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#47

Ne pas jeter sur la voie publique

magazine gratuit fev. - mars 2013

Graff : impose ton blase

Fripes, vide dressing, vive l'occasion Les mains dans le compost


Vibrato 05 49 52 26 09 - CrĂŠdits photos : Shutterstock


ÉDITO 5. À défaut de pouvoir hiberner,

faisons l'amour

NEWS 6. L'actu en bref T'ES PAS NET 10. Mème pas peur ! ACTU

12

12. Impose ton blase FOKUS 16. Trocs, vide dressing, fripes :

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la chasse aux trésors est ouverte ! 18. Les Québécoises prennent les choses en main

PEOPLE 20. À sang pour sang pour le don 22. L’incroyable envol de Libellud

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24. Étudiants, les mains dans le compost POITIERS JEUNES 26. Carnaval 2013 :

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le diable s’empare de la ville

AMPHI-TAMINE 28. L’ENT à la loupe T'AS PAS L'OEIL 30. L'image qu'il ne fallait pas rater !

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+ couverture

Illustration d'Anaïs Roussel

▲Illustration de Naïade extrait du jeu Seasons avec l'aimable accord de Libellud.


À défaut de pouvoir hiberner, faisons l'amour L'hiver et le froid s'installent. Pourtant, vous rêvez déjà du printemps, des oiseaux qui gazouillent, de marguerites et des premiers coups de soleil ? Un climat toujours propice aux échanges amoureux... Il faut bien le reconnaître, l'arrivée des beaux jours nous fait à tous son petit effet hormonal. Oserezvous nous dire le contraire ? Seulement, études, boulot, stage, voyage et autres occupations nous empêchent d'hiberner en attendant la fin du mois de mars. La solution pour se réchauffer, décompresser ou encore brûler des calories : faire l'amour. Oui à Pulsar on est comme ça. Sur les sites et différents blogs, il n'est pas rare de tomber sur un article intitulé "Les 10 bonnes raisons de faire l'amour". Rongés par la curiosité, nous avons étudié ces arguments pour vous livrer les plus convaincants. Au-delà du plaisir que cela procure, évidemment, les relations sexuelles auraient le pouvoir de déstresser. Une récente étude menée à Scotland démontre même que les personnes sexuellement actives sont plus aptes à garder leur sang froid et à gérer des situations de stress. Et si frissons, désir, excitation et plaisir vous donnent parfois l'impression que votre cœur s'emballe et qu'il va littéralement lâcher, il n'en est rien. Au contraire. Une autre étude, réalisée à l'Université Queen de Belfast montre que faire l'amour trois fois par semaine réduit de moitié le risque d'attaque cardiaque ou d'AVC. Que dire de plus ? Cette célèbre phrase : faisons l'amour pas la guerre. ■ C.Prot

Radio Pulsar - Maison des étudiants - Bât A6 - 1, rue N. F. Borges - 86000 Poitiers. Tel. : 05 49 88 33 04 - E-mail : info@magazinebouge.fr Directeur de la publication : Nicolas Ragot. Rédactrice en chef : Danièle Tisserand. Coordinatrice de rédaction : Célia Prot. Graphiste : Anaïs Roussel. Rédacteurs : Bénédicte Didier, Manon Bahuaud, Justine Pelleray, Suzanne Shojaei, Bastien Lion, Gwendoline Le Bouil, Antoine Sanchez-Opériol, Agathe Girard, Chloé Larmignat, Dorian Antuna-Castillo, Nicolas Gaillard, Mathieu Hazevis. Crédits photos et illustrations  : Anaïs Roussel, Anne-sophie Crocquevielle (édito), Agathe Girard, Dorian Antuna-Castillo, Marine Guiot, Nicolas Mahu, Libellud, Poitiers jeunes, Sciences Po et Compost'âge . Publicité : Tel.  : 05 49 88 33 04 pub@magazinebouge.fr. ISSN : 1763-1459 - Dépôt légal : à parution. Imprimé par : Imprimerie Megatop - rue du Cerisier noir - 86530 Naintré - Tel. : 06 09 59 54 90. Magazine tiré à 7000 ex. - Imprimé en France. Les manuscrits et documents non insérés ne seront pas rendus. Radio Pulsar est une association de loi 1901. Radio Pulsar remercie la mairie de Poitiers, Poitiers Jeunes, la Direction régionale de la jeunesse, des sports et de la cohésion sociale et l’Université de Poitiers pour leur soutien actif dans la réalisation de ce magazine. 3()&

Edito - 5


news

Quand les arts s’en mêlent

sexualité et handicap

C'est quoi ? Les Arts s’en Mêlent, c’est un évènement artistique et culturel devenu incontournable sur le campus. Une journée de festival pour faire découvrir aux spectateurs des pratiques artistiques de manière ludique et rassembler différents artistes tout en mélangeant les arts autour d’un fil conducteur. Cette année : l’expérience futuriste.

C’est quand ? Le 14 février, de 14h à 23h30. À partir de 14h30 : ateliers de mapping (inscription sur le site internet). À 20h30 : Plusieurs spectacles vous projetteront dans une dimension nouvelle.

C’est qui ? Ce festival est porté depuis 2009, par l’association Les Arts s’en Mêlent, entièrement constituée d’étudiants de l’Institut de communication de Poitiers.

C’est où ? À la Maison des Étudiants, bâtiment A6, sur le campus. Plus d’informations : www.lesartsenmelent.fr 6 - News

Participez dès aujourd’hui à la reconnaissance de la sexualité des personnes en situation de handicap.  Comment procéder  ? Rendez-vous sur le site de financement participatif Ulule pour soutenir la finalisation du film « Vos désirs » porté par sa réalisatrice et Réel Factory, jeune société de production documentaire poitevine. Pour chaque don supérieur à 10 euros vous recevrez une contrepartie  :  affiches, dvds, places pour l'avant première, nom au générique du film… fr.ulule.com/vos-desirs

Trouver sonnette à son pied revient Le festival Trouver Sonnette à son pied fait son retour les 27 et 28 avril prochain. Le quartier du pont Joubert va prendre des allures de fête. Quant à vous public, vous serez invité à voyager entre arts de la rue, danse, musique, théâtre, cirque grâce à des spectacles qui auront lieu chez l'habitant. Mais pour que cette édition 2013 soit un succès, l’association a besoin de bénévoles. Il suffit de s'inscrire à tspbenevoles@gmail.com Plus d'infos sur www.trouversonnette.org


La rédaction de Bouge vous livre trois des dernières actualités de Radio Pulsar. Nouvelles émissions, évènements, partenariats, ateliers... rien ne vous échappera.

La rédaction de Bouge vous livre trois bonnes raisons de na Pulsar, 30pas ansrater l'édition 2012 de la journée des associations de pour Poitiers, le 23 2013  : année symbolique Pulsar qui septembre allées du parc de Blossac. fête ses dans trentelesprintemps. Trente années d'échanges, de partage, de découverte,

Un rendez-voUs toUs et les deUx ans d'apprentissage où jeunes moins jeunes se

Cet évènement n'aouvrez lieu que croisent et se incontournable mélangent. Alors grand tous deux ans.oreilles, Au cœurnous du parc Blossac, vosles yeux et vos vousde donnerons venez découvrir, ce 23 des septembre, assobientôt le top départ festivités450 auxquelles ciations réparties 14 villages théma-ou vous serez tous dans conviés. Si Pulsaraux compte tiques différentes. Cette envoyez-nous année, deux nouveaua compté pour vous, vos plus tés : un village services aux associations et un belles anecdotes ! autre, développement durable et responsable. SiFriday vous ratez cette occasion de découvrir la Night Live vie associative poitevine vous devrez de attendre C'est le tout nouveau programme Pulsar. deux avant la prochaine édition Tousansles vendredis de 23h à ! minuit, la

Resto - Bistro - Expo

What's up on the 95.9 ?

Crédit photo : Alain Montaufier / Mairie de Poitiers

News

LA S ER RU R E R I E

20ème journée des associations

musique électronique est mise à l'honneur.

troUver Une activité originale Le concept, votre radio préférée laisse carte

sur votre radio deUx radios co-animent Depuis la rentrée de janvier, le du podiUm mardi au

Radio Pulsar Pulsar et Radio Accords se retrouvent dimanche, vous propose une nouvelle pour animer :leça podium culturel chronique  fourmille prèsdedecette chez vous. journée des associations. De 13h à 18h, les Au programme  : la découverte d'initiatives deux stations poitevines présenteront vertes en région. Cette vous chronique est réalisée des groupes de musique, des clubs de chaque semaine par Kurioz, Compost'âge, danse, des troupes de théâtre et beaucoup Les Petits Débrouillards et Cycleum Conseil. d'autres culturelles. L'occasion de de Quatre activités associations du réseau des acteurs vous plonger dans l'univers de ces l'éducation à l'environnement et assoau dévelopciations de faireen connaissance avec les pementetdurable Poitou-Charentes. équipes de Radio Pulsar et Radio Accords.

© amelie_rault@hotmail.com

Cette journée vous permettre de découvrir blanche à unvaartiste électronique de renom : des loisirs tous les que uns que une heure deplus mix différents exclusif rien pourles vos autres. voulez un Commencez sport, vous le petitesVous oreilles depratiquer veinard(e). initier à une avec pratique musicale, vous investir week-end de bonnes vibrations en vous pour la planète, et votre branchant surapporter le 95.9 votre avec aide le Friday Night soutien Live ! à des personnes en difficulté... cette journée est faite pour trouver l'activité qui vous et faire des rencontres. De correspond l'environnement

Ouvert 7 j / 7 jusqu’à 2h00 Nombreux cocktails Formule du midi Brunch le week-end Cuisine traditionnelle & du monde 28 rue des Grandes écoles - Poitiers www.laserrurerie.com - info@laserrurerie.com 05 49 41 05 41


news

Environnement et courts métrages. Du 11 au 13 mars, les étudiants de l’École Nationale Supérieure d’Ingénieurs de Poitiers (ENSIP) vous attendent à la quatrième édition du Festival du Film Environnemental. Au programme : une compétition de courts métrages réalisés par des étudiants soucieux de l’environnement. À la clef : un prix du jury et un prix du public de 500 euros chacun.

Encore plus proche de l'Europe... L’Europe vous intrigue, vous attire ? Venez approfondir vos connaissances, débattre et échanger au Centre régional information jeunesse (CRIJ). Ce lieu incontournable vous propose un nouveau service dans le département : le Centre d’Information Europe Direct (CIED), pour répondre à toutes vos questions et vous informer sur les programmes, les stratégies et les possibilités d’aides aux projets ou à la mobilité existants en Europe. 64, rue Gambetta. 05 16 39 10 32. cied.vienne@ij-poitou-charentes.org

L'actu de

Festival Le Jardin Électrique

Formations cherchent bénévoles Poitiers Jeunes et Animafac s'associent pour vous proposer des formations gratuites destinées aux bénévoles associatifs. Au programme : une journée, le 16 mars de 10h à 17h, intitulée bénévolat et compétences. Et pour poursuivre en beauté, deux soirées en mars sur les thèmes : recruter/fidéliser des bénévoles et prendre la parole en public.

Les 15 et 16 mars, plongez dans l'univers électro de ce nouveau festival de musiques actuelles poitevin. Le Jardin Électrique va vous ravir avec un vendredi placé sous le signe du fanzine et d'une soirée « concerts instru » au Meteo, le bar du Théâtre auditorium de Poitiers (TAP). Le lendemain à partir de 14h, venez découvrir un village urbain, au Meteo toujours, avant de déménager vers Le Plan B pour une soirée électro à partir de 21h. www.lejardinelectrique.fr

Informations et inscriptions : 05 49 50 73 49 et/ou www.poitiers-jeunes.com

L'oreille externe L'oreille externe est un cycle de rencontres proposé par Poitiers Jeunes, le Confort moderne et la médiathèque François Mitterrand. Leurs objectifs : présenter des esthétiques musicales diffusées et défendues par ces structures. Rendez-vous dans les locaux de Poitiers Jeunes les mardis 5 et 26 mars à 18h30 pour en apprendre plus sur le rap et ses origines puis sur le rock et ses extrêmes. 8 - News


.. ALLO OUiE, J'eCOUTE ? Trois albums incontournables sélectionnés pour vous par le programmateur de Pulsar. Après des heures d'écoute intensive et de saignements d'oreilles, il vous a déniché le meilleur. Rédaction : M. Hazevis

La Gale – La Gale La Gale est une demoiselle au CV bien rempli : comédienne, organisatrice de concerts, animatrice d'ateliers d'écriture, ancienne chanteuse de punk et surtout rappeuse. Largement influencée par ses amis Hamé et Ekoué de La Rumeur, son premier album donne une bonne grosse claque au rap français. Pourtant La Gale est suisse. À ne pas manquer le 7 Mars au Confort moderne.

Brice Et Sa Pute– Amour Brice Et Sa Pute est un duo de cabaret punk. Sur leur album Amour, on trouve des titres comme Barbitrique ou Johnny Vagina. Vous l'aurez compris, amateurs de bon goût, passez votre chemin ! Par contre, si l'humour trash et irrévérencieux vous parle, cet album est pour vous.

Gablé – Murded Quand la folk, le post-rock et la musique électronique se mêlent, ça peut faire peur. Sauf dans le cas présent. Murded, le nouvel album de nos amis de Gablé arrive même à flirter avec l'expérimental sans jamais être pédant. Certainement grâce à l'humour dont le trio sait faire preuve. L'album sort le 18 mars et vous pourrez les voir le 23 au Confort moderne.


t'es pas net

Mème pas peur ! Sur le net, quand on traîne un peu hors des publications officielles, sur les blogs ou les forums, on aperçoit des visuels étranges, des chats sur des tartines ou des images de films détournées qui semblent hors contexte mais qui amusent les autres internautes. À quoi font-elles référence ? D'où viennent-elles ? Rédaction : B. Didier - Illustration : Florilège d'images-mèmes

R

ickroll, Nyan Cat, mèmes... Si parmi vous quelqu'un connaît ces termes, alors sachez que vous faites partie de la communauté des geeks ou amateurs éclairés du net ! « Au départ, on qualifie de mème tout ce qui relève d’une transmission culturelle, comme un écrit ou une chanson  », indique Yannis Delmas, enseignant-chercheur et directeur du Master Web Editorial de l’Université de Poitiers. «  Wikipédia est par exemple une version pédagogique de la notion de mème » dans le sens où cette banque de données s'appuie sur la transmission et le partage. Un des exemples les plus significatifs et sans doute les plus connus de la sphère mème est le Nyan Cat. Il s’agit d’un gif* animé qui représente un chat volant au corps en "  Pop-Tart  ", un gâteau sucré vendu aux USA avec un arc-en-ciel en arrière-plan. Le principe du mème est qu’il se propage d’utilisateur en utilisateur. Ainsi vous pouvez retrouver cette image, ce son ou cette vidéo à peu près n’importe où sur la toile, voire même dans une présentation numérique à la fac. Chacun peut s’en emparer et le transformer selon son envie et son inventivité. Ce qui retient notre attention avec ce phénomène, c’est son aspect humoristique voire

10 - T'es pas net

ironique, évident et assumé. Autrement dit, dans la mesure où le mème se prête à merveille au canular, gare aux internautes qui manqueraient de discernement pour le reconnaître ou le décrypter. «  Il nécessite souvent de fortes références culturelles, c’est une sorte d’humour pour initiés  », admet Yannis Delmas.

Et le rickroll dans tout ça ? Parmi les mèmes les plus célèbres, impossible de ne pas citer le rickroll qui a connu son heure de gloire avec le clip vidéo de la chanson  Never Gonna Give You Up , interprétée par Rick Astley. Le principe : alors qu'un internaute pense cliquer sur le lien d'un site de cinéma par exemple, il va en fait être renvoyé vers le célèbre clip en question. S’intéresser aux mèmes, c’est entrer dans la culture de la création anonyme. « Les créateurs de mèmes ne sont pas tous des geeks » ajoute Yannis Delmas, « ce sont plutôt des amateurs du web, qui considèrent ce dernier comme un medium et pas juste comme un outil ». ■ Reconnaître et comprendre un mème : knowyourmeme.com *gif : C’est un format d’image utilisé sur la toile. L’image peut être animée et ressembler à un mini-clip.


© amelie_rault@hotmail.com

Resto - Bistro - Expo

LA S ER RU R E R I E

Ouvert 7 j / 7 jusqu’à 2h00 Nombreux cocktails Formule du midi Brunch le week-end Cuisine traditionnelle & du monde 28 rue des Grandes écoles - Poitiers www.laserrurerie.com - info@laserrurerie.com 05 49 41 05 41


Impose ton blase

12 - Actu


actu Depuis une quinzaine d'années, Poitiers favorise l'activité des graffeurs et assure la pérennité de leur art. Coup de projecteur sur la situation actuelle du graff à Poitiers Rédaction : S. Shojaei et M. Bahuaud Photos : M. Guiot, A. Roussel

C

hacun a pu observer en flânant dans les rues de Poitiers que les graffs font  partie intégrante  du paysage urbain. Mais cette profusion a bien une origine, celle d'un accord trouvé entre la Mairie et les artistes. L'idée consiste en la mise à disposition de murs d'expression libre permettant aux graffeurs de proposer leurs œuvres et ainsi de les exposer au regard de tous. Aujourd'hui, une douzaine de murs, dont le fonctionnement est régi par une organisation interne entre graffeurs, reste disponible (Ganterie, Beaulieu, Feuillants, Montbernage...) Lorsqu'il s'agit de commandes, la Mairie finance le matériel, tel que les échafaudages et les bombes de peinture, pour assurer les bonnes conditions de production de cet art de la rue.

Des accords... Depuis une dizaine d'années, l'association Pictav'art, en collaboration avec la ville, s'efforce de développer la culture du graffiti à Poitiers et dans toute la région. Il s'agit aussi de tenter d'obtenir une certaine reconnaissance. Jean-Marie Ezzamari, président de Pictav'art et lui-même graffeur, explique le fonctionnement qu'a adopté l'association avec le temps  : «  Très rapidement, des professionnels et des particuliers nous ont fait des commandes d'oeuvres. On a donc envisagé de pouvoir en vivre, même si ce n'est pas simple tous les jours  ». À l'époque, Poitiers était la première ville à proposer un nombre si important de murs d'expression libre, une cinquantaine environ, ce qui permettait aux graffeurs de développer leur esthétique sur de grandes et belles fresques.

… et désaccords Pictav'art a aussi son festival.  Sous pression  regroupe chaque année des dizaines de graffeurs venus des quatre coins de la France. Ceux de ◄ Pilier de la pénétrante, stade des Feuillants (2011) Actu - 13


actu

Définitions : • Tag  :  inscription calligraphique sur murs (ou autres supports) et ce, depuis l'Antiquité. Dans le monde du graff, il permet d'exposer sa signature ou des revendications. Mais aujourd'hui, il est peu accepté. • Graff  (ou  graffiti)  :  art pictural à base calligraphique, et avec peinture en bombes. Tout comme le tag, il peut être vecteur d'idées ou de messages. • Blase  :  terme argotique désignant le nom (ou pseudonyme) d'une personne (graffeurs, militants politiques, etc...)  C'est la signature présentant son identité.

Un peu de culture : 2008 : L'artiste Fred Calmets, de renommée internationale et d'origine poitevine, vient présenter sa série de vanités. Les Poitevins ont donc pu voir de nombreuses représentations de crânes sur tous les murs d'expression libre, toujours visibles sous la pénétrante côté Montbernage. Et ailleurs ?  Tout dernièrement, la Mairie d'Angoulême a mis à disposition trois murs de plus pour les célèbres fresques d'artistes auteurs de BD. La ville compte déjà une vingtaine de murs.

Les chiffres à Poitiers : • Murs d'expression libre  :  une douzaine aujourd'hui, contre une cinquantaine il y a dix ans. • Les graffeurs  :  une dizaine aujourd'hui, contre une trentaine il y a dix ans. • 2008  : nouvelle politique de limitation des tags . Contact  : pictavart@hotmail.com et retrouvez Pictav'art sur sa page facebook. 14 - Actu

Poitiers ne font pas tous partie de l'association, à l'image de Richard : «  C'est un bon moment entre graffeurs. Mais on ne peut pas nier qu'on ne partage pas tous la même chose  ». Les commandes d'œuvres ne répondent pas à sa définition du graff. «  Je déteste lier graff et argent, c'est vraiment dommage, poursuit Richard, même si je peux comprendre pourquoi les membres de Pictav'art ont fini par évoluer dans leur pratique : avec l'expérience, quand on a fondé une famille, on est peut-être moins prêt à prendre le risque des arrestations et des amendes. »

« le nombre de murs libres se réduit »  Car au départ, le graff est une entreprise illégale, à l'image du tag qui impose le blase du graffeur partout où il passe, dans l'urgence et la rapidité. Témoignant d'une certaine recherche artistique, il représente aussi l'occasion de braver l'interdit. Ainsi, Richard préfère aller graffer dans la rue et sur les voies ferrées que sur les murs autorisés. « Le but est que mon blase soit vu par le plus de gens possible, même hors de Poitiers. Bien sûr, chaque inscription trouve une nouvelle esthétique, mais l'essentiel est la diffusion du moi en tant que graffeur. » Seulement, la Mairie garde encore le contrôle et gère ce qu'elle considère comme des "débordements". « Chaque semaine, le service propreté part à la recherche des tags laissés un peu partout dans la ville, hors murs d'expression libre, pour les effacer  » explique Eliane Rousseau, déléguée à la propreté de l'espace public. Malgré tout, l'élue


▲ Piliers de la pénétrante, stade des Feuillants (2012)

différencie les tagueurs des graffeurs. « Sur les murs d'expression, nous acceptons tout, du moment que ce n'est pas insultant et que chacun est respecté. »

Un véritable débat Les graffeurs indépendants, quant à eux, se sentent parfois découragés, comme le confirme Richard, «  à Poitiers, on est vite remarqué, la Mairie fait tout nettoyer au bout de 24 heures, qu'il s'agisse de tags ou de véritables graffs. À force, je trouve cela lassant. De plus, le nombre de murs libres se réduit de plus en plus  ». D'après le jeune homme, «  la suppression de nombreux murs d'expression trouve son origine dans la volonté de la municipalité de forger une meilleure image de la ville, évitant alors toute apparence d'agressivité.   La ville doit avoir un côté apaisé. Mais une ville trop propre ne seraitelle pas une ville morte ? », ajoute-t-il. Pour Jean-Marie Ezzamari, tout le problème réside en la vision que l'on a du graff : «La mairie aimerait développer l'art au sein de la ville, mais elle ne semble pas inclure le graff  ». Pour lui, c'est une double image qui définit aujourd'hui cet art, d'un côté, des œuvres très prisées, vendues chères et exposées dans le monde entier, et de l'autre, l'idée de violence qui persiste. « Les jeunes ont le droit d'être révoltés, et nous sommes là pour les motiver. C'est dommage de s'arrêter en si bon chemin, alors que la ville dispose d'infrastructures dignes d'une galerie d'art. Tous les plus grands graffeurs ont débuté dans la rue ; car évoluer dans ce milieu, c'est se sentir vivant. » ■


fokus

Troc, vide dressing, fripes : la chasse aux trésors est ouverte !

Qui n’a jamais craqué pour un vêtement d’occasion sur Internet, dans une friperie ou au cours d'un vide dressing ? Le temps où nos grands parents gardaient précieusement leurs vêtements toute une vie est bel et bien révolu. Nos penderies, victimes de la mode et de la consommation de masse, se font et se défont à l’infini. Petit tour d’horizon des bons plans mode à petits prix à Poitiers. Rédaction : G. Le Bouil - Illustration : A. Roussel 16 - Fokus


Un remède contre la crise ? «  Le mot d’ordre aujourd’hui, c’est de faire de bonnes affaires. Les gens viennent ici en espérant débusquer un trésor », affirme-t-elle en riant. Réservé autrefois à ceux qui n’avaient pas les moyens, les dépôts ventes attirent aujourd'hui tous les publics sans distinction. « C’est un phénomène de mode », analyse Justine organisatrice depuis plusieurs années de vide dressing, qui consistent à proposer des échanges ou ventes de vêtements qu'on ne veut plus voir dans nos armoires. « C’est aussi un moyen de passer des moments conviviaux entre amis et de faire des rencontres.  Le Bazar des Poitevines est parfait pour cela » poursuit-elle. Comptant plus de 6000 membres sur Facebook, ce vide dressing original permet de changer de garde robe en un clic. Vendre, acheter, troquer : le concept est simple.

Un acte de solidarité Les vides dressings prolifèrent un peu partout en France et Poitiers ne fait pas exception. C’est au bar Le Plan B, qu’a eu lieu l’année dernière un événement semblable, organisé par l’association Les Jeunes Normals. Ce collectif poitevin élabore des projets variés dans le domaine de la culture urbaine notamment. Pour Clotilde Toulier, présidente de l’association, l’engouement pour les vêtements d’occasion est avant tout  «  la conséquence de la conjoncture actuelle, les gens achètent moins de neuf ». «  Le concept deuxième main est très important pour moi, la surconsommation forcée me dégoûte, maintenant j’achète de la qualité davantage que de la quantité », clame Justine. Cette jeune diplô-

fokus

L

a friperie, pour moi, ce n’est ni plus ni moins qu’un mode de vie. Dénicher des vêtements insolites, effleurer les tissus, ressentir les matières… je serais incapable d’acheter des vêtements sur internet, sans les toucher », raconte Sylvie Champalloux. Responsable du dépôt vente Roberte et Lucienne, elle a fait de sa passion son métier. Chaque semaine, elle récupère de nouveaux articles, vêtements et accessoires, apportés par des personnes souhaitant donner une seconde vie à leurs objets.

mée, passionnée de mode, tient aussi à donner des vêtements presque neufs à Emmaüs : « je préfère donner ou vendre très peu cher mes habits ou accessoires, pour que cela puisse réellement profiter à quelqu’un. C’est un engagement solidaire pour moi ». Jean Claude Expert, secrétaire général du Secours populaire, nous explique que les vêtements donnés sont triés, et redistribués selon leur état. Les plus usés finissent dans l’atelier d’insertion Valoris à Buxerolles, où ils sont transformés en chiffons ou serviettes. Les autres sont vendus entre dix centimes et trois euros à des personnes en grande difficulté, orientées vers le Secours populaire par des assistantes sociales. «  Une participation, même minime est demandée, elle sert à financer de nouveaux projets d’aides aux personnes démunies. Nous ne voulons pas que ces gens deviennent des assistés », précise Jean Claude Expert.

les dépôts ventes attirent aujourd'hui tous les publics   Cette volonté de solidarité, nous la retrouvons chez Sylvie Champalloux, qui essaye de maintenir un rapport qualité prix optimal. «  La plupart des vêtements de marque du magasin sont vendus cinquante pour cent moins cher que leur prix d’origine  ». S’attachant à proposer des produits de qualité, elle choisit avec soin les vêtements déposés par les particuliers qui seront ensuite destinés à la clientèle. « Le phénomène n’est pas près de s’inverser, avec le succès du premier vide dressing, nous avons décidé de renouveler l’expérience », s'enthousiasme Clotilde Touvier. Rendez vous au Plan B le 2 mars. ■

À savoir • Roberte et Lucienne : 1bis Rue Bourcani. Du lundi au vendredi 10h-12h30/15h-19h. • Friperie Emmaüs : 75 rue des Rataudes 05 49 57 25 87. Mercredi et samedi 9h-12h/14h-17h30. • Plan B : 30-32 boulevard du Grand Cerf. Fokus - 17


fokus

Québécoises

Les prennent les choses en main Ah février... La Saint-Valentin pointe le bout de son nez avec son réjouissant lot de questions. Petites attentions pour les uns, soirées romantiques pour les autres et calvaire pour les célibataires. Pas de panique, vous êtes loin d’être seul(e) au monde. Profitez de cette soirée pour draguer encore plus que d'habitude. En panne d’idées ? Bouge est allé voir, pour vous, comment se débrouillent les Français d’Amérique."Tabarnak"... Les Québécois ! Rédaction : A.Sanchez-Opériol - Photomontage : A.Roussel

E

nvoyé spécial au Canada, me voilà parti arpenter deux des plus grosses villes de la province afin d’interroger les Québécois sur leurs relations sentimentales. Puisque tout commence par la drague, direction les rues animées de Montréal. Rue Saint-Denis, nous entrons au café-bar “Le Saint-Sulpice”, une imposante maison de ville sur quatre étages. Première impression : les hommes ne ressemblent pas à des chasseurs de cœurs. Ici, les femmes approchent, sans faux-semblant et avec un large sourire, les beaux Canadiens musclés. Non ce n'est pas un mythe. Curieux, je questionne Camélia, Québécoise de 21 ans. « Nous n'aimons ni la galanterie ni les beaux parleurs. Pourquoi attendre qu'ils nous draguent ? Nous préférons les choisir et entamer la discussion.  Ils n'ont pas à se vendre.  »  Indépendantes et féministes ces Québécoises. Et les Québécois dans tout ça ? Profitent-ils de la situation en se laissant désirer ? Rassurez-vous, je ne vois aucun groupe de mecs au regard vitreux. Les deux sexes discutent en toute complicité. «  C’est correct  » comme ils disent.

Peur de l'échec pour les hommes ? À Sherbrooke, plus grosse ville étudiante de la province française, j'en apprends un peu plus. Apparemment, la difficile étape du premier pas étant généralement franchie par la gent féminine, les hommes en oublient le goût de la séduction. 18 - Fokus

«  Dans le fond (comprenez en gros) les mecs ne sont pas assez entreprenants. Nous aimerions qu’ils soient un plus comme les Français. Ils ont trop peur de l'échec et ne se livrent pas. » Ces solides gaillards n'ont pas l'air de s'en inquiéter. Peut-être le devraient-ils. Qu'en est-il des couples ? Les gars semblent attentionnés à l'égard de leurs "blondes".  Pourtant lorsque j'aborde la question de la Saint-Valentin, seules les filles sont vraiment motivées. Pour elles rien de cliché dans cette petite fête, au contraire, elles n’hésitent pas à mettre un peu de folie pour plaire a leurs  “chums”. Lingerie coquine, soirées en amoureux...  Finalement, même en couple, ce sont elles qui mènent la danse, elles veulent du piment sans débordement de testostérone.  Une bonne leçon pour nous Français : ne snobons pas la Saint-Valentin. Que nous soyons en couple ou célibataire, en ce 14 février, laissons toute sa place au doux jeu de la séduction ! ■


people

À

sang pour sang pour le don

En France, seuls quatre pour cent des personnes en âge de donner leur sang le font. Pour participer à mon échelle à cette chaîne de solidarité, je me suis rendue à l'Établissement Français du Sang (EFS) sur le site du CHU de la Milétrie. Rédaction et photos : A. Girard et D. Antuna-Castillo

C

inq jours à peine après avoir célébré mes 18 ans, je franchis le seuil de l’Établissement Français du Sang. L’ambiance y est chaleureuse, le personnel souriant et un groupe d’amis est déjà en train de remplir le formulaire. La secrétaire me tend le même questionnaire qu’il me faut renseigner à mon tour. Ai-je fait un piercing ou un tatouage dans les quatre derniers mois ? Ai-je changé de partenaire sexuel récemment  ? Ai-je vécu en Angleterre entre 1980 et 1996 ? Suis-je enceinte ? Les infirmiers veulent des réponses sincères car derrière toutes ces questions se cachent des contre-indications au don. Une fois toutes les cases cochées, un entretien doit avoir lieu afin qu’un médecin de l’EFS s’assure de mon aptitude à donner mon sang. Malgré mon appréhension, elle trouve les mots pour me rassurer. Elle vérifie mon formulaire, prend ma tension, contrôle mon anémie et me fait monter sur la balance Objectif : s'assurer que je pèse bien au moins 50 kilos. Tout est en règle, le don peut alors commencer.

« Je venais pour donner mon sang mais j’ai appris qu’ayant reçu du sang suite à la malaria, je ne peux en donner  », raconte Jeanne, déçue. Pour Dorian même désillusion, son dernier don remontant à moins de deux mois. « Je n'ai pas pu donner mon sang mais j'ai pu faire un don de plasma qui peut s'effectuer toutes les deux semaines  », lui apprend Pauline une autre donneuse régulière. Après vingt minutes de repos obligatoire, les infirmiers me prodiguent leurs derniers conseils et recommandations : pas d’effort intense pendant 48 heures et surtout bien s’hydrater. Me voilà prête à quitter le service avec les briques de jus de fruits qui m’ont été offertes en guise de remontant. Entre les attentions prodiguées par le personnel et les échanges avec les autres donneurs, j'ai finalement reçu plus que je n'ai donné. ■

Le grand moment

En plus du don de sang total qui peut se faire tous les deux mois, d’autres possibilités s’offrent à vous : don de plaquettes (tous les mois) et don de plasma (toutes les deux semaines).   Un rendezvous est obligatoire pour ces deux derniers. Lors du premier don, des échantillons de sang destinés à être analysés sont prélevés.  Toute une éthique est développée au nom de la sécurité du donneur comme du receveur.

Je détourne le regard lorsque l’aiguille pénètre dans mon bras. Comme c’est mon premier don, l'infirmier est d’autant plus présent pour me conseiller et éviter tout risque de malaise. Les dix minutes nécessaires au prélèvement des 480 millilitres de sang me permettent de lui poser des questions sur les différentes actions menées par l’EFS à Poitiers. Visites dans les lycées et les facs, collectes ambulantes un peu partout en ville… Après l’effort, le réconfort. Je me dirige donc vers la salle de collation où je rejoins plusieurs donneurs, ainsi que les pâtes de fruits et les boissons. Je choisis une table où plusieurs jeunes discutent. 20 - People

Le premier don d'Agathe ►

À savoir

Où donner son sang ?

EFS, CHU Milétrie 350 av. Jacques Cœur à Poitiers et pour trouver une collecte près de chez vous, rendez-vous sur www.dondusang.net


people

L’incroyable envol de

Libellud

Aujourd’hui récompensé par de nombreux prix à travers le monde et écoulé à un million d’exemplaires, c'est en 2008 que le jeu de société Dixit a vu le jour. Un succès fou qui a amorcé le début de l’aventure pictavienne Libellud. Plongeons ensemble dans l'univers de la création d'un jeu. Rédaction : C. Larmignat - Crédit Photo Libellud

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ibellud a élu domicile en centre-ville de Poitiers, un cadre auquel tient Régis Bonnessée, le créateur de cette société d’édition. Lancé dans cette aventure en 2008, il semble aujourd’hui avoir tout réussi. Dixit, son premier jeu est mondialement connu et reconnu, les projets se multiplient et surtout, la passion est toujours là. Il n’avait pourtant jamais imaginé vivre de son amour pour les jeux de société, né de son enfance dans une petite ville deux-sévrienne, théâtre du Festival Ludique International de Parthenay, le fameux FLIP. Après avoir travaillé environ huit ans au sein de l'association Poitiers Jeunes, il finit par choisir de voler de ses propres ailes en créant sa société, sans formation particulière, ni moyens financiers, mais avec un moteur : l’envie. Comme il l’indique

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L'équipe de Libellud▲

si bien, pour apprendre, « la meilleure école, c’est celle de la vie ». Tout commence au début des années 2000 quand Régis rencontre Jean-Louis Roubira, le créateur du désormais célèbre jeu Dixit. Ce pédopsychiatre cherche alors des subventions pour son prototype. Personne ne s’y intéresse. Pourtant, l’idée est excellente puisqu’il s’agit de travailler avec l’imaginaire des joueurs, leur donnant à réfléchir sur leur univers avec des cartes aux visuels épatants. Régis croit en ce projet et c’est avec une illustratrice, Marie Cardouat, sélectionnée parmi des centaines d’autres, que l’aventure prend forme. Grâce à un long travail de conception, Dixit pointe finalement le bout de son nez, en même temps que se crée Libellud. D’autres jeux vont suivre leur aîné et s’affirmer comme des références dans


ce monde de passionnés. Même s’il ne sait pas dessiner et le regrette beaucoup, Régis attache énormément d’importance aux illustrations et à la nécessité que chaque projet soit porté par un graphiste. La condition pour parvenir à créer un monde visuel particulier qui donne envie de jouer, encore et encore.

L’univers, c’est la clef Comment créer un jeu ? Régis fait le lien entre le monde ludique et celui du livre. Tout est une question d’inspiration même si l’idée est innovante. La force d’un jeu, c’est son univers et bien sûr, le petit coup de génie d’un créateur. Régis précise que tous les jeux n’ont pas les mêmes finalités. Dans leur gamme, Sticky Stickz a un but uniquement distractif, à la manière d’un Jungle Speed. D’autres comme Seasons, sorti en septembre 2012, ont des univers plus profonds et des identités propres. Pour Seasons, le monde fantastique touche les "gamers" déjà immergés dans des manières de jouer plus complexes. Pas de doute, la magie opère. Ces différentes approches visent plusieurs publics, mais là est la force de Libellud : il y en a pour tous les goûts. Combler toutes les envies est d’ailleurs une caractéristique de Dixit qui, même s’il ne s’adresse pas aux tout petits, peut ravir n’importe quelle génération et devient même encore plus captivant quand les joueurs partagent leur passion.

« Ces différentes approches visent plusieurs publics » Aujourd’hui, Libellud a déjà sorti une quinzaine de jeux et cette année, quatre ou cinq autres viendront s’ajouter à la liste. Si de par sa célébrité, Dixit trouve de plus en plus sa place dans les grands magasins de jeux et jouets, la commercialisation n’a jamais été et ne sera jamais la principale préoccupation de l’équipe. Par choix des éditeurs, ces jeux sont disponibles uniquement dans les petites structures ou boutiques spécialisées dans le centre-ville de Poitiers. Alors inutile de les chercher dans les supermarchés, vous ne les trouverez pas. Le but est de continuer à divertir les gens et à développer leur sens du jeu, en respectant toujours un leitmotiv : les faire rêver. ■

Le magazine d'information et d'échanges sur la santé des jeunes, sans langue de bois et sans tabou Sur Radio Pulsar, un jeudi sur deux de 18 à 19h

14 février : Tatouage, piercing 14 mars : Les dangers de la pornographie 29 mars : L'interruption volontaire de grossesse Pour poser toutes les questions qui vous passent par la tête rendez-vous sur la page facebook À ta Santé


people

Étudiants, les mains dans le

compost Faire du compost quand on habite une chambre de 9m², c’est possible ! Je devine vos mines dubitatives quant aux soucis d’espaces et d’odeurs mais il n’en est rien. Place à une initiative collective étudiante, encadrée par l’association poitevine Compost’âge. Rédaction : J. Pelleray Crédit photo : Sciences Po et Compost'âge

en plein centre-ville. « Le groupe environnement des étudiants de Sciences Po s’est rapproché de nous et nous les avons orientés vers la communauté d'agglomération  », explique Fanny Jean, salariée de l’association Compost'âge. En effet, Grand Poitiers a financé deux formations à Michelle et Santiago pour qu’ils deviennent des relais-composteurs auprès de leurs camarades étudiants. « Quand on est étudiant, dans un petit appartement, avoir plusieurs poubelles prend beaucoup de place. Puisque leur idée était la réduction des déchets, le compostage collectif était un bon moyen pour gérer de gros volumes d'ordures », précise Fanny.

La récolte Grand Poitiers a également pris en charge l'achat de bio-seaux pour permettre aux étudiants de récolter leurs déchets organiques. « Il s’agit de tous les déchets qui proviennent du vivant  : épluchures, laine, restes de repas, essuie-tout, agrumes…  », nous confie Fanny. Rassurez-vous, le bio-seau ne dépasse pas trente centimètres de haut, il est de couleur verte et orné d’un couvercle pour éviter toutes mauvaises odeurs, objet de déco qui peut vite devenir tendance dans vos kitchenettes.

Mobilisation

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out commence en 2011, quand, après une longue réflexion sur l'environnement, un groupe d'étudiants de Sciences Po lance le projet collectif Naturella. Horacio, aussi étonnant soit-il, est le petit nom qu’ils ont donné à leur composteur collectif qui trône fièrement dans les jardins de l'école

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Chaque semaine, c’est entre trente et quarante étudiants qui apportent leurs déchets pour les placer dans le composteur. Le compost quant à lui, est utilisé dans le jardin de Sciences Po et servira à l’avenir à de nouveaux projets. Michelle et Santiago rencontrent un salarié de l’association Compost’âge tous les quinze jours pour s’assurer que le compost est en "bonne santé". Et puis, comme la vie étudiante a une fin, Fanny ajoute, «  cette année, nous allons former deux nouveaux étudiants pour que le projet perdure ». Si vous voulez être à l’initiative de l'installation d'un composteur collectif, décrochez votre téléphone et contactez votre bailleur. Si vous êtes un simple curieux, rendez-vous le 4 mai pour la deuxième édition de Tous au compost . ■ www.compost-age.fr 06 58 95 28 69


poitiers jeunes

le diable

Carnaval 2013 : s’empare de la ville

Le mardi 12 février, le rouge envahit le centre ville de Poitiers. Révolution ? Coup d’Etat poitevin ? A moins qu'il ne s'agisse de la couleur officielle de cette édition 2013 de notre cher carnaval citadin. Rédaction : N. Gaillard - Crédit photos : Poitiers Jeunes

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ar un mercredi après-midi humide et pluvieux, aux abords de la route de Paris, le chemin du quai d’embarquement nous mène jusqu'aux ateliers de Zo Prod. Ce collectif réputé dans la création artistique faite de matériaux de récupération se charge cette année de la confection du char du carnaval à la tête de diable. L’ambiance est studieuse en ce jour d’inauguration du chantier. Des plans et des photos décorent le mur en bois de l’atelier et le vrombissement des perceuses entoure l’ossature du char. Après les éditions 2011 et 2012 sous le signe du

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Le char au début de sa construction▲

bleu puis du blanc, le carnaval peint cette année la ville en rouge. Ce 12 février, une nouvelle fois, venez vous réapproprier la ville et célébrer cette fête participative. « Il manque une culture carnaval à Poitiers contrairement à d’autres villes où les habitants s’investissent plus spontanément. Nous cherchons à ouvrir cet évènement au plus grand nombre et pas seulement aux habitués car le carnaval est avant tout une grande fête populaire  », rappelle Anita Moreau, directrice de l'association Poitiers Jeunes qui porte ce carnaval à bout de bras. Les ateliers Zo Prod ont donc mis en


poitiers jeunes

place un tableau aux plages horaires étendues pour que chacun puisse s’inscrire en fonction de ses disponibilités et ainsi «  mettre la main à la pâte ne serait-ce qu’une fois ».

Se déguiser c’est déjà participer Toujours dans cet esprit collaboratif, la boîte à idées est la nouveauté de cette édition 2013. Chacun peut donc y déposer ses envies et initiatives. Les plus pertinentes et novatrices auront leur place sur les fiches pratiques mises en ligne sur le site de Poitiers Jeunes. De son côté, Vitalis s’associe au carnaval : chaque personne déguisée le jour du mardi gras se verra offrir gratuitement sa place de bus. Mais attention, un simple t-shirt rouge ne sera pas un argument vestimentaire suffisant. Profitez-en et lâchez-vous !

« le carnaval est avant tout une grande fête populaire » Et si vous manquez de temps pour peaufiner vos costumes, pas de panique, la place d’Armes accueillera un stand maquillage de dernière minute à 16h30 avant que le coup d’Etat éphémère du rouge ne commence à 17 heures précises, heure à laquelle le maire vous remettra les clefs de la ville.

Croquis du char dans les ateliers de Zo Prod▲

Infos Pratiques : Jour J du carnaval : • Le matin : carnaval de Bellejouanne organisé par le centre socio-culturel Cap Sud. • En début d’après-midi : carnaval des Couronneries organisé par la MJC Aliénor d’Aquitaine. • 17h : le lancement du carnaval place d’Armes et déambulation dans les rues du centre-ville. • 19h30 : crémation du diable rouge. • 19h30 à 21h : Un Dj set prend les commandes de la place d’Armes. • 21h à 2h : Prolongation du carnaval au Plan B avec l’After Party : «  Better red than dead ! » animée par les Dj’s de l’agence Too Disk. Entrée libre.

300 kilos de confettis Une fois en possession des clefs, embarquez pour le grand huit : un parcours qui passera notamment devant l’église Notre Dame et le Palais de justice.  «  L’idée est de faire en ce jour de liberté un clin d’œil aux institutions », explique Karine Abel, responsable de la programmation de Poitiers Jeunes. Enfin, après cette balade, chacun pourra bien évidemment se restaurer avec les 2000 couverts de la traditionnelle potée, mijotée bénévolement par les cuisiniers et employés de vingt restaurants. Pour la couleur et la folie, pas moins de 300 kilos de confettis seront dispersés pendant cette journée. Rencontres, bonne humeur, animations, désordre, le cocktail d’une fête hivernale et carnavalesque qui réchauffe les cœurs. ■

Vendredi 15 mars : Carnaval de nuit des Trois-Cités. Pour participer au chantier de construction des marionnettes géantes en mousse, 05 49 01 29 97 Poitiers Jeunes recherche également des bénévoles pour les ateliers de décoration du carnaval. Possibilité de télécharger sur le site du carnaval une fiche d’inscription à renvoyer à alexia.toussaint@poitiers-jeunes.com Toutes les infos détaillées sont à retrouver sur le site dédié au carnaval 2013 : http://www3.poitiers-jeunes.com/carnaval2013/ Pour toute question, contactez Poitiers Jeunes au 05 49 50 73 49 ou au 06 82 89 32 71 Poitiers Jeunes - 27


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L’ENT à la loupe Véritable outil d’organisation et moyen de communication à la disposition des étudiants comme des enseignants, lumière sur une plate-forme qui a su ancrer l’université dans l’ère numérique. Rédaction : B. Lion - Illustration : A.Roussel

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oîte mail, emploi du temps, service de mise en ligne des cours, petites annonces… Les fonctionnalités proposées par l’Environnement Numérique de Travail (ENT) sont diverses et variées. Si cet espace paraît unique en son genre lorsque les étudiants le découvrent, il s’avère en fait que c’est une petite célébrité, utilisée dans beaucoup d’autres universités françaises de Rennes à Nîmes en passant par Bordeaux et Paris. L'ENT possède même sa propre page Wikipédia qui en donne cette définition  : «  dispositif global fournissant à un usager un point d’accès à travers les réseaux à l’ensemble des ressources et des services numériques en rapport avec son activité. Il est un point d’entrée pour accéder au système d’information de l’établissement ou de l’école  ». Sous cette définition un peu indigeste, fournie par l’Éducation nationale, se cache un outil véritable-

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ment vivant unifiant la totalité des usagers de l’université : étudiants, enseignants et personnel technique et administratif.

La genèse En 2007, le ministère de l’Éducation nationale désireux de faire définitivement entrer les universités dans le monde numérique et donc dans une certaine modernité, leur envoie des appels à projets. Pourtant, c'est un an auparavant que l’initiative de la création d’un Environnement Numérique de Travail a été lancée à Poitiers  : «  les premiers embryons de l’ENT remontent à début 2006 », confie Emmanuel Laizé, directeur adjoint du service I-Média*, qui coordonne l’ENT de l'Université poitevine. «  Nous avions la volonté de créer un portail unifiant les nombreux services numériques proposés jusque là par les différentes composantes de l’université. Chaque


Un espace fonctionnel Mais finalement, « l’ENT n’est qu’un emballage », affirme Anne-Claire Bordel, conceptrice de sites web. « Ce qui est réellement intéressant est plutôt ce que nous pouvons y trouver. » Vitrine de cet outil, la boîte mail est certainement la fonctionnalité la plus utilisée, voire même la seule pour certains,  «  à part la messagerie électronique, je n’utilise jamais les services de l’ENT », reconnaît Michel Briand, professeur à l’UFR Lettres et langues. Même restreint à la simple utilisation de sa messagerie, cette plate-forme permet un dialogue, auparavant moins facile, entre les étudiants et les enseignants, comme le montre Alexis, en deuxième année de droit  : «  Je ne prends pas beaucoup la parole en cours, car dans un amphi de 200 personnes, ce n’est jamais facile. L’ENT me permet d’envoyer des questions et de faire part de mes incompréhensions aux profs qui, pour la plupart, répondent ». L'outil UPdago, qui permet de publier sur le portail les cours ou résumés de cours, est également mis à disposition des enseignants et par conséquent des étudiants. Enfin, l’emploi du temps des étudiants, et l’agenda du personnel et des enseignants, servent d’organiseur à tout ce petit monde. De nombreuses autres applications pourraient être évoquées, comme les petites annonces ou le relevé de notes... «  C’est un outil qui sait s’adapter à son utilisateur », résume Emmanuel Laizé. «  Les ajouts de nouvelles fonctionnalités sont très réguliers, presque quotidiens », argue Valérie Lefeuvre, responsable du pôle service numérique d’I-Média. «  À la demande d’enseignants, nous avons depuis peu installé un logiciel anti-plagiats, destiné à assister la correction de mémoires ou

de thèses.  » Anne-Claire Bordel renchérit, « tout le monde, étudiants, professeurs, personnels, peut nous faire remonter des demandes, idées, critiques même**. Nous attendons l’avis des utilisateurs pour améliorer cet outil, puisqu’au fond, les premiers intéressés, ce sont eux ». Toutefois, les administrateurs refusent parfois des changements ou améliorations qui seraient en désaccord avec leur politique. «  Il est hors de question que des publicités montrent le bout de leur nez pendant l’écriture d’un mail ou la consultation de son agenda par exemple », insiste Emmanuel Laizé.

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Unité de Formation et de Recherche avait son propre espace, ce qui provoquait une sorte de séparation. Avec l’ENT, nous avons pu fédérer toute l’université.  » Toutefois, les premières versions de l’outil n’attireront que peu d’utilisateurs et il faudra attendre une refonte, en 2009, pour le voir s’épanouir et réunir une grande majorité des acteurs de la vie universitaire. L’ENT a été créé, comme la plupart de ses homologues français en open source, c'est-à-dire libre d’être modifié.

« Nous attendons l’avis des utilisateurs pour améliorer cet outil » Si certains reproches peuvent être faits à l’encontre de ce portail -UPplanning par exemple est souvent critiqué, par des étudiants comme par des profs- l’envie de progrès apparaît de façon évidente. « Nous planchons sur une version mobile du site qui mettrait sûrement encore plus à profit la participation active des étudiants  », conclue Anne-Claire Bordel. S'il a pour le moment le vent en poupe, l’ENT va devoir garder sa vitalité et courir aussi vite que le temps, voire plus, pour ne pas être tout à coup démodé et dépassé. Gageons que cela ne sera pas mission impossible. ■ * Bâtiment B21 sur le campus ** ent@support.univ-poitiers.fr

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t'as pas l'oeil

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hoc des cultures au-dessus du portail de la cathédrale Saint-Pierre ! Depuis des semaines, la question taraude les riverains et touristes les plus observateurs. Comment diable ce ballon a-t-il bien pu se loger là ? Fruit d'une performance artistique, d'un défi bien orchestré ou d'un coup de pied maladroit ? Peut-être s'agit-il simplement du signe d'un souffle divin, en vue de réconcilier modernes et anciens !

Rédaction : D. Tisserand Photo : N.Mahu


en RÉGIOn POITOU-CHARenTeS

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l a n o i t a n r inte

l a v i t s e F

l i a v a r t e l r filamu 1e7 février 2013 POITIERS

dessin

: Thomas Dupuis ·

mise en page

: Lucie Castel · Éditions Flblb · www.flblb.com

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le travail et ses images

CInÉmA, dÉbATS, RenCOnTReS, exPOSITIOnS, AnImATIOnS

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http://2013.filmerletravail.org/ À l’initiative de

Organisé avec

avec le sOutien de

du 11 au 13 février 2013

ImAGeS dU TRAvAIl, TRAvAIl deS ImAGeS : PRATIqUeS ARTISTIqUeS, dÉmARCHeS SCIenTIFIqUeS


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