALE DE MONTRÉAL AU NORD DU SITE AUTOROUTES Au sud et à l’est, enclavant partiellement le site PRÉSENCE DE SOLS CONTAMINÉS Présence d’anciennes carrières au sud et au nord du site CIRCULATION DE CAMIONS LOURDS SE RENDANT AU QUAI DE DÉCHARGEMENT DE LOBLAW’S À LA LIMITE NORD DU SITE ABSENCE DE LIENS PHYSIQUES ENTRE LE VOISINAGE ET LES JARDINS DE L’HÔPITAL PRÉSENCE DU ROC EN SURFACE

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4.

LE CONCEPT D’AMÉNAGEMENT

Le concept d’aménagement se veut la synthèse à la fois des objectifs d’aménagement et des potentiels et contraintes du site mis à jour dans le cadre de l’analyse. Les objectifs de désenclaver l’Hôpital et ce faisant de rétablir une relation plus positive entre l’institution et la ville sous-tendent l’ensemble de la proposition d’aménagement. La création d’un nouveau quartier dans la poursuite de l’existant participe de cette réconciliation. Le plan joint en annexe 2 traduit le concept d’aménagement. 4.1.

LA STRUCTURE URBAINE

Redonner à l’hôpital une place dans la ville implique de rétablir des liens dans la trame urbaine en réalisant un réseau de voirie sur le site qui poursuive les rues existantes du quartier environnant permettant la desserte du nouveau développement tout en répondant aux besoins actuels et à venir de l’institution. Les principes suivants sont à la base de la structure mise de l’avant par le PPU : • Tracer une nouvelle voie reliant les rues Sherbrooke et Hochelaga • Prolonger les rues existantes à l’ouest du site • Créer un réseau d’espaces publics, rues et parcs, assurant un lien piétonnier entre le quartier résidentiel et le jardin institutionnel • Établir des liens visuels entre l’institution et le quartier résidentiel • Constituer une façade urbaine importante de manière à encadrer l’hôpital et ses jardins. 4.2.

LES VOIES DE CIRCULATION

Dans l’axe nord-sud, l’ouverture d’une nouvelle voie dans la poursuite de la rue du Trianon viendra marquer la nouvelle limite entre l’institution et le nouveau développement et permettra : 1. de relier le nouveau quartier aux voies principales que sont les rues Sherbrooke et Hochelaga ; 2. d’éviter l’augmentation de la circulation automobile et la congestion des rues voisines, surtout de la rue Beauclerk ; 3. de desservir le terrain situé à l’arrière de l’hôpital qui pourra éventuellement être construit en vis-à-vis du nouveau quartier.

Dans l’axe est-ouest, on poursuivra la rue de Marseille et l’avenue Pierre-de Coubertin, étendant le quartier résidentiel jusqu’à la propriété institutionnelle.

Les rues locales desservant le nouveau développement seront raccordées à ces voies de manière à créer à terme un réseau clairement hiérarchisé et intégré tant au quartier qu’au site de l’institution.

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Le réseau de voirie comporte certaines caractéristiques qui auront pour effet de décourager la circulation de transit et la vitesse : • • •

4.3.

L’orientation est-ouest de la trame du nouveau développement générant un nombre important d’intersections à l’intérieur du site et avec la nouvelle collectrice ; La réalisation d’un carrefour giratoire à l’intersection de l’axe nord-sud et de la voie située dans le prolongement de la rue de Marseille ; La sinuosité préconisée pour la collectrice aménagée en voie-promenade, bien que cette intention demeure encore incertaine compte tenu des exigences d’HydroQuébec LE NOUVEAU QUARTIER RÉSIDENTIEL

Le nouveau développement résidentiel s’inscrira dans sa partie ouest dans la poursuite de l’échelle du quartier existant ; le programme préconise une augmentation graduelle des hauteurs vers le centre du site. Ainsi, les bâtiments tout en s’harmonisant avec le tissu existant à l’ouest pourront présenter des gabarits plus importants à certains emplacements profitant de dégagements, soit face à des parcs ou encore face au jardin de l’institution. D’ouest en est, la hauteur des bâtiments se situera entre deux et six étages. Diverses typologies seront possibles : de l’unifamiliale en rangée aux formules plex jusqu’à la conciergerie. Ainsi, à titre illustratif, le programme permettra un développement correspondant au scénario suivant : • Les rues locales situées au cœur du projet pourraient recevoir une typologie unifamiliale implantée en rangées de quatre à six unités et dont la hauteur varie de deux à trois étages. • Les terrains situés en front des parcs ou le long de la collectrice pourront recevoir diverses formules en multiplex d’une hauteur de quatre étages. • Certains sites bénéficiant de dégagements plus importants peuvent recevoir des conciergeries dont la hauteur maximale est fixée à six étages. • En bordure de la rue Hochelaga, un développement mixte pourra être réalisé. Des bâtiments résidentiels sont prévus. Cependant, on pourra également envisager l’implantation de centres de recherche ou de bureaux dont l’activité serait liée à l’hôpital, en continuité du Centre Fernand-Séguin. Le potentiel de développement sur l’ensemble du secteur à développer se situe entre 1100 à 1400 logements construits sur un territoire de près de 25 hectares. 4.4.

LA MISE EN VALEUR DE LA PROPRIÉTÉ DE L’HÔPITAL

La proposition conduit à la réintégration de l’hôpital dans le quartier Mercier. Le programme est également l’occasion de s’attarder aux mesures qui favoriseront la mise en valeur de l’ensemble institutionnel dont la qualité architecturale est reconnue.

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De manière générale, on accordera une attention particulière à la protection et à la mise en valeur des éléments présents sur le site, tant construits que végétaux. On veillera, également à inscrire tout nouveau développement en continuité de l’ensemble institutionnel existant. Le programme identifie trois grands secteurs à l’intérieur du périmètre du PPU : • Un secteur de développement : affecté à un développement résidentiel • Un secteur de conservation : correspondant à la partie avant de l’hôpital, où on ne prévoit aucune nouvelle construction. • Un secteur de consolidation : situé au nord, qui pourra répondre aux besoins futurs de l’institution en termes de nouvelles constructions. Une rationalisation des espaces de stationnement favorisera la mise en valeur des jardins de l’hôpital. 4.5.

LES PARCS ET ESPACES VERTS

Le programme vise la mise en valeur des attraits paysagers du site et prévoit l’aménagement de parcs et d’espaces verts qui participeront à l’établissement de liens visuels et formels entre l’institution et le nouveau quartier tout en desservant celui-ci. Ainsi, deux parcs plus importants sont prévus : • •

Un premier en triangle dans l’axe de la rue Pierre-de Coubertin qui tire parti de la double rangée de peupliers matures qui s’y trouvent, tout en s’ouvrant sur le château d’eau, point focal de l’ensemble institutionnel. Un second situé à l’intersection de la voie nord-sud dans l’axe de la rue du Trianon et de la rue de Marseille. L’aménagement de terrains de jeux y sera possible. La réalisation de ce parc suppose le déménagement de la buanderie que l’Hôpital considère.

Un parc de dimension moindre participera à la création d’une unité de voisinage dans la partie située au sud de la rue Pierre-de Coubertin. De même, l’accès public aux jardins de l’hôpital apparaît souhaitable. 4.6.

ÉQUIPEMENT COLLECTIF ET COMMUNAUTAIRE

Un bâtiment datant de la période 1900 – 1925, est implanté à l’extrémité nord de la propriété. Cette maison présente un certain intérêt architectural bien que plusieurs modifications y aient été apportées sans égard à ses caractéristiques d’origine. Elle pourrait être conservée en partie ou en totalité et être affectée à un usage communautaire. Située à l’intérieur du périmètre du parc, elle pourrait tirer profit de cet emplacement. Le programme ne peut statuer sur la vocation de cet immeuble mais en suggère néanmoins

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une utilisation possible; un projet concret, s’il se manifestait, pourrait en assurer la conservation. 4.7.

LES EMPRISES SOUS SERVITUDES

Le secteur prévu pour recevoir le développement immobilier est bordé de part et d’autre par deux emprises sous servitude en faveur d’Hydro-Québec, l’une aérienne de 315 kv et l’autre souterraine de 120 kv. Chacune de ces emprises est l’objet d’exigences normatives qui gèrent l’implantation des immeubles à proximité et le projet d’urbanisation tient compte de ces contraintes. Le corridor de l’emprise aérienne est utilisée pour le passage de la voie-promenade, alors que le corridor de l’emprise souterraine est intégré au réseau des espaces accessibles à la population du quartier. Cette dernière emprise se présente comme un sentier de gravier qui longe l’arrière des propriétés de la rue Beauclerk. Des discussions sont en cours avec Hydro-Québec sur le statut de cette emprise et sur les conditions de son insertion dans le projet à titre d’élément participant au réseau des espaces verts du site. 4.8.

L’AMÉLIORATION DES INTERFACES

Sur ses limites nord et est, le site est bordé par des usages ou des aménagements à priori peu compatibles avec une occupation des terrains à des fins résidentielles. La limite nord est en contact avec l’autoroute 25, un secteur commercial fortement utilisé, un stationnement de grande dimension et une sous-station d’Hydro-Québec. Chacun de ces usages génère des nuisances. Pour diminuer l’impact négatif de ces installations, le programme préconise la mise en place de mesures de mitigation afin de réduire les nuisances à l'intérieur des secteurs résidentiels et d'améliorer la qualité de l'aménagement des espaces extérieurs le long des interfaces.

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5.

LES ORIENTATIONS RÈGLEMENTAIRES

Le plan joint en annexe 3 identifie les usages autorisés à l’intérieur du périmètre du PPU. 5.1.

LE SECTEUR RÉSIDENTIEL

Les hauteurs L’objectif poursuivi dans le cadre du programme consiste à favoriser l’offre d’une typologie variée, répondant à une diversité de besoins en logement et participant à une forme urbaine cohérente conçue en fonction des attraits du site. La gamme des hauteurs en étages et en mètres s’établit comme suit : • deux étages, maximum 9 mètres • deux à quatre étages, maximum 16 mètres • trois à six étages, minimum 12,2 mètres, maximum 23 mètres Une hauteur minimale de 12,2 mètres qui s’appliquera dans la zone de trois à six étages que l’on retrouve sur la voie collectrice nord-sud ainsi qu’en bordure des dégagements plus importants que comporte le site, correspond à la possibilité de réaliser des bâtiments de trois étages avec mezzanine en façade. Cette solution donne sur rue une façade de 4 étages. Cette typologie de triplex, comportant 3 logements traversant dont un avec mezzanine, répond ici à l’objectif d’encadrement de la propriété de l’hôpital par des bâtiments de gabarits plus importants. Le plan joint en annexe 4 indique les différentes zones de limite de hauteur. Les taux d’implantation Les taux d’implantation maximum seront de 50 %, en bordure du quartier existant au nord de Pierre-de Coubertin et de 70 %, pour le reste du site. Ces taux correspondent à ceux qui sont en usage dans le quartier environnant. Le plan joint en annexe 5 indique les zones d’application des taux d’implantation prévus. La densité La densité maximale autorisée sera de 3,5 pour la portion moins dense et de 4,5 pour les portions où une densité plus importante pourra être envisagée. Ce paramètre résulte de la hauteur et du taux d’implantation. L’alignement de construction Un alignement minimum de 1,5 m sera requis.

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Les modes d’implantation On pourra se prévaloir de l’ensemble des modes d’implantation possibles : isolé, jumelé, contigu. Le stationnement L’objectif d’assurer la qualité de l’aménagement du site commande que l’on se penche sur le stationnement qui devra faire l’objet d’un contrôle réglementaire étroit dans le respect des principes suivants : • L’offre en stationnement devra se conformer aux balises que l’on retrouve dans la réglementation municipale, sauf pour les projets d'habitation destinée à des personnes ayant besoin d'aide, de protection, de soins ou d'hébergement, conformément à la stratégie d'inclusion du logement abordable mis de l'avant par le Plan d'urbanisme de Montréal (04-047). • Aucun stationnement de surface ne pourra être aménagé dans la cour avant d’un bâtiment. • Les aires de stationnement devront être situées à l’intérieur des immeubles. Pour les immeubles de petits gabarits, les stationnements peuvent être aménagés en cour arrière ou en cour latérale. • Les accès des aires de stationnement doivent être localisés en cour latérale et doivent être regroupés. Aucun accès individuel à un garage de stationnement ne peut être situé sur la façade principale d’un immeuble. • On devra éviter la coupe d’arbres matures existants tant pour l’aménagement des aires extérieures que pour l’aménagement des entrées charretières. L’enfouissement des fils électriques L'élimination des fils et des poteaux desservant le nouveau quartier sera favorisée lors de l'évaluation des projets. 5.2.

LE SECTEUR DE L’INSTITUTION

Immeubles significatifs Le site de l’hôpital est désigné comme immeuble significatif. Trois bâtiments ont été dans le passé nommément désignés comme immeubles significatifs. Le programme propose de modifier la limite de la propriété de manière à refléter le changement de vocation d’une partie du site et à tenir compte des nouvelles règles qui encadreront son développement. Le programme propose également de conférer un statut d’immeuble significatif à la quasi-totalité des bâtiments d’origine composant l’ensemble institutionnel. Seul le bâtiment situé à l’extrémité nord de la propriété ne se verrait pas conférer ce statut compte tenu de l’importance des modifications qui lui ont été apportées et de son

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mauvais état supposé. Une étude permettra d’évaluer son potentiel de conservation et de mise en valeur. Nouvelles constructions Le régime en vigueur, 2 étages maximum et 9,0 mètres de hauteur, continuera de s’appliquer. Tout nouveau projet de construction sera évalué en fonction de sa contribution à la mise en valeur de l’ensemble existant. Stationnement Comme beaucoup d’institutions, l’hôpital Louis-H. Lafontaine s’est doté au cours des dernières décennies d’un nombre important de places de stationnement dont la localisation et l’aménagement n’ont pas toujours été pensés en fonction des caractéristiques et qualités du site. Dans la perspective d’une mise en valeur à long terme de la propriété, il y a lieu de formuler un certain nombre de principes qui devront régir à l’avenir l’implantation et l’aménagement des stationnements de l’hôpital. • • • • •

5.3.

Afin de réduire les besoins en espaces, il y aura lieu de favoriser l’adoption de mesures qui privilégient des modes alternatifs d’accès au site ; Une rationalisation de l’utilisation des stationnements par les diverses clientèles devra être envisagée pour réduire l’importance de l’offre ; Les aires de stationnement devront être localisées en cour latérale ou en cour arrière. Aucune nouvelle aire de stationnement ne devra être aménagée en cour avant. Les aires de grandes dimensions doivent être évitées au profit de leur fragmentation en surfaces de moindre importance ; Les aires de stationnement doivent faire l’objet d’un aménagement paysager conformes aux normes municipales. Elles devraient comporter la plantation d’arbres de haute tige et assurer une circulation sécuritaire des piétons. La coupe d’arbres matures existants doit être évitée. LE SECTEUR MIXTE

Le secteur mixte pourra accueillir des bâtiments dont la hauteur se situera en 3 et 6 étages. Les usages prévus sont résidentiel, institutionnel, centre de recherche, des bureaux notamment des cliniques médicales et des commerces d’appoint. La hauteur maximale est de 23 mètres. 5.4.

LES CRITÈRES DE RÉVISION ARCHITECTURALE

Un plan d’implantation et d’intégration architecturale devra être adopté par l’arrondissement.

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Ce PIIA établira les critères aptes à assurer la qualité des interventions à venir tant en ce qui a trait aux constructions qu’aux aménagements paysagers. Une attention particulière devra être accordée à certains secteurs ; mentionnons particulièrement : • La zone résidentielle bordant la voie-promenade et le prolongement de la rue de Marseille, face au terrain de l'hôpital ; • La zone bordant le parc situé dans l’axe de l’avenue Pierre-de Coubertin ; • La zone bordant le parc situé à l’intersection de la voie-promenade et de la rue de Marseille. Les critères, tout en permettant une certaine diversité d’expression et de matériaux, devront viser la réalisation d’une composition régulière répondant à l’ensemble institutionnel. Les critères devront viser : • L’atteinte d’une certaine homogénéité des socles et des couronnements ; • L’emploi de matériaux qui s’apparentent en texture et teintes au parement des pavillons institutionnels ; • Le respect, au niveau de l’alignement de construction, de la vocation et du caractère des différentes voies de circulation et des attraits paysagers. L’alignement de construction sur la rue Hochelaga devra faire l’objet d’une attention particulière tenant compte de l’objectif de mettre en valeur le parvis de l’institution.

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PLACE CURATTEAU

RUESENNETERRE

UTE AUTORO

RUE MIGNAULT

RUE DESROSIERS

25

RUE FARADON

RUE LEON-DEROME

RUE DE BOUCHERVILLE

VERREAU

PLACE HONORE-BEAUGRAND

RUE

DE LOTBINIERE

RUE DAVIS RUESENNEVILLE

RUE HONORE-BEAUGRAND

TRIANON

AVENUE

RUEJETTE

RUE SHERBROOKE RUE SHERBROOKE

MODIFICATION DU PLAN D'URBANISME DOSSIER : 1031231001

RUEGUSTAVE-BLEAU

RUE

JEAN-LECOMPTE

RUEDETECK

RUEDETECK

RUEROUX

RUEROUX

RUEDETECK RUE

LEPAILLEUR

RUE DESAUTELS

ROBERT-JURIE

CURATTEAU

RUEGALIBERT

RUE GALIBERT

ARSEILLE

LEPAILLEUR

PLACEDE BEAUJEU

RUE

RUE

TTE RUE MASSICO

RUE SAINT-DONAT

BOULEVARD LAPOINTE

RUE SAINT-EMILE

RUE

Aire du programme particulier d'urbanisme

BRUXELLES

CURATTEAU

AUTORO UTE 25

LEPAILLEUR

PLACE

SAINTE-CLAIRE

RUE DE

RUE

RUE DESAUTELS

AVENUE DE GRANBY

PLACE

RUE

LIEBERT

RUE BEAUCLERK

AVENUE EMILE-LEGRAND

RUELYALL

AVENUEHAIG

RUE ARCAND

AVENUEPARKVILLE

BOULEVARDLANGELIER

RUE DE MARILLAC

AVENUE PIERRE-DE-COUBERTIN

DE GRANBY

CIRIER

RUETRIEST

MARSEILLE

RUE

RUE

UTE 25 AUTORO

CE BPLA OUL ET

AVENUE DE GRAN BY

AVENUDE E REPENTIGNY

PLACE DE LESSEPS

RUE DE

RUE DE MARSEILLE

HOCHELAGA

HOCHELAGA

RUEJETTE

RUENEY

RUE

AVENUE DEBRUERE

MCVEY

VINCENT-PIETTE

Ville de Montréal Service du développement économique et du développement urbain

RUE RAMEAU RUE

RU

RUE

RUE RUELIEBERT

SABATIER

ARTHUR-BUIE PLACE

RUE DEBEAURIVAGE

RUE HONORE-BEAUGRAN

RUEDE BRUXELLES

RUE DE SAINT-JUST

R TELLIE

RUE LEPAILLEUR

RUE

TELLIER

DYONNET

c:\ame\hipolyte\zip\zip1\hipoly14.dwg 1 : 8 000

Janvier 2003


S

S

re Verrie S

S S

S

LOGEMENTS conciergeries multiplex maisons de ville

LÉGENDE: 437 L 587 L 145 L

SERVITUDE LIMITE DE PROPRIÉTÉ

Total

1 169 L

RUE


E DU TRIANON

RUE DES GROSEILLERS

S

RUE RADISSON

RADISSON

E

RUE SHERBROOK RUE

SHERBROOKE

RADISSON

EMPRISE TYPE LR-2+

RUE BEAUCLERK

RUE DE TECK

3-4 E 12 L

4-6 E 15 L

3-4 E 15 L

4-6 E 12 L

6E 72 L

2-3 E 5L

2-3 E 5L

2-3 E 5L

3-4 E 10 L

EMPRISE TYPE LR-1 3-4 E 24 L 2-3 E 4L

2-3 E 3L

2-3 E 4L

3-4 E 24 L

3-4 E 24 L

4-6 E 32 L

4-6 E 24 L

3-4 E 10 L

re Verrie

2-3 E 4L

2-3 E 4L

H 3-7

RUE CURATTEAU

3-4 E 15 L

25 ROUTE AUTO

3-4 E 18 L 3-4 E 28 L

P

3-4 E 15 L

E

4-6 E 40 L

4-6 E 40 L

6E 72 L

LE RUE DE MARSEIL 2-3 E 3L

2-3 E 4L

RUE DE MARSEILLE

EMPRISE TYPE LR-6

2-3 E 5L

2-3 E 4L

2E 4L

3-4 E 18 L

2E 4L

2-3 E 4L

H 1-4

3-4 E 15 L

2-3 E 5L

H 2-6

H 3-6

EMPRISE TYPE LR-3M

EMPRISE TYPE LR-6M

2E 6L

3-4 E 18 L

2-3 E 5L

2-3 E 5L

2-3 E 4L

2-3 E 4L

3-4 E 15 L

3-4 E 18 L

2-3 E 5L

RUE

EMPRISE TYPE LR-3M

E

2E 6L 2-3 E 5L

BEAUCLERK

EMPRISE TYPE LR-2

2-3 E 4L

3-4 E 18 L

3-4 E 15 L 2E 6L

2-3 E 5L

2-3 E 4L

EMPRISE TYPE

LR-3M

S

2-3 E 5L

2-3 E 4L 2E 5L

4-6 E 38 L

4-6 E 40 L

2E 5L

-1 PE LR ISE TY EMPR

P

PIERRE-DE-COUBERTIN

PARC 5500 M.CA

E

EMPR ISE TY PE LR -1

3-4 E 22 L

4-6 E 40 L

4-6 E 38 L

AUTORO UTE

3-4 E 15 L

3-4 E 22 L

3-4 E 15 L

EMPRISE TYPE LR-1

P

E S

25

EMPRISE TYPE LR-1 3-4 E 20 L

RUE BEAUCLERK

PARC 3740 M.CA

RUE CURATTEAU

S

H 3-6

H 2-6

3-4 E 15 L

3-4 E 15 L

ELAGA RUE HOCH

3-4 E 20 L

6E 45 L

S

6E 60 L

H 3-6

RUE GAMELIN

PARC 3869 M.CA

E

C H

EMPRISE TYPE LR-2+

P

A HELAG RUE HOC

USAGES


UE DU TRIANON

RUE RADISSON

S

RUE DES GROSEILLERS

S

RADISSON

E

RUE SHERBROOK RUE

SHERBROOKE

RADISSON

EMPRISE TYPE LR-2+

RUE BEAUCLERK

RUE DE

3-4 E 12 L

4-6 E 15 L

3-4 E 15 L

4-6 E 12 L

6E 72 L

2-3 E 5L

2-3 E 5L

2-3 E 5L

3-4 E 10 L

3-6

EMPRISE TYPE LR-1 3-4 E 24 L 2-3 E 4L

2-3 E 4L

2-3 E 3L

4-6 E 32 L

4-6 E 24 L

3-4 E 24 L

23

3-4 E 10 L

re Verrie

2-3 E 4L

2-3 E 4L

3-4 E 24 L

RUE CURATTEAU

3-4 E 15 L

25 ROUTE AUTO

3-4 E 18 L 3-4 E 28 L

P

3-4 E 15 L

4-6 E 40 L

4-6 E 40 L

6E 72 L

RUE DE MA 2-3 E 3L

2-3 E 4L

RUE DE MARSEILLE

EMPRISE TYPE LR-6

2-3 E 5L

2-3 E 4L

2E 4L

3-4 E 18 L

2E 4L

2-3 E 4L

2-2

2-4

3-4 E 15 L

2-3 E 5L

3-6

EMPRISE TYPE LR-3M

9

16 EMPRISE TYPE LR-6M

2E 6L

3-4 E 18 L

2-3 E 5L

2-3 E 5L

2-3 E 4L

2-3 E 4L

23 3-4 E 15 L

3-4 E 18 L

2-3 E 5L

RUE

EMPRISE TYPE LR-3M 2E 6L 2-3 E 5L

BEAUCLERK

EMPRISE TYPE LR-2

2-3 E 4L

3-4 E 18 L

3-4 E 15 L 2E 6L

2-3 E 5L

2-3 E 4L

EMPRISE TYPE

LR-3M

S

2-3 E 5L

2-3 E 4L 2E 5L

4-6 E 38 L

4-6 E 40 L

2E 5L

-1 PE LR ISE TY EMPR

P

PIERRE-DE-COUBERTIN

4-6 E 40 L

23 4-6 E 38 L

AUTORO UTE

3-4 E 15 L

3-4 E 22 L

3-4 E 15 L

EMPRISE TYPE LR-1

P

25

RUE BEAUCLERK

PARC 3740 M.CA

RUE CURATTEAU

3-6

EMPR ISE TY PE LR -1 S

3-4 E 22 L

PARC 5500 M.CA

3-4 E 20 L

EMPRISE TYPE LR-1

2-4 3-4 E 15 L

3-4 E 15 L

16

ELAGA RUE HOCH

3-4 E 20 L

6E 45 L

6E 60 L

RUE GAMELIN

3-6 PARC 3869 M.CA

23

EMPRISE TYPE LR-2+

P

A HELAG RUE HOC

HAUTEURS


E DU TRIANON

RUE DES GROSEILLERS

S

RUE RADISSON

RADISSON

E

RUE SHERBROOK RUE

SHERBROOKE

RADISSON

EMPRISE TYPE LR-2+

RUE BEAUCLERK

RUE DE TECK

3-4 E 12 L

4-6 E 15 L

3-4 E 15 L

4-6 E 12 L

6E 72 L

2-3 E 5L

2-3 E 5L

2-3 E 5L

3-4 E 10 L

EMPRISE TYPE LR-1 3-4 E 24 L 2-3 E 4L

2-3 E 3L

2-3 E 4L

3-4 E 24 L

3-4 E 24 L

4-6 E 32 L

4-6 E 24 L

3-4 E 10 L

re Verrie

2-3 E 4L

2-3 E 4L

70%

RUE CURATTEAU

3-4 E 15 L

25 ROUTE AUTO

3-4 E 18 L 3-4 E 28 L

P

3-4 E 15 L

4-6 E 40 L

4-6 E 40 L

6E 72 L

LE RUE DE MARSEIL 2-3 E 3L

2-3 E 4L

RUE DE MARSEILLE

EMPRISE TYPE LR-6

2-3 E 5L

2-3 E 4L

2E 4L

3-4 E 18 L

2E 4L

3-4 E 15 L

2-3 E 5L

2-3 E 4L

70%

50%

EMPRISE TYPE LR-3M

EMPRISE TYPE LR-6M

2E 6L

3-4 E 18 L

2-3 E 5L

2-3 E 5L

2-3 E 4L

2-3 E 4L

3-4 E 15 L

3-4 E 18 L

2-3 E 5L

RUE

EMPRISE TYPE LR-3M

35%

2E 6L 2-3 E 5L

BEAUCLERK

EMPRISE TYPE LR-2

2-3 E 4L

3-4 E 18 L

3-4 E 15 L 2E 6L

2-3 E 5L

2-3 E 4L

EMPRISE TYPE

LR-3M

S

2-3 E 5L

2-3 E 4L 2E 5L

4-6 E 38 L

4-6 E 40 L

2E 5L

-1 PE LR ISE TY EMPR

P

PIERRE-DE-COUBERTIN

PARC 5500 M.CA

EMPR ISE TY PE LR -1

3-4 E 22 L

4-6 E 38 L

AUTORO UTE

3-4 E 15 L

3-4 E 22 L

3-4 E 15 L

EMPRISE TYPE LR-1

P

3-4 E 20 L

EMPRISE TYPE LR-1

S

25

RUE BEAUCLERK

PARC 3740 M.CA

RUE CURATTEAU

S

4-6 E 40 L

3-4 E 20 L

3-4 E 15 L

3-4 E 15 L

70%

ELAGA RUE HOCH

6E 45 L

S

6E 60 L

RUE GAMELIN

PARC 3869 M.CA EMPRISE TYPE LR-2+

P

A HELAG RUE HOC

TAUX D'IMPLANTATION


Programme particulier dツ置rbanisme du quartier

Ville de Montrテゥal Service de lツ置rbanisme Fテゥvrier 1998


Ville de Montréal Service de l’urbanisme 303, rue Notre-Dame Est 5e Montréal, Qc H2Y 3Y8 Dépôt légal : 1er trimestre 1998 Bibliothèque nationale du Québec ISBN : 2-89417-755-0 Imprimé au Canada


Table des matières

Introduction 2 Mise en situation

5 7

2.1

LE QUARTIER MAISONNEUVE, D’HIER À AUJOURD’HUI

7

2.2

DÉLIMITATION ET PORTRAIT SOCIO-ÉCONOMIQUE DU QUARTIER

9

3 Les orientations d’aménagement et les projets d’intervention

13

3.1

LE PROJET D’AMÉNAGEMENT DU SITE DU MARCHÉ - Le site du marché - Les éléments de composition urbaine du projet

14 14 19

3.2

LES PROJETS D’AMÉNAGEMENT DE LIENS ENTRE LE PÔLE RÉCRÉOTOURISTIQUE ET LE QUARTIER - Le projet de réaménagement de l’avenue Morgan - Le projet de réaménagement du boulevard Pie-IX - Le projet d’implantation de la piste cyclable

25 25 27 30

3.3

L’AMÉLIORATION DES LIENS EST-OUEST - La révision de l’aménagement de l’avenue Pierre-de-Coubertin - Le projet de prolongement du boulevard Ville-Marie

31 31 32

3.4

LES PROGRAMMES ET PROPOSITIONS D’AMÉLIORATION DU CADRE DE VIE URBAIN - La réhabilitation du milieu résidentiel • Le programme de revitalisation des quartiers centraux • Interventions liées au programme de revitalisation des quartiers centraux • Proposition de consolidation du parc Théodore - Attraction et dynamisme des artères commerciales • Promenade Ontario - programmes et interventions • Rue Sainte-Catherine - Programmes et interventions • Le projet du carrefour Valois/Ontario - La consolidation des secteurs industriels : programmes mis en oeuvre - L’ouverture sur le fleuve

34 34 34 35 36 37 37 38 38 39 39

3.5

LES PROGRAMMES D’INTERVENTION POUR LA MISE EN VALEUR DU PATRIMOINE

40

4 Conclusion Bibliographie

42 43


Liste des plans, illustrations et tableaux

Plan 1 : Délimitation du quartier Maisonneuve

9

Plan 2 : Localisation du quartier Maisonneuve dans l’arrondissement Mercier — Hochelaga-Maisonneuve

9

Plan 3 : Mise en valeur du secteur Maisonneuve — Plan concept

15

Plan 4 : Le site du marché Maisonneuve et ses abords

16

Plan 5 : Le site du marché au centre du lot original (n° 7) de J. Morgan (1883-1918)

20

Plan 6 : Lotissements organisés autour du terrain de J.Morgan (1907)

20

Plan 7 : Configuration de l’ensemble urbain : marché - avenue - parc dans les limites du lot original de Morgan (1996)

20

Plan 8 : Configuration en forme d’alcôve du site du marché à partir des axes Ontario et Morgan

20

Plan 9 : Plan d’aménagement du site du marché

22

Plan 10 : Vue axonométrique du projet de réaménagement du site du marché

24

Plan 12 : L’état actuel du boulevard Pie-IX

28

Plan 13 : Le projet d’aménagement du boulevard Pie-IX

29

Plan 14: Le parc Théodore : état actuel

36

Plan 15: Le projet de consolidation du parc Théodore

36

Croquis perspectif illustrant une proposition de lien entre les parcs Morgan et Champêtre

32

Tableau 1.

Population et logement (1991)

11

Tableau 2.

Revenu (1990) et emploi (1992)

11

Programme particulier

d’urbanisme du quartier

4


1 Introduction

Vue du quartier Maisonneuve à vol d’oiseau

Le programme particulier d’urbanisme du quartier

Un premier document, préparé en janvier 1996, définissait les grandes orientations autour desquelles doit s’articuler la mise en valeur du quartier. Au cours de la préparation de ce document le Service de l’urbanisme a impliqué les partenaires locaux réunis autour de la Table de concertation Tourisme Hochelaga-Maisonneuve et travaillé parallèlement en étroite collaboration avec les autres services municipaux compétents.

Maisonneuve identifie des projets d’aménagement qui favoriseront la mise en valeur du quartier à court et à moyen terme. Il fait suite à l’adoption du Plan d’urbanisme en décembre 1992. Le Plan prévoyait en effet que certains secteurs de l’arrondissement feraient ultérieurement l’objet d’une planification particulière. À cet égard, en novembre 1995, le Comité exécutif mandatait le Service de l’urbanisme pour entreprendre le programme particulier du quartier.

5


Le Programme particulier d’urbanisme du quartier Maisonneuve présente les projets et les programmes d’interventions municipaux découlant des enjeux identifiés dans le document d’orientation. Ces projets et programmes ont pour objectifs de stimuler l’activité socio-économique et culturelle, d’améliorer la qualité de l’environnement urbain et enfin de susciter un plus fort sentiment d’appartenance de la population locale au quartier. Ils visent aussi à créer un plus grand intérêt auprès des visiteurs du pôle récréotouristique* pour le quartier et auprès des Montréalais désireux d’approfondir ou de diversifier leurs connaissances des différents secteurs de la Ville.

Le Programme particulier d’urbanisme constitue un outil d’interventions ayant pour objet d’encadrer le développement urbain. Dans le présent contexte de rationalisation budgétaire, un tel outil s’avère essentiel pour identifier et hiérarchiser les priorités de l’administration municipale en aménagement urbain et proposer également les solutions les plus efficaces et les moins coûteuses pour favoriser un développement durable.

* Ce pôle est constitué du stade olympique du Biodôme et du jardin botanique.

Programme particulier

d’urbanisme du quartier

6


2 Mise en situation

promoteurs et d’administrateurs locaux, parmi lesquels les familles Desjardins, Morgan, Viau, Barsalou, Bennett, Letourneux, Préfontaine, Dufresne et bien d’autres, dont la toponymie de certains lieux publics perpétue encore la mémoire.

2.1 LE QUARTIER MAISONNEUVE, D’HIER À AUJOURD’HUI Modeste village semi-rural, le secteur occupé aujourd’hui par le quartier Maisonneuve, connu autrefois sous le nom de Côte Saint-Martin, faisait partie du Village d’Hochelaga. La Cité de Maisonneuve a été fondée le 27 décembre l883, à la suite de l’expansion portuaire et industrielle qui s’est propagée le long des rives du fleuve Saint-Laurent depuis l’embouchure du canal de Lachine jusqu’au territoire de Longue-Pointe. Sa fondation résulte de l’initiative d’un groupe de

La nouvelle municipalité de Maisonneuve s’étend alors sur une superficie d’environ 12 km², bornée au nord par le boulevard Rosemont, au sud par le fleuve Saint-Laurent, à l’est par la rue Viau et à l’ouest par la rue Bourbonnière. Elle compte à sa fondation une cinquantaine de familles totalisant 250 habitants.

Le quartier Maisonneuve vers 1910

7


En 1896, la construction d’une voie ferrée traversant la ville et raccordée au réseau ferroviaire national a stimulé la concentration d’industries dans la partie adjacente au port. De plus en plus d’entreprises s’installent sur le territoire : raffinerie de sucre du Saint-Laurent (1887), les filatures de coton Terra Cotta Lumber (1888). Parallèlement les entreprises manufacturières de la chaussure enregistrent une forte progression dans cette municipalité au point qu’elle devint rapidement la deuxième ville industrielle au Québec. Cet essor industriel s’est poursuivi avec la venue de la Warden King and Son Foundry (1903), la biscuiterie Viau et la National Liquorice Co (1907), la Canadian Spool Cotton (1909) et enfin la cale sèche flottante de la Canadian Vickers (1912).

ment ou le succès d’une ville passe notamment par ses caractéristiques esthétiques et hygiéniques. La réhabilitation s’est poursuivie avec la création du parc Maisonneuve en 1909, l’Hôtel de Ville en 1912, le Marché public en 1914, le bain public en 1916 et le château Dufresne, résidence de la famille en 1916. En 1918, la Cité de Maisonneuve croule sous les dettes et est annexée à la Ville de Montréal. L’amorce du déclin Durant la période 1936-1945, le quartier enregistre un regain d’activités industrielles compte tenu de la participation à l’effort de guerre. À partir de 1950, plusieurs entreprises locales, pour s’adapter aux nouvelles technologies, se déplacent vers les villes de banlieue ou hors de la région de Montréal. La Dominion Textile ferme ses portes durant cette année, et d’autres fermetures suivront entre 1966 et 1982 dont la Warden King, les chantiers navals de la Vickers, tandis que les activités industrielles du port glissent progressivement à l’est de la rue Viau.

Avec la construction d’institutions d’enseignement telles que les écoles Sainte-Émilie et SaintPaul et d’équipements récréatifs comme le club nautique, les cinémas et le stade du National, Maisonneuve prend, dès 1911, l’allure d’une véritable ville. Les impacts de l’industrialisation L’industrialisation rapide de la nouvelle municipalité a inévitablement engendré de sérieuses nuisances qui viennent compromettre la qualité de l’environnement urbain. La pollution et l’insalubrité gagnent du terrain, la dégradation des logements s’accentue au point que plusieurs endroits de la ville prennent une allure presque chaotique.

Parallèlement, la situation du logement s’aggrave. La population qui a constamment augmenté depuis 1920 atteint dans Hochelaga-Maisonneuve 82 470 habitants en 1961. On observe, à la même époque, que 20 % des logements du quartier étaient surpeuplés. Les habitations à loyer modique font alors leur apparition pour répondre en partie à la demande de logements plus salubres.

La nécessité d’une planification plus soignée du territoire se fait sentir. Entre 1910 et 1918, la ville de Maisonneuve fera l’objet de plusieurs interventions majeures qui ont radicalement transformé le paysage urbain et doté la municipalité d’un ensemble de bâtiments, de parcs et de boulevards qui s’inscrivent dans l’approche d’embellissement prônée par le mouvement «City Beautiful». Ce mouvement, qui a inspiré le «Plan of Chicago» en 1909, considère que le rayonne-

Programme particulier

Les fermetures d’entreprises ont continué jusqu’au début des années 80, provoquant un niveau de chômage relativement élevé et une baisse de la population d’Hochelaga-Maisonneuve, qui ne comptait en 1976 que 62 666, soit une diminution de 24 % en 15 ans. La baisse de population s’est poursuivie jusqu’au milieu des années 80.

d’urbanisme du quartier

8


2.2 DÉLIMITATION ET PORTRAIT SOCIOÉCONOMIQUE DU QUARTIER

La population et la langue Selon le recensement de 1991, environ 17 764 personnes résidaient dans le quartier Maisonneuve, en baisse de10 % comparativement à 1981. Cependant le nombre de logements (ou de ménages) a augmenté de 6 % pendant cette même période pour atteindre 8 365.

Le quartier Maisonneuve fait partie de l’arrondissement Mercier/Hochelaga-Maisonneuve. Ce quartier est délimité au nord par la rue Sherbrooke, à l’est par les rues Viau et Vimont, au sud par le port et à l’ouest par la rue Bourbonnière (Plan 1).

Entre 1961 et 1981, la population du quartier avait connu une baisse plus importante chutant de 42 % tandis que la Ville de Montréal accusait un déficit démographique de 21%. Entretemps les autres secteurs de l’arrondissement, MercierOuest et Mercier-Est, étaient en croissance de 14 % et 1 % respectivement.

Toutefois le découpage retenu pour les fins de l’analyse des caractéristiques socio-économiques est celui du quartier de planification dont les limites correspondent sensiblement à celles du quartier Maisonneuve, soit les rues Sherbrooke, Viau, Notre-Dame et le boulevard Pie-IX.

KE

OO

BR

ER

SH UE

La proportion de la population de Maisonneuve dont la langue maternelle est le français s’élève à 90 %. Tout comme l’ensemble de l’arrondissement, le quartier Maisonneuve se distingue nettement de l’ensemble montréalais où les personnes dont la langue maternelle est le français représentent près des deux tiers (64,8 %) de la population.

RUE HOCHELAGA VILLE DE SAINT - LEONARD

VILLE D’ ANJOU

RUE VIAU

BOULEVARD PIE IX

AVENUE BOURBONNIÈRE

R

VILLE DE MONTREAL - EST

Arrondissement Rosemont / Petite-Patrie OOKE

RUE

RUE VIAU

Secteur Maisonneuve

SHERBR

Mercier - Ouest

Mercier - Est

AVE

Hochelaga RUE

NOTRE-DAME

ERE

BOURBONNI

Arrondissement Plateau Mont - Royal / Centre-Sud

RUE NOTRE-DAME

Fleuve Saint-Laurent

Plan 2 : Localisation du quartier Maisonneuve dans l’arrondissement Mercier — HochelagaMaisonneuve

Plan 1 : Délimitation du quartier Maisonneuve

9


Le logement et les ménages

Le revenu et l’emploi

Maisonneuve se distingue aussi d’un autre phénomène montréalais. Alors qu’au cours des dernières années le nombre de logements occupés par leur propriétaire a crû dans l’ensemble de Montréal, ce phénomène ne semble pas avoir atteint le quartier Maisonneuve, où les logements loués représentent 86% des 8 365 logements du quartier, comparativement à une moyenne de 73% dans l’arrondissement et à Montréal.

Les données économiques confirment l’état de pauvreté de la population de Maisonneuve. Le taux de chômage atteignait 19,3 % de la population active du quartier en 1991. Le revenu moyen des ménages s’élevait, en 1991, à 25 861$ comparativement à un revenu moyen de 33 336 $ et de 34 144 $ pour les ménages de l’arrondissement et de Montréal. Les ménages dont le revenu moyen est inférieur à 20 000 $ par année représentaient près de la moitié des ménages du quartier (48,6 %). Ces données peuvent être reliées aussi à la faible scolarité d’une partie de la population. Près du tiers des personnes de plus de 15 ans, soit 31 %, ont moins de neuf années de scolarité.

La composition des ménages est assez semblable à celle de l’arrondissement et de la ville de Montréal, à l’exception de deux caractéristiques. D’une part, on retrouve dans Maisonneuve une proportion plus élevée de ménages d’une seule personne, soit 41,5 %, comparativement à la proportion de l’arrondissement (34,6 %) et de Montréal (38,5 %). De même, les familles monoparentales représentent 28 % des familles du quartier, comparativement aux proportions de 21 % et de 20 % dans l’arrondissement et à Montréal.

Par ailleurs, il importe de souligner que 34,6% des ménages unifamiliaux locataires du quartier dépensent 30% ou plus de leur revenu moyen au paiement du loyer. Le taux d’effort est supérieur à celui de l’arrondissement (27,4%) et à celui de Montréal (24,2%). Lors du recensement des établissements et des emplois à Montréal en 1996, l’arrondissement Mercier/HochelagaMaisonneuve détenait 41 832 emplois dont 11 800 dans le quartier Maisonneuve, soit plus du quart des emplois de l’arrondissement.

Les groupes d’âge L’évolution des groupes d’âge est semblable à celle de l’ensemble des quartiers centraux de Montréal. La proportion d’enfants diminue, alors que celle des personnes âgées de plus de 65 ans augmente. En proportion, le quartier Maisonneuve ne se distingue pas de l’arrondissement ni de Montréal. Le groupe d’âge 0-19 ans représente 20 % de la population du quartier, celui des 20-64 ans représente 65 % de la population du quartier, et finalement le groupe des 65 ans et plus représente 15 % des gens du quartier.

Programme particulier

Les industries manufacturières demeurent le principal employeur du quartier Maisonneuve et représentent 28,5 % de tous les emplois; cette proportion est plus élevée que dans l’arrondissement (20 %) et que dans l’ensemble de la ville (14 %). L’industrie de l’alimentation représente plus de la moitié des emplois des industries manufacturières de Maisonneuve.

d’urbanisme du quartier

10


Tableau 1. Population et logement (1991)

Population totale Langues maternelles (%) Française Anglaise Autres Logements privés Total (100 %) Loués (%) Possédés (%) Nombre moyen de personnes par ménage

Quartier Maisonneuve

Arrondissement Mercier/HochelagaMaisonneuve

Ville de Montréal

17 764

130 596

1 017 837

90,4 4,6 5,1

87,2 3,7 9,1

64,8 12,4 22,8

8 365 86,0 14,0

57 620 73,1 26,9

460 175 73,5 26,5

2,0

2,2

2,1

Composition des ménages (%) 1 personne 2 personnes 3 personnes 4 personnes et +

41,5 32,0 14,3 12,3

34,6 34,2 16,7 14,5

38,5 32,0 14,4 15,1

Non familiaux Familiaux

49,8 50,3

41,2 58,8

46,6 53,4

Source : Statistique Canada Recensement 1991 - Traitement BDIU - Ville de Montréal

Tableau 2. Revenu (1990) et emploi (1992) Quartier Maisonneuve

Population active en chômage (%)

Arrondissement Mercier/HochelagaMaisonneuve

Ville de Montréal

19,3

13,4

14,6

Revenu d’emploi moyen ($) Revenu moyen des ménages ($) (moins de 20 000 $- %)

19 313 25 861 48,6

22 173 33 336 36,1

22 285 34 144 38,0

Emplois - Total (100 %) Industries manufacturières (%) Services à la production (%) Services publics et parapublics (%) Services à la consommation (%)

10 685 28,5 24,6 19,0 26,8

41 875 20,0 14,9 30,8 33,2

616 550 13,8 26,7 32,0 26,1

Sources :.Statistique Canada Recensement 1991 Recensement des établissements et de l’emploi à Montréal, édition 1993 Traitement BDIU - Ville de Montréal

11


Vue aérienne du quartier Maisonneuve aujourd’hui

Viennent ensuite les services à la consommation qui offrent près de 2 900 emplois (26,8%) dans le quartier, ce qui correspond à la moyenne montréalaise (26 %). Ils se concentrent surtout dans le commerce de détail, les restaurants et bars, ainsi que dans les associations communautaires (regroupement des associations de loisir).

La dernière grande catégorie d’emplois se concentre dans les services publics et parapublics qui offrent plus de 2 000 emplois (19 %) dans le quartier Maisonneuve, ce qui représente une proportion moindre que la moyenne montréalaise (32 %). Les données de ce succinct portrait socioéconomique de Maisonneuve (tableaux 1 et 2) confirment ce que d’autres rapports plus détaillés ont déjà souligné quant à la pauvreté d’une partie importante de la population de Maisonneuve. Par ailleurs, sur le plan économique, le quartier offre un nombre important d’emplois et possède une infrastructure d’entreprises manufacturières et de services sur laquelle il faut aussi miser pour assurer la relance du quartier.

Les services à la production représentent plus de 2 600 emplois (24,6 %) concentrés dans les services bancaires, financiers, immobiliers et d’assurances. La Régie des installations olympiques est le principal employeur de cette catégorie.

Programme particulier

d’urbanisme du quartier

12


3 Les orientations d’aménagement et les projets d’intervention

Le document d’orientations préparé par le Service de l’urbanisme en janvier 1996 a identifié les enjeux majeurs essentiels à la mise en valeur du quartier Maisonneuve. L’analyse de ces enjeux a permis de dégager quatre grandes orientations d’aménagement. (voir le plan 3)

L’aménagement de liens entre le pôle récréotouristique et le quartier Il n’existe pas de liens réellement attrayants, fonctionnels et sécuritaires susceptibles d’inciter les visiteurs, notamment les cyclistes et les piétons, à se rendre spontanément du pôle récréotouristique au quartier. Le projet d’un corridor piéton paysager avait été proposé par les organismes locaux dans le prolongement de l’avenue Morgan vers le stade olympique dans le passé. Ce projet n’a pas pu se réaliser à cause des coûts d’expropriation exorbitants qu’il aurait entraînés à l’époque. La grille de rues existantes, tout en offrant un accès véhiculaire en plusieurs points, ne remplit pas toutes les conditions d’attraction, d’animation et de sécurité requises par les promeneurs. L’aménagement judicieux de tels liens demeure une condition nécessaire à la fréquentation et à l’achalandage du site du marché et du quartier.

La restructuration et la consolidation du site du marché Le site du marché constitue le centre de convergence d’une partie importante de la population du quartier en raison des nombreux services et activités offerts. De plus, la présenLe site du marché ce du nouveau marché Maisonneuve y attire une clientèle issue des quartiers plus éloignés élargissant conséquemment le rayonnement du site. Par ailleurs, la proximité du pôle récréotouristique qui accueille environ quatre millions de visiteurs annuellement, représente un potentiel considérable pour la fréquentation, l’achalandage et l’animation du site.

De plus, certaines réflexions doivent être engagées à moyen terme sur l’aménagement de plusieurs axes est-ouest, notamment la rue Notre-Dame et l’avenue Pierre-de-Coubertin.

Cependant, considérant son état destructuré, actuellement il doit être réaménagé de manière à constituer un pôle civique majeur et à pouvoir offrir à longueur d’année une gamme d’activités attrayantes, complémentaires, aux résidants du quartier, aux Montréalais et aux visiteurs du pôle récréotouristique.

13


L’amélioration du cadre de vie urbain Cet objectif regroupe tous les projets et programmes inhérents à l’amélioration et à l’accessibilité du parc résidentiel, à l’attraction et au dynamisme des secteurs commerciaux et industriels ainsi qu’à la consolidation ou à l’aménagement des espaces verts. Ces projets et programmes constituent des atouts importants pour le quartier et permettent d’offrir aux résidents un cadre de vie plus agréable, renforçant ainsi leur sentiment d’appartenance au quartier.

3.1 LE PROJET D’AMÉNAGEMENT DU SITE DU MARCHÉ

La mise en valeur du patrimoine La stratégie de développement touristique du quartier Maisonneuve soutenue par les organismes locaux s’appuie également sur le caractère patrimonial du quartier pour attirer une partie des visiteurs du pôle récréotouristique. À ce titre le quartier possède un héritage patrimonial des plus intéressants et des plus variés comprenant des bâtiments résidentiels, commerciaux, industriels et des lieux publics de grande valeur.

– Le site du marché Le site du marché Maisonneuve possède un potentiel remarquable pour devenir un attrait majeur dans le quartier. Son réaménagement devrait permettre à la population locale de disposer d’un lieu de rencontres, d’échanges, et d’animation beaucoup plus fonctionnel et plus convivial, qui serait en fait le pôle civique par excellence du quartier.

~ Les différents projets présentés dans les chapitres suivants s’inscrivent dans les orientations mentionnées précédemment. Ils ont été élaborés en priorité à cause notamment de leur caractère complémentaire et des nombreux impacts positifs à court et à moyen terme dont le quartier peut bénéficier suite à leur réalisation.

En effet, l’aménagement de la piste cyclable, dans l’axe de l’avenue Bennett, adjacent au site du marché, l’intensification des activités socio-culturelles et récréatives mises sur pied par les organismes locaux, ainsi que la présence du nouveau marché Maisonneuve, constituent des initiatives complémentaires significatives qui attireront des milliers de visiteurs dans le quartier. Le réaménagement du site du marché s’avère par conséquent un projet fondamental pour consolider et améliorer l’image de l’ensemble du quartier et pourrait jouer un rôle important en vue d’attirer de nouveaux résidents ainsi que pour stabiliser la population locale.

Programme particulier

d’urbanisme du quartier

14


SH

KE

OO

BR

ER

E RU

AVENUE LETOURNEUX

AVENUE PIERRE-DE-COUBERTIN

AVENUE AIRD

AVENUE BENNETT

BOULEVARD PIE IX

AVENUE JEANNE D’ARC

AVENUE BOURBONNIÈRE

RUE HOCHELAGA

RUE VIAU

RUE DE ROUEN

AVENUE MORGAN

RUE ONTARIO

RUE LAFONTAINE

RUE ADAM

RUE SAINTE-CATHERINE

RUE NOTRE-DAME

Plan 3

MISE EN VALEUR DU SECTEUR MAISONNEUVE PLAN CONCEPT CONSOLIDATION DU SITE DU MARCHÉ

c:\maison\plansynt\resume\planres.dwg 1 : 10 000

INTERVENTIONS LIÉES À L’AMÉLIORATION DU CADRE DE VIE Secteur résidentiel à réhabiliter

Secteur d’intervention

Axe commercial à consolider (trottoirs, mobilier, façades, verdure)

Aires à réaménager

Intersection à réaménager Parc à consolider

AMÉNAGEMENT DE LIENS NORD/SUD & EST/OUEST

Interventions sur le domaine public Point d’observation

Voie cyclable existante Voie cyclable réalisée durant l’élaboration du P.P.U.

MISE EN VALEUR DU PATRIMOINE Tronçon de voie publique à réaménager Elément patrimonial à valoriser

15


Rue de Rouen

LÉGENDE

jardins communautaires

terrain vacant

voies désaffectées

Bennett

Letourneux

Zest

Centre culturel et sportif de l’Est, CCSE (ancien marché)

Avenue

Avenue

Médiacom

garderie

marché Maisonneuve parc OvilaPelletier

Habitation Habitation et commerce Commerce (marché) Équipement collectif et institutionnel Parc et jardins communautaires Industrie

Rue Ontario

Rue La Fontaine

Plan 4 : Le site du marché Maisonneuve et ses abords

Le site du marché est inscrit dans le quadrilatère délimité au nord par la rue de Rouen, au sud par la rue Ontario, à l’est par l’avenue Bennett et à l’ouest par la rue Letourneux (voir le plan 4). Il est occupé par un ensemble de bâtiments et de terrains regroupant des activités socio-culturelles, récréatives et commerciales. On y retrouve, en effet, sur la frange ouest du site, une rangée d’immeubles résidentiels et dans la partie nord les jardins communautaires, un terrain vacant, propriété de la Ville, le bâtiment de la compagnie Médiacom. Le centre est traversé par les voies ferrées désaffectées du Canadien National. Dans la partie sud on relève le bâtiment de l’ancien marché Maisonneuve devant lequel se profilent la place Genevilliers-Laliberté et le monument la Fermière, le nouveau marché Maisonneuve et le parc Ovila-Pelletier, occupé dans sa partie nord par deux petits bâtiments à vocation communautaire. Programme particulier

Les dimensions restreintes de ce site à vocation polyvalente constituent une contrainte sérieuse au déroulement fonctionnel et harmonieux du nombre croissant d’activités sur le site : concerts, danses sociales, spectacles sons et lumières, vente de produits agro-alimentaires, etc. Avec le succès que connaît la programmation artistique et culturelle des organismes locaux ainsi que la croissance tangible des activités du nouveau marché, il s’avère opportun de restructurer le site du marché afin de lui conférer une meilleure homogénéité spatiale qui lui permettra de jouer pleinement son rôle de pôle d’animation et de rassemblement du quartier et de l’arrondissement.

d’urbanisme du quartier

16


Rôle et fonction des bâtiments et des terrains du site du marché

sonnes dans des conditions confortables et fonctionnelles ainsi qu’un gymnase. De plus l’espace immédiat entourant ce bâtiment doit être mieux structuré, mieux aménagé pour accueillir les activités extérieures.

Pour bien saisir le sens et la portée du projet d’aménagement du site du marché, il importe de définir le rôle et la fonction des bâtiments et terrains que l’on y retrouve actuellement. Cette démarche permet aussi de bien cerner les besoins et attentes des différents occupants.

- Le nouveau marché Maisonneuve Depuis son inauguration en juin 1995 les activités agro-alimentaires du nouveau marché ont drainé dans le quartier un achalandage important, contribuant à renforcer considérablement le rôle de pôle socio-économique du site du marché. Les responsables de la Corporation de gestion des marchés publics qui gère les activités ne prévoient pas à court terme une expansion substantielle. Par conséquent l’agrandissement de ce bâtiment dans un tel horizon ne sera vraisemblablement pas nécessaire.

- L’ancien marché Cet édifice constitue un repère majeur dans le quartier non seulement par la qualité de son architecture mais aussi en raison de son rôle civique depuis sa construction, à titre de lieu d’accueil d’activités commerciales et socio-culturelles. Si la fonction agro-alimentaire a été transférée dans le bâtiment du nouveau marché, les activités socio-culturelles et récréatives y sont maintenues. En effet le centre culturel et sportif de l’Est (CCSE) occupe les locaux depuis 16 ans. Cet organisme a mis sur pied une vaste gamme de services à la communauté (danse, sports, théâtre, musique, garderie etc). Les responsables estiment que les locaux ne parviennent plus à répondre aux besoins en espaces requis par d’autres activités ou événements essentiels à la collectivité, entre autres l’implantation d’une salle de réunions pouvant contenir environ 250 per-

Le nouveau Marché Maisonneuve.

La façade principale de l’édifice de l’ancien Marché Maisonneuve, aujourd’hui.

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cette frange dans le réseau vert et y aménager un sentier polyvalent. Par ailleurs, le projet de développement commercial du carrefour Valois préparé par la SIDAC Ontario prévoyait l’utilisation de l’emprise pour une navette en tramway. Cette option fait l’objet d’une étude de faisabilité par un consultant à la demande du promoteur. - Le terrain vacant de la Ville Ce terrain d’une superficie d’environ 6 000 m2 était prévu à des fins industrielles, selon le plan d’urbanisme. Redevenu propriété municipale depuis 1996 sa vocation a fait l’objet de discussions.

Vue de la façade arrière de l’édifice de l’ancien marché, à partir de la rue Rouen.

- Les jardins communautaires Établis en 1976, les jardins communautaires Maisonneuve constituent la deuxième plus important du réseau montréalais, avec 251 jardinets. C’est une activité de détente et de loisirs fort appréciée par la communauté locale et qui contribue également à sensibiliser les responsables des jardinets et leurs proches à l’écologie urbaine. Le Service des sports, des loisirs et du développement social a, depuis 1989, la responsabilité de la planification, de la coordination et de l’harmonisation des actions touchant les programmes de l’ensemble des jardins communautaires. La gestion des jardins communautaires Maisonneuve, comme celle des autres du réseau, est confiée à un organisme bénévole qui veille, entre autres, au respect des règlements et à l’attribution des lots.

Plusieurs propositions ont émergé lors des rencontres entre le Service de développement économique et le comité ad hoc des usagers du site du marché en mars 1996. Certains participants avaient proposé d’y aménager un parc considérant la carence en espaces verts dans le quartier, d’autres ont suggéré que le terrain soit consacré à des activités socio-récréatives, notamment par l’aménagement d’un court de tennis. Au cours d’une rencontre interservices en octobre 1996, le Service des sports, loisirs et du développement social a proposé d’y implanter un site familial, avec plans d’eau et aires de détente. - L’entreprise Médiacom L’entreprise est installée dans ce bâtiment depuis sept ans. Elle offre environ 100 emplois. Le terrain sur lequel est érigé le bâtiment occupe une superficie de 12 000 mètres carrés dont le tiers est voué au stationnement des véhicules. La Ville souhaite, de concert avec les propriétaires, contribuer davantage au verdissement des interfaces de ce bâtiment avec le reste du site du marché.

Les jardins Maisonneuve semblent répondre à un réel besoin. Leur localisation devrait être maintenue et leur environnement immédiat amélioré. - Les voies ferrées du Canadien National Au cours du mois de mai 1996, le C.N. a confirmé l’abandon de l’utilisation des voies ferrées. Des études sont en cours au Service des parcs, des jardins et des espaces verts pour intégrer

Programme particulier

d’urbanisme du quartier

18


-Les logements de la rue Letourneux Ces bâtiments en rangée donnant face à la rue Letourneux ont été construits au début du siècle. Ils renferment une trentaine de logements sur la partie comprise entre les voies ferrées et la rue Ontario. Leur disposition irrégulière et l’absence d’une démarcation adéquate des cours arrière compromettent la lisibilité et la définition spatiale du site du marché. – Les éléments de composition urbaine du projet

Le parc Ovila-Pelletier, dans l’axe de la rue William-David

La conception du projet d’aménagement du site du marché dans le tissu urbain du quartier implique d’abord une réflexion particulière sur la forme et le rôle de l’espace du marché dans l’évolution de la trame afin de dégager certains éléments de composition urbaine essentiels au réaménagement harmonieux du site, indépendamment des besoins exprimés par les occupants du site.

- Le parc Ovila-Pelletier Ce parc occupe une superficie d’environ 10 000 mètres carrés. Il sert de terrain de jeu, notamment à la pratique de la balle molle et du baseball pour les jeunes de 8 à 12 ans. Aucun projet d’aménagement à court terme n’y est prévu. Le Service des parcs, jardins et espaces verts propose de maintenir la vocation de parc en attendant de préparer une option d’aménagement à cette fin.

L’analyse de l’évolution cadastrale révèle que le secteur du marché a joué un rôle civique majeur pour la collectivité locale.

Par ailleurs les deux bâtiments établis dans la partie nord du parc sont occupés par des activités communautaires, l’un abrite une garderie, l’autre est le siège de l’organisme «ZEST» qui est placé sous l’égide du Centre culturel et sportif de l’est.

En effet, cet espace faisait partie d’un lot appartenant à James Morgan (voir le plan 5). Jusqu’en 1907 la plupart des lots situés à l’est et à l’ouest étaient déjà lotis et construits alors que celui de James Morgan demeurait encore inexploité (voir le plan 6). Selon l’historien P.A Linteau, James Morgan était moins intéressé à la spéculation foncière que les propriétaires voisins. Lorsque vint le grand mouvement d’embellissement dont le quartier fit l’objet à partir de 1910, la terre de Morgan fut disponible pour accueillir un magnifique ensemble urbain composé du site du marché à l’extrémité nord, du parc Morgan à l’extrémité sud et d’une magistrale avenue les reliant, en l’occurrence l’avenue Morgan qui fut construite en 1914 (voir le plan 7). Toutefois ce n’est qu’en 1937 que

Les logements donnant sur le site du marché.

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RUE VIAU

BOULEVARD PIEI-IX

KE

OO

BR

HER

ES

RU

18 17 14

8

7 4

3

2 1A

1

RUE HOCHELAGA

RUE ONTARIO

13 12 20 19 16 15 11 10 9

6

5

RUE NOTRE-DAME

LA FERME MORGAN (LE LOT NO. 7) LE SITE DU MARCHÉ MAISONNEUVE LES LIMITES DE L’ANCIENNE CITÉ DE MAISONNEUVE

Plan 5 : Le site du marché au centre du lot original (n° 7) de J. Morgan (1883-1918)

Plan 6 : Lotissements organisés autour du terrain de J.Morgan (1907)

Plan 8 : La configuration en forme d’alcôve du site du marché à partir des axes Ontario et Morgan

Programme particulier

d’urbanisme du quartier

20

Plan 7 : Configuration de l’ensemble urbain : marché - avenue - parc dans les limites du lot original de Morgan (1996)


l’avenue sera aménagée conformément au plan de F.G. Todd.

Interventions proposées

Plusieurs constats se dégagent de cette lecture succincte de l’évolution historique du site du marché: •

l’ensemble urbain marché-avenue-parc est inscrit dans les limites de la terre de J. Morgan ( lot n0 7);

•

l’espace du marché est perçu comme une alcôve depuis la rue Ontario établissant une symétrie par rapport à l’axe de l’avenue Morgan;

•

il existe une persistance dans les usages notamment ceux de nature civique et agricole que l’on relève à travers le temps sur le site du marché.

Le projet

•

Plantation de deux rangées d’arbres (peupliers) le long des limites originales correspondant à celles de la terre de Morgan, pour marquer et définir l’espace du site. Cette délimitation rétablit et renforce la présence du bâtiment de l’ancien marché comme repère principal au centre de l’espace civique.

•

Réaménagement de la surface au sol autour du bâtiment de l’ancien marché par un revêtement uniforme plus approprié, qui s’étend aux limites des jardins communautaires et du terrain vacant municipal. Ce traitement confère une meilleure homogéniété visuelle aux espaces avant, latéraux et arrière du bâtiment. Les espaces arrière sont réservés aux fins de stationnement.

•

Emplacement pour agrandir le nouveau marché à moyen terme selon une implantation analogue au bâtiment existant. Cet espace peut être occupé par des étals temporaires à court terme.

•

Aménagement d’un nouveau parc d’environ 6200 m2 sur l’emplacement du terrain municipal vacant situé entre les jardins communautaires et l’entreprise Médiacom; ce parc comprendrait des aires de jeux de volley-ball, de ballon-panier ainsi qu’un espace de jeux prévu pour les adolescents.

•

Réaménagement du parc Ovila-Pelletier afin de répondre aux besoins des différents utilisateurs. Le réaménagement comprend:

Le projet d’aménagement du site du marché s’appuie sur quatre composantes majeures de composition urbaine (voir le plan 9): •

la restructuration et la définition de l’ensemble de l’espace civique dont l’ancien marché est le centre;

•

la définition et la lisibilité de «l’espace-alcôve» tant dans l’axe de la rue Ontario que dans celui de l’avenue Morgan;

•

l’harmonisation fonctionnelle des usages et activités qui se développent sur le site;

•

l’intégration harmonieuse de toute nouvelle construction ou de tout aménagement d’espace libre dans le quadrilatère du site du marché;

-

21

l’implantation d’un site familial avec plans d’eau et aires de détente dans la partie nord du parc Ovila-Pelletier, d’une superficie d’environ 1700 m². La localisation du site familial à cet endroit permet de consolider la vocation sociorécréative du parc. Par ailleurs, il serait souhaitable d’envisager la relocalisation de la garderie, adjacente au site familial, si une telle


rue de Rouen

Potagers communautaires (251 jardinets) Aire de jeux adolescents

Volleyball (plage)

Sentiers pédestres

Sentier pédestre

Plantation de peupliers (3m c/c)

Plantation de peupliers (3m c/c)

Basketball

Terrain privé (Médiacom)

Nouveau parc

26 cases de stationnement

Sentier polyvalent

Total stationnement: environ 150 cases Bâtiment de service

44 cases de stationnement 14 cases de stationnement

Passage carrossable

Abris ouverts

22 cases de stationnement

Garderie

Agrandissement du nouveau marché

Piscine et pataugeoire

( à moyen terme )

Edifice de l’ancien marché Maisonneuve Centre communautaire

Aire de jeux 6 à 12 ans

Etals ( à court terme )

Aire d’accueil

Passage carrossable

Aire d’activités communautaires un "théâtre" saisonnier à ciel ouvert

6 cases de stationnement

Aire de jeux 2 à 6 ans

Pétanque

Aire centrale de la place Gennevilliers-Laliberté

Edifice du nouveau marché recouverte en pavés de maçonnerie

rue Ontario

Plan 9 : Plan d’aménagement du site du marché

Programme particulier

d’urbanisme du quartier

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avenue William-David

Abris ouverts

Etals Aires de jeux libres

avenue Bennett

6 cases de stationnement

Plantation de peupliers de Lombardie (3m c/c)

avenue Letourneux

Sentier polyvalent


opportunité se présente en périphérie du site. La relocalisation de la garderie permettra une meilleure utilisation du parc Ovila-Pelletier. L’aire de jeux est maintenue et sera réaménagée en fonction des besoins de la population locale. Elle comprend notamment : une aire d’accueil, des aires de jeux pour des utilisateurs de 2 à 6 ans et de 6 à 12 ans, une aire de jeux de pétanque, une aire de jeux libres. -

•

La construction d’un bâtiment sociocommunautaire avait été évoquée durant l’élaboration du programme particulier d’urbanisme dans le but de consolider le rôle de pôle civique du site du marché. Dans l’éventualité où un tel projet s’avérait réalisable, il serait opportun de localiser le bâtiment dans le périmètre immédiat du site du marché afin que ce dernier puisse profiter de l’animation et de l’achalandage générés par les activités communautaires.

Aménagement d’environ une centaine de cases de stationnement sur le site. Les rues adjacentes de Rouen, Bennett offrent une cinquantaine d’espaces de stationnement additionnels. Les besoins actuels se chiffrent à quelques 80 unités de stationnement.

•

Maintien des jardins communautaires.

•

Réaménagement de l’emprise des voies ferrées désaffectées pour permettre aux piétons, cyclistes et éventuellement aux véhicules d’accéder directement au site du marché. Cette dernière option aurait pour effet de réduire les congestions de trafic sur les rues Ontario et Letourneux, lors des périodes d’affluence.

Établissement de petits sentiers pédestres en poussière de pierre donnant accès au site du marché à partir de la rue de Rouen. Les sentiers se terminent à l’arrière du marché, sur des îlots paysagers dont l’aménagement pourrait intégrer soit des fontaines, des porte-vélos ou du gazon.

•

Diminution de la circulation véhiculaire en avant et dans les voies latérales adjacentes au bâtiment de l’ancien marché et de la place Genevilliers-Laliberté.

•

Illumination nocturne de l’ancien bâtiment du marché et de la Place Genevilliers-Laliberté.

•

Verdissement des alentours de la propriété de Médiacom.

•

Nouveau revêtement de la chaussée de la rue Ontario devant le site du marché entre les axes Letourneux et Bennett pour encadrer le lien visuel entre le site du marché et la promenade Morgan.

Coûts estimés des travaux

Installation d’abris temporaires avec étals pour délimiter la fonction résidentielle des terrains irrégulièrement construits de la rue Letourneux des autres activités du site du marché.

•

•

La réalisation du projet de réaménagement du site du marché nécessitera des investissements municipaux de 4,5 millions de dollars. Ce montant couvre notamment les interventions reliées à la délimitation du site et aux matériaux de revêtement du sol autour du bâtiment au marché ainsi que l’implantation du site familial.

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Programme particulier

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Plan 10 : Vue axonométrique du projet de réaménagement du site du marché

d’urbanisme du quartier


3.2 LES PROJETS D’AMÉNAGEMENT DE LIENS ENTRE LE PÔLE RÉCRÉOTOURISTIQUE ET LE QUARTIER

– Le projet de réaménagement de l’avenue Morgan L’avenue Morgan constitue incontestablement, avec ses deux voies séparées par un terre-plein central, l’une des plus belles voies publiques de la ville dont le tracé s’inscrit dans le courant des mouvements «City Beautiful» et «Garden City» de l’époque. Il offre à partir du kiosque situé au parc Morgan une magnifique perspective vers l’ancien marché Maisonneuve et possède en outre sur le côté est, l’un des plus beaux spécimens de l’architecture classique, soit le bâtiment du bain public et gymnase Maisonneuve.

Les trois projets qui sont proposés à cet égard trouvent leur origine dans les orientations du Plan directeur de l’arrondissement Mercier/Hochelaga-Maisonneuve. En effet deux des objectifs du Plan sont de favoriser le développement du pôle récréo-touristique et d’encourager le tourisme dans le quartier Maisonneuve. Le document d’orientations du programme particulier d’urbanisme présenté en janvier 1996 propose de créer des liens accessibles, confortables et sécuritaires entre le pôle et le quartier et identifie leur localisation.

Malheureusement le concept original de cet axe a été modifié entraînant notamment le rétrécissement du terre-plein central et un nouvel alignement de plantations au centre de celui-ci. Ces transformations ont eu pour effet de déprécier la qualité des perspectives originales et de reléguer au second plan les façades des édifices de l’ancien marché Maisonneuve et du bain public.

La réalisation de ces liens aura pour effet de permettre la redécouverte du quartier et de ses nombreux lieux significatifs par la population locale et par les visiteurs. Les trois projets identifiés sont : •

le réaménagement de l’avenue Morgan;

Considérant les projets de réaménagement du site marché, de rénovation du kiosque du parc La façade d’inspiration Beaux-Arts du bain public Morgan et du théâtre Denise Pel• l’implantation de la piste cyMorgan letier à l’intersection nord-ouest clable; de la rue Ste-Catherine et de l’avePar ailleurs, en ce qui a trait aux liens est-ouest, nue Morgan, il importe de réaménager en proil y aurait lieu, d’une part de revoir éventuellefondeur l’axe Morgan pour consolider et renforment l’aménagement de l’avenue Pierre-de-Courcer son rôle de lien. bertin et d’autre part d’évaluer, suite au projet de prolongement du boulevard Ville-Marie, préparé par le Ministère des Transports du Québec, les impacts de celui-ci sur le cadre et la qualité de vie dans le quartier. •

le réaménagement du boulevard Pie-IX;

25


Le projet de réaménagement de l’avenue Morgan (voir le plan 10) vise à offrir une promenade horticole et ornementale depuis le site du marché jusqu’au parc Morgan et à valoriser les perspectives que l’on peut observer dans son axe. Il aura pour effet de raffermir les liens entre le site du marché et le parc Morgan, de conférer à l’avenue une allure plus magistrale rappelant la configuration originale.

• L’installation de mobilier urbain approprié (lampadaires décoratifs, bancs, poubelles, etc).

L’avenue Morgan vers 1920

• Un traitement particulier (poussière de pierre) de l’allée de promenade centrale en vue de rendre la marche plus confortable. - Le maintien de deux voies de circulation automobile de 7,4 m dans chaque direction, une des voies de circulation servant à des fins de stationnement dans chaque sens; la chaussée sera aussi partagée avec la voie cyclable dans chaque direction.

L’aménagement horticole particulier de l’axe L’avenue Morgan aujourd’hui Morgan constituera un prolongement du jardin botanique dans le quar• Un traitement particulier des intersections tier Maisonneuve et représentera une attraction particulière outre son rôle de lien. avec les rues est-ouest, notamment les rues Ontario, Adam, Sainte-Catherine et Lafontaine pour souligner la continuité visuelle de la Les interventions porteront à court terme sur la réfection du terre-plein central. À moyen terme promenade et assurer une plus grande sécuon pourra envisager le réaménagement des trotrité aux promeneurs. toirs et du mobilier urbain environnant, lesquels • La reconfiguration du trottoir en face du parc se révèlent en bon état actuellement. Morgan. Les interventions proposées sont les suivantes : •

Coûts estimés des travaux

L’élargissement du terre-plein central, de 4,8 m à 8,5 m. -

L’aménagement de deux rangées de haies arbustives continues, à croissance basse et de fleurs, de chaque côté du terreplein.

-

La transplantation des arbres qui masquent les perspectives vers le bâtiment du marché et l’émondage régulier de ceux situés en face du bâtiment du bain public.

Programme particulier

La réalisation du projet de réaménagement de l’avenue Morgan nécessitera des investissements municipaux de 1,2 million de dollars.

d’urbanisme du quartier

26


– Le projet de réaménagement du boulevard Pie-IX

proximité des accès du métro, accueille aussi un volume de piétons important notamment lors de la tenue d’événements spéciaux au pôle récréo-touristique. Les trottoirs relativement exigus (1,5 m) sont en voie de détérioration sur plusieurs tronçons du boulevard.

Construit en 1911, le boulevard Pie-IX, à l’instar de l’avenue Morgan et de la rue Viau, fait partie des axes prestigieux conçus pendant le grand mouvement d’embelLe boulevard Pie-IX vers 1920 lissement. Certains Sur les deux côtés du boulevard Pie-IX on relève fondateurs de Maisonneuve avaient soutenu le des bâtiments résidentiels, institutionnels et inprojet d’un parc d’expositions grandioses à l’emplacement actuel du parc Maisonneuve et du Jardustriels d’une grande valeur architecturale. De plus le couvert végétal constitue l’un des plus din botanique. Le boulevard Pie-IX devait, avec denses du quartier. Il est encore généralement la rue Viau, relier le quartier à ce parc d’expositions qui n’a d’ailleurs jamais été réalisé. en bon état à l’exception du tronçon situé au sud de la rue Ontario sur le côté ouest où l’on relève une dizaine d’arbres morts ou en voie de Avec l’essor industriel de l’après-guerre la configuration du boulevard a été modifiée pour rél’être. Ceux-ci seront remplacés sous peu. pondre aux exigences croissantes de la Par ailleurs l’éclairage d’appoint pour les piétons circulation véhiculaire, notamment pour la desserte du port de Montréal et des quartiers plus est déficient sur l’ensemble du tronçon. Malgré au nord. L’artère résidentielle et institutionnelle des efforts visibles d’embellissement du terreplein central, suite à l’installation de plantes orprestigieuse a fait alors place à une collectrice accueillant un trafic dense. Le volume de piétons nementales et d’oriflammes sur les lampadaires s’est également accru, en particulier aux intercentraux, il faut reconnaître que le boulevard PieIX est devenu une artère urbaine majeure vouée à sections des rues Ontario et Sainte-Catherine qui sont les artères commerciales du quartier. L’inla circulation véhiculaire au détriment de son allutersection Pierre-de-Coubertin et Pie-IX, à re attrayante et prestigieuse du début du siècle.

Le boulevard Pie-IX accueille aujourd’hui un trafic véhiculaire rapide et dense ...

... et l’exiguïté des trottoirs restreint les déplacements des piétons

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Le projet

L’option privilégiée et les interventions

Le projet de réaménagement du boulevard PieIX aura pour effet de lui conférer une plus grande attraction, de mettre en relief les bâtiments qui le bordent et d’ assurer une plus grande sécurité aux piétons tout en permettant à l’artère d’absorber convenablement le trafic véhiculaire local et de transit.

Trois options ont été étudiées en fonction de ces objectifs. La première propose l’élargissement maximal des trottoirs de chaque côté à 3,3 m et l’élargissement du terre-plein central à 3 m, la deuxième prévoit l’élargissement des trottoirs et du terre-plein à 3 m et à 4,5 m respectivement. Dans les deux cas des plantations d’arbres sont

Plan 12 : L’état actuel du boulevard Pie-IX

Programme particulier

Plan 13 : Le projet d’aménagement du boulevard Pie-IX

d’urbanisme du quartier

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prévues au centre du terre-plein. Cependant, ces deux options impliquent des coûts élevés, résultant du déplacement des infrastructures et ne garantissent pas pour autant la durabilité des plantations à long terme, en raison notamment de l’effet des sels de déglaçage et de la poussière. De plus, la deuxième option implique également la réduction du nombre de voies de circulation à deux dans chaque direction. L’option retenue constitue une solution mitoyenne. Elle propose : •

L’élargissement des trottoirs de 1,5 m (5'-0") à 2,4 m (8"-0") vers la chaussée.

•

L’élargissement du terre-plein de 1,4 m à 2,5 m (voir les plans 12 et 13) et la plantation d’espèces ornementales.

•

L’installation de lampadaires décoratifs en bordure ou en fond de trottoir, ainsi que d’autre mobilier urbain approprié.

•

Le maintien des trois voies de circulation de 3,35 m dans chaque direction.

•

L’illumination des bâtiments institutionnels de valeur patrimoniale.

Croquis perspectif illustrant l’aménagement du domaine public

sement des trottoirs. Cette initiative a aussi pour effet de réduire les coûts de déplacement des infrastructures compte tenu des procédés techniques qui peuvent être utilisés pour les maintenir à leur place, malgré la surlargeur proposée. Coûts estimés des travaux Le coût estimé des travaux de réaménagement du boulevard Pie-IX s’établit à 2,5 millions de dollars.

Cette option améliore la circulation piétonne qui devient plus fluide et plus sécuritaire par rapport à la situation actuelle et permet de mettre en relief les façades des bâtiments suite à l’élargis-

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de la rue Rachel jusqu’à celle de la rue NotreDame en offrant un parcours des plus diversifiés au plan visuel. Il s’agit de l’un des projets qui a été unanimement réclamé à la Table de Concertation Tourisme Hochelaga-Maisonneuve depuis quelques années. Le tracé retenu consiste en une bande marquée au sol, de 4 mètres de large, qui part du parc Maisonneuve, traverse les terrains de la RIO en contournant le stade de part et d’autre pour rejoindre l’avenue Bennett à l’intersection de la rue Pierre-de-Coubertin. De cet endroit, la piste devient une bande cyclable sur le coté ouest de l’avenue Bennett jusqu’à la rue Ontario pour bifurquer vers l’ouest devant le Marché Maisonneuve.

Vue de la piste cyclable vers le nord, à partir des voies ferrées du CN.

– Le projet d’implantation de la piste cyclable Le lien cyclable constitue également un projet majeur dans la perspective d’établissement de liens fonctionnels et confortables entre le pôle récréotouristique et le quartier. Il contribue de façon significative à la promotion du site du marché et de l’avenue Morgan ainsi qu’à leur achalandage par les visiteurs originant des autres quartiers de la ville. De plus, Il représente un maillon important du réseau cyclable dans l’axe Nord-Sud, permettant de relier la voie cyclable

Programme particulier

Toutefois, lorsque les voies ferrées seront enlevées, les cyclistes pourront utiliser cette emprise comme accès alternatif direct au marché. Un panneau y sera installé à cette fin. Par la suite la piste reprend, en chaussée partagée, depuis la rue Ontario l’avenue Morgan jusqu’à la voie cyclable de la rue Notre-Dame (voir le plan 3).

d’urbanisme du quartier

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3.3 L’AMÉLIORATION DES LIENS EST-OUEST

rer l’animation ou l’achalandage de manière continuelle. Les trottoirs, malgré leur largeur suffisante (3 mètres), sont dépourvus de mobilier urbain attrayant et de végétation. Cette situation confère à l’avenue une allure plutôt austère qui compromet son rôle d’espace de transition entre le pôle récréotouristique et le quartier.

Outre l’aménagement des liens dans l’axe nordsud du quartier, il s’avère opportun de faciliter et d’améliorer le cas échéant, les relations entre celui-ci et les autres quartiers situés à l’est et à l’ouest, notamment Mercier et Hochelaga. À cet égard les rues Ontario, Hochelaga, Sainte-Catherine constituent des axes importants dont le réaménagement à moyen et à long terme pourrait générer des impacts bénéfiques dans le quartier.

Il s’avère par conséquent opportun d’aménager cet espace tampon de manière plus conviviale, d’atténuer son caractère de barrière physique afin de mieux intégrer le pôle récréotouristique au quartier avoisinant et de rendre cette rue plus animée. La participation de la Régie des installations olympiques (RIO) est requise à cet effet.

Toutefois à moyen terme, il importe de revoir l’aménagement des rues Pierre-de-Coubertin et Notre-Dame. La première joue un rôle d’espace de transition entre le pôle récréo-touristique et le quartier, la seconde fait l’objet d’un important projet de transformation du ministère des Transports du Québec.

La révision du réaménagement de l’avenue impliquerait des interventions consistant notamment à: •

– La révision de l’aménagement de l’avenue Pierre-de-Coubertin

élaborer, en collaboration avec la RIO, un projet de réaménagement de la bande de terrain longeant les installations de la RIO, avenue Pierre-de-Coubertin;

• réaménager le domaine public en y installant L’avenue Pierre-de-Courbertin a été conçue pour un mobilier urbain adéquat ainsi que la véfaciliter notamment la desserte véhiculaire des gétation; installations olympiques. Elle comprend quatre voies dans chaque direction. Elle constitue, en • réaménager les interraison de la largeur exsections avec les axes cessive de sa chaussée Pie-IX, Bennett et Viau (30 mètres), une barrière de manière sécuritaire physique importante et attrayante pour acentre le pôle récréo-toucentuer leur rôle de ristique et le quartier. Sur lien entre le pôle et le le tronçon de l’avenue quartier; compris entre le boule• élargir et aménager le vard Pie-IX et la rue Viau, terre-plein central en y L’avenue Pierre-de-Coubertin : une imporil n’existe aucune activiajoutant des arbres à tante barrière physique entre le pôle récréoté commerciale ou rétouristique et le quartier croissance basse et créative avec pignon sur des plantes ornemenrue, susceptible de génétales.

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– Le projet de prolongement du boulevard Ville-Marie

Hochelaga et Maisonneuve. Le réaménagement de la rue Notre-Dame offre l’occasion de revitaliser les abords des quartiers qui longent cette artère et d’éviter l’effet de tranchée créé aujourd’hui. La Ville de Montréal propose d’entamer des discussions à ce sujet avec le ministère des Transports du Québec en concertation avec les résidents du quartier.

Le projet de prolongement de l’autoroute VilleMarie, dans l’axe de la rue Notre-Dame, a été envisagé par le ministère des Transports du Québec depuis le début des années soixante-dix. Le projet initial de construction d’une autoroute avait à l’époque suscité de vives oppositions des résidents du quartier Maisonneuve, notamment à cause de la démolition de logements ainsi que des nuisances visuelles et acoustiques qu’un tel projet aurait causées aux résidents riverains. Depuis, le Ministère a opté pour l’aménagement d’un boulevard urbain.

Impacts du tracé sur le quartier L’option de base retenue par le Ministère assure un meilleur accès dans l’axe est-ouest à l’ensemble de l’arrondissement. La Ville de Montréal a toutefois déjà soumis trois commentaires au Ministère en ce qui concerne la proposition présentée.

En 1995, le Ministère a entamé des discussions avec la Ville de Montréal pour déterminer le tracé de ce boulevard. En janvier 1996, le Ministère a présenté une première proposition. Le tracé envisagé consiste en un boulevard urbain au sol avec 3 voies dans chaque direction de la rue Frontenac jusqu’à l’autoroute 25.

•

Pie-IX / Ville-Marie

De façon générale, l’aménagement de l’intersection proposée empiète trop au nord. Les éléments géométriques de l’intersection doivent être révisés de façon à s’éloigner le plus possible du secteur résidentiel.

La rue Notre-Dame (vue vers l’ouest) fait actuellement l’objet d’un important projet de transformation du M.T.Q. Croquis perspectif illustrant une proposition de lien entre les parcs Morgan et Champêtre.

Sans nier la nécessité d’un lien est-ouest efficace dans l’est de Montréal, il est important de rappeler que l’aménagement de la rue Notre-Dame, exécuté depuis environ vingt ans, a négligé l’existence des quartiers résidentiels que traverse cette voie rapide depuis le centre-ville. Ce type d’aménagement, lié à d’autres facteurs, a certes contribué au déclin des quartiers Centre-Sud,

Programme particulier

•

Lien entre les parcs Morgan et Champêtre

Depuis de nombreuses années le problème d’accessibilité entre ces deux parcs s’est posé de façon accrue, contribuant notamment à l’isolement et à la sous-utilisation du parc Champêtre. Pour

d’urbanisme du quartier

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y remédier l’option de tracé la plus appropriée consisterait à construire un tronçon du boulevard en dépression, de la rue Letourneux jusqu’au prolongement de l’axe de l’avenue Bennett. Une telle option aura plusieurs effets positifs inhérents à la qualité de vie des résidents du quartier: -

-

-

Si une telle option devait s’avérer impossible à réaliser, il demeure alors essentiel d’aménager un ou deux liens sécuritaires, biens signalés dans l’axe de la rue Letourneux et dans l’axe des deux parcs.

Compte tenu de l’enjeu que représente Le réaménagement de la rue Notre-Dame doit ofl’accessibilité du parc frir aux résidents des perspectives plus attrayanChampêtre présentetes. elle permettra de ment sous-utilisé, tourelier de manière tes les options doivent être étudiées soigneusement par le ministère des sécuritaire et confortable les deux parcs; Transports, la Ville de Montréal et les autorités elle offrira des espaces verts additionnels à portuaires pour favoriser son accessibilité dans la population du quartier suite au réaménale cadre du projet de prolongement du boulegement en surface de l’emprise occupée par vard Ville-Marie. le boulevard; elle renforcera l’utilisation du parc Champêtre à des fins récréatives, sportives, polyvalentes et comblera significativement le déficit en espaces verts que le quartier accuse.

•

Section Viau à Dickson

Par ailleurs, dans la section de Viau à Dickson, il y aurait lieu de préserver le Centre des soins prolongés pour la valeur patrimoniale du bâtiment et l’espace boisé du site, d’entrevoir la possibilité de convertir l’immeuble à des fins sociales ou de santé et d’envisager la récupération de l’espace vert pour l’aménagement d’un parc. À cette fin, le tracé devrait être déplacé vers l’est, dans l’axe de l’ancienne cour de triage du CN.

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3.4 LES PROGRAMMES ET PROPOSITIONS D’AMÉLIORATION DU CADRE DE VIE URBAINE

– La réhabilitation du milieu résidentiel L’habitation demeure la fonction dominante dans l’ensemble du quartier. Les quelque 8400 logements ont surtout été construits dans des bâtiments de deux à trois étages renfermant deux à six logements, bien qu’on retrouve à l’ouest de la rue Viau, entre les rues Hochelaga et de Rouen quelques groupes de bâtiments unifamiliaux.

L’amélioration du cadre de vie constitue également un enjeu de taille dans la perspective de mise en valeur du quartier. En effet le pouvoir d’attraction de celui-ci dépend de sa capacité à offrir à la population locale et aux futurs résidents une intéressante gamme d’activités et ce, dans un cadre harmonieux. Cet enjeu regroupe donc plusieurs volets pour lesquels des programmes ou des interventions sont proposés.

Programme particulier

Près de 12 % des bâtiments du quartier ont été construits avant 1946. De façon générale le stock de logements situé dans la partie nord du quartier apparaît en bon état. Toutefois les observations sur le terrain et les compilations statistiques révèlent une certaine détérioration des logements dans plusieurs secteurs résidentiels localisés au sud de la voie ferrée du CN, ainsi qu’un taux d’inoccupation relativement élevé dans le parc de logements locatifs.

d’urbanisme du quartier

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•

Interventions liées au programme de revitalisation des quartiers centraux

(bilan en juin 1997)

Habitations typiques du quartier Maisonneuve.

•

•

rénovation de 42 bâtiments pour un total de 194 unités

•

réhabilitation de 14 bâtiments barricadés (82 unités)

•

démolition de 25 hangars

•

la subvention totale de la ville de Montréal est estimée à 1,5 M. de dollars

Le programme de revitalisation des quartiers centraux

rénovation résidentielle, la réhabilitation des bâtiments barricadés et la construction de nouveaux logements. La partie du quartier Maisonneuve située au sud des voies ferrées, entre les rues Viau et Bourbonnière, constitue un secteur ciblé par le programme.

Le Service de l’habitation a identifié, dans le cadre du programme municipal-provincial de «revitalisation des quartiers centraux», plusieurs mesures qui visent à réhabiliter le milieu résidentiel et à faciliter l’accession à la propriété privée ou collective des logements par les résidents du quartier. Le programme est en opération depuis avril 1996.

Par ailleurs, la ville a octroyé un contrat d’une durée de 18 mois au Collectif Aménagement Hochelaga Maisonneuve, pour la mise en oeuvre du programme.

Il comporte trois volets principaux en vertu desquels une subvention peut être octroyée, soit la

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Cependant une telle initiative implique la révision de la géométrie de la rue Viau aux approches de la rue Hochelaga, en particulier de sa mise à double sens au sud de cette dernière. Le Service de l’urbanisme, en collaboration avec les autres services municipaux compétents, évaluera cette option au moment opportun.

Le parc Théodore est scindé en deux parties distinctes.

•

Proposition de consolidation du parc Théodore

Le parc Théodore à l’angle des rues Hochelaga et Viau est actuellement scindé en deux parties distinctes. La plus petite partie, d’environ 2 500 m² de forme triangulaire et très boisée, est inaccessible. Cette inaccessibilité est causée principalement par la bretelle d’accès de la rue Viau vers le sud, qui rejoint la rue Saint-Clément à la hauteur de la rue Hochelaga. Le volume important et la vitesse relativement élevée des véhicules qui empruntent cette bretelle rendent dangereux l’accès à cette partie du parc.

Plan 14 : Le parc Théodore : état actuel

La proposition de consolidation vise donc à relier les deux parties en éliminant la bretelle d’accès. La rue Viau au sud de la rue Hochelaga serait à double sens. Cette intervention permettra d’augmenter la superficie du parc Théodore, de diminuer substantiellement le volume de trafic véhiculaire notamment le trafic lourd sur la rue Saint-Clément qui est à vocation résidentielle. Elle aura également pour effet de valoriser l’ensemble des secteurs résidentiels situés à l’ouest de la rue Viau. (Voir le plan 15)

Programme particulier

Plan 15 : Le projet de consolidation du parc Théodore

d’urbanisme du quartier

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– Attraction et dynamisme des artères commerciales L’activité commerciale est particulièrement concentrée sur les rues Ontario et Sainte-Catherine où s’activent déjà des Sociétés d’initiative et de développement des artères commerciales (SIDAC). Ces deux axes sont considérés comme des rues principales dans la mesure où ils comportent, en complémentarité à l’activité commerciale, des logements et des services communautaires qui leur confèrent une ambiance et un achalandage permanents.

La rue Ontario, un axe commercial à consolider

Cependant, l’intensité de l’activité commerciale varie selon les tronçons répartis de part et d’autre du boulevard Pie-IX. Ainsi, rue Sainte-Catherine, l’activité commerciale est plus intense à l’est du boulevard Pie-IX, alors que, dans le cas de la rue Ontario, le tronçon le plus actif se trouve à l’ouest du boulevard Pie-IX. Les interventions municipales ont tenu compte de cette réalité en regard du soutien financier à la rénovation des façades des bâtiments commerciaux et à l’amélioration de l’aménagement du domaine public, notamment dans le cadre du Programme Opération Commerce (POC).

•

Outre les programmes initiés par la Ville, les axes Ontario et Sainte-Catherine doivent faire l’objet d’interventions, particulièrement sur le domaine public et sur les façades des bâtiments afin de compléter et de supporter les programmes économiques municipaux mis en oeuvre.

De plus, dix autres projets sont susceptibles de se réaliser d’ici juin 1999 pour des investissements privés de 1 347 000 $.

Promenade Ontario - programme(2) et interventions

Le tronçon de la promenade Ontario compris dans le quartier a fait l’objet de plusieurs programmes. Le volet rénovation a permis la réalisation de 10 projets nécessitant des investissements privés de 865 480 $ et la stabilisation de 60 emplois. Cinq de ces projets consistent en la rénovation d’immeubles et de commerces, quatre constituant de nouveaux commerces et un établissement commercial a été relocalisé.

Cependant le domaine public devrait faire l’objet d’une attention particulière en ce qui a trait aux trottoirs et au mobilier urbain, suite à la restructuration du site du marché.

Soulignons également que le tronçon de la rue Hochelaga compris entre la rue Bourbonnière et le boulevard Pie-IX possède plusieurs établissements commerciaux dont il convient de consolider les activités et les quelques emplois qui s’y rattachent.

De plus, il convient de réaménager de manière sécuritaire et confortable les intersections de la rue Ontario avec le boulevard Pie-IX, l’avenue Morgan, la rue William-David et la rue Viau, notamment par des marquages au sol et par une signalisation plus appropriée. (2) Programme Opération Commerce (POC)

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La rue Saint-Catherine vers l’est possède un potentiel commercial à consolider.

•

Tronçon de la rue Ontario, entre le marché Maisonneuve et la rue Letourneux.

Rue Sainte-Catherine – Programmes et interventions

•

La Sidac Ontario a initié le projet de construction d’un complexe commercial et récréatif à l’angle des rues Valois et Ontario, en dehors des limites du secteur d’étude.

La Sidac Sainte-Catherine Est a bénéficié de 16 projets totalisant des investissements privés de l’ordre de 905 182 $; 64 emplois ont été maintenus grâce à ces investissements. On dénombre quatorze projets de rénovation d’immeubles et de commerces et l’implantation de deux nouveaux établissements commerciaux.

Ce projet, qui comprend une navette en tramway devant relier l’intersection Valois au site du marché et au pôle récréo-touristique, a pour objectif de compléter et de consolider l’armature commerciale du quartier. Les responsables de la SIDAC ont mandaté une firme pour réaliser une étude de faisabilité financière. Le Service de l’urbanisme et les autres services municipaux compétents étudieront ce projet au moment opportun.

Environ vingt-deux autres projets sont à l’étude et pourraient se réaliser d’ici 1999 dans le cadre des programmes disponibles, sur le tronçon de la rue Sainte-Catherine compris dans le quartier. Par ailleurs, dans son plan de redressement commercial, la Sidac Sainte-Catherine Est privilégie le développement du tronçon compris entre le boulevard Pie-IX et la rue Viau en mettant l’accent notamment sur la partie du tronçon située de part et d’autre de l’avenue Morgan, considérée comme le coeur de l’artère commerciale. Les dirigeants de la SIDAC reconnaissent le parc Morgan comme étant le pivot éventuel du développement commercial, récréo-communautaire et touristique de ce tronçon. Les projets à caractère touristique anticipés visent à établir, entre autres, des circuits pédestres entre la rue Sainte-Catherine et le site du Marché, via la promenade Morgan. Cette initiative renforcerait davantage la complémentarité et non la concurrence entre les deux axes commerciaux et raffermirait le caractère attractif de la promenade Morgan.

Programme particulier

Le projet du carrefour Valois/Ontario

d’urbanisme du quartier

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– La consolidation des secteurs industriels : programmes mis en oeuvre

– L’ouverture sur le fleuve L’aménagement d’un accès visuel au fleuve constitue une intervention qui contribuerait à améliorer substantiellement le cadre et la qualité de vie des résidents. D’ailleurs la population locale réclame depuis longtemps cette ouverture sur le fleuve. L’endroit le plus approprié serait la partie du port située le long du parc Champêtre, dans le prolongement de la promenade et du parc Morgan. Cependant cette partie est intensément occupée pour le moment par les activités portuaires.

La concurrence et les transformations technologiques des années 80 ont provoqué la fermeture de quelques industries à l’échelle de l’arrondissement Mercier/Hochelaga-Maisonneuve. Le quartier Maisonneuve a été également touché par ces fermetures. Cependant depuis 1988, on observe un renversement de ces tendances. En effet plusieurs types d’entreprises industrielles et commerciales, dont les activités s’avèrent plus compatibles à la structure industrielle locale, se sont établis dans le quartier, grâce aux divers programmes municipaux qui ont été conçus à cet effet.

Par ailleurs, l’extrémité de la rue Viau, sur les terrains du port, offre également une intéressante option pour permettre à la population d’accéder aux rives du fleuve. La Ville entamera des discussions avec les autorités portuaires dans le cadre du suivi du programme particulier d’urbanisme du quartier pour déterminer les possibilités à cet égard.

En 1995-1996, la région Mercier/HochelagaMaisonneuve incluant le Centre-Sud a accueilli environ 24 entreprises en vertu des programmes et stratégies économiques élaborés par la Ville. L’établissement de ces entreprises a nécessité des investissements totaux de 41 705 000 $, permettant de maintenir 1175 emplois et de créer 570 nouveauxemplois. Le plan d’action municipal prévoit attirer, en 1997, environ 150 autres entreprises et 450 nouveaux emplois pour des investissements totaux de 45 000 000 $. Le quartier Maisonneuve a bénéficié en 19951996 de la venue d’environ une dizaine d’entreprises fournissant plus de 200 emplois pour des investissements totaux de l’ordre de 28 000 000  $. La venue de la compagnie Torpedo spécialisée dans la fabrication de luges et de toboggans dans l’ancien bâtiment «d’American Can» amènerait une centaine d’emplois additionnels dans le quartier.

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3.5 LES PROGRAMMES D’INTERVENTION POUR LA MISE EN VALEUR DU PATRIMOINE

Par ailleurs le plan directeur de l’arrondissement reconnaît le patrimoine bâti comme l’un des leviers socio-économiques et culturels importants pour la mise en valeur du quartier. À cet effet, le document identifie dans le quartier un monument historique classé (le château Dufresme) et seize bâtiments de valeur exceptionnelle dont des bâtiments religieux (église, couvent) des édifices publics de institutionnels (école, banque, théâtre), des bâtiments industriels.

Le patrimoine bâti du quartier Maisonneuve représente incontestablement un atout majeur pour valoriser le quartier et susciter un plus grand intérêt des visiteurs du pôle récréo-touristique. Au cours des dix dernières années, l’Atelier d’histoire Hochelaga-Maisonneuve, impliqué dans la préservation, la diffusion des connaissances du patrimoine institutionnel, industriel et résidentiel local, a mis sur pied plusieurs projets qui ont largement contribué à soutenir l’intérêt patrimonial du quartier et de l’arrondissement.

L’identification de ces bâtiments et secteurs patrimoniaux exceptionnels et intéressants s’est traduite par des mesures spécifiques dans le règlement d’urbanisme en vue de protéger et de mettre en valeur le caractère patrimonial du Parmi les interventions quartier. Toutefois la vamajeures récentes initiées lorisation du patrimoine L’avenue Morgan photographiée à partir du kiosque du parc Morgan. par l’Atelier d’Histoire ne doit pas viser uniqueHochelaga-Maisonneuve, ment les édifices, elle doit mettre l’accent aussi sur le caractère patrimoil importe de mentionner notamment la restauranial d’ensemble du bâti ainsi que sur l’aménagetion du deuxième clavier de l’orgue de l’Église du ment des rues et des lieux publics. À cet égard Très-Saint-Nom-de-Jésus et l’exposition sur les le programme particulier propose une série d’inbains publics de Montréal. Ces deux événements terventions. ont fait l’objet d’une couverture médiatique locale et internationale sans précédent, qui contribue au rayonnement plus large du quartier.

L’avenue Morgan, vue vers le kiosque du parc Morgan.

Programme particulier

d’urbanisme du quartier

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Interventions :

risent avantageusement la découverte du patrimoine local. De plus, il est opportun de rappeler que les projets de réaménagement du site du marché, de la piste cyclable ainsi que du boulevard Pie-IX contribuent significativement à la mise en valeur du patrimoine du quartier.

Les façades des bâtiments identifiés ci-dessous doivent être rénovées ou entretenues le cas échéant. De plus, elles doivent être dégagées de tout obstacle visuel majeur (arbre, lampadaire etc.) et soigneusement illuminées le soir. Ce sont notamment: • le bain et gymnase Maisonneuve • le château Dufresne • la caserne Letourneux • les bâtiments patrimoniaux des rues Ontario et Sainte-Catherine, Pie-IX • l’ancien Marché Maisonneuve

La façade de l’édifice de la Banque de Montréal (au premier plan), rue Ontario.

La façade majestueuse d’inspiration classique de l’édifice de l’ancien marché Maisonneuve. La façade inspirée du style beaux-arts de l’édifice de la Banque de Toronto, rue Ontario.

L’avenue et le Parc Morgan ainsi que le boulevard Pie-IX doivent faire l’objet d’une ambiance diurne et nocturne plus attrayante et plus prestigieuse tant par les jeux d’éclairage que par le style du mobilier urbain à y installer. Le Service propose par ailleurs de maintenir le soutien corporatif au projet d’implantation du circuit patrimonial ou à d’autres projets susceptibles de valoriser le patrimoine, soumis par l’Atelier d’histoire ou par d’autres organismes impliqués dans la mise en valeur du patrimoine local.

L’édifice de l’ancien Hôtel de ville de Maisonneuve qui abrite aujourd’hui la bibliothèque Maisonneuve

Le projet de circuit patrimonial en cours de réalisation vise à implanter une série de panneaux en des points stratégiques du quartier, qui favo-

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4 Conclusion

Le programme particulier d’urbanisme du quartier Maisonneuve présente une série de projets et de propositions dont la caractéristique fondamentale réside dans leur cohérence et leur complementarité. Les différentes initiatives proposées ont été élaborées en tenant compte des différentes préoccupations exprimées par les organismes locaux.

Les propositions d’aménagement de l’avenue Pierre-de-Coubertin, de réhabilitation du parc Théodore, d’ouverture sur le fleuve et de lien entre le parc Morgan et le parc Champêtre constituent des initiatives de moyen et de long terme (5-10 ans). La première implique la Régie des installations olympiques et les deux dernières doivent faire l’objet de négociations entre la Ville et d’autres ministères fédéral et provincial.

Le tissu urbain du quartier n’offre pas la même disponibilité d’espaces vacants que certains autres quartiers moins denses de la Ville, restreignant conséquemment les marges de manoeuvre pour édifier de nouveaux équipements pouvant servir de tremplin à sa mise en valeur. Face à ces contraintes, l’exploitation judicieuse des potentiels et acquis existants demeure l’approche la plus appropriée pour favoriser l’essor socio-économique et culturel du quartier. Les projets de réaménagement seront réalisés selon les disponibilités budgétaires de la Ville dans le cadre de ses priorités qui seront inscrites au programme triennal d’immobilisations. Ils seront mis en branle dès que les autorités municipales auront donné leur approbation à cet effet.

Programme particulier

Conséquemment, le Programme particulier d’urbanisme devra faire l’objet d’un suivi périodique pour favoriser l’harmonisation de toutes les propositions d’intervention de moyen et de long terme qu’il propose dans le tissu urbain du quartier et de la region Mercier/Hochelaga-Maisonneuve. Par ailleurs, le Service de l’urbanisme estime opportun d’élaborer un plan d’aménagement des abords du futur boulevard Ville-Marie, en collaboration avec les services municipaux compétents et le ministère des Transports du Québec, afin de réduire les éventuels impacts acoustiques et visuels de ce projet sur le cadre et la qualité de vie des résidents demeurant dans les quartiers riverains. Le plan devrait comporter des propositions visant entre autres à maintenir l’intégrité architecturale des bâtiments et à préserver la trame urbaine de ces quartiers afin de maintenir et de favoriser la stabilité de la population résidante.

d’urbanisme du quartier

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4. Bibliographie

BERGERON, Yves, Les places et halles de marché au Québec, Les Publications du Québec, 1993. BRAMBILLA, Roberto et al, For Pedestrian Only, Watson-Guptill N.Y., 1977 LINTEAU, Paul-André, Maisonneuve, Comment des Promoteurs fabriquent une ville, Boréal Express, 1981 PANERAI, Philippe et al, Les bastides d’Aquitaire, du Bas-Languedoc et du Bearn, Archives d’Architecture Moderne, Bruxelles, 1985 RAMATI, Raquel, How to save your own street, Doubleday et Co, N.Y., 1981 SUCHER, David, City comforts, 1995 Ville de Montréal, Profils socio-économiques de la Ville de Montréal et des arrondissements, Bibliothèque Nationale du Québec, 1994. Ville de Montréal, Cidem-Communications, Le patrimoine de Montréal, quartier Hochelage, Maisonneuve et Préfontaine, Collection Pignon sur rue, 1983.

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PROGRAMME PARTICULIER D’URBANISME DU QUARTIER MAISONNEUVE

COORDINATION Sylvain Ducas Olthène Tanisma RÉDACTION Olthène Tanisma

COLLABORATION: François Gagné (pour le concept d’aménagement du site du marché) Wade Eide (consultant pour le concept et le plan d’aménagement du site du marché)

CARTOGRAPHIE Lucie Desjardins Jacques Montpetit

SUPERVISION ADMINISTRATIVE Jin-Bak Pyun Christian Lalonde

CONCEPTION GRAPHIQUE Sylvie Lebeuf

DIRECTION DU SERVICE RESPONSABLE Pierre Ouellet, directeur du Service de l’urbanisme

PHOTOS Sylvain Ducas Réjean Martel Olthène Tanisma DESSINS ET ILLUSTRATIONS Olthène Tanisma TRAITEMENT DE TEXTE Francine Dicaire Carline Merisier

Programme particulier

d’urbanisme du quartier

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Programme particulier d’urbanisme L’Acadie-Chabanel

30 octobre 2006


Table des matières

1. Introduction

1

2. Mise en contexte 3. Orientations

3 7

Faciliter l’accès au secteur pour les utilisateurs du transport collectif, les piétons et les cyclistes Favoriser le développement et la diversification des activités d’emploi Améliorer la forme urbaine Améliorer les interfaces entre les milieux résidentiels et industriels Aménager le domaine public de façon à favoriser des déplacements sécuritaires à pied et à vélo Améliorer l’accès au secteur et la circulation à l’intérieur de celui-ci afin de répondre aux besoins du transport des marchandises

4. Interventions prévues dans le cadre du PPU 5. Projets structurants lnterventions dans l’axe de la rue Chabanel Concept d’aménagement des abords de la gare Chabanel Concept de réaménagement de la rue Chabanel Sous-secteur Jean-Pratt – Charles-De-LaTour Autres interventions sur le réseau routier et le domaine public

6. Autres éléments de mise en oeuvre Modifications à la réglementation d’urbanisme Paramètres réglementaires et autres dispositions applicables au territoire visé par le PPU Autres stratégies

8 9 10 11 12 13 15 19

19 21 22 23 26 29 29 33 35


page 1

Introduction

1

Ce programme particulier d’urbanisme (PPU) présente les projets d’aménagement qui seront mis en œuvre ou développés par la Ville au cours des prochaines années dans le secteur L’Acadie-Chabanel. Il s’intègre au Plan d’urbanisme adopté en novembre 2004, lequel identifie 26 secteurs de planification détaillée pour l’ensemble du territoire de Montréal, dont le secteur L’Acadie-Chabanel. Les secteurs de planification détaillée correspondent à des portions du territoire représentant des enjeux majeurs et complexes pour lesquels il s’avére pertinent de pousser la réflexion et les études de planification urbaine au-delà de la date d’adoption du Plan. En mars 2005, le comité exécutif approuvait un plan d’action pour la mise en valeur de l’ensemble du secteur L’Acadie-Chabanel. Ce plan d’action mettait notamment l’accent sur le soutien à l’industrie de la mode, une industrie historiquement associée au développement secteur, qui doit aujourd’hui s’adapter au contexte issu de la libéralisation graduelle des règles qui régissent le commerce international. La planification détaillée est l’un des mécanismes mis de l’avant par le Plan d’action afin de soutenir la relance du secteur. Elle aboutit aujourd’hui à un PPU qui identifie les aménagements publics, les ajustements réglementaires et les stratégies qui seront mis en œuvre par la Ville dans le secteur au cours des prochaines années. Le Programme particulier d’urbanisme pour le secteur L’Acadie-Chabanel est le fruit d’une collaboration entre l’arrondissement d’Ahuntsic-Cartierville, le Service des infrastructures, du transport et de l’environnement et le Service de la mise en valeur du territoire et du patrimoine qui assure la coordination du projet.


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Mise en contexte

2

Le secteur L’Acadie-Chabanel correspond à un territoire d’une superficie d’un peu moins de 3 km² situé dans la partie sud de l’arrondissement d’Ahuntsic-Cartierville. Il est bordé par les autoroutes 15 et 40, à l’ouest et au sud, par le boulevard Saint-Laurent, à l’est, et par la rue Sauvé au nord. Des voies ferrées du Canadien Pacifique (CP) traversent le centre du secteur du nord au sud. Ces voies, utilisées pour le transport des marchandises, servent également à la ligne de train de banlieue Montréal - Blainville. De plus, des voies du Canadien National (CN) traversent le nord du secteur dans le sens est-ouest. Ces voies, actuellement réservées au transport des marchandises, seront utilisées par une nouvelle ligne de train de banlieue dont l’aménagement a été annoncé par l’Agence métropolitaine de Transport (AMT). Le secteur L’Acadie-Chabanel, dont 80 % de la superficie est dédiée à des activités économiques (commerces, industries et bureaux), comprend plus de 20 000 emplois. Près de la moitié de ces emplois sont dans le domaine du textile et de l’habillement. L’habitation est présente dans la partie sud-est du secteur qui correspond à une enclave résidentielle où vivent près de 2 500 ménages.


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Loin d’être homogène, L’Acadie-Chabanel se compose de multiples sous-secteurs ayant une vocation, une façon d’occuper l’espace et une dynamique qui leur sont propres. Au sud des voies du CN, on retrouve ainsi un sous-secteur industriel (Jean-Pratt – Charles-De LaTour), entre le boulevard De L’Acadie et l’autoroute 15, et le mégacentre commercial du Marché central à l’ouest des voies du CP. La Place des Maraîchers, qui appartient au Marché central, constitue elle-même un sous-secteur. Deux sous-secteurs industriels, au nord de la rue Chabanel (Chabanel-De Louvain) et dans l’axe de la rue Meilleur (Meilleur-Du Parc), côtoient un milieu résidentiel à l’est des voies du CP. Enfin, au nord des voies du CN, le secteur se divise entre un sous-secteur industriel (Sauvé-Port-Royal) et un sous-secteur commercial (Sauvé-L’Acadie). Les boulevards Saint-Laurent, De L’Acadie et Crémazie Ouest sont, avec les rues Chabanel et Sauvé, les axes qui structurent le secteur. Les deux premiers le relient aux milieux avoisinants, tandis que la rue Chabanel fait office de trait d’union entre les sous-secteurs au sud des voies du CN. Ces axes se caractérisent aussi par une vocation, un bâti et une image qui leur sont particuliers. Le secteur comporte une superficie considérable de terrains vacants pouvant accueillir de nouvelles activités économiques, dont une forte proportion en bordure immédiate des corridors autoroutiers. Il compte également de vastes sites et des immeubles dont l’utilisation pourrait être intensifiée ou diversifiée au profit d’activités plus dynamiques. Près de 750 000 m² d’espaces commerciaux et industriels du secteur sont localisés dans des immeubles de grand gabarit. Le taux d’inoccupation dans ces immeubles, surtout présents en bordure de la rue Chabanel, tend cependant à augmenter depuis plus d’une dizaine d’années en raison du déclin progressif de l’industrie du textile et de l’habillement conséquent à la libéralisation des échanges sur la scène internationale.


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Le camionnage revêt une importance majeure compte tenu de l’ampleur des activités industrielles et manufacturières. Il s’effectue toutefois dans des conditions qui ne sont pas optimales ce qui génère certaines situations conflictuelles avec les autres usagers de la route ainsi que des problèmes de circulation. La grande accessibilité par automobile participe pour sa part largement au succès de la zone commerciale du Marché central. Cependant, sa desserte en transport collectif n’est à l’heure actuelle assurée que par autobus. Les stations de métro les plus rapprochées, Sauvé et Crémazie, sont situées à plus de 500 mètres à l’est du boulevard Saint-Laurent.

Les sous-secteurs


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L’implantation de la gare Chabanel, sur la ligne de train de banlieue Montréal-Blainville, et éventuellement celle d’une autre gare sur la ligne du Train de l’est qui reliera Montréal à Mascouche, permettront ainsi d’améliorer de manière significative la desserte du secteur en transport collectif et de lui insuffler un nouveau dynamisme. Le Programme particulier d’urbanisme se fonde sur une reconnaissance de la vocation des diverses composantes qui participent au dynamisme du secteur. Il soutient, d’une part, la transformation des espaces sous-utilisés et l’intensification de l’utilisation du territoire à des fins d’emploi. D’autre part, il vise à améliorer l’image du secteur, à le doter d’un caractère davantage convivial pour les personnes qui le fréquentent et à assurer la qualité de vie des ménages qui y sont établis.


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Orientations

3

La planification détaillée est fondée sur les 6 orientations générales suivantes : • faciliter l’accès au secteur pour les utilisateurs du transport collectif, les piétons et les cyclistes; • favoriser le développement et la diversification des activités d’emplois; • améliorer la forme urbaine du secteur; • améliorer les interfaces entre les milieux résidentiels et industriels; • aménager le domaine public de façon à favoriser des déplacements sécuritaires à pied et à vélo; • améliorer l’accès au secteur et la circulation à l’intérieur de celui-ci afin de répondre aux besoins du transport des marchandises. Le PPU articule plus finement ces orientations pour tenir compte de la dynamique propre aux différentes parties du territoire. Il insiste sur les aspects les plus significatifs de chacune en fonction de sa vocation, des enjeux la concernant plus étroitement et des problématiques qui y sont observées. La carte, cidessous, présente une synthèse de ces orientations pour les diverses composantes du secteur.


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Faciliter l’accès au secteur pour les utilisateurs du transport collectif, les piétons et les cyclistes

Malgré la forte concentration d’emplois, le secteur L’Acadie-Chabanel n’est pas encore desservi par un système de transport collectif de forte capacité. Ainsi, sa desserte en transport collectif est essentiellement assurée par autobus, notamment à partir des stations de métro Sauvé et Crémazie. La fréquence du service est accentuée durant les périodes de pointe. L’implantation d’une gare par l’Agence métropolitaine de Transport (AMT) sur la ligne MontréalBlainville, à l’intersection de la rue Chabanel, permettra de combler en partie cette lacune. De plus, l’aménagement prévu, à moyen terme, de la ligne du Train de l’est, entre Montréal et Mascouche, et comportant un arrêt dans le secteur à l’intersection du boulevard De l’Acadie, améliorera encore davantage sa desserte en transport collectif. Ces interventions structurantes auront un effet majeur et stimulant sur le développement du secteur. L’accès à pied au secteur depuis les stations de métro Crémazie et Sauvé, situées environ 500 mètres à l’est du boulevard Saint-Laurent, n’est pas encouragé par la nature du milieu à franchir. En effet, il s’effectue dans un environnement dominé par la circulation rapide d’automobiles et de camions, où peu de considération a été accordée au piéton dans la conception du domaine public. La situation est similaire pour presque tous les accès piétons au secteur. Pour des motifs analogues, le secteur est difficilement accessible à vélo. L’exercice implique, dans la plupart des cas, un partage désavantageux de la chaussée avec des véhicules lourds et des conditions de circulation peu sécuritaires. Le PPU mise sur des aménagements physiques afin d’améliorer les conditions d’accès au secteur en transport collectif, à pied et à vélo. Sa mise en œuvre permettra ainsi de valoriser l’utilisation de la future gare Chabanel et de relier le secteur au réseau cyclable pan-montréalais. Par ailleurs, il soutient, par diverses stratégies, le développement de meilleures liaisons avec les milieux avoisinants, et ce, pour tous les types de déplacements.


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Favoriser le développement et la diversification des activités d’emploi

Le potentiel d’accueil du secteur pour des activités commerciales, industrielles ou de bureaux est considérable. La superficie de terrains vacants disponible s’élève ainsi à environ 5 hectares et représente un potentiel théorique de constructions neuves totalisant plus de 135 000 m² de plancher. De plus, près de 18 hectares de terrains non vacants sont actuellement utilisés par des activités peu intensives. Leur requalification représente la possibilité de construire ou de mettre en valeur l’équivalent de 380 000 m² de plancher pour accueillir des activités plus dynamiques. C’est le cas notamment de la Place des Maraîchers et de la zone commerciale située dans la partie nord-ouest du secteur. Enfin, une partie non négligeable du potentiel de développement économique du secteur réside dans des immeubles existants. À titre d’exemple, le taux d’inoccupation dans certains immeubles de grand gabarit atteint 18 %. De tels immeubles offrent d’ailleurs la moitié de la superficie commerciale ou industrielle du secteur. Le PPU vise à mettre en valeur le potentiel de développement des terrains vacants en misant, entre autres, sur leur localisation stratégique, et à faciliter la requalification des espaces moins performants. Toutefois, il soutient d’abord la consolidation et la diversification des activités dans les immeubles existants à l’aide de divers outils, dont l’aménagement d’un environnement urbain stimulant et une meilleure desserte en transport collectif.


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Améliorer la forme urbaine

La localisation du secteur, dont les limites sud et ouest longent les autoroutes 40 et 15, lui confère une visibilité à l’échelle régionale qui mériterait d’être davantage exploitée pour accroître sa notoriété en lui associant une image de qualité. La présence de plusieurs hectares de terrains à construire en bordure des autoroutes 15 et 40 est une occasion de valoriser cette fenêtre ouverte sur le secteur. Dans le même ordre d’idées, la requalification de certains vastes espaces pourrait participer à la composition d’une image distinctive du secteur. La majorité des accès au secteur sont des espaces anonymes au coeur d’environnements peu attrayants. À l’échelle du secteur, l’aménagement des grands axes, dont celui de la rue Chabanel, devrait lui aussi participer davantage à la définition d’une image de qualité. Les interventions effectuées jusqu’ici sur ces axes, hormis la construction du viaduc Chabanel et le réaménagement du rond-point L’Acadie, se résument, pour la plupart, à des retouches faites au gré des problèmes rencontrés. Le PPU vise à agir sur les divers éléments qui composent l’image du secteur, et ce, tant à l’échelle régionale que locale. Il soutient ainsi un encadrement des constructions tenant davantage compte de leur visibilité. Il comporte également des aménagements publics qui prennent en considération le caractère recherché pour le secteur et la mise en valeur des éléments marquants de la forme urbaine.


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Améliorer les interfaces entre les milieux résidentiels et industriels

Le sous-secteur résidentiel, dans la partie sud-est du secteur, est circonscrit par des voies de circulation majeures, appartenant au réseau de camionnage, ainsi que par des zones de commerces ou d’industries. Cette situation génère, pour les résidents de ce sous-secteur, des désagréments qui peuvent être atténués. Les nuisances directes associées aux activités industrielles, telles que les odeurs ou le bruit excessif, ont relativement peu d’impacts sur les milieux de vie compte tenu de leur proximité. À cet égard, l’existence de bâtiments industriels côtoyant des habitations sur la rue Verville constitue une anomalie qui pourra être corrigée grâce aux ajustements apportés récemment au Plan d’urbanisme. La rue Chabanel offre pour sa part des services destinés à la fois aux travailleurs et aux résidents. Elle comporte, du côté sud, des immeubles de 2 ou 3 étages s’inscrivant dans le prolongement de la trame résidentielle avec lesquels des immeubles industriels de grand gabarit, du côté nord, offrent un contraste saisissant. La valorisation de cette double vocation créerait une transition plus agréable entre ces milieux contrastés. La circulation de transit est le principal élément affectant la qualité de vie des ménages du secteur. De plus, une partie du camionnage induit par les activités industrielles percole dans le secteur, et ce, en dépit des restrictions existantes. À cet égard, la localisation actuelle de la sortie permettant de rejoindre le boulevard Saint-Laurent depuis l’autoroute 40, en direction ouest, est problématique. La mise en œuvre du PPU permettra d’accroître la convivialité des d’interfaces entre les milieux industriels et résidentiels, notamment par un aménagement de la rue Chabanel valorisant son caractère et sa vocation particulière. Elle prend aussi en considération la problématique de la circulation de transit.


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Aménager le domaine public de façon à favoriser des déplacements sécuritaires à pied et à vélo

Dans une grande partie du secteur, l’aménagement du domaine public a été d’abord conçu pour accommoder les déplacements effectués en automobile et le transport des marchandises par camion. Toutefois, ces préoccupations essentielles, compte tenu de la nature des activités économiques du secteur, ont parfois occulté l’importance accordée aux déplacements cyclistes et piétons. La convivialité des déplacements cyclistes et piétons mérite d’être accrue à l’échelle du secteur. La priorité consiste évidemment à agir aux endroits où les conflits potentiels entre les différents usagers de la route sont les plus nombreux et où les conditions de déplacement à pied ou à vélo sont peu sécuritaires. La rue Chabanel est l’endroit o�� la cohabitation entre les différents modes de déplacement est la plus problématique. Ainsi, les véhicules, les piétons et les cyclistes s’y côtoient dans un environnement qui ne répond qu’imparfaitement à leurs besoins respectifs. C’est aussi l’axe où les activités et le cadre bâti dense, implanté avec peu de recul par rapport à la rue, génèrent le plus de mouvements piétonniers. Le PPU comporte des interventions sur domaine public qui visent, entre autres, la création d’un environnement plus propice aux modes de transport actifs. Ces interventions permettent d’accroître la sécurité et le confort des personnes circulant à pied ou à vélo dans le secteur. De plus, elles intègrent l’aménagement d’espaces ou l’implantation de mobilier urbain répondant à plusieurs de leurs besoins (aires de détente, supports à vélo, bancs, éclairage, etc.)


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Améliorer l’accès au secteur et la circulation à l’intérieur de celui-ci afin de répondre aux besoins du transport des marchandises

Le transport des marchandises par camion joue un rôle fondamental dans les opérations d’un grand nombre d’entreprises du secteur. Les conditions dans lesquelles il s’effectue ont un impact non seulement sur la vitalité de ces activités, mais aussi sur le caractère des grands axes et sur les conditions de circulation offertes à l’ensemble des usagers de la route, incluant les piétons. La position stratégique du secteur sur le réseau autoroutier est étroitement liée à son développement économique. Paradoxalement, le réseau autoroutier, malgré sa proximité, est parfois difficile à rejoindre par camion. Inversement, l’accès à certaines portions du secteur depuis le réseau autoroutier nécessite souvent un détour à travers un environnement mal adapté aux dimensions des véhicules lourds. Ainsi, les restrictions à la circulation des marchandises découlent avant tout de l’absence de liens directs ou à tout le moins efficaces entre certaines parties du territoire et le réseau routier supérieur. Elles résultent aussi d’aménagements peu appropriés au camionnage, dont, par exemple, les rayons de virage trop serrés ou encore les espaces de manœuvre restreints, obligeant les camions à manœuvrer sur la rue pour atteindre les quais de chargement. Le PPU vise, entre autres, à simplifier l’accès aux sous-secteurs ayant une forte concentration d’entreprises manufacturières pour le camionnage. Par ailleurs, des considérations à l’égard des besoins associés au transport des marchandises ont été systématiquement intégrées à la réflexion sur les aménagements mis de l’avant, dont celui de la rue Chabanel. Les impacts potentiels du camionnage on également été pris en compte dans la définition d’une vocation pour les différentes composantes du secteur.


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Interventions prévues dans le cadre du PPU

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Les interventions mises en œuvre dans le cadre du PPU s’inscrivent dans les orientations mentionnées dans la section précédentes. Elles peuvent être regroupées en trois grandes catégories en fonction de leur nature, soit : • les projets structurants qui se traduisent par divers aménagements sur le domaine public; • les ajustements à la réglementation d’urbanisme; • les autres stratégies. Le tableau ci-dessous présente l’échéancier pour la réalisation des projets structurants prévus dans le cadre du PPU. La réglementation d’urbanisme sera ajustée d’ici la fin 2007 tandis que les stratégies seront progressivement mises en œuvre d’ici la fin de l’année 2008. La carte de la page suivante présente une synthèse de l’ensemble de ces interventions qui sont présentées dans le détail dans les sections qui suivent.

Les projets structurants Projet

Travaux

Coûts de réalisation*

Gare Chabanel

Automne 2006

1, 3 M $ (AMT)

Réaménagement de l’intersection Beauharnois-Charles-De LaTour

2006 - 2007

À déterminer

Parachèvement de la rue Jean-Pratt

2006 - Automne 2007

2,6 M $ (Ville)

Implantation d’une voie cyclable dans l’axe de la rue Legendre

À déterminer

À determiner

Aménagement des abords de la gare

2007 - 2008

1 M $ (Ville)

Réaménagement de la rue Chabanel

2007 - 2009

14 M $ (Ville)

Aménagement d’une voie d’accès à l’autoroute 15 nord

2008 - 2009

À determiner (MTQ)

Réaménagement de la rue Querbes (intégrant la Route verte)

2008 - 2009

0,5 M $ (Ville)

Aménagement d’une place publique en bordure de la rue Chabanel

À déterminer

0,9 M $ (Ville)

Interventions sur les boulevards

2009 ou +

3,6 M $ (Ville)

* Tels qu’estimés en 2005


Confirmation de la vocation commerciale du boulevard De L’Acadie Encadrement des aménagements (PIIA)

Site potentiel pour la construction d’une nouvelle gare de train de banlieue

Construction de la gare Chabanel et aménagement de ses abords

rue Sauvé Ouest

Requalification à des fins mixtes Encadrement de l’aménagement (PIIA)

Transformation potentielle d’îlots à des fins résidentielles Stratégie de remembrement de terrains

Aménagement d’un nouvel accès à l’autoroute 15 nord

rue Legendre Ouest

Programme de mise en valeur des immeubles de grand gabarit Optimisation de l’utilisation des espaces de stationnement Réaménagement de la rue Chabanel Encadrement des aménagements (PIIA) boulevard Saint-Laurent

rue Chabanel Ouest

rue Charles-De-LaTour

Parachèvement de la rue Jean-Pratt

Réaménagement de l’intersection des rues De Beauharnois et Charles-De-LaTour

avenue De L’Ésplanade

boulevard De L’Acadie

rue Jean-Pratt

Traitement des abords des corridors autoroutiers (PIIA)

autoroute 15

Planification détaillée locale pour le boulevard Saint-Laurent Encadrement des aménagements (PIIA)

Mise en place de mesures d’apaisement de la circulation

Implantation d’une piste cyclable sur la rue Legendre en lien avec la gare Chabanel

Relocalisation de la sortie Saint-Laurent

Reconfiguration de l’intersection du boulevard Saint-Laurent et l’autoroute Métropolitaine

rue De Beauharnois Ouest

Intensification de l’occupation et requalification à des fins commerciales Relocalisation des maraîchers

Les éléments de mise en œuvre boulevard Crémazie Ouest

autoroute 40

Réaménagement de l’accès au secteur par la rue Querbes intégrant la Route Verte

0 Octobre 2006

150

300 m

Transformation à des fins résidentielles

Interventions sur les boulevards

Programme particulier d’urbanisme du secteur L’Acadie-Chabanel


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Projets structurants

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Le Programme particulier d’urbanisme comporte plusieurs interventions sur le domaine public qui visent notamment à mettre en valeur l’accès au secteur par transport collectif ainsi qu’à faciliter le recours aux modes de transport actifs pour les personnes circulant à destination du secteur ou à l’intérieur de celui-ci. Parallèlement, ces interventions permettront d’assurer une circulation des marchandises plus efficace, plus sécuritaire et générant moins de nuisances. Elles contribueront aussi à doter le secteur d’une meilleure image et d’un caractère plus convivial pour l’ensemble des personnes qui le fréquentent. L’axe de la rue Chabanel est privilégié parce qu’il occupe une position centrale à l’égard de l’ensemble des orientations d’aménagement. Ainsi, la plupart des enjeux relatifs au secteur y sont manifestes, qu’il s’agisse de la qualité de l’image, de la consolidation des activités, du transport des personnes et des marchandises ou des interfaces entre zones d’activités économiques et milieux résidentiels.

Interventions dans l’axe de la rue Chabanel

L’implantation d’une gare sur la ligne de train de banlieue Montréal-Blainville, au nord du croisement de la rue Chabanel, permettra enfin d’assurer la desserte du secteur par un mode de transport collectif à forte capacité. La présence de la gare permettra également d’accroître la visibilité du secteur et de mettre en valeur les immeubles situés à proximité, dont plusieurs, particulièrement denses, peuvent accueillir une forte concentration de travailleurs.


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De façon complémentaire, l’aménagement des abords de la gare viendra créer une «porte d’entrée» attrayante au secteur en offrant un environnement confortable et sécuritaire à ses usagers. Les aménagements prévus permettent de dépasser les préoccupations d’ordre purement opérationnel pour tirer le meilleur parti de la présence de la gare. Une attention particulière est ainsi apportée à la relation formelle entre la gare, les bâtiments voisins et le domaine public. Le réaménagement de la rue Chabanel permettra pour sa part de corriger plusieurs graves lacunes aux plans esthétique et fonctionnel, notamment à travers l’amélioration générale de l’état du domaine public, la plantation d’un nombre significatif d’arbres d’alignement et la création d’un espace piéton plus convivial. Il soutient en outre la mise en valeur des immeubles de grand gabarit, une composante essentielle de l’image du secteur, ainsi qu’un meilleur aménagement des espaces libres qui sont pour la plupart des aires asphaltées. Il a par ailleurs été conçu pour que la rue Chabanel puisse continuer à assumer son rôle, en matière de circulation des personnes et des marchandises, en réduisant les conflits entre ses différents usagers et en augmentant leur confort. Enfin, un nouveau lieu public sera aménagé en bordure de la rue Chabanel pour palier l’absence de lieu formellement dédié à la détente dans sa partie la plus achalandée. En outre, il participera à la mise en valeur de la rue en consolidant l’aménagement sur son côté nord et en contribuant à son verdissement.


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Concept d’aménagement des abords de la gare Chabanel

Le concept d’aménagement des abords de la gare valorise l’accès à la rue Chabanel en la reliant à la gare par un corridor généreux, bien encadré et pourvu du mobilier urbain nécessaire à assurer son caractère fonctionnel et agréable. Il identifie de plus des critères qui permettront de baliser le développement immobilier aux abords de la gare afin de créer un environnement attrayant et stimulant. Le projet consiste dans un premier temps à construire une rampe d’accès au quai est de la gare à partir de l’intersection des rues Chabanel et Meilleur. Il s’agit d’une rampe linéaire pouvant être réalisée d’une façon indépendante du reste du concept. Un alignement d’arbres, entre la rampe et la rue, viendra atténuer l’impact de la présence du viaduc. La seconde partie du projet est l’aménagement d’une place publique linéaire du côté est de la gare. Cette place, constituée de paliers ascendants vers le quai est de la gare, totaliserait plus de 8 000 m². Chaque palier sera accessible par la rampe grâce à des ouvertures pratiquées dans celle-ci. Des bancs, des supports à vélo et un éclairage efficace seront intégrés à ce lieu public linéaire.


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En complément aux aménagements publics, des paramètres s’appliqueront pour encadrer le développement immobilier et le traitement des espaces libres dans le voisinage immédiat de la gare. Ces paramètres reposeront sur les principes suivants : • l’intégration d’un socle de 2 ou 3 étages dans le traitement architectural d’une éventuelle construction du côté nord de la rue Chabanel à l’est des voies du CP afin d’assurer une transition entre la hauteur de l’immeuble et une échelle piétionne; • une marge de recul généreuse, s’inscrivant dans la continuité de celles des bâtiments voisins, permettant de créer une percée visuelle sur la rue Chabanel depuis la gare (et inversement); • la présence d’ouvertures pour les façades donnant sur la gare et un traitement se rapprochant de celui d’une façade principale; • le recours à des plantations, terre-plein ou autres aménagements pour faciliter la lisibilité des corridors de circulation sur les espaces libres.

Concept de réaménagement de la rue Chabanel

Le réaménagement la rue Chabanel répond à la fois aux besoins des activités riveraines et aux préoccupations relatives à la sécurité et au confort de ses divers usagers. Il intègre également des considérations pour la qualité de l’image du secteur, de même que pour la quiétude des ménages de la zone résidentielle avoisinante. Deux options de réaménagement ont été initialement considérées. La première consistait à élargir le terre-plein central et à le planter d’arbres sur toute la longueur du tronçon. La seconde privilégiait à l’inverse un terre-plein central de largeur réduite et l’intégration d’arbres d’alignement en bordure des trottoirs de chaque côté de la rue. Aucune de ces options ne s’avère adaptée aux caractéristiques de la rue Chabanel dont l’encadrement varie entre le boulevard Saint-Laurent et la rue Meilleur. Aussi, le concept finalement retenu privilégie un traitement de la rue innovateur, dont : • un aménagement des trottoirs asymétrique, tenant compte de la différence de gabarit entre les bâtiments du côté sud et du côté nord de la rue; • un élargissement du terre-plein central aux extrémités du tronçon, soit à proximité de la rue Meilleur et du boulevard Saint-Laurent, permettant de marquer les « entrées » à la rue Chabanel par la présence de plantations plus abondantes; • la réduction du terre-plein central à sa plus simple expression dans la partie centrale du tronçon, là où la marge de recul des immeubles est la plus réduite, permettant un élargissement maximal du trottoir nord pour atténuer l’impact des immeubles de grand gabarit; • la fermeture du terre-plein central à certaines intersections pour réduire la circulation de transit dans le sous-secteur résidentiel. Le maintien d’un terre-plein central est une nécessité pour les fins de la circulation en raison du contexte dans lequel s’inscrit la rue Chabanel et de son rôle particulier. Le concept prévoit par ailleurs l’implantation d’éclairage d’ambiance des deux côtés de la rue ainsi que l’aménagement d’aires réservées aux véhicules de livraison-messagerie et aux autobus.


Concept de réaménagement de la rue Chabanel

B A

Plan de l'ensemble du tronçon

A Partie centrale

B Traverses piétonnes à l'intersection de la rue Jeanne-Mance

Détail de l'aménagement du trottoir nord


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Le sous-secteur Jean-Pratt– Charles-De-LaTour

Le sous-secteur Jean-Pratt-Charles–De-LaTour, compris entre le boulevard De L’Acadie et l’autoroute 15, au sud des voies du CN, comporte plus de 4 hectares de terrains vacants à développer à des fins industrielles ou de bureaux. Cette zone bénéficie d’une situation stratégique dont elle devrait tirer davantage partie. Ainsi, les espaces vacants situés en bordure de l’autoroute 15 ne sont, par exemple, accessibles que depuis les rues De Beauharnois et Chabanel. L’accès à ce sous-secteur depuis le réseau autoroutier sera amélioré grâce au réaménagement de l’intersection des rues De Beauharnois et Charles-De-LaTour. À l’heure actuelle, les véhicules qui parviennent à cette intersection à partir de l’autoroute 40, en provenance de l’est, ne peuvent poursuivre leur route sur la rue Charles-De-LaTour. Ils sont ainsi contraints de tourner à droite sur la rue De Beauharnois ce qui contribue, entre autres, à l’augmentation du camionnage sur le boulevard De L’Acadie. Le réaménagement de l’intersection permettra aux véhicules de poursuivre leur route sur Charles-DeLaTour et d’accéder directement au cœur du sous-secteur industriel. Par ailleurs, la géométrie de la rue Charles-De-LaTour sera corrigée entre le boulevard Crémazie Ouest et la rue De Beauharnois de façon à la rendre plus sécuritaire. Parallèlement, la rue Jean-Pratt sera prolongée entre les rues De Beauharnois et Chabanel de manière à desservir les terrains bordant l’autoroute 15. Ce prolongement sera suivi par la construction d’une nouvelle voie d’accès à l’autoroute 15, au nord de la rue Chabanel, reliée à l’accès à l’autoroute 15 nord existant à la hauteur de la rue Sauvé. Celle-ci sera réalisée en collaboration avec ministère des Transports (MTQ).


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Autres interventions sur le réseau routier et le domaine public

D’autres interventions sur le domaine public sont envisagées à moyen ou à long terme afin, notamment, d’améliorer l’accès au secteur, de le relier au réseau cyclable pan-montréalais et d’assurer la qualité de l’image de ses principaux axes structurants.

Le réaménagement de la rue Querbes La rue Querbes est devenue, avec la reconfiguration rond-point L’Acadie, une porte d’entrée au secteur pour les véhicules en provenance de l’ouest depuis le boulevard Métropolitain. Elle offre cependant aux personnes qui l’empruntent une première image peu attrayante du secteur que son réaménagement permettra d’améliorer. À l’instar de celle qui existe de l’autre côté des voies du CP, la boucle de virage en « U » de la rue Querbes est peu adaptée aux mouvements des nombreux camions circulant à destination du secteur. Par ailleurs, elle constitue un point de passage privilégié par bon nombre de piétons et de cyclistes pour atteindre le secteur à partir des milieux de vie situés au sud de l’autoroute 40. En plus de rendre l’accès au secteur plus convivial pour tous ses usagers (piétons, cyclistes, automobilistes, camionneurs), le réaménagement de la rue Querbes intégrera éventuellement la Route verte qui sera reliée à la gare Chabanel. Il contribuera en outre à l’amélioration de l’image du secteur de concert, notamment, avec le redéveloppement éventuel de la Place des maraîchers.

La relocalisation de la sortie du boulevard Saint-Laurent La localisation de la sortie du boulevard Saint-Laurent sur l’autoroute Métropolitaine en provenance de l’est, actuellement située en aval du boulevard Saint-Laurent, hypothèque grandement la requalification du boulevard Crémazie Ouest. Elle a pour effet de contraindre les véhicules, dont de nombreux camions, à cheminer sur ce dernier pour atteindre le boulevard Saint-Laurent à partir de l’autoroute 40. Cette situation compromet également la quiétude des ménages de la partie sud-est du secteur dans la mesure où elle incite les conducteurs à emprunter ses rues pour rejoindre plus rapidement le boulevard Saint-Laurent ou la rue Chabanel. Par ailleurs, le virage en «U» par lequel doivent transiter les véhicules cherchant à atteindre le boulevard Saint-Laurent en direction sud est mal adapté aux besoins du camionnage. La Ville sensibilisera le ministère des Transports du Québec à cette problématique dans le cadre des travaux d’optimisation de l’autoroute 40 avec pour objectif la relocalisation de cette sortie à un endroit approprié ou l’élaboration d’une alternative valable.


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Le réaménagement de l’intersection Saint-Laurent-Crémazie Le boulevard Saint-Laurent fera l’objet d‘un exercice de planification par l’arrondissement d’AhuntsicCartierville. Cette démarche permettra d’établir la vocation souhaitée pour les différents tronçons du boulevard et d’identifier les interventions à mettre en œuvre pour l’améliorer aux plans esthétique et fonctionnel. La reconfiguration de l’intersection des boulevards Saint-Laurent et Crémazie au profit d’un aménagement plus convivial pour les piétons de même que la requalification des espaces adjacents font partie des éléments étudiés dans le cadre de cette démarche.

Les interventions sur les boulevards Les boulevards De L’Acadie, Crémazie Ouest et Saint-Laurent feront l’objet de travaux de verdissement, d’embellissement ou de réaménagement. Dans le cas du boulevard De L’Acadie, récemment aménagé, ces travaux consisteront à améliorer l’aspect du côté ouest du boulevard par des aménagements paysagers et l’ajout d’arbres d’alignement. De plus, les aménagements pourront prévoir l’installation de mobilier urbain pour accommoder notamment les usagers du transport collectif. Le réaménagement du boulevard Crémazie Ouest vise quant à lui à améliorer l’espace accordé aux piétons le long de la limite sud-est du secteur. Il s’inscrit dans la perspective d’un changement de vocation du boulevard à long terme et, notamment, de la relocalisation de la sortie «Saint-Laurent» sur l’autoroute métropolitaine Ouest. Une reconfiguration, plus conviviale pour les piétons, de l’intersection Saint-Laurent – Crémazie fait partie des aménagements envisagés. Pour sa part, le réaménagement dont fera l’objet le boulevard Saint-Laurent sera établi dans le cadre de la planification détaillée menée pour cet axe par l’arrondissement d’Ahuntsic-Cartierville.


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L’implantation d’une voie cyclable dans l’axe de la rue Legendre L’implantation d’une voie cyclable dans l’axe de la rue Legendre, au cœur du milieu de vie de la partie sud-est du secteur, permettra d’assurer une desserte cyclable du secteur. Cette voie cyclable se prolongera vers l’est, au-delà du boulevard Saint-Laurent, pour se raccorder éventuellement au tronçon de la Route verte existant en bordure de l’avenue Christophe-Colomb.

L’implantation de mesures de mitigation de la circulation dans le milieu résidentiel L’implantation de mesures visant à apaiser la circulation et à réduire le trafic de transit dans le soussecteur résidentiel sera évaluée au cours des prochaines années. Ces mesures, qui pourraient inclure, par exemple, des modifications au sens de la circulation sur certaines rues ou l’aménagement de « dos d’ânes » à proximité d’équipements communautaires, viendraient ainsi s’ajouter à la fermeture partielle du terre-plein central de la rue Chabanel.


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Autres éléments de mise en oeuvre

6 Modifications à la réglementation d’urbanisme

La mise en œuvre des orientations d’aménagement sera également appuyée par des ajustements à la réglementation d’urbanisme. L’introduction de règlements sur les Plans d’implantation et d’intégration architecturale (PIIA) permettra, par exemple, d’assurer un encadrement du développement mieux adapté aux situations particulières, notamment en bordure des corridors autoroutiers. D’autres mécanismes s’ajouteront pour soutenir la matérialisation du développement souhaité pour le secteur, dont la réalisation d’études complémentaires, afin de définir avec plus de précision les stratégies à privilégier dans le cas d’espaces à requalifier, et l’instauration de programmes. La Ville aura également recours à la négociation avec les propriétaires du secteur et les autres paliers de gouvernement. Les modifications à la réglementation d’urbanisme permettent d’orienter le développement du secteur à plusieurs niveaux. D’abord, elles traduisent la vocation souhaitée pour les différentes parties du territoire en précisant, entre autres, les usages privilégiés pour les espaces à requalifier. Elles permettent ensuite de contrôler et de moduler l’intensité de l’occupation du sol. Enfin, elles permettent d’exercer une certaine influence sur les caractéristiques et la qualité architecturale des immeubles ou l’aspect de l’affichage. La révision du cadre réglementaire dans le secteur L’Acadie-Chabanel vise notamment à: • confirmer la vocation des sous-secteurs les plus dynamiques; • soutenir la requalification du sous-secteur des Maraîchers et de la partie nord-ouest du secteur (Sauvé-L’Acadie) • favoriser la consolidation et l’intensification des activités en bordure du boulevard De L’Acadie et à proximité de la gare Chabanel; • améliorer l’aspect du secteur en s’assurant que ses sites les plus exposés contribuent positivement à son identité visuelle; • assurer la qualité de l’interface entre les milieux résidentiels et industriels.

Boulevard De l’Acadie Le PPU soutient la consolidation et l’intensification de la vocation commerciale du boulevard De l’Acadie. À cette fin, la densité prescrite pour les terrains bordant le boulevard, entre le rond-point L’Acadie et le boulevard Sauvé, est désormais supérieure à celle qui s’applique aux terrains situés en retrait par rapport à celui-ci. Les nouveaux bâtiments érigés en bordure du boulevard De L’Acadie comporteront ainsi un minimum de 2 étages et devront couvrir une portion relativement importante de terrain, et ce, afin d’assurer un bon encadrement bâti du boulevard. Par ailleurs, les usages industriels seront proscrits en bordure immédiate du boulevard et l’implantation de commerces sera permise aux étages.


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Les maraîchers Les usages industriels et l’entreposage se voient désormais interdits dans l’ensemble du sous-secteur du Marché central, c’est-à-dire entre le boulevard De L’Acadie et les voies du Canadien Pacifique. Par ailleurs, une densité de construction minimale plus élevée s’appliquera aux terrains situés en bordure de l’autoroute 40 afin de favoriser la mise en valeur de l’accès au secteur de la rue Querbes. La superficie de plancher d’un bâtiment érigé en bordure de l’autoroute Métropolitaine devra ainsi correspondre au moins à celle du terrain sur lequel ce bâtiment est implanté. Dans le même ordre d’idées, un taux d’implantation moyen ou élevé s’appliquera à ce bâtiment. La densité minimale de construction autorisée dans le sous-secteur actuellement occupé par les producteurs maraîchers est pour sa part fixée à 0,5 de manière à assurer une augmentation progressive de la densité depuis la première phase du Marché central, au nord de la rue Chabanel, jusqu’aux abords de l’autoroute 40.


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Sauvé-L’Acadie La requalification de la partie nord-ouest du secteur est déjà soutenue par une affectation mixte, laquelle vise à permettre la construction d’immeubles résidentiels. Dans la mesure où le boulevard De L’Acadie est l’axe privilégié pour la consolidation des activités commerciales dans la partie ouest du secteur, la continuité commerciale au niveau du rez-de-chaussée ne devra pas être exigée pour les bâtiments en bordure de la rue Sauvé. Par ailleurs, le redéveloppement de ce sous-secteur sera balisé par des critères établis dans le cadre d’un Plan d’implantation et d’intégration architecturale (PIIA). L’approche par PIIA permet une évaluation plus souple des projets basée sur des critères plutôt que sur des normes. Les projets faisant l’objet d’une demande de permis ou de certificat dans une partie territoire assujettie à un règlement sur les PIIA doivent ainsi faire l’objet d’une évaluation qualitative (architecture, intégration au milieu environnant, contribution au caractère recherché pour un secteur particulier, etc). Un PIIA ne se substitue pas aux normes qui continuent de s’appliquer aux projets mais il constitue une condition supplémentaire pour leur approbation.

Intensification de l’utilisation du sol aux abords de la gare Chabanel La densité de construction permise est harmonisée pour l’ensemble des terrains bordant le côté nord de la rue Chabanel entre le boulevard Saint-Laurent et les voies du Canadien Pacifique afin, notamment, de favoriser l’intensification du l’utilisation du sol dans le voisinage de la gare Chabanel. La densité de construction autorisée à l’est de la rue Meilleur jusqu’ici correspondait à celle généralement réservée aux milieux à dominante résidentielle. Cette situation est corrigée pour tenir compte à la fois du cadre bâti existant au nord de la rue Chabanel et de la proximité de la gare. Ainsi, un nouveau bâtiment construit en bordure immédiate de la gare et de la rue Chabanel, du côté est des voies du Canadien Pacifique, devra comporter un minimum de six étages.

Sous-secteur Jean-Pratt – Charles-De LaTour Compte tenu de la vocation industrielle de la partie ouest du secteur et des interventions prévues pour la rendre plus facilement accessible aux camions, des usages industriels pourront s’établir au sud de la rue De Beauharnois à l’ouest du boulevard De L’Acadie, les propriétés situées en bordure immédiate du boulevard De L’Acadie faisant exception. Cette aire se voit ainsi intégrée au « secteur d’emplois diversifiés » existant en bordure de l’autoroute 15 (carte 2.4.1 du Plan d’urbanisme).


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Encadrement des constructions et de l’affichage en bordure de la rue Chabanel, des boulevards et des autoroutes 15 et 40 Les constructions et l’affichage en bordure de la rue Chabanel, à l’est des voies du CP, ainsi que des boulevards Saint-Laurent, De L’Acadie et Crémazie Ouest seront soumis à un PIIA afin d’exercer un meilleur contrôle de leur aspect et, ainsi, de s’assurer de leur contribution positive à l’image du secteur. De plus, un PIIA s’appliquera également aux terrains situés en bordure des autoroutes 15 et 40.

Interfaces entre le sous-secteur résidentiel et les milieux avoisinants Les lots situés du côté ouest de la rue Verville, au sud de la rue De Beauharnois, sont incorporés au secteur d’affectation résidentielle afin de favoriser leur requalification et d’améliorer l’interface entre les activités industrielles et les résidences. Une partie de ces lots est actuellement occupée par des bâtiments industriels vétustes et une aire de stationnement. Le PPU favorise également la requalification du boulevard Crémazie Ouest au profit d’un aménagement et d’une vocation davantage compatibles avec la proximité d’un milieu de vie. À cette fin, il prévoit l’encadrement du développement immobilier aux abords du boulevard par un PIIA, la relocalisation éventuelle de la sortie Saint-Laurent et le réaménagement du domaine public. Dans la même veine, les usages industriels seront prohibés en bordure du boulevard à l’est des voies du Canadien Pacifique.

Paramètres réglementaires et autres dispositions applicables au territoire visé par le PPU

Les paramètres de densité et les autres dispositions énoncés dans le cadre du PPU seront traduits dans la réglementation d’urbanisme de l’arrondissement d’Ahuntsic-Cartierville, contribuant ainsi à la mise en œuvre des orientations d’aménagement du secteur L’Acadie-Chabanel. De plus, l’arrondissement ne reconnaîtra pas, dans sa réglementation de zonage, le bâti existant non conforme aux prescriptions du présent PPU.


Secteurs établis Secteur 01-03 • bâti de un à quatre étages hors-sol; • implantation isolée ou contiguë; • taux d’implantation au sol faible ou moyen. Dispositions particulières • Le bâti devra comporter un minimum de deux étages en bordure du boulevard De L’Acadie; • L’implantation de commerces sera permise aux étages; • Les constructions et l’affichage en bordure du boulevard De L’Acadie seront soumis à un PIIA . Secteur 01-05 • bâti de un à quatre étages hors-sol; • taux d’implantation au sol faible ou moyen. Dispositions particulières • Les constructions et l’affichage en bordure de l’autoroute 15 et du boulevard Crémazie Ouest seront soumis à un PIIA.

Secteur 01-07 • bâti de six étages hors-sol ou plus; • implantation isolée; • taux d’implantation au sol moyen ou élevé; •C.O.S. maximal 9,0.

Dispositions particulières • Les constructions et l’affichage seront soumis à un PIIA en bordure des boulevards Saint-Laurent et Crémazie Ouest.

Dispositions particulières • Les constructions et l’affichage seront soumis à un PIIA pour les terrains situés en bordure de la rue Chabanel et du boulevard Saint-Laurent; • Des projets résidentiels pourront être évalués selon la procédure de projet particulier de construction, de modification ou d'occupation d'un immeuble. De tels projets devront être accompagnés d’une étude de marché et d’une démonstration de la compatibilité des usages résidentiels projetés avec les autres usages d’un même immeuble et des immeubles environnants.

Secteur 01-15 • bâti de trois à huit étages hors-sol; • taux d’implantation au sol moyen ou élevé.

Secteur 01-08 • bâti de un ou deux étages hors-sol; • taux d’implantation au sol moyen ou élevé.

Dispositions particulières • Les usages industriels et l’entreposage seront interdits; • L’implantation de commerces sera permise aux étages; • Les constructions et l’affichage seront soumis à un PIIA.

Secteur 01-06 • bâti de deux à six étages hors-sol; • taux d’implantation au sol moyen ou élevé; • C.O.S. maximal 3,0.

Dispositions particulières • Les constructions et l’affichage seront soumis à un PIIA en bordure de la rue Chabanel.

Dispositions particulières • Les constructions et l’affichage seront soumis à un PIIA pour les terrains situés en bordure de la rue Chabanel, du boulevard Saint-Laurent et du boulevard Crémazie Ouest.

Secteur 01-11 • bâti de six à douze étages hors-sol; • implantation isolée; • taux d’implantation au sol moyen ou élevé; • C.O.S. maximal 6,0.

N.B. : La réglementation de zonage ne reconnaîtra pas le bâti existant non-conforme aux prescriptions du présent PPU.

Secteurs à transformer Secteur 01-T2 • bâti de quatre à huit étages hors-sol; • taux d’implantation au sol moyen ou élevé; • C.O.S.minimal 2,0; • C.O.S. maximal 4,0.

Secteur 01-T4 • bâti de un à trois étages hors-sol; • taux d’implantation au sol faible ou moyen; • C.O.S. minimal 0,5; • C.O.S. maximal 4,0.

Secteur 01-T7 • bâti de deux à huit étages hors-sol; • taux d’implantation au sol moyen ou élevé; • C.O.S. minimal 1,0; • C.O.S. maximal 4,0.

Dispositions particulières • La réglementation permettra l’habitation; • La continuité commerciale ne sera pas exigée au rez-de-chaussée; • Le développement sera assujetti à un PIIA.

Dispositions particulières • Les usages industriels et l’entreposage seront interdits.

Dispositions particulières • Les usages industriels et l’entreposage seront interdits; • Les constructions et l’affichage seront soumis à un PIIA.

N.B. : La réglementation de zonage ne reconnaîtra pas le bâti existant non-conforme aux prescriptions du présent PPU.

Octobre 2006

Dispositions particulières • Les usages industriels et l’entreposage seront interdits; • Les constructions et l’affichage seront soumis à un PIIA. Secteur 01-18 • bâti de deux à quatre étages hors-sol; • taux d’implantation au sol moyen ou élevé; • C.O.S. minimal 1,0.


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Autres stratégies

Plusieurs stratégies complémentaires aux interventions sur le domaine public ainsi qu’aux ajustements au cadre réglementaire présentés dans les pages qui précèdent seront mises en œuvre afin de concrétiser les orientations d’aménagement et de soutenir la consolidation du cadre bâti et des activités dans le secteur L’Acadie-Chabanel. La Ville participera ainsi activement à la recherche d’un site alternatif adéquat pour les producteurs maraîchers établis dans la partie sud du Marché central. Cette démarche constitue un geste préalable à la requalification de ce vaste espace à des fins plus appropriées compte tenu de la qualité de son emplacement et de l’attrait suscité par le Marché central. Pour sa part, la consolidation des activités sur la rue Chabanel sera appuyée par une démarche visant à optimiser l’aménagement des espaces de stationnement existants. Cette démarche concerne non seulement le stationnement sur rue, mais, et surtout, les aires de stationnement qui bordent le côté nord de la rue Chabanel. La réorganisation de certaines de ces aires (relocalisation des accès, marquage au sol, meilleure organisation de la circulation, etc.) permettra d’accroître l’offre de stationnement au bénéfice, notamment, des travailleurs et des activités du secteur. De plus, la Ville évalue actuellement la pertinence de mettre sur pied un programme d’aide accessible aux propriétaires d’immeubles de grand gabarit du secteur. Ce programme pourrait éventuellement soutenir la réalisation de travaux visant l’adaptation des espaces intérieurs aux besoins actuels des entreprises et l’amélioration de l’apparence extérieure des bâtiments. Enfin, une stratégie de remembrement de terrains pourra être mise en œuvre pour le sous-secteur industriel Sauvé-Port Royal afin d’assurer un meilleur arrimage entre la configuration des espaces disponibles et les besoins des entreprises. Par ailleurs, la vocation de certains îlots, notamment dans la partie est du sous-secteur, pourrait éventuellement être revue et permettre, par exemple, d’accueillir des usages résidentiels.


Programme particulier d’urbanisme Griffintown secteur Peel-Wellington

Avril 2008


Table des matières

1. Introduction

1

2. Mise en contexte 2.1 Territoire d’application 2.2 Description générale 2.3 Historique de Griffintown

3 3 4 5

3. Orientations 3.1 Assurer la vitalité et l’animation du secteur par la création d’un milieu de vie offrant une mixité de fonctions 3.2 Mettre en valeur le caractère patrimonial et l’identité culturelle du secteur 3.3 Mettre en valeur le canal de Lachine et les abords du bassin Peel 3.4 Retisser les liens avec les secteurs limitrophes 3.5 Améliorer les conditions d’accessibilité et les déplacements internes du secteur 3.6 Assurer l’exemplarité de la mise en valeur du secteur en matière de développement durable

7 8 10 12 14 16 19

4. Interventions relatives au domaine public planifiées dans le cadre du PPU 4.1 Réorganisation du réseau routier 4.2 Mise en place d’un réseau de places publiques et de parcs 4.3 Réaménagement du domaine public 4.4 Interventions sur les réseaux d’infrastructures 4.5 Implantation d’une ligne de tramway

21

5. Mise en œuvre du programme particulier d’urbanisme 5.1 Paramètres réglementaires 5.2 Plan d’implantation et d’intégration architecturale (PIIA) 5.3 Protection et mise en valeur des bâtiments d’intérêt patrimonial 5.4 Prise en compte du potentiel archéologique 5.5 Acquisition d’immeubles 5.6 Programme particulier de démolition 5.7 Phasage global de réalisation du projet Griffintown et calendrier

35 36 42 44 45 46 47 48

6. Annexes Annexe A: Réorganisation du réseau routier - Plans et coupes Annexe B: Catégories d’affectation du sol

49 50 68

22 30 32 33 34


Figure 1: Localisation du secteur Peel-Wellington


page 1

Introduction

1

Le secteur Griffintown constitue l’un des 26 secteurs de planification détaillée d’intérêt panmontréalais identifiés par le Plan d’urbanisme de Montréal. Ce vaste secteur, entièrement localisé dans l’arrondissement du Sud-Ouest, s’étend de l’autoroute Bonaventure jusqu’au boulevard Georges-Vanier, entre la rue Notre-Dame et le canal de Lachine. Griffintown et ses environs regroupent plusieurs projets de développement immobilier d’importance qui en sont actuellement à divers stades de planification ou de réalisation (consolidation du campus de l’École de technologie supérieure, redéveloppement du 1500 rue Ottawa, réaménagement de l’autoroute Bonaventure, requalification de l’édifice du Nordelec, etc.). Pour répondre à leurs problématiques respectives et aux enjeux urbains que soulève la revitalisation d’une zone industrielle du 19e siècle, l’ensemble de ces projets font appel à divers outils de planification urbaine, dont le présent programme particulier d’urbanisme. Le 21 novembre 2007, le comité exécutif de la Ville de Montréal donnait le feu vert à l’élaboration d’un programme particulier d’urbanisme (PPU) visant à encadrer un projet de développement immobilier majeur proposé au sein du secteur de planification détaillée (ci-après nommé projet Griffintown). Ce projet, s’inscrivant dans la partie sud-est de Griffintown (secteur Peel-Wellington, voir figure 1), met l’accent sur un développement mixte comprenant des usages commerciaux, résidentiels, culturels, récréotouristiques et de bureau. Le projet comprend également plusieurs interventions sur le réseau routier, sur l’aménagement général du domaine public et sur les réseaux d’infrastructures. Le 5 février 2008, le conseil d’arrondissement du Sud-Ouest adoptait le projet de règlement visant à modifier le Plan d’urbanisme pour y inclure le programme particulier d’urbanisme du secteur PeelWellington et annonçait la tenue d’une démarche de consultation publique, laquelle a été menée par l’arrondissement entre le 21 février et le 14 mars 2008. À la lumière des conclusions de cette démarche de consultation, le présent PPU répond aux enjeux multiples et complexes liés au développement du secteur Peel-Wellington en précisant les paramètres de planification urbaine, de réglementation et d’acquisition d’immeubles qui sont requis pour répondre aux orientations de mise en valeur préconisées pour le secteur. Le programme particulier d’urbanisme qui suit présente donc les orientations d’aménagement, les interventions physiques et les différents mécanismes de mise en œuvre requis pour encadrer la réalisation de l’ensemble des projets, tant publics que privés, de mise en valeur du secteur PeelWellington au cours des prochaines années. À ce PPU pourront s’additionner, au cours des prochaines années, d’autres mécanismes de planification urbaine adaptés à la revitalisation des autres portions du secteur de planification détaillée Griffintown pour en compléter la planification d’ensemble.


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Mise en contexte

2

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Autoroute Bonaventure

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Figure 2: Territoire d’application

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Programme particulier d’urbanisme du secteur Peel-Wellington

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2.1

Le présent programme particulier d’urbanisme s’applique au secteur Peel-Wellington. Ce secteur forme une zone d’environ 225 000 m² située dans le secteur Griffintown, à la limite nord-est de l’arrondissement du Sud-Ouest. Il est bordé par l’autoroute Bonaventure à l’est, la rue Ottawa au nord, la rue du Séminaire à l’ouest et le canal de Lachine au sud.

Rue du

Territoire d’application

50

100 m


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Description générale

2.2

Situé en bordure du bassin Peel et du canal de Lachine, le secteur Peel-Wellington occupe une localisation stratégique au cœur de Montréal et à proximité des principaux pôles d’attraction de la métropole, notamment le centre-ville et le Quartier international, le Vieux-Montréal et le lieu historique national du Canal-de-Lachine. Lieu de passage entre Pointe-Saint-Charles, Saint-Henri, le VieuxMontréal et le centre-ville, le secteur Peel-Wellington tient également lieu d’entrée de ville en plus de former l’un des principaux points d’accès au canal de Lachine. Le secteur bénéficie d’une grande accessibilité régionale, étant localisé au coeur de la boucle autoroutière formée par les autoroutes Bonaventure et Ville-Marie. Une voie ferrée du CN longe également ses limites sud et est en direction de la gare Bonaventure. Toutefois, l’accessibilité au secteur s’avère plutôt difficile pour les piétons et les cyclistes en raison des barrières créées par ces infrastructures routières et ferroviaires. De même, le secteur, qui se trouve à plus de 15 minutes de marche des stations de métro et traversé par un nombre limité de circuits d’autobus, est mal desservi par les transports collectifs. Le cadre bâti du secteur Peel-Wellington est empreint d’une histoire riche et toujours perceptible. Le gabarit, la densité et les typologies architecturales très variées reflètent encore l’effervescence industrielle à l’origine du quartier. Le secteur offre cependant une image déstructurée en raison des terrains vacants et de la faible intensité des activités qu’il abrite aujourd’hui. Par ailleurs, la présence d’une diversité d’activités artistiques et culturelles contribue également au caractère du secteur, qui profite également de l’animation des quartiers voisins récemment revitalisés. Enfin, bien que le secteur soit principalement voué à l’emploi, quelques logements y sont toujours présents. Le secteur regroupe un ensemble d’éléments patrimoniaux dont la valeur est reconnue par le Plan d’urbanisme. Ces témoins de l’histoire du secteur et de son importance, notamment dans l’établissement de la communauté irlandaise et le développement industriel de Montréal, se déclinent dans une architecture très diversifiée et dans la présence d’ouvrages d’art d’intérêt, tels certains viaducs et le pont ferroviaire du CN. Le secteur présente également un important potentiel archéologique et recèle autant de vestiges ayant déjà fait l’objet d’une documentation que d’espaces encore peu documentés qui devront faire l’objet de mesures de protection ou de mitigation.


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Historique de Griffintown

2.3 1800-1845

La mise en place du premier canal navigable Secteur agricole jusqu’au début du 19e siècle, le fief Nazareth se transforme avec le lotissement des terres qui donnera naissance à la première trame orthogonale de Montréal et marque les débuts de Griffintown. De 1819 à 1826, l’aménagement du premier canal navigable permet d’éviter les chemins de terre reliant alors Ville-Marie à Lachine. Cette infrastructure façonnera les phases subséquentes de développement du quartier.

1845-1880

L’exploitation de l’énergie hydraulique L’abolition du régime seigneurial marque le début du capitalisme industriel. Le canal est agrandi entre 1843 et 1846 et on y aménage des bassins et des canaux d’alimentation et de fuite afin de fournir de l’énergie hydraulique aux nouvelles installations industrielles. Des manufactures et entrepôts s’implantent aux abords du canal et des ouvriers d’origines diverses s’installent dans le quartier.

1880-1915

Les industries et le chemin de fer La construction du premier chemin de fer du Grand Tronc au milieu du 19e siècle, à l’embouchure du canal, s’intègre à la production industrielle et désigne Griffintown et ses environs comme berceau de l’industrialisation au Canada. De plus en plus d’immigrants irlandais s’installent dans Griffintown, offrant ainsi une main-d’œuvre bon marché aux multiples industries du quartier. Au tournant du 20e siècle, la population atteint les 30 000 habitants et Griffintown devient véritablement le quartier irlandais de Montréal.

1915-1960

L’apogée de la ville industrielle L’industrialisation rapide et l’arrivée massive d’immigrants engendrent des problèmes de cohabitation, de surpeuplement et d’insalubrité. La ville est densément construite et des quartiers résidentiels entourent le secteur Griffintown. La multiplication des sources d’énergie et des moyens de transport permet aux nouvelles industries de se localiser ailleurs qu’en bordure du canal. Une voie ferrée surélevée traversant le faubourg Sainte-Anne est aménagée pour relier le pont Victoria à la nouvelle gare Centrale.


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1960-1975

1975-aujourd’hui

Le déclin des industries et du quartier résidentiel Le développement de Griffintown prend un nouveau tournant avec l’ouverture de la voie maritime du Saint-Laurent en 1956. C’est la fin de la prospérité du secteur et l’enclenchement de son déclin progressif. Les activités industrielles se réimplantent à des endroits plus stratégiques, drainant avec elles la population vers d’autres quartiers. Dès le début des années 60, certaines parties du canal sont remblayées et le secteur et ses environs, alors jugés insalubres par les autorités municipales, sont presque totalement rasés pour faire place aux autoroutes Bonaventure et Ville-Marie. Le secteur subit le contrepoids des grands aménagements en vue de la tenue de l’Exposition Universelle de 1967. Le canal est définitivement fermé en 1970. Les projets de réaménagement urbain Dès 1975, Parcs Canada réalise certains aménagements aux abords du canal. Elle en prend d’ailleurs l’administration en 1978. S’en suivra, entre 1984 et 2001, une série d’investissements de la part du gouvernement fédéral et de la Ville de Montréal qui totalisera plus de 100 millions de dollars. Ces investissements pour la revitalisation du canal ont permis l’excavation et la restauration des écluses et du bassin Peel et le réaménagement des berges du canal. Ils sont à l’origine d’un nombre important de projets immobiliers privés aux abords du canal totalisant plus de 600 millions de dollars à ce jour. Parallèlement à ces travaux, le réaménagement du Vieux-Port est entamé au courant des années 90, dans le cadre du 350e anniversaire de la fondation de Montréal, venant compléter la requalification du secteur. En 1996, une large zone entourant le canal est désignée Lieu historique national du Canada. Dans les années qui suivent, les secteurs limitrophes ont connu une vague de réaménagement, notamment dans la Cité Multimédia et le faubourg des Récollets ou encore aux environs du marché Atwater.


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Orientations

3

La mise en valeur du secteur Peel-Wellington s’inscrit dans le cadre de la planification détaillée du secteur Griffintown prévue par le Plan d’urbanisme de Montréal, lequel prévoit trois orientations générales d’aménagement: • Préserver le caractère et l’échelle urbaine associés au passé industriel du secteur; • Intensifier et diversifier les activités en privilégiant la cohabitation des activités économiques et résidentielles; • Renforcer la vocation récréotouristique des abords du bassin Peel et la vocation nautique du canal de Lachine en misant sur la proximité du Vieux-Montréal, du Vieux-Port et du Centre des affaires. Le programme particulier d’urbanisme précise les paramètres de développement du secteur et de mise en œuvre du projet Griffintown en proposant les six orientations suivantes, lesquelles sont appuyées par un ensemble de principes qui devront être reconduits dans les diverses interventions publiques et privées de mise en valeur du secteur : • Assurer la vitalité et l’animation du secteur par la création d’un milieu de vie offrant une mixité de fonctions; • Mettre en valeur le caractère patrimonial et l’identité culturelle du secteur; • Mettre en valeur le canal de Lachine et les abords du bassin Peel; • Retisser les liens avec les secteurs limitrophes; • Améliorer les conditions d’accessibilité et les déplacements internes du secteur; • Assurer l’exemplarité de la mise en valeur du secteur en matière de développement durable.


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Assurer la vitalité et l’animation du secteur par la création d’un milieu de vie offrant une mixité de fonctions

3.1

La mise en valeur du secteur Peel-Wellington doit permettre la création d’un nouveau milieu de vie qui assurera la vitalité et l’animation de cette partie de l’arrondissement du Sud-Ouest localisée en marge du centre-ville et du Vieux-Montréal. La revitalisation de ce secteur longtemps associé à une image de quartier industriel en déclin doit s’inscrire en complément de la tendance à la diversification des activités amorcée depuis quelques années à proximité, notamment avec l’implantation du campus de l’École de technologie supérieure (ÉTS) et le développement de complexes résidentiels tels que les lofts Lowney’s et les Jardins Windsor, de même qu’avec le développement de la Cité Multimédia, plus à l’est, entre Griffintown et le VieuxMontréal. La revitalisation de cette partie de Griffintown doit également offrir, tant à la population de l’arrondissement du Sud-Ouest qu’aux résidants, usagers et visiteurs du centre-ville et du VieuxMontréal, une diversité d’activités composant un milieu de vie urbain unique pour habiter, travailler et se divertir. De même, la création d’un milieu de vie propice à l’établissement de familles avec enfants dans le secteur requiert un effort particulier de planification visant à assurer la présence des équipements requis (services de garde, écoles, parcs et espaces verts sécuritaires, etc.).


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Dans l’esprit du développement durable et pour favoriser l’installation d’une masse critique de résidants et d’activités urbaines assurant l’animation et la sécurité du secteur, cette orientation nécessite donc l’introduction d’une plus forte densité d’occupation du secteur que celle prévalant actuellement. La création d’un milieu de vie diversifié et complet dans le secteur doit reposer sur les principes suivants: • Accroître la densité d’occupation du secteur en assurant une cohabitation harmonieuse des différentes vocations et des nouvelles constructions; • Assurer, tout au long de la mise en valeur du secteur, un développement simultané de l’habitation, des équipements et services communautaires et des activités à caractère économique (commerces, services et bureaux); • Viser l’établissement d’une population résidante diversifiée en assurant la production de typologies résidentielles variées répondant aux objectifs de la Stratégie d’inclusion du logement abordable de la Ville de Montréal et pouvant notamment inclure des ateliers-résidences en appui au maintien de la vocation culturelle du secteur; • Assurer la création de parcs, d’espaces verts et de places publiques répondant aux besoins des résidants et usagers actuels et futurs du secteur et s’inscrivant en complément du parc linéaire du Canal de Lachine; • Assurer l’établissement d’équipements et de services de proximité répondant adéquatement aux besoins des résidants et usagers du secteur et des environs, notamment ceux identifiés par le Plan directeur des parcs, espaces verts et équipements devant être réalisé sur le territoire par l’arrondissement du Sud-Ouest; • Prévoir la réalisation d’études et l’implantation de mesures de mitigation prenant en compte les effets des diverses sources de nuisances potentielles du secteur sur la qualité de vie et la santé (qualité de l’air, bruit, etc.); • Assurer l’implantation d’une grande variété de commerces complémentaires aux activités existantes du centre-ville et du Vieux-Montréal et répondant autant aux besoins locaux qu’à l’établissement d’une destination commerciale unique à Montréal (commerces et services de proximité, magasins et boutiques spécialisées, commerces de plus grande surface, restauration et autres activités complémentaires à la vocation récréotouristique préconisée); • Assurer une animation continue de Griffintown par une diversification des types d’activités visant à varier les plages horaires d’animation du secteur.


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Mettre en valeur le caractère patrimonial et l’identité culturelle du secteur

3.2

L’identité du secteur Peel-Wellington est particulièrement associée à son passé industriel et à la présence du canal de Lachine. Ce caractère particulier se reflète autant dans l’échelle du cadre bâti et dans la morphologie urbaine, que dans l’architecture de certains bâtiments et ouvrages d’art qu’on y retrouve. Cette identité constitue une richesse devant servir de fondement au redéveloppement du secteur. La revitalisation du secteur Peel-Wellington doit s’inscrire en continuité des diverses interventions réalisées dans les secteurs avoisinants depuis plusieurs années. Elle doit, au même titre que les interventions réalisées dans la Cité Multimédia, sur la rue McGill ou aux abords du canal de Lachine, refléter un souci d’intégration des éléments d’intérêt du cadre bâti et de la trame urbaine et miser sur ceux-ci afin de stimuler la transformation du secteur. Ainsi, les nouvelles constructions et les réaménagements du domaine public prévus doivent s’inspirer autant de la présence du canal et de ses bassins, que de celle des bâtiments et des ouvrages d’art témoignant du passé du secteur. L’identité du secteur Peel-Wellington est aussi intimement liée à la présence d’activités artistiques et culturelles diverses– lieux de création et de diffusion, entreprises du milieu culturel, occupation de certains bâtiments à des fins d’atelier-résidence – qui contribuent déjà activement à son dynamisme et qui profitent également de l’animation des quartiers voisins récemment revitalisés (Faubourg des Récollets et Cité Multimédia).


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La création d’une identité forte pour le secteur basée sur une mise en valeur conjuguée du patrimoine, de la culture et des arts doit s’appuyer sur les principes suivants : • Intégrer et mettre en valeur dans les nouveaux aménagements les bâtiments d’intérêt patrimonial et les ouvrages d’art; • Assurer une production architecturale de grande qualité et développer un vocabulaire architectural approprié au contexte historique du secteur; • Assurer la contribution de la culture et des arts à la mise en valeur des composantes patrimoniales du secteur, du canal de Lachine et du bassin Peel, notamment par la localisation des lieux de création et de diffusion, par des contributions à l’aménagement du domaine public et à la mise en valeur des bâtiments et des ouvrages d’art; • Accroître le rayonnement des activités du secteur par l’implantation de nouvelles activités ou équipements culturels (salles de spectacles, salles de cinéma, galeries d’art, hôtels, etc.); • Assurer la complémentarité des activités culturelles et artistiques du secteur à l’offre existante de l’arrondissement du Sud-Ouest et du reste du territoire montréalais; • Favoriser l’établissement d’artistes et de créateurs dans le secteur en permettant l’implantation de lieux de création et de diffusion artistique et en incluant des ateliers-résidences dans l’offre résidentielle prévue; • Établir des hauteurs de construction sur rue adaptées au caractère issu du passé industriel du secteur et encadrer la construction des bâtiments atteignant les surhauteurs prévues en fonction de critères de performance architecturale – incluant la prise en compte des impacts microclimatiques et sur l’ensoleillement du domaine public – devant être établis dans le cadre d’un règlement sur les plans d’implantation et d’intégration architecturale (PIIA); • Assurer l’application des mesures de documentation et de protection appropriées des ressources archéologiques du secteur, de même que leur mise en valeur, lorsque pertinente, dans la conception des bâtiments et des aménagements extérieurs; • Favoriser la découverte du secteur à travers les déplacements piétonniers en misant sur la qualité de l’aménagement du domaine public, la mise en valeur des rues, la création d’un réseau d’espaces publics (places et espaces verts) et la mise en valeur des ouvrages d’art; • Assurer la qualité et la convivialité du domaine public par un emploi judicieux de matériaux, d’éléments de mobilier urbain, de plantations et d’art public appropriés au contexte historique du secteur.


page 12

Mettre en valeur le canal de Lachine et les abords du bassin Peel

3.3

Le canal de Lachine et le bassin Peel constituent les éléments fondateurs du développement de Griffintown et confèrent au secteur un caractère unique. Cette infrastructure de transport, déterminante dans le développement industriel de Montréal au XIXe siècle, présente aujourd’hui une valeur historique dont la reconnaissance s’avère incontournable dans toute opération de réaménagement urbain ou de développement immobilier. Les nombreux projets immobiliers ayant fait suite aux investissements publics majeurs consentis sur le canal de Lachine témoignent d’ailleurs du formidable potentiel de cette voie d’eau pour stimuler la revitalisation des quartiers limitrophes. Ainsi, une mise en valeur appropriée du canal et du bassin Peel augmente le potentiel de développement du secteur et constitue une indéniable valeur ajoutée pour le développement des terrains riverains. Outre sa valeur historique et symbolique, le canal de Lachine constitue un équipement récréotouristique majeur pour l’arrondissement du Sud-Ouest et pour l’ensemble de la région montréalaise. Révélant un paysage urbain unique, le parc linéaire et la piste cyclable du canal, de même que la réouverture récente du canal à la navigation de plaisance, confirment l’importance de préserver le caractère public de ses abords et d’accroître leur accessibilité afin de maximiser leurs retombées sur le développement du secteur. Le secteur du bassin Peel (composé des deux « bassins à farine » mis en valeur en 2002) forme, avec le bassin Wellington et les quatre bassins du 1500 rue Ottawa (actuellement enfouis), le premier port intérieur de Montréal qui a constitué pendant plus de 125 ans le centre névralgique du transport maritime, du transport ferroviaire et de l’activité industrielle. L’agence Parcs Canada, responsable du lieu historique national du Canal-de-Lachine, compte mettre en valeur le secteur du bassin Peel par la reconstitution des cinq entrepôts qui occupaient historiquement les abords des « bassins à farine ». Le programme de mise en valeur comprendrait l’implantation de la Maison du canal (centre d’interprétation et bureaux administratifs de Parcs Canada), une marina d’escale, des commerces et services ainsi que la tenue d’activités récréotouristiques sur le plan d’eau.


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La mise en valeur du canal de Lachine et du bassin Peel dans le secteur Peel-Wellington doit reposer sur les principes suivants : • Affirmer le caractère unique des abords du canal de Lachine et du bassin Peel par une production architecturale de qualité exceptionnelle adaptée au contexte historique du secteur; • Poursuivre la structuration des abords du canal de Lachine en permettant des constructions de gabarit approprié pouvant atteindre la hauteur maximale observée dans les constructions existantes en front du canal ; • Tirer profit du dégagement des abords du bassin Peel en permettant des constructions de gabarits plus importants s’intégrant aux repères bâtis de grande hauteur visibles à partir du site, tels le silo no 5 et les bâtiments de l’ancienne minoterie Ogilvy; • Renforcer l’animation des abords du canal et du bassin Peel en assurant, au rez-de-chaussée des bâtiments riverains, la présence d’usages générateurs d’animation et l’ouverture des façades (vitrines, accès, terrasses); • Aménager les abords du canal et du bassin Peel dans l’esprit des interventions réalisées à ce jour sur les ouvrages d’art et les espaces riverains (restauration, mise en valeur et interprétation); • Accroître la mise en valeur et l’animation des abords du bassin Peel par l’implantation d’un équipement culturel ou touristique majeur; • Protéger l’accès public des berges du canal en aménageant les espaces riverains (quais, rues, parcs et places riveraines) et en les préservant dans le domaine public de la Ville de Montréal et de l’agence Parcs Canada; • Augmenter le nombre de « fenêtres » sur le canal par la création de nouvelles places publiques améliorant les liens entre le quartier et le canal; • Maximiser les accès piétonniers et cyclables vers le canal par la mise en valeur des voies d’accès actuelles et la création de nouveaux points d’entrée publics, par une implantation appropriée des bâtiments riverains et par un aménagement du domaine public de qualité.


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Retisser les liens avec les secteurs limitrophes

3.4

À compter de 1845, Griffintown se développe et forme, avec le faubourg des Récollets (actuelle Cité Multimédia) et une partie de Pointe Saint-Charles, le quartier Sainte-Anne. Cette appartenance est aujourd’hui toujours perceptible dans la continuité de la trame urbaine du secteur. L’implantation de deux infrastructures de transport majeures – le viaduc ferroviaire du CN dans les années 30 et l’autoroute Bonaventure dans les années 60 – viendra toutefois scinder le faubourg historique et déstructurer son réseau de rues et de lieux publics. Aujourd’hui, malgré la proximité du centre-ville et la revitalisation du faubourg des Récollets, ces infrastructures routières et ferroviaires contribuent largement à l’enclavement du secteur. De même, le nombre limité d’axes de circulation franchissant le canal de Lachine et d’axes routiers est-ouest restreint les liens qu’entretient le secteur avec le reste de l’arrondissement. Par ailleurs, l’état actuel de l’aménagement du domaine public communique une perception négative du secteur et contribue aussi à son isolement. Dans le secteur Peel-Wellington, les interventions visant à retisser les liens avec les secteurs limitrophes doivent donc confirmer le rôle-clé du secteur comme charnière entre l’arrondissement du Sud-Ouest, le centre-ville et le Vieux-Montréal et assurer son arrimage avec d’autres projets majeurs tels le réaménagement de l’autoroute Bonaventure en boulevard urbain, le redéveloppement du 1500 rue Ottawa et la consolidation du campus de l’ÉTS.


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Ces interventions doivent s’articuler sur les principes suivants : • Confirmer le rôle stratégique de la rue Peel comme artère structurante du secteur et, à plus grande échelle, comme lien entre le mont Royal et le canal de Lachine, notamment par la qualité de l’aménagement du domaine public et de l’architecture des constructions riveraines. Cet axe stratégique doit également assurer la desserte du secteur par un tramway s’inscrivant dans un tracé reliant le Vieux-Montréal au centre-ville; • Confirmer le rôle stratégique et historique de la rue Wellington comme porte d’entrée au secteur et à l’ensemble du centre-ville sur le parcours du pont Victoria, par la qualité de l’aménagement du domaine public, de l’architecture des constructions riveraines; • Atténuer la barrière physique imposée par le viaduc ferroviaire du CN, notamment en mettant en valeur les qualités architecturales de l’ouvrage d’art et en assurant l’implantation d’activités génératrices d’animation à ses abords; • Assurer l’arrimage du réaménagement du secteur aux interventions proposées dans le cadre du projet de réaménagement de l’autoroute Bonaventure de la Société du Havre; • Valoriser les déplacements piétonniers entre le secteur Peel-Wellington et les secteurs limitrophes en assurant la qualité de l’aménagement du domaine public de l’ensemble des rues donnant accès au secteur; • Mettre en valeur les axes visuels vers le centre-ville, le canal de Lachine et les autres éléments d’intérêt du secteur; • Mettre en valeur les grandes perspectives et les vues encadrées d’intérêt reliant le mont Royal et le canal de Lachine.


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Améliorer les conditions d’accessibilité et les déplacements internes du secteur

3.5

Le secteur Peel-Wellington est traversé par une grande variété d’axes de circulation. L’autoroute Bonaventure constitue un axe majeur assurant son raccordement au réseau régional d’autoroutes et au pont Champlain; il s’inscrit aussi directement sur le parcours d’accès reliant le pont Victoria au centreville. Le secteur est également sillonné par un réseau d’artères, de voies collectrices et de voies locales qui supporte les déplacements locaux, mais également d’importants mouvements pendulaires en période de pointe. Le secteur Peel-Wellington constitue donc une importante porte d’entrée au centre-ville pour les automobilistes en provenance de la Rive-Sud. Cette situation engendre déjà d’importants problèmes de congestion en période de pointe (niveaux de service critiques aux intersections et files d’attente). Avec l’intensification des activités dans le secteur et la nouvelle demande en circulation qui en résultera, cette problématique est appelée à constituer un irritant majeur tant pour les déplacements en provenance ou à destination du secteur que pour les déplacements internes et la qualité de vie en son sein même. La desserte actuelle du secteur en transport collectif présente également des déficiences importantes, malgré sa localisation à proximité immédiate du pôle d’emplois le plus dense de la région métropolitaine de Montréal. Les quatre stations de métro qui pourraient potentiellement le desservir se trouvent à plus de 15 minutes de marche et certains des parcours piétonniers vers ces stations se trouvent entravés par les voies d’accès à l’autoroute Ville-Marie. Les interventions sur le réseau routier et l’aménagement du domaine public devront contribuer à améliorer les conditions d’accessibilité et les déplacements internes, tant pour les résidants et les usagers (piétons, cyclistes, automobilistes et camions desservant ses activités), que pour la circulation de transit empruntant le secteur.


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S’inscrivant résolument dans une approche de développement urbain durable, les principes suivants devront être mis de l’avant dans le cadre de ces interventions : • Créer un milieu de vie d’avant-garde desservi et conçu en fonction d’un mode de transport collectif performant (tramway) tel que planifié par le Plan de transport de Montréal; • Évaluer avec les partenaires concernés la pertinence d’implanter une gare intermodale desservant le secteur; • Améliorer la desserte actuelle du secteur en transport collectif avec les partenaires concernés, de manière à renforcer les liens entre l’arrondissement du Sud-Ouest, le centre-ville et le Vieux-Montréal; • Réaliser un plan de gestion des déplacements visant à diminuer la dépendance à l’automobile individuelle, à maximiser la contribution des modes de transport alternatifs et à optimiser les conditions de circulation dans le secteur; • Assurer le maintien et la création de places de stationnement sur rue réservées aux résidants actuels et futurs du secteur; • Établir des modalités d’encadrement de l’offre en stationnement visant à limiter le nombre de places de stationnement desservant les activités du secteur; • Planifier la gestion de la circulation générée par la mise en valeur du secteur (camionnage, livraison, achalandage commercial) et la localisation des accès véhiculaires afin d’en minimiser les impacts sur la fluidité et la sécurité des déplacements;


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• Assurer l’adaptation du réseau routier à la nouvelle vocation du secteur et la conciliation des problématiques actuelles de circulation; • Aménager le domaine public de manière à assurer le confort et la convivialité des déplacements des piétons et des cyclistes; • Implanter des mesures visant à assurer la sécurité des piétons et des cyclistes de même que l’apaisement de la circulation automobile dans le secteur (aménagement du domaine public, traverses piétonnes, signalisation, etc.); • Assurer le raccordement du secteur au réseau cyclable montréalais, notamment en établissant un lien avec le canal de Lachine et le centre-ville dans l’axe de la rue Peel.


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Assurer l’exemplarité de la mise en valeur du secteur en matière de développement durable

3.6

Tel que proposé par les orientations précédentes du PPU, la création d’un milieu de vie urbain dans un secteur à revitaliser, offrant une densité accrue, une large gamme d’activités complémentaires et conçu en fonction d’une desserte par un mode de transport collectif performant (tramway), s’inscrit déjà dans une démarche de développement durable. L’atteinte d’une qualité exemplaire en matière de développement durable doit également être une préoccupation se traduisant à toutes les étapes des interventions publiques et privées visant la mise en valeur du secteur Peel-Wellington (planification, préparation de site, construction, gestion et entretien subséquent). Une mise en valeur du secteur recherchant l’exemplarité et l’innovation en matière de développement durable doit notamment s’appuyer sur les principes suivants : • Assurer une saine gestion des sols contaminés et favoriser la réutilisation et le recyclage des matériaux de démolition; • Privilégier l’utilisation de matériaux durables, de fabrication locale et présentant dans la mesure du possible une certification environnementale; • Réduire les effets d’îlots de chaleur en maximisant le verdissement du domaine public et des espaces extérieurs privés et en favorisant l’aménagement de superficies importantes de toits-terrasses et de toitures vertes sur les bâtiments; • Encourager l’atteinte de certifications environnementales par les projets de développement immobilier prévus dans le secteur (certification LEED par exemple); • Favoriser l’application de mesures visant à assurer la performance écologique et énergétique des systèmes d’exploitation des bâtiments et de gestion du domaine public (système de chauffage, de climatisation et de ventilation, infrastructures souterraines, éclairage public, etc.); • Maximiser la contribution de la lumière naturelle et de l’ensoleillement dans la planification urbaine du secteur et dans la conception architecturale des bâtiments; • Assurer une gestion des eaux de pluie favorisant leur réemploi – notamment pour l’irrigation des espaces verts – et la réduction des impacts sur le réseau municipal; • Prévoir des mesures visant à prévenir et atténuer le bruit dans la planification urbaine du secteur et dans la conception architecturale des bâtiments; • Assurer l’intégration de mesures performantes de recyclage et de récupération des matières résiduelles dans la conception et la gestion des bâtiments du secteur.


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Interventions relatives au domaine public planifiées dans le cadre du PPU

4

Le programme particulier d’urbanisme encourage un développement mixte du secteur Peel-Wellington, dont la composante résidentielle est prédominante. L’implantation de nouvelles activités commerciales concentrées sur les axes structurants du secteur et la création d’un réseau de places publiques et de parcs assureront une accessibilité à différents services et équipements qui combleront les besoins de la nouvelle population résidante et des usagers actuels et futurs du secteur. De même, l’implantation d’activités culturelles et touristiques dans le secteur assurera son animation et contribuera à son rayonnement. Ces interventions sont particulièrement motivées par la mise en œuvre du projet Griffintown et s’inscrivent dans le cadre des orientations énoncées précédemment. La réalisation du projet Griffintown sur le domaine privé est encadrée par les orientations présentées précédemment et par les paramètres du Plan d’urbanisme et de la réglementation d’urbanisme d’arrondissement qui seront modifiés pour assurer leur conformité au présent PPU. La mise en œuvre du projet Griffintown requiert également un ensemble d’interventions relatives au domaine public. Ainsi, la réorganisation du réseau routier, le réaménagement du domaine public, la création d’un réseau de places publiques et de parcs et, le cas échéant, la réfection du réseau d’infrastructures sont rendus nécessaires pour permettre la réalisation de ce projet. Les plans et les illustrations contenus dans la présente section sont présentés à titre indicatif. Le concept d’aménagement et les constructions qui seront réalisés pourront différer de ces plans dans la mesure où ils sont conformes au contenu du présent PPU.


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Figure 3: La réorganisation du réseau routier

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La figure 3 illustre les interventions nécessaires à la réalisation du projet Griffintown. Les interventions requises sur chacune des rues du secteur Peel-Wellington sont également détaillées à titre indicatif par des vues en plans et coupes à l’annexe A du PPU.

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4.1

L’implantation de nouvelles activités dans le secteur nécessite une réorganisation du réseau routier afin de répondre aux besoins fonctionnels du projet Griffintown et d’améliorer les conditions de circulation et d’accessibilité du secteur Peel-Wellington. Cette réorganisation se traduit notamment par la reconfiguration et la fermeture de certaines rues, l’aménagement de nouvelles voies de circulation ou par le réaménagement du domaine public dans les emprises de rue existantes.

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Rue Peel

La rue Peel, qui relie le mont Royal au canal de Lachine et au Vieux-Montréal, constitue l’artère structurante et la porte d’entrée du secteur. Principal lieu d’échange entre les fonctions commerciales, résidentielles et les déplacements de transit, cette rue présente une géométrie et un aménagement devant également permettre l’implantation du tramway et d’un lien cyclable reliant le centre-ville au canal de Lachine. Le tronçon de la rue Peel compris entre la rue Wellington et le bassin Peel constitue l’emplacement privilégié pour l’implantation d’une station du réseau de tramway permettant une desserte optimale des diverses composantes du projet Griffintown, en plus d’offrir un potentiel d’échanges intermodaux avec d’autres réseaux de transport existants ou projetés traversant le secteur (taxis, trains de banlieue, autobus). Au besoin, l’emprise de la rue Peel pourrait être élargie dans ce tronçon afin d’assurer les aménagements requis par la station. L’encadrement de la rue conféré par l’architecture des bâtiments, les hauteurs de construction et la largeur de l’emprise de la rue Peel confirment son statut d’artère principale du secteur. La continuité des vitrines commerciales au rez-de-chaussée, le traitement particulier des enseignes commerciales et le va-et-vient généré par le passage du tramway ou d’un autre mode de transport collectif performant, contribuent à l’animation de la rue. De même, la générosité des espaces dédiés aux piétons, le couvert végétal abondant et l’aménagement soigné du domaine public font de cet axe un lieu vivant, agréable et sécuritaire. Par ailleurs, la rue Peel constitue la principale voie d’accès vers le bassin Peel à partir du centre-ville. Son aménagement, à la jonction de la rue de la Commune, doit donc souligner formellement la porte d’entrée vers le bassin Peel et faciliter les déplacements vers ce lieu charnière entre le canal de Lachine et le Vieux-Port, tout en minimisant l’effet de barrière créé par le viaduc ferroviaire. Rue de la Commune

La rue de la Commune, en front du bassin Peel, forme un lieu charnière entre le Vieux-Port, le VieuxMontréal et le secteur Peel-Wellington. Ce lieu stratégique doit donc supporter les activités touristiques, culturelles et récréatives implantées à ses abords. L’encadrement des bâtiments sur la rue de la Commune souligne le prestige de ce lieu unique et participe à la mise en valeur du bassin Peel et des icônes du paysage industriel environnant. Ainsi, la rue de la Commune doit être réaménagée pour assumer un rôle de promenade touristique, offrant un contact privilégié avec le canal de Lachine et des vues uniques sur le centre-ville. Son emprise pourrait aussi être élargie afin de supporter le passage du tramway.


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Rue Wellington

La rue Wellington occupe une place importante dans le secteur Peel-Wellington, qu’elle relie au VieuxMontréal et à l’arrondissement du Sud-Ouest. Malgré son statut d’axe de transit, la rue Wellington demeure une porte d’entrée importante vers le centre-ville de Montréal. L’image qu’elle doit projeter avec ses plantations, ses trottoirs larges et le gabarit des bâtiments qui l’encadrent doit renforcer cette fonction. Les diverses composantes commerciales et résidentielles du projet Griffintown s’articulent également le long de cet axe. À cet égard, l’emprise et l’aménagement actuels de la rue Wellington doivent être révisés pour en faire un lieu convivial et sécuritaire où pourront harmonieusement cohabiter la circulation de transit, les accès véhiculaires aux stationnements souterrains, les déplacements piétonniers et l’animation commerciale générée par le projet. Le secteur de la tête du pont Wellington (carrefour Wellington-de la Montagne) doit également être réaménagé pour assurer la sécurité des déplacements piétonniers générés par le projet Griffintown.

Rue de la Montagne

La rue de la Montagne relie formellement le mont Royal au canal de Lachine, en passant par le centreville. Dans le secteur Peel-Wellington, la rue de la Montagne présente actuellement un caractère résidentiel respectant sa vocation historique. Son cachet particulier et sa qualité d’ensemble, conférés par un ensemble de maisons victoriennes d’intérêt patrimonial et le parc du Faubourg Sainte-Anne, font de la rue de la Montagne un élément repère dans le paysage du secteur Peel-Wellington. Son réaménagement doit contribuer à renforcer la relation entre l’alignement de maisons victoriennes, les nouvelles constructions prévues par le projet Griffintown et le parc, afin de formaliser un véritable noyau résidentiel et de préserver ce trait de caractère unique du quartier.


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Rue Ottawa

La rue Ottawa constitue un axe de transit local reliant le secteur Peel-Wellington au Vieux-Montréal et au reste de Griffintown. Traditionnellement occupée par les fonctions communautaires de Griffintown, son importance historique est perceptible à travers les bâtiments d’intérêt qui y sont toujours en place. La rue Ottawa forme la limite nord du projet Griffintown. Une attention particulière doit donc être portée à l’aménagement des carrefours nord-sud qui la ponctuent afin de favoriser les déplacements piétonniers et marquer la transition entre le secteur et la portion nord de Griffintown. Son réaménagement doit permettre de concilier la desserte des nouvelles activités du projet, sa vocation actuelle d’axe de transit local et son caractère historique pour former une rue de quartier alliant harmonieusement ces différentes fonctions. L’emprise de la rue Ottawa doit également être élargie afin de faciliter les accès véhiculaires aux aires souterraines de stationnement et de livraison du projet Griffintown. Rue Ann

La rue Ann doit être réaménagée pour former une rue d’ambiance où se côtoient diverses activités prévues par le projet Griffintown : habitation, boutiques sur rue, services et place publique. Son réaménagement doit par ailleurs refléter l’ambiance pittoresque que lui confère la mise en valeur du complexe industriel de la New City Gas Co., bâtiment d’intérêt patrimonial identifié par le Plan d’urbanisme, et son recyclage à des fins commerciales.


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Rue Murray

La rue Murray représente la seule rue à caractère résidentiel à l’est de la rue de la Montagne. Son réaménagement et son élargissement doivent faciliter la cohabitation des activités résidentielles et commerciales prévues par le projet Griffintown et contribuer à l’établissement d’un environnement urbain agréable et sécuritaire pour les futurs résidants. Au sud de la rue Wellington, la rue Murray est intégrée à l’aménagement d’un nouvel espace public de grande envergure assurant un nouvel accès au canal de Lachine et au bassin Peel dans l’axe de la rue de la Montagne. Le respect de l’emprise de cette portion de la rue Murray par l’implantation des nouveaux bâtiments maximise le dégagement offert par le nouvel espace public. Rue Dalhousie

À l’instar de la rue Ann, la rue Dalhousie est réaménagée de manière à contribuer à la mise en valeur du complexe industriel de la New City Gas Co., de même qu’à la mise en valeur de l’ouvrage d’art d’intérêt que représente le viaduc ferroviaire du CN. Rue du Shannon

Au sud de la rue Wellington, l’emprise de la rue du Shannon est réaménagée de manière à s’inscrire dans le parcours piétonnier formé par la nouvelle rue d’ambiance, la rue Smith et le nouvel espace public donnant accès au canal de Lachine et au bassin Peel dans l’axe de la rue de la Montagne. Rue Smith

La rue Smith constitue actuellement une voie de circulation secondaire laissée pour compte en arrièrelot des bâtiments ayant front sur la rue Wellington. Son importance historique à titre de premier tracé de la rue Wellington, son caractère singulier en bordure du viaduc ferroviaire du CN et la perspective sur le canal de Lachine offerte à son extrémité ouest en font toutefois un lieu unique dans le secteur Peel-Wellington. Le réaménagement de la rue Smith vise donc à tirer profit de ces caractéristiques particulières, à supporter l’implantation d’activités génératrices d’animation et à l’inscrire formellement dans le parcours piétonnier formé par la nouvelle rue d’ambiance et le nouvel espace public dans l’axe de la rue de la Montagne.


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Nouvelle rue d’ambiance

Le tracé de la nouvelle rue d’ambiance est rendu nécessaire par le projet Griffintown pour permettre l’implantation de nouvelles activités au sud de l’actuelle rue Wellington. Par conséquent, un nouveau milieu de vie peut s’étendre dans cette partie plus enclavée du secteur Peel-Wellington. Cette nouvelle rue est caractérisée par une ambiance commerciale unique reposant sur une présence continue de boutiques, de restaurants et de terrasses sur rue, surmontés aux étages supérieurs de bâtiments résidentiels. Son gabarit et son encadrement ajusté en font une rue singulière, en continuité avec le caractère de la rue Ann. La nouvelle rue relie plusieurs places publiques et forme un axe structurant pour les déplacements piétonniers qui permet des points de contact privilégiés avec le canal de Lachine. Rue Brennan

Le réaménagement de la rue Brennan contribuer à la mise en valeur de l’entrepôt Crathern & Caverhill, bâtiment d’intérêt patrimonial identifié par le Plan d’urbanisme. De même, la rue Brennan, actuellement isolée entre le viaduc ferroviaire du CN et la structure de l’autoroute Bonaventure, doit desservir les nouvelles activités culturelles et touristiques prévues par le projet Griffintown aux abords du bassin Peel et faciliter l’implantation du tramway desservant le secteur. Son réaménagement doit donc répondre aux besoins de ces différentes fonctions et contribuer à l’établissement d’un lieu convivial et sécuritaire mettant également en valeur les qualités architecturales du viaduc ferroviaire. L’emprise de la rue Brennan doit donc être élargie afin d’assurer l’aménagement d’un trottoir pouvant supporter l’achalandage piétonnier généré par la salle de spectacles prévue par le projet Griffintown sur le côté sud de la rue.


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Rues Basin et Rioux

Le gabarit, l’échelle et l’aménagement des rues Basin et Rioux doivent contribuer à renforcer la cohérence d’ensemble de la périphérie du parc du Faubourg Sainte-Anne. Leur réaménagement doit concilier le caractère historique existant et l’introduction de bâtiments résidentiels contemporains prévus par le projet Griffintown, en plus de répondre au nouvel achalandage piétonnier. Considérant l’augmentation de la densité d’occupation de ce secteur générée par le projet Griffintown, l’extrémité est de la rue Basin doit également faire l’objet d’un réaménagement visant à canaliser la circulation provenant de la rue du Square Gallery et à atténuer l’engorgement potentiel du carrefour des rues Wellington, de la Montagne, Basin et du Square Gallery. La rue Basin doit également contribuer au désenclavement vers l’ouest de cette portion du secteur Peel-Wellington. Rue du Séminaire

La rue du Séminaire forme une rue résidentielle à caractère local dont l’aménagement répond aux besoins des nouveaux résidants du projet Griffintown. Le réaménagement du côté est de la rue du Séminaire doit également considérer un éventuel redéveloppement du 1500 rue Ottawa. Rue Olier

L’emprise de la rue Olier est retirée du domaine public pour être intégrée au développement immobilier prévu par le projet Griffintown. Le tracé de cette rue doit toutefois être rappelé dans l’aménagement des espaces extérieurs du projet pour assurer un lien piétonnier et cyclable entre la rue du Square Gallery et la rue du Séminaire.


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Rue du Square Gallery

La rue du Square Gallery est réaménagée afin de supporter les activités résidentielles et commerciales prévues par le projet Griffintown. Offrant déjà un lien visuel intéressant entre les abords du canal de Lachine et le parc du Faubourg Sainte-Anne, la rue doit être réaménagée dans son emprise actuelle afin d’améliorer l’interface entre le développement immobilier et le pont Wellington. Considérant l’augmentation de la densité d’occupation de ce secteur générée par le projet Griffintown, l’extrémité nord de la rue doit également faire l’objet d’un réaménagement visant à canaliser la circulation sur la rue Basin pour atténuer l’engorgement potentiel du carrefour des rues Wellington, de la Montagne, Basin et du Square Gallery. Nouvelle rue bordant le canal de Lachine

Afin de desservir les activités commerciales et résidentielles du projet Griffintown et d’assurer la mise en valeur du canal de Lachine et le maintien du caractère public de ses abords, une nouvelle rue publique est aménagée au nord de l’emprise du parc linéaire du Canal de Lachine, entre les rues du Square Gallery et du Séminaire. Présentant un gabarit de voie locale, cette rue doit également être aménagée pour supporter l’animation commerciale du rez-de-chaussée des bâtiments préconisée par le projet (terrasses extérieures) et assurer une transition harmonieuse avec les aménagements du parc linéaire du Canal de Lachine.


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Mise en place d’un réseau de places publiques et de parcs

4.2

La création d’un réseau de places publiques et de parcs vise principalement l’amélioration du cadre de vie des résidants et usagers actuels et futurs du secteur Peel-Wellington. Ce réseau de nouveaux lieux publics doit également renforcer les points de contact entre le quartier et le canal de Lachine. L’augmentation du nombre de « fenêtres » sur le canal et de liens publics y donnant accès favorise la découverte du secteur par les piétons et participe à l’interprétation des nombreux repères historiques présents dans le secteur et ses environs. De même, l’articulation du réseau le long du canal contribue à générer une plus grande valeur ajoutée aux terrains riverains. Par ailleurs, le déploiement du réseau de places publiques et de parcs permet de structurer les différents pôles d’activités prévus par le projet Griffintown en créant des lieux publics liant les nouvelles fonctions commerciales et résidentielles implantées dans le secteur. Selon leur statut et leur localisation, ces nouveaux espaces sont conçus et aménagés pour répondre aux besoins des diverses clientèles qu’ils desservent: résidants, familles avec enfants, travailleurs, consommateurs et touristes. Ainsi, les plantations, les matériaux de revêtement de sol, les éléments de mobilier et les équipements qui y seront installés varieront d’un espace à l’autre, mais dans un souci de cohérence d’ensemble. Considérant l’offre actuelle en espaces verts dans le secteur, une attention particulière sera portée au verdissement des espaces publics. Dans le même esprit, l’aménagement d’importantes superficies de toits terrasses accessibles aux résidants est également prévu sur les nouveaux bâtiments, contribuant ainsi au verdissement global du secteur Peel-Wellington.


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La figure 4 illustre à titre indicatif le réseau de places publiques et de parcs proposé par le PPU. La localisation et la programmation définitive des espaces publics composant ce réseau pourront être bonifiées dans le cadre d’études complémentaires. La configuration définitive du réseau de places publiques et de parcs devra toutefois prévoir de nouveaux espaces relevant du domaine public de la Ville de Montréal dont la superficie totale correspond minimalement à 10% de la superficie des terrains compris dans le projet Griffintown, excluant les superficies existantes du parc du Faubourg-Sainte-Anne et des propriétés de Parcs Canada. L’arrondissement du Sud-Ouest pourra également zoner à des fins de parcs et d’espaces verts les composantes de ce réseau jugées pertinentes.

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Figure 4: Les parcs et places publiques

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Réaménagement du domaine public

4.3

La création d’un nouveau milieu de vie et d’un nouveau pôle d’activités commerciales et récréotouristiques générée par le projet Griffintown requiert une révision importante de l’aménagement du domaine public dans le secteur Peel-Wellington. Dans l’esprit des orientations du Plan d’urbanisme et d’un développement urbain durable, les réaménagements prévus devront valoriser les déplacements piétonniers en respectant les principes de base d’aménagement du domaine public qui y sont énoncés, notamment pour les secteurs à fort achalandage piétonnier. Les réaménagements devront également contribuer à rehausser la qualité actuelle du domaine public, être conçus en fonction des normes et de critères de conception contemporains et refléter le savoir-faire acquis dans le cadre des interventions récentes menées par la Ville. Les réaménagements devront également privilégier l’utilisation de matériaux durables et une exécution de grande qualité, l’enfouissement des réseaux de distribution aériens, l’installation de mobilier urbain distinctif et des plantations généreuses, adaptées aux conditions d’ensoleillement du secteur et répondant aux objectifs de biodiversité de l’arrondissement du Sud-Ouest. Enfin, les interventions sur le domaine public devront faire ressortir le caractère particulier de Griffintown hérité de son passé industriel. Ainsi, l’aménagement des rues, des places publiques et des parcs devra contribuer à mettre en valeur le patrimoine, répondre aux exigences contemporaines des activités générées par le projet Griffintown et conférer au secteur un caractère unique qui pourra éventuellement s’étendre à l’ensemble de Griffintown.


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Interventions sur les réseaux d’infrastructures

4.4

Une analyse détaillée de l’état actuel de l’ensemble des infrastructures de même que des nouveaux besoins générés par le projet Griffintown permettra de préciser l’envergure des interventions requises par le projet sur les réseaux d’infrastructures souterraines et de surface desservant le secteur PeelWellington. Les réaménagements routiers requis pour répondre aux besoins du projet représentent également une occasion unique de procéder à la révision de ces infrastructures lorsque nécessaire. Des études sont en cours afin de préciser l’état actuel et la capacité des infrastructures existantes, leur adéquation eu égard aux nouvelles normes en vigueur et leur capacité à répondre à la nouvelle demande générée par le projet. La nature et l’envergure des interventions requises pourront ultérieurement être précisées dans le cadre d’une entente de développement entre le promoteur du projet et la Ville de Montréal.


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Implantation d’une ligne de tramway

4.5

Le Plan de transport de Montréal exprime un engagement très fort de la Ville sur les enjeux majeurs que sont le développement des transports actifs et collectifs, la diminution de la place de l’automobile et la sécurité des déplacements. À cet égard, le Plan de transport identifie 21 chantiers que la Ville entend réaliser simultanément au cours de la prochaine décennie. En tête de liste de ces chantiers figure l’implantation d’un réseau de tramways au Centre de l’agglomération. La première ligne de ce réseau emprunterait notamment les axes Berri, de la Commune et Peel pour former une boucle dans le centre-ville. Elle servirait aux déplacements intra centre-ville en connectant ses pôles d’intérêt institutionnels, commerciaux, culturels et touristiques. Cette ligne est également perçue comme un catalyseur pour le développement immobilier de plusieurs secteurs du centre-ville, dont Griffintown. Le Plan de transport prévoit également la mise sur pied d’un comité directeur devant prendre en charge la réalisation de ce réseau initial pour assurer sa mise en service le plus rapidement possible. Ce comité directeur doit préciser les caractéristiques techniques requises pour assurer la desserte du secteur PeelWellington et du projet Griffintown, notamment dans l’axe de la rue Peel et sur les rues susceptibles d’accueillir le corridor du tramway depuis le Vieux-Montréal. Les réaménagements du réseau routier proposés au point 4.1 doivent tenir compte de ces caractéristiques. Toutefois, dans la mesure où la planification et la mise en service du réseau de tramways constitue une opération d’envergure dont l’échéancier est indépendant de la réalisation du projet Griffintown, il s’avère souhaitable qu’un mode de transport collectif alternatif soit planifié et implanté afin d’assurer une desserte performante du secteur Peel-Wellington d’ici la mise en service du tramway dans l’axe de la rue Peel.


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Mise en œuvre du programme particulier d’urbanisme

La mise en œuvre du programme particulier d’urbanisme du secteur Peel-Wellington et l’encadrement du projet Griffintown nécessitent un ensemble d’interventions telles que la modification de certains paramètres du Plan d’urbanisme et la révision des paramètres réglementaires en vigueur dans l’arrondissement du Sud-Ouest, de même que l’élaboration de nouveaux outils réglementaires tel qu’un règlement sur les plans d’implantation et d’intégration architecturale (PIIA).

5

D’autres interventions visant plus spécifiquement certains objets visés par un encadrement municipal, tels que les bâtiments d’intérêt patrimonial et les immeubles à acquérir par la Ville dans le cadre du PPU, sont également présentées dans cette section.


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Les catégories d’usages autorisées dans les limites du territoire d’application du PPU en vertu de ces catégories d’affectation seront précisées dans la réglementation d’urbanisme de l’arrondissement (voir Modifications réglementaires et figure 8).

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Figure 5: L’affectation du sol

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Secteur résidentiel Secteur mixte Grand espace vert ou parc riverain Grande emprise de transport Secteur Peel-Wellington

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Programme particulier d’urbanisme du secteur Peel-Wellington

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5.1

Affectation du sol L’ affectation du sol requise pour assurer la mise en œuvre des orientations du PPU et du projet Griffintown est illustrée à la figure 5. Ces catégories d’affectation traduisent la nature générale des milieux, favorisent la mixité et regroupent une variété d’activités pouvant avoir cours au sein d’une même aire d’affectation, moyennant des règles de complémentarité ou de compatibilité que précise la réglementation d’urbanisme adoptée par l’arrondissement. La définition des catégories d’affectation du sol est présentée à l’annexe B du PPU.

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Paramètres réglementaires

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100 m


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Densité de construction et taux d’implantation Les paramètres de densité de construction et les taux d’implantation au sol requis pour assurer la mise en œuvre des orientations du PPU et du projet Griffintown sont illustrés à la figure 6. La densité de construction est exprimée par le cœfficient d’occupation du sol (COS) qui correspond au rapport entre la superficie de plancher totale d’un bâtiment et l’aire du terrain sur lequel il est érigé. Le taux d’implantation au sol exprime quant à lui le rapport entre la superficie occupée sur le sol par un bâtiment et la superficie du terrain sur lequel ce bâtiment est construit.

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Figure 6: La densité de construction et les taux d’implantation

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C.O.S. minimal : 3,0 C.O.S. maximal : 7,5 Taux d’implantation : 35-100 %

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C.O.S. minimal : 4,5 C.O.S. maximal : 9,0 Taux d’implantation : 35-100 %

Rue Ann

Rue Eleanor

C.O.S. minimal : 3,0 C.O.S. maximal : 9,0 Taux d’implantation : 35-100 %

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Rue Riou x

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Les paramètres illustrés à la figure 6 devront être transcrits intégralement dans la réglementation d’urbanisme de l’arrondissement.

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Hauteurs de construction La figure 7 illustre les hauteurs de construction requises pour assurer la mise en œuvre des orientations du PPU et du projet Griffintown.

Hauteur sur rue : Min. : 9 m Max. : 25 m Surhauteur : 60 m

Hauteur sur rue : Min. : 9 m Max. : 25 m

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Hauteur sur rue : Min. : 9 m Max. : 25 m Surhauteur : 70 m

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Figure 7: Les hauteurs de construction

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Hauteur sur rue : Min. : 14 m Max. : 25 m Surhauteur : 80 m

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Hauteur sur rue : Min. : 14 m Max. : 25 m

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Hauteur sur rue : Min. : 9 m Max. : 25 m Surhauteur : 44 m

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Hauteur sur rue : Min. : 9 m Max. : 25 m Surhauteur : 44 m

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Ces hauteurs devront être transcrites intégralement dans la réglementation d’urbanisme de l’arrondissement.

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Modifications réglementaires La mise en œuvre du programme particulier d’urbanisme du secteur Peel-Wellington nécessite la modification de certains paramètres réglementaires de l’arrondissement du Sud-Ouest. Densité

La réglementation d’urbanisme de l’arrondissement devra transcrire intégralement dans le territoire d’application du PPU les densités et taux d’implantation illustrés à la figure 6 du présent document. Hauteur

La réglementation d’urbanisme de l’arrondissement devra transcrire intégralement dans le territoire d’application du PPU les hauteurs minimales et maximales illustrées à la figure 7 du présent document. L’encadrement des constructions atteignant les surhauteurs prévues devra être assujetti à un règlement sur les plans d’implantation et d’intégration architecturale (PIIA) spécifique au secteur Peel-Wellington précisant les critères de performance architecturale applicables, incluant la prise en compte des impacts microclimatiques et sur l’ensoleillement du domaine public et des bâtiments à vocation résidentielle.


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Usages

La réglementation d’urbanisme de l’arrondissement devra permettre les catégories d’usages suivantes, tel qu’illustré à la figure 8:

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Figure 8: Les catégories d’usage

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• dans l’aire d’affectation du sol Secteur Mixte située à l’est des rues Murray et Wellington, la catégorie d’usages autorisant les commerces et services en secteur de forte intensité commerciale à tous les étages des bâtiments (C.5C), la catégorie d’usages industriels en secteur désigné Centre- ville (I.3(1)), les usages résidentiels sans limite quant au nombre de logements par bâtiment et les équipements collectifs et services de proximité. Les établissements exploitant l’érotisme et les salles d’amusement ne sont toutefois pas autorisés dans le secteur; • dans l’aire d’affectation du sol Secteur mixte située à l’ouest de la rue Wellington et en bordure du canal de Lachine, la catégorie d’usages autorisant les commerces et services en secteur de moyenne intensité commerciale au rez-de-chaussée et les bureaux au niveau immédiatement supérieur au rez-de-chaussée (C.4B), les usages résidentiels sans limite quant au nombre de logements par bâtiments et les équipements collectifs et services de proximité;

50

100 m


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• dans l’aire d’affectation du sol Secteur résidentiel, les usages résidentiels sans limite quant au nombre de logements par bâtiments. La vocation de l’actuel parc du Faubourg-Sainte-Anne est également confirmée par la catégorie d’usage E.1(1); • dans l’aire d’affectation Grand espace vert ou parc riverain bordant le canal de Lachine, la catégorie d’usage E.1(1) tel que prévalant actuellement; • dans l’aire d’affectation Grand espace vert ou parc riverain bordant le bassin Peel, la catégorie d’usage E.3(2) tel que prévalant actuellement. Stationnement

La réglementation d’urbanisme de l’arrondissement du Sud-Ouest devra prévoir pour l’ensemble du territoire d’application du PPU : • que le nombre d’unités de stationnement desservant les usages non résidentiels autorisés dans le secteur s’élève à un maximum de 4000, sans égard au nombre maximal d’unités pouvant être autorisées par usage; • que le nombre maximal d’unités de stationnement autorisé pour un usage résidentiel soit réduit pour passer de 1,5 unité par logement à 1 unité par logement; • qu’aucun nombre minimal d’unités de stationnement ne soit exigé pour l’ensemble des usages autorisés dans le secteur; • que toutes les unités de stationnement devront être aménagées en souterrain à l’intérieur des bâtiments; • que les cases de stationnement desservant un bâtiment pourront être aménagées sur un terrain autre que celui abritant les usages qu’elles desservent dans le territoire d’application du PPU, sans limitation quant au nombre maximal de cases autorisées par terrain et sous réserve de l’établissement de servitudes réelles auxquelles la Ville de Montréal devra être partie. Aires de chargement

La réglementation d’urbanisme de l’arrondissement du Sud-Ouest devra prévoir pour l’ensemble du territoire d’application du PPU que les aires de chargement desservant les usages autorisés devront être aménagées en souterrain ou à l’intérieur des bâtiments selon les usages.


page 42

Autres dispositions

Le secteur d’application du présent PPU est soustrait de l’application des dispositions suivantes contenues dans la réglementation d’urbanisme de l’arrondissement : • dispositions relatives à l’apparence d’un bâtiment (notamment les revêtements et les ouvertures); • dispositions relatives à l’alignement de construction; • dispositions relatives aux marges latérales et arrière; • dispositions relatives aux règles d’insertion; • dispositions relatives aux saillies dans les marges et sur le domaine public. Ces préoccupations seront encadrées par l’application d’un règlement sur les plans d’implantation et d’intégration architecturale (PIIA) spécifique au secteur Peel-Wellington. Démolitions

L’arrondissement du Sud-Ouest prévoit que le Règlement régissant la démolition d’immeubles de l’arrondissement du Sud-Ouest devra être modifié afin de permettre l’émission d’un permis de démolition visant un bâtiment significatif ou un bâtiment situé dans un secteur significatif compris dans le territoire d’application du présent PPU (sauf pour un immeuble comprenant un ou plusieurs logements), sans être assujettie à une étude par le comité de démolition.

Plan d’implantation et d’intégration architecturale (PIIA)

5.2

À la suite de l’adoption du présent PPU, l’arrondissement du Sud-Ouest devra élaborer un règlement sur les plans d’implantation et d’intégration architecturale (PIIA) spécifique au secteur Peel-Wellington. Ce PIIA devra comprendre des critères permettant d’assurer la gestion des dispositions réglementaires présentées précédemment et la prise en compte des grandes préoccupations suivantes: • une production architecturale de grande qualité et le développement d’un vocabulaire architectural approprié au contexte historique du secteur; • l’intégration et la mise en valeur des bâtiments d’intérêt patrimonial et des ouvrages d’art dans les nouveaux aménagements; • l’emploi de matériaux de revêtement adaptés au contexte historique du secteur et aux caractéristiques des bâtiments d’intérêt patrimonial préservés; • l’application de mesures visant à assurer les performances énergétiques et environnementales des bâtiments, de même qu’une intégration architecturale optimale de ces mesures (par exemple l’aménagement de toitures vertes);


page 43

• le contrôle de l’affichage commercial afin d’en limiter les incidences négatives sur le cadre bâti et le paysage de la rue et l’adaptation des modes d’affichage au caractère particulier du secteur issu de son passé industriel; • l’affirmation du caractère unique des abords du canal de Lachine et du bassin Peel par une production architecturale de qualité exceptionnelle adaptée au contexte historique du secteur; • le rôle stratégique de la rue Peel comme artère structurante du secteur et à plus grande échelle, comme lien entre le mont Royal et le canal de Lachine; • le rôle stratégique de la rue Wellington comme porte d’entrée au secteur et à l’ensemble du centre-ville sur le parcours du pont Victoria; • la construction de bâtiments présentant une hauteur sur rue respectant le caractère du secteur issu de son passé industriel; • l’établissement de critères de performance architecturale, incluant la prise en compte des impacts microclimatiques et sur l’ensoleillement du domaine public et des bâtiments à vocation résidentielle, pour encadrer la construction des bâtiments pouvant atteindre les surhauteurs prévues; • la poursuite de la structuration des abords du canal de Lachine par la construction de bâtiments de gabarit approprié pouvant atteindre la hauteur maximale observée dans les constructions existantes en front du canal ; • la construction de bâtiments de gabarit plus important aux abords du bassin Peel tirant profit du dégagement offert et s’intégrant aux repères bâtis de grande hauteur visibles à partir du site, tels le silo no 5 et les bâtiments de l’ancienne minoterie Ogilvy; • une animation continue au niveau de la rue en maximisant les interactions des bâtiments avec la rue, notamment par la multiplication des ouvertures et des accès directs à partir du trottoir, par la présence d’activités génératrices d’animation au rez-de-chaussée et en évitant la présence de murs aveugles au niveau de la rue et des espaces publics; • l’application des mesures de protection appropriées à l’intérêt des vestiges archéologiques du secteur, de même que leur mise en valeur, lorsque pertinente, dans la conception des bâtiments et des aménagements extérieurs.


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Rue Duke

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Dans le cadre de la planification détaillée de Griffintown, une évaluation du cadre bâti de l’ensemble du secteur a été réalisée et a donné lieu à l’identification de 19 bâtiments d’intérêt dans les limites du secteur visé par le projet Griffintown. Ces bâtiments sont identifiés à la figure 9, de même que la nature des interventions prévues pour chacun d’entre eux dans le cadre de la réalisation du projet Griffintown. Des études complémentaires devront être réalisées afin de préciser les modalités de relocalisation des bâtiments visés par ce type d’intervention.

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Figure 9: Le patrimoine bâti

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Intégration in situ Relocalisation Démolition Hors projet Secteur Peel-Wellington

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5.3

Le Plan d’urbanisme identifie dans le secteur Peel-Wellington un ensemble de secteurs d’intérêt patrimonial de valeur exceptionnelle, de même que deux bâtiments d’intérêt patrimonial (New City Gas Co et entrepôt Crathern & Caverhill). Ces composantes doivent faire l’objet de mesures particulières visant leur documentation, leur conservation ou leur mise en valeur avant tout travaux de construction, de rénovation ou de démolition.

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Protection et mise en valeur des bâtiments d’intérêt patrimonial

50

100 m


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Dans le cadre de la planification détaillée de Griffintown, une étude de potentiel archéologique et de planification des interventions a été réalisée afin de préciser la portée des interventions requises lors de la mise en valeur du secteur, tant sur le domaine public que sur les propriétés privées.

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Rue Dalhousie

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Cette étude révèle un potentiel archéologique manifeste présentant six types d’occupation antérieure du secteur : domestique, industrielle, artisanale, commerciale, institutionnelle et portuaire. En plus des sites archéologiques déjà répertoriés à l’Inventaire des sites archéologiques du Québec, la figure 10 illustre les secteurs présentant un potentiel archéologique devant faire l’objet de mesures de protection ou de mitigation : réalisation d’inventaires ou de fouilles archéologiques préalablement à tout travaux d’excavation, conservation in situ et mise en valeur des ressources archéologiques.

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Figure 10: Le patrimoine archéologique

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Inventaire archéologique à réaliser Fouille archéologique à réaliser Conservation in situ et mise en valeur des ressources archéologiques Secteur Peel-Wellington

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5.4

Le Plan d’urbanisme reconnaît l’importance du patrimoine archéologique et confirme la protection dont bénéficient certaines ressources déjà répertoriées à l’Inventaire des sites archéologiques du Québec. Le Plan d’urbanisme signale également l’importance d’appliquer les mesures nécessaires à un examen du potentiel archéologique et le cas échéant, à la protection des vestiges dans tous les secteurs d’intérêt archéologique qui y sont illustrés, dont plusieurs sont localisés dans le secteur Peel-Wellington.

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Prise en compte du potentiel archéologique

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Note : 100 m

Certains des bâtiments illustrés sur cette figure devront également faire l’objet d’études supplémentaires visant à en évaluer le potentiel archéologique.


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Acquisition d’immeubles

5.5

Afin d’assurer la réalisation d’un projet conforme au présent programme particulier d’urbanisme, la Ville de Montréal peut procéder à l’acquisition d’immeubles en vue de leur aliénation ou de leur location à un tiers, tel que prévu à l’article 85 de la Loi sur l’aménagement et l’urbanisme (L.R.Q., c. A-19.1), sous réserve que ce tiers soit déjà propriétaire ou bénéficiaire d’une promesse de vente de terrains représentant les deux tiers de la superficie dont il a besoin pour réaliser le projet.


page 47

Les immeubles visés par le programme particulier de démolition du présent PPU, tels qu’illustrés à la figure 11, sont assujettis au Règlement régissant la démolition d’immeubles de l’arrondissement du SudOuest.

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Le phasage des démolitions prévues par le programme sera encadré par l’entente de développement devant être conclue entre la Ville et le promoteur du projet Griffintown.

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Figure 11: Immeubles visés par le programme de démolition

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Bâtiment à démolir Bâtiment à relocaliser Secteur Peel-Wellington

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5.6

En vertu de l’article 85 de la Loi sur l’aménagement et l’urbanisme (L.R.Q., c. A-19.1), la Ville de Montréal peut prévoir un programme particulier de démolition dans les limites du territoire d’application du PPU.

Rue

Programme particulier de démolition

50

100 m


page 48

Le calendrier de réalisation détaillé, la nomenclature des travaux à réaliser et les composantes du projet Griffintown requises dans chaque phase de réalisation seront précisés dans le cadre d’une entente de développement entre le promoteur et la Ville de Montréal.

Phases

Début

1 2 3 Phase en continu

Printemps 2009 Automne 2009 Printemps 2010 Peut être démarrée concurremment aux autres phases selon le marché

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Figure 12: Phasage global de réalisation

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* Cette phase peut être démarée indépendamment aux autres phases selon le marché.

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Phase Ne s’applique pas Secteur Peel-Wellington

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Programme particulier d’urbanisme du secteur Peel-Wellington

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Tableau 1: Calendrier de réalisation

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5.7

La mise en valeur du secteur Peel-Wellington dans le cadre du projet Griffintown, de même que les interventions relatives au domaine public seront réalisées par phases, tel que présenté à titre indicatif au tableau 1 et à la figure 12.

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Phasage global de réalisation du projet Griffintown et calendrier

0

50

100 m


page 49

Annexes

6

Annexe A: Réorganisation du réseau routier- Plans et coupes Rue Peel au nord de Wellington Rue de la Commune Rue Wellington Rue de la Montagne Rue Ottawa Rue Ann Rue Murray Nouvelle rue d’ambiance Rue Smith Rue Brennan Rue Basin Rue du Shannon Rue Rioux Rue du Séminaire Rue du Square Gallery Nouvelle rue bordant le canal de Lachine Rue Dalhousie

Annexe B: Catégories d’affectation du sol

50 50 51 52 53 54 55 56 57 58 59 60 61 62 63 64 65 66

68


page 50

Annexe A: RĂŠorganisation du rĂŠseau routier Plans et coupes

Rue Peel au nord de Wellington


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Rue de la Commune


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Rue Wellington


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Rue de la Montagne


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Rue Ottawa


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Rue Ann


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Rue Murray


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Nouvelle rue d’ambiance


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Rue Smith


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Rue Brennan


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Rue Basin


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Rue du Shannon


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Rue Rioux


page 63

Rue du SĂŠminaire


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Rue du Square Gallery


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Nouvelle rue bordant le canal de Lachine


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Rue Dalhousie


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Annexe B: Catégories d’affectation du sol #ATÏGORIEETDESCRIPTION 3ECTEURRÏSIDENTIEL

!IRESËVOCATIONPRINCIPALEMENT RÏSIDENTIELLECOMPORTANTAUSSIDES PORTIONSMIXTES NOTAMMENTDES RUESDECOMMERCESETDHABITATION

#OMPOSANTES ,OGEMENTS #OMMERCES ²QUIPEMENTSCOLLECTIFS OUINSTITUTIONNELS

.OTES ,ARÏGLEMENTATIONASSURELEDÏCOUPAGEENZONESDISTINCTES DESSECTEURSESSENTIELLEMENTRÏSIDENTIELS DESSECTEURSË CARACTÒRECOMMERCIALETDESENSEMBLESOCCUPÏSPARDES ÏQUIPEMENTSCOLLECTIFSOUINSTITUTIONNELS %LLEDÏTERMINELESCATÏGORIESDUSAGESSELONLANATUREDES MILIEUXETLECARACTÒREDELARRONDISSEMENT%LLEASSURE PAR LESMODESDEGESTIONDESUSAGES LINSERTIONHARMONIEUSE DESACTIVITÏSNONRÏSIDENTIELLES LESTYPESDUSAGESAUTORISÏS DEPLEINDROIT LESUSAGESCONDITIONNELS LESLIMITESDE SUPERFICIE LOBLIGATIONDECONTINUITÏCOMMERCIALE LE CONTINGENTEMENTDECERTAINSUSAGES ETC $ANSLERESPECTDELACOHÏRENCEDESMILIEUXETENASSURANT UNESAINECOHABITATIONDESUSAGES LARÏGLEMENTATION RECONNAÔTPONCTUELLEMENTCERTAINESOCCUPATIONSËCARACTÒRE INDUSTRIELPRÏSENTESLORSDELADOPTIONDU0LANDURBANISME

3ECTEURMIXTE

!IRESDIVERSIFIÏESCOMPORTANTUNE COMPOSITIONVARIÏEDACTIVITÏSETDE LHABITATION0LUSIEURSDECES SECTEURSRECOUVRENTDESAIRES PRÏSENTANTUNPOTENTIEL DINTENSIFICATIONDUNOMBRE DE LOGEMENTSOUDUNOMBREDEMPLOIS 'RAND ESPACE VERT OU PARC RIVERAIN

!IRES RÏSERVÏES AUX ESPACES VERTS OU NATURELS DENVERGURE MONTRÏALAISE OU SITUÏS EN RIVE AINSI QUAUX GRANDS CIMETIÒRES

'RANDE EMPRISE DE TRANSPORT

!IRES VOUÏES AUX ACTIVITÏS DE TRANSPORT SOIT LES PRINCIPALES INFRASTRUCTURES DE TRANSPORT DES PERSONNES ET DES MARCHANDISES

,OGEMENTS #OMMERCES )MMEUBLESËBUREAUX )MMEUBLESCOMMERCIAUX )MMEUBLESCOMPORTANTDE LINDUSTRIELÏGÒRE ²QUIPEMENTSCOLLECTIFS OUINSTITUTIONNELS

,ARÏGLEMENTATIONDÏFINITLESZONESETDÏTERMINELESUSAGES AUTORISÏSDANSCHACUNESELONLANATURE DESMILIEUX

NOTAMMENTDEMANIÒRE Ë ASSURERLINTERFACEENTRE LES ENSEMBLESËDOMINANCERÏSIDENTIELLEETLESZONES DACTIVITÏSPLUSINTENSIVES

0ARCS MÏTROPOLITAINS ET GRANDS PARCS URBAINS 0ARCS NATURE ,IEUX PUBLICS 2ÏSERVES NATURELLES "ERGES ET ÔLES PUBLIQUES 'RANDS CIMETIÒRES 'OLFS #OMMERCES INSTALLATIONS ET ÏQUIPEMENTS COLLECTIFS ETINSTITUTIONNELS COMPLÏMENTAIRES

,ES BERGES LES ÔLES ET LES SOMMETS DU MONT 2OYAL VISÏS PAR CETTE CATÏGORIE DAFFECTATION DU SOL SONT DES ESPACES DE PROPRIÏTÏ PUBLIQUE PRINCIPALEMENT DES PARCS LOCAUX

,E RÏSEAU ROUTIER RELEVANT DE LA JURIDICTION DES GOUVERNEMENTS SUPÏRIEURS ,ES INFRASTRUCTURES PORTUAIRES FERROVIAIRES ET AÏROPORTUAIRES 5SAGES ET INFRASTRUCTURES COMPLÏMENTAIRES

,A RÏGLEMENTATION ASSURE LE DÏCOUPAGE EN ZONES DISTINCTES DES AIRES VOUÏES AU TRIAGE FERROVIAIRE ET AUX ACTIVITÏS PORTUAIRES ET AÏROPORTUAIRES #ETTE OBLIGATION NE SAPPLIQUE PAS AU RÏSEAU ROUTIER ET AUX CORRIDORS FERROVIAIRES

#ETTE AFFECTATION RECONNAÔT LA PRÏSENCE DENCLAVES RÏSIDENTIELLES EXISTANT SUR LE TERRITOIRE DES PARCS NATURE AU MOMENT DE LADOPTION DU 0LAN DURBANISME

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ISBN: 978-2-7647-0745-6


PROGRAMME PARTICULIER D’URBANISME QUARTIER DES SPECTACLES - SECTEUR PLACE DES ARTS

Arrondissement de Ville-Marie


Table des matières

1. Introduction

1

2. Mise en contexte

2

3. Orientations

6

4. Interventions prévues dans le cadre du PPU

13

5. Projets structurants

14

Place du quartier des spectacles et rue Jeanne-Mance Esplanade Clark Rue Sainte-Catherine Promenade des Festivals et place de l’Adresse symphonique

6. Autres éléments de mise en œuvre Aménagement et animation du domaine public Partenariats Stratégie de développement immobilier Stratégie réglementaire

16 17 18 19

21 21 23 25 26


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1. Introduction Le Plan d’urbanisme adopté en novembre 2004 a identifié 26 secteurs de planification détaillée pour l’ensemble du territoire de Montréal, incluant le Quartier des spectacles. Les secteurs de planification détaillée correspondent à des portions du territoire qui présentent des enjeux majeurs et complexes autour desquels il s’avère pertinent de pousser la réflexion et les études de planification urbaine afin de définir un programme spécifique d’intervention. Le présent PPU présente les projets d’aménagement qui seront mis en œuvre par la Ville au cours des prochaines années. Il identifie les aménagements publics, les ajustements réglementaires et les stratégies qui seront mis de l’avant afin de consolider un secteur névralgique du centre-ville qui regroupe un nombre important de salles de spectacles et où les grands festivals ont pu se développer en utilisant les grandes friches urbaines présentes autour de la Place des Arts. La réalisation de ce projet urbain, soutenue par l’arrondissement, la Ville, les gouvernements, les organismes de concertation, les milieux d’affaires, les intervenants culturels et les riverains, permettra à Montréal de mieux se positionner dans un contexte de compétitivité internationale.


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2. Mise en contexte Montréal est reconnue pour son animation, sa convivialité, son effervescence culturelle et sa créativité tant dans les domaines des arts de la scène et du cinéma que dans les créneaux récréatifs et culturels tels que le multimédia et les arts technologiques. Toutefois, ces qualités devraient être affirmées davantage dans l’aménagement et le développement d’une ville comme Montréal, qui a été reconnue « ville UNESCO de design » : 

Les nombreuses salles de spectacle représentent un héritage qui reste encore trop souvent menacé, même s’il est parfois mis en valeur (l’Impérial, le Métropolis, le Monument National);



Les grands événements culturels continuent à dépendre de la présence de terrains vacants : la « ville des festivals » ne dispose toujours pas d’espaces urbains aménagés à cette fin.

Ces faiblesses nuisent au rayonnement de Montréal en tant que «métropole culturelle». Il apparaît donc important d’intervenir rapidement afin de mieux ancrer les festivals et de positionner définitivement Montréal en tant que ville de festivals. C’est pourquoi l’arrondissement Ville-Marie et la Ville de Montréal se dotent d’un cadre de planification visant à consolider et à développer le Quartier des spectacles grâce à des interventions décisives qui se distingueront par la qualité du design urbain.


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Territoire d’intervention Le territoire d’intervention ne couvre qu’une partie du Quartier des spectacles, mais il regroupe quelque 58 % des sièges de salles de spectacle et la plus grande partie des sites où se déroulent les grands festivals culturels de Montréal, exception faite du Festival Juste pour rire. Ce choix territorial résulte des considérations suivantes : 

Bien qu’il représente déjà un site de choix en période de festivals, le secteur Place des Arts mérite d’être réaménagé afin d’améliorer sa fonctionnalité et sa prestance;



Il apparaît indiqué de planifier l’aménagement et le développement du quartier à partir du secteur Place des Arts, en s’appuyant sur la vitalité des secteurs voisins, soit le Centre des affaires et le Quartier international.



Certaines portions du territoire constituent déjà des destinations bien établies : c’est le cas du Quartier latin, avec la rue Saint-Denis, l’UQÀM, la Grande Bibliothèque, au cœur du pôle est du Quartier des spectacles, ce qui y rend moins urgent le besoin de planification.

Ce quartier est également caractérisé par la présence de plusieurs terrains et immeubles vacants et de grands édifices au caractère introverti (Place des Arts, Musée d’art contemporain, Complexe Desjardins) qui contribuent à le déstructurer : manque d’animation sur rue, discontinuité commerciale, places publiques non encadrées. D’autre part, le réseau routier, issu des grandes opérations de rénovation urbaine des décennies 1950 et 1960, se distingue par des chaussées surdimensionnées et un caractère peu convivial à l’égard des piétons.


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La revitalisation du territoire d’intervention présente plusieurs défis : 

L’ancrage des activités culturelles et des festivals est soumis aux pressions du marché immobilier et demeure fragile;



S’il n’est pas bien planifié et bien réalisé, le développement résidentiel est susceptible de provoquer des conflits avec les activités récréatives et culturelles (festivals, animations des places,);



Si des investissements importants ne sont pas réalisés rapidement dans le domaine culturel, Montréal risque de perdre des événements importants, voire son statut de métropole culturelle;



L’objectif de la fluidité de la circulation de transit est incompatible avec celui de faire du quartier une destination culturelle. La géométrie des principales artères est surdimensionnée et il y a un important potentiel d’espaces à récupérer à même les chaussées. Dans le contexte actuel, où l’aménagement urbain des quartiers centraux accorde plutôt la priorité aux piétons et au transport collectif et actif, une révision en profondeur du réseau de voirie s’impose.


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Cependant, le territoire comporte aussi plusieurs atouts, notamment : 

Une concentration exceptionnelle de salles et d’événements culturels;



Une diversité de fonctions qui accroît son intérêt actuel et son potentiel de développement;



L’existence d’organismes de concertation bien établis;



Plusieurs projets immobiliers en gestation qui pourraient jouer un rôle structurant accru dans le cadre d’une intervention d’ensemble : Adresse symphonique (OSM), site Sainte-Catherine et Saint-Laurent, Les Ateliers de danse moderne de Montréal (LADMMI), Maison du développement durable (Équiterre);



Deux artères commerciales à fort potentiel, soit la rue Sainte-Catherine et le boulevard Saint-Laurent;



Une excellente desserte en transport collectif.

Le territoire d’intervention comporte un fort potentiel immobilier dont le développement présente plusieurs avantages : 2



Un potentiel de près de 200 000 m de superficie de plancher;



Une densification des abords des stations de métro,



L’élimination d’aire de stationnement de surface;



Des retombées fiscales importantes.

En somme, le territoire d’intervention du PPU offre un fort potentiel de développement et de requalification pour l’ensemble de ces espaces libres ou sous-utilisés, qui sont néanmoins utilisés depuis une trentaine d’années par les grands festivals. Le défi actuel consiste à les transformer en véritables lieux urbains, significatifs et structurants pour la ville, tout en soutenant la croissance et l’épanouissement des festivals.


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3. Orientations Compte tenu des éléments énumérés dans la section précédente, des orientations du Plan d’urbanisme, du Plan de transport, de la Politique de développement culturel et de la Stratégie de développement durable de la collectivité montréalaise, le PPU se fonde sur les trois grandes orientations suivantes : Orientation 1

Soutenir et exprimer les vocations culturelles propres au quartier et en faire une destination de classe internationale

Orientation 2

Faire du quartier, un milieu de vie convivial, équilibré et attrayant

Orientation 3

Miser sur le développement durable

Orientation 1

Soutenir et exprimer les vocations culturelles propres au quartier et en faire une destination de classe internationale L’expression et le soutien des vocations culturelles du quartier de même que l’ambition d’en faire une destination de classe internationale sont des objectifs partagés par l’ensemble des intervenants du milieu culturel, par l’administration municipale et par les autres paliers de gouvernement. Le développement de Montréal en tant que « Métropole culturelle » et « ville UNESCO de design » nécessite des actions importantes à court terme de la part des pouvoirs publics : les principaux aménagements sur le domaine public, le développement des terrains et la restauration des édifices de propriété publique s’inscrivent tous dans cette orientation. Celle-ci soutient des objectifs liés à la pérennité des grands festivals et des autres activités culturelles, de même qu’à l’image de marque du quartier.

Objectif : Assurer l’ancrage des festivals dans des lieux publics de qualité Le secteur Place des Arts n’offre présentement aux festivaliers qu’un environnement urbain déstructuré où se côtoient terrains en friche, bâtiments vacants et grandes artères de circulation. On n’y trouve aucun aménagement spécifiquement dédié à la tenue des grands festivals. Par ailleurs, la construction d’une salle destinée à l’Orchestre symphonique de Montréal sur l’esplanade de la Place des Arts, prévue par le gouvernement du Québec, aura des répercussions sur la tenue des grands festivals qui utilisent cet espace pour des scènes extérieures.


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Le PPU vise à assurer l’ancrage des festivals, petits et grands, de même d’autres manifestations culturelles dans des lieux urbains bien encadrés et animés durant toute l’année. L’aménagement des lieux publics optimisera la tenue des grands festivals en offrant un design urbain de qualité, un dégagement suffisant pour la tenue de grandes manifestations culturelles et un encadrement bâti qui contribuera à animer le secteur tout au long de l’année. Des interventions de différentes natures sont préconisées : expropriations et transferts de propriété, reconfiguration de la grille de rues, aménagement de places publiques et développement immobilier aux abords.

Moyens de mise en œuvre : 

Aménagement de quatre nouvelles places publiques de grande qualité au pourtour de la Place des Arts;



Prévision d’équipements et d’infrastructures permettant de raccourcir le temps consacré au montage et démontage des scènes;



Rétrécissement et réaménagement des chaussées au profit des piétons et des festivaliers;



Encadrement des places publiques par la construction sur les terrains vacants de propriété publique.

Objectif : Maintenir et développer les fonctions culturelles par des projets immobiliers mixtes Le PPU vise à conserver une masse critique d’activités culturelles et à en développer de nouvelles pour renforcer l’identité du quartier, dans un contexte où la croissance des valeurs foncières pourrait entraîner l’exclusion du quartier de ces activités et de leurs artisans. L’ancrage des fonctions culturelles et récréatives propres au Quartier des spectacles nécessite une mixité des projets immobiliers, notamment sur les terrains de propriété publique, lesquels pourraient de manière exemplaire intégrer les fonctions culturelles et récréatives. L’intervention des organismes publics et parapublics permettrait de planifier le développement de ces terrains et immeubles vacants en fonction d’une logique d’ensemble et d’expérimenter le développement de modèles de montage de projet, de partage du risque, de détention et de gestion. Par ailleurs, le PPU verra par le biais de la réglementation à favoriser la concentration d’activités culturelles.

Moyens de mise en œuvre : 

Inclusion d’espaces voués aux activités culturelles dans les nouvelles constructions sur les terrains ou bâtiments de propriété publique;



Modification de paramètres réglementaires afin d’exclure les équipements culturels dans le calcul de la densité de construction.


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Objectif : Développer une signalétique propre au quartier Un « plan lumière » a été développé par le Partenariat du Quartier des spectacles et quelques salles de spectacles profitent déjà d’éléments signalétiques. Le PPU reconnaît ce moyen de mise en valeur et contribue à son déploiement. Ainsi, dans le but de conférer au secteur une signature distincte, les portes d’entrée du quartier et les sorties de métro devraient être réaménagées de manière à exprimer la vocation et l’ambiance du quartier, notamment par le biais de l’éclairage. Afin de souligner leur présence au cœur du Quartier des spectacles, les places publiques devraient profiter d’un éclairage scénographique qui créerait une animation tout au long de l’année. L’affichage pourrait également être utilisé comme levier de promotion et de développement culturel, notamment en utilisant les murs des immeubles qui encadrent les lieux publics.

Moyen de mise en œuvre : 

Poursuite et déploiement du plan lumière;



Installation d’œuvres d’art public permanentes ou éphémères;



Élaboration et mise en place d’un éclairage scénographique pour certaines places publiques;



Élaboration d’une politique d’affichage particulière au Quartier des spectacles.


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Orientation 2

Faire du quartier, un milieu de vie convivial, équilibré et attrayant Cette orientation concerne l’équilibre des fonctions et la qualité du milieu de vie (mixité des fonctions et des occupations, accessibilité du territoire). Le PPU propose plusieurs interventions complémentaires aux grands aménagements proposés en vue de soutenir les activités culturelles et de développer un quartier convivial et invitant. Les objectifs poursuivis par cette orientation concernent la fonction commerciale, l’équilibre des fonctions et des activités, la qualité de l’aménagement, la convivialité du secteur de même que son accessibilité.

Objectif : Favoriser la consolidation commerciale La Ville de Montréal a procédé à un réaménagement du domaine public sur le boulevard Saint-Laurent : trottoirs élargis, nouveau mobilier urbain implanté en continuité avec les arbres, de façon à dégager le maximum d’espace pour la circulation piétonne, éclairage public amélioré. La réalisation prévue de projets majeurs de développement (Édifice 2-22, construction au-dessus de l’édicule du métro) devrait contribuer à créer une nouvelle dynamique sur le boulevard Saint-Laurent. Dans le secteur Place des Arts, la fonction commerciale souffre de la présence de grands édifices qui offrent peu de liens avec la rue (Place des Arts, Musée d’art contemporain, Complexe Desjardins) et de plusieurs terrains vacants qui brisent la continuité commerciale de la rue Sainte-Catherine. C’est pourquoi cette partie de la rue Sainte-Catherine ne connaît pas la même vitalité qu’un peu plus à l’ouest. En réponse à ce problème, le PPU prévoit des actions afin de soutenir la continuité commerciale à la fois sur les artères commerciales et au pourtour des places publiques qui profiteraient d’un achalandage et d’une animation accrus.

Moyen de mise en œuvre : 

Élaborer et mettre en œuvre un programme de restauration et d’embellissement des façades sur la rue Sainte-Catherine et le boulevard Saint-Laurent;



Prévoir l’occupation à des fins commerciales du rez-de-chaussée des nouvelles constructions et des bâtiments existants aux abords des places publiques.


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Objectif : Rechercher l’équilibre des fonctions et occupations pour une meilleure qualité de vie Dans un contexte où la hausse des valeurs foncières risque d’entraîner l’exclusion des artistes et des artisans du quartier, le PPU préconise une utilisation multifonctionnelle des terrains et bâtiments de propriété publique. De plus, par souci de compatibilité d’usages, l’habitation serait exclue au pourtour des places publiques à l’exception peut-être des ateliers-résidences pour artistes.

Moyens de mise en œuvre : 

Inclure des équipements et espaces voués aux activités culturelles dans les nouvelles constructions et les bâtiments existants de propriété publique;



Assujettir l’usage « habitation » au pourtour des places publiques à la procédure des usages conditionnels.

Objectif : Favoriser l’accessibilité du quartier Les activités du Quartier des spectacles génèrent une affluence tout au long de l’année. Par conséquent, il est primordial d’assurer une accessibilité adéquate pour tous les modes de déplacement (transport collectif, vélo, automobile) tout en accordant la priorité aux piétons. L’accessibilité du territoire est déjà bien assurée par le réseau piétonnier, le métro, l’autobus et les pistes cyclables; elle le sera encore mieux avec le tramway, dont le tracé sur la rue De Bleury est à l’étude. Par ailleurs, d’autres mesures doivent être mises en place pour satisfaire une clientèle régionale qui utilise l’automobile, d’autant plus que plusieurs places de stationnement sur rue et terrains de stationnement de surface seront éliminés. Le secteur d’intervention compte plusieurs aires de stationnement souterrain qui pourraient être optimisées, par exemple, en développant un système de gestion intégré du stationnement. Un tel dispositif permet d’indiquer en temps réel, sur des panneaux lumineux, le nombre de places disponibles sur chacun des sites offerts et la distance en mètres jusqu’à ceux-ci. Par ailleurs, une analyse des besoins et de l’offre en stationnement souterrain sera réalisée. Le cas échéant, un stationnement souterrain sous l’Esplanade Clark pourrait être aménagé.

Moyens de mise en œuvre : 

Élargissement des trottoirs et aménagements ciblés pour sécuriser davantage les traverses piétonnes aux carrefours;



Mise en œuvre d’un système de guidage dynamique des automobilistes vers les stationnements intérieurs.


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Objectif : Rechercher une grande qualité d’aménagement, d’architecture et de design La récente désignation de Montréal en tant que « ville UNESCO de design », aux côtés de Berlin et de Buenos Aires, est un jalon important dans la promotion d’une culture de l’excellence et de l’innovation en matière d’aménagement urbain. Dans ce but, les aménagements publics doivent répondre à de hauts standards de qualité, à l’image de ceux réalisés dans Quartier international de Montréal. Les interventions sur le domaine public devraient intégrer de l’art public. Un équilibre devrait être trouvé entre l’installation d’œuvres d’art éphémères ou temporaires et l’acquisition d’œuvres permanentes. La création d’un fonds d’investissement en art public, dont la dotation reste à déterminer, pourrait être un bon moyen de doter le Quartier des spectacles d’œuvres d’art permanentes. L’art public est par ailleurs l’un des domaines où pourrait se concrétiser la contribution des riverains et des commanditaires à la bonification du projet d’aménagement, que ce soit sur le domaine public ou sur le domaine privé. La mise en valeur des terrains de propriété publique peut permettre la création d’adresses de prestige au pourtour des nouveaux lieux publics et le long des rues réaménagées. Ce faisant, une attention particulière doit aussi être apportée à la protection et à la mise en valeur du patrimoine bâti existant, notamment sur l’îlot Balmoral.

Moyens de mise en œuvre : 

Promouvoir l’art public dans les aménagements;



Mettre en place un règlement sur les plans d’implantation et d’intégration architecturale applicable à l’ensemble du territoire visé par le PPU qui, outre des mesures de protection du patrimoine, intégrera des critères relatifs au développement durable.


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Orientation 3

Miser sur le développement durable L’aménagement d’un quartier largement voué à la culture et aux spectacles en plein air présente plusieurs défis en matière de développement durable : pollution lumineuse, îlots de chaleur, achalandage automobile. À ces égards, le PPU poursuit des objectifs relatifs à la lutte aux îlots de chaleur et à l’utilisation du transport collectif et actif.

Objectif : Lutter contre les îlots de chaleur urbains Les festivals nécessitent des surfaces minéralisées qui, combinées avec le manque de végétation, contribuent au phénomène des îlots de chaleur urbains. Lors des spectacles en plein-air, les arbres sont parfois considérés comme des obstacles visuels. Or, dans les quartiers centraux, les objectifs de qualité de vie et de développement durable se traduisent notamment par la lutte aux îlots de chaleur. Il est donc clair que l’on doit chercher à augmenter les surfaces végétalisées, et ce, non seulement sur les murs aveugles et sur les toits, mais également en bordure des rues et dans les espaces publics. En outre, l’utilisation de certains matériaux de revêtement de sol ou de toit qui présentent une bonne capacité de réflexion de la lumière sera privilégiée.

Moyens de mise en œuvre 

Plantation d’arbres en bordure des places publiques et sur rue;



Utilisation de matériaux performants dans la conception des places publiques;



Incitation à la construction d’édifices respectant les normes LEED, notamment par l’introduction de critères dans le règlement sur les plans d’implantation et d’intégration architecturale.

Objectif : Favoriser l’utilisation du transport collectif et actif Dans une perspective de développement durable, le PPU préconise plusieurs interventions accordant la priorité aux piétons et aux modes alternatifs de déplacement dans les aménagements publics et ce, en accord avec les objectifs du Plan de transport de Montréal. Ces interventions viennent s’ajouter au réseau de pistes cyclables ainsi qu’au tracé de la ligne de tramway, déjà à l’étude, qui traverserait le quartier via la rue De Bleury.

Moyens de mise en œuvre 

Installation de supports à vélo sur les trottoirs, là où ce sera possible, ou en lieu et place de stationnements sur rue;



Installation de bornes pour le service de location de vélos;



Développement immobilier aux abords des stations de métro.


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4. Interventions prévues dans le cadre du PPU Les interventions d’aménagement et de développement proposées s’inscrivent dans le prolongement des orientations et objectifs du Programme particulier d’urbanisme. Elles peuvent être regroupées en cinq grandes catégories selon leur nature, soit : 

Les projets structurants d’élargissement et d’aménagement du domaine public;



Les aménagements complémentaires et l’animation du domaine public;



Les partenariats;



La stratégie de développement immobilier;



La stratégie réglementaire.

Le tableau ci-dessous présente les projets structurants dont la réalisation est prévue dans le cadre du PPU. Cette réalisation devrait s’échelonner jusqu’en 2012. Les aménagements complémentaires et l’animation du domaine public seront réalisés parallèlement aux projets structurants. La stratégie de développement immobilier est déjà en œuvre, en collaboration avec les partenaires de la Ville, tandis que, les interventions nécessaires à la stratégie réglementaire seront réalisées à la suite de l’intégration du PPU au Plan d’urbanisme.

Les projets structurants Projets

Coûts de réalisation estimés

Place du Quartier des spectacles et rue Jeanne-Mance

35,5 M$

Esplanade Clark

23,2 M$

Rue Sainte-Catherine

17,2 M$

Promenade des festivals et Place de l’Adresse symphonique

44,1 M$

Le total des investissements nécessaires pour la réalisation des projets structurants est estimé à 120 M$. La Ville de Montréal et les paliers de gouvernement supérieurs se sont engagés à financer ces derniers.


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5. Projets structurants En réponse à l’orientation majeure qui consiste à soutenir et à exprimer les vocations culturelles propres au quartier et à en faire une destination de classe internationale, le PPU propose plusieurs interventions sur le domaine public visant à procurer aux festivaliers un environnement urbain de grande qualité. La composante principale du PPU consiste donc à aménager, sur des terrains vacants, sur des espaces de voirie excédentaires et sur des espaces publics existants, aux abords de l’îlot de la Place des Arts, un ensemble de nouveaux lieux publics de très grande qualité, provisoirement désignés sous les noms de : Place du Quartier des spectacles, Esplanade Clark, Promenade des Festivals, Place de l’Adresse symphonique, et incluant un important tronçon de la rue Sainte-Catherine, entre les rues De Bullion et Saint-Alexandre.

Ces nouveaux aménagements fourniront un ancrage à la tenue des festivals en saison, tout en demeurant accessibles et animés à l’année afin de faire du secteur une destination culturelle de classe internationale et de susciter un développement immobilier de prestige, dont une part significative serait réservée aux activités culturelles.


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Ces aménagements reposent sur deux concepts, à savoir : les « plateaux des festivals », un ensemble de lieux publics entourant l’îlot de la Place des Arts, et le « parcours des festivals », une relation physique, visuelle et fonctionnelle, assurant une continuité et une circulation naturelles et fluides entre ces espaces.

Plateaux des festivals

Parcours des festivals

Le concept d’espaces libres proposé équivaut à 75 % des surfaces brutes actuellement utilisées par le plus achalandé d’entre eux : le Festival international de Jazz de Montréal. Le 25 % manquant correspond à des espaces utilisés pour l’entreposage qui pourraient être remplacés par des espaces équivalents à l’intérieur d’édifices riverains. En outre, l’aménagement optimal des lieux publics et l’implantation d’infrastructures et d’équipements permanents contribueront à compenser cette perte brute et à répondre adéquatement aux besoins d’espace des festivals. Les travaux seraient réalisés par étapes de façon à minimiser leurs impacts sur les festivals. En plus de favoriser la pérennité des grands festivals existants, l’aménagement proposé créerait l’opportunité d’en attirer de plus petits, qui n’auraient pu occuper ces espaces autrement.


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Place du Quartier des spectacles et rue Jeanne-Mance La première étape de l’aménagement des abords de la Place des Arts consiste à réaliser un lieu public, dédié aux festivals en saison, mais qui demeurerait significatif et structurant pour le secteur à longueur d’année. La réalisation de la Place du Quartier des 2 spectacles, d’une superficie d’environ 7 000 m (comparable au square Victoria), requiert un nivellement du plateau est de l’îlot Balmoral au niveau de la rue Jeanne-Mance, ce qui permettrait d’additionner la surface de la rue à celle de la place pour accueillir les festivaliers. À l’ouest de la place, la rue Mayor serait prolongée jusqu’à la rue Balmoral. La pente douce subsistant entre la rue Balmoral et la nouvelle place serait gazonnée et plantée, avec un large escalier dans le prolongement de la rue Mayor. Les plantations sur ce talus seraient composées d’arbres matures émondés de leurs branches basses, afin de ne pas obstruer la vue des scènes à partir de la rue Balmoral. Entre les boulevards De Maisonneuve et René-Lévesque, la largeur de la rue Jeanne-Mance serait réduite de cinq à trois voies de circulation et le trottoir du côté est de la rue serait élargi à 10 m. Une fois cet aménagement réalisé, le stationnement sur rue ne serait plus permis, de manière à prolonger l’espace public en période de festival. L’ensemble de ces interventions procurerait un nouvel espace public unique, répondant en partie aux besoins des festivals et affirmant l’identité du Quartier des spectacles. Les interventions sur le domaine public inciteraient à la requalification du bâti sur tout le pourtour de cette place et créeraient l’opportunité de développer les terrains situés à l’ouest de la rue Balmoral, avec rez-de-chaussée commerciaux donnant sur celle-ci.


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Esplanade Clark Cet aménagement correspond à un espace public gazonné qui occupe le flanc ouest de la rue Clark, depuis la rue De Montigny jusqu’à la rue Sainte-Catherine. Les avantages inhérents à l’îlot Clark sont importants : 

Sa superficie utilisable répond aux besoins d’espace des festivals;



Sa localisation permet d’inscrire l’ensemble des espaces alloués aux festivals dans une continuité spatiale et fonctionnelle;



Une partie des terrains de l’îlot est déjà de propriété publique.

L’aménagement de l’Esplanade contribuerait à revaloriser la rue Clark, actuellement une rue de service très déstructurée, et favoriserait le développement sur son flanc est, où se trouvent des édifices dont la plupart ont double façade sur le boulevard Saint-Laurent et sur la rue Clark. Cet aménagement permettrait aussi de relier la Place de l’Adresse symphonique et la rue Sainte-Catherine, bouclant ainsi le parcours des festivals, et offrirait aux festivals et aux riverains un espace vert à l’est du secteur de la Place des Arts.


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Rue Sainte-Catherine L’intervention proposée consiste à uniformiser la surface de la rue Sainte-Catherine pour en faire un lieu public linéaire, unique à Montréal, où les espaces piétonniers ne se distinguent de la rue que par des bollards amovibles et un faible dénivelé. La réalisation de cet espace visant à procurer un dégagement optimal, le verdissement et l’éclairage public (le cas échéant, assuré à partir des édifices riverains) doivent être étudiés avec soin. Un rideau de plantations, du côté sud de la rue Sainte-Catherine, délimiterait de façon permanente le « corridor de sécurité » répondant aux besoins des festivals. En plus de répondre aux besoins des festivals en saison, cette réalisation mettra en évidence le caractère distinct du quartier, grâce à un design urbain qu’on ne retrouve nulle part ailleurs à Montréal et qui signale clairement aux piétons et aux automobilistes qu’ils se trouvent dans le Quartier des spectacles. En outre, le réaménagement de la rue Sainte-Catherine inciterait les propriétaires d’immeubles « introvertis », notamment la Place des Arts et le Complexe Desjardins, à poursuivre leurs efforts pour s’ouvrir sur la rue et contribuer à son animation. Enfin, il assurerait la revalorisation des adresses sur ce tronçon de rue.


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Promenade des festivals et la Place de l’Adresse symphonique Cette étape touche le nord et le nord-est de l’îlot de la Place des Arts, où sont prévus deux nouveaux lieux publics : la Promenade des festivals et la Place de l’Adresse symphonique. La création de ces lieux publics nécessite d’importants travaux de voirie, notamment le rétrécissement des chaussées et la reconfiguration du boulevard De Maisonneuve. À terme, le boulevard De Maisonneuve, à partir de la rue Saint-Urbain, devrait comporter deux voies à sens unique vers l’ouest et le stationnement y serait interdit. Plus à l’est, on prévoit une reconfiguration majeure de l’axe De Maisonneuve entre le boulevard SaintLaurent et la rue Saint-Urbain : la courbe devrait être éliminée au profit d’un nouveau parcours rectiligne jusqu’à la rue Clark, que le boulevard emprunterait avant de reprendre son cours vers l’ouest, parallèlement à la rue De Montigny. Ces travaux permettraient de réunir deux espaces verts triangulaires (places Fred-Barry et Albert-Duquesne). Sur l’espace public ainsi créé serait aménagée la Place de l’Adresse symphonique, avec surface minérale dans sa moitié ouest, et une surface verte dans sa moitié est en continuité avec l’Esplanade Clark. Cette nouvelle place, située en face de l’Adresse symphonique, la nouvelle salle de l’Orchestre symphonique de Montréal, rue Saint-Urbain, se veut un espace de spectacle en plein-air pour l’Orchestre, en même temps qu’un cadre physique mettant en valeur l’architecture de la salle. La Promenade des festivals, située entre le boulevard De Maisonneuve, l’avenue du Président-Kennedy, la rue Jeanne-Mance et la rue Clark, serait créée à même la récupération d’espaces de voirie. La réduction de la largeur de la chaussée serait opérée au profit du terre-plein dont la superficie actuelle devrait être quadruplée. Afin d’assurer la fluidité de la circulation, on prévoit par ailleurs une circulation à double sens sur l’avenue du Président-Kennedy et la rue Ontario entre les rues De Bleury et Clark. L’aménagement de ces deux nouveaux lieux publics procurerait un lien animé entre la Place des Arts et le pavillon des sciences de l’UQAM, répondant en saison aux besoins des festivals, tout en mettant en valeur « l’Adresse symphonique » puisque cette dernière doit avoir une entrée principale sur la place qui lui est dédiée.


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Correction à la géométrie des rues Réduction de la largeur de la chaussée et élargissement du terre-plein

Réduction de la largeur de la chaussée

Nivellement de la chaussée

Remembrement des places Fred-Barry et Albert-Duquesne et reconfiguration du boulevard De Maisonneuve


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6. Autres éléments de mise en œuvre Aménagement complémentaire et animation du domaine public Outre les plantations aux endroits stratégiques énumérées plus avant, certaines interventions s’ajoutent aux projets structurants, contribuant à fournir un environnement de qualité, notamment en matière de mobilier urbain, d’art public et d’éclairage.

Le mobilier urbain Compte tenu de l’utilisation particulière des espaces publics, une réflexion doit être menée quant à la localisation et au design des éléments de mobilier urbain utilitaire et culturel (poubelles, cendriers, colonnes d’affichage). Les principes directeurs de cette réflexion sont les suivants : un encombrement minimal, un alignement avec les arbres, une bonne résistance et un design de grande qualité ainsi que la cohérence d’ensemble entre les mobiliers permanent et amovible. Plusieurs éléments de mobilier urbain sont proposés pour exprimer l’identité du Quartier des spectacles, créer une animation commerciale et culturelle, favoriser les déplacements piétonniers et faciliter l’hébergement des événements culturels.

Les « vitrines habitées » : Pavillons transparents accueillant boutiques et terrasses de bars, de restaurants et de cafés, implantés sur les trottoirs élargis à 10 mètres de la rue Jeanne-Mance. Ces derniers créent une animation commerciale et un attrait pour les passants, de jour et de nuit. Aux intersections, ces vitrines deviennent abribus.

Les « vitrines installation » : Vitrines transparentes, implantées rue Saint-Urbain, sur le flanc est des îlots de la Place des Arts et du Complexe Desjardins, pour animer rue et trottoir là où le bâti n’offre que des murs aveugles. Elles accueillent des objets exposés par des institutions et des organismes culturels de Montréal, incitant les passants à visiter l’un ou l’autre de ceux-ci.

Les « vitrines événement » : Structures permettant aux organisateurs d’événements d’installer rapidement tentes et kiosques d’information, de service ou de vente et servant également à l’installation d’œuvres d’art éphémères ou temporaires. Ces structures sont permanentes à certains endroits et elles sont implantées au besoin, de façon temporaire, le long de l’Esplanade Clark.

Le mobilier amovible Mobilier offrant originalité, couleur, facilité d’installation et d’enlèvement, coûts d’entretien et de remplacement réduits. Installé sur la Place du Quartier des spectacles hors des périodes de festivals.


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Proposition d’un mobilier urbain unique : les vitrines habitées sur la rue Jeanne-Mance

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Éclairage et animation Dans un quartier voué notamment au spectacle, l’éclairage est un élément essentiel, non seulement à l’intérieur et en façade des salles, mais dans l’aménagement urbain lui-même. Actuellement, cinq salles bénéficient d’un éclairage architectural et signalétique. Le PPU intègre ce plan lumière et ses différentes composantes et préconise son déploiement. L’éclairage signalétique pourrait éventuellement s’étendre à des zones qui signalent aux passants l’entrée du quartier. C’est le cas, dans le territoire d’intervention, du boulevard René-Lévesque et, à l’extérieur du territoire d’intervention, mais toujours dans le quartier, de la rue Sherbrooke. Outre la poursuite de ces volets du plan lumière, le PPU propose un élément supplémentaire, étroitement lié à l’activité des festivals : l’implantation de mâts géants qui procureraient l’éclairage fonctionnel et scénographique nécessaire à la tenue des grands événements sans empiéter sur l’espace public ni faire obstacle à la circulation piétonne. Dans une perspective de développement durable, l’éclairage du domaine public et des édifices doit intégrer des technologies et des produits d’éclairage efficaces ainsi que des matériaux de recouvrement du sol comportant une bonne capacité de réflexion public. Enfin, la possibilité de fournir l’éclairage public à partir des édifices riverains, afin d’assurer un dégagement optimal de la chaussée, sera étudiée dans chaque cas avec les partenaires concernés. Parallèlement au projet d’aménagement, les importantes surfaces verticales existantes et à venir au pourtour de la Place du Quartier des spectacles pourraient être utilisées par un système d’animation scénographique et d’affichage culturel, sous réserve d’une modification conséquente au document complémentaire. Le contenu projeté sur ces écrans serait avant tout culturel; il fournirait les éléments visuels accompagnant les spectacles lors des festivals et autres événements et contribuerait à l’animation de la Place du Quartier des spectacles durant le restant de l’année.

Les mats géants

L’éclairage scénographique

Écran d’affichage culturel


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Partenariats La réalisation du PPU repose sur l’appui et la collaboration de différents partenaires sans lesquels les efforts de mise en valeur n’auraient pas les effets escomptés. Les gouvernements du Québec et du Canada appuient la Ville de Montréal dans ses efforts de revitalisation du secteur en participant au financement des infrastructures. Leur soutien se concrétise aussi par le biais de différents programmes d’aide aux activités culturelles. Ils représentent donc des partenaires de premier ordre et contribuent au rayonnement culturel et au développement de la métropole du Québec. Le Partenariat du Quartier des spectacles est un OBNL fondé en 2003 dont la mission est de développer et de mettre en place des projets collectifs renforçant la cohésion et le positionnement du quartier comme un des pôles majeurs de Montréal. Cet organisme, initiateur du plan lumière du Quartier des spectacles, a été impliqué dans l’élaboration du PPU. Une collaboration étroite sera maintenue avec lui afin de parfaire le développement de la signalétique du quartier. Du point de vue fonctionnel, la Ville évalue la pertinence et la faisabilité de confier en régie à un OBNL unique certaines tâches inhérentes au Quartier des spectacles, notamment gestion des programmes continus (affichage, plan-lumière) et l’animation, et ce, en partenariat avec les services municipaux concernés La Société d’habitation et de développement de Montréal (SHDM) et la Société immobilière du Québec (SIQ), toutes deux propriétaires de terrains ou de bâtiments dont le positionnement au cœur du Quartier des spectacles est stratégique, ainsi que la Société de transport de Montréal (STM) sont des partenaires de premier ordre dans la mise en valeur du secteur et sont impliquées dans la stratégie de développement immobilier du PPU.


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Stratégie de développement immobilier La consolidation d’un quartier voué à la culture est soutenue par la volonté de la Ville d’attirer et de concentrer les grands joueurs du milieu culturel à l’aide d’une stratégie de développement immobilier proactive. En ce sens, plusieurs interventions nécessitant une action concertée avec les partenaires publics et privés sont préconisées dans la stratégie de développement immobilier. Cette dernière consiste à développer les terrains vacants qui ceinturent les places publiques, à densifier le bâti autour et au-dessus des stations de métro ainsi qu’à réhabiliter les bâtiments vacants. Des outils juridiques, tels que le transfert de propriété et l’expropriation, sont préconisés pour faciliter l’aménagement de places publiques et le développement de terrains sous-utilisés. Le site à l’angle de la rue Sainte-Catherine et du boulevard Saint-Laurent a déjà fait l’objet d’une procédure d’expropriation et d’un remembrement cadastral. Par ailleurs, deux autres terrains longeant la rue Clark font l’objet d’une expropriation pour l’aménagement de la future place publique « l’Esplanade Clark ». Deux terrains situés à l’angle des rues Sainte-Catherine et Clark, appartenant à la Société d’habitation et de développement de Montréal (SHDM), et les terrains au-dessus de la station de métro Saint-Laurent, appartenant à la Ville de Montréal, ont déjà fait l’objet d’un transfert de propriété pour permettre l’aménagement de la future place publique «l’Esplanade Clark». L’implication de la SHDM et de la SIQ, principaux partenaires immobiliers, est incontournable pour la mise en œuvre de la stratégie immobilière. La SHDM est mandatée pour développer le terrain situé dans le quadrant nord-ouest de l’îlot Balmoral ainsi que le site du métro Saint-Laurent. La SIQ est propriétaire de deux importants immeubles actuellement vacants : le Blumenthal et le Wilder, tous deux situés dans l’îlot Balmoral. La maison du Festival de Jazz pourrait être aménagée dans le Blumenthal. Par ailleurs, afin, notamment, de soutenir la vocation culturelle et consolider l’offre commerciale du quartier, la Ville met en place un programme d’acquisition d'immeubles pour permettre la revitalisation de l’îlot compris entre les rues Sainte-Catherine et Clark et les boulevards Saint-Laurent et René-Lévesque. Les lots suivants sont visés par ce programme : 2 160 638

2 160 659

2 160 650

2 160 660

2 160 653

2 160 662

2 160 654

2 160 664

2 160 655

2 160 666

2 160 657

2 339 917


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Stratégie réglementaire Pour permettre la réalisation des aménagements, de même que le développement des terrains vacants situés dans le secteur Place des Arts, le PPU introduit de nouvelles affectations, de même que de nouveaux paramètres en matière de densité de construction qui impliquent autant de modifications au Plan d’urbanisme. Ces modifications permettent d’orienter le développement de plusieurs façons. Elles reflètent la volonté, exprimée par différents acteurs, de densifier et de moduler l’intensité de l’occupation du sol, et de changer certaines de ses affectations. Ces nouveaux paramètres permettent entre autres une densification aux abords des stations de métro Place des Arts et Saint-Laurent, un encadrement des lieux publics, de même que l’inclusion d’activités culturelles dans les nouveaux projets immobiliers. Afin de soutenir une production architecturale originale et de qualité qui permet de confirmer le positionnement de Montréal parmi les métropoles nord-américaines d’avantgarde en design urbain, le PPU introduit un secteur « ciblé » pour l’innovation et le design, lequel sera encadré par la réglementation sur les plans d’implantations et d’intégration architecturale (PIIA).


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Modifications au Plan d’urbanisme L’îlot Balmoral L’îlot Balmoral est voué, de part et d’autre de la rue Balmoral, à différentes fonctions : développement immobilier dans sa partie ouest et aménagement d’un parc dans sa partie est. Pour ce faire, la partie Est de l’îlot est affectée, « parcs et espaces verts » et la partie nord-ouest est affectée d’un nouveau paramètre de densité, passant de 9 à 12.

Site et abords du métro Saint-Laurent Dans le but de permettre un développement immobilier encadrant efficacement les nouvelles places publiques et de densifier le bâti aux abords des stations de métro, certains terrains se voient attribuer une nouvelle densité maximale: de 6 à 9. En outre, afin de reconnaître le bâti existant, une densité de 9 est également donné à un terrain déjà construit sur le côté ouest de la rue Saint-Urbain au sud de la rue De Montigny qui excède la densité maximale de construction affectée à ce secteur.

Place Eugène-Lapierre La place Eugène-Lapierre est désormais disponible au développement immobilier. Ainsi, elle est retirée de la carte des « Parcs et espaces verts ». Par ailleurs, la densité maximale de construction qui s’y applique est augmentée pour atteindre un coefficient d’occupation du sol de 12 au lieu de 9. Afin de rendre ce terrain disponible au développement immobilier, cette place n’est plus affectée « parcs et espaces verts », son affectation est désormais mixte.

Terre-plein au nord de la Place des Arts Le terre-plein entre l’avenue du Président-Kennedy, le boulevard De Maisonneuve, la rue Jeanne-Mance et la rue Saint-Urbain est inclut dans les « parcs et espaces verts » afin d’y souligner l’aménagement d’une nouvelle place publique.

Promenade des festivals

Place Eugène-Lapierre

Place du Quartier des spectacles

Esplanade Clark


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Calcul de densité Le Plan d’urbanisme énumère les différents principes d’application des paramètres de densité de même que les exclusions relatives au calcul de la densité de construction d’un bâtiment. À cet égard, l’exclusion concernant les équipements culturels mérite d’être précisée. Ainsi, sera désormais exclu du calcul de la densité : 

« un équipement culturel, sous certaines conditions portant notamment sur le type d’aménagement et sa pérennité, dans le Quartier des spectacles.»

Afin de faciliter le développement de projets surplombant des structures du métro et d’autoroute souterrraine dans l’arrondissement de Ville-Marie, une exclusion supplémentaire est introduite: 

« l’étage de transfert des charges structurales ».

Paramètres réglementaires Le PPU fait du Quartier des spectacles un secteur « ciblé » pour l’innovation et le design : 

Dans le secteur Place des Arts du Quartier des spectacles, les nouvelles constructions, en plus des critères d’intégration et de mise en valeur du patrimoine bâti, sont soumises à l’application de critères d’évaluation d’avant-garde eu égard au design, à la qualité des matériaux et au développement durable par le biais de la réglementation sur les plans d’implantation et d’intégration architecturale (PIIA) de l’arrondissement de Ville-Marie.


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Crédits: Arrondissement de Ville-Marie - Direction de l’aménagement urbain et des services aux entreprises Ville de Montréal - Service de la mise en valeur du territoire et du patrimoine Quartier international de Montréal (QIM) Daoust Lestage inc. architecture - design urbain

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PROGRAMME PARTICULIER D’URBANISME QUARTIER DES GRANDS JARDINS

Arrondissement de Ville-Marie

26 septembre 2011


Mot du Maire

Chères Montréalaises, Chers Montréalais, C’est avec plaisir que je vous présente la version finale du Programme particulier d’urbanisme (PPU) du Quartier des grands jardins qui intègre plusieurs des recommandations du rapport émis par l’Office de consultation publique de Montréal (OCPM). Grâce à l’accueil favorable et à l’appui du projet par les citoyens et les organismes du milieu, le PPU du Quartier des grands jardins reflète les attentes réelles de la population quant à la revitalisation du Quartier Centre-Ouest de l’arrondissement. Cet outil de planification, c’est aussi en quelque sorte un contrat social qui engage la Ville et ses citoyens à œuvrer ensemble pour créer un renouveau pour le quartier. Le secteur Centre-Ouest de l’arrondissement Ville-Marie offre déjà un milieu de vie unique et identitaire qui recèle aussi un patrimoine bâti remarquable. Né d’une volonté collective, le PPU énonce les grandes orientations qui vont guider l’évolution du secteur. À la suite des consultations publiques, la Ville confirme encore plus sa volonté de consolider le caractère résidentiel du quartier, de renforcer le rôle commercial de la rue Sainte-Catherine et de préserver les espaces verts uniques des grandes institutions du secteur, tout en appuyant leur essor. Ces objectifs, la Ville souhaite les réaliser de concert avec les citoyens et le milieu, afin de garantir le développement durable du quartier. Le présent document a été élaboré par l’arrondissement de Ville-Marie, avec l’appui des différents organismes du milieu, et particulièrement la Table de concertation du centre-ville Ouest. Il prend en compte les grandes politiques et orientations déjà établies par la Ville et qui agissent comme piliers de tout programme de développement urbain : la Politique du patrimoine, le Plan de transport, le Plan de développement durable de la collectivité montréalaise pour n’en citer que certains. À terme, le PPU du Quartier des grands jardins sera intégré au Plan d’urbanisme de Montréal, l’outil de référence des Montréalais et de l’administration municipale en matière d’aménagement du territoire. En plus des étapes de revitalisation du secteur déjà accomplies, la mise en œuvre du PPU du Quartier des grands jardins prendra son envol dès 2012 pour s’échelonner sur les prochaines années. À ce titre, je suis convaincu que nous saurons faire de ce quartier unique du centre-ville de Montréal un lieu encore plus habité, dynamique et exceptionnel.

Gérald Tremblay Maire de Montréal


Table des matières

1 INTRODUCTION 1.1 Présentation de la démarche 1.2 Cohésion avec les politiques de la Ville de Montréal

1 1 4

2 CONTEXTE D’INTERVENTION 2.1 Territoire d’application 2.2 Historique 2.3 Profil sociodémographique 2.4 Diagnostic et enjeux

7 7 8 11 12

3

CADRE D’AMÉNAGEMENT

3.1

La mise en valeur du patrimoine

19 19 20

3.1.1 Protéger et mettre en valeur le caractère patrimonial des grandes institutions du quartier 3.1.2 Révéler et mettre en valeur les paysages urbains exceptionnels du quartier 3.1.3 Préserver les bâtiments d’intérêt patrimonial

3.2

La qualité des milieux de vie

3.2.1 Améliorer l’offre d’espaces verts en misant sur l’accès public aux grands jardins institutionnels 3.2.2 Consolider le caractère résidentiel du quartier en améliorant la qualité de l’habitat et des services communautaires 3.2.3 Implanter une stratégie locale de développement durable

22 25 26 27 30 33

3.3 Le dynamisme économique 3.3.1 3.3.2

Promouvoir la revitalisation de la rue Sainte-Catherine Ouest Soutenir le développement des activités du campus de l’Université Concordia et des autres institutions du quartier

37 38 40

3.4

Planification détaillée : le secteur Cabot

42

4 MISE EN ŒUVRE DU PPU 4.1 Interventions relatives au domaine public planifiées dans le cadre du PPU 4.2 Paramètres réglementaires 4.3 Règlement sur les plans d’implantation et d’intégration architecturale (PIIA) 4.4 Partenariats et ententes 4.5 Programme d’amélioration des logements

48 49 51 53 54 54


Programme particulier d’urbanisme

Quartier des grands jardins

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Introduction

1

Présentation de la démarche

1.1

La version préliminaire du présent document a fait l’objet d’une consultation menée par l’Office de consultation publique de Montréal (OCPM) au printemps 2011. Les soirées de consultation ont mis en lumière plusieurs aspects, notamment les suivants : •

Consolider le caractère résidentiel du quartier

En faire un milieu de vie mixte, animé, recherché et attrayant autant pour les résidants, les travailleurs et les étudiants

Aménager un nouvel espace vert destiné aux résidants du quartier

Le secteur Centre-Ouest du centre-ville, désigné également comme le Quartier des grands jardins en raison des vastes jardins institutionnels qui s’y trouvent, peut compter sur plusieurs caractéristiques attrayantes : une situation centrale entre le mont Royal, le centre des affaires et le canal de Lachine, un noyau institutionnel fort, un riche patrimoine bâti, des lieux de haut savoir, une mixité sociale et fonctionnelle digne des grandes métropoles… Tous ces atouts font de ce quartier un milieu de vie, animé, vivant, où convergent chaque jour des dizaines de milliers d’étudiants et de travailleurs. L’élaboration d’un PPU se veut l’occasion de développer une planification cohérente et détaillée qui tire parti de la combinaison des forces du quartier pour guider sa mise en valeur. La décision d’élaborer un Programme particulier d’urbanisme (PPU) est issue d’une volonté commune des organismes du milieu et de l’arrondissement de Ville-Marie de se doter d’un outil d’encadrement du développement urbain. Pour concevoir ce PPU, l’arrondissement a pu compter sur la collaboration de la Table de concertation du Centre-ville ouest, un groupe qui réunit des organisations, des entreprises, des institutions et des résidants actifs dans le milieu. Le PPU présente les principaux projets d’aménagement qui seront lancés à l’initiative de l’arrondissement de Ville-Marie et de la Ville au cours des prochaines années. Le document est divisé en trois sections : •

Le contexte d’intervention situe le territoire en question, dresse l’historique du quartier et en trace le portrait sociodémographique. Il établit également un diagnostic des forces et des faiblesses du secteur, et précisent les enjeux d’aménagement qui en découlent.

Le cadre d’aménagement aborde les orientations, les objectifs et les moyens de mise en œuvre proposés en réponse au diagnostic établi dans la section précédente. Il permet aussi d’examiner un projet considéré comme structurant qui doit faire l’objet d’une planification plus détaillée : le réaménagement du secteur Cabot.

La mise en œuvre énumère les stratégies concrètes à adopter pour réaliser le PPU.


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Présentation des outils urbanistiques utililisés Il importe de définir brièvement quelques notions afin d’assurer une bonne compréhension des outils d’urbanisme dont il est question dans le présent document. Plan d’urbanisme Le plan d’urbanisme est un document de planification qui établit les grandes orientations d’aménagement pour l’ensemble du territoire montréalais. En plus de fournir des lignes directrices pour le développement urbain à grande échelle, il contient des orientations quant aux hauteurs, aux densités et aux affectations du sol. Ces dispositions n’étant pas directement opposables au citoyen lors d’une demande de permis, elles ne confèrent pas de droits de construction ; elles fournissent plutôt un cadre aux arrondissements, qui doivent moduler leur règlementation en fonction de celles-ci. Les règlements d’arrondissement doivent être conçus de façon à être conformes aux orientations du plan d’urbanisme.

Programme particulier d’urbanisme (PPU) Alors que le plan d’urbanisme porte un regard sur l’ensemble du territoire montréalais, le PPU se veut plus précis dans sa portée et permet de planifier de façon plus approfondie un quartier qui demande une attention toute particulière. À son adoption, le PPU devient partie intégrante du plan d’urbanisme. S’il y a lieu, les orientations du plan d’urbanisme sont modifiées pour correspondre aux changements proposés dans le PPU. La Loi sur l’aménagement et l’urbanisme encadre le contenu d’un tel document. Le PPU peut prévoir notamment : • des modifications règlementaires (ex.: hauteurs, densités, affectations du sol, etc.) •

des propositions d’aménagement sur le domaine public (ex.: liens piétonniers, plantations, mobilier urbain, voies de circulation, pistes cyclables, etc.)

de nouvelles infrastructures destinées à la vie communautaire (ex.: parc, place publique, centre sportif, bibliothèque, etc.)

la mise sur pied de programmes particuliers de restauration (ex.: rénovation des façades commerciales)

En bref, le PPU se veut un outil privilégié pour intervenir sur la forme urbaine et sur les infrastructures qui y sont associées.

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Programme particulier d’urbanisme

Quartier des grands jardins

Présentation des outils urbanistiques utililisés (suite) Règlement d’urbanisme Le règlement d’urbanisme est l’outil utilisé par l’arrondissement pour contrôler plus finement l’usage des terrains et des bâtiments ainsi que l’implantation, la forme et l’apparence des constructions. Les orientations règlementaires du plan d’urbanisme s’y traduisent plus concrètement, parfois de façon plus restrictive en fonction d’un regard plus local porté sur le contexte urbain. Lors d’une demande de permis, ce sont les dispositions du règlement d’urbanisme qui sont directement opposables au citoyen.

Règlement sur les plans d’implantation et d’intégration architecturale (PIIA) Le règlement sur les PIIA est un outil urbanistique qui permet à l’arrondissement d’évaluer et d’autoriser les projets qui lui sont présentés selon une approche qualitative qui tient compte du milieu d’insertion. En fonction du secteur et/ou du type d’intervention, les demandes de permis sont évaluées selon des objectifs et des critères préétablis par le règlement. Ces critères peuvent porter sur une variété d’éléments, notamment : •

L’harmonisation de la volumétrie, de l’implantation et de la hauteur des constructions par rapport au bâti environnant

La qualité des matériaux employés

L’aménagement paysager du site

La prise en compte des perspectives visuelles à mettre en valeur

Le règlement sur les PIIA s’appuie sur une étude typo-morphologique détaillée du secteur d’application ; on pousse ainsi plus loin la connaissance de l’environnement bâti, ce qui permet ultimement de bonifier la qualité des projets.

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Programme particulier d’urbanisme

Cohésion avec les politiques de la Ville

1.2

Quartier des grands jardins

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Le Programme particulier d’urbanisme du Quartier des grands jardins s’inscrit dans la mise en œuvre de plusieurs grandes politiques de la Ville. La cohérence entre le PPU et les politiques de la Ville est démontrée dans la présente section. Ces liens seront approfondis tout au long du document.

La Politique du patrimoine Comme le stipule la Politique du patrimoine, le PPU du Quartier des grands jardins s’appuie sur une définition élargie du patrimoine qui va au-delà du patrimoine bâti pour inclure les composantes paysagères et naturelles. Le fait même d’intégrer au plan d’urbanisme le présent document et de traduire ses orientations dans la réglementation en matière d’urbanisme de l’arrondissement répond à un besoin de reconnaître concrètement l’importance des préoccupations patrimoniales. La Politique du patrimoine souligne l’importance de l’appropriation populaire, vue comme l’assise de la reconnaissance et de la conservation du patrimoine sous toutes ses formes. Cette appropriation populaire constitue donc une condition clé de la reconnaissance des qualités paysagères des grands jardins institutionnels du quartier. Par ailleurs, l’inscription de cette dimension d’appropriation dans le PPU doit être couplée à l’intégration aux réglements des préoccupations sur la conservation. La Politique du patrimoine considère également la conservation et la mise en valeur du patrimoine religieux comme des enjeux prioritaires. Le PPU doit viser le maintien des grandes caractéristiques des grands domaines institutionnels, notamment en ce qui a trait à leurs composantes paysagères.

Plan de protection et de mise en valeur du Mont-Royal La proximité du mont Royal est un des attraits importants du Quartier des grands jardins, non seulement parce qu’il constitue un grand parc public, accessible aux résidants, mais aussi parce qu’il est une composante clé dans la mise en scène des paysages exceptionnels du quartier. Le Plan de protection et de mise en valeur du mont Royal analyse par ailleurs les moyens à mettre en œuvre pour rendre la montagne plus accessible. Cet objectif coïncide avec les visées du PPU, où l’on compte tirer le meilleur parti possible de la proximité du quartier avec le mont Royal.


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Le Plan de transport D’entrée de jeu, il faut souligner que le quartier se positionne avantageusement par rapport à l’énoncé de vision du Plan de transport, qui vise « [une réduction de] la dépendance à l’automobile en misant sur un usage accru du transport en commun et des transports actifs ». La présence de deux stations de métro, d’une piste cyclable utilisable toute l’année et de nombreuses stations de vélos libre-service a amené les résidants du quartier à adopter largement les modes de transport collectifs et actifs au détriment de l’automobile. Ainsi, le recensement de 2006 révélait que seulement 16 % d’entre eux utilisent l’automobile pour se rendre au travail, alors que cette proportion est de 51 % dans la population montréalaise. Les statistiques démontrent en fait que les résidants du quartier mettent déjà en application une grande partie des objectifs du Plan de transport. Le PPU accorde tout de même une place importante à l’atteinte de certains objectifs de ce plan, particulièrement en ce qui a trait aux déplacements des piétons.

Le Plan de développement durable de la collectivité montréalaise Le PPU intègre plusieurs éléments du plan d’action issu du Plan de développement durable de la collectivité montréalaise. Ainsi, l’atteinte des cibles de réduction des gaz à effet de serre, la réduction du solde migratoire entre Montréal et la banlieue ainsi que la protection du couvert végétal figurent parmi les objectifs du Plan de développement durable qui sont intégrés au présent PPU.

La Stratégie d’inclusion de logements abordables La Stratégie d’inclusion de logements abordables précise deux cibles spécifiques : que 15 % des nouvelles unités d’habitation construites sur le territoire de Montréal soient des logements sociaux et communautaires, et que 15 % soient des logements abordables résultant d’initiatives privées. Bien que le contexte particulier du centre-ville puisse compliquer l’atteinte de tels objectifs, le PPU souligne l’importance de trouver des solutions adaptées à la réalité du centre-ville. Cela permettra en fin de compte de mettre sur pied des initiatives visant à faciliter la réalisation de logements sociaux et communautaires et à stimuler la production de propriétés à prix abordable.


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Le Plan d’action ciblé en itinérance Dans l’optique de « réduire les problèmes de partage de l’espace urbain et [de renforcer] l’exercice de la citoyenneté », le Plan d’action ciblé en itinérance propose de faire des abords du square Cabot un lieu de déploiement d’un plan d’intervention. Les actions prévues dans ce secteur dans le cadre du PPU facilitent l’implantation d’une telle stratégie. En vue de « répondre aux besoins de base des personnes en situation d’itinérance ou à risque », le plan d’action s’intéresse également à l’offre de logements pour les itinérants. Par son objectif de favoriser la qualité de l’habitat dans le Quartier des grands jardins, le PPU se conforme à ces orientations. La Ville a déjà entrepris des actions concrètes autour du square Cabot, notamment en y déployant une programmation culturelle plus intensive et en y augmentant la fréquence de l’entretien. Le Plan d’action est en place depuis octobre 2010 et devrait avoir des impacts positifs à mesure que les interventions se poursuivent. Il prévoit par ailleurs des mécanismes de suivi qui permettront d’ajuster l’approche au besoin.

La Stratégie de développement économique 2005-2010 de la Ville de Montréal Comme la revitalisation de la rue Sainte-Catherine Ouest constitue un élément clé de la relance économique du Quartier des grands jardins, le présent PPU s’arrime aux priorités de la Stratégie de développement économique en annonçant des actions concrètes pour stimuler le dynamisme commercial de l’artère ainsi que l’accroissement de la population résidante au centre-ville. En proposant des interventions pour soutenir la croissance de l’Université Concordia, le PPU prend en compte « l’amélioration du processus de développement du capital humain », une autre priorité de la stratégie. Enfin, les nombreuses interventions de verdissement et de réaménagement du domaine public répondent au besoin d’« améliorer la qualité de l’environnement urbain » que spécifie la Stratégie de développement économique.

Le Plan d’urbanisme de Montréal Le PPU reprend les grands thèmes mis de l’avant par le Plan d’urbanisme (orientations, objectifs, actions, moyens de mise en oeuvre) en vue de protéger, mettre en valeur et développer les attributs principaux du quartier qui contribuent à ses qualités urbaines et à son identité d’ensemble. Le présent document fait partie intégrante du Plan d’urbanisme.


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Quartier des grands jardins

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Contexte d’intervention

2

Territoire d’application

2.1

Le Quartier des grands jardins est situé dans la portion ouest de l’arrondissement de Ville-Marie. Il s’étend sur 885 500 m², ce qui représente environ 5 % de la superficie de l’arrondissement. Le quartier est délimité au nord par la rue Sherbrooke et le domaine des sulpiciens, à l’ouest par l’avenue Atwater et la ville de Westmount, à l’est par la rue Bishop et au sud par la falaise Saint-Jacques. Au-delà de cette délimitation, le document tient compte des interfaces avec l’environnement immédiat qui côtoie ces limites.

Le territoire du Quartier des grands jardins englobe la section sud du district Peter-McGill et les secteurs Shaughnessy Village et Lincoln-Tupper. Il est adjacent au centre des affaires, à l’est, et à l’arrondissement du Sud-Ouest, au sud. Il abrite le campus de l’Université Concordia, le Forum Pepsi – ancien domicile des Canadiens de Montréal –, le Collège Dawson, l’Hôpital de Montréal pour enfants, le Centre canadien d’architecture, ainsi que plusieurs domaines institutionnels qui relèvent du patrimoine religieux. La population bénéficie aussi de la proximité de deux grands espaces verts d’envergure métropolitaine, le mont Royal et le canal de Lachine se trouvant dans un rayon de moins de 2 kilomètres.

Fig. 1 Délimitation du territoire d’application du PPU


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Historique

1642-1800

2.2

Quartier des grands jardins

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La mise en place du premier découpage agricole et l’arrivée des sulpiciens La génèse de ce qu’on désigne aujourd’hui comme le Quartier des grands jardins remonte au début de la colonisation de Montréal. Entre 1642 et 1842, l’île de Montréal fait l’objet d’un premier découpage agricole. Les sulpiciens, proclamés seigneurs de l’île par le roi de France, se réservent un grand domaine sur le flanc sud du mont Royal. Ils y installent une mission d’évangélisation. Vestige toujours existant aujourd’hui, un premier fort, constitué d’une enceinte et de tours, y est ensuite érigé. L’ensemble est entouré de champs, de vergers et de boisés.

1800-1870

Premiers lotissements résidentiels Au début du 19e siècle, les terres situées au sud du domaine font place à un quartier résidentiel qui accueille de grandes villas. Le lotissement du quartier s’intensifie au milieu du siècle lorsque les sulpiciens confient à l’architecte John Ostell la tâche de subdiviser les terrains. Un nouveau cadastre, différent du lotissement montréalais typique, prend alors forme et la construction de maisons en rangée et de conciergeries est autorisée. C’est ainsi que se constitue, entre 1870 et 1910, le faubourg résidentiel qui prendra le nom de Shaughnessy Village. Encore aujourd’hui, il subsiste d’importants témoins de ce patrimoine résidentiel.

1870-1950

L’urbanisation institutionnelle Pendant que ce qui est aujourd’hui le Vieux-Montréal se transforme sous les pressions de l’industrialisation croissante, plusieurs maisons-mères s’établissent dans le secteur, séduites par le cadre champêtre des lieux. Déjà, en 1840, les sulpiciens y ont établi le Grand Séminaire. En 1871, les sœurs Grises inaugurent un hôpital et leur nouvelle maison-mère, qui abrite une chapelle de grande qualité, achevée en 1879. L’église St. James the Apostle est construite en 1864. Cette urbanisation institutionnelle se poursuit avec l’installation du domaine des franciscains (1890), de l’asile des petites sœurs des Pauvres (1892), de la maison-mère et de l’école normale de la Congrégation de Notre-Dame (respectivement en 1908 et 1913), et de l’Hôpital de Montréal pour enfants (1928). C’est donc un patrimoine architectural riche qui voit le jour à cette époque. Vers 1890, deux autres édifices remarquables sont érigés boulevard De Maisonneuve Ouest, l’ancienne école Victoria et le Royal Montreal Curling Club.


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1950-1970

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Grandes campagnes de rénovation urbaine Des années 1930 aux années 1950, l’expansion urbaine est freinée par les effets de la crise économique et de la Deuxième Guerre mondiale. Les années 1950 marquent le retour d’un certain optimisme qui se traduit par la réalisation de grands travaux de rénovation urbaine. Plusieurs interventions transforment alors le secteur, notamment : •

L’élargissement du boulevard Dorchester (aujourd’hui René-Lévesque)

La construction de l’autoroute Ville-Marie

La percée de l’axe De Maisonneuve

La construction du métro

Dans la foulée de ces travaux et de l’expansion du centre-ville, plusieurs îlots résidentiels où sont érigées des maisons cossues se transforment pour faire place à des tours d’habitation et des immeubles de bureaux. La construction de ces tours d’habitation entraîne une forte hausse de la densité de population et une transformation profonde du tissu social dans le secteur.

1970-1995

Émergence des préoccupations d’ordre patrimonial La restauration de la maison Shaughnessy suscite une revalorisation du bâti résidentiel du Shaughnessy Village. Cette mise en valeur est soutenue par des interventions publiques. La désignation de la maison Shaughnessy comme monument historique, en 1974, et celle de l’ensemble conventuel des sœurs Grises en tant que site historique, en 1976, empêchent la démolition de bâtiments situés dans les deux aires de protection ainsi formées (voir plan 2). Les années 1970 voient aussi naître un mouvement en faveur de la sauvegarde du patrimoine, dans le contexte de la mobilisation populaire contre la démolition de la maison Van Horne, en 1973. Le patrimoine résidentiel de ce secteur est aujourd’hui pris en charge par des propriétaires consciencieux et sensibles à la valeur architecturale de leurs immeubles. La maison Shaughnessy fait maintenant partie du Centre Canadien d’Architecture.


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1995-aujourd’hui L’expansion de l’Université Concordia et le déménagement des Canadiens L’expansion spectaculaire du campus de l’Université Concordia a marqué le quartier au cours des 15 dernières années. En inaugurant le complexe des sciences Richard J. Rena en 2003 et le nouvel immeuble de l’École de gestion John-Molson en 2009, l’Université Concordia confirme sa place en tant qu’acteur majeur dans le développement du quartier. Pendant que ces investissements redynamisent la partie est du Quartier des grands jardins, la partie ouest est sérieusement perturbée par le déménagement des Canadiens de Montréal, en 1996. La disparition de cet important générateur d’achalandage provoque une dévitalisation marquée de la rue Sainte-Catherine Ouest dans ce secteur. Bien que les traces de ce déclin soient toujours visibles, la mise en œuvre de projets tels que le redéveloppement du site de l’ancien théâtre Seville en un immeuble résidentiel mixte permet d’entrevoir l’avenir avec optimisme.


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Profil sociodémographique

2.3

Quartier des grands jardins

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Selon les données du recensement de 2006, le Quartier des grands jardins héberge 14 222 résidants et accueille 20 000 travailleurs et plus de 40 000 étudiants. Il s’agit d’un des quartiers les plus densément peuplés de la ville, avec plus de 16 061 personnes au km2. Une forte proportion de cette population habite les tours d’habitation de la partie nord du territoire.

Voici quelques données éclairantes sur le profil sociodémographique de la population du quartier : •

Âge : Près de 50 % de la population est âgée de 20 à 34 ans. À titre de comparaison, cette proportion chute de moitié, à 24,5 %, dans l’ensemble de population montréalaise.

Scolarité : Les résidants sont plus scolarisés que la moyenne de la population montréalaise. Ainsi, le quartier compte près de 40 % de diplômés universitaires, alors que la ville en compte 30 %. La population étudiante, qui forme 17 % des résidants, est appelée à croître puisque les nombreux établissements d’enseignement poursuivent leur expansion dans le secteur.

Citoyenneté : Sur le plan de la citoyenneté, 50 % des habitants du quartier ont le statut d’immigrant (30,7 % pour Montréal), tandis que 15 % sont des résidents non permanents (2,1 % pour Montréal).

Revenu : Le revenu moyen des ménages est nettement plus faible dans le quartier que dans l’ensemble de la ville. En effet, 73 % des résidants ont un revenu annuel inférieur à 40 000 $ (52 % pour Montréal) et 29 % ont un revenu annuel inférieur à 10 000 $ (9,4 % pour Montréal).

Mode d’occupation : On constate que 92 % des unités d’habitation sont occupées par des locataires. Les propriétaires n’occupent que 8 % des unités d’habitation, alors que cette proportion est de 32 % à l’échelle de Montréal.

Mobilité : Une personne sur trois (33 %) ne vivait pas à la même adresse un an avant le recensement de 2006; cette proportion s’élève à plus de deux personnes sur trois (72 %) cinq ans auparavant. On constate une plus grande stabilité dans l’ensemble de la population montréalaise, pour laquelle les taux sont de 15 % pour l’année précédant le recensement et de 45 % cinq ans avant le recensement.


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Diagnostic et enjeux

2.4

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Un patrimoine riche dans un contexte de requalification Pourvu de paysages exceptionnels grâce à la proximité du mont Royal, bénéficiant de la falaise Saint-Jacques, du canal de Lachine et du centre des affaires, le Quartier des grands jardins peut, encore aujourd’hui, compter sur un riche patrimoine urbain constitué par le cadre bâti institutionnel, résidentiel et commercial. Marqué historiquement par l’implantation des sulpiciens et de plusieurs communautés religieuses, par le développement d’un cadre bâti ancien de grande qualité et l’arrivée, au début du 20e siècle, de lieux de divertissement majeurs (le théâtre Seville et le Forum), le quartier fait face à des défis qui découlent de mutations importantes survenues depuis la fin des années 1950. Dans la foulée de vastes campagnes de rénovation urbaine, plusieurs bâtiments ayant une grande valeur patrimoniale ont été démolis, ce qui a fragilisé l’identité du quartier.

Aujourd’hui, un vent de renouveau souffle sur le Quartier des grands jardins, notamment grâce à des initiatives privées de rénovation résidentielle et à l’expansion du campus de l’Université Concordia. Les importantes sommes investies par la Ville pour aménager la place Norman-Béthune ont aussi contribué à rehausser l’image du secteur. Le redéveloppement du site de l’ancien théâtre Séville en un projet résidentiel mixte témoigne des transformations à venir. Le départ graduel des institutions religieuses et le déménagement éventuel de l’Hôpital de Montréal pour enfants soulèvent des enjeux de requalification et de protection du patrimoine bâti et paysager qui seront au cœur des préoccupations dans les prochaines années. Le plan 2 indique les mécanismes de protection patrimoniale déjà prévus.

L’enjeu : conjuguer la requalification des grandes institutions et le développement urbain avec la protection et la mise en valeur des composantes identitaires distinctives du quartier.


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Un milieu de vie dense, animé et central Outre le caractère institutionnel fort, le volet résidentiel constitue une composante essentielle du secteur qui se déploie selon trois grandes typologies dominantes (voir plan 3). Il s’agit d’un des quartiers les plus densément peuplés au pays, avec 16 061 personnes au km2. À titre de comparaison, la densité de population de l’arrondissement du PlateauMont-Royal, qui est de 12 430 personnes au km2, est presque 25 % inférieure. La proximité du centre des affaires et la présence de l’Université Concordia suscitent par ailleurs un transit important d’étudiants et de travailleurs. Cette affluence quotidienne d’environ 60 000 personnes se traduit par une population quatre fois plus importante pendant la journée, ce qui contribue à l’animation et l’effervescence de ce milieu de vie Habiter ainsi le centre-ville présente plusieurs avantages – parlons notamment de l’efficacité des transports en commun –, mais les résidants ne sont pas à l’abri des inconvénients typiques des quartiers centraux. On note, par exemple, des problématiques liées à l’usure de certains bâtiments résidentiels et à l’itinérance, ce qui peut expliquer en partie le taux de roulement élevé que l’on observe dans le parc résidentiel locatif. L’évolution de l’urbanisation a laissé peu de place pour la création d’espaces verts publics à l’intérieur des limites du quartier. À ce chapitre, il est important de souligner que les grands ensembles institutionnels présentent une valeur non seulement sur le plan du patrimoine architectural, mais aussi sur le plan paysager. Au total, le quartier comprend environ 18 hectares de jardins méconnus du public. Ces jardins sont présentement peu accessibles et pourraient être menacés de disparition sous la pression du développement immobilier dans le cadre d’une éventuelle requalification des sites. Si on exclut ces jardins, les espaces verts du quartier ne sont pas assez nombreux pour assurer un couvert végétal suffisant. L’enjeu : développer des milieux de vie sains, diversifiés, sécuritaires, où la population a accès à des espaces verts, et ce dans le contexte particulier du centre-ville.


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Une situation économique en phase de redressement Sur le plan économique, on constate des signes encourageants de redressement après la période difficile, attribuable en partie au déménagement des Canadiens de Montréal en 1996. Bien qu’il subsiste des traces perceptibles de cette dévitalisation – le délabrement de certaines façades, quelques vitrines placardées et les espaces à louer marquent encore le paysage de la rue Sainte-Catherine Ouest –, les investissements massifs réalisés dans le secteur par l’Université Concordia agissent comme un véritable moteur de développement.

La proximité du centre des affaires est évidemment une composante clé de l’attractivité du Quartier des grands jardins, qui bénéficie aussi d’un réseau de transport collectif performant sur lequel peut s’appuyer la croissance (voir plan 4). Le quartier comprend deux stations de métro (Guy-Concordia et Atwater) accessibles de différents points du quartier en cinq minutes de marche. S’y trouvent également le terminus Atwater, qui dessert 15 lignes d’autobus, une piste cyclable praticable 12 mois par année le long du boulevard De Maisonneuve Ouest ainsi que de nombreuses stations de vélos en libre service Bixi. La proximité du pôle intermodal Lucien-L’Allier représente un autre atout pour le secteur sur le plan de l’accessibilité régionale. Enfin, l’important réseau artériel constitue une porte d’entrée au centre-ville pour de nombreux automobilistes.

L’enjeu : stimuler la relance économique du quartier en misant sur des interventions publiques en appui à la croissance des institutions et à la revitalisation de la rue SainteCatherine Ouest.


Plan 1


Pavillon McConnell Pavillon Henry F. Hall Pavillon GĂŠnie-Informatique-Beaux-Arts Pavillon Richard-J.-Rena Pavillon John-Molson


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Cadre d’aménagement

3

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La présente section traite des orientations, des objectifs et des moyens de mise en œuvre proposés en réponse au diagnostic tracé dans la section précédente. Le PPU s’articule autour de trois grandes orientations : •

La mise en valeur du patrimoine

La qualité des milieux de vie

Le dynamisme économique

Un quatrième objet d’étude est abordé par la suite : la planification détaillée du secteur Cabot.

La mise en valeur du patrimoine

3.1

Trois siècles se sont écoulés depuis l’établissement des sulpiciens dans ce qu’on appelle aujourd’hui le Quartier des grands jardins. Il faut miser sur la protection et la mise en valeur des composantes identitaires distinctives du quartier, soit ses ensembles patrimoniaux, ses institutions, ses jardins, son bâti résidentiel de qualité, ainsi que sa situation stratégique comme porte d’entrée du centre-ville de Montréal. Trois objectifs ont été retenus pour guider la mise en œuvre de cette orientation : •

Protéger

et mettre en valeur le caractère patrimonial des grandes institutions du quartier

Révéler

Préserver

et valoriser les paysages urbains exceptionnels du quartier les bâtiments d’intérêt patrimonial


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3.1.1 Protéger et mettre en valeur le caractère patrimonial des grandes institutions du quartier Le développement du Quartier des grands jardins repose sur la reconnaissance et la mise en valeur des institutions fondatrices qui ont marqué son territoire. Certaines institutions, dont le domaine des sœurs Grises, l’Hôpital de Montréal pour enfants, le domaine des franciscains, le domaine des petites sœurs des Pauvres et l’ancienne école Victoria, ont déjà signalé leur intention d’apporter des transformations à l’occupation de leur propriété. Dans ce contexte de requalification, il importe de s’assurer que la conversion de ces ensembles institutionnels ne se fasse pas au détriment de leur richesse patrimoniale, qui doit idéalement être préservée dans son intégrité, tant sur le plan architectural que paysager.

Il importe par ailleurs de rappeler que des statuts de protection existent déjà pour certaines institutions (voir plan 2). Les domaines des sulpiciens et des soeurs Grises, ainsi que le site du Collège Dawson, sont des sites historiques classés en vertu de la Loi sur les biens culturels. La maison Shaughnessy, rattachée au Centre Canadien d’Architecture, a été classée monument historique en vertu de la même loi. Il faut souligner que la décision par ces institutions d’entreprendre des travaux de transformation et d’agrandissement doit d’abord faire l’objet d’autorisations du Ministère de la culture, des communications et de la condition féminine pour tous travaux modifiant l’apparence extérieure de ces bâtiments. Finalement, une validation des autorités gouvernementales est requise afin d’assurer la viabilité financière des projets. Dans ce contexte, les interventions privilégiées dans le PPU visent à accentuer la rigueur de la protection du caractère patrimonial des grandes institutions du quartier.


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Moyens de mise en œuvre •

Évaluer toute demande de changement d’affectation du sol des propriétés institutionnelles selon des critères liés à la préservation et à la mise en valeur des espaces verts et, d’autre part, privilégier la signature d’accords de développement

Encadrer attentivement les interventions sur les sites institutionnels en soumettant toute modification des composantes architecturales et paysagères de ces sites en vertu d’un nouveau Règlement sur les plans d’implantation et d’intégration architecturale (PIIA)

Encourager l’appropriation publique des jardins institutionnels afin de bâtir une expérience collective de ces espaces

Procéder à l’aménagement d’un espace vert public sur le boulevard De Maisonneuve mettant en valeur le Royal Montreal Curling Club et l’ancienne école Victoria, qui est en voie de requalification

Assurer le rayonnement du patrimoine institutionnel du secteur non seulement auprès des résidants du quartier, mais aussi auprès de la population montréalaise dans son ensemble

Cohésion avec les politiques de la Ville • Politique du Patrimoine : Les moyens de mise en œuvre proposés visent la protection et la mise en valeur des caractéristiques distinctives des ensembles institutionnels, principalement par l’entremise d’outils réglementaires. Ces moyens permettent de poser des actions en faveur de la conservation du patrimoine religieux, un enjeu prioritaire de cette politique. Ces actions sont particulièrement importantes dans le contexte d’une requalification imminente de plusieurs institutions. • Plan de développement durable de la collectivité montréalaise : En protégeant les grands jardins institutionnels, le PPU aide la Ville à respecter l’engagement qu’elle a pris de protéger 6% du territoire terrestre montréalais.


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3.1.2 Révéler et mettre en valeur les paysages urbains exceptionnels du quartier Le Quartier des grands jardins recèle des paysages urbains exceptionnels qu’il faut faire découvrir aux Montréalais. Grâce à la forte influence des grandes institutions dans le quartier, la plupart de ces paysages remarquables ont été préservés dans leur intégralité. Ils sont issus de la combinaison de plusieurs éléments caractéristiques du secteur : •

Une topographie où s’inscrit un parcours entre le mont Royal, la falaise Saint-Jacques et le canal de Lachine

Les qualités paysagères des grands domaines institutionnels

Un patrimoine architectural riche qui remonte au 19e siècle

De grands boulevards inscrits dans l’histoire de Montréal

Le Plan d’urbanisme de la Ville de Montréal impose par ailleurs la protection des vues encadrées d’intérêt en direction du mont Royal, et mentionne de façon non exclusive les rues Atwater et Guy. Le Plan de protection et de mise en valeur du mont Royal va plus loin en indiquant également la vue depuis la rue Lambert-Closse et en soulignant le caractère précaire de la vue à partir de la rue Guy. De plus, la présence de la falaise Saint-Jacques et le panorama sur le fleuve et la Montérégie demeurent des attraits qu’il faut protéger et mettre en valeur.


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Moyens de mise en œuvre •

Procéder au réaménagement du square Cabot et de ses abords ainsi qu’au verdissement de l’avenue Atwater et du boulevard René-Lévesque, dans le but de les inscrire dans une coulée verte reliant le mont Royal aux jardins du Centre Canadien d’Architecture (voir plan 5)

Tendre à maintenir les vues vers le mont Royal, vers les sites remarquables du quartier, ainsi que depuis la falaise Sainte-Jacques

Inscrire les sites emblématiques du quartier dans des parcours patrimoniaux comprenant signalisation et bornes d’interprétation afin d’encourager l’appropriation collective de ces sites

• Contribuer, par des aménagements et des paramètres réglementaires, à la mise en valeur et à la préservation des principales unités de paysage du quartier, soit le caractère de grand boulevard de l’axe René-Lévesque, l’artère de prestige Sherbrooke ainsi que la percée visuelle qu’offre le boulevard De Maisonneuve.

Cohésion avec les politiques de la Ville • Politique du patrimoine : Les moyens de mise en œuvre se déploient pour répondre à une définition élargie du patrimoine intégrant la notion de paysage. La création de parcours mettant en réseau les éléments forts du patrimoine bâti et paysager du quartier contribuera à accroître la connaissance du patrimoine de Montréal et, ainsi, à encourager son appropriation. • Plan de protection et de mise en valeur du mont Royal : Le PPU reconnaît l’importance de la protection des vues en direction du mont Royal dans sa stratégie de mise en valeur des paysages.


Propriétés institutionnelles à protéger et à mettre en valeur

Plan 5


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3.1.3 Préserver les bâtiments d’intérêt patrimonial Au-delà des grandes institutions qui marquent son territoire, le Quartier des grands jardins abrite un patrimoine résidentiel remarquable, composé entre autres des demeures victoriennes du Shaughnessy Village. On y trouve aussi d’anciennes résidences converties en commerces qui ont conservé le cachet du bâtiment d’origine, ainsi que des insertions contemporaines qui présentent un intérêt architectural. Nous abordons ici la protection de ces bâtiments qui sont associés à la formation de l’identité du quartier.

Moyens de mise en œuvre •

Soumettre les projets de rénovation, de transformation, d’agrandissement et de construction à l’approbation préalable d’un plan d’implantation et d’intégration architecturale (PIIA) en vertu d’un nouveau règlement à cet effet

• Assurer une insertion harmonieuse des nouvelles constructions dans le tissu urbain existant, afin de ne pas compromettre la mise en valeur des bâtiments d’intérêt patrimonial

Cohésion avec les politiques de la Ville • Politique du patrimoine : Le renforcement des paramètres réglementaires prévu plus haut permettra d’exercer un contrôle plus serré sur les interventions en milieu patrimonial, comme le prescrit la politique. Assurer l’intégration harmonieuse des insertions dans le tissu urbain contribuera à protéger le patrimoine paysager du secteur en préservant les ensembles bâtis qui façonnent le paysage du quartier.


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La qualité des milieux de vie

3.2

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Le Quartier des grands jardins présente plusieurs avantages pour ceux qui décident de s’y établir : il se situe à proximité de grands pôles d’emploi et d’équipements éducatifs et culturels majeurs, il est très bien desservi par les transports en commun et il comporte un patrimoine bâti exceptionnel. Le caractère dynamique du centre-ville y est fortement perceptible, animé par la mixité des commerces, des résidences et des lieux d’emploi. Toutefois, pour faire du quartier un milieu de vie de grande qualité, certains aspects doivent être améliorés. À cet égard, la bonification de l’offre en espaces publics, la consolidation de la fonction résidentielle et la création d’un environnement sain constituent des enjeux clés. Trois objectifs ont été retenus pour mettre en œuvre de cette orientation : •

Améliorer

l’offre d’espaces verts en misant notamment sur l’accès ouvert aux grands jardins institutionnels

Consolider

Implanter

le caractère résidentiel du quartier en améliorant la qualité de l’habitat et des services communautaires une stratégie locale de développement durable


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3.2.1 Améliorer l’offre d’espaces verts en misant sur l’accès ouvert aux grands jardins institutionnels Au sein de ce milieu densément peuplé et construit, on trouve tout de même près de 20 ha d’espaces verts. Or, seulement 10 % de cette superficie correspond à des parcs municipaux. Les jardins privés institutionnels, d’une qualité exceptionnelle, s’étendent sur 18 ha et comptent donc pour la plus grande part de l’offre locale d’espaces verts. En élargissant le point de vue en dehors des limites du quartier, on constate par ailleurs la proximité de deux grands espaces verts, soit le parc du Mont-Royal et le Lieu historique national du Canada du Canal-de-Lachine. La position centrale du quartier entre ces deux espaces publics importants est un atout remarquable qui doit faire l’objet d’une valorisation plus poussée. Le PPU prévoit défendre le maintien des espaces verts institutionnels et encourager leur accessibilité au bénéfice de l’ensemble de la collectivité. Ces gestes sont posés non seulement pour améliorer la qualité de vie des résidants, mais aussi pour façonner une expérience collective essentielle à l’attribution d’une valeur patrimoniale à ces lieux. Cet objectif cadre avec les visées du Plan d’urbanisme quant à la protection des grandes propriétés à caractère institutionnel et des lieux de culte d’intérêt patrimonial. Le plan stipule en effet que « tout projet de transformation, de construction ou de morcellement sur ces propriétés sera évalué en fonction de critères visant notamment à assurer un accès public aux espaces verts et aux milieux naturels ». Il importe bien sûr de trouver un équilibre entre les besoins d’expansion de ces institutions et la préservation des jardins au bénéfice de la population locale. Lors des consultations publiques, plusieurs institutions, en particulier l’Université Concordia, ont fait des représentations en ce sens. Ces institutions ont clairement indiqué qu’elles s’engagent à travailler avec la communauté locale dans l’éventualité d’un redéveloppement de leur site. Dans le cas plus précis du site de la Maison mère des soeurs Grises, l’Université Concordia a manifesté son engagement à consulter les citoyens sur d’éventuelles propositions d’aménagement. On retrouve des espaces verts significatifs dans les sites suivants : •

Domaine des sulpiciens

Domaine des franciscains

Collège Dawson

Centre Canadien d’Architecture ;

Congrégation de Notre-Dame

Domaine des sœurs Grises

Église St. James the Apostle

On note par ailleurs dans le quartier une carence de parcs de proximité et il n’y a aucune aire de jeu destinée aux enfants dans la partie nord du quartier. Ces équipements jouent pourtant un rôle majeur dans la qualité de vie des citadins vivant en milieu urbain dense, où les aires d’agrément privées sont plus rares.


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Moyens de mise en œuvre •

Dans le cadre de la requalification des sites institutionnels nécessitant un changement d’affectation du sol, favoriser une bonification des espaces verts et, d’autre part, dans le cadre de la signature d’accords de développement, favoriser une accessibilité publique à ces espaces

Soumettre à des interactions avec le milieu tout accord de développement ou plan directeur d’aménagement découlant d’une requalification de ces sites

Amorcer les négociations avec certaines institutions dans le but de conclure des ententes relativement à l’utilisation publique de leurs espaces verts, en fonction de modalités touchant notamment l’entretien, la sécurité et l’animation

Procéder à l’imposition d’une réserve à des fins de parc afin d’aménager un nouvel espace vert public destiné aux résidants sur le terrain de stationnement bordant l’ancienne école Victoria et le Royal Montreal Curling Club

Mettre le quartier en réseau avec le canal de Lachine et le parc du Mont-Royal

Cohésion avec les politiques de la Ville • Plan de développement durable de la collectivité montréalaise : En favorisant une bonification des espaces verts, le PPU aide la Ville à respecter l’engagement qu’elle a pris de protéger 6 % du territoire terrestre montréalais. • Plan de protection et de mise en valeur du mont Royal : L’amélioration des parcours et de la signalisation vers le mont Royal coïncide avec l’objectif du plan de rendre le mont plus accessible. De la même façon, la mise en réseau du quartier avec la montagne va dans le sens des interventions prévues dans le plan visant à améliorer les points d’entrée au carrefour de l’avenue Cedar et du chemin de la Côte-des-Neiges.


Plan 6


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3.2.2 Consolider le caractère résidentiel du quartier en améliorant la qualité de l’habitat et des services communautaires Le Quartier des grands jardins est caractérisé par la présence de trois principaux types de bâtiments : • Les maisons victoriennes du Shaughnessy Village, au sud de la rue Sainte-Catherine, qui ont conservé leur cachet centenaire • Les conciergeries de trois à cinq étages sans ascenseur construites entre 1920 et 1950 • Les tours d’habitation construites essentiellement entre 1950 et 1970 qui logent plus de 70 % de la population Hormis la population du Shaughnessy Village, qui demeure relativement stable, on constate que les résidants du quartier – dont plus de 90 % sont locataires – quittent rapidement leur logement. L’un des corollaires de cette grande mobilité est que plusieurs immeubles affichent des signes de détérioration Le maintien d’une population résidante stable dans le quartier représente donc un enjeu important. À cet égard, il importe de bonifier les milieux de vie existants et de maintenir la qualité du stock de logements. Afin de veiller au bon état et à la propreté des logements, l’arrondissement de Ville-Marie est déjà doté d’une équipe de plusieurs inspecteurs chargés de mettre en application la règlementation sur la salubrité et l’entretien des immeubles résidentiels. Par ailleurs, des discussions sont entamées afin de revoir les paramètres des programmes de subvention à l’habitation, dans l’optique de mieux répondre à la réalité particulière de l’arrondissement. Un comité de travail qui inclut des représentants de l’arrondissement et de la Direction de l’habitation a été mis sur pied à cet effet. Il aura pour mandat d’évaluer la possibilité de modifier les programmes d’habitation existants afin de mieux les adapter à la réalité immobilière du centre-ville. Selon le même objectif, il sera également chargé d’évaluer l’opportunité de revoir les mécanismes d’application de la Stratégie d’inclusion de logements abordables.

La propreté du domaine public représente également une préoccupation importante des résidants du quartier. À cet effet, l’arrondissement a déjà entrepris plusieurs actions concrètes, notamment la mise sur pied de campagnes de sensibilisation et la poursuite d’une action ciblée des inspecteurs du domaine public dans les ruelles. L’intensification de l’entretien du square Cabot constitue un autre geste important en ce sens. Concrètement, une somme de 1,4 M$ a été affectée au financement de programmes de propreté au budget d’arrondissement de 2011. L’arrondissement entend intensifier les efforts déjà déployés afin d’assurer la propreté de l’espace public, notamment dans les ruelles.


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Enfin, sur le plan des services à la communauté, l’arrondissement de Ville-Marie a pris le parti depuis quelques années de miser sur l’optimisation des infrastructures existantes, en concluant des ententes aves les institutions du secteur. Par exemple, de telles ententes ont été conclues avec le YMCA Centre-ville et le Collège de Montréal afin que la population puisse profiter de leurs installations sportives. L’arrondissement suivra l’évolution de la population dans les prochaines années afin de déterminer les gestes à poser pour répondre adéquatement aux besoins des résidants. L’établissement d’un centre communautaire fera notamment l’objet d’une évalutation subséquente. Une autre alternative sera aussi considérée : la conclusion d’ententes avec les institutions en vue de l’utilisation d’équipements et de locaux, en fonction des besoins du milieu.

Moyens de mise en œuvre • Inciter les propriétaires à amorcer un cycle de rénovation du parc de logements locatifs • Soutenir le développement d’une offre diversifiée de logements afin de répondre aux besoins des jeunes familles, des étudiants, des personnes âgées et des clientèles marginalisées • Augmenter le nombre de propriétaires résidants en privilégiant une densification résidentielle dans la partie ouest du quartier • Améliorer la qualité du design et de la construction des immeubles résidentiels en soumettant tout projet de construction à l’approbation préalable d’un plan d’implantation et d’intégration architecturale (PIIA) en vertu d’un nouveau règlement à cet effet • Adapter les milieux de vie à leurs clientèles, entre autres en offrant aux familles et aux personnes âgées des services et des équipements adaptés • Continuer d’appuyer la stratégie d’intervention communautaire de soutien et d’hébergement des clientèles itinérantes du square Cabot

Version préliminaire


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Cohésion avec les politiques de la Ville • Stratégie d’inclusion de logements abordables : Le contexte particulier du centre-ville peut rendre difficile l’atteinte des cibles de cette stratégie, qui vise à ce que 30 % de l’ensemble des nouvelles constructions à Montréal soient des logements sociaux, communautaires et abordables. Le PPU lance le débat sur la pertinence de créer un fonds de développement résidentiel. Ce fonds servirait à soutenir des initiatives ciblées visant à faciliter la réalisation de logements sociaux et communautaires, et à stimuler la production de propriétés à prix abordable. Un comité de travail composé de représentants de l’arrondissement et de la Direction de l’habitation sera chargé d’étudier l’applicabilité et les impacts potentiels d’une telle approche. Plus largement, le comité de travail devra se pencher sur le développement d’une approche d’inclusion spécifique au contexte du centre-ville, qui tienne compte des contraintes particulières de ce territoire (archéologie, patrimoine bâti, intégration architecturale, infrastructures vieillissantes, etc.). • Plan d’action ciblé en itinérance : Le PPU prévoit poursuivre la démarche d’intervention communautaire de soutien et d’hébergement des clientèles itinérantes, ce qui s’inscrit dans la continuité d’actions déjà mises en œuvre, notamment l’entretien régulier des lieux, l’organisation d’une présence policière et la mise à contribution d’organismes locaux. En vue de « répondre aux besoins de base des personnes en situation d’itinérance ou à risque », le plan d’action s’intéresse à l’offre de logements pour les clientèles itinérantes. La question de la salubrité des maisons de chambres correspond à une intention du PPU de freiner la détérioration du parc de logements locatifs par une inspection accrue et la promotion de programmes de rénovation. Un projet-pilote d’inspection des maisons de chambres est d’ailleurs en cours dans l’arrondissement. Suite au bilan de ce projet-pilote, l’arrondissement déterminera la pertinence d’étendre son application.


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3.2.3 Implanter une stratégie locale de développement durable L’objectif de développement durable du PPU, qui correspond à une priorité du Plan d’urbanisme de la Ville de Montréal approfondie dans le Plan stratégique de développement durable de la collectivité montréalaise, offre une occasion unique de mettre en application des principes reconnus par des accords internationaux. Dans la mesure où le quartier profite déjà d’une grande diversité d’activités urbaines et est habité par une population dense, mobile, engagée, adepte du transport actif et collectif, il met déjà en application les principes de base du développement urbain durable et préfigure les quartiers verts. La Ville a déjà entrepris des mesures concrètes pour sécuriser les modes de transport actifs, entre autres en instaurant des zones de circulation limitées à 40 km/h et en installant plusieurs stèles-radars. Par ailleurs, il serait opportun de sensibiliser le Ministère des Transports du Québec sur la nécessité d’améliorer l’interface de ses aménagements existants, qui se déploient ici au coeur d’un secteur résidentiel. Par exemple, le Ministère pourrait modifier la signalisation autoroutière afin de la rendre plus respectueuse de l’échelle du quartier, ajouter des plantations et intégrer une meilleure prise en compte des piétons et des cyclistes. D’ici là, quelques contraintes environnementales doivent encore faire l’objet d’interventions pour en faire un modèle de croissance viable : •

La présence de nombreux îlots de chaleur urbains (toitures, stationnements et voirie)

Le manque d’espaces verts accessibles à la population

La cohabitation parfois difficile entre les piétons et les automobilistes dans plusieurs grands axes de transit

La conception des immeubles existants, qui ne répond pas aux normes de construction actuelles

La gestion complexe de la collecte sélective des déchets

L’éco-quartier de Peter-McGill, partenaire financé par l’arrondissement de Ville-Marie, s’intéresse à ces problématiques et a récemment mis en branle un des premiers projets de Quartier 21 dans la métropole. Ce projet se déroule dans le quadrilatère formé par les rues Saint-Mathieu, Sainte-Catherine Ouest, Saint-Marc et le boulevard De Maisonneuve Ouest. Il propose une série d’interventions : gestion des matières résiduelles (compostage et recyclage), verdissement, agriculture urbaine, transports actifs, mobilisation de la population, certification pour les commerces, ajout d’un nouvel espace vert. Cette initiative importante de l’écoquartier Peter-McGill confirme le choix d’encourager et de supporter les initiatives citoyennes et communautaires de verdissement, autant sur le domaine privé que sur le domaine public.


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Moyens de mise en œuvre • Travailler à mettre en place un quartier vert où l’on accordera la priorité au transport collectif et actif, notamment par des mesures d’apaisement de la circulation et de sécurisation des déplacements piétonniers (voir plan 7) • Accorder une valeur à l’intégration de composantes vertes dans l’évaluation des projets de construction • Encourager les propriétaires d’immeubles privés et les institutions à mettre en œuvre des initiatives vertes s’adressant à leurs usagers, par exemple en installant davantage de stationnements pour vélos • Augmenter le couvert végétal dans le quartier afin de lutter contre les îlots de chaleur en supportant des mesures de verdissement à l’initiative des résidants et en instaurant des pratiques novatrices • Soutenir le projet de Quartier 21 en participant à l’aménagement d’une ruelle verte dans le quadrilatère visé • Rechercher la pérennité des aménagements dans le domaine public et viser une durée de vie de plus de 25 ans • Planifier l’implantation du tramway en accordant une attention particulière à la qualité des aménagements


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Cohésion avec les politiques de la Ville • Plan de développement durable de la collectivité montréalaise : • La valorisation des modes de transport actifs – en facilitant les déplacements piétonniers et en étendant le réseau cyclable – contribue à réduire encore davantage la dépendance à l’automobile et participe à atteindre les cibles de réduction des gaz à effet de serre. • Les interventions liées au verdissement du domaine public contribuent à rendre les milieux de vie plus attractifs et appuient ainsi l’objectif de réduire le solde migratoire entre Montréal et la banlieue. • L’aménagement de promenades vertes au sein de quartiers denses fait partie des engagements de la Ville relativement à la protection de la biodiversité, des milieux naturels et des espaces verts. • Plan de transport : Le PPU participe à la réalisation de 5 des 21 chantiers mentionnés dans le Plan de transport, soit : • Implanter un réseau de tramways au centre de l’agglomération (1er chantier) • Doubler le réseau cyclable de Montréal en sept ans (13e chantier) • Consolider le caractère piétonnier du centre-ville et des quartiers centraux (15e chantier) • Redonner aux résidants des quartiers montréalais la qualité de vie qui leur revient (16e chantier) • Accroître la sécurité des déplacements (17e chantier) Le présent PPU accorde une place importante à l’atteinte de certains objectifs du Plan de transport, particulièrement en ce qui a trait aux déplacements piétonniers. Le fait de favoriser les modes de transport actifs et d’assurer la sécurité des déplacements inscrit aussi de façon concrète le PPU dans la mise en œuvre du Plan de transport.


Plan 7


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Le dynamisme économique

3.3

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Le Quartier des grands jardins présente les caractéristiques nécessaires pour contribuer activement au développement économique de la métropole. Il bénéficie d’un réseau d’infrastructures exceptionnel, de services de proximité, d’une desserte efficace du transport collectif, d’un accès supérieur au réseau routier ainsi que de la présence de grands équipements institutionnels. Dans une perspective de croissance métropolitaine durable, les politiques de développement économique doivent miser sur les atouts de ce quartier central, dense et animé. Deux objectifs encadreront la mise en œuvre de cette orientation : •

Promouvoir

Soutenir

la revitalisation de la rue Sainte-Catherine Ouest ;

le développement des activités du campus de l’Université Concordia et des autres institutions du quartier.


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3.3.1

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Promouvoir la revitalisation de la rue Sainte-Catherine Ouest

L’attrait du Quartier des grands jardins est tributaire du dynamisme de sa grande artère commerciale, la rue Sainte-Catherine Ouest. Des bâtiments aux divers usages s’y succèdent : centres commerciaux, lieux de haut savoir, équipements de divertissement, immeubles de bureaux, commerces de proximité, logements. Le PPU doit toutefois chercher à renverser la tendance actuelle de désaffection immobilière et commerciale.

Cette désaffection est perceptible à différents degrés dans l’environnement bâti de l’artère. Depuis janvier 2009, un groupe de travail formé d’intervenants municipaux et d’acteurs locaux travaille à un Énoncé d’intérêt patrimonial de la rue Sainte-Catherine. Ce processus, qui déborde des limites du Quartier des grands jardins, a donné lieu, dans une première phase, à des discussions sur les valeurs associées aux lieux, qu’elles soient d’ordre symbolique, paysager, artistique ou historique. Au cours d’une deuxième phase, l’artère a été divisée en secteurs, et le groupe a procédé à une analyse plus fine afin de faire ressortir les valeurs spécifiques de chacun des secteurs. Le diagnostic qu’a tracé le groupe des différents secteurs du territoire du Quartier des grands jardins correspond largement à celui qui a guidé l’élaboration du présent document. La catégorisation des bâtiments de la rue Saint-Catherine en fonction du niveau recommandé de conservation, un exercice déjà entamé, guidera l’élaboration d’outils réglementaires favorisant la réhabilitation du cadre bâti de cette artère.

Sur le plan économique, les propriétaires et commerçants de la rue Sainte-Catherine Ouest devront miser tant sur le grand marché des consommateurs du secteur Centre-Ouest de Montréal que sur le marché sectoriel des étudiants et travailleurs habitant le quartier. De grands investissements devront être réalisés pour la rénovation ou la reconstruction d’immeubles commerciaux ou résidentiels. L’arrivée de nouveaux propriétaires occupants grâce à des projets résidentiels tels Le Seville constitue un signe positif et pourrait aider à viabiliser ce tronçon et à le dynamiser sur le plan commercial. En proposant la densification d’une partie de l’artère et la construction de logements aux étages supérieurs, et en annonçant une série d’interventions pour revitaliser la rue Sainte-Catherine Ouest, le PPU appuie la relance immobilière de cet axe stratégique.


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Moyens de mise en œuvre • Encadrer la réhabilitation du cadre bâti en soumettant les projets de rénovation, de transformation, d’agrandissement et de construction à l’approbation préalable d’un plan d’implantation et d’intégration architecturale (PIIA) en vertu d’un nouveau règlement à cet effet • Privilégier une densification résidentielle des sites à redévelopper, en assurant toutefois un traitement architectural respectueux de l’échelle du piéton • Renforcer l’animation commerciale aux abords du Faubourg Sainte-Catherine, du Forum Pepsi et de Place Alexis-Nihon en multipliant les établissements ayant pignon sur rue • Assurer une intégration harmonieuse des terrasses tout en prenant soin de réduire les nuisances pour les résidants • Promouvoir auprès des commerçants et des propriétaires les programmes existants de subvention à la rénovation

Cohésion avec les politiques de la Ville • Stratégie de développement économique 2005-2010 de la Ville de Montréal : La revitalisation de la rue Sainte-Catherine Ouest constitue un élément clé de la relance économique du Quartier des grands jardins. Le programme de réhabilitation du cadre bâti dans cette artère répond à une priorité de la Stratégie de développement économique, qui affirme l’importance d’« accroître le pouvoir d’attraction du centre-ville comme destination d’affaires ». La relance commerciale de la rue Sainte-Catherine représente également une action concrète en vue d’« accélérer la mise en valeur des secteurs propices à l’intensification et à la diversification des activités ». Par ailleurs, la densification résidentielle constitue un moyen d’accroître la population résidante au centreville. Enfin, les interventions de verdissement et de réaménagement du domaine public répondent au besoin d’« améliorer la qualité de l’environnement urbain ».


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3.3.2 Soutenir le développement des activités du campus de l’Université Concordia et des autres institutions du quartier Depuis la fondation de l’Université Concordia, en 1974, le campus du centre-ville joue un rôle clé dans l’évolution culturelle, économique et démographique du quartier. L’établissement compte aujourd’hui plus de 44 000 étudiants et 6000 professeurs et employés, répartis dans plusieurs pavillons situés à l’intérieur d’un périmètre circonscrit par le boulevard RenéLévesque Ouest et les rues Guy, Sherbrooke et Bishop. L’université contribue de façon notable au dynamisme du secteur et joue un rôle structurant dans le développement du quartier par les investissements qu’elle réalise et ceux qu’elle attire. L’université a connu une période de croissance et d’expansion qui s’est traduite par la construction de nouveaux immeubles (pavillon intégré génie, informatique et arts visuels et pavillon John-Molson) et l’acquisition de la maison-mère des sœurs Grises. Elle cherche à améliorer sa visibilité dans le quartier et à mieux aménager l’espace qu’elle occupe dans le tissu urbain. En 2006, elle a présenté à la Ville de Montréal le projet de créer un quartier universitaire distinctif, lequel s’inscrit dans le PPU. Les problèmes de croissance du campus sont typiques des établissements implantés au cœur d’un centre-ville animé. Ces problèmes comprennent notamment : •

Les interactions difficiles entre les composantes du campus

La rareté des espaces publics

Les conflits entre la circulation automobile et les piétons

La faible présence identitaire

L’absence de rayonnement des services communautaires

Depuis 2006, la Ville de Montréal a tenu compte de ces préoccupations et a réalisé plusieurs projets dans le quartier Concordia, notamment la réfection du boulevard De Maisonneuve, l’implantation d’une piste cyclable et l’aménagement de la place Norman-Bethune au cœur du campus. Le présent PPU s’inscrit dans la continuité du processus déjà amorcé et marque l’occasion d’établir de nouveaux partenariats avec les autres institutions voués à l’éducation, question de renforcer encore davantage le positionnement du quartier dans l’économie du savoir.


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Moyens de mise en œuvre • Poursuivre la collaboration avec l’Université Concordia dans la planification de l’expansion de son campus, notamment en travaillant à créer un lien plus marqué entre le pavillon des soeurs Grises et les autres secteurs d’activités de l’université • Créer des parcours conviviaux et animés le long des propriétés privées pour le bénéfice des étudiants et de la population du quartier • Planifier l’insertion d’une ligne de tramway mettant en réseau le quartier Côte-des-Neiges, l’Université Concordia, le centre des affaires et le Vieux Montréal • Prendre en compte les besoins des autres établissements d’enseignement du quartier (Collège Dawson, Collège LaSalle, École des métiers du tourisme, Collège de Montréal) en planifiant conjointement avec eux d’éventuels aménagements du domaine public

Cohésion avec les politiques de la Ville • Stratégie de développement économique 2005-2010 de la Ville de Montréal : L’amélioration du « processus de développement du capital humain » est une autre priorité de cette stratégie qui est prise en compte par le PPU. Le développement du campus de l’Université Concordia est considéré comme un élément structurant de la croissance du quartier. Les interventions proposées par le PPU visent à appuyer et à encadrer les projets de développement immobilier de l’université. On contribue ainsi à renforcer le positionnement de Montréal en tant que ville du savoir.


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Planification détaillée : le secteur Cabot

3.4

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Le square Cabot est un lieu hautement symbolique et stratégique à l’échelle du centre-ville. Il a acquis sa forme définitive dans les années 1930 et a été associé au Forum de Montréal, ancien siège des Canadiens de Montréal. À l’heure actuelle, le secteur présente des signes de détérioration. On constate en effet un effritement de la trame commerciale de la rue SainteCatherine Ouest, un désintérêt de certains propriétaires immobiliers et la présence d’une population itinérante. Il faut souligner que des projets sont en cours ou annoncés, notamment la mise en branle d’un projet résidentiel et commercial sur le site de l’ancien théâtre Seville, la consolidation du centre de divertissement du Forum Pepsi et la conversion prochaine de l’Hôpital de Montréal pour enfants. De plus, le programme de subvention aux commerces actuellement en vigueur est susceptible d’améliorer l’apparence de la rue Sainte-Catherine Ouest. Compte tenu des engagements budgétaires déjà annoncés par la Ville au programme triennal d’immobilisations, ces projets offrent une occasion historique de créer un véritable pôle de développement au centre-ville.

Au printemps 2008, la Table de concertation du centre-ville Ouest, avec la collaboration de l’arrondissement de Ville-Marie et de ses partenaires, réalisait une charrette, c’est-à-dire un exercice de recherche d’idées, visant à dégager des orientations de développement et d’aménagement pour ce site stratégique. Divers scénarios ont été proposés par les équipes multidisciplinaires. Inspiré par les recommandations formulées par la Table de concertation du centre-ville Ouest, le PPU propose un concept d’aménagement visant à faire du secteur Cabot un véritable point de repère pour la métropole.


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Fig. 2 Secteur Cabot, plan de l’existant

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À partir des consensus atteints lors de cette charrette, le PPU privilégie les interventions suivantes : • Le square Cabot est stratégiquement situé au carrefour des grands axes Atwater et SainteCatherine, et à proximité du boulevard René-Lévesque, ce qui lui accorde une fonction de porte d’entrée du centre-ville de Montréal. Le réaménagement devra confirmer l’importance de ce pôle d’activités dans la structure urbaine de Montréal. La Ville de Montréal devra donc entreprendre des interventions majeures sur la trame urbaine afin de créer un lieu distinctif, susceptible d’attirer d’importants investissements immobiliers. • Le réaménagement du square Cabot doit respecter le caractère historique du quartier. On y prévoit la restauration des allées piétonnes, des matériaux de revêtement et du mobilier urbain. Il est également proposé d’agrandir le square vers l’est et d’y aménager une scène et une aire de représentation pour y accueillir des activités communautaires et culturelles. • Le programme prévoit la création d’un réseau cohérent de parcours verts conviviaux et sécuritaires. Dans la continuité de la coulée verte partant du mont Royal, le PPU vise à consolider le parcours vert que forment l’avenue Atwater et les espaces verts au sud du square Cabot. Par ailleurs, le projet d’aménagement doit accorder une place à l’encadrement des percées visuelles en direction du mont Royal et des vues à partir de la falaise Saint-Jacques. Il faut porter attention à la mise en valeur des éléments repères des domaines des établissements et institutions tels que le Collège Dawson, le domaine des franciscains et la maison Shaughnessy. Plusieurs interventions publiques pourraient être mises en oeuvre pour atteindre ces objectifs : • Le prolongement du terre-plein végétal de l’avenue Atwater • La réfection et l’agrandissement du square Cabot • Le remembrement de la place Henri-Dunant et de la rue Lambert-Closse • L’aménagement d’un nouveau jardin accessible au public • La restauration du parc Hector-Toe-Blake • La mise en valeur du domaine des franciscains et des terrains de l’Hôpital de Montréal pour enfants, dans le cadre de leur requalification • L’aménagement d’un terre-plein végétal au centre du boulevard René-Lévesque Ouest


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• Le PPU propose l’amélioration des parcours piétonniers aux abords du square Cabot. Bien que le terminus Atwater soit maintenu, les interventions proposées visent à minimiser sa présence et à favoriser l’accessibilité au square et aux espaces verts adjacents. Le plan de réaménagement prévoit un agrandissement du parc, un élargissement des trottoirs et la plantation de plusieurs arbres. La sécurité des divers carrefours routiers doit également être améliorée. • Le PPU reconnaît le fort potentiel du secteur du square Cabot pour y implanter des adresses recherchées et des projets immobiliers de qualité. La Ville propose de créer un cadre bâti exemplaire qui bénéficiera du cachet patrimonial des immeubles existants entourant le square. Le plan de réaménagement préconise l’intensification de l’usage résidentiel et une augmentation de la densité autour du square. Le programme appuie la conversion de l’ensemble de l’Hôpital de Montréal pour enfants et le développement immobilier du domaine des franciscains. • Le square Cabot devient un pivot de relance de la rue Sainte-Catherine Ouest. Les projets immobiliers autour du square en bénéficieront, particulièrement dans le cadre de l’agrandissement prévu au PPU. Ainsi, le programme prévoit la construction d’immeubles à vocation mixte donnant sur le square, tel le projet résidentiel Le Seville, déjà en chantier. La relation entre les grands centres commerciaux Place Alexis-Nihon et Forum Pepsi et le square doit être renforcée par une plus grande ouverture des commerces au rez-dechaussée et un traitement architectural des façades. Cette ouverture a été amorcée par le Forum Pepsi. Le futur règlement sur les PIIA poussera plus loin ce concept en introduisant des critères portant sur la contribution des façades commerciales à l’animation de la rue. • Reposant sur des principes de développement urbain durable, le projet de réaménagement des abords du square Cabot doit contribuer à la lutte contre les îlots de chaleur. Il prévoit une diminution radicale des surfaces pavées grâce à l’agrandissement du square, au réaménagement proposé des voies de circulation, à l’augmentation des plantations et au verdissement des terrains de l’Hôpital de Montréal pour enfants à la suite de la requalification du site.

Version préliminaire


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Fig. 3 Secteur Cabot : proposition préliminaire d’aménagement

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Plan 8


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Mise en oeuvre du PPU

4

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Le PPU trace une vision ambitieuse pour le Quartier des grands jardins : celle d’un secteur vert au patrimoine riche, regorgeant de paysages remarquables, cadre idéal pour vivre et faire des affaires. Pour soutenir cette vision, la Ville encadrera les interventions dans le domaine privé en fonction des orientations présentées plus haut et ajustera les paramètres du Plan d’urbanisme et de la réglementation régissant l’urbanisme pour assurer leur conformité au présent document. L’arrondissement de Ville-Marie devra également se doter d’un règlement sur les Plans d’implantation et d’intégration architecturale (PIIA) afin d’exercer un contrôle qualitatif des projets de rénovation et de construction. Au-delà de ce rôle de supervision et d’encadrement des actions entreprises dans le domaine privé, la Ville s’engage concrètement dans le processus en menant une série d’interventions dans le domaine public. Des investissements importants ont été entrepris dans le secteur au cours des dernières années. Par exemple, 3 des 22 millions de dollars investis depuis 2008 dans le réaménagement du boulevard De Maisonneuve ont été consacrés à la revitalisation de la Place Norman-Béthune. Dans les années à venir, la Ville s’est déjà engagée à investir 5,5 M$ dans le réaménagement du square Cabot. En plus de ces interventions importantes, il faudra négocier des partenariats et des ententes avec les acteurs du milieu en vue de rendre accessibles les jardins institutionnels. Enfin, la présente démarche octroie à la Ville des pouvoirs de maîtrise foncière dont elle entend tirer parti pour bonifier l’offre d’espaces publics dans le quartier. Afin d’assurer la mise en oeuvre du PPU, l’arrondissement mettra sur pied un comité de suivi qui se rencontrera sur une base annuelle et qui inclura l’apport des représentants du milieu. La Table de concertation du Quartier centre-ville ouest, la Table d’interaction Peter-McGill et l’Association du Village Shaughnessy seront parmi les acteurs appelés à participer à ce comité.


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Interventions relatives au domaine public planifiées dans le cadre du PPU

4.1

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Le tableau ci-dessous rassemble les interventions devant être prises en charge par la Ville pour mettre en œuvre les orientations du programme particulier d’urbanisme. Il est important de souligner que les interventions proposées sont sujettes à des études spécifiques évaluant leur faisabilité technique et leur implication financière. Une fois ces validations faites, un calendrier établissant la priorité des travaux à entreprendre doit être établi afin d’assurer une coordination entre l’arrondissement, les services centraux de la Ville et les différents partenaires impliqués.

Nature des interventions

Réaménagement et création de places publiques

Interventions proposées

• Création d’un parc sur le boulevard De Maisonneuve, entre l’ancienne école Victoria et le Royal Montreal Curling Club (voir fig. 4) • Réaménagement de la place Norman-Bethune (en cours) • Réaménagement du square Cabot

Verdissement du domaine public

• Aménagement d’un terre-plein végétal sur la rue Atwater entre le boulevard De Maisonneuve Ouest et la rue Sherbrooke Ouest • Aménagement d’un terre-plein végétal boulevard RenéLévesque entre les rues Atwater et du Fort et entre les rues Saint-Marc et Guy • Plantation d’arbres • Verdissement de la rue Guy • Verdissement du quadrilatère formé par les rues Saint-Marc, Sainte-Catherine, Saint-Mathieu et le boulevard De Maisonneuve dans le cadre d’un projet de Quartier 21

Interventions visant à faciliter les déplacements piétonniers

• Études techniques sur plusieurs intersections afin d’évaluer la pertinence d’y apporter des correctifs (ajout de panneaux d’arrêt, feux de circulation, de feux de minutage et/ou de marquages au sol) (voir plan 7) • Élargissement des trottoirs sur les rues Guy, Saint-Marc et Du Fort

Modifications au réseau routier

• Réorganisation des rues autour de la place Norman-Bethune (en cours) • Ajout d’un lien cyclable dans les tunnels prolongeant les rues Saint-Marc et du Fort • Élimination d’une section de la rue Lambert-Closse entre les rues du Sussex et Tupper dans le cadre du réaménagement du site de l’Hôpital de Montréal pour enfants • Réduction de l’emprise de la rue Tupper entre les rues Atwater et Lambert-Closse


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Création d’un parc sur le boulevard De Maisonneuve, entre les rues SaintMathieu et Saint-Marc L’arrondissement va créer un nouveau parc de proximité sur le côté sud du boulevard de Maisonneuve, entre les rues Saint-Mathieu et Saint-Marc. Ce nouveau parc destiné aux résidants du secteur contribuera à la mise en oeuvre des objectifs du PPU portant sur l’amélioration de l’offre d’espaces verts. Il permettra également à mettre en valeur deux bâtiments d’intérêt patrimonial situés de part et d’autre du site, soit l’ancienne école Victoria et le Royal Montreal Curling Club. La création d’un nouvel espace vert sur ce qui est actuellement un stationnement contribuera enfin au verdissement du quartier dans une perspective de développement durable.

L’arrondissement de Ville-Marie a décrété l’imposition d’une réserve à des fins de parc sur le terrain, dans le but de l’acquérir et d’y créer un espace vert. Afin d’assurer que la communauté locale s’approprie cet espace, l’aménagement devra tenir compte des enjeux de sécurité, de visibilité, de stationnement et de propreté qui pourraient être associés à la requalification du site. L’arrondissement prévoit mener une démarche de raffinement du concept d’aménagement qui inclura des interactions avec le milieu.

Fig. 4 Terrain de stationnement (lot 1 065 651) visé par la création d’un espace vert public boulevard De Maisonneuve, entre les rues Saint-Marc et Saint-Mathieu


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Paramètres réglementaires

4.2

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De façon générale, le PPU ne modifie pas radicalement les paramètres du Plan d’urbanisme et du Règlement d’urbanisme de l’arrondissement de Ville-Marie (01-282) applicables à ce territoire. La principale modification prévue au cadre réglementaire porte sur les limites de hauteur précisées dans le Plan d’urbanisme.

Limites de hauteur Le PPU prévoit le rehaussement des hauteurs maximales précisées dans le Plan d’urbanisme, qui passeraient de 25 à 44 m pour les têtes d’îlots de la rue Sainte-Catherine, entre la rue Lambert-Closse et l’intersection de la rue du Fort. Afin d’assurer que les nouveaux développements ne se fassent pas au détriment de l’expérience du piéton, il est important que les basilaires reprennent l’échelle du cadre bâti existant, avec des étages en surhauteur placés en retrait de la rue. Le nouveau règlement sur les PIIA permettra à l’arrondissement d’évaluer les projets de développement en fonction de critères à cet effet (voir section 4.3). Cette modification est apportée en réponse aux objectifs du PPU visant la revitalisation de la rue Sainte-Catherine Ouest ainsi que la consolidation du caractère résidentiel du quartier. L’intervention répond à un constat de dévitalisation importante de la rue Saint-Catherine dans son tronçon ouest, notamment suite au départ des Canadiens de Montréal. On y retrouve un environnement commercial moins dynamique, avec davantage de locaux vacants et de bâtiments à l’abandon. Le découpage proposé par l’arrondissement s’appuie sur la nécessité de cibler les efforts de revitalisation sur cette partie de la rue Sainte-Catherine. Plusieurs arguments militent en faveur de ce découpage, notamment les suivants : · L’arrondissement veut agir stratégiquement en priorisant la densification des abords du square Cabot, compte tenu des importants investissements publics qui y seront entrepris. ·

La densification aux abords des stations de métro (Atwater dans ce cas) est considérée souhaitable dans le Plan d’urbanisme.

· On trouve davantage de bâtiments à faible valeur patrimoniale dans l’ouest de la rue Sainte-Catherine. L’arrondissement considère que la partie à l’est de la rue Towers présente une plus grande concentration d’immeubles de qualité, avec un bâti de 2 à 3 étages typique de la rue Sainte-Catherine. Ce bâti est le plus souvent adjacent à des secteurs résidentiels de faible densité (notamment l’est de la rue Tupper et la rue Pierce), ce qui rend les insertions plus difficiles. Notons par ailleurs que le Cadre de révision des hauteurs et densités du centre-ville propose déjà certains ajustements à l’est de la rue Guy, par une modification au document complémentaire en cours d’adoption. On propose en effet d’y rehausser les plafonds de hauteur du Plan d’urbanisme de 25 à 35 m dans un secteur qui inclut la rue Sainte-Catherine entre les rues Mackay et Drummond. Une modification des hauteurs jusqu’à la rue Bishop pourrait être envisageable lors de la révision du Plan d’urbanisme à venir.


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Fig. 5 Modification des limites de hauteur du Plan d’urbanisme

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Règlement sur les plans d’implantation et d’intégration architecturale (PIIA)

4.3

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Afin d’optimiser l’encadrement d’insertions, d’agrandissements ou de transformations du cadre bâti existant et la mise en valeur du patrimoine architectural, un Règlement sur les plans d’implantation et d’intégration architecturale (PIIA), visant le secteur du PPU du Quartier des grands jardins, devra être élaboré et adopté par l’arrondissement de Ville-Marie. Sur la base d’objectifs et de critères spécifiques, le règlement sur les PIIA devra permettre une meilleure gestion des dispositions réglementaires présentées précédemment et la prise en compte des grandes préoccupations du PPU. Cette nouvelle approche réglementaire, fondée sur une évaluation qualitative des projets, devrait permettre une meilleure connaissance du territoire par la caractérisation de celui-ci tout en assurant une protection plus adéquate du patrimoine architectural exceptionnel des secteurs compris dans ce quartier. Les caractéristiques dominantes de chaque secteur pourront être détaillées afin d’orienter les interventions sur les bâtiments patrimoniaux et d’encadrer la réalisation d’interventions plus contemporaines lorsque celles-ci sont jugées opportunes. L’élaboration de ce règlement constitue une occasion de pousser encore plus loin l’analyse des caractéristiques particulières du patrimoine bâti et paysager du Quartier des grands jardins. Le règlement permettra par ailleurs d’établir des objectifs et des critères portant sur la protection et la mise en valeur des espaces verts des grands domaines institutionnels. De telles orientations touchant les grandes propriétés à caractère institutionnel et les lieux de culte d’intérêt patrimonial sont spécifiquement édictées dans le chapitre 2.6 du Plan d’urbanisme de la Ville de Montréal. Plus généralement, l’adoption de ce règlement doit permettre d’encadrer, par l’élaboration d’objectifs et de critères, la réalisation des moyens de mise en oeuvre décrits dans le présent document, notamment : • • • • • •

La préservation des caractéristiques architecturales d’intérêt patrimonial L’insertion harmonieuse des nouvelles constructions dans le tissu urbain Le fait de tendre à maintenir les perspectives vers le mont Royal, les sites remarquables du quartier, ainsi que les vues depuis la falaise Saint-Jacques L’intégration de composantes vertes aux projets La contribution des façades commerciales à l’animation de la rue Sainte-Catherine La qualité de l’aménagement des terrasses commerciales

Le règlement sur les PIIA couvrira l’ensemble du territoire du Quartier des grands jardins. Les critères applicables dépendront selon le secteur d’intervention, la typologie bâtie et la nature des travaux. Suivant l’entrée en vigueur du présent PPU, le conseil d’arrondissement pourra adopter ce nouveau règlement.


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Partenariats et ententes

L’atteinte des objectifs du présent PPU portant sur l’accès public aux jardins institutionnels s’effectura principalement par la conclusion d’ententes contractuelles avec ces institutions. Les ententes pourraient énoncer clairement les modalités relatives au partage des responsabilités et des coûts, à l’animation, à l’entretien, aux immobilisations (par exemple dans le cas d’installation ou de réfection de clôtures) ainsi qu’à la sécurité.

Programme d’amélioration des logements

Le programme d’amélioration des logements est élaboré en réaction à un constat de délabrement croissant du stock de logements locatifs. Le phénomène n’est pas généralisé, mais le vieillissement prématuré de certains immeubles construits selon les normes en vigueur dans les années 1960 et 1970 est de plus en plus perceptible sur le terrain. Il faut inciter les propriétaires à amorcer un cycle de rénovation du stock de logements locatifs. Les ressources de la Ville sont mises à contribution dans le cadre des programmes d’intervention en matière d’habitation.

4.4

4.5


Programme particulier d’urbanisme

Quartier des grands jardins

page 55

Équipe de production : Direction de l’aménagement urbain et des services aux entreprises – Division de l’urbanisme, Arrondissement de Ville-Marie Crédits photographiques : Arrondissement de Ville-Marie, Tourisme Montréal, Pierre-Luc Dufour, Hugo-Sébastien Aubert, Musée McCord d’histoire canadienne, Centre Canadien d’Architecture, Éco-quartier de Peter-McGill, Olivier Lapierre, James Sunderland Conception des plans : Christian Thiffault architecte


PROGRAMME PARTICULIER D’URBANISME QUARTIER SAINTE-MARIE

Arrondissement de Ville-Marie

Janvier 2012


Mot du maire

Chères Montréalaises, Chers Montréalais,

C’est avec beaucoup de fierté que je vous présente dans sa version finale le Programme particulier d’urbanisme (PPU) du quartier de Sainte-Marie. Ce programme rassembleur est le fruit d’une longue démarche de concertation qui s’est terminée au printemps dernier avec la tenue des consultations publiques pilotées par l’Office de consultation publique de Montréal (OCPM). La présente version du document prend en compte les conclusions et les recommandations de l’OCPM et reflète dans une plus grande mesure encore que la version préliminaire les souhaits et les besoins de la population résidante et des acteurs du milieu.

Situé aux portes du centre-ville, le quartier Sainte-Marie se distingue par la qualité de sa desserte en transports collectifs, sa diversité culturelle grandissante, son offre variée en équipements collectifs et institutionnels. Aujourd’hui, il est plus que jamais nécessaire d’exploiter ces attraits pour faire du secteur un milieu de vie recherché, attirer de nouveaux résidants et revitaliser harmonieusement ce quartier central de Montréal.

Pour en faire un milieu de vie convivial, sécuritaire et dynamique, le PPU mise sur le développement de plusieurs zones stratégiques possédant un grand potentiel pour la réalisation de projets structurants. Le développement de ces sites conjugué à l’amélioration de l’environnement urbain, incluant le réaménagement de la rue Ontario et du pôle Frontenac ainsi que l’élaboration d’un plan local de déplacement, sera l’élément catalyseur qui contribuera à la revitalisation du quartier.

La participation des citoyens et des acteurs du milieu s’avère essentielle à la réalisation de ce grand projet collectif. À ce titre, une collaboration étroite avec les milieux culturels, économiques et sociocommunautaires, représente une clé du succès pour la mise en œuvre rapide et efficace des moyens de revitalisation.

Je compte aujourd’hui sur l’engagement de tous pour faire reconnaître et rayonner ce quartier historique de Montréal qui demeure méconnu des Montréalais malgré ses nombreux attraits, ce qui en fait, sans équivoque, un quartier à découvrir!

Gérald Tremblay Maire de Montréal


Table des matières

1 1.1 1.2

INTRODUCTION Présentation de la démarche Cohésion avec les politiques de la Ville

2 2.1 2.2 2.3 2.4 2.5

CONTEXTE D’INTERVENTION Territoire d’application Historique Profil et évolution sociodémographiques Diagnostic et enjeux Vision d’aménagement

3 3.1 3.1.1 3.1.2

CADRE D’AMÉNAGEMENT 25 La qualité des milieux de vie 25 Consolider les milieux de vie du quartier en améliorant la qualité de l’habitat et des services de proximité 26 Répondre aux besoins de mobilité des personnes et des marchandises tout en atténuant les impacts de la circulation sur les milieux de vie 28 Adopter de bonnes pratiques de développement durable, notamment dans la réalisation des aménagements sur le domaine public 29

3.1.3

1 1 4 7 7 9 14 15 19

3.2 3.2.1 3.2.2

La mise en valeur du potentiel de développement du territoire Favoriser le maintien et l’accroissement de la population résidante Encourager une densification des terrains sous-utilisés et des abords des stations de métro

30 31 32

3.3 3.3.1 3.3.2

Le développement d’une économie diversifiée Favoriser le développement des activités et des entreprises dans le secteur des arts et de la culture Encourager le développement économique local en misant sur la vitalité des artères commerciales et sur l’économie sociale

34 35 37

3.4 3.4.1 3.4.2 3.4.3 3.4.4 3.4.6 3.4.6 3.4.7

PLANIFICATION DÉTAILLÉE La rue Ontario Le secteur du pôle Frontenac Le secteur de la JTI-Macdonald Le secteur Parthenais Le secteur Pont-Jacques-Cartier Le secteur de la cour de triage Hochelaga Le secteur aux abords de la rue Notre-Dame

39 40 42 44 46 52 54 55

4 4.1 4.1.1 4.1.2 4.2 4.3

MISE EN OEUVRE DU PPU Paramètres réglementaires Modifications du Plan d’urbanisme Abrogation du règlement autorisant le projet de développement les Portes Sainte-Marie Interventions relatives au domaine public planifiées dans le cadre du PPU Programme d’amélioration des logements

56 56 56 62 64 66

5 5.1

ANNEXE Guide des Quartiers verts

67 67


Programme particulier d’urbanisme

Quartier Sainte-Marie

page 1

Introduction

1 Présentation de la démarche

1.1

Le quartier Sainte-Marie est situé dans l’arrondissement du centre-ville. En plus de sa proximité au centre-ville, le quartier peut miser sur plusieurs attraits : des équipements collectifs de qualité, l’accessibilité au transport en commun, un milieu communautaire dynamique, une économie culturelle émergente, etc. L’élaboration d’un programme particulier d’urbanisme (PPU) offre l’occasion de développer une planification cohérente et détaillée qui tire parti de la combinaison des forces du quartier afin d’orienter sa mise en valeur. Le PPU du quartier Sainte-Marie constitue l’aboutissement d’une démarche de planification et de revitalisation entamée en 2007. Cette démarche s’inscrit dans la continuité du Programme des quartiers sensibles (1999-2003), du Sommet de Montréal (2002), du Contrat de ville 2003-2007 et du Plan de revitalisation urbaine intégrée du quartier Sainte-Marie. De plus, ce PPU prend en compte les études sur le quartier Sainte-Marie qui ont été menées durant cette période. La réalisation de ce projet urbain, soutenu par l’arrondissement, la Ville, les organismes de concertation, les milieux institutionnels et les organismes de développement économique et communautaire, vise à insuffler au quartier Sainte-Marie un nouveau dynamisme économique, social et urbain. Le document est divisé en trois sections : •

Le contexte d’intervention situe le territoire du quartier, en dresse l’historique et en trace le portrait sociodémographique. Il établit également un diagnostic des forces et des faiblesses du secteur, et précise les enjeux d’aménagement qui en découlent.

Le cadre d’aménagement aborde les orientations, les objectifs et les moyens de mise en œuvre proposés en réponse au diagnostic établi dans la section précédente. Il précise des secteurs d’intervention où une planification détaillée est souhaitable en raison des enjeux d’aménagement.

La mise en œuvre présente les stratégies d’aménagement à adopter pour réaliser le PPU.

Les atouts importants de ce quartier, notamment ses nombreux équipements publics, la variété de ses industries culturelles déjà établies ainsi que la qualité et l’échelle humaine de ses milieux de vie, demeurent peu connus du grand public. Le PPU vise, de pair avec des mesures de diffusions appropriées, à susciter l’intérêt de nouveaux résidants et de nouvelles entreprises.


Programme particulier d’urbanisme

Quartier Sainte-Marie

page 2

Présentation des outils utilisés Il importe de définir brièvement quelques notions afin d’assurer une bonne compréhension des outils d’urbanisme dont il est question dans le présent document. Plan d’urbanisme Le plan d’urbanisme est un document de planification qui établit les grandes orientations d’aménagement pour l’ensemble du territoire montréalais. En plus de fournir des lignes directrices pour le développement urbain à grande échelle, il contient des orientations quant aux hauteurs, aux densités et aux affectations du sol. Ces dispositions n’étant pas directement opposables au citoyen lors d’une demande de permis, elles ne confèrent pas de droits de construction ; elles fournissent plutôt un cadre aux arrondissements, qui doivent moduler leur règlementation en fonction de celles-ci. Les règlements d’arrondissement doivent être conçus de façon à être conformes aux orientations du plan d’urbanisme. Programme particulier d’urbanisme (PPU) Le Programme particulier d’urbanisme (PPU) est une composante du Plan d’urbanisme qui permet d’apporter plus de précision à la planification de certains secteurs. L’adoption d’un PPU par le conseil municipal constitue une modification au Plan et est précédée d’un processus de consultation publique. Un PPU porte sur une partie spécifique du territoire de la municipalité et peut comprendre : • • • • • • •

l’affectation détaillée du sol et la densité de son occupation; le tracé projeté et le type des voies de circulation; les équipements communautaires projetés; les règles de zonage, de lotissement et de construction; l’identification des travaux prévus et, le cas échéant, des propriétés à acquérir par la Ville; la séquence de construction et la durée approximative des travaux; les programmes particuliers de réaménagement, de restauration et de démolition.

En bref, le PPU se veut un outil privilégié pour intervenir sur la forme urbaine et sur les infrastructures qui y sont associées.


Programme particulier d’urbanisme

Quartier Sainte-Marie

page 3

Présentation des outils utilisés (suite) Règlement d’urbanisme Le règlement d’urbanisme est l’outil utilisé par l’arrondissement pour contrôler plus finement l’usage des terrains et des bâtiments ainsi que l’implantation, la forme et l’apparence des constructions. Les orientations règlementaires du plan d’urbanisme s’y traduisent plus concrètement, parfois de façon plus restrictive en fonction d’un regard plus local porté sur le contexte urbain. Lors d’une demande de permis, ce sont les dispositions du règlement d’urbanisme qui sont directement opposables au citoyen. Plan local de déplacement (PLD)

Un PLD est un document de planification adopté par un arrondissement ou une ville, couvrant son territoire, portant sur tous les modes de transport, en conformité avec la Vision et les objectifs du Plan de transport de Montréal.

Un PLD est un instrument de planification découlant d’une démarche participative. Il identifie et priorise les orientations et les grandes actions à poser dans le territoire d’un arrondissement, d’une ville ou d’un quartier, en matière de transport. Il découle hiérarchiquement du Plan de transport, instrument similaire de planification des transports, mais à l’échelle de l’agglomération de Montréal. Un PLD traite des stratégies d’intervention pour l’amélioration des conditions de déplacement des personnes et des marchandises ainsi que des éléments directement liés, tels que le stationnement, l’aménagement urbain, la qualité de vie, etc. Il porte sur les déplacements dans un territoire, ce qui inclut les déplacements locaux et de transit. Finalement, il établit les échéanciers, les modes de financement ainsi que les investissements d’immobilisation et d’exploitation. Un PLD est un document officiel qui devrait être adopté par le conseil d’un arrondissement ou d’une ville reconstituée. Il traduit la volonté politique des moyens à prendre pour répondre aux préoccupations, quant aux déplacements, tout en tenant compte des territoires environnants, suivant une approche méthodique et globale. Un PLD ne constitue toutefois pas un plan d’action détaillé, une analyse de projet ou encore une ébauche de réglementation. Le montage de plans plus détaillés portant sur des secteurs urbains particuliers ou sur des modes de transport spécifiques, ainsi que l’analyse et l’élaboration des projets tels que les quartiers verts et la confection des règlements constituent plutôt des étapes de la mise en oeuvre d’un PLD. Les plans, les projets et les réglementations spécifiques peuvent néanmoins être enclenchés, adoptés et mis en place avant, pendant ou après l’adoption d’un PLD. Il est toutefois important qu’une cohérence soit assurée avec les objectifs et les orientations définis dans le cadre du Plan de transport, si ceux d’un PLD ne sont pas connus1. 1 Extrait du Guide des plans locaux de déplacements réalisé par la Direction des transports


Programme particulier d’urbanisme

Cohésion avec les politiques de la Ville

1.2

Quartier Sainte-Marie

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Le programme particulier d’urbanisme du quartier Sainte-Marie est une démarche de planification qui s’inscrit dans la mise en œuvre de plusieurs politiques de la Ville de Montréal. La cohérence entre le PPU et les politiques de la Ville est démontrée dans la présente section.

Le Plan d’urbanisme de Montréal Le PPU du quartier Sainte-Marie met de l’avant un cadre d’aménagement inspiré des grands thèmes énoncés dans le Plan d’urbanisme de Montréal (orientations, objectifs, actions, moyens de mise en œuvre). Cependant, les interventions prévues dans le cadre du PPU ont une portée locale. Les orientations du Plan d’urbanisme ayant guidé l’élaboration du PPU sont les suivantes : • Des milieux de vie diversifiés et complets • Des réseaux de transport structurants, efficaces et bien intégrés au tissu urbain • Des secteurs d’emplois dynamiques, accessibles et diversifiés • Un paysage urbain et une architecture de qualité • Un patrimoine bâti, archéologique et naturel valorisé

La Stratégie de revitalisation urbaine intégrée La Stratégie de revitalisation urbaine intégrée, issue des consensus du Sommet de Montréal tenu en juin 2002, vise l’amélioration des conditions de vie des résidants des secteurs à revitaliser. En 2003, l’arrondissement de Ville-Marie a été désigné pour la mise sur pied d’un projet-pilote de revitalisation urbaine intégrée (RIU) dans le quartier Sainte-Marie. C’est dans ce contexte que le Plan de revitalisation urbaine intégrée du quartier Sainte-Marie (PRIU) a été publié au mois d’août 2004. Issues d’un large exercice de consultation et de concertation des acteurs locaux, les orientations stratégiques mises de l’avant dans le PRIU ont guidé chaque étape de l’élaboration du présent PPU.

La Charte des milieux de vie montréalais La Charte des milieux de vie montréalais établit des critères pour améliorer la qualité des milieux de vie montréalais. Ces critères ont servi de guide aux orientations visant la bonification des milieux de vie du quartier Sainte-Marie. Par exemple, les mesures d’apaisement de la circulation mises de l’avant dans le PPU privilégient un cadre de vie et une qualité d’environnement urbain assurant la sécurité, le bien-être et la quiétude des résidants et favorisant l’épanouissement des citoyens et l’harmonie sociale.


Programme particulier d’urbanisme

Quartier Sainte-Marie

page 5

Le Plan de transport de Montréal D’entrée de jeu, il faut souligner que le quartier Sainte-Marie se positionne avantageusement par rapport à l’énoncé de vision du Plan de transport, qui vise « une réduction de la dépendance à l’automobile en misant sur un usage accru du transport en commun et des transports actifs ». La présence de deux stations de métro, de nombreux circuits d’autobus et de nombreuses stations de vélos libre-service a incité de nombreux résidants du quartier à adopter les modes de transport collectifs et actifs au détriment de l’automobile. Ainsi, le recensement de 2006 révélait que 32 % des résidants de Sainte-Marie utilisent l’automobile pour se rendre au travail, alors que cette proportion est de 49 % dans la population montréalaise. Les statistiques démontrent en fait que les résidants du quartier mettent déjà en application une grande partie des objectifs du Plan de transport. Le PPU accorde tout de même une place importante à l’atteinte de certains objectifs de ce plan, particulièrement en ce qui a trait aux déplacements actifs.

Le Plan de développement durable de la collectivité montréalaise 2010-2015 Les orientations d’aménagement du PPU du quartier Sainte-Marie ont été élaborées dans l’optique du développement durable. À cet égard, plusieurs moyens de mise en œuvre mis de l’avant par le PPU reflètent les actions proposées dans le Plan de développement durable de la collectivité montréalaise. C’est le cas notamment des mesures d’apaisement de la circulation et de l’incitation à l’utilisation du transport actif, qui s’insèrent dans les objectifs poursuivis par le Plan. La Politique du développement culturel de Montréal 2005-2015 « Montréal, métropole culturelle » L’accessibilité, le soutien aux arts et à la culture et l’impact de la culture sur le cadre de vie des Montréalais sont les trois principaux enjeux qui inspirent le contenu de la Politique du développement culturel de Montréal. Le PPU tend à favoriser le développement d’une économie culturelle dans le quartier Sainte-Marie, ce qui s’inscrit dans la vision de cette politique.


Programme particulier d’urbanisme

Quartier Sainte-Marie

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La Stratégie de développement économique 2005-2010 de la Ville de Montréal Comme la revitalisation de la rue Ontario constitue un élément clé de la relance économique du quartier Sainte-Marie, le présent PPU s’arrime aux priorités de la Stratégie de développement économique en annonçant des actions concrètes pour stimuler le dynamisme commercial de l’artère ainsi que l’accroissement de la population résidante de ce quartier central. En proposant des interventions pour stimuler une économie basée sur la culture, le PPU contribue à « consolider et à développer Montréal comme métropole culturelle d’avantgarde », un des axes d’intervention de la Stratégie. Enfin, les nombreuses interventions sur le domaine public répondent à un besoin que la Stratégie qualifie de prioritaire pour le développement économique, celui d’« améliorer la qualité de l’environnement urbain ». La Politique du patrimoine La conservation du patrimoine bâti est un des enjeux soulevés par la Politique du patrimoine. La politique souligne l’incidence du patrimoine de proximité, formé notamment du bâti résidentiel, commercial et institutionnel local, sur le caractère des voisinages et la qualité des milieux. Cette relation entre la qualité des milieux de vie et la richesse du patrimoine de proximité est prise en compte dans le PPU du quartier Sainte-Marie. Des édifices religieux du quartier Sainte-Marie changeront de vocation dans les prochaines années. En conformité avec la Politique du patrimoine, la transformation de ces propriétés religieuses devra assurer la préservation des bâtiments possédant une valeur patrimoniale. La Politique familiale de Montréal 2008 Le PPU du quartier Sainte-Marie tend à développer un cadre urbain propice à attirer plus de familles dans le secteur. La présence de nombreux équipements collectifs sur le territoire, tels que le centre Jean-Claude-Malépart et le parc Médéric-Martin, est un des attraits sur lequel mise le PPU. La présence de ces équipements conjuguée à l’amélioration de la qualité des milieux de vie et au développement d’une offre résidentielle diversifiée devrait encourager la venue de plus de familles dans le quartier. La Stratégie d’inclusion de logements abordables La Stratégie d’inclusion de logements abordables précise deux cibles spécifiques : que 15 % des nouvelles unités d’habitation construites sur le territoire de Montréal soient des logements sociaux et communautaires aeet que 15 % soient des logements abordables résultant d’initiatives privées. Bien que le contexte particulier du centre-ville puisse compliquer l’atteinte de tels objectifs, le PPU souligne l’importance de trouver des solutions adaptées à la réalité du centre-ville. Cela permettra en fin de compte de mettre sur pied des initiatives visant à faciliter la réalisation de logements sociaux et communautaires et à stimuler la production de propriétés à prix abordable.


Programme particulier d’urbanisme

Quartier Sainte-Marie

page 7

Contexte d’intervention

2 Territoire d’application

2.1

Le territoire d’application du PPU du quartier Sainte-Marie est délimité par la rue Sherbrooke au nord, la rue De Champlain à l’ouest, le chemin de fer du Canadien Pacifique (CP) à l’est, correspondant à la limite avec l’arrondissement Mercier - Hochelaga-Maisonneuve, et le fleuve Saint-Laurent au sud. Les limites du territoire d’application correspondent à celles du district électoral Sainte-Marie en excluant les îles Notre-Dame et Sainte-Hélène. L’arrondissement du Plateau-Mont-Royal est situé au nord du territoire d’application et l’arrondissement Mercier – Hochelaga-Maisonneuve à l’est. Outre celui du quartier Sainte-Marie, trois autres PPU sont en vigueur ou en cours d’élaboration sur le territoire de l’arrondissement. À l’échelle de l’arrondissement, le territoire d’application du PPU représente la portion est du territoire de l’arrondissement de Ville-Marie associée communément au quartier Sainte-Marie. Il s’étend sur 2,7 km2, ce qui représente environ 16 % de la superficie de l’arrondissement. Le pont Jacques-Cartier marque physiquement l’entrée dans le quartier Sainte-Marie. Érigé en 1930, il est venu créer une coupure entre le quartier Centre-Sud, situé à l’ouest, et le quartier SainteMarie. Cette rupture est encore bien perceptible aujourd’hui et constitue un des enjeux reliés au développement de ce secteur. Contrairement à l’ouest de l’arrondissement qui s’est développé par une urbanisation institutionnelle, le développement du quartier Sainte-Marie et de façon générale de l’est de l’arrondissement a été généré par l’implantation d’activités industrielles et manufacturières. Cette réalité est tangible dans le cadre urbain actuel, par la présence notamment de grands terrains vagues désaffectés et de bâtiments industriels sous-utilisés. Malheureusement, le quartier n’a pas connu de période de développement moderne contrairement à l’ouest de l’arrondissement qui poursuit une urbanisation institutionnelle autour de l’Université Concordia. Les grands projets de renouveau urbain réalisés dans les années soixante et soixante-dix comme celui de RadioCanada ou des Tours d’habitation Frontenac n’ont pas eu l’effet structurant escompté par leur concepteur et ont au contraire déstructuré le tissu urbain. Tout en considérant les problématiques propres au territoire, les orientations du PPU doivent s’appuyer sur les atouts du quartier Sainte-Marie pour en faire un milieu de vie recherché. La mise en valeur du territoire doit être articulée autour de la proximité du centre-ville, la présence de nombreux équipements civiques et la qualité des milieux de vie du quartier. Voir carte Délimitation du territoire d’application à la page suivante


Programme particulier d’urbanisme

Historique

2.2

1850-1880

Quartier Sainte-Marie

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Naissance d’un quartier ouvrier Le territoire du quartier Sainte-Marie s’urbanise dans la seconde partie du 19 e siècle. Le quartier tient son nom de sa situation géographique au pied du courant Sainte-Marie provoqué par le rétrécissement du fleuve à cette hauteur. À l’époque, le courant est si fort à cet endroit que les voiliers ne parviennent pas à le franchir. Ce secteur représente alors la limite est de la ville de Montréal. Une paroisse se développe dans la partie sud du quartier, autour de l’église Saint-Vincent-de-Paul et du couvent des sœurs de la Providence, tous deux érigés en 1875. C’est dans cette partie de la ville que se trouvent les deux pénitenciers : la prison des Patriotes-au-Pied-du-Courant, réservée aux hommes (1836), et l’asile pour femmes (1875) à l’endroit où se trouve aujourd’hui le Grand quartier général de la Sûreté du Québec. On note sur le territoire la présence de plusieurs manufactures, petites échoppes et ateliers. À cette époque, bien qu’une bonne portion du quartier ait déjà fait l’objet d’un lotissement, l’urbanisation ne dépasse guère la rue Logan au nord. Toutefois, la densité de population y est élevée, le quartier abritant 16 000 personnes.

Le quartier Sainte-Marie en 1890 Source : Chas E.Goad, Atlas of the City of Montreal, Bibliothèque et archives du Québec [collection numérique], 1890.


Programme particulier d’urbanisme

1880-1910

Quartier Sainte-Marie

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Intensification des activités manufacturières Intéressées par la proximité du fleuve, la présence de main-d’œuvre à bon marché et de vastes terrains propices à la construction de grands bâtiments à vocation industrielle, de grandes usines s’établissent dans le quartier. Au tournant du 20e siècle, l’occupation du territoire est dictée par le développement industriel : •

les usines de la Molson et de la Canadian Rubber en bordure du fleuve

les ateliers De Lorimier du CP et la Dominion Oilcloth and Linoleum dans l’axe Parthenais

la Montreal Light, Heat and Power, la rotonde du CP et la manufacture de tabac Macdonald à l’est du quartier

Dans la première partie du 20e siècle, les activités industrielles du quartier se diversifient. Une grande variété de secteurs manufacturiers est représentée : alimentation, cuir, textile, métallurgie, tabac, imprimerie, caoutchouc et produits chimiques. Un tel dynamisme économique favorise l’intensification des activités portuaires et ferroviaires. Le quartier prend à cette époque le surnom de « Faubourg à m’lasse » en raison de la forte odeur de mélasse qui y règne. Elle provient des réservoirs situés sur le quai Poupart dans lesquels des bateaux en provenance des États-Unis transvident la mélasse utilisée par l’industrie alimentaire. À la fin des années 1910, l’urbanisation du quartier s’étend vers le nord et vers l’est dans ce qui est à l’époque le village Hochelaga, situé entre les rues D’Iberville et Dufresne. Le développement des îlots compris entre les rues du Havre, De Lorimier, Ontario et Notre-Dame forme un tissu urbain très dense; il n’est pas rare de trouver dans les arrière-cours de petits ateliers, souvent habités.


Programme particulier d’urbanisme

1910-1950

Quartier Sainte-Marie

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Implantation du pont Jacques-Cartier au cœur du quartier

Sur le plan de l’aménagement urbain, plusieurs événements transforment le quartier dans la première moitié du 20e siècle. Parmi les plus importants, mentionnons l’inauguration du pont Jacques-Cartier en 1930. La construction de cet ouvrage monumental exige la démolition de plusieurs résidences et bâtiments industriels, ce qui aura pour effet de scinder en deux le quartier Centre-Sud. Avec les années, on constatera une hausse importante de la circulation automobile qui aura des conséquences néfastes sur la qualité de vie des résidants. Les avenues Papineau et De Lorimier et la rue Ontario deviendront des voies d’accès et de sorties pour le pont, ce qui provoque l’enclavement des îlots situés à l’intérieur de ce périmètre.

Plan d’utilisation du sol en 1949 Source : Service de l’urbanisme de la Ville de Montréal, Plans d’utilisation du sol de la Ville de Montréal, Bibliothèque et archives du Québec [collection numérique], 1949.


Programme particulier d’urbanisme

1950-1975

Quartier Sainte-Marie

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Grandes campagnes de rénovation urbaine La deuxième moitié du 20e siècle est marquée par la réalisation de projets publics et urbains qui transforment le quartier, notamment : •

L’élargissement du boulevard René-Lévesque

L’implantation du métro de Montréal (stations Papineau et Frontenac)

La construction des tours et du centre commercial Place-Frontenac

La construction du centre de détention Parthenais

L’établissement de Télé-Québec sur l’ancien site du siège social de la Dominion Oilcloth and Linoleum (2200, rue Sainte-Catherine Est)

La mise en place des voies rapides Notre-Dame et Ville-Marie

Plusieurs de ces aménagements nécessiteront des expropriations massives qui provoquent l’exode d’une partie de la population, phénomène qui se traduit par un affaiblissement du tissu social. De tels bouleversements auront par ailleurs un impact négatif sur la vitalité des artères commerciales du quartier.


Programme particulier d’urbanisme

1975-1995

Quartier Sainte-Marie

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Déclin de l’activité manufacturière Dans les années 1970, la disparition progressive des activités industrielles traditionnelles associées au secteur secondaire provoque l’appauvrissement d’une population traditionnellement ouvrière, de quoi précipiter davantage le déclin de l’activité commerciale du quartier.

La désaffectation industrielle s’accompagne également d’un ralentissement des activités portuaires et ferroviaires dans le secteur. Les activités s’étant concentrées plus à l’est au cours des décennies précédentes, les anciens quais sont de moins en moins utilisés et les voies ferrées situées dans le secteur compris entre la zone du Vieux-Port et la gare de triage du CP servent principalement à garer et trier les wagons. La présence de ces installations, couplée à l’intensité de la circulation sur la rue Notre-Dame, contribue à enclaver le quartier et à priver ses résidants d’un accès convenable au fleuve. Le parc Bellerive demeure difficilement accessible aux citoyens voulant profiter d’une fenêtre sur le fleuve.

1995-aujourd’hui Réappropriation du quartier par les artistes Depuis un peu plus de 15 ans, la désaffectation des grands bâtiments industriels profite à de nouveaux occupants qui ont fait de ces vastes locaux des espaces de création artistique. Studios d’enregistrement et de photographie, ateliers de peinture, de sculpture et galeries d’art se côtoient maintenant dans ce quartier aux racines essentiellement ouvrières. La conversion de l’usine Grover en lofts d’artistes constitue un exemple de réappropriation salutaire du bâti industriel. Le secteur manufacturier demeure présent dans le quartier, mais cette vocation est appelée à disparaître au cours des prochaines années. Le quartier Sainte-Marie a fait l’objet de plusieurs études historiques. Voici les principaux ouvrages ayant guidé l’élaboration de la présente section : BENOÎT, Michèle et Roger GRATTON, Pignons sur rue: les quartiers de Montréal, Montréal, Guérin, 1991, 393 p. BURGESS, Joanne, Paysages industriels en mutation, Montréal, Écomusée du fier monde, 1997, 88 p. Montréal par ponts et traverses, Montréal, Nota bene, 1999, 96 p. GIROUX, Éric, Commerces du coin, Montréal, Écomusée du fier monde, 2009, 38 p. (Quartier Sainte-Marie) GIROUX, Éric, Vue sur le pont, Montréal, Écomusée du fier monde, 2005, 18 p. (Quartier Sainte-Marie) GIROUX, Éric, On se retrouve au parc, Montréal, Écomusée du fier monde, 2007, 18 p. (Quartier Sainte-Marie) LINTEAU, Paul-André, Histoire de Montréal depuis la confédération, Montréal, Boréal, 1992. 613 p.


Programme particulier d’urbanisme

Profil et évolution sociodémographiques

2.3

Quartier Sainte-Marie

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Selon les données du recensement de 2006 de Statistique Canada, le quartier Sainte-Marie présente une population de 21 745 résidants, ce qui correspond à 28 % de la population de l’arrondissement de Ville-Marie. La densité de population est d’environ 8 199 habitants au km² comparativement à 12 140 habitants au km² pour l’arrondissement du Plateau-Mont-Royal situé au nord du territoire de Sainte-Marie. Voici quelques statistiques éclairantes sur la population du quartier : •

Âge : Environ 40 % des résidants sont âgés de 15 à 34 ans. Dans l’ensemble de la population montréalaise, cette proportion est de 29 %.

Scolarité : La population du quartier présente une scolarité équivalant au profil de l’ensemble des Montréalais. Dans les deux cas, le pourcentage de la population titulaire d’un diplôme universitaire est de près de 30 %. Toutefois, cette donnée est plus élevée dans l’arrondissement de Ville-Marie, où 45 % des résidants sont des diplômés universitaires.

Revenu : Près de 45 % des ménages du quartier sont considérés à faibles revenus. Le revenu moyen des ménages est de 35 850 $, ce qui est nettement inférieur au revenu moyen montréalais, qui s’élève à 51 850 $; 41 % des ménages du quartier consacrent plus de 30 % de leurs revenus au loyer, ce qui est légèrement plus élevé que dans l’ensemble de Montréal.

Citoyenneté : La population immigrante est moins représentée dans le quartier, où elle compte pour 17,4 % des résidants, comparativement à 30,8 % pour Montréal. Les immigrants proviennent surtout de France, de Chine et du Vietnam.

Langue : Le quartier Sainte-Marie est composé à 82 % de francophones. Cette proportion est de 57 % pour l’ensemble de la ville.

Mode d’occupation : On constate que le secteur demeure un quartier de locataires puisqu’on y dénombre seulement 16 % de propriétaires occupants (34,4 % pour Montréal). Le coût moyen du loyer est de 590 $ (646 $ pour Montréal).

Mode de transport : Moins du tiers des travailleurs de Sainte-Marie (32 %) utilisent l’automobile pour se rendre à leur lieu d’emploi, alors que cette proportion est de 49 % dans la ville de Montréal. Par ailleurs, 46 % des résidants du quartier utilisent le transport en commun et 20 % marchent ou utilisent le vélo. L’excellente desserte en transport collectif et actif ainsi que la proximité des pôles de transport en commun peuvent expliquer cette tendance : la distance maximale à parcourir pour rejoindre les stations de métro Papineau ou Frontenac est d’environ 1 km pour l’ensemble du territoire.


Programme particulier d’urbanisme

Diagnostic et enjeux

2.4

Quartier Sainte-Marie

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Vers des milieux de vie conviviaux et sécuritaires L’une des caractéristiques du quartier Sainte-Marie est la présence de milieux de vie qui correspondent à une portion de quartier organisée autour d’équipements locaux, de services de proximité et de lieux de rencontre accessibles à pied (voir plan 1) D’autres destinations se déploient sur une distance correspondant à environ 5 à 10 minutes de marche, donc à l’intérieur d’un rayon d’environ 600 m. La convivialité, la proximité et la qualité des aménagements et des services qui s’y trouvent contribuent à l’amélioration de la qualité de vie des résidants. Le concept des Quartiers verts (voir annexe 5.1), tel qu’il est décrit dans l’application locale du Plan de transport de Montréal (2008) et des Plans locaux de déplacements (PLD) des arrondissements, constitue une assise intéressante pour guider la consolidation de ces milieux de vie.

Le quartier Sainte-Marie offre à ses résidants une excellente desserte en transport en commun et deux stations de métro, Papineau et Frontenac. Presque la totalité du territoire est comprise dans un rayon de 800 m d’une station de métro, ce qui représente 10 minutes de marche. Le secteur est aussi desservi par de nombreuses lignes d’autobus ainsi que par 7 aires de stationnement du service de partage de voitures Communauto et par 19 stations de vélos libre-service Bixi (voir plan 2).

Le quartier Sainte-Marie se caractérise également par la présence de plusieurs voies de circulation importantes (pont, axe autoroutier, grandes artères) qui le rendent accessible de n’importe quel point de l’île et permettent un lien rapide au centre-ville de Montréal. Toutefois, ces infrastructures génèrent une importante circulation de transit et provoquent de multiples nuisances dans les milieux de vie. La présence de zones industrielles dans le quartier et en bordure de celui-ci entraîne un volume important de camionnage. Certaines rues qui traversent les secteurs résidentiels permettent le camionnage en tout temps : Frontenac et D’Iberville, René-Lévesque, Notre-Dame, De Lorimier, Mondelet, La Fontaine, Logan, SainteCatherine, Ontario et du Havre (voir plan 3). L’intensité de la circulation de transit dans les rues locales a des répercussions sur la sécurité routière. On relève un nombre significatif d’accidents impliquant des automobilistes, des piétons et des cyclistes.


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Un cadre urbain prometteur à proximité du centre-ville Le quartier Sainte-Marie a connu un déclin économique et démographique au cours des dernières décennies. Il présente aujourd’hui une densité de population moyenne d’environ 8 199 personnes par km2, nettement inférieure à celle des quartiers adjacents. À titre de comparaison, l’arrondissement du Plateau-Mont-Royal a une densité d’environ 12 140 habitants au km2. La densité de Sainte-Marie n’est pas représentative d’un quartier qui jouit d’une localisation avantageuse à proximité du centre-ville et qui présente plusieurs atouts militant en faveur de l’éclosion d’un milieu de vie recherché. Les stratégies mises en œuvre pour attirer davantage de résidants dans le secteur doivent tirer parti de ce milieu de vie urbain qui lui est propre.

L’un des obstacles à l’attractivité du secteur est son tissu urbain relâché. Toutefois, cet obstacle pourrait se transformer en une formidable occasion de développement. Il est vrai que les transformations qu’a connues le quartier au fil des ans se traduisent aujourd’hui par un paysage urbain déstructuré, parsemé de terrains vagues et de friches industrielles. À ce jour, en incluant la partie abandonnée de la cour de triage du CP, le quartier comporte plus de 200 000 m2 de terrains vacants ou sous-utilisés, dont une bonne partie sert de stationnement de surface. Certains de ces terrains sont associés à des entreprises établies dans le quartier depuis plus d’un siècle : Gaz Métro (autrefois Montreal Gas Works), les ateliers de la Société de transports de Montréal (anciennement les ateliers Hochelaga de la Compagnie des tramways de Montréal, dans le quartier depuis plus de 150 ans) et le cigarettier Macdonald devenu la JTI-Macdonald (Japan Tobacco International) implanté depuis 1875. Au-delà de leur effet déstructurant, les terrains vacants et sous-utilisés constituent des occasions de développement, tout particulièrement aux abords des stations de métro Papineau et Frontenac, ainsi que sur les sites des édicules de ces stations. Dans ces derniers cas, le développement permettrait non seulement de maximiser l’utilisation de ces équipements de transport, mais aussi d’optimiser leur impact structurant sur le développement du quartier.


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Sur le plan du cadre bâti, le quartier Sainte-Marie constitue l’un des secteurs les plus anciens de Montréal. En effet, 41 % des bâtiments ont été construits avant 1946, alors que cette proportion s’établit à 20 % pour l’ensemble de Montréal. Toutefois, en dépit de la disponibilité des programmes d’aide à la rénovation résidentielle, selon les données du recensement 2006, seulement 14 % des ménages estimaient que leur logement nécessitait des réparations majeures, comparativement à 10 % en 2001. En matière de patrimoine bâti, le quartier comporte de nombreux bâtiments reconnus pour leur intérêt patrimonial (voir plan « Patrimoine ») ainsi que des bâtiments résidentiels typiques des quartiers ouvriers du 19e siècle. Des ensembles de valeur patrimoniale exceptionnelle tels que le bâtiment principal de la JTI-Macdonald, l’école Gédéon-Ouimet, l’église Saint-Eusèbe-de-Verceil, l’ancienne prison des Patriotes au Pied-du-Courant et l’ensemble conventuel des Soeurs de la Providence pourraient changer de vocation dans les prochaines années. Une attention particulière devra être portée à ces changements de vocation afin d’assurer que le caractère patrimonial de ces sites soit préservé.

Les interventions sur le domaine public ont aussi un impact sur la perception de la forme urbaine. La station de métro Frontenac et ses abords constituent un pôle civique et de services à mettre en valeur. En plus d’être adjacent au centre commercial Place-Frontenac, principale destination commerciale du quartier, ce lieu de transit est jouxté à la maison de la culture Frontenac ainsi qu’au centre Jean-Claude-Malépart et à sa piscine. De récents investissements de l’arrondissement et de la Ville ont permis de consolider ce pôle. Soulignons par exemple les travaux pour la construction de la piscine Jean-Claude-Malépart. Récemment, l’arrondissement a également consenti des investissements destinés au parc Médéric-Martin, notamment pour la décontamination du jardin communautaire et l’aménagement de nouveaux terrains de tennis. En outre, l’aménagement de la partie nord du parc comprenant les aires de détente est prévu à court terme. Un plan directeur des parcs et espaces verts est également en cours d’élaboration. Le quartier comprend près de 19,6 ha de parc. On dénombre une quinzaine de parcs et espaces verts de différentes tailles. La superficie de parc par tranche de 1 000 habitants est 0,9 ha. Cette proportion est supérieure à la moyenne montréalaise établie à 0,7 ha par millier d’habitants. Cependant, si l’on soustrait de ces parcs ceux qui sont enclavés et difficilement accessibles, cette proportion est en deçà de la moyenne montréalaise.

Piscine Jean-Claude-Malépart


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Un repositionnement économique axé sur la culture L’activité industrielle n’a pas complètement disparu du quartier Sainte-Marie, où elle fait toujours sentir sa présence. Parallèlement, l’émergence de l’industrie culturelle donne un souffle nouveau au secteur. En 2006, la population active de Montréal comptait 5,7 % de travailleurs dans le secteur « art, culture, sports et loisirs », alors que celle de Ville-Marie et du quartier Sainte-Marie en comptait respectivement 9,7 % et 10,5 %. Actuellement, près de 7 % des entreprises de l’arrondissement de Ville-Marie sont « culturelles » et cette proportion grimpe à 15,4 % dans le cas du quartier Sainte-Marie. L’établissement de nombreux lieux de création et de diffusion a contribué à cette émergence culturelle : la bibliothèque et la maison de la culture Frontenac, la Grover (GrovArt), le Chat des artistes, la SPAG (bain Mathieu), PRIM, Espace Libre, les Éditions Hurtubise, la coopérative d’habitation Lezarts, pour n’en nommer que quelques-uns (voir plan « Immeuble important »). En accord avec cette tendance et conformément à la Politique de développement culturel de la Ville de Montréal, l’arrondissement de Ville-Marie a reconnu et affirmé en 2009 l’existence du « pôle de création de Faubourgs » et la culture comme moteur de développement économique pour les quartiers Sainte-Marie et Saint-Jacques. Le quartier pourrait aussi devenir un carrefour important de l’économie sociale dans l’arrondissement de Ville-Marie. Certains organismes ont commencé à s’implanter dans le secteur et l’arrivée de ce genre d’organismes pourrait favoriser l’embauche et l’employabilité locale. L’enjeu : conjuguer la réalisation des opportunités de développement du territoire et la consolidation de milieux de vie de qualité au sein d’une économie diversifiée.


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Vision d’aménagement

2.5 L’élaboration du Programme particulier d’urbanisme (PPU) du quartier Sainte-Marie constitue une occasion unique de réfléchir collectivement à l’avenir du quartier. Les nombreux atouts du quartier dont sa riche histoire, sa localisation stratégique à proximité du centre-ville, sa desserte en transports collectifs, sa diversité culturelle grandissante, son offre en équipements collectifs et institutionnels, devraient en faire un milieu de vie recherché. Or, le quartier Sainte-Marie demeure méconnu des Montréalais et ne suscite pas le même intérêt que des quartiers semblables ne jouissant pas des mêmes attraits. Cet état de fait résulte de certaines problématiques, dont la qualité de l’environnement urbain, l’enclavement du quartier et la desserte en commerce de proximité. Actuellement, le quartier n’a pas connu de période de développement significative depuis la fin de son ère industrielle, son économie ne s’est pas diversifiée mis à part le récent essor du secteur culturel et les indices sociodémographiques démontrent que la population est défavorisée par rapport à la moyenne montréalaise, expliquant entre autres la forte demande de logements sociaux et communautaires sur le territoire. Pour renverser la tendance, il faut revoir la vision d’aménagement du territoire en optant pour une approche équilibrée de vitalité économique, d’équité sociale, de préservation de l’environnement et de respect des besoins des générations futures. Dans l’esprit du développement durable, les interventions prévues dans le PPU visent l’émergence d’un environnement urbain plus sain, une gestion optimale des ressources, une utilisation accrue des transports alternatifs, l’atténuation des nuisances en milieu résidentiel et un aménagement cohérent des lieux publics assurant le confort et la sécurité des utilisateurs. Dans un horizon rapproché, Sainte-Marie sera un milieu de vie recherché où l’on trouve des logements de qualité pour tous et une offre diversifiée de services, le tout dans un environnement urbain sain et économiquement viable. La mise en œuvre de la vision en quelques points :

Insuffler un nouveau dynamisme économique et social afin d’améliorer la qualité de vie des citoyens et d’attirer de nouveaux résidants

Mettre en valeur la qualité et l’offre en équipements collectifs pour optimiser leur utilisation et faire du quartier SainteMarie un milieu de vie recherché

Miser sur l’économie culturelle émergente pour dynamiser l’économie du quartier

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Cadre d’aménagement

3

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La présente section traite des orientations, des objectifs et des moyens de mise en œuvre proposés en réponse au diagnostic tracé dans la section précédente. Ce diagnostic a aussi pris en considération les travaux effectués dans le cadre de l’élaboration du Plan de revitalisation urbaine intégrée (PRIU) du quartier Sainte-Marie, publié en 2004. Les enjeux qui ressortent de ces travaux touchent notamment l’amélioration de la qualité de vie des résidants par l’entremise, entre autres, d’une offre convenable de logements, de la restructuration du cadre urbain et du développement d’une économie diversifiée. L’élaboration du PPU s’inscrit dans cette démarche. Le PPU s’articule autour de trois grandes orientations : •

La qualité des milieux de vie

La mise en valeur du potentiel de développement du territoire

Le développement d’une économie diversifiée

Un quatrième objet d’étude est abordé par la suite : la planification détaillée des secteurs d’intervention.

La qualité des milieux de vie

3.1

Le quartier Sainte-Marie présente plusieurs avantages pour ceux qui décident de s’y établir : il est très bien desservi par les transports en commun et il se situe à proximité d’équipements éducatifs et culturels. Toutefois, pour faire du quartier un milieu de vie de grande qualité, certains aspects doivent être améliorés. À cet égard, la consolidation de la fonction résidentielle et la création d’un environnement sain constituent des enjeux clés. Trois objectifs ont été retenus pour mettre en œuvre cette orientation : •

Consolider

les milieux de vie du quartier en améliorant la qualité de l’habitat et l’offre en services de proximité

Répondre

Adopter

aux besoins de mobilité des personnes et des marchandises tout en atténuant les impacts de la circulation sur les milieux de vie de bonnes pratiques de développement durable, notamment dans la réalisation des aménagements sur le domaine public


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3.1.1 Consolider les milieux de vie du quartier en améliorant la qualité de l’habitat et des services de proximité Le maintien d’une population résidante stable dans le quartier représente un enjeu important. À cet égard, il importe de bonifier les milieux de vie existants et de maintenir la qualité du stock de logements. La grande majorité des résidants étant locataires, soit 84 %, il importe également de conserver le parc de logements locatifs et de favoriser l’augmentation du nombre de propriétaires occupants dans la réalisation de projets d’habitation. Parallèlement, des discussions doivent être entamées afin de revoir les paramètres des programmes de subvention à l’habitation afin de mieux répondre à la réalité particulière de l’arrondissement. À ce titre, des discussions sont entamées afin de revoir les paramètres des programmes de subvention à l’habitation, dans l’optique de mieux répondre à la réalité particulière de l’arrondissement. En effet, le coût des terrains, les typologies d’habitation et les normes architecturales minimales ne sont actuellement pas compatibles avec les montants consentis dans le cadre des programmes existants. Un comité de travail qui inclut des représentants de l’arrondissement et de la Direction de l’habitation a été mis sur pied pour entamer une réflexion sur cette problématique. Il aura pour mandat d’évaluer la possibilité de modifier les programmes d’habitation existants afin de mieux les adapter à la réalité immobilière du centre-ville. Selon le même objectif, il sera également chargé d’évaluer l’opportunité de revoir les mécanismes d’application de la Stratégie d’inclusion de logements abordables. Le renouvellement du stock de logements est relativement modeste dans le quartier Sainte-Marie puisqu’il s’est construit en moyenne 100 logements par année entre 2003 et 2009. L’accent doit être mis sur les atouts du quartier, dont sa proximité au centre-ville et la présence de deux stations de métro, afin d’améliorer son attractivité. Une intensification de la construction résidentielle participerait à la consolidation des milieux de vie existants. Le dynamisme d’un milieu de vie repose notamment sur les services de proximité. Il est donc nécessaire d’assurer une offre répondant aux besoins des résidants, et ce, à proximité de leur lieu de résidence. Une attention particulière devra être portée sur l’amélioration de la sécurité alimentaire du quartier Sainte-Marie.


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Moyens de mise en œuvre •

Attirer davantage de résidants dans le quartier en intensifiant le développement résidentiel sur les nombreux terrains vacants et sous-utilisés du secteur

Soutenir le développement d’une offre diversifiée de logements afin de répondre aux besoins des jeunes familles

Inciter les propriétaires à amorcer un cycle de rénovation du parc immobilier résidentiel

Adapter les milieux de vie à leurs clientèles, entre autres en offrant aux familles et aux personnes âgées des services et des équipements adaptés

Rendre plus conviviaux les déplacements vers les services de proximité en réalisant des aménagements sur le domaine public misant sur l’encadrement des modes de transport actif


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3.1.2 Répondre aux besoins de mobilité des personnes et des marchandises tout en atténuant les impacts de la circulation sur les milieux de vie Le quartier Sainte-Marie présente plusieurs milieux de vie qui posent des défis sur les plans de la mobilité et de la sécurité. L’existence de milieux de vie urbains mixtes, combinée à la présence d’importants enjeux de circulation, a suscité une mobilisation importante de la population sur les enjeux de transport et d’aménagement. Le présent objectif s’inscrit en cohérence avec la vision des Quartiers verts qui encourage la marche et le vélo comme mode de déplacement de proximité et favorise l’utilisation du transport collectif. La bonification du réseau cyclable prévue dans le Plan de transport est essentielle pour améliorer la convivialité des déplacements et assurer la sécurité des usagers. À cet égard, la poursuite du réseau dans l’axe de la rue Fullum et du boulevard De Maisonneuve, telle qu’elle est prévue dans le Plan de transport, devrait constituer une priorité.

Différentes mesures d’apaisement de la circulation peuvent être mises en place à court comme à moyen terme, notamment afin de réduire la circulation de transit des automobiles et des véhicules lourds, ainsi que leur impact dans le quartier. Des solutions novatrices, élaborées conjointement avec les services municipaux, les instances gouvernementales concernées, les acteurs locaux et les citoyens, doivent être mises de l’avant pour répondre à cet objectif.

Moyens de mise en œuvre •

Réaliser un plan local de déplacements qui devra répondre aux objectifs suivants :

- Améliorer la sécurité routière, en particulier celle des piétons et des cyclistes

- Rendre les lieux publics et les rues universellement accessibles

- Réaliser des aménagements publics favorisant des modes de déplacement durables

Aménager un Quartier vert (voir annexe 5.1).


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3.1.3 Adopter de bonnes pratiques de développement durable, notamment dans la réalisation des aménagements sur le domaine public La qualité des aménagements réalisés dans une ville a un impact direct sur la qualité de vie de ses habitants. Dans cette optique, la recherche du développement durable, qui vise notamment l’utilisation optimale des ressources, l’amélioration de la qualité de l’air, la réduction des îlots de chaleur, devient une préoccupation incontournable de la planification urbaine moderne.

Les grands chantiers de revitalisation urbaine offrent une opportunité de réaliser des aménagements favorisant le développement durable. Par exemple, le réaménagement de la rue Ontario sera l’occasion d’adopter des pratiques innovantes sur le plan écologique dans la réalisation des travaux sur le domaine public. Des investissements de l’ordre de 11,2 M$ sont déjà prévus dans le Programme triennal d’immobilisations 2011-2013 pour le réaménagement de cette artère. D’autres interventions plus fines peuvent avoir des effets positifs sur le bilan écologique du quartier. Par exemple, afin d’assurer le maintien d’une desserte adéquate en espaces verts, il serait opportun d’explorer la possibilité d’exiger une contribution au fonds de parc lors de la délivrance d’un permis de construction pour un immeuble faisant l’objet d’un projet de redéveloppement.

Moyens de mise en œuvre •

Procéder à l’imposition d’une réserve à des fins de parc afin d’aménager un nouvel espace vert public sur le terrain situé en face de l’école Gédéon-Ouimet

Élaborer un plan d’aménagement du domaine public qui préconise une approche de gestion écologique pour la rue Ontario entre l’avenue De Lorimier et la rue Lespérance

Encourager les propriétaires de terrains vagues ou sous-utilisés à réaliser des aménagements temporaires pour réduire l’impact de ces terrains sur les îlots de chaleur d’ici leur développement (ex. : verdissement)

Prévoir l’aménagement d’espaces verts dans la mise en valeur des grands terrains vacants ou sous-utilisés dans une perspective de réduction des îlots de chaleur

Prévoir l’intégration d’un couvert végétal important dans l’aménagement de lieux publics conviviaux et sécuritaires

Développer des stratégies d’aménagement pour les abords de la station de métro Frontenac afin d’optimiser l’utilisation des transports en commun


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La mise en valeur du potentiel de développement du territoire

3.2

Quartier Sainte-Marie

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Le quartier Sainte-Marie jouit d’une situation stratégique et présente plusieurs attraits susceptibles de le positionner avantageusement sur l’échiquier immobilier montréalais. Cependant, on constate une stagnation du développement immobilier dans le secteur. Le présent PPU propose des pistes d’intervention pour renverser cette tendance. Deux objectifs ont été retenus pour mettre en œuvre cette orientation : •

Favoriser

Encourager une densification des terrains sous-utilisés et des abords des stations de métro

le maintien et l’accroissement de la population résidante

Papineau et Frontenac


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3.2.1 Favoriser le maintien et l’accroissement de la population résidante Le quartier Sainte-Marie a connu un déclin démographique au cours des dernières décennies. Pourtant, ce quartier central possède de nombreux attraits susceptibles d’attirer de nouveaux résidants. Mentionnons notamment sa proximité au centre-ville, pôle d’emplois majeur, ainsi que la qualité et la diversité de sa desserte en transport.

Par ailleurs, de nombreux terrains vacants ou sous-utilisés sont propices à la construction résidentielle, étant situés dans un environnement adéquat pour une clientèle mixte. Dans cette optique, le redéveloppement des anciens sites industriels représente une occasion de développement résidentiel à saisir. Considérant les superficies de terrains vacants ou sous-utilisés propices à la construction résidentielle, le potentiel de développement est majeur.

Le taux de propriétaires dans le quartier (16 %) est inférieur à la moyenne montréalaise (34 %). Ce constat est synonyme d’une grande mobilité de la population. L’augmentation du nombre de propriétaires résidants favoriserait l’appropriation du secteur par ses résidants et le développement d’une identité forte.

Parallèlement, des discussions doivent être entamées afin de revoir les paramètres des programmes de subvention à l’habitation, dans l’optique de mieux répondre à la réalité particulière de l’arrondissement. À ce titre, des discussions sont entamées afin de revoir les paramètres des programmes de subvention à l’habitation, dans l’optique de mieux répondre à la réalité particulière de l’arrondissement. Un comité de travail qui inclut des représentants de l’arrondissement et de la Direction de l’habitation a été mis sur pied à cet effet. Il aura pour mandat d’évaluer la possibilité de modifier les programmes d’habitation existants afin de mieux les adapter à la réalité immobilière du centre-ville. Selon le même objectif, il sera également chargé d’évaluer l’opportunité de revoir les mécanismes d’application de la Stratégie d’inclusion de logements abordables.

Moyens de mise en œuvre •

Favoriser le développement immobilier résidentiel par la mise en place d’un cadre réglementaire adéquat

Élaborer, avec les instances concernées, des stratégies de mise en valeur des grands terrains vacants propices à la construction résidentielle

Favoriser la diversité des typologies de logements dans les projets résidentiels

Concevoir des outils promotionnels pour améliorer la reconnaissance et la visibilité du quartier


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3.2.2 Encourager une densification des terrains sous-utilisés et des abords des stations de métro Papineau et Frontenac Le territoire du quartier Sainte-Marie comporte une quantité importante de grandes parcelles à redévelopper. Certains de ces terrains sont associés à des activités industrielles ou commerciales aujourd’hui incompatibles avec leur milieu d’insertion. La mise en valeur de ces sites permettrait de restructurer le tissu urbain par la réalisation développements immobiliers majeurs. La valorisation de ces terrains nécessite cependant une approche concertée avec les propriétaires concernés. Par ailleurs, les stations de métro ont joué historiquement un rôle de catalyseur en favorisant la constitution de pôles denses et multifonctionnels regroupant commerces, habitations et services. La présence de ces équipements de transport collectif constitue un atout indéniable du secteur. Il importe d’assurer que le développement aux abords des stations de métro soit de forte densité, non seulement pour optimiser l’utilisation de ces équipements de transport, mais aussi pour optimiser leur impact structurant sur le développement du quartier. La mise en œuvre du développement des édicules des stations de métro et le réaménagement du domaine public devraient être coordonnés par un comité de travail, et ce, en particulier pour le pôle Frontenac où des investissements de 11,2 M$ ont été prévus au Programme triennal d’immobilisations 2011-2013.


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Moyens de mise en œuvre •

Adapter la réglementation et mobiliser les grands propriétaires fonciers dans le but de favoriser le développement des terrains vacants et sous-utilisés

Mettre en place un cadre réglementaire adéquat pour favoriser la densification aux abords des stations de métro

Assurer une interface entre les secteurs industriels établis et les milieux de vie

Modifier la réglementation afin de restreindre le stationnement en surface

Créer un comité de travail afin de coordonner le développement du pôle Frontenac

Les terrains vacants ou sous-utilisés


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Le développement d’une économie diversifiée

3.3

Quartier Sainte-Marie

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On assiste depuis les années 1970 à un ralentissement important des activités manufacturières dans le quartier Sainte-Marie. Le dynamisme des artères commerciales a souffert de ce déclin. Toutefois, l’établissement de nouvelles activités, notamment celles associées à l’industrie culturelle, permet de rehausser le profil économique du quartier. Le présent PPU encourage le développement d’une économie diversifiée. Les objectifs suivants guideront la mise en œuvre de cette orientation : •

Favoriser

le développement des activités et des entreprises dans le secteur des arts et de

la culture •

Encourager

le développement économique local en misant sur la vitalité des artères commerciales et sur l’économie sociale


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3.3.1 Favoriser le développement des activités et des entreprises dans le secteur des arts et de la culture Dans sa Politique de développement culturel, la Ville de Montréal s’engage à mettre en valeur les pôles culturels existants et à en développer de nouveaux. Conformément à cette politique et au large consensus des acteurs culturels du secteur, le conseil d’arrondissement de VilleMarie a reconnu l’existence du Pôle de création des Faubourgs, organisme qui se consacre au développement culturel et dont le territoire chevauche les quartiers Sainte-Marie et SaintJacques. Cette reconnaissance s’appuie sur la présence, sur ce territoire, d’une multitude d’organismes à vocation culturelle employant des milliers de personnes.

L’émergence de l’industrie culturelle donne un souffle nouveau au quartier Sainte-Marie, qui comprend des lieux de diffusion de petite échelle permettant de complémenter l’offre du Quartier des spectacles. Les stratégies de développement économique du quartier Sainte-Marie doivent favoriser les activités culturelles comme un des principaux moteurs économiques. Dans cette optique, il serait opportun d’explorer la possibilité de mettre sur pied un programme de subvention pour soutenir les entreprises culturelles du secteur.

D’autre part, la collaboration étroite avec les acteurs locaux devra être poursuivie afin d’assurer la consolidation des emplois dans le secteur des arts et de la culture et favoriser l’embauche et l’employabilité locales. Les acteurs suivants ont été identifiés : •

Centre local de développement (CLD)

Corporation de développement économique communautaire (CDEC)

Société d’investissement de Sainte-Marie (SISM)

Regroupement des commerçants et des propriétaires de la rue Ontario (RCPRO)

Les voies culturelles du faubourg


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Moyens de mise en œuvre •

Afin d’assurer une mixité de fonctions, créer deux nouveaux secteurs d’emplois pour consolider la vocation économique des terrains visés (voir section 4.1 « Paramètres réglementaires »)

Permettre les usages reliés aux arts et à la culture

Promouvoir l’existence du pôle de création des Faubourgs

Favoriser l’insertion d’art public sur le territoire du quartier Sainte-Marie, notamment dans les aménagements sur le domaine public

Dans le cadre de la négociation d’accords de développement, assurer la réalisation de projets de développement à valeur ajoutée, notamment en assurant l’intégration d’espaces dédiés aux arts et à la culture


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3.3.2 Encourager le développement économique local en misant sur la vitalité des artères commerciales et sur l’économie sociale La rue Ontario, principale artère commerciale du quartier Sainte-Marie, constitue l’un des pôles économiques du secteur. Représentant l’axe est-ouest central du territoire, cette artère regroupe l’offre commerciale la plus importante du quartier, constituée de commerces au rez-de-chaussée des bâtiments et, à l’angle de la rue du Havre, de l’unique centre commercial du secteur, la PlaceFrontenac.

Le tissu commercial de la rue Ontario est cependant morcelé par la présence de nombreux terrains vacants ou sous-utilisés, de locaux vacants et de bâtiments industriels à l’est de son parcours. La requalification de ces sites permettrait de consolider le tissu commercial de la rue. La densification de ces sites et, en général, des abords de la rue Ontario pourrait susciter une augmentation de la clientèle commerciale, ce qui serait bénéfique pour la vitalité de la rue. Bonifier l’environnement urbain de l’artère pourrait aussi favoriser l’achalandage des commerces. Le programme Réussir à Montréal (PR@M) qui est actuellement en vigueur sur la rue Ontario est un outil privilégié pour encourager le développement commercial de l’artère.

L’implantation d’organismes constitués selon les principes de l’économie sociale dynamise l’économie du quartier et permet l’embauche et l’employabilité locales. À ce titre, une collaboration étroite doit être poursuivie avec les acteurs locaux identifiés à la section précédente pour favoriser ce type de développement.

Moyens de mise en œuvre •

Soutenir la revitalisation de la rue Ontario en investissant dans le réaménagement du domaine public (investissement de 11,2 M$ prévu au Programme triennal d’immobilisations 2011-2013 – voir section 3.4.1)

Mettre en place un comité de travail avec les principaux partenaires pour favoriser dans le cadre des aménagements urbains le développement de l’économie locale et sociale

Dans le cadre de la négociation d’accords de développement, assurer la réalisation de projets de développement à valeur ajoutée, notamment en assurant que des espaces soient dédiés à des entreprises et des organismes d’économie sociale


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Quartier Sainte-Marie

page 38


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Planification détaillée

3.4

Quartier Sainte-Marie

page 39

Dans le cadre de l’élaboration du PPU du quartier Sainte-Marie, cinq secteurs d’intervention prioritaire ont été définis. Ces secteurs ont été sélectionnés en raison de leur grand potentiel de développement et des enjeux liés à leur planification. Ces cinq secteurs d’intervention prioritaire sont : •

La rue Ontario

Le pôle Frontenac

Le secteur de la JTI-Macdonald

Le secteur Parthenais

Le secteur Pont-Jacques-Cartier

Afin d’assurer une planification intégrée du territoire du quartier Sainte-Marie, des stratégies d’aménagement ciblées ont été mises au point pour les secteurs d’intervention prioritaire. Des balises d’aménagement ont été définies en fonction des enjeux associés à chacun des secteurs. Ces balises guideront les intervenants municipaux et les promoteurs privés dans les interventions réalisées dans chacun des secteurs.

En plus des cinq secteurs d’intervention prioritaire, deux secteurs d’intervention secondaire ont été définis, soit les abords de la rue Notre-Dame et la cour de triage Hochelaga propriété du CP. Le développement de ces deux secteurs étant reliés à des enjeux métropolitains (modernisation de la rue Notre-Dame, expansion des activités portuaires), ils ne peuvent faire l’objet d’une planification locale. Cependant, les interventions d’aménagement prévues à proximité de ces secteurs dans le cadre de la mise en œuvre du PPU ne devront pas limiter leur potentiel de développement.


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La rue Ontario

3.4.1

Quartier Sainte-Marie

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Orientations générales •

Réaménager le domaine public pour améliorer la convivialité de l’artère

Privilégier un cadre bâti qui favorise l’encadrement de la rue

Consolider la vocation commerciale de la rue Ontario en maintenant l’obligation de continuité commerciale sur certains tronçons

Photo aérienne – Rue Ontario, tronçon De Lorimier et Fullum

Photo aérienne – Rue Ontario, tronçon Bercy et Lespérance


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Quartier Sainte-Marie

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Contexte d’intervention La rue Ontario est le principal axe commercial et le lieu de convergence du quartier Sainte-Marie. Cette artère doit être réaménagée de façon à améliorer l’ambiance de son parcours et l’aisance des déplacements piétonniers. L’intégration de mesures d’apaisement de la circulation et la bonification du domaine public ont pour objectif de définir un lieu attractif et sécuritaire pour tous. Les interventions proposées visent à prolonger la configuration de la rue Ontario entre les avenues Papineau et De Lorimier, en réduisant la chaussée au profit des trottoirs, en s’inspirant de la promenade Ontario, située plus à l’est.

Balises d’aménagement 6

Adopter de bonnes pratiques de développement durable dans la réalisation des aménagements sur le domaine public

7

Favoriser le développement des terrains sous-utilisés bordant l’artère

Verdir les abords de l’artère

8

Consolider la trame commerciale

Intégrer du mobilier urbain (bancs, poubelles, supports à vélos, lampadaires, etc.)

9

Créer un nouveau secteur significatif à critères dans l’axe de la rue Ontario pour mieux encadrer les interventions sur le cadre bâti et les insertions de nouveaux bâtiments

1

Prioriser l’apaisement de la circulation

2

Sécuriser les intersections névralgiques

3

Réaliser des aménagements axés sur le confort des piétons

4 5


Programme particulier d’urbanisme

Quartier Sainte-Marie

page 42

Le secteur du pôle Frontenac

Orientations générales

3.4.2

Adopter une approche de design urbain favorisant l’animation des espaces publics et la convivialité des déplacements

Consolider le pôle civique en misant sur la mixité des usages et la densification des abords de la station de métro Frontenac

Photo aérienne– Pôle Frontenac


Programme particulier d’urbanisme

Quartier Sainte-Marie

page 43

Balises d’aménagement 1

Favoriser une exploitation plus intensive des terrains sous-utilisés aux abords de la station de métro Frontenac en implantant de nouvelles constructions ayant front sur la rue Ontario

6

Concevoir un traitement distinct de l’emprise de la rue du Havre permettant d’agrandir l’espace appropriable entre la rue Ontario et la maison de la culture lors d’évènements spéciaux

2

Permettre l’implantation d’un nouveau bâtiment au-dessus de l’édicule du métro permettant de reconfigurer les accès au métro ainsi qu’à la maison de la culture Frontenac (créant un accès direct à partir de la rue Ontario)

7

Aménager des placettes donnant sur la rue Ontario et y prévoir des usages qui participent à l’animation de l’espace public (cafés-terrasses, commerces, etc.)

8

Accroître la convivialité des trottoirs de la rue du Havre

3

Favoriser le stationnement en sous-sol pour l’ensemble des futurs bâtiments

9

4

Restructurer la fonction commerciale de PlaceFrontenac par la définition d’un front bâti rue Ontario et l’aménagement d’une place publique centrale ouverte sur la station de métro Frontenac

Accentuer le marquage ou l’expression des traverses piétonnières à l’intersection des rues du Havre et Ontario, afin d’assurer le confort et la sécurité des usagers

10

Rendre plus accueillantes les aires d’attente des autobus autour de la station de métro Frontenac

11

Introduire un mobilier urbain convivial pour les piétons et facilitant le stationnement des vélos

5

Favoriser la continuité du domaine public entre la station de métro, la maison de la culture, la Place-Frontenac et l’intersection des rues du Havre et Ontario vers le centre Jean-Claude-Malépart et le parc Médéric-Martin


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Quartier Sainte-Marie

page 44

Le secteur de la JTI‑Macdonald

Orientations générales

3.4.3

Favoriser le développement intégré de l’ensemble du secteur en exigeant le dépôt d’un plan directeur

Assurer la mise en valeur des bâtiments patrimoniaux

Accueillir une mixité d’usages pouvant contribuer à la revitalisation du quartier (habitation, bureaux, usages publics, etc.)

Photo aérienne – Secteur de la JTI-Macdonald


Programme particulier d’urbanisme

Quartier Sainte-Marie

page 45

Balises d’aménagement 1

Dans le cadre du redéveloppement du site, assurer la conservation du parc Walter-Stewart, notamment par l’entremise d’une contribution au fonds de parc

2

La hauteur des nouvelles constructions sur l’ensemble du site devra être inférieure à celle du bâtiment principal de l’usine

3

Articuler les nouvelles constructions autour du parc Walter-Stewart

4

Assurer la continuité commerciale au rez-de-chaussée sur la rue Ontario

5

Renforcer le caractère structurant du parc Walter-Stewart, de l’église Saint-Eusèbe-de-Verceil (jardin communautaire) et de l’école Jean-Baptiste-Meilleur par la redéfinition du domaine public aux abords du parc

6

Aménager sur le terrain situé en face de l’école GédéonOuimet une nouvelle place publique afin de bonifier les aménagements publics de la rue Ontario et de conserver une percée visuelle sur la façade principale de l’école


Programme particulier d’urbanisme

Quartier Sainte-Marie

page 46

Le secteur Parthenais

Orientations générales

3.4.4

Profiter des opportunités de développement dans ce secteur pour resserrer le tissu urbain

Offrir des parcours conviviaux et des aménagements de qualité en appui à la densification du secteur

Contexte d’intervention Le secteur Parthenais présente un fort potentiel de développement en raison de la présence de nombreux espaces de stationnement et de vastes terrains vacants ou sous-utilisés. Le redéveloppement de ces sites par l’insertion d’ensembles immobiliers aura pour effet de densifier le tissu urbain. L’ensemble des interventions proposées repose sur l’aménagement cohérent du domaine public, notamment à l’égard de la hiérarchie de la circulation et des usages prévus. Il est proposé de favoriser une approche innovatrice de l’aménagement des rues misant sur le verdissement, le cheminement piéton et sur l’apaisement de la circulation dans les milieux de vie.

Pour mieux saisir les interventions privilégiées, le secteur Parthenais est divisé en trois ensembles distincts, tels qu’illustrés sur les plans de référence suivants.

Plans de référence – Secteur Parthenais


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Quartier Sainte-Marie

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Secteur 1 : Quadrilatère formé par les rues Ontario, Parthenais, Sainte-Catherine et De Lorimier Cet ensemble comprend une série d’îlots de grands gabarits longeant l’artère importante qu’est l’avenue De Lorimier.

Photo aérienne– Quadrilatère formé par les rues Ontario, Parthenais, Sainte-Catherine et De Lorimier

Balises d’aménagement 1

Resserrer le tissu urbain par l’insertion de nouvelles constructions sur les terrains vacants ou sous-utilisés

5

Créer une trame piétonne interne favorisant la perméabilité des îlots et la mobilité active

2

Maintenir une certaine mixité des usages

6

Assurer l’apaisement de la circulation dans ces rues

3

Développer un réseau interne de voies locales en continuité avec la trame de rues existante

7

Favoriser l’intégration du stationnement en sous-sol

4

Concevoir ces voies locales selon le modèle de « rue partagée » à l’image de la rue Magnan où le piéton est mis à l’avant-plan et où véhicules, piétons et cyclistes circulent librement suivant le principe du respect mutuel


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Quartier Sainte-Marie

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Secteur 2 : Îlot occupé par le Grand Quartier général de la Sûreté du Québec et ses abords À l’est de la rue Parthenais, l’îlot occupé par le Grand Quartier général de la Sûreté du Québec (ancien centre de détention Parthenais) demeure sous-utilisé. La présence de nombreux espaces de stationnement et le faible encadrement du domaine public en font un ensemble déstructuré et peu convivial pour les piétons.

Photo aérienne – Îlot occupé par le Grand Quartier général de la Sûreté du Québec et ses abords

Balises d’aménagement 1

Autoriser la densification de l’îlot

2

Favoriser la concentration des espaces de stationnement en sous-sol ou dans un bâtiment étagé au nord de l’îlot

3

Favoriser l’aménagement d’un parc ou d’un jardin dans la portion sud de l’îlot

4

Contribuer à l’encadrement de l’espace de verdure proposé par l’ajout possible d’une nouvelle aile au bâtiment existant

5

Proposer la création de liens est-ouest traversant l’îlot afin de faciliter les déplacements piétons de part et d’autre, dans l’axe de la rue Magnan par exemple

6

Mettre en place des mesures d’apaisement de la circulation dans le contexte du redéveloppement du secteur, notamment dans les rues Parthenais et Fullum

7

Améliorer le couvert végétal de ce secteur fortement minéralisé du quartier Sainte-Marie lors de la redéfinition des emprises de rue


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Quartier Sainte-Marie

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Secteur 3 : Complexe De Lorimier au Pied-du-Courant Situé à l’intersection des grandes voies de circulation que sont l’avenue De Lorimier et la rue Notre-Dame, le vaste îlot vacant au pied du pont Jacques-Cartier présente une possibilité de développement structurant. Le développement de cet ensemble doit assurer la mise en valeur d’un lieu historique, le site historique du Pied-du-Courant, constituant une véritable porte d’entrée au sud du quartier Sainte-Marie.

Photo aérienne – Complexe De Lorimier au Pied-duCourant

Balises d’aménagement 1

Privilégier un développement mixte

2

Proposer l’implantation de bâtiments en pourtour d’îlot afin de permettre l’encadrement du domaine public des rues Parthenais, Sainte-Catherine, Notre-Dame et de l’avenue De Lorimier

3

Favoriser la mise en valeur du site historique du Pied-duCourant et de la station de pompage Craig

4

Encourager l’animation de la rue Sainte-Catherine en intégrant des commerces au rez-de-chaussée des bâtiments ayant façade sur rue

5

Prévoir la création de placettes et d’éléments repères en appui à l’activité commerciale de la rue Sainte-Catherine

6

Préserver les vues vers le pont Jacques-Cartier


Programme particulier d’urbanisme

Vue à vol d’oiseau des propositions liées au secteur Parthenais

Quartier Sainte-Marie

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Programme particulier d’urbanisme

Quartier Sainte-Marie

page 52

Le secteur PontJacques-Cartier

Orientations générales

3.4.5

Améliorer l’intégration du pont Jacques-Cartier dans son environnement urbain

Poursuivre les efforts entrepris pour embellir l’entrée de ville

Améliorer les interfaces entre les différents modes de transport afin d’assurer une cohabitation harmonieuse des utilisateurs

Contexte d’intervention Le pont Jacques-Cartier est une construction emblématique de Montréal. Érigé à la fin des années vingt, l’ouvrage monumental fait partie intégrante du paysage montréalais et constitue la principale porte d’entrée sur l’est de Montréal. À l’échelle du quartier, il domine le paysage urbain et marque l’entrée dans Sainte-Marie. Dans cette optique, le développement des terrains ainsi que les aménagements réalisés aux abords du pont doivent prendre en compte la valeur symbolique de cette structure et favoriser sa mise en valeur, notamment en accentuant son rôle de porte d’entrée. Plus de 35,8 millions de véhicules empruntent le pont Jacques-Cartier par année pour entrer sur l’Île de Montréal ou rejoindre la rive Sud. Cet achalandage a des répercussions directes sur les quartiers adjacents aux accès du pont. Effectivement, l’intense circulation lors des heures de pointe génère des embouteillages et des problèmes de sécurité sur l’ensemble de la voirie locale sans compter l’incidence sur la qualité de l’air. Une attention particulière doit être portée sur cette problématique afin d’améliorer la qualité des milieux de vie dans le secteur du pont Jacques-Cartier en privilégiant les transports actifs, notamment lors de l’élaboration du plan local de déplacement. Par ailleurs, le pont crée une rupture entre l’ouest et l’est de l’arrondissement. Le manque de convivialité des passages sous le pont et des intersections dans l’axe des avenues Papineau et De Lorimier, principaux accès, accentue cette coupure. La sécurisation des artères névralgiques et la réalisation d’aménagements améliorant les transitions sous le pont sont des éléments prioritaires dans la revitalisation de ce secteur.

Photo aérienne – Secteur Pont-Jacques-Cartier


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Quartier Sainte-Marie

page 53

Balises d’aménagement 1

Favoriser le développement des stationnements de surface sur les terrains dans l’emprise du pont

2

Poursuivre l’aménagement d’un parc linéaire incluant un parcours historique dans l’emprise du pont JacquesCartier reliant, le parc Bellerive, le site historique du Pieddu-Courant et le parc des Faubourgs en collaboration avec les acteurs concernés

3

Favoriser le retrait des panneaux publicitaires aux abords du pont Jacques-Cartier

4

Prolonger la piste cyclable du boul. De Maisonneuve à l’est du pont

5

Réaménager l’avenue De Lorimier en priorisant la sécurisation des intersections pour les piétons et les cyclistes ainsi que le verdissement de l’artère

6

Sécuriser les traverses piétonnes dans l’axe de l’avenue Papineau et aux abords de l’école Garneau

7

Favoriser l’utilisation des artères principales pour accéder au pont (ex. : rue Sherbrooke)

8

Densifier aux abords de la station de métro Papineau

9

Lancer un concours de design pour réaliser une oeuvre monumentale dans le parc des Faubourgs qui marquerait l’entrée de ville

10

Promouvoir le parc des Faubourgs comme plateforme de diffusion culturelle


Programme particulier d’urbanisme

Le secteur de la cour de triage Hochelaga

3.4.6

Quartier Sainte-Marie

page 54

La cour de triage Hochelaga chevauche la limite entre les arrondissements de Ville-Maire et de Mercier - Hochelage-Maisonneuve. Le site est délimité par les rues Sainte-Catherine, Bercy et Ontario. La portion de la cour de triage située dans l’arrondissement de Ville-Marie est en friche depuis plusieurs années et était anciennement occupée par des ateliers du CP. Deux rotondes occupaient le site et étaient utilisées pour effectuer des réparations mineures aux locomotives, mais surtout utilisées pour la construction et l’entretien des wagons. Ce terrain constitue aujourd’hui une réserve ferroviaire pour le CP qui serait nécessaire pour une éventuelle intensification des activités de triage. Dans le contexte actuel de l’expansion du port de Montréal, le trafic de conteneur ayant augmenté de 6,7 % en 2010, il ne serait pas opportun de prévoir un dévelopement à court ou moyen terme de ce terrain. Cependant, nous considérons qu’il serait souhaitable que des mesures temporaires soient prises pour mettre en valeur le site d’ici son développement. La gestion des nuisances engendrées par les activités industrielles est un enjeu majeur dans ce secteur de Sainte-Marie. La frange industrielle aux abords de la rue Ontario présente des gabarits, des implantations au sol et des murs aveugles qui rendent difficile l’intégration au quartier et créant une rupture dans le cadre bâti de l’artère. Ces occupations sont appelées à disparaître au profit de nouveaux bâtiments ayant d’autres vocations et s’intégrant plus adéquatement à l’environnement de la rue Ontario. Une attention particulière devra cependant être portée afin d’assurer une cohabitation harmonieuse entre les usages résidentiels et les activités industrielles à proximité. L’intégration de zones tampons et la mise en place de mesures d’atténuation de la propagation du bruit permettront de diminuer les risques de nuisances. Les bâtiments implantés sur la rue Bercy (entrepôt de transbordement, transformation alimentaire, cour de voirie municipale) s’intègrent davantage au milieu bâti limitrophe. À cet égard, la cour de voirie de l’arrondissement Ville-Marie, localisée actuellement dans l’emprise de l’autoroute Bonaventure, déménagera dans cette zone industrielle à l’angle des rues Bercy et Sainte-Catherine. Une portion importante de l’îlot à l’ouest de la rue Bercy est occupée par les installations de Gaz Métro. La consolidation des activités industrielles est souhaitable pour ce secteur, celui-ci constituant un des pôles économiques du quartier. Une gestion diligente des parcours de camionnage permettra d’éviter des nuisances dans les milieux de vie.


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Le secteur aux abords de la rue Notre-Dame

3.4.7

Quartier Sainte-Marie

page 55

Le secteur concerné suit l’axe de la rue Notre-Dame, entre l’avenue Papineau à l’ouest et la limite de l’arrondissement à l’est. Plusieurs des terrains situés dans cette bande appartiennent au ministère des Transports du Québec pour permettre l’élargissement de l’artère prévu dans la cadre du projet de modernisation de la rue Notre-Dame. Aucune fonction précise n’est associée à ces terrains et, mis à part la présence d’une piste cyclable, il n’y existe aucun autre aménagement. De ce fait, bien que ces espaces résiduels soient gazonnés, ils ne peuvent être considérés comme de véritables parcs de quartier. Par contre, ces terrains peuvent être mis en valeur par le développement de projets immobiliers. Le bouclage des rues du quartier peut contribuer à viabiliser certains sites profitant de vues exceptionnelles sur le fleuve. Le redéveloppement peut également assurer un meilleur encadrement du boulevard par la création d’un front bâti riverain régulier. Ces immeubles ne devront en aucun cas nuire aux percées visuelles nord-sud vers le fleuve. D’autre part, le port de Montréal constitue un équipement essentiel à l’économie montréalaise. Effectivement, sa localisation stratégique fait en sorte qu’il constitue la liaison intermodale la plus directe entre le cœur industriel de l’Amérique du Nord et les marchés de l’Europe du Nord et de la Méditerranée. Contrairement à la croyance populaire, la portion du port à la hauteur du quartier Sainte-Marie est essentielle aux activités portuaires. En effet, les voies ferrées aménagées sur ces terrains riverains sont utilisées pour le triage des wagons. Dans cette optique, l’accès au fleuve n’est pas envisageable dans un avenir rapproché. Cependant, la modernisation de la rue Notre-Dame est une opportunité d’améliorer l’interface entre le port et le quartier Sainte-Marie. Par exemple, il serait opportun d’améliorer l’accessibilité au parc Bellerive.


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Mise en œuvre du PPU

4 Paramètres réglementaires

4.1.1 Modifications du Plan d’urbanisme

4.1

L’affectation du sol La majorité du territoire étudié est vouée à une affectation résidentielle. Les secteurs mixtes sont situés aux abords du pont Jacques-Cartier, incluant le secteur d’intervention prioritaire Parthenais, et le long de l’axe de la rue Ontario. En outre, une partie importante du territoire dans l’axe de la rue Notre-Dame (excluant le parc Bellerive) est définie comme un secteur propice à la création d’emplois. Dans la démarche du PPU, en tenant compte des objectifs d’aménagement déjà précisés, il paraît pertinent de modifier l’affectation du sol de certains secteurs. Dans le secteur de la Grover, soit dans l’axe de la rue Parthenais au nord de la rue Ontario, l’affectation résidentielle est remplacée par l’affectation secteur d’emplois, qui reflète mieux l’occupation actuelle du sol caractérisée par la vocation culturelle et, de façon générale, par la vocation économique. Sur le plan de la réglementation d’urbanisme, cette affectation permettra d’autoriser des usages commerciaux plus intenses, en conformité avec l’orientation visant la restructuration de l’économie du quartier en se basant sur les activités culturelles. En outre, la JTI-Macdonald est historiquement un acteur économique majeur dans le quartier de Sainte-Marie. Cette usine est un des derniers témoins de l’ère industrielle du quartier. Bien que sa fermeture ne soit pas prévue, une réflexion s’impose sur la vocation future du site suite au départ hypothétique de l’entreprise. Le bâtiment principal de l’usine bordant la rue Ontario est actuellement dans une zone d’affectation mixte et pourrait être transformé éventuellement en habitation. Sa transformation à des fins résidentielles ne mettrait pas en valeur le plein potentiel de ce bâtiment emblématique et ne serait pas fidèle à la vision collective. Au contraire, ce bâtiment pourrait, comme l’immeuble de la Grover, devenir un incubateur économique et favoriser le développement d’une économie diversifiée. L’affectation secteur d’emplois est donc attribuée à la tête de l’îlot occupée par le bâtiment principal.


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Modifications à la carte d’affectation du sol du Plan d’urbanisme

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Enfin, l’affectation secteur d’emplois est actuellement attribuée à l’îlot localisé au nord de la rue Notre-Dame à l’extrême est de l’arrondissement. Or, l’occupation de ces terrains par des composantes prévues pour cette affectation (par exemple, des bâtiments industriels) n’assurerait pas une interface adéquate avec le secteur résidentiel adjacent, à l’ouest. Afin d’assurer une transition harmonieuse, l’affectation mixte est donc attribuée à cet îlot.

La densité de construction La densité de construction est exprimée par le coefficient d’occupation du sol (C.O.S) qui correspond au rapport entre la superficie de plancher d’un bâtiment et la superficie du terrain sur lequel il est construit. Afin d’assurer une densification aux abords des stations de métro Papineau et Frontenac, le C.O.S. maximal est majoré à 6, un maximum de 4 étant actuellement autorisé. Les terrains présentant un potentiel de développement et situés aux abords des stations de métro sont visés ainsi que les édicules des stations. Dans l’axe de la rue Ontario, le C.O.S. maximal actuellement autorisé de 3 est majoré à 4 afin de l’harmoniser sur l’ensemble du parcours, un C.O.S. maximal de 4 étant déjà en vigueur sur la portion est de l’artère. Dans le secteur d’intervention prioritaire Parthenais, un C.O.S. maximal de 4 est actuellement autorisé pour l’îlot De Lorimier. Considérant les enjeux reliés au développement de ce site, ainsi que la hauteur maximale fixée à 44 m au Plan d’urbanisme, un C.O.S. maximal de 6 est justifié. Il est également proposé d’augmenter le C.O.S. maximal autorisé pour l’îlot occupé par le Grand Quartier général de la Sûreté du Québec à 6 pour favoriser le développement du site. Enfin, les terrains résiduels situés au nord de la rue Notre-Dame offrent des possibilités de développement. Un cadre bâti plus structurant est souhaitable. Le C.O.S. maximal de 3 actuellement autorisé est donc augmenté à 4.


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Modifications à la carte de densité de construction du Plan d’urbanisme

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Les hauteurs de construction Le PPU prévoit le rehaussement des hauteurs aux abords des stations de métro. Actuellement, les hauteurs sont limitées à 16 m pour la station Papineau et à 25 m pour la station Frontenac. En cohérence avec les modifications de densité proposées, le plafond de hauteur est augmenté à 35 m dans ces secteurs. Ce nouveau plafond permettra l’érection de bâtiments structurants. L’îlot occupé par le Grand Quartier général de la Sûreté du Québec est sous-utilisé et le redéveloppement du site est souhaitable. Étant donné la hauteur actuelle de l’édifice WilfridDerome, le cadre bâti environnant et le potentiel de développement de l’îlot, il est proposé que la hauteur maximale prévue au Plan d’urbanisme passe de 16 à 25 m. Enfin, le plafond de hauteur est augmenté à 25 m pour les terrains résiduels situés au nord de la rue Notre-Dame en conformité avec la modification de densité proposée.


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Modifications à la carte des limites de hauteur du Plan d’urbanisme

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4.1.2 Abrogation du règlement autorisant le projet de développement les Portes Sainte-Marie Un règlement adopté en 2003 en vertu de l’article 89 de la Charte de la Ville de Montréal est en vigueur sur l’îlot délimité par l’avenue De Lorimier, les rues Sainte-Catherine et Parthenais et le boulevard René-Lévesque. Ce règlement autorise la réalisation d’un projet piloté par la SAQ, les Portes Sainte-Marie et permet de déroger notamment à l’usage et à la hauteur. La forme du projet étant cristallisée par l’annexion des plans au règlement l’autorisant, un projet révisé cadrerait mal avec les paramètres réglementaires alors établis. Afin de faciliter le redéveloppement de ce terrain vacant, l’abrogation du Règlement no 03-152 est requise.


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Interventions relatives au domaine public planifiées dans le cadre du PPU

4.2

Quartier Sainte-Marie

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Le tableau ci-dessous rassemble les interventions devant être prises en charge par la Ville pour mettre en œuvre les orientations du programme particulier d’urbanisme. Il est important de souligner que les interventions proposées sont assujetties à des études spécifiques évaluant leur faisabilité technique et leur implication financière.

Nature des interventions

Interventions proposées

Réaménagement et création de places publiques

• •

Réaménagement du domaine public

• • •

Modifications au réseau de transport

Création d’une place publique en face de l’école GédéonOuimet Réaménagement du parc Médéric-Martin, Magnan, Coupal, Jos-Montferrand, des Royaux (Médéric-Martin, Magnan et Coupal réalisé à l’été 2011) Renouvellement des équipements du parc Walter-Stewart

Réaménagement de la rue Ontario (réfection de la chaussée et des trottoirs, verdissement, installation de mobilier urbain, etc.) Réaménagement du pôle Frontenac Plantation d’arbres Réaliser un plan local de déplacement qui devra répondre aux objectifs suivants : • Améliorer la sécurité routière, en particulier celle des piétons et des cyclistes • Rendre les lieux publics et les rues universellement accessibles • Réaliser des aménagements publics favorisant des modes de déplacement durables

Les aménagements réalisés dans les parcs Médéric-Martin, Coupal et Magnan à l’été 2011


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Aménagement d’une place publique sur la rue Ontario devant l’école Gédéon-Ouimet L’aménagement du lot no 1 424 211 situé en face de l’école Gédéon-Ouimet permettrait de répondre à plusieurs enjeux mis en lumière par le PPU du quartier Sainte-Marie. En premier lieu, ce terrain de 573 m2 est sous-utilisé, puisqu’il sert actuellement de stationnement aux employés de la JTI-Macdonald. Or, comme le nombre d’employés est en diminution constante, les autres terrains situés aux abords de l’usine répondent adéquatement aux besoins de stationnement de l’entreprise. Par ailleurs, l’aménagement d’une place publique sur ce terrain améliorerait l’offre d’espaces publics et aurait des effets bénéfiques sur l’encadrement de la rue Ontario par le domaine public (voir section 3.4.1, Planification détaillée du secteur de la rue Ontario). En plus de répondre à une volonté commune des acteurs du milieu, le choix de ce terrain est stratégique. En outre, l’école Gédéon-Ouimet est définie comme un immeuble significatif par le Règlement d’urbanisme et est considérée comme un bâtiment d’intérêt patrimonial et architectural hors secteur de valeur exceptionnelle au Plan d’urbanisme (édifices scolaires). Comme sa façade principale donne sur le terrain visé, la construction d’un bâtiment à cet endroit bloquerait toute vue sur l’école et constituerait une intervention contradictoire à la dénomination patrimoniale qui lui a été attribuée.

Terrain de stationnement (lot no 1 424 211) visé pour la création d’une place publique / rue Ontario entre les rues Dufresne et Poupart


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Programme d’amélioration des logements

4.3

Quartier Sainte-Marie

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Le programme d’amélioration des logements est élaboré en réaction à un constat de délabrement croissant du parc immobilier résidentiel. Le phénomène n’est pas généralisé, mais plusieurs bâtiments résidentiels du quartier Sainte-Marie nécessitent des travaux de rénovation, 41 % de ceux-ci ayant été construits avant 1946. Il faut donc inciter les propriétaires à amorcer un cycle de rénovation du stock de logements. Les ressources de la Ville sont mises à contribution dans le cadre des programmes d’intervention en matière d’habitation.


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Annexe

5 Guide des Quartiers verts

5.1

La notion de Quartier vert s’applique à un milieu de vie choisi et délimité par les acteurs locaux. Elle encourage la marche et le vélo comme modes de déplacement de proximité et favorise l’utilisation du transport en commun. Un ensemble de mesures d’apaisement de la circulation et de réaménagement du domaine public s’appliquent à l’intérieur des périmètres désignés pour améliorer la sécurité et réduire le volume de circulation et la vitesse dans les rues locales. Leur mise en application vise notamment à : •

améliorer la sécurité routière, particulièrement celle des piétons et des cyclistes

rendre les lieux publics et les rues universellement accessibles

mieux répartir l’espace public au profit des modes de déplacement durables, actifs et collectifs

embellir et verdir les aménagements urbains dans une vision écologique

améliorer l’aménagement des rues comme lieux privilégiés de rencontre


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Les Quartiers verts constituent l’application locale du Plan de transport de Montréal (2008) et des Plans locaux de déplacements (PLD) des arrondissements. Ces derniers, qui constituent le 10e chantier du Plan de transport, doivent déterminer les actions prioritaires en matière de sécurité des déplacements. Cette planification locale, réalisée en collaboration avec les principaux acteurs du domaine du transport et de l’aménagement et les citoyens, est une étape préalable à la création des Quartiers verts.

La réalisation d’un Quartier vert nécessite de prendre en compte et d’analyser le territoire selon deux perspectives distinctes afin de déterminer un milieu de vie propice à sa mise en place. D’une part, l’étude de la situation actuelle et anticipée doit permettre d’établir un diagnostic rationnel concernant les aménagements, les réseaux et le contexte socio-économique du milieu. Cette étude doit être réalisée par l’entremise du PLD de l’arrondissement. D’autre part, la connaissance de la communauté doit permettre de mieux saisir le territoire tel que le perçoivent ses résidants, commerçants, travailleurs, etc., qui ont une expérience concrète de la vie dans le quartier.

La désignation d’un secteur propice à l’établissement d’un Quartier vert s’appuie sur la présence d’un milieu de vie (voisinage et cœur d’activités) jumelé à des défis de mobilité et de sécurité diagnostiqués dans un PLD (voir le diagramme du diagnostic à la désignation d’un secteur d’intervention prioritaire). Il s’agit de repérer les milieux où la communauté est plus exposée aux conflits entre piétons et automobilistes, qui ont une superficie qui permet d’atteindre facilement à pied la plupart des services de proximité et où la communauté souhaite augmenter le transport actif et collectif.


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Pour favoriser l’adhésion de la communauté et contribuer à la définition d’un milieu de vie, un Quartier vert doit idéalement comprendre les éléments suivants : •

Un cœur d’équipements civiques (scolaire, communautaire ou des services de voisinage) organisés autour d’un lieu de rencontre public (accessible à tous)

Des commerces de voisinage (boulangerie, pharmacie, dépanneur, etc.)

Une superficie facile à parcourir à pied (10 à 50 ha), et un cœur situé dans un rayon d’environ cinq minutes de marche de la périphérie

Une densité d’occupation favorisant les modes de transport actifs et collectifs

Un réseau de rues locales relié à un réseau supérieur assurant la connectivité du quartier avec les autres lieux de la ville

Un accès facile au transport en commun à partir des habitations

Des nœuds d’activités à caractère régional (s’il y a lieu)

Afin de favoriser l’émergence de Quartiers verts, l’arrondissement doit intervenir simultanément dans les trois champs d’action que sont le transport (mobilité et déplacements), l’aménagement et la vie de quartier. Il doit agir à titre d’instigateur et de facilitateur pour susciter la participation des acteurs et des citoyens à l’exercice de planification et de mise en œuvre.


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Crédits photographiques : Arrondissement de Ville-Marie Écomusée du fier monde Société d’investissement de Sainte-Marie Hugo-Sébastien Aubert Christine Bourgier Frank Desgagnés

Quartier Sainte-Marie

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PROGRAMME PARTICULIER D’URBANISME QUARTIER SAINTE-MARIE

Arrondissement de Ville-Marie

Janvier 2012


Mot du maire

Chères Montréalaises, Chers Montréalais,

C’est avec beaucoup de fierté que je vous présente dans sa version finale le Programme particulier d’urbanisme (PPU) du quartier de Sainte-Marie. Ce programme rassembleur est le fruit d’une longue démarche de concertation qui s’est terminée au printemps dernier avec la tenue des consultations publiques pilotées par l’Office de consultation publique de Montréal (OCPM). La présente version du document prend en compte les conclusions et les recommandations de l’OCPM et reflète dans une plus grande mesure encore que la version préliminaire les souhaits et les besoins de la population résidante et des acteurs du milieu.

Situé aux portes du centre-ville, le quartier Sainte-Marie se distingue par la qualité de sa desserte en transports collectifs, sa diversité culturelle grandissante, son offre variée en équipements collectifs et institutionnels. Aujourd’hui, il est plus que jamais nécessaire d’exploiter ces attraits pour faire du secteur un milieu de vie recherché, attirer de nouveaux résidants et revitaliser harmonieusement ce quartier central de Montréal.

Pour en faire un milieu de vie convivial, sécuritaire et dynamique, le PPU mise sur le développement de plusieurs zones stratégiques possédant un grand potentiel pour la réalisation de projets structurants. Le développement de ces sites conjugué à l’amélioration de l’environnement urbain, incluant le réaménagement de la rue Ontario et du pôle Frontenac ainsi que l’élaboration d’un plan local de déplacement, sera l’élément catalyseur qui contribuera à la revitalisation du quartier.

La participation des citoyens et des acteurs du milieu s’avère essentielle à la réalisation de ce grand projet collectif. À ce titre, une collaboration étroite avec les milieux culturels, économiques et sociocommunautaires, représente une clé du succès pour la mise en œuvre rapide et efficace des moyens de revitalisation.

Je compte aujourd’hui sur l’engagement de tous pour faire reconnaître et rayonner ce quartier historique de Montréal qui demeure méconnu des Montréalais malgré ses nombreux attraits, ce qui en fait, sans équivoque, un quartier à découvrir!

Gérald Tremblay Maire de Montréal


Table des matières

1 1.1 1.2

INTRODUCTION Présentation de la démarche Cohésion avec les politiques de la Ville

2 2.1 2.2 2.3 2.4 2.5

CONTEXTE D’INTERVENTION Territoire d’application Historique Profil et évolution sociodémographiques Diagnostic et enjeux Vision d’aménagement

3 3.1 3.1.1 3.1.2

CADRE D’AMÉNAGEMENT 25 La qualité des milieux de vie 25 Consolider les milieux de vie du quartier en améliorant la qualité de l’habitat et des services de proximité 26 Répondre aux besoins de mobilité des personnes et des marchandises tout en atténuant les impacts de la circulation sur les milieux de vie 28 Adopter de bonnes pratiques de développement durable, notamment dans la réalisation des aménagements sur le domaine public 29

3.1.3

1 1 4 7 7 9 14 15 19

3.2 3.2.1 3.2.2

La mise en valeur du potentiel de développement du territoire Favoriser le maintien et l’accroissement de la population résidante Encourager une densification des terrains sous-utilisés et des abords des stations de métro

30 31 32

3.3 3.3.1 3.3.2

Le développement d’une économie diversifiée Favoriser le développement des activités et des entreprises dans le secteur des arts et de la culture Encourager le développement économique local en misant sur la vitalité des artères commerciales et sur l’économie sociale

34 35 37

3.4 3.4.1 3.4.2 3.4.3 3.4.4 3.4.6 3.4.6 3.4.7

PLANIFICATION DÉTAILLÉE La rue Ontario Le secteur du pôle Frontenac Le secteur de la JTI-Macdonald Le secteur Parthenais Le secteur Pont-Jacques-Cartier Le secteur de la cour de triage Hochelaga Le secteur aux abords de la rue Notre-Dame

39 40 42 44 46 52 54 55

4 4.1 4.1.1 4.1.2 4.2 4.3

MISE EN OEUVRE DU PPU Paramètres réglementaires Modifications du Plan d’urbanisme Abrogation du règlement autorisant le projet de développement les Portes Sainte-Marie Interventions relatives au domaine public planifiées dans le cadre du PPU Programme d’amélioration des logements

56 56 56 62 64 66

5 5.1

ANNEXE Guide des Quartiers verts

67 67


Programme particulier d’urbanisme

Quartier Sainte-Marie

page 1

Introduction

1 Présentation de la démarche

1.1

Le quartier Sainte-Marie est situé dans l’arrondissement du centre-ville. En plus de sa proximité au centre-ville, le quartier peut miser sur plusieurs attraits : des équipements collectifs de qualité, l’accessibilité au transport en commun, un milieu communautaire dynamique, une économie culturelle émergente, etc. L’élaboration d’un programme particulier d’urbanisme (PPU) offre l’occasion de développer une planification cohérente et détaillée qui tire parti de la combinaison des forces du quartier afin d’orienter sa mise en valeur. Le PPU du quartier Sainte-Marie constitue l’aboutissement d’une démarche de planification et de revitalisation entamée en 2007. Cette démarche s’inscrit dans la continuité du Programme des quartiers sensibles (1999-2003), du Sommet de Montréal (2002), du Contrat de ville 2003-2007 et du Plan de revitalisation urbaine intégrée du quartier Sainte-Marie. De plus, ce PPU prend en compte les études sur le quartier Sainte-Marie qui ont été menées durant cette période. La réalisation de ce projet urbain, soutenu par l’arrondissement, la Ville, les organismes de concertation, les milieux institutionnels et les organismes de développement économique et communautaire, vise à insuffler au quartier Sainte-Marie un nouveau dynamisme économique, social et urbain. Le document est divisé en trois sections : •

Le contexte d’intervention situe le territoire du quartier, en dresse l’historique et en trace le portrait sociodémographique. Il établit également un diagnostic des forces et des faiblesses du secteur, et précise les enjeux d’aménagement qui en découlent.

Le cadre d’aménagement aborde les orientations, les objectifs et les moyens de mise en œuvre proposés en réponse au diagnostic établi dans la section précédente. Il précise des secteurs d’intervention où une planification détaillée est souhaitable en raison des enjeux d’aménagement.

La mise en œuvre présente les stratégies d’aménagement à adopter pour réaliser le PPU.

Les atouts importants de ce quartier, notamment ses nombreux équipements publics, la variété de ses industries culturelles déjà établies ainsi que la qualité et l’échelle humaine de ses milieux de vie, demeurent peu connus du grand public. Le PPU vise, de pair avec des mesures de diffusions appropriées, à susciter l’intérêt de nouveaux résidants et de nouvelles entreprises.


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Quartier Sainte-Marie

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Présentation des outils utilisés Il importe de définir brièvement quelques notions afin d’assurer une bonne compréhension des outils d’urbanisme dont il est question dans le présent document. Plan d’urbanisme Le plan d’urbanisme est un document de planification qui établit les grandes orientations d’aménagement pour l’ensemble du territoire montréalais. En plus de fournir des lignes directrices pour le développement urbain à grande échelle, il contient des orientations quant aux hauteurs, aux densités et aux affectations du sol. Ces dispositions n’étant pas directement opposables au citoyen lors d’une demande de permis, elles ne confèrent pas de droits de construction ; elles fournissent plutôt un cadre aux arrondissements, qui doivent moduler leur règlementation en fonction de celles-ci. Les règlements d’arrondissement doivent être conçus de façon à être conformes aux orientations du plan d’urbanisme. Programme particulier d’urbanisme (PPU) Le Programme particulier d’urbanisme (PPU) est une composante du Plan d’urbanisme qui permet d’apporter plus de précision à la planification de certains secteurs. L’adoption d’un PPU par le conseil municipal constitue une modification au Plan et est précédée d’un processus de consultation publique. Un PPU porte sur une partie spécifique du territoire de la municipalité et peut comprendre : • • • • • • •

l’affectation détaillée du sol et la densité de son occupation; le tracé projeté et le type des voies de circulation; les équipements communautaires projetés; les règles de zonage, de lotissement et de construction; l’identification des travaux prévus et, le cas échéant, des propriétés à acquérir par la Ville; la séquence de construction et la durée approximative des travaux; les programmes particuliers de réaménagement, de restauration et de démolition.

En bref, le PPU se veut un outil privilégié pour intervenir sur la forme urbaine et sur les infrastructures qui y sont associées.


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Quartier Sainte-Marie

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Présentation des outils utilisés (suite) Règlement d’urbanisme Le règlement d’urbanisme est l’outil utilisé par l’arrondissement pour contrôler plus finement l’usage des terrains et des bâtiments ainsi que l’implantation, la forme et l’apparence des constructions. Les orientations règlementaires du plan d’urbanisme s’y traduisent plus concrètement, parfois de façon plus restrictive en fonction d’un regard plus local porté sur le contexte urbain. Lors d’une demande de permis, ce sont les dispositions du règlement d’urbanisme qui sont directement opposables au citoyen. Plan local de déplacement (PLD)

Un PLD est un document de planification adopté par un arrondissement ou une ville, couvrant son territoire, portant sur tous les modes de transport, en conformité avec la Vision et les objectifs du Plan de transport de Montréal.

Un PLD est un instrument de planification découlant d’une démarche participative. Il identifie et priorise les orientations et les grandes actions à poser dans le territoire d’un arrondissement, d’une ville ou d’un quartier, en matière de transport. Il découle hiérarchiquement du Plan de transport, instrument similaire de planification des transports, mais à l’échelle de l’agglomération de Montréal. Un PLD traite des stratégies d’intervention pour l’amélioration des conditions de déplacement des personnes et des marchandises ainsi que des éléments directement liés, tels que le stationnement, l’aménagement urbain, la qualité de vie, etc. Il porte sur les déplacements dans un territoire, ce qui inclut les déplacements locaux et de transit. Finalement, il établit les échéanciers, les modes de financement ainsi que les investissements d’immobilisation et d’exploitation. Un PLD est un document officiel qui devrait être adopté par le conseil d’un arrondissement ou d’une ville reconstituée. Il traduit la volonté politique des moyens à prendre pour répondre aux préoccupations, quant aux déplacements, tout en tenant compte des territoires environnants, suivant une approche méthodique et globale. Un PLD ne constitue toutefois pas un plan d’action détaillé, une analyse de projet ou encore une ébauche de réglementation. Le montage de plans plus détaillés portant sur des secteurs urbains particuliers ou sur des modes de transport spécifiques, ainsi que l’analyse et l’élaboration des projets tels que les quartiers verts et la confection des règlements constituent plutôt des étapes de la mise en oeuvre d’un PLD. Les plans, les projets et les réglementations spécifiques peuvent néanmoins être enclenchés, adoptés et mis en place avant, pendant ou après l’adoption d’un PLD. Il est toutefois important qu’une cohérence soit assurée avec les objectifs et les orientations définis dans le cadre du Plan de transport, si ceux d’un PLD ne sont pas connus1. 1 Extrait du Guide des plans locaux de déplacements réalisé par la Direction des transports


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Cohésion avec les politiques de la Ville

1.2

Quartier Sainte-Marie

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Le programme particulier d’urbanisme du quartier Sainte-Marie est une démarche de planification qui s’inscrit dans la mise en œuvre de plusieurs politiques de la Ville de Montréal. La cohérence entre le PPU et les politiques de la Ville est démontrée dans la présente section.

Le Plan d’urbanisme de Montréal Le PPU du quartier Sainte-Marie met de l’avant un cadre d’aménagement inspiré des grands thèmes énoncés dans le Plan d’urbanisme de Montréal (orientations, objectifs, actions, moyens de mise en œuvre). Cependant, les interventions prévues dans le cadre du PPU ont une portée locale. Les orientations du Plan d’urbanisme ayant guidé l’élaboration du PPU sont les suivantes : • Des milieux de vie diversifiés et complets • Des réseaux de transport structurants, efficaces et bien intégrés au tissu urbain • Des secteurs d’emplois dynamiques, accessibles et diversifiés • Un paysage urbain et une architecture de qualité • Un patrimoine bâti, archéologique et naturel valorisé

La Stratégie de revitalisation urbaine intégrée La Stratégie de revitalisation urbaine intégrée, issue des consensus du Sommet de Montréal tenu en juin 2002, vise l’amélioration des conditions de vie des résidants des secteurs à revitaliser. En 2003, l’arrondissement de Ville-Marie a été désigné pour la mise sur pied d’un projet-pilote de revitalisation urbaine intégrée (RIU) dans le quartier Sainte-Marie. C’est dans ce contexte que le Plan de revitalisation urbaine intégrée du quartier Sainte-Marie (PRIU) a été publié au mois d’août 2004. Issues d’un large exercice de consultation et de concertation des acteurs locaux, les orientations stratégiques mises de l’avant dans le PRIU ont guidé chaque étape de l’élaboration du présent PPU.

La Charte des milieux de vie montréalais La Charte des milieux de vie montréalais établit des critères pour améliorer la qualité des milieux de vie montréalais. Ces critères ont servi de guide aux orientations visant la bonification des milieux de vie du quartier Sainte-Marie. Par exemple, les mesures d’apaisement de la circulation mises de l’avant dans le PPU privilégient un cadre de vie et une qualité d’environnement urbain assurant la sécurité, le bien-être et la quiétude des résidants et favorisant l’épanouissement des citoyens et l’harmonie sociale.


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Quartier Sainte-Marie

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Le Plan de transport de Montréal D’entrée de jeu, il faut souligner que le quartier Sainte-Marie se positionne avantageusement par rapport à l’énoncé de vision du Plan de transport, qui vise « une réduction de la dépendance à l’automobile en misant sur un usage accru du transport en commun et des transports actifs ». La présence de deux stations de métro, de nombreux circuits d’autobus et de nombreuses stations de vélos libre-service a incité de nombreux résidants du quartier à adopter les modes de transport collectifs et actifs au détriment de l’automobile. Ainsi, le recensement de 2006 révélait que 32 % des résidants de Sainte-Marie utilisent l’automobile pour se rendre au travail, alors que cette proportion est de 49 % dans la population montréalaise. Les statistiques démontrent en fait que les résidants du quartier mettent déjà en application une grande partie des objectifs du Plan de transport. Le PPU accorde tout de même une place importante à l’atteinte de certains objectifs de ce plan, particulièrement en ce qui a trait aux déplacements actifs.

Le Plan de développement durable de la collectivité montréalaise 2010-2015 Les orientations d’aménagement du PPU du quartier Sainte-Marie ont été élaborées dans l’optique du développement durable. À cet égard, plusieurs moyens de mise en œuvre mis de l’avant par le PPU reflètent les actions proposées dans le Plan de développement durable de la collectivité montréalaise. C’est le cas notamment des mesures d’apaisement de la circulation et de l’incitation à l’utilisation du transport actif, qui s’insèrent dans les objectifs poursuivis par le Plan. La Politique du développement culturel de Montréal 2005-2015 « Montréal, métropole culturelle » L’accessibilité, le soutien aux arts et à la culture et l’impact de la culture sur le cadre de vie des Montréalais sont les trois principaux enjeux qui inspirent le contenu de la Politique du développement culturel de Montréal. Le PPU tend à favoriser le développement d’une économie culturelle dans le quartier Sainte-Marie, ce qui s’inscrit dans la vision de cette politique.


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Quartier Sainte-Marie

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La Stratégie de développement économique 2005-2010 de la Ville de Montréal Comme la revitalisation de la rue Ontario constitue un élément clé de la relance économique du quartier Sainte-Marie, le présent PPU s’arrime aux priorités de la Stratégie de développement économique en annonçant des actions concrètes pour stimuler le dynamisme commercial de l’artère ainsi que l’accroissement de la population résidante de ce quartier central. En proposant des interventions pour stimuler une économie basée sur la culture, le PPU contribue à « consolider et à développer Montréal comme métropole culturelle d’avantgarde », un des axes d’intervention de la Stratégie. Enfin, les nombreuses interventions sur le domaine public répondent à un besoin que la Stratégie qualifie de prioritaire pour le développement économique, celui d’« améliorer la qualité de l’environnement urbain ». La Politique du patrimoine La conservation du patrimoine bâti est un des enjeux soulevés par la Politique du patrimoine. La politique souligne l’incidence du patrimoine de proximité, formé notamment du bâti résidentiel, commercial et institutionnel local, sur le caractère des voisinages et la qualité des milieux. Cette relation entre la qualité des milieux de vie et la richesse du patrimoine de proximité est prise en compte dans le PPU du quartier Sainte-Marie. Des édifices religieux du quartier Sainte-Marie changeront de vocation dans les prochaines années. En conformité avec la Politique du patrimoine, la transformation de ces propriétés religieuses devra assurer la préservation des bâtiments possédant une valeur patrimoniale. La Politique familiale de Montréal 2008 Le PPU du quartier Sainte-Marie tend à développer un cadre urbain propice à attirer plus de familles dans le secteur. La présence de nombreux équipements collectifs sur le territoire, tels que le centre Jean-Claude-Malépart et le parc Médéric-Martin, est un des attraits sur lequel mise le PPU. La présence de ces équipements conjuguée à l’amélioration de la qualité des milieux de vie et au développement d’une offre résidentielle diversifiée devrait encourager la venue de plus de familles dans le quartier. La Stratégie d’inclusion de logements abordables La Stratégie d’inclusion de logements abordables précise deux cibles spécifiques : que 15 % des nouvelles unités d’habitation construites sur le territoire de Montréal soient des logements sociaux et communautaires aeet que 15 % soient des logements abordables résultant d’initiatives privées. Bien que le contexte particulier du centre-ville puisse compliquer l’atteinte de tels objectifs, le PPU souligne l’importance de trouver des solutions adaptées à la réalité du centre-ville. Cela permettra en fin de compte de mettre sur pied des initiatives visant à faciliter la réalisation de logements sociaux et communautaires et à stimuler la production de propriétés à prix abordable.


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Quartier Sainte-Marie

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Contexte d’intervention

2 Territoire d’application

2.1

Le territoire d’application du PPU du quartier Sainte-Marie est délimité par la rue Sherbrooke au nord, la rue De Champlain à l’ouest, le chemin de fer du Canadien Pacifique (CP) à l’est, correspondant à la limite avec l’arrondissement Mercier - Hochelaga-Maisonneuve, et le fleuve Saint-Laurent au sud. Les limites du territoire d’application correspondent à celles du district électoral Sainte-Marie en excluant les îles Notre-Dame et Sainte-Hélène. L’arrondissement du Plateau-Mont-Royal est situé au nord du territoire d’application et l’arrondissement Mercier – Hochelaga-Maisonneuve à l’est. Outre celui du quartier Sainte-Marie, trois autres PPU sont en vigueur ou en cours d’élaboration sur le territoire de l’arrondissement. À l’échelle de l’arrondissement, le territoire d’application du PPU représente la portion est du territoire de l’arrondissement de Ville-Marie associée communément au quartier Sainte-Marie. Il s’étend sur 2,7 km2, ce qui représente environ 16 % de la superficie de l’arrondissement. Le pont Jacques-Cartier marque physiquement l’entrée dans le quartier Sainte-Marie. Érigé en 1930, il est venu créer une coupure entre le quartier Centre-Sud, situé à l’ouest, et le quartier SainteMarie. Cette rupture est encore bien perceptible aujourd’hui et constitue un des enjeux reliés au développement de ce secteur. Contrairement à l’ouest de l’arrondissement qui s’est développé par une urbanisation institutionnelle, le développement du quartier Sainte-Marie et de façon générale de l’est de l’arrondissement a été généré par l’implantation d’activités industrielles et manufacturières. Cette réalité est tangible dans le cadre urbain actuel, par la présence notamment de grands terrains vagues désaffectés et de bâtiments industriels sous-utilisés. Malheureusement, le quartier n’a pas connu de période de développement moderne contrairement à l’ouest de l’arrondissement qui poursuit une urbanisation institutionnelle autour de l’Université Concordia. Les grands projets de renouveau urbain réalisés dans les années soixante et soixante-dix comme celui de RadioCanada ou des Tours d’habitation Frontenac n’ont pas eu l’effet structurant escompté par leur concepteur et ont au contraire déstructuré le tissu urbain. Tout en considérant les problématiques propres au territoire, les orientations du PPU doivent s’appuyer sur les atouts du quartier Sainte-Marie pour en faire un milieu de vie recherché. La mise en valeur du territoire doit être articulée autour de la proximité du centre-ville, la présence de nombreux équipements civiques et la qualité des milieux de vie du quartier. Voir carte Délimitation du territoire d’application à la page suivante


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Historique

2.2

1850-1880

Quartier Sainte-Marie

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Naissance d’un quartier ouvrier Le territoire du quartier Sainte-Marie s’urbanise dans la seconde partie du 19 e siècle. Le quartier tient son nom de sa situation géographique au pied du courant Sainte-Marie provoqué par le rétrécissement du fleuve à cette hauteur. À l’époque, le courant est si fort à cet endroit que les voiliers ne parviennent pas à le franchir. Ce secteur représente alors la limite est de la ville de Montréal. Une paroisse se développe dans la partie sud du quartier, autour de l’église Saint-Vincent-de-Paul et du couvent des sœurs de la Providence, tous deux érigés en 1875. C’est dans cette partie de la ville que se trouvent les deux pénitenciers : la prison des Patriotes-au-Pied-du-Courant, réservée aux hommes (1836), et l’asile pour femmes (1875) à l’endroit où se trouve aujourd’hui le Grand quartier général de la Sûreté du Québec. On note sur le territoire la présence de plusieurs manufactures, petites échoppes et ateliers. À cette époque, bien qu’une bonne portion du quartier ait déjà fait l’objet d’un lotissement, l’urbanisation ne dépasse guère la rue Logan au nord. Toutefois, la densité de population y est élevée, le quartier abritant 16 000 personnes.

Le quartier Sainte-Marie en 1890 Source : Chas E.Goad, Atlas of the City of Montreal, Bibliothèque et archives du Québec [collection numérique], 1890.


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1880-1910

Quartier Sainte-Marie

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Intensification des activités manufacturières Intéressées par la proximité du fleuve, la présence de main-d’œuvre à bon marché et de vastes terrains propices à la construction de grands bâtiments à vocation industrielle, de grandes usines s’établissent dans le quartier. Au tournant du 20e siècle, l’occupation du territoire est dictée par le développement industriel : •

les usines de la Molson et de la Canadian Rubber en bordure du fleuve

les ateliers De Lorimier du CP et la Dominion Oilcloth and Linoleum dans l’axe Parthenais

la Montreal Light, Heat and Power, la rotonde du CP et la manufacture de tabac Macdonald à l’est du quartier

Dans la première partie du 20e siècle, les activités industrielles du quartier se diversifient. Une grande variété de secteurs manufacturiers est représentée : alimentation, cuir, textile, métallurgie, tabac, imprimerie, caoutchouc et produits chimiques. Un tel dynamisme économique favorise l’intensification des activités portuaires et ferroviaires. Le quartier prend à cette époque le surnom de « Faubourg à m’lasse » en raison de la forte odeur de mélasse qui y règne. Elle provient des réservoirs situés sur le quai Poupart dans lesquels des bateaux en provenance des États-Unis transvident la mélasse utilisée par l’industrie alimentaire. À la fin des années 1910, l’urbanisation du quartier s’étend vers le nord et vers l’est dans ce qui est à l’époque le village Hochelaga, situé entre les rues D’Iberville et Dufresne. Le développement des îlots compris entre les rues du Havre, De Lorimier, Ontario et Notre-Dame forme un tissu urbain très dense; il n’est pas rare de trouver dans les arrière-cours de petits ateliers, souvent habités.


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1910-1950

Quartier Sainte-Marie

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Implantation du pont Jacques-Cartier au cœur du quartier

Sur le plan de l’aménagement urbain, plusieurs événements transforment le quartier dans la première moitié du 20e siècle. Parmi les plus importants, mentionnons l’inauguration du pont Jacques-Cartier en 1930. La construction de cet ouvrage monumental exige la démolition de plusieurs résidences et bâtiments industriels, ce qui aura pour effet de scinder en deux le quartier Centre-Sud. Avec les années, on constatera une hausse importante de la circulation automobile qui aura des conséquences néfastes sur la qualité de vie des résidants. Les avenues Papineau et De Lorimier et la rue Ontario deviendront des voies d’accès et de sorties pour le pont, ce qui provoque l’enclavement des îlots situés à l’intérieur de ce périmètre.

Plan d’utilisation du sol en 1949 Source : Service de l’urbanisme de la Ville de Montréal, Plans d’utilisation du sol de la Ville de Montréal, Bibliothèque et archives du Québec [collection numérique], 1949.


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1950-1975

Quartier Sainte-Marie

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Grandes campagnes de rénovation urbaine La deuxième moitié du 20e siècle est marquée par la réalisation de projets publics et urbains qui transforment le quartier, notamment : •

L’élargissement du boulevard René-Lévesque

L’implantation du métro de Montréal (stations Papineau et Frontenac)

La construction des tours et du centre commercial Place-Frontenac

La construction du centre de détention Parthenais

L’établissement de Télé-Québec sur l’ancien site du siège social de la Dominion Oilcloth and Linoleum (2200, rue Sainte-Catherine Est)

La mise en place des voies rapides Notre-Dame et Ville-Marie

Plusieurs de ces aménagements nécessiteront des expropriations massives qui provoquent l’exode d’une partie de la population, phénomène qui se traduit par un affaiblissement du tissu social. De tels bouleversements auront par ailleurs un impact négatif sur la vitalité des artères commerciales du quartier.


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1975-1995

Quartier Sainte-Marie

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Déclin de l’activité manufacturière Dans les années 1970, la disparition progressive des activités industrielles traditionnelles associées au secteur secondaire provoque l’appauvrissement d’une population traditionnellement ouvrière, de quoi précipiter davantage le déclin de l’activité commerciale du quartier.

La désaffectation industrielle s’accompagne également d’un ralentissement des activités portuaires et ferroviaires dans le secteur. Les activités s’étant concentrées plus à l’est au cours des décennies précédentes, les anciens quais sont de moins en moins utilisés et les voies ferrées situées dans le secteur compris entre la zone du Vieux-Port et la gare de triage du CP servent principalement à garer et trier les wagons. La présence de ces installations, couplée à l’intensité de la circulation sur la rue Notre-Dame, contribue à enclaver le quartier et à priver ses résidants d’un accès convenable au fleuve. Le parc Bellerive demeure difficilement accessible aux citoyens voulant profiter d’une fenêtre sur le fleuve.

1995-aujourd’hui Réappropriation du quartier par les artistes Depuis un peu plus de 15 ans, la désaffectation des grands bâtiments industriels profite à de nouveaux occupants qui ont fait de ces vastes locaux des espaces de création artistique. Studios d’enregistrement et de photographie, ateliers de peinture, de sculpture et galeries d’art se côtoient maintenant dans ce quartier aux racines essentiellement ouvrières. La conversion de l’usine Grover en lofts d’artistes constitue un exemple de réappropriation salutaire du bâti industriel. Le secteur manufacturier demeure présent dans le quartier, mais cette vocation est appelée à disparaître au cours des prochaines années. Le quartier Sainte-Marie a fait l’objet de plusieurs études historiques. Voici les principaux ouvrages ayant guidé l’élaboration de la présente section : BENOÎT, Michèle et Roger GRATTON, Pignons sur rue: les quartiers de Montréal, Montréal, Guérin, 1991, 393 p. BURGESS, Joanne, Paysages industriels en mutation, Montréal, Écomusée du fier monde, 1997, 88 p. Montréal par ponts et traverses, Montréal, Nota bene, 1999, 96 p. GIROUX, Éric, Commerces du coin, Montréal, Écomusée du fier monde, 2009, 38 p. (Quartier Sainte-Marie) GIROUX, Éric, Vue sur le pont, Montréal, Écomusée du fier monde, 2005, 18 p. (Quartier Sainte-Marie) GIROUX, Éric, On se retrouve au parc, Montréal, Écomusée du fier monde, 2007, 18 p. (Quartier Sainte-Marie) LINTEAU, Paul-André, Histoire de Montréal depuis la confédération, Montréal, Boréal, 1992. 613 p.


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Profil et évolution sociodémographiques

2.3

Quartier Sainte-Marie

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Selon les données du recensement de 2006 de Statistique Canada, le quartier Sainte-Marie présente une population de 21 745 résidants, ce qui correspond à 28 % de la population de l’arrondissement de Ville-Marie. La densité de population est d’environ 8 199 habitants au km² comparativement à 12 140 habitants au km² pour l’arrondissement du Plateau-Mont-Royal situé au nord du territoire de Sainte-Marie. Voici quelques statistiques éclairantes sur la population du quartier : •

Âge : Environ 40 % des résidants sont âgés de 15 à 34 ans. Dans l’ensemble de la population montréalaise, cette proportion est de 29 %.

Scolarité : La population du quartier présente une scolarité équivalant au profil de l’ensemble des Montréalais. Dans les deux cas, le pourcentage de la population titulaire d’un diplôme universitaire est de près de 30 %. Toutefois, cette donnée est plus élevée dans l’arrondissement de Ville-Marie, où 45 % des résidants sont des diplômés universitaires.

Revenu : Près de 45 % des ménages du quartier sont considérés à faibles revenus. Le revenu moyen des ménages est de 35 850 $, ce qui est nettement inférieur au revenu moyen montréalais, qui s’élève à 51 850 $; 41 % des ménages du quartier consacrent plus de 30 % de leurs revenus au loyer, ce qui est légèrement plus élevé que dans l’ensemble de Montréal.

Citoyenneté : La population immigrante est moins représentée dans le quartier, où elle compte pour 17,4 % des résidants, comparativement à 30,8 % pour Montréal. Les immigrants proviennent surtout de France, de Chine et du Vietnam.

Langue : Le quartier Sainte-Marie est composé à 82 % de francophones. Cette proportion est de 57 % pour l’ensemble de la ville.

Mode d’occupation : On constate que le secteur demeure un quartier de locataires puisqu’on y dénombre seulement 16 % de propriétaires occupants (34,4 % pour Montréal). Le coût moyen du loyer est de 590 $ (646 $ pour Montréal).

Mode de transport : Moins du tiers des travailleurs de Sainte-Marie (32 %) utilisent l’automobile pour se rendre à leur lieu d’emploi, alors que cette proportion est de 49 % dans la ville de Montréal. Par ailleurs, 46 % des résidants du quartier utilisent le transport en commun et 20 % marchent ou utilisent le vélo. L’excellente desserte en transport collectif et actif ainsi que la proximité des pôles de transport en commun peuvent expliquer cette tendance : la distance maximale à parcourir pour rejoindre les stations de métro Papineau ou Frontenac est d’environ 1 km pour l’ensemble du territoire.


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Diagnostic et enjeux

2.4

Quartier Sainte-Marie

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Vers des milieux de vie conviviaux et sécuritaires L’une des caractéristiques du quartier Sainte-Marie est la présence de milieux de vie qui correspondent à une portion de quartier organisée autour d’équipements locaux, de services de proximité et de lieux de rencontre accessibles à pied (voir plan 1) D’autres destinations se déploient sur une distance correspondant à environ 5 à 10 minutes de marche, donc à l’intérieur d’un rayon d’environ 600 m. La convivialité, la proximité et la qualité des aménagements et des services qui s’y trouvent contribuent à l’amélioration de la qualité de vie des résidants. Le concept des Quartiers verts (voir annexe 5.1), tel qu’il est décrit dans l’application locale du Plan de transport de Montréal (2008) et des Plans locaux de déplacements (PLD) des arrondissements, constitue une assise intéressante pour guider la consolidation de ces milieux de vie.

Le quartier Sainte-Marie offre à ses résidants une excellente desserte en transport en commun et deux stations de métro, Papineau et Frontenac. Presque la totalité du territoire est comprise dans un rayon de 800 m d’une station de métro, ce qui représente 10 minutes de marche. Le secteur est aussi desservi par de nombreuses lignes d’autobus ainsi que par 7 aires de stationnement du service de partage de voitures Communauto et par 19 stations de vélos libre-service Bixi (voir plan 2).

Le quartier Sainte-Marie se caractérise également par la présence de plusieurs voies de circulation importantes (pont, axe autoroutier, grandes artères) qui le rendent accessible de n’importe quel point de l’île et permettent un lien rapide au centre-ville de Montréal. Toutefois, ces infrastructures génèrent une importante circulation de transit et provoquent de multiples nuisances dans les milieux de vie. La présence de zones industrielles dans le quartier et en bordure de celui-ci entraîne un volume important de camionnage. Certaines rues qui traversent les secteurs résidentiels permettent le camionnage en tout temps : Frontenac et D’Iberville, René-Lévesque, Notre-Dame, De Lorimier, Mondelet, La Fontaine, Logan, SainteCatherine, Ontario et du Havre (voir plan 3). L’intensité de la circulation de transit dans les rues locales a des répercussions sur la sécurité routière. On relève un nombre significatif d’accidents impliquant des automobilistes, des piétons et des cyclistes.


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Un cadre urbain prometteur à proximité du centre-ville Le quartier Sainte-Marie a connu un déclin économique et démographique au cours des dernières décennies. Il présente aujourd’hui une densité de population moyenne d’environ 8 199 personnes par km2, nettement inférieure à celle des quartiers adjacents. À titre de comparaison, l’arrondissement du Plateau-Mont-Royal a une densité d’environ 12 140 habitants au km2. La densité de Sainte-Marie n’est pas représentative d’un quartier qui jouit d’une localisation avantageuse à proximité du centre-ville et qui présente plusieurs atouts militant en faveur de l’éclosion d’un milieu de vie recherché. Les stratégies mises en œuvre pour attirer davantage de résidants dans le secteur doivent tirer parti de ce milieu de vie urbain qui lui est propre.

L’un des obstacles à l’attractivité du secteur est son tissu urbain relâché. Toutefois, cet obstacle pourrait se transformer en une formidable occasion de développement. Il est vrai que les transformations qu’a connues le quartier au fil des ans se traduisent aujourd’hui par un paysage urbain déstructuré, parsemé de terrains vagues et de friches industrielles. À ce jour, en incluant la partie abandonnée de la cour de triage du CP, le quartier comporte plus de 200 000 m2 de terrains vacants ou sous-utilisés, dont une bonne partie sert de stationnement de surface. Certains de ces terrains sont associés à des entreprises établies dans le quartier depuis plus d’un siècle : Gaz Métro (autrefois Montreal Gas Works), les ateliers de la Société de transports de Montréal (anciennement les ateliers Hochelaga de la Compagnie des tramways de Montréal, dans le quartier depuis plus de 150 ans) et le cigarettier Macdonald devenu la JTI-Macdonald (Japan Tobacco International) implanté depuis 1875. Au-delà de leur effet déstructurant, les terrains vacants et sous-utilisés constituent des occasions de développement, tout particulièrement aux abords des stations de métro Papineau et Frontenac, ainsi que sur les sites des édicules de ces stations. Dans ces derniers cas, le développement permettrait non seulement de maximiser l’utilisation de ces équipements de transport, mais aussi d’optimiser leur impact structurant sur le développement du quartier.


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Sur le plan du cadre bâti, le quartier Sainte-Marie constitue l’un des secteurs les plus anciens de Montréal. En effet, 41 % des bâtiments ont été construits avant 1946, alors que cette proportion s’établit à 20 % pour l’ensemble de Montréal. Toutefois, en dépit de la disponibilité des programmes d’aide à la rénovation résidentielle, selon les données du recensement 2006, seulement 14 % des ménages estimaient que leur logement nécessitait des réparations majeures, comparativement à 10 % en 2001. En matière de patrimoine bâti, le quartier comporte de nombreux bâtiments reconnus pour leur intérêt patrimonial (voir plan « Patrimoine ») ainsi que des bâtiments résidentiels typiques des quartiers ouvriers du 19e siècle. Des ensembles de valeur patrimoniale exceptionnelle tels que le bâtiment principal de la JTI-Macdonald, l’école Gédéon-Ouimet, l’église Saint-Eusèbe-de-Verceil, l’ancienne prison des Patriotes au Pied-du-Courant et l’ensemble conventuel des Soeurs de la Providence pourraient changer de vocation dans les prochaines années. Une attention particulière devra être portée à ces changements de vocation afin d’assurer que le caractère patrimonial de ces sites soit préservé.

Les interventions sur le domaine public ont aussi un impact sur la perception de la forme urbaine. La station de métro Frontenac et ses abords constituent un pôle civique et de services à mettre en valeur. En plus d’être adjacent au centre commercial Place-Frontenac, principale destination commerciale du quartier, ce lieu de transit est jouxté à la maison de la culture Frontenac ainsi qu’au centre Jean-Claude-Malépart et à sa piscine. De récents investissements de l’arrondissement et de la Ville ont permis de consolider ce pôle. Soulignons par exemple les travaux pour la construction de la piscine Jean-Claude-Malépart. Récemment, l’arrondissement a également consenti des investissements destinés au parc Médéric-Martin, notamment pour la décontamination du jardin communautaire et l’aménagement de nouveaux terrains de tennis. En outre, l’aménagement de la partie nord du parc comprenant les aires de détente est prévu à court terme. Un plan directeur des parcs et espaces verts est également en cours d’élaboration. Le quartier comprend près de 19,6 ha de parc. On dénombre une quinzaine de parcs et espaces verts de différentes tailles. La superficie de parc par tranche de 1 000 habitants est 0,9 ha. Cette proportion est supérieure à la moyenne montréalaise établie à 0,7 ha par millier d’habitants. Cependant, si l’on soustrait de ces parcs ceux qui sont enclavés et difficilement accessibles, cette proportion est en deçà de la moyenne montréalaise.

Piscine Jean-Claude-Malépart


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Un repositionnement économique axé sur la culture L’activité industrielle n’a pas complètement disparu du quartier Sainte-Marie, où elle fait toujours sentir sa présence. Parallèlement, l’émergence de l’industrie culturelle donne un souffle nouveau au secteur. En 2006, la population active de Montréal comptait 5,7 % de travailleurs dans le secteur « art, culture, sports et loisirs », alors que celle de Ville-Marie et du quartier Sainte-Marie en comptait respectivement 9,7 % et 10,5 %. Actuellement, près de 7 % des entreprises de l’arrondissement de Ville-Marie sont « culturelles » et cette proportion grimpe à 15,4 % dans le cas du quartier Sainte-Marie. L’établissement de nombreux lieux de création et de diffusion a contribué à cette émergence culturelle : la bibliothèque et la maison de la culture Frontenac, la Grover (GrovArt), le Chat des artistes, la SPAG (bain Mathieu), PRIM, Espace Libre, les Éditions Hurtubise, la coopérative d’habitation Lezarts, pour n’en nommer que quelques-uns (voir plan « Immeuble important »). En accord avec cette tendance et conformément à la Politique de développement culturel de la Ville de Montréal, l’arrondissement de Ville-Marie a reconnu et affirmé en 2009 l’existence du « pôle de création de Faubourgs » et la culture comme moteur de développement économique pour les quartiers Sainte-Marie et Saint-Jacques. Le quartier pourrait aussi devenir un carrefour important de l’économie sociale dans l’arrondissement de Ville-Marie. Certains organismes ont commencé à s’implanter dans le secteur et l’arrivée de ce genre d’organismes pourrait favoriser l’embauche et l’employabilité locale. L’enjeu : conjuguer la réalisation des opportunités de développement du territoire et la consolidation de milieux de vie de qualité au sein d’une économie diversifiée.


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Vision d’aménagement

2.5 L’élaboration du Programme particulier d’urbanisme (PPU) du quartier Sainte-Marie constitue une occasion unique de réfléchir collectivement à l’avenir du quartier. Les nombreux atouts du quartier dont sa riche histoire, sa localisation stratégique à proximité du centre-ville, sa desserte en transports collectifs, sa diversité culturelle grandissante, son offre en équipements collectifs et institutionnels, devraient en faire un milieu de vie recherché. Or, le quartier Sainte-Marie demeure méconnu des Montréalais et ne suscite pas le même intérêt que des quartiers semblables ne jouissant pas des mêmes attraits. Cet état de fait résulte de certaines problématiques, dont la qualité de l’environnement urbain, l’enclavement du quartier et la desserte en commerce de proximité. Actuellement, le quartier n’a pas connu de période de développement significative depuis la fin de son ère industrielle, son économie ne s’est pas diversifiée mis à part le récent essor du secteur culturel et les indices sociodémographiques démontrent que la population est défavorisée par rapport à la moyenne montréalaise, expliquant entre autres la forte demande de logements sociaux et communautaires sur le territoire. Pour renverser la tendance, il faut revoir la vision d’aménagement du territoire en optant pour une approche équilibrée de vitalité économique, d’équité sociale, de préservation de l’environnement et de respect des besoins des générations futures. Dans l’esprit du développement durable, les interventions prévues dans le PPU visent l’émergence d’un environnement urbain plus sain, une gestion optimale des ressources, une utilisation accrue des transports alternatifs, l’atténuation des nuisances en milieu résidentiel et un aménagement cohérent des lieux publics assurant le confort et la sécurité des utilisateurs. Dans un horizon rapproché, Sainte-Marie sera un milieu de vie recherché où l’on trouve des logements de qualité pour tous et une offre diversifiée de services, le tout dans un environnement urbain sain et économiquement viable. La mise en œuvre de la vision en quelques points :

Insuffler un nouveau dynamisme économique et social afin d’améliorer la qualité de vie des citoyens et d’attirer de nouveaux résidants

Mettre en valeur la qualité et l’offre en équipements collectifs pour optimiser leur utilisation et faire du quartier SainteMarie un milieu de vie recherché

Miser sur l’économie culturelle émergente pour dynamiser l’économie du quartier

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Cadre d’aménagement

3

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La présente section traite des orientations, des objectifs et des moyens de mise en œuvre proposés en réponse au diagnostic tracé dans la section précédente. Ce diagnostic a aussi pris en considération les travaux effectués dans le cadre de l’élaboration du Plan de revitalisation urbaine intégrée (PRIU) du quartier Sainte-Marie, publié en 2004. Les enjeux qui ressortent de ces travaux touchent notamment l’amélioration de la qualité de vie des résidants par l’entremise, entre autres, d’une offre convenable de logements, de la restructuration du cadre urbain et du développement d’une économie diversifiée. L’élaboration du PPU s’inscrit dans cette démarche. Le PPU s’articule autour de trois grandes orientations : •

La qualité des milieux de vie

La mise en valeur du potentiel de développement du territoire

Le développement d’une économie diversifiée

Un quatrième objet d’étude est abordé par la suite : la planification détaillée des secteurs d’intervention.

La qualité des milieux de vie

3.1

Le quartier Sainte-Marie présente plusieurs avantages pour ceux qui décident de s’y établir : il est très bien desservi par les transports en commun et il se situe à proximité d’équipements éducatifs et culturels. Toutefois, pour faire du quartier un milieu de vie de grande qualité, certains aspects doivent être améliorés. À cet égard, la consolidation de la fonction résidentielle et la création d’un environnement sain constituent des enjeux clés. Trois objectifs ont été retenus pour mettre en œuvre cette orientation : •

Consolider

les milieux de vie du quartier en améliorant la qualité de l’habitat et l’offre en services de proximité

Répondre

Adopter

aux besoins de mobilité des personnes et des marchandises tout en atténuant les impacts de la circulation sur les milieux de vie de bonnes pratiques de développement durable, notamment dans la réalisation des aménagements sur le domaine public


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3.1.1 Consolider les milieux de vie du quartier en améliorant la qualité de l’habitat et des services de proximité Le maintien d’une population résidante stable dans le quartier représente un enjeu important. À cet égard, il importe de bonifier les milieux de vie existants et de maintenir la qualité du stock de logements. La grande majorité des résidants étant locataires, soit 84 %, il importe également de conserver le parc de logements locatifs et de favoriser l’augmentation du nombre de propriétaires occupants dans la réalisation de projets d’habitation. Parallèlement, des discussions doivent être entamées afin de revoir les paramètres des programmes de subvention à l’habitation afin de mieux répondre à la réalité particulière de l’arrondissement. À ce titre, des discussions sont entamées afin de revoir les paramètres des programmes de subvention à l’habitation, dans l’optique de mieux répondre à la réalité particulière de l’arrondissement. En effet, le coût des terrains, les typologies d’habitation et les normes architecturales minimales ne sont actuellement pas compatibles avec les montants consentis dans le cadre des programmes existants. Un comité de travail qui inclut des représentants de l’arrondissement et de la Direction de l’habitation a été mis sur pied pour entamer une réflexion sur cette problématique. Il aura pour mandat d’évaluer la possibilité de modifier les programmes d’habitation existants afin de mieux les adapter à la réalité immobilière du centre-ville. Selon le même objectif, il sera également chargé d’évaluer l’opportunité de revoir les mécanismes d’application de la Stratégie d’inclusion de logements abordables. Le renouvellement du stock de logements est relativement modeste dans le quartier Sainte-Marie puisqu’il s’est construit en moyenne 100 logements par année entre 2003 et 2009. L’accent doit être mis sur les atouts du quartier, dont sa proximité au centre-ville et la présence de deux stations de métro, afin d’améliorer son attractivité. Une intensification de la construction résidentielle participerait à la consolidation des milieux de vie existants. Le dynamisme d’un milieu de vie repose notamment sur les services de proximité. Il est donc nécessaire d’assurer une offre répondant aux besoins des résidants, et ce, à proximité de leur lieu de résidence. Une attention particulière devra être portée sur l’amélioration de la sécurité alimentaire du quartier Sainte-Marie.


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Moyens de mise en œuvre •

Attirer davantage de résidants dans le quartier en intensifiant le développement résidentiel sur les nombreux terrains vacants et sous-utilisés du secteur

Soutenir le développement d’une offre diversifiée de logements afin de répondre aux besoins des jeunes familles

Inciter les propriétaires à amorcer un cycle de rénovation du parc immobilier résidentiel

Adapter les milieux de vie à leurs clientèles, entre autres en offrant aux familles et aux personnes âgées des services et des équipements adaptés

Rendre plus conviviaux les déplacements vers les services de proximité en réalisant des aménagements sur le domaine public misant sur l’encadrement des modes de transport actif


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3.1.2 Répondre aux besoins de mobilité des personnes et des marchandises tout en atténuant les impacts de la circulation sur les milieux de vie Le quartier Sainte-Marie présente plusieurs milieux de vie qui posent des défis sur les plans de la mobilité et de la sécurité. L’existence de milieux de vie urbains mixtes, combinée à la présence d’importants enjeux de circulation, a suscité une mobilisation importante de la population sur les enjeux de transport et d’aménagement. Le présent objectif s’inscrit en cohérence avec la vision des Quartiers verts qui encourage la marche et le vélo comme mode de déplacement de proximité et favorise l’utilisation du transport collectif. La bonification du réseau cyclable prévue dans le Plan de transport est essentielle pour améliorer la convivialité des déplacements et assurer la sécurité des usagers. À cet égard, la poursuite du réseau dans l’axe de la rue Fullum et du boulevard De Maisonneuve, telle qu’elle est prévue dans le Plan de transport, devrait constituer une priorité.

Différentes mesures d’apaisement de la circulation peuvent être mises en place à court comme à moyen terme, notamment afin de réduire la circulation de transit des automobiles et des véhicules lourds, ainsi que leur impact dans le quartier. Des solutions novatrices, élaborées conjointement avec les services municipaux, les instances gouvernementales concernées, les acteurs locaux et les citoyens, doivent être mises de l’avant pour répondre à cet objectif.

Moyens de mise en œuvre •

Réaliser un plan local de déplacements qui devra répondre aux objectifs suivants :

- Améliorer la sécurité routière, en particulier celle des piétons et des cyclistes

- Rendre les lieux publics et les rues universellement accessibles

- Réaliser des aménagements publics favorisant des modes de déplacement durables

Aménager un Quartier vert (voir annexe 5.1).


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3.1.3 Adopter de bonnes pratiques de développement durable, notamment dans la réalisation des aménagements sur le domaine public La qualité des aménagements réalisés dans une ville a un impact direct sur la qualité de vie de ses habitants. Dans cette optique, la recherche du développement durable, qui vise notamment l’utilisation optimale des ressources, l’amélioration de la qualité de l’air, la réduction des îlots de chaleur, devient une préoccupation incontournable de la planification urbaine moderne.

Les grands chantiers de revitalisation urbaine offrent une opportunité de réaliser des aménagements favorisant le développement durable. Par exemple, le réaménagement de la rue Ontario sera l’occasion d’adopter des pratiques innovantes sur le plan écologique dans la réalisation des travaux sur le domaine public. Des investissements de l’ordre de 11,2 M$ sont déjà prévus dans le Programme triennal d’immobilisations 2011-2013 pour le réaménagement de cette artère. D’autres interventions plus fines peuvent avoir des effets positifs sur le bilan écologique du quartier. Par exemple, afin d’assurer le maintien d’une desserte adéquate en espaces verts, il serait opportun d’explorer la possibilité d’exiger une contribution au fonds de parc lors de la délivrance d’un permis de construction pour un immeuble faisant l’objet d’un projet de redéveloppement.

Moyens de mise en œuvre •

Procéder à l’imposition d’une réserve à des fins de parc afin d’aménager un nouvel espace vert public sur le terrain situé en face de l’école Gédéon-Ouimet

Élaborer un plan d’aménagement du domaine public qui préconise une approche de gestion écologique pour la rue Ontario entre l’avenue De Lorimier et la rue Lespérance

Encourager les propriétaires de terrains vagues ou sous-utilisés à réaliser des aménagements temporaires pour réduire l’impact de ces terrains sur les îlots de chaleur d’ici leur développement (ex. : verdissement)

Prévoir l’aménagement d’espaces verts dans la mise en valeur des grands terrains vacants ou sous-utilisés dans une perspective de réduction des îlots de chaleur

Prévoir l’intégration d’un couvert végétal important dans l’aménagement de lieux publics conviviaux et sécuritaires

Développer des stratégies d’aménagement pour les abords de la station de métro Frontenac afin d’optimiser l’utilisation des transports en commun


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La mise en valeur du potentiel de développement du territoire

3.2

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Le quartier Sainte-Marie jouit d’une situation stratégique et présente plusieurs attraits susceptibles de le positionner avantageusement sur l’échiquier immobilier montréalais. Cependant, on constate une stagnation du développement immobilier dans le secteur. Le présent PPU propose des pistes d’intervention pour renverser cette tendance. Deux objectifs ont été retenus pour mettre en œuvre cette orientation : •

Favoriser

Encourager une densification des terrains sous-utilisés et des abords des stations de métro

le maintien et l’accroissement de la population résidante

Papineau et Frontenac


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3.2.1 Favoriser le maintien et l’accroissement de la population résidante Le quartier Sainte-Marie a connu un déclin démographique au cours des dernières décennies. Pourtant, ce quartier central possède de nombreux attraits susceptibles d’attirer de nouveaux résidants. Mentionnons notamment sa proximité au centre-ville, pôle d’emplois majeur, ainsi que la qualité et la diversité de sa desserte en transport.

Par ailleurs, de nombreux terrains vacants ou sous-utilisés sont propices à la construction résidentielle, étant situés dans un environnement adéquat pour une clientèle mixte. Dans cette optique, le redéveloppement des anciens sites industriels représente une occasion de développement résidentiel à saisir. Considérant les superficies de terrains vacants ou sous-utilisés propices à la construction résidentielle, le potentiel de développement est majeur.

Le taux de propriétaires dans le quartier (16 %) est inférieur à la moyenne montréalaise (34 %). Ce constat est synonyme d’une grande mobilité de la population. L’augmentation du nombre de propriétaires résidants favoriserait l’appropriation du secteur par ses résidants et le développement d’une identité forte.

Parallèlement, des discussions doivent être entamées afin de revoir les paramètres des programmes de subvention à l’habitation, dans l’optique de mieux répondre à la réalité particulière de l’arrondissement. À ce titre, des discussions sont entamées afin de revoir les paramètres des programmes de subvention à l’habitation, dans l’optique de mieux répondre à la réalité particulière de l’arrondissement. Un comité de travail qui inclut des représentants de l’arrondissement et de la Direction de l’habitation a été mis sur pied à cet effet. Il aura pour mandat d’évaluer la possibilité de modifier les programmes d’habitation existants afin de mieux les adapter à la réalité immobilière du centre-ville. Selon le même objectif, il sera également chargé d’évaluer l’opportunité de revoir les mécanismes d’application de la Stratégie d’inclusion de logements abordables.

Moyens de mise en œuvre •

Favoriser le développement immobilier résidentiel par la mise en place d’un cadre réglementaire adéquat

Élaborer, avec les instances concernées, des stratégies de mise en valeur des grands terrains vacants propices à la construction résidentielle

Favoriser la diversité des typologies de logements dans les projets résidentiels

Concevoir des outils promotionnels pour améliorer la reconnaissance et la visibilité du quartier


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3.2.2 Encourager une densification des terrains sous-utilisés et des abords des stations de métro Papineau et Frontenac Le territoire du quartier Sainte-Marie comporte une quantité importante de grandes parcelles à redévelopper. Certains de ces terrains sont associés à des activités industrielles ou commerciales aujourd’hui incompatibles avec leur milieu d’insertion. La mise en valeur de ces sites permettrait de restructurer le tissu urbain par la réalisation développements immobiliers majeurs. La valorisation de ces terrains nécessite cependant une approche concertée avec les propriétaires concernés. Par ailleurs, les stations de métro ont joué historiquement un rôle de catalyseur en favorisant la constitution de pôles denses et multifonctionnels regroupant commerces, habitations et services. La présence de ces équipements de transport collectif constitue un atout indéniable du secteur. Il importe d’assurer que le développement aux abords des stations de métro soit de forte densité, non seulement pour optimiser l’utilisation de ces équipements de transport, mais aussi pour optimiser leur impact structurant sur le développement du quartier. La mise en œuvre du développement des édicules des stations de métro et le réaménagement du domaine public devraient être coordonnés par un comité de travail, et ce, en particulier pour le pôle Frontenac où des investissements de 11,2 M$ ont été prévus au Programme triennal d’immobilisations 2011-2013.


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Moyens de mise en œuvre •

Adapter la réglementation et mobiliser les grands propriétaires fonciers dans le but de favoriser le développement des terrains vacants et sous-utilisés

Mettre en place un cadre réglementaire adéquat pour favoriser la densification aux abords des stations de métro

Assurer une interface entre les secteurs industriels établis et les milieux de vie

Modifier la réglementation afin de restreindre le stationnement en surface

Créer un comité de travail afin de coordonner le développement du pôle Frontenac

Les terrains vacants ou sous-utilisés


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Le développement d’une économie diversifiée

3.3

Quartier Sainte-Marie

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On assiste depuis les années 1970 à un ralentissement important des activités manufacturières dans le quartier Sainte-Marie. Le dynamisme des artères commerciales a souffert de ce déclin. Toutefois, l’établissement de nouvelles activités, notamment celles associées à l’industrie culturelle, permet de rehausser le profil économique du quartier. Le présent PPU encourage le développement d’une économie diversifiée. Les objectifs suivants guideront la mise en œuvre de cette orientation : •

Favoriser

le développement des activités et des entreprises dans le secteur des arts et de

la culture •

Encourager

le développement économique local en misant sur la vitalité des artères commerciales et sur l’économie sociale


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3.3.1 Favoriser le développement des activités et des entreprises dans le secteur des arts et de la culture Dans sa Politique de développement culturel, la Ville de Montréal s’engage à mettre en valeur les pôles culturels existants et à en développer de nouveaux. Conformément à cette politique et au large consensus des acteurs culturels du secteur, le conseil d’arrondissement de VilleMarie a reconnu l’existence du Pôle de création des Faubourgs, organisme qui se consacre au développement culturel et dont le territoire chevauche les quartiers Sainte-Marie et SaintJacques. Cette reconnaissance s’appuie sur la présence, sur ce territoire, d’une multitude d’organismes à vocation culturelle employant des milliers de personnes.

L’émergence de l’industrie culturelle donne un souffle nouveau au quartier Sainte-Marie, qui comprend des lieux de diffusion de petite échelle permettant de complémenter l’offre du Quartier des spectacles. Les stratégies de développement économique du quartier Sainte-Marie doivent favoriser les activités culturelles comme un des principaux moteurs économiques. Dans cette optique, il serait opportun d’explorer la possibilité de mettre sur pied un programme de subvention pour soutenir les entreprises culturelles du secteur.

D’autre part, la collaboration étroite avec les acteurs locaux devra être poursuivie afin d’assurer la consolidation des emplois dans le secteur des arts et de la culture et favoriser l’embauche et l’employabilité locales. Les acteurs suivants ont été identifiés : •

Centre local de développement (CLD)

Corporation de développement économique communautaire (CDEC)

Société d’investissement de Sainte-Marie (SISM)

Regroupement des commerçants et des propriétaires de la rue Ontario (RCPRO)

Les voies culturelles du faubourg


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Moyens de mise en œuvre •

Afin d’assurer une mixité de fonctions, créer deux nouveaux secteurs d’emplois pour consolider la vocation économique des terrains visés (voir section 4.1 « Paramètres réglementaires »)

Permettre les usages reliés aux arts et à la culture

Promouvoir l’existence du pôle de création des Faubourgs

Favoriser l’insertion d’art public sur le territoire du quartier Sainte-Marie, notamment dans les aménagements sur le domaine public

Dans le cadre de la négociation d’accords de développement, assurer la réalisation de projets de développement à valeur ajoutée, notamment en assurant l’intégration d’espaces dédiés aux arts et à la culture


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3.3.2 Encourager le développement économique local en misant sur la vitalité des artères commerciales et sur l’économie sociale La rue Ontario, principale artère commerciale du quartier Sainte-Marie, constitue l’un des pôles économiques du secteur. Représentant l’axe est-ouest central du territoire, cette artère regroupe l’offre commerciale la plus importante du quartier, constituée de commerces au rez-de-chaussée des bâtiments et, à l’angle de la rue du Havre, de l’unique centre commercial du secteur, la PlaceFrontenac.

Le tissu commercial de la rue Ontario est cependant morcelé par la présence de nombreux terrains vacants ou sous-utilisés, de locaux vacants et de bâtiments industriels à l’est de son parcours. La requalification de ces sites permettrait de consolider le tissu commercial de la rue. La densification de ces sites et, en général, des abords de la rue Ontario pourrait susciter une augmentation de la clientèle commerciale, ce qui serait bénéfique pour la vitalité de la rue. Bonifier l’environnement urbain de l’artère pourrait aussi favoriser l’achalandage des commerces. Le programme Réussir à Montréal (PR@M) qui est actuellement en vigueur sur la rue Ontario est un outil privilégié pour encourager le développement commercial de l’artère.

L’implantation d’organismes constitués selon les principes de l’économie sociale dynamise l’économie du quartier et permet l’embauche et l’employabilité locales. À ce titre, une collaboration étroite doit être poursuivie avec les acteurs locaux identifiés à la section précédente pour favoriser ce type de développement.

Moyens de mise en œuvre •

Soutenir la revitalisation de la rue Ontario en investissant dans le réaménagement du domaine public (investissement de 11,2 M$ prévu au Programme triennal d’immobilisations 2011-2013 – voir section 3.4.1)

Mettre en place un comité de travail avec les principaux partenaires pour favoriser dans le cadre des aménagements urbains le développement de l’économie locale et sociale

Dans le cadre de la négociation d’accords de développement, assurer la réalisation de projets de développement à valeur ajoutée, notamment en assurant que des espaces soient dédiés à des entreprises et des organismes d’économie sociale


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Planification détaillée

3.4

Quartier Sainte-Marie

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Dans le cadre de l’élaboration du PPU du quartier Sainte-Marie, cinq secteurs d’intervention prioritaire ont été définis. Ces secteurs ont été sélectionnés en raison de leur grand potentiel de développement et des enjeux liés à leur planification. Ces cinq secteurs d’intervention prioritaire sont : •

La rue Ontario

Le pôle Frontenac

Le secteur de la JTI-Macdonald

Le secteur Parthenais

Le secteur Pont-Jacques-Cartier

Afin d’assurer une planification intégrée du territoire du quartier Sainte-Marie, des stratégies d’aménagement ciblées ont été mises au point pour les secteurs d’intervention prioritaire. Des balises d’aménagement ont été définies en fonction des enjeux associés à chacun des secteurs. Ces balises guideront les intervenants municipaux et les promoteurs privés dans les interventions réalisées dans chacun des secteurs.

En plus des cinq secteurs d’intervention prioritaire, deux secteurs d’intervention secondaire ont été définis, soit les abords de la rue Notre-Dame et la cour de triage Hochelaga propriété du CP. Le développement de ces deux secteurs étant reliés à des enjeux métropolitains (modernisation de la rue Notre-Dame, expansion des activités portuaires), ils ne peuvent faire l’objet d’une planification locale. Cependant, les interventions d’aménagement prévues à proximité de ces secteurs dans le cadre de la mise en œuvre du PPU ne devront pas limiter leur potentiel de développement.


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La rue Ontario

3.4.1

Quartier Sainte-Marie

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Orientations générales •

Réaménager le domaine public pour améliorer la convivialité de l’artère

Privilégier un cadre bâti qui favorise l’encadrement de la rue

Consolider la vocation commerciale de la rue Ontario en maintenant l’obligation de continuité commerciale sur certains tronçons

Photo aérienne – Rue Ontario, tronçon De Lorimier et Fullum

Photo aérienne – Rue Ontario, tronçon Bercy et Lespérance


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Quartier Sainte-Marie

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Contexte d’intervention La rue Ontario est le principal axe commercial et le lieu de convergence du quartier Sainte-Marie. Cette artère doit être réaménagée de façon à améliorer l’ambiance de son parcours et l’aisance des déplacements piétonniers. L’intégration de mesures d’apaisement de la circulation et la bonification du domaine public ont pour objectif de définir un lieu attractif et sécuritaire pour tous. Les interventions proposées visent à prolonger la configuration de la rue Ontario entre les avenues Papineau et De Lorimier, en réduisant la chaussée au profit des trottoirs, en s’inspirant de la promenade Ontario, située plus à l’est.

Balises d’aménagement 6

Adopter de bonnes pratiques de développement durable dans la réalisation des aménagements sur le domaine public

7

Favoriser le développement des terrains sous-utilisés bordant l’artère

Verdir les abords de l’artère

8

Consolider la trame commerciale

Intégrer du mobilier urbain (bancs, poubelles, supports à vélos, lampadaires, etc.)

9

Créer un nouveau secteur significatif à critères dans l’axe de la rue Ontario pour mieux encadrer les interventions sur le cadre bâti et les insertions de nouveaux bâtiments

1

Prioriser l’apaisement de la circulation

2

Sécuriser les intersections névralgiques

3

Réaliser des aménagements axés sur le confort des piétons

4 5


Programme particulier d’urbanisme

Quartier Sainte-Marie

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Le secteur du pôle Frontenac

Orientations générales

3.4.2

Adopter une approche de design urbain favorisant l’animation des espaces publics et la convivialité des déplacements

Consolider le pôle civique en misant sur la mixité des usages et la densification des abords de la station de métro Frontenac

Photo aérienne– Pôle Frontenac


Programme particulier d’urbanisme

Quartier Sainte-Marie

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Balises d’aménagement 1

Favoriser une exploitation plus intensive des terrains sous-utilisés aux abords de la station de métro Frontenac en implantant de nouvelles constructions ayant front sur la rue Ontario

6

Concevoir un traitement distinct de l’emprise de la rue du Havre permettant d’agrandir l’espace appropriable entre la rue Ontario et la maison de la culture lors d’évènements spéciaux

2

Permettre l’implantation d’un nouveau bâtiment au-dessus de l’édicule du métro permettant de reconfigurer les accès au métro ainsi qu’à la maison de la culture Frontenac (créant un accès direct à partir de la rue Ontario)

7

Aménager des placettes donnant sur la rue Ontario et y prévoir des usages qui participent à l’animation de l’espace public (cafés-terrasses, commerces, etc.)

8

Accroître la convivialité des trottoirs de la rue du Havre

3

Favoriser le stationnement en sous-sol pour l’ensemble des futurs bâtiments

9

4

Restructurer la fonction commerciale de PlaceFrontenac par la définition d’un front bâti rue Ontario et l’aménagement d’une place publique centrale ouverte sur la station de métro Frontenac

Accentuer le marquage ou l’expression des traverses piétonnières à l’intersection des rues du Havre et Ontario, afin d’assurer le confort et la sécurité des usagers

10

Rendre plus accueillantes les aires d’attente des autobus autour de la station de métro Frontenac

11

Introduire