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JUILLET 2006 N° 32


Le mot du Maire “Vivre à Bras”, cinq ans après Dans 8 mois, nous aurions dû vous remettre les clés de la Mairie, mais devant le nombre d’élections nationales en 2007, les municipales ont été reportées de 6 mois voire d’un an. Pourtant, vous nous aviez confié la gestion de la commune pour 6 ans et pas pour 7, donc il est temps de faire le bilan. "Vivre à Bras", quelques mots qui n'ont pas la même signification pour tous les Brasiliens, notamment pour celles et ceux qui ont rejoint la commune après 2001. Ce slogan traduisait d'abord la volonté de dynamiser notre village et d'éviter qu'il ne se transforme en une cité dortoir sans âme, phénomène qui guette les communes périurbaines. Incontestablement cet objectif est atteint avec entre autres, les animations et activités proposées pour tous, allant des enfants aux aînés. Cela se traduit aussi par une participation de nombreux bénévoles, véritables acteurs de la vie à Bras ! Mais "Vivre à Bras" en 2001, c'était aussi un engagement pour nos six années de mandat. Une forme de contrat moral envers vous, qui est en voie d'être honoré. En s'attardant quelques minutes sur la carte ci-contre on se rend mieux compte du chemin parcouru. En vert, les projets réalisés avec notamment une remise à niveau de la voirie communale avec 15 rues rénovées. On peut aussi évoquer la création de la salle d'animations, le terrain multisports, la fin des travaux d'assainissement, un nouveau lotissement, divers aménagements paysagers, une politique d'embellissement... Il faut également souligner les travaux réalisés par la Communauté de Communes de Charny avec la réhabilitation de la maison du temps libre et l'extension de l'école maternelle. Pour autant, tout n'est pas terminé. Vous pouvez voir en rouge sur la carte les principaux travaux restant à réaliser : les usoirs des rues Poincaré et Douaumont, la sécurisation de l'entrée Sud de Bras, les

lotissements de la Mazilière et des Pergolas, la deuxième partie de la rue des Epichées, la rue François Paquin… Reste maintenant à définir les priorités. Le choix se fera en fonction des contraintes actuelles pour les riverains, du coût, des subventions possibles... Un cassetête pour les élus qui sera guidé par la volonté de maîtrise des finances communales qui ont un impact sur les dépenses des foyers.

gements pris en 2001 et prise en compte des souhaits des brasiliens dans l’évolution du village, ce qui n’est pas le cas partout... Je vous laisse à nos fidèles rédacteurs pour une tranche de vie à Bras et je vous souhaite un bel été.

Julien DIDRY Maire de Bras sur Meuse

Concernant le bilan, tout n'est certainement pas parfait, mais il est plutôt satisfaisant. Nous avons surtout conjugué respect de nos enga-

Vacherauville

Charny

Bras sur Meuse

Verdun En vert et en bleu les réalisations et en rouge les travaux restants

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Etat civil

DIRECTEUR DE LA PUBLICATION Julien DIDRY

Naissances • • • • •

Maéva ZEIMET le 8 février 2006 à Verdun Meyline GAUZI le 15 février 2006 à Verdun Miguel ORTEGA le 12 mai 2006 à Metz Noah DA FONSECA le 22 juin 2006 à Bar le Duc Léo SCHULTE le 10 juillet 2006 à Verdun

Mariages • 7 juillet 2006 Christophe BONNET & Véronique LEFFONDRE • 8 juillet 2006 Roldophe LEROY & Karine ARLOT

Décès • Michel ARNOULD le 27 mars 2006 • Georges GRANDPIERRE le 30 mars 2006 • Jean GRANDEMANGE le 3 mai 2006 • Jeannine SCHLEGEL le 2 juillet 2006 • Marie-Thérèse CARTERET le 13 juillet 2006

DÉLÉGUÉ A LA COMMUNICATION Xavier COLSON

Ont collaboré à ce numéro Aurore BONNEFOI Jean Claude BREUGNON Xavier COLSON Julien DIDRY Dominique DOLE Emilie DUMONAL Daphnée FOUQUET et Laure COLSON Melissa GALLONE Roland JOURDAIN Fabienne PASCUAL Dominique RICHARD Dominique SANTIN Les élèves de CM2 de M PETITJEAN Jean LOUP VELAIN Lydie VELAIN Les articles sont publiés sous la responsabilité de leurs auteurs.

Culture et Animations La gymnastique, danse de Bras A Bras, des enfants de 4 à 11 ans pratiquent la gymnastique et la danse moderne jazz. Ce sport leur est enseigné par Evelyne. Elle vient tous les mardi soir de 17h30 à 18h30 pour les enfants de 4 à 5 ans et de 18h30 à 19h30 pour les 6 à 11 ans. Cette année, le groupe des grandes est composé de 9 jeunes filles et le groupe des petits de 12 enfants. Cette activité s'adresse aussi bien aux filles qu'aux garçons. Nous apprenons environ 4 chorégraphies plus quelques enchaînements artistiques, chaque année. Les inscriptions ont lieu en

début d'année, après 2 séances d'essais. A la fin de l'année, il y a un spectacle. Cette année il a eu lieu le 29 juin. Il permet de montrer aux parents ce que l'on fait pendant l'année.

Daphnée Fouquet et Laure Colson

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Culture et Animations Troisième édition des jeux intervillages Un soleil de plomb, une piscine improvisée et quatre équipes hétéroclites en âge, en nombre ou en poids mais ayant en commun l'essentiel : l'esprit sportif et l'amour du jeu. Tous les éléments étaient réunis dimanche après-midi à Bras pour faire de cette troisième édition des jeux intervillages un moment de détente et de bonne humeur. Accueillis par Alain Housson au micro, les participants de Bras, Champneuville, Charny et Vacherauville sont arrivés en fanfare derrière la salle du temps libre, et ont débuté par un tour de piscine en courant et brandissant leur joker devant les premiers spectateurs. Neufs jeux d'inspiration lagaffienne et un fil rouge concoctés par l'esprit retord du Guy les attendaient, cocasses, parfois gri-

L’équipe locale aux couleurs brasiliènes !

La traditionnelle piscine

vois mais jamais méchants. Adresse, équilibre, force ou rapidité : les capitaines avaient eu la lourde responsabilité de répartir au mieux les rôles en fonction des talents de chacun. Pour corser le spectacle, les puiseurs d'eau disposaient d'entonnoirs percés pour remplir leur seau, le plastique recouvrant la botte de paille où un adulte perché

défiait "les petits gros bras" des villages adverses était savonné et la course en sac des mitrons s'est achevée dans la farine. Mais l'observation aidant, les équipes ont surmonté plutôt brillamment la difficulté du bourbier, rare élément constant depuis la première édition. Un clown facétieux a fait quelques intermèdes, s'arrêtant juste à temps pour éviter le bain forcé que les arbitres rêvaient de lui administrer. A la buvette, Jean Marie, René, Pierrot et Gérard avaient fort à faire pour hydrater les nombreux gosiers assoiffés du public grossissant au fil de l'après-midi, assis dans l'herbe ou à l'ombre des marabouts. La piscine de 4,5 m de diamètre, enjeu de la tombola, a été remportée par Fabrice Rocque de Charny. Les épreuves se sont achevées vers 18 heures par le tir à la corde. Pour la seconde année consécutive, Charny l'emporte avec 34 points , suivie de Champneuville avec 28 points puis de Bras et Vacherauville ex æquo avec 23 points. Yves Peltier, conseiller général et président de la codecom a remis deux coupes aux représentants adulte et enfant du village gagnant. Sitôt les jeux finis, la piscine tant convoitée fut prise d'assaut par les enfants, mais démolie tout aussi vite pour éviter les accidents. Comme à la fin des bonnes histoires, la soirée s'est terminée par un repas rassemblant joueurs et organisateurs, peu pressés de rentrer.

Dominique DOLE 5


Culture et Animations Une année de comité des fêtes Le comité des fêtes n’a pas ménagé ses efforts en ce début d’année. Le tout débute par une soirée costumée à la maison du temps libre.

Come back des Claudettes, où est Cloclo ?

La nouvelle revue de Michou

Gonflé le JB !

Le Parrain de la Mafia Brasilienne révise le Madison

Rocky poids plume, faut pas la chercher la Présidente

• Le 8 avril les plus courageux se rejoignent pour le nettoyage de printemps, • Le 11 avril soirée détente à Thermapolis,

200 personnes. Alors que le ciel se dégage les membres du comité s'affairent à la découpe des jambons et à la cuisson des pommes de terre à la braise. Après l'effervescence tous s'attablent et dégustent une bonne tranche de jambon.

• Le 1er mai journée sport en famille, • Le 5 mai une soirée théâtre, • Le 6 mai le marché aux fleurs, • Le dimanche 14 mai la course à vélo pour les 412 ans licenciés ou non, • Dimanche 21 mai méchoui, la pluie est au rendezvous le comité des fêtes ne baisse pas les bras pour autant, dès l'aube les plus courageux allument le feux et préparent les jambons cuits à la broche. Marcheurs et vététistes se retrouvent à 9 heures. Dès midi les Brasiliens arrivent chez le Dom qui nous offre l'hospitalité. L'apéro est servi à plus de

Françis et Laurent à la broche

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Culture et Animations Impatients les plus jeunes participent avec la Dom à la pêche à la pomme, au jeu de la momie, la course à l'œuf ... Pendant que les adultes un peu échauffés par les digestifs s'adonnent à la guitare et au chant. Le comité souffle, la journée s'est bien

Plus de 200 personnes au méchoui !

déroulée, certains semblent ne plus vouloir partir. On chante toujours, on boit encore et on remange jusque tard dans la soirée.

Fabienne Pascual

Au revoir Michel C'est en 2000 que Marie Claude et Michel Arnould sont venus s'installer à Bras. Ils quittaient Azannes ou ils avaient vécu toute une vie de labeur, comme agriculteurs producteurs de lait dans la ferme isolée de " La Forêt ". Mais ils n'y vivaient pas reclus : Michel a été pendant 36 ans conseiller municipal. Il était par ailleurs bénévole aux "Vieux Métiers". Tous les deux ont été un modèle d'intégration dans notre village : alors que Marie Claude rejoint la commission embellissement dès sa création, Michel se propose à la première occasion pour donner un coup de main au comité des fêtes avant de devenir membre titulaire. Nous gardons tous le souvenir de ta forte silhouette légèrement courbée, caractéristique de gens qui ont travaillé dur. Lorsque tu servais au bar, les sandwichs semblaient tout petits dans tes grandes mains de paysan qui auparavant avaient porté des milliers de ballots de foin ! Retraité, tu étais fidèle de "l'équipe du lundi", ceux qui sont encore là pour démonter alors que les autres sont repartis au boulot ! Nous sommes tous en deuil depuis que tu n'es plus là, Michel. A Marie Claude qui doit apprendre à vivre sans toi, à tes enfants qui passaient souvent vous rendre visite nous exprimons toute notre sympathie.

Le Dom pour le comité des fêtes 7


Culture et Animations Henriette et Daniel Bernier dédicacent Samedi premier avril, Henriette et Daniel Bernier sont venus dédicacer à Bras, invités par Bernadette Haraczay, responsable de la bibliothèque. Pendant une grande partie de l'après-midi, les Brasiliens et les Brasiliennes sont venus en nombre à leur rencontre ; l'occasion de se retrouver à plusieurs autour d'une table, devant un café même, enfin de bavarder avec un couple d'écrivains. Surtout qu'Henriette Bernier n'est pas étrangère au village, où elle a enseigné dans les années 60. Ils étaient venus dédicacer, Henriette, "L'enfant de la dernière chance", Daniel, "Le temps des noces", le troisième et dernier volet des "Terres meurtries", la suite de "Camille", paru en 2003, et de "Léona", le deuxième volume, sorti en 2004 : une fresque paysanne sur fond de première guerre mondiale. Henriette Bernier s'est mise à l'écriture en 1989. Le succès fut au rendez-vous, puisque " Une femme empêchée " lui vaudra le prix Erckmann Chatrian. Ce roman sera même adapté ensuite au petit écran. D'autres lui succèderont, avec le même engouement de la part de son lectorat.

Les heures ont passé vite, rythmées par les allées et venues des lecteurs ; ou des curieux… La conversation s'est souvent animée ; des échanges toujours heureux, où chacun apporte sa réflexion, son souvenir. "Nous aimons venir à la rencontre de nos lecteurs ! C'est toujours un enrichissement réciproque." Et il est vrai que nos deux auteurs ont fait montre cet après-midi-là d'une infinie disponibilité et d'une grande gentillesse. Nombre de romans sont partis enrichir la biblio thèque personnelle des Brasiliens. Rendez-vous à la sortie du prochain ouvrage ? Henriette ou Daniel ? Ou les deux ? Bras sera toujours heureux de les accueillir.

Jean Loup Velain

Daniel Bernier s'est laissé contaminer par la passion de son épouse. A partir de 1997, il se lance lui aussi dans l'écriture, et signe aujourd'hui son sixième roman.

Douceur et patience de l'aquarelliste La salle d'animations et de loisirs s'est transformée, le temps d'une journée, en une véritable galerie de peinture ; Nicole Zeimet, artiste peintre, était venue des Ardennes pour animer un atelier d'aquarelle. Une douzaine de participantes ont suivi ce stage ; la plupart étaient des débutantes mais toutes ont écouté et suivi les conseils de l'animatrice qui leur a expliqué que la technique qu'elle présentait n'obéissait pas aux règles de l'aquarelle traditionnelle. "Il faut travailler " pleine eau " avec des pinceaux appropriés ; c'est une technique très libre qui permet à chacune de s'exprimer sans retenue et sans barrière." Très motivées, les participantes ont réussi une aquarelle de bonne facture. L'après midi a été consacrée à la réalisation d'un bouquet en empruntant la même technique, sans dessin. Toutes ont apprécié la dextérité de l'artiste et sa grande patience.

Lydie Velain 8


Conseil Municipal des Jeunes Un an d’animations Depuis déjà un an, les jeunes brasiliens sont représentés par un nouveau Conseil constitué de Tom BONNET, François Xavier et Laure COLSON, Manon DIDRY, Mickaël GUINET, Manon GARETTE, Julia HUYNEN, Jimmy et Madisson MACQUART et de Loïc ROUYER. Grâce à ces petites têtes blondes, le CMJ a réalisé bon nombre de projets dans le but d'améliorer la vie des brasiliens. Rétrospective. TELETHON Cette année, le CMJ s'est investi dans l'animation de stands et de jeux afin de récolter des fonds. Ainsi ping-pong, baby-foot, jeux de société étaient proposés dans la plus grande convivialité et pour le bonheur de tous.

NOEL DES AINES D'un commun accord avec le CCAS, le CMJ a proposé d'offrir un cadeau aux personnes qui n'ont pas eu la possibilité de voir le spectacle proposé par le CCAS.

GALETTE DES ROIS POUR NOS AINES Le 14 janvier les jeunes du CMJ ont convié nos aînés à la salle d'animations pour partager une petite part de bonheur. Environ 20 personnes se sont installées autour de la table avec au menu bien évidemment galette, cidre et jus de pomme.

CARNAVAL

Les jeunes chez Astérix romains… Plus d'une centaine de personnes s’est levée dès l'aube pour partir à l'aventure et est repartie avec la ferme intention d'y retourner l'année prochaine.

Ce carnaval s'est déroulé au milieu de la neige pen- CHASSE AUX ŒUFS dant les vacances scolaires. Après un tour dans le Le lundi 17 avril les enfants de 3 à 9 ans se sont village, les enfants se sont retrouvés à la salle d'ani- retrouvés devant l'église afin de trouver le bon œuf mations pour prendre un goûter avec les aînés qui jouaient aux cartes, bravant le froid.

QUATRIEME EDITION DU LOTO Comme tout les ans, le CMJ organise un loto dont le but est de financer un futur voyage qui, cette année a été le parc Astérix. L'ensemble des bénéfices a servi au financement de deux bus.

SORTIE ARGONNE AVENTURE Les ados ont eu la joie de faire les singes du haut des arbres avec l'acrobranche, parcourir les bois et jouer au paint-ball sous un beau soleil !! Les 30 acrobates sont repartis enchantés et impatients de retourner s'éclater !

ATTENTION V'LA LES BRASILIENS !!! Deux bus ont pris d'assaut le parc Astérix attaquant toutes les attractions et ne laissant aucun répit aux

La chasse aux oeufs jaune, rouge, vert, à point… Toutefois chacun est reparti avec le meilleur de tous : celui au chocolat !

Aurore et Melissa 9


C.C.A.S Les "Baronnes" et compagnie Samedi 9 décembre 2005 ! La salle du Temps Libre ressemble à une ruche. En effet, de nombreux bénévoles du Comité des Fêtes et du CCAS se sont donnés rendez-vous pour décorer et agencer cette belle salle qui recevra nos anciens pour les fêtes de fin d'année. Lundi 12 décembre, une bonne soixantaine de personnes sont présentes pour passer un bon moment ensemble. Les enfants de la grande section de l'école maternelle ouvrent la représentation en interprétant plusieurs chansons et sont ravis d'être si bien applaudis par leurs "papis et mamies". Peut être que cette première prestation a suscité de futures carrières à l'Olympia ! L'après midi se poursuit avec le spectacle donné par les "Baronnes", artistes bien connues sur la place de Verdun. Nos deux "commères" ont fait passer un bon moment de complicité et de franche rigolade à toute l'assemblée avec leurs sketches et imitations de Rika Zaraï, Dalida, des vamps, etc.…Mais il n'y a pas de spectacle sans entracte ; un premier goûter est servi par nos jeunes, enthousiastes et prévenants pour leurs aînés ; moment bien venu pour compléter le "bon beefsteak du rire" par un généreux morceau de tarte. Et surprise ! Probablement attiré par la notoriété des fêtes brasiliennes, voici que se présente notre bon Saint Nicolas, accompagné de son non moins célèbre et cinglant Père Fouettard. Les yeux brillants de nos anciens reflètent leur capacité à garder un cœur d'enfant pour jouir d'un bonheur simple. Après cet interlude à rebondissements, nos deux "persifleuses" continuent à dilater la rate de l'assistance. Elles ont même "VAMP'irisé" quelques spectatrices ! N'est ce pas, Alberte ? Oh oui, Mme Vélain ! Le spectacle terminé, une collation et des rafraîchissements sont servis à l'assemblée. Moment privilégié pour commenter les événe ments, discuter, se retrouver quoi !

Manon, Emilie DUMONAL et Mme Liliane FRANCOIS

remercient chaleureusement le Maire et la commune de Bras. Dans la droite ligne de ces activités festives, nous rappelons à nos anciens qu'ils peuvent participer aux "jeux de société" tous les mardis après midi à la salle d'activités et de loisirs, partager un repas au restaurant le premier vendredi de chaque mois et se fournir en livres à notre bibliothèque "Edmonde Charles Roux". D'autres projets sont en cours de réalisation. Nous remercions notre Maire, le Conseil Municipal, les bénévoles des différentes commissions, le CMJ pour leur volonté de disponibilité envers les habitants de Bras. Julien tient beaucoup à maintenir et faire croître la solidarité et l'entente inter générations.

Nous ne devons pas oublier les personnes âgées qui ne pouvaient pas se déplacer. Et c'est aux jeunes du CMJ que revient l'entière initiative de l'achat des cadeaux, adaptés à l'âge et la personnalité des anciens, sous l'œil attentif de Dominique Richard. Accompagnés de Daniel Dussaulx, ils Ainsi, nous, les anciens, nous pouvons sortir de offrent leur sourire et les cadeaux à domicile. Le notre "petit chez soi" et nous projeter dans l'avenir CMJ délègue Manon Garette et Emilie Dumonal à travers nos jeunes. pour rendre visite et présenter les vœux du Maire et du Conseil Municipal à nos pensionnaires de la Emilie DUMONAL Maison de Retraite Sainte Catherine et de l'unité de Long Séjour de Verdun. Tous nos anciens, très émus de cette visite et heureux des cadeaux reçus,

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Sports et loisirs Le tennis en fête au T.C. Bras/Belleville Les effectifs 2006 sont satisfaisants, puisque en ce début de saison nous dépassons les cinquante licenciés. Ferons-nous aussi bien que l'an passé, c'est le challenge que nous nous sommes fixé. Il n'est pas facile de pratiquer le tennis loisir, nous en sommes conscients, surtout lorsque le temps est mauvais. Nous ne cessons d'alerter nos responsables communaux à ce sujet. Nos créneaux dans la salle Convard se réduisent d'année en année et il devient bien difficile d'organiser une manifestation sur Belleville tant la salle est saturée, d'où un tennis loisir quasi inexistant en hiver. Nos adhérents sont des sportifs fidèles et c'est bien sûr avec plaisir qu'ils ressortent leur raquette quand arrivent les premiers rayons du soleil. Joffrey CASSAT et Christopher AKL C'est pour cette raison que nous avons décidé d'avancer les dates de nos tarifs d'été. assister aux entraînements des dames rencontrant Ils débuteront désormais le 15 avril au lieu de la mi- l'Italie en Fed-Cup. juin et ce, jusqu'à ce qu'une solution soit trouvée Les enfants ont pu admirer le style et la gentillesse pour l'hiver. de nos joueuses parmi lesquelles Amélie Mauresmo, première mondiale. 60 % de jeunes Nos tournois, internes d'abord, avec pour la preNotre grande satisfaction est de voir les jeunes mière fois depuis bien longtemps la rencontre amirevenir sur nos courts. cale de nos licenciés regroupés sur trois tableaux. A l'heure actuelle, 60% de notre effectif a moins de Jeunes, dames et messieurs. Finale mi-juin. 18 ans. La politique menée en faveur des familles Notre tournoi jeunes ouvert comme chaque année porte ses fruits. Désormais avoir plusieurs enfants aux enfants de 9 à 16 ans. Finale le 1er juillet sur n'est plus un handicap à la pratique du tennis. Nous comptons environ vingt cinq jeunes inscrits dans les terrains de Belleville. Tous les résultats dans le prochain numéro. notre école et autres cours de perfectionnement. Comme chaque année, nous avons répondu présent aux diverses compétitions qui sont proposées au niveau départemental et régional. Une belle performance en coupe Crédit Mutuel, où notre équipe s'est hissée en quart de finale. De belles progressions également chez nos jeunes engagés en championnat de Lorraine. Les entraînements assidus du vendredi portent leurs fruits.

Détails pratiques

Nous avons organisé cette année la phase éliminatoire des Championnats de Meuse Jeunes, catégorie 17/18 ans (cf. photo CASSAT Joffrey 4/6 - AKL Christopher 30/1, demi-finalistes). Cette épreuve s'est déroulée sur quinze jours au mois de mai et a vu s'affronter des garçons dont les classements allaient de NC à 4/6. Un déplacement était également programmé à Nancy avec les enfants de l'école de tennis pour

Sachez que pour prendre une licence, il vous suffit de vous rendre chez le Président ou au magasin LAFON à Belleville et à la mairie de Bras. Malgré un peu de retard, le deuxième court de tennis de Bras ne devrait pas tarder à retrouver sa belle couleur verte. Les deux terrains de Belleville devraient également se refaire une beauté. Ces travaux sont programmés en mairie.

Jean-Claude Breugnon 11


Embellissement Les peintres du végétal Les acteurs de l'embellissement ne manquent pas d'imagination pour rendre notre commune encore plus agréable. Pour 2006, c'est la peinture qui est le fil rouge du fleurissement. Un thème haut en couleur pour le plaisir des yeux. Depuis l'an dernier, la commune oriente son fleurissement autour d'un thème. Après le maïs et le jaune en 2005, c'est la peinture qui est à l'honneur cette année. Pour réussir ce genre de fleurisse ment, il n'est pas besoin d'un budget conséquent. Des chevalets et des crayons de couleurs réalisés par les employés communaux, des agrandisse ments de dessins, un mannequin confectionné par une bénévole… et une mobilisation pour mettre en place le tout. Trois jours ont été nécessaires pour garnir les vasques, abreuvoirs et surtout les massifs et leurs reproductions de dessins sur chevalets. Tels des peintres devant leur toile, les mains vertes ont composé leurs œuvres par touches de couleurs avec les plants produits en partie dans la serre communale.

Enfin, quarante-six jardinières "démarrées en serre" ont rejoint la place de la mairie, l'écluse, ou encore la rue des Fosses à Terre, sans oublier les nouvelles barrières fleuries rue Poincaré. Quel sera le thème du fleurissement en 2007 ? Réponse à l'automne...

Julien DIDRY

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Evènement Le labyrinthe pour promouvoir la paix Pour la troisième année consécutive, le Labyrinthe de maïs ouvre ses portes. Il n'est sans doute plus utile de présenter le concept de cette animation, mais cette année est tout de même particulière et mérite quelques explications. 10 000 visiteurs en 2004, 10 000 visiteurs en 2005. Au démarrage, qui aurait cru à un tel engouement en dehors des quelques illuminés qui ont imaginé la création de ce labyrinthe et des quelques sponsors qui ont suivi ? Peu importe, la motivation des membres de l'association pour mettre leur énergie

Dans le cadre de la commémoration de la bataille de Verdun, le Labyrinthe articule son animation autour de plusieurs axes : • trois nouveaux parcours dont un, intitulé "Les chemins de la paix", pour retracer au travers des énigmes le lent cheminement qui a conduit les hommes de la guerre vers la paix, • Un visuel aérien représentant l'Ossuaire de Douaumont, surmonté d'une colombe, mettant là aussi en évidence ce chemin de la guerre vers la paix. • Une exposition sur le thème de la paix en partenariat avec le Centre Mondial de la Paix, • Des animations événementielles, avec notamment, le jour de l'inauguration, un lâché de ballons blancs et la présence de figurants en costumes de poilus.

au service de la promotion de notre territoire est là. Ce projet, porté à bout de bras, est une réussite. Alors, pas question de s'arrêter en si bon chemin. 2006, commémoration du 90ème anniversaire de la bataille de Verdun. Depuis deux ans le labyrinthe, planté au pied des champs de bataille, consacre l'un de ses parcours à des énigmes portant sur la guerre 14-18. Naturellement, l'idée de participer à cette commémoration germe dans la tête des membres de l'association, et un dossier est déposé auprès du Conseil Général, qui a lancé un appel à projets. Plus de cent dossiers déposés au niveau départemental, seize retenus dont celui de l'association Meuse Labyrinthe. Quelle reconnaissance du travail accompli.

Le plan de l’édition 2006

Bien sur, cette année encore, d'autres thèmes sont à découvrir avec les 2 autres parcours "L'école buissonnière" et "ballades en famille" et bien d'autres surprises tout au long de la saison. Mais il nous semblait important d'expliquer qu'au Mais alors, quel est ce projet ? travers de telles actions, nous devenons acteur du L'objectif principal reste de proposer au cœur de développement de NOTRE territoire et que nous notre territoire une animation mettant en valeur le participons à notre niveau à faire passer d'impor tourisme vert, de le lier au tourisme de mémoire et tants messages comme celui de la PAIX en cette ainsi de permettre aux visiteurs de concilier une année du 90ème anniversaire de la bataille de sortie à la fois ludique et culturelle pour toute la Verdun. famille.

Xavier COLSON 13


Vie scolaire Visite des élèves de CM2 au cimetière militaire de Bras Cette année, c'est le 90ème anniversaire de la bataille de Verdun. Ce sera l'occasion de plusieurs grandes cérémonies. De notre côté, nous avons préféré aller discrètement à la " rencontre " de ceux qui ont fait cette guerre et qui ont laissé leur vie pour empêcher que l'ennemi ne s'empare de Verdun. C'est pour un peu mieux connaître ces fameux " Poilus " qui ont bravement lutté pour notre liberté, que nous nous sommes rendus, par une froide matinée de février, au cimetière militaire de Bras sur Meuse. Beaucoup d'entre nous étaient intimidés en passant la grille, car aucun élève de la classe n'était jamais entré dans cet espace devant lequel, pourtant, nous passons plusieurs fois par jour, sans nous arrêter. A l'entrée du cimetière, nous avons découvert le mot " nécropole militaire ", un mot que notre instituteur nous a expliqué : au sens ancien, ce mot signifie " ville des morts ". Ici, vu le nombre de tombes, c'est bien d'une ville dont il s'agit, mais d'une ville dont les 6 386 habitants seraient bien silencieux… Ce nombre d'ailleurs est impressionnant, car il dépasse largement la population réunie des vil lages de notre R.P.I. Pour guider notre visite, notre instituteur avait préparé un questionnaire à compléter en indiquant précisément le nom, le prénom, la date de mort du soldat, son grade, son régiment ainsi que la forme de la stèle funéraire. Notre première surprise a été de constater que le cimetière est vraiment immense, que les tombes sont bien plus nombreuses que ce qu'on en voit de la route, car elles sont placées dos à dos, et qu'enfin, au beau milieu de la nécropole, près du drapeau français, sont disposées deux fosses communes où furent enterrés pêle-mêle, des milliers de soldats pour lesquels on n'avait sans doute pas la place de creuser des tombes.

Quelques autres surprises nous attendaient : cer taines tombes ne portaient pas de nom. D'autres ne mentionnaient pas la date de mort, ni le régiment du soldat enterré. Enfin, certaines tombes ne portent pas de croix, mais une stèle ornée d'une étoile à 6 branches pour les soldats de religion juive ou d'une étoile et d'un croissant pour les combattants musulmans. A la fin de la matinée, nous avions à peu près 200 fiches complètes. C'était peu, par rapport au nombre de tombes, mais bien assez pour notre travail en classe. Notre première tâche a été d'utiliser internet pour retrouver la date de naissance de nos soldats. Pour cela, nous avons utilisé un site - SGA mémoire des hommes - réalisé par le Ministère des anciens Combattants. Ce site permet de consulter les actes de décès des soldats morts au cours des dernières guerres. On y trouve non seulement les dates de naissance et de mort, mais aussi les circonstances du décès : mort à l'ennemi à Douaumont, mort de ses blessures à l'hôpital de Verdun… C'est très émouvant de voir apparaître 90 ans plus tard, ces terribles petits papiers qui ont sans doute fait pleurer bien des familles. Malheureusement, les fautes d'orthographe sur les noms et les prénoms

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sont nombreuses et rendent les recherches parfois assez difficiles. Ensuite, nous avons remis au propre toutes nos fiches avec leurs renseignements dans un grand tableau qu'en langage informatique, on appelle un "tableur". L'ordinateur peut alors faire très rapidement des tris dans les fiches, selon ce que l'on veut obtenir. Enfin, en utilisant les calculs que nous avons appris en classe ce trimestre ( moyennes et pourcen tages), nous avons trouvé que… • la moyenne d'âge des soldats enterrés à Bras est • 50 tombes appartiennent à des soldats de religion de seulement 27 ans, musulmane. • Le plus jeune tué n'avait que 19 ans, • Le plus vieux avait 65 ans, • 32 % des soldats enterrés ici, ont été tués pendant la terrible année 1916, • 21 % des soldats enterrés étaient des officiers. • Les 5 prénoms à la mode étaient Joseph, Pierre, Louis, Jean et François.

• 3 stèles appartiennent à des soldats de religion juive. Pendant ce travail, nous avons appris que ces soldats étaient des jeunes hommes pleins de vie, des pères qui aimaient leurs enfants, venus de tous les coins de France. Leur chemin s'est arrêté à Bras sur Meuse. Aujourd'hui, il n'en reste que des croix alignées sur un morceau de pelouse, mais pour nous, ils ne sont plus vraiment des inconnus et ils nous donnent ce message à travers toutes ces années : c'est la guerre qui doit mourir, pas les hommes !

Les élèves de la Classe de CM2

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Formation 2005-2006 : De l'innovation et des actions encourageantes Nous voilà bientôt au terme d'une année scolaire avec tous ses symptômes bien connus : impatience des résultats des examens au bac et au BTA, tremplin vers l'avenir professionnel ou poursuite d'études, quelques signes de fatigue, la joie des vacances d'été…L’heure est donc au bilan. Concernant les formations agricoles (Bac Pro Conduite et Gestion d'une Exploitation Agricole), l'équipe pédagogique a fait le choix d'intensifier l'insertion professionnelle des jeunes. Pour cela, nombreuses relations avec les professionnels des organismes professionnels agricoles ont été entreprises. Cela a donné lieu à plus d'une trentaine de visites d'exploitations et d'entreprises, d'interventions concernant les domaines de l'élevage, des cultures, la réforme de la PAC, la négociation d'un emprunt auprès d'une banque, la gestion d'une exploitation, la diversification, etc.

La formation Gestion et Entretien du Patrimoine Rural, s'adressant à des adultes demandeurs d'emplois, a pu réaliser cette année bon nombre de chantiers en partenariat avec le Conservatoire des Sites Lorrains, le Parc Naturel Régional de Lorraine, Le Comité d'Architecture d'Urbanisme et d'Environnement. Une stagiaire de cette formation

Parallèlement, les objectifs de stage ont été entièrement revus permettant au jeune de prendre davantage conscience de l'impact d'une exploitation agricole au sein de son environnement. Concernant les formations Services de la Santé et du Social (BTA Commerce et Services et Bac Pro Services au Milieu Rural), la venue d'une nouvelle formation a permis à l'équipe d'enseignants de revoir les objectifs, la tenue de cours, etc. Cette formation permet d'accéder aux métiers de la santé et du social comme : Infirmière, Aide-Soignante, Educateur, Assistante sociale, etc. L'attrait de cette formation réside également dans le fait qu'elle est conduite en alternance : deux semaines en stage, deux semaines à la MFR. Un point fort pour s'insérer professionnellement.

a d'ailleurs exercé au sein de la commune de Bras sur Meuse, son projet étant de mettre en avant un sentier pédagogique de découverte du patrimoine bâti et naturel brasilien.

La MFR : des salles et un hébergementpour vos réceptions De plus en plus de personnes nous sollicitent pour que nous puissions leur mettre à disposition nos locaux pour organiser leurs diverses rencontres familiales, amicales ou autres. Plusieurs configurations sont possibles, puisque nous disposons d'une grande salle de réfectoire, de plusieurs salles de cours, d'un foyer avec baby-foot, etc, d'une cuisine de collectivité et d'une capacité de couchage de 50 personnes. Si cela vous intéresse, vous pouvez nous contacter au 03 29 84 35 10.

Maison Familiale et Rurale

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Devoir de mémoire Bras 1916 A l'heure où la Meuse commémore le quatre-vingt dixième anniversaire de la bataille de Verdun, ces extraits de témoignages nous rappellent que Bras fut au cœur du conflit. 1916, la guerre dure depuis plus d'un an. Notre village, traversé par de nombreux réfugiés, a servi de cantonnement aux soldats. Le 17 février, le bruit court que Verdun serait menacé d'attaque par une force considérable. Partis partiellement une première fois puis revenus, bien que le village soit déjà dans la zone de combat des armées, les habitants reçoivent l'ordre d'évacuer. Nous sommes à la veille de l'enfer de Verdun, une bataille qui durera 300 jours et 300 nuits. Samedi 19 février 1916 Journée grise, pluvieuse et venteuse. L'ouvrage de Charny date de 1902-1904 (le fort de Marre de 1877). On domine. Mouvement dans la gare de Charny, sur laquelle les Boches tirent parfois. Le soir, à 18 heures, les pauvres gens de Charny évacuent, dans la pluie et le vent. C'est lamentable. Dans une prairie fermée par une barrière, deux poulains abandonnés. (1) Lundi 21 février 1916

bataille. Le flux inverse, celui des hommes hors de combats converge sur les ambulances et les postes de secours dont l'implantation (suivant les péripéties du combat) est peu connue et de nombreux blessés errent le long des chemins et routes bombardées à la recherche du médecin, de l'infirmier, d'un abri, de la fiche d'évacuation. La souffrance des survivants s'ajoute maintenant à l'inquiétude d'être achevés à Louvemont, ou Bras, ou d'être capturés. Les emmener, c'est les disputer une fois de plus à la mort. (2) Mercredi 23 février 1916 Plusieurs tirs de barrage ont eu lieu dans la nuit. Les Allemands auraient pris le bois des Caures et démoli Bras. A Charny il y aurait 8 morts et 22 blessés. Tous les villages de la région ont été bombardés par les Boches : Bras, Charny, Montzéville, Cumières (le génie et l'artillerie ont eu là des tués et des blessés). Un dépôt de munitions a sauté à

Dès le jour, on est réveillé par des éclatements (...). 9 heures. Le fracas d'artillerie augmente. Ballons. Avions. Des obus démolissent la gare de Charny. Les trains s'enfuient. L'air est sillonné de projectiles aux remous violents qui, sur nos têtes, filent vers Verdun. Des hauteurs de la rive droite s'élèvent des nuages épais d'une fumée produite par du goudron pour opposer un rideau opaque aux observateurs ennemis. (1). Mardi 22 février 1916 La pièce à longue portée continue à tirer sur Verdun. Nous avons, paraît-il, du 305. Des canons de marine sont sur le canal. A Charny se trouvent deux trains blindés avec des obusiers (...). 14 heures. Nous allons avec Mouniq et le commandant Bontems à " l'observatoire " du Bois Bourrus, perché à la cime d'un des arbres les plus hauts. Le bombardement s'étend de la rive droite à Etain. Des obus tombent encore sur le fort de Vacherauville, des shrapnells sur Charny. (1). Au poste de Bras le 22 février, le médecin-chef est tué ainsi que la moitié des brancardiers. Le danger y est aussi fort que sur la ligne de feu. Le désordre est total. On jette en avant les premières troupes arrivées à marche forcée : certaines, d'une seule étape ont couvert plus de cinquante kilomètres et à peine nourries, sans repos, sont lancées dans la

Rue principale de Bras

Charny. Saror, qui vient d'accompagner des malades à l'ambulance, nous apprend : " Avanthier, à Charny, 21 tués et 42 blessés ".(1) Bras brûle. La section sanitaire automobile tente d'évacuer les blessés. La haute lueur toute proche éclaire devant nous la neige et les noirs squelettes des arbres. Un grand village détache à contre-jour sur le halo rouge les sombres masses de ses maisons basses, et, confusément visible par instants, une flèche d'église, courte et trapue. C'est, au cœur même du village, une ou deux maisons, peut-être davantage, qui brûlent, et sur le foyer de l'incendie les gros obus s'abattent en étincelants, avec les craquements sinistres du tonnerre.

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Arrêt à cinq cents mètres du feu. Devant nous, une bifurcation : deux routes qui pénètrent d'ailleurs l'une et l'autre en plein village. Des fantassins qui reviennent du feu, épars, pressés, haletants car ils ont traversé le barrage au pas gymnastique nous distinguent et nous crient : "Les autos ! Prenez à droite ! N'allez pas à gauche ! Ca tape,…ça brûle !" Et nous nous engageons sur le chemin de droite. Inévitables, ici, les trous de marmite. (…). A notre gauche, les obus sifflent et craquent plus violem-

Un amas de poutres noircies, réduites à l'état de charbon, des tuiles brisées, des châssis de fenêtres s'entassaient aux bords de la route, mêlés à des poteaux télégraphiques arrachés et à de gros faisceaux de fils métalliques enchevêtrés. Et je ne saurais dire pourquoi, à quelques pas de l'incendie, je trouvais navrant ce contraste entre toutes ces choses ruinées et l'aspect resté à peu près normal d'une grosse maison encore intacte, où se lisait une réclame de chicorée imprimée en lettres noires.(4) Le 25 l'ennemi enlève Champneuville, la côte du Talou et par Louvemont aborde la côte du Poivre que les troupes françaises évacuent précipitamment ; Il emporte Bezonvaux et s'infiltre dans le fort de Douaumont. Samedi 26 février 1916

Ruines de la Mairie

ment. Par bonheur, des pâtés de maisons retiennent les éclats les plus dangereux, et ce n'est qu'une grêle de tuiles, de pierres et de menues ferrailles qui volent autour de nous et arrosent les autos (…). Après un sinistre carrefour que j'entrevois à peine, il y a des maisons qui restent encore intactes. A cent mètres de l'incendie et du marmitage intense, nous trouvons un petit quartier qu'on peut croire encore préservé et- très relativementsûr. Garée au bord d'une maison blanche, une auto indique le poste encore maintenu d'un général et d'un médecin divisionnaire.(4)

(...). Le jour se lève clair. La terre sonne. Pas d'vent. Ces salauds de Boches ont toutes les veines. Dès 8 heures, ils bombardent avec leur immense matériel les hauteurs de la rive droite de la Meuse depuis Douaumont jusqu'à Belleville (...). Ce que reçoivent les forts de Marre, Belle-Epine, Vacherauville, Bois Bourrus, n'est rien à côté de ce que reçoivent les hauteurs de la rive droite, la côte de Froideterre surtout, où l'ennemi concentre son tir. Les hauteurs sont empanachées de fumée noire. Quelques panaches blancs. Quelques panaches roux. Quelques shrapnells blancs en l'air, mais surtout des " gros noirs " qui dégringolent par séries avec un bruit sinistre. On a fait sauter, cette nuit, le pont de Charny. Des obus voyagent, qui vont à Verdun(...). (1)

24 février 1916 Sauf les retranchements aperçus au sommet de la côte du Poivre, je ne pus voir, en redescendant vers la Meuse, aucune trace de défense visible, pas un fil de fer, pas une tranchée, pas le plus petit ouvrage. Au seuil de Bras, un cimetière de soldats trop peuplé de croix, hélas ! mais organisé, soigné, ratissé avec piété, donnait à comprendre la vie tranquille qu'avaient longtemps vécue ici, à huit kilo mètres des lignes d'avant l'attaque, les troupes au repos et les ambulances qui, sans doute, peu plaient le village. Mais aujourd'hui, c'est bien la dévastation et l'enfer des premières lignes.(…) Combien lugubre, au petit jour terne de ce matin, le village de Bras que nous devions traverser à nouveau, l'entassement gris des maisons ruinées et fumantes se détachant sur la plaine inondée et sur les terres blanches où surgissaient, à chaque instant, les énormes fumées des obus ! (…)

Pont détruit entre Bras et Charny

Lundi 28 février 1916 Les 155 longs de Lombut étaient à Bras. La nuit, ils ont enlevé leurs pièces. Le jour de l'attaque, ils ont tiré quatre coups. Repérés depuis longtemps, les obus ennemis les ont de suite entourés. Deux caissons, immédiatement, ont été démolis. (1) Ils ne passeront pas ! Le 20è Corps et ses émules ont sauvé la situation, sauvé Verdun et plus j'y pense, plus j'en suis convaincu, sauvé la France (…). Les Boches attaquent furieusement, toujours,

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mais ne gagnent plus rien. Douaumont, le village, passe de mains en mains. Le fort paraît rester aux Allemands. Mais les nôtres l'enserrent de plusieurs côtés.(4)

blessés couchés sur les voitures de ravitaillement à vivre ou les caissons (où on les attache au besoin sur les avant-trains) ; les sections automobiles sanitaires de volontaires américains conduisent leur Ford tout près de la ligne de feu, quittent la route de Mardi 29 février 1916 Bras à Vacherauville et s'avancent dans le ravin "Si vous aviez vu la Meuse et le canal. Ils étaient des vignes avec un courage et un entrain extraordiblancs de poissons qui flottaient. Le spectacle était naires. Toutes les nuits, avec une régularité digne amusant de nos poilus les attrapant, s'écartant des disciples de Taylor, leurs convois automobiles devant les obus trop proches, revenant, s'écartant à quittent Verdun et roulent, tous feux éteints, jusqu'à Bras, Marre, Esnes, Chattancourt chercher leur chargement de misère et de fol espoir. (2) Les français reprennent l'initiative le 21 octobre 1916. Le 24 octobre Douaumont est repris et enfin mi-décembre les allemands sont refoulés sur leur ligne de départ. 377 000 français et 327 000 allemands sont morts mais Verdun a tenu. L'ennemi s'est arrêté à la côte du Poivre, juste après Vacherauville. Entièrement détruit et reconstruit après guerre, le village de Bras, décoré de la croix de guerre, est toujours resté français. nouveau, et toujours gais".(1)

Dominique Dole

Jeudi 2 mars 1916 Sur Froideterre, c'est la bataille, à nouveau dans toute sa splendeur ; Fleury brûle. Charny brûle. Des obus trouent la Meuse.

Ces extraits proviennent de :

4 heures. La ferme La Folie brûle.

2. COMBATTRE A VERDUN Vie et souffrance quoti diennes du soldat 1916-1917. Gérard CANINI

Vendredi 3 mars 1916 Sur Froideterre, la ferme La Folie brûle toujours. La crête fume.(1) 28 juin 1916. Ruines du village de Bras au nord de Verdun, à l'embouchure de la vallée où se trouvent les carrières d'Haudromont. J'ai là, dans une maison moins ruinée que les autres, une cave qui sert de poste de secours, où se réunissent les blessés qui sont ramenés à Verdun pendant la nuit.

1 . A Verdun avec la 67èDR. Paul Voivenel. Presses universitaires de Nancy

3. Carnets du Dr Guibal. Extraits. Mémorial de Fleury devant Douaumont 4. L'angoisse de Verdun. Pierre Alexis Muenier. Presses universitaires de Nancy A lire également les BIB N°7 ; 9 ; 13

BRAS La bourgade n'est plus. Poutres, tuiles, pierres, Jonchent le sol. Et les canons ont répandu De la Meuse au canal, un tel nombre d'obus, Que les trous réunis forment une rivière.

3 heures du matin, le dernier départ. La voiture arrêtée au commencement d'une rue latérale, la grand-rue étant balayée de temps en temps par les mitrailleuses, attend d'être chargée pour regagner aussitôt Verdun. La circulation sur la route en plei- Du chaos, émergeant au-dessus des poussières ne vue des allemands ne peut s'effectuer que la nuit Se dressent des lambeaux de murs, roussis et nus Des charpentes, les bras en croix, tout noirs, tor (…). (3) dus, Evacuer vers l'arrière est une tragédie. S'aventurer Qui donnent au pays l'aspect d'un cimetière : hors des protections est un tel risque que les blessés refusent de se risquer à travers les barrages. Les maisons abattues sous les voûtes tombales, Le médecin-chef Guibal le constate aux QuatreEt les pignons restés encore debout, les dalles cheminées devant une cohue de souffrances affoOù l'on inscrit un nom, une date, un passé. lées. Tous les moyens sont bons qui peuvent aider à rallier le poste de secours divisionnaire dont les brancardiers équipés de brancards-brouettes à deux roues, " les poussettes ", montent le plus loin possible. Des prisonniers (trop heureux de s'en tirer à si bon compte) se hâtent vers l'arrière chargés de fardeaux humains. Les artilleurs descendent leurs

Aussi, lorsque j'y flâne, au clair de lune pâle, Je cherche sur les murs de ce mortel dédale Les mots " Ci-gît Bras ! Requiescat in pace ! " 20 février 1917 Paul PIMOULLE

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Voyage Une Brasiliène en Haïtï C'est une histoire un peu complexe qui m'a conduite dans ce petit pays des Caraïbes, disons qu'il était question d'un stage professionnel mais aussi d'un rapprochement plus personnel. Non, Haïti n'est pas Tahiti, ne se trouve pas au beau milieu de l'océan Pacifique et on n'y distribue pas de colliers de fleurs. Haiti se situe en Amérique Centrale, et se partage l'île d'Hispaniola avec la République Dominicaine (… tout de même !). Les Haïtiens, encore très marqués par la colonisation française, seraient effarés de savoir combien de français (dont je faisais partie il y a peu de temps encore) ne peuvent placer leur pays sur un planisphère. Ah ! Le devoir de mémoi-

des percussions improvisées, que l'on croise à la période du Carnaval. Notre pick-up double cabine climatisé était du meilleur effet au milieu des danseuses qui se trémoussaient devant l'engin. Elles parvinrent à immobiliser quelque temps le chauffeur et à chaque village (comme quoi, les femmes au volant…. C'est pas plus mal!). . Certains participants étaient ivres et reconnaissant notre peau blanche nous interpellaient de manière insistante. Une fois la nuit tombée, ça se passait mieux parce que nous passions inaperçus. Et oui, c'est comme ça. Il suffit de quelques individus mal intentionnés. Il paraît même que parfois certains bras tombent ! Finalement, après plus de 4h30 de route, au crépuscule, nous sommes arrivés à destination : Souvenance. Epuisés par les émotions et la chaleur, une dégustation de clairin local (alcool issu de la canne à sucre) macérant dans une inquiétante mixture a abrégé nos souffrances. Une longue journée nous attendait, une bonne nuit de sommeil était re dont on nous a tant parlé ces derniers temps… indispensable. La religion chrétienne y est très bien implantée, Début des festivités : 5h du matin. Réveillés tous on retrouve des protestants et des catholiques. Ces les quatre par des bruits non identifiés, allant cresderniers représentent environ 80% de la popula- cendo, pour devenir finalement des gémissements : tion, dont la grande majorité pratique le vaudou le valeureux cochon (choisi pour le déjeuner) ne (mélange d'animisme de l'Afrique de l'Ouest et de folklore religieux chrétien). Le moins que l'on puisse dire est que leurs pratiques religieuses sont surprenantes pour nous autres occidentaux. Lors de mon séjour en avril, on m'a proposé de participer à des cérémonies organisées pour la période de Carême. A la bonne heure ! Après m'être brièvement renseignée auprès d'un ami initié, je me suis lancée avec quelques complices dans cette aventure. Pour commencer, le trajet était vraiment "folklo". Peut-être aurait-il été préférable de détailler les informations recueillies, notamment pratiques. Naïvement, nous estimions que pour effectuer 70 kms, prévoir 3 heures nous laisserait une bonne sera identifié qu'à son dernier râle. Nous prîmes le marge. Illusoire ! L'état des routes est inimaginable : spectacle musical pour une préparation psycholoinutile d'installer des ralentisseurs pour limiter la gique aux sacrifices que nous allions découvrir. Au vitesse à 50km/h en agglomération ! Ni même en fur et à mesure de la journée, la petite place du vildehors d'ailleurs. Et surtout… surtout, nous lage, hébergeant quelques dizaines d'habitants, n'avions pas intégré à nos prévisions les " raras " : emplissait. Les raras des bourgades alentours joyeux défilés de villageois, colorés et rythmés par transhumaient vers le Lakou, temple mystique trô-

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nant majestueusement au cœur de Souvenance. C'est dans ce bâtiment, qu'eut lieu la cérémonie d'ouverture en fin de journée, moment de prières chantées. Nous ne passions pas inaperçus, seule une trentaine de blancs étaient présents sur des centaines de personnes. Et même si cet événement avait une petite coloration touristique, nous avions une certaine réticence à nous " afficher ", cette fête était avant tout religieuse. Après tout, nous n'y comprenions pas grand chose. Certains " salopards " journalistes et photographes moins scrupuleux n'hésitaient pas à bousculer les croyants pour saisir " la photo choc ". Bon eux… au revoir, ils étaient insupportables ! La fête a duré toute la nuit. A l'aube, nous nous faisons réveiller par un cri familier. Cette fois, avait bien lieu un sacrifice. Cette vache dont on se demandait par quel privilège elle assistait à toutes les célébrations, se trouvait à présent objet de toutes les attentions. Une fois de plus, j'ai manqué le show visuel. Je ne pourrai pas vous faire de narration sanguinolente. Ça ne va pas tarder… Toute la journée et selon un programme très précis avaient lieu des cultes, dont la signification profonde nous échappait. L'une des choses qui m'a certainement le plus surprise, et presque effrayée : c'était de voir non seulement certains " en transe ", les yeux révulsés, dont on ne sait ce qui pouvait bien les transporter, mais j'ai surtout assisté à la punition d'une femme par un lwa. Elle se tordait de douleur au sol, convul-

sée, et n'ayant visiblement aucune maîtrise de son corps, possédée par l'esprit. Personne ne paraissait inquiété par la scène, ce qui nous permit de garder une certaine sérénité. Cet envoûtement pouvait durer des heures mais la pécheresse fut bientôt délivrée par le prêtre vaudou. Un peu inquiète, on me rassurera, il fallait bien sûr être croyante et baptisée par un " wougan " (prêtre) pour subir ce sort. Je n'avais pour l'instant, aucune intention de conversion. Le sacrifice du mouton, enfin… on l'attendait avec impatience. Malheureusement il a eu lieu en comité restreint. Je suis arrivée au " meilleur moment " sans doute, interdit aux âmes sensibles, mais où les avertis avaient leur place. Le pauvre mouton, il n'en restait plus grand chose : les initiés se fai saient passer la bestiole sanguinolente sur la tête pour tâcher leur fichu blanc de son sang. Ils dansaient ensuite autour de la tripaille. A mon grand regret, ce tableau restera comme le dernier souvenir de ce week-end. Le séjour fut abrégé par ma faute pour problèmes de santé: ayant relâché ma surveillance alimentaire, j'étais malade… et avec cette poussière, cette chaleur, c'était intenable ! Mes compagnons de voyage pensèrent qu'il était vraiment mieux pour moi qu'on rentre au Cap. Une prochaine fois, je vous parlerai de la nourriture de Souvenance…

Sophie Santin

Histoire Des souvenirs de service militaire à l'affaire des péniches de sucre "J'ai fini mon service militaire fin août 1947 " raconte Louis DUCHE, agriculteur retraité à BRAS. Mais comme beaucoup de conscrits, j'ai été rappelé le 12 décembre à cause des troubles qui régnaient en France à l'époque : il y avait de nombreuse grèves, notamment chez les mineurs du Nord mais un événement nous avait tous marqués ici ; c'est l'affaire des péniches de sucre à Verdun qui avait eu lieu en septembre." Au hasard d'une conversation comme il peut y en avoir souvent entre un agriculteur retraité et un actif, Louis Duché me raconte ses souvenirs de service militaire : "je suis parti en novembre 1946. J'ai fait mes classes à Cattenom puis j'ai été incorporé au 146éme bataillon d'Infanterie. On n'avait rien à manger ! Le 27 avril 1947, on embarque à Marseille pour la Tunisie, direction Bizerte. Là, ça allait mieux, on avait au moins à manger ! Et puis comme on était pas loin de la mer, on nous a appris à nager : on nous poussait tous au jus et ceux qui ne savaient pas nager, comme moi, on venait les repê-

cher… Comme j'étais issu d'une famille de six enfants, j'ai bénéficié d'une libération anticipée de deux mois et j'ai été libéré le 19 septembre 1947 avec le grade de sergent." Nous étions en pleine période de troubles sociaux dans cette France de l'après guerre qui avait du mal à se relever. On vivait encore à l'heure des tickets de rationnement et d'ailleurs les rations quotidiennes étaient parfois revues à la baisse. L'affaire des péniches de sucre n'a été qu'un événement parmi d'autres : grève des transports en octobre, des dockers, de la métallurgie en novembre. Les

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affrontements se multiplient, font des morts à Marseille et à Valence. A l'époque, on n'hésitait pas à envoyer " la troupe " contre les manifestants. C'est donc pour pouvoir disposer de moyens d'intervention que le Président Vincent Auriol rappelle le contingent.

la Voie Sacrée et de la Voie de la Libération, en présence de l'American Légion et de nombreuses autorités civiles et militaires bien sûr. On vient avertir de l'arrivée des péniches un certain Jean Blanchet, conseiller municipal communiste à Verdun, ancien résistant, représentant la CGT au Comité départemental de la Libération, qui assiste C'est ainsi que notre jeune Louis Duché quitte à nouveau son Ermeville natal le 10 décembre 1947 à la cérémonie. Celui-ci, à la fin des festivités, s'empour Metz. Puis il est envoyé en garnison à pare de la voiture sono qui était sur place et par Langensoultzbach, charmant petit bourg alsacien près d'Haguenau dont le nom ne dit rien à personne sauf, à moi puisque par le plus grand des hasards c'est le village natal des grands-parents maternels de mes enfants… Mais revenons à cette affaire des péniches de sucre : le contexte économique a déjà été quelque peu évoqué : on manque de tout en France et notamment d'aliments de base : comme on ne produit pas assez de blé, on n'a pas assez de farine, donc de pain. Ainsi, avec les tickets de rationne ment, chacun n'a droit quotidiennement qu'à 10gr de viande, 30 gr de sucre, 150gr de pain. Mais, il y a le " marché noir " qui permet aux riches de s'approvisionner à des prix très élevés et à certains producteurs de produits alimentaires de se faire de l'argent…. Or on apprend que régulièrement des péniches chargées chacune de 200 tonnes de sucre transitent par les canaux de l'Est de la France, donc par Verdun pour aller en Allemagne. " C'est pour approvisionner les troupes françaises d'occupation en Allemagne " justifie le gouvernement. Apprenant que ce sucre vient des Etats Unis, la gauche rétorque " c'est parce que les USA préfèrent aider d'abord l'Allemagne à se relever plutôt que la France ". Venons en au contexte politique : les communistes Pour bénéficier de tickets de rationnement, il fallait disposer viennent d'être exclus du gouvernement par Paul d'une carte d'alimentation. Voici celle d'un habitant de Bras, Ramadier, socialiste, Président du Conseil. Ils font Raymond Arnoux, qui était le grand père de Jean Yves" alors feu de tout bois, attisant tous les mouvements courant la ville appelle la population à se rendre à de contestation. l'écluse du clair de Lune. Des milliers de personnes Alors lorsque le 19 septembre 1947 André Savard, répondent spontanément à l'appel ! Chacun, à vrai député communiste de la Meuse apprend par son dire, espère que les péniches vont être livrées au frère Robert qui travaille à l'écluse du Clair de Lune pillage. Mais ce n'est pas la volonté des organisaque des nouvelles péniches de sucre vont passer à teurs du meeting. Alors que le Préfet de la Meuse, Verdun, il se dit qu'il faut faire quelque chose. Une invité à prendre la parole essaie sans succès de réunion est organisée à la hâte regroupant des mili- calmer les esprits, un certain Roger Pffiferling, tants socialiste, communistes, et des cégétistes. Il secrétaire départemental du syndicat des fours à est alors décidé de tenter de bloquer les deux chaux de la Meuse se fait ovationner en déclarant péniches à Verdun pour une opération médiatique, "les péniches ne repartiront pas ". d'organiser un meeting de protestation puis de les Les péniches viennent d'arriver. Elles portent les laisser repartir. noms de " Berthe " et de " Maître Born " Elles sont Le samedi 20 septembre les péniches sont annon- bloquées sans difficulté sur place. Pour les empêcées à l'écluse de Bras alors qu'a lieu à Verdun une cher de repartir mais aussi pour éviter le pillage, un cérémonie pour l'inauguration d'un monument, près tour de garde est établi, 24 heures sur 24. de la place de la gare, symbolisant l'intersection de

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Les jours passent, l'événement est relaté dans la presse nationale. Suite à une réunion entre le Préfet de la Meuse, le député André Savard et les représentants de la CGT, il est décidé de laisser repartir les péniches. Mais cet accord est refusé par les manifestants qui se relaient autour des bateaux. Le Gouvernement doit alors réagir. Une opération policière est programmée. Lundi 23 vers 3 heures du matin environ 70 gardes mobiles venus de Nancy arrivent sur les lieux, réveillent l'éclusier et l'obligent à " écluser " la péniche Berthe. Mais l'alerte a été donnée en ville, des manifestants arrivent, jètent dans l'écluse un gros treuil et des pierres. La deuxième péniche ne peut passer. Le patron de la Berthe, craignant de continuer sa route seul, s'amarre sur la berge. C'est l'échec de l'intervention policière. Mercredi 24, un meeting organisé sous la halle du marché rassemble des milliers de personnes, venues entre autres des villages alentours. On note la présence de l'Union des femmes françaises, organisation proche du Parti Communiste. Les jours passant, les choses deviennent difficiles Au Clair de Lune. La tension monte. Des échauffourées sont difficilement évitées entre ceux qui gardent les péniches et certains manifestants qui voudraient que le sucre soit distribué. Parmi les initiateurs du mouvement qui sentent que la situation risque de leur échapper, les points de vue divergent sur la suite à donner. Et puis chacun s'attend à une nouvelle intervention policière. Effectivement le samedi 27 à 6h30 du matin 630 gardes mobiles et CRS prennent position autour des péniches. Comme elles ne peuvent pas partir vers le sud, les ouvriers des fours à chaux de Montgrignon bloquent au nord le canal à Bras en y déversant des tonnes de pierre de chaux. On conduit alors les péniches au port Saint Paul (derrière l'actuel Gamm Vert). Les forces de l'ordre occupent les lieux et assurent la libre circulation vers la caserne du 40ième régiment autotracté d'artillerie, avenue Miribel, qui sert de base arrière aux policiers. Le Général Gilliot, commandant la 6ème région militaire de Metz arrive sur place. On voit arriver également une trentaine de camions GMC provenant du régiment du train de Toul . On comprend que le gouvernement a décidé de jouer la fermenté et de vider les péniches sur place. Cela dope les manifestants qui construisent des barricades autour du port ! Quelques échauffourées ont lieu. Dans la nuit 120 nouveaux camions sont arrivés de Toul, ainsi que deux grues. Dimanche matin des soldats du 40ième RA de la caserne Miribel viennent renforcer la présence des CRS. Le déchargement des péniches commence. Le jeune sous pré-

fet de Verdun, Jean Faussemagne est sur place. Lors du meeting du soir sur les barricades, André Savard déclare que le sucre ne quittera pas Verdun. Les échauffourées reprennent, plus violentes. Il y a des blessés des deux côtés. Des manifestants sont arrêtés. Cette situation désole les organisateurs du mouvement qui déclarent ne pas avoir voulu en venir là. A la CGT, un certain clivage apparaît. Lundi 29, 150 à 200 mineurs de Bouligny arrivent en camions et en bus pour prêter main forte. Les accrochages avec les forces de l'ordre s'amplifient. D'autre part les manifestants, craignant que les camions chargés de sucre ne partent rapidement vers l'Allemagne, barrent les routes menant vers l'Est en abattant des arbres. Lors du meeting du soir, André Savard appelle les manifestants au calme. Mardi 30 : à l'aube, les autorités voulaient donner l'ordre de départ des camions, mais des blindés attendus de Lunéville pour escorter le convoi, ne sont pas encore arrivés. Pendant ce temps, au bureau de l'union locale de la CGT, on vote à l'unanimité la grève générale. A 9h30 les sommations d'usage sont faites aux manifestants. Un bulldozer dégage la voie en direction de l'ouest. Des automitrailleuses prennent la tête du convoi, suivies par les 142 camions. En une demie heure, tout est fini. Puisque les routes vers l'Est sont bloquées, les camions prennent la Voie Sacrée et à Petit Rumont obliquent vers Saint Mihiel pour rejoindre Pont à Mousson puis Worms en Allemagne. Sur place, lors d'un dernier meeting André Savard salue le courage des manifestants verdunois tandis que les forces de l'ordre font sauter les derniers barrages. A Verdun tout est fini mais à Frouard, dans le département voisin, d'autres péniches sont bloquées… la guerre du sucre n'est pas finie ! Ainsi, ce n'est pas moins du quart des forces armées stationnées en France qui aura été mobilisée pendant cette période troublée. … Le quart dont faisait partie Louis Duché qui sera enfin libéré le 15 février 1948. Il n'aura pas été, et c'est tant mieux pour lui, envoyé sur le front des barricades. Mais le mauvais souvenir qu'il garde de cette période, c'est qu'encore une fois il a eu faim. " On se battait pour être de corvée de pluches pour avoir un bout de pain " se souvientil.

Dominique Santin Cet article a été étoffé grâce à la consultation de l'ouvra ge " Les dossiers documentaires meusiens" n° 49

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Les crayons ! Lettre à mon amie Mohicane, rencontrée un jour par hasard à l'Imaginaire aux bords de la banquise de Thulé, qui bien contente de mes précédentes lettres par BIB interposé, s'inquiète du peu d'ardeur que j'aurais à reprendre la chronique des hauts faits de la commune de Bras. Ma chère Poiemataki Ah, depuis qu'Internet est entré dans ton igloo, la plume Sergent Major rouille un peu, et Xavier vient de me rappeler - Pardon ? Xavier ? Ah oui, il est le haut responsable de notre journal- qui vient donc de me rappeler que le BIB va sortir bientôt et que ton vieil ami semble avoir hiberné un peu, jusqu'à avoir manqué à son devoir de fournir à temps un dessin d'une vue de notre village. Il est des fois qu'il me serait plus simple de dessiner ton igloo par temps de brouillard. Quoique, il me semble l'avoir déjà fait, mais d'ici j'y avais ajouté par fantaisie de longues pointes de glace, qui une fois barbouillées de petits traits se sont mises à res sembler à des flèches de quelque gothique cathédrale. J'ai trouvé le dessin joli, et je l'ai gardé. Tu le connais. Mais le conseiller délégué à la communication n'en voudra pas. Ça ne ressemble pas à notre seul édifice présentant quelque hauteur, notre église Saint Maurice. Mais si, tu connais aussi, elle figurait en page de titre de notre BIB précédent que je t'ai envoyé! J'espère que le facteur ne l'aura pas perdu en sautant de son traîneau. Qu'il se méfie quand même, réchauffement climatique aidant… Comment ? Je ne t'ai pas non plus adressé de récit de ce qui se trame à Bras ? Ah ! Il se passe toujours quelque chose à Bras pourtant!

l'ont emporté ! Remarque que les haricots en question, bien que ceinturés de blocs de béton ad hoc, en plus de leur fonction de prévention servent aussi de bacs à fleurs. Alors là, c'est tout gagné. Il va y avoir de la rose partout, enfin des plantes, vertes et fleurissantes. Ça a donné à Julien et à ses deux jardiniers, Jean-Bernard et Fabrice, l'envie d'en rajouter. Partout. En plus, cela ne suffisant pas, ils se sont réunis au cours d'un pow-wow, avec d'autres, bénévoles de la commission embellissement, à la recherche d'idées nouvelles. Imagine-les, le crayon à la main, se regardant comme si on les avait mis en retenue. Puis les discours commençant, se chevauchant, se mêlant, il a bien fallu rompre ce tohubohu dont il ne pouvait rien sortir. De retour à la discipline, les regards retombèrent sur les crayons toujours dressés entre deux doigts et n'ayant point encore servi à quelque juste note que ce soit. Et de là jaillit la lumière. Les idées foisonnèrent comme fourmis. Le résultat est visible partout et de partout. Le Crayon ! Eh oui : le crayon ! Mettre du crayon partout ! On sollicita les peintres et dessinateurs, dont les œuvres présentées sur des chevalets de couleurs toutes différentes, trônent majestueusement au milieu de jolis parterres de fleurs variées et multicolores. Devant un des chevalets est même placé un mannequin en blouse blanche tenant palette de Par exemple, nous avons maintenant, après peinture et pinceau. C'est superbe ! quelques travaux qui ont duré… longtemps - mais il paraît qu'il a fait trop froid cet hiver pour un dérou- Mais cela non plus ne leur suffit pas ! Les Crayons lement normal de ces derniers. Nous avons donc, ! Pas seulement évoqués par les tableaux, mais sur la chaussée de la rue principale, des haricots. des crayons ils en ont plantés partout, à tous les Non, pas ceux que je t'ai envoyés debout dans des coins de rues, d'une longueur de deux mètres chaverrines, comment les as-tu trouvés au fait ? Du jar- cun. De couleurs variées eux aussi, mines soigneudin de Bras, s'il vous plaît ! Mais je diverge ! Les sement taillées dressées vers le ciel, croisés par haricots dont je te parle, sont des structures rou- deux ou en faisceaux par cinq. L'une de ces gerbes, tières horizontales, placées de sorte à créer deux accompagnée d'une palette de couleurs de deux couloirs de circulation, et visant à empêcher les mètres au moins elle aussi, avec de jolies fleurs au dépassements des automobilistes pressés, voire lieu de la gouache, accueille et ralentit le passant à même à faire ralentir la circulation. Excellente initia- l'entrée du village, comme pour mettre de la couleur tive. Sauf qu'ils ont provoqué la colère de Lucien, lui dans les yeux et le cœur des automobilistes, qui se qui ne fait pas d'excès de vitesse, et qui se trouve sentiraient un peu brimés par l'obligation de faire gêné pour tourner chez lui. Je le comprends un attention à eux, et aux autres. Là aussi, bravo les peu. Pourtant tout a été calculé par des experts, jardiniers, voilà où sont passées les plus froides et nombre de haricots, distance entre chacun d'eux, plus humides journées d'hiver, des chevalets aux longueur et largeur de ces derniers, et c'est tombé crayons, entre bois brut, peinture et riche imaginasur lui. Juste au droit de son garage. Aucune pro- tion, leur activité ne se limite pas à leur travail en testation n'a été suivie d'effet, modernité et sécurité extérieur et visible. Ils auraient donc eux aussi un

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secret laboratoire magique. Schtroumpf qui s'en dédit ! Je me suis dit ce dimanche, alors que le soleil qu'on a longtemps attendu donne tant de joie à toutes ces initiatives, que je ne peux pas ne pas te faire connaître cela. Alors j'ai moi aussi repris mon crayon et, Panama en tête, chaussé de mes nouvelles lunettes de soleil, je suis allé m'installer à l'entrée du village, et d'une main tremblante j'ai tenté de traduire pour toi ce que je ressentais. Je me suis même fait klaxonner pour m'être planté au milieu d'un haricot, car les arbres me gênaient la vue, ce qui a dû inquiéter ledit automobiliste qui me prenait certainement pour un facétieux cherchant à se faire craindre par les éventuels contrevenants. Enfin, il y avait de la joie dans l'air. C'est déjà ça de gagné. En tout cas je peux maintenant t'envoyer les crayons, le dessin des crayons, qui est terminé. La main tremblait un peu, les yeux brûlaient. Tu te feras donc une idée. Pendant que je tournais de long en large, à la recherche de la meilleure perspective, j'ai rencontré Maurice, puis Gilles. On avait en fait organisé les jeux intervillages pas loin à la maison du temps libre. L'un s'y rendait, l'autre s'en revenait. Le premier m'a dit : " Ah tu travailles pour le BIB ! " J'ai répondu: "Ben oui, hein ! "Menteur, c'était pour toi ! Le second, quelques minutes après : "Ah, c'est pour le BIB que tu dessines ? " Et là je répondis Oui !" Et c'était vrai ! En fait pour les deux, en fait soyons franc : pour le BIB ! Celui de juillet. Mais tu l'auras, si le facteur Mohican de l'Imaginaire de Thulé ne glisse pas sur la banquise et ne perd pas son courrier dans quelque sérac. S'il cherche quelque conseil, qu'il fasse le voyage de Bras, il ne sera pas déçu. Après avoir cueilli pour toi un gentil bouquet de " graines de paysage ", il pourra tout à loisir apprendre à se perdre ou ne pas se perdre dans le labyrinthe de maïs, troisième de la série. Il ne sera pas seul non plus, il paraît que l'an dernier dix mille personnes s'y sont égarées, tu te rends compte ! Mais n'aie crainte pour lui, on les a toutes retrouvées. Et pour le rassurer tout à fait, on m'a glissé à l'oreille que ce seront de char mantes jeunes filles de la localité qui seront chargées de retrouver les maladroits. Alain, le trésorier, dans un sourire matois dissimulé dans son épaisse moustache rousse de Viking, jure qu'il en comptera bien plus cette année. Dis à Yawatha de bien scruter l'horizon depuis les flèches de ton igloo, il y verra certainement les centaines de ballons lâchés le jour de l'inauguration par les enfants de l'école, avec des messages de paix accrochés, écrits par eux. Au crayon ? Peut-être ! Si l'un d'eux retombe chez toi, pense à le clouer avec une arête de pois-

son dans ton igloo avec le dessin des tours, et fais le nous savoir. Par courriel ou par … ta généreuse pensée… POEME seule pensée ne s'arrête pas ainsi le visage ainsi le coeur onde par toi envoyée non pas des signaux de fumée reçus de lointaine vallée une plume tremble un peu la main n'est pas sûre au jardin des roses ont des couleurs ces romans me rappellent "Cette faucille d'or dans le champ des étoiles" repose toi bien tant besoin en a ton jeune coeur comme ton vif esprit ce rapide torrent. Le vieux pèlerin veut s'y reposer, il y trempe la main, la sent emportée. Ajoute sa larme au flot puissant. Mais le sel mêlé point ne le modère. Il regarde en amont, scrute l'aval, d'où vient cette onde fugace? où va cette eau fugueuse? Il s'étend dolent à son côté, herbes odorantes, il s'éprend de son chant, obsédante mélodie, L'embrun frais le trempe de fine pluie, L'unit à sa couche où il se confond. compagnons de l'éternité. Le 11 juin 2006 Roland Jourdain ton ami de Bras sur Meuse

Roland Jourdain

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Souvenir Retour en 1988/1989 La rubrique "photo de classe" initiée dans le BIB de Juillet 2005, se poursuit. Nous vous proposons cette fois ci la photo de la classe de Mme St PAUL de l'année scolaire 1988/1989.

De gauche à droite et de haut en bas : Damien JOB / Cindy CUVILLIERS / Catherine BLAISE / Ludovic UDRON Anne Laure DORMOIS / Ketty MACEL / Olivier MEUNIER / Marc VIZOT / Alexandre LAFLOTTE / Savine JACQUEMIN / Emilie VIRON Mathieu ROUX / Jessica VUILLAUME / Marie PENVERNE / Sébastien FISTER / Fabienne ROUYER / Sylvine LOUIS / Florence BRUNATO Céline DUCHER / Cyril HAHN / Xavier ETIENNE / Frédéric SANTIN / Lucie FISTER / Amélie GUININ / Hélène ANCIAUX A gauche Mme SAINT PAUL. A droite Mme SCHOEPS.

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BIB Juillet 2006  

Bulletin d'informations Bras sur Meuse Juillet 206

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